de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Une vérité tirée du silence

Une vérité tirée du silence

Quel écrivain des années 50 aurait imaginé que son courrier serait édité au vingt et unième siècle grâce au mécénat de la Poste, notre bonne vieille poste des facteurs à la ville et aux champs, par le biais de sa Fondation d’entreprise ? C’est le cas entre autres de la Correspondance (336 pages, 28 euros, Gallimard) échangée entre 1954 et 1968 par les deux poètes qui ont dominé leur époque, René Char en langue française, Paul Celan en langue allemande. La clandestinité des années de guerre, leur lecture des présocratiques, le surréalisme, la politique, leurs relations avec les femmes, la passion de la syntaxe, le goût de la natation…

Mais si leur dialogue fascine tant, c’est qu’il creuse la part inaccessible de la poésie, ni lyrisme ni célébration mais parole en acte, et à travers elle, tout ce que leur siècle a connu d’enténébré. La mise à nu de cette obscurité est au cœur de leur œuvre comme de leur conversation épistolaire. Des lecteurs pressés et résignés en ont déduit un peu vite leur volonté supposée de rendre certains de leurs poèmes impénétrables, occultes sinon cryptés, alors que cela leur avait été imposé par la violence de ce qu’ils avaient vécu.tumblr_my0pynV7Ot1qcl8ymo1_500

Ils parlent boutique, c’est à dire technique- rythme et respiration, souffle et tissu sonore, cherchant l’un comme l’autre à consigner dans l’écriture le mouvement de la parole, quand le langage se fait voix. Chacun réagit à sa manière aux polémiques qui les agressent : Char cloue le bec publiquement à Etiemble qui lui a fait de mauvaises manières à propos d’une virgule et d’un point virgule qu’il aurait mal placés dans deux vers de Rimbaud. Celan, lui,  affronte douloureusement la calomnie lancée par la veuve du poète Yvan Goll l’accusant de plagiat. Au fil des lettres, on les voit progressivement revêtir leur propre statue, Char celle du Juste, Celan celle du désespéré.

Ce recueil de lettres recèle quelques poèmes, notamment l’un de Celan adressé et dédié à son ami Char sous le titre « Argumentum e silentio », expression empruntée au droit romain qui signifie en l’espèce, selon Bertrand Badiou, éditeur de ce livre, « qu’il s’agit pour une partie de tirer un argument du silence de l’autre ». Une vérité tirée du silence : quel beau titre cela eut été ! C’était bien l’intention du poète, qui dut renoncer face à l’insistance de son éditeur lui imposant un De seuil en seuil moins bien inspiré.

« A chacun sa parole,/ la parole qui pour lui se fit chant/ quand la meute l’attaqua, sournoise ;/ à chacun la parole/ qui avant d’être glace/ fut chant ».

Face aux attaques, dont le souvenir le rongera jusqu’à son suicide, Paul Celan aurait tant aimé n’opposer que des paroles de silence, brutes, enfermées dans son infracassable noyau de nuit. Il n’eut pas la force de ne pas répondre, creusant un peu plus sa tombe dans le ciel à mesure qu’il argumentait pour se justifier. Stéphane Mosès fut de ceux qui en saisirent aussitôt l’essentiel. Les articles, essais et études qu’il a consacré à l’homme et à sa poétique de la mémoire viennent de paraître sous le titre Approches de Paul Celan (édition de Jean-Yves Masson, 192 pages, 17 euros, Verdier). Dans des pages parfois saisissantes d’intelligence de l’inexpliqué, et de sensibilité à l’invisible, il met à nu le processus par lequel, chez le poète, le souffle se transforme en voix. Tout est parti d’une rencontre alors que, jeune étudiant, il avait osé lui poser une question demeurée sans réponse :

220px-Celan_passphoto_1938« Comment avez-vous pu vous décider à écrire dans la langue de vos bourreaux ? « .

Dès lors, il ne cessa d’interroger des poèmes, tous profondément enracinés dans l’autobiographie, lesquels une fois colligés forment un journal poétique d’une intensité inégalée pour qui veut bien faire l’effort de les affronter dans une tension permanente entre la mémoire et l’oubli.

