Mort d’un homme à femmes un peu trop direct
Lequel d’entre nous peut jurer ne s’être jamais aperçu à l’annonce de la mort de quelqu’un qu’il avait eu une vie ? Grâces en soient rendues aux nécrologies. Dans la pratique de ce genre journalistique, les anglo-saxons font figure de pionniers- tout comme dans la biographie et ce n’est pas un hasard, l’une étant un condensé de l’autre. Ceux qui élèvent l’enterrement médiatique au rang d’un des beaux-arts ont droit au titre d’« obituarists ». L’understatement, sport national anglais qui est un concentré d’euphémisme et d’humour acide, en est le pilier.
Le Daily Telegraph, le Times, The Economist ont leurs « obits » attitrés. Ceux-ci étaient traditionnellement obséquieux et flatteurs jusqu’au milieu des années 80 ; ils sont devenus plus critiques le cas échéant mais l’esprit de litote demeure, du moins sous les plumes anglaises car aux Etats-Unis, le respect pour le mort prime de même que l’évitement des sujets qui fâchent. Sous leur plume un violeur compulsif est évoqué comme « un homme à femmes un peu trop direct ». Ils ne disent pas que le défunt était ennuyeux mais qu’on se souviendra de lui comme d’« un infatigable raconteur ». S’il était homosexuel croyant et pratiquant, le mot n’est pas imprimé mais chacun comprend si l’on précise qu’« il ne s’était jamais marié » ou qu’il était « un célibataire endurci ». Les obits sont devenus si populaires que des romanciers les ont croqués en personnages.
Et en France ? Il arrive que les nécrologies contredisent la vie. Les « frigos » où l’on conserve les « viandes froides » (qu’en termes choisis…), entendez le dossier où la rédaction d’un journal garde des nécrologies écrites à l’avance afin de ne pas être pris de court, témoignent de l’évolution des mentalités. Le côté personnel requis désormais du rédacteur (souvenirs, détails, vie privée dans les limites de la décence) autorise le recours à un proche du disparu et donc l’usage de la première personne. Une conséquence de la tyrannie de la transparence et un effet à retardement de l’ego-histoire ? Toujours est-il que les rédactions veulent que l’on creuse dans l’intime. Mais jusqu’au va le respect dû à un mort ? Faut-il taire les erreurs dans ses engagements, les lacunes dans ses livres ? Cela ne va pas de soi de concilier l’exercice d’admiration, l’hommage fraternel et l’esprit critique. Le problème avec les nécrologies, c’est qu’elles contredisent souvent la vie. On l’a vu au lendemain de la mort d’Yves Berger. Des journaux qui n’avaient cessé de dénoncer le grand corrupteur des lettres françaises se sont mis à le louer subitement au motif qu’il venait de trépasser
On a pu lire avec effarement dans le Devoir, grand quotidien de Montréal, une chronique de John R. Mac Arthur exécutant l’historien et éditeur Pierre Nora, tuant le mort en quelque sorte, au motif qu’il avait osé décliner les propositions de publier chez Gallimard The Age of Extremes d’Eric Hobsbawm et Vichy France de Robert Paxton. Son article s’achevait par un « Honte à Nora » qui devrait lui faire honte. Comment ne pas être navré de constater que parfois, parce que c’est plus spectaculaire, une nécrologie monte en épingle ou accorde une place disproportionnée à un faux pas aux dépens du reste de la vie et de l’œuvre ? Un tweet de travers et toute la perspective est faussée.
« Il n’y a pas, il ne saurait y avoir de vache sacrée en histoire, Jean Moulin, pas plus que quiconque. La méthode critique s’applique à tous- sans distinction de personne. Encore faut-il précisément l’employer, et avec la rigueur voulue » (François Bédarida, « Sur l’histoire du communisme » in Le Débat, No 79, mars-avril 1994)
. Philippe-Jean Catinchi le sait mieux que quiconque. Agrégé d’histoire, disciple autoproclamé de Philippe Ariès (qui eut droit à sept lignes dans le Monde en 1984, misère…) et de Robert Mandrou, passionné d’historiographie, il officie au Monde. Sur le ton de Jean Reno se présentant dans une séquence de Nikita, le film de Luc Besson, pour liquider un cadavre à l’acide : « Victor, nettoyeur », on attend de Philippe-Jean Catinchi qu’il en fasse autant à sa manière : « Catinchi, fossoyeur ».
