de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Céline en Lavant fait danser les alligators sur scène

Céline en Lavant fait danser les alligators sur scène

S’emparer de Céline ? Soit. Mais qu’en faire après tant d’autres ? On s’en doute, un célinien aussi averti qu’Emile Brami s’était posé la question avant d’oser y toucher. Non pour un livre de plus, d’autant qu’il en avait déjà plusieurs à son actif. Mais une pièce de théâtre. Une vraie et non pas une lecture du Voyage au bout de la nuit, assis sur une chaise derrière un bureau en tournant les pages comme le fit l’un, ou arpentant la scène en récitant le texte comme le fit l’autre. Emile Brami a donc saisi à bras le corps l’immense corpus de la correspondance de Louis-Ferdinand Destouches dispersée dans des dizaines de volumes. Quelque trois cents lettres environ qu’il a mises en morceaux, piquant ici un paragraphe, là une expression. Que des mots à lui, points de suspension, d’exclamation et d’éructation compris. Il a admirablement noué l’ensemble. De la broderie au petit point, ce qui était après tout un passe-temps masculin attesté dans la marine britannique. Le résultat s’intitule Faire danser les alligators sur la flûte de Pan et tient l’affiche depuis dix jours au Théâtre de l’Oeuvre.

Le spectacle est saisissant deux heures durant car l’osmose est totale entre l’auteur, son inspirateur, le comédien qui l’incarne, le prodigieux Denis Lavant dont le choix s’imposait d’évidence, et le metteur en scène Ivan Morane. Ils se sont manifestement trouvés autour de ce projet, même si cela n’allait pas de soi pour l’acteur-fétiche de Léos Carax. Quand la proposition lui en a été faite, gagné par l’inquiétude face à un tel concentré de haines recuites, il a longuement hésité avant de rendre les armes. Tout tourne autour d’un axe : l’écriture. Ce qui n’empêche pas le reste qui souvent en découla : la vie littéraire, les écrivains, les collabos, l’antisémitisme, la grossièreté des riches, la vulgarité de l’époque… Mais la langue demeure sa principale obsession.

Nous sommes à Meudon en 1961. Destouches écrit à Gaston Gallimard afin de négocier une rallonge pour le contrat à venir de Rigodon. Puis, à l’annonce de sa mort à la radio, succède une série de retours sur sa vie et son œuvre, capharnaüm de souvenirs éclatés d’où émerge une puissante paranoïa. Tout le monde en prend pour son grade : éditeurs, jurés, critiques, bourgeois grands et petits, Français en gros, demi-gros, détail, Juifs, Anglais… La terre entière ! Il lui reproche de le persécuter, de le poursuivre d’une hargne inépuisable, de lui faire payer le succès du Voyage, son indépendance d’esprit et son insolente liberté de langage. Il est juste en guerre contre le monde, mais pas plus. L’une des scènes les plus irrésistibles advient lorsque Denis Lavant s’empare de livres dans une caisse et les expédie un à un en commentant :

 « Joyce ? Il encule trop la mouche… Hemingway ? Englishes jamais lus. J’ai la passion de parler français, je l’avoue… le français m’est indispensable comme l’air du temps, ne m’est pas une coquetterie, c’est une respiration.. Et Proust ! L’Homère des invertis !.. Gide a droit à toute la reconnaissance des jeunes bourgeois que l’anus tracasse..  un notaire aucune transe chez lui si ce n’est à la vue des fesses du petit bédouin… Aragon singe planqué, plagiaire, quinteux, pisse-froid, amer s’il en fut… Sartre il m’aurait fait les pompes, avalé le foutre pour que je consente à aller me montrer à ses pièces sous la botte.. La Colette à mon petit sens a eu une idée géniale La Chatte une petite idée, mais une trouvaille au délayage, c’est de la merde académique… »

Et ainsi de suite. Bref, tous des enculés. Denis Lavant ne le lit pas mais le dit, le hurle, le joue, l’incarne. Il lui faut être dans le mouvement sans paraître hystérique. Ne pas en faire trop. Ne pas en rajouter dans le côté phénomène. Ne pas faire l’histrion. L’original est déjà assez chargé comme ça, et le texte assez puissant. Dans la première partie de la pièce, il lui arrive parfois d’être monocorde dans le paroxysme, s’il sent que le public ne réagit pas ; or, on le sait par les témoignages et les nombreuses interviews radiophoniques ou filmées, Céline n’était pas toujours un incendie ; mais par la suite, le comédien se rattrape fort heureusement, jouant sur tous les registres et les ruptures de ton, du chuchotis à la vocifération, rendant à Céline son sens de la nuance, tout en subtilité et énergie contenue dès qu’il s’agit d’écriture, ce qui s’accommoderait mal du pithiatisme ou de la hurlerie. Lavant est un Céline qui restera dans les mémoires, comme le fut Marc-Henri Lamande dans Dieu, qu’ils étaient lourds, comme Serge Merlin fut un inoubliable Thomas Bernhard.