De toute façon, qui sonde le silence interroge la poésie. Jean-Claude Pirotte le dit en poète dans Le silence (80 pages, 13 euros, Stock), justement. Ce beau texte posthume, exhumé par Philippe Claudel qui s’y connaît en classiques modernes, a quelque chose de secrètement enivrant. Bien le moins pour celui qui ne pouvait célébrer la vie sans glorifier la vigne. Pirotte dit que, dans les moments de grâce où le corps autant que l’esprit prennent conscience du brutal passage de l’irrémédiable, le silence s’empare de nous comme un saisissement. On se sent alors dans un état suspendu entre deux états de vie sonores et agités. Son cher Joseph Joubert, dont il n’a cessé de relire les Pensées, vient alors à la rescousse :

« Qu’est-ce donc que la poésie ? Je n’en sais rien en ce moment ; mais je soutiens qu’il se trouve, dans tous les mots employés par le vrai poète, pour les yeux un certain phosphore, pour le goût un certain nectar, pour l’attention une ambroisie qui n’est point dans les autres mots ».

Le reste n’est pas littérature, ni même litres et ratures. Se retournant vers ses amis disparus, renonçant à tout espoir de se délivrer du passé, Jean-Claude Pirotte reconnaît alors qu’il ne lui reste plus que le silence.

(« Au musée » photo Henri Cartier-Bresson ; « René Char en 1944 » ; « Paul Celan en 1938 » photos D.R.)

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commentaires

459 Réponses pour Une vérité tirée du silence

Paul Edel dit: 29 janvier 2016 à 14 h 36 min

vous avez clopine, une manière cinglante de défendre les profs: »Il y a quelques années, retour d’entretien parents-profs : j’étais si déçue par l’enseignement du français reçu par Clopinou, enseignement aux incohérences absolument terrifiantes » etc etc..oui,n
vius avez visiblement un complexe de superiorité par rapport aux profs, ce que vous exprimez tres dans votre défense de l’autodidacte.et votre défense de votre clopinou.

Bloom dit: 29 janvier 2016 à 9 h 38 min

ML, je vous enverrai le livre, après son lancement. Laissez les frustrés s’adonner à leur jeux puérils: ils méritent juste d’être traités les au sulfate de mépris.

Widergänger dit: 28 janvier 2016 à 23 h 39 min

Je l’ai pour ma part trouvé très bon, son discours, à notre cher Finkielkraut, qui sauve l’honneur perdu de la France. C’est un homme courageux. On peut être fier de lui et fier d’être Français quand on l’écoute !

Quelle magnifique conclusion à son discours :

« Arrivé au terme de ce périple, j’ai les mots qu’il faut pour dire exactement ce qui me gêne et même me scandalise dans la mémoire dont Félicien Marceau fait aujourd’hui les frais. Cette mémoire n’est pas celle dont je me sens dépositaire. C’est la mémoire devenue doxa, c’est la mémoire moutonnière, c’est la mémoire dogmatique et automatique des poses avantageuses, c’est la mémoire de l’estrade, c’est la mémoire revue, corrigée et recrachée par le Système. Ses adeptes si nombreux et si bruyants ne méditent pas la catastrophe, ils récitent leur catéchisme. Ils s’indignent de ce dont on s’indigne, ils se souviennent comme on se souvient. »

Un vrai rebelle, Finkielkraut ! Un rebelle comme on les aime ! Bravo !!

