de Pierre Assouline

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La République des livres
Céline en Lavant fait danser les alligators sur scène

Céline en Lavant fait danser les alligators sur scène

S’emparer de Céline ? Soit. Mais qu’en faire après tant d’autres ? On s’en doute, un célinien aussi averti qu’Emile Brami s’était posé la question avant d’oser y toucher. Non pour un livre de plus, d’autant qu’il en avait déjà plusieurs à son actif. Mais une pièce de théâtre. Une vraie et non pas une lecture du Voyage au bout de la nuit, assis sur une chaise derrière un bureau en tournant les pages comme le fit l’un, ou arpentant la scène en récitant le texte comme le fit l’autre. Emile Brami a donc saisi à bras le corps l’immense corpus de la correspondance de Louis-Ferdinand Destouches dispersée dans des dizaines de volumes. Quelque trois cents lettres environ qu’il a mises en morceaux, piquant ici un paragraphe, là une expression. Que des mots à lui, points de suspension, d’exclamation et d’éructation compris. Il a admirablement noué l’ensemble. De la broderie au petit point, ce qui était après tout un passe-temps masculin attesté dans la marine britannique. Le résultat s’intitule Faire danser les alligators sur la flûte de Pan et tient l’affiche depuis dix jours au Théâtre de l’Oeuvre.

Le spectacle est saisissant deux heures durant car l’osmose est totale entre l’auteur, son inspirateur, le comédien qui l’incarne, le prodigieux Denis Lavant dont le choix s’imposait d’évidence, et le metteur en scène Ivan Morane. Ils se sont manifestement trouvés autour de ce projet, même si cela n’allait pas de soi pour l’acteur-fétiche de Léos Carax. Quand la proposition lui en a été faite, gagné par l’inquiétude face à un tel concentré de haines recuites, il a longuement hésité avant de rendre les armes. Tout tourne autour d’un axe : l’écriture. Ce qui n’empêche pas le reste qui souvent en découla : la vie littéraire, les écrivains, les collabos, l’antisémitisme, la grossièreté des riches, la vulgarité de l’époque… Mais la langue demeure sa principale obsession.

Nous sommes à Meudon en 1961. Destouches écrit à Gaston Gallimard afin de négocier une rallonge pour le contrat à venir de Rigodon. Puis, à l’annonce de sa mort à la radio, succède une série de retours sur sa vie et son œuvre, capharnaüm de souvenirs éclatés d’où émerge une puissante paranoïa. Tout le monde en prend pour son grade : éditeurs, jurés, critiques, bourgeois grands et petits, Français en gros, demi-gros, détail, Juifs, Anglais… La terre entière ! Il lui reproche de le persécuter, de le poursuivre d’une hargne inépuisable, de lui faire payer le succès du Voyage, son indépendance d’esprit et son insolente liberté de langage. Il est juste en guerre contre le monde, mais pas plus. L’une des scènes les plus irrésistibles advient lorsque Denis Lavant s’empare de livres dans une caisse et les expédie un à un en commentant :

 « Joyce ? Il encule trop la mouche… Hemingway ? Englishes jamais lus. J’ai la passion de parler français, je l’avoue… le français m’est indispensable comme l’air du temps, ne m’est pas une coquetterie, c’est une respiration.. Et Proust ! L’Homère des invertis !.. Gide a droit à toute la reconnaissance des jeunes bourgeois que l’anus tracasse..  un notaire aucune transe chez lui si ce n’est à la vue des fesses du petit bédouin… Aragon singe planqué, plagiaire, quinteux, pisse-froid, amer s’il en fut… Sartre il m’aurait fait les pompes, avalé le foutre pour que je consente à aller me montrer à ses pièces sous la botte.. La Colette à mon petit sens a eu une idée géniale La Chatte une petite idée, mais une trouvaille au délayage, c’est de la merde académique… »

Et ainsi de suite. Bref, tous des enculés. Denis Lavant ne le lit pas mais le dit, le hurle, le joue, l’incarne. Il lui faut être dans le mouvement sans paraître hystérique. Ne pas en faire trop. Ne pas en rajouter dans le côté phénomène. Ne pas faire l’histrion. L’original est déjà assez chargé comme ça, et le texte assez puissant. Dans la première partie de la pièce, il lui arrive parfois d’être monocorde dans le paroxysme, s’il sent que le public ne réagit pas ; or, on le sait par les témoignages et les nombreuses interviews radiophoniques ou filmées, Céline n’était pas toujours un incendie ; mais par la suite, le comédien se rattrape fort heureusement, jouant sur tous les registres et les ruptures de ton, du chuchotis à la vocifération, rendant à Céline son sens de la nuance, tout en subtilité et énergie contenue dès qu’il s’agit d’écriture, ce qui s’accommoderait mal du pithiatisme ou de la hurlerie. Lavant est un Céline qui restera dans les mémoires, comme le fut Marc-Henri Lamande dans Dieu, qu’ils étaient lourds, comme Serge Merlin fut un inoubliable Thomas Bernhard.

Seule compte la langue. Il n’y a pas à en sortir et il ne veut pas en sortir. Il ne veut pas raconter mais faire ressentir, question de rendu émotif. Tant pis pour la cruauté : « Que le monde change d’âme, je changerai de forme ». Il se voit poète plutôt qu’en prosateur. Tout pour la musique, le son, le chant profond et intime, ce que les jeux de lumière de Nicolas Simonin rendent bien, tant elle est dure et dense, souvent latérale, bannissant par principe tant le contre-jour que le filtre. Rien n’exaspère l’épistolier comme les Trissotins qui croient déceler de la facilité dans son torrent de mots. Lui qui clame travailler « dans la haine et avec la haine » a rarement dit son art poétique aussi nettement :

« Transposer le parler en écrit n’est pas commode. Le truc consiste à imprimer au langage parlé une certaine déformation de telle sorte qu’une fois écrit, à la lecture, il SEMBLE au lecteur qu’on lui parle à l’oreille. Je vous livre tous les secrets ! Je suis bien l’émotion avec les mots, je ne lui laisse pas le temps de s’habiller en phrases… Je la saisis toute crue ou plutôt toute poétique- car le fond de l’homme malgré tout est poésie. Le raisonnement est appris- comme il apprend à parler le bébé chante, le cheval galope- le trot est d’école. Encore est-ce un truc pour faire passer le langage parlé en écrit. Le truc c’est moi qui l’ai trouvé personne d’autre- c’est l’impressionnisme en somme. Faire passer le langage parlé en littérature, ce n’est pas la sténographie. (…) Il se passe ce qui aurait lieu pour un bâton plongé dans l’eau, pour qu’il apparaisse droit il faut avant de le plonger dans l’eau que vous le cassiez légèrement si j’ose dire que vous le tordiez préalablement. Pour rendre sur la page l’effet de la vie parlée spontanée il faut tordre la langue en tout rythme, cadence, mots, et c’est cette sorte de poésie qui donne le meilleur sortilège – l’impression, l’envoûtement, le dynamisme… »

Quant à la formule par laquelle Emile Brami a intitulé sa pièce, elle prend sa source dans une lettre, naturellement :

« Arraché, traqué, jeté sous les bombes ou en cellules, j’ai abandonné tant de manuscrits… Refaire des débuts pour un public cette fois infiniment hostile n’est pas grave. Je connais la musique du fond des choses… Je saurais s’il le fallait faire danser les alligators sur la flûte de Pan. Seulement il faut le temps de tailler la flûte et la force pour souffler… Souvent la flûte est si légère qu’elle me tombe des doigts… »

Vous aurez compris que ce que l’on donne à voir et à entendre à l’Oeuvre, c’est à la fois Céline en sa folie et du Céline comme jamais auparavant. De quoi convaincre les irréductibles ; non pas les célinophobes, mais ceux des céliniens qui considèrent que, chez tout écrivain, l’activité épistolaire, fût-elle frénétique, riche, intense, doit rester cantonner dans ses marges. Or sur scène, il se produit ce petit miracle par lequel elle intègre l’œuvre de plein droit.

(Photo IFou)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, Théâtre.

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commentaires

472 Réponses pour Céline en Lavant fait danser les alligators sur scène

Clopine dit: à

Ben oui, j’ai été chercher la signification exacte de clancul. Et devinez à qui elle me renvoie, cette définition ? Ca devrait pas être trop compliqué, ça commence par un « t »…

Clopine dit: à

qui contient en lui LES GERMES du romanesque psy, bien sûr.

Clopine dit: à

Le dernier mot, je m’en fiche bien, Paul, mais je suis curieuse, c’est vrai, de ce que les uns et les autres mettent derrière leur vocabulaire. De nouveau, vous voici d’une rudesse exemplaire à mon égard, alors que petit à petit je commence à entrevoir ce que vous vouliez dire sur la « préciosité » de Céline. Soupir. Je vois pourtant, dans son oeuvre, bien plus de prosaïsme (sans doute dû à sa qualité d’ancien carabin, vous vous souvenez, la première phrase du Voyage ?) que d’euphémismes raffinés. M’enfin, qu’il se soit frotté et ai fait son miel des écritures du 17è siècle, je vous crois sur parole -qui n’est pas attiré par ce courant-là, qui contient en lui tout le romanesque psychologique ?

Cependant, je revendique le droit, sans qu’on me rebute exagérément, de discerner une faiblesse dans ce qui est pour vous, Paul, une gloire. Certes, nos « grands salons » du 17è siècle étaient prestigieux… Mais la littérature contemporaine, au moins à mes yeux, vaut plus par sa filiation avec une Jane Austen qu’avec une Scudéry. Je ne sais pas si je suis claire, et de toute façon, votre animosité me navre, alors bon.

Bloom dit: à

Quand Thomas Mann a lu « le voyage au bout de la nuit » il a noté dans son journal « littérature sauvage ».

Plus tard, Nimier, parlera de littérature « brutale », adjectif pas étranger ua lexique nazi.

Gorgo dit: à

Ya du Chaloux sous cette méduse.

Pire que renato dit: à

Clopine dit: 4 décembre 2014 à 11 h 59 min
un, Google m’apprend

Ah enfin !
Elle avoue.

Clopine dit: à

Je regrette votre « point-barre », qui me renvoie à ma solitude, Paul – mais cependant, si le féminisme est patent chez les précieuses, il repose néanmoins sur une vision, même pas une vision, une « essence » aristocratique de la société, non ? Les beaux vêtements, l’horreur du prosaïsme, l’apparence, surtout l’apparence… Rostand nous le dit bien : Cyrano est amoureux de Roxane, certes – mais elle ne le mérite pas, ah ça non ! Passer plus à côté de la plaque que ça, faut le faire..

Tenez, je vais vous faire une confidence : il y a certains mouvements « féministes » parisiens qui sont tout entiers « précieux », et qui ont fait pas mal de ravages pour déprécier (précisément, ahaha) ce que le féminisme pouvait avoir de dérangeant.

La Méduse dit: à

bof dit: 4 décembre 2014 à 12 h 00 min
vu son niveau d’incompétence médicale (au titre des anciens combattants de 14/18 , études réduites à 2 ans à Brest)

Au début du XXème siècle, deux ans d’études étaient suffisants pour faire le tour des connaissances utiles. La médecine telle que nous l’entendons aujourd’hui n’existait pas encore. La base, c’était cataplasme et huile de foie de morue.

Atsue 淳恵 dit: à

Il faut comprendre ceux qui décident de vivre à la campagne. Ils n’ont pas le choix. Ailleurs, c’est si coûteux.

Paul Edel dit: à

pardon le post est parti trop vite:
Clopine, la préciosité est un mouvement littéraire magnifique.pour moi c’est un raffinement et une élégance.je vous signale que ce mouvement a joué un role capital dans l’avancée du « féminisme » à l’époque.l’hotel de rambouillet, la Fronde, l’analyse raffinée du sentiment amoureux,c’est une renouveau, une vitalité, et sans tout ça on n’aurait pas « la princesse de clèves » sans le courant, pas de marivaux.. pas de giraudoux et peut-être pas tut à fait un céline aussi raffiné. je sens que vous voulez avoir, comme d’habitude ,le dernier mot,et que vous foncez tete baissée je vous le laisse bien volontiers.

bof dit: à

Paul Edel dit: 4 décembre 2014 à 11 h 32 min

Avis d’Angelo Rinaldi sur le « style » Céline le 14 février 1981 dans l’Express:

, et en même temps un médecin attentif à la douleur de ses patients(tous les témoignages concordent)  »

vu son niveau d’incompétence médicale (au titre des anciens combattants de 14/18 , études réduites à 2 ans à Brest) valait mieux qu’il soit (soit disant) attentif aux pauvres (qu’il méprisait) et pour éviter les suites de sa glorieuse guerre (39/45) qu’il se crée un personnage de petit médecin de banlieue à gilet de laine mité

Clopine dit: à

Ah, enfin un argument valable à mes yeux, Paul Edel : vous voyez, quand vous voulez !

