de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Kamel Daoud : « On n’a pas le temps de transiger sur ce à quoi on croit »

Kamel Daoud : « On n’a pas le temps de transiger sur ce à quoi on croit »

La République des livres : Vous aussi, vous êtes Charlie ?

Kamel Daoud : Etre Charlie ou ne pas l’être ? Pour moi, le choix est clair. J’ai même été lynché médiatiquement pour ça par la presse islamo-conservatrice. Pour avoir écrit qu’entre un dessinateur et un tueur, je choisis le dessinateur.

Charlie tendance Voltaire ?

La liberté demeure à ses mes yeux la valeur fondamentale. Je n’admets pas que quelqu’un qui ne meurt pas à ma place prétende vivre à ma place. Mon fantasme de liberté, qui est profond, participe certes plus de l’émotif que de la réflexion intellectuelle. L’atteinte aux libertés, la mienne comme celle d’autrui, est un spectacle qui a le don de provoquer ma colère. Ca, c’est intolérable car ma liberté est tout ce que je possède. Nul n’a le droit de la négocier à ma place.

Mais le Voltaire du Traité sur la tolérance, il vous touche ?

Il n’a jamais été un totem dans ma construction. Parfois on se revendique de généalogies fictives, parfois on subit des influences à notre insu. J’ai croisé et recroisé Voltaire au fur et à mesure de mon évolution. Il est dans mes parages sans que j’en fasse une idole pour ma vision du monde. Il est d’ailleurs curieux de constater la renaissance de certains philosophes, phénomène lié à notre vécu des crises. Plus qu’une actualisation de leur pensée, c’est une véritable résurrection.

Vous êtes autodidacte ?

J’ai été à l’école algérienne arabophone. J’ai appris le français quasiment tout seul, en procédant par recoupement, dans mon village près de Mostaganem. J’entretiens un rapport de dissidence avec la langue car pour rêver et fantasmer, j’ai très jeune choisi le français. Pour les générations qui m’ont précédé, c’était la langue de la domination alors que pour moi, c’est l’arabe qui représente l’autorité. La langue française m’a révélé le corps féminin : « Elle s’avança vers moi nue ». Quel choc quand j’ai lu ça ! Mon premier rapport à la langue française fut érotique, même si cette phrase se trouvait dans un roman policier. En fait, Je n’a ai pas eu de maître : je suis l’enfant d’une bibliothèque désordonnée. Pas d’accès aux livres, pas de librairie. Juste une petite bibliothèque à l’école. Et une quinzaine de livres chez mes grands-parents chez qui je vivais.kateb

Vous êtes arabe ou kabyle ?

Algérien tout court. Pourquoi faudrait-il toujours se retourner vers des structures anciennes pour affirmer son identité ? L’arabité, ce n’est ni mon histoire ni mon identité mais c’est une culture : je la prends, je la lis, je peux en admirer certains représentants, mais ce n’est pas moi. Berbère, ça compte, bien sûr, c’est ma matrice. Mais demande-t-on à un Français s’il est gaulois ou latin ?

 De toute façon, la vraie patrie d’un écrivain, c’est sa langue, non ?

On peut le dire.

 Alors vous êtes français ?

Je ne suis pas Français et je ne veux pas l’être. Je suis reconnaissant à la langue française de m’avoir fait découvrir non seulement sa culture mais le reste du monde. C’est cette ouverture qui est importante. Je suis bilingue. Mais il est vrai que je n’écris ni chroniques ni textes de fiction en arabe. Le marché en langue française est tout de même plus porteur, alors qu’il est maigre et fragile en arabe. Hemingway disait qu’on écrit toujours sous le regard de quelqu’un, qu’il soit mort ou vivant, que l’on déteste ou que l’on aime. On écrit aussi pour séduire des gens dont on veut attirer le regard. Cette séduction fait partie du jeu sans être la force motrice de l’écriture, car on écrit aussi pour fabriquer du sens, tout de même.

 Vous a-t-on traité de « traitre », quelqu’un qui fuit sa race comme le narrateur de votre nouvelle « L’ami d’Athènes » ?

Traître, Juif, harki… Le catalogue habituel ! dans les journaux, sur la Toile et les réseaux sociaux. En Algérie, je provoque des passions contrastées. Quand un imam a lancé un appel au meurtre contre moi, il y a eu des manifestations de rue pour me soutenir, ce qui est très rare.

Et le régime ?

Il laisse faire, qu’il s’agisse des islamistes, des conservateurs, des jaloux, des nationalistes, des communistes, de ceux qui sont dans une posture de modernité mais n’arrivent pas à choisir, sans oublier les élites de gauche algéroises horrifiées à l’idée qu’à Oran un écrivain s’enrichisse avec sa plume ! Le régime veut clairement me pousser à l’exil. Quand on écrit comme je le fais, plusieurs chroniques par jour tous les jours sur tous les fronts avec un esprit critique, on perd de sa légitimité et de son influence dès lors qu’on le fait depuis la France. Alors pas question que je parte. Il faut partager la rue et la poussière de ceux auxquels on s’adresse. Leur seul moyen de me pousser à partir, c’est de me faire peur, donc de lâcher la meute sur moi. En fait, ce que tous ces gens de tous bords politiques ne supportent pas, c’est la singularité. Ca dépasse leur entendement clanique que l’on émerge seul en défendant les valeurs de l’individu.

Il est vrai que le « je » est maudit par les mosquées….

Quand on pense que pour répondre au slogan « Je suis Charlie », ils ont lancé « Nous sommes Muhammad » (Mahomet) ! Ca veut tout dire. Ils sont dans le collectif. Le régime aussi refuse le « je ». Or mon narrateur, dans tous mes textes de fiction, s’exprime toujours à la première personne. Le « je » est devenu un enjeu. Surtout si on ose toucher aux trois dieux très susceptibles de l’Algérie : l’Histoire, l’Islam, l’arabité,.

camus On vous en veut d’écrire en français et non en arabe, et d’avoir rompu avec la fameuse proposition de Kateb Yacine qui voyait dans la langue française « un butin de guerre » ?

Entre autres choses… Il y a ce qui se dit couramment en Algérie, et ce qu’on n’a pas le droit de dire quand on est en France. C’est vrai que la colonisation française a été un crime, mais je suis fatigué de porter ça. Je veux vivre le présent et je ne crois pas que la France soit responsable de tout. L’Islam ? Je n’ai pas de problème avec lui. Mais je me pose la question : en quoi a-t-il été utile à l’humanité ? Que l’on soit musulman de conviction, de foi ou de culture, que lui a-t-on apporté ? Quant à l’arabité, elle m’appartient mais je ne lui appartiens pas.

Vous êtes un musulman identitaire ?

Disons un musulman culturel. Mais je refuse les dogmes et les rites. Mes rapports avec Dieu ne concernent que Lui et moi. Quand je le verrais, je lui dirais : « trop de médisance entre nous deux ».

 Vous avez passé huit ans parmi les Frères musulmans dans votre jeunesse. Qu’est-ce qui vous en reste ?

C’était un mouvement clandestin à Mostaganem, qui a précédé le FIS. Cette expérience m’aide à mieux comprendre les islamistes car j’ai lu leurs auteurs et je connais parfaitement leurs références religieuses. J’en ai gardé de la colère parce que ce qui était pour moi une quête d’âme participait à une sorte de sournoiserie générale car ils poursuivaient un but politique. Il y a quelque chose de fondamentalement insincère là-dedans. J’en parle avec aisance car je l’ai vécu de l’intérieur. Je n’ai aucune culpabilité vis à vis de l’islamisme.

Qu’est-ce qui vous a permis d’en sortir ?

La lecture, beaucoup de lecture. Des grands poètes soufis publiés par la collection Sinbad chez Actes sud qui inondait l’Algérie à l’époque, la poésie de l’âge d’or, celle des El Moutanabbi, El Ghazali, Abu l’Ala Al Maâri. Je vivais comme un compromis de lire un texte musulman de prestige mais en langue française. Puis il y a eu les poètes français, Baudelaire surtout pour sa morbidité chantante qui m’a vraiment marqué. Et surtout un texte philosophique de Camus L’Homme révolté, qui m’avait vraiment bouleversé. Il arrivait à point nommé et m’apportait des réponses. Je suis allé vers lui pour assurer mon salut, j’en avais vraiment besoin. Si cette urgence, cette nécessité de lire et d’écrire venait à disparaître en moi, eh bien je me remettrais au dessin !