Javert dit: 28 janvier 2016 à 22 h 49 min

Intrigué par les propos du nouvel habit vert, son hommage à Delphine et Marinette et leur vache figurant pour justifier qu’elle soit sculptée sur pommeau de son épée, je me suis demandé pourquoi Finkie avait eu besoin de faire cette référence à Marcel Aymé, et à ces deux gamines totalement oubliées. Hommage à la culture de l’école primaire républicaine ? Sourde réhabilitation rétrospective d’un homme qui eut tort de refuser la place qu’on lui tendit, alors que le nouveau récipiendaire finit par l’accepter ? Ou bien parenté idéologique d’avec une figure d’anar de droite un peu réaque ?… Un mélange de tout ça peut-être ? outre qu’Aymé n’aurait pas été plus antisémite que la moyenne, durant la guerre ?… Sur la fiche Wikip de MA, on nous dit qu’il refusa de porter sa candidature à l’AF, alors qu’apparemment, issu d’un milieu très populaire, il réussit à rendre compte d’univers très différents les uns des autres. Peut-on aujourd’hui classer cet homme dans la grande littérature (il/légitime) du XXe siècle, et si on ne le fait, au nom de quoi peut-on le faire ? Quels seraient les critères ?
(Extrait Wikip) (Seuls les Contes du chat perché ont été principalement étudiés à l’école primaire (CE2, CM1, CM2)49 et au collège 50. Rappelons qu’en 1949, le ministère de l’Éducation nationale fit savoir à Marcel Aymé qu’il allait être inscrit sur la liste de la prochaine promotion de la Légion d’honneur. Il se souvint alors du « blâme sans affichage » auquel il avait été condamné en 1946 pour avoir vendu sous l’occupation un scénario à la Continental filmet refusa. En outre, l’année suivante, il déclina la proposition faite publiquement par François Mauriac de présenter sa candidature à l’Académie française :« Combien d’écrivains auront refusé presque simultanément l’Académie française et la Légion d’honneur? s’est interrogée Gabrielle Rollin dans le magazine Lire51 ». Le temps passant, de nombreux lecteurs, dont beaucoup d’enseignants, découvrent le véritable Marcel Aymé).

Chaloux dit: 28 janvier 2016 à 21 h 57 min

En tout cas, Alba, pas dans ton galimatias.

« Le poème n’est plus la transcription d’une expérience douloureuse mais l’acte d’énonciation, sur le blanc de la page, ici (« hier ») d’un abîme de la poésie pour tenter de décrypter l’abîme qui nous habite en donnant la parole à ce qui chante en nous au-delà des mots pour nous faire sortir de la crypte où l’histoire nous a enterrés. »

la vie dans les bois dit: 28 janvier 2016 à 21 h 36 min

C’est pas le moment de prendre son français. Il y a du nouveau dans le dico de l’Académie.

C’est tout new, ça vient de sortir:

définition nouvelle de « pacifiques »:

« Leur référence à eux, c’est Hitler, Maurras et la Deuxième Guerre mondiale. Ils jugent tout à cette aune, ils ne voient pas que depuis la conférence de Durban, organisée par les Nations unies en septembre 2001, l’antisémitisme parle la langue immaculée de l’antiracisme. Et, dès lors que les Juifs ne sont plus en butte au fascisme ou à la réaction, mais doivent répondre du comportement d’Israël, ils minimisent leurs tourments ou les abandonnent carrément à leur sort en tant que complices d’une politique criminelle. Leur invocation constante des heures les plus sombres de notre histoire ne protège pas les Karfunkelstein d’aujourd’hui contre la haine : elle les y expose. »

Chaloux dit: 28 janvier 2016 à 21 h 35 min

Breakophobe dit: 28 janvier 2016 à 21 h 30 min

Mon pauvre Alba, on fait avec la délicatesse qu’on a. Généralement, on ne peut pas faire avec davantage que ce qu’on a : tu en es la vivante pieuvre…
Hurkhurkhurk.

Breakophobe dit: 28 janvier 2016 à 21 h 30 min

Chaloux dit: 28 janvier 2016 à 21 h 09 min

Mon p’tit Chachal, comme je te l’ai déjà dit tu n’es qu’un pâle ersatz de TKT, tes obsessions sont de son niveau mais ton humour ne lui arrive pas à la cheville (c’est dire).
Exprimons-le avec toute la délicatesse nécessaire à une telle vérité :
Taikuneburne.

Philarques dit: 28 janvier 2016 à 21 h 28 min

, Jean-Claude Pirotte reconnaît alors qu’il ne lui reste plus que le silence.Passou.

C’ est bien pour cela qu’ il nous reste que « la poésie de la fin de la poésie », Denis Roche, Deguy, Jeanb Marie Gleize voire Prigent.

Chaloux dit: 28 janvier 2016 à 21 h 09 min

Breakophobe dit: 28 janvier 2016 à 20 h 54 min

Alba ne trolle jamais, c’est lui qui le dit. Il dispense des cours d’une « qualité infiniment supérieure, c’est lui qui le dit. Il sait lire, c’est encore lui qui le dit.