Sauf que :

un, Google m’apprend que Boudard l’utilise lui aussi, ce « clancul », ce qui donnerait d’ailleurs raison à DHH sur la parenté entre les deux (outre le milieu social décrit et le côté parisien de l’affaire).

voici ce que j’ai trouvé :
« On retrouve ce mot chez Alphonse Boudard.
‘Y a assez de clanculs par le monde qui triomphent’, F1, 21. »

et deux) : peut-on vraiment associer la préciosité à Madame de Sévigné ? N’est-ce pas plutôt les dérives post-sévigniennes qu’il convient d’appeler ainsi,Scudéry en tête ?

et trois) : dans votre esprit, Paul, la préciosité est-elle positive ou négative ? Mes études secondaires m’avaient amenée à rejeter cette forme contournée de littérature.

Un peu comme notre expression, à nous habitants des des prés, des haies et des ruisseaux, quand on estime qu’il convient d’éviter de tortiller du cul, quand il s’agit de chier droit… Allez, sourire quoi, j’écris ça pour conforter Daaphnée, (une précieuse presque parfaite, elle, sauf que son self-contrôle laisse à désirer et qu’elle se vautre parfois dans l’insulte la plus vulgaire), conforter Daaphnée, disais-je, dans son effroi outré qu’on puisse revendiquer vivre aux champs…)

Bouvier Jacqueline dit: à

Mon mari et moi attendons des enfants de vous.

Paul Edel dit: à

Avis d’Angelo Rinaldi sur le « style » Céline le 14 février 1981 dans l’Express:
« Céline a sué sang et eau sur la même page ;qu’il souffre de rhumatismes flaubertiens au poignet ; et que son verbe tout à l’opposé d’un patois de comptoir, est, en réalité d’un précieux. »
et oui répétons le, il y a un furieux apocalyptique, raciste, bave aux lèvres , qui donne souvent la nausée, et en même temps un médecin attentif à la douleur de ses patients(tous les témoignages concordent) et un sacré foutu lettré raffiné qui connait par cœur son Tallemant des Réaux et son Sévigné sur le bout des doigts –qui à part lui utilise le mot « clancul » ?- (mais oui ma petite Clopine des champs des prés des bois et des haies abimées ). Et aussi uil connait son Littré ;enfin il n’a pas tort de crier hurler répéter qu’il est un « musicien » de la langue française, et un « novateur ». Vous secouez le tout et vous avez Céline, grande statue d’ile de pâques de la littérature française. on ‘a pas fini d’en faire le tour.
Quand Thomas Mann a lu « le voyage au bout de la nuit » il a noté dans son journal « littérature sauvage ». rien de plus..Ajoutons que les nazis ont vite interdit à la vente le « voyage.. »

julien dit: à

Sur la question de la correspondance participant ou non à l’œuvre qu’elle accompagne, Victor Hugo dit dans son « testament littéraire », si je me souviens bien, et visant tout spécialement celles par lui envoyées à Juliette, que les lettres appartiennent à celui qui les a écrites et non à celui qui les a reçues.

Clopine dit: à

Eh Zut ! Il semble bien que le combat cessa, faute de combattants. Pour une fois que… Azerty, Passou, revenez : y’en a au moins une qui suit, là…

Atsue 淳恵 dit: à

Vous n’êtes ni la première, ni la dernière personne à me prendre pour un défécateur, La Méduse. Ne le sommes-nous pas par nature ? Tous.

La Méduse dit: à

Au fait, dans le genre machine à coudre parapluie, ce qu’on lit ci-dessus n’est pas mal : P.D. James a filé anglaise, comment ranger le corpus aristotélicien ?

La Méduse dit: à

Mais tout ça ne nous dit pas comment ranger le corpus aristotélicien.

La Méduse dit: à

Ça m’embête, mais pour une fois je suis obligé d’être d’accord avec JC 10h50. Comme quoi, même les pires défécateurs peuvent produire des fèces bien moulées.

Clopine dit: à

John mimès, merci pour les liens ! Je dirais que oui, Koons est précieux, et Niki non : quand elle détourne les bergers de leurs toiles de Jouy, elle les « asseoit » (c’est le moins que l’on puisse dire).

(je ne crois pas que Céline « détourne » Mlle de Scudéry. Ce ne sont pas les exemples fournis par Paul ou Daaphnée qui m’en convaincront, en tout cas).

Atsue 淳恵 dit: à

Bizarre, ce débat sur ce qu’est l’œuvre d’un écrivain. Il est clair que c’est ce que Lui, le créateur, a défini comme son œuvre qui est son œuvre. En aucun cas, un étranger, lecteur, critique, disciple, peut décider à sa place.

Passou dit: à

JC Azety, « Ce statut a changé, et il me paraît évident qu’on n’a plus affaire au même texte. » Et vous citiez la pièce de Brami. Or je ne parlais que d’intégrer la correspondance même de Céline à son oeuvre. D’où le malentendu. Mais la question de fond reste entière et… inépuisable quel que soit l’auteur.

J.-C. Azerty dit: à

Je veux bien admettre avec vous que la correspondance de Céline (ou de Flaubert etc.) fait partie de son oeuvre, mais à condition d’admettre qu’l existe deux façons de concevoir l’oeuvre : 1/ le corpus intégral des textes produits par l’écrivain 2/ l’oeuvre d’art seule, distincte de tous les autres textes du même auteur. (moi)

La question me paraît rejoindre celle de la manière dont nous concevons, dans notre tradition occidentale, la relation entre un « auteur » et son « oeuvre ». Ces deux mots sont d’ailleurs très suggestifs de la nature de cette relation, et révélateurs d’un schème central dans notre compréhension de notre relation avec le monde. Dans l’auteur, c’est toujours un peu pour nous l’image de Dieu le Père qui revit, et il est le créateur d’un livre à l’image de dieu créant le monde. Je verrais plutôt l’écrivain comme un intermédiaire, un filtre à travers lequel le texte que nous appelons « oeuvre » passe pour prendre consistance, une consistance d’ailleurs jamais vraiment fixée.

Clopine dit: à

Azerty, (excusez-moi de m’immiscer), un bon exemple, à mon sens, des dérives de la position assoulinienne se trouve chez Kafka : son boulot alimentaire d’assureur l’amenait à produire des rapports, compte-rendus, etc. Autant de pièces écrites que certains n’hésitent pas à classer, tout dru, dans l' »oeuvre ». Ce qui est pour le moins tendancieux.

Donc vous avez raison.

Mais… d’autres contre-exemples existent : les recettes de cuisine voire les listes de courses (mais oui…) de Marguerite Duras, par exemple : la soupe au poireaux-pommes de terre est un bijou littéraire…

J.-C. Azerty dit: à

Pardon JC Azerty de 9.49, mais je crois que vous lu trop vite ma chute. le « elle » en question se rapporte à l’activité épistolaire de Céline, c’est à dire sa correspondance, que je considère comme partie intégrante de son oeuvre, et non la pièce qu’Emile Brami en a tirée…

@ Passou

J’ai très bien compris votre position mais je ne suis pas d’accord avec elle. Je ne considère pas en effet la correspondance de Céline comme faisant partie intégrante de l’oeuvre. La suite de mon intervention précise les raisons de ma position : tout tourne autour de ce qu’il s’agit d’appeler l’oeuvre d’un écrivain, à partir du moment où cet écrivain est un artiste. Pour moi, l’oeuvre de l’écrivain/artiste, c’est l’oeuvre d’art, et rien d’autre. Vous me direz que l’affaire est plus compliquée que cela. Dans quelle mesure, à ce propos, la comparaison entre les textes d’un écrivain et le corpus des productions picturales d’un peintre (esquisses comprises) est-il éclairant pour la littérature ? Nous avons l’habitude de considérer comme l’oeuvre d ‘un peintre, non seulement ses tableaux, mais aussi ses esquisses préparatoires, ses dessins… Dans quelle mesure les textes produits par un écrivain mais non incorporés par lui dans une oeuvre d’art peuvent-ils être considérés comme faisant partie de son oeuvre (au sens d’oeuvre d’art ?) . On peut aller à la chasse, dans la correspondance d’un Flaubert, de textes pouvant être considérés comme des esquisses (à un titre ou à un autre) de « Madame Bovary » ou de « l’Education sentimentale », et les spécialistes de Flaubert ne s’en sont pas privés. Ne parlons pas des brouillons, des variantes, qui font le bonheur des éditeurs de tel ou tel grand écrivain pléiadisé. Après tout, la distinction proustienne entre deux moi d’un écrivain est éminemment discutable. Pour ma part, je considère que ce second « moi » (celui qui ne s’exprime que dans l’oeuvre d’art) existe bel et bien, mais qu’il ne préexiste pas à l’oeuvre d’art : il se construit avec elle. Néanmoins il n’est présent qu’en elle. Je veux bien admettre avec vous que la correspondance de Céline (ou de Flaubert etc.) fait partie de son oeuvre, mais à condition d’admettre qu’l existe deux façons de concevoir l’oeuvre : 1/ le corpus intégral des textes produits par l’écrivain 2/ l’oeuvre d’art seule, distincte de tous les autres textes du même auteur.

au passage dit: à

les constantes brisures de rythme maintiennent le lecteur dans une sorte d’inquiétude
Clopine

N’importe quoi.

– Préciosité qui est donc, je le maintiens, à peu près l’exact inverse de l’écriture célinienne.
clopine

Vous ne comprenez pas le sujet de la discussion.

Atsue 淳恵 dit: à

Féminisme oblige, je dirai plus volontiers Wiwi fait du ski, que Clopine fait du caca. Vous comprenez ? Solidarité.

Clopine dit: à

Azerty, encore une fois d’accord avec vous sur la distinction entre l’oeuvre et les autres productions d’un écrivain.

MAIS

Quand on découvre, ébloui, la correspondance de Flaubert, eh bien on ne tarde pas à la placer encore au-dessus de son oeuvre(enfin moi, ça m’a fait ça !), et que la lecture d’icelle (tiens, un mot précieux pour le coup) en sort renforcée, revisitée, revivifiée. Comme un coup d’EPO dans le muscle d’un compétiteur…

Clopine dit: à

Du point de vue littéraire, Daaphnée a raison, et tort à la fois.Bien sûr, la langue célinienne est travaillée, elle regorge d’inventions et d’un vocabulaire précis et copieux, elle fait appel à des registres différents pour faire sens, (de la solitude morale aux différentes manières d’appréhender le monde sensible) elle « cabriole », je suis d’accord, et en plus, les constantes brisures de rythme maintiennent le lecteur dans une sorte d’inquiétude : ce qui convient parfaitement à ce qui est dit là, vous en conviendrez tous.

Je le disais déjà à Paul hier matin (soupir).

Mais cela ne correspond pas à la définition de la « préciosité » – au moins dans le sens que l’école m’a fourni, et qui correspond donc à des afféteries de style, des euphémismes, un recours à des tournures soi-disant « nobles » et un refus du prosaïsme, jusqu’à l’absurde (Mlle de Scudéry plus que Mme de Sévigné, qui, elle, ne tortille pas quand elle laisse parler ses sentiments, notamment à l’égard de sa fille Mme de Grignan). Préciosité qui est donc, je le maintiens, à peu près l’exact inverse de l’écriture célinienne. A moins de voir des bergères en porcelaine de Saxe dans les Nanas de Niki de Saint-Phalle (par exemple), ce qui laisse rêveur sur l’acuité visuelle du spectateur !

Quant à la vaniteuse danse du ventre daaphnéienne, façon Castafiore qui rit de se voir dans le miroir, qui a suivi son post, nous passerons outre (c’est le terme qui convient, me semble-t-il…)

Passou dit: à

Pardon JC Azerty de 9.49, mais je crois que vous lu trop vite ma chute. le « elle » en question se rapporte à l’activité épistolaire de Céline, c’est à dire sa correspondance, que je considère comme partie intégrante de son oeuvre, et non la pièce qu’Emile Brami en a tirée…

Atsue 淳恵 dit: à

Comme je butais sur le mot « ontologique », chez nous c’est 存在論の, employé par Azertyuiop, j’ai vérifié. Son emploi est parfait dans le contexte. Ce blog est prestigieux. Ontologique. Wiwi fait du ski. Great !

J.-C. Azerty dit: à

Proust, avec sa fameuse distinction entre les deux moi de l’écrivain, le moi de l’homme ordinaire et celui qui ne trouve à s’exprimer, ne se manifeste au grand jour que dans l’oeuvre d’art (moi)

La question reste de savoir si ce second moi préexiste à l’oeuvre d’art ou s’il ne se construit que dans l’oeuvre d’art, en liaison étroite avec la construction de celle-ci.

J.-C. Azerty dit: à

Or sur scène, il se produit ce petit miracle par lequel elle intègre l’œuvre de plein droit.

Cette conclusion de l’article d’Assouline réactive la question de savoir ce qu’il est légitime d’appeler l’oeuvre d’un écrivain, et comment préciser son statut. Elle a le mérite de bien faire la distinction entre ce qu’était le statut de ces extraits de la correspondance avant leur arrangement par Claude Brami et leur production scénique et ce qu’il est devenu après ce traitement. Ce statut a changé, et il me paraît évident qu’on n’a plus affaire au même texte. Je chicanerais Assouline sur les derniers mots : « elle intègre l’oeuvre de plein droit ». Je dirais pour ma part : elle devient une oeuvre de plein droit. Cette oeuvre (nouvelle), c’est l’oeuvre conjointe de Claude Brami (avec la collaboration involontaire et totalement passive du défunt Céline qui, en cette affaire, n’a pas vraiment droit au chapitre) et des gens de théâtre auxquels il a confié l’incarnation scénique par laquelle elle devient une oeuvre pleinement autonome. Ce travail n’en transforme pas pour autant le corpus initial des textes de la correspondance célinienne en une oeuvre.

