de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Le jour où Samuel Beckett a mangé une orange

Le jour où Samuel Beckett a mangé une orange

Le plus souvent, le courrier que Samuel Beckett recevait finissait comme les manuscrits reçus : au vide-ordures. Avant de procéder à cette épuration de sa table de travail, il mettait un point d’honneur à répondre à ses correspondants quels qu’ils fussent par retour de courrier, si besoin est par un simple accusé de réception quand une vraie lettre ne s’imposait pas ; cette marque d’urbanité, de générosité et de savoir-vivre est générationnelle si j’en juge par ma propre expérience de l’étude approfondie de la correspondance de personnages auxquels j’ai consacré des biographies : Gaston Gallimard, Hergé, Daniel Kahnweiler, Georges Simenon… Tous passaient leurs matinées à répondre. Quelque que fut leur origine sociale, leur éducation leur interdisait de ne pas répondre. Disons que cela s’est perdu puisque de nos jours, même les courriels souvent restent sans écho alors qu’ils ont été lus.

D’où l’intérêt de Lettres IV 1966-1989 (The Letters of Samuel Beckett, traduit de l’anglais par Gérard Kahn,  Gallimard). Ce quatrième volume couvre les vingt-cinq dernières années de sa vie et partant de son œuvre. Alors que dans le précédent volume les éditeurs ont dû accomplir des exploits en raison de sa graphie parfois indéchiffrable, la tâche leur fut paradoxalement moins ardue pour cet ultime volume. L’écrivain, qui souffrait d’une cataracte aux deux yeux et de la maladie du Dupuytren (une forme de fibromatose), dont il disait qu’elle avait pour effet de métamorphoser ses doigts en autant de griffes, s’accommodait sur la fin de sa raideur arthritique ; tant et si bien que son écriture en était curieusement améliorée. Que d’épreuves pour les transcripteurs avant de se résigner, la mort dans l’âme, à passer leur tour en signalant entre crochets « (illisible) ». Cela dit, l’édition est impeccable, les notes instructives, révélant une profonde et ancienne familiarité avec l’homme et l’œuvre, même si on ne peut s’empêcher de sourire lorsque « Telefunken » et « Grundig » renvoient à des notes précisant «marque de poste de radio à transistors de S.B. » alors que c’est peut-être « transistor » qui est aujourd’hui inconnu des lecteurs de moins de 40 ans… J’aurais, quant à moi, préféré une explication de la dilection de Beckett pour l’esperluette en lieu et place de « et »;

827879-par10123jpgIl donne l’impression de ne jamais être aussi heureux, apaisé, réconcilié que dans le silence, ce luxe suprême. Nulle part pieux que dans sa petite maison d’Ussy (Seine-et-Marne) il n’a de chance d’y accéder durablement. A un ami il confie qu’il ne connaît de plus grande félicité que dans les moments en solitaire où le silence n’est disputé que par le discret crépitement né de l’incinération des feuilles mortes. Il a fallu qu’il soit menacé d’un Nobel de littérature pour qu’on le voie, certes longtemps après, s’exprimer sur ses rapports à l’argent et à la célébrité.

« Il est difficile de la considérer comme un honneur, même à supposer une soif d’honneur, quant à l’argent, j’en ai assez pour mes besoins décroissants » (1966)

On ne l’apprendra que bien plus tard, à mots couverts par des indiscrétions, mais le gros chèque de la fondation Nobel lui permettra le plus souvent d’aider des amis, des proches ou de vagues connaissances en difficulté, certains le sollicitant, notamment le dramaturge Arthur Adamov ou l’écrivaine Djuna Barnes. Cela dit, on s’en doute, s’il n’a rien fait pour se gagner les bonnes grâces du comité Nobel, il n’a rien fait non plus après, refusant le voyage à Stockholm et la promotion de son œuvre qui devaient s’ensuivre.

Il affectionne les expressions étrangères comme autant de mots de passe et de codes entre initiés comme le sont souvent les correspondants les plus familiers : « segrete cose ». Chaque fois qu’il est question de traduction sous sa plume, le mot de « perte » ne tarde pas à suivre. Ce qui se perd dans la traduction : son obsession. Avec Cioran, il a passé des soirées à essayer de trouver un équivalent français à lessness, tournant des heures autour des variantes de « sans » et « moindre », allant voir du côté du latin sine, créant le néologisme « sinéité », y renonçant finalement pour convenir ensemble qu’il n’y a rien d’assez honorable dans la langue française pour exprimer ce mélange de privation et d’infini, l’absence en soi, l’absence à l’état pur « et qu’il fallait se résigner à la misère métaphysique d’une préposition » comme le dira Cioran dans ses Exercices d’admiration. Peut-être l’Irlandais a-t-il trouvé la solution dans le génie des lieux à Wannsee où son ami roumain, le sachant à Berlin, l’a pressé de se rendre afin de fouler la terre où le poète Kleist et son amie Henriette se sont suicidés.

Il est beaucoup question de travail tout au long de cette correspondance. Du travail en pratique comme de la notion même de travail considérée comme la plus grande des vertus, en quoi l’éducation protestante de Beckett refait surface. A James Knowlson, son meilleur biographe et l’un des experts les plus éclairés de son œuvre, qui le questionne sur les idées enfouies sous ses mots, il répond :

« Je ne sais tout simplement rien ou presque mon travail vu ainsi, aussi peu qu’un plombier sur l’histoire de l’hydraulique »

Non qu’il fuit car, malgré son hostilité à tout projet de biographie le concernant (« Si seulement il y avait un copyright sur la vie »), il tient Knowlson en grande estime –c’est d’ailleurs lui qui lancera avec un succès le fonds Beckett de l’université de Reading (Berkshire) ; Beckett, qui jugeait sa vie ne valait pas la peine d’être écrite, aurait pu faire sien le mot de Cioran pour lequel il était incroyable que la perspective d’avoir un biographe n’ait jamais fait renoncer personne à avoir une vie. D’ailleurs, les deux hommes firent connaissance et se rapprochèrent, Beckett lui avouant que la lecture de ses livres lui donnait un fort « contentement », et que cette « voix fraternelle »lui allait droit.Avec d’autres, écrivains, plus jeunes et pétris d’admiration, il s’incline devant la grande détresse que leurs poèmes expriment et conseille « éloignez-vous et de mon travail et de vous-même » (à Charles Juliet en 1969)

Son père espérait la voir travailler chez Guinness. « Comme je regrette souvent de ne pas l’avoir fait » écrit-il, et ce n’est pas le leveur de coude en lui qui parle là, mais en aura-t-on connus et lus de grands artistes et de grands créateurs exprimer un pareil regret au soir de leur vie. Moins une posture qu’un accès de mélancolie. Aussi sincère que Beckett écrivant à Robert Pinget (1966) :

« On n’est pas des gensdelettres. Si on se donne tout ce mal fou ce n’est pas pour le résultat mais parce que c’est le seul moyen de tenir le coup sur cette foutue planète »

Il n’en continue pas moins à écrire jusqu’à la fin. Non parce que bon qu’à ça, comme il le répondit au fameux questionnaire de Libération « Pourquoi écrivez-vous », mais « avec quelque chose de l’ancien besoin & du vieil enthousiasme » (1980). Il ne s’apitoie guère sur ses souffrances dues à l’âge mais enrage des maladies qui rongent ses amis :

 « La nature est une enfoirée ».

Le théâtre y apparaît comme sa passion première et dernière, dû-t-il considérer cette échappatoire comme une « distraction » comme une prison puisqu’il avoue être incapable de s’en « évader ». Le théâtre ne le lâche pas. Son éditeur Jérôme Lindon, qui agissait aussi comme son agent pour la gestion mondiale de ses droits, m’avait dit dans les années 80 qu’il ne se passait pas un seul jour dans l’année sans qu’une pièce de Beckett soit jouée quelque part dans le monde, En attendant Godot et Oh les beaux jours étant les plus demandées. Jusqu’à la fin, malgré le spectre du rabâchage qui le hantait, Beckett aura travaillé pour le théâtre –et opposé le plus souvent des refus aux adaptateurs qui voulaient transporter la scène à la radio ou à la télévision. Il lui arrivait de céder mais le plus souvent il fit preuve de ce qui peut passer pour de l’intransigeance mais qui n’est en fait qu’une attitude de principe d’une cohérence absolue. Les didascalies de ces pièces sont à ce propos d’une netteté sans mélange et aux éditions de Minuit, Irène Lindon dans le même esprit que son père, on se fait fort de les faire respecter. Ce qui n’a jamais découragé les adaptateurs du vivant même de Beckett de tenter vainement de lui forcer la main en faisant interpréter En attendant Godot par des femmes.

Pour savoir ce qu’on peut faire d’une pièce, il a besoin devoirle théâtre dans laquelle elle sera jouée. Cette visualisation lui paraît le seul moyen d’adapter l’une à l’autre pour trouver la meilleure résonnance, et il ne s’agit pas que d’acoustique. Il faut aussi parfois adapter la pièce à la spécificité des interprètes mais nul autre que lui ne doit s’en charger.

« La scène mentale sur laquelle on se meut en écrivant et la salle mentale d’où on la regarde sont des substituts très inadéquats à la chose elle-même. Et cependant, sans elles, il est impossible d’écrire pour le théâtre. Mon expérience est que la vision mentale et les indications scéniques qui en découlent sont valables dans l’ensemble mais doivent souvent être rectifiées, voire modifiées (…) L’idéal serait de travailler en connaissant à l’avance ces conditions réelles. Je rêve de pénétrer dans un théâtre sans texte, ou presque, et de me réunir avec toutes les personnes concernées avant de me mettre vraiment à écrire. Autrement dit, d’une situation où l’auteur n’aurait pas de statut privilégié, comme c’est le cas lorsqu’il arrive avec un texte déjà établi, mais oeuvrerait simplement comme un spécialiste qui n’aurait ni plus ni moins d’importance que les autres spécialistes concernés » (1966)

On apprend ainsi au détour d’une carte qu’il est « très amateur » des livres d’Emmanuel Bove, qu’il conseille à une amie la lecture de Contre tout espoir de Nadedja Mandelstam car « c’est un livre qui donne courage , qu’il admire Céline pour son œuvre bien que son antisémitisme le révulse ou que sa pièce Quoi où doit beaucoup au Voyage d’hiver de Schubert. Parfois, on se croit vraiment dans du Beckett, comme lorsqu’il écrit à son meilleur ami le peintre Avigdor Arikha :

« Rien ne va plus dans ma vieille tête. La carcasse se traîne entre monts et vaux. Un œil mi-clos la suit de loin ».

On aura compris que ce volume ne recueille que les lettres de Beckett, pas celles de ses correspondants. Chez d’autres écrivains, l’absence d’aller et retours fait souvent défaut et ne permet pas d’apprécier l’échange dans sa réalité. Etrangement, chez lui ça ne manque pas. Sa parole se suffit à elle-même. Les éditeurs en conviennent qui ne cherchent pas trop à combler les doutes supposés du lecteur sur la teneur de la conversation épistolaire. Une seule fois, ils s’autorisent à reproduire en note la lettre d’un correspondant à qui il répond : celle du dramaturge tchèque Vàclav Havel qui lui avait écrit six semaines après sa sortie de  prison pour lui exprimer sa gratitude. Deux fois plutôt qu’une : merci d’avoir éclairé la noirceur de ma vie d’adolescent quand j’ai découvert Godot, merci de m’avoir soustrait à la bassesse et la crasse de la détention en exprimant publiquement votre solidarité avec moi au festival d’Avignon avec votre pièce Catastrophe… (17 avril 1983). A quoi Beckett, qui admire son œuvre, répond : « C’est moi qui vous suis redevable »

Qu’on n’attende pas de lui qu’il commente ses commentateurs. Quant à ceux qui attendaient de connaître enfin son point de vue sur Mai 68, qu’ils renoncent même à le connaître à l’occasion du centenaire ; bien qu’il ait vécu à deux pas du théâtre des opérations, rien, pas une trace, ni le moindre reflet des « évènements ». Il est vrai qu’il ne dit à peu près rien, non seulement dans ce quatrième volume mais aussi dans tous les précédents, d’un moment autrement plus important : l’Occupation. A peine la caractérise-t-il au détour d’une carte : « un temps honni… « , « des temps infernaux »… Il l’a pourtant personnellement vécue et n’a pas à rougir de ses engagements dans la Résistance à Paris dès les premiers temps, dans le maquis du côté de Roussillon (Vaucluse) au plus fort de la guerre, dans une unité de la Croix-Rouge à la Libération en Normandie. Mais son silence s’explique cette fois par la pudeur, la sainte horreur de ceux qui réclament un retour sur investissement à leurs actions quand leur conscience seule devrait les dicter. Pour tout commentaire, il concède un mot cher à Francis Bacon :

 « de nobis ipsis silemus » (de nous-même, nous ne disons rien)

Le retrait, toujours. Et la discrétion exigée des proches. Enfin, une exigence à la Beckett sur un ton de douce supplique. A l’ami anglais qui lui demande des précisions biographiques, il concède une chronologie de sa vie sans son œuvre, lâche une poignée de dates mais à propos de son analyse à Londres de 1934 à 1936, demande gentiment : « N’insiste pas trop là-dessus ».  Dernières lettres jusqu’au dernier souffle. Il est anéanti par la masse du courrier à affronter.

« Même pour regarder dans le vide je n’ai plus d’entrain. C’est un spectre que je serai bientôt. Pas moins que tous nos chers disparus. Sans leurs avantages ».