Les historiens ont sa faveur car il les a lus et connus. Sa première nécrologie fut consacrée à Ellis Peters en 1998. Il a le souci de traiter les morts illustres autrement que sous forme de Wikipédia amélioré, de distinguer à titre posthume des penseurs sans visibilité de leur vivant, de faire regretter au lecteur de ne pas les avoir connus, de débusquer l’homme derrière le grand universitaire, de faire ressortir le facteur humain en s’aidant au besoin de l’écoute de ses entretiens dans les archives de France-Culture. Et donc de joindre des membres de l’entourage même si à chaud il est plus délicat d’appeler un parent qu’un ami ou un ancien élève. Désormais, le Monde demande des nécrologies à des gens qui ont bien connu le défunt et peuvent fournir des détails personnels, voire intimes, qui reflètent une fréquentation ancienne. Le nécrologue n’hésite pas à y mettre des souvenirs personnels, des détails, des choses de la vie.
Pour Claude Mossé et Pierre Laborie, Catinchi imposa une page dont la rédaction ne voulait pas. « Pas assez connus ? Ca les fera, connaitre ! ». Parfois ce fut plus houleux, pour Gilles Veinstein à propos de la nature génocidaire du massacre des Arméniens par les Turcs (son texte fut corrigé sur le site du journal et même censuré) et en interne propos de Jean Bottéro. Philippe-Jean Catinchi évite de donner les raisons de raisons de la mort laquelle relèverait d’une « curiosité malsaine ». Ses 4300 signes sont rarement à charge mais il ne se privera pas de dévoiler les dessous d’un mandarinat. De quoi démentir le moraliste Cioran qui jugeait incroyable que la perspective d’avoir un jour un biographe n’ait jamais fait renoncer personne à avoir une vie.
(« Gudrun, 1987 », huile sur toile Fondation Louis Vuitton ; « I.G., 1993 », huile sur toile, La Caixa Fundation. Ces deux oeuvres sont actuellement exposées à la Fondation Louis Vuitton dans le cadre d’une grande exposition Gerhard Richter jusqu’au 2 mars 2026)
1 646 Réponses pour Mort d’un homme à femmes un peu trop direct
Ah, si ma soeur en avait, si « Puck » l’esclave de l’Obéron de la Loubianka avait un cerveau, avec des « si », on mettrait Moscou en bouteille de Stolichnaya…Vlad en pickle…
Comment peut-on ne pas connaitre Iago? Ne serait-ce que sous les traits de Michael McLiammoir dans le chef d’oeuvre d’Orson Welles, juste un petit cran en-desous de son ‘Falstaff’ (Chimes at Midnight), et un au-dessus de son Macbeth.
Welles, le plus grand des shakespeariens cinéastes et inversement.
Quel chance d’avoir encore Othello, Macbeth, Hamlet et Le Roi Lear à découvrir! Quel bonheur que de les redécouvrir à chaque nouvelle lecture ou mise en scène!
rose, ce n’est pas une adaptation des Misérables, juste « Jean Valjean », les IOO premières pages du roman. Rien de plus…
Charles-François-Bienvenu Myriel était évêque de Digne. » C’est avec cette phrase que s’ouvre un des plus célèbres romans de la langue française : Les Misérables de Victor Hugo, lu dans le monde entier dès sa publication en 1862.
J’aime beaucoup le début.
C’est un parti-pris.
Et pourquoi pas ?
Je vous dirai.
ah mon brave Olivier si tu la joues avec tous comme avec Iago j’imagine le résultat.
