de Pierre Assouline

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La République des livres
Que Samuel Paty fasse encore plus de vagues

Que Samuel Paty fasse encore plus de vagues

Une gifle mais bien appuyée. A moins qu’il ne s’agisse d’un coup de poing. C’est à peu près ce que l’on ressent après avoir vu L’Abandon, le film que Vincent Garenq a consacré à l’engrenage qui a mené au meurtre de Samuel Paty, avec Antoine Reinartz et Emmanuelle Bercot dans les principaux rôles. Ce film aussi troublant que dérangeant, inspiré par la lecture de Les derniers jours de Samuel Paty (240 pages, 20 euros, Plon) de Stéphane Simon, sort aujourd’hui sur les écrans et il sera projeté ce soir en sélection officielle hors-compétition au Festival de Cannes. Le titre dit tout car c’est bien là le sujet: l’abandon vécu par ce professeur d’histoire-géographie qui s’obstinait à faire respecter la liberté d’enseigner selon les valeurs propres à la France républicaine et donc laïque et respectueuse de la liberté d’expression, en principe. Un homme lâché par certains de ses collègues, sa hiérarchie, l’institution, le ministère de l’Education nationale, livré aux chiens par cette lâcheté ordinaire résumée en une formule anodine aux répercussions criminelles : « Surtout pas de vagues ». Ces cent minutes sur les derniers moments de la vie de cet enseignant, d’une sobriété, d’une dignité et d’une efficacité implacables, ont vocation à ébranler les consciences. A faire vraiment bouger les lignes. Et à faire encore plus de vagues sinon à quoi bon ? Que faire de Samuel Paty (1973-2020) ? On pourrait par exemple lui fiche la paix, au cimetière de Moulins (Allier), sa ville natale, où il repose. Sauf qu’il est devenu un symbole national à son corps défendant. Il ne s’appartient plus et pas davantage à sa famille. La nation l’a désormais préempté. Il ne saurait être réduit à la seule figure de la victime, mais bien à celle de héros du quotidien. A la suite d’une campagne de diffamation, […]

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traducteur
Les petits papiers de Jacques Drillon