En réalité, Alba trolle sans arrêt. Il ne dispense pas de cours etc. etc.

Chaloux dit: 28 janvier 2016 à 21 h 06 min

Quant à la tournure « s’approcher vers », il ne me semble pas qu’on ait remarqué ici qu’elle est tirée chez Malebranche d’une démonstration géométrique, j’y suis allé voir. Et que, j’y suis allé voir également, Étienne Gosse (1773-1834), alias « Le Citoyen Gosse » semble un auteur d’une rare nullité, dont la lecture devrait combler de joie nos deux rimailleurs.
Une démonstration géométrique, un auteur oublié, il ne manque plus à ce palmarès que la liste des commissions et la recette du cake au prunes. Mais il me semble que Joyce mériterait mieux.

Breakophobe dit: 28 janvier 2016 à 20 h 54 min

Chaloux dit: 28 janvier 2016 à 20 h 40 min

Retour du petit charognard après sa soupe.
La soirée va être longue.

Chaloux dit: 28 janvier 2016 à 20 h 54 min

Clopine, ce que vous apprend l’université me semble bien résumé par une phrase tirée du livre de Jean-Christophe Igalens, Casanova, l’Ecrivain En Ses Fictions,- un ouvrage indispensable pour les lecteurs de l’Histoire de Ma Vie. ( Cet universitaire est également le co-éditeur de la nouvelle éditions Bouquins de Casanova).

JC Igalens commence par indiquer que son regard sur l’oeuvre « ne cherche pas à produire « un » Casanova ».

Puis:
« L’écrivain visé n’est pas une totalité close : c’est une rencontre d’objets dont il faut penser les cohérences locales, mettre à jour les articulations possibles et envisager les effets ».

Je crois que ce qui peut vous manquer, c’est cette habitude de considérer l’écrivain non comme un individu porteur d’une vérité mais comme « une rencontre d’objets », ce qu’est à plus d’un titre votre ami Edouard Louis, et ce que vous semblez refuser d’admettre.

Chaloux dit: 28 janvier 2016 à 20 h 40 min

Albablabla : « la qualité infiniment supérieure des cours que je dispense »

Tu devrais surtout en être dispensé!

de nota dit: 28 janvier 2016 à 20 h 15 min

Où les individus vont-ils puiser cette ressource morale, ce courage qui les distingue des autres ?

Que voilà une interrogation passionnante! Il faudrait faire une sociologie de l’autodidacte, sérieux! Mais autant d’autodidactes, autant d’expériences, moi qui vous cause, j’en suis, et plus encore que clopine, alors cambremer! J’ai quitté l’école avant la fin de la seconde et zou! à l’usine. Mais j’aimais lire, mais ayant grandi dans une famille illettrée je ne connaissais pas la littérature, ni moderne, ni classique, ni rien de rien du tout, je lisais Maurice Le blanc comme Guy des Cars et même Emile Ajar? influence d’Apostrophes, faut croire.., et c’est à l’occasion d’un accident- bloqué au lit- que j’ai lu Anna Karénine et là, une conversion, la grâce. Après avoir lu Tolstoi j’ai entrepris de me cogner tous les classiques, furieusement, et attation! que du premier choix! Flaubert, Stendhal, Faulkner, Conrad, Montaigne, Joyce…c’est dire que j’ai mal lu, et pendant longtemps, et que j’ai du relire bien des fois ces livres qui me passèrent alors au-dessus de la tête, bref, j’ai du apprendre à lire. Alors sans même parler du plaisir et de la consolation, oui, que me procurait la lecture, je dois plutôt évoquer le statut que me conférait à l’époque ( fin des années 70) le fait d’être lecteur de « textes littéraires difficiles »: ça me distinguait; surtout auprès des filles, comme lecteur et ouvrier, j’étais à leurs yeux un être original, intelligent, délicat et attentif et tout le tremblement, Eh bien oui! j’ai continué à lire de plus belle pour pécho les filles! Et bien m’en a pris car c’est toujours le lecteur qui a su les faire chavirer( bon, çà c’est de la littérature, et mauvaise) . Eussé-je été beau comme un Apollon ou sportif comme son cousin ou je sais pas quoi, que , peut-être, j’aurais bien vite délaissé la littérature… et aujourd’hui? Ben rien, ça continue, je lis et ne cesserais de le faire tant que dieu me prêtera la vue( ça aussi c’est de la mauvaise littérature) mais plus question de pécho! enfin si, mais je ne lis plus dans ce but, et ce depuis assez longtemps déjà, je lis parce que je serais malheureux sinon, plus malheureux, je veux dire, je lis car c’est infiniment précieux, car c’est l’école buissonnière de la nuance, de l’indulgence, de la fraternité…mais je dis des banalités, pardon. Reste que j’ai des copains qui sont agrégés de lettres et même docteur, oui madame! on parle littérature ensemble, ils ont un savoir que je n’ai pas, mais j’en ai un que bien souvent ils n’ont pas, comment le dire? Un peu comme deux musiciens qui jouent ensemble, l’un est gitan, l’autre a fait le conservatoire, mais ils jouent ensemble, et chacun peut bien apprendre de l’autre, et voilà!
Quant à l’arrogance, je connais des autodidactes qui ne le sont pas moins que des universitaires, rien n’est simple, c’est bien ce que nous apprend la littérature? Nom de Dieu.