Ce n’est peut-être qu’une une question de commodité de vocabulaire mais il me semble que, depuis fort longtemps, règne une confusion dommageable sur ce qu’on appelle l’oeuvre d’un écrivain. confusion qui aboutit à mélanger les torchons avec les serviettes. Quel que soit leur intérêt et leurs qualités littéraires, « Racine et Shakespeare » de Stendhal ou la correspondance de Flaubert ne sont pas des oeuvres au sens ou « Le Rouge et le noir » et « Madame Bovary » sont des oeuvres. De même, la correspondance de Céline ou ses pamphlets ne sont pas des oeuvres au sens où ses romans sont des oeuvres. Leur nature, leur degré dans la hiérarchie des textes produits par la même personne, leur degré de dignité, leur prestige, leur portée, ne sont pas les mêmes. La clé pour sortir de cette confusion me paraît avoir été fournie par Proust, avec sa fameuse distinction entre les deux moi de l’écrivain, le moi de l’homme ordinaire et celui qui ne trouve à s’exprimer, ne se manifeste au grand jour que dans l’oeuvre d’art. Il me semble qu’il faut garder à l’esprit cette rupture, ce changement radical de nature, quand on aborde les textes produits par un écrivain. C’est aussi un bon moyen de classer les écrivains (et les artistes) : au sommet, le tout petit nombre de ceux qui ont été capables de donner la parole, dans une oeuvre d’art, à ce moi autrement invisible et inaccessible. C’est, à mon avis, ce que nous fait toucher du doigt la transformation, dans la trilogie finale (« D’un château »/ »Nord »/Rigodon ») de l’auteur en un narrateur/personnage de fiction. Peu importe, dès lors, le degré de ressemblance entre la vie d’un Stendhal ou d’un Céline et les fictions qu’ils ont développées dans une oeuvre d’art. Il y a, entre l’une et les autres, un changement radical de statut ontologique.

Vivant Denon dit: à

Daaphnée dit: 3 décembre 2014 à 20 h 24 min
Ah, Céline !
La langue de Céline .
Lumineuse analyse du style de Céline avec un exemple évident .
Et Clopine qui demande des preuves !!!

bof dit: à

« Widergänger dit: 3 décembre 2014 à 23 h 00 min

Daaphnée dit: 3 décembre 2014 à 22 h 18 min
Après Wiwi fait du vélo, Wiwi passe son bac .
__________
Z’avez oublié, Wiwi fait du ski !

Et à Bergün, en Suisse, mes petits chéris ! »

aaaahhhhh, les pauvres quand ça veut frimer! c’est terrible!!!!!!!

Atsue 淳恵 dit: à

Les alligators se portent bien chez Céline, cependant il paraitrait que les plumes de ce splendide le paon se fanent terriblement au soleil de l’argent facile.

julien dit: à

(Drôle d’impasse que l’impasse qui finit par un très grand acquiescement, par un immense oui !)

la vie dans les bois dit: à

Aristote à Noël ?
C’est amusant, à propos de Poétique, j’ai repris ce petit livre de poche 1990, présenté et traduit par M. Magnien, dont l’introduction retrace l’extraordinaire histoires des manuscrits d’Aristote, qui étaient des cours, soit à destination des gens du Lycée (textes dits ésotériques), soit à un public profane ( dialectique, histoire naturelle, sciences) textes dits exotériques, la plupart sous forme de dialogues, publiés du vivant d’Aristote et perdus, dont il n’y a trace que par évocation.
La plupart des textes récupérés sont lacunaires.
Les traités dits ésotériques ( l’organon, la politique, l’histoire des animaux) ont une histoire intrigante. Ils ont été récupérés dans des circonstances rocambolesques, la plupart lacunaires. Ce qui a pu donner lieu à une belle histoire, « le nom de la rose », à propos de La Poétique qui fait partie de ces traités ésotériques « mutilés »
C’est un ouvrage à la base, -mais pas seulement comme le précise M. Magnien-, un peu dogmatique, technè, « art qui qui propose « un ensemble de règles pour écrire une bonne tragédie, une bonne épopée », mais point de « comédie ».

A propos de mimésis, il y a ce petit exercice de trad’, que je viens de voir sur le site Fabula, recherche en littérature:

«[…] le poète doit être artisan de fables [tôn muthôn poiètèn] plutôt qu’artisan de vers, vu qu’il est poète à raison de l’imitation [kata tèn mimèsin] et qu’il imite [mimeitai] les actions.» Hardy

«[…] le poète doit être poète d’histoires [tôn muthôn poiètèn] plutôt que de mètres, puisque c’est en raison de la représentation [kata tèn mimèsin] qu’il est poète, et que ce qu’il représente [mimeitai], ce sont des actions.» Dupont-Roc et Lallot

«[…] le poète doit être poète d’histoires [tôn muthôn poiètèn] plutôt que de vers, d’autant qu’il est poète en raison de l’imitation [kata tèn mimèsin] et qu’il imite [mimeitai] des actions.» Magnien

«Le poète doit plutôt être artisan d’histoires [tôn muthôn poiètèn] que de vers, puisque c’est par la fiction [kata tèn mimèsin] qu’il est poète, et que ce qu’il feint [mimeitai], ce sont des actions.» Genette

Pas de nouvelles de « l’ami » de Modiano ?
Pour le destinataire de cette lettre, où il est question d’alligators qui dansent, le destinataire est Milton Hindus. La probable dégradation de leurs rapports épistolaires vient peut-être du fait qu’au moment où Céline était dans le grand Nord, démuni tout comme il aimait à se plaindre, M. Hindus lui faisait part de son succès personnel outre-Atlantique, et lui envoyait ses livres.
Je ne sais pas pourquoi j’ai repensé à une petite histoire formidable de Kressmann Taylor, « inconnu à cette adresse ».

Bloom dit: à

Mais c’est une impasse de la littérature

Si vous avez lu Joyce, en particulier Ulysses (les 2 derniers tiers) & encore plus Finnegans Wake, c’est précisément d’impasse de la littérature qu’il s’agit. Je maintiens donc.

B comme BERLIN dit: à

Commentaire précédent pour Mr AZERTY :
« J.-C. Azerty dit: 3 décembre 2014 à 14 h 32 min ».

B comme BERLIN dit: à

OK.
Mais j’espère toujours en un autre « Proust », un autre « Celine », qui fasse en sorte que la langue, celle que l’on attend lorsque l’on ouvre un livre, nous prouve que cette langue que nous aimons est encore vivante.

Giovanni Sant'Angelo dit: à


…tout s’explique,!…mais encore,!…

…au fond de nos sensibilités, les genres d’esprits-libres,…déjà scellés,!…

…quelqu’un émet un jugement, un avis,…
…Oui,!Non,plus maintenant,!…tout le monde y pense ou en parle, de tout,!…mais dans le verbe, le geste, le  » sceau  » de son maître transparait,!…

…comme de rappeler;…dis moi de comment tu cause, que je te dirais qui tu est,!…et, encore d’y penser,!…
…pourquoi tient’il ce rôle,!…pour qui travaille t’il enfin, pour parler ainsi,!…

…faire oeuvre de charité,!…comme construire un nid d’abeilles,!…

…la culture des différenciations une affaire de Cinéma,!…il vous en faut combien,!…pour dans cinq ans,!…O.K.!…au libre-arbitrage,!…Oui,!…des classes d’abrutis, aussi,!…soyez rassurés, les commandes suivent,!…nous gardont toujours une réserve pour intervenir sur le champ,!…comme des pompiers sur le feu,!…vous en êtes à l’ignifuge,…O.K.!…
…c’est pour les saveurs en spectacles,!…pour nos soirées d’hiver,!…
…et vos abeilles, elles bourdonnent bien,!…çà ira, çà fait son miel, aussi,!…
…encore dans le ruch à dressé son bison des prairies aux steppes,!…les peaux, les cuirs çà ira aussi,!…çà nourrit son homme,!…
…un dessin de trop,!…du blanc de carnaval sur feuilles d’argent,!…chapeau la source aux amalgames,!…
…Ah,!Ah,!Ah,!…envoyez,!…etc,!…

Sergio dit: à

Widergänger dit: 3 décembre 2014 à 22 h 44 min
la question demeure de savoir ce que cherche à créer un romancier : un monde ou des personnages ?

D’après Malraux, dans sa préface du Curé, ça se subdivise plutôt en « caractère » et « personnage », donc dans le même mec, cette fois. Encore des dissertes ! Comme s’il en pleuvait des stratus…

D. dit: à

Sur la face cachée de la Lune, il se passe de drôles de choses, je peux en attester. Les Sélénites ne sont pas qu’une légende, leur existence est avérée et leur technologie dépasse de très très loin la nôtre.

toute la mimèse du monde dit: à

y en a qu’on de ces plaisirs pour les fêtes…! Y faut sacrément se faire chier pour lire ça pour des fêtes…

On comprend là toute votre suffisance Wgg,vous nous parlez de la mimesis d’ une manière tellement simplette…
( Car c’ est vous qui avez employé ce concept.)

Daaphnée dit: à

Notre Wiwi obtient brillamment 0/20, hors sujet.
Allez, 1 pour l’encre.

Widergänger dit: à

Daaphnée dit: 3 décembre 2014 à 22 h 18 min
Après Wiwi fait du vélo, Wiwi passe son bac .
__________
Z’avez oublié, Wiwi fait du ski !

Et à Bergün, en Suisse, mes petits chéris !

Widergänger dit: à

Fan de mimèse! dit: 3 décembre 2014 à 22 h 44 min
Une bonne occasion d’ acheter les œuvres complètes d’ Aristote pour les fêtes et de lire ou relire La rhétorique, la Poétique de notre Stagirite.
___________
y en a qu’on de ces plaisirs pour les fêtes…! Y faut sacrément se faire chier pour lire ça pour des fêtes…

Widergänger dit: à

Mais à voir le bordel que c’est dans sa tête : mimesis, fonction référentielle, c’est pas gagné, le bac, pour la brave Daaphnée. Elle se donne du mal pourtant ! Allez, vas-y ma Daaph néné, tu l’auras, ton bac !

Widergänger dit: à

Allez, on n’est pas vache ! On va aider cette brave Daaphnée à réussir son bac.

À travers la question du personnage, le sujet pose le problème du rapport du roman et de la réalité.

1°) On peut penser que le roman cherche à représenter le monde mais embelli et idéalisé (c’était à contrario les reproches que la critique adressait à Zola, de donner dans le sordide). De Huet (Traité de l’origine des roimans, 1670) à George Sand (Histoire de ma vie, IV, 1854), c’est la conception du roman qui est défendue. C’est peut-être la raison pour laquelle Baudelaire trouvait la Sand si fadasse. C’est aussi la thèse que défend Thibaudet : le Romanesque, c’est toujours plus ou moins ce qui doit être (« Le liseur de romans », in Réflexions sur le roman, 1938).

2°) Le roman est un tableau du monde réel : Crébillon fils, Préface aux Égarements du cœur et de l’esprit, 1736.

3°) Entre ces deux extrêmes, on peut trouver des opinions nuancées :

a) Les matériaux viennent de la réalité, mais l’unité de la conception générale, l’organisation sont de l’auteur. Le réel n’a pas d’ordre, c’est le romancier qui lui en donne un selon ses goûts et vision du monde.

b) Plus particulièrement, cette unité est celle d’un destin qui va jusqu’au bout de lui-même : cf. A. Camus, « Roman et révolte », in L’Homme révolté, 1951.

c) Le roman va de la réalité qui se perçoit à celle qui est invisible (les désirs, les fantasmes, la part d’inconscient) cf. Pierre-Jean Jouve.

d) Le roman est une réponse globale mais indirecte à la réalité qui agit sur l’écrivain au moment où il compose son roman : cf. Roger Vaillant, La loi du romancier, L’Express, 12 juillet 1957.

Enfin la question présuppose qu’un romancier est celui qui avant tout crée des personnages. Mais la question demeure de savoir ce que cherche à créer un romancier : un monde ou des personnages ?

Daaphnée a quatre heures pour rendre sa copie.

Fan de mimèse! dit: à

Une bonne occasion d’ acheter les œuvres complètes d’ Aristote pour les fêtes et de lire ou relire La rhétorique, la Poétique de notre Stagirite.
La mimèse, oh hisse, la mimèse, on l’a hisse!
La mimèse humaine,Wivi section nature.

Sergio dit: à

Widergänger dit: 3 décembre 2014 à 22 h 11 min
Passe ton bac d’abord

Bon mais halors un technique, hein ! Avec du dessin industriel… Des moteurs parfaits surgonflés réalésés… Sous Autocad… En 3D !

N.D.L.R. Ferdine aurait mis « ralésés »… C’est beau !

Daaphnée dit: à

Avec vous tout est mimesis, Wiwi, vous confondez mimesis et fonction référentielle.