Iago le traître…
tu vois Olivier c’est ce qu’on appelle un contresens, en fait tu lis les livres comme tu lis le monde : à l’envers.
fais marcher les 2 neurones qui te servent )à réfléchir et tu verras que le traître ce n’est pas Iago… c’est Othello !
quand Dostoïevski fait dire à ses personnages qu’Othello a perdu son idéal en fait il veut dire qu’il a trahi son idéal sans même la moitié du quart d’un iota de résistance ou même pour y adhérer avec assez de conviction pour le défendre et le garder intact.
Iago nous montre dans quelles mains les hommes placent leur idéal.
le traître c’est Othello !
et Iago ne fait que dévoiler son hypocrisie !
bon à ce stade ce n’est plus Shakespeare mais Orwell !
Robert Birenbaum et ses frères d’armes, et son épouse bien-aimée Tauba.
Au Panthéon, dans la même crypte Zola, face à Hugo et au fond Dumas.
Restent trois places.
J’aimerai bien connaître le trajet de Jean Valjean de Toulon à Digne les bains.
On a bien retracé celui des colporteurs de la vallée du Jabron jusqu’à Marseille.
( Bientôt, on va réhabiliter Judas l’Iscariote ).
Il avait un pois chiche dans les pataugas. Il a tancé vertement Jésus. Où il cuisait le pois chiche, avec un peu de chorizo, ou il le trahissait aux félons romains.
“( Bientôt, on va réhabiliter Judas l’Iscariote ).”
« Il est méprisé comme le moindre des hommes ; homme de douleurs, habitué aux afflictions » (Isaïe, LIII, 2-3), est-ce une coïncidence si Borges a rappelé cette prophétie ? *
* Jorge Luis Borges, Trois versions de Judas, in Fictions, 1944
Pour trahir, il faut vraiment bien peu s’aimer soi-même.
Tempest
TRAHIR
« Pour trahir, il faut vraiment bien peu s’aimer soi-même. » (rose)
Bien au contraire !!! c’est l’inverse qui prévaut…
Passages pour affiner la fiction borgésienne
Selon les Caïnites « Dans chaque acte pécheur et déshonorant se trouve un ange qui écoute les paroles de celui qui le commet et l’incite à la présomption et à l’impureté. »
À l’instar de Jésus, Judas a lui aussi connu les ténèbres de l’homme et un martyre, non pas corporel mais éternel, sanctionné par le suicide comme un péché, une faute, que selon le Catéchisme de l’Église catholique est « gravement contraire à l’amour-propre ».
Adversus Haereses : « Le traître Judas savait tout précisément ; lui seul parmi tous connaissait la vérité et accomplit le mystère de la trahison. Il bouleversa ainsi tout ce qui est terrestre et céleste. »
Cela dit, le christianisme n’est rien d’autre qu’un grand malentendu.
« Cela dit, le christianisme n’est rien d’autre qu’un grand malentendu. »(renato)
…comme tout système d’organisation humaine, religieuse, politique, philosophique, etc, etc…..
Le nihilisme faisait déjà des ravages au début du siècle dernier, il est caricaturalement remis au goût du jour par le petit komissar du FSB, tovaritch Puckoff.
Amusant comment l’esclave de Poutine inverse tout, tel une sorcière sortie d’un mauvais remake de Macbeth éructant sans fin son ‘Fair is foul and foul is fair’.
On songe effectivement à Orwell, War is Peace, Ignorance is Strength, etc. L’inversion des valeurs, le brouillage des ondes positives.
Fat Brother is writing to you.
Ou encore le moment facho de Yeats, qui tenta de rationaliser sa fréquentation des Chemises bleues fascistes pro-franquistes en écrivant « Fair and foul are near of kin ».
Cosa nostra, mon oreille est sensible, Puckovitch.
La pire engeance est bien celle de ces rouges-bruns à la Maurice, triste stalinien en peau zébu doublé fourrure de petit faf, que SanA aurait labellisé Grodu. Grodu-Tout.
peau DE zébu (merci Boris!)