javert dit: 28 janvier 2016 à 19 h 59 min

La question est de savoir si les « incultes » ont le droit de vivre et de raconter n’importe quoi sur ce blog. On est a priori obligé de dire qu’oui et de faire avec. Parfois, ils ont de bonnes intuitions littéraires, les énarques de la trempe de D., on se dit qu’on n’avait pas pensé à la voie ouverte laissé par la singulière tournure d’esprit qui les a amenés à considérer autrement le fragment traité par un pauledelvaléry, par ex, tout en réfléchissant à la confection du repas du soir. Cette espèce d’inculte cultivé rebondit ingénument sur le n’importe quoi du prétendu spécialiste de service qui bluffe à force de sommaires arguments d’autorité. Ils relancent à leur insu la machine de vie à palabres infinis, plutôt que de la clore comme le voudraient toutes celles et ceux qui prétendent imposer le dernier mot quintessencié de la culture légitime (et wgg n’en fait pas partie). Bref, c’est une branloire pérenne de MàC que représente cet espace insupportable et nécessaire. En le laissant à peu près ouvert, Passoul fait, comme qui dirait, œuvre de salubrité publique de démocratisation. Qui oserait le nier ?

DHH dit: 28 janvier 2016 à 19 h 20 min

@la specialiste ….. 18h 44
peut-être Madame Pellerin est-elle une femme cultivée .
ce que je voulais simplement dire c’est que l’image d’inculte qu’a tort ou raison a acquise fleur Pllerin correspond bien au niveau culturel de l »énarque ordinaire.
et j’en ai approché beaucoup de ce calibre

Daaphnée dit: 28 janvier 2016 à 18 h 46 min

la qualité infiniment supérieure des cours que je dispense. Wiwi

Ah, la douce, intime et ferme persuasion !

La spécialiste du diner de têtes se veut culturelle dit: 28 janvier 2016 à 18 h 44 min

DHH dit: 28 janvier 2016 à 18 h 24 min

Ma chère Judith avez-vous seulement le dixième de la culture de Mme Pellerin ?
Vous n’en savez rien.
Vous lisez Modiano (moi aussi) grand bien vous fasse.
En quoi est-ce une preuve de culture ?

gontrand dit: 28 janvier 2016 à 18 h 29 min

« Je mesure, quant à moi, l’abîme qui sépare les cours que j’ai subis comme élève et même comme étudiant, et la qualité infiniment supérieure des cours que je dispense. » WG

On se frotte les yeux devant tant de prétention…

DHH dit: 28 janvier 2016 à 18 h 24 min

@Clopine
Vous avez bien fait de remettre à leur place ceux qui veulent vous enfermer dans le complexe de l’autodidacte
Vous avez une culture litteraire remarquable une capacité non moins remarquable d’analyse des textes et de grands bonheurs d’expression
Qu’est-ce que la presence ou l’absence de diplômes change à cela ?.
Dailleurs pour les gens d’âge mûr que represente dans ce qu’ils savent les acquis des quelques ces années passées entre 20 et 25 ans acquerir ces diplomes, s’ils ont bien employé a enrichir leur culture et à se construire dans toutes les années qui ont suivi
Et d’ailleurs les annéees d’acquisition des diplômes ne debouchent pas necessairement sur un vrai patrimoine culturel . Et je dirais même que certaines diplomes vous eloignent definitivement de toute appétence culturelle ;tous ceux qui ont pu dans leur vie professionnelle approcher de énarques ont pu mesurer le degré d’inculture de l’enarque tout-venant .Madame Pellerin est loin d’être une exception

