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La République Des Livres par Pierre Assouline
En attendant le « J’accuse » de Roman Polanski

En attendant le « J’accuse » de Roman Polanski

Le J’accuse de Roman Polanski aura-t-il la puissance de son Pianiste ? On pourra juger sur pièces fin 2019 ou début 2020, le tournage devant se dérouler à Paris et dans sa région de décembre à mars prochains. Cela fait une dizaine d’années que le projet d’un film sur l’Affaire résiste au réalisateur jusqu’à ce que le producteur Ilan Goldman le reprenne, associé à Gaumont et France Télévisions, Polanski ayant accepté de le tourner en français et en extérieurs pour un budget réduit à 18 millions de dollars.

Ce genre de péripéties constituant l’ordinaire de la vie cinématographique, l’essentiel est ailleurs : dans le déclic qui se produisit lorsque le réalisateur lut An officer and a spy (2013), en français D. (Plon). Le britannique Robert Harris, plus écrivain d’histoire que romancier historique, y privilégiait un point de vue : celui du lieutenant-colonel Georges Picquart (1854-1914), le chef du Deuxième Bureau (renseignement militaire) qui a établi l’innocence de Dreyfus, interprété par Jean Dujardin. Polanski en fait son narrateur comme Milos Forman le fit de Salieri dans Amadeus. C’est un Picquart lanceur d’alerte avant l’heure, campé comme une personnalité complexe dotée d’un grand sens moral, officier hanté par le sens du devoir, déchiré par ses cas de conscience au risque d’affronter sa hiérarchie. Roman Polanski est encore à 85 ans sous l’influence d’un film qu’il rêve d’égaler Odd Man Out (« Huit heures de sursis », 1947) dans lequel Carol Reed racontait une chasse à l’homme contre un nationaliste irlandais dans les rues de Belfast.

Le livre et son adaptation pour l’écran sont documentés aux meilleures sources chez les historiens et de écrivains. Robert Harris n’en a pas moins tenu à avertir en liminaire de son roman des libertés qu’il avait prises avec l’Histoire, on n’est jamais trop prudent. Le portrait qu’il fait du capitaine Dreyfus, personnage principal mais quasi invisible, renvoie l’image-cliché d’un homme inintéressant, antipathique, ingrat, affairiste, arriviste, arrogant. Dans une critique argumentée et anonyme du roman publiée sur le blog de la Société internationale d’histoire de l’affaire Dreyfus, le roman est apprécié pourr ses qualités littéraires et sa capacité à emporter le lecteur ; mais la « néantisation »et  la « défiguration » de Dreyfus y sont amèrement pointées. Tout en convenant qu’un tel scénario soit réducteur pour des raisons de dramaturgie (procès, dégradation etc), ce traitement caricatural est reproché de même qu’une simplification excessive toutes nuances abolies, ainsi que « l’oubli » de la responsabilité du général Mercier, le ministre de la guerre qui désignait Dreyfus comme « le criminel en chef ».

Ce ne sera pas un biopic ni un drame en costumes mais bien un thriller sur fond d’espionnage. Dès les débuts du cinéma, au moment du second procès Dreyfus (1899), Georges Méliès avait traité l’Affaire ; quelques années après ce fut le tour Ferdinand Zecca avec Pathé ; puis des cinéastes étrangers, en osmose avec les opinions publiques de leurs pays plutôt dreyfusardes, s’en emparèrent. En France, il reviendra à la télévision de relancer l’intérêt pour le sujet avec Émile Zola ou la conscience humaine(1978) de Stellio Lorenzi, inspiré d’Armand Lanoux, puis en 1995 avec Yves Boisset pour France 2 sur un scénario écrit par Jorge Semprun d’après le livre de Jean-Denis Bredin. D’une manière générale à l’écran qu’il soit grand ou petit, les hommes politiques s’en sortent mieux que les officiers, guère épargnés, a pu constater l’historien Vincent Duclert.

Que le film de Roman Polanski s’intitule J’accuse comme un autre sur le même sujet (I accuse de José Ferrer en 1958 (et comme celui d’Abel Gance dénonçant la guerre en 1919) n’est pas gênant ; pas plus que Ken Russell ait déjà adopté dans Prisoner of Honor le point de vue de Picquart (interprété par… Richard Dreyfuss !). Mais outre que le roman de Robert Thomas nous en donne déjà une petite idée (pas nécessairement négative), un facteur provoque un certain malaise, sur lequel Roman Polanski gagnerait à ne plus insister quand son J’accuse sortira : son identification toute personnelle avec Alfred Dreyfus.

Evoquant son projet dans The Hollywood Reporter en 2012, et à nouveau par la suite, il dressait une analogie avec ses démêlés avec la justice américaine (le viol d’une mineure de 13 ans en Californie) :

« Il y a un aspect de cette histoire qui me fascine. C’est l’aplomb avec lequel les médias ont persisté à mentir, comme l’armée à l’époque de Dreyfus, et au même titre que n’importe quelle institution d’ailleurs…Il arrive souvent que les journaux racontent des mensonges à mon sujet. Même si je réagis, ils auront toujours le dernier mot. Ils n’avoueront jamais leur erreur, exactement comme l’armée au cours de l’Affaire Dreyfus ».

De là à établir un parallèle entre son chalet de Gstaad où il vécut en reclus pour échapper à une extradition et la situation de Dreyfus à l’île du Diable, il y a pas qu’il lui serait indécent de franchir à nouveau, d’autant que son film en serait la première victime.

( « Extrait d’un dessin paru à la une du supplément illustré du Petit Journal, 13 janvier 1895  » ; « Alfred Dreyfus photographie Aron Gerschel vers 1890 »)

Cette entrée a été publiée dans cinéma, Histoire.

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1 011 Réponses pour En attendant le « J’accuse » de Roman Polanski

jazzi dit: 27 novembre 2018 à 10 h 07 min

« Longtemps ignorée, voire dissimulée, la relation suivie entre Marcel Proust et Reynaldo Hahn a profondément modelé aussi bien l’oeuvre de l’écrivain que celle du compositeur. »

Depuis que je vous dis que le couple est enterré l’un à côté de l’autre au Père-Lachaise (85e division) !

jazzi dit: 27 novembre 2018 à 9 h 59 min

« (et il peut y avoir plusieurs prises)… »

Une seule prise et surprise, closer.

« ce genre de film terriblement daté »

Affirmation gratuite pour ce classique du cinéma des années 1970…

Jean Langoncet dit: 27 novembre 2018 à 9 h 54 min

Si en plus de l’accumulation des preuves de la culpabilité du réalisateur qui vient de mourir on a ses aveux, alors justice est rendue … Beurk

et alii dit: 27 novembre 2018 à 9 h 52 min

ANTÉ
Les préservatifs bientôt remboursés par la Sécurité sociale
La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé sur France Inter que la Haute Autorité de santé avait émis un avis favorable au remboursement du préservatif.

jazzi dit: 27 novembre 2018 à 9 h 50 min

« Quand Marcel Proust a reçu son Prix Goncourt… « Notre plus grand titre de gloire » pour Bernard Pivot qui préside l’académie Goncourt. »

Merci qui ? Merci Léon !

christiane dit: 27 novembre 2018 à 9 h 39 min

https://information.tv5monde.com/terriennes/le-dernier-tango-paris-de-bernardo-bertolucci-quand-un-viol-de-cinema-n-est-pas-une

Voici la traduction intégrale des remarques faites par Bertolucci en 2013 dans «College Tour»:
«- La pauvre Maria. Elle est morte il y a deux ans, je crois. Ça m’a terriblement attristé. Après le film, nous ne sommes plus vraiment vus, parce qu’elle me haïssait. La scène que vous venez de voir, la “scène du beurre” est une idée que nous avons eue avec Marlon le matin même du tournage. Le scénario indiquait qu’il devait la violer, d’une certaine manière… Et nous étions en train de prendre le petit-déjeuner avec Marlon sur le sol de l’appartement où nous tournions. Et il y avait une baguette et du beurre… et nous nous sommes regardés et, sans dire un mot, nous avons compris ce que nous voulions. Mais, d’une certaine manière, j’ai été horrible envers Maria parce que je ne lui ai pas expliqué ce qui allait se passer. Je voulais qu’elle réagisse en fille, pas en actrice. Je voulais qu’elle se sente humiliée, que si ça continue, elle crie “Non, non!”. Et je pense qu’elle nous a haïs, moi et Marlon, parce qu’on ne l’avait pas prévenue. Et il y avait ce détail du beurre utilisé comme lubrifiant… et je m’en veux encore beaucoup pour ça.

– Est-ce que vous regrettez d’avoir tourné cette scène de cette manière?

