de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
L’Amérique nous fera-t-elle perdre notre passé ?

L’Amérique nous fera-t-elle perdre notre passé ?

Il paraît que nous sommes devenus américains. Ce serait même tellement évident que l’on ne se demande plus pourquoi mais comment. C’est d’ailleurs inscrit dès le sous-titre de Civilisation (230 pages, 19 euros, Gallimard), le nouvel essai de Régis Debray. Une réflexion à la Debray, brillante et digressive, aussi attendue qu’inattendue d’une page l’autre, provocatrice, usant et abusant d’un goût immodéré de la formule heureuse   ou moins heureuse (« Bobards d’un bobo qui a bobo »), jonglant avec les citations, les ellipses et les raccourcis, télescopant les époques et les références, le latin pur jus s’acoquinant avec le globish pour les besoins de la cause, mais laquelle au juste ?

Heureusement, l’auteur prend soin de préciser le sens des mots afin d’éviter tout malentendu, ce que tout intellectuel devrait faire systématiquement avant de développer son argumentation tant le lexique s’est galvaudé. Ainsi « Amérique » désigne-t-il sous sa plume une certaine forme de civilisation, terme qu’il distingue nettement de « culture ». Donc acte. Il va même jusqu’à créer le néologisme de « civilisaction » au motif que la culture réagit, elle se place toujours sur la défensive, contrairement à la civilisation qui est par essence plus dynamique. A titre d’exemple, dans le monde grec, Périclès a incarné la culture et Alexandre la civilisation.

Jusque là on le suit. De même lorsque Régis Debray dénonce, après beaucoup d’autres, la vision économiste de notre société, la réduction du réel à des tableaux de chiffres, de pourcentages et de statistiques. Et il rappelle que dès 1924, Marcel Mauss annonçait la prééminence redoutée de l’Homo oeconomicus sur la réflexion. Mais là où il touche plus juste que d’autres, c’est lorsqu’il observe que si la puissance économique des Etats-Unis n’est plus ce qu’elle fut, sa « capacité d’impression » demeure inentamée. Le périmètre de son influence s’est agrandi grâce à son empire sur les esprits par la langue, la musique, le cinéma, la télévision, le numérique, le marketing etc Toutes choses qui participent d’une hégémonie sur le visuel, l’image, le spectacle.

Mais une fois qu’on a dit avec Paul Valéry « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles », réflexion épuisée à force d’être répétée à satiété, que dire et que faire ? Les outrances d’un extrait des Ecrits historiques et politiques de la philosophe Simone Weil, daté de 1943 et placé en épigraphe du livre, serait plutôt de nature à nous glacer le sang :

« Il y va du destin de l’espèce humaine. Car de même que l’hitlérisation de l’Europe préparerait sans doute l’hitlérisation du globe terrestre, accomplie soit par les Allemands, soit par leurs imitateurs japonais- de même une américanisation de l’Europe préparerait sans doute une américanisation du globe terrestre. Le second mal est moindre que le premier, mais il vient immédiatement après. Dans les deux cas, l’humanité entière perdrait son passé ».

Jouant sur les paradoxes, Debray avoue que sa franche détestation du Français moyen tel que l’archétype le représente généralement (rouspéteur etc) n’a d’égale que sa sympathie pour celui de l’Américain moyen (direct etc). Pourquoi pas même si personnellement, tout archétype me paraît imbuvable tant il gomme la complexité et les nuances que tout individu recèle dès lors que l’on prend le temps de gratter un peu la caricature. Dans des pages assez drôles, l’auteur se campe en Hibernatus décongelé au moment d’arpenter le bon vieux Boul’ Mich d’un quartier qui a perdu son latin. Tout n’y est qu’enseignes en globish dédiées au diptyque Fringues&Bouffe. Un vrai chemin de croix. Mais le constat est déjà si évident et si ancien qu’il en est un lieu commun, même si l’abaissement, la résignation, l’effacement de la langue française doivent être combattus avec la dernière énergie à chaque fois que l’occasion se présente – au risque de passer pour réactionnaire, so what et alors ?

Andreas GURSKY, 99 Cent, 1999. 207 x 337 cm

Curieusement, il ne cite pas Georges Duhamel (à moins que cela m’ait échappé) : il aurait pu, d’une part parce que Civilisation fut d’abord le titre de son grand roman sur la première guerre (Goncourt, 1919), d’autre part parce que l’écrivain publia en 1930 dans Scènes de la vie future le récit de son long voyage aux Etats-Unis ; il y dénonçait le machinisme, l’obsession de l’argent, la strandardisation, la société de consommation, les méfaits de la publicité, toutes choses reprises et amplifiées un an après dans l’introduction de sa Géographie cordiale de l’Europe, insistant sur ses craintes pour l’avenir d’une France américanisée. Deux livres qui ont fait date dans la naissance du sentiment antiaméricain en France et dont on retrouve l’écho tant dans Tintin en Amérique que dans Voyage au bout de la nuit.

Tout cela suffit-il à faire de l’Amérique le nouveau Satan ? L’essai de Régis Debray a la vertu involontaire de rappeler que la France des élites conserve un ancien tropisme américanophobe hérité d’un certain esprit d’après-guerre, celui des accords Blum-Byrnes de 1946, de la méfiance du général de Gaulle, du vieux fond antiatlantiste du Quai d’Orsay… Il y a de cela chez Debray sublimé par sa propre expérience de l’impérialisme américain au Chili, en Bolivie, à Cuba et alentour. De quoi lui conférer un prisme que l’on jugera déformant en raison d’un détail aux pages 92 et 93 de son essai. Juste un détail. Il lui permet d’épingler au passage notre nouveau président coupable d’avoir trahi son américanisation. Son crime ? Avoir écouté la Marseillaise en ne gardant pas les bras le long du corps comme il sied mais, horresco referens, le bras droit replié et la main posée sur le cœur, comme on fait « là-bas » en pareille circonstance.

Vraiment, cela suffit à le démasquer ? Encore heureux que, pour les conférences de presse présidentielles, le fauteuil ait été remplacé par le pupitre en plexiglas à la fin des années 80 et non le mois dernier, sinon, à ses yeux, cette marque de soumission au modèle américain aurait sans doute enfoncé davantage Emmanuel Macron !

Mais n’allez pas croire que tout cela le rend pessimiste. Non seulement il trouve bien des vertus au chef de l’Etat (intellectuel, littéraire etc), mais il ne se désole pas, ou plus, contrairement aux déclinistes et déploreurs, que de nouveaux métiers en chassent d’autres plus anciens. Malgré ses pages sur l’empire austro-hongrois et le bouillonnement culturel de Vienne début de siècle, ses accents nostalgiques se sont estompés. Ce n’était pas mieux avant. La mélancolie est toujours là mais désormais teinté d’optimisme. Régis Debray continuera d’écrire le français à sa manière tout en s’inquiétant du fait qu’il y aura de moins en moins de gens à qui parler car bientôt plus personne n’aura connu Napoléon. Traduisez : combien de personnes peuvent encore lire du Gracq ou le Bloc-notes de Mauriac ? s’interroge-t-il dans un entretien à l’Obs. En fait, la question n’est pas tant de savoir qui le peut (ce n’est pas du Giraudoux, écrit dans un magnifique français d’autrefois devenu inintelligible) mais qui en a encore le goût.

