de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Oyez oyez ! Today, Bloomsday !

Oyez oyez ! Today, Bloomsday !

Incroyable que la presse française ait laissé passé cela ! Vous ne croyiez tout de même pas que alliez y échapper avant la tombée de la nuit, non ? Donc, cette année comme chaque année depuis 1924, ceux qui ont des yeux pour lire sont priés de célébrer comme il se doit, généralement une chopine de Guinness à la main, mais pas nécessairement dans un pub (un bistro peut faire l’affaire) la journée du 16 juin 1904 au cours de laquelle Léopold Bloom, ci-devant personnage principal de Ulysses de James Joyce, son Juif errant, entreprit de traverser sa bonne ville de Dublin à pied. Tout ce qui lui advint en chemin (rencontres, intempéries, incidents de parcours, enterrements, lupanars, naissances, bruits divers, couleurs inespérées, digressions comme dans les livres, la vie quoi ! et la ville mode d’emploi) se trouve conté dans un des romans qui dominent le défunt XX ième siècle par sa richesse langagière, l’inventivité de ses situations et, convenons-en, le génie de l’auteur.

Si Ulysses a choqué en son temps dès sa publication en 1922 à Paris en anglais par les soins de Sylvia Beach, autant par ses grossièretés, grossièretés, blasphèmes et allusions sexuelles que par sa capacité à tordre le cou à la langue et ses audaces syntaxiques, Louis Menand estime dans son article du New Yorker que ce n’est plus le cas. D’autant que le roman a accédé au statut de classique, voire à celui de « roman de langue anglaise qui a exercé le plus d’influence au XXème siècle » selon Ben Cosgrove du Daily Beast, lequel suggère que les Américains devraient également lever leur verre à la mémoire du juge John Woolsey qui a osé bravé les ligues de vertu et les lobbies en levant la censure qui pesait sur la diffusion de Ulysses aux Etats-Unis. C’est aussi ce qu’on appelle sacrifier à Bloomsday. Il ne s’agit pas que de boire à sa santé, ni même de refaire l’itinéraire son héros si l’on se trouve à Dublin. On peut lire ou relire ce que Joyce a longtemps appelé son « « work in pregross » » afin d’en souligner le douloureux enfantement, quand il n’évoquait pas avec nostalgie son «  »Errorland » » natale.joy

Avis aux parisiens : Bloomsday est bien évidemment célébré aujourd’hui par la librairie Shakespeare and Company avec une lecture marathon pendant sept heures de Ulysses en anglais, français, albanais, estonien…. Ils ont commencé à 11h et termineront à 18.00, heure du « OUI » qui en est le magistral et puissant excipit, alors dépêchez-vous ! Par ailleurs, porte Maillot, à côté du l’hôtel Méridien, vous trouverez un vrai pub irlandais The James Joyce Pub à la sciure d’époque. Au fond, une bibliothèque, des photos et ses livres, en français et en version originale. Idéal, ce pub ou un autre, irlandais de préférence. Lorsque vous pénétrerez dans cet endroit pas très calme, surtout en période d’Eurofoot, il est recommandé de tituber pour ne pas se faire remarquer.

Ulysse (traduit de l’anglais sous la direction de Jacques Aubert, 1664 pages, 12,90 euros, Folio) a été publié pour la première fois en francais en 1929 après avoir découragé des dizaines de traducteurs. L’éminent Auguste Morel s’y était mis avec succès, aidé dans sa tache monumentale par Stuart Gilbert et Valery Larbaud dont on ne dira jamais assez tout ce que lui doit la notoriété de la littérature anglaise en France. Il avait recu également l’aide de l’auteur lui-même, ce qui n’est jamais négligeable. Surtout pour un texte aussi complexe, sophistiqué, piégé et apparemment délirant. Un vrai cauchemar de traducteur. Même si de l’aveu de l’auteur, le mot juste n’était pas ce qui lui importait le plus puisque le mot juste est souvent le mot d’a coté. Non le problème pour lui c’était : une fois qu’on a les mots, dans quel ordre les met-on ?

Rappelons que ce roman ressemble à nul autre, puisqu’il intègre tous les genres littéraires à lui seul : l’épopée, le récit, l’histoire, le pastiche, l’essai, le drame, la farce, le monologue intérieur, la prose et la poésie. Et toutes les figures de rhétorique, toutes les langues à commencer par tous les dérivés du shakespearien. Sans compter tous les genres musicaux (l’oratorio, la symphonie, l’opéra, musique de chambre) car il écrivait avec l’oreille. S’il y a bien un poète en prose qui rend un son et une voix, c’est bien lui. Et malgré tout, ca n’est jamais chaotique car toute cela obéit à une organisation implacable, à une structure d’autant plus efficace qu’elle est invisible. Techniquement, quand on entre dans les coulisses de la fabrication de cette œuvre, on est pris de vertige. Pour le reste il faut se laisser emporter tout en sachant que ce n’est pas du Proust ni du Zola même si ça en commun de nous offrir une vision du monde, et une conception de l’homme à travers l’archétype que représente Ulysse. Et puis Calypso, Charybde et Sylla, Nestor, Protée les Cyclopes et toute la bande.

James_Joyce-and-guitarDe toute manière, Joyce lui-même disait y avoir introduit tant de devinettes et d’énigmes qu’il y avait là de quoi occuper des érudits pendant des siècles. Ils ne cesseront discuter sur ce que j’ai voulu dire, assurai-il encore en précisant que c’était là le seul moyen de gagner l’immortalité. Mais attention : le contresens absolu consisterait à ne le lire que comme un exercice de style hors du commun, un texte crypté, truffé de centons, de citations, d’allusions et de références. La dernière traduction en date, la première à oser depuis celle originelle de 1929, a pour maître d’œuvre Jacques Aubert. Il a eu la bonne idée de s’entourer d’un collectif  de huit traducteurs professionnels, d’universitaires et d’écrivains. Chacun a pris un morceau. Ca fait huit styles. On dira que cela manque d’unité. Justement c’est cela la bonne idée. A texte polyphonique, écrit de dix-huit points de vue différents, traduction polyphonique, à charge pour le maître d’œuvre d’unifier le tout. Elle ne remplace pas l’ancienne traduction mais lui succède, l’enrichit, la complète en mettant à profit quelques décennies de recherche joycienne ce qui n’est pas rien.

(« James Joyce à Zurich en 1938 et ailleurs » photos Zurich James Joyce Foundation)

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commentaires

333 Réponses pour Oyez oyez ! Today, Bloomsday !

GABET dit: 29 juin 2016 à 8 h 40 min

Il me semble que MOREL et Larbaud ont également profité des conseils de Léon
Paul Fargue pour la traduction,si l’on
en croit Adrienne Monnier.

christiane dit: 21 juin 2016 à 17 h 13 min

@Korb dit: 21 juin 2016 à 15 h 30 min
Comme vous l’avez peut-être remarqué, j’interviens rarement dans les discussions politiques, ici. Beaucoup, ailleurs.
(MàC, me l’a d’ailleurs reproché sous ce billet !)
Donc, pour vous, je veux bien revenir sur les raisons de mon insistance à commenter cette élection de Virginia Raggi, au poste prestigieux de Maire de Rome.
Si elle était candidate libre, je me réjouirais de voir une femme accéder à ce poste. De plus, elle est belle, sympathique et semble très intelligente (avocate de formation mais dans le cabinet de Cesare Previti…) Mais que de caricature dans ses discours : “Si je gagne, c’est toi qui décides” (Raggi)!!!
Le hic, c’est qu’elle appartient à une liste populiste dont le dirigeant est non fiable, tantôt jouant au clown, tantôt au despote, raciste (article cité), ne cachant pas son désir de renvoyer tous les migrants chez eux. Ce part (M5s) se dit présenter des candidats “transversaux”, ce qui, souvent, est une autre façon de dire “sans contour politique”. Je ne fais aucune confiance à cet opportuniste aux accents démagogues et le trouve, très habile, (lui et sa clique) de proposer la candidature de deux femmes intelligentes et séduisantes, n’ayant qu’une expérience balbutiante de l’exercice politique à Rome et Turin.
Avec le contrat menaçant qu’il leur a fait signer, à la moindre contradiction, il les vire et les condamne à lui verser des sommes mirobolantes pour trahison. De plus les équipes municipales ne sont pas encore constituées…
Ce vote est un vote de désespoir, récupéré habilement par ce parti populiste dont les élus en place (Parme / Livourne) n’ont pas un bilan très brillant.
Ce glissement furtif, enfoui sous des promesses vagues, ne vous rappelle-t-il pas des périodes funestes de l’Histoire ? Moi, oui.
Cette ville va très mal, endettée à hauteur de 12 milliards d’euros, laissée à l’abandon (gestion chaotique des ordures- grèves à répétition… – travaux – malhonnêteté politique « scandale mafia-capitale »…)
Paul Edel défend essentiellement Virginia Raggi. Annelise Roux va beaucoup plus loin, comme Bérénice.
Je ne suis pas italienne mais européenne et ce qui se passe là me parait inquiétant.
Quant à l’article de Libération mis en ligne ce matin, il répondait (ironiquement) à deux questions posés par Jibé ( la « blague » raciste de Beppe Grillo qui passe mal à propos de l’élection du maire de Londres) et Closer (influence du charme de V.Raggi sur lesopinions de P.E).

la vie en cause dit: 19 juin 2016 à 21 h 13 min

« surtout ses petites mains à se les sortir de… »

mais les chefs laissent les aboyeurs(euses) faire la loi sergio

in der Tat com’dirait l’aut’

rose dit: 19 juin 2016 à 20 h 44 min

>JC

je me rappelle maintenant de ce coup de pub. Embrasse moi sur la bouche ; le vase chinois de la Lanterne (les deux propriétés intrinsèques du peuple) connait la suite, fracassante.

berguenzinc dit: 19 juin 2016 à 16 h 21 min

« Il parait que « Martinez Gross Mustach », le cégétiste crasseux, admire Maximilien Robespierre, la crapule de la Grande Tuerie révolutionnaire ! Mad, Max ? Max, Mad ? »

Je ne suis même âs sûr qu’on trouverait pareille saleté dans les torchec.uls comme « Présent » , « Minute » ou « Rivarol »….invraisemblable, si ce JC crève un jour, sivoupli, gardez de l’adn pour l’édification , Lady fick à Sion, des paléoanthropologues du 27 ème millénaire..

