de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline
Tintin a 90 ans mais il ne les fait pas

Tintin a 90 ans mais il ne les fait pas

La Belgique est en fête, et pas qu’elle : le 10 janvier 1929, Tintin naissait dans Le Petit Vingtième, supplément jeunesse du quotidien bruxellois, catholique et conservateur dirigé par le très mussolinien abbé Wallez, Le XXème siècle. Les lecteurs découvrirent ce jour-là les aventures au pays des Soviets d’un reporter un peu particulier en ce qu’il est adolescent, qu’on ne le verra guère écrire et jamais manipuler d’argent, et que son chien lui parle, et en français de surcroit. Mais on y a crû et on y croit encore. On peut même dire que cet invraisemblable grand reporter a suscité des vocations de journalistes au long cours. Pour bien faire, une version recolorisée, et uniquement en format numérique, de Tintin au Congo (1931) a été lancée par Moulinsart S.A. sans Casterman, l’éditeur historique d’Hergé en raison des nombreuses controverses qui font cortège à cet album régulièrement la cible de campagnes politiquement correctes sur son caractère “raciste” et “colonialiste”, qui finissent en vain devant les tribunaux. A l’occasion de toute cette tintinofolie, il y aura aussi des expositions à Barcelone, Lisbonne, Séoul…. De quoi vérifier sa modernité, son actualité, son intemporalité, son universalité. Combien de personnages de fiction peuvent en dire autant ?Hommage-de-Tibet

Le Congo était la deuxième aventure de Tintin reporter, après le séjour en bolchévie. Hergé, qui n’avait jamais quitté sa Belgique natale, avait puisé sa documentation au Musée colonial de Tervueren et dansLes silences du colonel Bramble, roman à succès d’André Maurois dans lequel il avait carrément transposé toute une scène de chasse. C’est à peu près tout même si plus tard, dans un essai remarqué, Roger Nimier établira un rapprochement avec Les vertes collines d’Afrique d’Hemingway. Tintin au Congo est donc paru en 1931, époque à laquelle la Belgique était coloniale avec bonne conscience. Il n’y eut aucune controverse. Ce n’était pas perçu comme raciste mais comme paternaliste. Même si trois ans avant Gide avait publié son Voyage au Congo où perçait l’indignation contre les abus, et si un an avant, Albert Londres avait lancé une série d’articles dénonçant l’exploitation criminelle des Noirs dans la construction du chemin de fer Congo-Océan. Gide et Londres étaient français ? Soit mais Georges Simenon était bien belge et dès 1932, dans Voilà, il publiait un reportage accablant qui s’achevait par ces mots :

« Oui, l’Afrique nous dit merde et c’est bien fait ! »

Autrement plus percutant qu’un communiqué du Cran visant à faire réviser l’album. Hergé, qui évoluait dans un milieu très conservateur d’où jaillira l’extrême-droite rexiste, n’eut aucun cas de conscience. Il reflétait la Belgique et sa mission civilisatrice. Les enfants adoraient et l’album fut un succès. Après guerre, quand il entreprendra un travail de refonte (mise au format, mise en couleurs) avec Edgar P. Jacobs, Hergé transformera sensiblement le voyage d’un Belge au Congo en séjour d’un Européen en Afrique afin de lui donner une dimension plus universelle. Dans le même élan, non seulement il le dénationalisera mais il le laïcisera : Tintin cessera de recommander son âme à Dieu. Il n’en demeure pas moins que dans les années 60, Tintin au Congo de même qu’Au pays des Sovietsétaient introuvables en librairie alors que 800 000 exemplaires du Congo avaient été écoulés.

Casterman ne les rééditait pas, moins par peur des Africains eux-mêmes que par crainte d’une campagne d’opinion de l’intelligensia tiers-mondiste. Dans une lettre du 26 juin 1963, Hergé implorait son éditeur de ressortir Tintin au Congo au moins en Europe. Pour lui, la cause était entendue : ses personnages étaient «  »des noirs de fantaisie », caricaturaux comme tous les personnages de son oeuvre. Il en voulait pour preuve les lettres admiratives de ses jeunes lecteurs africains et un article laudateur paru dans le No 73 de la revue Zaïre (2.12.1969) :

« Si certaines images caricaturales du peuple congolais données par Tintin au Congo font sourire les Blancs, elles font rire franchement les Congolais, parce que les Congolais y trouvent matière à se moquer de l’homme blanc qui les voyait comme cela ».

ob_a49175_tintin-sovietsAu moment où cet article paraissait, Hergé n’en demandait pas moins à Casterman de remplacer «  »nègre » »par » »noir » »à la case 8 de la page 31… » N’empêche. Selon un sondage réalisé il y a une dizaine d’années, Tintin est le personnage de bande dessinée préféré des Français. Il arrive en tête avec 22%, talonné par Astérix(20%). Très loin derrière, à moins de 10% ce qui ne laisse pas d’être inquiétant quant au mental et à l’imaginaire de nos compatriotes, dans la meute des suiveurs, on trouve Lucky Luke, Gaston Lagaffe, Titeuf, Mickey et, légèrement au-dessus de zéro, ce qui est vraiment désespérant, Boule et Bill, Spirou, Cortese et Blake et Mortimer.Le détail de ce sondage est édifiant même s’il n’est pas surprenant : le profil du tintinophile est celui d’un individu de plus de 35 ans qui vote plutôt à droite …

Quand on songe que l’oeuvre d’Hergé (ou de Hergé, les deux s’écrivent, avis aux amateurs, de toute façon le pseudonyme vient de R.G., initiales inversées de Georges Remi, son vrai nom)) est définitivement fermée depuis la parution du dernier album puisque Hergé, contrairement à Edgar P.Jacobs ou Jacques Martin, a interdit qu’on poursuive son oeuvre sans lui, on se demande comment faire vivre une oeuvre close. Par des dessins animés, des films, des produits dérivés ? Ca ne suffit pas à entretenir le mythe. Alors ? La vérité est autrement plus simple : les Français qui ont aimé Tintin quand ils étaient petits n’ont pas lu d’autres BD depuis. Ils aiment Tintin, pas la BD, et à travers lui, leur enfance et leur jeunesse.

A sa naissance à la fin des années 20, Tintin avait environ 14 ans selon son créateur ; dans les années 70, Hergé lui donnait environ 16 ans. C’est une prouesse de ne pas grandir à ce point. C’est à peine s’il troque la culotte de golf pour un jean. Tintin reste étonnamment adolescent pendant un demi-siècle, ce qui est tout de même moins étrange que d’avoir un chien qui parle. Gardons-nous ne jamais faire parler les morts mais n’oublions pas que le bouddhiste belge en lui, qui considérait Tintin au Tibet comme son album préféré, eût été comblé de constater que celui-ci  représentait toujours un enjeu politique. Car le chef spirituel du bouddhisme tibétain ne s’y est pas trompé : Tintin est son meilleur agent de propagande. La preuve : il y a une quinzaine d’années, lors de sa parution en mandarin, l’album était abusivement intitulé Tintin au Tibet chinois. La Fondation Hergé diligenta des plaintes afin d’obtenir que le dernier mot indûment rajouté soit dûment retiré; on n’en attendait pas moins de la part de ses dirigeants, Fanny, la veuve d’Hergé, et son mari Nick Rodwell, étant tous deux convertis au bouddhisme. Aux yeux du Dalaï Lama, qui accepta leur invitation d’inaugurer une grande exposition «  »Tintin au Tibet » » à leurs côtés, l’album d’Hergé n’a pas seulement « révélé au monde la beauté du Tibet », il a également « suscité une prise de conscience internationale plus aiguë du Tibet ». Combien de bandes dessinées peuvent-elles en dire autant ? Le destin de celle-ci est d’autant plus étonnant qu’il n’était pas prémédité.une-case-de-tintin-au-tibet-superposee-a-un-paysage-reel

Tintin au Tibet est né d’une grave dépression d’Hergé, déchiré par un cas de conscience qui ne le laissait pas très zen, rongé par la culpabilité à l’idée de quitter sa femme pour sa maîtresse. Irrésolu, il se reprochait d’être trop vertueux, de ne jamais dévier du chemin du devoir, comme son héros de papier. Il s’immergea dans le travail, se lança dans plusieurs projets successifs, passant d’espions trafiquant des pilules radioactives à l’expropriation de Peaux-Rouges de leur réserve avant de tout laisser tomber pour une intuition écrite à la hâte :

« Thème général très simple. Mais quoi ? Sagesse tibétaine- Lama. Abominable homme des neiges. Pourquoi partent-ils au Tibet : le yeti… »

Il se documenta aussitôt et se mit au travail mais à mi-parcours hésita à renoncer : ses nuits étaient hantées par des rêves de blanc. Tant et si bien qu’il se rendit pour la première fois chez le professeur Ricklin, psychanalyste jungien, lequel ne lui suggéra pas seulement d’abandonner son travail :

 « Vous devez exorciser vos démons, vos démons blancs. Il faut tuer en vous le démon de la pureté ! »

En le quittant, Hergé était enfin résolu : il décida de poursuivre son album et d’abandonner le psychanalyste. La 63ème et dernière planche de Tintin au Tibet parut dans le journal Tintin le 25 novembre 1959, huit mois après la sanglante répression d’une révolte populaire à Lhassa par l’armée chinoise, le départ en exil du Dalaï Lama et de 100 000 de ses compatriotes. L’album sortit en 1960. Cette œuvre intime, émouvante et hantée par la mort était l’exact reflet de la crise morale qu’il venait de traverser. Elle est mélancolique, nostalgique, comique et historique. La couverture ? une tache blanche, pendant de l’autre pilier de son œuvre, la tache rouge du Lotus bleu. Un chant dédié à l’amitié dans ce qu’elle a de plus pur. De quoi se réconcilier avec lui-même. Il s’accepta enfin après avoir vaincu le mauvais en lui, jusqu’à évoquer dans une dédicace à un ami « l’adorable homme des neiges ». Rien à changer dans cet album. A peine un détail : Air India étant fâchée d’être associée à une catastrophe aérienne, Indian Airways devint Sari Airways dans les rééditions. Pour le reste, plus d’un demi-siècle après, il demeure d’une brûlante actualité même si Hergé ne l’a pas fait exprès. Tingting et son fidèle Neige blanche n’ont pas fini leur longue marche.

Quant aux Bijoux de la Castafiore…Nous sommes enfin en mesure de rassurer nombre de nos lecteurs qui souffrent de longue date de n’en avoir jamais bien saisi l’intrigue. Cette non-aventure axée sur un anti-héros, où tout le monde se parle sans que les gens ne communiquent entre eux puisqu’ils usent de la même langue mais pas du même langage, apparaît aussi lumineuse que Tintin au Tibet traduit en tibétain par un moine d’une lamaserie d’Anvers (en plus, c’est vrai). Mais restons sur les Bijoux de la Castafiore, qui s’est d’abord appelé « L’affaire Castafiore », puis « Le Saphir de la Castafiore » et même « Le Capitaine et le Rossignol ».

Cet album à part dans l’œuvre d’Hergé est une histoire de fous rythmée par la nonchalance d’un réparateur pas pressé de réparer, de bijoux deux fois disparus mais jamais volés et de roms toujours suspects mais pas coupables)… Hergé y avait mis son talent à inventer la confusion et son génie à l’organiser. Les intellectuels en feront une œuvre-culte louée pour sa postmodernité, sa densité, sa sophistication, son autodérision et son grand art de l’understatement. Le philosophe Michel Serres y vit même la production par le « comics » de son Traité de la solitude monadique, manière toute personnelle de dévoiler à quoi fut la bande destinée.

Qu’est-ce que cela aurait été s’il l’avait lu en monégasque, expérience cruciale dont nous pouvons aujourd’hui témoigner ! Si les aventures de Tintin sont déjà traduites dans 98 langues, en attendant que le chiffre soit rond avec les publications annoncées en wolof et picard rural du Tournaisis, les Bijoux de la Castafiore demeure le favori des langues régionales par la volonté de l’éditeur :

« Tintin au Congo n’est pas un bon choix pour une langue régionale européenne ; les albums sur la lune non plus car ils contiennent trop de termes techniques absents des lexiques régionaux. A l’inverse, les sujets traités dans les Bijoux sont familiers, ruraux, quotidiens… La traduction de ce titre est très naturelle dans les parlers régionaux. De plus c’est un album très finement construit, sans artifices. On y joue finement avec les sentiments, les conventions, les petits travers »

C’est ce qu’explique Etienne Pollet, éditeur des traductions régionales de Tintin chez Casterman, qui préconise les Bijoux aux éditeurs européens tant la conversation y est familiale et donc plus apte à donner du naturel à la traduction. Ici comme ailleurs, le but est avant tout culturel ; il déclenche une fierté identitaire qui se lit comme un événement socio-politique en raison de la dimension mythique de Tintin.

(Dessins d’Hergé, copyright Moulinsart sauf le deuxième « Hommage du dessinateur Tibet »)

Cette entrée a été publiée dans Bandes dessinées.

1240

commentaires

1 240 Réponses pour Tintin a 90 ans mais il ne les fait pas

Janssen J-J dit: 20 janvier 2019 à 12 h 07 min

J’espère que pas mal de gilets vont lire cela et y puiser des questions à poser à notre président. Démoralisant.
https://france.attac.org/IMG/pdf/les_grandes_entreprises_francaises_un_impact_desastreux_pour_la_societe_et_la_planete-a4-doubles.pdf
Rage à vouloir tout faire péter et à s’exploser avec. Y a t-il dans la salle des erdéliens attendant leurs dividendes d’actions achetées aux boites du CAC 40.
Bérénice et moi, on est sûrs de nous : on n’en a pas une seule. Quant aux autres, on n’est sûrs de rien (y compris delaporte qui erre toujours derrière jean-luc hamon, il cache ses actions sous son matelas).
Le ghetto rdl est pluraliste, je sais, mais quand même. Et si jazzm ne sert plus à rien, où va-t-on ?
Anecdote du matin au marché : une offensive des néocatéchumènes qui tractaient pour inviter les citoyens à venir écoutre la bonne nouvelle à la paroisse d’à côté, avec Isaïe en exergue « Le Seigneur met en toi sa préférence ». L’est bien gentil, leur ai-je dit, le Seigneur, mais je me demande en qui il la donne moins qu’à moi, sa préférence… S’il la donne au riche croyant du CAC 40 comme au pauvre croyant GJ, alors non, c’est pas juste, hein !… Moi je veux pas que vous me convertissiez, vu que je suis un vieux mécréant et que j’ai hâte de découvrir l’enfer,hein ! ». Les deux gosses étaient un peu ahuris, et le père un brin interloqué, mais quand j’ai ajouté : « Vous devriez vous associer avec les GJ, peut-être que vous auriez plus de succès qu’avec moi, hein les gars ? », se sont esclaffés tous trois. Et dans mon dos, un des deux gosses a dit à son père : « il est drôle, ce monsieur ». « Oui, a dit le père, le Seigneur lui a donné de l’humour ».
Bon, j’ai fait ma BA pour la journée et la rdl. Une décarcasserie.