Vous êtes sûr de faire allusion à Puckoff, ce matin, Olivier ? Essayons de ne pas nous tromper de trolls, car ils sont trop contents. BCàv,
*** Hier, nous n’avons eu qu’une seule pluie. Aujourd’hui sera de même.
Sublime, cette image illustrant la page matinale de google.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_de_Gwalior
Ne suis jamais allé aux Indes. Ce lieu donnerait envie, un peu comme aux pieds du krak des Chevaliers, naguère en Syrie, un jour à l’aube du monde.
M’enfin, il est trop tard maintenant. Pas de regrets.
https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/la-belgique-se-pr%C3%A9pare-%C3%A0-trois-jours-de-gr%C3%A8ve-nationale/ar-AA1R0PRC?ocid=winp1taskbar&cvid=69241b10be28455497f75f515c29b7db&ei=27
Comment vous apprêtez-vous à vivre ces journées historiques Ch., ?…, auxquelles je me joins par une pensée protestataire de gilet de gauche. BC@v,
Iago incarne le mal pour le mal (…) un hyperactif qui ne dort jamais (‘Iago hath killed sleep’, cf. Macbeth), qui semble prendre un plaisir énorme à dans ses machinations… une sorte de bouffon vicieux…un acteur-né, un menteur et un dissimulateur redoutable…l’incarnation jacobéenne du Vice médiéval qui faisait rire les spectateurs en partageant avec eux ses stratagèmes tordus. Othello réalise qu’il a été trahi par celui qu’il persistait à appeler «honnête Iago» et déclare être en présence d’un demi-diable qui se murera dans le silence avant d’être torturé à mort pour ses méfaits. (F. Laroque)
Yes, 3J. Positif. Pas de daltonisme poltique. Rouge-brun, à part égale.
aux Indes.
—
Apellation romantico-coloniale, 3J, qui ferait bondit les puristes et les intéressés.
Gwalior était un Etat princier, sorte de protectorat, comme le Cachemire, Oudh, etc, qui ne faisait pas stricto sensu partie de l’Empire britannique. Si vous lisez le livre d’Abul Maulana Azad que j’ai traduit et qui paraitra l’an prochain (titre provisoire L’Inde à la conquête de sa liberté) vous mesurerez le casse-tête que fut le règlement de la question des états princiers enclavés…
Il n’existe aucun autre témoignage de la lutte pour l’indépendance, à part les mémoires de Gandhi, à prendre avec un tombereau de sel (après une marche épuisante)
Le magnus opus d’Azad, qui fut interdit en Inde pendant des années à cause de sa liberté de ton à l’égard des Gandhi, Nehru et Patel, et de sa grande lucidité, est le plus intelligent jamais écrit sur la période. Lord Wavell, avant-dernier vice-roi des Indes, en ressort grandi.
Maulana Azad devint le premier ministre de l’Education et de la Culture de l’Union indienne, et à ce titre, il mit sur pied le système éducatif du jeune état (vieille nation).
Né à la Mecque, cétait un mentsch, un vrai.
L’Inde d’avant Modi et la pollution abominable valait encore le coup…
OL . Ce n’est pas Mountbatten le dernier Vice-Roi? MC
Mon ami Philippe, qui a pas mal revisité les Hussards ces dernières années, apporte, dans son hommage à R. Nimier (pp. 146-156) ces appréciations qui nuancent furieusement les récents propos de Paul Edel. Par exemple, ceux-ci :
– Ses Journées de lecture le montre tel qu’il était, pris en otage de la diversité de ses goûts et dans le raffinement de sa manière : sceptique et arrogant, brise-tout et enthousiaste, Sanders et Sainte-Anne. Il laissait deviner qu’en lui l’esprit d’enfance n’abdiquerait pas devant l’esprit de sérieux des grandes personnes et que, s’il entrait un jour Quai de Conti, ce serai pour y faire des farces et y griller des chamallows (p. 147).