Mais, question audience, vous trouvez qu’un écrivain fait le poids face à un imam ?

Ca dépend de ce qu’on cherche et du désir qu’on a en soi. Si on veut juste se soumettre et abdiquer, un imam suffit. Mais pour interroger Dieu, il faut des poètes, des écrivains, des philosophes.

« Ils tuent au nom d’un livre, je me défends au nom des autres livres » avez-vous écrit dans un chronique. C’est aussi simple que cela ?

Pas sûr que ce soit tellement plus complexe. Ca correspond à la réalité. Pour Boko Haram, il n’y a qu’un livre et tout y est contenu.

Barzakh, nom de votre maison d’édition, est un mot que l’on retrouve à la fois dans la sourate 55  du Coran, dans le titre d’un roman de Juan Goytisolo et en couverture d’un album de l’oudiste Anouar Brahem, signifie justement l’entre-deux. Tout un programme, non ?

L’entre-deux, c’est aussi le lieu de rencontre.

 Votre éditeur,  Sofiane Hadjaj et son épouse Selma, vous ont offert un séjour à Tikjda, mais qu’est-ce que ça a changé ?

Je suis un chroniqueur compulsif. J’écris jusqu’à cinq chroniques par jour. Il m’a fait suspendre ma production, m’a dédommagé et m’a envoyé dans cette ville de Kabylie à 1600 mètres d’altitude juste pour écrire mon roman, tout près du chalet où a été assassiné récemment l’alpiniste français. C’est là que j’ai écrit la première matrice de Meursault, contre-enquête.margot

 Est-il préférable d’avoir lu L’Etranger avant de lire Meursault, contre-enquête ?

Ca dépend du lecteur. Un message reçu sur Facebook m’a beaucoup intéressé. Celui d’une femme qui n’avait pas lu L’Etranger avant, l’a fait après avoir lu Meursault, contre-enquête et m’a écrit : « Derrière chaque mot de Camus, je pensais à l’autre famille ». Ce qui m’a touché, c’est qu’elle n’ait pas dit « à l’autre fiction » ou « à l’autre livre » mais « à l’autre famille », preuve que j’avais créé un monde et des personnages. Au fond, c’est une expérience assez perverse de partir de mon roman pour aller vers L’Etranger.

 Pourtant, c’est moins L’Etranger que La Chute que vous aimez ?

Oui car c’est le roman le plus « sincère », si toutefois cette valeur correspond. Il ne faut pas y voir un jugement littéraire mais une réaction d’émotion. C’est son roman le plus religieux, celui où il a parlé de son âme. L’Etranger est une construction fabuleuse, insolente, ensorcelante aussi. La Peste est également une magnifique construction. Alors que La Chute est une confession où la question du salut est engagée ; là, on est dans la douleur, pas dans l’interrogation philosophique ; c’est un roman qui m’a bouleversé tout en me fascinant par son style.

 Les livres de Camus vous ont aidé ? 

A la sortie d’une grande période religieuse dans ma vie, la lecture du Mythe de Sisyphe et surtout de L’Homme révolté m’ont été d’un grand secours. Ils m’ont aidé à sortir, à construire quelque chose d’autre. Les livres ont la vertu d’entretenir des conversations ; ils se parlent, l’un renvoie à l’autre et ainsi de suite ; il suffit alors de prêter l’oreille pour découvrir que chaque livre en raconte un autre. Quand j’étais gamin et que je n’avais plus rien à lire, j’inventais des histoires uniquement à partir des titres au dos des livres signalant les « A paraître » ou les « Déjà parus ». Et après, je les cherchais pendant toute l’année. La première fois que je suis venu en France, je me suis précipité à la FNAC mais il y avait tellement de livres que ça m’a donné mal au ventre : tous les livres que je voulais lire depuis si longtemps étaient là…

 Qu’y a-t-il dans votre panthéon littéraire ?

J’aime cette question car, si on ne choisit pas ses parents, on a là l’occasion sa famille d’esprit. En général, les écrivains se donnent une parenté prestigieuse, ou étudiée ; ils mentent. Il faut bien trente ans pour voir que les auteurs dont on se réclame et ceux qui nous ont forgé ne sont pas toujours les mêmes. La sincérité vient avec l’âge. J’ai aimé la profusion de styles chez Henry Miller, cet Américain qui nous parlait de Paris. D’Albert Camus, que j’ai beaucoup lu, je n’ai pas tout lu car je n’ai pas réussi à tout trouver. Des écrivains arabes, la littérature d’Europe de l’Est. Je lisais dans un désordre absolu en fonction de ce que je trouvais. J’ai lu En un combat douteux de John Steinbeck sans savoir que c’était de lui car il manquait la couverture et les cinquante premières pages. J’ai lu nombre de classiques en commençant par le troisième tome par exemple, en fonction de ce qui avait été abandonné jadis par les Français dans les maisons, que les villageois avaient trouvé et qu’ils me rapportaient. Cette liberté m’a aidé à avoir confiance en la littérature. Je lisais n’importe quoi n’importe comment tout en découvrant la langue tout seul. Je relisais avidement des dizaines de fois L’île mystérieuse de Jules Verne.

Mais qu’est-ce que vous placez au plus haut, jusqu’à le relire régulièrement ?

Sans hésiter : Mémoires d’Hadrien. Une immensité. Je le range parmi les cinq livres sacrés après la Torah, la Bible etc A 30 ans, c’est l’Oeuvre au noir qui m’a le plus bouleversé. Quand j’ai lu l’histoire de cet homme né entre deux époques, une qui meurt et une qui n’arrive pas à naître, le poids du clergé, cette petite bourgeoisie, ces monarchies montantes, les fulgurantes intuitions sur l’avenir, une discrète vision de la liberté que le héros finit par payer de sa propre vie, j’ai été convaincu que Marguerite Yourcenar parlait de notre temps et non du Moyen-Age. C’est de nous qu’il s’agit, aujourd’hui. C’est curieux mais j’y puise de la foi. J’aimerais tant parvenir à sa précision dans le style. Le mot qu’il faut là où il le faut.

 IMG_4312D’après Alice Kaplan, qui a déjà consacré son séminaire à l’université de Yale l’an dernier à Meursault, contre-enquête, il est représentatif du roman post « post-colonial ». Ca vous va ?

Les universitaires adorent les formules, or je n’en suis pas un. Je ne saurais dire. Je préfère ne pas répondre à ce genre de questions car ce n’est pas à moi d’étudier mes livres.

 Elle s’est livrée à un examen comparatif précis de l’édition algérienne et de l’édition française de Meursault, contre-enquête -et les différences ne sont pas anodines…

En effet. Dans l’édition originale, il y avait des phrases entretenant une confusion délibérée entre Albert Camus et Meursault. J’ai dû les supprimer dans l’édition française à la demande des ayant-droits de Camus car Meursault est leur propriété. Il a fallu passer un accord, ainsi j’ai pu me servir de Camus.

La question centrale du roman, c’est bien : que faire de la mémoire coloniale ?

Plutôt : comment s’en libérer. Sans point d’interrogation.

 Dans l’une de vos récentes chroniques « Ni m’exiler ni me prosterner », vous dites pourtant votre aversion pour la mémoire, la nostalgie, le souvenir qui sclérosent nos sociétés. L’Histoire aussi ?

 C’est vrai que la colonisation a été un crime mais je suis fatigué de porter ça. Toute cette mémoire franco-algérienne fausse le présent et notre présence au monde. Je vis les choses maintenant, je vois les choses maintenant, et si je les perds, c’est moi qui les perds, pas les autres. C’est ma responsabilité. Je me sens l’enfant d’un fantasme de l’Histoire depuis l’école ; on nous a intoxiqués avec l’Histoire, dans les manuels scolaires, dans les livres, à la télévision, il y avait trop d’Histoire vécue comme un déni et une dévalorisation du présent. J’ai fini par comprendre que c’était un culte de la mort. L’Histoire est morbide. Je l’ai détestée parce qu’elle me culpabilisait. Elle me disait : tout cela, on l’a fait pour toi. On me demandait de m’excuser d’être né après la guerre. J’ai compris que j’allais passer ma vie à rembourser une dette que j’avais contractée avant même de venir au monde alors que je ne dois rien à personne. Quelle arnaque ! J’admire le courage des héros qui se sont battus pour libérer le pays, mais je ne veux pas le payer toute ma vie. La tristesse qui imprègne l’Algérie vient de ce culte de la mort, de l’Histoire et du cimetière, un culte construit politiquement et culturellement. Même les islamistes vous disent que la vie ici-bas ne vaut rien et qu’il faut tout miser sur la vie au-delà. Tout le monde cherche à vous voler votre présent.