Delaporte dit: 20 janvier 2019 à 12 h 04 min

Pour être juste, les trois premiers quarts d’heure sont assez intéressants. Mais le film ne tient pas ses promesses. Et il dure en tout 2 h 29 ! Je me suis un peu ennuyé, à vrai dire.

Chantal dit: 20 janvier 2019 à 12 h 02 min

je l’ai vu aussi Burning, un film assez long, qui joue sur le registre des limites et de la frontière aux confins de la Korée. J’aime l’idée du chat qui n’existe pas, la solitude du jeune paysan, la fille qui ment pour s’en sortir et cette débauche de luxe du jeune homme riche qui croit être leur ami/amant. Peu de gens dans la salle, la serre en plastique comme prétexte esthétique à la destruction. Ce qui est moche pour le nanti est source de revenu pour les modestes. Ils ne se comprendront pas. La musique du film est troublante.

jazzi dit: 20 janvier 2019 à 12 h 02 min

« C’est l’occasion de faire un nouveau point sur le cinéma asiatique. »

Déjà fait Delaporte !

jazzi dit: 10 janvier 2019 à 8 h 57 min
Dernières nouvelles de la Chine.

Un météore a traversé le ciel cinématographique chinois et est venu s’écraser sur nos écrans. « An éléphant sitting still » de Hu Bo, film lent, à la narration sinueuse, de près de quatre heures, est l’unique film de ce jeune cinéaste, né en 1988, et qui s’est suicidé à 29 ans, juste après le montage de ce chef-d’oeuvre en forme de cri de désespoir. Un film à l’esthétique noire, tel « Une longue pluie sans fin » de Dong Yue, que nous avons pu voir récemment, et qui appartient à l’actuelle « septième génération » du cinéma chinois. Celle venant juste après la génération des années 1990-2000. Une génération qui se veut tout aussi réaliste et politique que la précédente, mais qui se caractérise par l’introduction d’une dose de merveilleux au plus sombre des histoires qu’elle nous donne à voir. Ici, dans une mégapole anonyme du Nord de la Chine, sous un ciel définitivement plombé, entre cités puantes et usines inquiétantes, les personnages, à la silhouette flou, évoluent dans un éternel brouillard. Les jeunes semblent n’avoir d’autre avenir qu’entre la résignation ou la délinquance. Les plus vieux sont inexorablement poussés vers des mouroirs. « Le monde est abominable » dit l’un des jeunes héros du film. Trois d’entre eux et un vieil homme décident de fuir vers la ville voisine et néanmoins lointaine de Manzhouli, pour voir un éléphant d’un cirque qui reste assis jour et nuit, refusant de se mouvoir. Quand la Chine se réveillera… pronostiquait Alain Peyrefitte. La Chine est empêtrée dans une immuable immobilité répondent en écho les artistes actuels !
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19581430&cfilm=262443.html

Delaporte dit: 20 janvier 2019 à 12 h 01 min

Pour moi, Burning est une sorte d’arnaque intello-journalistique complètement ridicule. La presse putride lui a décerné à Cannes le prix putride de la presse. Dieu merci, le jury a donné la palme à un film qui, lui, la méritait ! D’un cinéaste coréen, je ne m’attendais pas à voir un film aussi m’as-tu-vu ; quand on regarde son CV aberrant, on comprend néanmoins ce qui a pu se passer…

caulerpa dit: 20 janvier 2019 à 11 h 58 min

ce que veut dire tibet
Ton ciel maintenant baratté par tant de dieux membrus faisant leurs roues liturgiques,
Planait isotrope en son essor
Avant toute église farouche, ou rouge, ou jaune épiphanie,
Ton nom se faisant litanie :
Excessif, Exaltant, Inhumain, Inhabitable, Masse de Gloire et Palais Accablant,
Ton nom — le véridique — oserai-je ?
Tu étais, sans couleur, ton propre Très-haut Lama des Neiges,
Blanc [44]
[44]
Victor Segalen, « Thibet », ode 31, loc. cit., p. 625. Voir….

Paul Edel dit: 20 janvier 2019 à 11 h 51 min

les unanimités ne m impressionnent pas Delaporte… vous me traitez de conformiste alors que je défends Guérin et Darien et Hardellet ou Arno Schmidt ou Gombrowicz sur mon blog.vous nagez dans les approximations.lisez moi au lieu de dire n importe quoi.

Delaporte dit: 20 janvier 2019 à 11 h 47 min

« J’ai parlé ici de « Burning » en son temps ! »

Cela m’a échappé. Il ressort actuellement avec le festival Télérama. Beaucoup de salles le projettent. C’est l’occasion de faire un nouveau point sur le cinéma asiatique.

Janssen J-J dit: 20 janvier 2019 à 11 h 43 min

@ pipé un oléoduc
…un pipe-line, plutôt ? Terrifiant !
@ MO : Comment les anglais prononcent-il le nom de l’historien latin, Tite-Live ?
@ rdl, (pe et c.) : on fait un mauvais procès pro-féministe à Colette maintenant. C’est injuste, moi non plus, elle n’est pas ma tasse de thé, mais enfin, elle est encore lisible en dehors de… Heureusement que quelques internautes du genre la défendent
@Voisiner sur les RP en GJ ? D’expérience, je dirais, je suppose que c’est in-transitoire.
@ Je pense que passoul va finir par mettre un nouveau billet, D., assuré que macron a gagné des points.
Mais où sont passées nos belles gazelles et les chèvres belles et butées ?
https://www.youtube.com/watch?v=GHWYfzrv6G4

jazzi dit: 20 janvier 2019 à 11 h 43 min

« on fait même un film inepte sur elle »

Pas du tout, Delaporte.
A défaut des Français, L’étranger nous envie Colette et lui rend un juste hommage…

Delaporte dit: 20 janvier 2019 à 11 h 41 min

Jacuzzi, je voulais vous demander si vous aviez vu Burning , le film coréen qui a failli avoir la palme à Cannes et dont la presse dit tant de bien. Je l’ai vu hier soir, et j’ai été considérablement déçu.

jazzi dit: 20 janvier 2019 à 11 h 41 min

Portrait de Proust par Colette :

« Il était un jeune homme dans le même temps que j’étais une jeune femme et ce n’est pas dans ce temps-là que j’ai pu bien le connaître. Je rencontrais Marcel Proust chez Madame Arman de Caillavet, et je n’avais guère de goût pour sa très grande politesse, l’attention excessive qu’il vouait à ses interlocuteurs, surtout à ses interlocutrices, une attention qui marquait trop, entre elles et lui, la différence d’âges. C’est qu’il paraissait singulièrement jeune, plus jeune que tous les hommes, plus jeune que toutes les femmes. De grandes orbites bistrées et mélancoliques, un teint rosé et parfois pâle, l’œil anxieux, la bouche, quand elle se taisait, resserrée et close comme pour un baiser… Des habits de cérémonie et une mèche de cheveux désordonnée.
Pendant de longues années, je cesse de le voir. On le dit déjà très malade. Et puis Louis de Robert, un jour, me donne « Du côté de chez Swann »… Quelle conquête ! Le dédale de l’enfance, de l’adolescence rouvert, expliqué, clair et vertigineux…Tout ce qu’on aurait voulu écrire, tout ce qu’on a pas osé ni su écrire, le reflet de l’univers sur le long flot, troublé par sa propre abondance. Que Louis de Robert sache aujourd’hui pourquoi il ne reçut pas de remerciement : je l’avais oublié, je n’écrivis qu’à Proust. Nous échangeâmes des lettres, mais je ne l’ai guère revu plus de deux fois pendant les dix dernières années de sa vie. La dernière fois, tout en lui annonçait, avec une sorte de hâte et d’ivresse, sa fin. Vers le milieu de la nuit, dans le hall du Ritz, désert à cette heure, il recevait quatre ou cinq amis. Une pelisse de loutre, ouverte, montrait son frac et son linge blanc, sa cravate de batiste à demi dénouée. Il ne cessait de parler avec effort, d’être gai. Il gardait sur sa tête – à cause du froid et s’en excusant – son chapeau haut-de-forme, posé en arrière, et la mèche de cheveux en éventail couvrait ses sourcils. Un uniforme de gala quotidien en somme, mais dérangé comme par un vent furieux qui, versant sur la nuque le chapeau, froissant le linge et les pans agités de la cravate, comblant d’une cendre noire les sillons de la joue, les cavités de l’orbite et la bouche haletante, eût pourchassé ce chancelant jeune homme, âgé de cinquante ans, jusque dans la mort. »

Delaporte dit: 20 janvier 2019 à 11 h 39 min

« Non merci. »

PaulEdel, vous citez un long passage de La Vagabonde pour étayer votre jugement ; mais une citation hors du contexte n’a pas beaucoup de sens. Et on voit mal ce qu’il faut en conclure, selon vous. Votre acharnement anti-Colette est bien subjectif et ne convainc personne. Tout le monde aime Colette, en fait. On lui pardonne tout, on fait même un film inepte sur elle. Vous seul, PaulEdel, crachez dans la soupe !

jazzi dit: 20 janvier 2019 à 11 h 35 min

Paul Edel, Gide ne trouvait pas de chantilly chez Colette.

Villa Montmorency
11 décembre 1920

Madame,

Une louange que vous ne vous attendiez guère à recevoir, je gagerais bien que c’est la mienne… Moi-même je suis tout étonné de vous écrire, tout étonné du si grand plaisir que j’ai pris à vous lire. J’ai dévoré Chéri d’une haleine.

De quel admirable sujet vous vous êtes emparée ! et avec quelle intelligence, quelle maîtrise, quelle compréhension des secrets les moins avoués de la chair ! … D’un bout à l’autre du livre, pas une faiblesse, pas une redondance, pas un lieu commun. Tout au plus suis-je un peu déçu par les dernières pages ; il ne tenait qu’à vous, il me semble, de lancer ce livre plus haut, et le plus difficile était fait (cette étonnante scène du revoir, la plus réussie peut-être de tout le livre) après quoi la tirade de Chéri, p. 242 et 3, me plaît moins que n’eût fait son silence ; et les réflexions de Léa, ses excuses : « Je ne t’ai jamais parlé de l’avenir… » me paraissent quelque peu raisonnables et rétrécissantes. Vous expliquez ce qu’on comprenait sans paroles.

Quelle sûreté de trait ! quel naturel dans les dialogues. Et les personnages secondaires — merveilleux !

Comment aucun critique, à ma connaissance, n’a-t-il songé à rapprocher votre Chéri de l’insupportable Adolphe ; c’est l’envers du même sujet — presque.

Moi ce que j’aime surtout dans votre livre, c’est son dépouillement, son dévêtissement, sa nudité.

Déjà je voudrais le relire — et j’ai peur : Si j’allais le trouver moins bien ! Vite, envoyons cette lettre avant de la jeter au tiroir.

Votre très attentif

ANDRÉ GIDE

caulerpa dit: 20 janvier 2019 à 11 h 28 min

voici les lignes
Or, on le sait, les premières lignes de l’essai mettent en garde le lecteur : « J’ai toujours tenu pour suspects ou illusoires des récits de ce genre : récits d’aventures, feuilles de route, racontars… » [1]
[1]
Victor Segalen, Équipée, étape 1, dans Œuvres complètes, vol.…. La crise du paysage semble ainsi découler de cette méfiance :

caulerpa dit: 20 janvier 2019 à 11 h 26 min

Victor Segalen et les explorateurs du Tibet : le « pays au-delà » et la crise du paysage
les première lignes citées dans l’article font penser à un certain Levi Strauss
Victor Segalen et les explorateurs du Tibet : le « pays au-delà » et la crise du paysage

DHH dit: 20 janvier 2019 à 11 h 14 min

@berenice
contrairement à ce que vous supposez ce verbe est intransitif(j’ai vérifié sur l Robert) on voisine avec; j »y ai decouvert un sens que je ne connaissais pas: employé absolument voisiner signifie entretenir des relations habituelles avec ses voisins
si vous tenez au verbe transitif dites côtoyer

caulerpa dit: 20 janvier 2019 à 11 h 14 min

a propos de Segalen:
. Il soutient sa thèse de médecine le 29 janvier 1902 dont le titre universitaire est « L´observation médicale chez les écrivains naturalistes »9 qui traite des névroses dans la littérature contemporaine14. Elle est publiée par un éditeur bordelais, Y. Cadoret, qui édite la version universitaire mais aussi une version à faible tirage ayant pour titre Cliniciens ès lettres1

caulerpa dit: 20 janvier 2019 à 11 h 12 min

: 20 janvier 2019 à 11 h 05 min
sur qoi fondez vous votre théorie? attention aujourd’hui la psychologie est sévère

Bėrėnice dit: 20 janvier 2019 à 11 h 02 min

11h, cela nous en bouche un coin et c’est d’une indispensabilité que de prendre note de cette généalogie. Merci encore de votre effort .

Chantal dit: 20 janvier 2019 à 11 h 01 min

Peut – être que le billet reste bloqué sur tintin et le congo parce que malgré des élections depuis le 31 décembre le peuple n’a toujours pas de dirigeant et conteste le résultat.

il n’y a pas qu’en France que cela bouge …

je me suis plantée ( c’est le cas de le dire sur le jardin botanique de Meise ) ce n’était pas Jeanne la folle mère de Charles Quint qui occupa le Château de Bouchout mais bien Charlotte dernière impératrice du Mexique et soeur de Léopold II.

Le rapport mère – fille dans le cas de Colette est douloureux car si elle a reçu beaucoup de la sienne elle ne semble pas avoir eu la même générosité pour sa fille … à la lecture des extraits. Difficile d’être enfant de créatifs, on n’est pas prioritaires. La mienne est très exigeante si je ne suis pas le reflet qu’elle souhaite que je lui renvoie, je me prends le rejet, avec l’âge çà ne s’arrange pas, je la contourne pour ne pas exploser.

La Belgique est en affaires courantes jusqu’aux européennes, la foule défile à Gdansk et les hongrois manifestent contre Victor Orban … Le Mexique nous offre le spectacle terrifiant de personnes brûlées vives pour avoir pipé un oléoduc, la riposte gouvernementale s’annonce sécuritaire.

Le salon de l’automobile si prisé de ceux qui ne peuvent penser le monde autrement vient d’être victime d’une panne générale d’électricité pour son gala d’ouverture.

caulerpa dit: 20 janvier 2019 à 11 h 00 min

simon Leys sur wiki
il est le fils d’un éditeur, le petit-fils d’Alphonse Ryckmans, homme politique conservateur, conseiller communal d’Anvers puis vice-président du Sénat, le neveu de Pierre Ryckmans, gouverneur général du Congo belge et du Ruanda-Urundi de 1934 à 1946, et de Gonzague Ryckmans, professeur à l’Université de Louvain et sommité mondiale de l’épigraphie arabique2,3. Il grandit au sein d’une grande famille avec ses deux frères et sa soeur, et aussi de nombreux cousins dont les huit enfants du gouverneur du Congo4.