Martinez crasseux….et la République une gueuse, tant que t’ y es. Toi t’es crasseux , voire pourri de l’intérieur. Je plains ta bosse à dents , ta femme et ton éponge à train.
Et alors, Robespierre, qui se poudrait, se fardait, bien propre sous lui, à une époque où es citoyeans, tous ,repoussaient du goulot et des harpions, ça l’a empêché de déconner sec? non ! Hitler se foutait p’têt de ‘eau de cologne pour ne pas puer de la bite, et alors???? et alors???,
Martinez se lave pas les panards? qu’es qu’t’en à foutre.

Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. L’habit ne fait pas le moine, mais le moine fait l’habit, occulte

papy dit: 19 juin 2016 à 11 h 02 min

« Fait remarquable, aucun joycien n’a jamais critiqué le Finnegans Wake « light » de Burgess. »

Probablement parce qu’aucun d’eux, ni personne, n’a jamais lu ni le light, ni le heavy.

JC..... dit: 19 juin 2016 à 10 h 55 min

Il parait que « Martinez Gross Mustach », le cégétiste crasseux, admire Maximilien Robespierre, la crapule de la Grande Tuerie révolutionnaire ! Mad, Max ? Max, Mad ?

JC..... dit: 19 juin 2016 à 10 h 43 min

Le drame atroce, tous ceux qui ont « visité » le cœur serré des Hôpitaux pour Enfants malades le savent, c’est lorsque la maladie ou la sénilité frappe jeune …

On connaît le cas d’expatriés que la neuro-dégénérescence a frappé si tôt qu’ils prennent leur nurse pour leur épouse !

JC..... dit: 19 juin 2016 à 10 h 36 min

A mes yeux incultes, James Joyce est mussolinien, fasciste, détraqué, syphilitique, verbeux…. bref, jetable.

Qui peut juger ce point de vue personnel ? Qui ? … Willie Legland ? En passant par Lorène ?…

Soyons sérieux, voulez-vous !

Bloom dit: 19 juin 2016 à 10 h 22 min

ce fasciste de James Joyce…

Le fasciste n’était pas James mais WILLIAM Joyce, surnommé Lord Haw Haw, qui diffusait de Hambourg son « Germany Calling blablablabla… »
La sénilité est un effondrement.

Bloom dit: 19 juin 2016 à 10 h 18 min

Un des traducteurs de Proust en anglais a participé à la lecture publique de Ulysses organisée le 16 juin dernier par la célèbre librairie américaine. Je me demande ce qu’il penserait d’une édition « allégée » de la Recherche, calquée sur celle qu’Anthony Burgess avait réalisée pour Finnegans Wake…
En l’état, l’oeuvre de Proust est trop longue pour le lecteur lambda; les moments les plus géniaux pourraient être regroupés dans un ouvrage de 300-350 pages qui s’intitulerait « La Recherche du temps perdu pour ceux qui n’ont pas de temps à perdre ». Une espèce de Lagarde & Michard qui constituerait un premier contact avec le texte & pourrait ensuite ouvrir (on non) les portes à l’oeuvre entière. Objectif: mettre Proust à la portée du militant CGT.
Fait remarquable, aucun joycien n’a jamais critiqué le Finnegans Wake « light » de Burgess. Est-ce parce que, comme l’écrit Declan Kiberd dans The Irish Writer and the World, contrairement aux yeatsiens & aux beckettistes, les joyciens sont généralement des gens très sympa?
Quid des Proustiens: yeatsiano-beckettistes ou joyciens? Suspense intolérable…

Enfin, ce que j’en dis…

JC..... dit: 19 juin 2016 à 10 h 11 min

Dans le fond, l’illustration de ce fumier d’Irlandais choisie par Passou montre bien, poings sur les hanches, les racines mussoliniennes de ce fasciste de James Joyce…

JC..... dit: 19 juin 2016 à 10 h 05 min

Rose,
Sur l’estrade où paradaient les saltimbanques socialistes parisiens et nationaux entourant le Nouveau Président des bons à rien Petit Bedon Ier, Valeria renversant la tête dans un mouvement d’un érotisme aussi suranné que simulé lui susurra amoureusement cette phrase désormais célèbre :
« Embrasse moi sur la bouche ! »

Quelques mois plus tard, elle s’écriait ivre de rage :
« Enlève moi ce casque, salhaud !… »

JC..... dit: 19 juin 2016 à 9 h 56 min

FETE DES PERES

Même si cette liste est discutable (ils ne sont pas tous statufiés dans le Parc Herastrau, Bucuresti), rendons hommage aux Pères Fondateurs de l’Europe !

Aucune honte ! vous n’êtes responsables que de ce que vous avez tenté !

Konrad Adenauer (Allemagne)
Joseph Bech (Luxembourg)
Johan Willem Beyen (Pays-Bas)
Winston Churchill (Royaume-Uni)
Alcide De Gasperi (Italie)
Walter Hallstein (Allemagne)
Sicco Mansholt (Pays-Bas)
Jean Monnet (France)
Robert Schuman (France)
Paul-Henri Spaak (Belgique)
Altiero Spinelli (Italie)

Bonne fête, les Pères !

raymond prunier dit: 19 juin 2016 à 9 h 39 min

J’aime beaucoup le « signe de cordialité » de Paul Edel à propos de JC. Mais puisqu’il est question aussi d’Anatole France et de son écriture gnangnan, Monsieur Bergeret etc., je veux souligner qu’Anatole a écrit un livre (nietzschéen) incroyable d’insolence et de violence contre toutes les institutions: « Les opinions de Jérôme Coignard » qui explique pour partie l’aversion jalouse de Breton pour le personnage Anatole France qui au fond dans ce petit livre sorti comme ça par hasard autour de la Rôtisserie de la Reine Pédauque, a pris à Breton toutes ses haines et en a fait un livre joyeux, de bonne humeur, livre ravageur qu’à part chez Voltaire on ne trouve nulle part ailleurs (railleur) dans notre littérature avec une semblable concision.

William Legrand dit: 19 juin 2016 à 9 h 19 min

6 h 19, le JC : »pourquoi ces pièces bourrées de livres ? »
Madame Verniglia qui habite en face du deux-pièces cuisine du super-menteur affirme qu’il n’y a aucun livre dans son gourbi, la libraire du Camp à Nella peut le confirmer… quant à sa mentule elle si petite qu’il met deux heures à la chercher pour faire pipi, alors !

Charles dit: 19 juin 2016 à 9 h 10 min

On est là pour se marrer quelques décennies, et tout le bien que nous pouvons faire ne dépassera jamais la longueur de nos bras ! (JC)

Eh bien, voilà un programme qui me paraît fort sensé.

rose dit: 19 juin 2016 à 8 h 47 min

J’adore « embrasse-moi sur la bouche ».
Si vous me dites le jour et l’heure l’émission et le replay, je cours je vole et je reviens.

Bah… C’est un écrivain quand même, un cynique, un satirique, un sévère comme Septime. Heureusement l’est pas juge. Ça guillotinerait grave.
L’a laissé Les Hauts de Hurlement où ce qu’ils sont. A perpète, dans la froidure.
L’a tout l’ temps faim, j’peux vous le dire.
L’est fatigant.
Moi j ‘ garde mon calme.
Olympien.
Sans ciller.
Souvent j’décanille.
Lui faut beaucoup de place. Faut l’admettre.

guillaume dit: 19 juin 2016 à 8 h 46 min

18 juin 2016 à 20 h 49 min
l’adolf de péc û crève de solitude, s’ennuie à en crever dans son trou

JC..... dit: 19 juin 2016 à 8 h 38 min

… et maintenant, mon boulot d’enfant de cœur (derrière l’Eglise) à l’heure de la messe : une hostie en équilibre sur l’extrémité de ma rubiconda mentula, et ces chères communiantes, dissipées, recherchant la Sainte Communion ….

Bon dimanche !