 Vous n’avez pas eu le Goncourt mais presque. Comment l’avez-vous ressenti ?

Mon roman avait connu une très belle aventure, il avait rencontré un beau succès, pour moi, c’était plus que suffisant. J’avais eu plusieurs prix. Et puis 100 000 exemplaires, c’est de l’ordre du miracle. Mon seul regret, c’est qu’en ne lui donnant pas le Goncourt, le jury a laissé échapper l’occasion d’envoyer un message très fort aux élites francophones un peu partout dans le monde. J’étais récemment au Sénégal et j’ai été stupéfait de voir que les lycéens et les étudiants avaient suivi tous les épisodes du Goncourt avec un grand espoir. Je m’attendais à une telle déception en Algérie, pas ailleurs.

Et vous ?

Franchement, non. Je n’ai pas été déçu parce que je sais que pour un premier roman, une telle récompense peut aussi être destructrice. D’être arrivé si près du prix va m’encourager à écrire encore. Le plus drôle, c’est qu’après le résultat, j’ai passé toute la semaine à consoler les lecteurs au téléphone ou sur Facebook. Au fond, je n’ai pas réagi en auteur du livre mais en journaliste engagé. Je me suis dit : quel dommage ! franchement : quel dommage ! le Goncourt pour ce livre qui dénonce l’absurdité de la vengeance de l’Arabe contre le Français, ça aurait pris tout son sens vis à vis des islamistes et des conservateurs qui me harcèlent..

 Ils n’apprécient pas vraiment votre marque de fabrique : la causticité, que ce soit dans vos chroniques du Quotidien d’Oran ou dans vos textes de fiction…

C’est vrai, c’est le mot. J’aime les formules dures, coupantes, percutantes. L’économie du mot, ca s’apprend à l’école de la chronique quand on a trois mille quatre-cents signes et pas un de plus. J’aime secouer le lecteur, déranger les gens qui sont dans le mythe de la vanité nationale d’avoir vaincu la France.

 « Alger la Blanche ? Il n’y a rien de blanc dans cette ville, le drap d’une pute n’est jamais blanc » écrivez-vous dans Le Minotaure 504… Et dans une autre de vos nouvelles « Gibril au kérosène », vous écrivez : « Un vrai verset satanique que celui qui me trotte dans la tête : « Un Arabe est toujours plus célèbre lorsqu’il détourne un avion que lorsqu’il le fabrique ! »

Caustique et ludique ! Le journalisme nous a appris que le lecteur était un fainéant. Il hésite entre huit articles dans une double page. Il faut l’attraper au col, lui proposer une réflexion si possible intelligente tout en le faisant sourire, mais sans jeux de mots gratuits.

 Vous semblez animé par un absolu de la littérature, jamais dans le compromis. C’est ça, le plus important?

Oui car la vie est trop courte. On n’a pas le temps de transiger sur ce à quoi on croit. Ma vie m’appartient !

 Vous semblez toujours en colère !

C’est vrai. Et ma colère est aujourd’hui mon moteur. Ca me met en colère qu’on me demande de me justifier, on me somme de m’expliquer. Je ne fais qu’écrire, je n’attente pas à la vie des autres. Quelle époque désastreuse où il faut mettre des policiers armés à l’entrée d’une librairie pour qu’un écrivain puisse y dédicacer des livres en sécurité ! Je suis né dans un pays étouffant, qui l’est resté et j’en suis désenchanté. Quand j’étais petit, je voulais être cosmonaute. Avec le temps, j’ai compris qu’un Arabe, ça ne décolle pas.

Et le prochain livre ? Il paraît que vous travaillez actuellement autour des cimetières en Algérie…

Trop tôt pour en parler. Je ne préfère pas, par superstition et pour garder ma capacité de séduire. On a tous connus des hommes qui racontaient tellement à leurs amis qu’ils allaient séduire une certaine femme, et finalement rien ne se passait. Je ne voudrais pas être dans ce cas. Cela dit, c’est vrai, cela tournera autour des cimetières en Algérie, mais pour se débarrasser de la mémoire.

Vous écriviez pour votre père, pour qu’il soit fier de vous. Il est mort en octobre dernier. Et maintenant, pour qui écrivez-vous ?

Je vous jure que le problème se pose depuis ce moment-là. En le perdant, j’ai perdu mon ressort. C’était quelqu’un de particulier, militaire depuis son adolescence, qui parlait très peu. On ne se parlait pas, on s’écrivait. Un jour, après une dispute familiale, pour s’expliquer, il m’avait écrit car il ne pouvait me le dire ; je lui répondu ; il m’a renvoyé ma lettre avec toutes les fautes d’orthographe soulignées. J’ai retenu la leçon. Il ne m’a jamais montré sa tendresse jusqu’à ses derniers jours. Il était très content du succès de mon roman. De toute notre tribu, il était le seul à savoir lire et écrire, à comprendre ce que cela pouvait signifier qu’on parle de moi dans un journal français. Quand il est mort, j’ai perdu mon seul lecteur.

 A lire de Kamel Daoud  : Meursault, contre enquête (153 pages, 19 euros, Actes sud) et La préface du nègre et Le Minotaure 504 et autres nouvelles (144 pages, 6,70 euros, Babel)

 (« Kamel Daoud » photos Passou ; « Kateb Yacine, Albert Camus, Marguerite Yourcenar » photos D.R.)

 

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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commentaires

516 Réponses pour Kamel Daoud : « On n’a pas le temps de transiger sur ce à quoi on croit »

Anonyme dit: 17 mars 2015 à 12 h 28 min

« elle s’avança vers moi nue » hahahaha; c’est cela votre rapport à la langue française? vous semblez atteint du syndrome du colonisé, et pour certains il est incurable.

ZEUS..... dit: 15 mars 2015 à 10 h 14 min

vincent dit: 15 mars 2015 à 9 h 10 min
JC….. dit: 15 mars 2015 à 8 h 57 min
« impossible d’écrire plus idiot »

Vu de l’Olympe, vincent, c’est votre idiotie qui l’emporte d’une courte tête de neuneu : la vôtre !

la vie dans les bois dit: 15 mars 2015 à 9 h 30 min

La cérémonie du pardon vue par la grande muette ?
Et à laquelle se prosternent tous les nostalgiques de l’OAS , devant leur écran web 2.0 ?

… il y a des « dégradations » d’officiers français zélés qui se sont passées de cette panthéonisation : directement au ciel, sans passer par la case martyr national; pour la plus grande gloire des anonymes.
Aussi simple qu’une explosion sur une route.

observateur dit: 15 mars 2015 à 9 h 26 min

Cuisine électorale le nab de béziers se démène n’hésitant pas à remuer la haine dans l’espoir de décrocher un portefeuille

vincent dit: 15 mars 2015 à 9 h 10 min

Paris dit: 15 mars 2015 à 8 h 12 min
JC….. dit: 15 mars 2015 à 8 h 57 min

impossible d’écrire plus idiot

JC..... dit: 15 mars 2015 à 8 h 57 min

Mille mercis Bérénice pour le lien !

Les charognards de la presse et des médias, malgré un taux de reproduction élevé, ne seront jamais suffisamment nombreux pour parvenir toujours à cacher, réduire, dégrader ce qui ne leur parait pas « politiquement correct » !

Quelle misère, cette information officielle !

Paris dit: 15 mars 2015 à 8 h 12 min

même pas au jus dit: 14 mars 2015 à 17 h 46 min

15 h 23 min

« c’est vrai, à Paris on s’en fout »
Plus idiot difficile à écrire.

bérénice dit: 15 mars 2015 à 7 h 58 min

21h45 prévenez tout de même si un jour vous passez à la réalisation, en bifurcation et suite à votre effort de documentation. Je salue votre insistance à couvrir la surface infinie du néant informatique, dommage qu’en dépit de vos constance encore jeune et frétillante il ne puisse prendre l’apparence du tableau, de la fresque, c’est déprimant tous ces mots.

bab el-oueda dit: 14 mars 2015 à 22 h 16 min

Beziers?