Bėrėnice dit: 20 janvier 2019 à 10 h 59 min

Caulerpa, des parents brillants représentent toujours un avantage. Le bain ou le berceau culturel est porteur cependant des exemples prouvent que les fils plus souvent d’ailleurs que les filles s’y perdent parfois, une nécessité d’égaler puis depasser le père peut se poser en challenge impossible, en rivalité néfaste ou la « fortune » des parents se transformer en appui facile sur lequel se reposer. Exemples et contre exemples sont abondants, les parents restent certes un modèle, un pattern à imiter ou contester.A cela, s’ajoutent le hasard des rencontres fructueuses ou nuisibles, les accidents de parcours. La structuration des individus s’appuie sur des facteurs multiples mais cela demeure une chance que d’être – bien-né-.

Bėrėnice dit: 20 janvier 2019 à 10 h 49 min

DHH, puisque vous y êtes soudainement, est il juste d’affirmer que le verbe ~voisiner~ est intransitif ou ne l’est pas comme je l’hypothèque. Bref, selon vous, quelle est la conclusion grammaticale la plus pertinente?

jazzi dit: 20 janvier 2019 à 10 h 47 min

« Doubles vies », comédie d’Olivier Assayas.
Comment dire ?
Une histoire de bobos destinée aux bobos peut-être.
Deux couples : un éditeur (Guillaume Canet) et sa femme comédienne (Juliette Binoche) ainsi qu’un romancier (Vincent Macaigne, mélange de Demis Roussos et Richard Anthony) et sa compagne, une attachée parlementaire qui fait bouillir la marmite.
Intérêts et amours croisés entre Saint-Germain des Prés et la maison d’été, les pieds dans l’eau au bord de la Méditerranée.
Film essentiellement bavard. On y cause beaucoup de l’avenir du livre numérique au détriment du livre papier. Lit-on plus, lit-on moins ? Lit-on autrement ? Guillaume Canet ne nous épargne rien des nécessités d’adaptation de l’édition au temps modernes, de toute part guettée par la finance. Vincent Macaigne, auteur honteux d’autofictions déguisées en roman, joue à l’artiste de plus en plus incompris et Juliette Binoche à l’actrice devant se recycler dans les séries télé.
Néanmoins ça baise, ça bouffe et ça picole dans des cadres confortables sans trop de soucis d’argent.
Que font les Gilets jaunes !
Cependant, après un long temps d’agacement, qui a duré bien au-delà de la moitié du film, j’ai été plus sensible à l’absurde de la situation et j’ai même fini par trouver aux personnages d’Olivier Assayas des faux airs de ceux de Woody Allen !
Un Manhattan sur Seine, plus caricatural que drôle…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19580522&cfilm=257934.html

Paul Edel dit: 20 janvier 2019 à 10 h 32 min

Quand Colette s’essaie à la psychologie, ça donne ça :
«Combien de femmes ont connu cette retraite en soi, ce repliement patient qui succède aux larmes révoltées ? Je leur rends cette justice, en me flattant moi-même : il n’y a guère que dans la douleur qu’une femme soit capable de dépasser la médiocrité. Sa résistance y est infinie ; on peut en user et abuser sans craindre qu’elle ne meure, moyennant que quelque puérile lâcheté physique ou quelque religieux espoir la détournent du suicide simplificateur.
« Elle meurt de chagrin… Elle est morte de chagrin »… Hochez, en entendant ces clichés, une tête sceptique plus qu’apitoyée : une femme ne peut guère mourir de chagrin. C’est une bête si solide, si dure à tuer ! Vous croyez que le chagrin la ronge? Point. Bien plus souvent elle y gagne, débile et malade qu’elle est née, des nerfs inusables, un inflexible orgueil, une faculté d’attendre, de dissimuler, qui la grandit, et le dédain de ceux qui sont heureux. Dans la souffrance et la dissimulation, elle s’exerce et s’assouplit, comme à une gymnastique
quotidienne pleine de risques… Car elle frôle constamment la tentation la plus poignante, la plus suave, la plus parée de tous les attraits : celle de se venger.
Il arrive que, trop faible, ou trop aimante, elle tue… Elle pourra offrir à l’étonnement du monde entier l’exemple de cette déconcertante résistance féminine. Elle lassera ses juges, les surmènera au cours des interminables audiences, les abandonnera recrus, comme une bête rouée promène des chiens novices… Soyez sûrs qu’une longue patience, que des chagrins jalousement cachés ont formé, affiné, durci cette femme dont on s’écrie :
— Elle est en acier !
Elle est « en femme », simplement — et cela suffit.
extrait de « La vagabonde »
Non merci.

caulerpa dit: 20 janvier 2019 à 10 h 30 min

merci, madame DHH
sur Belgazou:
Lors d’une interview réalisée vers la fin de sa vie, à la question « qu’est-ce que cela a représenté, pour vous, d’avoir une mère si célèbre ? », Colette de Jouvenel répondra simplement « il faut toute une vie pour s’en remettre ».8.

DHH dit: 20 janvier 2019 à 10 h 22 min

Sur bel gazou beaucoup d’information sur Wiki
l’enfant mal aimée et rebelle et devenue une grande résistante qui organise avec l’OSE le transfert en suisse d’enfants juifs; et aussi une grande journaliste qui écrit dans le journal clandestin fraternité
on trouve sur le net le début de son bouleversant reportage d’avril 45 sur l’arrivée en gare de Lyon des premières femmes libérées de Ravensbrück toutes marquées dans leur cœur et dans leur chair par l’enfer auquel elles viennent d’être arrachées

Janssen J-J dit: 20 janvier 2019 à 10 h 16 min

N’accablons pas Edel à propos de son humeur sur la crème chantilly, après tout, cet homme dit ce qu’il pense, et tant pis s’il heurte qq sensibilités (clopine delaporte ou william legrand). N’accablons point Christiane non plus qui prend un soin infini à répondre à jazzman sur colette et les cimetières parisiens, un rapport mère/fille pas des plus faciles (j’ai pensé pareil avec Bel-Gazou)… c’est qu’il faut leur en remontrer, aux spécialistes qui s’annexent les cimetières ou les rues, ou les livres. Elle a bien du mérite, mais pour ma part, je n’y passerais pas autant de temps, des nuitées sans sommeil. D’autres livres attendent, et il y a tous les miséreux qu’il faut secourir, et les vieilles mères qui ne savent pas tout ça.
Les erdéliens ont toujours le quant-à-soi à fleur de peau, sont émouvants, un brin pitoyables aussi, donnent pas l’impression de vivre dans un pays à feux et à sangs. Le pompon, c’est quand l’1 d’eux vient nous annoncer la « problématique » de la réfection des tapis de l’Elysée, il est vrai qu’on les avait oubliés ceux-là, pour ma part je vais aller m’en plaindre sur mon cahier de doléances, y rajouter ce point majeur.
Eh bien non, la rdl n’est pas ce petit ghetto de mièvreries, ces éclats en font sa grandeur journalière, et chacun préférerait en crever plutôt que d’avouer sa petitesse.
Je m’inclus en cette sale assuétude du parvenu qui passa sa vie rdl à ne point parvenir à remplacer passoul, car pas croire qu’il y avait pas une tactique derrière tout cela.
BJ à tout le monde et à celzéceux qui sont partis à regret : Hamlet par ex., je l’aimais bien celui là. En revanche, d’autres, non… vraiment, sans aucun regret. Chacun a ses têtes, c’est la vie même, et je peux dire que même parmi les GJ, y a de sacré.es c., mais moins qu’on pense toutefois.

DHH dit: 20 janvier 2019 à 10 h 10 min

@Chantal
talentueux pastiche du style de Colette.
on s’y croirait si on n’était pas alerté par l’indication du lieu ,le votre et pas celui de Colette .

caulerpa dit: 20 janvier 2019 à 10 h 08 min

amélie nothomb est belge d’expression française
e succès lui vaut d’avoir été nommée commandeur de l’ordre de la Couronne et [sur la proposition du Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères], le Roi (Philippe) lui a accordé concession du titre personnel de baronne2. Son roman Stupeur et Tremblements a remporté en 1999 le Grand prix du roman de l’Académie française.

En 2015, elle est élue membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

jazzi dit: 20 janvier 2019 à 10 h 06 min

J’ai lu dans les pages littéraires du Libé d’hier que les éditions Actes Sud avaient accéléré la sortie du nouveau roman historique d’Eric Vuillard, « La guerre des pauvres » (de plus en plus brefs, 80 pages !) car celui-ci était en phase avec l’actualité politique : le mouvement des Gilets jaunes. Depuis, le livre est en tête des ventes juste après le Houellebecq. Et Passou ne nous a rien dit, ni personne ici même ! Peut-être dans le prochain papier ?
L’Histoire, période longue, et l’actualité politique, période courte, se donnant la main au-dessus du cadavre de la littérature ?

Clopine dit: 20 janvier 2019 à 9 h 24 min

Franchement, à lire les extraits copiéscollés, je ne vois aucune mais alors aucune chantilly là-dedans.

Delaporte dit: 20 janvier 2019 à 9 h 12 min

« Quand on lit Delaporte on apprécie encore plus Paul Edel… »

Mon propos était un hommage à PaulEdel, qui les aime tant, même s’il ne les mérite pas toujours ; ça, c’est une autre histoire…

Bėrėnice dit: 20 janvier 2019 à 8 h 29 min

Chantal, google map vous inspire , dirait on. Je découvrais hier soir les lieux que vous indiquez en lien, immense foret, dense et préservée. Du ciel , la vue m’a fait penser à du brocoli et naviguant au hasard , j’ai même fini par atterrir sur l’interminable rue ou avenue des hêtres rouges qui , ce me semble, d’un point de vue immobilier m’a l’air plutôt cotée. Poussant un peu plus avant mon vagabondage googelesque, j’ai pu explorer la carte satellitaire jusqu’aux rivages danois, tres beaux d’en haut avec ses estuaires, ses dunes,ses polders? à moins que ce ne soient des zones marécageuses et j’ai constaté que le bleu que vous décrivez correspondait à celui visible sur ces cartes, un bleu profond virant en extrapolant au mauve comme les chanceux qui connaissent les cieux irlandais les racontent. C’est d’ailleurs ce ton qui m’a conduite à penser à l’origine , peut être les influences à l’oeuvre pour ce passage biographique illustrant votre probablement riche parcours , jalonné de paysages, d’expériences, d’apprentissages, de découvertes artistiques, littéraires et théâtrales. L’outil map est réellement fantastique pour visualiser l’extension des cultures au détriment des forêts, j’ajoute qu’en suivant la route que vous proposez d’explorer j’ai été frustrée de constater que la promenade virtuelle s’arrêtait sur deux cyclistes au bout du chemin, à moins que je ne sache me servir correctement de la proposition Google.

Delaporte dit: 20 janvier 2019 à 6 h 38 min

Je suis très étonné que PaulEdel se permette ainsi de dire du mal de Colette. Quelle mouche l’a piqué, lui qui en général est tellement conformiste dans ses jugements littéraires : d’habitude, avec PaulEdel, tout est bien, tout est beau, et même miraculeux. Et donc, voilà cette pauvre Colette qui fait les frais d’une mauvaise humeur passagère de notre cher PaulEdel, indéboulonnable internaute devant l’Eternel, à défaut d’être autre chose, sans doute. Il reviendra bien vite à plus de modération, et conviendra qu’il y a encore beaucoup de choses à apprendre des écrivains qui sont morts. Et cela, n’est-ce pas rassurant, à vrai dire ? En ce dimanche, PaulEdel va s’octroyer un petit coup de grappa, il pensera à Rome et à toutes les conquêtes qu’il n’a pas eues. Bref, il fera preuve d’un peu plus d’humilité. Il ne nous dira pas qu’il réhabilite Colette, car au fond il n’y a que l’intention qui compte. C’est comme si c’était fait ! Merci PaulEdel pour toutes les joies baroques que vous nous offrez !

Bihoreau duc de Bellerente dit: 20 janvier 2019 à 6 h 31 min

Oublions Tintin, le Congo, et la rectitude politique un instant. J’apprends, en retard comme d’habitude, que le Président redécore la Salle des Fêtes de l »Élysée et qu’on lui en fait reproche.

Quoi qu’on fasse en France il se trouvera bien quelqu’un pour râler. Alors passons. Mais comment critiquer le fait qu’il rafraichisse un décor défraichi ? Ce rouge et et or pompier, choisi par ce faux cul de Mitterrand, si ce que j’ai lu est vrai, était à vomir. Les tons choisis sont infiniment mieux. Qu’on vende aux enchères vieux rideaux et tapis, il se trouvera bien quelqu’un pour en payer un prix fou.

christiane dit: 20 janvier 2019 à 2 h 00 min

Ah, tu trouves, Jazzi ?
C’est dans un chapitre intitulé « La chaufferette » (cette boite métallique où on enfermait les braises que les petites élèves emportaient en classe, l’hiver, pour se réchauffer..) Elle y écrit aussi : « Je n’ai jamais envoyé, à un écrivain connu, des essais qui promettaient un joli talent d’auteur, aujourd’hui, tout le monde le fait, puisque je ne cesse de recevoir des manuscrits. » ou encore, un peu plus loin, que « lorsqu’à dix-sept ans l’amour arriva dans [sa] vie, [elle n’eut] pas non plus envie de l’écrire, ni de le décrire », qu’elle pensait « que l’amour peut se passer de lettres d’amour, réfléchir sur lui-même dans le silence, et se satisfaire d’une souveraine présence au lieu d’écrire son propre roman. »
Autant de notes étonnantes quand on constate l’écrivain qu’elle est devenue.
Quant à sa fille, Colette de Jouvenel, née en 1913, (>I>Lettres à sa fille -1916-1953 – Gallimard – publiées sous la direction de Anne de Jouvenel, nièce de Colette), elle passa son enfance à Varetz en Corrèze dans la maison de sa famille paternelle, confiée à une nurse, Miss Draper, loin de ses deux parents, puis en pension à Saint-Germain en Laye. Ce sont souvent des sermons que Colette envoie à sa fille, lettres sèches, signées C. de Jouvenel ou Colette, rarement maman. L’enfant souffre de solitude, s’en plaint. Colette reste distante.
Tu peux lire sur le site des « amis de Colette » certains extraits (ou acheter le livre, maintenant en édition de Poche) : « aux griffonnages qui demandent une visite ou un câlin, elle répond : « tu deviens ce que j’ai toujours dédaigné, quelqu’un d’ordinaire… » Voici une semonce à la fillette de 11 ans : « Je ne saurais, ma petite fille, admettre que tu me traites légèrement, je te l’ai déjà dit. Ta moyenne de retenues, pour les sorties de quinzaines, commence à dépasser ma patience. Et quel est le regret que tu m’en témoignes ? » La jeune adolescente écrira : « C’est au lycée de Saint-Germain que je commençai à voir que je n’appartenais pas aux miens. Au bout de quelques mois, je commençai à rêver de pouvoir être à d’autres. A des parents comme ceux dont mes compagnes étaient dotés. S’ils devaient venir le jeudi ou le samedi, ils venaient, ceux des autres »…
Puis, elle ira étudier Outre-Manche dans la petite ville de Clifton, près de Bristol avant d’être inscrite dans un établissement du VIe arrondissement à Paris où elle prendra des cours de sténographie et de secrétariat (sans grand succès !).
« En novembre 1944, elle publie son premier article dans « Femmes françaises » sous le titre « Travail urgent : travail social ». Très sensible aux problématiques liées au rôle des femmes dans le monde du travail, elle utilise sa plume pour défendre l’égalité des sexes. »
A la mort de sa mère, elle écrira : « En ce jour de 1954, il y eut en moi beaucoup de la femme trompée depuis toujours. Sans doute n’avais-je que trop rarement eu le sentiment avec ma mère de vivre le grand amour. Lorsque d’elle à moi, il y eut grand amour, ce fut de loin. L’éprouva-t-elle ? de loin, avec l’écart d’âge qui nous séparait ? Elle m’aima de loin, au temps où je ne savais pas répondre à cet amour. »
François Soustre a écrit un très beau livre sue elle Colette de Jouvenel en Corrèze – éditions Descartes & Cie. Sur la couverture son visage d’une grande beauté.
Colette : (un patronyme devenu pseudonyme)… (Gabrielle-Sidonie Colette) donna son nom comme prénom à sa fille !!! Cela n’a pas dû être facile pour cette enfant de trouver son identité… Relation mère-fille assez surprenante. C’est pendant la guerre que les rapports semblent s’inverser. Une mère donc, « si peu maternelle »…
Elles sont enterrées ensemble au Père Lachaise mais seul le patronyme de la mère et les dates la concernant (1873-1954) figurent sur la stèle…
Bon, il est tard !