– Non, mais je me sens coupable. Je me sens coupable, mais je ne le regrette pas. Vous savez, pour faire des films, parfois, pour obtenir un certain résultat… je pense qu’il faut être totalement libre. Je ne voulais pas que Maria joue l’humiliation, la rage. Je voulais que Maria ressente, pas qu’elle joue, la rage et l’humiliation. Elle m’a haï toute sa vie pour ça.»

Paul Edel dit: 27 novembre 2018 à 9 h 33 min

À propos de Bernardo Bertolucci, rappelons le poète célèbre que fut son père, Attilio ,né à Parme en 1911 et mort à Rome en juin 2000.
Outre ses recueils de poèmes ,ce père avait collaboré à la RAI et créé un des premiers ciné-clubs en Italie. Le lien étroit entre la prose du père et les images du fils on le trouve dans « 1900 » ,film avec De Niro, Depardieu et Dominique Sanda. Là l’ ombre du père poète pèse directement sur le cinéma du fils .
Attilio Bertolucci écrivit donc dans les années 60 un « roman familial en vers » « la chambre »,(« La Camera da letto » en italien) d’une précision hallucinée et proustienne sur le passé familial . Attilio y raconte son enfance dans la plaine du Pô, ses années de collège, sa maladie, ses rencontres à Parme (et notamment celle qu’il épousa) , la grande ville voisine. Année après année l’histoire familiale se déroule au rythme des saisons. on assiste à l’affrontement des Bertolucci sévères, et des Rosetti épicuriens. Pages superbes aussi sur les amitiés d’adolescence et l’éveil sexuel. Quand on lit ce poème magnifique (publié en deux volumes en 1984 et 1989 chez Garzanti) on saisit, bien sûr, une chronique pastorale somptueusement déroulée d’un monde en voie de totale disparition(ce que Pavese et Pasolini analysèrent si bien) ,mais aussi on comprend les sources et les hantises du fils Bernardo, le cinéaste.
« 1900 » est parfois injustement oublié des critiques de cinéma (voir article du Monde d’hier si désinvolte pour ce film..) à l’écriture versifiée du père, sensuelle, nuancée ,raffinée, pleine d’odeurs et de bruits anciens, répond des images du fils ,et ô surprise ,le film est construit dans le même décor mais avec de curieux blocs lyriques-épiques pour idéaliser le combat prolétarien. Enfin, le fils aborde frontalement et la période fasciste. . Car le film subit l’imprégnation de l’Italie des « années de plomb » des années 70 et ses clivages… Le film rappelons-le est de 1976..-
Ces divergences n’empêchent pas la nostalgie. On la trouve, omniprésente, chez les deux. C’est un retour et un refuge quasi sacralisé vers la métairie maternelle : amour des lieux, sensations d’enfance, routes basses de la plaine, feux de fin d’automne ,on revisite les coutumes, célébration des saisons et des rites, naissances, mariages, morts , description des communautés paysannes, nimbés d’idéalisation .le chant de la terre est là.. Même célébration pour les rives du Po et les bals champêtres parmi les reflets argentés des peupliers…

closer dit: 27 novembre 2018 à 9 h 30 min

 » Les interpellés de samedi ont entre 20 et 30 ans, sont des ouvriers, mécaniciens, cuisiniers, courtier en assurances ou conseiller financier. Mais aucun d’eux ne fait partie de mouvements extrémistes, de droite comme de gauche. » (Figaro)

Il paraît que c’était « la peste brune »…

Christiane, soyons sérieux…Quand on tourne une scène, il n’y a pas que les acteurs et le metteur en scène, il y a des techniciens, cameraman, éclairagistes, etc…Même dans les films pornos, il y a des simulations. Ce n’est pas si facile pour un homme dont le porno n’est pas le métier et qui a 50 ans comme Brando à l’époque de maintenir la pose devant tout ce monde le temps nécessaire (et il peut y avoir plusieurs prises)…

Plutôt que ce genre de film terriblement daté, il fallait mieux revoir hier soir ‘Le Train sifflera trois fois ». Formidable Gary Cooper… et Madame Ramirez donc…On s’aperçoit que Sergio Leone a dû beaucoup regardé ce film. Il y a même Lee Van Cleef jeune!

jazzi dit: 27 novembre 2018 à 9 h 08 min

Le Dernier tango est pour moi le plus beau film de Bertolucci, grâce auquel, Maria Schneider, jeune déesse incarnée, reste à jamais présente dans nos mémoires.

Macron encule à sec, ça passe plus difficilement, Ed !

Ed dit: 27 novembre 2018 à 8 h 53 min

« JC…..27 novembre 2018 à 04:52
Aujourd’hui Bébé MACRON va essayer de nous la jouer Marlon BRANDO dans le DERNIER GILET A PARIS ….

Pas sûr qu’il ait assez de beurre pour enfiler commodément la jeunesse populaire ! »

😀

jazzi dit: 27 novembre 2018 à 8 h 50 min

Le plus beau, dans le Dernier tango, ce sont les scènes récurrentes de… tango : hommes et femmes baisent et dansent comme des marionnettes dont aucun dieu ne tire les fils…

rose dit: 27 novembre 2018 à 3 h 34 min

J’avais douze ans et moins de trois mois.
Mon père se faisait draguer par toutes les américaines, tout le long du trajet, sous le nez de ma mère.
Je portais des robes qui étaient cousues par ma mère.
Elle nous nourrissait, nous habillait, y compris aux carnavals de Vaval antillais, nous soignait, nous aimait.
Elle était notre doudou chérie. La prunelle de nos yeux.
Rien n’ était dit sur la sexualité.

rose dit: 27 novembre 2018 à 3 h 28 min

http://blog.causeur.fr/bonnetdane/

lu l’ article de Brighelli sur First Man.
Partage son enthousiasme.
Pour ce film.
Moi, je vivais en Martinique le 20 juillet 1969 et toute ma famille était réunie devant la télé pour voir Neil Armstrong marcher sur la lune.
Lorsque nous sommes rentrés définitivelent en France, nous sommes remontés de Miami à New York et nous nous sommes arrêtés à Cap Caranavéral en Floride.
Arrivés à New York, je suis devenue pubère dans l’ extrême douleur ( écris pudeur par erreur) souvent répétée ensuite. Nous sommes rentrés de manière précipitée en France, mes parents détestant New York souvent retrouvée ensuite.
Pour les galipettes, m’ a fallu attendre de longues années encore. Mon frère a fait les stages de voile comme Brighelli mais en Bretagne nord. Et les galipettes afférentes avec les maîtresses de stage.
Les filles étions sous haute surveillance patriarcale.

rose dit: 27 novembre 2018 à 0 h 42 min

Je ne le vois paz comme.cela, jazzi, ce film.
Mais nombre de choses m’avaient échappé.
Dont le suicide de l’épouse.
Je pensais une mort naturelle.
Ce qui m’a marquée :
l’époux apprend par les collègues de sa femme que celle-ci était une p.te. Rangée.
Il est sous le choc.
C’est un film sur le désir.
Sur le désir charnel hors tout engagement.
Elle, elle le tue parce qu’elle en a peur.
Il n’y a pas d’amour entre eux. Du sexe.
Il pourrait y avoir attachement mais cela ne se noue pas.
La scène de viol n’est pas torride. Elle.est sordide.
Le beurre edt accessoire. Aujourd’hui, ce serai du saint hubert omega 3.
Je crois qu’il faut replacer ce film dans son con texte. Suis loin d’avoir tout vu. Mais style La grande bouffe, tout ça. Fallait choquer le bourgeois. Casser les codes.
Libérer le cul.
On voit le résultat.
L’est pas bien brillant.

renato dit: 27 novembre 2018 à 0 h 41 min

rose, le top du simple : pour 100 grammes de tagliolini ou linguine, 3 ou 4 minutes avant la fin de la cuisson des pâtes ; dans la sauteuse, grillez légèrement 5 ou 6 feuilles de sauge, ajoutez une noix de beurre, de qu’il aura fondu jeter vos pâtés bien mêler. Éventuellement, un chouïa de poivre blanc.

Déconnexion : demain dure journée.

rose dit: 27 novembre 2018 à 0 h 34 min

D3laporte à la même heure. Pourtant, n’est ce point le moment de notre vie où nous sommes très proches, jeune homme et jeune fille ?

Je ne savais pas non plus qu’elle était si jeune fille que cela. Sans doute est-ce révélé dans son corps nu dans la scène de la douche. Elle me semblait femme.

rose dit: 27 novembre 2018 à 0 h 31 min

Delaporte à 23h44

ne savais pas tout cela.
Deux choses sont sordides dans la scène de viol. Qu’ elle soit forcée et que nous soyons voyeurs.