Ne devraient critiquer Helie de Saint Marc que ceux qui se sentent à la hauteur de cet officier français.

la vie dans les bois dit: 14 mars 2015 à 22 h 09 min

C’est quand même croquignolesque.
Je ne sais pas, mais il me semble qu’il y a ici des corréziens, enfin un qu’était né ( pas moi) à même de commenter.

« On relèvera aussi bon nombre d’anecdotes, invérifiables elles aussi, sur la venue au parloir des femmes et maîtresses des protagonistes, ce qui contraignait le responsable de la prise de rendez-vous à une gestion très rigoureuse pour éviter de fâcheuses rencontres. Ce risque de rencontres inopinées entre femmes et maîtresses aurait été utilisé comme moyen de pression sur les officiers lorsque leurs exigences dépassaient les normes carcérales acceptables. On est, ici, proche du vaudeville ! »

la vie dans les bois dit: 14 mars 2015 à 21 h 45 min

Si elle ne se moque pas de la hairdresser éthylique en fin de vie , laissons Marjane à sa grand-mère.

bérénice dit: 14 mars 2015 à 21 h 42 min

Sinon pour se divertir du monde comme il va , possible de recourir à cette Marjane Satrapi qui se moque un peu dans son dernier film des psychopathes associés.

la vie dans les bois dit: 14 mars 2015 à 21 h 36 min

Encore un peu d’histoire-géo:
« Il a été dit que l’activité économique de la ville a été dynamisée par l’apport de ces familles, grandes consommatrices d’hôtels, taxis, services en tous genres, commerçants, en particulier pour ce qui concerne l’alimentation, et tout particulièrement les vins et spiritueux ! Cette affirmation n’a jamais été bien sûr validée par des analyses socio-économiques, mais elle est un élément récurrent du discours tulliste lorsqu’il se réfère à cette époque. « 

bérénice dit: 14 mars 2015 à 21 h 30 min

La communion des amants : du pipeau. Jambrun le 13/03/2015 19h03

Qu’importe le différé, la différence puisqu’il ne faut pas tempérer les ardeurs ou les reporter aux lendemains, retrouvons nous sur une fréquence en modulation. Vous doutez que Daoud ait écrit ce livre que je compte bien lire d’ailleurs, il est tout de même l’objet d’une fatwa et s’expose à un risque supérieur au soupçon, merci de votre amicale missive. Excusez le retard.

la vie dans les bois dit: 14 mars 2015 à 21 h 29 min

@21h27 primo, tiens, nous n’avons pas les mêmes valeurs.
cette info de délinquant usurpateur vous va comme un gant; ajoutez-y un peu de sildenafil et vous serez armé.

la vie dans les bois dit: 14 mars 2015 à 21 h 27 min

Sources le Canard enchainé et La Montagne

En effet, droite, gauche, partis, syndicats, intellectuels, dans un même élan, s’étaient résolument dressés pour défendre la république. Morvan Lebesque, dans son éditorial du Canard Enchaîné dont la manchette était : « Challe : Je suis ici par la volonté des baïonnettes, je n’en sortirai que par la force du peuple9 ! » traduit avec intensité le caractère exceptionnel de cette période :

« Depuis samedi dernier, gaullistes, communistes, ouvriers, bourgeois, bien pensants, mal pensants, croyants ou athées, pourvu qu’ils ne veuillent pas du fascisme en France, je ne me connais plus parmi eux un seul ennemi […] L’heure est venue de laisser les livres, la musique et les rêves. L’heure est venue d’empêcher le fascisme de passer. »

10 La Montagne, 27 avril 1961.

12Les factieux se rendront ou prendront la fuite. Le jeudi 27 avril, la presse titre sur cinq colonnes : « L’ex-général Challe incarcéré à la Santé ». Un article de La Montagne relève que : « Chassés par les troupes loyales au cours d’une dramatique soirée, mardi, Challe, Salan, Zeller et Jouhaud ont abandonné les Algérois stupéfaits et bouleversés. L’autorité est à nouveau entre les mains du gouvernement de Paris. Le général Challe a été transféré en avion à Paris et écroué à la Santé. Les autres généraux et leurs comparses sont en fuite10. »

11 Le Canard Enchaîné, 10 mai 1961.

13Une quinzaine de jours après, le Canard Enchaîné titrait : « Fin du malaise de l’armée : elle a retrouvé la Santé11. »

14Ainsi s’acheva une période critique pour les jeunes institutions de la cinquième République. Grâce à la solidarité nationale, au système de conscription, à la généralisation de l’usage du poste de radio à transistors, la France avait surmonté une crise majeure. Tout n’était pas cependant terminé, mais la suite n’entre pas dans le cadre de ce travail.

15C’est ainsi qu’à compter du mois d’août 1961, la plupart des protagonistes de cet épisode se retrouvèrent à la maison d’arrêt de Tulle. On trouvera en annexe un tableau synoptique de l’effectif de ces soldats « perdus » qui vont pour de longs mois se retrouver détenus. C’est cette détention que l’on s’efforcera de faire revivre.
Les officiers « inaugurent » la prison de Tulle

la vie dans les bois dit: 14 mars 2015 à 21 h 27 min

Une info qui en intéressera sûrement plus d’un ici : première greffe réussie d’un pénis. « J’ai le privilège d’avoir participé à cette première greffe réussie au monde», a déclaré le professeur Frank Graewe, chef du département de chirurgie reconstructive à l’Université de Stellenbosch. Opéré à l’hôpital Tygerberg du Cap durant neuf heures, le 11 décembre dernier, le patient de 21 ans va bien. Le jeune homme avait été amputé il y a trois ans, après une infection provoquée par une circoncision mal effectuée lors d’une cérémonie traditionnelle africaine. En effet, la circoncision traditionnelle, par ablation à vif du prépuce, a généralement lieu à la fin de l’adolescence dans plusieurs cultures sud-africaines. « Je vais enfin pouvoir baiser » a déclaré l’intéressé à sa sortie de l’hôpital.

Giovanni Sant'Angelo dit: 14 mars 2015 à 21 h 17 min


…dernière nouvelle,!…
…la louve date du début du Moyen-Age,!…

…exit, les films avec l’image de la louve en toile de fonds, histoires pour nous mettre profonds,…
…vous dites, aux carbones 14,!…
…çà ou autre choses aux baises-alors lingots en noir,!…etc,!…les truffes ,!…

la vie dans les bois dit: 14 mars 2015 à 20 h 55 min

Une urgence info, le pire cyclone qu’ait connu le Pacifique s’est abattu sur l’archipel des Vanuatu.

Giovanni Sant'Angelo dit: 14 mars 2015 à 20 h 54 min


…la louve  » romaine « ,… » bronze mythique « , +- IV° siècle avant J.C.,…

… » romaine « , comme d’un noir, d’une bande de brigands,…

…Ah,!Ah,!Ah,!,…les Osques, les Ombriens, les Sabins, LES Ibères, les Cimbres, les Etrusques, les Gaulois-Sènones, les Bollovèses, les Samites,!…les grecs aux Sud,…les latins peuple aborigènes,…

…j’y était pas, en plus, de confédérer tout ses peuples, sous la louve,…allons boire ailleurs son lait de chèvre à Zeus & à sa famille de cons, à rien foutre,!…
…papa, aux éprouvettes à cons,!…
…Ah,!Ah,!Ah,!…Bip,!Bip,!…Go,!…
…relax, les louves aux grands cons à s’ouvrir aux cultures ad-hoc,!…
…sans partages,!…etc,!…aux leurres,!…
…encore faux-cons,!…sous l’empire,!…
…etc,!…aux croisés,!…
…la louve, une condition à se survivre,!…
…clos,!…

Collectif anti J-C (jésucrisse) dit: 14 mars 2015 à 20 h 23 min

@s’il ne me plait pas je l’offrirai à un pauvre…

Il vous plaira, et vous le garderez. De surcroît, vous aurez fait œuvre de salubrité publique. Et pour une fois que vous serez formé une opinion personnelle articulée à un texte que vous aurez vraiment lu, ça nous changera l’homme et la face sinistre que son impéritie pralinesque imprime depuis des plombes à la RDL.

Heisenberg W. dit: 14 mars 2015 à 19 h 19 min

On vient juste d’achever la lecture du « Principe » de Jérôme Ferrari, et mon se faisait exactement la même réflexion à votre sujet, Jean Brun, que celle que vous émettez à propos de Kamel Daoud avec beaucoup d’auto suffisance.
On vous prend pour une sacrée particule opportuniste, mon gars, un peu plus cultivée que JC, mais guère plus ! Couché.