Seule compte la langue. Il n’y a pas à en sortir et il ne veut pas en sortir. Il ne veut pas raconter mais faire ressentir, question de rendu émotif. Tant pis pour la cruauté : « Que le monde change d’âme, je changerai de forme ». Il se voit poète plutôt qu’en prosateur. Tout pour la musique, le son, le chant profond et intime, ce que les jeux de lumière de Nicolas Simonin rendent bien, tant elle est dure et dense, souvent latérale, bannissant par principe tant le contre-jour que le filtre. Rien n’exaspère l’épistolier comme les Trissotins qui croient déceler de la facilité dans son torrent de mots. Lui qui clame travailler « dans la haine et avec la haine » a rarement dit son art poétique aussi nettement :

« Transposer le parler en écrit n’est pas commode. Le truc consiste à imprimer au langage parlé une certaine déformation de telle sorte qu’une fois écrit, à la lecture, il SEMBLE au lecteur qu’on lui parle à l’oreille. Je vous livre tous les secrets ! Je suis bien l’émotion avec les mots, je ne lui laisse pas le temps de s’habiller en phrases… Je la saisis toute crue ou plutôt toute poétique- car le fond de l’homme malgré tout est poésie. Le raisonnement est appris- comme il apprend à parler le bébé chante, le cheval galope- le trot est d’école. Encore est-ce un truc pour faire passer le langage parlé en écrit. Le truc c’est moi qui l’ai trouvé personne d’autre- c’est l’impressionnisme en somme. Faire passer le langage parlé en littérature, ce n’est pas la sténographie. (…) Il se passe ce qui aurait lieu pour un bâton plongé dans l’eau, pour qu’il apparaisse droit il faut avant de le plonger dans l’eau que vous le cassiez légèrement si j’ose dire que vous le tordiez préalablement. Pour rendre sur la page l’effet de la vie parlée spontanée il faut tordre la langue en tout rythme, cadence, mots, et c’est cette sorte de poésie qui donne le meilleur sortilège – l’impression, l’envoûtement, le dynamisme… »

Quant à la formule par laquelle Emile Brami a intitulé sa pièce, elle prend sa source dans une lettre, naturellement :

« Arraché, traqué, jeté sous les bombes ou en cellules, j’ai abandonné tant de manuscrits… Refaire des débuts pour un public cette fois infiniment hostile n’est pas grave. Je connais la musique du fond des choses… Je saurais s’il le fallait faire danser les alligators sur la flûte de Pan. Seulement il faut le temps de tailler la flûte et la force pour souffler… Souvent la flûte est si légère qu’elle me tombe des doigts… »

Vous aurez compris que ce que l’on donne à voir et à entendre à l’Oeuvre, c’est à la fois Céline en sa folie et du Céline comme jamais auparavant. De quoi convaincre les irréductibles ; non pas les célinophobes, mais ceux des céliniens qui considèrent que, chez tout écrivain, l’activité épistolaire, fût-elle frénétique, riche, intense, doit rester cantonner dans ses marges. Or sur scène, il se produit ce petit miracle par lequel elle intègre l’œuvre de plein droit.

(Photo IFou)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, Théâtre.

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commentaires

472 Réponses pour Céline en Lavant fait danser les alligators sur scène

Bloom dit: 5 décembre 2014 à 3 h 33 min

Remarquez, j’ai pas beaucoup de mérite à être le seul qui sache lire Céline ici.

Heureusement pour l’édition, vous n’êtes pas le seul à l’acheter.

B comme BERLIN dit: 5 décembre 2014 à 0 h 24 min

« Widergänger dit: 4 décembre 2014 à 21 h 02 min
On fond, il y a très peu de gens ici qui savent lire Céline. Je pense même que je suis le seul ici à lire vraiment Céline, le seul qui comprenne ce qu’il dit à travers les formes qu’il emploie sans faire de contre-sens.
Ça fait peu…! »…

Pas besoin d’avoir étudié Villon pour remarquer que vous êtes bien seul dans votre misérable petite vie !!!.

Widergänger dit: 4 décembre 2014 à 21 h 55 min

Ouais ! Vivement le ski à Bergün en février, mes petits chéris ! Et un petit tour à la maison de Nietzsche à Sils Maria. Le spectacle est grandiose avec le soleil derrière les nuages. Ah, c’est autre chose que sur la Rdl ! Là, on plane au moins ! On n’est pas en butte à la connerie humaine…

Arolle dit: 4 décembre 2014 à 21 h 47 min

Vivement le ski Mimi.
Un p’tit stem et le cerveau s’aère.
Une troisième étoile et la vie est belle.
Allez mon Mimi….c’est tout bon.

Widergänger dit: 4 décembre 2014 à 21 h 29 min

Remarquez, j’ai pas beaucoup de mérite à être le seul qui sache lire Céline ici. Vous êtes tellement nuls, mes pauvres petits chéris. Mes élèves sont de meilleurs lecteurs que vous !

Vous ne comprenez strictement rien à Céline. Rien de rien. Non, je ne regrette rien…

Widergänger dit: 4 décembre 2014 à 21 h 23 min

Je vous laisse à vos âneries ! Elles font de vous de pauvres erres pitoyables qui ne savent pas lire.