JC..... dit: 19 juin 2016 à 8 h 31 min

…et encore, Christiane, vous oubliez l’une de mes créations les plus réussie, la bombe présidentiable du scootériste bedonnant, Valeria Elena von Bank und Rottweiler ! …

L’auteure fameuse de ce fameux fumeux conseil, médiatisé sur les meilleures chaines TV :
« Embrasse moi sur la bouche ! »

J’en ris encore !
signé, Paul Béchamel

christiane dit: 19 juin 2016 à 8 h 18 min

Eh bien, quel monde que celui des pseudos, des hétéronymes, des créations des romanciers qui se dédoublent à l’infini… JC, Rose, Leo Nemo, Nicolaï Lo Russo, Gobseck, Goriot, Rubempré, Vautrin, Julien Sorel, Madame de Rênal, Mathilde, M.Court, lvdb, Lacenaire, Daaphnée, Javert, Cosette, clopin trouillefou, jean Valjean, Widerwanger, Quasimodo, Monseigneur Myriel, Hannibal, Alberto Caeiro, Reis, Campos…
Métamorphoses et diffractions. Personnages jaillis en contrepoint. Pénombre. Plus réels que les vrais, ici.

rose dit: 19 juin 2016 à 6 h 58 min

Je ne corrigerai plus le correcteur automatique qui lorsque j’écris en jachère suggère « j’achète. »
La longueur d’un petit doigt. Pas celle s’un bras. Puis, petit à petit cela grignote. La main. L’avant bras. Le coude. Le mi bras. L’épaule. Tu sens que ça va redescendre. Attaquer le cou. Le thorax.
Arriver aux doigts de pieds.

(Problème d’invasion de non satiété : l’autre te bouffe. Toi non ce qui fait qu’il est exclu d’écrire s’entredévorent. Ce qui la ficherait bien. La bave aux lèvres. Le couteau plein de sang posé sur la table. Pendant que l’autre est sur son Facebook, et que le petit, le tout petit, qui est entré en état de sidération, et pas prêt d’en sortir, a vu, de ses yeux vu le monde s’écrouler autour de lui.

Puisse le jour venir où chacun comprenne cela.)

Tu changes de méthode. Tu fais ta part. Tu amènes à l’hôpital. Tu négocies à la maison de pays le prix des cloches. La commission. Tu donnes le matos. Les étiquettes. Le papier canson. Tu dis que ton imprimante est en panne . Ce qui n’est pas un mensonge. Puisque tu e mens jamais.
Tu dis, j’ai pas le temps. Et c’est vrai. Parce qu’avant de te remettre à ton repassage, en jachère lui aussi, faut y aller.
Arroser les haricots verts. Ramasser les escargots gigantesques qui sillonnent l’herbe. Être en face de Messine. Rêver de Charybde et de Scylla. Savoir qu’ils sont derrière toi. Et que tu pourras retourner à Agrigente.
Et mon correcteur que je hais violemment écrit A grignote. Vaste inculte.

Salut

Bon dimanche.
Bonne fête à tous les papas. Chose pas évidente.

rose dit: 19 juin 2016 à 6 h 41 min

Quand je lis les commentaires mis en ligne par bérénice le 17 juin à telle sur le lien avec la géométrie euclidienne et aussi les pets de nora mis en ligne par lvdlb, je me pense que je ne lirai pas cet opuscule. Les écrivains pornographe, ce n’est pas ma tasse de thé. Les mathématiques non plus.
Sur la violence, oui bien entendu, surtout de nique les plus faibles, qui lord qu’ils se rebiffent, cela dézingue. Les Hutus, les Tutsis ?
Dans Les Misérables (pas fini/en jachère) le grand Victor dit cinq mots
« la volupté de la violence ».
Bien sûr que c’est le chemin facile, l’autre étant escarpé.

JC..... dit: 19 juin 2016 à 6 h 19 min

Comme le fait remarquer fort justement Paul le Popaul à 20h49, heure à laquelle je dors déjà du sommeil de l’injuste, il m’arrive d’exagérer un tantinet dans mon aversion pour la littérature et les litthéâtreux. Sinon, pourquoi ces pièces bourrées à craquer de livres …?

C’est que depuis l’âge de raison, je suis persuadé de la malignité humaine. Sale bête, l’homme ! Saleté que la femme ! Infâmes larves ces sales gosses, futurs gros crons ou délicieuses cognasses ? !

Hélas ! Brin d’herbe fiché immuablement au sol parmi tous ceux qui constitue le gazon humanoïde qui sera fauché, comment ne pas rire de cette situation où la pitoyable marionnette, génétiquement non modifiable, te parle de « valeurs universelles », d’engagement « humaniste », de justice sociale ?! Mon culte … !

Seule attitude raisonnable : rire de tout, avec violence, pour que le corps prenne sa juste part de cette tragi comédie éternelle … Caricaturer ce monde chaotique où poètes et politiques ne sont qu’outres vides, car non agissantes. On est là pour se marrer quelques décennies, et tout le bien que nous pouvons faire ne dépassera jamais la longueur de nos bras !

Bon ! le jour se lève…. faut y aller !

rose dit: 18 juin 2016 à 23 h 33 min

En cas de guerre.
J’aimerai mieux savoir qui a des graines. Où est planquée la gnôle pour mettre.sur les blessures. Comment affûter la.scie pour aller scier du bois. Retrouver une quenouille.pour filer la laine pour faire des pulls aux hommes dans les grottes.
Rafistoler le vieux four à pain. Stériliser les boyaux pour que les préservatifs soient opérationnels.
Garder le stock de journaux pour re alimenter les braises. Garder les livres en oeuvre intégrale. Après stabilité, quoi de plus inséré que de couper les pages. Si elles ré. disent rien à toi, elles peuvent dire à quelqu’un d’autre, eh couillon de la lune.
Récolter le millepertuis.
Bouturer ce qui pourra nourrir.
Préparer des tubercules.
Faire faire des jeux aux enfants. Avec du sureau et des ocres. Les tenir éloignés du conflit. Refuser d’être assassinée sous leurs yeux.
Pleine lune ce soir.

rose dit: 18 juin 2016 à 23 h 24 min

>JC
Grâce à vous, j’ai appris que qd on est c. on le reste : de votre difficulté d’être cerné par la mer/ par les montagnes.
L’enfant en sidération, trois ans, il a vu un taré faire un sourire kabyle à sa mère. De ses yeux vu. Alors, de vos éructations je m’en tape.

Bien sûr que non, on ne va nulle part. Ni à la guerre civile, ni ailleurs. La violence des mômes c’est celle des adultes reproduite. On aura sans doute la chance de voir le monde refleurir.

Et je retiens l’injure à vous adressée en ce qui concerne votre réponse crasse. Écrivain ou éboueur ?

Duraille, mais je conserve mon calme. En vas de guerre à quoi servirait tous ces Cassandres mâles ? Je me le demande bien.

rose dit: 18 juin 2016 à 23 h 15 min

Et tranchants
Moi non plus je ne donne pas de la tête.
C’est plutôt ruades.
Mandarom. Un bel escroc. Le but c’est toujours de baisers les niaises (souvent les enfants aussi). Il se dit que ça redémarre là-haut, une secte). En attendant la statue a été abattue.
Anatole c’est grâce au festival de Cannes ?

christiane dit: 18 juin 2016 à 22 h 41 min

@Paul Edel dit: 18 juin 2016 à 20 h 49 min
Mais alors, Paul, vous n’êtes pas JC ? J’étais persuadée que c’était un hétéronyme aussi négatif que vous êtes constructif. Vous avez inventé tant de personnages dans vos livres. Ce Méphisto, vraiment, je pensais que c’était un de vos paris littéraires et qu’un jour vous tomberiez le masque…
Dans un sens, cela me rassure que vous n’ayez pas joué ce jeu dangereux. Mais maintenant, je ne sais plus que penser. Donc, il n’est pas la création d’un écrivain… Serait-il possible qu’il dise toutes ces sottises en y croyant vraiment ? tous ces déraillements xénophobes ou racistes au premier degré ? Cette allergie à Proust en vérité ? (encore que ce dernier oint n’est pas répréhensible. On aime ou on n’aime pas l’écriture de certains écrivains. Moi c’est Houellebecq que j’ai du mal à supporter.
Entre Màc, qui réapparaît et vous qui n’êtes pas le créateur de JC, je ne sais plus où donner de la tête.
Bon, je vais lire, c’est encore ce qui me parait le plus sage.
Bonne soirée à tous.
Mais alors, qui est JC ? Existe-t-il vraiment ?

Sergio dit: 18 juin 2016 à 22 h 40 min

OZYMANDIAS dit: 18 juin 2016 à 19 h 37 min
« Quand la neige fond, où va le blanc ?! »

Sur le cheval d’Henri IV ! Et le reste sur le papier de l’aquarelle…

rose dit: 18 juin 2016 à 22 h 30 min

Sur l’étreinte poétique, ma mienne à moi :
Jour blanc
Une pierre est couchée dans le jasmin
Sous cette pierre est un trésor.
Mon père se tient dans l’allée
Blancheur blancheur du jour.

Un peuplier d’argent en fleurs,
une cents feuilles et derrière elle
Des roses grimpantes,
une herbe de lait.

Je ne connus jamais
Alors un tel bonheur.
Jamais un tel bonheur
Je ne connus alors.