Deux mots encore piqués dans la conclusion de son livre : il s’agit désormais de « prendre la suite ». En un mot, celui de l’excipit : « transmission ». Belle idée, qui redonne le sourire et la foi, en effet. Transmettons, on verra bien ce qu’il en reste. Sauf que nous ne serons plus là pour en juger.

(Photos Martin Parr et Andreas Gursky)

Cette entrée a été publiée dans Essais.

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commentaires

742 Réponses pour L’Amérique nous fera-t-elle perdre notre passé ?

JC..... dit: 1 juin 2017 à 19 h 00 min

Quittons nous sur un sourire : Marilyn était de la belle viande…. le reste est une interprétation.

rose dit: 1 juin 2017 à 17 h 36 min

bérénice dit: 1 juin 2017 à 8 h 12 min

Pour finir Miller ne se rendit même pas à ses obsèques.

Mais quel connard !

rose dit: 1 juin 2017 à 17 h 32 min

bouguereau

pour le ça te changera, c’est sûrement mieux que de
1/ ne jamais changer
2/ ne pas voter

rose dit: 1 juin 2017 à 17 h 31 min

Pas d’accord du tout bouguereau avec la comparaison entre le couple Seberg Gary et celui de Marilyn Miller; Ne sachant rien du second je connais pas mal le premier. Aucun lien.

rose dit: 1 juin 2017 à 17 h 28 min

Jazzi, la vie dans les bois

j’ai eu du mal

ai été énervée par l’insistance de la vie
pas impressionnée par ses injures (putain de prof tout ça)
puis me suis dit si on dit rien comment ça peut évoluer ?

J’ai tout : les prénoms les enfants les familles les drames dits ou sous entendus.

Pour moi c’est le lumpen prolétariat, mais vous seriez étonnés parce que pas systématiquement, au grand étonnement des soignants – si tant est que l’on puisse.

je vous remercie de votre merci parce que j’ai fait appel à du cran, c’est pas fréquent.

le reste quand je pourrai raconter, là c’est autant anonyme que nécessaire.
Jazzi tenez-vous bien : IRL on ne rigole pas.

la vie dans les bois dit: 1 juin 2017 à 16 h 03 min

En tout cas, cela ne lui a pas porté bonheur, cet amor fati, avec A. Miller. Un gros enfoiré.

la vie dans les bois dit: 1 juin 2017 à 15 h 59 min

Marilyn Monroe était juive, première nouvelle. C’était pour pouvoir se marier avec A. Miller peut-être. La pauvre.

Bloom dit: 1 juin 2017 à 13 h 17 min

Norma Jean Baker s’est convertie au judaïsme par amour pour l’auteur de All My Sons.
La photo où la voit lire le monologue de Molly Bloom – un sommet de sensualité littéraire – dans une aire de jeu de Long Island figure sur la couverture de « Ulysses ans Us, The Art of Everyday Living », de Declan Kiberd, le brillant critique culturel irlandais.

Delaporte dit: 1 juin 2017 à 12 h 06 min

La pétition en faveur de Pasolini part d’un bon sentiment, hélas elle n’est signé que par de gros nuls :

Bernard-Henri Lévy, Jacques-Alain Miller, Philippe Sollers,
Alexandre Adler, Aure Atika, Herve Castanet,
Alain Grosrichard, Gérard Miller, Jean-Claude Milner,
Yann Moix, Anna Mouglalis, François Regnault

Par exemple, pourquoi avoir mis Sollers ? Qu’est-ce que cela apporte ? Misère !

JC..... dit: 1 juin 2017 à 11 h 51 min

JJJ, tu es un criminel !
Ces mouches – dieu qu’elles étaient l’innocence même ! – sont mortes à cause des gouts islamo-gauchisto-humanistes dont vous êtes friands, vous autres pédagogues parisiens payés à rien foultre !

Janssen J-J dit: 1 juin 2017 à 11 h 46 min

@11.37 la série « le goût de » laisse croire depuis longtemps qu’on est pen présence d’ouvrages collectifs, on peine à croire que Jacques Barozzi en soit l’auteur seul, voilà pourquoi, je sais c injuste ! @11.38 C’est comme l’histoire des mouches du coche qui se réflètent sur le miroir sans tain de leurs certitudes lusitaniennes approximatives, un vrai naufrage de routiers et capitaines partis de Palos, de Moguer, ivres d’un rêve héroïque et brutal, etc.

JC..... dit: 1 juin 2017 à 11 h 38 min

Il y a pire que la solitude, mon pauvre clown de JJJ : le pédagogue qui parle seul devant son miroir couvert de mouches mortes !…

Janssen J-J dit: 1 juin 2017 à 11 h 28 min

On ne le comprendra jamais, vu que ce n’est pas vrai, c même tout à fait contre intuitif : l’intérêt collectif précède l’intérêt individuel, c’est l’évidence même, à partir du moment où nous communiquons nécessairement (ou essayons de le faire) entre êtres sociaux et socialisés. La preuv’, t’as constamment besoin d’asséner tes grosses certitudes à la c., à la cantonnade j’veux dire, pour bin t’prouver que t’existes au miyeu des aut’miséreux. Grobalourva.

JC..... dit: 1 juin 2017 à 11 h 22 min

Plus kon que le professeur : l’élève. Hélas les habitudes sont prises depuis la préhistoire…

JC..... dit: 1 juin 2017 à 11 h 17 min

Quand comprendrez vous que la politique est une affaire d’intérêt PERSONNEL ? … et que le bien public attendra …

Delaporte dit: 1 juin 2017 à 11 h 08 min

« Affaire Ferrand : le parquet de Brest ouvre une enquête préliminaire »

S’achemine-t-on vers une mise en examen, et donc une démission ? On patauge dans la corruption, ce n’est pas bon pour Macron, ni pour la Phrance. Cette affaire Ferrand ainsi placée en vitrine est désastreuse.

Janssen J-J dit: 1 juin 2017 à 11 h 07 min

JC, joyeux conteur de la misère… comme une espèce d’intellectuel orgasmique pasolinien.
Ce qui l’a tuéE, Elisabeth C. ?… sûrement des applaudissements d’encouragement durant 43 ans.

JC..... dit: 1 juin 2017 à 11 h 04 min

Mon brave Delaporte, personne ne doute plus, et mieux (?), qu’un scientifique !

(1+2 ? ….Vous avez droit à trois réponses en fonction de la base….)

JC..... dit: 1 juin 2017 à 11 h 02 min

Mon cher Delaporte, la certitude d’être stupide m’enchante, personnellement …

Bonne nuit polaire (bipolaire ?) pour vous !

D. dit: 1 juin 2017 à 11 h 02 min

l’effet démoniaque tyrannisant d’un logos virtuel au travers duquel la communication avec son alter ego peinerait à retrouver le chemin de la théorie de son agir habermassien

ah ouais, ce que pond renato, quoi, en résumé.

