de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

arts

Le Corbusier, lumière et pénombres

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Rien n’exaspérait Le Corbusier comme d’être appelé Charles Le Corbusier, d’autant que pour l’état-civil il était Charles-Edouard Jeanneret. Il fut « Doudou » pour sa famille, et « le fada » pour les Marseillais. A propos, un biographe peut-il appeler son héros par son prénom ?  Il y a là un abîme de réflexion. Tant et si bien que le quotidien The Guardian s’en est récemment ému en lui consacrant une enquête. Il est vrai qu’il y avait péril en la demeure : Robert Crawford n’ose-t-il pas donner du « Tom » à son héros dans sa nouvelle biographie de T.S. Eliot ? Il s’agit certes de l’écrivain dans […]

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Adonis, un sang d’encre

Adonis, un sang d’encre

Donatien Grau

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L’œuvre d’Adonis est la manifestation – et le manifeste – puissants de la pertinence durable de l’idée et de la réalité que recouvre l’expression « avant-garde ». L’œuvre poétique témoigne d’une ambition de dire le monde dans sa pérennité : il est le maître d’une parole mystique qui dépasse largement les frontières de l’actuel, et qui s’accorde à elle-même la légitimité de son ambition. Adonis n’est pas un poète de la crainte, de la peur, ou de la timidité : il est le tenant, face à la menace imposée au Verbe, d’une consolidation et de l’altération de la foi en la capacité pour le langage […]

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Les incertitudes manifestes de Frédéric Pajak

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Un tel projet force l’admiration que ce soit vis à vis de l’auteur Frédéric Pajak comme de l’éditeur, Noir sur blanc ayant pris le relais des PUF. Car il y a là, derrière le risque d’inscrire dans la durée une entreprise littéraire, historique, biographique en l’échelonnant avec un certain nombre de volumes, une vision artistique d’une ténacité et d’une singularité sans égales ni équivalent dans ce qui se publie de nos jours. Ils ne savent pas où ils vont ni le temps que cela prendra mais ils savent qu’ils y vont. C’est d’autant plus remarquable qu’en creusant ce sillon unique, […]

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Chaneliser en équipage pour la plus grande gloire de Coco

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Etrange ce sentiment qui nous prend à la lecture d’un livre lorsqu’on « sent » qu’il a été écrit à la lumière d’un autre. Rien à voir avec le plagiat, la copie, le décalque, ni même l’imitation. On a juste l’impression qu’il en a été secrètement nourri sinon irradié. Le cas en lisant Notre Chanel (276 pages, 20 euros, Bleu autour) de Jean Lebrun. Il en fait d’ailleurs l’aveu à la page 87, sous forme de reconnaissance de dette, en citant l’influence de Misia (1981, repris en poche chez Folio), récit à deux mains qu’Arthur Gold et Robert Fizdale avaient consacré à […]

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La vie de Mark Rothko ou la biographie d’une vibration

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Mon admiration est sans limite pour ceux qui parviennent à consacrer une biographie à un peintre. Ce qui s’appelle une biographie totale, œuvre et vie mêlées, et analysées à égalité. Cela m’a toujours paru inaccessible tant la perception de l’art, et son rendu par les mots de l’écrivain, demeurent inaccessible à la logique du commun Ce qui se joue dans un tableau est irréductible à une explication, encore moins à un raisonnement tel que la logique du commun en produit à foison. Cela se situe au-delà, dans un no man’s land des sens. Pourtant certains auteurs y réussissent, chacun à […]

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Henri Cartier-Bresson, antifasciste, foutugraphe, oeil du siècle

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Si on a pu appeler Henri Cartier-Bresson (1908-2004) « l’œil du siècle », c’est parce qu’il l’avait couvert dans les deux sens du terme : comme reporter en se colletant à l’Histoire immédiate, et comme contemporain d’un XXème qu’il vécut de bout en bout animé du dur désir de durer. Une grande exposition à Beaubourg jusqu’au 9 juin, première rétrospective de cette ampleur en Europe (il était temps !) et l’album qui l’accompagne (400 pages, 500 illustrations, 49,90 euros, éditions du Centre Pompidou), où le texte et l’image sont au diapason de l’exigence, rendent justice tant à l’artiste qu’à l’artisan en lui. A la […]

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La mémoire hurlante de Philippe Druillet

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C’est l’histoire d’un type barré, mais bien barré. Son livre devait à l’origine s’intituler « Ma vie, mes mémoires, mon cul » ; son éditeur, Laurent Beccaria, a finalement préféré Delirium (280 pages, 17 euros, Les Arènes), allez savoir pourquoi. C’est égal. L’autoportrait est passionnant. Il secoue car Philippe Druillet est tout sauf un personnage indifférent. Une légende vivante, et bien remuante, tant de la bande dessinée que de la science-fiction. Delirius, Yragaël, la Nuit, Vuzz… Quand il était petit, il rêvait de devenir artiste. Il aura touché à tout (scénariste, décorateur, peintre, chineur, sculpteur et même designer), touche à tout parce que tout […]

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La confrontation Malraux-Picasso

La confrontation Malraux-Picasso

Mamadou Abdoulaye LY

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Un livre vient de paraître en Suisse aux éditions Infolio. Il traite pourtant de deux grandes figures de la scène littéraire et artistique française du XXe siècle : André Malraux et Pablo Picasso. Son auteur est Raphaël Aubert et son titre Malraux et Picasso : une relation manquée. Voilà un titre qui peut surprendre si l’on songe que Malraux avait consacré tout un livre à Picasso en 1974 sous ce titre : La Tête d’obsidienne. Mais il suffit de lire le texte de M. Aubert pour comprendre le sens de ce titre. En effet, il démontre, en s’appuyant, entre autres, sur L’homme de […]

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En suivant Georges Limbour, visiteur de tableaux

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Jamais je n’ai lâché mes fantômes, ceux de ma famille de papier, les héros de mes biographies. On croit parfois qu’un écrivain s’en déprend dès lors que son livre atteint le lecteur qui se les approprie. En réalité, ils nous poursuivent ; si nous cessons d’enquêter, nous continuons à chercher, la curiosité toujours en éveil. Un réflexe le dit mieux que tout, lequel consiste à se précipiter sur l’index des noms cités lorsqu’un nouveau livre nous parvient qui pourrait évoquer cet univers dans lequel nous avions baigné durant quelques années de recherche. Qu’il s’agisse d’Hergé ou d’Albert Londres, de Moïse de […]

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Un pas de côté avec Régis Debray et Patrick Boucheron

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Que faire de toutes ces images qui nous tombent dessus et comment survivre à cette avalanche ? On analyse tant les métamorphoses que traverse le regard du lecteur qu’on en oublierait celles que connaît l’oeil du spectateur. Opportunément, Régis Debray nous invite à une méditation sur le temps dans Le stupéfiant image (400 pages, 30 euros, Gallimard), titre qu’il a emprunté au Paysan de Paris où Aragon présentait la chose comme un opium faisant fonction de madeleine. C’est une énigme lorsque le temps s’immobilise sur un plan fixe. Par un mystère face auquel l’historien rend les armes, les chefs d’œuvre de l’art […]

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