La maladie le ronge. Juste la force de se laisser mourir. Au réalisateur d’un projet d’adaptation de Murphy pour la télévision irlandaise, il lâche un dernier mot avant de tourner la page :

« Faites donc sans moi »

Les inconditionnels de Samuel Beckett, dont je suis, seront comblés par ce volume. Aux autres, on révèlera que derrière le discret génie, tout d’intelligence, de finesse, d’humilité et d’humour, il y avait bien un homme de chair et de sang. Presque un écrivain parmi d’autres qui jugeait sa vie sans intérêt et ne parvenait pas à surmonter l’horreur que lui inspirait l’écoute de sa propre voix enregistrée. Un homme comme un autre. La preuve : le 2 février 1975, dans une lettre à sa plus proche amie Barbara Bray, au milieu de considérations techniques sur ses textes, il écrit : « Mangé une orange ». C’est la seule fois dans l’ensemble de ce volume qu’il s’abandonne à une allusion aussi personnelle et anodine, mais ces trois mots, dans cet ordre-là avec les phrases qui les précèdent et celles qui les suivent, c’est aussi et déjà du Beckett.

Post Scriptum En 1986, dans le cadre d’un grand portrait de lui que je devais écrire à l’occasion de ses 80 ans pour le magazine Lire, je me suis adressé à Samuel Beckett pour lui demander non une interview mais une partie d’échecs car, entre joueurs, il n’est pas de meilleur moyen de connaître l’autre. Il me répondit par retour de courrier (voir sa carte en haut de ce billet) et me fit savoir par son éditeur que, hélas, l’état de ses yeux ne lui permettait plus de jouer autrement que mentalement…

(Photos Passou, D.R., Greg Lancaster et John Minihan)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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1 781 Réponses pour Le jour où Samuel Beckett a mangé une orange

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 23 h 14 min

Paul Edel dit: 3 juin 2018 à 23 h 11 min
À mon avis, il n’y a pas une différence si grande entre Pirandello et Beckett. Ils ressortissent tous deux d’une crise du langage. Crise qui est celle des arts en général, y compris le cinéma avec Godard.

christiane dit: 3 juin 2018 à 23 h 12 min

DHH – 20h54
Vous écrivez : « Certes elle ne demande rien a ses enfants mais elle à leur égard une exigence ,la seule, et elle est pesante ;elle exige qu’ils soient heureux »
Pensez-vous, réellement, que dans leur vie d’adulte, cette exigence peut influencer leur vie ?
Ce besoin qu’ont toutes les mères aimantes, n’incite-t-il pas les enfants à taire les difficultés sentimentales ou intimes qu’ils affrontent dans leur vie ? Je viens de regarder à nouveau, ce soir, ce magnifique film d’Ang Lee : « Garçon d’honneur », tout en finesse et en subtilité. Un fils qui n’ose briser le rêve de ses parents (avoir femme et enfant) et leur dire sa vérité d’homosexuel. Il préfère vivre dans l’imposture plutôt que de les blesser, de les affronter. Les parents débarquent dans un faux ménage à trois… Chacun s’accommodera alors de ce qu’il voit, de ce qu’il comprend.De malentendu en malentendu, les parents finiront par réaliser leur méprise mais leur tendresse l’emportera sur leur rêve à-demi écroulé.
Habile pirouette scénaristique.
Des situations de ce genre ou différentes, des conflits intergénérationnels, le poids des traditions, l’exil, incitent parfois les enfants adultes à organiser des mensonges pour « protéger » le(s) parent(s) aimé(s).
Les parents connaissent-ils vraiment la vie de leurs enfants ? Des évènements imprévus peuvent changer le cours d’une existence…

Paul Edel dit: 3 juin 2018 à 23 h 11 min

Pour être bien clair, je ne comprends pas Beckett.Mais alors rien. En revanche, les personnages tâtonnants, humbles, égarés sur scène, hésitants, simples,ne sachant pas quel est leur rôle, la grise cohorte de l’humanité moyenne qui débarque sur une scène, dans « six personnages en quête d’auteur » de Pirandello (1921) ça me laisse dans une fascination absolue, totale, renouvelée à chaque lecture ou à chaque représentation.. là, le vieux théâtre meurt avec ses conventions. quelque chose d’autre, si inconnu : mon voisin de palier, ce type gris , cette femme, anonyme, que je croise sur un trottoir, tous, ils sont là avec pirandello

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 23 h 10 min

Cela dit, je comprends que tu confondes paranoïa et précision -et même schizophrénie et précision-. Par exemple, lorsque je suis à Paris il est assez rare que je me croie à Kiev.

Hurkhurkhurk!

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 23 h 08 min

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 23 h 04 min
Mais mon pauvre chéri, faut te faire soigner à voir des mensonges partout comme ça. Ce genre de maladie interprétative porte un nom : la paranoïa.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 23 h 06 min

Que les grandes comédies de Beckett soient des réécriture de Proust, entre autres, n’a rien de surprenant pour qui connaît l’histoire littéraire de la comédie. Toute comédie depuis Aristophane est une réécriture, réécriture des tragiques grecs pour Aristophane, réécriture d’Euripide pour Ménandre, réécriture d’Alexis (qui a écrit un Carthaginois) pour Plaute (qui a écrit un Poenolus, Le petit Carthaginois), réécriture de Ménandre pour Térence, réécriture de Térence pour Molière, etc. Beckett n’échappe pas à cette tradition. Il en joue même consciemment et fait des clin d’œil au lecteur pour le faire sourire. C’est un jeu d’amoureux de la littérature.

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 23 h 04 min

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 20 h 50 min
La critique moderne ne cesse de montrer en quoi les pièces de Maeterlinck annoncent à bien des égards la dramaturgie de Beckett. Je n’ai cessé de le rappeler ici au début du fil de commentaires.

L’agrégation, ailleurs, je le savais. Mais pour le fond de l’affaire encore un mensonge. C’est un par jour, désormais, et des plus grossiers, en plus de tes absurdités habituelles.

la vie dans les bois dit: 3 juin 2018 à 23 h 04 min

Dernieres lettres

 » S’y éprouve une souffrance qui ne se reconnaît pas pour telle en une sourde mélopée adressée aux correspondants et qui accompagne le souffle de l’Imaginaire des œuvres télévisuelles et le dernier texte écrit quelques jours avant sa mort en un ultime souffle. La Librairie « Compagnie » (des Editions de Minuit) la publiera en codicille, anniversaire et testament littéraire. Il se termine par un énigmatique « croire » (sans point final). »

http://delarthelvetiquecontemporain.blog.24heures.ch/apps/m/archive/2018/03/10/la-musique-du-presque-silence-samuel-beckett-lettres-iv-865298.html

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 23 h 02 min

Blabla, cause plutôt avec la grosse mouche à bout vaseliné qui t’aime tant. Et laisse-moi tranquille, s’il te plait. On ne peut pas dire plus simplement les choses. Que ta vie littéraire soit un échec retentissant, je n’y suis pour rien, et tu ne remonteras pas le temps. C’est trop tard.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 23 h 01 min

Et je ne t’ai pas attendu pour mettre en relation Maeterlinck et Beckett. C’était au programme de l’agrégation il y a encore quelques années !

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 57 min

Mais mon pauvre chéri, tu n’a jamais pu exister sans moi, depuis des années et des années. Tu me persécutais au point d devoir interdire la publication de mon nom sur la Rdl tellement t’es butté et borné comme c’est pas permis.

Chaque fois que tu poste une bêtise, je fais comme avec les autres, je la conteste. C’est de bonne guerre. Mais tu n’as jamais contesté l’un de mes commentaires sino par des absurdités qui tendent à faire de moi un pion de collège ou je ne sais quell ânerie de ce genre qui tombe dans le vide abyssal de ton pauvre esprit.

Quand tu seras capable d’argumenter pour défendre des idées qui se tiennent, on verra. Mais pour le moment, t’es encore loin du compte, ton chemin de croix reste à gravir. Gravir les pentes comme disait l’autre…

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 22 h 53 min

Il faut bien que je le décolle de mes basques. Je ne peux pas poster une ligne sans l’y voir agrippé.(Trois jours, plus tard, il prétendra que c’est lui qui l’a dit, comme dans le cas de Maeterlinck et du symbolisme). J’en ai fini avec lui mais il ne s’ensuit pas que la réciproque soit vraie.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 51 min

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 22 h 44 min
Oui, je pense qu’il a senti de plus en plus la vanité de ce genre de discours. Et puis, pour lui, il avait fait le tour de la question.

P. comme Paris dit: 3 juin 2018 à 22 h 51 min

« Jazzi dit: 3 juin 2018 à 10 h 28 min »,

Dés tout seul, tu peux faire couple.
Sans compter l’autre main.
Une question de cervelle…

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 50 min

La crise du langage ne date pas de Beckett ni de l’après-guerre. Elle remonte à la fameuse Lettre de Lord Chandos, exprimée par Hugo von Hoffmansthal, en 1902. C’est tout le XXè siècle qui connaît en vérité cette crise du langage, dont nous ne sommes pas encore sortis, quoi que dise le néoréalisme bâtard de notre époque, néoréalisme mentir.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 22 h 46 min

Chassez le naturel…

 » Tu n’as aucun fond qui te soit propre, à part évidemment ton gros Q »

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 22 h 44 min

En ce temps-là, qu’est-ce qu’il parlait, le Beckett ! Par la suite, on la connu moins loquace…

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 43 min

Pat V dit: 3 juin 2018 à 22 h 32 min
Oui, j’ai cité ce texte un peu plus bas. C’est une traduction par Beckett lui-même d’un dialogue fictif avec Duthuit, publié d’abord en anglais dans la revue Transition en 1949.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 39 min

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 22 h 34 min
Tu devrais changer de disque, mon pauvre chaloux. Tu tiens ton discours en boucle depuis des années, qui ne convainc que toi-même. Tu n’es capable au reste que de te parler à toi-même. T’es incapable d’argumenter quoi que ce soit pour exprimer la moindre ptite idée sortie de ton cerveau fêlé à jamais.Tu fais pitié.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 37 min

Le Bram Van Velde que j’aime surtout (même si j’aime tout de lui), c’est sa peinture à partir des années 50-60, où tout se déglingue, où il n’a plus l’ambition de faire de la belle peinture. Là, il devient vraiment un très grand peintre. Avant c’est pas mal bien sûr, mais ça n’a rien à voie avec ce qu’il va peindre à la fin de sa vie. On dit souvent d’ailleurs à juste titre qu’un peintre peint ses plus grandes toiles sur ses vieux jours. La production de Bram le confirme.

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 22 h 34 min

C’est certain, mon pauvre Blabla. Pour une raison toute simple : tu n’as jamais éprouvé le vrai, tu ne connais que le mensonge. Tout ce que tu es se résume en expériences qui n’ont pas été faites, en emprunts, en plagiat, en copier-coller. Tu n’as aucun fond qui te soit propre, à part évidemment ton gros Q que tu sembles avoir le plus grand mal à remuer.

(Où sont tes allusions au symbolisme et à Maeterlinck?)

Pat V dit: 3 juin 2018 à 22 h 32 min

 » En 1949, après Molloy cette fois, Beckett élabore une théorie artistique cohérente de l’ échec qui bien sûr ne l’ enchante plus, lié au malaise issu de la confrontation du sujet et de l’ objet, l’ un sans fin niant l’ autre. Beckett ajoute :
 » J’ estime de BvV est le premier à s’ être départi de cet automatisme esthétisé, le premier à se soumettre entièrement à cette incoercible absence de rapport que lui vaut l’ absence de termes ou, si vous préférez la présence de termes inaccessibles, le premier à admettre qu’ être un artiste est échouer comme nul autre n’ ose échouer, que l’ échec constitue son univers et son refus désertion, arts et métiers, ménage bien tenu, vivre. Je n’ ignore pas qu’ il ne nous manque plus maintenant, pour amener cette horrible affaire à une conclusion acceptable, que de faire de cette soumission, de cette acceptation, de cette fidélité à l’ échec, une nouvelle occasion, un nouveau terme de rapport, et de cet acte impossible et nécessaire un acte expressif, ne serait-ce que de soi-même, de son impossibilité, de sa necessité. Et ne pouvant aller jusque-là je sais que je me place, et avec moi peut-être un innocent, dans une situation peu enviable. Qu’ est-ce en effet que cette surface colorée qui n’ était pas là avant? Je ne sais pas, n’ ayant jamais rien vu de pareil. Cela semble sans rapport avec l’ art, en tout cas si mes souvenirs de l’ art sont exacts.  »
Il voit en BvV un peintre anti-artiste, d’ un genre nouveau, qui surtout ne fait pas de la peinture tout en en faisant, qui est sans rapport avec elle tout en y participant.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 31 min

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 22 h 19 min
Est-ce qu’il parvient à remonter dans les parties les plus reculées du cerveau, là où la sensibilité se forme?
_____________
Pas dans le tien, en tout cas, c’est sûr…! où gisent les âmes mortes.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 28 min

On n’est vraiment pas fait pour se comprendre, mon pauvre chaloux ! C’est aussi bien comme ça. Je me sens à mille années-lumière d’un type comme vous. Nous n’avons rien à partager. Rien.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 27 min

Devant les toiles de Bram Van Velde, on a le sentiment d’être devant la vérité de l’être. Ses toiles sont vraies, elles donnent accès au cœur de la vie profonde où tout est chaos.

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 22 h 20 min

Les lettres à un jeune poète sont pour moi un excellent vomitif. M’étonne pas que certain aime.

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 22 h 19 min

C’est tout de même étonnant qu’un Bram van Velde soit aussi bouleversant. Est-ce qu’il parvient à remonter dans les parties les plus reculées du cerveau, là où la sensibilité se forme?

la vie dans les bois dit: 3 juin 2018 à 22 h 19 min

« Paris, juin 1930. Samuel Beckett loge encore rue d’Ulm dans la turne qu’il occupe depuis deux ans en tant que lecteur d’anglais à l’École Normale Supérieure, et qu’il devra bientôt quitter à la rentrée d’octobre.

