de Pierre Assouline

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La République des livres
La tragédie d’Hamlet, de Shakespeare, de Van Hove et de Boyer

La tragédie d’Hamlet, de Shakespeare, de Van Hove et de Boyer

Parfois, lorsque les critiques de théâtre sont à l’unisson ou presque pour clouer une nouvelle pièce au pilori, cela peut vider une salle. Mais à l’examen des arguments et de leur aspect discutable, le tir de barrage peut être aussi stimulant que contre-productif. Ainsi du Hamlet d’Ivo Van Hove monté par la Comédie-Française. « Arlequin de luxe, baroque frauduleux, cabaret ! » (France-Culture), « Hamlet en surrégime, gesticulatoire, survolté, chorégraphies saugrenues, grand vide enveloppé par beaucoup de bruit » (Le Monde), « Hamlet taillé en pièces, peu inspiré » (Libération) « revisité façon pop et Doc Martens, trop cheap » (Télérama) etc de la même encre sauf au Figaro. Ce qui n’empêche pas le spectacle d’afficher complet jusqu’au 14 mars et chaque représentation de s’achever sous les ovations du public debout. Soudain, on est pris de l’irrésistible envie de vérifier par soi-même ce qu’il en est et de juger la pièce sur pièces. Mon cas ces jours-ci avec le Hamlet d’Ivo van Hove qui se donne avec la troupe de la Comédie-Française, non place Colette où la grande maison est fermée pour travaux mais à l’Odéon qui lui accord l’asile poétique pour l’occasion. Et je n’ai pas été déçu. Le parti pris du metteur en scène, habitué à monter des œuvres de Shakespeare qu’il qualifie de « pièces de guerre », a été de considérer que le personnage d’Hamlet junior (Christophe Montenez) avait une guerre dans sa tête dans la mesure où il est traumatisé par la mort brusque de son père et par la hâte avec laquelle sa mère Gertrude (Florence Viala) s’est consolée dans le lit de son oncle Claudius (Guillaume Gallienne). Certes, soit, il y a de quoi, disons… Plus convaincante est sa conception du théâtre comme l’outil idéal pour enquêter sur un meurtre. La mise en abyme d’une pièce dans la pièce n’est pourtant pas une grande […]

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