Daaphnée dit: à

Après Wiwi fait du vélo, Wiwi passe son bac .
Je vois là une certaine ambition .. C’est très bien. Un premier semestre prometteur.

Widergänger dit: à

Ma pauvre petite Daaphnée chérie, ce n’est qu’un sujet de bac… Pas de panique, ma petite chatte… Passe ton bac d’abord, on verra de quoi t’es capable ensuite…!

Widergänger dit: à

Y a-t-il vraiment un au-delà de la mimesis ? On peut en douter. Tout dépend de ce qu’on met sous le terme de « mimesis ». Mais l’injonction de Flaubert : « agir à la façon de la nature », c’est de la mimesis au sens démocritien du terme (le tissage qui imite la toile de l’araignée qui tisse naturellement). Et il s’agit toujours de représenter le réel, même chez Joyce, même chez Céline. On ne sort jamais de la mimesis. Le seul à en sortir, c’est par exemple Matthieu Bénezet avec le roman de la langue. Là, il serait sans doute légitime de dire que la « langue se propulse dans un au-delà de la mimesis ». Mais c’est une impasse de la littérature.

Daaphnée dit: à

Il ne manquait plus que notre Wiwi qui nous encercle les mots dans le dess(e)in d’un personnage !
Pauvre monde.

Widergänger dit: à

il fait danser les mots même dans ses lettres et dévoile la société dans de l’époque (1943) dans ses recoins les + sales . (Paul Edel)
__________
Le personnage de roman a-t-il pour fonction de représenter la société dans laquelle l’auteur le fait évoluer ?

candie dit: à

bof dit: 3 décembre 2014 à 21 h 36 min
Dexter merci, ça fait belle heurette que j’ai la conviction que Céline est un second couteau, un pipoteur de première, un gars qui écrit à coups de klaxon et qui n’a rien à dire! rien! que dalle!! mais non! il faut subir les certitudes de tous les ex-boutonneux qui ont été secoué par Céline à 17 ans!
suffit de relire le début du voyage, y a de l’argot dont on ne sait même plus ce que ça veut dire!

Daaphnée dit: 3 décembre 2014 à 21 h 32 min
Les évidences

Voyons !
Ce petit jus verdâtre !
Quand on a lu les niaiseries éblouies, la somme astronomique de bêtises, que dis-je .. l’éruption de la sottise la plus pure d’une DHH ou d’une Clopine .. à côté de ma rapide et tardive petite intervention ..
Reprenez-vous!

Je ne sais pas, moi ..
Souriez,
Chantez,
Vivez,
Courez cueillir le gui !

Dexter dit: 3 décembre 2014 à 21 h 21 min
Céline est réservé à ceux qui préfèrent le style sur le fond !

j’adore les classements Céline parmi les 10 plus grands écrivains français, j’imagine Monsieur Assouline, passou, Pierre, Pierrot… que vous comptez Gide, Gracq, Proust, Gide, Bernanos…

mais dans le grand classement mondial !
j’adore les classements !
les classements : 1er, 2eme, 3eme, 4eme…

en 1 : Musil
2 : Jahnn
3 : Mann
4 : Kafka
5 : Joyce
6 : Broch
7
8
9

15 : Proust
16 :..
28 :
29
59 :
80 :
115 :
168 : Céline !

et oui, Céline arrive 168ème !

et encore c’est bien parce que Dostoïevski, Gogol, Tchekhov et les autres russes ont eu la chance d’écrire au 19è s. !

sinon Céline arriverait dans les 200èmes.

pourquoi ?
parce le style est totalement secondaire sur le fond !

le style c’est pour les bourrins du style !

le contenu ! voilà ce qui importe pour figurer en bonne place dans le classement.

Céline c’est surtout du style, de la forme… au détriment du contenu, parce que question contenu Céline ne dit rien !
il en dit encore moins que…..

Paul Edel dit: 3 décembre 2014 à 21 h 21 min
tonton
céline, c’est surtout Denoel…

interlude dit: 3 décembre 2014 à 21 h 09 min

Reader’s digest:
Il se dit que le Cognac est la plus fine des eaux de vie, mais l’Armagnac tient parfois la distance …

bof dit: à

Dexter merci, ça fait belle heurette que j’ai la conviction que Céline est un second couteau, un pipoteur de première, un gars qui écrit à coups de klaxon et qui n’a rien à dire! rien! que dalle!! mais non! il faut subir les certitudes de tous les ex-boutonneux qui ont été secoué par Céline à 17 ans!
suffit de relire le début du voyage, y a de l’argot dont on ne sait même plus ce que ça veut dire!

Daaphnée dit: à

Les évidences

Voyons !
Ce petit jus verdâtre !
Quand on a lu les niaiseries éblouies, la somme astronomique de bêtises, que dis-je .. l’éruption de la sottise la plus pure d’une DHH ou d’une Clopine .. à côté de ma rapide et tardive petite intervention ..
Reprenez-vous!

Je ne sais pas, moi ..
Souriez,
Chantez,
Vivez,
Courez cueillir le gui !

Dexter dit: à

Céline est réservé à ceux qui préfèrent le style sur le fond !

j’adore les classements Céline parmi les 10 plus grands écrivains français, j’imagine Monsieur Assouline, passou, Pierre, Pierrot… que vous comptez Gide, Gracq, Proust, Gide, Bernanos…

mais dans le grand classement mondial !
j’adore les classements !
les classements : 1er, 2eme, 3eme, 4eme…

en 1 : Musil
2 : Jahnn
3 : Mann
4 : Kafka
5 : Joyce
6 : Broch
7
8
9

15 : Proust
16 :..
28 :
29
59 :
80 :
115 :
168 : Céline !

et oui, Céline arrive 168ème !

et encore c’est bien parce que Dostoïevski, Gogol, Tchekhov et les autres russes ont eu la chance d’écrire au 19è s. !

sinon Céline arriverait dans les 200èmes.

pourquoi ?
parce le style est totalement secondaire sur le fond !

le style c’est pour les bourrins du style !

le contenu ! voilà ce qui importe pour figurer en bonne place dans le classement.

Céline c’est surtout du style, de la forme… au détriment du contenu, parce que question contenu Céline ne dit rien !
il en dit encore moins que…..

Paul Edel dit: à

tonton
céline, c’est surtout Denoel…

VotezBéru dit: à

San Antonio près deux cent millions d’exemplaires,
ça fait chiller San Germano.

la vie dans les bois dit: à

Autrement dit, rose, votre ballet de danseuse du bolchoï, avec la grâce du pachyderme aviné peut plaire à d’autres.

help yourself dit: à

faut dire que depuis qu’on a jeté les miroirs aux ordures pour les remplacer par photoshop se la jouer vampire est à la portée du premier venu (qui n’a pas été le même à se servir)

la vie dans les bois dit: à

oui, rose, dans le monde des bisounours du komintern, , tout n’est pas comme vous l’imaginez.

tonton dit: à

Pour DHH.
Céline et San Antonio.
Céline a toujours fait partie du monde littéraire parisien, même partiellement exclu il en était membre et souhaitait en être membre.
San Antonio (enfin FD) a souhaité ardemment en être membre, écarté il s’en est exclu lui-même et a bâti son succès sans lui et totalement hors de lui.
Impardonnable.
Céline c’est Gallimard, San Antonio c’est Fleuve Noir, ya une nuance merdre dirait Sergio.

rose dit: à

Changement

Et zut je renonce.
Pense que le.choix à du être fait au prorata de la truculence. Mais quel.fut le lien entre les morceaux choisis ?

mea culpa dit: à

Ah, Daaphnée !
Les évidences de Daaphnée .
Lire la pouffe et pouffer en silence .
Bien évidemment ..

rose dit: à

> Giovanni
Je pensais qu’il y avait réduction ds le chat d’échelle plutôt que agrandissement. Merci de l’idée qui me ramène aux croquis préparatoires. Mais si petit ? 2 sur deux ?
À 1 2c 4
J’ai en d’apprendre c trop j’le partage.

salut

la vie dans les bois dit: à

Mais avez-vous identifié le destinataire de cette lettre où ce titre de la pièce de théâtre ici chroniquée prend sa source, et la dégradation des relations entre les deux correspondants ?

rose dit: à

>DHH bonsoir
Je ne connais pas assez San Antoine pour vous répondre.
Boudard moins encore
Cordialement,

rose dit: à

Mais qui ose dire qu’une langue populaire n’est pas travaillée ?
Seuls les écrivains jouissant de ce privilège là ?

rose dit: à

Eh bé. ..Hommage dithyrambique de Céline !
Bcp de pain sur la planche.
Lirai les trois ds l’ordre requis.

Daaphnée dit: à

Ah, Celine !
La langue de Celine .
Bien évidemment qu’il y a une forme de préciosité des plus singulière chez Celine .. n’importe quel lecteur un averti l’aura identifiée .
Elle tient notamment au mélange dosé, travaillé des registres de langue .. registre familier/registre soutenu (vocabulaire/imparfait du subjonctif) au sein d’une même phrase .. parfois des tournures chantournées .. un parler contaminant l’écrire ou inversement, selon le passage .

La contamination se jouant aussi à un autre niveau, bien évidemment ..

« Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? pensais-je. Et avec quel effroi !… Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu’aux cheveux? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en autos, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre, comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage (ce que les chiens ne font pas), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et
tellement plus vicieux ! Nous étions jolis ! Décidément, je le concevais, je m’étais embarqué dans une croisade apocalyptique.
On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la
volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ?
À présent, j’étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu… Ça venait des profondeurs et c’était arrivé.  »
Le voyage

Et ce n’est là qu’un exemple de cette langue très travaillée à dix mille lieux d’une langue simplement populaire ou populairement simple !
.

hèle thon jaune dit: à

sad songs say so much

(quel que soit le choix des interprètes)

J.-C. Azerty dit: à

Azerty, vous devriez, à mon sens, modérer votre enthousiasme. Je n’ai pas lu « Rigodon », mais les deux autres, oui, et je n’ai pas retrouvé l’émotion qui se dégage du Voyage ou de Mort à Crédit – parce qu’il n’y a pas, dans ces sortes de carnets grinçants de l’errance célinienne (Clopine)

Votre point de vue est évidemment fragilisé par le fait que vous n’avez pas lu « Rigodon ».
Première remarque : la trilogie constituée par « D’un château l’autre », « Nord » et « Rigodon » ne saurait être réduite à des « sortes de carnets grinçants de l’errance célinienne ». Il s’agit en effet (comme la première page de chaque volume l’indique) de romans, c’est-à-dire de fictions qui présentent l’originalité (considérable) de faire du personnage et acteur principal de la narration l’auteur lui-même : première occurrence caractérisée, à ma connaissance, de ce qu’on nommera plus tard « autofiction ». Si vous perdez de vue ce rôle essentiel de la fiction romanesque dans ces trois volumes qui ne sauraient en aucun cas se réduire à une chronique plus ou moins arrangée (notamment pour des raisons d’apologie personnelle) de la vie de l’auteur, vous vous interdisez de mesurer la portée et la beauté de l’entreprise.
Seconde remarque : ces trois romans n’en forment en réalité qu’un seul, conformément aux intentions de Céline, qui les publia séparément pour des raisons circonstancielles mais projetait de les réunir en un seul ensemble.
Ainsi, le fait que vous n’ayez pas lu le troisième volet, « Rigodon », fausse tout. C’est comme si vous n’aviez lu que les deux tiers du « Père Goriot » ou de « A la recherche du temps perdu ». Vous ne pouvez porter un jugement pertinent sur la trilogie célinienne que si vous êtes allée jusqu’au bout et, si possible, dans un mouvement de lecture continu.
J’ai fait, comme vous, une première lecture incomplète et discontinue de la trilogie, sans respecter l’ordre voulu par Céline. J’ai repris, quelques années plus tard (à l’occasion de la nouvelle édition de la Pléiade), une nouvelle lecture de l’ensemble, intégrale et en continu. Mon point de vue sur l’oeuvre, son architecture, sa signification, sa portée, sa valeur artistique, a radicalement changé. Je considère aujourd’hui la trilogie (avec ses trois volets indissociables) comme une des deux sommes romanesques les plus accomplies de la littérature française du XXe siècle, avec « A la recherche du temps perdu ».

la vie dans les bois dit: à

Julien, je ne me souviens pas vous avoir vu dans ces commentaires invectiver- à juste titre- Céline pour ses pamphlets antisémites et d’un autre côté porter aux nues Modiano, qui lui, a eu un rapport un peu ambigü avec ces textes, mais l' »ami » de Modiano, qui  » hait » Céline, va nous en dire plus. Faites comme moi, délectez-vous d’avance de ce grand moment de théâtre.

julien dit: à

Quels trucs pas bien clairs à propos de Modiano ?

et va oublier tes rêves appris dit: à

dans une pataugeoire pour petits (ou même grands d’ailleurs) céliniens ? faut pas trop y compter..

la vie dans les bois dit: à

Je reviens plus tard, voir si cet « ami » de Modiano aura fait montre d’un peu de courage.

la vie dans les bois dit: à

J’avais cru lire qu’il y avait des fervents de Modiano, par ici. Ce serait bien interessant d’avoir leur « sentiment », car d’autres ne mâchent pas trop leur mots à ce propos.

la vie dans les bois dit: à

Cette idée de ranger est une  » Idée », comme dirait plato.

la vie dans les bois dit: à

Bizzare, personne n’a évoqué cette proximité- je viens de lire quelques trucs pas bien clairs- entre Modiano et Céline.