Il apprend tardivement, le jour même de la date limite fixée pour le dépôt des textes, qu’un concours pour le meilleur poème de moins de cent vers ayant pour sujet le temps, a été proposé par Richard Aldington et Nancy Cunard qui dirigent à Paris les éditions en langue anglaise Hours Press. En quelques heures, il écrit Whoroscope, poème de quatre-vingt-dix-huit vers sur la vie de Descartes, telle qu’elle fut décrite en 1691 par Adrien Baillet. Il achève ce poème en pleine nuit, va le glisser dans la boîte à lettres de Nancy Cunard avant l’aube, et il remporte le concours. Whoroscope sera publié en septembre 1930 sous la forme d’une plaquette ; c’est la première publication séparée d’une œuvre de Samuel Beckett. Ce poème présente un intérêt plus anecdotique que purement littéraire. On y décèle la hâte de l’écriture, le goût encore estudiantin du jeune homme de vingt-quatre ans, friand de canulars et de calembours, pour un style volontairement obscur et biscornu, son attrait espiègle pour les jeux de mots saugrenus et les parodies cocasses (telle, en 1931, Le Kid, sa parodie du Cid). Cependant on y discerne également la vaste étendue de sa culture, aussi bien scientifique que littéraire et philosophique.
E.F. »

http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Peste_soit_de_l_horoscope_et_autres_po%C3%A8mes-2761-1-1-0-1.html

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 22 h 16 min

@Pat V.
Oui, c’est possible. L’autre texte que je connais sur Bram et son frère Ger est Le monde et le pantalon, édité chez Minuit en 1989. Il a été écrit au début de 1945. C’est peut-être celui-là dont vous parlez.

Je connais un peu seulement l’œuvre de Ger. Mais c’es surtout la peinture de Bram que j’admire avec passion, comme la musique de Ligeti. Il faut lire aussi le petit livre de Charles Juliet qu’il a écrit sur ses rencontres avec lui. Pour moi, c’est aussi beau et profond que les Lettres de Rilke à un jeune poète sur la création.

Pat V dit: 3 juin 2018 à 22 h 15 min

Oui, Duthuit a mis trois ans pour écrire son article sur Bram V. Velde, Putman détaille tout cela…

Pat V dit: 3 juin 2018 à 22 h 11 min

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 21 h 56 min
Ce tableau doit s’ appeler désormais ( son titre de 1975 à été modifié, peut-être pare B.v. Velde lui-même?)  » Montrouge  » et peut être vu au Musée d’ art moderne de la ville de paris ou à Beaubourg.

la vie dans les bois dit: 3 juin 2018 à 22 h 09 min

« Samuel Beckett contribue alors à Transition en traduisant en anglais de nombreux articles, dont certaines études de Georges Duthuit sur Vuillard et sur les Fauvistes, et en donnant dès 1948 trois de ses poèmes. S’il assiste souvent aux discussions du groupe des artistes auxquels se joignent des écrivains, il n’aime guère y prendre directement part. C’est davantage dans une correspondance suivie et au cours de conversations en tête à tête qu’il se livre avec Georges Duthuit à un échange d’idées – parfois conciliables, souvent diamétralement opposées –, sur l’art en général et la peinture en particulier. Georges Duthuit suggère alors que Samuel Beckett évoque la quintessence de leurs conversations dans un article à paraître dans Transition Forty-Nine 5 (décembre 1949).  »

http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Trois_dialogues-1497-1-1-0-1.html

Pat V dit: 3 juin 2018 à 22 h 05 min

Beckett se lance. ( C’ est Putman qui l’ écrit.)
 » Attentif à la querelle du figuratif et du non figuratif qui paralyse ces années-là, il est surtout frappé par la misère qu’ à connu le peintre, pour qui les années d’ occupation furent un cauchemar, et par l’ étrangeté de l’ homme détruit, déchiré au physique comme au moral par les horreur immondes commandées et scandaleuses que certains hommes exercèrent contre d’ autres, avec partout une égale bonne conscience. Confirmé en cela par les propos mêmes de B.v. Velde (  » je peins ma misère « ,  » la peinture c’ est l’ homme devant sa débâcle »), Beckett vo-it dans sa peinture l’ expression même du dégoût, du dénuement existentiel, lié très naturellement au rejet de la belle peinture moderne d’ avant-guerre, bien faite et cousue main et de ses illustres parangons, géniteurs tombés dans un trou qui n’ avaient ni pu éviter les désastres, ni trop mal vécu les années 1940-1944. Beckett voit une peinture en révolte, furieuse et lamentable opposée à toute idée d’ art, une anti-peinture qui vise à tout rejeter, à tout nier, et le souhaite, fait tout pour : la supporter dans sa vraie image, n’ est-ce pas précisément ne plus rien pouvoir accepter d’ autre? Peinture d’ exclusion.  » p.p 36/37.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 22 h 04 min

Ce n’est pas parce que Popaul est hermétique à l’univers de Beckett qu’il doit en dégoûter les autres, WGG !

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 21 h 59 min

« Moi, je remplace volontiers le portrait de Lénine ou de Hitler par un crucifix : c’est déjà plus pacifique. On respire mieux… »

Est-ce qu’il tolère le portrait du Che dans la chambre du jeune-homme en Chaleur, monsieur Onfray ?

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 21 h 56 min

Si ce n’était pas là, c’était une autre fois.

Ce qui st sans doute vrai, c’est que l’œuvre de Beckett est difficile. Comme les Pensées, c’est à la fois facile à lire et difficile à comprendre pour qui ne se sent pas d’emblée d’affinié avec une telle vision du monde. Ce n’a jamais été mon cas, je me suis senti tout de suite de plein pied avec cette œuvre, comme avec Kafka, Pascal, Th. Bernhard. C’est une même famille d’esprit.

J’ai en revanche beaucoup peiné avec Stendhal comme je l’ai déjà dit souvent. Mais Popaul a réussi à m’y faire entrer. Mais c’est une autre famille d’esprit. On voit bien Popaul est réticent à l’égard de Beckett ; il y va mais un peu à reculons. Ça ne lui parl pas immédiatement.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 21 h 56 min

« Elle figurait sur la couverture de son livre au Musée de poche que j’ avais et que j’ ai vendu »

On dirait du Picasso mais en plus rigolo, avec un zeste psychanalytique à la Salvador Dali, Pat V ? Les couleurs sont sublimes !

la vie dans les bois dit: 3 juin 2018 à 21 h 51 min

« Moi, je remplace volontiers le portrait de Lénine ou de Hitler par un crucifix : c’est déjà plus pacifique. On respire mieux… »

Sauf en Bavière.

Mais indeed, voilà un message que j ‘ai entendu l’autre jour à côté d’un baptistere improvisé dans une scene pastorale qui ne manquait pas d’air…

Pat V dit: 3 juin 2018 à 21 h 47 min

Voilà ce qu’écrivait Beckett en décembre 1949

Mais la première tentative sérieuse d’ exégèse de la peinture de Bram van Velde est de 1945, avant la publication de  » Molloy  » et de  » En attendznt Godot « .
Il suffit de consulter le texte de Jacques Putman dans le magnifique catalogue édité par Maeght en 1975 où il est relaté de quelle manière et par quelle problématique Beckett aborda l’ œuvre de Bram van Velde.
Il existe aussi ce tout premier livre paru dans la collection du Musée de Poche vers 1949 ( je crois )de Beckett.
Beckett acheta une  » Huile sur toile 1936 – 1941, une toile à la composition énigmatique que l’ on dit de transition entre le figuratif et l’ abstrait. Elle séduira Beckett qui tiendra à l’ acquérir.
Elle figurait sur la couverture de son livre au Musée de poche que j’ avais et que j’ ai vendu.
http://sur-la-peinture.com/wp-content/uploads/2017/11/bram_peinture-beckett.jpg

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 21 h 24 min

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 20 h 50 min
La critique moderne ne cesse de montrer en quoi les pièces de Maeterlinck annoncent à bien des égards la dramaturgie de Beckett. Je n’ai cessé de le rappeler ici au début du fil de commentaires.

Où, bou.gre de pion myth.omane? Je ne vois aucune allusion dans tes posts ni à Maeterlinck ni au Symbolisme.

(Pardon Rose, JJ et Ed).

DHH dit: 3 juin 2018 à 21 h 23 min

@jazzy
mère-courage? NON pas dans tous les cas
Ressembler à ce portrait n’implique du courage que lorsque des conditions matérielles difficiles font que la mère doit galérer et se priver de tout pour que ses enfants ne manquent de rien

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 21 h 20 min

Michel de Guelderode n’est pas du tout marginalisé. Il est au cœur de l’opéra de Ligeti, Le grand macabre, que j’ai vu d’ailleurs au palais Garnier avec ma mère quand il est passé. Une œuvre géniale comme tout ce qu’écrit Ligeti, qui passe pour un immense compositeur à juste titre. J’ai une passion pour Ligeti.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 21 h 16 min

C’st oublier, mon pauvre chéri, que Beckett a écrit un essai sur Proust ! Les universitaires ont bon dos pour cristaliser ta haine.

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 21 h 11 min

Michel de Ghelderode par exemple me semble très injustement mis de côté. Je n’ai pas lu toutes ses pièces, mais un certain nombre. Il vaut la peine d’être lu.

poussière dit: 3 juin 2018 à 21 h 10 min

une exigence ,la seule, et elle est pesante ;elle exige qu’ils soient heureux

ma mère…

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 21 h 08 min

« Et puis il y a l’autre la vraie le modelé le plus courant , celle qu’on rencontre dans la vie ordinaire , celle qui avec ses enfants, qu’ils soient filles ou garçons, donne sans comptabiliser ce qu’elle reçoit , qui s’oublie pour eux , quitte à se compliquer la vie pour ne pas avoir la moindre contrainte à leur imposer, et qui vit dans le stress d’une appréhension permanente de tout ce qui peut les agresser .
Certes elle ne demande rien a ses enfants mais elle à leur égard une exigence ,la seule, et elle est pesante ;elle exige qu’ils soient heureux »

C’est un autoportrait, DHH-Mère-Courage ?

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 21 h 07 min

Quant au parallèle Proust-Beckett, on ne peut certes guère empêcher certains universitaires de raconter n’importe quoi, ni leur thuriféraires de répéter ce qu’ils ont dit.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 21 h 04 min

Mais c’est que quand vous ne vous insultez pas, Chaloux et WGG, vous tenez des propos forts intéressants. Vous allez finir autour d’un Banquet !

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 21 h 04 min

Qui a parlé de Maeterlinck?

Chaloux dit: 29 mai 2018 à 7 h 45 min
A quoi me fait penser ce que je lis? A un Maeterlinck -ou un Ghelderode- saisi par le minimalisme. Il arrive tard.

J’ajoute que je l’ai lu jeune, presque tout, théâtre et essais, parce qu’il était encore très admiré dans mon entourage immédiat.

la vie dans les bois dit: 3 juin 2018 à 21 h 01 min

« Et puis il y a l’autre la vraie le modelé le plus courant , celle qu’on rencontre dans la vie ordinaire , celle qui avec ses enfants, qu’ils soient filles ou garçons, donne sans comptabiliser ce qu’elle reçoit , qui s’oublie pour eux , quitte à se compliquer la vie pour ne pas avoir la moindre contrainte à leur imposer, et qui vit dans le stress d’une appréhension permanente de tout ce qui peut les agresser  »

Ah ça la mère poule
c’est beaucoup plus repandu que deachach ne le croit.

https://youtu.be/sKwt6bvnmew

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 20 h 57 min

Je critique tes interventions débiles, mon pauvre chéri. C’est le jeu des échanges ici. Si t’es pas content, tu peux aller voir ailleurs si c’est mieux.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 20 h 56 min

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 20 h 39 min
certaines stabilisations (Shakespeare)
_____________

la vacuité de la pensée critique à la Homais.

la vie dans les bois dit: 3 juin 2018 à 20 h 55 min

« que ferais-je sans ce monde sans visage sans questions

où être ne dure qu’un instant où chaque instant

verse dans le vide dans l’oubli d’avoir été

sans cette onde où à la fin

corps et ombre ensemble s’engloutissent

que ferais-je sans ce silence gouffre des murmures

haletant furieux vers le secours vers l’amour

sans ce ciel qui s’élève

sur la poussière de ses lests

que ferais-je je ferais comme hier comme aujourd’hui

regardant par mon hublot si je ne suis pas seul

à errer et à virer loin de toute vie

dans un espace pantin

sans voix parmi les voix

enfermées avec moi »

La traduction dumeme :

« what would I do without this world faceless incurious

where to be lasts but an instant where ebery instant

spills in the void the ignorance of having been

without this wave where in the end

body and shadow together are engulfed

what would I do without this silence where the murmurs die

the pantings the frenzies toward succour towards love

without this sky that soars

above it’s ballast dust

what would I do what I did yesterday and the day before

peering out of my deadlight looking for another

wandering like me eddying far from all the living

in a convulsive space

among the voices voiceless

that throng my hiddenness »
S.B.