Delaporte dit: 27 novembre 2018 à 0 h 31 min

Petit détail important révélé par Maria Schneider : »Il (Brando) a réalisé une partie de la mise en scène, dictant à un Bertolucci soumis ce qu’il devait faire. »

jazzi dit: 27 novembre 2018 à 0 h 22 min

« J’en ai marre qu’on me présente comme la fille de Daniel Gélin. Il ne m’a jamais reconnue. Je l’ai vu trois fois dans ma vie. Être une enfant naturelle, ça m’a troublée quand j’étais jeune. Aujourd’hui, il y a prescription. »

renato dit: 27 novembre 2018 à 0 h 20 min

« … une relation hétérosexuelle au coeur de l’intrigue a enlevé beaucoup de la subversion originelle. »

Bertolucci lui-même parla de sa fantaisie de sodomiser une inconnue.

rose dit: 27 novembre 2018 à 0 h 19 min

Je crois la mère de mon grand père paternel italien, ou sa grand- mère faisait des raviolis pour tout le quartier. Les vendait sans doute. L’ était douée. Avait une réputation. C’ est arrivé jusqu’ à moi. Par tradition orale. N’ ai jamais essayé.

rose dit: 27 novembre 2018 à 0 h 15 min

et puis ces pâtes énormes qui se nomment
conchiglia. Difficile. On hache menu menu des légumes.Oignons, aulx. On les range à plat dans un plat. On met mi bouillon, mi sauce tomate. On ne gratine pas. La cuisson est difficile. Faut les faire blanchir un peu. Pad trop qu’ elles ne soient pas molles.
Elles sont très pointues aux deux bouts.
Le sommeil ne trouve pas.

Delaporte dit: 27 novembre 2018 à 0 h 03 min

Il a quand même consacré un volume au « goût de la paresse ». C’est facile, logique, attendu. Mais encore fallait-il le faire, et ça devrait marcher. On va donner ça à lire à nos Gilets jaunes, ça leur mettra les idées en place. Mais quand sort ce livre ? Avec Jacuzzi, tout est relégué aux calendes grecques.

jazzi dit: 27 novembre 2018 à 0 h 01 min

Cinéma, cinéma.

Chaloux, nous avions abondamment parlé de « Ma Loute » sur la RDC d’Annelise Roux.

Cette scène torride au début du « Dernier tango à Paris » est pourtant déterminante. Elle donne immédiatement le tempo de la relation passionnelle désespérée (la femme de Brando venait de se suicidée dans l’appartement que Maria Schneider visite afin de le louer pour elle et son fiancé, Jean-Pierre Léaud) qui unit les deux protagonistes principaux. Relation sadomasochiste qui se clôt par l’assassinat de Brando par Maria Schneider. Le film a fait passer de l’ombre à la lumière cette très jeune actrice inconnue opposée à un véritable monstre sacré. Notoriété fatale, où son fragile équilibre s’en est trouvé complètement déstabilisé. Mais la fragilité de la jeune actrice, dont la carrière en dent de scie a quand même été ponctuée de quelques beaux rôles, n’est pas totalement imputable à ce film. Elle est aussi le fruit de sa relation conflictuelle avec son père naturel, Daniel Gelin, qui ne l’a jamais reconnue, et lui même avait des antécédents de drogue.

Vu, aujourd’hui, un autre film tout aussi sulfureux de l’époque : « Le Pornographe » du réalisateur japonais Shohei Imamura (1966). Vieux et jeunes, dans la salle nous avons beaucoup rit, d’un rire nerveux. Je ne conseille pas le film aux esprits sensibles de la RDL.
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19543905&cfilm=36003.html

Delaporte dit: 26 novembre 2018 à 23 h 58 min

Evidemment, un Jacuzzi n’a rien à nous dire de crédible à propos du Dernier Tango ; tout ce qui l’intéresse, c’est la daube qui sort chaque semaine, et qu’il va voir fidèlement au cinéma, donnant son argent à des productions infâmes et bâclées. Il est presque minuit, il doit déjà dormir, avec la conscience tranquille, hélas.

Delaporte dit: 26 novembre 2018 à 23 h 54 min

Evidemment, on est proche d’un univers à la Bataille mâtiné de Bernanos. Immédiatement, je vois tout ce que cela a de grandiose, – et de chrétien.

Delaporte dit: 26 novembre 2018 à 23 h 52 min

Ce qui faisait un peu s’élevé ce film, datant des années stupre, du lot des oeuvres courantes de cette époque, c’est le tragique qu’on y ressentait. On n’était pas là pour rigoler. En ce sens, c’est Le Dernier Tango est un film profondément chrétien, où chaque seconde compte. Normalement, on attend une rémission, une miséricorde divine, qui ne vient pas ; cela devrait se terminer peut-être par un mariage, le réalisateur a choisi de faire mourir son personnage, qui rejoint sa femme dans l’au-delà. Pour un peu, une bénédiction sacerdotale lui faciliterait le voyage.

christiane dit: 26 novembre 2018 à 23 h 45 min

@closer dit: 26 novembre 2018 à 22 h 38 min
Pas convaincue. Il est des façons bien connues de faire taire une jeune personne…

Delaporte dit: 26 novembre 2018 à 23 h 44 min

Ce qui est assez intéressant dans Le Dernier Tango, c’est que le rôle de Maria Schneider avait été attribué au départ à un jeune homme, sans doute pour prendre en considération les tendances homosexuelles et de Brando et du réalisateur. Ils ont reculé devant le scandale. Ce qui ne les a pas empêchés de mettre toute la gomme dans le déroulement de ce qui était prévu, jusqu’à cette sordide scène de viol, qui donne un rôle tellement considérable au beurre (non crédité au générique). Je crois que le film aurait été plus fort, davantage fidèle à la conception des auteurs (Bertolucci et Brando lui-même) si ils avaient choisi finalement le jeune homme ; une relation hétérosexuelle au coeur de l’intrigue a enlevé beaucoup de la subversion originelle.

rose dit: 26 novembre 2018 à 23 h 43 min

— il y a quelque chose — farce, béchamel, etc. — à l’intérieur

renato

ben oui.
Comme à l’intérieur de la terre.

renato dit: 26 novembre 2018 à 23 h 40 min

Lasagne, cannelloni, ravioli, etc., non parce que :

— préparation trop compliquée et excessive manipulation des produits ;
— il y a quelque chose — farce, béchamel, etc. — à l’intérieur.

rose dit: 26 novembre 2018 à 23 h 20 min

le merveilleux des scientifiques
la sonde vient de se poser sur Mars.

Et qu’est ce qu’on se fout des fake news !

rose dit: 26 novembre 2018 à 23 h 17 min

pas vu Ma Loute dslée. ni 1900. ni lu le livre de Lavande. dslée trois fois.
sur Drancy, a gardé aujourd’hui le même sinistre, comme une gare de triage.
La mémoire est dans les rails : les coeurs toujours se serrent.
Sur la maison de Gustave Moreau, elle est pleine à craquer. Tous ces tiroirs avec tous ses dessins, projets, esquisses. Cette foultitude. Ce fouillis organisé. Son imaginaire, ses licornes.

Janssen J-J dit: 26 novembre 2018 à 23 h 15 min

@ Avez-vous vu Ma Loute,

oui, je viens de… bruno dumont m’a l’air d’un cinéaste chrétien tourmenté et bien courroucé ; à l’humour tragicomique et louf

renato dit: 26 novembre 2018 à 22 h 58 min

rose,

oui : spaghetti aux coques ; tagliolini beurre et sauge ; spaghetti huile, ail, piment ; orecchiette avec brocoli ; et ainsi de suite, toujours simple ; mais les lasagne non…

rose dit: 26 novembre 2018 à 22 h 52 min

pour moi, c’est un double viol. Un premier parce que cela s’est fait en douce /hors consentement de l’actrice/ ; un second parce que cela a été filmé. Double peine.
Je propose quelques centaines d’années sans que l’un croise l’autre. Pour Maria tendresse.

rose dit: 26 novembre 2018 à 22 h 38 min

Et alii 9h33 et 9h34

ai lu tout ceci, le filet de mandarines, les articles piégant etc.

ai tjrs bcp d’admiration pour les scientifiques, ceci dans nbre de domaines.

cet hommage me fut suggéré suite à un visionnage télévisuel d’un reportage sur l’Erebus et le Terror navires hauturiers partis en 1845 chercher le passage du nord ouest sous la responsabilité de John ….époux de lady Jane qui a lancé les recherches deux ans après le départ. Recherches entamées cinq ans après. Ces scientifiques travaillant en équipe étaient géniaux.

