de Pierre Assouline

en savoir plus

La République des livres
Retour gagnant pour John Le Carré

Retour gagnant pour John Le Carré

Quelle souffrance de se jeter dans la lecture du nouveau roman de l’un de ses écrivains de chevet, d’être enthousiasmé, emballé, emporté du tout début à la toute fin et malgré tout d’en vouloir à l’auteur ou à sa traductrice. Pour un mot, un seul, pas plus. Un mot qui ne passe pas. Un mot qui reste en travers la gorge. La seule réserve, le seul regret, la seule question sans réponse. Mon cas avec Retour de service (Agent Running in the Field, traduit de l’anglais par Isabelle Perrin, 302, 22 euros, Seuil) de John Le Carré. D’abord rendre hommage au maitre. Non du roman d’espionnage mais du roman. Cornwell alias Le Carré en est un depuis la parution de L’Espion qui venait du froid (1963). En un peu plus d’un demi-siècle, il a construit un monde, un univers, une œuvre qui prolongent ceux de ses propres maitres Joseph Conrad et Graham Greene, et dans un genre différent Dickens et Balzac. A deux reprises ses lecteurs ont pu craindre qu’il ne rangeât définitivement sa machine à écrire : lorsque le mur de Berlin est tombé et avec lui l’intérêt du public pour les ambiances de guerre froide, leurs enjeux politiques, les paranoïas ordinaires des gens du Renseignement des deux côtés ; et lorsque l’écrivain a commencé à atteindre « un certain âge » (il est né en 1931). Julien Gracq m’avait expliqué un jour que passés, disons, 75 ans, un romancier devait sérieusement renoncer à son art. L’écrivain pouvait certes continuer à donner des livres de chroniques, de souvenirs, de portraits, de vagabondages, de brefs récits mais il n’avait plus l’énergie nécessaire, tant physiquement que moralement ou psychiquement, pour créer des personnages de fiction et les porter durant toute la gestation d’un roman. Georges Simenon, Michel Tournier et tant d’autres encore (on pourrait convoquer […]

lire la suite .../ ...

267

commentaires

Les 10 Articles les plus récents

LE COIN DU CRITIQUE SDF

Rimbaud, poète impressionniste

Par Roméo Fratti

Arthur Rimbaud doit beaucoup au romantisme, n’en déplaise au « Voleur de feu » qui se faisait volontiers pourfendeur des mièvreries florales. Diffusé en France après la chute de Napoléon Ier, le […]

lire la suite .../ ...
traducteur
Les petits papiers de Jacques Drillon

N° 59 Dorénavant, les robinets

L’Américaine qui envoie une newsletter à ses abonnés à chaque fois qu’elle pleure. * Personne ne sait Combien d’enfants a Lady Macbeth. * Personne ne sait Comment écrire « exhibitionniste » en […]

lire la suite .../ ...