de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Autodestruction de Citizen Welles

Autodestruction de Citizen Welles

Il arrive que des livres par défaut valent mieux que des livres par destination. Comprenez par là que tout livre-entretien, genre paresseux par excellence, conçu lorsque l’auteur s’avère incapable de l’écrire, n’est pas à rejeter systématiquement. En tête à tête avec Orson (My Lunches with Orson, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Bernard Cohen, 362 pages, 21,50 euros, Robert Laffont) est de ceux-là, même s’il n’a pas la classe et l’intelligence du Hitchcock/Truffaut inégalé à ce jour. Pourtant, rien de plus improbable que ce patchwork, fragments de conversations et échanges de bric et de broc entre Orson Welles et Henry Jaglom. Au mitan des années 80, durant les deux dernières années de la vie de l’homme qui révolutionna le cinéma avec Citizen Kane, les deux cinéastes et néanmoins amis (c’est possible) ont déjeuné une fois par semaine au fameux restaurant « Ma Maison » sis à Hollywood en laissant un magnétophone tourner entre eux. Vingt-cinq après, grâce à l’opiniâtreté du critique Peter Biskind qui réussit à les arracher au survivant de ces rencontres informelles, ce livre aussi passionnant que foutraque est né. Donc, Welles se raconte. maxresdefaultManifestement, il adore ça. Ce n’est pas qu’une question d’ego démesuré : il aime vraiment raconter, mettre en scène sans caméras, ressusciter les événements, tracer des portraits à la pointe sèche. Et  surtout balancer, provoquer, piquer. Ca n’est jamais gratuit. Là où d’autres seraient dans la pure médisance, lui est dans le mot qui tue mais pas pour rien. Pour en tirer une leçon. Un message. Une opinion. Un prétexte à épanchement. Pour briser sa solitude. Démesuré en disproportionné en toutes choses, Welles s’impose à la fois comme un miniaturiste d’une légèreté admirable et un magicien dans son appréhension de l’espace, du temps et de la lumière. Les pages sur le monument Citizen Kane, réalisé alors qu’il n’avait pas 25 ans, sont éclairantes. On y apprend que la scène où Dorothy Comingmore alias Susan Alexander, maîtresse et deuxième femme de Kane, chante dans un night-club, a ceci d’historique qu’elle est la toute première prise de cinéma d’Orson Welles. On y apprend aussi qu’ayant exigé qu’aucun visage de son film n’ait été jamais vu à l’écran jusque là, il s’est mordu au sang lorsqu’il a découvert que le serveur du night-club qu’on lui avait imposé faisait depuis vingt ans tous les rôles de serveurs dans des night-clubs. Quand on pense à tout ce qu’il y a inventé dans l’ordre de la technique et de l’écriture cinématographiques, avec une audace sans pareille, on reste pétri d’admiration même après dix visionnages. Même si Hermann Mankiewicz est le co-auteur du scénario et si le deep focus (les objets en arrière-plan et au premier plan sont aussi nets à l’image) entre autres choses révolutionnaires, doivent tout au directeur de la photographie Gregg Toland. Dans son esprit, Citizen Kane était fondamentalement une kane-orson-wellescomédie, au sens classique du terme (les attributs de la tragédie y sont parodiés), avec ce qu’il faut d’émotion et de provocation. Welles se souvient que Sartre avait détesté et que ce ne pouvait être que parce qu’il était dénué d’humour. Il se souvient aussi que le critique O’Hara avait écrit : « Ce n’est pas seulement le meilleur film jamais réalisé, c’est aussi le meilleur qui existera jamais ». Même si la citation est légèrement arrangée, rien de tel pour justifier qu’après cela, on ne peut plus rien faire à cette hauteur. On ne peut que redescendre. Nul artiste ne peut se remettre d’un pareil coup sur la tête. « J’aurais dû prendre ma retraite » commente-t-il. A 25 ans, auréolé du génie à l’oeuvre dans ce film et de la fantastique panique qu’il provoqua dans le pays peu avant, en 1938, avec sa troupe du Mercury Theater, en jouant La Guerre des mondes de H.G. Welles au micro de CBS. Lorsque Welles raconte, il y a toujours des effets collatéraux. Chaplin n’en sort pas grandi : radin pathologique, profondément bête à maints niveaux, s’attribuant les gags des gagmen qu’il employait… Graham Greene non plus, dont il fait le simple fournisseur de l’ébauche de l’intrigue originelle du Troisième homme (ce que le romancier a naturellement démenti devant moi avec force preuves lorsque je lui posé la question). Quant à Alfred Hitchcock, il lui taille un costume pour l’hiver en balançant à la