closer dit: 26 novembre 2018 à 22 h 38 min

Personne ne peut penser une seconde que la scène de sodomie ait été réelle. Ne serait-ce que pour des raisons sanitaires et pénales. La responsabilité du metteur en scène et de Marlon Brando aurait été engagée. Trop dangereux. D’ailleurs Maria Schneider l’a confirmé elle-même:

« Au cours de sa carrière, Maria Schneider est revenue plusieurs fois sur la scène qui l’a traumatisée. Il n’y a pas eu de réelles scènes de sexe dans « Le dernier tango à Paris » entre elle et Brando comme elle l’a expliqué dans une interview pour le Daily Mail en 2007. Pas de pénétration, mais ça n’a pas empêché la jeune comédienne de se sentir « humiliée » et « violée ».

rose dit: 26 novembre 2018 à 22 h 17 min

renato

je ne le savais pas. mange plus de riz que de pâtes et jamais de macaronis. Aime les pâtes cuisinées comme les lasagnes ou les spaghettis aux coques ou aux tellines.

renato dit: 26 novembre 2018 à 21 h 54 min

« mais, me semblait’il, la pasta scuitta ou bien fresca était quotidienne en primi piatti. »

C’est plutôt une question géographique, rose : à nord le riz, à sud les pâtes ; mais ce n’est pas strict.

christiane dit: 26 novembre 2018 à 21 h 45 min

Bérénice – 20h31
Le Perroquet ?
Peut-être ce passage éclaire-t-il leur relation :
« Ils avaient des dialogues, lui, débitant à satiété les trois phrases de son répertoire, et elle, y répondant par des mots sans plus de suite, mais où son cœur s’épanchait. Loulou, dans son isolement était presque un fils, un amoureux. Il escaladait ses doigts, mordillait ses lèvres, se cramponnait à son fichu ; et, comme elle penchait son front en branlant la tête à la manière des nourrices, les grandes ailes du bonnet et les ailes de l’oiseau frémissaient ensemble. »
Un rapport sensuel, affectueux, libre dans ce monde répétitif d’obligation, de labeur, d’effacement. La première occasion d’avoir quelque chose à elle. Quand elle devient sourde, elle ne perçoit que sa voix. Elle le sort de sa cage. Elle reste dans la sienne… Puis c’est le délire : confusion entre le perroquet et le Saint-Esprit.
Je crois que c’est possible qu’un être solitaire et démuni s’attache de cette façon à un animal. Le seul qu’elle peut caresser puisque pour les enfants dont elle s’occupe, elle doit garder une certaine distance. Seules les bêtes lui donnent ce plaisir : toucher, caresser, leur parler. Ce conte aurait été bien sombre sans ce perroquet. C’est la folie douce de Félicité… Le corps, elle l’a appris près des bêtes plus que près des humains.

rose dit: 26 novembre 2018 à 21 h 38 min

macron est fichu.
À Manosque, fin de l’essence à la plupart des pompes. À une, il restait du E 10. Autorisa5ion de prendre 20 euros seulement.
Au village, l’insurrection s’organise, sur les ronds points. Banderoles, etc.

rose dit: 26 novembre 2018 à 21 h 35 min

renato merci 😊❤
par l’entremise de Pierre Assouline que je remercie vivement, j’ai reçu de votre part le lien permettant de récupérer les messages what’s app.

vous tiendrai au courant.

riz d’accord
rizotto
rizo gallo
le venere
etc.
mais, me semblait’il, la pasta scuitta ou bien fresca était quotidienne en primi piatti.
Ou bien était-ce seulement chez les pauvres gens ?

D. dit: 26 novembre 2018 à 21 h 22 min

Macron est fichu Jean. Il ne tiendra pas plus de quelques mois dans sa fonction. Ça fait déjà plus d’une semaine qu’on ne parle que de soulèvement populaire.
Il ne s’en sortira pas. Tous les mages le disent par ailleurs.
Reste à savoir par qui on va le remplacer. Wauquiez, MLP, NDA, Bayrou, Mélenchon ?
On aura guère le choix. NDA est annoncé à 10 % au premier tour tout de même. Il est devenu une figure de premier ordre du paysage politique français.

renato dit: 26 novembre 2018 à 20 h 55 min

Oui, Phil, beau film, comme d’ailleurs les deux qu’avec Profession : reporter composent la trilogie crée pour Ponti : Blow-Up et Zabriskie Point. Le désir de disparaître bien plus compréhensible, car parfois partagé, que celui plutôt indigent de sodomiser une inconnue, ce qu’avec l’aide d’un minimum de savoir vivre est carrément accessible ; mais, évidemment, si l’on n’est pas capables de mettre en discussion les certitudes plus élémentaires, on ne peut que voir le sexe comme seule réponse possible au conformisme.

N'IMPORTEQUOI dit: 26 novembre 2018 à 20 h 41 min

Nos nez ne le sont des rhinites qui les font se moucher ou morver pour ceux qui auraient oublié leur kleenex. Correcteur fantaisiste.

N'IMPORTEQUOI dit: 26 novembre 2018 à 20 h 37 min

Jean Langoncet, je n’enumererai pas tout ce qu’une bouche est capable d’accomplir, parler, hurler,injurier,vomir…
Quoi de pur comparé aux orifices dédiés à l’élimination des déchets ? Nos oreilles certes ne sont pas responsables des pollutions enregistrés comme nos greffes rejointes qui les font se coucher ou amorcer pour ceux qui ont oublie leur kleenex.

N'IMPORTEQUOI dit: 26 novembre 2018 à 20 h 31 min

Christiane, sûrement est ce que je traite à la légère un coeur simple mais enfin cette histoire de perroquet est tout de même tragicomique, Flaubert m’apparait dans ce roman et Bouvard et Pecuchet plus fou encore que ses personnages, d’ailleurs c’est nécessaire sinon il n’aurait pas eu la ressourcementinventer ces situations, pour cela entre autres, il est admirable.

N'IMPORTEQUOI dit: 26 novembre 2018 à 20 h 23 min

Christiane, ce n’est pas un viol, néanmoins le metteur en scène après avoir majestueusement laissé à portée une demi livre de beurre à laissé libre cours à l’imagination de l’acteur sans intervenir, silence, on tourne, mais quoi? Seul ,Marlon eut une vague idée pour la progression du scenario. C’est un peu comme la scene finale quand il colle son chewing gum sous le garde corps avant de proférer  » nos enfants s’en souviendront » , de l’improvisation.

Jean Langoncet dit: 26 novembre 2018 à 19 h 07 min

Sa carrière n’a pas été brisée par un viol imaginaire perpétré par Brando et encouragé par feu le réalisateur, mais par des regards comme le vôtre

Delaporte dit: 26 novembre 2018 à 18 h 54 min

« le caricaturiste Delaporte (Love me 2 Times pour les initiés) »

C’est vous qui caricaturez, parce que vous êtes bas et que vous aimez la bassesse.

Delaporte dit: 26 novembre 2018 à 18 h 52 min

Je crois que la scène de sodomie était simulée, mais que l’actrice n’était pas prévenue, et que l’engagement de Marlon Brando, poussé à l’extrême, a choqué l’actrice. C’est évidemment un exemple funeste de ce qu’il ne faut pas faire, même si le résultat était conséquent.

Jean Langoncet dit: 26 novembre 2018 à 18 h 39 min

@Bien sûr que c’est un viol

Même avec l’appui d’un article de Télérama, n’est-ce pas un jugement un peu expéditif ? Vous considérez peut-être que la sodomie est un viol en soi ; vous êtes à deux doigts de rejoindre le caricaturiste Delaporte (Love me 2 Times pour les initiés) quand il stigmatise « les années stupre »
Je me casse

Phil dit: 26 novembre 2018 à 18 h 32 min

le beurre soigne l’ulcère. ces chrétiens de gauche de télérama sont bien naïfs. Bon film ce « Profession reporter », avec un Nicholson pas encore grimaçant de shining.

christiane dit: 26 novembre 2018 à 18 h 25 min

Merci Ed, DHH et Lavande.
Oui, j’ai vu le film et cette scène qui a dû traumatisé cette jeune actrice. Bien sûr que c’est un viol.