Revenir là-bas c’est impossible
Et raconter mais nul ne le peut,
Comme fut rempli de béatitude
Ce séjour du paradis.

Arseni Tarkovski 1942

Traduction de Christian Mouze

bonsoir à tous

rose dit: 18 juin 2016 à 22 h 19 min

Question en passant. Je peux acheter des John Irving. Ça vaut le coup ou pas ? Je suis prioritaire avant le vide grenier. Paul Auster j’ai dit oui et le sabre et le goupillon dans le conflit Rwanda aussi. Un jour je le comprendrai ce conflit.
J’ai dit oui aussi à pas mal de truc. Un Pouce kine je crois.
Mais et John Irving ?

rose dit: 18 juin 2016 à 22 h 15 min

J’les aime pas les hommes froids et transports gants. Ni secs. J’les préfère tendres et doux . Un peu flegmatique. Voire lents. Au démarrage. Bouillants ensuite.
Brefle. Bis.

rose dit: 18 juin 2016 à 22 h 12 min

Oui. Grande attention portée aux autres. Souvent peu payée de retour. D’où beaucoup d’irritation connexe.
Las, pas seulement cordial mais aussi en buvant.
Brefle.

Paul Edel dit: 18 juin 2016 à 20 h 49 min

C’est toujours utile, JC, et réjouissant, d’exagérer votre haine de la littérature, et de Proust en particulier, sur un blog littéraire. Votre réquisitoire est légèrement obsessionnel, vous avez une voix en écho.. comme si vous craignez que votre message anti- littéraire ne porte pas assez loin, cher « clairvoyant » de Porquerolles – car vous vous attribuez, comme pas mal de gens, une « clairvoyance » assez élevée, planant au dessus de nous, pauvres aveugles….Vos paradoxes me font rire car vous avez des formules quelque fois pétaradantes, nerveuses, des aversions littéraires ou politiques qui essaient désespérément d’indisposer, mais votre ton possède un grain de folie alerte, une humeur d’animal qui rugit et qui croit vivre à l’étage supérieur du zoo, ce qui est excellent pour faire de la littérature polémique .
J’aime beaucoup ces hommes froids et tranchants qui prennent sans cesse feu ! Vous ouvrez tôt le matin votre fenêtre pour prévenir la (petite) foule de la RDL de ses erreurs. Quelle attention ! et quel souci de communication qui montre, au fond, à quel point, vous cherchez sinon l’approbation du moins à retenir l’attention de quelques contemporains, ce qui est au fond un signe de cordialité .

Jibé dit: 18 juin 2016 à 19 h 56 min

Viva la muerta !, c’est du réchauffé, MàC, et j’ai trop le goût de la vie…
On a tous changé de pseudo, pris quelques années de plus, mais c’est toujours le même tango chaloupé qui se danse ici !

JC..... dit: 18 juin 2016 à 19 h 41 min

« Comme si la littérature n’était pas le plus noble, le plus nécessaire, le plus inépuisable des divertissements. »

Quittons nous sur l’immense éclat de rire des membres (c’est le cas de le dire) illustres de l’Institut Bartabacs de Porquerolles, lisant cette stupide affirmation :

« Eh, il est temps que ce coulo s’intéresse au sexe, lequel est le plus noble, le plus nécessaire et le plus inépuisable des divertissements … »

Bonne soirée, mes petits choux (européens) de Bruxelles !

en passant..... dit: 18 juin 2016 à 19 h 37 min

Charles, 17:47, « plus personne ne lit Anatole France », si, un seul, Court-sur-papattes

OZYMANDIAS dit: 18 juin 2016 à 19 h 37 min

« Quand la neige fond, où va le blanc ?! »
J’aime beaucoup cette interrogation pataphysicienne d’Alfred Jarry mais je ne sais toujours pas y répondre. Hélas!.

Sergio dit: 18 juin 2016 à 19 h 04 min

bérénice dit: 18 juin 2016 à 17 h 46 min
Euh, du stratus, comme on dit dans Les pilotes reçoivent-ils en prime du brevet un lot d’euphémismes divertissants

Exactement ; lorsqu’on téléphone à l’aéro-club parce qu’il a tellement de brouillard qu’on a peur de pas le trouver en y allant, le n’importe qui qui a eu la bonté de décrocher donne immédiatement la réponse canonique :

– On voit (ou ne voit pas) l’antenne de Malzéville…

Ca fait deux bornes, le brouillard c’est moins d’une borne de visi, deux c’est possible mais c’est timbré quand même !

Comme quoi les réglements, parfois, ne sont pas si draconiens que cela…

JC..... dit: 18 juin 2016 à 19 h 00 min

« Comme si la littérature n’était pas le plus noble, le plus nécessaire, le plus inépuisable des divertissements. »

Tourner votre lorgnette et regardez par l’autre bout ….. vous aurez une vision moins étroite !

JC..... dit: 18 juin 2016 à 18 h 58 min

Charles dit: 18 juin 2016 à 17 h 30 min

Il est gentil Charles … il croit que je parle pour lui, alors que je parle pour les fils de ses fils, pour qui lire un livre est du temps perdu …

christiane dit: 18 juin 2016 à 18 h 45 min

Charles dit: 18 juin 2016 à 18 h 31 min
La modération automatique de ce blog semble construite sur un algorithme ne tenant pas compte du contenu des commentaires. Quand Passou revient au blog, il libère les encagés mais le fil de la conversation est coupé et c’est vraiment dommage de lire un commentaire plusieurs heures après son émission. C’est ainsi…

christiane dit: 18 juin 2016 à 18 h 24 min

Il me semble, Charles que la littérature alterne au moins deux écritures. On les croit dissemblables, elles sont gémellaires. L’une ne peut exister sans l’autre. L’imaginaire s’épanouit dans l’une, les récits autobiographiques dans l’autre, trainant dans ses filets les histoires individuelles croisant la grande Histoire.
Un livre me semble sauter de l’une à l’autre, en permanence, c’est W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec.
chap XIII
« … les souvenirs existent, fugaces ou tenaces, futiles ou pesants, mais rien ne les rassemble. Ils sont comme cette écriture non liée, faite de lettres isolées incapables de se souder entre elles pour former un mot… »
Puis, à la dernière page du chap. XXXVI, il écrit : « Celui qui pénétra un jour dans la Forteresse n’y trouvera d’abord qu’une succession de pièces vides, longues et grises. Le bruit des pas résonnant sous les hautes voûtes bétonnées lui fera peur, mais il faudra qu’il poursuive longtemps son chemin avant de découvrir, enfouis dans les profondeurs du sol, les vestiges souterrains d’un monde qu’il croira avoir oublié… »
Entre les deux, il y a le chemin de vie d’un homme depuis l’enfance…
La rage de berguenzinc est emplie du poids de la vie quand il faut se battre contre les épris de compromis lâches en tous genres. Des livres ? Il en a fait sa cabane mais quelque chose l’appelle à se battre encore et encore. Et ses mots giclent comme la lave de l’Etna. Bien failli être carbonisée, hier…
Quant à la Circé de l’Ulysse (de J.J), en tenancière de bordel, Bella Cohen, rend les hommes lubriques. Celle d’Homère, les transformait en porcs. C’est le temps, je crois me souvenir, où ils s’éloignent de la réalité. Je relirai ce que vous en dites.

radioscopie dit: 18 juin 2016 à 18 h 18 min

Une vingtaine de collèges et au moins deux lycées portent le nom d’Anatole France. Le lycée du Parc, à Lyon, est sis rue Anatole France. Les bacheliers qui seront passés par là n’auront pas fini rôtis chez la reine Pédauque…

Charles dit: 18 juin 2016 à 18 h 09 min

berguenzinc dit: 18 juin 2016 à 17 h 38 min

La pression de l’évenement transpere la taie délicate et feutrée de ce salon litteraire pixellique, comme le gras du jambon transsude la feuille de papier sulfurisé dans lequel on l’emballe.

Certes, et c’est sans doute inévitable, d’autant que la politique très libérale de notre hôte facilite la mise en ligne de commentaires qui n’ont plus rien à voir avec le sujet du billet, ni avec la littérature, ni avec l’art, mais expriment seulement les fureurs et les angoisses de l’un ou de l’autre, sous la pression des événements violents qui secouent, de plus en plus fréquemment, nos sociétés. Ce n’est plus une exsudation de gras de jambon, c’est une inondation !
Mais les commentaires où il n’est question que de littérature ne se réduisent pas seulement à des rodomontades et des postures plus ou moins avantageuses.
Je suis frappé par le fait que les commentateurs choisissent, ou bien de ne parler que de littérature (et de thèmes connexes), ou bien d’aborder de front les difficultés de l’heure, en liaison avec l’actualité. Mais c’est très rare qu’ils tentent de marier les deux. Cela me frappe, notamment, dans les commentaires de Widergänger : c’est le plus souvent (pas toujours) tantôt l’un, tantôt l’autre.
Suggestion de sujet de bac : en quoi une lecture d’ « Ulysse » peut-elle nous éclairer sur les problèmes de l’heure ?

J’avoue que je n’en sais fichtre rien. Recalé !