DHH dit: 3 juin 2018 à 20 h 54 min

@Pablo @lavande et @Rose
renoncez aux idées recrues qui alimentent ces blagues clouant au pilori les mères ju .. ives
Car la vraie mere ju…ive ce n’est pas ce personnage caricatural ,produit de la psychanalyse de bazar ,qui existe essentiellement dans les blagues du genre « mon fils m’aime tellement qu’il dépense beaucoup d’argent pour rencontrer trois fois par semaine une personne à qui il parle de moi ».
Cette mère mythifiée considère son fils comme le centre du monde,elle est possessive,castratrice, elle porte une haine rentrée à sa belle-fille, elle aime se plaindre pour occuper l’esprit de son fils et évidemment si elle a aussi des filles, c’est comme si elles n’existaient pas
Et puis il y a l’autre la vraie le modelé le plus courant , celle qu’on rencontre dans la vie ordinaire , celle qui avec ses enfants, qu’ils soient filles ou garçons, donne sans comptabiliser ce qu’elle reçoit , qui s’oublie pour eux , quitte à se compliquer la vie pour ne pas avoir la moindre contrainte à leur imposer, et qui vit dans le stress d’une appréhension permanente de tout ce qui peut les agresser .
Certes elle ne demande rien a ses enfants mais elle à leur égard une exigence ,la seule, et elle est pesante ;elle exige qu’ils soient heureux
je crois avoir posté ici un jour un petit apologue souvent raconté dans ma famille qui résume admirablement ce genre de mère

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 20 h 54 min

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 20 h 29 min
Qui peut le dire?
___________________

Certainement pas chaloux qui ne comprend rien à Beckett ni au théâtre d’avant-garde des années 50 et de la crise du langage dont il procède.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 20 h 51 min

Pas besoin de chambre à gaz, Jean. Une petite guerre civile par ici, une autre, là et là. On appelle ça du nettoyage ethnique !

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 20 h 50 min

La critique moderne ne cesse de montrer en quoi les pièces de Maeterlinck annoncent à bien des égards la dramaturgie de Beckett. Je n’ai cessé de le rappeler ici au début du fil de commentaires.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 20 h 48 min

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 20 h 29 min
C’est une règle à laquelle rien n’échappe. Beckett est un symboliste sans symbolisme, bien plus rattaché à ce qui s’est fait avant lui qu’on ne le dit.
_________
C’est une méconnaissance grossière. Alfred Simon comme l Cahier de l’Herne consacré à Beckett n’ont cessé de le mettre en avant. Ainsi par exemple M.S. Frankel, qui rapproche la fin du Temps retrouvé de Proust avec Beckett dans un article « Beckett et Proust, le triomphe de la parole. », L’Herne n°31.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 20 h 40 min

Voilà ce qu’écrivait Beckett en décembre 1949 pour la revue Transition, et publié seulement en 1998 chez Minuit au sujet de la peinture de Bram Van Velde :

« Je crois qu’il est le premier à accepter une certaine situation et à consentir à un certain acte. (…) La situation est celle de l’homme sans pouvoir qui ne peut agir, en l’occurrence ne peut peindre, alors qu’il est obligé de peindre. L’acte est celui de l’homme qui, sans pouvoir, incapable d’agir, cependant agit, en l’occurrence peint, parce qu’il est obligé de peindre. (…) Il est incapable de peindre parce qu’il n’y a pas de quoi peindre, ni avec quoi. (…) Parmi ceux que nous appelons les grands artistes, je n’en vois aucun dont les possibilités d’expression, les siennes propres, celles de son art, celles de l’humanité, ne soient la préoccupation dominante. Le domaine du créateur est le domaine du faisable — c’est sur ce postulat que toute peinture repose. Le beaucoup à exprimer, le peu à exprimer, le pouvoir d’exprimer beaucoup, le pouvoir d’exprimer peu, se confondent dans un seul et même souci, clui d’exprimer autant que possible, ou aussi véridiquement qu possible, ou aussi bellement que possible, selon ses moyens. (…) D’autres ont senti que l’art n’est pas nécessairement expression. (…) En Bram Van Velde j’aime à voir le premier dont la peinture soit dépourvue, libérée si vous préférez, de toute occasion*, tant idéale que matérielle, le premier dont les mains ne soient pas liées par la certitude qu’exprimer est un acte impossible. (…) L’histoire de la peinture — nous y revoilà — est l’histoire de ses tentatives d’échapper à ce sentiment d’échec au moyen de rapports plus authentiques, plus larges, moins exclusifs entre clui qui figure et ce qui est figuré, en une sorte de tropisme vers une lumière sur la nature de laquelle les opinions les plus éclairées continuent à différer, et avec une espèce de terreur pythagoricienne, comme si l’irrationalité de π était un outrage à la divinité, sans parler de sa créature. » (1947)
___________________

On voit que l’écriture de Beckett a de très grandes connivences avec la peinture de Bram dont il parle ici comme s’il évoquait son art d’écrivain.

* Occasion : l’ensemble d’antécédents dont le tableau se vut le conséquent.

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 20 h 39 min

D’ailleurs, je me demande si la résurgence des Maurras, des Rebatet et d’autres n’est pas le signe que cette ère de tri est commencée. On va d’abord aux plus scandaleux, comme il se doit, mais d’autres écrivains, moins compromis, plus neutres, suivront certainement. On verra alors qui, parmi les écrivains du second XXe siècle surnage et qui disparait, peut-être même pas définitivement. On sait comme certaines stabilisations (Shakespeare) peuvent s’étaler sur des siècles.

Delaporte dit: 3 juin 2018 à 20 h 39 min

Dans son intervention hallucinée et hallucinante, Christine Angot a eu l’air de défendre le fait qu’on puisse avoir chez soi un portrait de Lénine, pour de doux motifs idéologiques… On ne savait pas Christine aussi marquée politiquement.

Chaloux dit: 3 juin 2018 à 20 h 29 min

Même ce qui prétend ou est réputé être hors tradition finit toujours par être bu ou noyé par la tradition même. C’est une règle à laquelle rien n’échappe. Beckett est un symboliste sans symbolisme, bien plus rattaché à ce qui s’est fait avant lui qu’on ne le dit. Le théâtre symboliste est d’ailleurs déjà une expérimentation. De plus, la mise en place de sa notoriété internationale s’est faite à une époque qui s’imaginait être en rupture, mais qui fut quoi, hors une ère de suprême bavardage? Surtout l’ère de Gaulle, puis Pompidou, puis Giscard… On comprend que pour des gens d’un certain âge, nés jusque dans les années cinquante, il n’y ait pas de remise en cause possible du dogme selon lequel Beckett sortirait du lot. Pour les générations suivantes, il y aura forcément réévaluation de son importance et de sa place. Cela me rappelle je ne sais pourquoi une mésaventure arrivée à Léon Daudet. Sa première lecture de Peints par eux-mêmes de Paul Hervieu lui fait croire que ce livre est l’équivalent des Liaisons Dangereuses. Il le relit vingt ans plus tard, probablement -il faudrait vérifier- de l’autre côté du fossé de 14-18, pour s’apercevoir que ce romanticule n’est en fait qu’une daube sans nom (je l’ai lu, pour essayer de comprendre comment Daudet avait pu être victime d’une hallucination de ce tonnage. Mais impossible, le piège dans lequel il était tombé a disparu corps et biens. On n’y voit plus que le navet). Qu’arrivera-t-il à Beckett – et à tant d’autres- dans les vingt ans qui viennent, par-delà le fossé béant placé devant nous? Qui peut le dire?

Delaporte dit: 3 juin 2018 à 20 h 26 min

Moi, je remplace volontiers le portrait de Lénine ou de Hitler par un crucifix : c’est déjà plus pacifique. On respire mieux…

Delaporte dit: 3 juin 2018 à 20 h 25 min

A-t-on le droit d’avoir chez soi un portrait de Lénine ? Autrement dit le portrait de l’un des plus grands criminels de l’histoire ? Telle était la question posée par Onfray hier soir :

« Hier, dans On n’est pas couché, Michel Onfray s’en était pris longuement au couple formé par Raquel Garrido et Alexis Corbière. En cause un portrait de Lénine que la chroniqueuse de Thierry Ardisson et son compagnon possèdent. »

Pablo75 dit: 3 juin 2018 à 20 h 04 min

@ Lavande & Rose

Vous devez connaître la blague juive de la mère qui appelle l’aéroport:

– Aéroport de Roissy, bonjour
– Bonjour monsieur, je vous appelle pour savoir à quelle heure arrive mon fils.

Pablo75 dit: 3 juin 2018 à 19 h 59 min

« Beckett à propos de son passage au français comme langue d’écriture après la seconde Guerre mondiale: « en français, il est plus facile d’écrire sans style » (Cahiers de L’Herne). »
Bloom dit: 3 juin 2018 à 9 h 44 min

Une grande vérité que seuls peuvent comprendre les étrangers venant de pays qui ont une grande langue « bordélique » et qui écrivent en français. Je ne sais pas en anglais, langue que je ne fais que lire (et mal), mais en espagnol c’est presque impossible d’écrire littérairement de façon « neutre », alors qu’en français c’est facile.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 18 h 56 min

ce qui élargit la palette des activités qu’il propose.
________
Un formule qui ne manque pas de sel…!

DHH dit: 3 juin 2018 à 18 h 38 min

@berenice
la question que vous posez releve non de la grammaire mais duvocabulaire et je n’ai aucune competence particuliere
si vous voulez en avoir le cœur net allez voir dans le thesaurus si en français ce verbe s’emploie exclusivement en cas de plaisir solitaire ce qui impose la forme réfléchie puisque le sujet du verbe est aussi l’objet de l’action
sinon c’est un verbe transitif comme les autres, qui peut être réfléchi ou pas ce qui élargit la palette des activités qu’il propose.

DHH dit: 3 juin 2018 à 18 h 17 min

@jean
je trouve que le jeu que vous jouez est d’un goût douteux
mais si vos propos méritaient d’être relevés et de susciter une réponse on pourrait vous dire que votre idée n’est même pas originale ;elle a fait la matière d’un film:Soleil vert où l’idée est encore enrichie par le recyclage dans l’économie du produit de cette élimination . .

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 18 h 11 min

Mais on trouve une telle crise du langage chez bien d’autres dramaturges, comme Jean Tardieu, Audiberti par exemple.

L’originalité de Beckett dans cette avant-garde théâtrale, c’est de tirer de la crise du langage un théâtre qui lui est spécifique. Les personnages de Beckett en sont suspendus au presque rien entre la vie et la mort et en même temps constatent que le silence est impossible en dépit du fait que les mots sont en roue libre et ne savent plus ce qu’ils veulent dire. Les personnages beckettiens sont les inextinguibles romanciers d’eux-mêmes sans même qu’ils sachent à quoi correspond leur moi. Ses personnages buttent contre un miroir qu’ils ne sauraient franchir mais derrière lequel ils donnent à entendre malgré eux le langage de l’origine d’un verbe primordial qui viendrait dire la vérité des choses et du monde. C’est en cela qu’ils sont bouleversants.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 17 h 58 min

L’ordre de la représentation est mis à mal chez Beckett; il n’est plus l’ordre de la mimesis aristotélicienne.

La mimesis bourgeoise, conformémement à la poétique aristotélicienne, subordonne non seulement les personnages aux actions de l’intrigue, mais aussi les dialogues aux caractères des personnages, à leurs passions. Elle présuppose une assurance que les mots sont adéquats à ce qu’ils désignent, que les liens que tissent les mots et les choses ne sont pas en crise.

Cet ordre de la représentation domine encore largement la scène française jusqu’en 1950. C’est ce que vont mettre en questions les dramaturges de l’avant-garde à partir des années 1950. Cette crise de la représentation est d’abord et avant tout une crise du langage. C’est à Ionesco qu’il incombe d’avoir mis à bas les conventions du théâtre bourgeois. Beckett se joue aussi de ces mises en déroute des proverbes par exemple; Estragon dit ainsi : « D’un autre côté, on ferait bien de battre le fer avant qu’il ne soit glacé », prenant à rebours le mot du proverbe.

JC..... dit: 3 juin 2018 à 17 h 57 min

Bloom enfile des perles, mains tremblantes, qui ne sont de fait que des boutons de braguettes militaires…

Bloom dit: 3 juin 2018 à 17 h 42 min

Possibilité de réponse, Bérénice – à faire de la littérature

Conçu il y a plus d’un siècle pour abriter une maison de fous, l’endroit est devenu une prison, puis, bien plus tard, un asile d’aliénés. Les plus anciens internés appellent encore le bâtiment central « la maison des fous », et parfois, quand le brouillard descend des Montagnes noires, l’établissement semble tout droit sorti d’un roman gothique. Les murs gris-rouge s’élèvent sur quatre étages pour se terminer en pignons surmontés de toits en ardoise, où se dressent les deux cheminées de la blanchisserie avec leurs tuyaux cylindriques et polygonaux cerclés de fer qui crachent de la fumée comme si c’était Auschwitz. Le long de la façade, les fenêtres en ogives sont recouvertes d’un maillage en fer. La nuit, elles se transforment en une suite de carreaux de lumière tamisée dont les teintes variées évoquent des vitraux qu’illuminerait le chœur d’une cathédrale désanctifiée.

L’été, en revanche, les jardins clos fleurissent d’une beauté sombre. On y trouve de beaux arbres isolés : des cèdres, des ifs et des saules. Des galeries en verre longent la façade sud du bâtiment – c’est là que les internés s’asseyent, comme pour y murir au soleil. Quelques pavillons sont dispersés sur la pelouse. Des salles situées dans les étages supérieurs, on aperçoit une route au-delà des murs extérieurs, ainsi qu’un village dans un creux entre les collines. Rien d’autre. L’hôpital est indépendant. Il est comme une usine qui n’aurait d’autre fonction que de s’auto-perpétuer – car quasiment personne n’en sort.