christiane dit: 26 novembre 2018 à 18 h 20 min

@DHH dit: 26 novembre 2018 à 17 h 03 min
L’histoire d’une solitude et un regard acéré sur ce monde où les « classes sociales » ne se mélangent pas, ne communiquent pas, oui.
Madame Aubain, la patronne, est donnée en même temps qu’elle. Comme Félicité elle porte une suite de malheurs : mariage peu apprécié dans son monde car le prétendant n’avait pas de fortune, veuvage suivi d’une certaine pauvreté, des dettes et deux enfants qui vont mourir, une maison qui sent le moisi et le renfermé. Deux solitudes, en somme… mais sans proximité affective, une barrière infranchissable sépare la maîtresse dure, insensible car égocentrique, de la servante sauf au moment suivant la mort de Virginie :
« Leurs yeux se fixèrent l’une sur l’autre, s’emplirent de larmes ; enfin la maîtresse ouvrit ses bras, la servante s’y jeta ; et elles s’étreignirent, satisfaisant leur douleur dans un baiser que les égalisait ».
Félicité, elle, n’a ni instruction, ni fortune, ni passé, ni famille, ni âge… Elle ne tente pas d’échapper à ce monde où elle est asservie et ne semble pas écrasée par la vie, ni déprimée trouvant son bonheur à servir les autres sans récompense, d’une façon désintéressée.
« Elle se levait dès l’aube, pour ne pas manquer la messe, et travaillait jusqu’au soir sans interruption ; puis le dîner étant fini, la vaisselle en ordre et la porte bien close, elle enfouissait la bûche sous les cendres et s’endormait devant l’âtre, son rosaire à la main. »
C’est vrai qu’elle rappelle Catherine Leroux, la vieille femme modeste et pieuse à qui on attribue une médaille d’argent aux Comices Agricoles pour cinquante ans de dur travail à la même ferme et l’orpheline de quatorze ans — nommée aussi Félicité — devenue à Tostes la bonne de Mme Bovary. On la pressent encore dans une nouvelle Rage et Impuissance, où la vieille servante est décrite ainsi : « C’est dans ses souvenirs d’enfance qu’errait ainsi son imagination, et la vieille Berthe se retraçait ainsi toute sa vie, qui s’était passée monotone et uniforme dans son village et qui, dans un cercle si étroit, avait eu aussi ses passions, ses angoisses et ses douleurs. »
Et comme le rappelle Jazzi, en écrivant Un Cœur Simple, Flaubert avait en tête l’idée de prouver à George Sand qu’il était capable de montrer de la sympathie envers ses personnages. (George Sand lui avait reproché l’idéal impersonnel de l’absence de l’auteur dans son œuvre. Elle évoquait l’écriture de Flaubert comme « désolation » et la sienne comme « consolation ».) Mais elle mourut avant de pouvoir lire ce conte qu’il lui avait dédié.
Un cœur simple, c’est aussi le livre des deuils : mort de Victor, mort de Virginie, mort de Loulou, mort de Madame Aubain, etc.).

Lavande dit: 26 novembre 2018 à 18 h 05 min

Voilà ce qu’en dit Télérama.fr :

« Disparue en 2011, elle disait ne s’être s’est jamais remise du scandale, ni de l’intensité prédatrice du tournage. Lequel a également poursuivi Bernardo Bertolucci jusqu’au bout de sa vie. Ou comment une scène très crue, très désespérée, à base de sodomie et de beurre, a autant ulcéré la société de 1972 que celle de 2016.

Honni, décrié, classé X dans de nombreux pays et interdit aux moins de 18 ans dans la France de l’époque, le film maudit a de nouveau révulsé les foules, lorsque la presse a révélé que le cinéaste aurait orchestré cette séquence sans prévenir son actrice, lui faisant dès lors subir un véritable viol devant les caméras. Bernardo Bertolucci s’en est défendu, arguant que Maria Schneider connaissait le script, et toutes ses implications. Vrai ou faux, il nous laisse avec ce trouble héritage, aussi ambigu et dérangeant que les meilleurs de ses personnages d’autrefois. »

Ed dit: 26 novembre 2018 à 18 h 00 min

Oui DHH. Je me suis mal exprimée. La scène était dans le scénario, mais la pénétration effective ne devait pas faire partie de la feuille de route des acteurs. Le résultat est le même pour la gamine, malheureusement.

renato dit: 26 novembre 2018 à 17 h 51 min

Maria Schneider je l’ai vue dans Profession : reporter. Jamais vu un film de Bertolucci : incompatibilité des points de vue.

DHH dit: 26 novembre 2018 à 17 h 48 min

@ ED@ED
J’ai vu le film en son temps et e ne crois pas que la scène de sodomie ait été absente du scenario, car elle elle est longuement amenée avec la recherche préalables d’un morceau de beurre.
En fait s’il y a eu viol c’est probablement que l’action a du être présentée à l’actrice comme devant entre seulement simulée et qu’ en fait on la lui a imposée à son corps défendant

Ed dit: 26 novembre 2018 à 17 h 33 min

« Elle meurt à 58 ans des suites d’un cancer. Brigitte Bardot lui rend hommage dans un texte lu par Alain Delon, lors d’une cérémonie à l’église Saint-Roch à Paris. »

Je vais essayer de retrouver ce texte !

Janssen J-J dit: 26 novembre 2018 à 17 h 29 min

@17.03 DHH, Se pourrait-il que Michelle Perrot ait confondu, chez la domestique de George Sand, le personnage flaubertien de Catherine Leroux pour celui de Félicité ?
C’est bien possible. Je vais le lui signaler en lui suggérant amicalement.
SVP, jazzm, ne rebondissez pas sur ce que vous ignorez. c’est un brin agaçant (flaubert n’a jamais prétendu nous faire le coup d’Emma plusieurs fois). Marie-Héléne Lafon aurait sûrement une certitude plus assurée sur ce détail littéraire historique.
Sur ce coup là, JR, vous m’avez bien étonné… (je vous voyais beaucoup plus certainement apprécier de cioran « des larems et des saints »… etc, mais enfin, où vous se nicher les faux ou vrais aveux, cela restera toujours l’un mystères intrinsèques de la rdl, vu qu’en déinfitive, il s’agit toujours pour les trolls de laisser les traces d’une posture d’accréditation de soi-même).

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 17 h 28 min

jazzi dit: 26 novembre 2018 à 17 h 13 min
« Flaubert n’était pas marxiste »

Il était même anti communards et gilets jaunes !

Eh oui… Proust encore. L’artiste voit les choses tout autrement que l’homme. Dans le cas de Flaubert, au moins dans cette scène des comices, leurs deux visions sont en contradiction flagrante.

DHH dit: 26 novembre 2018 à 17 h 27 min

@lavande @Christiane
je suis allé sur le site indiqué pour prendre connaissance de cet ouvrage et j’ai vu qu’il entrait dans cette collection de livres de souvenirs écrits par les victimes de la Shoah ou à leur sujet qui sont publies sous l’égide et avec le financement de la fondation pour la mémoire de la Shoah, qui parfois se charge aussi de les rewriter
Cette collection est actuellement assez développée ;je possède quelques uns des titres; ces livres écrits par des survivants témoignent tous des qualités exceptionnelles de courage d’intelligence ,de sang-froid qu’il leur a fallu déployer pour revenir vivants de cet enfer; et les personnalités qu’ils révèlent sont fascinantes
je vous recommande en particulier le livre de souvenirs d’Isabelle Kojo

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 17 h 24 min

« Ainsi se tenait devant ces bourgeois épanouis ce demi-siècle de servitude »

Quelle leçon d’écriture ! Au bas de l’estrade, ces bonshommes rondouillards, contents d’eux-mêmes et du monde comme il va — mentons ras et ventres ronds, comme dit la chanson — ; sur l’estrade, ils ne voient qu’une vieille bonne femme, un peu ridicule. Et voici que Flaubert dresse devant eux une apparition fantomatique — allégorie terrible. Je me demande quel peintre aurait pu mettre en scène une telle confrontation. Un Gustave Moreau converti aux idées de Courbet, peut-être.

Ed dit: 26 novembre 2018 à 17 h 23 min

@christiane

Je n’ai pas lu le livre et ne connais pas parfaitement la vie de cette actrice tombée dans l’oubli. Ceci étant, il n’a été révélé que très récemment que la scène de sodomie n’était pas prévue dans le scénario et qu’elle a été violée (pas un acteur qui avait le double de son âge, voire plus) sur le tournage (rappelons que la surprise elle aussi caractérise un viol). Quand le scandale autour de cette scène a éclaté, elle était aux premières loges (ben oui, une p.ute quoi). Depuis ce film pourtant culte, la (très) jeune actrice n’a jamais remonté la pente. Professionnellement du moins. Personnellement non plus j’imagine. Merci jazzi pour les bonnes pages.

et alii dit: 26 novembre 2018 à 17 h 13 min

la fréquentation des animaux elle avait pris leur mutisme et leur placidité ».
Élisabeth de Fontenay, Le Silence des bêtes. La philosophie à l’épreuve de l’animalité, Paris, Fayard, 1999.

jazzi dit: 26 novembre 2018 à 17 h 10 min

« Ainsi se tenait devant ces bourgeois épanouis ce demi-siècle de servitude »

Oui, scène magistrale, DHH !
Il y a aussi dans madame Bovary ce pauvre garçon de salle pied bot, sur lequel Charles va faire sa désastreuse opération…

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 17 h 07 min

« Ainsi se tenait devant ces bourgeois épanouis ce demi-siècle de servitude »

A qui pourrait s’y tromper, rappelons que Flaubert n’était pas marxiste.