Charles dit: 18 juin 2016 à 17 h 47 min

Mais pourquoi ils ont la haine ces bacheliers qui reprochent à Anatole France de se taper l’incruste dans l’examen ?

Il y a belle lurette que plus personne ou presque en France ne lit plus Anatole France. Ni prix Nobel ni Pléiade n’y font rien, et je comprends un peu l’effarement de nombre de candidats. Peut-être la formulation du sujet y est-elle pour quelque chose. C’est dommage, d’ailleurs : ni « Les dieux ont soif » ni « Crainquebille » ne méritent d’être ignorés. Mais le gros de l’abondante production d’Anatole pâtit de son côté gnangnan et douceâtre ; ça manque de nerf et de relief. Proust, Céline, et même Gide, sont passés par là. La pendule d’Anatole s’est arrêtée, elle, à l’heure de la Belle Epoque.

bérénice dit: 18 juin 2016 à 17 h 46 min

Euh, du stratus, comme on dit dans l’aéronautique volante quand on voit même pas le hangar… Sergio

Les pilotes reçoivent-ils en prime du brevet un lot d’euphémismes divertissants pour conjurer la peur ou pour pointer le repère dans un brouillard à couper au couteau?

bérénice dit: 18 juin 2016 à 17 h 38 min

radioscopie 14h08, non pas grand-chose de plus, les toiles sont très belles au point de rosée ou quand la nature s’embrume laissant ainsi leur travail à disposition du photographe amateur. Sinon , chaque année il est habituel même en ville de constater qu’elles se mettent à l’abri dès les premiers frimas de l’automne.

berguenzinc dit: 18 juin 2016 à 17 h 38 min

Charles, je n’ai pas parlé de livres ni de littérature, j’ai seulement voulu avancer l’idée , pas très neuve, d’ailleurs, que la littérature est une politique. Je veux dire aussi qu’il serait bien naïf de penser que sur un blog comme celui-là, de très haute tenue, on ne pût que se rouler de rodomontade en posture comme le merlan se roule dans la farine. La pression de l’évenement transpere la taie délicate et feutrée de ce salon litteraire pixellique, comme le gras du jambon transsude la feuille de papier sulfurisé dans lequel on l’emballe.

bérénice dit: 18 juin 2016 à 17 h 33 min

la Margeride

A ce propos Berguenzinc et pour ce qui est de la Table, il y a par chez vous de fabuleux restaurants où l’on invente des nouvelles recettes incorporant des fleurs à leurs préparations, ce serait peut-être mieux que de risquer la bête du Gévaudan.

Charles dit: 18 juin 2016 à 17 h 30 min

Lu avec ébahissement les éructations de JC et de Brindezingue contre la littérature, les intellectuels… Il me semble que la morosité ambiante les égare. Le livre est mort, proclame JC. L’image l’aurait tuer. Où a-t-il pris ça ? Quant à moi, je consomme moult images et moult livres, et concilie fort aisément, comme tant d’autres, les unes avec les autres, opérant entre les unes et les autres mille croisements. A propos, je suis en train de relire l’épisode « Circé » (ainsi désigné par Joyce lui-même; le lien entre les démêlés d’Ulysse et de la magicienne avec le contenu du chapitre me paraît ténu). L’écriture, souligne le commentateur de l’édition Pléiade, s’y inspire du théâtre (répliques, et didascalies), mais pas un mot sur une influence possible du cinéma, alors que, pour moi, elle est évidente, notamment celle de la technique cinématographique du montage.

Brindezingue, lui, s’interroge sur les effets possiblement pernicieux de la présence des intellectuels sur une civilisation. Il y a pourtant plus de deux millénaires que la nôtre s’en accommode, et plutôt avec succès.

Quel rapport entre les émotions suscitées par les violences terroristes, l’agitation sociale, et le plaisir toujours innocent et salubre que procure la lecture ? Comme si la littérature n’était pas le plus noble, le plus nécessaire, le plus inépuisable des divertissements. Comme si tout ce que les temps peuvent avoir de plus sombre nous interdisait de nous le donner, comme si c’était indécent. Tiens, je savoure en ce moment « le Fantôme de Canterville » dans la nouvelle édition bilingue diffusée par « le Monde » pour le prix de 1 euro (CD compris !). Chemin lisant, j’avoue me ficher comme d’une guigne de toute la misère du monde.

Rappelons-nous Breton :

 » L’étreinte poétique, comme l’étreinte de chair,
Tant qu’elle dure,
Défend toute échappée sur la misère du monde « .

Sur la mienne comprise. N’est-ce pas magique ? Circé, c’est la littérature.

berguenzinc dit: 18 juin 2016 à 17 h 29 min

Si jeune Mabuse, Soeur Emmanuelle, l’était
pas un peu antisémite/ antisioniste sur les bords, au fait ? Ou je tourne gaga

berguenzinc dit: 18 juin 2016 à 17 h 25 min

« Le concept de « sobriété heureuse » d’un Pierre Rabhi hédoniste m’attire mais me repousse aussi. »

Madame Clopine de l’Anticlinal portlandien et kimméridgien faillé NWSE , j’avais pas lu ça, ce matin; RAHBI???? un escroc pur porc, comme l’autre dont j’ai oublié le blaze, mais qui sévissait à Castellane…
Rahbi est une horreur. Un sectataire des lentilles et des cardons au purin d’étudiante en Langues Étrangères appliquées, le genre jeune femme qui vient bosser pour des clous, évidemment, se retrouve bonniche du gourou, deux coups les gros et trime aux champs avec la grappe de niais qui sont tombés dans la toile de cette raclure ganstérisée, ce Polpot de l’écologie;
Son « domaine » en Ardèche, où il « expérimente  » ses principes agriculturaux, sont un repaire de pauvres bougres et bougresses sodomisées à sec jusqu’au erveau. Monstrueux salaud , ce Rahbi, qui met en esclavage des esprits un peu fragiles. Eh bien, le type qui a tué les deux flics, celui qui a trucidaresse la députée travaillliste, sans oublier la charogne homophobe d’Orlando, ce sont des lavés de la cervelle, des idiots utiles aux Pierre Rahbis de l’idéologie politique ou religieuse. Eux ce ne sont pas des panais ni de la consoude bio qu’ils cultivent, mais des kalach et autres joyeusetés…

Quant à ce que cette verrue plantaire collabo de Sartre crache sur Flaubert, cher Gontrand, je m’en talque le tafanard…

Et, non, Christiane, je ne pense nullement qu’Alba pousse mémée dans la boîte à gants quant il parle de l’imminence et de l’inéluctabilité de la guerre civile. Je la sens aussi venir, comme un clébard sent la truffe qu’il n’aura pas parce qu’on lui file un coup de latte dans le service trois pièces !

christiane dit: 18 juin 2016 à 16 h 42 min

@Miss Tigris dit: 18 juin 2016 à 16 h 11 min
J’en serai bien incapable ! Quelle femme !
Partir à 60 ans au Caire, s’installer dans un bidonville à Ezbet-Al-Nakhl,puis à Mokatam et partager pendant 20 ans la vie de ceux qui vivent dans et par les poubelles, ses chiffonniers, se battre pour que les gosses aillent à l’école, pour qu’ils aient une maison : une merveille !

papy mougeot dit: 18 juin 2016 à 16 h 11 min

Déjà deux mamans qui lisaient le Reader’s Digest, plus la mienne de temps en temps…Si l’on tient compte du fait que c’était probablement ça ou rien ou Confidences pour beaucoup, il n’y a aucun mépris à avoir. Les rejetons, mieux lotis en matière d’éducation ou plus curieux, s’en sont affranchis mais peut-être lui doivent-ils quelque chose.

christiane dit: 18 juin 2016 à 16 h 08 min

@berguenzinc dit: 18 juin 2016 à 14 h 26 min
Alors, c’est peut-être une chance d’avoir enseigner à des enfants plus jeunes (primaire) les choses de la vie. Ils apportaient des photos de famille, des cartes postales, des recettes de cuisine, des contes et ensemble, pour aller de soi à soi, on passait par l’autre. Des musiques aussi, des musées, le quartier. Sans oublier la géo à vol d’oiseau-mouche et les histoires qui font l’Histoire. C’était comme une bulle. Ils laissaient les morceaux de vie mouvementée à la maison pour compter du bout des doigts le résultat des additions. Ils apprenaient à lire par je ne sais quelle gymnastique et un matin ils vous déchiffraient tout fier leur premier livre.
Puis, il y avait les drames…. déjà… On en parler tout bas, sachant qu’à la récré une marelle à la craie ou une corde à sauter ou un sac de billes les emporteraient dans la joie.

Sergio dit: 18 juin 2016 à 15 h 14 min

la vie dans les bois dit: 18 juin 2016 à 15 h 01 min

fait beau chez vous ?

Euh, du stratus, comme on dit dans l’aéronautique volante quand on voit même pas le hangar…

Mais cette histoire de modération, c’est quand même un champ de ruines à la Roman Polanski, et pas mal gangrené (d’ailleurs je peux même plus mettre mon blogounet, j’avais oublié), faudra bien se résigner un jour à pas faire comme Louis XV, et plutôt à détourner le cours l’Ob, du Иениссей, du Yukon ou du Zambèze…

la vie dans les bois dit: 18 juin 2016 à 15 h 08 min

Caisse à dire Sergio ?
Comme il y en a qui ne savent plus où ils habitent, d’autres ne savent pas où ils travaillent ?

la vie dans les bois dit: 18 juin 2016 à 15 h 01 min

Purée, c’t idée de génie Sergio. Et pourquoi pas leur proposer une république des libres ?
c’est cool. Kom ça plus besoin de flicage, ni de faire marcher au pas de l’oie, c’est déjà inside…

fait beau chez vous ?