Giovanni Sant'Angelo dit: 14 mars 2015 à 19 h 18 min


…Clopine Trouillefoux,…Oui,!…

…parce que, sans çà,!…le cumul, d’Alchimie, c’est la porte d’entré aux nombres à  » Zéro « ,…
…un cheik de mon-Sieur,…
…avec plus de 3 zéro alors,!…et des barres de chocolat en or,…comme des lingots,…
…mais, non,…ma fille,…le partis pris plus ouvert, à la solidarité national,!…
…of course,!…
…un plus en transactions aux « noir « ,!…

…n’est ce pas que tu fait de l’équitation,…Oui, maman, au noir,!…
…vous voyez doctor, les toy’s, c’est de l’or de savoir s’en pénétrer en sa culture, tout mes sang bleu, quelle veine,…
…pour restez à l’or  » bengale « , aux fesses,!…
…un chat,…au sucre d’orge,!…les habitude sans excès à prendre, pour assurer sa domesticité,…diplomatique,!…

…donc, c’est pour dimanche,!…la pair,!…aux os de taille et d’estocs,!…
…meilleurs voeux aux communiantes, tout ces anniversaires, quels économies à prévoir,…
…toute choses ordonnées commençant par soit même,!…
…une part d’alchimie  » vénitienne  » à leurres, pour  » fransochich national « , à la fleur de lys en sceau trempé, sur l’épaule,…
…çà, de sceau,…ou autre croix à se mettre sur le dos,!…
…çà nous partouze la démocratie aux esprits-seins,!…
…t’à l’heure, déjà 5 heure passé,!…
…suivant,…je reprend de corvée,!…
…les faucons édulcorés aux piqures, bonbons et  » grosses bananes  » du frigo saint dessin au sang bleu,!…
…Ah,!Ah,!Ah,!, un chansonnette, en plus pour les gâteux, tirer, sur la ficelle et la clochette entendra,!…ding-ding-dong,!…
…c’est peu dire des porcs-d’attaché presse,!…les serviettes,aux zéro’s,…en liasses, en passe partout,!…à droits les bourgeois, nos héritiers en représentants du  » peuple  » avec conciliateurs insérés aux seins des syndicats & huiles,!…villas et pompes aux paradis,!…
…trafics et traites,…de chansons aussi,  » Marcel Amont « ,…qui ne sait pas ce qu’il chante à faire imaginer,…dans,… bleu blanc blond,…de Provence,…le roi soleil,…pas très protestants à se corrompre,!…
…en somme,!…un chaste pervers, Ah,!Ah,!Ah,!,…Bip,!Bip,!…Go,!…
…etc,!…
…non, merci,…même avec châteaux & domaines,!…trop de trafics de saucisses sur l’étalage du poux-voir,!…ensemble,…à gratter,!…
…vive libre,!…en imaginations, of course,!…etc,!…

Service d'Urgences de Porquerolles..... dit: 14 mars 2015 à 18 h 59 min

Un type costaud, connu dans la Région pour son savoir faire à défaut de son savoir vivre, vient de tenter de se suicider en se jetant dans la mer d’une falaise de 10 cm de haut …

Ayant échoué dans sa tentative, il est parti hilare regarder les matches du Tournoi des 6 Nations, à la TV régalienne.

Nous craignons une tentative nocturne, ce fada n’hésitant pas à se jeter, seul, sous des groupes de blondeurs scandinaves en liberté touristique dans l’île ….

Il n’est pas impossible que vous le retrouviez sous un autre billet du Grand Passou.

Jambrun dit: 14 mars 2015 à 17 h 08 min

Quand j’aperçois cette face de lune sur fond bleuté vaguement nocturne qui a nom Kamel Daoud, je songe à cette question pertinente et troublante lue l’autre jour dans une revue scientifique : est-ce que la Lune existe si on ne la regarde pas ? On pourrait résolument répondre que non; ce n’est pas mon choix. Je répondrai plutôt qu’il y a une probabilité (relativement quantifiable) pour qu’elle n’existe pas, et que, tant que je ne l’ai pas vue reparaître au-dessus de l’horizon, je n’ai aucune assurance qu’elle existe. Comme toute chose et tout être en ce monde en effet, la Lune (ou Kamel Daoud ou qui l’on voudra) n’existe vraiment que si on la (le) regarde, c’est-à-dire si on établit une relation directe (par le moyen des sens) avec elle (lui). Ainsi, Kamel Daoud n’existerait réellement pour moi que si je le voyais (en chair et en os, comme on dit). Et encore, après avoir vérifié que je n’ai pas affaire à un imposteur ou un sosie. Une liaison téléphonique ou radio avec le supposé Kamel Daoud ne m’assurerait pas de son existence. Ainsi, au moment où j’écris ces lignes, je n’ai aucun moyen de savoir si Kamel Daoud existe ou pas. Tout ce que je puis dire, c’est qu’un faisceau de probabilités plaide pour son existence, tandis qu’un autre faisceau plaide pou sa non-existence. Quant au livre « de » Kamel Daoud, je n’admettrai qu’il émane de l’intéressé que lorsqu’on m’aura prouvé par A+B que je ne suis pas abusé par quelque imposture ou manipulation comme on en a vu dans le passé.
Le fameux principe d’incertitude de Werner Heisenberg, ainsi que la démonstration par le même que l’électron n’existe pas tant qu’une interaction avec une particule de matière (un photon) ne l’a pas fait apparaître, sont tout-à-fait applicables à l’univers macroscopique. Il s’ensuit que nous n’avons, les uns et les autres, d’existence que dans la mesure où nous interférons (directement, par l’intermédiaire des sens) avec la conscience d’autrui.

D' dit: 14 mars 2015 à 17 h 01 min

@Demain c’est la mi-carême. Tout sera permis.

Oui, JC se sera suicidé, nous en serons définitivement débarrassés. Mais ne venez pas le regretter.

Clopine Trouillefoux dit: 14 mars 2015 à 16 h 58 min

Angelo, je pense que demain matin, dimanche, nous aurons un nouveau billet de la RDL.

Et pendant se temps... dit: 14 mars 2015 à 15 h 23 min

Blabla plat et pendant ce temps perdu à causer de rien, le territoire change de couleur. Mais bon, c’est pas leur territoire d’origine, donc, tout va bien.
Merci la littérature et les « littérarateurteur », voici le résultat de vos proses :
http://www.marinelepen.fr/

Narcisse dit: 14 mars 2015 à 14 h 31 min

Honni ici, le porquerollais se répand maintenant chez Paul Edel qu’il injuria il y a peu de temps; on constate, une fois de plus, la fourberie et la lâcheté de ce porc-querollais

Giovanni Sant'Angelo dit: 14 mars 2015 à 13 h 54 min


…il est vrai, qu’avec ou pas du sang bleu, qui se voie à travers les corps blancs,!…
…si en plus elles ont de bien gros mollets,…
…de beau pieds,…
…et hors concourt aux défilés, minces comme une planche à repasser,!…

…des grâces,…çà court pas les rues,!…
…il faut impérativement, protéger ces oies rares en voies de disparition,…des pensées lucratives des corps d’états,!…

…déjà, bien élevées aux frais d’états,…
…les premières précautions, dans l’histoire,…les offrir aux Dieux,…aux temples,…déjà, aux monastères,!…

…nous en sortons libres, mon Sieur,…
…nous voulons des singes aux grosses-queues libres,…avec nos tasses de thé,…

…en 5 colonnes à la une, alors,!…
…façon Harem-Libye-Turc,…
…une anecdote,…d’africains du nord au sud,…on émigre pour vous baiser,!…comme des singes,…

…de là, tout ces  » eunuques  » d’Afrique, gardien de harem,!…
…quels chastes,!…ou pervers propos,!…les relectures entre membres à l’ombre des ambres portés à nue sur les âges contraints aux libertés de ses vices,!…

…Oui, celle là, reste encore bonne à relire,!…ouvrer vos livre,!…à la page,…
…la page du milieu mon-Sieur,!…
…vous avez des gouttes aux front, déjà,!…
…que vous êtes rouge pour ne pas en être noir,…quels grands dents,…
…il faut attendre, le chasseur, passe dans un quart d’heure,!…combien,!…
…le toy en attaché-case,!…c’est rare,!…
…en amulette, on se promène avec,!…

…Ah,!Ah,!Ah,!,…j’ai autre chose à faire aussi,!…je suis encore libre,…en aise de sa fosse,!…çà va on à compris,…
…le travail des bourses,…au bénéfices recalées,!…çà monte,…aux leurres,!…
…Stop ou encore,!…les petits saints,!…
…le billet au train,!…etc,!…Go,!…

JC..... dit: 14 mars 2015 à 9 h 18 min

Hé ! Ho ! miss Tigris !!!