poubelle tous ses films de la période américaine, pas un n’arrivant à la cheville des 39 marches., tous éclairés comme des plateaux de télévision, et en couleurs en plus, Fenêtre sur cour, Vertigo, Les Oiseaux… Pour traiter les intellectuels dans leur ensemble de « chiffes molles assoiffées de pouvoir », il s’appuie sur la photo de Malraux aux côtés de De Gaulle en mai 68 devant le soldat inconnu. Il tient mordicus que l’on doit l’invention du salut fasciste à Cecil B. de Mille qui le popularisa avec Cléopâtre (1934). Il ne justifie pas toujours ses goûts et dégoûts. On ne saura pas pourquoi il abhorre l’envoûtant Chinatown de Polanski. Bien sûr, comme souvent lorsqu’un cinéaste ou un acteur américain se souvient, c’est truffé d’anecdotes plus ou moins drôles ou édifiantes. On se fiche bien qu’il ait toujours détesté son nez retroussé, que Steinbeck ait été gentil et Robert Frost cassant etc Mais l’essentiel est ailleurs. Il court tout le long du livre, et ce n’est pas toujours subliminal : Orson Welles s’emploie avec tant d’ardeur à démonter « le mythe de ta pulsion autodestructrice » qu’on finit par croire à sa réalité. D’autant que les manifestations ne manquent pas lorsqu’il évoque sa carrière. A force non de trop faire mais de trop en faire, il accomplit peu. C’est un maître de l’inachèvement et ce n’est pas là une légende négative. Innombrables sont les projets lancés, entrepris et abandonnés. Il est vrai, et c’est encore plus crucial dans la seconde partie de sa vie, qu’il a été étranglé par les problèmes d’argent tant pour monter ses films que pour son train de vie. A la fin, sans qu’il soit un cas social pour autant, il en est pathétique car le fisc lui saisit tout au fur et à mesure afin d’éponger une dette gigantesque, ce qui ne facilite pas la création artistique. Il en est à quémander de tourner dans des publicités, prestations qu’il n’arrive même à obtenir. wellesfutureshockAlors son Lear rejoindra le cimetière de ses œuvres inachevées, aux côtés du Marchand de Venise, The Dreamers, The Other side of the Wind, Don Quichotte, It’s all true… Lui-même devenu sans se forcer un véritable personnage shakespearien, il est amer, aigri, désenchanté, mais non sans grandeur, lorsqu’il fait tout pour sauver la vieille et fidèle amitié qui le lie à l’acteur Joseph Cotten. Même avec Vérités et mensonges (1973), loin, très loin de la réussite de La Splendeur des Amberson, La Dame de Shanghai ou même Le Proçès d’après Kafka, il rate le rendez-vous avec le public. Or, il le dit bien : il ne peut croire à un film qui ne soit pas couronné du succès commercial. Dans les tous derniers entretiens, il se laisse aller, du haut de son mètre quatre vingt-huit, à décréter que tout dictateur est nécessairement « un avorton », entendez un homme de petite taille, qu’il a la fibre totalitaire par esprit de vengeance vis à vis de cette humiliation, et que tous les dépressifs mélancoliques sont des géants… La France semble le dernier pays à croire en lui. Le président Mitterrand (parfois, sa langue fourche et il dit « Metternich »…) et son ministre Jack Lang veulent l’aider à tourner son prochain film en France ; or non seulement ils ne sont pas producteurs, mais ils ne peuvent pas lui accorder des agréments fiscaux (« Lang peut juste me donner sa bénédiction ») ; et ils ne peuvent rien faire, d’après lui, pour que, lorsqu’on tourne dans les studios de Nice, on n’entende pas les avions décoller et atterrir tout près… Harcelé par les créanciers, méprisé par les producteurs, épuisé par les efforts fournis pour porter son corps d’obèse, il est près de s’éteindre et reconnaît que la grand regret de sa vie, ce sera de n’avoir jamais été pleinement apprécié en tant qu’acteur ; il n’avait pas fait ce qu’il fallait, il n’avait pas joué le jeu, il avait laissé le génie du metteur en scène et le talent du scénariste s’imposer aux dépens de l’image de l’acteur qu’il dépréciait lui-même par ses déclarations. Sûr que ses derniers temps furent les plus sombres pour lui. Il n’avait plus les moyens de résister aux compromis « autrement ils resteront là à vous hanter pour toujours ». Le final cut, pouvoir de monter la fin de ses films à sa guise et non à celles des producteurs, lui était désormais un lointain souvenir. Orson Welles est mort des suites d’un infarctus dans la nuit du 10 octobre 1985. On l’a retrouvé avec une machine à écrire sur ses genoux, une page d’un scénario engagée dans le rouleau. L’un de ses dix-neuf projets en cours.

