de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Une chanson douce aux accents de requiem

Une chanson douce aux accents de requiem

“Le bébé est mort.” Voilà un incipit de roman promis à une certaine fortune. Il résonne comme celui de L’Etranger, la violence en plus, ou comme le murmure d’Agnès dans L’Ecole des femmes (scène 5, acte II). Car Chanson douce (232 pages, 18 euros, Gallimard) s’ouvre sur une scène de crime. Manière de liquider le problème et de signifier au lecteur : ne cherchez pas le suspens de ce côté-là, il est ailleurs, dans le lent démontage de cette logique infernale qui fait basculer un esprit apparemment sain dans la folie meurtrière. Vous voyez à peu près à quoi ressemble la série télévisée Une nounou pas comme les autres avec Mimi Mathy ? Eh bien Chanson douce, c’est juste le contraire.

Ils vivent dans un appartement de la rue d’Hauteville dans le Xème arrondissement de Paris, entre le faubourg Montmartre et la porte Saint-Denis, avec leurs deux jeunes enfants, Mila et Adam. Paul fait carrière dans la production musicale, Myriam veut reprendre son activité d’avocate. Redevenir Me Myriam Charfa qui porte une main de Fatma héritée de sa mère. Pas seulement pour l’argent, car en comptant les heures supplémentaires la nounou gagnera autant qu’elle, mais pour s’épanouir. Une baby-sitter? Hors de question. Trop dangereux car trop aléatoire. La seule perspective de lui confier ses enfants la terrifie. Au vrai, dès que cela touche aux petits, elle est paquet d’angoisses insurmontées. Du genre à vérifier toute la nuit par intermittences qu’ils respirent encore.

Une nounou donc, héritière de la nourrice d’autrefois, mais une Française. Enfin, une vraie Française. L’audition des candidates en dit davantage sur le couple de bobos que sur ces femmes. Il y a bien des africaines et des Philippines, éventuellement. Surtout pas une maghrébine afin d’éviter tout risque de complicité ou de familiarité, le genre de choses favorisées par une langue natale commune :” Elle s’est toujours méfiée de ce qu’elle appelle la solidarité des immigrés”, détail lâché comme ça en passant, pour n’y plus revenir. Ce sera donc Louise, ogresse de ce conte noir. Dès le premier jour, elle s’impose comme une évidence, de l’ordre du coup de foudre amoureux sans la moindre ambiguïté entre elles. Une femme disponible, silhouette fragile et menue qui abrite une force physique insoupçonnable, cheveux soigneusement tirés en arrière et vernis des ongles jamais écaillé, des yeux de poupée piqués sur un visage lisse, veuve depuis des années et assez libre désormais dans son petit appartement de Saint-Maur-des-Fossés par rapport à sa fille de 20 ans.nan-goldin

En très peu de temps, elle a le génie de se rendre indispensable en toutes choses et en toutes circonstances. Parfaite ? C’est peu dire. Elle décharge le couple de tout souci domesique. Le soir, quand il rentre, la maison est impeccable, les jouets rangés, le linge repassé, les petits lavés, peignés, nourris, souriants, prêts à aller se coucher ; même le dîner est prêt, et quel repas ! Elle enchante les enfants dès le premier jour. S’installe progressivement. Dort dans l’appartement une nuit, puis deux. Ils l’installent eux-mêmes dans leur vie puisqu’à leur initiative, elle accompagne la petite famille en vacances d’été. Le soir, pour les endormir, elle raconte des histoires aux enfants et leur chante des chansons (nul doute qu’on ne pourra plus fredonner sereinement la chanson d’Henri Salvador comme avant une fois qu’on aura lu ce livre) :

« Mais dans quel lac noir, dans quelle forêt profonde est-elle allée pêcher ces contes cruels où les gentils meurent à la fin, non sans avoir sauvé le monde ? »