J’y suis venu pour la première fois il y a des années pour y travailler comme volontaire intermittent. On se fait au lieu, bien entendu, mais parfois, encore maintenant, celui-ci m’inspire une certaine tristesse, une certaine horreur. Le pire, ce sont les couloirs – recouverts de carreaux vert et chamois, ils semblent indestructibles. On peut y marcher des heures durant. Les passages sont éclairés d’en haut par des voutes en verre dépoli ou des globes électriques qui paraissent ne diffuser qu’une lueur obscure. On passe devant des portes verrouillées où il est marqué « pharmacie », « ustensiles de cuisine », « morgue », et derrière lesquelles l’on entrevoit parfois d’étroites cours goudronnées remplies d’ordures, où des tuyaux calorifugés noirs courent le long des murs. L’hiver, des convecteurs suspendus au plafond pulsent un air chaud qui donne le vertige et des enceintes installées dans les angles des passages diffusent une musique apaisante. Les couloirs résonnent des cris et des grommellements des patients qui ne se parlent pas entre eux, mais s’entretiennent avec les voix du passé. Ils déambulent dans ce labyrinthe en gesticulant et en répondant à d’inaudibles questions. Comme si ici n’existait rien d’autre que des souvenirs, y compris parfois les souvenirs de choses qui n’ont jamais existé. Il n’y a ici pas de véritable présent, et pas d’avenir. Il n’y a que du passé. Des murmures et des rires. La plupart d’entre sont âgés maintenant – enfin, si l’on peut parler d’eux. Car rien en eux ne vit réellement sinon ce qui est mort depuis longtemps. Pour la majorité d’entre eux, même la peur, dignité dernière, s’est estompée. Le passé n’a laissé que ces coquilles vides et ces jacassements. Avec ses cellules grises et ces couloirs, l’établissement fait penser à un cerveau démesuré et éclaté, dans lequel chaque interné errant n’est qu’une trace mnésique.

Bérénice dit: 3 juin 2018 à 17 h 34 min

Jean, d’un autre côté je me demande à quoi peut servir de vivre privé de plaisir, de communication, dans un état végétatif qui n’intéresse souvent pas même les proches.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 17 h 30 min

J’avais à disserter jadis, quand j’ai préparé le CAPES sur ces propos de Robert Abirached, dans son introduction à La crise du personnage dans le théâtre moderne, qui est un incontournable pour comprendre le théâtre de Beckett :

« Le théâtre se définit par la relation triangulaire qu’il met en œuvre entre le personnage, l’acteur et le spectateur, de l’imaginaire à son inscription dans l’espace charnel de la scène, du champ de la mémoire collective à l’empire des signes, le chemin passe par la médiation du comédien, pris en charge à son tour par l’ordre général de la représentation : c’est là que le triangle se referme et que trouve son sens le cérémonial complexe du jeu. À la scène seulement, le personnage rencontre sa matérialité, le signe sa signification et la parole son destinataire. »

À vos plumes, vous avez six heures.

Bérénice dit: 3 juin 2018 à 17 h 30 min

Delaporte , Israël est en dehors de sa propre politique un bastion des USA un peu comme la Corée du Sud séparée du nord constitue un point stratégique d’occupation justifiée d’un territoire. Pourquoi Poutine s’est il emparée de la Crimée et pourquoi continue t on de soutenir en Assad si ce n’est pour garantir une hégémonie contre un islam dangereux qui risquerait à terme d’incendier le reste du monde. Il est vrai que sur l’échelle de la Shoah ou d’autres guerres et révolutions qui ont été plus coûteuses en nombre de vies ,1/2millions de syriens en moins ne font pas peur.
Comme le faisait remarquer jazzi tout ceci est très compliqué.

Jean dit: 3 juin 2018 à 17 h 21 min

Convenons par exemple que, si chaque EHPAD en France disposait d’une chambre à gaz destinée à liquider régulièrement les pensionnaires les plus déliquescents, le budget de la santé ne s’en trouerait que mieux. (moi)

Et je ne parle pas des pavillons des cancéreux.

Bien entendu, il ne s’agirait pas d’éliminer tout le monde. Il conviendrait de sélectionner les élus au cas par cas.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 17 h 17 min

Tu perds ton temps et tes faibles forces pour écrire des commentaires aussi longs pour ne rien dire.

Jean dit: 3 juin 2018 à 17 h 15 min

Les avantages d’une réhabilitation de la chambre à gaz sont légion. Convenons par exemple que, si chaque EHPAD en France disposait d’une chambre à gaz destinée à liquider régulièrement les pensionnaires les plus déliquescents, le budget de la santé ne s’en trouerait que mieux.

Jean dit: 3 juin 2018 à 17 h 05 min

notre culture de la chambre à gaz, qui a fait largement ses preuves, y pourvoirait sans doute. (moi)

Elle n’y pourvoirait malheureusement pas, vu que notre culture a raté l’occasion d’être une authentique culture de la chambre à gaz. Et l’on sait qui sont les responsables de cette tragique occasion ratée : les nazis. Leur choix imbécile d’envoyer à la chambre à gaz des millions de Juifs n’a pas seulement privé l’Europe des capacités de gens qui, depuis plusieurs siècles, avaient fait la preuve de leur aptitude à s’assimiler à la culture européenne, et de façon brillante. Résultat : l’Allemagne nazie s’est privée et a privé l’Europe des talents de l’envergure de ceux d’un Einstein, d’un Oppenheimer et de bien d’autres. Mais elle a jeté aussi un durable discrédit sur une des inventions techniques les plus remarquables du XXe siècle et les plus porteuses de progrès : la chambre à gaz. A une époque où nous prenons la mesure des dégâts et des dangers provoqués par l’afflux de migrants — tourbe essentiellement venue d’Afrique, inassimilable dans sa grande majorité — nous voyons à l’évidence combien une organisation rationalisée d’un parc de chambres à gaz serait indispensable à la protection de notre culture. L’Allemagne nazie aurait été mieux inspirée de pratiquer avant l’heure la politique des Etat-Unis et de l’Europe d’après 45 : favoriser par des moyens puissants la formation d’un foyer national Juif en Palestine. On voit bien aujourd’hui que l’Etat d’Israël est le bastion avancé de la culture européenne au sein du monde musulman. Je lisais récemment avec satisfaction un article de Zeev Sternhell constatant la proximité de la politique des Netanyahou et consorts avec les objectifs et les méthodes du nazisme. Rien de mieux ! Qu’est-ce, en effet, dans sa meilleure acception, que le nazisme ? C’est la volonté d’assurer, par tous les moyens, la suprématie d’une culture supérieure. Or la chambre à gaz est un incomparable moyen au service de cette fin. Notre culture éprise d’un humanisme de tinette et d’un « idéal » démocratique d’urinoir est aux antipodes de cet idéal. La violence la plus radicale, dirigée contre les groupes qui constituent un danger pour la suprématie de notre culture, est absolument légitime. La bêtise nazie, qui retourna cette violence contre un des groupes qui incarnaient au contraire de la façon la plus remarquable notre supériorité culturelle, est un contresens historique tragique dont nous n’avons pas fini de mesurer les effets néfastes. Vive les Juifs ! Vive la chambre à gaz !

Bérénice dit: 3 juin 2018 à 16 h 18 min

9h10dhh. Moi non , je ne suis pas confuse d’ailleurs en remontant j’ai retrouvé la chanson à laquelle il était fait allusion. Aucune méprise.Mais merci de votre sollicitude et pour vos explications qui ne recoupent pas celles que la logique du fil offrait à ma compréhension. Diver-s-ions.

Jean dit: 3 juin 2018 à 16 h 15 min

Mon commentaire n’avait rien de sublime, je vous assure, rien que de banal et d’évidence (Widergänger)

Mais si, mais si. Pas de fausse modestie.

Jean dit: 3 juin 2018 à 16 h 14 min

Personnellement je pense que notre culture est suffisamment forte pour supporter ce choc ; la culture islamique n’arrivera jamais à s’implanter en Europe (Widergänger)

Je ne le pense pas non plus. Du reste, si le risque s’aggravait, notre culture de la chambre à gaz, qui a fait largement ses preuves, y pourvoirait sans doute.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 15 h 41 min

Mais « population de remplacment » n veut pas forcément dire « grand remplacement », au sens qu’une culture arabe-islamique viendrait remplacer notre culture judéo-chrétienne. Tout dépend de la puissance assimilatrice de notre culture.

Personnellement je pense que notre culture est suffisamment forte pour supporter ce choc ; la culture islamique n’arrivera jamais à s’implanter en Europe ; elle est elle-même en crise et est trop contraire à nos valeurs pour pouvoir s’imposer durablement. Il y aura peut-être quelques surchauffes, mais c’est tout. Ce sera simplement une culture minoritaire à l’intérieur de l’Europe.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 15 h 27 min

Pour analyser une œuvre, comprendre vraiment un œuvre littéraire, il faut d’abord la sentir avec son cœur, son intuition, sa sensibilité. Si on ne sent rien, on ne comprendra jamais rien, même avec les explications les plus savantes et les plus pertinentes. Il faut d’abord sentir la beauté d’un texte. Et ne pas partir de ses préjugés hostiles comme le font les Pablo75 et autres vaniteux. Les textes que l’école et la vulgate a sélectionné sont forcément de bons textes qui méritent toute notre attention. Tenir des discours délirants sur Beckett et Ionesco comme le fait un Pablo75, c’est inadmissible.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 15 h 19 min

Mon commentaire n’avait rien de sublime, je vous assure, rien que de banal et d’évidence. Je pourrais vous fournir un commentaire sublime sur un extrait de Beckett, que j’avais fait en préparant l’oral du concours, et qui avait fait l’admiration du prof et de tous mes collègues. Mais ce srait trop long ici et l’objet des sarcasmes de tous les bœufs du blog. Ne perdons pas notre temps en vaines querelles.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 15 h 15 min

radio.. dit: 3 juin 2018 à 14 h 39 min
Mais dits-vous bien que je ne dispose pas non plus d’un montagne d’exégèse. Nulle n’en est besoin pour analyser le début de la pièce tel que je l’ai fait. Il suffit d’être intelligent, de savoir deux ou trois trucs fondamentaux sur Aristote et comment fonctionne une pièce de théâtre. Rien n’est plus excitant que d’analyser le fonctionnement d’une œuvre. L’érudition, ça ne devrait venir qu’après. Comme la cerise sur le gâteau pour affiner ce qu’on a déjà compris. Sinon l’érudition ne sert qu’à devnir idiot. Ce que je vous ai proposé, c’est de la lecture pure et dure, brut de décoffrage, sans érudition à part Aristote qu’il est indispensable de connaître ici.

Bloom dit: 3 juin 2018 à 14 h 50 min

Les progrès des traducteurs automatiques ces dernières années, ont été époustouflants.

C’est un exercice bien connu des étudiants=traduisez la traduction Google.
Un click gauche jamais n’abolira le traducteur/la traductrice.
Sous le signe de Poe et de Coindreau.

radio.. dit: 3 juin 2018 à 14 h 39 min

Wgg, si si, vous êtes un génie, un génie autoproclamé même (mon AVS me l’a lu dans le présent blog, en tant qu’analphabète j’ai recours à ses services pour cela comme pour écrire ces lignes). Je n’ai forcément jamais lu Beckett (mon AVS s’y refuse) mais je l’ai pas mal entendu au théâtre. Je n’ai pas votre chance de pouvoir sonder les reins d’un auteur dans une montagne d’exégèses, ces « épaisseurs » comme dirait Duras, pour ensuite produire un bilan définitif, indépassable, irréfutable, sublime, « forcément sublime ».

Pat V dit: 3 juin 2018 à 14 h 38 min

J’ arrive de marche lorsque Christiane y va…
Magnifiques paysages peints par un célèbre post-impressionniste français.
Mais je n’ expliquerai pas son œuvre à l’ aune de ma toute personnelle pérégrination matutinale. Bien que ses tableaux les plus fameux esthétiquement parlant représente ce coin de terre…
La réflexion de x est plus que pertinente, excellente même, celle de radio aussi quoiqu’il déplace un peu le problème.
Et je les remercie d’ éclairer ce débat hors Beckett, ( je m’ en excuse auprès de P. Assouline ) qui tourne en rond.
Christiane aime les herbes sauvages et les papillons ( moi aussi d’ ailleurs, ce matin même ), elle y butine son miel, bref que la récolte soit bonne! 😉
Je ne polémiquerai pas avec elle mais la liberté reste à chacun d’ interpréter et d’ analyser ses assertions sur ce blog. A moins qu’ elle se prenne pour pour la messagère de la parole absolue.
Comme de décrire une œuvre en une formule du style :  » Toute la science de l’ombre et de la lumière dans ce « Bœuf écorché » de Rembrandt. La mort dans la chair, rougeoyant comme dans la pâte picturale de Soutine ou dans les corps d’urgence, séparés de Bacon, doutant des choses du visible. »
…bref, on a tout dit…et rien dit du tout!
Non, toute la science de l’ ombre ne se résume pas QUE chez Rembrandt…etc…etc…

vedo dit: 3 juin 2018 à 14 h 31 min

10h50
Traduction automatique de Google Translate:
 »
La vie n’est qu’une ombre, un pauvre joueur
Cela se pavane et frette son heure sur la scène
Et puis n’est plus entendu. C’est un conte
Raconté par un idiot, plein de son et de fureur,
Rien ne signifiant
 »
Pas si mal, et on peut corriger facilement les erreurs. Et aussi « conte ».
Tout à fait d’accord avec 10h55.
Les progrès des traducteurs automatiques ces dernières années, ont été époustouflants.

