de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature étrangères

Maugham & Floc’h & Rivière : Tremendous !

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L’anglophilie est-elle une maladie textuellement transmissible ? Si c’est le cas, alors ça craint à la lecture de Villa Mauresque du duo Floc’h & Rivière (104 pages, 20 euros, La Table ronde) car l’album est irrésistible. Il n’est pas indispensable de bien connaître la langue de Maugham (prononcez « Môôôme » si vous ne voulez pas passer pour un froggie) pour succomber à son charme. Car c’est bien de lui qu’il s’agit ainsi que l’annonce le bandeau « Somerset Maugham  et les siens » pudiquement placée par l’éditeur non au bas, comme il est d’usage, mais au centre de la couverture représentant l’écrivain nageant saisi […]

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A lui seul bien des John Irving

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Mais que deviendraient-ils tous sans Shakespeare ? Il est partout, ce qui n’a rien d’étonnant car tout y est déjà. Sans lui, le treizième roman de John Irving ne serait rien. Pas d’esprit, pas d’âme, pas de colonne vertébrale. Il tient du début à la fin A moi seul bien des personnages (In One Person, traduit de l’anglais par Josée Kamoun et Olivier Grenot, 480 pages, 21 euros, Seuil), à commencer par le titre échappé de Richard II : « Je joue donc à moi seul bien des personnages/ Dont nul n’est satisfait » citation en épigraphe qui éclaire déjà à elle seule les zones […]

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Légère considération de Robert Walser pour ses traducteurs

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Quel écrivain n’a pas rêvé de faire face l’ensemble de ses traducteurs réunis pour décortiquer son œuvre dans de multiples langues ? C’est sûrement une épreuve, mais si enrichissante, et probablement édifiante, qu’elle vaut l’épuisant marathon que l’exercice suppose. Car il s’agit bien d’un échange intense sur l’art et la manière de déporter des mots et une pensée d’une langue d’origine à une langue d’accueil. Rien à voir avec ce que vivent depuis deux mois les onze traducteurs venus de onze pays enfermés dans un bunker près de Milan : chargés de traduire de l’anglais, dans le plus grand secret et dans […]

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Comment transcrire le régionalisme de José Lins do Rego

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José Lins do Rego, né le 3 juin 1901 dans une plantation du Paraiba, un Etat rural du Nordeste du Brésil, et mort à Rio en 1955, est considéré comme l’un des plus grands écrivains brésiliens du XXe siècle. Au moment de la publication de l’Enfant de la plantation, le Modernisme a dix ans (ce mouvement avait été créé lors de la Semaine d’Art Moderne de São Paulo, en 1922). L’Enfant de la plantation est une révélation, une révolution de la propre révolution esthétique de 1922, à laquelle José Lins do Rego apporte une sève nouvelle, une force instinctive, une réalité […]

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Il faut marcher avec l’auteur

Il faut marcher avec l’auteur

MATHIAS DE BREYNE

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Suite à la sortie de l’anthologie bilingue de la Baby Beat Generation, publiée aux Éditions La main courante en 2006, diffusée en France et aux USA, j’ai traduit le livre d’un de ces baby beats : le récit autobiographique de Thomas Rain Crowe, Ma vie dans les Appalaches (titre original : Zoro’s field – My life in the Appalachian woods). J’ai organisé en 2006 une tournée française de neuf lectures bilingues avec quatre poètes de la Baby Beat Generation. Qui sont-ils ? De jeunes poètes originaires des quatre coins des États-Unis qui, dans les années 1970, se rendent à San Francisco pour […]

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Edna O’Brien entre les deux moitiés guerroyantes de son moi

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Qu’on les baptise « Mémoires », « Autobiographie », « Racontage de mézigue » ou de toute autre manière, les souvenirs d’un créateur sont un genre en soi. Ce genre de livre, la romancière et nouvelliste irlandaise Edna O’Brien ne voulait pas en entendre parler, du moins pour elle. Autant préparer ses funérailles. Elle n’écrirait jamais rien de tel, promis juré. Et puis voilà… Fille de la campagne (Country Girl, traduit de l’anglais (Irlande) par Pierre-Emmanuel Dauzat, 474 pages, 25 euros, Sabine Wespieser éditeur), intitulé en un clin d’œil à sa fameuse trilogie romanesque. Elle s’est laissée prendre il y a peu. Sa madeleine à elle, c’est le pain. […]

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Dario Fo, l’indigné

Dario Fo, l’indigné

PATRICK FERLA

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En création à Genève au Théâtre de La Comédie, dès le 10 avril à Malakoff, voici On ne paie pas, on ne paie pas de Dario Fo, dans une mise en scène du comédien Joan Mompart. Un spectacle enlevé, une belle réussite pour les cent ans du théâtre que dirige Hervé Loichemol, saison anniversaire placée sous le signe d’un répertoire résolument engagé dans son temps. Un théâtre qui tente de « retrouver la joie d’une époque où la citoyenneté avait un sens et le peuple une réalité. Où celui-ci inspirait la vie sociale, dessinait un avenir, orientait la vie artistique et […]

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Quel grand-roman-américain ?

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Le mythe du grand roman américain n’a pas fini de faire des ravages. Non qu’il n’ait pas existé ni donné certains de ses plus beaux fruits à la fiction universelle. Pas de liste qui exclut, à chacun son panthéon (Publishers Weekly a même organisé un vote à ce sujet). D’autant qu’on ne sait pas trop quels en seraient les critères : grands espaces ? grands personnages ? grands sentiments ? grande fresque ? grand sens du national epic.. Dans la production actuelle, du côté des petits-enfants d’Hemingway, les Cormac McCarthy,  John Irving, Toni Morrison, Russells Banks, Jim Harrison, et Richard Ford entreraient dans le canon […]

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Lance Armstrong fut Coppi conforme à Fausto

Lance Armstrong fut Coppi conforme à Fausto

BERNARD MORLINO

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Fausto Coppi (1919-1960) a de la chance dans son malheur. Situons-nous au plan de la notoriété car on sait qu’il est mort après avoir contracté la malaria. Si le campionissimo avait établi son superbe palmarès dans les années 1990-2000, il serait actuellement déchu de tous ses titres de gloire car on fait subir une disgrâce à Lance Armstrong alors que Fausto Coppi a toujours répondu que la « bomba» était le secret de son insolente réussite. La « bomba » étant un cocktail d’amphétamines qui lui donnait des ailes dans les cols. A l’origine du Tour de France, il était convenu que les […]

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Achtung-respect pour une folie de biographie sur Büchner

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A première vue, on se dit : c’est le livre d’un maniaque publié par un fou ; la quatrième de couverture y invite puisqu’elle le dit jeté dans le temps de l’Histoire comme la comète de Halley ou un caillou d’Orion dans l’espace sidéral de l’Univers. A mi-chemin, on comprend que ces deux extravagants étaient faits pour se rencontrer. A la fin, on rend les armes et l’on met chapeau bas devant Frédéric Metz et les éditions Pontcerq sises rue du Nivernais à Rennes. Des artistes à n’en pas douter. Il fallait l’être pour se lancer dans une telle entreprise : Georg Büchner […]

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