Delaporte dit: 1 juin 2017 à 10 h 59 min

« Delaporte, tu fais pitié …. »

Vous ne supportez pas qu’on instille le doute en vous, cela vous perturbe durablement. Désolé d’avoir gâché votre journée, mais ce soir vous vous coucherez moins stupide…

Janssen J-J dit: 1 juin 2017 à 10 h 58 min

Les « difficultés à comprendre les relations entre ontologie, épistémologie et déontologie » ne me paraissent pas liées à une assise mal stabilisée de l’internaute dans les interrègnes du temps. Non, de mon point de vue, elles s’expliqueraient plutôt par l’effet démoniaque tyrannisant d’un logos virtuel au travers duquel la communication avec son alter ego peinerait à retrouver le chemin de la théorie de son agir habermassien (‘l’hypothèse wittgenstein’ en final du Tractatus étant par définition neutralisée).

JAZZI dit: 1 juin 2017 à 10 h 57 min

Un livre pour toi, WGG ?

« Le Musée d’Art de Tel Aviv accueille la lecture de « L’Esprit de Judaïsme », le dernier livre de BHL, qui paraîtra en février en France (Grasset). »

Delaporte dit: 1 juin 2017 à 10 h 56 min

Marilyn/Miller

Miller était peut-être un assez bon dramaturge, mais il manquait de panache et de sens de l’humour pour être avec Marilyn. Marilyn était bien plus intéressante que lui, et ils formaient donc un couple mal assorti. D’ailleurs, les doutes de Miller sur leur relation le disent bien, et annoncent une sorte de lâcheté de la part du dramaturge, qui, là, avait sans doute mis la barre trop haut. Et c’est Marilyn qui a payé l’addition, pour finir.

JC..... dit: 1 juin 2017 à 10 h 55 min

ALERTE

Nous avons un individu divaguant en RdL qui fait dans l’exégèse et dit « dialoguer avec Dieu ».

Un VSAB, …. vite !

JC..... dit: 1 juin 2017 à 10 h 49 min

« Drôle, non ? :-) »
Non.

« Très ému d’apprendre la mort d’E. Chojnacka que j’avais applaudie… »
C’est ce qui l’a tué.

Delaporte dit: 1 juin 2017 à 10 h 48 min

« Combien de fois faudra t il conseiller aux défenseurs des religions de merdde, de LIRE les textes sacrés !… »

Justement, c’est recommandé et recommandable. C’est par la lecture attentive des textes sacrés qu’on dialogue avec Dieu ; ça s’appelle l’exégèse, mais ce n’est pas pour les nuls…

JC..... dit: 1 juin 2017 à 10 h 45 min

Résumons :

La propaganda démocratique est totalement entre les mains de crapules islamo-gauchistes…

Au service du mal, natürlich !

Janssen J-J dit: 1 juin 2017 à 10 h 43 min

Dans son livre de souvenirs pas transcendants, Voyager (actes sud, 2017), Russel Banks rapporte ce conseil de Nelson Algren, son mentor et ami, vers l’âge de ses 20 ans : « Il avait coutume d’avertir les jeunes hommes : ne couchez jamais, disait-il, avec une femme qui a des problèmes pires que les vôtres » (p. 105). Banks médite pour sa gouverne sur ce conseil qu’il n’a apparemment suivi, vu le fiasco de ses 4 mariages successifs… Il ne s’est pas rendu compte qu’Algren pensait surtout à Simone de Beauvoir, quand il lui donnait ce genre de conseils. Drôle, non ? :-)

@22.31, Très ému d’apprendre la mort d’E. Chojnacka que j’avais applaudie au clavecin à l’aube de sa carrière, lors d’un festival de musique à l’église ND de Royan en 1974, juste un peu avant la mort de Pompidou. Je m’en souviens comme si c’était hier : elle m’avait tout juste subjugué.
BJ à toussent.

JC..... dit: 1 juin 2017 à 10 h 38 min

Nicolas dit: 1 juin 2017 à 10 h 33 min
« C’est marrant de voir des petites propagandistes me prêter des propos que je n’ai pas. »

Rançon du succès dans les dortoirs de filles … ! On a tous chassé les grands fauves vertueux dans les dortoirs torrides.

(Tu as des nouvelles de Carla, Nico ?)

JAZZI dit: 1 juin 2017 à 10 h 33 min

« Comment est-il possible qu’on en parle si peu ? »

C’est comme pour les attentats contre les Chrétiens d’Orient, qui font couler moins d’encre que les autres, closer ! Que fait Debray ?

JC..... dit: 1 juin 2017 à 10 h 21 min

Intéressant le parallèle entre les créatures et leurs maîtres marionnettistes :

– Seberg/Gary,
– Marilyn/Miller,
– Macron/Hollande…

JC..... dit: 1 juin 2017 à 10 h 11 min

Pour en arriver là, il faut NE PAS avoir de problèmes…. et s’en créer pour jouer à la victime lucide !

D. dit: 1 juin 2017 à 10 h 09 min

Quels problèmes rototo peut-il avoir rencontrés pour en être arrivé là ?
Je pense que comme moi il est un surdoué malheureux avec son époque et son entourage.

bouguereau dit: 1 juin 2017 à 10 h 00 min

ayant la Foi « au cœur », peuvent accepter comme allant de soi l’ignoble, l’infect, l’infâme, tant la folie les anime

la rage au cul c’est pas mieux

bouguereau dit: 1 juin 2017 à 9 h 56 min

un peu de Monbazillac et du sucre

entre paris et jéruzalème hon mange du pain havec des pates aurait dit coloutchi

JC..... dit: 1 juin 2017 à 9 h 56 min

Combien de fois faudra t il conseiller aux défenseurs des religions de merdde, de LIRE les textes sacrés !…

On sera surpris des joyeusetés qu’on y trouve…

Quand on pense que ces kons, ayant la Foi « au cœur », peuvent accepter comme allant de soi l’ignoble, l’infect, l’infâme, tant la folie les anime.

bouguereau dit: 1 juin 2017 à 9 h 53 min

Miller a liquidé Monroe comme Ajar a réglé le sort de Seberg, la belle et la bête

les belle et les povcons..qui n’en peuvent mais

bouguereau dit: 1 juin 2017 à 9 h 49 min

Festival afroféministe nyansapo: nous ne sommes décidément pas américains slate

déculotte l’fond dta pensée..c’est pas bon dmette l’embrouille dson coté..c’est qu’on a des trucs a cacher

bouguereau dit: 1 juin 2017 à 9 h 47 min

nous en tenir aux trois monothéismes ?

cette saloprie de chyotte de merde de critère est salafiss et a été dabord relayé par les juifs et par le vaticans..tristement godillot
baroz aime s’en tenir ha la konnerie ça le rassure

la vie dans les bois dit: 1 juin 2017 à 8 h 59 min

tweet:
« Non, l’instrumentalisation politique du nom d’un grand poète n’est pas une fatalité »

Puis-je me permettre une suggestion, sans demander la permission ?
Est-il possible, de remplacer « politique » par « politicienne » dans la stricte limite de 140 signes ?