Myriam est tellement absorbée par la préparation de ses procès qu’elle en oublie de s’intéresser à Louise. Si elle faisait l’effort, si son couple n’était pas tout le temps débordé, elle découvrirait qu’elle a des problèmes de fins de mois en début de mois, que son découvert à la banque en devient inquiétant, qu’elle craint de ne plus savoir où dormir, que ses théories sur l’éducation et ses méthodes de grand-mère commencent à exaspérer Paul. Elle si prompte à s’angoisser s’inquiéterait davantage des marques de dents qu’elle a remarquées sur l’épaule de la petite Mila, mais non, un jeu, probablement. Elle d’ordinaire si portée au tragique devinerait peut-être que si Louise a passé trois jours à l’hôpital, c’est parce que le médecin a diagnostiqué une « mélancolie délirante ». Elle prendrait pour des signes inquiétants ce qui ne lui apparaît que comme des détails troublants.

Tous ces signaux de détresse d’une tempête annoncée et elle ne voit rien de l’évolution de Louise. Ses frustrations, sa jalousie, son envie. Ses explosions de colère incontrôlables. Cette atroce carcasse de poulet abandonnée exprès dans le frigo et y pourrissant telle une charogne au regard de « totem maléfique ». Il suffirait de la congédier à défaut de dissiper les doutes. Impossible désormais : la nounou s’est incrustée dans cette famille et nul ne semble en mesure de l’en déloger. Prennent-ils désormais leurs distances qu’elle n’a de cesse de creuser sa place en leur sein. A-t-elle seulement où aller ? Le passage de Crime et châtiment placé en épigraphe prend alors tout son sens :

« Comprenez-vous, Monsieur, comprenez-vous ce que cela signifie quand on n’a plus où aller ? » La question que Marmeladov lui avait posée la veille lui revint tout à coup à l’esprit. Car il faut que tout homme puisse aller quelque part. »

Une autre phrase la hante qui leur est inaudible, et comment en serait-il autrement, il faudrait être dans ses pensées :

« Il faut que quelqu’un meure. Il faut que quelqu’un meure pour que nous soyons heureux »

Jusqu’au jour où, à l’instant de leur donner le bain, Louise a étripé les enfants avec un couteau en céramique blanche, l’un de ces couteaux très aiguisés qui font saigner le doigt à la moindre éraflure, un couteau à sushi.

Son premier roman Dans le jardin de l’ogre racontait de manière impressionnante la solitude d’une femme souffrant d’addiction sexuelle. Cette fois, avec cette terrifiante atmosphère de huis clos familial, Leïla Slimani va plus loin car elle vise plus haut. Quel que soit le thème auquel on voudra raccrocher ce roman (aliénation domestique, émancipation de la femme, maternité etc), la réussite de cette Chanson douce aux accents de requiem tient à ce qu’il ne cède rien de son exigence littéraire sans sacrifier aucun des codes du thriller psychologique. L’intrigue est remarquablement échafaudée, les dialogues parfaitement mis en place, les informations distillées au compte-goutte, le voyeurisme gore soigneusement évité, la tension dramatique permanente. L’’analyse du rapport de force entre ces deux femmes est d’une justesse glaçante, l’esclave prenant le pas sur le maître dans une lutte des classes qui ne dit pas son nom (de là à en faire « le » roman marxiste de la rentrée, comme on a pu l’entendre au Masque et la plume, n’exagérons rien).

Cette histoire lui a été inspiré par un procès que cette ancienne journaliste franco-marocaine à Jeune Afrique, avait couvert à New York : l’assassinat des deux enfants dont elle avait la garde par une nounou portoricaine. Les audiences avaient tout dit et tout raconté sauf l’essentiel : le mystère de son passage à l’acte. Depuis, cette histoire la hantait. Elle s’était promis de ne s’en emparer que le jour où elle trouverait la forme qui lui conviendrait le mieux, celle qui permettrait de dépasser l’écueil de la répétition, le quotidien d’une nounou étant des plus attendus. Le déclic lui est venu lorsqu’elle a tenté de commencer par la fin, le dénouement, afin que le lecteur se laisse emporter sur la voie qui mène au crime.