Observatoire des rides immuables dit: à

ah.. la GRANDE haine geignarde..

Observatoire des rides immuables dit: à

le rabougri geignard et/ou haineux; la grande classe

euh.. grosse, énorme et très très longue aussi……

Buztère Quitonne dit: à

…et Faulkner a une autre allure que le rabougri geignard et/ou haineux; la grande classe

Buztère Quitonne dit: à

le premier a avoir dynamité le roman dans sa construction : FAULKNER

Bloom dit: à

Qui sait par quels biais s’exprime le legs vivant de l’auteur. On ne ^peut plus écrire de la même façon depuis Joyce, Proust, Kafka, Faulkner, Beckett, et probablement Coetzee.
Céline donne au populo (faussement authentique, très travaillé, mais populo quand même) ses lettres de noblesse (et d’infamie). D’accord avec Nathalie Sarraute qui disait que la langue parlée fait son irruption dans la littérature française avec le Voyage. En anglais, c’est probablement Dos Passos et Steinbeck qui inaugurent l’ère du populaire. Les grands naturalistes, Dreiser, Norris & Sinclair, restent finalement très académiques. Joyce dynamite la langue pour la propulser dans un au-delà de la mimésis.

Sergio dit: à

Atsue 淳恵 dit: 3 décembre 2014 à 17 h 14 min
auvergnate

On a déjà Danièle Gilbert ! Dans Lui… Ha ça faut du répondant sinon le public s’essouffle…

Sergio dit: à

rose dit: 3 décembre 2014 à 17 h 07 min
Qd je danse avec l’alligator, j’lui glisse Trommelfeuer ds l’oreille et i s’éteint à carreaux. Coi.

En lui disant qu’on est madame Lacoste ça marche aussi. Souvent. En général ils vérifient pas…

Atsue 淳恵 dit: à

Toute ma vie j’ai rêvé d’être, comme la plus petite paysanne française, normande, auvergnate ou corse, Présidente de Société. Quel titre enviable ! Hélas, je ne suis qu’agrégée de l’Université d’Osaka.

Sergio dit: à

intermède dit: 3 décembre 2014 à 16 h 58 min
des abdos

Houi enfin faut virer le buffet Henri II… après il reste dehors comme dans les Bidochon !

rose dit: à

Il se tient

rose dit: à

Qd je danse avec l’alligator, j’lui glisse Trommelfeuer ds l’oreille et i s’éteint à carreaux. Coi.

Buztère Quitonne dit: à

pas d’Ophélie ni de Desdémone chez céline, rien que des gourgandines (pour ne pas écrire putes)
Shakespeare : 20/20
Céline: 02/20 (et encore, je suis généreux)

Clopine dit: à

Azerty, vous devriez, à mon sens, modérer votre enthousiasme. Je n’ai pas lu « Rigodon », mais les deux autres, oui, et je n’ai pas retrouvé l’émotion qui se dégage du Voyage ou de Mort à Crédit – parce qu’il n’y a pas, dans ces sortes de carnets grinçants de l’errance célinienne, de retour sur l’enfance, comme dans les deux autres cités. Du coup, on entend plus les dents de Céline grincer – voyez-vous ce que je veux dire ?

Paul Edel, vous savez, ce n’est pas parce que je vous insupporte que vous ne pouvez pas disserter sur Céline. J’aurais beaucoup aimé en discuter avec vous, mais… La conversation, c’est comme Fernande pour Brassens : pas de ma faute si, pour vous, je m’appelle désormais Lulu. (ahaha).

intermède dit: à

J-C Azerty prépare son prochain commentaire. Il est très en verve aujourd’hui. Pour patienter, vous pouvez faire du tricot, un thé, regarder une chaîne d’info continue ou des abdos. Ce ne sera pas long, n’ayez crainte.

Polémikoeur. dit: à

« Céline égale Shakespeare »…
Pas de moyen terme, voyons,
Céline dépasse Shakespeare,
Céline enterre Shakespeare,
Céline annule Shakespeare !
Conparativement.

Buztère Quitonne dit: à

je me corrige : les pieds dans la fange !

Sergio dit: à

c’Est peut-être vrai, Trommelfeuer !

Sergio dit: à

J.-C. Azerty dit: 3 décembre 2014 à 15 h 41 min
ainsi je ne parviens toujours pas à comprendre pourquoi tout un chacun ne s’accorde pas à reconnaître dans la trilogie (« D’un château/Nord,Rigodon ») le sommet de son oeuvre.

Itou. Il faut les amener à résipiscence par tous les moyens y compris la Gatling. Mais on connaît le chef il est derrière des sacs de sable sur la terrasse du Lutetia c’est Passou ! Il a une théorie parfaitement démoralisante comme quoi on peut se dégrader à l’usage… C’st peut-être vrai mais c’est à jeter le manche après la cognée…

julien dit: à

… grand passionné de danseuses, surtout…

J.-C. Azerty dit: à

mais.. il fait danser les mots (Paul Edel)

Eh oui… Il fait danser les mots. Ce n’est pas donné à tout le monde surtout quand, en plus, on invente de nouvelles danses. Et chez Céline (grand passionné de danse, comme on sait), l’amateur de musique et de danse est comblé. « Guignol’s band », tiens, dans le genre, quel bijou ! Il me semble que Céline, au fil du temps, les aura fait chanter et danser de mieux en mieux, les mots ; ainsi je ne parviens toujours pas à comprendre pourquoi tout un chacun ne s’accorde pas à reconnaître dans la trilogie (« D’un château/Nord,Rigodon ») le sommet de son oeuvre. C’est là que Céline égale vraiment Shakespeare. C’est là qu’il invente l’autofiction, bien avant que Doubrovsky n’en fasse la théorie. Je me revois descendant de ma crête chérie, dans la lumière de l’été. Je venais de finir « Nord ». J’étais sous le choc. Il m’aura bien fallu toute la descente pour me remettre. Je ne crois pas qu’aucun roman (même « Illusions perdues », même « l’Education sentimentale », même la « Recherche ») ait suscité en moi une admiration aussi inconditionnelle, aussi éperdue (sauf « Rigodon », bien sûr, mais, d’ailleurs, quand j’y pense, c’était peut-être « Rigodon ». Réflexion faite, c’était « Rigodon », la dernière grande musique célinienne).

Rabbi Abdel ben Assad dit: à

« le Talmud est à peu près bâti, conçu come les romans de Proust »

Absolutement pas ! Rien du tout qu’il est question de coucher tôt ou d’aller au bal avec des souliers rouges et forniquer dans les lupanars privés ! Et des biscuites dans la tisane ? Oy oy oy ! Et que ça termine par où ça commence ? Jamais dans la vie. Talmud n’est pas bâti du tout comme ça.

J.-C. Azerty dit: à

Le théâtre, c’est de la promiscuité… Ca postillonne de partout ! (Sergio)

Surtout quand ça passe dans le faisceau d’un projo. Dans le genre, j’ai assisté à des performances proprement hallucinantes. En comparaison, les embruns du Niagara ou d’Itaipu, c’était de modestes aérosols.

jicé dit: à

Les livres d’Eric Zemmour, Valérie Trieweiler et Marc Lévy sont devenus des torchons. Pour de vrai.

val mérite le nobel

Paul Edel dit: à

azerty
bien d’acord avec vous! des phrases « glaçantes » et en même temps, une certaine admiration qu’il dénie à tout le monde de la nrf et de chez grasset. de sartre « l’agité du bocal » à Mauriac, à Aragon, tout est passé,concassé à la moulinette. le personnage montre sa face sombre, amère, misanthropique, raciste, impitoyable, revancharde,mais.. il fait danser les mots même dans ses lettres et dévoile la société dans de l’époque (1943) dans ses recoins les + sales .

Sergio dit: à

J.-C. Azerty dit: 3 décembre 2014 à 14 h 32 min
une fois un Céline disparu, on ne peut plus se servir de cette écriture-là.

Peut-être est-il néanmoins possible d’en tirer quelque inspiration, mais bien entendu sans recopier la ponctuation, secouer et remettre tout à l’intérieur ; au contraire, en essayant de retrouver le moteur, l’alchimie de la violence, l’énergie, les hantises. Là seulement ça devrait pouvoir donner…

Sergio dit: à

Le théâtre, c’est de la promiscuité… Ca postillonne de partout ! Vaut pas un bon synthé, tiens… Ou les violoncelles ! Tranquillos ils ronflent…

Alicia Fumaroli dit: à

versubtil dit: 3 décembre 2014 à 11 h 27 min
vous avez raison, j’ai cliqué à côté,( Pierre Assouline.)

Pas vraiment, non?
Ne s’ agit-il pas d’ une présentation critique
———–

Ça dépend de la façon de lire l’intitulé. « Coin du critique SDF » signifie à mon sens : espace offert à un critique qui ne trouve pas à placer son texte. Or le texte de Pierre Pellegrin est déjà publié. Donc, à moins de considérer Flammarion comme un hospice…

J.-C. Azerty dit: à

Au risque de faire hurler ceux qui y verront une confirmation de mon inculture j’ai pour ma part retrouvé quelque chose de ce talent célinien chez Alphonse Boudard et chez San –Antonio (DHH)

Céline, c’est l’invention d’une écriture proprement inouÏe (au sens premier de l’épithète, puisque l’écrit célinien est fait pour être dit ou, dans la lecture « silencieuse », écouté comme s’il était proféré). L’invention de cette écriture est datée : c’est « Mort à crédit ». Ce qu’on lit chez Boudard ou San Antonio, c’est la menue monnaie de l’influence célinienne; influence d’ailleurs assez réduite, puisque les inventeurs d’écriture de la taille d’un Mallarmé, d’un Rimbaud, d’un Proust ou d’un Céline n’inventent au fond jamais que pour leur usage personnel. On ne peut vraiment les imiter que dans le pastiche mais, une fois un Céline disparu, on ne peut plus se servir de cette écriture-là.

au secours dit: à

B comme Berlin toujours à foutre son grain de sel, sans avoir rien à dire. « Ils connaissaient son travail… » et gnagnagna. Qu’est-ce que t’en sais, pauvre gourde, tu leur en as causé ?

J.-C. Azerty dit: à

Ce style ?.. cette bizarre contruction ?.. d’où ? qui ? que ? quoi ?
Oh, c’est très simple ! Talmudique.(italiques dans la lettre ) le Talmud est à peu près bâti, conçu come les romans de Proust, tortueux, arabescoïde, mozaïque désordonnée- le genre sans queue ni tête. Par quel bout le prendre ? mais au fond infiniment tendancieux, passionnément , acharnement.(..)la chenille laisse derrière elle tel Proust une sorte de tulle, de vernis irisé, impeccable, capte, étouffe, réduit, empoisonne tout ce qu’ elle touche et bave, rose ou étron . (Cité par Paul Edel)

 » ce style…cette bizarre construction … » : cette façon de qualifier le style de Proust pourrait s’appliquer sans trop de difficulté au style de Céline lui-même !

J’avoue ne rien connaître au Talmud, mais il me semble que cette façon d’éclairer le style de Proust par une influence du Talmud me paraît surtout relever d’une volonté de « judaïser » Proust à tout prix. L’intéressé (fort peu concerné par le judaïsme, à ma connaissance du moins) eût sans doute récusé pareille interprétation. Quant à sa pertinence, elle me paraît plus que problématique. Toute la fin de ce passage est d’une malveillance qui personnellement, me glace. J’aimais mieux « l’Homère des invertis » : au moins c’était rigolo. Hormis les lettres à Albert Paraz, je connais peu la correspondance de Céline. Les passages cités par Assouline — surtout celui où il définit les principes de son écriture — sont de beaux moments, mais qu’en est-il du reste (surtout pour la période 38/44) ?

Le passage que vous citez là me conforte dans mon approche personnelle du corpus célinien : il y a les écrits de l’homme « ordinaire » (les pamphlets, la correspondance) et l’approche visionnaire (donc d’une lucidité terrible, comme vous le soulignez) du romancier génial, sans véritable solution de continuité de l’un à l’autre. Je n’ai rencontré dans l’oeuvre romanesque (que j’ai lue à peu près dans sa totalité, sauf, je crois, un volume de « Féerie pour une autre fois ») aucune dérive antisémite. L’oeuvre de fiction et les textes non-fictionnels sont vraiment pour moi deux univers séparés l’un de l’autre.

B comme BERLIN dit: à

Boudard et Dard connaissaient le travail effectué par Celine sur la langue.