– Nimier nous manque : les éclairs de sa foudre annonciateurs des éclats de son tonnerre, celui qui annonce l’orage plane sur les articles de Roger. La lueur brève et soudaine en appelle une autre, puis une autre encore, du début à la fin. Un feu roulant file à toute allure, ne laisse derrière lui que des trainées de poudre et des étincelles comme des pétards (p. 149)
– A force d’allégement, cette passion romantique s’exprima comme un classicisme. Des mots légers pour dire la gravité, des mots de glace pour saisir l’ardeur, des mots de hâte pour détecter les secrets des profondeurs, des mots de velours pour le meurtre rituel : tel était l’art paradoxal de Nimier, une intelligence à couper le souffle et à frapper les théories de bêtise congénitale, le rêve comme une passe d’armes, l’irrespect en cavale, le triomphe d’un athlète irrésistible sur les distances courtes, la consciente tranquille de l’intrépide qui prend l’imprévisible en point de mire, le chérubin le plus boudeur et le condotière le plus fantasque de la littérature contemporaine (p. 151).
———-
Philippe ne m’a pas souvent convaincu de ses goûts et enthousiasmes littéraires, céliniens notamment. Mais quand il aime, il est travaillé par le lyrisme de l’admiration et une générosité à toute épreuve. Il a toujours suscité mon respect de bavard talentueux impénitent, à la plume échevelée.
Son récent gros bouquin, une somme, vaut vraiment le détour. Je vous le conseille, Paul (ainsi qu’à Juan Asencio). Désolé, on ne peut rien écrire sur votre blog, je veux dire qu’on ne peut y intégrer aucun lien. Alors, à quoi bon ?
https://editionsduverbehaut.fr/produit/les-hussards/?srsltid=AfmBOoo6tbpeJ-YOWVCV9MyXNgRqkz7eA5UYXjW4eHilGFsmQJ1KYKAO
Voilà, j’ai fini la lecture de la traduction française de Horcynus Orca de Stefano D’Arrigo (1376 pages, éditions Le Nouvel Attila). Le propos de ce livre est un projet monumental de recréation d’une langue épique qui serait parlée
sur la petite mer de Charybde et Silla (quelques jours en octobre 1943). Là, se bousculent les mythes en un flot formidable de poésie, de langue remodelée, de réflexions sur le discours des héros…..«…j’ai rendu l’idée ?».
Je vois que ce livrénorme a été imprimé à 5000 exemplaires et je serais désolé de savoir qu’il n’y a pas plus de lecteurs en français pour profiter de ce livre magnifique et d’être ainsi, moi-même, un privilégié.
Monique Baccelli et Antonio Werli sont les traducteurs eux aussi héroïques.
Marie Sasseur dans un commentaire sur le sexe de Moby Dick avait mis un lien vers un article annonçant cette traduction et Janssen J-J, plus récemment, attirait l’attention sur ce livre. Je les remercie tous deux.
Sarkozy / Sansal : contraste saisissant
De Stefano D’Arrigo, voir aussi Codice siciliano (les livres intéressants sont rarement traduits), puis Cima delle nobildonne on le trouve en trad. fr. Pour Horcynus Orca il faudrait lire aussi I fatti della fera pour l’initiale greffage de sicilianismes sur le fond italien.
Et Iago est ouvertement raciste, n’oublion pas que’Othello est ‘le Maure de Venise’.
Othello est xoupable de crédulité excessive, c’est son harmatia, son défaut tragique, et Iago sa nemesis.
Dan Ot-Hell-o, il y a Hell, cete enfer vqu’il se ménage lui-mêm par son absence de réflexion et sa soumission aux manipulations de Iago.
Desdemone est biface, deus/demon, épouse vénérée puis catin étouffée par l’oreiller que presse OtHELLo sur son beau visage.
Pas des rigolos, les élisabétho-jacobéens. Faut qu’ça saigne (Merci Boris)!
Olivier demande à ton pote Carl Schmitt de t’expliquer à quoi ça sert la construction d’un ennemi pour fabriquer de l’unité.
parce que là toi et ton pote vous carburez à donf sur la fabrication de l’ennemi.
du coup ce serait intéressant pour vous de comprendre le pourquoi du comment de pourquoi on vous a inoculé cette haine.
et ton pote Carl Schmitt est le mieux placé pour te l’expliquer il a écrit un bouquin sur ce sujet qui a connu un grand succès dans les années 30.