jazzi dit: 20 janvier 2019 à 0 h 09 min

Avec cet extrait de son Journal, on est plus dans le style nouille, Christiane !
Non, je n’ai pas lu sa correspondance avec Bel-Gazou. .

christiane dit: 19 janvier 2019 à 23 h 01 min

« Dans ma jeunesse, je n’ai jamais, jamais désiré écrire. Non, je ne me suis pas levée la nuit en cachette pour écrire des vers au crayon sur le couvercle d’une boîte à chaussures! Non, je n’ai pas jeté au vent d’Ouest et au clair de lune des paroles inspirées! Non, je n’ai pas eu 19 ou 20 pour un devoir de style, entre douze et quinze ans! Car je sentais, chaque jour mieux, je sentais que j’étais justement faite pour ne pas écrire. […] Quelle douceur j’ai pu goûter à une telle absence de vocation littéraire! Mon enfance, ma libre et solitaire adolescence, toutes deux préservées du souci de m’exprimer, furent toutes deux occupées uniquement de diriger leurs subtiles antennes vers ce qui se contemple, s’écoute, se palpe et se respire.[…] Pourtant, ma vie s’est écoulée à écrire… Née d’une famille sans fortune, je n’avais appris aucun métier. Je savais grimper, siffler, courir, mais personne n’est venu me proposer une carrière d’écureuil, d’oiseau ou de biche. Le jour où la nécessité me mit une plume en main, et qu’en échange des pages que j’avais écrites on me donna un peu d’argent, je compris qu’il me faudrait chaque jour, lentement, docilement écrire, patiemment concilier le son et le nombre, me lever tôt par préférence, me coucher tard par devoir. »
Colette – Journal à rebours, publié en 1941 (Livre de Poche – n° 3841)

G S'A dit: 19 janvier 2019 à 22 h 29 min


…il faut, des riches et des moins riches,!…

…tout, les systèmes sont bons, s’ils sont acceptés,!…Voilà,!…

…Dallas, la bible, il faut comprendre le sens, et se faire voir, par les Corporations Associés,!…Trusts,!…

…si, la juive-té, n’existait pas, il faudrait  » l’inventer « , mais si,!…

…avec d’autres histoires,!…pour meubler,!…là,!…

christiane dit: 19 janvier 2019 à 22 h 20 min

@jazzi dit: 19 janvier 2019 à 21 h 55 min
As-tu lu les lettres qu’elle envoyait à sa fille, dite « Bel Gazou » ?

Chantal dit: 19 janvier 2019 à 22 h 16 min

J’ai commencé à écrire mes souvenirs d’enfance et pour retrouver les sensations je me promène dans les jardins botaniques, il y en a un près de Bruxelles, à Meise, le château était la résidence de Jeanne la Folle. Le goût immodéré des fleurs m’a été transmis par ma tante infirmière qui tenait en grande estime les expériences de son grand – père pour faire d’une colline aux confins du Brabant Flamand une petite oasis de verdure aux consonances exotiques, les tilleuls avoisinaient un magnifique Catalpa, je jouais à la marelle sur des dalles de pierres ferrugineuses aux couleurs de spéculoos au bout de ce damier se dressait le socle d’un cadran solaire qu’il m’arrivait d’interroger en fin d’après – midi. Le long de l’allée cendrée les pousses de bambous voisinaient une magnifique treille de roses – thé qui se mêlait aux grappes d’un joli bleu tournant vers le mauve. Toutes ces odeurs de jardin me reviennent aux jours gris, et plus particulièrement celle de la lande de bruyère qui se nichait entre les bouleaux et le bois de hêtres rouges au bois d’une sente de sable jaune poudré …

jazzi dit: 19 janvier 2019 à 21 h 55 min

Colette, c’est un sacré personnage !
Une femme qui a vécu selon son bon plaisir : un modèle d’ idéal féminin sans féminisme aucun. Seul, l’exemple compte.
Par ailleurs, sa prose a de la chère et du caractère…
Colette avait des couilles !

Paul Edel dit: 19 janvier 2019 à 20 h 22 min

Etonnant Mélenchon racontant ce soir sur LCP pourquoi le « vendredi » de Tournier est un roman qui compte dans sa vie..

D. dit: 19 janvier 2019 à 18 h 46 min

Macron démission. Une énième fois.
Il est tout simplement incompétent sur une telle fonction. C’était largement soupçonné depuis des mois et là c’est absolument confirmé.

christiane dit: 19 janvier 2019 à 18 h 46 min

@closer dit: 19 janvier 2019 à 13 h 50 min
Très bien les deux expos au Petit Palais de Fernand Khnopff, « le maître de l’énigme », sanguines et aquarelles oniriques, délicatement colorées. Enfin vu ce sphinx au corps de guépard enlaçant l’œdipe androgyne… et Jean Jacques Lequeu. Œuvre graphique à la plume, rehaussée de lavis d’un architecte rêveur d’impossible… obsessions érotiques (délire, dit-on entre « L’Origine du monde » de Gustave Courbet et le « Palais idéal » du facteur Cheval). Deux maîtres en bizarrerie… Merci de les avoir signalées.
https://www.youtube.com/watch?v=arpxrJOcD-4

rose dit: 19 janvier 2019 à 18 h 04 min

1400 à Manosque c’est faux.
un groupe pour le blocage du rond point de l’autoroute les autres avec nous.

Beau moment en fin de manif : deux GJ et un autre plus loin socialisent avec les crs.
de belles discussions, sensées avec des gens qui ne supportent pas d’être pris pour des imbéciles.
Les études des gosses, les femmes au foyer et une fois que l’on a tout payé, qu’est ce qu’il reste ?
Des nèfles.

Petit Rappel dit: 19 janvier 2019 à 17 h 16 min

Je ne suis pas sur que tout dure chez Colette, qu’on lise encore les Claudine intégralement. Colette a été longtemps sauvée par les morceaux choisis des livres de lecture. »Le Poisson au coup de pied » cité hier en est un bon exemple.

rose dit: 19 janvier 2019 à 15 h 46 min

« Le changement ne peut venir que du peuple qui s’élève d’une seule voix ».

– de banquiers
+ de banquise

caulerpa dit: 19 janvier 2019 à 15 h 27 min

D’un point de vue narratif, La Guérison est une sorte d’autobiographie fictive de Dante Alighieri, réincarné au XXème siècle sous les traits d’un indien araucan lequel -devenu fou à cause de la trahison amoureuse de son amie américaine- se prend pour le poète toscan. Le texte est développé en plusieurs langues:

rose dit: 19 janvier 2019 à 15 h 24 min

deux voitures de crs affectées à protéger la maison de castaner. Deux autres gardent le rond point de Casino nuot et jour pour éviter la réinstallation. Il a fallu 11 fourgons de crs pour évacuer le rond point, il y a environ deux semaines.
Le groupe est scindé en deux. Mille au total ?
Perte de force, perte de vitesse. Nous, les en-tête, hé, rebroussons chemin. Personne pour provoquer la castagne, sauf le journaliste, gazé

caulerpa dit: 19 janvier 2019 à 15 h 24 min

retour sur les médecins écrivains:
Roberto Gac-Artigas est né en décembre 1941 à Santiago du Chili. Études de Philosophie, de Psychologie et de Médecine à Santiago, à New York et à Paris. Psychiatre, il met fin à sa pratique de la médecine à New York en 1968 pour se consacrer exclusivement à l’écriture, d’abord en espagnol puis en français. Il réside en France depuis 1970.

« Les Phases de la Guérison » est le titre générique de son œuvre principale, composée de cinq volumes : El Bautismo, El Sueño, Portrait d’un Psychiatre Incinéré, La Société des Hommes Célestes et La Guérison. La tentative sous-jacente à cette pentalogie vise à établir un pont entre le roman conventionnel, produit littéraire par excellence de l’ère de l’imprimerie, et l’«Intertexte», nouveau genre narratif rendu viable grâce à l’avènement de l’ère électronique.
http://roberto-gac.com/ecrits/francais/livres/la-guerison

Clopine dit: 19 janvier 2019 à 15 h 21 min

… sauf que vous, Paul Edel, ne pratiquez pas les conseils que vous donnez.

« acceptez qu’on soit d’un avis différent du vôtre », me gourmandez-vous.

Je pourrais vous renvoyez exactement cette balancelle-là, mot pour mot. Car à chaque fois que j’ai – oh même pas été d’un avis si différent du vôtre – mais simplement essayé de parler d’une de vos chasses gardées en en discutant les droits d’entrée, vingt diou ! Ce que je me suis pris comme uppercut à la mâchoire !!!

rose dit: 19 janvier 2019 à 15 h 02 min

Un journaliste abattu par une giclée de gaz lacrymo dans les yeux. par terre collyre par les infirmières évacué vers l’ambulance. deux forgons de crs débarquent les gens huent.
Avant c’était calme.
Même pas peur.

jazzi dit: 19 janvier 2019 à 14 h 53 min

« les oukases et les questions d’inquisiteurs mal convertis »

Dois-je me reconnaître dans ce portrait délicat, caulerpa ?

jazzi dit: 19 janvier 2019 à 14 h 22 min

« Forcalquier 1manif gilets jaunes
11 fourgons de crs arrivés à 11h sur ke terrain. »

Ces manifs coûtent un fric fou aux contribuables que nous sommes !

renato dit: 19 janvier 2019 à 14 h 21 min

« … si Paul Edel trouve que Colette a le style nouille, c’est son problème. Tant pis pour lui ! »

Loin de moi l’idée de défendre PE, mais la perception des arts, et la littérature n’est justement qu’un art, est un fait subjectif. Il y en a qui n’ont pas apprécié The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman. Moi, j’aime et relis Bouvard et Pécuchet, mais Madame Bovary m’ennuie comme ce n’est pas possible. Enfin, Les goûts et les couleurs, etc., etc.

jazzi dit: 19 janvier 2019 à 14 h 20 min

« quant à la rdl, monopolisée par toujours les mêmes intervenautes (…), qu’est-ce d’autre ? »

Personne n’a le monopole ici et chacun peut y venir commenter librement et partir quand il le veut. De plus, Passou n’est pas un kapo ! Drôle de vision que vous avez-là de la RDL, JJJ ! Vous ne seriez pas un peu parano ?

caulerpa dit: 19 janvier 2019 à 14 h 02 min

ou encore:
seules pouvant lui convenir des manoeuvres de repli, et plus grave encore de repli sur soi, qui tendent à faire de l’université un bunker ou un ghetto tout en dotant la philosophie de privilèges indus ? Ce repli sur soi s’incarne justement dans l’effort en vue de perpétuer une idée, vers laquelle convergeraient simultanément l’université et la philosophie, ramenées à leur essence, leur essence pure faut-il le préciser. Disons le brutalement d’entrée de jeu :
dans:
Pierre Macherey : « L’Université en questions »

caulerpa dit: 19 janvier 2019 à 13 h 56 min

le ghetto l’université se plaignait naguère à longueur de colonnes d’etre un ghetto
un exemple: »Pour la circonstance, ce samedi, l’UPMC ouvre ses portes au grand public : étudiants, familles, enfants – on est donc loin de l’image traditionnelle de l’université-ghetto, coupée des citoyens, repliée sur elle-même. Que verra-t-on ce samedi à Jussieu ? Un vaste campus
http://focuscampus.blog.lemonde.fr/2016/09/29/le-campus-renove-de-lupmc-ou-lautre-visage-de-luniversite/

closer dit: 19 janvier 2019 à 13 h 50 min

« Une bio de Molière ?
« Le Roman de monsieur de Molière » de Mikhaïl Boulgakov. »

Une très bonne bio de Molière qui se lit comme un roman précisément (existe en poche). Le théâtre du Ranelagh en avait tiré une pièce sympathique il y a environ deux ans.

Janssen J-J dit: 19 janvier 2019 à 13 h 50 min

mais le ghetto n’est pas une injure voyons donc…, jadis on a parlé de bonheur dans le ghetto, des sociologues en ont montré la rationalité dans plusieurs contrées, quant à la rdl, monopolisée par toujours les mêmes intervenautes qui s’identifient assez au point d’en chasser des intrus inconnus, qu’est-ce d’autre ?

christiane dit: 19 janvier 2019 à 13 h 50 min

@Janssen J-J dit: 19 janvier 2019 à 13 h 46 min
Oui, cet essai est passionnant. Dommage pour votre commentaire…

caulerpa dit: 19 janvier 2019 à 13 h 49 min

Georges Forestier rectifie des faits qu’on croyait établis, déplace les projecteurs, tel un éclairagiste judicieux,
un conseil à ceux qui s’offrent en critiques et demandent à être payés

Janssen J-J dit: 19 janvier 2019 à 13 h 46 min

Oui Ch., je vous ai longuement répondu hier soir, mais le robot a shinté le tout, car j’ai utilisé le mot dé.pu.celer, sans point, c’est la seule raison, je pense. Peut-être passoul le remettra-il après lecture, c’est déjà arrivé. En tout cas, espère que vous n’avez pas été trop déçue par votre achat de Lépère.

@jzzm, je suis sûr que vous pensez à la même.

christiane dit: 19 janvier 2019 à 13 h 19 min

@Janssen J-J dit: 19 janvier 2019 à 12 h 58 min
JJJ, avez-vous lu le commentaire où j’évoque des passages de l’essai (excellent) dont vous nous aviez conseillé la lecture ? (L’Age du furieux – 1552-1859 de Pierre Lepère (Hatier).
J’y ai puisé bien des renseignements durant ma lecture de Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov, surtout dans les derniers chapitres..

jazzi dit: 19 janvier 2019 à 13 h 16 min

« la nouvelle bio de Molière »

Depuis quatre siècles, elles se succèdent et parfois s’annulent, caulerpa, un peu comme vos pseudo !