N’êtes que de pauvres types, des minables absolus.

Daaphnée dit: 4 décembre 2014 à 21 h 13 min

Pfff .. !
Le « truc » comme vous dites, est autant dans le registre populaire.
C’est à cela qu’on voit que vous ne saisissez rien d’une écriture qui prend où cela l’arrange, des leviers propres à secouer son lecteur.

Vous êtes un mou, Wiwi.

julien dit: 4 décembre 2014 à 21 h 11 min

Non, je ne crois pas qu’il y aurait moquerie dans l’usage de l’imparfait du subjonctif, bien au contraire : il y a recours à l’une des possibilités de la langue, parmi toutes les autres, comme il y a accumulation de figures et de lexiques chez Joinville, chez Commynes, chez Montluc dont Céline parlait si souvent.

Non, ce n’est pas un « truc ». C’est un usage très réfléchi, très désiré, et très amusant aussi, d’un niveau de langue mélangé dans tous les autres niveaux de langue.

Céline ne se moque pas, ne ricane jamais. Il dit. Et vous prétendez parmi tous être le seul capable de le lire. Eh bien.

Widergänger dit: 4 décembre 2014 à 21 h 02 min

On fond, il y a très peu de gens ici qui savent lire Céline. Je pense même que je suis le seul ici à lire vraiment Céline, le seul qui comprenne ce qu’il dit à travers les formes qu’il emploie sans faire de contre-sens.

Ça fait peu…!

Widergänger dit: 4 décembre 2014 à 20 h 56 min

Non, ça ne m’a pas échappé du tout, mais l’imparfait du subjonctif en question n’a absolument pas le sens que vous lui donnez.

Vous faites (et c’est on ne peut plus banal !) un contre-sens complet sur ce genre de « truc » de Céline.

C’est simplement un truc pour se moquer du type de personnages qui emploient des imparfaits du subjonctif.

C’est bien ce qu’il me semblait avoir compris, à savoir que vous (Paul Edel, Daaphnée et quelques autres, dont le misérable Angelo Rinaldi) n’avez absolument rien compris au style de Céline. Vous êtes vraiment pitoyables, je dois dire !

Vous parlez depuis si longtemps de cet écrivain. Et au détour d’un billet, on se rend compte qu’en réalité vous n’y entravez que dalle, au style de Céline….!

C’est vraiment à mourir de rire ! Pauvre Céline qui n’a pour le défendre que de si lamentables lecteurs !

Daaphnée dit: 4 décembre 2014 à 20 h 31 min

Il faut dire, Wiwi, que cette quasi affèterie – d’où une certaine « préciosité » dans ses choix d’écriture -chez Céline, à placer (c’est un exemple) un imparfait du subjonctif en plein dans l’expression d’un parler populaire, vous échappe .. alors, bien évidemment ..
Chez Celine l’effet n’est pas ridicule comme l’est votre réaction pleine de bouffitude.
Et Celine est imprégné de la lecture de classiques – Montaigne ..

Vous devriez vous demander à quel lecteur s’adresse cette langue spécieuse pour ce qu’elle semble un parler populaire quant elle n’en reproduit qu’un certain son ..
A quel lecteur s’adresse cette « poétique de l’ invective », cette violence, ces provocations ..
A quel lecteur s’adresse cette répugnance de la viande humaine quand le médecin soigne des corps à défaut de sauver des âmes, etc …

Vous serez moins sot.

Point à Point dit: 4 décembre 2014 à 20 h 20 min

19h54 19h57

Dans sa critique systématique et ridicule notre Mimi national se rapproche doucement du point TKT.
Pour rappel, le point TKT se caractérise par la vision d’un DJC dans tous les écrits non compatibles avec le dénommé TKT.
La merveilleuse Clopine fut la première à égaler le divin TKT, Mimi est en passe de les rejoindre.

Widergänger dit: 4 décembre 2014 à 20 h 05 min

Les gros sabots d’Angélo Rinaldoche :
« Avis d’Angelo Rinaldi sur le « style » Céline le 14 février 1981 dans l’Express:
« Céline a sué sang et eau sur la même page ;qu’il souffre de rhumatismes flaubertiens au poignet ; et que son verbe tout à l’opposé d’un patois de comptoir, est, en réalité d’un précieux. »
________
C’est n’importe quoi ! Personne n’a jamais dit que Céline écrivait un patois de comptoir, et d’une ! Deusio, de cet dans l’autre… un précieux… c’est aussi farfelu que « le patois de comptoir ». C’est un gros nul, le Rinaldoche !

Widergänger dit: 4 décembre 2014 à 20 h 01 min

vous oscillez entre le grotesque et le pitoyable. Etonnez-vous après des réactions sur ce blog…
MC
_________
Le problème c’est qu’on pourrait dire exactement la même chose à l’égard de MC…

Widergänger dit: 4 décembre 2014 à 19 h 57 min

Court dit: 4 décembre 2014 à 15 h 44 min
Remarque ingénue: c’est curieux comme ces Femmes qui se disent cultivées parce que féministes ont une vision négative et bétasse de la Préciosité, grande force civilisatrice s’il en fut.
___________
On hésite entre pouffer de rire et indifférence…

Relisons Les précieuses ridicules, mes petits chéris.