Santangelo Giovanni dit: 3 juin 2018 à 14 h 18 min


…les romans de dialectes,…
…mon, prof. d’anglais,…du milieu, des années soixante,…nous disait,…
…que même, en Angleterre, il existait, de multiple, dialectes régionaux,…
…bonjours, le tourisme,…et ses mesures, et poids,…Histoire d’Ö Clock,!…etc,…
…Ah,!Ah,!…pilleurs de jeunes,…

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 14 h 16 min

Je ne suis pas un génie, je fais simplement un commentaire de son œuvre qui ressortit de l’usage de ma raison. Mais vous n’en êtes même pas là. Et vous prétendez lire Beckett…! Dites que vous n’y comprenez rien, ce sera au moins plus honnête.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 14 h 16 min

Les héritiers irlandais sont terribles, Bloom ! Mon pauvre confrère, qui avait rédigé « Le goût de Dublin », s’était vu rétorquer tous les extraits de Joyce, avant que ses droits ne tombent dans le domaine public en 2012, par son héritier, Stefen Joyce, le petit-fils du grand James. J’en ai eu des sueurs froides. Moi, dans un tel cas, je me serais effondré. Peut-on imaginer une anthologie sur Dublin sans Joyce !

Bérénice dit: 3 juin 2018 à 14 h 14 min

Ed dans la colonne pénitencier, les protagonistes possèdent un profil plutôt marqué, dans le Château on ne peut pas non plus vous approuver bien sur les figurants inaccessibles et pourtant puissants se dérobent à nos imaginations.

Ed dit: 3 juin 2018 à 14 h 13 min

Radio,

Enfin quelqu’un qui a compris. Quand plus personne ne répondra à ses pâtés ou à ses insultes, il prendra ses clics ses claques et son clic-clac.

Ed dit: 3 juin 2018 à 14 h 11 min

Là-dessus il n’y a pas à s’inquiéter, je ne saute jamais de passage ni ne lis en diagonale. Je me demande comment font certains. Non vraiment. Jamais.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 14 h 08 min

C’est la récompense, qu’il faut mériter en lisant soigneusement, sans sauter une ligne, Ed !

radio.. dit: 3 juin 2018 à 14 h 04 min

Faute d’adversaire, Wgg me voit en putching ball de substitution. C’est trop d’honneur, monseigneur ! Cela dit, aucune envie de ma part de m’aller exhiber sur votre ring belliqueux, pas même pour une joute épistolaire. Je ne comprends d’ailleurs pas que suite à votre diagnostic, me concernant, de débilité mentale vous poussiez l’héroïsme jusqu’à vous adresser à moi. Recevez, o génie des arts et lettres, l’expression de mon humble quoique lucide admiration.

Bloom dit: 3 juin 2018 à 14 h 04 min

Mais enfin ce blog si DHH me donne raison en plus d’ouvrir le champ des possibles pourrait être perçu comme une vaste entreprise à but non lucratif masturbatoire.

Pourquoi non lucratif? On pourrait imaginer un trafic de fluides plus ou moins inspirés/rants, non?

Ed dit: 3 juin 2018 à 14 h 03 min

C’est le cas dans absolument tous les romans de Kafka. Des héros sans histoire, sans physique et sans personnalité caractérisée qui font face à l’absurde et à l’humiliation.

Bérénice dit: 3 juin 2018 à 14 h 03 min

Jazzi, nous serions tous coupables cependant sa courte carrière de juriste donne l’ironie à l’égard du systeme judiciaire tel qu’il le montre.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 14 h 02 min

Patience, Ed, et prenez votre temps. A la fin, vous entendrez parler à nouveau des deux poupées disparues au fond de la cave…

Bloom dit: 3 juin 2018 à 14 h 01 min

Baroz, lors du plus grand colloque Beckett jusqu’à ce jour, organisé en janvier 2003 par l’Université de Western Sydney (100 intervenants), le neveu Beckett, fughing Edward B., a tenu à assister aux répétitions du Waiting for Godot monté pour l’occasion occasion & qu’il aurait pu faire interdire s’il l’avait jugé contraire à « l’esprit » de la pièce…(Not so) Big Nephew is Watching You !
Il n’y avait que deux spécialistes français (c’est un peu loin, Sydney), invités par le poste: Bruno Clément, dont j’ai déjà parlé & Yann Mevel, qui organisa ensuite le colloque de Cerisy sur Samuel B. en 2005. Présence modeste mais de très haut niveau.

Bérénice dit: 3 juin 2018 à 14 h 00 min

Lavande 11h10. Rencontré le même problème en Grèce dans les bus quoique mon ignorance soit totale à l’écrit comme à l’oral dans cette langue, la seule chose à l’époque dont nous pouvions être assurés est qu’il était souvent question d’argent, le drachme en cours alors nous servait de repère. Pour l’Orient c’est encore plus compliqué sauf quand ils parlent anglais et si l’on omet l’accent , de fait privés de la langue du pays nous en sommes réduits trop souvent à ne pouvoir converser qu’avec les touristes , ce qui est dommageable et bien sûr le spectacle des rues renseigné beaucoup sur la condition des gens du pays.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 13 h 58 min

« Kafka examine les protagonistes de ses romans d’une façon toute particulière, comme on peut le constater clairement dans «le Procès» : il ne dit pas un mot de l’aspect physique de K. ; pas un mot de sa vie avant les événements du roman ; même de son nom, il ne nous laisse connaître qu’une seule lettre. En revanche, dès le premier paragraphe et jusqu’à la fin du livre, il se concentre sur sa situation : sur la situation de son existence. »
Milan Kundera

Exit le roman de personnages de fiction et bonjour l’auto fiction !

christiane dit: 3 juin 2018 à 13 h 56 min

Radio,
ce qu’ils ne prennent pas en compte (x et Pat V.) c’est la profondeur qui est derrière ces échanges qu’ils jugent superficiels, car ces bretteurs ont été souvent autres, magnifiquement. Saisir cette profondeur c’est cela qui leur est difficile, voire impossible. Ils prennent ces échanges superficiellement. Or, les problèmes de la vie sont insolubles, superficiellement. Il faut tenter de les résoudre en profondeur. Se sont-ils interrogés sur ces dérapages du langage, sur cette lutte saisissant l’insulte pour détruire l’autre ?
Voir quelque chose sous la surface. Même travail face à une œuvre d’art.
Cette prétention à décrypter mes pensées selon leurs propres critères est insupportable. Il faut toute une vie pour construire sa pensée, c’est une spirale refaisant obsessionnellement le retour aux mêmes thèmes, ressassant les mêmes pensées, tournant autour d’un noyau central d’une recherche unique qui est l’énigme. Comment exprimer ici quelque chose de plus vrai que ce que l’on est sans pour autant appartenir au goût de l’autre ?
On comprend que Thoreau, devenu méfiant à l’égard des autres hommes, soit devenu l’homme retiré dans une cabane ou que Musil, désabusé et laconique, ait écrit L’Homme sans qualités.
Mettre en résonance les corps à corps de ces trois artistes avec leurs toiles et ces chaos des batailles, ici, c’est une conjoncture, une possibilité du langage qui se cherche, une effraction et pas un « Tout vaut tout » ou une « consommation » mal digérée de l’art.
Toute la science de l’ombre et de la lumière dans ce « Bœuf écorché » de Rembrandt. La mort dans la chair, rougeoyant comme dans la pâte picturale de Soutine ou dans les corps d’urgence, séparés de Bacon, doutant des choses du visible.
Comment endurer le temps en ce fleuve de paroles qui s’enfle de façon inquiétante ? Marcher ? C’est ce que je vais faire…

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 13 h 53 min

« Dans le cas du «Procès», il s’agit de la situation de celui qui est accusé. Cette accusation se présente d’abord d’une façon plutôt drôle: deux messieurs tout à fait ordinaires arrivent le matin chez K., qui est encore au lit, pour lui faire savoir, pendant une conversation plutôt agréable, qu’il est accusé et qu’il doit s’attendre à ce que l’examen de son cas s’étende sur une très longue période. La conversation est aussi absurde que drôle. D’ailleurs, quand Kafka a lu ce chapitre pour la première fois à ses amis, ils ont tous ri. »
Milan Kundera

Ils avaient dû reconnaitre, sous le coupable K., Kafka tel qu’en lui-même !

Bérénice dit: 3 juin 2018 à 13 h 46 min

Bloom 7h40 un point de détail mais si l’on s’en tient à la définition du Larousse, la masturbation n’embrassant pas uniquement les pratiques auto érotiques ou excitatoites il suit que le verbe qui décrit l’action ne se conjugue pas uniquement à la forme réfléchie en ayant recours au sujet qui s’y adonne. Untrl ou une telle pourrait si ma remarque est juste masturber un autre. Une question qui si elle peut embarrasser DHH ne devrait si ce n’est rencontrer sa résistance , sa pudeur et sa correction trouver réponse en tenant compte de sa compétence à résoudre les points grammaticaux. Je n’ai pas encore remonter le fil des commentaires aussi je ne sais pas encore si ce bel ensemble réussira à me procurer plaisir , desagrement, à susciter mon approbation ou faire naître des recherches. Mais enfin ce blog si DHH me donne raison en plus d’ouvrir le champ des possibles pourrait être perçu comme une vaste entreprise à but non lucratif masturbatoire.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 13 h 46 min

« Ce mélange du grave et du léger, du comique et du triste, du sens et du non-sens, accompagne tout le roman jusqu’à l’exécution de K. et fait naître une étrange beauté qui n’a pas son pareil ; j’aimerais bien la définir, cette beauté, mais je sais que je n’y arriverai jamais. »
Milan Kundera

Un mélange d’absurde selon Beckett et de joie tragique nietzschéien ?

Bloom dit: 3 juin 2018 à 13 h 34 min

Dear Lavande, « tale » est une « story, true or fictitious narrative » Illustrated Oxford Dictionary. Un conte est trop connoté Perrault, Grimm, pour les enfants (l’heure du conte); la traduction par « conte » serait à mon, goût trop légère car l’on a affaire à la plus noire des grandes tragédies & à l’un des summums de sa sombre noirceur. Le « tale », « l’histoire » dont parle Macbeth est bien réelle (d’où le problème), mais absurde, dénuée de sens… une sale histoire…qui finit mal…Camus, Ionesco, Beckett, déjà dans « la pièce écossaise »?

Quand je lis « traduction définitive », je sors mon revolver & pense à ce que disait du processus de traduction Josée Kamoun, ex-inspectrice générale d’anglais, et traductrice de Roth, Ford et nouvellement du 1984 d’Orwell, sur FCult hier dans l’émission de « l’insupportable » Christophe Ono-dit-Bio. Une belle leçon de relativisme.

Santangelo Giovanni dit: 3 juin 2018 à 13 h 31 min


…là,…vraiment, pour ne rien dire,…

…déjà, les dialectes, napolitain – sicilien, se ressembles beaucoup,…

…autant, comme en Sicile,…d’une contrée, à une autre, les dialectes, sont, pratiquement, incompréhensibles, dans la même région,…
…mais, depuis, que l’italien classique, est enseigné,…nos degré de patois, on probablement disparus,…

…un livre,…particulier, de ma ville,…

…prof. G. Lombardo
…SAGGI SUL DIALETTO NISSENO

…Caltanissetta

…stab. tip. ospizio provinciale di deneficenzia UMBERTO I

…1901.

…etc,…

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 13 h 29 min

Non, non, Ed, plus tard, la narratrice d’Elena Ferrante va devenir une féministe de pointe. Elle écrira un livre qui aura une renommée internationale…

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 13 h 27 min

radio.. dit: 3 juin 2018 à 12 h 52 min
Vous, en effet, vous êtes un simple consommateur de livres, votre lecture reste très suprficielle. Dans les livres que vous lisez, 85% vous passe au-dessus de la tête.

Et pour Beckett, c’est 99%. Je vous accorde 1% par générosité.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 13 h 24 min

radio.. dit: 3 juin 2018 à 8 h 48 min
J’ai le rgret de vous dire que vous êtes incapable de lire une œuvre littéraire. Et je crains qu’il n’y ait pas de pédagogie adaptée aux gens de votre sorte…

christiane dit: 3 juin 2018 à 12 h 59 min

Radio,
mon rapport avec l’art et avec la littérature est de l’ordre du langage, de la méditation pas de la consommation.

radio.. dit: 3 juin 2018 à 12 h 52 min

Christiane, ne soyez pas froissée. Vous êtes forcément une « consommatrice », comme je le suis également. J’achète des livres, des places de spectacles, des billets de musée etc. comme vous-même. Je ne me départis jamais, ce faisant, du sentiment de plier aux injonctions du business.

christiane dit: 3 juin 2018 à 12 h 38 min

@radio.. dit: 3 juin 2018 à 12 h 28 min
Je ne suis ni « consommatrice » d’art, ni de littérature.
Ce « tout se vaut » montre à quel point nous vivons sur deux planètes différentes.

christiane dit: 3 juin 2018 à 12 h 34 min

@Jazzi dit: 3 juin 2018 à 11 h 23 min
Eh oui, je sais… Heureusement je suis caméléon et je glisse incognito dans ce monde de personnages-ombres, parfois irrésistible de drôlerie. (Madeleine Renaud a relevé le défi.)
Alors ?
« Hamm
Va me chercher deux roues de bicyclette.
Clov
Il n’y a plus de roues de bicyclette.
Hamm
Qu’est-ce que tu as fait de ta bicyclette ?
Clov
Je n’ai jamais eu de bicyclette.
Hamm
La chose est impossible.
Clov
Quand il y avait encore des bicyclettes j’ai pleuré pour en avoir une. Tu m’as envoyé promener. Maintenant il n’y en a plus. »

Adieu la liberté… Tous se ressemblent.