DHH dit: à

Je ne suis pas choquée par le rapprochement que fait Bloom entre Céline et Mallarmé .
Chez tous les deux s’exprime un rapport innovant au langage .
Celui qui veut donner « un sens plus pur aux mots de la tribu » tire d’un tréfonds occulté des mots un sens nouveau et seul vrai ;Et il ne traite pas la langue avec une intention significativement différente l’autre ,le Céline ,dont le style repose sur sa capacité à révéler pour les mots ordinaires des potentialités expressives encore inconnues.
Mais cette capacité n’a pas été donnée qu’à Céline
Au risque de faire hurler ceux qui y verront une confirmation de mon inculture j’ai pour ma part retrouvé quelque chose de ce talent célinien chez Alphonse Boudard et chez San –Antonio
C’est probablement idiot mais j’aimerais qu’on me dise pourquoi ,

Bloom dit: à

Mort, où est ton crédit?

Bloom dit: à

Nous sommes à Meudon en 1961. Destouches écrit à Gaston Gallimard afin de négocier une rallonge pour le contrat à venir de Rigodon.

Dur en affaires, le père Céline, comme Shakespeare. Quand la prose ou le vers ont des accents moralistes (ou anti-, ce qui revient ua même), il n’est pas rare leur auteur ait une mentalité de boutiquier. Tout ça pour clamser quelques mois plus tard. On rigode.

Paul Edel dit: à

J.-C. Azerty les déclarations de Céline sur Proust se sont multipliées. Il faut lire sur ce sujet une lettre capitale dans laquelle Céline écrit sur Proust. Une lettre assez longue (qu’il faudrait citer en entier), adressé à Lucien Combelle du 12 février 1943 ,elle résume la pensée célinienne sur Proust.. ..
« Voici revenir Proust. Grand sujet ! Fernandez lui consacre un livre ! Brasillach un magnifique article – où il le consacre à peu prés, le plus grand romancier « pur » de notre littérature. N’en jetez plus ! il est beaucoup ergoté autour de Proust. Ce style ?.. cette bizarre contruction ?.. d’où ? qui ? que ? quoi ?
Oh, c’est très simple ! Talmudique.(italiques dans la lettre ) le Talmud est à peu près bâti, conçu come les romans de Proust, tortueux, arabescoïde, mozaïque désordonnée- le genre sans queue ni tête. Par quel bout le prendre ? mais au fond infiniment tendancieux, passionnément , acharnement.(..)la chenille laisse derrière elle tel Proust une sorte de tulle, de vernis irisé, impeccable, capte, étouffe, réduit, empoisonne tout ce qu’ elle touche et bave, rose ou étron . » Mais la fin de la lettre Céline écrit ceci :
« Vive Proust ! Vive le talmud ! Si vous voulez. Ils ne sont pas indifférents. Loin de là. Je suis tous prés à reconnaitre le génie talmudique.
Notons encore que Proust sauve, tente de sauver sa propre famille des massacres spirituels qu’il réclame et pratique. D’où toute cette tendresse, cet apitoyement(sic) sur la grand père-fort bien venu d’ailleurs, j’en conviens, réussi, et dont tous les critiques aryens, à juste titre s’émerveillent. » n’oublions pas que l’antisémite Lucien Daudet a tout fait pour que Proust ait le Goncourt.

Atsue 淳恵 dit: à

Mon cousin, pour ne rien vous cacher, est en train de mettre la dernière touche à un Amphitryon 40 qui laissera sur place les autres. Seconde guerre mondiale, collaboration, Vichy, fascisme, oblige.

oui non bon dit: à

 » les troupes de théâtre pourront jouer ses granders pièces (La guerre de Troie n’aura pas lieu, Ondine, Electre, Intermezzo, La Folle de Chaillot…) sans avoir à demander d’autorisation et sans verser de droits. Ce qui n’est pas négligeable. » (facebook)

Les droits servaient principalement à faire vivre son fils (aujourd’hui décédé), auteur dramatique lui-même, médiocre, qui a eu le culot de pondre un Electre, carrément, comme papa, et même je crois un Amphitryon 39.

oui non bon dit: à

Oui, non, bon, le sujet n’est pas Céline, on a déjà donné, bons dieux, c’est un spectacle théâtral. Parlons de Denis Lavant.
C’est vrai que c’est Carax qui l’a fait connaître avec Boy meet Girl, mais il s’est révélé fameux acteur de théâtre. Je l’ai vu dans plusieurs pièces, notamment Le Roi s’amuse à Grignan, et il a une présence scénique incroyable, avec des capacités physiques étonnantes.

Atsue 淳恵 dit: à

Polémikeur, dans sa banalité, serait jaloux du monstrueux Céline ? Je ne puis l’admettre.

la vie dans les bois dit: à

Ah oui, c’est très interessant ce billet sur Aristote. C’est pas de l’ivresse, c’est juste un début d’énervement. Je n’ai encore saisi l’enjeu de de la question du « rangement » du corpus des traités, selon qu’il soient avant ou après le schisme avec plato, ou qu’il faille les ranger selon « l’évolution intellectuelle » d’Aristote.
En plus, l’auteur maîtrise assez mal l’histoire des sciences, leur contenu, leur diffusion, on dirait.

traçabilité dit: à

à ce soir, Chaloux.

Donatien .... le vrai, barbichette dit: à

Donatien, n’ est pas toujours dans la même assiette, bon appétit!
à ce soir.

Polémikoeur. dit: à

Morceaux choisis ?
Morceaux de choix ?
« Seule compte la langue ».
Et qu’arrive-t-il au Docteur Jekyll
qui a voulu se séparer de son Mister Hyde ?
Mais qu’importe, le sujet est vendeur,
accessible et tellement moderne !
– « Céline ? j’adôôooore ! ».
Honte et déshonneur,
pavillon des fous
et pathologie.
Stylistoquement.

Atsue 淳恵 dit: à

Vous êtes, généralement, en dehors de la réalité, mon cher. Ne devenez pas vulgaire, en plus.

Donatien … dit: à

Sherlock ?
Je croyais que vous étiez Chaloux ..

Vous ne m’aimez plus ?
Si ?
Non ..
Ah .

Sherlock dit: à

Donatien … dit: 3 décembre 2014 à 10 h 42 min

Pourquoi vous cacher derrière ce pseudo ridicule, Daaphnée, tout en faisant en sorte qu’on vous reconnaisse ?

traçabilité dit: à

le JC en travelo Atsue dînant avec Popaul et plein de paparazzi, ça vaudrait de l’or

Atsue 淳恵 dit: à

Je donnerai n’importe quoi pour dîner à Roma un soir avec Paul Edel … Quel bonheur ! Cette idée, ce rêve me fait frémir. Nous parlerions littérature japonaise érotique, vieillissement de population, dépression, inflation, propension, en buvant des grappa ! Oui ! Je suis une aventurière Carte Bleue.

versubtil dit: à

vous avez raison, j’ai cliqué à côté,( Pierre Assouline.)

Pas vraiment, non?
Ne s’ agit-il pas d’ une présentation critique, notamment des sources platoniciennes, de l’ œuvre d’ Aristote et
de son importance soulignée par le préfacier pour la pensée – pas uniquement philosophique – contemporaine?

renato dit: à

Curieux, tous ces gens à digestion lente… et quelques ruminants aussi…

Bloom dit: à

Du coup de torchon:

– raccourci, rageur, mal aboutit, il salit plus blanc
– tout de nerfs et de blessure, il griffe jusqu’au sang
– lavasse, moite et mou, il ne déplace même pas de vent.

Passou dit: à

Rouletabille de 9.47, vous avez raison, j’ai cliqué à côté, il aurait dû être du côté des traducteurs. Trop tard pour réparer. Pas grave. Qu’importe l’enseigne, pourvu qu’on ait l’ivresse, non ?

Ksssksss ! dit: à

Clopine a tiré sa salve, bien enveloppée (mais j’ai bien aimé le passage où elle souligne que Popaul adore qu’on l’encense – dis Cricri pourquoi tu tousses).

Attendons maintenant la tornade WG !

dieu d'eau dit: à

Pas inintéressant,les commentaires sur ce post

Pas d’accord. Le commentaire de Sirius 6B à 21h 39 m’a semblé à la fois original et d’une grande profondeur. Je n’ai rien lu d’aussi pénétrant sur ce blog depuis longtemps, on sent que Sirius 6B a beaucoup médité sur le sujet.

Atsue 淳恵 dit: à

« je me suis surprise à lire à haute voix, à Clopin, des passages entiers de Mort à Crédit, parce qu’ils étaient si vifs et surprenants que cette lecture me permettait de surmonter mes réticences (j’allais écrire mes répugnances). » (Clopine)

Nous pouvons en conclure qu’il ne s’agissait pas d’une fellation à motifs décoratifs littéraires, sauf cas exceptionnel de ventriloquie.

Clopine Trouillefou dit: à

1) « et paf ! » : ce n’est pas moi.
2) Vous devriez reconnaître votre erreur (si c’en est une, et non une affirmation délibérée). Vous dites « Paul Edel n’a jamais parlé de préciosité ». Je vous en apporte la preuve.
3) du coup, vous racontez n’importe quoi, dans une phrase absurde qui n’a d’autre but que de m’attaquer.

Je me casse. Merci à Azerty pour l’échange !

Donatien ... dit: à

« de détourner pudiquement les yeux, là ? »(clopine)
de surmonter mes réticences (j’allais écrire mes répugnances) »idem.

Dit autrement, Clopine devrait s’ attaquer
franchement, de front, au texte et au sexe, boudiou!

[Et que nous sommes toutes et tous passés par ce stade de l’ initiation.]

malo dit: à

Et paf !-Clopine
Pourquoi ne signez vous pas par votre pseudo ? Non, définitivement non, ce n’est en aucun cas de la préciosité. Paul Edel l’a parfaitement expliqué. Je ne fais pas dans la paraphrase. Plutôt dans le conseil : apprenez à lire, vous qui vous prenez pour une grande lectrice.

Clopine Trouillefou dit: à

« Paul Edel dit: 2 décembre 2014 à 14 h 14 min

On peut aussi voir dans « le Satyricon » de Pétrone, un modèle pour Céline puisqu’il y a des personnages qui parlent une langue vulgaire et un narrateur qui, au contraire, parle une langue raffinée, comme Céline. Le mélange chez lui de parler (+ou – inventé) banlieue ET de raffinement et même de préciosité style madame de sévigné c’ est évident chez lui »

Buztère Quitonne dit: à

Zemmour et le torchon : j’aurais plutôt choisi une marque de papier hygiénique

Donatien ... dit: à

qui nous TIENT, oh, là là!

( Que faut-il donc donner aux chiens?)

et paf ! dit: à

hé, malo (mal où) « la dentelle dans les émotions » (PE) ce n’est pas de la préciosité ?

Fons dit: à

N’est-ce pas une question générale quand on parle art et artiste, et qu’on doit absolument chercher à ne pas trop se laisser influencer par le personnage de l’artiste quand on aime ou n’aime pas son oeuvre? See, ce que monsieur Assouline nous a raconté lors de ses rencontres avec les English crime ladies, see comme un petit lecteur comme moi se laisse influencer si facilement quand un auteur lui met un mot sympa lors de la signature de ses livres, see McCann ou même un jonathan Franzen un peu timide!

En tout cas j’ai retrouvé ma copie de ‘Voyage’ et je ne peux m’arrêter de relire des pages soulignées en 2007, dans le sens de l’avis Edeliens de hier soir shortly after midnight.

Bloom dit: à

Les livres d’Eric Zemmour, Valérie Trieweiler et Marc Lévy sont devenus des torchons. Pour de vrai.

Re-littéralisation de la métaphore bien méritée.
« The way of all drivel, the fate of all tripe », aurait dit Samuel B.

Donatien qui nous teint par la barbichette dit: à

« de détourner pudiquement les yeux, là ? »(clopine)
de surmonter mes réticences (j’allais écrire mes répugnances) »idem.

Clopine et son armure textuelle et sexuelle que l’ on connaissait déjà…

malo dit: à

A Clopine
Paul Edel n’a jamais parlé de préciosité à propos de Céline. Bon sang, mais apprenez à lire avant de raconter n’importe quoi !

