de Pierre Assouline

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La République des livres

arts

Pour saluer Gérard Rondeau

Pour saluer Gérard Rondeau

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Quelque chose passe dans le tremblé de l’image. Ce n’est qu’une photo parmi d’autres mais dans ses livres et ses albums, elles ont toutes ou presque cette signature invisible, sa patte, sa personnalité, un peu de son esprit et de son âme comme il sied à un artiste. Plusieurs de ses images peuplent mon quotidien sur mes murs sur ma table. Avec d’autres, elles nous expliquent ce qui nous arrive mieux que nous ne saurions le faire. Le propre de l’art. C’était l’un des photographes les plus fins, élégants, généreux, attentifs et patients que j’ai croisés depuis que je me […]

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Aux dépens et par les soins d’Yvon Lambert, libraire-éditeur

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« Libraire-éditeur ! ». C’est sa fierté désormais. Et s’il pouvait ajouter un point d’exclamation à la fin de son enseigne, au-dessus de l’entrée de sa boutique de livres et gravures,  nul doute qu’Yvon Lambert le ferait. Libraire-éditeur à la manière de José Corti. Ou plus encore dans l’esprit d’Ambroise Vollard ou Daniel-Henry Kahnweiler. Car pour avoir été le galeriste d’art contemporain le plus en vue des trente dernières années à Paris, il ne s’est pas totalement débarrassé de son ancien habit de marchand. Qui en douterait n’aurait qu’à se déplacer jusqu’au 108 de la rue Vieille-du-Temple, dans le Marais : force est de […]

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Bonne année 2016 ! Meilleurs voeux d’amitié…

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Y a-t-il plus beau titre pour un roman que Mes amis  ? N’essayez pas, c’est déjà pris et bien pris. Il orne la couverture d’un livre inoubliable d’Emmanuel Bove (240 pages, 17 euros, L’arbre vengeur), que le dernier carré de ses fidèles lecteurs s’échangent comme un mot de passe, longtemps après sa parution en 1924, encouragés par la récente et soignée réédition à l’initiative de L’arbre vengeur, maison sise à Talence en Gironde. C’est un livre doux et mélancolique, pathétique sans misérabilisme, écrit dans une langue oubliée. Bove avait le génie de parler de soi sans parler de lui. On ne fait […]

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Gérard Rondeau sort le grand jeu

Gérard Rondeau sort le grand jeu

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Vous voyez Star Wars ? Eh bien les photos de Gérard Rondeau, c’est le contraire. Ou quelque chose comme ça. Des visages, des silhouettes, des paysages. Des fantômes d’humanités. Autant de présences. De quoi faire un monde. Que du noir et blanc sur papier argentique. Ca fleure bon le XXème siècle mais sous un ciel bas, gris, sombre. Parfois tout n’y est que solitude et désolation, mélancolie et oubli de soi. Mais de misérabilisme, jamais. L’homme est trop discret, trop pudique pour encourir l’ombre d’un reproche de ce type. Pas de pathos. On est là dans le nu de la vie, […]

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Tobie Nathan et Lamia Ziadé en pleine nostalgypte

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Oh, rassurez-vous, on n’invente jamais rien. Il y a toujours quelqu’un qui est passé avant. Mais ce qui est évident s’agissant de formes littéraires que l’on a l’outrecuidante naïveté de croire neuves car légèrement divergentes par rapport au canon, l’est moins lorsqu’on touche à la langue même. C’est la raison pour laquelle lorsque le néologisme « nostalgypte » s’est imposé inconsciemment sous mes doigts puis sur l’écran après la lecture de ces deux livres, je me suis demandé d’où cela venait. De nulle part pour l’instant (d’après le moteur de recherche, une station de radio semble avoir le monopole de la nostalgie […]

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Germaine Krull, la Walkyrie de la pellicule

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A cause des savoureux Mémoires d’un vieux con (1975) du regretté Topor, je n’aborde jamais un volume de mémoires sans méfiance. Je sais, c’est injuste mais si les réflexes étaient animés par un souci de justice, ça se saurait. Le name dropping, quelle plaie ! Autant dire qu’en ouvrant La Vie mène la danse (416 pages, 35 euros, textuel/musée du Jeu de Paume), la suspicion l’emportait. Non que l’auteur y invitait, au contraire ; pour ceux qui s’intéressent à la photographie et à son histoire, Germaine Krull est une référence, d’autant qu’elle est au fond peu connue en dehors du premier cercle […]

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Lydie Dattas dans sa nuit outrenoire

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Ceux qui cherchaient à définir la couleur propre à La Nuit spirituelle (2013) de Lydie Dattas savent désormais qu’elle était non pas noire mais outrenoire. Pierre Soulages n’y était pas nommé alors qu’il éclate cette fois en toutes lettres, comme un aveu comme une confession, dans La Blonde (92 pages, 9,50 euros, Gallimard). Ce court texte ne lui est pas dédié directement mais à Celui qui est au-dessus de lui, et qui gouverne les jours et les nuits « Pour le Maître du maître du noir, in saecula saeculorum ». On sait que Lydie Dattas ne fait pas dans la nuance, le […]

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Lettre ouverte à Robert Paxton

Lettre ouverte à Robert Paxton

François Chaslin

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le 2 mai 2015, Cher Monsieur, Je suis l’auteur d’un gros ouvrage sur Le Corbusier paru début mars dans la collection Fiction & Cie des éditions du Seuil. Il est simplement intitulé Un Corbusier. Il s’agit d’une sorte de « caractère » de l’architecte au ton plutôt littéraire. Un portrait dans le genre cubiste, à multiples facettes, assez bienveillant, mais qui ne dissimule pas ce qu’il fut, ni quels groupes il fréquenta du milieu des années vingt jusqu’à Vichy, notamment ceux qui s’était constitués autour du Faisceau et qui, durant une dizaine d’années, avant d’abandonner ce qualificatif vers 1935, se déclarèrent fascistes. Deux autres […]

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Le Corbusier, lumière et pénombres

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Rien n’exaspérait Le Corbusier comme d’être appelé Charles Le Corbusier, d’autant que pour l’état-civil il était Charles-Edouard Jeanneret. Il fut « Doudou » pour sa famille, et « le fada » pour les Marseillais. A propos, un biographe peut-il appeler son héros par son prénom ?  Il y a là un abîme de réflexion. Tant et si bien que le quotidien The Guardian s’en est récemment ému en lui consacrant une enquête. Il est vrai qu’il y avait péril en la demeure : Robert Crawford n’ose-t-il pas donner du « Tom » à son héros dans sa nouvelle biographie de T.S. Eliot ? Il s’agit certes de l’écrivain dans […]

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Adonis, un sang d’encre

Adonis, un sang d’encre

Donatien Grau

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L’œuvre d’Adonis est la manifestation – et le manifeste – puissants de la pertinence durable de l’idée et de la réalité que recouvre l’expression « avant-garde ». L’œuvre poétique témoigne d’une ambition de dire le monde dans sa pérennité : il est le maître d’une parole mystique qui dépasse largement les frontières de l’actuel, et qui s’accorde à elle-même la légitimité de son ambition. Adonis n’est pas un poète de la crainte, de la peur, ou de la timidité : il est le tenant, face à la menace imposée au Verbe, d’une consolidation et de l’altération de la foi en la capacité pour le langage […]

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