 (« Orson Welles en 1938 dirigeant Too much Johnson, film muet »; « Orson en Harry Lime dans Le Troisième homme », celui dont on parle tout au long du film sans presque jamais le voir ; « Dirigeant le tournage de Citizen Kane; « le Welles de la fin »)

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commentaires

871 Réponses pour Autodestruction de Citizen Welles

JC..... dit: 25 mai 2015 à 13 h 34 min

Permettez moi d’insister, mais il me semble que ma solution, dans le contexte est excellente :

« Mais que voulez-vous faire de ces hommes en trop?…des camps ? Des gaz ?….hilarants ! ça change tout ! »

ueda dit: 25 mai 2015 à 13 h 27 min

Homme bon, vous saurez, WGG, prendre soin de « vos » Arabes, je n’en doute pas.

Je me souviens que vous vous étiez posté aux entrées de la Bande de Gaza, pour témoigner doctement de la quantité suffisante de calories entrant dans ces territoires!

J’avais beaucoup ri…

jerome dit: 25 mai 2015 à 12 h 53 min

« L’expression entrera sans doute un jour au dictionnaire français comme d’autres de même farine »

Schadenfreude: Malin plaisir, joie maligne (Mattutat)

Widergänger dit: 25 mai 2015 à 12 h 06 min

Jérusalem a toujours eu une population arabe. Je vois vraiment pas où est le problème. Jérusalem appartient à Israël, c’est tout. Avec des Arabes. Vous n’avez rien compris, comme d’hab, à ce que j’ai dit.

Il ne s’agit pas de Jérusalem, s’agit de la Cisjordanie qui doit devenir israélienne sous la forme de la Judée-Samarie. Négociations, indemnisations des Arabes s’ils ne veulent pas rester là. Mais c’est une terre juive, pas arabe.

DHH dit: 25 mai 2015 à 11 h 41 min

@widergânger

Sur Schadenfreude
Un jour nous évoquions avec une amie, ancienne prof d’allemand ,cette aporie du français pour rendre Schadenfreude .
Et nous avons alors pris conscience que nous avions un équivalent dans les bribes d’arabe maghrebin dont il nous arrive d’émailler notre discours .
Ce mot c’est CHAI
;C’est l’expression exclamative de satisfaction de celui qui devant le malheur d’autrui ou sa déception jalouse se dit « c’est bien fait et sa souffrance m’inspire une jouissance immense »
L’expression entrera sans doute un jour au dictionnaire français comme d’autres de même farine

ça va mal finir dit: 25 mai 2015 à 9 h 35 min

Anselme n’arrête pas de vexer et contredire WG, qui pourtant se dévoue avec toute sa sagacité et perspicacité (aristocratiques)légendaires bien connues pour le ramener dans le chemin de la Vérité

daniel dit: 25 mai 2015 à 9 h 33 min

Widergänfger Je suis universel parce que je me sens parfaitement Français avec une vaste culture européenne.
Chacun n’a qu’une seule langue maternelle, JAMAIS plusieurs.

C’est votre cas particulier

JC..... dit: 25 mai 2015 à 5 h 27 min

« Mais que voulez-vous faire de ces hommes en trop? »

Des camps ? Des gaz….hilarants ! ça change tout !

ueda dit: 24 mai 2015 à 23 h 57 min

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 22 h 30 min
Vous faites un mauvais procès à Israël.

Pourquoi cette obsession? Il ne s’agit pas d’Israel, dont le nombre d’interprétants (c’est un grand Américain qui aimait à parler comme ça, c’est sans importance) sont aussi nombreux que celui de ses citoyens, lesquels n’ont pas nécessairement besoin de votre grain de sel, merci.

Il s’agit de vous, M. le professeur, et des épanchements imaginatifs que vous nous confiez quelque fois.
Notez une fois encore que je les trouve très-ordinaires (j’aime le trait d’union du Grand siècle), et que je me contente de d’envisager leurs conséquences ou de les comparer à d’autres, eux aussi très-ordinaires.
Je ne jette la pierre à personne.

Mais puisque vous souhaitez revenir sur terre:
Que proposez vous pour les habitants arabes de Jérusalem Est qui suscitent votre indignation?
J’ai bien compris qu’à vos yeux leur présence est illégitime.
Mais que voulez-vous faire de ces hommes en trop?
Les exproprier, les rassembler, les rassurer, les équiper et les transporter?
Mais transporter où?

C’est là où mon imagination est plus faible que la vôtre, et peine un peu à vous suivre dans les jeux de votre Einbildungskraft.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 22 h 30 min

S’zagit nullement de purification ethnique. Vous faites un mauvais procès à Israël. Comme d’habitude. Au départ, Israël devait s’étendre jusqu’au Jourdain. Pas de paix possible sinon. Question de sécurité pour Israël.

JC..... dit: 24 mai 2015 à 20 h 11 min

N’ayant aucune vision sur le sujet, molle, stupide, technocratique, l’Europe montre ce qu’elle est : peu de chose … capable de se tromper au Moyen-Orient sur tout !

ueda dit: 24 mai 2015 à 18 h 29 min

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 17 h 14 min
Vous faites à Israël un mauvais procès qui ne correspond à rien.

Je ne fais de procès à personne, et le gouvernement d’Israel n’a pas besoin de vous pour se défendre.
Je n’ai parlé que de fantasmes récemment exprimés, dont le vôtre, dans des moments d’abandon probablement…

Je suis sûr que vous êtes un garçon courtois et sensible, et que vous n’envisagez pas vous-même de mettre la main aux taches un peu salissantes qui sont la conséquence nécessaire de ce genre de rêves.

Par ailleurs, que les fantasmes de purification existent des deux côtés (et sous une forme particulièrement exaspérée du côté arabe), ce n’est pas moi qui le nierai.
Je me contente de le constater.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 17 h 51 min

En réalité, voilà ce qu’il en est de la présence des Juifs dans Jérusalem, la ville juive par excellence :

La diplomatie française, donc ses chefs, François Hollande, Manuel Valls et Laurent Fabius, veut faire voter, par le conseil de sécurité des Nations-Unies, une résolution impérative : obligeant les Juifs à quitter Jérusalem dite « Est ».

La politique criminelle, là voilà ! C’est celle de l’Europe, pas d’Israël.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 17 h 18 min

@Anselme
Vous ignorez simplement la pensée de Heidegger. Vous n’y entendez rien comme tant d’autres. Et vous faites de grossiers contre-sens. Pas de quoi la ramener !