La relecture de Thérèse Raquin de Zola et le visionnage de certains films de Claude Chabrol (probablement La Cérémonie sur l’assassinat de leurs patronnes par les sœurs Papin, fait divers qui avait inspiré Les Bonnes à Jean Genet) ont fait le reste : la mise à nu du moment où ça dérape et bascule dans la folie meurtrière sans se contenter des explications évidentes (l’humiliation sociale, la solitude, le ressentiment etc). Tout l’art de Leïla Slimani, et il est prometteur, s’emploie à susciter de la compassion pour un personnage monstrueux. De cette ambiguïté, Chanson douce tire une force qui séduit, envoûte puis trouble longtemps après avoir refermé le livre.

(Photos Nan Goldin)

 

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commentaires

477 Réponses pour Une chanson douce aux accents de requiem

JC..... dit: 15 octobre 2016 à 6 h 46 min

Je hais la navigation fluviale : on s’ennuie à mourir !
(A part les moments où on va banqueter aux restos de charme à vélo…)

rose dit: 14 octobre 2016 à 21 h 32 min

bon, JC vous ne savez rien de la navigation fluviale ; ce n’est pas grave. Il y a l’estuaire l’embouchure et les écluses servent uniquement aux changements de niveau.

JC..... dit: 14 octobre 2016 à 13 h 45 min

Mais non, rose, sur une péniche on traîne d’écluse en écluse ! sur un bateau, on navigue !…libre…

Une péniche ? c’est un cercueil flottant !

rose dit: 14 octobre 2016 à 12 h 51 min

>JC mais sur une péniche, l’on sait que l’on n,navigue, et sur un bateau, l’on sait que l’on est mené en. Si l’on se fait du souci avant, que reste-t’il du souci à se faire après ?

Les urgences, merci, mais très peu de chances. Là je dois rétablir un équilibre d émettre pied à terre, le tournis tout ça, mais ensuite, no problem, je suis capable d’adaptation. Je viens de le vérifier durement.

JC..... dit: 14 octobre 2016 à 11 h 12 min

« cela me plait parce que chanter, à mes yeux, c’est de la littérature » (rose)

Rose ! tu déc.onnes complètement ! tu mélanges tout ! Chanter, c’est une chose ; écrire en est une autre …

Si tu continues, tu finiras aux urgences ou dans une salle de mariages avec un type que tu crois aimer…

rose dit: 14 octobre 2016 à 9 h 55 min

et moi j’ai senti dieu en colère et son fils pleurer des trombes de larmes

je marcherai dans du sang en sortant que cela ne m’étonnerait pas avec des clous jonchant le sol que cela ne m’étonnerait pas non plus

in situ, du mal à démarrer ma journée passque la rémission n’est pas dans la vengeance

me creuse le ciboulot

ai tenté de marcher pieds nus ce matin mais le sol est glacé, ice cream, I scream, You scream, we scream

pas possible vais m’attraper la mort ; déjà y’a berguie on ne peut pas tous en même temps et puis plutôt le dernier que le premier

D. dit: 14 octobre 2016 à 9 h 33 min

Ce matin la Seine à Paris était étonnamment calme et plate, semblant couler à l’envers, d’une couleur émeraude que je ne lui avais jamais connu. Un sentiment vint alors en moi : que Paris et la France allait connaître des heures tragiques.

rose dit: 14 octobre 2016 à 9 h 11 min

L’oeil de Caïn (et l’infidélité hein au fond d cela tombe ?)