La récupération de Pasolini, à l’insu de son plein gré, par toute la junte gauchiste de l’akademie psychosexuelle, est bien hélas une fatalité.

Phil dit: 1 juin 2017 à 8 h 55 min

Riche idée de sortir Dutroux pour finir avec Ze misfits la notule du mediator Debray.
Miller a liquidé Monroe comme Ajar a réglé le sort de Seberg, la belle et la bête, demandez Madame de Beaumont à l’entracte.

la vie dans les bois dit: 1 juin 2017 à 8 h 41 min

Allez, un dernier pour la route qui me fait sourire.
La scène se passe dans le métro parisien, et une bande de jeunes sème le boxon dans la rame, secouant les voyageurs.

le choeur: toc toc toc, qui est là ?
une voix: comment vous appelez-vous ?
… inaudible
le choeur : Ella elle l’a.

https://www.youtube.com/watch?v=bQkB-WWzsbg

renato dit: 1 juin 2017 à 8 h 38 min

Cramponnés au monde du mystère et du miracle ils vaguent dans les interrègnes du temps ; de là leurs difficultés à comprendre les relations entre ontologie, épistémologie et déontologie — ontologie opposée à déontologie (être vs devoir être) ; la peur de connaître parfois soutenue par le trébuchement nietzschéen : « il n’y a pas de faits, seulement des interprétations » ; etc. Même embarras lorsqu’ils se trouvent confrontés à la triade savoir, vérité, réalité — et jamais qu’ils se rappellent sauf si donnée en tandem avec le mensonge et quelques rares exceptions, la vérité reste une conjecture, parfois une construction-constriction idéologique ou encore du grand n’importe quoi, mais un excellent instruments de défense de ces hommes de la mort intellectuelle. Ils osent parfois quelques transgressions, mais les voilà dans l’impasse lorsqu’ils doivent choisir entre sortir du langage comme le suggère Wittgenstein dans les dernières pages du Tractatus ou, banalement, éviter les questions relatives aux limites du langage. Il feraient n’importe quoi plutôt qu’oser un savoir réel — le célèbre « sortir l’homme de son enfance » —, tant pour ne pas inhiber le désir que rien ne change car ils préfèrent accepter le monde comme il est plutôt que fournir le moindre effort dans le sens du savoir, de la vérité, de la réalité ; en faisant ainsi le nid au populisme politique, et puisqu’ils donnent à la science la valeur du fétiche, il se privent d’un point sur lequel s’appuyer afin de faire une différence entre science et magie — ce qui empêche aux réactionnaires de s’adapter à leur environnement, et aussi d’adapter l’environnement à leurs exigences.

bérénice dit: 1 juin 2017 à 8 h 38 min

ou pour pouvoir leur pardonner, on pourrait dire la même chose des femmes. Est-on jamais plus indulgent envers les autres qu’on ne l’est envers ses enfants, à moins qu’ils se rendent coupables de choses affreuses, n’est-ce pas la un lien difficilement altérable alors qu’un homme pour une femme ou une femme pour un homme est toujours quelqu’un qu’on pourra quitter avec ou sans regret, amertume, rancune …après l’avoir aimé un peu, beaucoup, passionément, à la folie, puis plus du tout.

la vie dans les bois dit: 1 juin 2017 à 8 h 35 min

Le président Macaron, va devoir « mouiller la chemise », encore plus que pour des poignées de mains et diners en ville:

Quelqu’un d’autre frappe à la porte
toc toc toc, qui est là ?

« L’association anticorruption Anticor a adressé, mercredi 31 mai, une plainte au parquet de Brest pour demander l’ouverture d’une enquête sur l’affaire immobilière qui fragilise le ministre de la Cohésion des territoires, a annoncé jeudi 1er juin son président. »
http://www.francetvinfo.fr/politique/affaire/affaire-richard-ferrand/affaire-ferrand-l-association-anticor-annonce-une-plainte-au-parquet-de-brest_2216606.html

.

la vie dans les bois dit: 1 juin 2017 à 8 h 31 min

Je ne fais pas de la pédagogie. Comprenne qui pourra. Les autres, je m’en tape.

bérénice dit: 1 juin 2017 à 8 h 29 min

Pour n’en garder qu’un ou aucun? l’une comme l’autre finirent bien seule. Duras eut un fils dont je ne sais s’il allégea une solitude qui la servit, j’ai entendu il y a peu une interview à la radio de M Duras et j’ai pensai que si son visage avait été très tôt ruiné comme elle en a témoigné elle avait conservé une voix .

la vie dans les bois dit: 1 juin 2017 à 8 h 23 min

Monroe et Duras, je les associe dans cette phrase de Duras: il faut beaucoup aimer les hommes.

Arthur Miller n’aura pas semé que du bonheur autour de lui.

bérénice dit: 1 juin 2017 à 8 h 20 min

A la mort d’Arthur Miller, Libé titra – Mort d’un esprit libre – et donna à contempler une belle photo du couple, lui au volant d’un cabriolet elle l’air heureux, foulard maintenant sa chevelure regard fixé droit devant sur une ligne d’horizon qui si l’on s’en tient à leur expression leur paraissait dégagée.

bérénice dit: 1 juin 2017 à 8 h 12 min

J’ai parcouru, jadis, une biographie d’Arthur Miller. Le couple n’allait pas, elle rêvait d’avoir un ou des enfants et sombra aussi en raison de l’impossibilité d’être mère, ne sais plus si fausses couches, La mésentente s’installa assez vite, Marilyn prit du poids, sur les plateaux de tournage cela n’allait pas. Pour finir Miller ne se rendit même pas à ses obsèques.

renato dit: 1 juin 2017 à 8 h 06 min

Défense de photographier dans tout le territoire de la commune de Bergün parce que, le maire cité de mémoire : les photos finirons sur les réseaux sociaux et produiront un sentiment de tristesse chez ces internautes qui verront des belles images et pour les plus diverses raisons ne pourront pas prendre des vacances. 5CHF d’amende pour les contrevenants.

la vie dans les bois dit: 1 juin 2017 à 7 h 16 min

Ce témoignage de 0h16, je le lis comme une lutte des classes.
Un scénario pour  » bienvenue les cassoc’ chez les dutroux à Outreau », dans le fond BMW ( néologisme: bourdieu marx weber), « ethique », merci rose.

______________________________

L’histoire de Marylin Monroe et d’Arthur Miller trouve son aboutissement dans le film  » Misfits », j’ai trouvé ça assez énorme.

Bloom dit: 1 juin 2017 à 5 h 46 min

du le Connemara…du C…

« To Hell or Connaught », avait déclaré Cromwell aux Irlandais – les 2 ne font plus qu’un en l’occurrence.
There are not enough trees to hang a man, there is not enough water to drown him, and not enough soil to bury him…blaguait le Lord Protector p(r)uritain.
Il semblerait qu’on ait trouvé suffisamment de terre pour y enfouir les corps sans vie de 800 mômes…

Bloom dit: 1 juin 2017 à 5 h 32 min

Bloom,dans le film, on leur enlevait , ils étaient confiés à des familles bourgeoises ou très riches qui ne pouvaient en avoir, au désespoir des mères qui étaient privées de tous pouvoirs décisionnels.