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 17 h 15 min

En plus, c’est vraiment se moquer du monde puisque c’est Abbas qui dans ses déclaration officielles veut une Palestine Judenrein !

Toujours le même procédé chez les ennemis d’Israël : On fait dire aux Juifs ce que les Arabes disent des Juifs.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 17 h 14 min

Il ne s’agit nullement de faire en sorte qu’Israël soit arabenrein. Je vous rappelle que la population arabe avoisine les 20% en Israël. Vous faites à Israël un mauvais procès qui ne correspond à rien. Dans le sud d’Israël, à Beersheva, on construit sans arrêt des mosquée, les jeune fille arabes fréquentent l’université de la ville avec leur voile, et ça ne pose de problème à personne que je sache. Vous parlez dans le vide et avec une inébranlable mauvaise fois de fromage, comme d’habitude !

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 17 h 08 min

J’ai une culture européenne. Il n’empêche que c’est la culture française qui m’a façonné. C’est universel. Pourquoi ? Parce qu’on vient forcément de quelque part. Comme dit l’autre l’universel c’est le local moins les murs. C’est ce que j’appelle, moi, l’universel singulier, c’est-à-dire l’universel abrahamique. Je suis universel parce que je me sens parfaitement Français avec une vaste culture européenne.

Quand je parle allemand, j’ai beau employer des mots qui sont parfois intraduisible comme Schadenfreude, il n’empêche que cela ne suffit pas à faire que je serais un autre. Je suis toujours un Français qui sent et pense en français même quand j’emploie des mots qui n’existent pas dans ma langue d’origine parce qu’en vérité je suis dans l’incapacité de les éprouver réellement, sensiblement dans leur langue. Je ne peux pas les senstir, je ne peux que les comprendre (intellectuellement). C’est simplement le fait d’avoir eu pour langue maternelle le français. Chacun n’a qu’une seule langue maternelle, JAMAIS plusieurs.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 17 h 03 min

Bloom dit: 24 mai 2015 à 12 h 14 min
Que de contre-sens, mes petits chéris ! Il ne s’agit pas du tout de ça.

Sant'Angelo Giovanni dit: 24 mai 2015 à 15 h 41 min


…écrire, écrire,!…
…rien que pour  » positiver  » du juif, du matin au soir,!…
…quelle m.rde,!…
…au rapport,!…Rothschild,!…trop exhibitionniste la culture,!…
…c’est un chat  » persan « ,!…etc,!…
…Ah,!Ah,!…M.c.on,…conseil & devises,!…etc,!…du Bouchon,!…de Bordeaux,!…ma préférence à moi,!…
…etc,!…l’état dans l’état,!…Louis machin XIV,!…
…les deux font la paire,!…Bip,!Bip,!…
…les anges,…voler avec le droit, sous le bras,!…etc,!…

robert dit: 24 mai 2015 à 13 h 59 min

« Je ne me sens nulle part ailleurs plus Français que quand je parle allemand en Allemagne ou en Suisse, ou espagnol en Espagne, ou portugais au Portugal.
la culture française m’a façonné »

C’est votre cas personnel, pas une généralité universelle. (D’autres ont été/ sont façonnés par plusieurs cultures)

« Même quand une mère possède plusieurs langues et en parle plusieurs avec son enfant, un enfant n’aura qu’une seule langue maternelle. »

Celle du pays où il vit – pas nécessairement de façon permanente ni pour toujours)

Anselme dit: 24 mai 2015 à 12 h 24 min

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 11 h 38 min
Non, ce n’est pas ça du tout le Dasein chez Heidegger. C’est une ouverture à ce qui n’est pas soi. C’est-à-dire l’inverse de ce que vous écrivez en faisant un énorme contre-sens comme tant d’autres. (Widergänger)

Je comprends tout de même la réaction de Widergänger. Il est certain que le fait qu’un Juif rescapé de la Shoah s’exprime dans des termes que Heidegger n’aurait pas désavoués ne manque pas de piquant.

JC..... dit: 24 mai 2015 à 12 h 24 min

Michel, je ne partage pas ton point de vue, ignorant que je suis : il s’agit d’un sentiment éprouvé ! … et pour finir…. je m’en fous !

ueda dit: 24 mai 2015 à 12 h 15 min

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 11 h 32 min
Oui, la Palestine libérée des Palestiniens qui, en effet, n’ont rien à y faire comme le disait déjà Churchill.

Ce sont des propos qu’on n’entendait, il y a quelques années, que chez une minorité fanatique.
Je constate que la nouvelle conjoncture de guerre régionale les rend moins scandaleux et pour beaucoup pratiquement acceptables.

On trouve forcément une justification « éthique » à ces choses.
Comme les deux Etats sont aujourd’hui improbables (parlons-en toujours, n’y pensons jamais), et que, non! nous ne sommes pas un peuple qui tolère en son sein l’apartheid!, la seule solution logique est le départ d’un des deux peuples.

Une fois l’ancienne Palestine devenue araberrein, que de générosité, que d’écoute-de-l’Autre (l’Autre devenu lointain, s’il vous plaît) pourront à nouveau se développer!
Purs et ouverts, ouverts parce que devenus purs. La Peuple Nouveau (qui se voit aussi comme le Peuple Ancien) pourra enfin déployer toutes ses vertus.