Vous oubliez dans votre liste certaines qualités que je m’honore d’entretenir soigneusement au fil d’une longue pratique de la vie courante en société :

– raciste
– fasciste
– pédophile
– ivrogne
– menteur
– corrupteur
– sadique
– xénophobe
– islamophobe
– haltérophile
– voileux
– abstentionniste électoral

Bien à vous ! Bon week-end à vous tous et toutes, mes chers compatriotes, je vous laisse.

l'autre pour the same dit: 14 mars 2015 à 9 h 10 min

je ne l’aipas lu, mais pas dit, pas écrit que je ne le lirai pas à l’occasion

Miss Tigris dit: 14 mars 2015 à 9 h 06 min

21 h 20, D. dit : où est passé Jacques Barozzi ?, j’ai de ses nouvelles, il va bien… comme chritiane, Clopine et tant d’autres, il a quitté la RdL suite aux propos haineux, misogynes et homophobe du sinistre sieur de porquerolles…

JC..... dit: 14 mars 2015 à 8 h 34 min

Bon, Renato ne l’a pas lu : je vais l’acheter le Meursault de Daoud ! On verra bien. s’il ne me plait pas je l’offrirai à un pauvre…

JC..... dit: 14 mars 2015 à 8 h 23 min

william,
Vous ne me faites pas le coup sadique d’Assouline, en qui j’avais toute confiance, encensant le dernier Reinhardt. Torchecul qui m’a révulsé tant ce n’était que mots enrobés de fiente pompeuse, publié sans relecture…?

JC..... dit: 14 mars 2015 à 8 h 00 min

Par Hamon ! Par Placé ! Par Besancenot ! Par Moscovici ! Par Touraine qu’est la Reine… Help ! répondez … !

Est il lisible, ce Meursault, ou bon à jeter au charnier des livres pilonnés ?

Jambrun dit: 14 mars 2015 à 7 h 54 min

Les billets d’Assouline me font toujours songer à ces boîtes d’oeufs que j’achète au supermarché et qui portent les mentions : pondu le…, frais jusqu’au…, à consommer avant le… Celui-ci a nettement dépassé la date de péremption. Peut-être qu’aux restos du coeur…

JC..... dit: 14 mars 2015 à 7 h 38 min

Kamel a une bonne gueule de martyr…

Par contre, la Tatiana qui ne regarde jamais dans les yeux, et la vieille Margot en burka retroussée sur le front, qui compte les haricots dans son jardin… Pi-to-ya-ble.

La crise : le blog à Passou devient une ménagerie littéraire corrézienne à l’abandon !

Jambrun dit: 14 mars 2015 à 7 h 33 min

Six jours que l’effigie d’un bleu de plus en plus glauque du dénommé Kamel Daoud, sous-fifre des lettres internationales, que personne ne lit et du sort duquel tout le monde se tamponne, offusque la vue des lecteurs de plus en plus rares de ce blog, au mépris des règles les plus élémentaires du divertissement. Déjà que TF1 reporte ses émissions de téléréalité. Nous voulons du nouveau, du frais pondu. Show must go on !

JC..... dit: 14 mars 2015 à 7 h 29 min

« un monde où les puissants écrasent les plus faibles » (hamlet)

Il ne manquerait plus que ce soit l’inverse !… on a vu ce que cela donne. Il est dans la nature des choses que les puissants écrasent les faibles.

Avec tact, bien entendu … et dissimulation.

richard dit: 14 mars 2015 à 7 h 23 min

« Si personne ne l’a lu, c’est que le Kamel »

personne ne veut en parler avec le taré de pq

impressionisme dit: 14 mars 2015 à 7 h 22 min

Cette distance doit évidemment être raccourcie « pour les « myopes qui auraient oublié leurs lunettes

la myopie c’est le flou artistique

ZEUS..... dit: 14 mars 2015 à 7 h 00 min

Quelle excellente nouvelle nous atteint sur l’Olympe, ce matin !

Une personnalité politique française de haut rang veut rétablir la peine de mort par référendum. La guillotine ! Faire un exemple en Place de Grève !

Enfin… !!! Guillotiner les assassins, camisole rouge guantanamo, sous les yeux d’Anne Hidalgo, collée derrière la vitre de sa Mairie, effondrée… la joie des familles de victimes, enfin « vengées ». Taubira se tordant les mains de douleur devant cette inversion de la courbe de la Justice …

Génial !

JC..... dit: 14 mars 2015 à 6 h 34 min

Medisa me fait penser, va savoir pourquoi, au « Le nouveau Monde amoureux » de Charles Fourier, un fou génial que j’adore qui comme Voltaire enfilait fébrilement ses nièces* …

*personne n’est parfait, surtout en famille : pensez à votre dernier Noel

Medisa (qui l'avait parié, la censure...) dit: 14 mars 2015 à 6 h 28 min

… et une frigide même avec un lance-flamme ne pourra toujours offrir que ce qu’elle a n’est-ce pas…

JC..... dit: 14 mars 2015 à 5 h 45 min

Si personne ne l’a lu, c’est que le Kamel intéresse en tant qu’individu combattant, pas comme écrivain.

JC..... dit: 14 mars 2015 à 5 h 35 min

Ne dit on pas : « oh ! cet albert … peuchère ! il est c.n comme un camion ! » Paille et poutre.

Giovanni Sant'Angelo dit: 14 mars 2015 à 2 h 29 min


…bises à rose et au chaste, Gianni,!…

…je ne me suis jamais forcé, et ne me connait pas le parfum de sainteté, chaste ou pervers,!…libre me suffit,…

…çà ne joue rien, de garder une ligne de distanciation,…entre les expressions,!…
…à l’échelle,…en plus,!…

…les bonnes précautions sont excellentes, quand, innées, elles se peuvent encore mieux consolidées,…à des principes de souplesses infinis,…le sommeil en velours,!…
…sur ma tête,!…

rose dit: 14 mars 2015 à 1 h 49 min

pas lu Daoud désolée. Plus tard sans doute.
Sur la mort la pendaison la noyade aussi . Le feu lié à l’enfer cela me semble évident.Le couteau au silence.

Ici, on ne peut pas etre consolée donc ce n’est pas la peine d’accumuler les maux. Vous avez les mots, vous êtes de ce fait sauvé.

Vous voyez mésestime où il y a désarroi.
Il y a aussi Home sweet home de l’école d’Arles prix 2013 dans lequel il y a une petite caravane rose et joyeuse qui virevolte.

Et puis des trois filles dans la bagnole qui gueulent the queens,suis à côté du volant ; ben voilà, désolée mais c’est vrai (c’est remuer le couteau dans la plaie ? le 8 mars je l’ai évoqué le cadeau tgv ;àla place il y eut démembrement ; ah oui ya se tirer deux balles dans la tête aussi, comme mort et casser trois pattes à un canard).

Tachez d’être heureux, je vous l’avoue, c’est difficile -_(:-(
j’ai fait les cheveux au smiley :-)
l’a deux poils sur le caillou.

Rien à dire sur kamel daoud et sur camus j’ai déjà tout dit.

Si on fait pas des efforts pour etre courageux, ca va pas améliorer les choses, je vous le dis.

Giovanni Sant'Angelo dit: 14 mars 2015 à 1 h 43 min


…& TOMBOS DE SKATE _ TRAGICO,!…

…la formation par  » probables édulcorants  » pour obtenir des  » têtes brûlées  » libres,…excités,!…
…à ne plus se tenir sur place,!…
…et, alors, mon Tolstoï,…encore tacite,!…
…etc,!…

rose dit: 14 mars 2015 à 1 h 17 min

le skate moderne

c ma poésie à moi
« Le Skate Moderne » Documentary – By KloudBox

salut à tous

Giovanni Sant'Angelo dit: 14 mars 2015 à 0 h 38 min


…lvdlb,…fermez encore bien votre porte; vous feriez peur, la nuit.