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 17 h 06 min

« Ainsi se tenait devant ces bourgeois épanouis ce demi-siècle de servitude »

Eh oui… On aurait tort de se dire que les choses ont radicalement changé.

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 17 h 04 min

A Sao Paulo, BHL met en garde la communauté juive contre la « tentation Bolsonaro ».

Décidément, l’admirable « Complot contre l’Amérique » de Philip Roth reste d’une étonnante actualité. Et pas seulement au Brésil.

DHH dit: 26 novembre 2018 à 17 h 03 min

Je pense qu’avec un cœur simple Flaubert veut aussi montrer les ravages humains d’un système social qu’il exècre
La vie de Felicité est , d’exclusion en exclusion, une longue histoire de rétrécissement du monde autour d’elle :elle est exclue de l’amour parce que son promis épouse celle qui lui paie un remplaçant; elle est privée de partager le deuil de sa maîtresse parce que leurs mondes ne communiquent pas, et elle doit vivre dans la solitude de son cœur la douleur d’avoir perdu l’enfant à laquelle elle s’était attachée ; elle est exclue d’une pratique normale de la religion ,parce que ,pauvre, donc mal soignée elle est devenue sourde ;enfin les aléas de la vie militaire lui arrachent son dernier lien affectif avec le monde humain, son neveu enrôlé parce qu’il était pauvre. Alors il n’y a plus que le perroquet qui la rattache au monde des vivants.
L’histoire de Félicité est l’archétype de ces vies de domestiques d’autrefois ,enfermées dans la servitude ,condamnées à la solitude morale, et qui, sans espérance ni désespoir, acceptent avec résignation et passivité des destins scellés une fois pour toutes parce qu’elles sont nées du mauvais coté.
Félicité est la sœur d’un autre personnage ,fugacement esquissé par Flaubert dans Madame Bovary: Cette pitoyable Catherine Leroux qui doit recevoir une médaille pendant les Comices »pour avoir servi cinquante quatre ans dans la même ferme ».Félicité et son perroquet , objet ultime de son affection ,ne sont pas loin ,lorsque Flaubert nous dit de Catherine Leroux ,que « dans la fréquentation des animaux elle avait pris leur mutisme et leur placidité ».
Au moment d’aller recevoir sa médaille des mains d’un de ces notables verbeux et suffisants qui président aux Comices , elle se fait même encore rudoyer parce qu’elle ne comprend pas qu’on l’appelle ,parce qu’elle hésite à monter sur l’estrade, »ne sachant s’il fallait s’avancer ou s’enfuir […..] et pourquoi les examinateurs lui souriaient » et Flaubert conclut ce face à face entre l’opprimée et les oppresseurs par cette phrase définitive:
« Ainsi se tenait devant ces bourgeois épanouis ce demi-siècle de servitude »

christiane dit: 26 novembre 2018 à 17 h 01 min

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 16 h 17 min

Zampano ! Gelsomina …
« Il y a l’équivalent au cinéma : c’est, à la fin de « La Strada » Zampano pleurant sur la plage, dans le bruit des vagues qui viennent y mourir. »
Oui, très belle scène déchirante :
https://www.youtube.com/watch?v=rR-JvfjXS9M
Mais les larmes et l’eau non pas le même sens.
«[…] et de l’eau tombait sans discontinuer par les trous de l’écluse, avec un bruit de torrent.»
Deux adieux dont celui de Zampano qui découvre tardivement ce qu’il a perdu…

Ed dit: 26 novembre 2018 à 16 h 44 min

Pardon, mais aujourd’hui j’ai plutôt une pensée pour Maria Schreiber. Quelqu’un a lu le livre consacré à ce destin tragique écrit par sa cousine Vanessa ?

Delaporte dit: 26 novembre 2018 à 16 h 38 min

« N’insiste pas, Delaporte, tu es définitivement décrédibilisé aux yeux des erdéliens… du moins ceux, rares, qui te faisaient encore crédit ! »

Ah bon ! parce que certains me faisaient encore crédit ? Je ne m’en doutais pas. Les erdéliens, et vous, Jacuzzi, en tête, n’êtes qu’une bande de naufragés perdus dans l’océan du sens. Alors quand vient quelqu’un comme moi qui sait où il marche, évidemment tout le monde se révolte. Mais je suis lu, et comme ce que j’écris est pour la plus grande gloire de Dieu, je ne me fais pas de souci.

jazzi dit: 26 novembre 2018 à 16 h 34 min

N’insiste pas, Delaporte, tu es définitivement décrédibilisé aux yeux des erdéliens… du moins ceux, rares, qui te faisaient encore crédit !

Delaporte dit: 26 novembre 2018 à 16 h 30 min

Quand je lis ce que Jacuzzi écrit sur les films qu’il va voir, même quand il s’agit de Bergman, je suis époustouflé, ébouriffé par la nullité intrinsèque de son commentaire. Je me demande souvent ce qu’un tel esthète superficiel et vain en retire. Vraiment, il n’est pas fait pour le cinéma, ni pour la littérature. Et son « goût de la paresse » qui n’est toujours pas sorti ! et où il ne parlera même pas, j’en suis sûr, de la sainte abolition légale du travail ! Quel désastre, Jacuzzi !

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 16 h 26 min

« […] et de l’eau tombait sans discontinuer par les trous de l’écluse, avec un bruit de torrent. » L’écho de la nature aux larmes de Félicité. Cela vous emporte.

On imagine sans peine le commentaire d’un Macron devant une telle scène : « Que d’eau ! Que d’eau ! « 

jazzi dit: 26 novembre 2018 à 16 h 25 min

« Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même. »

Mais enfin, JJJ, tu n’as donc pas compris que Félicité c’est Flaubert !

Delaporte dit: 26 novembre 2018 à 16 h 23 min

« Un film de Bertolucci pour Delaporte, « absent momentanément de Paris », samedi, et définitivement décrédibilisé aux yeux des erdéliens… »

Merci, insolent Jacuzzi, mais j’ai déjà vu tous ces films de Bertolucci, que j’aimais bien quand j’étais jeune, moins aujourd’hui. Il y a avait pourtant chez lui une belle conscience historique, qui replaçait l’Italie dans sa généalogie révolutionnaire (comme chez le communiste et aristocrate Visconti). En ce sens il était bien l’homme de son époque, comme le montre le Dernier Tango à Paris, film qui a eu un impact majeur sur la sensibilité d’une génération. Bertolucci, comme quelques autres très grands, Visconti, que je citais, Godard, etc., a compris que l’art devenait politique, et que le grand style de l’époque était révolutionnaire. Mais cela échappe certainement à un pâle esthète gay comme Jacuzzi, hypnotisé par le spectacle quotidien, ce brouet infâme de l’art putride mis en propagande par les mass médias.

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 16 h 17 min

« […] et de l’eau tombait sans discontinuer par les trous de l’écluse, avec un bruit de torrent. » L’écho de la nature aux larmes de Félicité. Cela vous emporte.

Il y a l’équivalent au cinéma : c’est, à la fin de « La Strada « , Zampano pleurant sur la plage, dans le bruit des vagues qui viennent y mourir.

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 16 h 11 min

Merci, Christiane, pour nous avoir fait relire cette page sublime. Ce n’était donc ni Le Havre ni Rouen, mais Honfleur.