Si fait, Berenice, mais il y eut encore pire que cela, dans des institutions religieuses catholiques romaines – de l’infanticide pur et simple.

Lisez cet article du Guardian du mois de mars dernier sur le charnier découvert à Tuam (prononcer /tioum/ comme dans ‘tumour’), petite ville du le Connemara, région si prisée des touristes, avec ses poneys etc etc

« Mass grave of babies and children found at Tuam care home in Ireland

A mass grave containing the remains of babies and children has been discovered at a former Catholic care home in Ireland where it has been alleged up to 800 died, government-appointed investigators said on Friday (…)
la suite sur https://www.theguardian.com/world/2017/mar/03/mass-grave-of-babies-and-children-found-at-tuam-orphanage-in-ireland

JAZZI dit: 1 juin 2017 à 0 h 54 min

C’est pire que du Zola ton commentaire sur la pédophilie, rose, quel sombre tableau de la famille décomposée !

rose dit: 1 juin 2017 à 0 h 16 min

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 19 h 42 min

je n’ai jamais eu de collègues pédophiles ; ne peux donc en parler.

Ai eu à plusieurs reprises des élèves violés
par le père (supposition d’après ce que l’élève a raconté)
par le beau-père
par l’éducateur (femme seule élevant ses enfants)
par le voisin
par le père

A chaque fois, cela a été un drame, pour l’enfant, pour les adultes proches, pour l’enseignant.

L’année même où nous avons été formés spécifiquement dans une campagne de prévention « ne touche pas à mon corps », une enfant a subi cela de son beau-père.

A l’école maternelle, il y a eu des soupçons, des enquêtes diligentées, et des drames de famille visionnant des cassettes pornographiques avec leurs enfants.

Pas d’alcoolisme ultérieur ; la maman après l’hôpital psy. s’est suicidée, le fils aîné aussi, à 20 ans, le cadet en taule. De chouettes gosses, les deux.

Je ne sais pas si l’alcoolisme est inhérent à la pédophilie subie dans la plus tendre enfance. Je crois qu’il permet de vivre dans du coton – c’est ce qui m’a été dit. C’est une manière de vivre en attendant de mourir, le fruit d’un immense désespoir et d’un dégoût profond.

Parfois, des atteintes sexuelles ont été subies sans en par le viol. C’est pareil. Aussi pire. D’après ce qui m’a été dit.

De la part des adultes, ai entendu le père sur toutes ses filles, atteintes sexuelles et le grand-père. Là, c’est une manière d’interdire à ses filles de jouir.

Plusieurs fois, hôpital psychiatrique plutôt qu’alcoolisme.

Ne sais pas les statistiques, ne connaît pas les études faites.

Les co-alcooliques souffrent autant, si ce n’est plus que l’alcoolique. J’aimerai que parfois, l’on l’intéresse à eux.

De ma vie, 42 ans de carrière, je n’ai croisé la route d’enseignants pédophiles. Une fois un surveillant, je l’ai déjà écrit, ici je crois bien, surveillant que l’on a basculé dans un autre établissement scolaire 35 km plus loin, niveau collège.

De connaissances lointaines, c’est à dire pas dans mon entourage immédiat,une accusation contre un instituteur, jamais su la vérité, de la part d’une famille qui déménageait souvent et dont la petite fille était à chaque fois agressée sexuellement. L’argent tombait, affaire peu claire.

Et une main au cul d’un prof lointain à une jeune fille, dont il s’est avéré ultérieurement que toute la famille était à problèmes : les deux garçons ayant subi attouchements sexuels ou viols de la part de leur père, qui a disparu dans les oubliettes.

Voilà, je n’en dirai pas plus.
Ce sont des drames.
Je suis pour la protection d l’enfance.

Widergänger dit: 1 juin 2017 à 0 h 15 min

D. dit: 31 mai 2017 à 17 h 48 min
Tiens, oui ! ça me donne l’envie de manger mes fraises restantes avec un peu de Monbazillac et du sucre.

Widergänger dit: 1 juin 2017 à 0 h 08 min

Phil dit: 31 mai 2017 à 17 h 17 min
vivre à cheval sur Paris et Tel Aviv est assez vicieux
____________

En effet, Phil : Paris ———>Tel-Aviv ———>Paris : ça forme un cercle vicieux.

la vie dans les bois dit: 1 juin 2017 à 0 h 00 min

Ce soir sur Arte,
« À l’occasion des 70 ans de Magnum, retour sur le lien noué entre les photographes de l’agence mythique et le monde du cinéma. Une plongée unique dans le regard des créateurs, parmi lesquels Robert Capa, Cartier-Bresson, ou Josef Koudelka »

et puis Eve Arnold, la photographe de Marilyn Monroe. Et toute l’équipe Magnum sur le tournage des « Misfits ».

Magnifique

http://www.arte.tv/fr/videos/054805-000-A/le-cinema-dans-l-oeil-de-magnum

JAZZI dit: 31 mai 2017 à 23 h 48 min

Le « Y » vient en seconde position, rose : Marilyn !
A une époque, elle lisait Arthur Miller…

rose dit: 31 mai 2017 à 23 h 39 min

Marylin avec un livre sur Goya vers 1953

http://resize1-elle.ladmedia.fr/r/700,,forcex/img/var/plain_site/storage/images/people/la-vie-des-people/news/marilyn-monroe-50-photos-cultes/marilyn-monroe-lit-un-livre-sur-goya-1953/15377617-1-fre-FR/Marilyn-Monroe-lit-un-livre-sur-Goya-1953.jpg

bérénice dit: 31 mai 2017 à 22 h 49 min

Jazzi, qui sait si elle ne lis pas une note en fin d’édition ou est-elle seulement heureuse d’être parvenue à bout de l’imposant volume? ça le fait même à ne rien y avoir compris, on se dit que l’effort fut et qu’aucun n’est jamais tout à fait vain.

JAZZI dit: 31 mai 2017 à 22 h 33 min

Oui, Marilyn lit le « Ulysse » de James Joyce et elle semble parvenue à la dernière page; l’air passablement ravie et étonnée par sa lecture, JJJ !