Lucien Bergeret dit: à

« Azerty, oui, mais ses lecteurs, eux, restent les mêmes. On ne peut leur demander d’être réceptifs ici, et de détourner pudiquement les yeux, là ? »(clopine)

On peut être lecteur de Céline sans lire les pamphlets. Cela n’est en rien « détourner pudiquement les yeux ».

bof dit: à

clopine, ej dis ceci: le Céline du voyage ou celui de bagatelles, c’est le même, ça suinte la lâcheté, Céline c’est le génie de la France de Vichy et des épiciers, c’est de funès dans la traversée de Paris, la lâcheté amère, mauvaise et hautaine. c’est un chauffeur de taxi parisien »

Clopine Trouillefou dit: à

Ah, Azerty, les « efforts » demandés aux lecteurs ! Ils sont si rarement payants… Certes, Céline est un bon exemple : je me suis surprise à lire à haute voix, à Clopin, des passages entiers de Mort à Crédit, parce qu’ils étaient si vifs et surprenants que cette lecture me permettait de surmonter mes réticences (j’allais écrire mes répugnances). M’enfin, même la gêne surmontée, même l’effort accompli, même la reconnaissance du talent déployé là admise, on ne sort quand même jamais grandi d’une lecture de Céline, moralement s’entend. Juste les yeux désillés, dirons-nous…

Clopine Trouillefou dit: à

Bof, vous déformez la pensée d’Azerty, qui me semble pourtant juste : les postures sont différentes, elles ne participent pas d’un bloc ni à la personnalité, ni aux intentions, ni au travail d’écriture. Il est certain que le travail littéraire n’est pas le même, ne mobilise pas les mêmes capacités ou les mêmes facettes de personnalités, suivant que vous écrivez un article pour un journal, un pamphlet, ou une oeuvre romanesque. On a tous en tête, par exemple, de formidables novellistes qui se révèlent médiocres romanciers. Très certainement, les éructations racistes de Céline devaient lui fournir une sorte de plaisir compensatoire. Et on ne peut cependant écarter l’hypothèse que son travail littéraire relevait pour lui d’une autre ambition, plus « élevée » moralement, dépassant le rictus pour « anoblir » le ricanement cynique…

J.-C. Azerty dit: à

Azerty, oui, mais ses lecteurs, eux, restent les mêmes. On ne peut leur demander d’être réceptifs ici, et de détourner pudiquement les yeux, là ? (Clopine)

On peut leur demander de faire un effort. Il est tout aussi difficile d’entrer dans l’univers artistique de Céline que dans celui de Proust ou de Beckett. Il ne s’agit pas de détourner hypocritement les yeux de ce qui gêne. Il s’agit d’aborder des réalités foncièrement différentes, en usant de critères foncièrement différents. Bof, qui reste le nez vissé, à la façon d’un chien qui aurait trouvé une truffe, sur les éructations antisémites des pamphlets, semble incapable de comprendre ça.

bof dit: à

J.-C. Azerty dit

etc

votre thèse (ou fouthèse) tiendrait si tout ce qu’on trouve dans ses pamphlets ne suintait pas déjà dans ses premiers bouquins, le voyage, mort à crédit…..

et puis vous vous voyez en train de dire à propos de Hugo ou de balzac , la totor ou l’Honoré « là, il n’avait plus toute sa tête », on est chez Audiard dans ce cas là!!

au 20 ème siècle c’est bizarre, on est obligé de dire « ben non Aragon ou Céline y z ont pas voulu écrire ce qu’ils ont écrit »

et paf ! dit: à

ça dépote chez Clopine…et ça fait du bien…le p’tit Court doit s’étouffer, on attend sa réaction réac’ méprisante comme toujours

Clopine Trouillefou dit: à

Azerty, oui, mais ses lecteurs, eux, restent les mêmes. On ne peut leur demander d’être réceptifs ici, et de détourner pudiquement les yeux, là ?

J.-C. Azerty dit: à

Céline, qui n’aimait pas Proust, est le meilleur exemple de la thèse proustienne qui affirme que, dans l’oeuvre d’art, s’exprime un moi radicalement différent du moi qui s’exprime dans les affaires courantes de la vie personnelle et de la vie de la cité. (moi)

On pourrait dire aussi que les problématiques auxquelles s’affrontent l’homme « ordinaire » » et l’artiste (lesquels, chez l’écrivain, cohabitent dans la même enveloppe corporelle), les enjeux qu’ils se fixent, ne sont absolument pas du même ordre. Il faut être une buse bouchée à la littérature pour ne pas comprendre ça (des fois je me fais l’effet d’être une réincarnation de Widergänger).

J.-C. Azerty dit: à

à ce compte là, PE , parlez nous aussi du côté visionnaire et génial (parce que c’est là, qu’il était le plus visionnaire et à court terme) de Bagatelles pour un massacre, de L’Ecole des cadavres, de Les beaux draps. Pourquoi ce génie n’avait il pas raison là aussi. On ne peut pas être génial à mi-temps, on l’est pour tout ou pour rien! (Bof)

Mais non. C’est complètement faux. Ce que dit là Bof est une variante de la thèse des gens qui prétendent que rien n’autorise à cantonner les pamphlets de Céline dans une sorte d’enfer célinien, bien à part de l’oeuvre romanesque, sous prétexte que c’est le même homme qui les a écrits. C’est évident que c’est le même homme, et c’est tout aussi évident que ce n’est pas le même.. En prétendant que le même « génie » devrait s’exprimer à la fois dans les pamphlets et dans les romans, on refuse de prendre en compte le changement de perspective radical, de point de vue et de climat, que le passage des uns aux autres implique. Celui qui écrit les pamphlets, c’est l’homme engagé dans les polémiques de son époque. Celui qui écrit les romans, c’est l’artiste. Et de la hauteur de vues dont l’artiste est capable, le polémiste est incapable. Céline, qui n’aimait pas Proust, est le meilleur exemple de la thèse proustienne qui affirme que, dans l’oeuvre d’art, s’exprime un moi radicalement différent du moi qui s’exprime dans les affaires courantes de la vie personnelle et de la vie de la cité.

Rouletabille dit: à

Je ne vois pas bien ce que la préface d’une édition des œuvres complètes d’Aristote fait dans le « Coin du critique SDF ».

Buztère Quitonne. dit: à

toujours en forme le JC, mais bof !

bof dit: à

des fois la RDL me fait penser à l’UMP, comité des anciens premiers ministres: Clopine, PE, ML. amitiés sincères ou chronique de la haine ordinaire…….meuhhhhhh non! la RDL est pire

bof dit: à

Paul Edel dit: 2 décembre 2014 à 23 h 02 min

vous ignorez sa verve, son invention comique.. vous êtes deux pauvres incapables de comprendre rien à rien de Céline.. allez manger des pommes pendant que céline dénonce la guerre, le colonialisme, l’exploitation de l’homme, le prolétariat urbain , la déshumanisation à l américaine.. etc etc. »

à ce compte là, PE , parlez nous aussi du côté visionnaire et génial (parce que c’est là, qu’il était le plus visionnaire et à court terme) de Bagatelles pour un massacre, de L’Ecole des cadavres, de Les beaux draps. Pourquoi ce génie n’avait il pas raison là aussi. On ne peut pas être génial à mi-temps, on l’est pour tout ou pour rien!

Clopine Trouillefou dit: à

Ouh là là ! Pendant longtemps, longtemps, Paul m’intimait de lire : – » lisez ceci, Clopine, lisez cela »… Parfois, c’en devenait un peu vexant, surtout quand il s’agissait de livres que j’avais déjà lus, n’est-ce pas, et dont j’avais envie de parler, pour échanger des points de vue de lecture avec lui. Mais enfin, je mettais mon mouchoir par-dessus : après tout, qui étais-je pour avoir la chance de dialoguer avec un prix Goncourt, critique littéraire d’un grand hebdomadaire, érudit et parisien ? Je remerciais donc humblement les dieux internautiques, et je profitais des conseils avisés. Et si, contrairement à ce que Paul Edel pouvait bien croire, je n’avais pas eu besoin de lui pour lire George Sand, je lui devais néanmoins la découverte essentielle à mes yeux (fatigués, les yeux), de la correspondance de Flaubert… Je lui accordais bien volontiers une supériorité intellectuelle et de connaissance, même si je me reconnaissais quand même, quelques capacités à la lecture !

Mais voilà, j’ai changé. Le cirque redélien a eu raison, je crois, de ma timidité – ici, les dents sont si souvent découvertes, en un rictus menaçant ! Paul Edel ne m’aimait que soumise, reconnaissante, timide et éblouie. Si je me permets (toujours en argumentant, d’ailleurs) désormais de critiquer tel ou telle, M.Court par exemple qui ne reconnaît jamais ses erreurs ou Christiane qui ne risque pas d’abandonner, elle, sa flagorneuse obséquiosité, Paul Edel s’étrangle, souffle… Pire encore : voici que je me permets de lui demander de justifier certaines de ses opinions, sur Céline tenez. Oh là là. La révolution des humeurs commence son tour complet : au lieu de m’ordonner de lire, voici que je suis sommée, car trop indigne n’est-ce pas, de ne PAS lire ! De la part d’un ancien critique littéraire, donc prescripteur, donc passeur, donc toujours prêt à dialoguer pour partager ses goûts et ses choix, c’est assez étonnant, non ? Paul affirme qu’il voit de la préciosité chez Céline. Je me frotte les yeux, lui demande sans aucune animosité de m’expliquer où et quand… La réponse n’est pas du tout satisfaisante, et la démonstration tourne court. On pourrait cependant arriver à continuer d’échanger nos points de vue de lecture, car enfin, l’essentiel ne devrait-il pas être d’accéder à l’univers célinien ? J’ai fait un gros effort, moi, pour me mettre à lire un auteur que tout désignait comme problématique, et dont le racisme déclaré m’écoeurait d’avance… Paul devrait plutôt me féliciter, je trouve… Mais non, furieux de mon impudence, il ferme la porte, jette la clé aux orties, et m’envoie « manger des pommes » (on n’est pas loin de Daaphnée, là.)

Ce que m’inspire tout ceci ? De la tristesse, c’est sûr. Quand, première de tout le blog, j’avais décelé l’écrivain sous Opitz et Paul Edel, il n’était certes pas question de mes faibles capacités de lectrice…

Mais bon. Un critique littéraire à la retraite, un homme vieillissant et aux amours désenchantées, un écrivain qui ne reçoit peut-être pas la notoriété qu’il pense mériter : voilà peut-être pourquoi un « passeur » de la taille de Paul Edel se met désormais à dresser des barrages, à construire des murs, et à tracer des frontières, pour empêcher les francs-tireurs de mon espèce d’approcher son Graal ?

J.-C. Azerty dit: à

les troupes de théâtre pourront jouer ses granders pièces (La guerre de Troie n’aura pas lieu, Ondine, Electre, Intermezzo, La Folle de Chaillot…) sans avoir à demander d’autorisation et sans verser de droits. Ce qui n’est pas négligeable.

Espérons qu’elles s’en dispenseront. Depuis longtemps déjà, d’ailleurs, à part quelques clubs théâtre de province, personne ne monte plus Giraudoux. Ce n’est pas Ionesco qui a inventé l’anti-théâtre, c’est Giraudoux, mais il ne l’a pas fait exprès. Rien de plus anti-théâtral, en effet, que le « théâtre » de Giraudoux : bavard, chochotte, dramatiquement inerte, scéniquement improductif. Des tableaux vivants pour débiter ce que,dans les années trente, on considérait comme du « beau texte ». Des moments rigolos, certes, mais ça ne suffit pas à sauver ce monument de babillage si tant bien frantsouès.

Bloom dit: à

Céline met en lumière la machinerie du vaste théâtre de l’humanité.

3 siècles après Shakespeare.
Destouches dans 3 siècles, en pendjabi…?

Joachin Du Balai dit: à

Parfaitement d’accord avec l’analyse de Paul Edel. Céline met en lumière la machinerie du vaste théâtre de l’humanité.

de nota dit: à

Mais il en sort que le bonhomme était doué… Extraordinairement doué… Ah! Oui, doué, doué, quand y voit ces gens qu’ont si changé, là… Et d’ailleurs, je crois qu’il a un peu piqué ça dans George Sand…George Sand, dans ses souvenirs, raconte qu’elle a vu des gens d’Ancien Régime, y z’avaient des manières à eux qu’étaient tellement spéciales qu’elle les voyait comme des vieux tableaux, pleins de grimaces… Y n’pouvaient rien faire… Quand y s’offraient une chaise, c’était toute une frimace…(…)
Y mettaient leur perruque dans leur gilet, puis enfin, ils faisaient tout un tas de trucs extravagants de procédure qui la remplissaient d’horreur, parce qu’elle allait au-devant de la vie, n’est-ce pas…Et les gens croient qu’il a dû lire ça… Je ne dis pas que c’est ça qu’il a fait, mais enfin, son très puissant tableau de la vieillesse prenant les gens et les faisant grimacer, ça, c’est un peu similaire…(…)

Proust est un grand écrivain, c’est le dernier… C’est le grand écrivain de notre génération, quoi…

J.D. – Avec vous…

Céline – Ah! Non, non, c’est un tort… Y faisait autrement, lui…

J.D. – Bien sûr…

Céline – Il avait pas beaucoup de style, d’ailleurs… Il était malade… Il était pas…

J.D. – Si différents que puissent être vos styles et vos oeuvres, vous dites quelque part que la vraie défaite, c’est oublier.

Céline – Euh… Oui… Oui… Oui… C’est ça, oui… Mais Proust était maniaque, c’est-à-dire que, au fond, il était pas bien dans la vie… C’est l’histoire de tous les gens qui écrivent… C’est qu’y sont pas bien dans la vie… Quand vous jouissez de la vie, pourquoi la transformeriez-vous, hein ?… C’est ça qu’on se demande… Faut déjà être détraqué, hein !

J.D. – On écrit par compensation…

Céline – Oh! Oui, uniquement, certainement, oui… On s’en rend pas compte…

J.D. – Pour retrouver un équilibre…

Céline – Certainement… C’est une maladie… C’est un signe de maladie…(…) Si vous êtes dans la vie…vous êtes avocat… vous êtes médecin… vous êtes… député, ce que vous voudrez… Vous prenez des plaisirs dans la vie… Tandis que, quand vous vous amusez à raconter des histoires, c’est que vous fuyez la vie, n’est-ce pas, que vous la transposez..