Avec l’argent des autres, je fais les généreuses : les parents payent. Les comptes sont pleins, que de vent…

etc;

simulacres
chacun pour soi et moi d’abord.

je quitte le déluge, mercredi 19 à 12h10.

rose dit: 14 octobre 2016 à 9 h 07 min

Paul Veyne, qui attend, patient.

com en modé. sans gros mots. Doit comprendre le désir de meurtre (l’algorithme)

rose dit: 14 octobre 2016 à 9 h 04 min

Déluge
le ciel pleure
tonne tempétueux
alerte orange
pas de pluie trop de pluie pas d’équilibre

cela me plait parce que chanter, à mes yeux, c’est de la littérature

et puis cela rend les gens heureux comme la poésie, comme le poisson dans l’eau

et ai noté, ce matin, au milieu des comptes truqués, que des grands sont nommés : Dylan, Camus. Estime pour les gens du nord, grand froid, idées claires.

rose dit: 14 octobre 2016 à 9 h 01 min

accents de requiem

jeté vieilles pantoufles à la poubelle il y a + ou – huit jours. Team grises et roses.
songe à une paire blanche de fourrure touffue ; vivant à ras de terre. Garder la tête comme font les trappeurs du Canada, avec les cours de Tarantino.

sur Francois ai attaqué Tourgueniev. En plus de L’Oeuvre qui sommeille et paul veine qui attend.

Drôle cette façon de manger dans des plats en argent avec des couverts en vermeil puis de cracher dans la soupe au moment où tu te tires, poussé à coups de pied dans le cul. Les petits copains tremblent.

D’un coup le fonctionnement te saute aux yeux : elle te reçoit douze secondes dans son bureau, ne lève même pas les yeux vers toi, tapote sur son ordinateur, sourit, joviale, rit même ; est déconnectée de la réalité. Elle est haie d manière virulente. Son petit minois d’ancienne cpe, qui ce soir sera à la fête et je vais y aller pour observer. Surtout elle ne veut pas entendre ce que j’ai à lui dire : et je veux lui parler de Salomon qui sait ce que trancher veut dire.

Ici déluge monstrueux.

Macron a attrapé le melon, certes, mais au moins il est hors de cette mascarade.

JC..... dit: 14 octobre 2016 à 8 h 10 min

Attribuer le Nobel de Littérature à Bob Dylan, comme jadis celui de la Paix à Barack Olala, ou à un autre people pour faire joli, ces Jury Nobel deviennent complètement c.ons !

… et, naturellement, ça plait aux c.ons d’ici …!

Al Ceste dit: 13 octobre 2016 à 22 h 20 min

J’ai cité le même poème d’Aragon, mais tout cela me semble tout de même très convenu, lyrisme un peu toc de réunion publique.

J’avais vu. Ne vous défendez-vous d’avoir bon goût ! J’ai d’autant moins de mal à aimer ce poème et quelques autres de Loulou que j’en déteste d’autres, genre « la femme est l’avenir de l’homme », d’un lyrisme totalement toc de fête de l’Huma.

(Et mon camarade PMB n’est pas vexé)

Chaloux dit: 13 octobre 2016 à 21 h 29 min

J’ai cité le même poème d’Aragon, mais tout cela me semble tout de même très convenu, lyrisme un peu toc de réunion publique.
Tout le monde a bien compris?
Deuxième strophe!

Al Ceste dit: 13 octobre 2016 à 20 h 48 min

Il se trouve que j’ai entendu à au moins deux reprises, en soirée privée, Xavier Cherrier (Chanson plus bifluorée) chanter ce poème.

J’en ai encore le frisson.

Al Ceste dit: 13 octobre 2016 à 20 h 46 min

Alain Bosquet est un poète que tu devrais connaître, idiotic.

Il se trouve que j’ai lu. Je donnerais tout son catalogue pour un seul « Les Poètes » du gars Loulou :

La souffrance enfante les songes
Comme une ruche ses abeilles
L’homme crie où son fer le ronge
Et sa plaie engendre un soleil
Plus beau que les anciens mensonges

Al Ceste dit: 13 octobre 2016 à 20 h 42 min

N’ayant qu’une maîtrise sommaire de la langue de Madame Deux (Elizabeth), je vais me mettre en quête d’un recueil de traductions des chansons de Dylan.

M’étonnerait que je sois déçu.