« […] et de l’eau tombait sans discontinuer par les trous de l’écluse, avec un bruit de torrent. » L’écho de la nature aux larmes de Félicité. Cela vous emporte.

christiane dit: 26 novembre 2018 à 16 h 00 min

J.R. 15h27
« Un lundi, 14 juillet 1819 (elle n’oublia pas la date), Victor annonça qu’il était engagé au long cours, et, dans la nuit du surlendemain, par le paquebot de Honfleur, irait rejoindre sa goélette qui devait démarrer du Havre prochainement. Il serait, peut-être, deux ans parti.
La perspective d’une telle absence désola Félicité ; et pour lui dire encore adieu, le mercredi soir, après le dîner de Madame, elle chaussa des galoches, et avala les quatre lieues qui séparent Pont-l’Evêque de Honfleur.
Quand elle fut devant le Calvaire, au lieu de prendre à gauche, elle prit à droite, se perdit dans des chantiers, revint sur ses pas ; des gens qu’elle accosta l’engagèrent à se hâter. Elle fit le tour du bassin rempli de navires, se heurtait contre des amarres. Puis le terrain s’abaissa, des lumières s’entrecroisèrent, et elle se crut folle, en apercevant des chevaux dans le ciel.
Au bord du quai, d’autres hennissaient, effrayés par la mer. Un palan qui les enlevait les descendait dans un bateau, où des voyageurs se bousculaient entre les barriques de cidre, les paniers de fromage, les sacs de grain ; on entendait chanter des poules, le capitaine jurait ; et un mousse restait accoudé sur le bossoir, indifférent à tout cela. Félicité, qui ne l’avait pas reconnu, criait « Victor ! » ; il leva la tête ; elle s’élançait, quand on retira l’échelle tout à coup.
Le paquebot, que des femmes halaient en chantant, sortit du port. Sa membrure craquait, les vagues pesantes fouettaient sa proue. La voile avait tourné. On ne vit plus personne ; – et, sur la mer argentée par la lune, il faisait une tache noire qui s’enfonça, disparut.
Félicité, en passant près du Calvaire, voulut recommander à Dieu ce qu’elle chérissait le plus ; et elle pria pendant longtemps, debout, la face baignée de pleurs, les yeux vers les nuages. La ville dormait, des douaniers se promenaient ; et de l’eau tombait sans discontinuer par les trous de l’écluse, avec un bruit de torrent. Deux heures sonnèrent. »
Bien heureux êtes-vous pour cette émotion.

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 15 h 22 min

Je me dis que le brillant intellectuel et technocrate qu’est Macron aurait dû lire — ou, s’il l’a lu, méditer —  » Un coeur simple  » ; cela l’aurait peut-être aidé à se guérir d’une certaine arrogance — d’une arrogance certaine — à l’égard du peuple. Ségolène Royal a trouvé les mots qu’il fallait en lui rappelant qu’il n’y a pas de honte à reconnaître qu’on s’est trompé. Mais n’est-ce pas là une vertu hors de la portée d’un politique convaincu qu’il a raison ? On verra demain.

Lavande dit: 26 novembre 2018 à 15 h 09 min

Le texte intégral du livre, que Christiane avait trouvé:
(il existe en format papier bien sûr)

https://books.google.fr/books?id=YsllDwAAQBAJ&pg=PA4&lpg=PA4&dq=Louis+et+Mariette+Engelmann/++sans+toi+je+serais+en+route+pour+un+grand+voyage+/+ebook&source=bl&ots=KxSz6CVtzn&sig=BYExlgbIUGuVfhv9VxGkL9DxCAU&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiqzIbH2ereAhWjx4UKHfDpB0gQ6AEwBHoECAAQAQ#v=onepage&q=Louis%20et%20Mariette%20Engelmann%2F%20%20sans%20toi%20je%20serais%20en%20route%20pour%20un%20grand%20voyage%20%2F%20ebook&f=false

christiane dit: 26 novembre 2018 à 15 h 00 min

@Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 14 h 48 min
Tendresse ? oui, mais aussi, je l’ai trouvée un peu inquiétante cette « jardinière » des cimetières…

christiane dit: 26 novembre 2018 à 14 h 56 min

@Janssen J-J dit: 26 novembre 2018 à 14 h 53 min
Merci ! Effectivement le portrait de Marie Guyard est saisissant de ressemblance.

Janssen J-J dit: 26 novembre 2018 à 14 h 53 min

christiane dit: 26 novembre 2018 à 14 h 36 min
Oui, le bouquin de Michelle Perrot est magnifique. Voici la page 155, dans le chapitre dédié aux domestiques de Nohant :
« La mobilité est variable. Il y a un fort turnover des femmes de chambre et des jardiniers, qui restent quelques mois, silhouettes qui passent. Et les renvois sont fréquents, surtout pour vols. Mais il existe aussi des gens très stables, dont la vie est quasiment liée à Nohant. Aurore a hérité des domestiques de sa grand-mère : « Je donne les invalides à la vieille Marie [Guyard], active, laborieuse, propre et fidèle, mais grognon au-delà de ce qu’on peut imaginier ». En outre, « La vieille Marie a la monomanie des poules. Elle les aime tant qu’elle ne veut jamais retrancher, il y a dans ma cour des volailles qui ont au moins 300 ans et qui ne mordent plus depuis la régence. Il faut leur faire tordre le cou, vu qu’elles mangent beaucoup et déracinent tous mes oeillets » (Corr. V, L 2077, à Hippolyte Chatiron, fin juin 1840). Logée à demeure dans la maison, elle y restera jusqu’à sa mort, exemple de servante au « coeur simple » qui a peut-être inspiré Flaubert pour Félicité dans la nouvelle dédiée à Sand.

christiane dit: 26 novembre 2018 à 14 h 52 min

@DHH dit: 26 novembre 2018 à 14 h 18 min
Que j’ai découvert grâce à Lavande (Nous étions sur l’évocation à La Maison de la Poésie des écrits de Georges Hyvernaud (La peau et les os / Lettre à une petite fille).
Le document trouvé sur internet sur la libération incroyable de Pierre Engelmann semble pointer un facteur chance, un concours de circonstances, un immense courage de cette femme sans lesquels elle n’aurait pu avoir lieu.
Oui, cette cité porte à jamais le poids du drame qui s’est déroulé là et le Mémorial, un peu à l’écart en garde la mémoire :
https://www.tourisme93.com/document.php?pagendx=84&engine_zoom=PcuIDFC930001021

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 14 h 48 min

Je ne sais qui a inspiré à Flaubert ce conte Un cœur simple et cet insolite personnage de Félicité qui m’a marquée durablement. (Christiane)

Moi aussi. Je n’ai que tendresse pour ce personnage qui — tout athée que je suis — m’a donné l’occasion de cultiver la vertu chrétienne de compassion. Félicité pleurant sur le quai du port du Havre (ou de Rouen ?), ça vaut toutes les plus célèbres Pietas.

Lavande dit: 26 novembre 2018 à 14 h 40 min

Non DHH, Mariette Engelmann n’était pas aryenne. C’est avec l’appui de la direction des Tréfileries et Laminoirs du Havre et en faisant des tas de démarches qu’elle a réussi à faire libérer son mari.
Louis Engelmann était ingénieur au TLH, entreprise qui fabriquait des câbles et donc avait une importance stratégique. Le directeur a fait valoir que sa présence était fondamentale dans l’entreprise !

christiane dit: 26 novembre 2018 à 14 h 38 min

@DHH dit: 26 novembre 2018 à 14 h 30 min
Hélas, exact ! la gare de triage est juste derrière la cité de la Muette.

christiane dit: 26 novembre 2018 à 14 h 36 min

@Janssen J-J dit: 26 novembre 2018 à 12 h 06 min
Vous écrivez : « Michelle Perrot nous fait l’hypothèse que Félicité du « cœur simple » de Flaubert aurait pu être inspirée par la vieille Marie Guyard, la domestique de sa grand-mère, celle qui avait la « monomanie des poules », chez George Sand à Nohant » (p. 155).
Je n’ai pas lu ce livre mais en ai lu d’excellentes critiques. L’historienne Michèle Perrot est vraiment passionnante.
Je ne sais qui a inspiré à Flaubert ce conte Un cœur simple et cet insolite personnage de Félicité qui m’a marquée durablement. Une vieille fille, servante un peu simplette, un peu enfantine, passive, au physique ingrat (« elle était maigre et sa voix aiguë. A vingt-cinq ans, on lui en donnait quarante »), à la vie désastreuse, sourde, à l’aise avec les bêtes, qui n’a qu’un prénom… et qui hérite de « Loulou », qu’elle aimera immodérément, ce perroquet qui finira empaillé à la fin du conte mais idéalisé en Saint-Esprit par elle lors de son agonie, un perroquet qui l’accueille au paradis. (« elle crut voir, dans les cieux entrouverts, un perroquet gigantesque… »). Cette servante a une résistance peu commune. On meurt autour d’elle, pas elle…
Flaubert écrivait à Mme Roger des Genettes, le 19 juin 1876. : « L’Histoire d’un cœur simple est tout bonnement le récit d’une vie obscure, celle d’une pauvre fille de campagne, dévote et mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu’elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Ce n’est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même. »
Avoir inspiré ce personnage n’est pas un cadeau !!!

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 14 h 35 min

renato dit: 26 novembre 2018 à 14 h 28 min
Mais vous citez qui à 14 h 19 min, J. R. ?

Un copain à moi. Du reste il préfère qu’on l’appelle Renata : j’aurais dû indiquer ce prénom.