G. Ritcher, « Ema » (Nu sur un escalier) » 1966, Museum Ludwig.
Bonjour!
JJ-J, chacun sa lecture de Nimier. Je reconnais, comme votre ami Philippe que « Journées de lecture » est un régal, de la vraie grande critique littéraire, mais avec le défait de prendre bien soin -en même temps- de cacher les recoins sombres et antisémites de Céline et de Jouhandeau par exemple. Je reconnais sa verve, un talent facétieux pétaradant – ce qui lui permet de dire des absurdités morales déplaisantes (sur les femmes, la démocratie, la vie politique) son ironie, sa bouffonnerie donnent sur un grand vide, et sans doute une blessure intime. Et puis franchement dans « Le hussard bleu » cette Allemagne de 1945 transformée en maquette de sapinière enneigée pour carte de noël, vraiment non. Le meilleur reste dans une blessure qu’il cache et une mélancolie pour brouiller bien et mal.
OL . Ce n’est pas Mountbatten le dernier Vice-Roi? MC
—
Si fait, MC, mais je parlais de l’AVANT-dernier, celui qui aurait pu éviter la partition, comme le démontre Azad. Lord Mountbatten de Battenberg est arrivé avec un plan tout préparé par Attlee et le Cabinet travailliste car la GB/le UK était à reconstruitre et il fallait liquider le Raj au plus vite pour des raisons financières. Arrivé avec sa femme aussi, pour séduire Nehru et obtenir de lui qu’il laisse se produire ce que la déclaration Quit India de 42 refusait catégoriquement: la partition. Le plan Azad d’un état fédéral avec protection des minorités (muslmans, sikhs, chrétiens, jains, parsis, adivasis) était d’une viabilité totalle. Côté indien Nehru a tout foutu en l’air, et Patel,jouant la carte du communautrarisme hindou en a ensuite remis une couche (Il est l’iodole de Modi) Jinnah n’en demandait pas tant pour s’engoufrer dans l’exigence d’un Pakistan illusoire, no-viable comme la création du B’desh allait le démontrer plus tard en 1971.
« Gandhiji » a changé d’avis comme de chemise. Pas toujours à son avantage, le « saint homme » qui a écrit deux fois à Hitler pour lui demander de pratiquer la non violence, et aux Juifs anglais de se rassembler sur le bord des falaises de Douvres et de menacer de se jeter dans la mer pour dissuader le Führer d’envahir « this scepter’d isle »…Azad maitrisait l’histoire européenne, Gandhi pas du tout. Ambigu personnage…nobody’s perfect, surtout pas lui.
La résolution Quit India, plutôt, un programme à faire rougir de honte la « gauche » française actuelle, tellement qu’il est socialiste et progressiste.
Te fatigue pas Puckoff/MD, je ne lis pas tes coms à la khôn. Les TOCs des toqués me fatiguent.
Conserver son énergie pour samedi.
Allez, maintenant, c’est l’heure de la saison Ukraine-France. Byeee!
je n’ai pas lu Roger Nimier, mais le Reine du silence de sa fille Marie.
Olivier ne lit pas mes commentaires…
ahhhhh quelle perfide cruauté……
ôôôô quelle torture infligée à mon âme.
ben moi c’est pas mon cas, je lis avec avidité tout ce que tu écris.
ces envolées lyriques du genre :
« Quel chance d’avoir encore Othello, Macbeth, Hamlet et Le Roi Lear à découvrir! Quel bonheur que de les redécouvrir à chaque nouvelle lecture ou mise en scène! »
j’aime bien ton côté Stéphane Bern + Jack Lang…
quelle chance d’avoir toutes ces oeuvres…..
sérieux toi et Carl Schmitt j’adore vous lire, en fait ça me permet de mieux comprendre le monde.
Litvine se chamaille avec Puck !