Comme disait un penseur fatigué quand tombe le soir : la chanson n’est pas un art mineur mais un art court. Personne ne songe à dire que la Joconde de Vinci (077×053) amoins de valeur que les Noces de Cana de Veronese (6.77×9.9)

Polémikoeur. dit: 13 octobre 2016 à 19 h 51 min

Le carambolage entre la chanson douce,
elle-même passerelle entre la berceuse
et le requiem, et le prix au chanteur
est un clin d’œil de l’actualité.
Espiednèglement.

berguenzinc dit: 13 octobre 2016 à 19 h 27 min

 » « Le nom de Dylan a souvent été cité ces dernières années, mais ça a toujours été pris pour un canular », se souvient Pierre Assouline, écrivain membre de l’Académie Goncourt, qui ne décolère pas contre le choix du jury Nobel. « Lui attribuer le Nobel de littérature, c’est affligeant », a déclaré le romancier. « J’aime Dylan, mais il n’a pas d’œuvre. Je trouve que l’Académie suédoise se ridiculise. C’est méprisant pour les écrivains »

hahahaahahahhhahahahahahahaha…pitié! faut que j’aille huriner…la petite jalousie médiocre. Ça m’étonne de PA, quand même ! En tous cas, cette histoire aura eu le mérite de « précipiter » chimiquement toutes les mesquineries.
On aurai dû le donner à Brassens, jadis.

ce Nobel, c’est de la dynamite ! boummmmmmmmmmmm

Widergänger dit: 13 octobre 2016 à 19 h 03 min

Ce qui est drôle c’est la bellecassetout qui a présidé la dictée Ela ! Notre bon Passou, s’il est attentif, comprendra pourquoi c’est si drôle… Voilà au moins un projet didactique innovant qui allie l’orthographe et les baskets. Super fun !

Widergänger dit: 13 octobre 2016 à 18 h 43 min

Chaloux dit: 13 octobre 2016 à 15 h 39 min
Le cas de Céline n’a rien à voir. Il est semblable à celui de Proust ou de Flaubert. Leurs lettres d’enfants disent déjà leur génie.
_________
Pour chaloux, c’est un peu l’inverse : ses commentaires de vieux disent déjà sa sénilité. Il a commencé très tôt, dès l’âge de 12 ans. Il a toutes ses chances pour le Nobel littéraire de 2017 qui s’est promis de récompenser le meilleur blagueur mondial…

JC..... dit: 13 octobre 2016 à 18 h 34 min

Ô RAGE ! Ô DESESPOIR ! Ô POETE ! Ô POUETPOUET !

« L’attribution du Nobel de littérature au chanteur américain Bob Dylan, une première pour un musicien, a provoqué la stupéfaction chez certains auteurs.
« Le nom de Dylan a été souvent cité ces dernières années, mais ça a toujours été pris pour un canular », déclare à l’AFP Pierre Assouline, membre de l’académie Goncourt.
« Lui attribuer le Nobel de littérature, c’est affligeant. J’aime Dylan mais il n’a pas d’oeuvre. Je trouve que l’Académie suédoise se ridiculise. C’est méprisant pour les écrivains ».
Sur son compte Twitter, le romancier écossais Irvine Welsh a estimé que le prix était le choix de « vieux hippies baragouinant aux prostates rances ». (l’Obs)

Quittons nous sur cette mauvaise nouvelle, car la prostate rance, ça craint comme dirait DSK !

JC..... dit: 13 octobre 2016 à 18 h 17 min

Oui Chaloux, la vie est cruelle ! Laisser en librairie des exemplaires inviolés, mal écrits, pauvres, de « L’amour et les furets », comme dit notre amie : c’est criminel !

Chaloux dit: 13 octobre 2016 à 18 h 14 min

JC, le cœur d’Alba, ce sexagénaire si prude, si Chaste, si doux, n’y résisterait pas plus d’une semaine. Ce serait trop cruel. Et je ne suis pas cruel.

JC..... dit: 13 octobre 2016 à 18 h 10 min

Chaloux, le Reinhardt a été lu par un libertin d’une lubricité contagieuse, atypique, anormale, maladive, animale ! …votre cible sera atteinte en plein cœur, définitivement promue au feu de l’Enfer !