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 21 h 38 min

le président Macaron a dû descendre de son ridicule olympe, abandonnant pour un temps sa pose  » jupitérienne » et faire une déclaration qui se voulait du tonnerre de Brest, et qui tombe un peu à plat:

«Les choses ne vont pas forcément bien quand la presse devient juge»

bérénice dit: 31 mai 2017 à 21 h 17 min

cœur de ses interrogations. englishflag

« Petites filles martyres. Saint-Étienne ». C’est sous ce titre que, le 6 janvier 1910, le Petit Journal présente une « abominable affaire ». Elle provoque, du reste, « une vive émotion » précise le chroniqueur. Deux fillettes de parents divorcés, vivant avec leur père, sont allées passer quelques jours chez leur mère remariée. Au retour, elles font de leur séjour « un récit tel que la justice est saisie : la mégère contraignait l’une à demeurer toute la nuit attachée, presque nue contre le lit, et pendait l’autre par les bras aux chambranles de portes ». Le Petit Journal évoque alors des « orgies » et des « scènes atroces où les pauvres petites sont martyrisées ». L’inceste et le sadisme sont comme d’habitude suggérés, sans être nommés, mais n’en sont pas moins présents. Ce récit est un exemple des thèmes nouveaux qui ont envahi les colonnes des faits divers depuis trois décennies.
La médiatisation des abus sexuels dont sont victimes les enfants – c’est-à -dire leur recensement, leur analyse et leur dénonciation dans l’espace public – ont longtemps été voués à une grande discrétion, pour ne pas dire au silence presque total : durant le xixe siècle, ils ne sont que très rarement évoqués dans la Gazette des tribunaux et uniquement s’ils sont accompagnés de crimes de sang.
Or, la fin du xixe siècle est, de ce point de vue, marqué par l’essor assez considérable des dénonciations d’attentats à la pudeur sur enfants, dans un contexte général de recul des autres crimes. Ce mouvement semble témoigner d’une prise de conscience de ce qu’est l’enfance, des questions nouvelles qui surgissent à propos de cet âge de la vie et du vaste mouvement de réflexion sur le statut de l’enfant dans la société : on voit se multiplier les enquêtes sur le travail des mineurs et apparaître une nouvelle législation à destination des enfants assistés.
La manière dont la presse aborde la question des abus sexuels sur enfant permet de distinguer quatre périodes dans ce siècle long, qui va de 1880 à 2000 : la découverte des années 1880, qui correspond aussi au temps de l’accusation ; le reflux, qui caractérise le demi siècle compris entre 1920 et 1970 ; la révolution sexuelle des années 1970, au cours de laquelle on voit se déployer une plaidoirie en faveur de la pédophilie ; et, enfin, le tournant des années 1990, avec la condamnation sans appel de cette pratique, qu’elle soit accompagnée ou non de violences.
Le temps de l’accusation

Le surgissement

Abus sexuels sur enfants et mauvais traitements, les deux sujets – indissociables à la fin du xixe siècle – font une percée dans la presse, et notamment dans les journaux populaires, au cours des années 1880. Puis ils subissent un recul quantitatif en 1890 et en 1900, suivi, en 1910, par une récupération qui perdure jusqu’en 1914 [1]. La Dépêche en vient même en 1910 à créer, dans sa rubrique de faits divers nationaux et locaux, une espèce de sous rubrique intitulée « les satyres » [2], dans laquelle elle multiplie les récits de viols ou d’attentats à la pudeur.
Cette évolution statistique des récits, qu’on peut repérer dans le Petit Journal et le Figaro, n’a pas grand-chose de commun avec les statistiques officielles ou les conclusions chiffrées obtenues par Anne-Marie Sohn [3]. Mais ce décalage partiel entre la presse et les statistiques officielles n’est peut-être en somme que le retard mis par la presse à s’emparer du sujet pour le transporter dans l’espace public. Il montre, en tout cas, qu’on a affaire à une question inédite embarrassante. Néanmoins, cet embarras, dont on analysera quelques signes, ne voue pas les journaux au silence qui reste, en revanche, dominant dans le discours médical et juridique : nombre d’ouvrages sur le viol et l’attentat à la pudeur n’évoquent même pas la question des enfants.
Il n’est donc pas absurde d’imputer la recrudescence de ces récits dans la presse à un recul du seuil de tolérance à l’égard de ce type de criminalité. La presse enregistrerait ainsi l’indignation croissante éprouvée un peu partout devant les crimes sexuels, particulièrement lorsqu’ils sont commis sur des enfants. Elle se ferait ainsi l’écho presque direct d’un éveil des sensibilités qui conduit à multiplier les dénonciations.
L’année 1898 est d’ailleurs marquée par le vote de la loi sur la répression des violences, voies de fait, actes de cruauté et attentats commis envers les enfants [4]. L’enfance, qui incarne l’avenir de la nation, est devenue un des soucis majeurs de la IIIe République. Et le discours nouveau qui se développe à son sujet constitue une des réponses, parmi d’autres, au nationalisme et à l’inquiétude liée à la dénatalité et la dégénérescence.
Néanmoins, le thème représente un pourcentage infime de l’ensemble des récits de faits divers de la période, et les récits qui s’y rapportent sont souvent réduits au minimum, quelques lignes à la fois allusives et sèches. En outre, il reste souvent associé aux crimes de sang et perd ainsi une partie de sa spécificité : nombre de viols et d’incestes sont mêlés à des assassinats. Les crimes retentissants qui font alors la une de la presse populaire – Vacher l’égorgeur de bergères en 1897, Soleillant assassin de la petite fille de ses voisins en 1907, Corbin le tueur d’enfants en 1910 – ont cependant le mérite d’attirer l’attention publique sur la question.
Les caractéristiques du crime