Le diable Iago en rit encore !
ben oui Olivier m’aime pas, tu devrais pas en rire parce qu’en fait c’est triste.
sache que quand un type Olivier ne t’aime pas alors ça veut dire que tu as des questions à te poser sur toi-même.
parce qu’Olivier est à l’Inde ce que Stephane Bern est à la France, déjà ça c’est pas rien.
surtout il supporte pas si on a une lecture déffirente de la sienne.
exemple au hasard : Othello de Shakespeare.
pour lui Iago est un traitre raciste et Othello est une victime maure et mort.
pour moi Othello est un hypocrite et un faible qui n’arrive pas à assumer pleinement ses idéaux.
et Iago sert de révélateur pour mettre en lumière l’hypocrisie des idéalistes.
ma lecture est la bonne parce que Shakespeare n’est pas un auteur « moral » mais un auteur tragique.
sauf qu’Olivier a perdu le sens du tragique et c’est pour ça qu’il se mélange les pinceaux.
il voit WS comme une espèce de Jacques Prévert parce que ça lui apporte un certain réconfort de voir les choses sous cet angle.
tu me suis Maurice ? si ce que je dis est trop compliqué pour toi je peux essayer de simplifier.
des trucs simple du genre : notre modernité a abandonné le tragique.
en fait c’est notre idéaliste qui a eu la peau du tragique.
sauf que l’idéalisme c’est le monde des idées.
et le tragique c’est le monde réel.
personne n’a envie de voir Othello comme une sale con, et pourtant une vision réaliste nous montre qu’il n’est qu’un sale con.
et Iago est là pour nous permettre de le dévoiler, de le démasquer !
de voir que derrière ce fin vernis de type bien en fait Othello n’est qu’un sale con.
sauf qu’Olivier n’aime pas cette vsion des c hoses parce que forcément il se sent visé.
ce qui est le but.
si Shakespeare ne nous permettait pas de continuer de repérer encore aujourd’hui les sales cons comme Olivier qui se la joue grand amoureux des arts et des lettres en fait il ne servirait à rien.
ce qui le Shakespeare d’Olivier : un auteur qui ne sert à rien.
Les structures de pensée spécifiques à Putin, selon le politologue et journaliste Alexander Morozov, l’un des meilleurs observateurs de la vie politique russe, professeur l’Université Charles de Prague:
“On voit à son vocabulaire qu’il s’appuie sur le langage de l’idéologie soviétique tardive, plus vraiment marxiste, qui était celle de sa jeunesse. Cela se voit dans sa manière de décrire l’Occident, qu’il assimile à tout ce qui est à l’ouest de la Fédération de Russie, ne comprenant pas que la notion d’Occident est aujourd’hui globale et désigne tout autant l’Asie du Sud. Il a également gardé, dans son langage public, un rapport totalement soviétique aux organisations internationales. Il est convaincu qu’il existe des centres mondiaux – les puissances nucléaires –, et que les organisations internationales n’ont qu’une importance très secondaire par rapport à elles. On voit enfin qu’il a gardé une représentation soviétique de la puissance de la Russie, au sens militaire et politique. Il ne dissimule pas une forme de mépris pour les petits peuples, notamment ceux qui se situent aux frontières de la Russie.”
C’est cette pauvre Weltanschauung d’autocrate post-soviétique anti-occidental qui constitue le substrat de la conception de l’histoire et de l’action politique du bouffi de la Loubianka.
à l’Université
Quel magnifique titre de noblesse : le Bouffi de la Loubianka !!!
disons plutôt : « Olivier est à l’Inde ce que Stephane Bern est à la… Suisse
vous permetrez bien que je fasse remaquer puisque qielqu’un a dit « je suis goy » que ce mot apparait initialement dans ce qu’il est convenu d’appeler « la bile »; ie en lettres carrées;
Le terme de goy ou goï (héb. גוי, nation)
je ne doute pas que O.L.vous dira come il en a été de l’histoire de l’écriture du yddish (mais intro sur toile)
permettrez
la bihle
ce serait une offense à la longue histoire de l’écriture en lettres carrées que de ne pas mettre un lien actuel:
https://forward.com/yiddish/781963/tidbits-actor-jesse-eisenberg-says-hell-donate-a-kidney/

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