…quels soucis,!…
…déjà, je ne sors pas des journées entières,!…de plus, la nuit,…il n’y a rien à voir,!…

…un autre tableau sur d’autres concepts, surtout sans châteaux,…ni domaines,!…
…et, encore,!…
…sortir, pour faire le pitre d’enfoirés,!…en connivences, fatigués de naissance,!…les tu m’a vu,!…
…les règnes des enfants sur gages,!…

…vous en avez juste pour votre argent,!…
…faire le beau, gentil, pour sa maîtresse,!…votre soucis, de la lèche,…

…etc,!…

la plume de mon oncle dit: 13 mars 2015 à 22 h 12 min

la vie, merci a vous…un bout de temps que je n’ai ecoute Bellemou…le Louis Armstrong de Ain Temouchent…le Dizzy Gillespie du cercle des supporters de l’ASM Oran…

Giovanni Sant'Angelo dit: 13 mars 2015 à 22 h 10 min


…c’est magnifique, d’écrire,…et personne pour comprendre au delà du sens et des bons sens,!…sublime,!…les endoctrinements aux abois,!…Ah,!Ah,!Ah,!,…à l’échelle,!…

la vie dans les bois dit: 13 mars 2015 à 22 h 09 min

Giovanni, après vous il n’y aura rien non plus. Aux frontières du non-humain, vous êtes. Quelqu’un vous l’a déjà dit, ici. Inhumain. Je me demande parfois comment vous vous supportez.
Fermez encore bien votre porte; vous feriez peur, la nuit.

Giovanni Sant'Angelo dit: 13 mars 2015 à 22 h 05 min


…la vie dans les bois,!…

…encore une andouille dans sa mare,!…etc,!…
…et suivants,!…

Giovanni Sant'Angelo dit: 13 mars 2015 à 22 h 02 min


…sublime qui sait lire et comprendre,!…
…Ah,!Ah,!Ah,!…
…pour tout gâcher,!…
…s’arrêter à temps, ou refaire un autre monde comme sur un tableau,!…
…quel artiste, pour quels admirateurs,!…
…un mot, un sourire,!…
…un chat sur l’escabeau,!…
…chacun, à ses mérites,!…Ah,!Ah,!Ah,!…

la vie dans les bois dit: 13 mars 2015 à 21 h 54 min

Disons-le clairement Giovanni, il y en a qui ont laissé leur peau pour que de « vieux pd » pervers vivent, de manière piteuse. Mais on- la majorité- souhaiten que leur calvaire se termine maintenant le plus vite possible, ainsi que je le souhaitais. Ainsi que je parlais.

Giovanni Sant'Angelo dit: 13 mars 2015 à 21 h 50 min


…résumons-nous,!…un livre,!…

…le but du livre en soi,!…
…c’est de faire des économies, de toutes sortes,…( structures, connivences,…jugements, et autres raccourcis,!…),…
…quand l’histoire à écrire, reste encore à écrire,…
…Oui,!…elle reste à écrire,…ou tout est déjà, figé aux héritiers en castes et corporations en auto-lévitation,!…

…mon ami(e),…à ses ami(e)s,…
…je vous aime tous, chacun,…à son palier sur mon échelle de mes besoins,!…
…Ah,!Ah,!Ah,!,!…bon,!…

…chacun construit son échèle standard,!…
…comme dans les fables de La Fontaine,…
…déjà, éviter d’être une proie aux  » charmes « , avant de s’échanger les politesses,!…sans fins,!…
…rancunier,…le moins au monde,!…juste en garder un constat,!…des faits et gestes, de qui que quoi, à se mettre,!…etc,!…
…velours satin,…un éclair au chocolat,!…etc,!…
…merci, monsieur,!…Ah,!Ah,!Ah,!…
…c’est intense – profond,!….

hamlet dit: 13 mars 2015 à 21 h 41 min

« ma vie m’appartient » c’est une belle réplique.

j’ai discuté tout à l’heure avec un type (famille catho) dont la fille vient de se convertir à l’Islam, ça n’avait pas l’air de trop l’embêter.
on ne connait pas le nombre de jeunes d’origine catho qui se convertissent aujourd’hui à l’Islam.
en soi ce n’est pas un problème, à la limite pourquoi pas, mais cela prouve les limites de cette société que notre génération a voulu coupée de toute métaphysique, de toutes valeurs transcendantales.
à force de demander à tous les individus d’être des pseudos nietzschéens néo libéraux capables de définir par eux-mêmes de façon autonome les normes et les valeurs de leur existence, forcément, cela n’allait pas fonctionner très longtemps : l’immanence a ses limites, il fallait s’en douter un peu.
si on rajoute à ça que la société part en déconfiture, que partout règne la corruption, l’égoïsme généralisé, l’injustice, les inégalités, un monde où les puissants écrasent les plus faibles, forcément ça n’aide pas.

pour le moment on regarde la progression du fn, ça fait peur comme dirait Valls (dont personne n’attend qu’il avoue ses peurs en public), mais quand on va commencer à regarder la progression des conversions (qui en soi n’est pas un problème), alors là, peut-être, certains commenceront à se dire que question « immanence » on a un peu trop forcé sur la dose, mais ça il faut encore quelques années pour que ça arrive jusqu’au cerveau de nos philosophes, parce que pour le moment à ce que nous en savons ils en sont encore restés à la caverne de Platon, ils n’ont pas encore percuté sur le fait que tout le monde n’a qu’une envie : y retourner daredare.

hamlet dit: 13 mars 2015 à 21 h 24 min

Michel Onfray s’est pris le bec avec Valls parce qu’il a dit que, même de gauche il accepterait une bonne idée venue de droite….
il a juste oublié de dire qu’il a pompé ça à Camus.
Onfray s’est pris pour Nietzsche, maintenant il se prend pour Camus ? à ce rythme il se prendra bientôt pour Napoléon et il finira comme son maitre penseur : avec une camisole…

D. dit: 13 mars 2015 à 21 h 20 min

yeux fatigué par l’âge et les intempéries, difficultés de compréhension, tendance à l’accumulation idiote…

Quand je pense que j’ai failli me la coltiner.
On vit dangereusement.

la vie dans les bois dit: 13 mars 2015 à 20 h 58 min

le « vieux pd » vous souhaite bonne nuit, c’est dire s’il se fait une grande idée de son coming out (piteux, mais que fait-il d’autre ici ?) du café que ne fréquentait pas Moussa.

albert camion dit: 13 mars 2015 à 20 h 54 min

« Absolument. Tiens, moi par exemple, j’ai eu beaucoup souffert, mais depuis que je fréquente le blog d’Assouline, eh bé, té, je vais mieux. »

De temps à autre, je pousse la promenade jusqu’à ce bosquet. Pour observer où en est la psychothérapie des uns et des autres. Aujourd’hui Jambrun et JC sont en consultation. Il y a beaucoup de travail c’est vrai, pour Jissé notamment, qui est un patient compulsif . En grande demande. Il a besoin de son lot de boue, de sarcasmes, d’excréments. C’est un genre.
Ce qui est rassurant dans tout ça, c’est que l’intelligence et la culture (je pense à Jambrun) ne préservent de rien. Elle n’est pas pire que la bêtise ou la con*erie certes, mais peut conduire à des impasses encore plus noires.
Ce fil de conversation devrait être observé avec plus de rigueur. Mais il y a peut-être un apprenti sociologue dans la salle. Ce serait une bonne idée.
Un bon mémoire de préhistoire coco.

Viderden dit: 13 mars 2015 à 20 h 47 min

Enfin, en France vous aurez au moins eu un ministre qui ose frayer avec le franc parler en faisant le coming out d’un programme d’avenir se résumant à un pays de rêveurs. Allez, bonne soirée et bonne nuit !

la vie dans les bois dit: 13 mars 2015 à 20 h 29 min

un peu de musique

« Durant la période où il enseigne à la Nizamiyya de Bagdad, al-Ghazali étudie longuement la philosophie (celle des Grecs, Aristote, Platon et Plotin en particulier, et la philosophie islamique, notamment Ibn Sina [Avicenne] et al-Farabi) afin de mieux la réfuter. Le problème essentiel auquel il est confronté est celui de concilier la philosophie et la religion, et il le résout en ces termes: la philosophie est dans le vrai dans la mesure où elle est conforme aux principes de la religion (de l’islam) et dans l’erreur lorsqu’elle est en contradiction avec ces principes. En prélude à ses attaques contre la philosophie, al-Ghazali écrit un ouvrage, Maqasid al-Falasifa [Les intentions des philosophes ], dans lequel il expose l’essentiel de la pensée philosophique connue à son époque suivi de son célèbre ouvrage, Tahafut al-Falasifa [ L’incohérence des philosophes]. Il résume son opposition à la philosophie en vingt questions touchant l’homme, le monde et Dieu. Pour al-Ghazali, le monde est une création récente, les corps rejoignent les âmes dans l’au-delà et Dieu connaît les particuliers comme il connaît l’universel. »
http://www.musicologie.org/Biographies/g/al_ghazali_2.html

Viderden dit: 13 mars 2015 à 20 h 24 min

qu’au moins ce ne soit pas en lâche!

oh ça, suffit de se poser comme spectateur, même bruyant et très agité…

Viderden dit: 13 mars 2015 à 20 h 22 min

une théorie du coup de foudre, compatible avec les équations de Maxwell et la relativité (restreinte)

Coppola a utilisé Las Vegas pour faire flashy, il n’a pas poussé jusqu’à se prendre pour Einstein tout de même

la vie dans les bois dit: 13 mars 2015 à 20 h 20 min

La poésie, toujours; un auteur que lit K.D.