Bloom dit: 4 décembre 2014 à 19 h 24 min

Annibal2, you have a point, comme on dirait en anglais. Mais…
1. à une époque où on courtise l’abîme, Céline est plus vendeur que P. Léautaud;
2. la provoc sexuello-scato ne prend plus car elle est futile ou en dessous des pratiques quotidiennes.
Marcuse, qui orienta longtemps ma grille de lecture, avait tort: rien ne fait davantage politique que la politique.
Soirée avec hommes d’affaires, militaires de haut rang, politiques nationaux. Qui s »en tire le mieux, parle le moins creux de l' »humain »?
Hélas, n’est pas des Entrayes qui on croit. La société civile s’est, pour partie, abaissée au-dessous de la Grande muette. C’est dire…

Observatoire de la presse people dit: 4 décembre 2014 à 18 h 39 min

coupé de la complexité du réel

C’est amusant des trucs pareils balancés ainsi, ça rappelle le regard des croyants trés, mais alors très commandés…

Bernadette dit: 4 décembre 2014 à 18 h 22 min

à Mme Chaloux, vous avez raison, la danse du ventre tortillonnée est bien la spécialité de JC-danse-l’Atsue, depuis longtemps, c’est clair

Atsue 淳恵 dit: 4 décembre 2014 à 18 h 21 min

Madame Diana Chaloux, vos tablettes de chocolat sont sublimes. Accepter Chaloux en épousailles, après Bloom, cela doit saisir aux tripes non ?

Atsue 淳恵 dit: 4 décembre 2014 à 17 h 59 min

Mécanique ondulatoire ? Comment savez vous que j’ai suivi des cours de danse du ventre -professeur, un libanais nommé Bloom- à l’ambassade de France à Tokyo, en 49 !?

Buztère Quitonne dit: 4 décembre 2014 à 17 h 52 min

votre Mécano, JC danse l’Atsue, petite pièce bien si jaune, a un moteur avec de gros ratés, pas très fort en mécanique très ondulatoire

Sergio dit: 4 décembre 2014 à 16 h 58 min

C’est vrai qu’à force d’exégèses on finit par occulter que le rôle de l’artiste est, même pas de déclencher, mais de transmettre des vibrations : une diode, quoi, un transistor…

Exégèses ça doit pas être facile à prononcer au théâtre, hein ! Surtout avec un chewin-gum…

Atsue 淳恵 dit: 4 décembre 2014 à 16 h 56 min

Bernadette, je ne suis pas celui que vous espérez mettre dans votre lit douillet. Je ne suis qu’une toute petite pièce jaune.

Pas plus c.. dit: 4 décembre 2014 à 16 h 51 min

J.-C. Azerty dit: 4 décembre 2014 à 14 h 33 min

C’est surtout le point de vue de Jambrun qui ne la tient pas, la route. Il me paraît procéder d’un idéalisme à la noix de coco, sommaire et coupé de la complexité du réel, et qui aboutit à célébrer le culte burlesque et passablement idolâtre du lecteur-démiurge, seul responsable de sa « lecture », face à l’auteur-passif.

Bernadette B dit: 4 décembre 2014 à 16 h 45 min

au fait, Atsue, pourquoi ne signez-vous plus JC ? la honte ? une coquetterie ?, votre goût pour l’Orient ? les français veulent savoir, comme dit Bou(r)din…

Atsue 淳恵 dit: 4 décembre 2014 à 16 h 30 min

De même qu’un homme seul sur une ile déserte appellera « mon œuvre » un roman que l’ennui ou le génie lui dictera, un écrivain qui ne publierait pas pourra tout de même parler de son œuvre. Quand bien même personne ne connaitrait son travail. Le créateur est seul responsable de son ouvrage.

J.-C. Azerty dit: 4 décembre 2014 à 16 h 22 min

L’ œuvre de Duchamp n’ a pas d’art. Elle se décrypte (et ne s’ interprète pas ) (John Mimèse)

Réfléchissons.

Si l’oeuvre de Marcel Duchamp se décrypte, c’est qu’il y a quelque chose de crypté.
Qu’est-ce qui est crypté ? Du sens.
Qui a crypté ce sens ? l’artiste.
Le rôle de celui qui regarde l’oeuvre se bornerait donc à décrypter/déchiffrer ce sens expressément mis et crypté dans l’oeuvre par son auteur. Au-delà de cette tâche, son ticket n’est plus valable : interprétation interdite. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme.

Je récuse entièrement cette vision de la relation de l’artiste à son oeuvre et de la relation du public regardant cette oeuvre.