JC..... dit: 13 octobre 2016 à 18 h 07 min

Delanoë ? Barbelivien ? Renaud ? Lady Gaga ? Trenet Charles ? on va voir ce que vont décider les convives de Drouant …

(Popaul va faire une convulsion à l’écoute des résultats … double dose de grappa, double équipe d’infirmières scandinaves à son chevet….)

Chaloux dit: 13 octobre 2016 à 18 h 04 min

Oui, mais il n’a pas été lu par un tuberculeux. Tout était là. Pour mon cadeau de Noël à Alba, il va falloir que je mette en quête de la succession d’un lépreux cultivé!

JC..... dit: 13 octobre 2016 à 17 h 54 min

Chaloux, pourquoi n’avoir pas offert ce livre porteur des germes buboniques les plus actifs, disons … à un ami de votre épouse, votre belle-mère, un voisin gênant, un serviteur de l’Etat trop zélé, un concurrent économique ?…

Chaloux dit: 13 octobre 2016 à 17 h 54 min

Janssen, il y avait tout de même une probabilité que l’ancien propriétaire ait un petit peu toussé pendant sa lecture.

Janssen J-J dit: 13 octobre 2016 à 17 h 49 min

@17.23 C’est apparemment une belle histoire mais ne suis pas sûr de la comprendre. Vous jetez un seul livre pas lu, le Montagne magique (?) et il s’ouvre sur la carte postale du précédent propriétaire mort de tuberculose depuis des (Plom)bes ? (à première lecture, j’avais lu dasn votr emessage : « dans ton crématorium »… en effet, c’est idiot, quoique les messages d’outre-tombe, on en trouve en pagaille).

JC..... dit: 13 octobre 2016 à 17 h 47 min

Ayant ce respect absolu des livres depuis l’enfance, même si ce sont des Dekobra, des Marx et Engels, des Evangiles ou pire, j’ai toujours mis les autodafés, religieux ou nazis, au niveau de l’horreur des crimes de masse.

On brûle les livres dans un feu de joie photogénique, puis on brûle les gens…

Phil dit: 13 octobre 2016 à 17 h 38 min

En couronnant Dylan, les sages de Stockholm tendance huguenote agnostiqueuse ont dû rire comme des gros bébés (blonds) pris les doigts dans la confiture.

JC..... dit: 13 octobre 2016 à 17 h 38 min

Je n’ai jamais jeté un livre de ma vie. Même un livre écrit par Eric Reinhardt comme « L’amour et les furets ». Pourtant ….

JC..... dit: 13 octobre 2016 à 17 h 31 min

Est ce que ce Nobel à Zim, ce ne serait pas le retour, tant redouté par les goys, du lobby juif tout puissant ?….uhuhu !

Chaloux dit: 13 octobre 2016 à 17 h 23 min

Janssen, je vais vous raconter une histoire vraie. J’ai lu et gardé des quantités de livres anciens. Je n’en ai jeté qu’un. Je ne sais plus ce que c’était, un bouquin relié genre Plon. J’entame ma lecture et aux alentours de la page 100, quelque chose tombe du livre : une carte postale. Je lis le texte : »J’espère que tout va bien dans ton sanatorium ».

JC..... dit: 13 octobre 2016 à 17 h 19 min

Attribuer le Nobel de Littérature à BOB DYLAN, c’est comme si le Vatican béatifiait Madame CLAUDE. Un acte insensé, à la limite délictueux !

Je reviens de l’Institut où nos sages avaient des projets fous en tête : se relayer sous les fenêtres du Consul en chantant les niaiseries du niais chantant ! Toute la nuit !

La fumette scandinave a de tragiques, et ridicules, conséquences chez Nobel ! Question : elle est où, la littérature, chez ce glandu d’estrade ?

Sergio dit: 13 octobre 2016 à 17 h 18 min

Janssen J-J dit: 13 octobre 2016 à 17 h 09 min
Savoir qu’ils auraient été salis par des mains propres !?

