de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

LE COIN DU CRITIQUE SDF

Séparer la mémoire de la douleur

Séparer la mémoire de la douleur

David Grossman

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On fait beaucoup de bruit autour de notre cérémonie, mais nous n’oublions pas que le but de notre rencontre est surtout la mémoire et l’union. Même si le bruit est présent, il nous est extérieur en ce moment, car au cœur de cette soirée, il y a un profond silence, celui du vide créé par la perte. Ma famille et moi, nous avons perdu Uri pendant la guerre, un jeune homme sympathique, intelligent et drôle. Encore aujourd’hui, presque douze ans plus tard, j’ai du mal à en parler en public. La mort d’un être cher est aussi celle de toute une […]

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Le retour de Sindbad

Le retour de Sindbad

Daniel Lefort

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  Fluctuat nec mergitur : ce pourrait être la devise d’un grand livre, ou d’un grand écrivain qui plonge souvent dans le purgatoire post mortem et parfois remonte au pinacle quelques décennies plus tard avant d’entrer dans la mer de la sérénité qui porte plus ou moins durablement les œuvres et leurs auteurs sur les ailes de la renommée. La première étape, celle du purgatoire, fut le destin de Sándor Márai dans son pays natal, la Hongrie, au long des années qui ont précédé puis suivi son exil aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Déjà dans l’entre-deux guerres, son […]

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Le superhéros français est avant tout littéraire !

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D’Artagnan, Cyrano, Gavroche, Astérix…l’imaginaire collectif des XIXème et XXème siècles – qui exacerbe la sensibilité individuelle et pose la primauté de l’âme – est bien à l’origine de ces supermen à la française, véritables incarnations du héros populaire, hardi et tout-puissant. Ces quatre personnages constituent bien des individualités : ils sont dotés de pouvoirs tels qu’on ne peut les confondre avec l’homme ordinaire, et deviennent, de fait, extra-ordinaires. De surcroît, à défaut d’être des justiciers, ces quatre « superhéros littéraires » sont des redresseurs de torts au sens chevaleresque du terme. De l’amour de Cyrano de Bergerac pour Roxane à la dévotion républicaine […]

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La légende intime d’Appelfeld

La légende intime d’Appelfeld

Albert Bensoussan

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  L’écrivain israélien Aharon Appelfeld, qui vient de mourir ce 4 janvier 2018, était né en 1932 à Czernowitz en Bucovine, territoire partagé entre l’Ukraine et la Roumanie tragiquement ballotté par l’Histoire. Son œuvre est forte d’une quarantaine d’ouvrages, pour près de la moitié traduits en français. Ce rescapé de la Shoah a vu disparaître ses parents et grands-parents, s’est évadé d’un camp de concentration – où a péri son père, sa mère ayant été exécutée précédemment −, a erré quatre ans dans les forêts d’Ukraine, avant de trouver refuge en Palestine. Témoin privilégié de la destruction du shtetl et […]

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Partir dans les branches

Partir dans les branches

Daniel Lefort

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Un des gestes les plus familiers du lecteur lorsqu’il saisit un livre pour la première fois est de faire glisser les pages sous son pouce pour en estimer l’épaisseur, happer au passage les titres de chapitre et mesurer la densité du volume, bref, entrer en matière. Dans le livre de Hernán Ronsino, Lueurs de la pampa (traduit de l’espagnol – Argentine – par Gersende Camenen, Gallimard, 324 p., 22,50€), ce geste attire aussitôt l’attention sur les photographies en noir et blanc de frondaisons arborées – une douzaine – qui, insérées directement et au hasard dans le texte, lui donnent un […]

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L’éternel écrivant

L’éternel écrivant

Daniel Lefort

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Même si tous font usage de la main pour coucher sur le papier ou, de plus en plus souvent, afficher sur l’écran le produit de leurs rêves et de leurs pensées, il y a au moins deux sortes d’écrivains : ceux qui parlent et ceux qui observent, les adeptes de la parole et les familiers du regard, les uns enclins au récit et les autres rompus à la description – peut-être y a-t-il entre eux la même différence qu’entre les historiens et les géographes, les conteurs et les peintres. Albert Bensoussan est sans conteste dans le clan des conteurs. Il […]

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L’odieuse confession de Victor Renard

L’odieuse confession de Victor Renard

Jean-Jacques Beineix

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En cette abondante rentrée littéraire, l’Embaumeur (528 pages, 20,90 euros, La Martinière), obsidienne noire, aux brillantes facettes, est un livre aussi fascinant qu’envoûtant. Sous la plume exigeante et acerbe d’Isabelle Duquesnoy qui nous avait déjà offert une très belle constance Mozart, nous découvrons Victor Renard, singulier personnage, qui nous emporte dans sa lugubre industrie pour notre plus grand plaisir. Victor Renard, pour échapper à une mère abusive autant qu’intrusive, La Pascaline, après le décès de son père, se réfugie dans le monde des morts pour apprendre à vivre et à aimer. Curieuse manière d’être, étrange parcours que celui de cet homme mal aimé […]

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Monsieur Macron, les auteurs sont des actifs comme les autres !

Monsieur Macron, les auteurs sont des actifs comme les autres !

La Société des Gens de Lettres

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Le gouvernement vient d’engager une réforme des cotisations sociales permettant de redonner du pouvoir d’achat à l’ensemble des actifs. Il semblerait cependant qu’en mentionnant « l’ensemble des actifs », l’Etat ait oublié que les auteurs le sont tout autant que les salariés ou les travailleurs indépendants. On apprend que l’augmentation de la CSG de 1,7%, prévue au 1er janvier 2018, serait compensée la même année par une diminution des cotisations sociales de 3,15%, dont 2,40 % au titre de la cotisation chômage et 0,75 % au titre de la cotisation maladie, soit une augmentation du pouvoir d’achat de 1,45%. Or, pour les auteurs, […]

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A brides abattues

A brides abattues

Dominique Bona

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La passion du Moyen-Age vient au berceau : à moins d’une longue psychanalyse on serait bien en peine d’en donner les raisons. Cet univers enchanté, avec ses djinns, ses fées, ses chevaliers de la Table Ronde et ses princesses à hennin, suscite des engouements durables, une fidélité comparable à celle qu’éprouvent les aficionados – capables de se reconnaître d’un point à l’autre de la planète, sans qu’importent leurs nationalités, puisqu’ils partagent les mêmes codes et le même langage et appartiennent à la même famille ensorcelée. Laurent Decaux, qui fait son entrée dans le monde romanesque avec Le Seigneur de Charny […]

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Philip Roth en ses fantômes

Philip Roth en ses fantômes

Philippe Jaworski

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(…) La vraie vie? Justement, chez Philip Roth, il n’y en a pas : la vie est ce qui manque, ou se manque. Il y a quelque chose de l’épopée — une épopée grinçante — dans ce tableau, vaste et minutieux, de la condition de l’écrivain (juif américain): l’auteur et ses personnages, sa création, l’auteur en proie à ses créatures, l’homme présent et absent dans son œuvre, la relation entre une vie d’homme et une vie de personnage. On résiste mal à l’envie d’appliquer à l’entreprise de Roth, pour la résumer d’un mot, la formule de Henry James citée dans […]

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