« Les hommes sont à la dimension de leurs actes
C’est à la mesure de leur grandeur que leurs actes sont grands!
Aux yeux des petits, les petites choses sont immenses;
pour les grandes âmes, les grandes choses sont petites!
Seul et partout sans ami.Quand l’objet que l’on cherche est sublime,qui peut aider à l’atteindre?
Les désirs des âmes sont trop petits pour mériter que,pour eux,l’on s’entretue et s’épuise.
Pour le pieux,mieux vaut affronter la mort au sombre visage que le mépris.
Si l’on pouvait vivre à jamais, quel sens y aurait-il au courage
Et puisqu’il faut que l’homme meurt,qu’au moins ce ne soit pas en lâche! »

la vie dans les bois dit: 13 mars 2015 à 20 h 14 min

au « vieux pd » naturellement je souhaite la même chose. Sans le quadri de la tri- thérapie.

Viderden dit: 13 mars 2015 à 20 h 12 min

Me demande si on n’a ergoté sur la vie privée que cette dernière quinzaine, enfin quoi, papa maman fifille fiston gniards nounours, Ô… mon Dieu !…

la vie dans les bois dit: 13 mars 2015 à 19 h 46 min

JB, pourquoi perdez-vous votre temps avec une vieille peau haineuse qui se traine à qui je souhaite une sédation loqueteuse aussi rapide qu’abrégée.

l'autre pour the same dit: 13 mars 2015 à 19 h 29 min

il me semble plutôt ue Derrida comprenaitt plus d’arabe qu’il ne consentait à le reconnaître

ZEUS..... dit: 13 mars 2015 à 19 h 18 min

Notre fragile EROS vient d’avoir un malaise à la lecture de la théorie de Jambrun sur le « vivre ensemble de près », son fond de commerce !…

Il y a des Terriens qui resteront pour nous incompréhensibles…. Même de près…

Jambrun dit: 13 mars 2015 à 19 h 03 min

Chère Bérénice,je crains qu’entre nous rien ne soit possible. Hélas, tout est définitivement trop tard pour moi.

J’ai élaboré, en effet, une théorie du coup de foudre, compatible avec les équations de Maxwell et la relativité (restreinte). Cette théorie ne laisse aucune chance à la possibilité de cette communion amoureuse que visiblement (« visiblement », ah! quel mot atroce quand on pense à ce qu’il implique), que visiblement nous aimerions tant connaître l’un et l’autre et, si possible, l’un avec l’autre.

Ma théorie vise à répondre à la question que se posent, depuis la mort d’André Breton, tous les fanas de l’amour fou.

La question en question peut se formuler de la façon suivante :

A quelle distance de l’objet potentiellement aimable le coup de foudre est-il statistiquement concevable ?

Réponse : entre 2 et 3 mètres.

Cette distance doit évidemment être raccourcie pour les myopes qui auraient oublié leurs lunettes.

Au-delà de 3 m, le coup de foudre devient, à mesure que la distance augmente, de moins en moins probable.

Voici pourquoi (comme disait Balzac quand, dans un de ses romans, il se lançait dans une de ses explications foireuses ) :

A une distance de 100 mètres, en effet, vous ne distinguez plus que très vaguement les détails du physique de la personne de moins en moins potentiellement aimable.

L’autre après-midi, baguenaudant sur ma crête favorite, je fis halte pour contempler un village situé en contrebas, à environ 2 km à vol d’oiseau.

Il m’apparut que, si un objet potentiellement aimable avait poussé la porte de sa cahute pour prendre le soleil, je n’aurais aperçu, au mieux, qu’un objet minuscule, aux caractéristiques radicalement indiscernable, bien plus petit que le bousier qui crapahutait à ce moment-là entre mes croquenauds. Et comment tomber amoureux d’un animalcule de la taille d’un bousier ? On a sa dignité.

Plus la distance augmente, plus l’objet potentiellement aimable rapetisse au point de devenir insignifiant, et plus la portion du total de la lumière ré-émise par lui qui nous parvient diminue. Et comme toute l’information qui nous parvient du monde extérieur est véhiculée par les ondes électro-magnétiques (dans l’expérience quotidienne, essentiellement la lumière visible), moins la quantité d’informations sur l’être qu’aurait pu être aimé en d’autres circonstances est importante.

Il en va d’ailleurs de l’être potentiellement aimable comme de la galaxie d’Andromède, située à deux millions d’années-lumière de la nôtre. L’autre nuit, au fond du ciel pur, j’avais repéré un vague nuage faiblement lumineux ; eh bien, c’était elle. Or cette galaxie doit émettre une gigantesque débauche de lumière, mais la plus grande partie s’en perd dans tous les azimuts de l’espace intersidéral; il ne nous en parvient que des miettes. Pour en revenir à l’objet potentiellement aimable, qui vous assure que la très désirable Andromède ne se muera pas, à mesure qu’on s’en rapprochera, en une épouvantable maritorne ? Croyez bien, chère Bérénice, qu’en écrivant ça je ne pense pas à vous. Le ciel m’en préserve !

L’adage bien connu, loin des yeux loin du coeur, résume parfaitement tout ce que je viens de dire. On m’objectera sans doute qu’en ce cas c’était pas la peine tout ce bavardage, je répondrai que peut-être mais maintenant c’est scientifique.

Poursuivant ma réflexion, j’ai fini par conclure que le coup de foudre, même entre deux et trois mètres, était, de toute façon, une illusion. En effet, l’information sur l’objet potentiellement aimable est véhiculée par la lumière. Or celle-ci a une vitesse : environ 300 000 km /seconde.

Par conséquent, lorsque je vois l’objet potentiellement aimable à trois mètres devant moi , je ne le vois pas tel qu’il est mais tel qu’il était il y a environ un cent millionième de seconde. En somme quand je m’avance vers lui les bras tendus et le sourire au lèvres, je vais à la rencontre de l’image rémanente de ce que fut l’être potentiellement cher, à la rencontre de son passé. Un passé irrémédiablement révolu.

On me dira que, lorsque je le tiens enfin dans mes bras, j’ai complètement remonté le temps et que nous nous étreignons dans un présent commun.

Pas du tout. En effet, la sensation de le tenir dans mes bras ne parvient à ma conscience qu’après avoir parcouru la distance qui sépare mes terminaisons nerveuses de mon cerveau, disons environ 60 cm, soit un laps de temps de deux milliardièmes de seconde.

On me dira que deux milliardièmes de seconde (deux nanosecondes), c’est vraiment pas beaucoup. Ce serait oublier que le temps est infiniment divisible, et que deux nanosecondes, c’est un laps de temps gigantesque, comparé à deux femtosecondes ( deux millionièmes de milliardièmes de seconde). Quasiment une éternité !

J’ai donc renoncé à connaître un jour le coup de foudre authentique. J’ai même renoncé à l’amour : quand on croit tenir dans ses bras l’être aimé, on n’étreint jamais que son fantôme ! La communion des amants : du pipeau.

Poussant plus loin ma réflexion je suis parvenu à la conclusion que l’amour n’est pas seul concerné par ce que je ne crains pas de nommer la catastrophe électromagnétique : j’aurai vécu, comme tout un chacun sur cette Terre, toute mon existence parmi les faux-semblants, les illusions, les spectres, plus ou moins lumineux. J’aurai été la poste restante des messages que le « réel » (???) m’aura expédiés. La métaphore vaut ce qu’elle vaut, mais elle me plaît. Toujours ça.

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