Janssen J-J dit: 19 janvier 2019 à 12 h 58 min

la rdl est pourtant un ghetto, et pas qu’un peu, une projection à fantasmes sous la férule de certaines prêtresses, par ex… je trouve

caulerpa dit: 19 janvier 2019 à 12 h 55 min

lisez lanouvelle bio de molière au lieu de nous gonfler de vos antiquités à réactualiser
bonne promenade et bon ciné

renato dit: 19 janvier 2019 à 12 h 53 min

À propos de Stendhal.

À un moment, quelqu’un a écrit : « Stendhal ne corrige pas les erreurs et les contradictions ; il fait large usage de mots anglais et italiens qu’il ne traduit pas », et il parlait, ce quelqu’un, d’un « sabir franglais et crypté ».

Sans fignoler, le temps étant ce qu’il est : « 1764, Alessandro Verri publie dans Il Caffè un manifeste contre les pédants et le purisme stupide afin de donner à la littérature une place à côté du Commerce, de l’Histoire, de l’Industrie, etc. ; de la sortir des angoisses lexicales et des obsessions stylistiques, en assemblant voix argotiques et citations en langue littéraire, en italianisant les mots français, allemands, anglais, arabes, etc., et en les employant, si besoin, sans traduction, en utilisant les jargons administratifs, universitaires, macaroniques, juridiques, hydrauliques, politiques, etc., il est même conseillé de ne pas corriger les erreurs… » [Alberto Arbasino, Genius Loci] Ce manifeste officialise un courant de pensée endogène en ambiant lombard, et produit un mouvement culturel et civil, ainsi qu’une approche du réel encore vivace aujourd’hui — selon ma prof de Lettres, il aspire à un humanisme capable de restituer la liberté d’autoprojeter et le sens d’une expérience nouvelle —. Enfin, se pencher un minimum sur l’histoire de l’Europe, porter un regard sur une plus large tranche de ce qui est réellement advenu et réellement advient ne peut que faire du bien…

[La più decisa polemica contro l’accademismo e il fiorentinismo arcaicizzante, impersonato e simbolizzato dall’Accademia della Crusca e dal suo famoso vocabolario viene dai giovani filosofi Illuministi milanesi che si raccolgono attorno al Caffè. Il Vocabolario degli accademici della Crusca, uscito in prima edizione nel 1612 e ripubblicato nel 1623, nel 1691 e nel 1729-1738, era stato spesso attaccato per la concezione arcaica e pedantesca della lingua su cui era fondato. Nel luglio 1783 il granduca Leopoldo di Toscana soppresse l’Accademia della Crusca e l’incorporò nell’Accademia fiorentina, mentre si preparavano inutilmente i piani della quinta edizione del Vocabolario (questa fu preparata più tardi, in altra situazione storica, dal 1863, e interrotta nel 1923, restò alla lettera O). L’articolo con l’attacco contro la Crusca fu steso da Alessandro Verri e fu pubblicato sul Caffè nel 1764.]

Paul Edel dit: 19 janvier 2019 à 12 h 36 min

simplement Clopine je donne un avis personnel et je ne demande pas qu on le partage..vous me trouviez condescendant et vous me dites ça depuis des années.j zi compris …ouiii je préfère le style sec de Stendhal qui recommande d écrire comme on doit rédiger le code civil.j aime bien le lyrisme de Giono c est ma contradiction.mais acceptez un jour qu’ on lise autrement que vous.

renato dit: 19 janvier 2019 à 12 h 30 min

Télé allumée, il paraît qu’au journal de 12.30 de la Suisse italienne il y aura un service à ne pas manquer pour les prochaines votations.
Dans l’attente doc églises chrétiennes à Jérusalem, écouté d’une oreille distraite.
J’entends : « Le cloître remonte au XIe siècle ». Et du fond de la pièce la voix de ma compagne : « La tête aussi ».
Je jette un coup d’œil : masse comme un bouchon devant le lieu présumé de la naissance de ce pauvre homme nommé Jésus, même des cellulaires à documenter-justifier son passage par ces lieux de la superstition pour contenter la tantine à chat qui est restée chez soi car ses chats etc., etc.,.

jazzi dit: 19 janvier 2019 à 12 h 24 min

Je n’ai jamais adhéré à aucun parti ou une quelconque communauté, JJJ, et ne me suis jamais enfermé dans un quelconque ghetto. Toujours ailleurs et à part : un observateur-promeneur…

christiane dit: 19 janvier 2019 à 11 h 47 min

@Paul Edel
Vous écriviez le 17/01 à 16h28 : « j’en parlerai sur mon blog de cette « Charlotte à Weimar ». Ce qui aurait pu être un récit court succulent d’ironie est quand même un curieux clafoutis encombré de passages bien monotones avec ces phrases méandreuses dont T.Mann a le secret à la fin de sa vie.. »
Je me suis intéressée à ce livre à cause de cet échange, plus ancien, sur ce fil :
Je vous écrivais le 14/01 à 19 h 22 :
« J’explique le « non ». On m’a offert un roman que je désirais lire depuis si longtemps…
Je vais y passer de longues heures et des jours.
En exergue de la première partie :
« – Qui es-tu donc, à la fin ?
– Je suis une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien.»
Goethe, Faust . Achevé en 1940. Il y travailla douze années… »
et vous, à 20h15, suggériez :
« s’agit-il de « Charlotte à Weimar » de Thomas Mann? »
Aussi, me baladant, là où l’on trouve de vieux livres, ai-je été ravie d’en trouver un exemplaire (de 1945). Il est tellement vieux que lorsque je tourne une page, elle se détache !
J’ai cherché le septième chapitre car le narrateur est Goethe (imaginé par Thomas Mann). C’est vraiment surprenant ce long monologue intérieur. Charlotte ? Elle semble bien enfouie dans sa mémoire. Un homme le fait vibrer davantage, « d’une intelligence infinie, patient et libre ». Leurs échanges au sujet de Faust, de Wilhelm Meiter lui reviennent en mémoire. T.M lui prête alors cette pensée : « Avec qui m’entretenir de Faust, depuis que cet homme est hors du temps ? » ou encore, « Ensemble nous avons ri. Avec qui rire à présent ? […] Il voyait tout. »
Puis il revient à lui, homme vieillissant et interrogatif : « Comme si l’on pouvait continuer à vivre et à progresser depuis quarante-quatre ans, après avoir à vingt-quatre ans écrit Werther, sans dépasser le stade de la poésie ! […] Voudrais-je redevenir jeune, le pierrot de jadis ? Il a écrit Werther, ce pierrot-là, avec une prestesse risible et ce n’était évidemment pas mal, étant donné son âge. Mais après cela vivre et vieillir, voilà le chiendent. tout l’héroïsme consiste à durer : la volonté de vivre et de ne point mourir, – voilà – il n’est de grandeur que dans la vieillesse. Le jeune homme peut être génial, point grand.  »
Quant à Charlotte tout commence par un souvenir olfactif (digne de Colette !) : « Framboises au soleil. chaude odeur fruitée impossible à méconnaître. serait-ce qu’ils font des confitures, en bas ? […] Parfum exquis de la framboise gonflée de suc sous sa sécheresse veloutée, chaude du feu vital comme les lèvres d’une femme […] »
et voilà Lotte : « Le jeu des lèvres de Lotte, avec son canari, la façon charmante dont l’oiseau les becquète puis de sa bouche vole à celle de l’aimé, sont simultanément indécents et d’une innocence trouble. »
Et à nouveau, retour à lui :
« Plus tu avances en âge, plus reparaît en toi le vieux fantôme et tu le reconnais, tu pactises avec lui, consciemment et avec une fidélité obstinée tu le réincarnes |…] La vie serait impossible sans un peu d’illusion sentimentale pour l’embellir et la réchauffer, mais tout de suite au-dessous, c’est la glace. […] Voilà comment tu es. Un esprit versatile qui ne se laisse retenir par aucun système et saute d’un extrême à l’autre, un esprit dont on pourrait aussi bien faire un frère morave qu’un libre-penseur, car tu es influençable, quelle pitié ! Avec cela, une scandaleuse dose d’orgueil, alors qu’il n’y a pas plus faible que toi. »
Très surprenant septième chapitre (Je n’ai pas encore lu les autres car l’arrivée de Charlotte devenue une femme âgée avec sa fille et sa camériste à l’hôtel L’Éléphant ne m’a pas emballée, ni les visiteurs qui semblent se succéder pour la retarder.
Curieux roman que je ne connaissais pas, publié en 1939, alors que l’Allemagne est sous le régime nazi que Thomas Mann vit en exil aux États-Unis…

Janssen J-J dit: 19 janvier 2019 à 11 h 47 min

(Je supporte de plus en plus mal l’écriture sur e-phone)

Jeter votre smartphone, la terre et la rdl se trouveront allégées de ces scories Thomas. Annie.

Janssen J-J dit: 19 janvier 2019 à 11 h 43 min

@ 11.18, vous Le cherchez et vous étonnerez de récolter de la tempête aux environs de Chantilly, malgré vos préventions amicales. Pendant qu’on se brosse les dents en pensant à Colette Mimosa, songeons à quelques utiles conseils, et à ne pas forcement éteindre le robinet si on ignore les cycles.
https://theconversation.com/vous-vous-brossez-probablement-mal-les-dents-quatre-conseils-pour-ameliorer-votre-sante-dentaire-109812?utm_medium=email&utm_campaign=La%20lettre%20du%20SAMEDI%20de%20The%20Conversation%20France%20-%201214411150&utm_content=La%20lettre%20du%20SAMEDI%20de%20The%20Conversation%20France%20-%201214411150+CID_08746befdabda73ad91355890b6c2d25&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Vous%20vous%20brossez%20probablement%20mal%20les%20dents%20%20quatre%20conseils%20pour%20amliorer%20votre%20sant%20dentaire

La boulangère du quartier vient de me demander si je ne travaillais pas à la télévision. Depuis quelques temps, en faisant semblant de me prendre pour Lolo Delahousse, je crois qu’elle me cherche.

Clopine dit: 19 janvier 2019 à 11 h 21 min

Ernaux et « vous ». Je supporte de plus en plus mal l’écriture sur e-phone, et la réécriture automatique de certains mots

Clopine dit: 19 janvier 2019 à 11 h 18 min

Lyrisme peut-être, mais toujours appliqué, en tout cas, au monde sensible (animaux, fleurs, paysages méditerranéens, objets,lieux), et pas, à ma souvenance en tout cas, aux idées ou aux sentiments. Et je ne vois aucune chantilly dans le vocabulaire de Colette, au contraire : une justesse qui, si elle ne fait pas dans l’économie et la sécheresse de certaines écritures contemporaines (je pense à Rénaux par exemple), ne se refuse pourtant aucune notation prosaïque. Bref je ne suis pas du tout d’accord avec votre, Paul (rien d’étonnant ni de nouveau sous le soleil), mais surtout je vous estime, pour le coup, un brin condescendant.

D. dit: 19 janvier 2019 à 11 h 11 min

jazzi dit: 19 janvier 2019 à 10 h 01 min

« elle obtint des obsèques nationales sur le parvis du Palais Royal »

Baptisée aujourd’hui Place Colette, Paul. Face à la Maison de Molière, interdit lui aussi jadis de funérailles religieuses et dont le corps finit à la fosse commune !

Attendez, Jazzi, il y a deux places au sud du Palais-Royal. L’une d’entre elle est aménagée correctement et qui semble correspondre à la place Colette, l’autre plus grande, à l’Est est une vaste aire goudronnée que la mairie n’a manifestement jamais été fichue d’aménager. Elle sert de temps à autres à accueillir des manifestations sous tentes ou baraques, ce qui à mon sens n’est absolument pas adapté au caractère du quartier !!

caulerpa dit: 19 janvier 2019 à 11 h 02 min

. N’ayant pas abjuré sa profession, il a été enterré discrètement, à la nuit tombée, mais en bonne place, escorté par huit prêtres, des orphelins de l’hospice des Enfants bleus, plus 700 ou 800 personnes, «suivies, rapporte un témoin, d’autant ou plus de pauvres à qui on fit l’aumône que cet illustre défunt leur avait ordonnée un moment avant que d’expirer». Car Molière était riche.

caulerpa dit: 19 janvier 2019 à 10 h 59 min

Une remarquable biographie de Georges Forestier réfute ce qu’on nous a seriné jusqu’ici sur le saint patron du théâtre.

Janssen J-J dit: 19 janvier 2019 à 10 h 39 min

Rendons au moins à Colette le mérite d’avoir eu du nez à propos d’Emmanuel BOVE. Elle lui a permis de publier son premier roman Mes Amis, en 1924, un petit chef d’œuvre que je découvre bien tardivement. (Le livre de poche vient de le republier, n° 35121, 6,90 €)… Car des Victor Bâton, en quête d’amitié, il en existe encore
Je vous copie la première phrase, et pour les exégèses savantes, (on n’est quand même pas sur le même rond point à la rdl), un link que personne n’est obligé d’ouvrir, paul edel.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2009-2-page-307.htm?contenu=resume

« Quand je m’éveille, ma bouche est ouverte. Mes dents sont grasse : les brosser le soir serait mieux, mais je n’en ai jamais le courage. Des larmes ont séché au coin de mes paupières. Mes épaules ne me font plus mal. Des cheveux raides couvrent mon front. De mes doigts écartés je les rejette en arrière. C’est inutile : comme les pages d’un livre neuf, ils se dressent et retombent sur les yeux.
En baissant la tête, je sens que ma barbe a poussé : elle pique mon cou.
La nuque chauffée, je reste sur le dos, les yeux ouverts, les draps jusqu’au menton pour que le lit ne se refroidisse pas.
Le plafond est taché d’humidité : il est si près du toit » (…)

Du Houellebecq misérabiliste avant l’heure, on dirait, non ?
BJ à toustes (saturday X).

jazzi dit: 19 janvier 2019 à 10 h 01 min

« elle obtint des obsèques nationales sur le parvis du Palais Royal »

Baptisée aujourd’hui Place Colette, Paul. Face à la Maison de Molière, interdit lui aussi jadis de funérailles religieuses et dont le corps finit à la fosse commune !

jazzi dit: 19 janvier 2019 à 9 h 56 min

Et bien ce n’est pas mal du tout cette « Incroyable histoire du facteur Cheval » de Nils Tavernier ! Le fils y a renoué avec l’esthétique de son père, Bertrand, dans « Le Juge et l’assassin ». Jacques Gamblin, sec et quasi autiste, le regard aussi inquiétant que celui de Jacques Dufilho incarnant jadis le maréchal Pétain ; Laetitia Casta, toujours excellente en paysanne, et les rudes paysages contrasté de la Drôme provençale nous restituent un pittoresque tableau de la France rurale de la fin du XIXe siècle, rythmée au pas des longues tournées pédestres du facteur. On se souvient de Michel Galabru en routard serial killer. Autour de ce personnage plus pacifique, autodidacte et artiste tardif, qui a enterré ses deux femmes et ses trois enfants et édifié, pierre à pierre, un morceau d’architecture naïve et mondialiste, Nils Tavernier brode un film tout en émotion. Beaucoup d’amour et de tendresse respectueuse entourèrent toujours ce grand rêveur en marche et lui permit d’accoucher de son « Palais idéal », salué par les surréalistes et classé plus tard par André Malraux !
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19580543&cfilm=261959.html

Paul Edel dit: 19 janvier 2019 à 9 h 52 min

Phil. Vous parlez de la décision de l’Eglise? Je n’en sais rien,mais elle obtint des obsèques nationales sur le parvis du Palais Royal.
En revanche, sa farouche volonté d’indépendance sexuelle annonce la garçonne de l’entre deux guerres et la libération de la femme version Beauvoir ,tant mieux; à mon gout bcp de ses romans sont très datés(ah, cet exotisme 1900 tout en ciselures,pendeloques,paillettes. quelle bimbeloterie..).Elle enrobe ses phrases lyriques de beaucoup d ‘adjectifs crème Chantilly, ainsi lorsqu’elle s’extasie face au Mistral qui dévaste les pinèdes, ce feu écrit-elle, » dénoué,mol et pareil à la vague, à l’écharpe, à la chevelure, sifflant, sautant le voies,l’enfant des jours sans pluie et des nuits sans rosée »..

