de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Théâtre

Ce chien de Shylock et Sa Nègrerie de retour à Venise

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Voilà un cadeau auquel tout shakespearien bien né ne pourra échapper, à condition toutefois d’avoir des parents ou des amis particulièrement généreux (on peut encore se cotiser). Rien moins que l’illustre Bill en majesté à travers deux de ses pièces somptueusement présentées, éditées et illustrées, ou plutôt accompagnées par des œuvres de la Renaissance italienne. Elles ont rarement ainsi été mises en scène ailleurs que dans un théâtre ou au cinéma. Othello et le Marchand de Venise réunis en un coffret Shakespeare et Venise (285 euros, deux volumes, éditions Diane de Selliers)… qui fait le poids, en édition bilingue, l’original […]

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Telle Cassandre à l’instant de sa mort

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L’instant de ma mort, c’était le titre d’un récit bref et coupant, d’une exceptionnelle puissance d’évocation, dans lequel Maurice Blanchot restituait les minutes qui précédèrent le moment où un peloton de soldats allemands faillit l’exécuter pendant la dernière guerre. Depuis sa parution en 1994, « l’instant de ma mort » est devenu une expression. Une consécration sans risque de banalisation car cela désigne un moment des plus rares, et pour cause. Ce parti pris fut également celui de la romancière Christa Wolf (1929-2011) lorsque, réinterprétant les mythes antiques, rajoutant son palimpseste sur les couches accumulées de Homère, Eschyle, Euripide, Lycophron de Chalcis, […]

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Et vous, qu’auriez-vous fait ?

Et vous, qu’auriez-vous fait ?

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Alexis Ragougneau ? En d’autres temps, l’éditrice Françoise Verny aurait gueulé : « Pas un nom d’écrivain, ça coco ! Trouves-moi autre chose qui sonne mieux ! Littéraire, quoi ! ». D’Alexandre Ragougneau, j’avoue n’avoir lu à ce jour aucun des polars, ni vu aucune des pièces, puisqu’il mène une double activité de romancier et de dramaturge. Aussi, quand son Niels (354 pages, 20 euros, Viviane Hamy) est arrivé sur ma table, j’étais loin de me douter qu’il se révèlerait à l’examen comme l’un des tout meilleurs romans de la rentrée. Rien de moins. Enfin un roman qui se lit comme un roman. Le Niels du titre, de […]

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Oyez oyez, les lanceurs d’alerte !

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Mais non, pas Julien Assange et consorts ! D’autres, authentiquement pionniers dans le genre, écrivains, chroniqueurs et essayistes, il y a quelques dizaines d’années, dont les exhortations sont redevenues furieusement actuelles. Le premier d’entre eux, l’esprit le plus noble, le plus sincère et le plus fervent qui soit, un Français du nom d’André Suarès. C’est à peine si son nom a surnagé et c’est une misère de le voir si souvent confondu, même par des historiens, avec celui du journaliste Georges Suarez, fusillé à la Libération devinez pourquoi. Un éditeur inspiré a réuni les textes politiques publiés de son vivant à […]

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Les caprices de la règle

Les caprices de la règle

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Avant, en sortant du cinéma, il nous arrivait de pester après avoir vu du théâtre filmé qui relevait de l’économie d’un huis-clos. Désormais, il arrive que des spectateurs se demandent au bout d’un quart d’heure s’ils sont bien au théâtre dès lors que la scène est envahie par un écran et qu’un film y est projeté. Pour la deuxième fois en quelques mois, la Comédie-Française a fait le pari de renouveler le répertoire en se prêtant à ce jeu-là. L’administrateur général Eric Ruf a couru le risque de discréditer la Maison-de-Molière (à prononcer de préférence avec force majuscules dans la […]

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Aller au massacre comme dans « Les Damnés »

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Quel choc que les Damnés ! Stupéfaction ou sidération, qu’importe, que nul n’espère échapper à l’effroi. Deux heures et vingt minutes plus tard, on en sort sonné car envoûté. Arrivée à Paris précédé par sa légende puisqu’il a été créé cet été dans la cour d’honneur du palais des papes à Avignon, ce spectacle a transformé la Comédie-française en cour d’horreur (jusqu’au 13 janvier). Preuve que l’on peut être ébloui par le rappel d’un réel révulsant. Il ne s’agit pas d’une adaptation du fameux film éponyme (1969) mais de son scénario ; d’ailleurs, le metteur en scène a pris soin de ne […]

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Traduire Shakespeare ou la trahison par révérence

Traduire Shakespeare ou la trahison par révérence

Jacques Drillon

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  Sous l’invocation de Salomon. Il existe trois sortes de langues françaises : l’écrite, la parlée, et celle des traductions de Shakespeare. * Lorsque j’étais enfant, on me disait que la version était un exercice de français. Les traducteurs de Shakespeare n’ont jamais été enfants. * Les traductions de Shakespeare sont presque toutes incompréhensibles. D’une lenteur exaspérante, d’une parfaite inefficacité dramatique. Shakespeare y a résisté, comme les malades de Molière à leur médecin. Mais ce n’est pas le seul miracle : les comédiens aussi ont survécu à ce traitement, à ces phrases imprononçables, à ces tirades obscures ; et ce n’est pas le […]

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In Love with Shakespeare

In Love with Shakespeare

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Shakespeare est partout, impossible d’y échapper, il est inépuisable. Cervantès aussi, mais beaucoup moins. Ils sont morts ensemble ou presque, léger décalage dû au calendrier grégorien, il y a quatre siècles. Mais si Shakespeare l’emporte et domine la célébration mondialisée, c’est que son pays a mis le paquet contrairement à l’Espagne. A lire sa presse, on dirait qu’elle se réveille à peine et qu’elle met les bouchées doubles pour chanter la louange du manchot de Lépante après s’être fait houspiller par ceux nombreux qui lui citaient en modèle la fiesta faite à l’Anglais. En France comme ailleurs, les publications ne […]

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Dans la vie comme au théâtre

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Qui ne s’est jamais projeté dans la pièce d’un appartement ou d’une maison comme s’il se trouvait dans une pièce de théâtre ? Qui n’a jamais observé un repas auquel il participait d’un point de vue de spectateur ? Qui n’a jamais joué dans la vie comme il le ferait sur les planches ? Qui n’est pas habité par une pièce de chevet au point d’y calquer ses travaux et ses jours, inconsciemment ou pas, telles les trois héroïnes des Heures sur Mrs Dalloway ? Que celui ou celle qui n’a jamais… Place Colette (320 pages, 20 euros, Léo Scheer) annonce le programme dès la […]

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Le discours de la méthode de Stanislavski

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On hésite toujours à s’emparer pour la première fois de ce que la rumeur désigne de longue date comme « la bible du métier » quel que soit celui-ci. C’est impressionnant ; on craint que la moindre critique ne soit prise pour un blasphème ; on anticipe une déception. Bref, on y va souvent à reculons. Mon cas lorsque j’ai reçu l’édition de poche de La Formation de l’acteur (traduit de l’anglais par Elisabeth Janvier, 352 pages, 9,10 euros, Petite Biblio Payot) de Constantin Stanislavski (1863-1938), d’après une traduction du russe en anglais, incomplète, largement amputée de pages sur les improvisations, mais il faut s’en […]

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