Jibé dit: 18 juin 2016 à 14 h 59 min

« L’image est déjà Reine, le Livre est mort. »

Mais pourquoi achètes-tu toujours des romans et ne vas jamais au cinéma, JC !

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 18 juin 2016 à 14 h 58 min

Alors, la mienne aussi (de mère) était abonnée au reader’s digest. Je peux vous décrire précisément comment c’est fait. Chaque livre contient en fait quatre ouvrages. Il y a une page de garde, à gauche, où on voit la tête de l’auteur, dessinée au crayon, avec quelques lignes biographiques dessous.et un résumé du livre. Ce résumé est donc, en l’occurrence, un résumé du résumé, car l’escroquerie du Digest vient de ce que les textes réunis là sont retravaillés, pour avoir le format requis. On imagine ce que ça aurait donné pour Balzac : Lire « splendeurs et misères des courtisanes » sans les descriptions de Paris, ni les explications financières, etc. Quand au contenu, eh bien, chaque tome avait une histoire disons « légère », il y avait aussi souvent une biographie donc contractée, un roman à thème (espionnage, amour) et un bouquin résumé sur un « sujet de société ».
J’ai l’impression que les auteurs étaient américains à plus de 80 %, mais je peux me tromper… Ma mère recevait ça quatre ou cinq fois par an, et c’est ainsi que l’american way of life, insidieusement, par la description en « arrière-plan » qui se dégageaient des ouvrages, s’installait comme une sorte d’horizon désirable.

J’avais souvent fini, le soir même, les quatre ouvrages qui composaient la livraison. Le livre en lui-même, l’objet, n’était pas laid : une couverture qui tenait le coup, un cheval qui se terminait par une sorte de corolle de tentacules noires et rouges en couverture, et certains auteurs valaient vraiment le coup… Je me souviens aussi de certaines nouvelles non-expurgées, comme celle où un connaisseur de vin prétend obtenir la main de la fille de son hôte, s’il réussit un test de dégustation à l’aveugle (elle sera sauvée par le majordome, qui a trouvé les lunettes de l’expert, oubliées avant la dégustation…)

Mais quand j’ai compris, une fois grandie, que je n’avais lu que des résumés, j’étais en colère, c’est vrai.

Cela n’a donc rien, mais alors, rien à voir avec les petites anthologies des « Goûts de », puisque celles-ci rassemblent des textes courts, extraits de livres littéraires, explorant ainsi à chaque fois un thème…

Sergio dit: 18 juin 2016 à 14 h 55 min

berguenzinc dit: 18 juin 2016 à 14 h 29 min
mais qui a programmé ça? quel Trouhaballe mal branlé a écrit ce logiciel?

Ca fait des milliers d’années que je me hurle à le dire ! Et à mon avis, toutes les République du pool, du goum, de la confédération sont atteintes ; ce qu’il faudrait, c’est que Passou se mette avec les autres chefs de République en une sorte de comité des forges pour obliger la SSII en question et surtout ses petites mains à se les sortir de… enfin bon…

la vie dans les bois dit: 18 juin 2016 à 14 h 32 min

Il y a des messages perso, comme ça: ne change pas.
Qui passent à l’aise la modération.

christiane dit: 18 juin 2016 à 14 h 30 min

@berguenzinc dit: 18 juin 2016 à 9 h 16 min
Mais je comprends cette émotion, cette rage d’impuissance. Seulement, quand j’ai commencé à taper mon commentaire, radio éteinte, nul n’avait évoqué ce meurtre de Jo Cox. L’heure figurant sous le post donne l’heure où on l’envoie pas l’heure où on a commencé de l’écrire (pour moi, en direct sur le blog). J’écris un mot, ouvre à nouveau le livre, reviens écrire, efface, retourne au livre… etc… Celui-là a dû me prendre une bonne heure !
Et puis, il y a mon tempérament : j’encaisse ces nouvelles dramatiques (qui se multiplient) en état de sidération. Après, la révolte et la tristesse gagnent, je cherche à comprendre l’incompréhensible.
Je participe peu à vos échanges politiques, (non par rapport à P.Assouline qui accepte sans les censurer ces échanges) parce que je ne trouve plus mes marques dans l’actualité politique. Mes années de militantisme ont fait place à une sorte de scepticisme.
Aussi, la littérature m’est vitale, ainsi que les échanges sur ce blog ou sur d’autres. Je trouve là, des voix, des pensées avec lesquelles je chemine.
Merci, MàC, pour ces paroles. Ne change pas. Et peut-être un jour une expo à partager. Les artistes aussi gueulent leur désespoir où nous offrent l’harmonie.
Merci.
Pour M.A alias W. ou mauvaise langue, je le lis avec attention mais le trouve trop alarmiste. Pourvu qu’il n’ait pas raison…

la vie dans les bois dit: 18 juin 2016 à 14 h 27 min

Mais j’ai vérifié dans ma bibli, et j’ai trouvé celui du Patron. C’est bête, hein, on tombe toujours sur les mêmes.

berguenzinc dit: 18 juin 2016 à 14 h 26 min

Alba a raison…moi aussi j’enseigne, depuis 1983, enfin, maintentn on l’a foutu à la casse et tant mieux…Oui, les mômes ont changé. Oui, désormais les lancers de farine et d’oeufs, ultra-classiques et mille fois pratiqués ont profondément changé. Une sorte de haine collective, d’acrimonie profonde se remarque chez les élèves. On est toujours au bord de l’affrontement gravissime. Il n y a plus cette bonhomie parfois brute de décoffrage et concon, parfois fraternelle des chahuts collectifs dans les collèges et encore moins les lycées. Il y a , dans la jeunesse, une sorte d’anomie, de froideur, de métallicité, une absence d’empathie, très souvent.
les troudballes pédagos de mes deux qui ont tué l’enseigement, mort en 1995 avec Allègre, sont responsables de cet effilochement du sentiment et de l’apprentissage par le poète, par le conteur. Et, oui, je crains que la guerre civile ne vienne nous fracasser bien avant le dérèglement climatique final prévu vers 2050. Cette férocité de plus en plus de gamins ne doit pas nous étonner; on a tout fait pour. Tout. Moi, j’ai enseigné jusqu’en 2015. J’ai arrêté quand l’anus à pattes qui faisait fonction de proviseur du lycée de la petite ville de C. , connue pour ses truffes et ses berlingots, ses fraises et sa longue histoire juive, me demanda de bien vouloir ne pas évoquer en cours d’histoire le génocide arménien, rapport que des parents turcs n’étaient pas contents. etc etc etc… les gamins voient notre lâcheté d’adultes pourrissants, de futurs vieux aux culs ridés, et surtout combien on a cessé de leur parler de « belles choses ».
La guerre civile est déjà commencée, par notre veulerie, par la sauvage inculture revendiquée des « réseaux sociaux ». Les petites ordures djihadistes ou fascistes qui nécrosent notre monde en train d’agoniser , le capitalisme le plus sauvage les laisse prospérer…ben tiens, comme ça, « ils  » nous feront pas chier avec l’écologie….Et puis quoi, quand il y avait le service national, c’était terrible: les petits prolos de La Courneuve, les « ploucs » si chers au charcutier du blog, et les « fils d’archévêques » étaient TOUS logés à la même enseigne, celle du gros beauf de sergent de m.erde qui , par sa c.onnerie, renforçait le ciment social, la fraternité et l’entraide des bidasses.
Guerre civile , donc, et Barozzi nous fera « Le goût de la guerre civilie »…les intellectuels, c’est à ça que ça sert, à faire feu de tout bois. L’écrivain est le souteneur, l’inspiration est la pute.
Maintenant, je vais aller pisser dans la Margeride. Sous la pluie. Et p’tèt que la Bête me bouffera la mienne…

JC..... dit: 18 juin 2016 à 14 h 24 min

Mais le monde entier, dans sa misère quotidienne se fout du roman…. il faut se nourrir, s’abriter, élever les enfants en batterie… ne pas perdre son job quand on en a un !

ON S’EN FOUT DU ROMAN ! Quand allez vous le réaliser, bande de vioques attardées … ?!

L’image est déjà Reine, le Livre est mort.

la vie dans les bois dit: 18 juin 2016 à 14 h 20 min

Barozzi, voyez-vous je repensai tout à l’heure à cet homme des bois qui a écrit dans une revue lyonnaise pour lecteurs. Ce qui avait fait réagir LF Céline, de manière absolument savoureuse.
Et en relisant mes messages d’hier, à propos de ce tweet relayant cette affaire,

et en découvrant le programme de l’été (!)

je me suis dit que, non, l’homme des bois n’aurait pas ramassé toute sa collec’ , ses découpages, en un seul volume relié. Il y a là comme un sceau définitif dans cette idée.
Ce que LF Céline, se voyant sabré de la sorte, a pu penser : après le Voyage, son sort était scellé pour l’éternité ( ce qui le concernant s’est révélé absolument exact, du point de vue littéraire, généralement admis par les lecteurs, qui n’en font pas profession..)