Il peut y avoir du poison, c’est comme cela que Catherine de Médicis a eu la peau de son fils Charles IX en essayant de se débarrasser d’Henri de Navarre, qu’elle trouvait mauvais genre…

C’est bien, comme système, mais quand les gus ouvrent jamais de bouquin on peut attendre longtemps…

Janssen J-J dit: 13 octobre 2016 à 17 h 13 min

@ « A l’ombre des vieilles filles enflures »
Avoir relu Proust toute sa vie, voilà à quel genre d’humour ça peut conduire (on rigole, bien sûr).

Janssen J-J dit: 13 octobre 2016 à 17 h 09 min

@ »Très bon état. Lu une seule fois »
Pour ma part, un livre en très bon état n’a jamais été lu ni même été ouvert. C’est bien les seuls que je me risquerais à acheter chez les brocanteurs. Savoir qu’ils auraient été salis par des mains propres !? Impensable !

Chaloux dit: 13 octobre 2016 à 17 h 09 min

Il y a des très bons Troyat.

En matière de lecture il n’y a que la relecture qui vaille. Il y a même, c’est à peine croyable, des écrivains et des livres qu’on relit tant que la vie dure.

Un grand merci à Mme Slimani. A force de torturer les incipits et les titres des autres (qui pourtant ne m’avaient rien fait), j’ai enfin trouvé le titre du roman que je viens de terminer. Ce sera : A l’ombre des vieilles filles enflures.
Je le dédierai à Paul Edel.

christiane dit: 13 octobre 2016 à 16 h 51 min

@berguenzinc dit: 13 octobre 2016 à 15 h 32 min
Robert Allen Zimmerman, devenu Bob Dylan en 1960. Comme le temps passe… Un nom d’artiste pour quitter le lieu d’où il venait.
Années 60… « Blowin’ In The Wind » devenu hymne anti-guerre du Vietnam. Blues et folk. Guitare sèche, romance avec Joan Baez… Amitié avec Allen Ginsberg…
Bob Dylan, inspiré par Rimbaud, Baudelaire et John Keats mais poète aussi de la Beat Generation.
Woodstock et l’île de Wight… mythe de ces années-là… ego démesuré. le Velvet Underground fait ses débuts dans les clubs de Greenwich Village. Puis des concerts où les foules sont conviées à l’éphémère.
Tant de nos souvenirs sont inscrits sur la ligne mélodique d’une de ses chansons.
Et maintenant ? démarche chaloupée d’un cowboy éreinté de 75 ans, répertoire de Crooner.
La chanson n’existe, ne vit que si elle est chantée. La voix de Bob Dylan, son rythme, sa musique, sa mélodie accrochent la mémoire. La mélodie semble avoir été toujours dans le texte et inversement.
Les textes de Bob Dylan dépossédés de leur mélodie peuvent-ils prétendre à un statut littéraire, poétique ?
La littérature développe une parole autonome sans support musical, laissant aux mots seuls tout leur pouvoir sur notre imaginaire.
Ce prix Nobel de littérature 2016, décerné à Bob Dylan, « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique. » me laisse songeuse…

Janssen J-J dit: 13 octobre 2016 à 16 h 49 min

@15.43 Voilà bien pourquoi je suis moi-même resté sur votre/ma première impression avec la Semaine Sainte. C’est la seule qui compte. Il ne faut jamais relire les livres, on risque de s’enfoncer dans un certain masochisme et de perdre son temps. Rester sur son premier émoi, voilà ce qui compte, même si c’était celui d’une mièvre jeune fille, comme on dit. A moins qu’on vous impose d’enseigner Mame Bovary pendant trente ans. Comment finir alors par ne pas être écœuré par la littérature en général, si la relecture doit nécessairement conduire à admettre qu’on a vieilli et devenu blasé, tel le vieux c. ?… au point de ne plus jamais se montrer capable d’enthousiasme, de bonnes surprises entravées par des préjugés tenaces ? Je plains souvent ces enseignants de la littérature française qui n’admettront jamais avoir pris du plaisir à lire du Guy des Cars, de l’Henri Troyat ou du Marceline Desbordes Valmore, comme ce fut mon cas à 13 ans, vu que je lisais n’importe quoi et que j’essayais de comprendre la nature de mes émotions quand je n’avais personne pour me guider dans la Kultur légitime. So what ? Devrait-on toujours cracher sur ses faiblesses juvéniles ? Et toujours se ressaisir dans des comparaisons oiseuses ? Avez-vous au moins relu Henri Troyat ? Il n’y a aucune honte rétrospective à avoir à ce sujet.