Crime de « satyre » commis dans plus de la moitié des cas sur une petite fille, l’abus sexuel provoque un faisceau de questions. La plus grave, sinon toujours posée du moins souvent suggérée, concerne le consentement de la victime. Victime ou complice ? s’interroge la presse à propos des petites et jeunes filles – jamais des garçons –, manifestant ainsi que règne une suspicion largement importée du discours médical [5] et juridique. En 1904, le Parlement fait voter une loi concernant « l’éducation des enfants difficiles et vicieux de l’Assistance publique », ceux qui, précisément, avaient subi des sévices sexuels. Cette suspicion est encore plus sensible pour l’inceste : ici, la mission que s’attribue la presse consiste à lever ou confirmer le doute qui plane sur la responsabilité de la victime. Ceci explique la lourdeur axiologique et le moralisme qui pèsent sur tous ces récits. Du reste, ce moralisme a plutôt tendance à s’alourdir avec le temps, parallèlement à la domination croissante de l’euphémisme. En effet, à partir de 1890, les journaux renoncent de plus en plus souvent à parler clairement du crime ou du délit sexuel sur enfant et se réfugient dans l’allusion comme si la force du tabou l’emportait.
Le viol ou l’attentat à la pudeur ne sont presque jamais clairement nommés. On les devine sans qu’ils soient dits. Il faut une lecture attentive, la présence d’une série d’indices convergents (l’agression d’un homme sur une enfant par exemple, l’absence de violences), doublée de la découverte dans d’autres titres de la réalité de l’acte, pour conclure avec certitude qu’il s’agit bien là d’un crime sexuel. Parfois, du reste, l’incertitude subsiste [6].
L’événement n’est pas décrit, les journaux se contentant de signaler et de qualifier, pour les condamner, des actes qu’ils se refusent au fond à relater. « Derniers outrages », « odieux attentat », « attentat criminel », « odieux outrages », « odieuses violences », « crime odieux », « affaire délicate » tels sont les euphémismes grâce auxquels on reconnaît le crime sexuel qui est évalué en même temps qu’il est annoncé. Cette confusion est d’autant plus éclairante qu’elle s’oppose en tout point aux descriptions hyper-véristes des corps des enfants martyrs : lorsque, dans la presse de la fin du xixe siècle, le naturalisme cède le pas à l’allusion, c’est que ce réel inassimilable et tout juste avouable est de l’ordre du sexe. On juge et on dénonce pour n’avoir pas à dire ; on s’indigne pour échapper aux exigences de la description et de l’explication.
À partir de 1910, les journaux deviennent un tout petit peu plus précis et, du même coup, moins strictement moralisateurs en parlant de « violences spéciales sur une fillette » [7], « attentat aux mœurs avec violences » [8]. Tous continuent de considérer que, pour les affaires de viols, les débats des tribunaux ne peuvent faire l’objet d’un compte rendu :
« Affaire de mœurs pour les débats de laquelle M. l’avocat général Le Gall aurait certainement mieux fait d’insister pour obtenir de la cour qu’elle prononçât le huis clos. Pour nous qui ne tenons pas à nous rendre complice d’un quelconque outrage à la pudeur, nous passerons sous silence les détails de ce procès » [9].
« Les détails de cette affaire sont tellement immondes qu’il n’est pas possible d’en dire davantage » [10].
L’économie du silence qui caractérise ces récits est en fait une économie du refus qui correspond à l’intolérance avouée, officielle et radicale à l’égard des choses du sexe du xixe siècle finissant. Ce faisant, la presse manifeste différents types de renoncements qui affectent son fonctionnement habituel. Renoncement à l’enquête d’abord : le rédacteur ne prétend pas un instant mener ou avoir réalisé une enquête, même dans les cas de viols mystérieux à coupable inconnu, à l’inverse de ce qui se passe pour la plupart des autres faits divers. Renoncement au témoignage, ensuite et surtout, puisque les agresseurs, une fois arrêtés, ne sont jamais « entendus », à l’inverse de ce qui se passe pour la plupart des autres criminels ; pas plus que leurs victimes, du reste, qui sont des êtres sans parole. Les enfants demeurent des victimes muettes, absentes en somme, ou pour mieux dire des « idées de victimes ».
Le reflux (1920-1970)

Ces caractéristiques du récit de viol d’enfant et d’inceste restent globalement les mêmes au cours du demi-siècle qui suit. En revanche, la question perd en visibilité puisque la période qui va de 1920 à 1970 est marquée par un reflux assez sensible des récits d’abus sexuels sur enfants. Plus rares qu’auparavant, ces récits voient également leur trame narrative s’assécher si considérablement qu’ils ressemblent de plus en plus à des dépêches d’agence. En 1935, Le Petit Marseillais intitule ainsi le récit d’un procès : « un triste individu est sévèrement condamné » et fait le compte-rendu suivant : « une fillette de 6 ans dont il était le parrain étant venue jouer avec ses enfants, cet individu en abusa. À l’instruction l’accusé a avoué, mais aujourd’hui il se rétracte et clame son innocence devant les juges populaires. Le Docteur Rousselier, expert aliéniste, conclut à la “responsabilité atténuée†». Il est condamné à cinq ans de travaux forcés [11].
C’est encore l’assassinat qui sert de révélateur : au mois de mai 1950 Le Provençal signale qu’un jeune homme de 20 ans est arrêté à la suite de la découverte des ossements d’un petit garçon disparu l’année précédente. Il avoue, alors, et l’assassinat dont il s’est rendu coupable et le viol qu’il a commis en 1946 sur une petite fille de cinq ans [12]. Et si le sang est souvent l’occasion du dévoilement des sévices sexuels, il n’autorise pas davantage de clarté sur ces épineuses questions. Euphémisation et allusion, périphrases embarrassées restent alors la norme absolue, comme si ce contournement lexical permettait de tenir la chose à distance, voire de la nier, comme c’est le cas dans les relations du procès Violette Nozière [13]. En 1964, L’Aurore relate le double meurtre à domicile d’un père et de sa fille et évoque la possibilité d’un inceste. Sous un titre pourtant éloquent – « C’était un drame de l’inceste » – le quotidien publie un très court article, renonçant « par considération pour ses lecteurs à donner de plus ample commentaire à cette affaire » [14].
La parole des enfants est toujours largement sujette à caution. Lorsqu’en 1960, André Le Troquer, ancien président de l’Assemblée nationale, est condamné avec 23 personnes pour ce que la presse appelle alors une affaire de « Ballets roses » [15], la moralité des jeunes filles est examinée de très près, puisque « certaines, il est vrai, abusaient des maquillages et des décolletés » affirme Le Parisien libéré [16].
Globalement, les violences sexuelles ne font toujours pas partie du dicible du discours social, dans la presse comme dans les ouvrages de médecine, le corps médical français continuant de nier la réalité des sévices sexuels à enfants. Le moteur de cette cécité semble être le moralisme ambiant qui conduit les observateurs à évacuer l’enfant de la scène. Les actes commis par ces hommes sur des enfants ne sont jamais condamnés au nom des conséquences qu’ils peuvent avoir sur le psychisme de l’enfant, au nom des dégâts qu’ils ont pu susciter. « Actes immoraux », « outrages à la pudeur » lit-on de manière répétitive, et ces désignations non commentées montrent que ce qui est en cause, ce sont ces notions – larges, floues, abstraites –, que sont la morale et la pudeur, bien plus que des actes qui affectent l’existence, la sensibilité et l’avenir d’un enfant, des actes susceptibles de détruire un individu.
http://www.histoiredesmedias.com/Un-siecle-de-pedophilie-dans-la.html

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 21 h 14 min

Lettre au proc’ de Brest, assez bien tournée:

«L’enquête que vous ne manquerez pas de diligenter permettra de connaître précisement les conditions dans lesquelles le conseil d’administration des Mutuelles de Bretagne a statué, savoir s’il était informé de cette relation de proximité entre Richard Ferrand et Sandrine Doucen»

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 21 h 09 min

Polanski échappe à ces études cliniques qui font aussi une belle jambe aux 30 fois le nombre d’élèves abusés par les 30 radiés de l’education nationale française en 2016, et aussi à Polanski, qui ne veut plus aller en Amérique.

bérénice dit: 31 mai 2017 à 21 h 06 min

A ce propos, affaire Ferrand, j’entendais hier un spécialiste donner son avis et s’étonner que l’on s’encombre de ce ministre inconnu jusqu’à présent, si je l’ai saisi, en d’autres termes il l’aurait bien remplacé pour clore cette fâcheuse affaire qui n’a rien d’illégale mais occasionne nombre de doutes et suspicions dans un contexte où la priorité a été donné à la moralisation de la vie politique. ( LCI je crois ou BFM je ne sais plus)

bérénice dit: 31 mai 2017 à 21 h 02 min

18h43 en modération qui justement tentait de revenir sur les différentes catégories fauteuses de trouble le plus souvent dénoncées par les médias et sur de rarissimes exceptions issues d’autres familles socio-professionnelles.

bérénice dit: 31 mai 2017 à 20 h 55 min

Si vous ne savez pas lire, demandez-moi.

ok, si vous ne savez pas écrire pour exprimer clairement vos idées ou intentions, rejoignez un atelier d’écriture et bien qu’avec tout ce que vous avalez en terme d’écrits vous ne devriez en avoir besoin. Un effort supplémentaire sera donc bienvenu dans la précision de votre ciblage.