Mais c’est intéressant tout de même; entre « le goût de » et « le dico amoureux « , il y a une démarche littéraire commune. Cela dit pour la forme.

Dans la collec le goût de, je n’ai dans ma bibli, que celui du chocolat, je vous l’avais déjà indiqué. L’auteur en est une femme.
Pour ce qui est des dicos amoureux, heu, il faut que j’aille voir…

Je reviendrai vous dire tout ça.

Jibé dit: 18 juin 2016 à 14 h 18 min

Chez nous, le roman du XXIe siècle semble s’acheminer vers deux voies principales et opposées. Celle de l’autofiction (de Ernaux à Angot ou Edouard Louis…) et celle qui consiste pour l’auteur à partir d’un fait divers, de société ou historique (tel Carrère avec « L’imposteur » jusqu’à Joseph Andras avec « De nos frères blessés »…). Le regard de l’écrivains’élève ainsi du nombril et se tourne vers le lointain ou proche horizon.
Mais où placer Houellebecq, qui survole au-dessus du panier ? Pas vraiment autofictif. Ne se rattache-il pas plutôt dans la tradition du roman balzacien (sociologique) et non pas Flaubertien (stylistique) ?
Comme si les meilleures soupes se faisaient toujours dans les vieux pots !
De quoi donner l’envie au jeune lecteur d’aller voir ce qui se faisait avant ?

radioscopie dit: 18 juin 2016 à 14 h 08 min

Compliment pour compliment, bérénice, vous en savez nettement plus que moi sur les moeurs arachnéennes.

bérénice dit: 18 juin 2016 à 14 h 03 min

radioscopie je suis loin de posséder 1/10ème de votre vocabulaire, j’ai du faire des recherches, je vous en livre le résultat:

Passe alors le premier ministre qui vaticine que « oui, la gauche peut mourir », trahissant visiblement sous la forme d’une sombre prédiction son propre sombre projet, et la cause semble entendue. — (Frédéric Lordon, La gauche ne peut pas mourir, Le Monde Diplomatique n° 726, page 1, septembre 2014)

Jibé dit: 18 juin 2016 à 14 h 00 min

WGG, plutôt que d’en appeler à la barbarie, ne vaudrait-il pas mieux initier les élèves à la littérature d’aujourd’hui ? Quitte ensuite, pour ceux que cela intéresse, à remonter dans le temps, selon le principe de la pyramide inversée : du sommet vers la base ? A trop charger la base (latin, grec, textes classiques…) ne leur coupe t-on pas les ailes pour s’élever vers le sommet ? Quand j’étais en classe de première, en 1970, notre prof de Français nous permettait, une heure par semaine, de parler des livres hors programme que nous avions lu et aimé et de les présenter à nos petits camarades. C’était vivant…

radioscopie dit: 18 juin 2016 à 13 h 58 min

bérénice aura droit à 50% sur sa première consultation.
Cabinet de voyance Vat & Cination

Mon associé n’étant pas d’accord avec mes prodigalités, le rabais sera en réalité de 10%.

radioscopie dit: 18 juin 2016 à 13 h 56 min

bérénice aura droit à 50% sur sa première consultation.
Cabinet de voyance Vat & Cination

Jibé dit: 18 juin 2016 à 13 h 52 min

Mieux vaut le le reader’s digest qu’indigeste, Clopine !
Ma pauvre mère y était abonnée et le lisait de la première ligne à la dernière ligne. Mes goûts de… seraient-ils un hommage inconscient à sa mémoire ?

JC..... dit: 18 juin 2016 à 13 h 46 min

« C’est quand même dingue, ici, le mépris affiché pour les « goûts de… » de Jibé  » (Mère Gland)

Il est rare de voir une vipère prendre la défense d’un agneau….

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 18 juin 2016 à 13 h 36 min

C’est quand même dingue, ici, le mépris affiché pour les « goûts de… » de Jibé, de la part de types qui assimilent une anthologie avec le reader’s digest, et qui seraient bien incapables de rédiger quoi que ce soit d’approchant ! Perso, celui que je préfère, c’est le « goût du cinéma », avec un choix de textes qui s’éclairent les uns les autres.

Les persifleurs démontrent surtout leur paresse intellectuelle, leur méchanceté, et leur injustice. Soupir !

bérénice dit: 18 juin 2016 à 13 h 29 min

Wider a assisté à un monôme de mômes

Il se sera trompé tandis que vous aurez flirté avec le délire interprétatif, cela dit vous devriez faire le ménage. Les araignées ont perdu le nord, à cette époque de l’année ne devraient-elles pas gambader dans les vignes vierges, tisser leurs toiles au milieu des herbes folles, elles ne rentrent qu’à l’automne.

guillaume dit: 18 juin 2016 à 13 h 14 min

Widergänger dit: 18 juin 2016 à 12 h 35 min
« On entre dans une grande époque barbare. »
Barbarie pour sauver quoi, au juste
L’Europe champ de bataille pendant des siècles s’était tenue assez pénarde depuis la fin de WWII
Hon avait perdu l‘habitude..
Bon appétit

Jibé dit: 18 juin 2016 à 13 h 13 min

« c’est un bel auteur intelligent et nuancé qui se remet mal d’avoir été pris pour cible par les surréalistes »

Y pouvait plus se relever, il était déjà mort, Paul !

JC..... dit: 18 juin 2016 à 13 h 06 min

…. et si Clopine était un homme, après tout ! car elle encule les mouches aussi bien qu’un autre…. uhuhuhu !…

guillaume dit: 18 juin 2016 à 13 h 05 min

« En 2015, l’Arabie saoudite a été le premier client militaire de la France, devant le Qatar, l’Égypte et l’Inde. »
Le comble de l’absurdie, qui mène à la cata

Widergänger dit: 18 juin 2016 à 12 h 35 min
« On entre dans une grande époque barbare. »
On dirait que oui, on espère que non

radioscopie dit: 18 juin 2016 à 13 h 05 min

« Hier soir dans la rue, c’était quasiment un climat d’émeute avec des élèves courant partout sur la chaussée en train de s’envoyer de la farine ou des œufs dans la figure, sans même prendre garde aux voitures. »

Wider a assisté à un monôme de mômes et y détecte « un signe des temps obscurs qui nous attendent. » De même, dans mon bureau, j’ai vu une araignée piéger un moucheron. J’en ai tiré la même interprétation alarmiste. Je propose à Wider d’ouvrir avec moi un cabinet de voyants extralucides.

Dédé le Breton dit: 18 juin 2016 à 13 h 05 min

France et Zola ont pris fait et cause dans l’affaire Dreyfus, Clopine.

Quand nous avons écrit le pamphlet avec mes petits camarades, l’Anatole était refroidi, Popol, y pouvait déjà plus se relever !

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 18 juin 2016 à 12 h 59 min

C’est marrant que le bac ait associé France à Zola. Pour moi, « le livre de mon ami » résonne un peu comme les poèmes de Victor Hugo, grand’père :

 » Jeanne était au pain sec…

Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,
Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir,
J’allai voir la proscrite en pleine forfaiture,
Et lui glissai dans l’ombre un pot de confiture
Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,
Repose le salut de la société,
S’indignèrent, et Jeanne a dit d’une voix douce :
– Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce ;
Je ne me ferai plus griffer par le minet.
Mais on s’est récrié : – Cette enfant vous connaît ;
Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.
Elle vous voit toujours rire quand on se fâche.
Pas de gouvernement possible. À chaque instant
L’ordre est troublé par vous ; le pouvoir se détend ;
Plus de règle. L’enfant n’a plus rien qui l’arrête.
Vous démolissez tout. – Et j’ai baissé la tête,
Et j’ai dit : – Je n’ai rien à répondre à cela,
J’ai tort. Oui, c’est avec ces indulgences-là
Qu’on a toujours conduit les peuples à leur perte.
Qu’on me mette au pain sec. – Vous le méritez, certes,
On vous y mettra. – Jeanne alors, dans son coin noir,
M’a dit tout bas, levant ses yeux si beaux à voir,
Pleins de l’autorité des douces créatures :
– Eh bien, moi, je t’irai porter des confitures. »

Il y a des choses comme ça chez France (la grappe de raisin, la poupée…) et fort peu chez Zola, à ce que je sais…

On aurait pu aussi associer France à Proust : ne fut-il pas le modèle de Bergotte, à savoir, pour le narrateur, une source d’admiration pour finir par une sorte de déception – à cause de la joliesse de France, de son urbanité, de son humour léger (ah ! La rôtisserie de la reine Pédauque…)

Mais de toute manière, c’est un nom que les élèves ignorent absolument. Alors que Zola, le solide, le réaliste, dont la plume est parfois aussi lourde qu’une truelle mais du coup, le mur tient droit, est connu dans les lycées.

c’est l’association des deux qui a dû troubler les élèves, à mon sens.

radioscopie dit: 18 juin 2016 à 12 h 54 min

Widergänger dit: 18 juin 2016 à 12 h 00 min
Fini l’Ecole que je laisserai totalement en ruines derrière moi…

Wider lit Attali et imite Attila.