Sergio dit: 13 octobre 2016 à 16 h 45 min

Houi heureusement que c’est pas Renaud Renault tenant ses tripes dans ses mains, pour faire honneur au billet…

Chaloux dit: 13 octobre 2016 à 16 h 00 min

La Semaine sainte, on la retrouvera après ma mort, dans le coin le plus obscur de ma bibliothèque. Le brocanteur qui vendra cet exemplaire immaculé sur Internet écrira certainement : »Très bon état. Lu une seule fois ».
Je préfèrerais relire un bon livre d’histoire sur Notre Père de Gand que de ré-ouvrir ce gros truc inutile.

Jean dit: 13 octobre 2016 à 15 h 43 min

aux contempteurs de L’Arag. Quand même, « la semaine sainte », c’était quelque chose, on pourra bien dire que tout y est nul, ça non, on le croira pas une seule minute (Janssen J-J)

J’ai lu « La Semaine sainte » au moment de sa sortie. Je me souviens que j’avais été très impressionné. Trente ans plus tard, je l’ai relu, et me suis demandé comment j’avais pu admirer un roman plus médiocre que le plus médiocre des Troyat. Malheureusement, je n’ai pris la peine de noter ni les raisons de mon admiration à la première lecture ni celles de mon dédain à la seconde lecture. Comme en plus j’ai très mauvaise mémoire, il faudrait que je me lance dans une troisième lecture, plume à la main, pour arriver enfin à me faire une opinion, mais serait-elle pour autant plus fondée ? Il y a des textes d’Aragon que j’admire sans réserve, ce sont pour la plupart des poèmes du « Roman inachevé ». Ses textes de prose me paraissent souvent mièvres. Je pense que la postérité sera, pour l’essentiel, très peu indulgente pour Aragon, mais je ne serai plus là pour le savoir.

berguenzinc dit: 13 octobre 2016 à 15 h 43 min

« France Info confond le construc­teur auto­mo­bile Renault avec le chan­teur Renaud »

…en voilà qui sont déjà en piste pour le Goncourt 2017

Sergio dit: 13 octobre 2016 à 15 h 41 min

Faut pas hassassiner sinon i croient qu’ils existent… Enfin c’est pareil, après ils le croient plus !

C’est comme le chat de… Euh… Смердъяков ?

oursivi dit: 13 octobre 2016 à 15 h 39 min

Al ment à l’eau,
Franc sait dévot,
Âme et ricain,
Beau lit vient,
Art gens teint,
Sénèque à laid…

And so on,
chears Bob !

AO

Chaloux dit: 13 octobre 2016 à 15 h 39 min

Il n’est pas exclu qu’Aragon ait écrit par distraction un ou deux bons livres. Voire trois. Et même quelques bons vers (très peu), « Machado dort à Collioure/ trois pas suffirent hors d’Espagne » etc. plus ou moins inspirés par d’autres. De là à le comparer à Céline, tout de même, il faut rester dans le domaine du crédible. Le mensonge pèse trop lourd sur sa plume. (Ce qui n’est pas le cas de Céline, on le saurait).
Le cas de Céline n’a rien à voir. Il est semblable à celui de Proust ou de Flaubert. Leurs lettres d’enfants disent déjà leur génie.

boudegras dit: 13 octobre 2016 à 15 h 35 min

après le phylloxéra, maintenant le philetchaloux, damned ! nous v’là bien et le berguentruc qu’en remet une coucouche

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