Pessoa, intranquille comme personne
Une règle d’or : ne jamais se laisser influencer par l’épaisseur d’une biographie, qu’elle vous décourage ou qu’elle vous impressionne par son poids. Une telle mise en garde est indispensable en s’emparant (des deux mains sinon c’est une foulure du poignet assurée) de Pessoa. L’œuvre-vie (Pessoa. A Biography, traduit de l’anglais par Nicolas Richard, 1280 pages, 39,90 euros, éditions du Seuil) de l’américain Richard Zenith qui semble avoir voué sa vie à cette œuvre. Monumental, sans aucun doute. Un évènement, soit. Et alors ? Cela ne suffit pas. A l’examen, c’est époustouflant de finesse critique dans l’analyse des textes, de prudence éclairée dans la critique des sources, de parfaite connaissance des contextes politique, social, littéraire, artistique. Et c’est l’exploit du traducteur d’avoir rendu fluide et enthousiasmante la lecture de ce pavé. Il est vrai que le biographe a été animé du souci de tout rendre visualisable par le lecteur ; une prouesse s’agissant d’un poète et écrivain chez qui tout passait par le ressenti, qui n’aura cessé depuis son plus jeune âge d’inventer, d’expérimenter, d’imaginer, de rêver surtout en faisant tout passer par les mots. Œuvre-vie, comme l’indique le sous-titre en couverture, c’est le cas de leur dire non seulement parce qu’elles font vraiment qu’une mais encore parce que l’auteur les traite ainsi, ne songeant jamais tout au long de ce bon millier de pages à les dissocier. Fernando Pessoa (1888-1935) a tout écrit, touché à tous les genres littéraires, des plus attendus (poésie, traductions…) aux plus surprenants (autoanalyses, thèmes astraux…). Un archipel que cette œuvre. Il est dominé par Le Livre de l’intranquillité (traduit du portugais par Françoise Laye, 624 pages, 30 euros, Christian Bourgois éditeur, 1988) autobiographie sans évènement, quelques cinq cents passages rédigés sur des registres, des tons, des styles, des sujets variés, qui a assuré sa gloire posthume (la première […]
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