La guerre contre l’islam politique fait qu’on se réveille en compagnie d’un strange bedfellow: un fanatique religieux colonisateur frénétique est notre allié. On finit par prendre avec lui son breakfast sans problème.
Alors, on va un peu mettre en sourdine ses critiques. On va détourner les yeux vers les vidéos du Califat puisque c’est devenu l’ennemi majuscule.

En attendant, une longue mémoire historique refait surface, celle des Déplacements de Peuples. Vous avez remarqué?
Sans nécessairement remonter à Tamerlan!
Les Tatars de Crimée, les Allemands de Prusse…
Les Juifs du Birobidjan, les Pieds-noirs de la Mitidja, les Hua du Vietnam!
Ah, c’est stratifié, ces choses-là.
Et plus on creuse, plus on trouve.
Plus on trouve, plus on trouve cela pensable.

Dans notre pays, de même, les conséquences d’une politique migratoire laissée au fatalisme ou au simple calcul gestionnaire, suscitent aussi des rêves monstrueux.
« Rentrez chez vous, vous y serez mieux. On vous a accueilli, c’était une erreur. Essayez de le comprendre.
Naturellement, on fera le tri. C’est pas de vous, Madame, que je parle, c’est de tous ces autres.
Ne croyez pas que ça nous fasse plaisir! Mais comme dirait Wiedergänger, c’est un mauvais moment à passer, tout ira bien après, tout ira tellement bien ».
Le cauchemar n’a qu’un temps! Il faut être lucides et courageux, « faire le boulot », fier comme un Serbe ou un Oustachi! Et après, la paix des braves!

« Ami, entends-tu les cris sourds du pays qui s’déchaîne? », etc.

Sinon, qui a succédé à Conchita Wurst?

Anselme dit: 24 mai 2015 à 12 h 15 min

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 11 h 38 min
Non, ce n’est pas ça du tout le Dasein chez Heidegger. C’est une ouverture à ce qui n’est pas soi. C’est-à-dire l’inverse de ce que vous écrivez en faisant un énorme contre-sens comme tant d’autres. (Widergänger)

J’ai la forte impression que c’est vous qui le faites, le contresens ! Réfléchissez donc avant d’écrire.

Bloom dit: 24 mai 2015 à 12 h 14 min

On ne devient pas quelqu’un d’autre en parlant une autre langue.
___

Tout dépend du degré de maitrise. On ne dit pas les choses pareil, et don pas le mêmes choses dans une autre langue. Tous les traducteurs sont confrontés à cette réalité.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 11 h 38 min

Non, ce n’est pas ça du tout le Dasein chez Heidegger. C’est une ouverture à ce qui n’est pas soi. C’est-à-dire l’inverse de ce que vous écrivez en faisant un énorme contre-sens comme tant d’autres.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 11 h 32 min

Oui, la Palestine libérée des Palestiniens qui, en effet, n’ont rien à y faire comme le disait déjà Chirchill.

De toute façon, il n’y aura jamais la paix au Moyen-Orient entre Juifs et Arabes tant que la Cisjordanie ne sera pas revenue la Judée et la Samarie juive qu’elle a toujours été. Il est inconcevable que le tombeau de Rachel ou le tombeau des Patriarches ne reviennent pas un jour pleinement juifs. Le territoire de la Umma est suffisamment vaste pour permettre aux Arabes qui occupent la Cisjordanie de retourner dans l’un des pays arabes d’où ils ont jadis (vers 1880) émigré pour venir s’installer sur des terres juives, qui sont précisément les terres qui ont vu naître les premiers Hébreux. Il n’y aura jamais de paix autrement.

Anselme dit: 24 mai 2015 à 11 h 30 min

« Je n’avais jamais aimé le pathos et les grands mots. J’aimais et j’aime encore contempler. La supériorité de la contemplation tient au fait qu’elle est dénuée de mots. Le silence des objets et des paysages vient à vous sans rien imposer. de nature (aharon Appelfeld)

 » Ils sont et l’on est », dit Rousseau dans la cinquième Promenade. C’est le Dasein de Heidegger.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 11 h 18 min

Comme si le destin des peuples en Europe avait le même destin tragique que les Juifs en Europe, persécutés, niés dans leur identité et dans leur chair tout au long des siècles !

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 11 h 16 min

S’il y a un écrivain qui soit l’anti-dolorisme par excellence, c’est bien Ahron A.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 11 h 09 min

Non, ce n’est pas vrai. On ne devient pas quelqu’un d’autre en parlant une autre langue.

Je ne me sens nulle part ailleurs plus Français que quand je parle allemand en Allemagne ou en Suisse, ou espagnol en Espagne, ou portugais au Portugal.