Ed dit: 3 juin 2018 à 12 h 32 min

« est une langue à part qui ne peut pas être considérée comme un dialecte »

Certes, mais dans la version francaise, la narratrice parle bel et bien de « phrases prononcées en dialecte » par les personnages. À aucun moment la notion de langue n’est évoquée.

Ed dit: 3 juin 2018 à 12 h 29 min

Chaloupe,

Ayant déjà été confronté à votre sarcasme taquin, j’ai cru que cette auteure n’existait pas, et que vous aviez slavisé « Agatha Christie ».

Ah. Ah.

radio.. dit: 3 juin 2018 à 12 h 28 min

X analyse bien, il me semble, la problématique de l’art et du « consommateur » d’art. Au delà du « tout se vaut » qui mériterait de longs développements, il y a la marchandisation du « produit » culturel. La question, pour le créateur, est : comment y résister, comment y échapper ? Comment ne pas passer par ces circuits marchands qui le prostituent ?

Ed dit: 3 juin 2018 à 12 h 25 min

Merci Lavande. Incroyable ! Trois niveaux de langue, dont celui de l' »italien sicilianisé » = le casse-tête du traducteur.

christiane dit: 3 juin 2018 à 12 h 17 min

Radio,
pour que vous soyez moins pantois, voici le reste de l’anecdote :
« Chacun de leur côté, Beckett et Giacometti se sont installés silencieusement au bar. Ils ont bu et considéré les filles. Giacometti a pu dire : (voir la citation précédente), et Beckett regardant les filles, n’a rien dit. »

Paul Edel dit: 3 juin 2018 à 12 h 14 min

Toutes les tentatives du vivant de Beckett de faire jouer les rôles masculins ̂par des femmes ont provoqué la colère de l auteur et une interdiction mimmédiate.

christiane dit: 3 juin 2018 à 12 h 13 min

@x dit: 3 juin 2018 à 12 h 01 min
Alors là, c’est encore pire que Pat V. Pas de réponse.

Santangelo Giovanni dit: 3 juin 2018 à 12 h 05 min


…il y a, trop de travail, sur les planches, partout,…pourquoi,!…

…le laisser, mal, faire, pour en ourdir, du tripot de lucres, en liberticide des  » pègres  » unies,…des désordres en corruptions  » exploiter  » des soumis à toutes les églises, du complot, pour s’usufruire, Dieu, et ses cohortes d’anges et démons, pour paraître, dans le lisier, de merdes des riches,….
…riches, en leurs états, à s’expliquer, sur la comptabilité exacte, de leurs richesses acquises, sur les origines, des  » pègres – unies « , aux paradis mondialistes,…

…des livres, comme des couvertures, pour des diversions ad-hoc, de cette zone de culture, du fric, c’est chic,…

…etc,…J.R.,Dallas,…la grande école,…du dollar pervers,…propre,!…
…Bip,!…Bip,!…management,…et, pilleurs de tombes,…millénaires,…
…pousser, le peuple, à la pègre,…encore, d(autres  » misérables  » tutti frutti,!…
…Go,!…

x dit: 3 juin 2018 à 12 h 01 min

christiane 3 juin 2018 à 8 h 43 min

Pat V est assez grand pour s’expliquer tout seul, mais il me semble, christiane, que le nœud du problème, le fond du désaccord se trouve dans votre comparaison de simples messages échangés sur ce forum avec des œuvres d’art. Vous justifiez la comparaison en invoquant des parentés d’humeurs ou de sentiments ou d’atmosphères.
Pat V tente de vous dire que vous comparez des incomparables parce que les œuvres ne sortent pas toutes faites du clavier ou du pinceau. On ne se soulage pas en les faisant. Elles demandent du travail, de la réflexion, une élaboration pas toujours présentés comme tels (quant au 1er jet « génial » cela a à voir avec un travail, une réflexion, une élaboration préalables, c’est un aboutissement)
Les insultes et invectives d’ici tout comme les messages « sympas » ou plus ou moins informatifs n’ont aucun souci de la forme et les fautes d’orthographe dont ils sont constellés en sont le symptôme le plus voyant. En voulant les valoriser, les hausser au niveau de l’art vous dévalorisez les œuvres et les artistes, vous les insultez en quelque sorte sans en avoir conscience.
Votre comparaison est aussi un symptôme du « tout se vaut » puisque, aussi bien, tout est à consommer. Œuvres, produits, « excrétions » verbales pourquoi faire la différence ? Ce qui compte pour le consommateur culturel (à dévorer tout de suite ou à emporter dans le sac à dos?) c’est l’augmentation, le renforcement de son MoiMOIMOI et pour cela tout est bon.

Laura Delair dit: 3 juin 2018 à 11 h 58 min

Christiane, je vous ai adressé un commentaire que par erreur j’ai posté sur la RdC ; avec mes excuses, je vous prie de bien vouloir en prendre connaissance

radio.. dit: 3 juin 2018 à 11 h 53 min

Christiane, ce que vous rapportez de Giacometti me laisse pantois ou comme une poule devant un tournevis. Il devait être soit végétarien, soit abstinent ou bien les deux pour énoncer pareille assertion. Tout volailler, tout proxénète, tout client de l’un et de l’autre la démentirait catégoriquement. De même que tout joueur qui ne rechigne jamais à mettre une poule au pot quitte à se faire plumer.

Chantal dit: 3 juin 2018 à 11 h 39 min

@ Lavande, je le connais seulement un peu, étudié en fac de philologie Romane après le bac mais il y a longtemps, cela va comme vous, mieux à l’écrit, en immersion c’est plus amusant, mais aussi … fatiguant 😉

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 11 h 23 min

Les poules sont interdites de caqueter, Christiane !

« Les femmes n’ont pas le droit d’attendre Godot

Arguant des dernières volontés de Samuel Beckett, son éditeur allemand a interdit une mise en scène de cette pièce à Wilhemshaven (nord de l’Allemagne), jouée par deux actrices. La première de cette pièce montée par Philipp Kochhreimd devait avoir lieu le 24 janvier. L’éditeur, S. Fischer, a expliqué qu’il se référait aux indications de l’auteur ayant strictement écarté pour En attendant Godot une interprétation féminine. « Cette manière de défendre le Graal est une mauvaise blague », a commenté l’intendant du théâtre de Basse-Saxe, Gerhard Hess. Godot au féminin pourrait se faire attendre jusqu’en 2059, date à laquelle s’éteindront les droits d’auteur de Beckett, soit soixante-dix ans après sa mort. »
(La Croix)

christiane dit: 3 juin 2018 à 11 h 18 min

Radio – 9h40
Dans l’essai de Nathalie Léger Les Vies silencieuses de Samuel Beckett (éd. Allia – 2006), une parole est attribuée à A.Giacometti alors qu’il est installé silencieusement dans un bar à côté de S.Beckett :  » Ce qui me plaît dans les poules, c’est qu’elles ne servent à rien. Elles sont là, c’est tout. »

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 11 h 14 min

Mais, pour rassurer Ed, je n’ai pas le souvenir qu’Elena Ferrante use ni n’abuse du napolitain dans son quatuor napolitain. En français ou en italien, le livre se lit facilement.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 11 h 11 min

Bloom, dans la famille Joyce, Beckett « prend » le père et refuse la fille !

Je me demandais qui avait hérité des droits d’auteur de Beckett. Réponse dans Le Monde.fr :

« L’avenir n’est pas vraiment radieux pour les historiens de la littérature, les essayistes des sciences humaines et les biographes. Ils craignent l’étranglement progressif qui les réduira au chômage technique. Pour une fois, les éditeurs, non plus que les critiques ou les libraires, ne sont pas les coupables désignés. Seuls sont visés les ayants droit. Un infime détail suffit à résumer les craintes. Il figure discrètement sur la page de copyright de Samuel Beckett. L’ascèse du sujet, paru il y a peu chez Minard à Caen, le genre de livre collectif passionnant pour les concernés, pas trop folichon pour les autres. On y trouve comme de juste un encadré intitulé « Crédit » signalant que les extraits des manuscrits de Molloy, d’En attendant Godot et d’autres oeuvres ont été reproduits grâce à l’autorisation de « the estate of Samuel Beckett », autrement dit Edward Beckett, neveu du dramaturge et son légataire, représenté par l’agence Rosica Colin sise à Londres à qui il a confié la gestion des droits des lettres, archives et autres inédits. Mais, chose inhabituelle, on y découvre également un encadré subtilement intitulé « Débit », signé de l’éditeur Michel Minard : « Bien qu’il s’agisse de citations au sens de la Loi sur la propriété intellectuelle, c’est-à-dire de fragments de texte non autonomes venant à l’appui du développement d’une étude académique, l’agent gérant les droits de Samuel Beckett nous a facturé £ 75 pour 46 mots (étude de Dirk Van Hulle), £ 75 pour 50 mots (étude de Myriam Jeantroux), £ 150 pour 300 mots (étude de Karine Germoni) + frais £ 20, soit environ 1 euro du mot cité. » On dira que c’est supportable en regard de la dette souveraine de la Grèce, mais là n’est pas le problème. Question de principe : à ce train-là, il ne sera plus possible de citer les auteurs, donc de travailler sur leur oeuvre. Tout cela pour 400 exemplaires et uniquement sur le territoire français !  »

Quand Beckett mangeait une orange, son neveu s’envoie des louches de caviar !

Lavande dit: 3 juin 2018 à 11 h 10 min

Chantal, les dialectes sont très florissants en Italie, peut-être la langue napolitaine plus que les autres, je ne sais pas. Je connais plutôt bien l’italien (fait très rare je l’ai étudié en première langue !) mais je me souviens d’un séjour dans la famille d’une amie à Perugia. Ils démarraient le repas en italien à cause de moi mais au bout d’un quart d’heure ils m’oubliaient et continuaient en dialecte. A l’écrit je devine à peu près, mais à l’oral j’étais larguée. Dans les bus par exemple tout le monde parlait perugiano et c’était frustrant!

Lavande dit: 3 juin 2018 à 10 h 55 min

It is a tale: une histoire? pas plutôt un conte, ce qui accentue le côté manque de réalité?

Le Traducteur dit: 3 juin 2018 à 10 h 50 min

«La vie n’est qu’une ombre qui marche, un pauvre acteur qui se pavane et s’agite une heure sur la scène et puis qu’on n’entend plus… Un conte dit par un idiot, plein de bruit et de fureur et qui ne veut rien dire»

La version définitive.

Bloom dit: 3 juin 2018 à 10 h 47 min

Bloom, y avait-il une quelconque relation de dominant à dominé entre Joyce et Beckett ?

Probablement. On peut supposer que Beckett réaffirma son libre arbitre en repoussant les avances de Lucia, qui ensuite sombrera dans la morbidité la plus totale et sera internée pour schizophrénie. Les Joyce étaient une fratrie envahissante…Va pour le père, un génie, mais la fille en plus, talentueuse mais si fragile…au secours…!
Il existe un livre consacré à Lucia, dont Joyce disait qu’il était le seule à comprendre les délires; C’est très probablement vrai, et en tous cas cela témoigne d’un amour paternel infini.

Bloom dit: 3 juin 2018 à 10 h 34 min

«La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre histrion qui se pavane et s’échauffe une heure sur la scène et puis qu’on n’entend plus… Une histoire contée par un idiot, pleine de fureur et de bruit et qui ne veut rien dire», dit MacBeth

Pas d’accord avec la traduction. Pourquoi « histrion » pour « player », pourquoi avoir inversé le « sound and fury » originel, surtout quand on sait l’usage qu’en a fait Faulkner?
Ma proposition de traduction de ce « purple patch » (morceau de bravoure)

Life’s but a walking shadow, a poor player/La vie n’est qu’une ombre qui marche, un pauvre acteur
That struts and frets his hour upon the stage, / Qui se pavane et s’agite une heure sur scène
And then is heard no more / Et qu’ensuite on n’entend plus.
It is a tale, told by an idiot, full of sound and fury,/ C’est une histoire narrée par un idiot, pleine d bruit et de fureur
Signifying nothing / Et qui n’a aucun sens.

Il convient de garder à l’esprit que le personnage qui prononce cette profession de foi nihiliste, est un « serial killer », certes pris de remords, mais qui n’est que le porte parole de lui-même, et non l’énonciateur d’une vérité générale, d’un quelconque (anti) morale, dont se revendiquerait Shakespeare.
Avec le Barde, comme en 68, toujours se demander qui parle, et d’où.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 10 h 28 min

Que penser de ces couples littéraires d’hommes, sans femme et sans sexualité ?
Don Quichotte et Sancho Pança, Bouvard et Pécuchet, Robinson Crusoë et Vendredi, Vladimir et Estragon et Pozzo et Lucky…
Beaucoup de couples aussi au cinéma !

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 10 h 11 min

Il y aurait un roman à faire sur Madame Beckett ! Véritable femme de l’ombre, secrétaire, infirmière, agent littéraire, intermédiaire entre son mari et la société… et sans laquelle Beckett n’aurait probablement pas pu accoucher de son oeuvre ?

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 10 h 08 min

Mais dans cet appareillage d’homme à homme, plus fraternel que sexuel, il y a la constante du dominant et du dominé.

Bloom, y avait-il une quelconque relation de dominant à dominé entre Joyce et Beckett ?

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 10 h 04 min

A propos d’une mise en scène de Luc Bondy d’EAG à l’Odéon en 1999 :

« Pour que les quatre personnages de Godot ne soient pas réduits à quatre marionnettes censées représenter l’absurde beckettien, mais quatre hommes de chair et d’os, qui s’aiment et se déchirent. L’attente est longue, l’ennui étreint, mais la route est toujours trop brève. Etre deux, c’est l’enfer, mais être seul, c’est encore pire, disent Beckett et Bondy.