Elle place ne effet l’artiste dans la position d’un créateur-démiurge omniscient, conception intenable notamment parce que ça fait tout de même une paye que le bon papa Freud a montré l’existence de l’inconscient. On ne voit pas pourquoi Marcel Duchamp échapperait à la condition commune. Il ne maîtrise pas plus qu’un autre la totalité du sens de l’oeuvre réalisée par lui, et cette situation ouvre la porte à l’interprétation par autrui des sens non consciemment explicités par l’artiste, mais aussi, bien entendu, des sens qu’il y a mis consciemment.

On ne voit pas non plus, en effet, au nom de quoi, une fois effectué le travail de décryptage de ce qu’il y aurait à décrypter, l’oeuvre échapperait à une autre règle commune, celle qui veut qu’elle soit exposée à l’interprétation de tout un chacun.

Atsue 淳恵 dit: 4 décembre 2014 à 16 h 07 min

Avouez Bernadette que la sus-nommée Clopine, qui distribue des battes de base ball dans les quartiers sensibles, en veux tu en voilà, a bien tort d’être surprise de prendre des coups en retour de ses moqueries déviantes perpétuelles.

Bernadette B dit: 4 décembre 2014 à 16 h 01 min

Court : « la société sous Henri 4 » et pourquoi pas sous l’homme de Cro-Mignon… quant au fiel contre Clopine toujours pareil : le mépris et la suffisance, rien de nouveau sinon la misogynie habituelle

Atsue 淳恵 dit: 4 décembre 2014 à 15 h 59 min

Il est dommage qu’un être à l’intelligence, vive, redoutable, documentée, comme celle du bon Azertyuiop tombe si vite dans le ridicule d’affirmer que le créateur n’est pas seul responsable de son œuvre. Evidemment cela favorise le lecteur de croire que c’est lui, le lecteur, qui est le véritable créateur de l’œuvre. Quand on ne fait rien d’autre, sûr, ça valorise. Rien n’est plus faux.

Sergio dit: 4 décembre 2014 à 15 h 58 min

Court dit: 4 décembre 2014 à 15 h 44 min
N’ayant par ailleurs jamais vu l’ombre d’une autocritique Clopinienne

Mais… Hon va pas la mettre dans un camp elle est déjà dans un kolkhoze ! En plus le riz ça se fait pas comme ça… Y a qu’à voir la Mendiante d’Anne-Marie Stretter…

Court dit: 4 décembre 2014 à 15 h 44 min

Remarque ingénue: c’est curieux comme ces Femmes qui se disent cultivées parce que féministes ont une vision négative et bétasse de la Préciosité, grande force civilisatrice s’il en fut. Qu’on se souvienne de ce qu’était la société sous Henri IV…

N’ayant par ailleurs jamais vu l’ombre d’une autocritique Clopinienne, je ne vois pas pourquoi on me réclame ici obsessionnellement des excuses. Il faudrait commencer par penser un peu moins bêtement, si tant est que vous soyez faite pour penser, ce dont je doute et ne suis pas le seul à en douter. Vous avez une écriture du ressenti. Bornez-vous-y. Cela donnera peut etre quelque chose. Mais comme théoricienne de la littérature et de la philosophie, vous oscillez entre le grotesque et le pitoyable. Etonnez-vous après des réactions sur ce blog…
MC

Tu me fais tourner de l'oeil dit: 4 décembre 2014 à 15 h 24 min

des chevaux de bois emboîtés comme des poupées russes pour une guerre de triangulation…

Buztère Quitonne dit: 4 décembre 2014 à 14 h 42 min

à J.-C.Azerty, vous écrivez : « c’est le point de vue d’Atsue qui ne tient pas la route »… vous voulez dire JC, bien sûr

John Mimèse dit: 4 décembre 2014 à 14 h 34 min

Mais c’est lui qui choisit ce qui doit être regardé.( Donc son œuvre )

Absolument.
L’ œuvre de Duchamp n’ a pas d’art. Elle se décrypte (et ne s’ interprète pas )comme nous le détaille par le menu Alain Boton dans son Marcel Duchamp par lui-même (ou presque)chez Fage éditeur.

J.-C. Azerty dit: 4 décembre 2014 à 14 h 33 min

Le propos d’Azertyuiop ne tient pas la route. Seul l’auteur est celui qui peut et doit définir ce qu’il considère comme son œuvre. Tout autre étranger à l’auteur est un récepteur, souvent inculte, incapable, incompétent, aussi nul qu’un consommateur de victuailles au restaurant de la culture. (Atsue)

C’est surtout le point de vue d’Atsue qui ne la tient pas, la route. Elle me paraît procéder d’un idéalisme à la noix de coco, sommaire et coupé de la complexité du réel, et qui aboutit à célébrer le culte burlesque et passablement idolâtre de l’auteur-démiurge, seul responsable de sa « création », face au lecteur-récepteur, consommateur passif. Atsue oublie cette évidence : c’est toujours le lecteur qui, en dernier ressort fait exister l’oeuvre. La pure littérature trônant dans le ciel immaculé des idées pures, ça n’existe tout simplement pas, mon pote. Quant à l’auteur, vivant ou mort, figure-toi, mon pote, que le lecteur, généralement, il s’en tape, et à juste titre : seul compte vraiment pour lui le texte, ce singulier objet qu’il lui revient, à chaque fois, de porter à l’existence par la lecture, opération infiniment plus complexe que ce que n’imagine Atsue. Quant à la question du degré de responsabilité de l’ « auteur » dans sa « création », elle est vaste et compliquée, mais ne saurait être résolue, en tout cas, par le recours à l’image d’Epinal de l’auteur-seul-maître-à-bord, sorte de bon papa-dieu en réduction.

