de Pierre Assouline

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La République des livres

LE COIN DU CRITIQUE SDF

Jadis, monsieur Blondin…

Jadis, monsieur Blondin…

Christian Authier

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« Longtemps j’ai cru que je m’appelais Blondin, mon nom véritable est Jadis ». Ainsi débute le cinquième et ultime roman d’Antoine Blondin (1922-1991) publié en 1970 aux Éditions de La Table Ronde. À l’époque, on ne parlait pas d’autofiction, genre aussi ancien que la littérature et dont Monsieur Jadis ou l’École du soir offre l’une des plus belles illustrations. «Ma vie est un roman», annonce l’un des exergues – attribué à «Tout-Un-Chacun» – de Monsieur Jadis, et la vie de ce dernier ressemble à ce que l’on sait de celle de l’auteur de L’Europe buissonnière. Voici donc le roman […]

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Sur le funambulisme de René Crevel

Sur le funambulisme de René Crevel

Daniel Lefort

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À l’heure où la dissolution des frontières entre les genres littéraires semble atteindre un point de non-retour, celle qui résistait le plus – entre l’histoire et la fiction – fait l’objet d’un débat abondant qui n’aboutit qu’à rendre instable le statut de la vérité. L’historien cherche à la saisir depuis le point de vue de l’objectivité scientifique alors que le poète ou le romancier veut y parvenir par le pouvoir de l’imagination appuyée sur des faits. Cette opposition paraît d’autant plus vaine que les faits se prêtent à interprétation par l’un et par l’autre et que, si le romancier en […]

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Pour saluer Claude Vigée

Pour saluer Claude Vigée

Yvon Le Men

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  Je fais confiance à l’homme que je trouve dans vos poèmes (1)  « Survivant, j’apporte ici le témoignage de notre jeunesse brisée ; rescapé, je dis le destin d’une génération vouée tout entière au désastre » « Comme c’est étrange : les morts de l’ancienne saison oublient donc de rentrer ont-ils perdu l’adresse ? différé le retour ? Seraient-ils donc distraits, au point de ne plus vivre ? » Claude Vigée   « Je savais qu’un jour il partirait pour la nuit   Toute vie finit dans la nuit est le titre du livre que nous avons écrit   ensemble   je savais qu’un jour il en serait fini […]

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Irrécupérable Rimbaud !

Irrécupérable Rimbaud !

André Guyaux

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Comme les Romains voulaient du pain et des jeux, nos sociétés modernes veulent des sujets médiatiques. Verlaine et Rimbaud au Panthéon en est un. Les chaînes de télévision et les réseaux sociaux se l’arrachent. Et les positions se radicalisent. L’accusation d’homophobie est lancée à tort et à travers, accablant ceux qui trouvent cette idée de panthéonisation saugrenue. Et parmi les réfractaires à cette idée, il s’en trouve qui en profitent pour mettre au rancart l’inspiration homosexuelle, sensible pourtant chez ces deux grands poètes. Sensible, sans être ce que certains voudraient qu’elle soit : une clef, un passe-partout, qui ouvre toutes les […]

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Commune présente

Commune présente

Jean Rouaud

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 « Un Français doit vivre pour elle / Pour elle un Français doit mourir. » Elle ? La belle Otéro ? déjà, ça demanderait réflexion, mais non, elle, la Nation, cette conception révolutionnaire d’une enclosure des esprits. Être d’une région, d’une commune, s’affichant comme un déni à l’universalité des Lumières, on inventa de coller sur le dos des habitants devenus entretemps des citoyens lambda une généalogie fantasmatique dont le lignage relève de la parthénogénèse : tous descendants de la mère-patrie, (un concept transgenre). Un acte de naissance liant le citoyen enrôlé sous la bannière de la Nation à un territoire aux frontières flottantes et aux […]

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Pour saluer Michael Lonsdale

Pour saluer Michael Lonsdale

Pierre ASSOULINE

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L’acteur et comédien Michael Lonsdale , qui vient de disparaitre à l’âge de 89 ans, ne figure pas seulement au générique d’un nombre considérable de films, téléfilms et pièces de théâtre : celui qui a incarné dans Des hommes et des dieux frère Luc, moine assassiné à Thibirine, est également un grand lecteur, à voix basse comme à voix haute, et l’auteur de plusieurs livres, tous tournés vers la foi. Le dernier en date est un hommage à l’œuvre de Charles Péguy Entre ciel et terre (212 pages, Cerf). Je l’avais donc rencontré il y a quelques années chez lui à Paris […]

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Rimbaud, poète impressionniste

Rimbaud, poète impressionniste

Roméo Fratti

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Arthur Rimbaud doit beaucoup au romantisme, n’en déplaise au « Voleur de feu » qui se faisait volontiers pourfendeur des mièvreries florales. Diffusé en France après la chute de Napoléon Ier, le romantisme pictural – picturesque – à l’anglaise prépare le terrain à l’impressionnisme, par l’importance accordée à une peinture de paysage qui reflète l’infiniment petit de l’intime. Marcheur infatigable, Arthur Rimbaud s’ouvre au jeu de couleurs du monde, infléchies par les lumières mouvantes de la nature au gré des saisons ; alors même que les peintres ont déjà découvert le bonheur de peindre en plein air, grâce notamment à l’invention du tube […]

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L’injonction à écrire

L’injonction à écrire

Hélène Gestern

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Dans les jours qui ont suivi l’annonce du confinement, j’ai été contactée à plusieurs reprises par des maisons d’édition étrangères, qui ont eu la gentillesse de me traduire, ou par des connaissances qui me proposaient de rédiger un écrit, voire de tourner une vidéo du confinement. Beaucoup d’amis m’ont également écrit, et terminé leur message par leur espérance, là encore empreinte d’une immense gentillesse, que j’allais « en profiter pour écrire un beau livre » ou «  trouver l’inspiration » (ou bien « le temps ») pour écrire. Dans une association dont je suis membre, un débat a beaucoup animé les discussions par mail, durant […]

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Paul Celan au creux des nuages

Paul Celan au creux des nuages

Marc Benveniste

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L’actuelle pandémie nous privera d’une commémoration internationale in situ du soixante-quinzième anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale. Faut-il y voir le signe de notre détestable insuffisance de maîtrise, à la même échelle mondiale, de la cruauté humaine depuis trois quarts de siècles ? La Shoah marqua de son sceau atroce ce conflit à nul autre pareil, en raison de l’obsession nazie de sélectionner un peuple et d’autres minorités pour les exterminer. Vladimir Jankélévitch avait raison de dénoncer, dans L’imprescriptible, « le monstrueux chef-d’œuvre de la haine. » La poursuite insensée dans le temps des exactions de l’homme contre l’homme fut envisagée comme prégnante […]

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Simenon n’est pas le Balzac du XXème siècle

Simenon n’est pas le Balzac du XXème siècle

Hervé Plagnol

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Un des clichés les plus courants dans les rubriques littéraires des journaux, de même que chez ceux qui s’intéressent à la littérature, consiste à considérer Georges Simenon comme le Balzac du XXe siècle. Un tout récent dossier sur Simenon, réalisé par la Revue des deux mondes, quoiqu’excellent, faisait état, de nombreuses fois, de cette rengaine : « Simenon, le Balzac du XXe siècle ». De fait, les clichés ont souvent la vie dure, d’autant plus qu’une fois assénés comme une évidence, on ne prend pas vraiment la peine de se demander s’ils sont fondés. Or, une analyse un peu plus précise des œuvres des […]

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