Paul edel dit: 28 janvier 2016 à 18 h 09 min

Les réflexions de clopine sont exprimées dans la pièce de David mamet « oleanna »huis clos entre une élève feministe et un prof pièce passionnante

Widergänger dit: 28 janvier 2016 à 18 h 04 min

Arrogants sans doute, mais cyniques non !

Ceux qui ont une pratique de la lecture et du savoir et du savoir-faire deviennent forcément quelque peu arrogants envers ceux qui peinent. Manque de patience sans doute. Fatigue de toujours répéter des évidences peut-être.

Je comprends que les dominés ou ceux qui se sentent tels renaclent contre les dominants dans le grand cirque des blogs. Mais ils serait bon par ailleurs que le savoir et le savoir-faire soient reconnus. Ça rendrait peut-être les échanges moins tendus. Une simple proposition, mes petits chéris…

Quant à moi, je ne me sens ni dominants ni dominés. Je m’efforce d’apprendre à lire tous les jours. Je vois le travail accompli mais je vois aussi l’horizon lointain que je n’atteindrai jamais…

Javert dit: 28 janvier 2016 à 17 h 58 min

Pardon, je n’avais pas vu que Cl. avait déjà commencé à creuser pendant que j’essayais d’écrire péniblement cette petite réflexion. Tout cela va trop vite.

Javert dit: 28 janvier 2016 à 17 h 53 min

Un débat qui pourrait être intéressant s’il pouvait s’approfondir. Celui de la défense de la position de l’autodidacte justifiant de la légitimité de sa posture pour parler de la littérature à sa façon contre ceux qui n’éprouvent même pas le besoin de justifier de leur arrogance et de leur mépris, en tant qu’interprètes supposés les seuls autoriser à bien en parler et à bien l’enseigner. Cela commence à constituer un grand classique. Personnellement, je me sens plus proche du pôle dominé et m’agace en effet du ton de ceux qui s’imaginent incarner le pôle dominant. J’apprécie donc le « coup de reins » de l’autodidacte qui n’entend pas s’en laisser remontrer par les représentants de celui-ci, en me rappelant de cette métaphore de Philippe Val (Malaise dans l’inculture, 2015) qui évoque des « vies réussies » chez les dominés, de celles qui « arrache(nt) quelque chose de nous-même à notre milieu, à notre origine, à notre culture, à nos racines, pour nous relier à une communauté plus vaste » (p. 98). Mais comme lui rétorquerait à juste titre, Bernard Lahire (Pour la sociologie, 2016) : « D’où vient ce coup de reins ?… Où les individus vont-ils puiser cette ressource morale, ce courage qui les distingue des autres ? » (p. 154). C’est ce qui manque un peu dans l’argumentation bien sympathique de la citoyenne Clopine. Je lui suggère de creuser cet aspect, ce serait très utile pour mieux édifier ceux qui se sentent souvent comme elle, très souvent en colère contre les arrogants et les cyniques.

Résumons..... dit: 28 janvier 2016 à 17 h 41 min

DISNEYLAND
« L’homme aurait sonné au moment de passer le portique de sécurité et la fouille de son sac a permis d’y retrouver deux pistolets automatiques. Ce sont des membres du service de sécurité de l’hôtel qui l’ont appréhendé avant d’appeler la police.
L’homme, inconnu des services de police et de renseignements, portait également sur lui « une boîte de cartouches et un Coran ». France Info précise que l’homme est âgé de 28 ans et que la police judiciaire de Meaux a été chargée de l’enquête.
Sa compagne est en fuite »

Encore un qui a vu SALAFISTES ….

