de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature étrangères

Ce que la Mitteleuropa doit à la nostalgie du monde d’hier

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Milan Kundera aura beau tonner contre et dire que « ça n’existe pas », la Mitteleuropa est partout. Guère d’études, d’articles ou de conversations sur le devenir de l’Europe qui n’y fassent référence. Ainsi l’influent quotidien économique Les Echos a-t-il récemment baptisé « syndrome de la Mitteleuropa » l’attitude par laquelle plusieurs nations occidentales ont stigmatisé l’Allemagne en lui imputant une large part de responsabilités dans les situations d’austérité qu’elles traversent. Entité floue aux frontières changeantes, notion diffuse s’il en est née au milieu du XIXème siècle, déjà difficile à cerner même en son âge d’or, la Mitteleuropa désigne traditionnellement en allemand l’Europe médiane […]

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S’enchaîner sans s’asservir

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Un jour, un paysan longeant la forêt près de son champ, a le regard attiré par une ligne sombre ondulant dans l’herbe. Il s’approche de ce qui n’est qu’une corde, mais une corde serrée, épaisse, comme nul n’en possède au village. En rentrant chez lui, il ne peut se contenter de la quiétude que lui offre sa femme et sa fille sans qu’elle se mue en inquiétude. Une force sourde le pousse à œuvrer à son propre bonheur. Pour le préserver, il doit faire quelque chose. Il lui faut savoir à qui appartient cette corde, ou du moins, où elle mène. […]

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Comment j’ai traduit « Confiteor »

Comment j’ai traduit « Confiteor »

EDMOND RAILLARD

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La réponse est à la fois simple (« en traduisant ») et compliquée, tant les composantes de la traduction, comme de tout acte d’écriture, sont nombreuses et parfois impondérables. Côté pratique. La longueur, d’abord. L’avantage de la traduction sur la création, c’est que l’on sait où l’on va. L’ouvrage est à réécrire, mais il existe déjà. Il m’a donc fallu, pour ne pas être en retard sur la date de livraison promise de ce très gros livre, en me laissant une marge de deux ou trois mois pour les ajustements, fixer très précisément à quel point je devais être parvenu à la fin […]

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Solitaire, le traducteur ?

Solitaire, le traducteur ?

Meridiem

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Il y a trois ans s’est déroulée la Fabrique franco-italienne des traducteurs, au Collège International des Traducteurs Littéraires, dans la ville d’Arles. Ce programme novateur venait d’être lancé, permettant à six jeunes professionnels de travailler ensemble pendant plusieurs mois, sous la houlette bienveillante de traducteurs chevronnés dans les mêmes combinaisons de langues. Dans l’espace Van Gogh, cet ancien hôtel-Dieu que le peintre hollandais a représenté en palpitantes couleurs, nous avons expérimenté le dialogue permanent et la critique fructueuse pendant dix semaines. En effet, les six traductrices que nous sommes, une Belge, trois Italiennes et deux Françaises, portions chacune un projet […]

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Deux poèmes inédits de Sappho

Deux poèmes inédits de Sappho

DIRK OBBINK

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An “Oxford secret” is supposed to be a secret you tell one person at a time. Add social media and it’s across the world within hours, often in garbled form. In this case, the “secret” was the discovery on a fragment of papyrus of two new poems by the seventh-century BC Greek poetess, Sappho. The first concerns her brothers, “The Brothers Poem” for short. The second, “The Kypris Poem”, is about unrequited love and addressed to Aphrodite (by her other name, “Kypris”). The full evidence will be presented in an article in Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik (2014), and I am grateful to the […]

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Ernst Jünger, vulnérable et reconnaissant

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Un débat de haute volée a récemment agité certains intervenautes de la « République des livres » : était-il concevable qu’un homme tel que Ernst Jünger (1895-1998) ait pu ignorer en 1940 que le verre dans lequel il convenait de verser le champagne se nommait une « flûte », sonorité qui l’amusa ainsi que les officiers de son régiment alors qu’ils passaient par Laon ? On trouve cela dans ses carnets de guerre. La réponse à cette passionnante question ne figure pas dans la biographie, pourtant très complète, que Julien Hervier consacre à Ernst Jünger. Dans les tempêtes du siècle (538 pages, 26 euros, Fayard). On […]

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Conversation d’Eckermann avec Jean-Yves Masson

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Sans Goethe, qui connaîtrait Eckermann ? Le cas n’est pas isolé dans l’histoire, et pas seulement dans celle de la littérature. Sauf que celui-ci est particulièrement saillant dans la mesure où il éclate dès la couverture des fameuses Conversations avec Goethe (Gespräche mit Goethe in den letzen Jahren seines Lebens) que Johann Peter Eckermann (1792-1854) publia une première fois en 1836, et dont il publia une nouvelle version enrichie en 1848. Ce portrait du Maître en mouvement perpétuel, offert au public avec ses esquisses dans leur saisissante vérité, devint rapidement un classique ; comme les Propos de table de Luther, l’un et […]

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Comment j’ai traduit « Last exit to Brooklyn »

Comment j’ai traduit « Last exit to Brooklyn »

Jean-Pierre Carasso

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Tout le monde (ou presque) doit connaître cette plaisanterie : le restaurateur dit à un client : « Comment avez-vous trouvé votre bifteck ? » Le client : « Par hasard, en soulevant une frite. » À la question : « Comment avez-vous traduit Last Exit to Brooklyn ? » je suis tenté de répondre par le même genre de pirouette : « Avec les plus grandes difficultés ! » Pour commencer, il nous a fallu, à Jacqueline Huet et à moi, consentir l’effort de surmonter une vraie répugnance à certains des traits les plus sordides des descriptions d’Hubert Selby Jr. Les filaments de vomi sanguinolents du malheureux troufion passé à tabac ; le mélange de sperme, d’urine et […]

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Comment les mots de Cortazar ont traduit les dessins de Cedron

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Parlons traduction et histoire, car tout est lié dans cette œuvre majestueuse créée en France en 1977, traduite et publiée en 2013 La racine de l’ombú, un inédit d’Alberto Cedrón et Julio Cortázar. Mais les mots clairvoyants que Cortázar a mis sur les dessins fantastiques (dans les deux sens du terme) de Cedrón ne sont-ils pas aussi une forme de traduction (c’est d’ailleurs ce qu’il laisse entendre dans sa préface, même s’il n’utilise pas ce mot) ? LE CONTEXTE D’ABORD Il y a à Buenos Aires des trésors littéraires inestimables. Des ouvrages en langue espagnole, française et anglaise, l’Argentine ayant toujours été […]

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Dona Tartt, l’oiseau rare

Dona Tartt, l’oiseau rare

Marie Tourres

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Donna Tartt affiche une chevelure noire corbeau taillée au cordeau, un mince sourire impénétrable et n’accorde que quelques apparitions choisies dans les media comme sur la scène littéraire. A force de discrétion énigmatique, elle s’est forgée une réputation d’auteur culte. A travers le monde, des fans obsessionnels lui vouent une dévotion vertigineuse, un rien gothique. Ils alimentent via internet les interprétations les plus diverses de ses œuvres, se languissent en attendant de potentielles bribes d’information sur la sortie d’un prochain opus, commentent rumeurs et mystifications au sujet de la Dame : est-ce réellement la voix de TS Eliott sur son répondeur ? […]

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