Phil dit: 19 janvier 2019 à 9 h 20 min

a-t-elle eu tort, dear Pauledel ?
aujourd’hui Israël interdit l’oeuvre d’un artiste montrant le clown macdonald crucifié.

Phil dit: 19 janvier 2019 à 8 h 57 min

Barrès, département des Vosges mais plus proche de la Meuse par son paysage, Charmes n’est pas très loin de Chamagne où est né Claude Le Lorrain. la famille de Guaita avait ses domaines en Moselle, il me semble. En Lorraine les frontières territoriales et linguistiques sont mouvantes et capitales. avec quel accent pouvez parler Jeanne d’Arc ? celui du Muet de Dreyer lui convient.

Petit Rappel dit: 19 janvier 2019 à 1 h 20 min

Lamartine adoubait parfois n’importe qui quand il ne rimait pas n’importe quoi!
A ce moment là, Louis Ulbach aussi fut un poète (louis-philippard)
L’amitié entre Guaita et Barrès a donné lieu à un bel hommage du dernier. On peut, c’est vrai,lire Rosa Mystica pour se faire une idée de la poésie du vicomte, mais son chef d’oeuvre était certainement sa bibliothèque! Et ce n’est pas Nerval…

Petit Rappel dit: 18 janvier 2019 à 22 h 18 min

Alphonse Karr est un humoriste redoutable, il suffit de lire les brèves des Guêpes pour s’en convaincre, ou un romancier parfois lu pour ce qu’il dit du Second Empire, mais il n’a jamais eu la prétention d’être un poète, Jazzi. La confusion vient peut-être de sa rencontre explosive avec Louise Colet, qui elle, rimaillait plutôt mal que bien, quand elle n’était pas enceinte de Victor Cousin.

Plutôt que l’espèce de Baryton au français nasal déterré par Caulerpa, et quant à choisir un Italien, Cesare Siepi chante le Veau d’or dans un français très idiomatique et de beaucoup préférable, me semble-t-il.

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 22 h 05 min

Etrange situation, DHH !

« Vers 1920, à dix-sept ans, Bertrand de Jouvenel vit une aventure amoureuse qui durera cinq ans avec la seconde épouse de son père, l’écrivain Gabrielle Colette qui s’inspirera de cette relation pour écrire l’un de ses romans : Le Blé en herbe. Son père et Colette auront une fille, Colette de Jouvenel. » (wikipedia)

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 21 h 58 min

Bertrand de Jouvenel n’était-il pas mineur du temps de sa relation intime avec Colette, DHH ? Je ne connais pas très bien la vie sexuelle de Colette, mais elle semblait très éclectique dans ses goûts…

DHH dit: 18 janvier 2019 à 21 h 04 min

@Jazzi
je ne trouve pas dans votre post la reponse à la question que je posais.
avez vous voulu dire que sa relation avec son beau-fils s’inscrivait dans le cadre d’habitudes pédophiles

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 20 h 20 min

« faites vous allusion à Bertrand de Jouvenel ? »

Après Claudine lesbienne, nous avons eu Claudine pédophile, DHH ! Comme Gide et Montherlant !

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 20 h 18 min

« Le premier livre de Colette que j’ai lu »

Vous commencez par la fin, renato ! Au moins, en avez-vous lus d’autres ?

D. dit: 18 janvier 2019 à 20 h 03 min

Les Vosges ont vu naître la brillante Edwige mais également Maurice Barrès et Stanislas de Guaïta, deux personnes exceptionnels et malheureusement trop peu connus. Ou très injustement décrié pour ce qui concerne Barrès. Gaïta et Barrès étaient d’ailleurs de grands amis.

Bėrėnice dit: 18 janvier 2019 à 19 h 35 min

Vu aussi dans le Monde que la cession industrielle d’Alstom refait surface avec quelques remous. Un cadre emprisonné plusieurs années aux USA a témoignę et s’interroge, arrêté et jugé emprisonné pour corruption. Il n’y a pas qu’au Japon que sont retenus des dirigeants ou ailiers, cet homme raconte entre autres choses qu’il a bénéficié par chance de la protection d’un détenu avec qui il avait lié, rien ne lui a été épargné, aucun régime de faveur.

renato dit: 18 janvier 2019 à 19 h 35 min

Bėrėnice, l’adresse de l’herbier est sur une clef usb oubliée dans l’atelier de Turin, je ne la récupérerai vers fin février.

Delaporte dit: 18 janvier 2019 à 18 h 47 min

L’affaire Benalla est désormais une histoire de parjure. Le mot a été lâché, fatidique. Ils sont tous exaspérés de passer devant la commission d’enquête du Sénat : les arrogants ! Ils n’ont pas su voir venir. La maison n’était pas tenue, contrairement à ce que déclare le chef de cabinet. Il faut vraiment remplacer tout le monde. Se rend-on compte dans le public la gravité du mot « parjure » ? C’est puni d’au moins cinq ans de prison et d’une grosse amende. En Chine, ce serait la peine capitale ! Et Carlos Ghosn, dans sa prison japonaise, vous ne croyez pas qu’il morfle ? Bientôt, ce sera au tout de Benalla…

Bėrėnice dit: 18 janvier 2019 à 18 h 23 min

Vachette, les tartines! Je retiens l’idée de l’herbier, toujours ajourné ce vague projet qui nécessite un minimum de materiel et de l’espace pour entreposer les plantes, herbes, fleurs. Renato j’ai perdu votre référence en cette matière, une femme qui fit des prodiges, la redonneriez-vous?

Bėrėnice dit: 18 janvier 2019 à 18 h 18 min

14h59 c’est au moins une citation de Kierkegaard . Vous lirez toute son oeuvre pour la peine au lieu d’écrire des âneries picard.

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 17 h 50 min

Colette se dit « lucide » et « demeure [son] juge le plus sévère ». Elle estime que « l’écrivain qui perd le doute de soi » et « se fie à une soudaine euphorie, à l’abondance » se doit de poser sa plume. Elle s’interroge fréquemment au sujet de sa vocation, notamment dans ses lettres, mais elle écrira jusqu’à la fin de sa vie.
Concernant celle à qui elle succède à l’Académie, Colette n’entre pas dans les louanges mais fait le portrait d’une belle femme. Les rencontres, rares et brèves, n’ont pas pris la forme de rapports confidentiels et familiers. Leurs divergences ont été pour elles salutaires quant à leurs places respectives dans le monde et dans la littérature : Agora et poésie pour Anna de Noailles, « modestie passive » et prose pour Colette. La reconnaissance mutuelle permet à Colette de se démarquer de la poétesse et de prendre la première place du « roman féminin ». Elle fera plus tard le portrait d’Anna de Noailles dans Trait pour trait.

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 17 h 48 min

e Réception de Madame Colette/Discours de M. Valère Gille et de Madame Colette et le texte publié par Grasset le 30 avril 1936 en un petit volume de 59 pages intitulé « Colette/Discours de Réception à l’Académie Royale belge de Langue et de Littérature française ».

Le texte de Grasset est certainement postérieur de quelques jours au fascicule belge, peut-être distribué aux invités à l’issue de la cérémonie. Une dédicace autographe montre qu’en toutes circonstances Colette gardait le sens des réalités : « Ah ! quel trac ce jour-là ! — seul le dîner, belge et royal lui aussi, m’a rendu mes forces. »
Elle se sent légitimée du fait que sa famille est belge par Sido. Elle trouve le ton pour vanter la gastronomie, et assure que l’esprit et l’amour abattent les frontières. Elle évoque ensuite son amitié avec Anna de Noailles, qui fut tardive et discrète. Mais Colette, rappelant l’environnement familier d’Anna de Noailles, veut la rendre vivante et présente jusque dans la voix qui lui demandait : « Vous n’aimez donc pas la gloire ? » Colette conclut qu’elle aime la gloire de la poétesse et prend à témoin son auditoire pour s’assurer qu’elle l’a bien servie. C’est un discours équilibré et habile.

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 17 h 42 min

Colette et la Belgique : une longue histoire de proximité et d’amour. L’écrivain y fut fêté et honoré, bien sûr, jusqu’à entretenir une amitié faite de connivences avec la reine Élisabeth, et être élue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, où elle succéda à Anna de Noailles, et où Jean Cocteau, qui lui était si proche, la remplaça à son tour.

Ce livre nous révèle les antécédents de ces marques de prestige. Et ce que l’on découvre est étonnant. Son grand-père maternel, Henri Landoy, avait combattu à Waterloo. Sa mère, l’illustre Sido, vécut de longues années à Bruxelles et entretint sa fille des charmes de cette ville où elle avait grandi dans une «chocolaterie», située Longue rue Neuve. Ces souvenirs se trouveront un jour magnifiés dans La Maison de Claudine. Eugène, frère de Sido et oncle de Colette, exerça l’essentiel de son activité de chroniqueur, éditeur, critique d’art à Bruxelles, où il signait sous le nom de Bertram. Son autre oncle, Paul, fut directeur du casino d’Ostende! Lorsque Colette, en tant que comédienne et danseuse, vint se produire sur les scènes belges, à Bruxelles, à Liège, à Gand, notamment dans Pan, la pièce de Van Lerberghe, la Belgique lui était familière, puisqu’elle y avait étendu les frontières de sa patrie de cœur, la Bourgogne…

C’est tout cela, et bien davantage, que l’auteur nous conte dans cet ouvrage où l’acharnement de l’enquêteuse va de pair avec l’intuition de l’admiratrice complice.
https://www.arllfb.be/publications/essais/colette.html

Janssen J-J dit: 18 janvier 2019 à 15 h 19 min

(Au Rond-point, Fontaine Colette en début d’aprèm)J’ai dit à Yvon, un GJ, de toute façon ça te coûte rien d’aller voir de près ce questionnaire gouvernemental. Y répondre, c’est autre chose, surtout si tu peux rien dire des choix non négociab’. Sûr que t’as pas le droit de dire où redistribuer les 40 milliards donnés aux entreprises pour rien (CICE). T’as pas à proposer qu’il remette l’ISF, voudra jamais, préférerais crever… Donc, si tu fais une affaire de principe (« c’est ça ou tu dégages, macron »), tu vas finir par te lasser, et il dégagera pas. Parce qu’il est là, conformément à cette majorité de cons qui l’ont porté aux nues sans avoir lu dans son bouquin ce qu’il était, et c’est pas difficile à voir : le porte parole de son milieu, on va dire la fraction la plus aisée des couches moyennes. Et son milieu, il lui a implicitement demandé de démanteler l’Etat social républicain (oui l’ESR !) comme tous ses prédécesseurs, et le voilà qu’il s’exécute avec d’autant plus d’allant et de zèle qu’il est convaincu du besoin d’accélérer le mouvement, histoire de rendre le processus irréversible. Et il est djeune, empressé, décidé comme pas mal de djeunes bien formatés par hachécé d’aujourd’hui. L’peut pas aller contre ses intérêts et ceux des siens, défendra toujours les riches qu’il trouve injustement critiqués, notamment les banquiers d’affaire, les spéculatifs de la haute finance, parce que sa conviction intime, la voilà : on doit se plier aux conditions des plus forts pour négocier ce qui peut l’être, mais d’abord, faut amadouer les milliardaires, comme dirait Gégé. Or c’est au nom du préjugé de sa classe et de sa propre trajectoire de petit merdeux qu’il imagine qu’elle vaudrait pour tous et toutes, un modèle à suivre. Peut pas comprendre dans sa chair, le pôvr vu qu’il l’a jamais ressenti, que la plupart des citoyens ordinaires comme toi et moi (on va dire) n’ont pas, ou pas eu les moyens de choisir leur vie (à part qq exceptions). Et pour ce macron-là, il y a pas de classes populaires, ça n’existe ou ça n’existe plus. Il n’a qu’une vision misérabiliste des gens du peuple, tous des aigris, des jaloux, des envieux, des frustrés, et surtout de fainéants, des bandes de tire-au-cul. Il est, a été et sera toujours dans les rails de cette droite libérale qui se cabre sur ses privilèges quand le vent tourne et que la masse se paupérise petit à petit et que crève le sous prolétariat qu’est même pas là, avec nous, mais qui pactise en silence avec son balai pour ramasser nos merdes. Faudrait faire gaffe à ça quand même. Et les siens lèveront toujours les matraques, les fusils et les balles contre nous autres, du populo moyen. Alors mon coco-gilet, on n’est pas dans la merde, mais si tu sais pas lui expliquer ce que tu veux ou déborder du questionnaire comme zézette, alors c’est marine ou jean-luc qui te pendouillent au nez, et tu vois bin ce qu’ça donne à côté, ont bonne mine les « angliches ». Je sais que c’est pas vraiment ce que tu veux, il y a jamais rien à imiter, faut inventer en évitant les chausse-trape qu’on nous tend de partout, c’est pas facile et je voudrais point te démoraliser. Alors, on n’a plus qu’une solution, sans rêver à la fin de la 5e, ni à des RIC qui seront toujours RAC, elle en a vu d’autres, la 5e ! Apprendre dans ton petit rond-point coin-coin avec tes nouveaux potes, ta copine et ton maire que tu connaissais pas encore très bien, à imaginer comment on pourrait tous ensemb’ commencer à vivre dans l’idée d’une sobriété heureuse (rhabi ?) pas celle de mélanie ou des actrices qui veulent maigrir, c peut-être pas pour nous, mais au moins pour nos entourages. Je vais te dire, réfléchissons ensemble, mon pote. Même là, dans l’immédiat, faut qu’on aille voir dans la salle des fêtes si y en pas qu’auraient de bonnes idées. Qu’est-ce que ça peut bien nous coûter ? Se reparler, même avec les cons, en gardant son calme, souvent derrière les con.nes apparent.es, il y a du bon sens. Bien sûr, on aura toujours besoin d’un bouc-émissaire d’en haut à mépriser et à rigoler, çui-ci ou un autre, hein… (te trompe pas de cib’, qu’il a dit Sarko à Fion : y’a une seule tête à l’Etat, la 2e tête, c’est celle du chef du gouv.fr, nuance, et c’est celle-là, le fusible qui sautera en premier…, surtout quand tu vois l’ampleur des casseroles pourries qu’il se traîne).
Faire simplement attention à ce que l’macr-cormick vienne pas nous enfumer avec ses belles paroles et ses bifurcations, un virage à 180 degrés, sur les déficits à laisser filer. Tant qu’il se barrera pas de lui-même du poste (jusqu’aux européennes au moins), -et m’est avis qu’il est pas prêt vu qu’il s’accrochte, trop addict…,- tu risques de l’avoir encore longtemps dans les pattes. Donc, va pas te rendre malade, mon pote. Viens plutôt voir ce qu’on peut faire de différent, ensemble et/ou avec les autres gilets. Pas la peine d’écouter les grandes gueules du mouvement, s’ils sont pas un brin rigolos et dérisoires, car toi, t’es un peu taiseux, et tu les fantasmes pas, mais moi, ce que je vois surtout, c’est que si t’es à cran, t’as pas mal souvent de bonnes idées… Faut les dire. Bon, à tout à l’heure, Yvon. Je reviens prendre un jus vers 5 heures. Avant ça, je vais tenir l’bistrot dpassoul, mais ils ont fini par épuiser Tintin, c pas tjs drôle là bas non plus !