L’image qui clôt somptueusement le spectacle en est l’affirmation la plus déchirante: sur cette route qui plonge dans le public et court vers une ligne de fuite, Vladimir et Estragon sont couchés l’un sur l’autre. Irrémédiablement unis. Et le sexe, dans cette histoire de couple? «Et si on se pendait? Ce serait un moyen de bander», répond Becket, avec son habituel humour noir. Le sexe, dans cette pièce, est «ab-scène», l’objet du désir étant hors-champ.

Car le sexe mène droit à la mort, comme le répète Beckett à la suite de Shakespeare. «La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre histrion qui se pavane et s’échauffe une heure sur la scène et puis qu’on n’entend plus… Une histoire contée par un idiot, pleine de fureur et de bruit et qui ne veut rien dire», dit MacBeth. «A cheval sur une tombe et une naissance difficile. Au fond du trou, rêveusement, le fossoyeur applique ses fers. On a le temps de vieillir. L’air est plein de nos cris», répond Beckett, quatre siècles plus tard. Restons ensemble, malgré tout, souligne Bondy aujourd’hui, qui nous quitte avec cette inoubliable image d’un Vladimir et d’un Estragon serrés l’un contre l’autre. Pour l’éternité. »

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 9 h 51 min

Là, entre autres exemples, c’est comme une partition musicale à deux voix :

ESTRAGON. – En attendant, essayons de converser sans nous exalter, puisque nous sommes incapables de nous taire.
VLADIMIR. – C’est vrai, nous sommes intarissables.
ESTRAGON. – C’est pour ne pas penser.
VLADIMIR. – Nous avons des excuses.
ESTRAGON. – C’est pour ne pas entendre.
VLADIMIR. – Nous avons nos raisons.
ESTRAGON. – Toutes les voix mortes.
VLADIMIR. – Ça fait un bruit d’ailes.
ESTRAGON. – De feuilles.
VLADIMIR. – De sable.
ESTRAGON. – De feuilles.
Silence.
VLADIMIR. – Elles parlent toutes en même temps.
ESTRAGON. – Chacune à part soi.
Silence.
VLADIMIR. – Plutôt elles chuchotent.
ESTRAGON. – Elles murmurent.
VLADIMIR. – Elles bruissent.
ESTRAGON. – Elles murmurent.
Silence.
VLADIMIR. – Que disent-elles ?
ESTRAGON. – Elles parlent de leur vie.
VLADIMIR. – Il ne leur suffit d’avoir vécu.
ESTRAGON. – Il faut qu’elles en parlent.
VLADIMIR. – Il ne leur suffit pas d’être mortes.
ESTRAGON. – Ce n’est pas assez.
Silence.
VLADIMIR. – Ça fait comme un bruit de plumes.
ESTRAGON. – De feuilles.
VLADIMIR. – De cendres.
ESTRAGON. – De feuilles.
Long silence.
VLADIMIR. – Dis quelque chose !
ESTRAGON. – Je cherche.
Long silence.

VLADIMIR (angoissé). – Dis n’importe quoi !
ESTRAGON. – Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
VLADIMIR. – On attend Godot.
ESTRAGON. – C’est vrai.
Silence.
VLADIMIR. – Ce que c’est difficile !
ESTRAGON. – Si tu chantais ?
VLADIMIR. – Non non. (Il cherche.) On n’a qu’à recommencer.
ESTRAGON. – Ça ne me semble pas bien difficile, en effet.
VLADIMIR. – C’est le départ qui est difficile.
ESTRAGON. – On peut partir de n’importe quoi
VLADIMIR. – Oui, mais il faut se décider.
ESTRAGON. – C’est vrai.
Silence.
VLADIMIR. – Aide-moi !
ESTRAGON. – Je cherche.

Jazzi dit: 3 juin 2018 à 9 h 45 min

« les personnages ne se répliquent pas »

Parfois, oui, WGG. Dans cet étrange appareillage d’homme à homme, avec tous les attributs du couple traditionnel, les scènes de ménages, qui font penser au « Chat » de Simenon, il y a aussi des évocations de souvenirs partagés entre Vladimir et Estragon, notamment à Roussilon, dans leur jeunesse. Et puis parfois ils atteignent à une certaine harmonie et leurs propos ne font plus qu’un : un duo poétique.

Bloom dit: 3 juin 2018 à 9 h 44 min

Beckett à propos de son passage au français comme langue d’écriture après la seconde Guerre mondiale: « en français, il est plus facile d’écrire sans style » (Cahiers de L’Herne). Interprétation libre….

Chantal dit: 3 juin 2018 à 9 h 42 min

Le problème Lavande, et je comprend les difficultés à traduire Ferrante c’est que le napolitain est une langue à part qui ne peut pas être considérée comme un dialecte, à tort certains le croient, mais les napolitains disposent d’un institut de recherche spécifique :

http://taban.canalblog.com/archives/2007/03/09/4262440.html

Je ne suis pas traductrice mais j’en connais une très sympatique sur Naples qui vient régulièrement à Bruxelles elle a traduit l’oeuvre trilogique d’un de mes proches.

rose dit: 3 juin 2018 à 9 h 29 min

ce n’est pas si ridicule. Vous tapez les paroles sur gougueule et trouvez les paroles yéyé. Y a pire.

radio.. dit: 3 juin 2018 à 9 h 19 min

Oui, Lavande. Souvenir d’un Camilleri traduit par Dominique Vittoz. Son choix du parler lyonnais pour rendre le dialecte sicilien était extrêmement convaincant.

christiane dit: 3 juin 2018 à 9 h 19 min

@renato dit: 3 juin 2018 à 8 h 17 min
Qui a pris cette belle photo, Renato ?
Je pense à celle prise par H.C.Bresson montrant Giacometti traversant la rue d’Alesia sous la pluie, à moitié recouvert de son imper. Un vrai personnage de Beckett !
Il a réalisé les décors de la pièce « En attendant Godot » de Beckett mise en scène par Roger Blin à l’Odéon en 1961. Comme j’aurais voulu les voir !
« Une route de campagne avec arbre », un ciel vide pour Vladimir et Estragon. J’imagine un arbre blanc, plâtreux.
« Alors, on y va ? », dira Vladimir. « On y va », répondra Estragon. Et ce sera la fin de la pièce (et Beckett ajoutera : « Ils ne bougent pas. ». Je pense à une sculpture de Giacometti : des mains tenant le vide (un objet absent) ou le marcheur immobile.

DHH dit: 3 juin 2018 à 9 h 10 min

@Bérénice
Je suis confuse
Je voulais simplement vous montrer que le mot microsillon n’était pas sorti de l’usage et j’ai cité cette phrase dont je me souvenais, tirée d’une chansonnette dont je serais bien en peine de vous dire ni le titre ni les autres paroles .
Ces paroles avaient pour but de ridiculiser celle qu etaiit sensée les prononcer dans la chanson ;d’ailleurs la citation exacte que j’ai en tete disait : :moi j’ai de l’instruction ,mon bac le premier et j’ai tout Mozart en microsillons
Sottement je n’ai pas mis la citation entre guillemets et naturellement vous m’avz attribué ces propos ridicules en ayant d’ailleurs l’elegance de me dire qu’ils vous surprenaient de ma part et en ayant la gentillesse de répondre sur le point qui ne vous semblait pas le plus ridicule .
Fin du malentendu
J’ajoute qu’ en matière musicale mes ignorances sont abyssales

Lavande dit: 3 juin 2018 à 8 h 57 min

Sur le problème de la traduction délicate des dialectes dont parlait Ed, il y a un exemple très caractéristique en italien c’est l’excellent auteur de romans policiers Andrea Camilleri dont l’italien est truffé de sicilien, parfois carrément traduit par l’auteur lui-même dans des notes, dans la version italienne.
Le problème est évidemment ardu pour le traducteur: transposer les expressions siciliennes par un dialecte français (il y a eu des essais avec des expressions lyonnaises) est assez artificiel.
Le traducteur principal de Camilleri, Serge Quadruppani, s’en explique et raconte comment il essaie de s’en sortir:
http://quadruppani.samizdat.net/spip.php?article15

radio.. dit: 3 juin 2018 à 8 h 48 min

Bel effort de Wgg pour donner du sens au non-sens. C’est un travers de pédagogue que de vouloir accrocher un cartel explicatif à un tableau abstrait. Il s’agit parfois d’accepter le tableau pour ce qu’il est, tel qu’il est. Et de ne pas se préoccuper des intentions de l’auteur qui possiblement n’en a pas eu.

christiane dit: 3 juin 2018 à 8 h 43 min

Pat V.
Je relisais vos interventions. Vous vous dîtes calme et ouvert à la discussion mais c’est faux. Vous intervenez comme étant le seul capable d’ordonner l’utilisation du nom des peintres et de leurs œuvres avec des termes méprisants. Comment, selon vous, oser rapprocher les œuvres de ces trois grands artistes de querelles vulgaires sur la RDL. Donc, d’après votre raisonnement on ne mélange pas l’art à la vie réelle. Serait-il fait pour être dans les musées et uniquement là ou dans les livres de critiques d’art, ou dans les mains des galeristes ? Contrairement à vous (et l’image du sac à dos a là son utilité) j’emporte partout la mémoire de mes œuvres préférées. Elles m’aident à décrypter le monde, les hommes, les paysages, l’actualité car les artistes avec leurs couleurs et leur façon de peindre ont créé un langage.
Quant au professeur Cosinus, ce n’est pas avec l’art mais avec vous qu’il a un lien : une façon de me moquer de votre superbe.
Je crois que nous avons échanger, hier, une incompréhension mutuelle. Vous n’êtes pas le promeneur que je choisirai pour rencontrer les œuvres d’un artiste. Votre parole c’est un désherbant puissant et j’aime les plantes sauvages qui poussent en liberté pour la seule joie des oiseaux et des papillons.

Laura Delair dit: 3 juin 2018 à 8 h 31 min

sur le blog à sergio (disparu de la circulation) un « ami » de christiane me prend pour d’autres personnes inconnues de moi… pourquoi pas le pape François pendant qu’on y est… cet « ami » devrait se faire soigner rapido

Bloom dit: 3 juin 2018 à 7 h 40 min

Interprétation libre:

« Un homme est introduit dans le cabinet d’un médecin. Celui-ci le regarde gravement et lui dit : “Monsieur Smith, il va falloir cesser de vous masturber.

– Pourquoi ? demande l’intéressé. C’est mauvais pour la santé ?

– Non, mais les patients qui étaient avec vous dans la salle d’attente se sont plaints.”

Cité par Jonathan Coe dans Le Monde 17/5

et alii dit: 3 juin 2018 à 6 h 34 min

BN est minimaliste, son domaine c’est la répétition infinie
et son modèle avoué c’est Samuel Beckett.^BN bruce nauman

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 0 h 46 min

Ce qui caractérise le jeu des réplique, c’est aussi que ls personnages ne se répliquent pas.

Estragon vient d’expliquer à Vladimir, au début de la pièce, qu’il vient de passer la nuit tout seul au fond d’un fossé et qu’il a été battu. Or, Vladimir lui répond : « depuis le temps… Je me demande ce qu tu serais devenu… sans moi. » Vladimir se vante d’un esprit protecteur qui n’a pas protégé Estragon justement.

Pourquoi Vladimir a-t-il dit cela ? On put le deviner à la didascalie qui suit qui indique qu’Estragon lui réplique parce qu’il a été « piqué au vif », humilié par la repartie de Vladimir, qui s’est vanté d’un chose que les faits avaient infirmée.

Donc, d’emblée, par ce jeu pervers des répliques, qui ne se répondent pas, est mis en évidence un rapport de domination, de dominant à dominé, à travers les menus détails des faits évoqués qui ne sont nullement pris en compte pour eux-mêmes mais uniquement dans la mesure où Vladimir veut s’en servir pour imposer sa domination à Estragon. Mais cette domination est elle-même dérisoire, c’est une domination sur rien ni sur personne puisqu’Estragon est un clochard comme Vladimir.

Mais on voit bien que d’emblée le motif du maître et de l’esclave est posé, qui va être amplifié au deuxième acte par le couple Pozzo-Lucky.

Dans le monde tel que Beckett nous le montre, la fraternité est absente ; règne une domination dérisoire, sorte de tragédie dans la tragédie, et qui provoque le rire.

Widergänger dit: 3 juin 2018 à 0 h 26 min

Pour en revenir à Beckett.
Dans la conception classique, aristotélicienne du théâtre, le caractère des personnages est subordonné à l’action dramatique. Le caractère novateur d’EAG et de tout le théâtre de Beckett tient précisément au fait que cette subordination n’existe plus. C’est ce que voulait dire Popaul en citant Robbe-Grillet. Mais cette absence de subordination des personnages à l’action n’en fait pas une pure présence ; les personnages improvisent sans arrêt l’action dramatique.

L’absence d’action dramatique est indiquée dès la première réplique dans EAG, Estragon dit : « Rien à faire. » Bien sûr, c’est ancré dans ce qu’il st en train de faire (remettre sa chaussure, sans qu’il y parvienne), mais la réplique a évidemment un sens également symbolique, qui renvoie à un commentaire sur la pièce, ne contenant pas d’action dramatique ou une multitude de micro-actions qui s’inventent d’une réplique à l’autre.

C’est d’ailleurs dns un tout autre sens que Vladimir comprend la réplique d’Estragon : « Rien à faire ». Pour Vladimir, qui dit : « Je commence à le croire », cette réplique d’Estragon renvoie à sa propre vie, et non pas à l’action de remettre sa chaussure. D’emblée, le dialogue est un faux dialogue.

Et c’est ainsi que l’action avance, de malentendu en malentendu.

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