Donc son oeuvre dit: 4 décembre 2014 à 14 h 26 min

John Mimèse dit: 4 décembre 2014 à 14 h 14 min
Ce sont les regardeurs qui font mes tableaux insiste Marcel Duchamp…

Mais c’est lui qui choisit ce qui doit être regardé.

Giovanni Sant'Angelo dit: 4 décembre 2014 à 14 h 26 min


…pour moi,…à ce stade de mes conclusions,!…

…tout ce mouvement  » gadget  » à la Niki Saint Phalle et autres Kroons,…c’est du vulgaires – toys – exhibitions,!…

…les  » oeuvres plastiques pour décorations-gonflantes pleines ou vides « ,…ce n’est pas de l’art,!…pourquoi,!…

…ces objets ne sont que décoratifs, ils sont déplaçables,…tout le monde peut en faire, à recouvrir des surfaces en  » couleurs-style Patchwork « ,…

…çà n’explique aucun contexte ou émotions en plus çà peut annihiler la raison, dans l’objectivité à discerner,…le bon grain de l’ivraie,!…

…c’est dire la définition du mot  » art « , qui y est adjoint pour forcer les débauches d’esprits, dans cet évolution  » moderne des facilités « , pour remplir les vides,!…comme des pétroliers-géants,!…

…presque le genre, à  » Mondrian « , remplir sa toile de carrés,!…s’en rapprocher des plans d’architectures,…pour montrer  » rien « ,…en plus que le  » Yves Saint Laurent « ,…en fait un motif de base de ses créations dans les années  » 60 « ,!…tout ce mouvement de  » mode  » femmes-objets comme  » sacs en plastique jetable  » ,… comme les hommes à se changer comme des Kleenex,!…

…c’est beau,…Non , c’est pas beau,!…
…c’est l’image véhiculé du consommateur – vulgaire,… ou l’on force l’homme à se regarder dans la société comme une merde à se la tirer la chasse au W.C,…etc,!…

…on pourrait définir cet  » art « ,!…comme art des  » putes et maquereaux « ,!…en compliments,!…
…ils y en à d’autres, qui sont de la même école,!…comme  » artistes « ,!…de décors de biberons d’enfants en culture,!…Ah,!Ah,!Ah,!…
…y prendre les gens  » drogués  » par pharmacies et grandes-surfaces,!…en bovins des cultures pour des cons,!…et s’en montrer  » fétiche « ,!…
…niveau  » enfants « , a prendre les gens classiques des certitudes pour des vielles pendules,!…Ah,!Ah,!…
…envoyez,!…

John Mimèse dit: 4 décembre 2014 à 14 h 14 min

Pour exister j’ai besoin de m’affronter à une altérité vraie, j’ai besoin du regard de l’autre, Azerty.

Ce sont les regardeurs qui font mes tableaux insiste Marcel Duchamp…

J.-C. Azerty dit: 4 décembre 2014 à 14 h 10 min

Il est tout de même curieux, ce Philippe Bilger (Diagonal)

Il n’est pas seulement curieux.il est en plein dans le vrai. Pour exister j’ai besoin de m’affronter à une altérité vraie, j’ai besoin du regard de l’autre, et plus il est différent de moi, plus il m’est étranger, mieux c’est.

Polémikoeur. dit: 4 décembre 2014 à 14 h 06 min

Quelle est la limite du procédé
« que des mots à lui, piquant ici
un paragraphe, là une expression,
dans quelques trois cents lettres
dispersées dans des dizaines
de volumes, mises en morceaux » ?
Sept notes de musique et l’alphabet ?
Est-ce le fruit de l’époque du vite,
du « tweet », de l’extrait, du concentré ?
Chansons-refrains, échantillonnage de motifs,
sacrifice croissant au syndrome de la mosaïque,
est-ce le sacre du dictionnaire des citations ?
Espoirpillement.

Diagonal dit: 4 décembre 2014 à 14 h 04 min

Il est tout de même curieux, ce Philippe Bilger. Son message consiste à nous dire en substance quelque chose comme : je suis un affreux réac, mais je préfère mes adversaires progressistes à mes amis, je voudrais qu’ils m’aiment comme je souhaiterais les persuader que j’aie besoin d’eux pour m’éprouver en tant qu’idéologue réactionnaire.

Pour preuve, voici le fragment d’un récent ego-billet de son blog qui a éjecté sine die la remarque supra (c’est pas ici qu’on verrait des choses pareilles) :

« Personne n’est donc capable de comprendre que penser, c’est sans doute d’abord savoir penser contre soi et donc être davantage attiré par la contradiction de ses adversaires avec l’irremplaçable présence du regard, du visage et du corps en face de soi, que par la trop prévisible litanie des gens soucieux de rester entre eux (…) Des hasards récents de la vie m’ont incité à chercher en moi de quoi m’absoudre. Je l’ai tenté. Je demande l’indulgence de mes juges. De mes lecteurs ».