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 14 h 33 min

DHH dit: 26 novembre 2018 à 14 h 30 min

Calembour douteux mis à part (mais c’est vous qui avez commencé ce matin), Villejuif me paraissait plus adéquat, la commune étant située plus à l’Est de Paris que Drancy. Mais c’est vous qui avez raison. Notamment, Drancy est très proche des gares parisiennes.

DHH dit: 26 novembre 2018 à 14 h 30 min

@jacques R
calembour mis a part Drancy s’est imposé pour deux raisons
d’abord la disponibilité de cette cité HLM encore inahabitée assez vaste pour contenir le betail humain qu’on comptait y installer; d’autre part la proximité de la gare de Bobigny adaptée a des départs discrets

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 14 h 23 min

cette antichambre de l’extermination qu’était Drancy (DHH)

Je n’ai jamais bien compris pourquoi on avait implanté ce camp à Drancy, alors que Viljuif paraissait s’imposer.

DHH dit: 26 novembre 2018 à 14 h 18 min

@ lavande @christiane
Je ne connaissais pas le livre sur pierre Eengelmann que vous présentez ;évidement je le lirai , et il viendra s’ajouter comme d’autres documents de micro histoire a tout ce qui au fil du temps a nourri mon information sur ce scandale absolu qu’a été la deportation des juifs de France en vue de leur extermination programmée ;
Depuis quelques années beaucoup de témoignages ont été publiés sur cette antichambre de l’extermination qu’était Drancy ,notamment des recueil des lettres de ceux qui y étaient parqués , telles probablement celles qui figurent dans l’ouvrage que vous citez
Je pense que la femme de cette ingénieur a pu obtenir la libération de son mari en faisant valoir qu’elle était aryenne. ;De ce fait peut- être ces « lettres de Drancy » ont-elles moins de résonances tragiques que ces pauvres lettres ,écrites elles aussi au milieu de l’angoisse et du désarroi, dont les auteurs essayent d’une part de rassurer les leurs sur leur sort en édulcorant la realité enfermement, mais surtout se cramponnent à une espérance de retrouvailles dont on sait qu’elle fut cruellement déçue .
Les documents écrits sur Drancy sont nombreux et bouleversants et constituent une documentation tes riche. Mais plus exceptionnels sont les documents iconographiques, ce qui donne une valeur particulière aux dessins qu’un des prisonniers, Georges Horan Koranski y a réalisés .
Liberé de Drancy sans doute dans les mêmes conditions que Pierre Engelmann en raison de l’aryanité de sa femme ,il a pu emporter avec lui les nombreux dessins qu’il y avait réalises pendant son séjour ,au cours duquel il avait croqué tous les aspects de la vie quotidienne du camp .
J’ai découvert ce peintre dessinateur il y a quelques mois à l’occasion d’une visite au Memorial de Drancy , que je ne connaissais pas et qui lui consacrait une exposition temporaire à laquelle m’avaient conviée les mêmes qui m’ont fait voir Izieu .
Ces dessins sont présentés et magnifiquement mis en valeur dans le catalogue de cette exposition

renato dit: 26 novembre 2018 à 14 h 01 min

Dans cet environnement le mot est descriptif, Jacques, car : smemorato-a vaut « personne qui manque de mémoire, qui oublie facilement, comme une caractéristique habituelle ou récurrente ».

La camera da letto, roman en vers d’AB pourrait vous intéresser [on le trouve en fr. et en film réalisé par Stefano Consiglio e Francesco Dal Bosco].

renato dit: 26 novembre 2018 à 13 h 40 min

« D’ailleurs il me semble que Novecento c’est le 20ème siècle (globalement)… »

Oui, le siècle (1900-1999) ; mais aussi le mouvement artistique — dit aussi Neoclassicismo semplificato — à partir de 1922, coordonné par Margherita Sarfatti, la maitresse de Mussolini et théoricienne du fascisme. Quelques noms, Mario Sironi, Achille Funi, Massimo Bontempelli, Giovanni Muzio, Giò Ponti.

renato dit: 26 novembre 2018 à 13 h 27 min

« Quattrocento » était juste, Lavande, l’erreur venait de moi : j’ai quelques difficultés avec le clavier et l’écran de l’iPhone. Pardon.

Lavande dit: 26 novembre 2018 à 13 h 17 min

D’ailleurs il me semble que Novecento c’est le 20ème siècle (globalement) et pas uniquement 1900 comme le laisse supposer le titre français.
Tout comme le quattrocento est le quinzième siècle, siècle d’or de la Renaissance italienne.

renato dit: 26 novembre 2018 à 13 h 00 min

La femme cachée dans les vers, Jacques, est Ninetta Giovanardi, future épouse de Bertolucci. La photo peut induire en erreur, certes ; mais je l’ai choisie en songeant aux souvenirs des gens âgés, au fait que l’on se souvient plus facilement du lointain que du proche, car AB cherche à dessiner un portrait de femme et en même temps le temps qu’inexorablement passe.

Le poème fait partie de la séquence « Fuochi in novembre ».

Janssen J-J dit: 26 novembre 2018 à 12 h 11 min

@ où Brando témoigne d’une homosexualité fasciste envers une jeune fille

???? – mais qu’est-ce que peut bien vouloir dire cette phrase ? Soyez plus explicite svp, jazzman, merci.

Lavande dit: 26 novembre 2018 à 12 h 11 min

Pour moi, Bernardo Bertolucci c’est » 1900″.
J’aimais beaucoup l’affiche de la foule qui avance et je l’ai affichée chez moi pendant longtemps.

jazzi dit: 26 novembre 2018 à 12 h 09 min

On suppose donc que le poète s’adresse à une jeune fille. Correctif

Je cueillerai pour toi
la dernière rose du jardin,
la rose blanche qui fleurit
aux premières neiges.
Les abeilles avides l’ont visitée
pas plus tard qu’hier,
mais elle est encore si douce
qu’elle fait trembler.
C’est un portrait de toi à trente ans,
un peu oublieuse, comme tu seras alors.

Janssen J-J dit: 26 novembre 2018 à 12 h 06 min

Michelle Perrot nous fait l’hypothèse que Félicité du « coeur simple » de Flaubert aurait pu être inspirée par la vieille Marie Guyard, la domestique de sa grand-mère, celle qui avait la « monomanie des poules », chez George Sand à Nohant (p. 155).
J’ignore le point de vue de Ch. et PE à ce sujet, mais nul doute qu’il pourrait fort éclairer la rdl.

renato dit: 26 novembre 2018 à 12 h 04 min

Jacques,

— pas plus tard qu’hier, c’est à voir car il y a le sens de « encore, envers et contre le temps » ;

— oublieux > oublieuse, car c’est elle qui a tendance à oublier.

jazzi dit: 26 novembre 2018 à 12 h 01 min

Oui, Lavande.
Mais l’on peut imaginer que le père s’adresse à son fils ? Ce qui est en résonance avec le propos du film de la stratégie de l’araignée !

Phil dit: 26 novembre 2018 à 11 h 47 min

Bertolucci, adulé en France pour son « Conformiste », homosexuel et fasciste. effectivement une vision du fascisme assez conformiste qui eut cours dans les année 70, reprise par l’écrivain Littell malheureusement avec succès.

jazzi dit: 26 novembre 2018 à 11 h 35 min

Pas sûr de la traduction du dernier ver du poème du père de Bertolucci

Coglierò per te
l’ultima rosa del giardino,
la rosa bianca che fiorisce
nelle prime nebbie.
Le avide api l’hanno visitata
sino a ieri,
ma è ancora così dolce
che fa tremare.
E’ un ritratto di te a trent’anni,
un po’ smemorata, come tu sarai allora.

Je cueillerai pour toi
la dernière rose du jardin,
la rose blanche qui fleurit
aux premières neiges.
Les avides abeilles l’ont visitée
pas plus tard qu’hier,
mais elle est encore si douce
qu’elle fait trembler.
C’est un portrait de toi à trente ans,
un peu oublieux, comme tu seras alors.

Jacques R. dit: 26 novembre 2018 à 11 h 18 min

Ed dit: 26 novembre 2018 à 10 h 58 min
Saviez-vous qu’un salut nazi – même pour plaisanter, notamment dans le cadre d’une moquerie envers quelqu’un – était passible d’une amende en Allemagne ?

Heil Hitler : Hey, little hair (and little moustache) !

Ed dit: 26 novembre 2018 à 10 h 58 min

Saviez-vous qu’un salut nazi – même pour plaisanter, notamment dans le cadre d’une moquerie envers quelqu’un – était passible d’une amende en Allemagne ? C’est assez récent. J’avais un ami professeur ici qui avait parlé d’un élève expulsé de l’établissement à cause de cela. On ne rigole pas avec son passé !

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