Je sais et je sens à l’étranger combien la culture française m’a façonné pour toujours. Rien n’est plus Français que Chrétien de Troyes, Montaigne, Molière, Racine, Aragon, Matisse, les Troubadours et l’invention de l’Amour romantique au XIIè siècle. C’est de là que je viens, je le sens par toutes les fibres de mon corps et de mon esprit. Et j’aurai beau parler allemand, portugais, espagnol, hébreu, anglais russe ou chinois, je penserai et sentirai toujours en français !

mami / papi et papi /mami dit: 24 mai 2015 à 11 h 07 min

vouloir exister à tout prix même au risque d’être ridicucule, étaler son inculture crasse et son absence totale de raisonnement (voir ses interventions délirantes chez Popaul) tel est le quotidien du PQ de Porquerolles alias JC le débile, t’es pas au niveau, t’es qu’un plouc, un pôv’plouc

JC..... dit: 24 mai 2015 à 11 h 00 min

Têtu n’est pas ma tasse de thé, cependant je maintiens ce que je sens : dolorisme communautariste : de l’avantage d’être goy, peut-être, pour ressentir cette impression ?…

Bloom dit: 24 mai 2015 à 10 h 58 min

Je est un autre : on éprouve la vérité du mot de Rimbaud en apprenant les langues.

Entièrement d’accord: les autres langues/ les langues des autres comme objet d’étude en soi & comme accès à leur productions orale et écrite.
Contre-exemple: les évêques irlandais qui ont perdu leur latin. L’expression favorite des médias: « reality check ».
Battre le fer quand il est chaud: Enda Kenny doit en profiter pour s’attaquer au vrai scandale irlandais: l’illégalité de l’avortement.
A chara

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 10 h 58 min

Plusieurs Juifs d’origine allemande (j’en ai connu au moins un, Thomas Aron, un éminent spécialiste de Ponge, qui s’est suicidé malheureusement longtemps après la Shoah et à cause de la Shoah, comme Primo Levi et tant d’autres qu’on ne connaît pas) ont refusé de parler allemand après la guerre, leur langue maternelle. Son frère, Pierre, qui fut mon prof d’allemand à Chaptal, lui en a fait sa profession. Les sentiments sont donc très divers à ce sujet. Mon propre père m’avait interdit de parler allemand à la maison quand, entrant en 6ème au temps de la réconciliation franco-allemande, en 1966), j’appris l’allemand. Il ne s’y opposa pas mais il m’était interdit de parler cette langue ou d’évoquer le peuple allemand, qu’il avait rayé de la carte du monde.

On peut tout à fait comprendre ce genre de réaction chez des victimes de la Shoah. Toutefois, il me paraît excessif d’identifier la langue allemande avec la langue des nazis. L’allemand c’est aussi la langue de Gœthe et de H. Heine, qui n’a rien à voir avec les bourreaux des Juifs. Gœthe avait lui-même appris le yiddisch.

Le destin des Juifs ashkénaze est de toute façon intimement lié à la culture allemande. Marcel Reich-Ranicki rconte dans son autobiographie combien dans sa ville polonaise de Wloclawek (d’où a émigré mon grand-père en 1905) la culture allemande était tout à fait centrale dans sa formation intellectuelle. Il en était de même pour quasiment tous les Juifs polonais comme mon grand-père (qui était russe).

C’est accordé trop d’importance aux nazis dans l’histoire de la culture allemande que de leur permettre d’avoir entièrement phagocyté à eux seuls la langue et la culture allemande. C’est oublier les siècles où la culture allemande s’est développée auprès des Juifs de la vallée du Rhin que fréquentais Rachi de Troyes à l’époque de Chrétien de Troyes même s’il y eut aussi les croisades.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 10 h 41 min

Il n’y a en effet aucun dolorisme chez Ahron A. Il écrit un hébreu sec qui lui vient de sa lecture quotidienne de la Torah.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 10 h 39 min

Même quand une mère possède plusieurs langues et en parle plusieurs avec son enfant, un enfant n’aura qu’une seule langue maternelle. L’allemand pour Ahron est un bon exemple.

christiane dit: 24 mai 2015 à 10 h 36 min

@ JC / 9 h 42 min
Je ne sens pas, JC, de « dolorisme » dans ce livre, étonnamment écrit à partir d’une mémoire fragmentée, fuyante. Ce travail difficile parcourt le livre, s’accrochant à des détails : odeurs, goûts, objets, sons. D’ailleurs mémoire et imagination se mêlent, comme l’angoisse et la douceur. La mémoire d’enfance est douce et forte, précise aussi. Après : la guerre : le ghetto, la déportation, l’évasion du camp, la forêt, l’errance. Il dit de lui qu’il finissait par ressembler « à un petit animal qui possède un terrier, plusieurs terriers ». Seul. resté seul. Après la guerre, les côtes italienne et yougoslave : le temps de l’oubli. Puis Israël. L’amnésie. C’est cette lutte entre mémoire et oubli qui est écrite ici.
Tenez, un passage qui devrait vous plaire, page 174 :
« Je n’avais jamais aimé le pathos et les grands mots. J’aimais et j’aime encore contempler. La supériorité de la contemplation tient au fait qu’elle est dénuée de mots. Le silence des objets et des paysages vient à vous sans rien imposer. de nature, je ne suis pas enclin à exiger quoi que ce soit des gens. je les prends comme ils sont. »
J’aime ce livre, profondément.
Un autre, pas très éloigné de cette problématique : « Une langue pour abri » de Georges-Arthur Goldschmidt.
Le tracé d’une langue dans leur vie…
Heureuse de vous lire quand vous êtes dans l’estran entre vos sauvages marées. Un peu de calme vous sied bien !