John Mimèse dit: 4 décembre 2014 à 14 h 03 min

« Tout autre étranger à l’auteur est un récepteur, souvent inculte, incapable, incompétent, aussi nul qu’un consommateur de victuailles au restaurant de la culture. » Atsue.

C’est bien ce que Marcel Duchamp a problématisé tout au long de son œuvre, pièces effectivement réalisées et notes qui remplissent deux recueils chez Flammarion.
Dans son LHOOQ, Duchamp c’ est l’ œuvre et le regard trivial. Avec ce rajout manuscrit capitales, il nous peint le manifeste du regardeur rétinien.
Alors, où sont les « limites » de l’ œuvre et du non œuvre?

DHH dit: 4 décembre 2014 à 13 h 53 min

Ce que me dit Daphnée de moi:
« ….l’éruption de la sottise la plus pure d’une DHH ….. »
elle a peut etre raison.
Mon rapprochement Celine ,Boudard ,San Antonio represente sans doute une appreciation qui ne vient pas d’un connaisseur, c’est-à-dire de qui sait voir des differences ou des nuances là où les autres n’en voient pas ,et sait deceler ce qui sépare la contrefaçon de l’authentique.
C’est vrai pour la littérature comme pour les sacs griffés .
C’est ce que m’a fait bien comprendre hier Azerty à 14 h 32 avec courtoisie
Tandis que Daphnée me le balance sans élégance .
Il n’y a que sur un blog qu’on peut se croire autorisé à dire en face a quelqu’un qu’on connaît à peine : « vous êtes une imbecile »
Le Web :Nouveau champ ouvert aux sociologues observateurs des rites d’interaction ,un monde ou la politesse n’est pas comme ailleurs gestion de l’indifference

Annibal 2 dit: 4 décembre 2014 à 13 h 52 min

Ne faudrait-il pas tirer une adaptation scénique du « Journal » de Paul Léautaud, intégrant jusqu’à ses écris érotico scato ?
Quel spectacle au service de la langue ce serait, d’une manière tout aussi grinçante que celle de Céline, mais nettement plus jubilatoire !
Depardieu serait le diseur interprète idéal pour cette langue-là !

Annibal 2 dit: 4 décembre 2014 à 13 h 40 min

La préciosité de Céline dont il est fait mention ici, finirait-elle avec celle de Pierre Guyotat, devenu illisible après « Tombeau pour 500 000 soldats » ?
Cette préciosité-là fait plutôt référence au mot précis que précieux.
D’où une certaine confusion entre Paul et Clopine.
C’est la précision de l’artiste horloger ou joaillier : de la très haute précision donc !
Mais quand ça devient de l’art pour l’art, ça perd toute sa singularité, comme le suggère Bloom.
Précieux, n’est pas le bon mot, Paul.
Le Précieux, c’est Rinaldi. Rien à voir !
La langue de Céline c’est celle de l’hystérie, qui s’exprime oralement, à la manière d’un Paul Léautaud ou d’un Antonin Artaud…
Elle gagne à être entendue, d’où le succès des prestations scéniques d’un Denis Lavant ou d’un Fabrice Lucchini.

Enchères et contre tous dit: 4 décembre 2014 à 13 h 22 min

Mais cher cousin de ueda,

laissez-nous vivre !

Et que les dieux fassent se multiplier, les esquisses, ébauches, dessins préparatoires, brouillons, lettres, recettes de cuisine, études, maquettes et tutti quanti.
Les « Oeuvres » n’ont pas de limites.

Atsue 淳恵 dit: 4 décembre 2014 à 12 h 55 min

Le propos d’Azertyuiop ne tient pas la route. Seul l’auteur est celui qui peut et doit définir ce qu’il considère comme son œuvre. Tout autre étranger à l’auteur est un récepteur, souvent inculte, incapable, incompétent, aussi nul qu’un consommateur de victuailles au restaurant de la culture.

Portes ouvertes dit: 4 décembre 2014 à 12 h 51 min

J.-C. Azerty dit: 4 décembre 2014 à 12 h 40 min

Jeannot tu nous fais du Clopine,
t’enchaînes les poncifs,
fais plus court.