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 20 h 29 min

« M. Dosière a jugé que, contrairement à l’affaire Fillon, « l’essentiel » de l’affaire Ferrand était d’ordre privé. « Dans le plan privé, le jugement c’est quoi ? La morale religieuse, la morale laïque ? Mais on n’en a rien à faire de la morale », s’est-il exclamé. »
Le Point

« La vice-présidente du MoDem a aussi défendu le garde des Sceaux François Bayrou, qui avait retweeté mardi son communiqué. « Il a le droit de s’exprimer sur Twitter en tant que tel, comme citoyen et pas comme ministre », a-t-elle déclaré sur Europe 1. »
Le point

.

Janssen J-J dit: 31 mai 2017 à 20 h 00 min

chacun élargit sa propre pédophilie où il peut/veut, voyons donc ; pas la peine d’en faire un frometon et de monter sur ses ergots // Couché, caneberges & carabistouilles. Meuh, meuh.

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 19 h 52 min

ducon, tu peux aussi relire mes message du jour sur la pédophilie. Tu as posé la question sur l’Eglise, il était normal que le sujet soit débattu plus largement.

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 19 h 50 min

le ministre Hulot a reçu de mauvaises nouvelles d’ Amérique, et le président Macaron s’exerce pour avoir un meilleur handshake.

Janssen J-J dit: 31 mai 2017 à 19 h 49 min

Faites quelque chose : c pathétique le ténardisme pédofillisé, voyez pas qu’on est en quête ? Ramassez donc les miettes avec les cloportes par pure charité crécré, nom de d’là.

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 19 h 46 min

Pas du tout, ducon; je précise mes commentaires quand on les lit mal et qu’on les détourne.

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 19 h 42 min

« pas un pour développer le sujet de la pédophilie. Inexplicable timidité, certainement. C’est grave. » moi

Pas un prof ici, ceux commentateurs réguliers de la rdl, pour parler de leurs collègues pédophiles, etc. Suite inchangée.

Si vous ne savez pas lire, demandez-moi.

bérénice dit: 31 mai 2017 à 19 h 01 min

pas un pour développer le sujet de la pédophilie. Inexplicable timidité, certainement. C’est grave.

trouvé une liste de thèses sur le sujet ( commentaire en modération), il y a aussi de disponible cet ouvrage:

Anne-Claude AMBROISE-RENDU, Histoire de la pédophilie, XIXe-XXIe siècle, Paris, Fayard, 2014.

https://clio.revues.org/12840

bérénice dit: 31 mai 2017 à 18 h 43 min

développer le sujet de la pédophilie

ma foi, il fait assez de ravages, trouver une étude qui recense les milieux les plus touchés ou concernés par cette perversion, cette déviance ? cela doit pouvoir se chercher sur le net, la pédophilie au travers des différentes époques, sociolologie du crime, réponses et conséquences. Ceux dont évoque le plus aisément les cas sont les enseignants et les religieux en exercice, actuellement les réseaux du net sont sous surveillance nous dit-on et la moindre consultation de fichier pédo-pornographique est passible de sanctions. De temps à autres des scandales relayés par la presse, aucun pays n’y échappe comme d’ailleurs je crois aucun milieu sociologique jusqu’à quelques militaires qui se sont laissés aller et des membres d’ONG au cours de leurs missions.
http://www.theses.fr/?q=p%C3%A9dophilie+

Sergio dit: 31 mai 2017 à 18 h 38 min

D. dit: 31 mai 2017 à 18 h 24 min
mon Aston-Martin.

Hattation le volant est à droite ; si y en a pas c’est qu’on est assis à gauche…

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 18 h 15 min

apprenez à lire le djavert dans le texte:
djavert ne voit plus ses enfants, pour diverses raisons.

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 18 h 09 min

Ils sont très bien ces deux témoins de mariage, un ancien président de la Hollandie, et le maire de Paris, pour célébrer l’union posthume du policier en exercice tué par un terroriste islamique sur les Champs Elysées,le 20 avril dernier, et son veuf.

Les deux époux ont bénéficié de la loi  » Malpasset », initialement faite pour préserver les droits successoraux des enfants. Encore une histoire de transmission, enfin ici, de succession.
Je n’ai pas regardé si Mgr l’Archevêque de Paris était invité également, mais c’est une plaisanterie « entre nous ».

bouguereau dit: 31 mai 2017 à 18 h 05 min

..c’est comme nos ministres la main dans la caisse..c’est la tentation..la tentation et pour pas dvenir pédophile c’est ça qu’il va plaider vergez

bouguereau dit: 31 mai 2017 à 18 h 02 min

le curé d’ars il dit que satan labite plus que les civils..d’où la stat un peu grave..ça se tient dédé

bouguereau dit: 31 mai 2017 à 17 h 57 min

mon dieu tarzoune c’est ténardier..ses momes sont bien trop laids..sa vertue a quoi elle tient

D. dit: 31 mai 2017 à 17 h 43 min

Phil dit: 31 mai 2017 à 17 h 17 min
vivre à cheval sur Paris et Tel Aviv est assez vicieux

Enfin une parole sensée, après des années de nuit, Phil. Continuez.

Janssen J-J dit: 31 mai 2017 à 17 h 29 min

ben voui, et z’avaient d’la gueule devant l’abbaye de noirlac, la rouge surtout, un exemplaire pas commun. Comment ça, pas de toit ? On va quand même pas désosser les juva4 pour faire plaisir aux pédokeufs du 9-3 ? – Sur le mag litt à droite, on dirait maryline en maillot, plastique parfaite, mais j’arrive pas à voir ce qu’elle lit : de l’Ulysses du père Joyce, may be ? Bloume qu’a une bonne vue pourrait peut’êt confirmer ?

Sergio dit: 31 mai 2017 à 17 h 25 min

bérénice dit: 31 mai 2017 à 16 h 18 min
décrire le flacon de l’ivresse

I faut une Jaguar, parce que certains modèles ont deux réservoirs de cinquante litres chacun ; on en réserve un, toutes manières on ira pas loin avant de s’endormir. On lui installe une espèce de pipe-line, un peu comme Gaston pour son poisson rouge, et ça débouche dans la boîte à gants…

Mais hattation que le passager siffle pas le réservoir entier durant qu’on est occupé avec les poulagas !

la vie dans les bois dit: 31 mai 2017 à 17 h 20 min

Et les « miséreux sexuels », qui vivent en secte logicielle, comment? Des pédophiles, ici?
Nan, ça se passe chez eux, après tout.

Sergio dit: 31 mai 2017 à 17 h 16 min

Janssen J-J dit: 31 mai 2017 à 16 h 54 min
Tu y étais, non ?…

Ha non moi i faut qu’il y ait pas de toit sinon j’ai peur… Mais sinon c’est beau, hein !

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