D. dit: 24 mai 2015 à 10 h 16 min

Au concours Eurovision 2015 qui s’est déroulé cette nuit, la France traine une fois encore dans les bons derniers.
Au lendemain, plutôt que de se demander pourquoi, certains que je ne nommerai pas se demandent si la France doit à l’avenir continuer à concourir. C’est une façon de concevoir les choses à laquelle je n’adhère pas du tout.
En revanche, je remettrais volontiers en question le choix de la chanson. Je vous laisse juge.
http://www.youtube.com/watch?v=7wwmElQ2UpY

Anselme dit: 24 mai 2015 à 9 h 50 min

christiane dit: 24 mai 2015 à 8 h 53 min
Anselme,
je vais tenter de vous répondre… par sa voix :

Il y avait, bien entendu, un autre dilemme : ma langue maternelle était l’allemand, la langue des assassins de ma mère. Comment parler à nouveau une langue baignée de sang juif ? Ce dilemme, dans toute sa gravité, n’entama pas le sentiment que mon allemand n’était pas la langue des Allemands mais celle de ma mère.

Vous m’avez répondu. Merci, Christiane.

JC..... dit: 24 mai 2015 à 9 h 44 min

mami et papi, papi et mami, je les connais : ce sont les Dukron ! Con-cierges de père en fille…

JC..... dit: 24 mai 2015 à 9 h 42 min

Christiane
Curieusement, je trouve que votre citation, longue citation de ce livre, sent à plein nez un dolorisme d’une communauté juive, certes qui a souffert,…. mais qui n’a pas souffert par le passé ? Bref, je n’aime pas…

Sirius dit: 24 mai 2015 à 9 h 29 min

Le goût du martyr est universel et indépendant des religions.

Lorsque les japonais ont décidé de recourir aux kamikases, 95% des pilotes se sont portés volontaires sans conditions et sachant que la guerre était perdue! Quelques % ont accepté sous conditions et seulement 1% a refusé.

Lorsque les chrétiens étaient persécutés sous l’Empire romain, ils se bousculaient pour accéder au martyr dans des conditions atroces plutôt que faire un sacrifice à l’Empereur…

Aujourd’hui, les djihadistes…

Pour répondre à Rose, les vieilles pierres sont uniques et leur perte est irréversible. Les abattre, c’est tuer deux fois les hommes et les femmes qui les ont construites et aimé voire vénérer. Nous les connaissons tous au moins par les images. Les hommes, il y en a des milliards dont x% meurent chaque jour depuis l’origine des temps. Nous n’en connaissons qu’une infime fraction. Ce que j’écris là n’est pas une justification, mais une explication. D’un point de vue chrétien ou humaniste, c’est insoutenable. Mais la majorité de la planète n’est ni chrétienne ni humaniste.

Il est étonnant que personne n’ait réagi au nom d’Elias Canetti…

christiane dit: 24 mai 2015 à 8 h 53 min

Anselme,
je vais tenter de vous répondre… par sa voix :

« Ma langue maternelle était l’allemand. ma mère aimait cette langue et la cultivait. dans sa bouche les mots avaient une sonorité pure(…). Ma grand-mère parlait yiddish et sa langue avait un autre son(…)La domestique parlait un ruthène mêlé de mots à nous et de mots de ma grand-mère. Je passais chaque jour de longues heures avec elle (…) Je l’aimais et j’aimais sa langue(…)
Après la Première Guerre mondiale, la Bucovine, ma terre natale, avait été annexée à la Roumanie, et la langue du pouvoir était le roumain. Nous le parlions tant bien que mal et nous ne l’intégrâmes jamais.
Nous baignions dans quatre langues qui vivaient en nous dans une curieuse harmonie, en se complétant. Si on parlait en allemand et qu’un mot, une expression ou un dicton venaient à manquer, on s’aidait du yiddish ou du ruthène. C’est en vain que mes parents tentaient de conserver la pureté de l’allemand. Les mots des langues qui nous entouraient s’écoulaient en nous à notre insu. Les quatre langues n’en formaient plus qu’une, riche en nuances, contrastée, satirique et pleine d’humour.
(…) Je reviens à 1946, l’année de mon arrivée en Israël. Sur le bateau, et ensuite dans le camp d’Atlit où nous fûmes parqués par les Anglais, nous apprîmes quelques mots d’hébreu. Ils avaient une sonorité exotique mais étaient difficiles à prononcer. il n’y avait aucune chaleur en eux, leurs sons n’éveillaient aucune association, comme s’ils étaient nés dans le sable qui nous entourait de toutes parts. Plus grave encore, ils résonnaient comme des ordres : travailler, manger, ranger, dormir. Il ne s’agissait pas d’une langue que l’on parlait doucement, mais d’une langue de soldats. Dans les kibboutzim et les camps de jeunesse, la langue était imposée de force. Celui qui parlait sa langue maternelle était blâmé, mis à l’écart, et parfois puni.(…) Nous cessâmes de parler entre nous (…) je me repliai de plus en plus.(…) Pour surmonter le mutisme et le bégaiement, je lisais beaucoup dans les deux langues que je savais lire alors : l’allemand et le yiddish. Je me répétais des phrases entières pour retrouver le flux de la parole. Comme je l’ai dit, ma langue à l’époque n’était composée que de mots. Une phrase entière me coûtait énormément. Je bégayais comme nombre de mes amis et la lecture dans les deux langues de ma mère était une tentative désespérée pour surmonter ce handicap. L’effort pour conserver ma langue maternelle dans un entourage qui m’en imposait un autre était vain. Elle s’appauvrissait de semaine en semaine et à la fin de la première année il n’en demeura que quelques brandons sauvés des flammes. Cette douleur n’était pas univoque. Ma mère avait été assassinée au début de la guerre, et durant les années qui suivirent j’avais conservé en moi son visage (…). ma langue maternelle et ma mère ne faisaient qu’un. A présent, avec l’extinction de la langue en moi, je sentais que ma mère mourait une seconde fois.(…) Que vais-je faire sans langue ? me demandais-je dans ces journaux qui tombent en lambeaux. (…) Ce que j’avais possédé – les parents, la maison et ma langue maternelle – m’était perdu pour toujours, et cette langue qui promettait d’être une langue maternelle n’était rien d’autre qu’une mère adoptive. – il fallait donc que j’adopte cette langue de soldats -(…)
Il y avait, bien entendu, un autre dilemme : ma langue maternelle était l’allemand, la langue des assassins de ma mère. Comment parler à nouveau une langue baignée de sang juif ? Ce dilemme, dans toute sa gravité, n’entama pas le sentiment que mon allemand n’était pas la langue des Allemands mais celle de ma mère.(…)
J’avais besoin, comme je le compris plus tard, d’un autre lien avec l’hébreu, un lien non pas mécanique mais intime. »
Voilà, Anselme, ce qu’il en dit dans ce livre « essentiel » comme l’écrit Ueda. dans un autre livre « Le garçon qui voulait dormir, Aharon Appelfeld revient sur cette immigration clandestine (la Palestine est encore sous mandat britannique) où Erwin acceptera de s’appeler désormais Aharon… Ces livres sont traduits de l’hébreu par Valérie Zenatti et sont édités par « L’Olivier » (en poche par « Points »).