Widergänger dit: 28 janvier 2016 à 17 h 25 min

Je vois qu’il n’y a pas que les élèves qui ne sont pas assez mûrs pour comprendre ce que veut dire « apprendre à apprendre »…

William Legrand dit: 28 janvier 2016 à 17 h 21 min

Madame Verniglia qui aime cinéma : « JC ou la solitude du braillard de fond au Camp à Nella de la rue Toufournier »

Widergänger dit: 28 janvier 2016 à 17 h 02 min

Effectivement Sergio. C’est ce que l’université m’a principalement appris. Et ce qu’on veut que l’Ecole apprenne aux élèves : apprendre à apprendre. Mais je pense que les élèves ne sont pas assez mûrs pour comprendre ce que ça veut dire.

Tout bon étudiant n’écoute les profs que de loin et se fait son monde à lui. C’est d’ailleurs ce que les profs demandent à leurs étudiants quand ils préparent les concours. Faites-vous votre propre opinions sur les œuvres au programme, ne piochez dans les critiques que ce qui sert votre lecture, sans pour autant ignorer bien sûr les grands critiques.

Phil dit: 28 janvier 2016 à 17 h 00 min

Quelle manque de manière de politiser ainsi les discours de l’Académie F.
Finkielkraut fera bien de recommander le « Capri » de Marceau.

jem dit: 28 janvier 2016 à 16 h 54 min

Pas très gentil non plus :

« Les uns vous accusent de faire le jeu du FN, pour les autres dont je suis, vous dites ce que n’avoir pas dit a fait le lit du FN » Nora

Sergio dit: 28 janvier 2016 à 16 h 53 min

Chaloux dit: 28 janvier 2016 à 0 h 51 min
à moins que l’intensité grandissante du souvenir ne produise cette illusion. C’est un sujet très intéressant sur lequel il faudrait se pencher.

C’est vrai ; seulement on retombe sur le contexte. Et plus ce dernier est important, moins l’identité l’est…

Widergänger dit: 28 janvier 2016 à 16 h 49 min

Mais le savoir universitaire, Clopine, n’a jamais eu d’autres prétentions que celle de lire effectivement ce qui a été écrit. Mais lire est un art complexe et difficile, qui demande beaucoup de travail et de temps de maturation.

émile dit: 28 janvier 2016 à 16 h 48 min

Le film, sobre, de Philippe Faucon sorti en 2011 « La désintégration » montre bien l’embrigadement, la manipulation par ces tarés

Widergänger dit: 28 janvier 2016 à 16 h 47 min

Est-ce que l’école apprend vraiment à lire et à penser ? Elle plante une graine. Mais encore faut-il la faire pousser par la suite. Est-ce que je savais lire quand j’étais en khâgne ? Pas vraiment, seulement comme ci comme ça. Est-ce que je savais lire quand j’ai passé les concours ? Un peu mieux mais c’était au fond pas terrible non plus. Savoir lire c’est long et difficile. Et c’est forcément autodidacte, qu’on soit passé par l’université ou pas. Mais l’université, ça aide quand même, quoi qu’on en dise. Je mesure, quant à moi, l’abîme qui sépare les cours que j’ai subis comme élève et même comme étudiant, et la qualité infiniment supérieure des cours que je dispense. Cela tient à la formation que j’ai reçue et à l’apport de gens comme Genette et bien d’autres, dont les enseignements sont passés dans l’enseignement secondaire pour le plus grand bénéfice des élèves, il est vrai ceux qui appartiennent à l’élite. Les autres peinent à comprendre.

jem dit: 28 janvier 2016 à 16 h 42 min

« Pour vous, la nostalgie des origines, loin d’être une forme d’émancipation, supplante la construction d’un avenir ». Nora à Finkielkraut (Rapporté par Raphaëlle Bacqué)

Le discours de Nora a l’air très dur…

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 28 janvier 2016 à 16 h 41 min

WGG, je n’ai jamais dit que les autodidactes « détiendraient la vérité » ou même qu’ils « seraient seuls à détenir la vérité ». Je m’élève juste contre les préjugés d’un MC, qui s’arroge la posture de gardien du temple, et j’insinue que le rapport à la littérature d’un autodidacte peut être tout aussi pertinent, quoique d’un autre genre, que le savoir universitaire. J' »ai dit « l’un est un néon, l’autre une mandarine ». N’y aurait-il donc pas la place pour les deux ?

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