JC..... dit: 18 juin 2016 à 12 h 48 min

Le problème n’est pas que les élèves « crachent sur la littérature » (la littérature ce n’est qu’un passe-temps intelligent, un jeu de Go verbeux…) c’est que les Autorités qui devraient aider ces petits cons à monter en selle, n’en ont plus … de l’autorité !

Paul edel dit: 18 juin 2016 à 12 h 46 min

Le lys rouge d anatole France est un roman psychologique étonnant très bien écrit avec des propos de salon qui font penser au clan verdurin de Proust c est un bel auteur intelligent et nuancé qui se remet mal d avoir été pris pour cible par les surréalistes kundera est un grand admirateur de France

JC..... dit: 18 juin 2016 à 12 h 45 min

Clopine, définitivement un cas à part… dit: 18 juin 2016 à 12 h 32 min

…. un cas dramatique…..

Widergänger dit: 18 juin 2016 à 12 h 35 min

C’est la grande époque de la twittospère de tous les ignares d’élèves qui crachent sur la littérature française, en tout cas sur ce pauvre Anatole France.

J’aurais envie de leur dire à tous ces pauvres bacheliers insignifiants : Mais regardez donc ce qu’on a fait de vous !

bérénice dit: 18 juin 2016 à 12 h 32 min

-Une autre qualité est l’inventivité et leur capacité maîtriser les instruments à leur portée: les chaines satellitaires, Internet, les réseaux sociaux, les outils marketing, les techniques de communication, la finance islamique, le cinéma, la littérature, tout est mobilisé pour atteindre la plus grande efficacité-

D’une part il y a comme une contradiction à utiliser des outils de ce siècle débutant pour imposer une loi qui date, une vision archaïque des rapports humains, des règles qui devraient régir les usages en société, la condition de l’homme et celle de la femme, j’y vois une mauvaise foi évidente car ils s’accommodent parfaitement du présent et du progrès que ce présent offre pour répandre une idéologie assassine alors qu’ils rejettent quand ils ne détruisent pas ce qui est étranger à leur doctrine qui récupère la pauvreté intellectuelle des uns ou la misère réelle des autres, d’autre part on ne peut s’empêcher de voir que nous avons inventé l’instrument de notre malheur:les médias, internet, les réseaux agissent comme un feu pour porter à ébullition une situation qui nécessiterait l’apaisement par une mise en place de solutions pratiques sur le terrain. Il y a une relation entre la misère au moyen- orient,ailleurs et l’explosion de revendications politico-religieuse. Une revanche des faibles instrumentalisés contre les puissants.

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 18 juin 2016 à 12 h 32 min

Dites, les passouliniens, vous devriez aller acheter « le goût de l’été », dernier opus du Jibé qui est des nôtres : ça ferait peut-être revenir le soleil ?
Il y a dedans tout plein de petits textes savoureux, comme celui d’un certain Jacques-Pierre Amette, et une page lyrique et ample de Giono…
C’est bien simple : il n’y a pas encore de grains de sable entre les pages, mais leur place y est déjà assignée !

Widergänger dit: 18 juin 2016 à 12 h 29 min

À mon avis, les propositions d’Attali et les quelque 10 000 personnes qui les ont construites, resteront lettres mortes parce qu’il n’y a plus de débat dans notre pays. Ni les médias ni les gens ne s’en empareront pour les amender, contester, changer, etc. Notre pays a déjà un pied dans la tombe.

la vie dans les bois dit: 18 juin 2016 à 12 h 27 min

« on est à 100% dans l’idéologie productiviste et marchande, sans la moindre considération pour les considérations religieuses et culturelles »

C’est au programme des livres de l’été ?

Ma mémé qui a une jeep flambante neuve s’inquiète de cette vente d’armes, totalement légale:

En 2015, l’Arabie saoudite a été le premier client militaire de la France, devant le Qatar, l’Égypte et l’Inde.
http://www.ledauphine.com/societe/2016/06/17/bloques-et-sans-ressources

JC..... dit: 18 juin 2016 à 12 h 19 min

Et si, pour finir, Attali n’était qu’un Jules Verne de MJC de quartier ? Un troubadour du non-amour ?

gontrand dit: 18 juin 2016 à 12 h 05 min

A chaque fois que que l’on écoute Attali, on est à 100% dans l’idéologie productiviste et marchande, sans la moindre considération pour les considérations religieuses et culturelles…Il ferait bien de lire le texte de Boualem Samsal que je viens de mettre en lien…

JC..... dit: 18 juin 2016 à 12 h 04 min

La bonne attitude à prendre pour un humaniste universaliste, en cas de guerre civile ?

Abandonner Porquerolles aux Sarrazins obtus … et partir en NZL : les néozélandais sont infiniment sympas, sportifs, simples et festifs !

Pourquoi se compliquer la vie ?….

Widergänger dit: 18 juin 2016 à 12 h 00 min

berguenzinc dit: 18 juin 2016 à 9 h 16 min
Mon grand berguenzinc adoré, Lis donc le dernier bouquin de J. Attali sur 2022. Il a dit dans un entretien sur BFM tv qui si son programme ou un programme aussi ambitieux que le sien (à débattre comme le sien publiquement) n’était pas mis en œuvre d’ici 2022, ça risquait d’aller très mal pour la France. Je crois que J. Attali craint lui aussi la guerre civile, en France et en Europe. Je n’ai pas encore lu son bouquin mais je vais me le farcir cet été. Je suis loin d’être toujours d’accord avec ses propositions (la dernière en date, la loi sur la fessée m’a même paru parfaitement ridicule) mais enfin c’est au moins un type qui pense et qui propose un avenir pour la France et pour la France en Europe à laquelle il croit. La France arrivera-t-elle à surmonter son avenir tragique qui se profile à l’horizon ? J’ai l’impression qu’ Attali n’y croit pas beaucoup. En tout cas, je n’y crois pas. Je crois que d’ici 2022, la France va bel et bien sombrer dans l’horreur faschisto-islamico-je-ne-sais-trop-quoi. À cette époque là, je serai en retraite. Fini l’Ecole que je laisserai totalement en ruines derrière moi… Attali insiste sur la maternelle et le primaire dans son bouquin mais on ne peut que lui donner entièrement raison. C’est là qu’il faut tout changer. Le niveau collège est complètement pourri, le système est complètement pourri. Le système de l’enfant-roi (avec l’interdiction de la fessée) et de l’Ecole comme lieu de vie est littéralement à bout de souffle. Les parents sont épuisés, les profs sont dans un état calamiteux, les élèves sont à moitié fous. Hier dans mon collège, les flics sont venus arrêter huit élèves qu’ils ont placés en garde à vue pour détention de pétard et autres objets divers, les flics en sont à faire des rondes dans le quartier pour empêcher que les échauffourées de la fin de l’année entre élèves (un quartier huppé pourtant) ne nuisent aux commerçants. Hier soir dans la rue, c’était quasiment un climat d’émeute avec des élèves courant partout sur la chaussée en train de s’envoyer de la farine ou des œufs dans la figure, sans même prendre garde aux voitures. Depuis neuf ans que j’officie dans ce bahut, c’est la première fois que les choses se dégradent à ce point. Un signe des temps obscurs qui nous attendent.

edmond pommier dit: 18 juin 2016 à 11 h 52 min

A bien y regarder, elles n’étaient pas si placides que ça les années 90, du moins à l’internatinal. Première guerre du Golfe, Guerre en Yougoslavie…, bien des problématiques actuelles se trouvaient là en germe. Alors ? Guerre civile ? Le fait est que l’idée fait son chemin dans les esprits et, plus grave, dans les conversations, ce qui devrait être suffisamment inquiétant.

JC..... dit: 18 juin 2016 à 11 h 46 min

« Tiens ! JC, l’andouille haineuse sort de la charcuterie » (Gland rappel)

Quittons nous sur une erreur nutritionnelle commise par les Nazis, pourtant gens organisés car pensants au moindre détail.

Mon sionisme actif ne m’empêche pas de penser qu’ils auraient pu, ces chers anges nazis – ayant piqué les tableaux, les sous, les fringues, les dents en or, etc, etc – bouffer les malheureux juifs sortis du four, ou monter partout en Germania des Boucheries/Charcuteries, bien approvisionnées !

Le cannibalisme eut été une formidable conclusion de cet animalité nazie totalitaire…

Polémikoeur. dit: 18 juin 2016 à 11 h 12 min

« Du Proust… du Zola »,
du jambon, du potage.
Peine perdue de distinguer encore
le nom propre qui a droit à son intégrité
du nom commun qu’il n’est pas inconvenant
de débiter en tranches puisque toutes les couches
s’y sont mises, du Mozart à du Gland !
Et l’autre politesse de la relecture
et de la correction ?
Déclassement.

bérénice dit: 18 juin 2016 à 11 h 12 min

Mais, Gontrand, je ne désespère pas d’y accéder un jour, je me souviens avoir lu avec intérêt une biographie de Balzac à 18ans n’en ayant retenu d’ailleurs en traversant les 2/3 de ma vie que son goût pour le café , pour finir j’ai découvert Balzac cette année.

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