JC..... dit: 24 mai 2015 à 8 h 01 min

Toi intelligent, jean louis : moi pas comprendre richesse intellectuelle ta remarque…ouarf !

jean louis dit: 24 mai 2015 à 7 h 56 min

JC l’Europe n’a aucune vision.

étonnante remarque de la part de qui prône sa religion la loi du marché!

JC..... dit: 24 mai 2015 à 7 h 39 min

L’Eurovision, c’est ringard…. nous sommes d’accord !

Mais ça n’est pas grave.

Ce qui est grave, c’est que l’Europe n’a aucune vision.

de frota dit: 24 mai 2015 à 7 h 37 min

Ma réponse intellectuelle : tant mieux pour les chantiers benneteau, tant pis pour paul quilès (à force de faire de la bouillie)
vivement que je vous apprenne en coller une entre les deux yeux.
Et puis regarder bien haut quand elle tombe.

jean louis dit: 24 mai 2015 à 7 h 35 min

ueda dit: 23 mai 2015 à 23 h 22 min
L’Eurovision, c’est pas ringard?

C’est surtout tellement nul, un véritable concours de nullité, que ça en est marrant

incroyable mais vrai dit: 24 mai 2015 à 7 h 32 min

« chacun a une langue maternelle, même si dans la famille on parle plusieurs langue. C’est la langue qu’utilise la mère quand elle s’adresse à son enfant. »

le monde de wg n’est pas universel – il n’est pas rare qu’une mère parle plusieurs langues avec son enfant

JC..... dit: 24 mai 2015 à 6 h 49 min

Les hommes de cœur, les humanistes comme moi se réjouissent ce matin du YES au référendum irlandais ! Quelle bonne nouvelle ! Quelle leçon aux attardés, aux conservateurs, aux bolos fanatiques du mariage hétérogène ! Ah ! les congres … ils en pleurent de rage !

Enfin les sociétés européennes se décoincent !….

Il en a fallu du temps pour se rendre compte qu’un homme est une femme comme une autre, qu’une femme est un homme comme un autre ! Que les enfants… ça s’achète à l’usine des pauvresses du tiers-monde… Facile, pas cher, moins salissant !

Prochaine étape que j’attend avec impatience : la reconnaissance du mariage pour tous les ZOOPHILES dans mon genre.

J’aime les bêtes. J’aime les tirlipoter avec mon cure dent en jade… Enfin je vais pouvoir épouser ma chatte Mimi ! et prendre ma chienne comme première concubine… Le pied !

BRAVO LES IRLANDAIS ! On progresse …

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 1 h 09 min

Bientôt, nous aussi, avec des talibans comme Belkacem, il nous faudra exfiltrer les Dosto, Flaubert, Proust etc. si on veut sauver la culture…

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 1 h 06 min

En attendant, notre Passou, il se la coule douce pendant qu’on bosse pour lui, nous ! C’est pas juste !

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 0 h 58 min

D. dit: 24 mai 2015 à 0 h 18 min
Bref, cela nus amène à une évidence : il n’y a aucun besoin de cerveau pour penser.
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C’est vrai, ça ! Il y en a tellement qui pensent avec leurs pieds que le cerveau leur est devenu superfétatoire.

Widergänger dit: 24 mai 2015 à 0 h 56 min

Saluons avec fierté l’abnégation de nos braves!
Ils ont à présent la bonne glèbe de l’Irak entre leurs mâchoires. (babibel)
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Même pas sûr ! Il paraît qu’ils auraient perdu leurs mâchoires dans l’explosion.

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