Atsue 淳恵 dit: à

« Ce n’est pas toujours simple d’avoir honte de sa famille, de son milieu, et d’avoir à assumer le dégoût de soi. »

Comme dit mon cousin : « Céline préfigure les malheurs de Clopine ? ça projette sec ! ». Il n’est pas bête, mon cousin chéri.

B comme BERLIN dit: à

Juste une remarque pour Paul Edel :

Proust : « Les petites filles modèles » de la Comtesse de Ségur.
Céline : « Les malheurs de Sophie » de Sophie Rostopchine (Софья Фёдоровна Ростопчина).

B comme BERLIN dit: à

Pas inintéressant,les commentaires sur ce post.
Pour le délayage, à +.
Cause : déménagement.
Nonne notte.

Giovanni Sant'Angelo dit: à


…dessins de 2 cm, de côté,…même moins,!…

…le seul recul, est personnel,…et d’entre les griffonnages à rebondir,!…analyser ses coïncidences à retranscrire, pour s’éclairer à d’autres facettes des gestes dans l’histoire,!…

…le pouvoir, reste trop souvent aussi,! de bien voir au détails, et laisser les liens qui se combinent pour retisser les mailles détricotés par la civilisation à subir,!…

…voir sans rien dire et faire,!…l’araignée attend sa mouche,!…sur sa toile au net,!…etc,!…

J.-C. Azerty dit: à

Pour rendre sur la page l’effet de la vie parlée spontanée il faut tordre la langue en tout rythme, cadence, mots, et c’est cette sorte de poésie qui donne le meilleur sortilège – l’impression, l’envoûtement, le dynamisme… »

Et c’est pour ça que Céline fascine les gens de théâtre. Son art, qui cherche sans cesse à capter l’oralité, élabore des textes faits pour être dits. Tout y est en place pour cela.Pour définir cet art, Céline emploie un vocabulaire qui va tout autant à la musique : rythme, cadence, envoûtement, dynamisme. Dynamisme, c’est le mot-clé. Il y eut une époque, pas si lointaine après tout, où l’on avait souvent coutume de lire à voix haute. C’est la meilleure façon de lire Céline (et sans doute la meilleure façon de lire tout texte littéraire de haute volée). Faut que ça passe par le corps, faut que ça résonne dans le corps et faut que le corps en résonne. Faut que le corps se déploie autour de cette musique, faut qu’il la danse, faut que le corps soit cette musique.

Ksssksss ! dit: à

Paul Edel dit: 2 décembre 2014 à 23 h 02 min

Logiquement, là, WG va exploser.

Clopine, chai pas.

Mais la suite va être croquignole !

Giovanni Sant'Angelo dit: à


…@,…Sergio,…à 22 h 42 mn,!…

…simple, ramené le Céline, dans un immaginaire d’étudiant en médecine des années  » 1900 « ,!…
…et le faire survivre aux péripécies de cette périodes la tête  » haute « ,…à travers ces  » amalgames « , qu’il écrits,qu’il dépeint comme sur un mémoire personnel,!…entre la fiction de la réalité de l’époque,…et celle qu’il décrit pour ses repères à retranscrire,!…

…moi-même, pour dessiner,…j’arrive à dessiner un grand tableau, d’abord et souvent, sur des bouts de papiers en vitesse de 2cm de côté,!…voilà,!…
…donc,!…il y a traduire, écrire, et puis comme Picasso,…en remettre une couche de trop,!…pour se montrer un pivot dans ces abjections à décrire en romans,!…
…une volonté, une pitié pour donner à  » l’histoire « , le visage des haines pour faire l’élite des cinémas aux genres  » victimes-persécuteurs,!…sans fins,!…systématique comme une machinerie sans contrôle, ou l’homme en sois, n’a plus de place dans la création pour son modus-vivendi,!…Ouf,!…
…Ah,!Ah,!,…comme signature,!…etc,!…
…envoyez,!…

Sergio dit: à

Paul Edel dit: 2 décembre 2014 à 23 h 02 min
tout ce qu’il y a d’énergie et de subversion

L’énergie là faudrait quand même être borgne ; mais la subversion, c’est un peu comme les tunnels la nuit : quand on l’est déjà, subverti, eh bien la subversion forcément on peut pas la voir, puisqu’on trouve ça normal ! Y a des sinistrés de la subversion…

Paul Edel dit: à

« Ce n’est pas toujours simple d’avoir honte de sa famille, de son milieu, et d’avoir à assumer le dégoût de soi. »
Pauvre clopine !rien compris mais rien !!.. et toujours contente d’elle !..à faire la leçon à tout le monde… voit des trolls partout..
Pauvre WG et son Blaise pascal ressassé.. !
Céline décrit l’instinct de mort des sociétés modernes et vous lui foutez tout sur le dos alors qu’il le montre et l’exhibe avec un génie verbal absolu..
Partez en vacances ensemble. et je vois WG lire pascal sous les pommiers, charmant ! champêtre… la comtesse de Ségur et le génie pascalien….. avec ânes et belles haies.. une carte postale de noël
vous ne savez même pas, ni l’un ni l’autre que c’est en effet le style émotif de celine qui est remarquable par ses néologismes, par ses phrases nominales, par son style oral sophistiqué..par son energie et l’incrustation de mots d’une infinie délicatesse… ..tout ce qu’il y a d’énergie et de subversion vous l’ignorez, pauvres ignorants.. arrêtez de le lire.. vous oubliez son comique.. vous oubliez sa lucidité sur l‘horreur des temps modernes que vous-même WG dénoncez.. sans cesse sur un ton apocalyptique hélas moins flamboyant que celui de celine…mais les contradictions ne vous gênent pas
vous ignorez sa verve, son invention comique.. vous êtes deux pauvres incapables de comprendre rien à rien de Céline.. allez manger des pommes pendant que céline dénonce la guerre, le colonialisme, l’exploitation de l’homme, le prolétariat urbain , la déshumanisation à l américaine.. etc etc.

julien dit: à

Widergänger, décidément, beaucoup de lectures mais peu d’intuitions. Dire que le naturalisme (sans majuscule) répugne à l’artifice est une belle… ânerie. Prenez un roman naturaliste, n’importe quel roman naturaliste. Tout y est effets de structure, élaboration d’équilibres et de symétries. Rien de plus artificiel que le naturalisme. En tant que tel, tout projet d’écriture est de toute façon dans l’artifice : mais le naturalisme (et Michel Butor l’a bien vu) le décuple parce qu’il a besoin, dans son opération, d’architecture.

Valérie dit: à

« Au titre de ces deux livres, il est un génie. »

un seul livre peut suffire à la gloire quand on a du génie

Sergio dit: à

Giovanni Sant’Angelo dit: 2 décembre 2014 à 21 h 47 min
…c’est pas » l’ambiance de l’assasinat de Clémenceau » que je devais écrire,…

Ha oui mais ça fait quarante quarts d’heure que je me demandais ce que tu voulais raconter avec ça ! En désespoir je cherchais une vaseuse présentable, Doumer, etc., nib ! Cloué au sol…

Widergänger dit: à

Le lamentable Court a encore fait des siennes…

Court dit: à

wiedergang-Mauvaise Langue-Mauvaise Foi.
Paul Edel n’a jamais écrit que cette phrase est du Sévigné. Et Clopine qui vous emboite le pas. asinus asinam fricat!
Je passe charitablement sur la comédie littéraire qui fait se succèder « mon ex-ami » à « Paul Edel m’a soutenue » d’il y a peu, tous deux de joyeuse mémoire.

L’effet dévastateur des pamphlets mentionné plus haut a été mis en évidence dés 1938, in Ka&minski, « Céline en chemise brune. » Point de vue de lecteur, mais d’autant plus intéressant qu’il était prémonitoire.
MC

rose dit: à

Ouh la…pas du tout la honte de son milieu. Non. Il en est. Il veut pas s’en extraire. Non. Moi je conçois la haine de Céline contre les juifs et les francs maçons comme la haine tenace contre tout ce qui est clanique.
(P.le mal que j’ai eu à écrire clanique avec ce b.de correcteur automatique !!!).

Passque lui, ds son milieu, y’a pas ça et y aura jamais ça. C’est terrible : c comme voir un gâteau auquel t’auras jamais accès. Ça te déclenche la rage.

p. de b. de M. je suis en train de me rendre compte que Céline me parle intimement. Qu’à 17 ans je lisais Oui oui. Et que j’ai 40 ans de retard à l’allumage que je rattraperai jamais.

Demain matin, je me réveillerai avec au coeur la joie et l’allégresse pck c ma nature profonde.

Berenice si elle pouvait couler ds une barque lestée de pierres et bouguereau s’en sortir, je ne la pleurerais pas.
Enfants, on jouait à « pauvre petit chat malade » jusqu’à ce que l’autre rit. À en pleurer.

Elle se plaint tout le tps.
Elle fait iech son mec non stop.

Je ne supporte pas cela.
Pas plus que l’humanité souffrante.

Salut
Bonne nuit

charlita dit: à

Au titre de ces deux livres, il est un génie.

Pareil pour les chansons, même que des fois un seul titre suffit

remarque dit: à

21 h 45 min

C’est parlé, pas écrit

rose dit: à

Ouh la la, je ne vous avais pas lue Clopine : je n’éprouve pas d’amour pour l’humanité souffrante.

Je retourne aux Récits de la Kolyma. J’ai avancé de 150 pages.
Le chat c pour Daphnée et pour vous aussi et pour moi à qui mon chat apprend bcp de choses sans que je lui demande rien. Avec une patience infinie.
Le reste de ma réponse je l’ai censuré. Bien trop intime.

geotrouvetout dit: à

D., ne faites pas semblant de ne pas savoir! Bougue et Bérénice ont été enlevés dans la quatrième dimension avec votre complicité.

Giovanni Sant'Angelo dit: à


…bon,!…j’ai écrit une erreur, et personne pour me corriger,!…à,…16 h 01 mn,!…en plus reprise en coeur à 16 h 45 mn,!…

…c’est pas  » l’ambiance de l’assasinat de Clémenceau  » que je devais écrire,…puisqu’il n’a eu qu’un attentat,!…lui,!…

…mais, l’ambiance de l’assassinat de Jean-Jaurès ( celui qui ne voulait pas du déclanchement de la grande-guerre en 1914 ),…vous aurez corriger ce lapsus, sur l’histoire récente, somme toute,!…

…de toutes façons,!…les corollations avec l’assassinat de Kennedy en pleine guerre du Viêt Nam,!…une mode,! un demi-siècle après,!…

…mêler la réalité historique, avec les fictions romancées,!…çà nous fait du  » pôle-art « ,!…à plein-emploi,!…Ah,!Ah,!…
…etc,!…

Machado de Assis dit: à

Pour les lusophones, un échantillon du baragouin de Dilma Roussef…même un socialiste français n’aurait pas fait mieux.

”Tem uma infraestrutura muito importante para o Brasil, que é também a infraestrutura relacionada ao fato de que nosso país precisa ter um padrão de banda larga compatível com a nossa, e uma infraestrutura de banda larga, tanto backbone como backroll, compatível com a necessidade, que nós teremos para entrarmos na economia do conhecimento, de termos uma infraestrutura, porque no que se refere a outra condição, que é a educação, eu acho importantíssima a decisão do Congresso Nacional do Brasil em relação aos royalties”.

Alguém entendeu isso? Nem Champollion conseguiria decifrar esses hieróglifos! Como se não fossem suficientes tais barbaridades, supostamente criptografadas(?), a sumidade em coisa nenhuma ainda complementou com essa pérola:

“ A destinação dos royalties e do fundo social para a educação, esses dois elementos, um de infraestrutura e outro na área de educação constituem nosso passaporte também para o futuro. Então, é um programa ambicioso, ele tem vários desdobramentos, ele não para aí, porque ainda inclusive nós não vamos iniciar esse processo, estamos em fase de discussão, esse que estou falando da banda larga. Mas eu estou aqui completando para vocês porque eu vou falar, aí, então, fica completado para vocês.”

D. dit: à

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais Bérénice a disparu en même temps que et Bouguereau.
Je pourrais en conclure que Bouguereau était Bérénice. Rien que d’y penser me fait frissonner.

D. dit: à

Clopine dit: 2 décembre 2014 à 20 h 00 min

« quand » avec un D, bien sûr. Mais quand, quand, quand apprendrai-je à me relire avant de cliquer ? (soupir).

Ce n’est pas cela qu’on vous reproche, Clopine.
Ne faites pas continuellement l’enfant.

rose dit: à

De Colette
L’ami des bêtes, c’est peut être celui qui soupire, excédé : »Que ce chien me fatigue ! Ôtez ce chat qui m’empêche de penser! » Tandis que je fatigue sciemment le chien, car il cède toujours, et j’ai coutume, si je dis : »Chat, viens », de voir accourir, fût -ce de mauvaise grâce, le chat, réservoir opulent où puiser la clairvoyance secrète, la chaleur, la fantaisie, l’empire sur soi.

rose dit: à

Sur la jalousie je ne suis pas prête encore à vous l’écrire ;qq années me seront nécessaires.

rose dit: à

Lucrèce Borgia avec moi ?
MH sans moi. La place est libre.

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