Clopine dit: 4 décembre 2014 à 12 h 49 min

Azerty, j’ai dû mettre, au bas mot, trois fois la recette de la soupe aux poireaux pommes de terre de Duras en ligne, ici même, en 8 ans. Merci de me croire sur parole… Mais ça n’apporterait rien à personne si je récidivais, alors que les extraits mis en ligne par notre hôte, eux, sont parfaitement pertinents car « nouveaux ».

relions les commentaires dit: 4 décembre 2014 à 12 h 45 min

« Comment certaines personnes ne se rendent-elles pas compte de leur effarante stupidité, en particulier littéraire !? J’ai des noms sur le bout de la langue. »

« Ca devrait pas être trop compliqué, ça commence par un « C »… »

J.-C. Azerty dit: 4 décembre 2014 à 12 h 40 min

De quoi convaincre les irréductibles ; non pas les célinophobes, mais ceux des céliniens qui considèrent que, chez tout écrivain, l’activité épistolaire, fût-elle frénétique, riche, intense, doit rester cantonner dans ses marges. Or sur scène, il se produit ce petit miracle par lequel elle intègre l’œuvre de plein droit. (Assouline)

Mais… d’autres contre-exemples existent : les recettes de cuisine voire les listes de courses (mais oui…) de Marguerite Duras, par exemple : la soupe au poireaux-pommes de terre est un bijou littéraire… (Clopine)

Le point commun à ces deux points de vue, c’est qu’ils assignent le statut d’oeuvre d’art à des textes auxquels d’autres lecteurs refuseraient cette dignité. C’est qu’ils suggèrent aussi la continuité entre ces textes et d’autres du même auteur, auxquels personne (ou presque (j’insiste sur ce « presque ») ne refuserait la qualité d’oeuvres d’art authentiques (romans, pièces de théâtre, poèmes).

Assouline fournit quelques pièces de son dossier, à savoir des citations de la correspondance de Céline. Passages effectivement étincelants, j’en conviens. Clopine se dispense de fournir les siennes, mais je suis prêt à reconnaître l’excellence de ses raisons.

Quant à moi, je serais prêt à soutenir farouchement que tel ou tel aphorisme de Cioran (trois lignes ou moins) constitue une authentique oeuvre d’art, indépendamment du contexte de l’oeuvre où on peut le lire.

Ce qui m’amène à poser la question de savoir à qui revient le rôle d’assigner le statut d’oeuvre (au sens fort du terme, c’est-à-dire d’oeuvre d’art) à tel ou tel texte (pas seulement littéraire ou à prétention littéraire d’ailleurs).

A l’auteur ? Sûrement pas. L’auteur, il fait ce qu’il peut. Il ne manque pas dans l’histoire de la littérature d’écrivains découragés de poursuivre par une réception catastrophique. Un Lautréamont n’aura jamais su de son vivant qu’il était un grand écrivain.

Le statut et la valeur qu’il s’agit d’assigner à un texte, c’est l’affaire du lecteur-interprète, et de lui seul. Seul le lecteur donne existence et sens à un texte, quel qu’il soit, seul il lui assigne sa valeur et son sens. Pouvoir discrétionnaire, proprement ahurissant aux yeux de certains, mais bien réel. L’auteur peut toujours faire de son mieux, s’il n’y a personne pour lui tirer son chapeau (à part sa femme et son chat, excluons déjà le chat pour des raisons techniques), il pourra toujours s’agiter devant la glace de sa salle de bains en proclamant qu’il est le meilleur, ça ne mange pas de pain.

J’ai pu constater sur ce fil que d’aucuns considèrent comme un insignifiant sous-fifre un écrivain que je considère comme un des trois ou quatre plus grands du XXe siècle. N’importe, dira-t-on : que chacun produise ses raisons.

C’est là que les choses se compliquent. Apparemment la tâche paraît facile. Pouète pouète Lariflette. En réalité, elle est excessivement compliquée. Il y faut de la lucidité, de la culture, du talent, du temps. Et, bien entendu, la démonstration apparemment la mieux argumentée, la plus subtile, la plus probante, pourra toujours être récusée par le plus inculte et plus obtus pignouf (c’est du moins ainsi que vous le qualifierez, au nom de votre supérieure lucidité), récusation appuyée sur son intime et inébranlable conviction, qui vaut bien la vôtre.

En somme, le lecteur-interprète est comme l’auteur. Il fait ce qu’il peut, se débattant, la plupart du temps, au milieu d’enjeux et de problématiques qui le dépassent complètement.

Jeu un peu fou ? Jeu de dupes ? Peut-être, mais jeu passionnant, du moins pour quelques hallucinés, plus nombreux cependant qu’on ne croirait. Il court il court, le furet…

Diagonal dit: 4 décembre 2014 à 12 h 35 min

C’est une drôle de coïncidence que cette histoire de danse d’alligators sur scène. Car c’est aux pieds de cet animal en plastic vert qu’Edward Snowden (alias Cincinnatus) donna rendez-vous à Glenn Greenwald du Guardian, dans un grand hôtel de Hong Kong pour lui faire les révélations documentées sur la NSA que l’on sait. Mais apparemment tout le monde se fout ici des alligators. On a bien tort : il n’y a plus nulle part où se cacher (no place to hide) et où cacher les bribes de sa mémoire (no place to ‘memento mori’)…, C’est ce que s’apprête à annoncer Patrick Modiano, samedi, à Stockholm.

Atsue 淳恵 dit: 4 décembre 2014 à 12 h 33 min

Comment certaines personnes ne se rendent-elles pas compte de leur effarante stupidité, en particulier littéraire !? J’ai des noms sur le bout de la langue. Ils ne vous diraient rien.

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