D. dit: 18 janvier 2019 à 14 h 59 min

Moi je me souviens qu’avant ma naissance je ne me souvenais de rien puisque, comme le poisson j’étais pas né.

DHH dit: 18 janvier 2019 à 14 h 58 min

@jazzi 11h09
faites vous allusion à Bertrand de Jouvenel?
cela va plus loin ue le blé en herbe on est dans Phèdre
relation difficile à imaginer pour ceux qui comme moi ont rencontré bien plus tard sous ce nom un vieillard venerable ,grand figure de la pensée economoque

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 14 h 53 min

Je me souviens qu’avant ma naissance, la vieille Colette venait en villégiature à Grasse et se faisait pousser en fauteuil roulant le long de la Croisette :

« Je retourne volontiers à mes vallons de Grasse. Mais en même temps je quitte la mer ; elle reste de l’autre côté des collines, là, tenez, derrière ces deux petits seins du paysage qui respire si doucement »
(…)
« Je n’ai jamais vu, je crois, une foule moins amoureuse, ni plus nue, que ce Cannes 48. Serrés, ils ont l’air voluptueux autant qu’une caque pleine. Pourtant, qu’il fait beau, alors que partout ailleurs il pleut ! “Encore un tour ?” On me l’accorde au ralenti, entre la mer et les couturiers, la mer et les joailliers, la mer et les marchands de sandales, de soutien-gorge et de jus de fruits, la mer et les hôtels et les voitures et les éventaires de fleurs et les insolés et les femmes au brou de noix. Un hôtel jaune dépasse toutes les proportions raisonnables, se rit de l’harmonie architecturale. Un orchestre essaie de faire entendre en plein air sa petite voix maigre. »
(« La Naissance du jour »)

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 14 h 40 min

Je me souviens aussi que lorsque ma mère nous emmenaient rendre visite à l’un de ses amies à Grasse, la ville toute entière était parfumée !

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 14 h 29 min

STEPHEN LIEGEARD

Fleurs de démocratie

Le guide La Côte d’Azur, publié en 1888 par Stéphen Liégeard, et titré ainsi par analogie à sa Côte-d’Or natale, eut un tel retentissement, que, par la suite, cette appellation se substitua à celle de Riviera française, par laquelle on désignait alors la portion comprise entre Hyères et Menton : la Riviera proprement dite s’étendant jusqu’à Gênes. De ce livre « fondateur », tout à la fois poétique, historique et touristique, et illustré de merveilleuses gravures de l’époque, nous extrayons, ici, un petit bouquet aux délicieuses fragrances.

« Les fleurs ! Partout il y en a ; mieux que Florence, Nice mériterait d’en retenir le nom. Entre les trois brins de violettes que la petite boutiquière vous jette en passant, et les adorables fantaisies de ces lyres ou de ces corbeilles dont s’émaillent les éventaires, il n’y a place pour l’hiver, ni pour la mélancolie. Etabli à Nice depuis 1854 jusqu’à son exode vers Saint-Raphaël, l’auteur de Sous les Tilleuls n’a pas peu contribué à cette mise en valeur des corolles. Il en fut comme le révélateur, et longtemps Paris se disputa ses envois. C’était l’époque où Lamartine adressait à Alphonse Karr, jardinier, des vers tout imprégnés de balsamiques senteurs :

… Nice t’a donc prêté le bord de ses corniches
Pour te faire au soleil le nid d’algues où tu niches ?…
On dit que d’écrivain tu t’es fait jardinier ;
Que ton âne au marché porte un double panier ;
Qu’en un carré de fleurs ta vie a jeté l’ancre,
Et que tu vis de thym au lieu de vivre d’encre ?
On dit que d’Albion la vierge au front vermeil
Qui vient comme à Baïa fleurir à ton soleil,
Achetant tes primeurs de la rosée écloses,
Trouve plus de velours et d’haleine à tes roses ?
Je le crois ; dans le miel plante et goût ne sont qu’un :
L’esprit du jardinier parfume le parfum.

Aujourd’hui encore, près du Jardin Public, le nom de Karr s’inscrit en lettres de cuivre, comme mémoire et porte-bonheur, sur la vitre de la boutiquière qui continue son odorant commerce.
Cannes possède un incomparable artiste, Solignac, qui, dans la science de grouper les tiges, demeure sans rival ; les Labrousse et les Vaillant-Rozeau ne lui viennent point à la racine. Mais ses boutonnières de corsage, ses guirlandes de bal, ses paniers-glaneuses ou ses miroirs encadrés ne sont pas le lot de tout acheteur. C’est un délicat, ciselant pour clientes armoriées, un inspiré floral que les princesses de la Maison de France tiennent en particulière estime. A Nice, au contraire, la fleur est l’apanage du peuple. Elle se fait bonne fille, elle se démocratise sans perdre son parfum, et l’ouvrière en jouit tout comme la grande dame, la trouvant à portée de sa bourse. Des panerées de violettes doubles arrivent, chaque matin, sur le marché, écloses aux tièdes abris de Vence ou sous la pyramide élancée de Saint-Jeannet. Les jardins de la banlieue ne chôment pas non plus. Le camélia et la rose s’y multiplient, cependant que cent villas rivalisent entre elles à qui peindra le sol des plus vives couleurs, à qui saura le mieux embaumer les brises flottantes de la plage*. »

*Stéphen Liégeard vivait régulièrement à Cannes, où il avait acquis la villa Les Violettes. En note de cet extrait, il indique : « Dans chacun des derniers hivers, la gare de Nice n’a pas expédié moins de 70 000 boîtes de fleurs fraîches ». Il précise aussi que Solignac était un fleuriste cannois réputé. Ajoutons encore, pour ceux qui n’auraient pas bien compris, qu’Alphonse Karr, installé à Nice à la fin de sa vie, y avait ouvert un commerce d’expédition de fleurs fraîches, plus lucratif que sa production poétique !

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 14 h 16 min

Jetant leur fantaisie exquise de couleurs
A l’étalage des fleuristes
Elles sont tour à tour ou joyeuses ou tristes,
Les fleurs !

Joyeuses, elles vont porter les mots frôleurs
A l’oreille des biens aimées,
Disant : bonheur, espoir, ivresses enflammées,
Les fleurs !

Tristes, elles s’en vont mourir, vagues pâleurs,
Dans la nuit des tombes glacées,
Disant : désespoirs, deuils, soupirs, âmes blessées,
Les fleurs !

Joyeuses, elles vont, par groupes enjôleurs,
Briller en nos têtes frivoles,
Disant : luxe, plaisir, insouciances folles,
Les fleurs !

Tristes, avec novembre, elles viennent en pleurs,
Dire les chers anniversaires,
Les souvenirs aimés et les regrets sincères
Les fleurs !

Ainsi, s’associant aux gaîtés, aux douleurs,
Selon que le veut notre envie,
Elles sont nos témoins et nos sœurs dans la vie,
Les fleurs !

Colette

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 14 h 07 min

Jardins Ouverts de Belgique / Visitez plus de 200 jardins et parcs privés dans toute la Belgique
Depuis 2002, sous l’égide de l’asbl « Enfants d’un même Père », les membres de « Jardins en Pays de Liège » organisent des visites de jardins privés dans la province de Liège. Chaque année, une vingtaine de jardins ouvrent leurs portes et accueillent plus de 10.000 visiteurs.

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 14 h 00 min

POUR UN HERBIER
L’histoire de l’oeuvre

Ce livre est l’un des ultimes écrits de Colette, rédigé en 1947. Il regroupe vingt-deux textes qui sont autant d’évocations de fleurs. En effet, comme le précise la préface à l’édition Fayard de 1991:
« En 1947, l’éditeur suisse Mermod proposa à Colette de lui envoyer régulièrement un bouquet de fleurs à chaque fois différentes ; Colette, en contrepartie, ferait le « portrait » de l’une ou l’autre de ces fleurs. Le résultat fut un petit recueil qui parut en 1948 sous le titre Pour un herbier à Lausanne chez Mermod, dans la collection ‘‘Le Bouquet’’ ».
Les textes qui composent Pour un herbier seront ainsi « La rose », « Lys », « Monologue du gardénia », « Orchidée », « Mœurs de la glycine », « Tulipe », « Faust », « Fétidité », « Souci », « Bleu » [les fleurs], « Le lackee et le pothos », « Muguet », « Camélia rouge », « Jacinthe cultivée », « Anémone », « Broutilles », « L’adonide chez le concierge », « Jeannettes », « Médicinales », « L’arum pied-de-veau », « Pavot », « Ellébore ». Chaque texte représente environ quatre à six pages selon les éditions.

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 13 h 40 min

Le mimosa est surtout remarquable pour son parfum enivrant, caulerpa !
C’était toujours une fête d’aller en cueillir de gros bouquets à la Croix des Gardes, à Cannes, dans mon enfance, et d’embaumer ainsi toute la maisonnée !
A Paris, je guette son arrivée chez les fleuristes. Cette année, ce fut précoce…

Delaporte dit: 18 janvier 2019 à 13 h 19 min

« On pourrait jouer à « quelle actrice française pour interpréter Colette ? » »

On pourrait demander à Sylvie Testud, qui a déjà composé une Sagan à se tordre de rire…

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 13 h 03 min

ponge la rage de l’expression le mimosa
Chaque branche de mimosa est un perchoir à petits soleils tolérables, à petits enthousiasmes soudains, à joyeuses petites embolies terminales. (Oh ! qu’il est difficile d’approcher de la caractéristique des choses!) Il est réjouissant de voir un être en développement aboutir par un si grand nombre de ses extrémités à de pareils éclatants succès. Comme dans un feu d’artifice réussi les fusées se terminent en éclatements de soleils.
Cela est plus vrai du mimosa que des autres plantes à fleurs, parce que vraiment aucune autre fleur n’est aussi simplement une éclosion comme telle, purement et simplement un déploiement d’étamines au soleil.Chaque branche de mimosa est un perchoir à petits soleils tolérables, à petits enthousiasmes soudains, à joyeuses petites embolies terminales. (Oh ! qu’il est difficile d’approcher de la caractéristique des choses!) Il est réjouissant de voir un être en développement aboutir par un si grand nombre de ses extrémités à de pareils éclatants succès. Comme dans un feu d’artifice réussi les fusées se terminent en éclatements de soleils.
Cela est plus vrai du mimosa que des autres plantes à fleurs, parce que vraiment aucune autre fleur n’est aussi simplement une éclosion comme telle, purement et simplement un déploiement d’étamines au soleil.Chaque branche de mimosa est un perchoir à petits soleils tolérables, à petits enthousiasmes soudains, à joyeuses petites embolies terminales. (Oh ! qu’il est difficile d’approcher de la caractéristique des choses!) Il est réjouissant de voir un être en développement aboutir par un si grand nombre de ses extrémités à de pareils éclatants succès. Comme dans un feu d’artifice réussi les fusées se terminent en éclatements de soleils.
Cela est plus vrai du mimosa que des autres plantes à fleurs, parce que vraiment aucune autre fleur n’est aussi simplement une éclosion comme telle, purement et simplement un déploiement d’étamines au soleil.

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 12 h 55 min

« Claudine à Hollywood » n’était pas prévu au programme, mais pourrait bien rapporter un Oscar à la belle Keira Knightley !?

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 12 h 53 min

Et de mimosa, Soleil vert !
C’est la saison et la maison de ma soeur, sur la colline de Mandelieu et sur la route de Tanneron, en est entouré !

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 12 h 02 min

sido
Hors une corne de terre, hors un bosquet de lauriers-cerises dominés par un junko-biloba – je donnais ses feuilles, en forme de raie, à mes camarades d’école, qui les séchaient entre les pages de l’atlas – tout le chaud jardin se nourrissait d’une lumière jaune, à tremblements rouges et violets mais je ne pourrais dire si ce rouge, ce violet dépendaient, dépendent encore d’un sentimental bonheur ou d’un éblouissement optique. Étés réverbérés par le gravier jaune et chaud, étés traversant le jonc tressé de mes grands chapeaux, étés presque sans nuits… Car j’aimais tant l’aube, déjà, que ma mère me l’accordait en récompense: J’obtenais qu’elle m’éveillât à trois heures et demie, et je m’en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraises, les cassis et les groseilles barbues.

A trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par mon poids baignait d’abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… J’allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C’est sur ce chemin, c’est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d’un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion…

Ma mère me laissait partir, après m’avoir nommée  » Beauté, Joyau-tout-en-or « ; elle regardait courir et décroître – sur la pente son oeuvre –  » chef-d’ceuvre « , disait-elle. J’étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temp-là ne sont pas toujours d’accord… Je l’étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu’à mon retour, et de ma supériorité d’enfant éveillée sur les autres enfants endormis.

Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d’avoir mangé mon saoul, pas avant d’avoir dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l’eau de deux sources perdues, que je révérais L’une se haussait hors de la terre par une convulsion cristalline, une sorte de sanglot, et traçait elle-même son lit sableux. Elle se décourageait aussitôt née et replongeait sous la terre. L’autre source, presque invisible,, froissait l’herbe comme un serpent, s’étalait secrète .au centre d’un pré où des narcisses, fleuris en rende, attestaient seuls sa présence. La première avait goût de feuille de chêne, la seconde de fer et de tige de jacinthe… Rien qu’à parler d’elles je souhaite que leur saveur m’emplisse la bouche au moment de tout finir, et que j’emporte, avec moi, cette gorgée imaginaire…

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 11 h 44 min

COLETTE

L’adieu en grappes

Entre 1925 et 1939, Colette (1873-1954) passait tous ses étés à La Treille Muscate, sa villa rose de Saint-Tropez, bien avant que la station balnéaire ne devînt à la mode. Là, elle y disposait d’un vaste jardin plein de fleurs, de fruits, de légumes et de… bêtes. Un véritable paradis, parfumé par le jasmin, la lavande ou la glycine, ombragé de pins, de mimosas, de tilleuls, d’eucalyptus et prolongé vers la mer par les rangées de ceps de vigne : le muscat, qui a donné son nom à la propriété qui était baptisée à l’origine Tamaris-les-Pins. Dans Belles Saisons, écrit après la guerre, période durant laquelle elle restera pratiquement recluse dans son appartement du Palais-Royal à Paris, Colette évoque longuement les rituels de ces étés tropéziens, qui commençaient en juin, avec la descente en voiture par la Nationale 7 et l’arrivée dans le sud-est sous le chant des cigales, et s’achevait en septembre, juste après les vendanges. Enivrantes ou pas, dur, dur, la fin des grandes vacances !

« Un tam-tam de guerre divulgue, à grands coups sourds, sur quatre ou cinq notes, que l’heure est venue de vendanger en Provence. Quand le verjus dans « leur Nord » pend encore opaque sur le cep, ici le picardan ovale, bleu, finement sucré, l’alicante lourd et doré, le muscat à peau épaisse, l’olivette longue, la clairette ronde couvrent nos tables.
« Ils sont là-haut à la Belle-Isnarde… Ils sont sur Borély… Ils descendent mercredi aux Cannebiers… » On parle d’eux, les vendangeurs, comme d’une horde envahisseuse. Mais l’embauche est petite, cet été, quoique le raisin abonde ; de vignoble à vignoble on se donne la main, par équipes bénévoles. Que fera-t-on du vin, de tant de vin, de si bon vin ? Que paiera la « copé » ? Pas plus de quarante, quarante-cinq francs, au lieu de quatre-vingts… Ces graves soucis ne sont pas les miens, mais ils m’entourent. Tout ce qui mûrit sur mon lé de vigne se boit sans effort d’un an sur l’autre. Le sable salé et le soleil, en lui faisant la vie dure, ont formé, au produit d’une vigne trop vieille, un curieux caractère. Chaque fois qu’un cep meurt, je le remplace par un mimosa, méritant ainsi, sans l’avoir méritée, l’approbation d’une politique de crise vinicole…
Mévente, malaise… Le voisin qui foule mes grappes ne me l’a pas envoyé dire : « Ne comptez guère que je vous loge, votre vin, cette fois. Il vous faut le trouver, le tonneau ! » Ainsi il m’a fait comprendre qu’il garderait, follement, son vin nouveau et l’espoir de le vendre, qu’il ne mêlerait pas son « rosé », couleur de rubis balais, bouqueté et franc, au fleuve anonyme qui se déverse dans les citernes de la « copé ».
Depuis trois semaines la mer berce une fange de tonneaux vides, que rince le flot-court. Le beau son caverneux qu’ils rendent sous les maillets nous éveille tôt, retentit encore la nuit tombée, annonce la fin d’un l’été que de loin Paris nous mesure. Ces quelques semaines heureuses, rapides, la bénignité des jours, la brièveté des fraîches nuits, cela a donc suffi pour porter à mon passif un an de plus ? Mon Dieu, j’y consens, mais il est un peu amer de laisser ici le port et sa paix recouvrée, tout ce qui se défait et recommence… Un printemps de septembre refleurit la capucine pimpante, la rose, l’infatigable pourpier aux cinq couleurs, les petits pétunias sarmenteux. Sauf que l’argent détrône l’or dans la lumière matinale, septembre ne vaut-il pas juin ? »
(« Belles Saisons », éditions Flammarion)

Clopine dit: 18 janvier 2019 à 11 h 40 min

Oui Jazzy, et on pourrait parler delà période music hall de Colette, de son sein dénudé, de sa profonde empathie pour les « petites femmes ». Mais surtout de la simplicité stylistique qui lui allait à mervey

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 11 h 35 min

proust a Colette
Mai 1919,
Madame,

J’ai un peu pleuré ce soir, pour la première fois depuis longtemps, et pourtant depuis q[uel]q[ue] temps je suis accablé de chagrins, de souffrances et d’ennuis. Mais si j’ai pleuré, ce n’est pas de tout cela, c’est en lisant la lettre de Mitsou. Les deux lettres finales, c’est le chef-d’œuvre du livre (j’entends de Mitsou car je n’ai pas encore lu En Camarades, j’ai de très mauvais yeux, je ne lis pas vite). Peut-être s’il fallait absolument pour vous montrer que je suis sincère dans mes éloges, vous dire que je ne me permettrais pas d’appeler une critique, appliquée à un Maître tel que vous, je trouverais que cette lettre de Mitsou si belle, est aussi un peu trop jolie, qu’il y a parmi tant de naturel admirable et profond, un rien de précieux. Certes quant au restaurant (au prodigieux restaurant – auquel je compare avec un peu d’humiliation mes inférieurs innombrables restaurants des Swann que vous ne connaissez pas encore et qui paraîtront peu à peu) (au restaurant qui me fait aussi penser avec un peu de mélancolie à ce dîner que nous devions faire ensemble et qui, comme rien dans ma vie depuis ce moment-là, et déjà longtemps auparavant — ne s’est réalisé), le lieutenant bleu parle d’un joli vin qui sent le café et la violette, c’est tellement dans le caractère et le langage du lieutenant bleu. (À ce restaurant comme j’aime le sommelier, les dédains rêveurs etc…) Mais pour Mitsou il y a dans sa lettre des choses qui me sembleraient pas trop « jolies » si je n’avais trouvé dès le début (comme vous n’est-ce pas?) que Mitsou est beaucoup plus intelligente que le lieutenant bleu, qu’elle est admirable, que son mauvais goût momentané en matière d’ameublement n’a aucune importance (je voudrais que vous vissiez mes « bronzes », il est vrai que je les ai simplement conservés, non choisis), et que du reste ce progrès miraculeux de son style rapide comme la Grâce, répond exactement au titre: « Comment l’esprit vient aux filles. » (…)

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 11 h 32 min

COLETTE

Tu croqueras la vie à pleine dent

Pour la très sensuelle Colette, le bonheur commence souvent dans l’assiette, où, la succulence d’un plat, enraciné dans son paysage, et accompagné d’un bon vin local, est le plus à même d’enchanter plusieurs de nos sens. Attention au coup de pied !

« Naturellement, vous aimez la Provence. Mais quelle Provence ? Il y en a plusieurs. […] Il y a des morceaux de Provence gras, herbus, baignés de sources, de petites Provences italiennes, même espagnoles ; une Provence – peut-être est-elle ma préférée – maritime, pays de calanques d’un bleu qui n’est point suave mais féroce, de petits ports huileux qu’on ne déchiffre qu’à travers une grille de mâts et de cordage… […]
En forêt du Dom*, il est une auberge… Son renom se fait si vite qu’il n’est pas besoin de la désigner plus clairement. Le lieu est beau, en pleine forêt profonde, et la route romantique tourne à souhait pour l’attaque des diligences… Les soirs d’été, deux, trois tables rudimentaires, égaillées sous les acacias attendent les amateurs de gibier, et les friands du poisson que j’appelle « le poisson au coup de pied ».
Est-ce une recette ? Non. Un accommodement culinaire primitif, vieux comme l’olivier, comme la pêche au trident. Jamais cuisson n’a demandé moins d’apprêts – il n’y faut que la manière.
Ayez seulement… une forêt provençale, tout au moins méridionale. Fournissez-vous-y de bois choisi : bûches cornues d’olivier, fagot de ciste, racines et branches de laurier, rondins de pin pleurant la résine d’or, menue broussaille de térébinthe, d’amandier, n’oubliez pas le sarment de vigne. A même la terre, entre quatre gros éclats de granit, bâtissez, allumez le bûcher. Pendant qu’il flambe, rouge, blanc, cerise, léché d’or et de bleu, il n’y a rien à faire que le regarder. Le ciel vert du crépuscule provençal au-dessus de lui, tourne au bleu de lac.
Les flammes baissent, se couchent ; vous avez sous la main, n’est-ce pas, une ou plusieurs belles pièces de poisson méditerranéen, tout vidé ? Vous avez acquis à Saint-Tropez une rascasse monstrueuse, à gueule de dragon, ou vous avez apporté de Toulon les malins mulets à dos noirs, et vous n’avez pas omis, vidant ceux-ci ou celle-là, de glisser, tout le long de leur ventre creux, un fuseau de lard ? Bon. Apprêtez votre balai, j’appelle ainsi ce bouquet odorant de laurier, de menthe, de pebredaï**, de thym, de romarin, de sauge, que vous avez noué avant d’allumer votre feu. Apprêtez donc le balai, c’est-à-dire qu’il trempe dans un pot empli de la meilleure huile d’olive mêlée de vinaigre de vin – ici nous n’admettons que le vinaigre rose et doux. L’ail – vous pensiez naïvement qu’on pouvait se passer de lui ? – pilé, jusqu’à consistance de crème, rehausse le mélange comme il convient. Du sel, du poivre, assez.
Attention. Votre feu n’est plus que braise bientôt. Un lit épais de braise qui chante bas, des tisons qui flambent encore un peu ; une fumée translucide, légère, porte à vos narines l’âme consumée de la forêt… C’est le moment de donner le magistral coup de pied qui envoie, au loin, bûches, brandons et fumerolles, qui découvre et nivelle le charbon ardent d’un rose égal, met à nu le cœur pur du feu sur lequel halète un petit spectre igné, bleuâtre, plus brûlant encore que lui. […]
Le « poisson au coup de pied » saute de son vieux gril dans votre assiette. Vous verrez qu’il est roide, vêtu d’une peau qui craque, s’exfolie et bâille sur une chair blanche, ferme, dont la saveur se souvient de la mer et des baumes sylvestres. La nuit résineuse descend, une lampe faible, sur la table, dénonce la couleur de grenat de vin qui emplit votre verre… Marquez, d’une libation reconnaissante, cet instant heureux. »
(« La Treille muscate » in « Prisons et paradis », Bibliothèque de la Pléiade, Œuvres III, éditions Gallimard, 1991)

* La forêt domaniale du Dom s’étend sur les pentes du massif des Maures.
** La sarriette.

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 11 h 16 min

COLETTE

Rustique aisance

Avec la série des Claudine, écrite sous la houlette de son mentor de mari Willy, dont la seule signature apparaitra longtemps sur la couverture, Colette (1873-1954) fit une entrée remarquée en littérature, où elle occupa une place singulière durant plus d’un demi siècle. Après Claudine à l’école, publié en 1900, Colette, dans Claudine à Paris, prête à nouveau ses propres souvenirs de petite bourguignonne délurée à son héroïne, que nous retrouvons, à dix-sept ans, transportée brutalement dans la capitale, sur un coup de tête de son fantaisiste de père. Arrivée en plein hiver, la sauvageonne de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Montigny-en-Fresnois, dans le roman), subit un tel choc, qu’elle dut rester alitée jusqu’au printemps. Avec la belle saison revenue, elle retrouva un peu de force et découvrit enfin les rues, les jardins et les grands magasins parisiens. Elle fit alors la connaissance de son petit cousin Marcel, un garçon de son âge, beau comme un cœur, mais passablement maniéré. Celui-ci se montre particulièrement intéressé par les histoires d’amours saphiques que lui raconte sa pittoresque cousine. Notons qu’à l’époque, Colette, déjà lancée dans le « beau monde », où Willy l’a introduite, avait rencontré Marcel Proust, et que Claudine préfigure Albertine ! Car, par sa liberté de ton, les Claudine, présentés sous la forme d’un journal intime de jeune fille pas vraiment rangée, ne sont en rien destinés à garnir les rayons de la bibliothèque rose. Mais plutôt ceux, plus grivois, de la littérature érotique du bon bourgeois gaulois de la Belle époque, volontiers paillard. Ainsi qu’en témoigne cet extrait, où, malgré sa joie de vivre retrouvée, notre héroïne est toujours la proie, à l’occasion d’une « madeleine » quelconque, d’un redoutable mal du pays. Amateur de senteurs délicatement bucoliques s’abstenir !

« Ma gaieté n’a pas duré. J’ai eu une brusque rechute de nostalgie fresnoise et scolaire. Et pourquoi ? A cause de Bérillon ; à cause de ce crétin de Bérillon, de cet idiot de Bérillon. J’ai épousseté, dans mon petit bureau, mes livres rapportés de l’école, et j’ai ouvert machinalement La Bonne Ménagère agricole, simples notions d’économie rurale et domestique à l’usage des écoles de jeunes filles, par Louis-Eugène Bérillon*. Cet ineffable petit bouquin était, pour toutes les grandes de l’école, une source de joies pures (y en avait déjà pas tant, des joies pures) et nous en redisions des passages à voix haute, la grande Anaïs et moi, sans nous lasser. Les jours de pluie, sous le préau neuf de la cour carrée, alors qu’on ne pouvait jouer ni au pot ni à la grue, nous nous poussions des colles sur La Bonne Ménagère.
« Anaïs, parlez-moi de La Bonne Ménagère agricole et de son ingéniosité en matière de vidanges. »
Le petit doigt en l’air, sa bouche plate serrée en une moue d’extraordinaire distinction, Anaïs récitait avec un sérieux qui me faisait mourir de rire :
«La bonne ménagère a amené son mari à lui construire, où elle a construit elle-même, au nord du jardin, dans un coin retiré, au moyen de quelques perches, de quelques planches et de quelques poignées de glui** ou de genêt – une sorte de cabane qui sert de lieu d’aisances » (C’est comme j’ai l’honneur de vous le dire…) « Cette cabane littéralement cachée sous le feuillage et les fleurs de plantes grimpantes et d’arbustes sarmenteux, ressemble moins à des latrines qu’à un joli berceau de verdure. »
– Charmant ! Quelle poésie de conception et de style, et que ne puis-je
égarer mes pas rêveurs vers cette tonnelle fleurie, embaumée, et m’y asseoir une minute… Mais, passons au côté pratique. Anaïs, continuez, je vous prie.
– « Comme les déjections de cinq ou six personnes, pendant un an, sont
bien suffisantes pour fumer un hectare de terrain, et que rien en matière…
Chut, chut, n’appuyez pas !
… « en matière d’engrais, ne doit être perdu, la fosse d’aisance est, ou
un trou creusé en terre et recouvert de glaise battue, ou une sorte de vase profond en terre cuite, ou tout simplement un vieux tonneau hors de service. »
Adieu, tonneau, vidanges sont faites ! Ma chère enfant, c’est parfait. Je
ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il sied de mélanger intimement l’engrais humain avec deux fois son volume de terre, et que cinq kilos suffisent pour fumer un are, et pour en empoisonner deux cents. En récompense de votre assiduité, je vous autorise à embrasser cinq fois le docteur Dutertre, délégué cantonal.
Tu blagues ! murmurait Anaïs rêveuse, mais s’il ne fallait que ton
autorisation… »
Ô Bérillon, que tu as amusé ces sales petites filles, dont j’étais ! »  
(« Claudine à Paris » Œuvres I, Bibliothèque de la pléiade, éditions Gallimard, 1984)

*Colette cite littéralement un guide en usage à l’époque, auquel les tenants actuels de la culture bio pourraient utilement se référer !
**Paille dont on fait des liens pour attacher les gerbes ou couvrir les toits de chaume.

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 11 h 09 min

Le film ne traite que la période 1897-1906. La jeunesse de Colette seulement. Un autre film serait à faire sur sa vieillesse, sous le signe du « Blé en herbe », mis en pratique dans la réalité, et tout aussi « scandaleuse »…
Colette, c’est tout un style !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*