de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
France Culture, une certaine idée de la radio

France Culture, une certaine idée de la radio

France Culture, combien de divisions ? Evidemment, à l’aune de l’audience comme seul critère d’évaluation, elle reste loin du peloton de tête des radios généralistes (1,048 million d’auditeurs soit 2% d’audience). Mais en capital symbolique et en influence, elle domine depuis des années, et l’écart se creuse alors que la station vient de fêter son cinquantième anniversaire. Il n’est pas de meilleur ambassadeur de l’exception culturelle made in France. Encore faut-il préciser que la culture y est envisagée dans sa plus large acception tout en donnant à connaître au plus grand nombre les savoirs spécialisés. France Culture, qui se singularise à l’oreille par l’exigence dans la qualité du son, et une couleur d’antenne qui ne trompe pas, est la dernière radio où l’auditeur n’est requis que d’écouter. On ne lui demande surtout pas de participer !

Rappelons au passage que bien avant l’internet, la radio, surtout celle-là, est par excellence le média à forte valeur ajoutée qui ait toujours été gratuit sans que cela ait jamais fait débat… Ce qui n’empêche pas ses fidèles auditeurs de s’en considérer comme co-propriétaires par le biais de la redevance et des impôts, plus encore que pour n’importe quel autre organe d’information du service public. Même quand il lui arrive de nous énerver, voire de nous exaspérer, on l’aime encore car on prend alors la mesure de ce qui nous manquerait si elle venait à changer.

L’encyclopédie sonore des origines s’est métamorphosée en radio de la parole pour avoir su se renouveler en rompant avec un esprit élitiste qui l’embaumait de son vivant. Toutes ces voix qui nous ont accompagné depuis tant d’années ne nous ont pas lâchés. Le ton, la diction, l’éloquence propres à la chaîne ont évolué (heureusement !). Des baronnies ont fini par sauter. Une certaine solennité, empesée et académique, autrefois emblématique de l’antenne jusqu’à la caricature, s’est également effacée. Mais France Culture s’offre, et elle est bien la seule, le luxe de la durée. Non seulement le temps n’y est pas (trop) compté, mais l’invité a l’insigne privilège d’énoncer beaucoup plus de deux phrases à la suite sans être interrompu. La conversation y retrouve son lustre (à propos, pourquoi n’y a-t-il pas de trait d’union à France Culture ? Et qu’est-ce que cela changerait ?)

Où d’autre peut-on consacrer dix-sept heures d’émission à Winston Churchill toutes les matinées pendant une semaine ? En cas de nuit blanche impromptue, la rediffusion des archives est une efficace consolation. On renonce à citer des noms car ils y sont à peu près tous passé sous une forme ou une autre. Y a –t-il un grand créateur de ce pays dont la voix ne soit jamais passée par les micros de France-Culture durant ce dernier demi-siècle ? Blanchot probablement, Beckett, Cioran et Gracq à peine… Songez qu’en décembre 1963, le programme qui a essuyé les plâtres était une quinzaine consacrée à la place de Proust dans l’époque à l’occasion du cinquantenaire de Du côté de chez Swann. Il suffisait de fermer les yeux, car, comme le disait justement Orson Welles, l’avantage de la radio par rapport au cinéma, c’est qu’à la radio, l’écran est plus grand. C’est particulièrement vrai pour les fictions, lectures et autres adaptations théâtrales dirigées par Blandine Masson. Qui sait que France Culture est de longue date, par le nombre de cachets, le premier employeur de comédiens de ce pays ?

En parcourant l’album conçu par Anne-Marie Autissier et Emmanuel Laurentin pour les 50 ans de France Culture (Flammarion/ France Culture), on est frappé par le nombre de débats d’idées, qu’ils soient littéraires, historiques philosophiques, artistiques, scientifiques, intellectuels, que la station a initiés, suscités, animés et le cas échéant réanimés. C’est d’une richesse inouïe. Qui dit mieux ? Personne dans notre paysage audiovisuel. Dans sa préface, son directeur Olivier Poivre d’Arvor évoque la radio comme « bel et bien l’un des beaux-arts ». Après, tout pourquoi pas, quand on songe à tout ce qui y est expérimenté ? Il y a dans les archives de France Culture à l’INA de quoi remplir des bibliothèques entières si l’on s’aventurait à transcrire les émissions, débats, entretiens fleuves, séries, fictions dramatiques. A eux seuls les Lundis de l’Histoire (la plus ancienne émission de la chaîne, 45 ans déjà !), l’Histoire en direct, Concordance des temps et la Fabrique de l’Histoire suffiraient à remplir les colonnes d’une revue d’histoire hebdomadaire de qualité.

Cela dit, l’âge moyen de l’auditeur est de 54 ans. Troisième station la plus podcastée en France (surtout les émissions d’Adèle Van Reeth, Emmanuel Laurentin, Alain Finkielkraut, Emmanuel Laurentin, Jean-Noël Jeanneney, sans oublier Sur les docks), propulsée dès l’aube par une Matinale particulièrement tonique animée par Marc Voinchet, sa direction nourrit de grandes ambitions pour elle : la hisser dans la cour des grands, faire une marque de « France Culture », aller chercher une plus jeune audience avec les dents quitte à passer pour trop journalistique et trop généraliste, oublieuse de sa vocation première de découvreuse de talents. Certains pensent que ce serait là le moyen de la protéger, d’autres que cela lui porterait préjudice en la dénaturant. Il est vrai que le président Giscard d’Estaing voulait lui faire la peau, et que le président Chirac espérait en faire une annexe pédagogique du ministère de l’Education nationale.

Au Parlement, il y a toujours une voix qui s’élève pour dénoncer le coût de la station eu égard au nombre de Français à qui elle s’adresse. Et régulièrement, elle est balayée. Pourvu que ça dure. Ce n’est pas une chaîne qu’on abat. Mais le jour où France Culture sera mise en péril par un projet de fusion avec France Musique, une réduction drastique de ses moyens, ou toute autre tentative pour la faire disparaître, une certaine idée de la France, de sa culture et de la radio aura vécu.

P.S. France Culture est une station à laquelle j’ai le bonheur de collaborer régulièrement depuis qu’en 1988, Alain Trutat a accepté de me confier un « A voix nue » avec Antoine Blondin.

(Photos D.R.)

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commentaires

922 Réponses pour France Culture, une certaine idée de la radio

michel dit: 30 octobre 2013 à 21 h 58 min

you don’t need a weather man to know which way the wind blows. Bob Dylan(Subterranean home sick blues, dernier vers du deuzième couplet).

michel dit: 30 octobre 2013 à 21 h 52 min

Quelqu’un des contributeurs ci-dessus(trop nombreux pour que je puisse les lire tous)a-t-il cité « Les papous dans la tête » dans le palmarès des émissions les plus plaisantes ?

rose dit: 14 octobre 2013 à 22 h 45 min

>Olivier Chararas le huit octobre à 12h05.

Je vous remercie de votre long commentaire.
Je n’ai pas encore lu Ion de Platon.
Pardon.

La première fois que je vous ai lu, j’ai songé à une qui parlait très anciennement de Io petite planète rocheuse en rotation autour de Saturne.
Je crois que lien il n’y a pas, là.

Je reviens donc à votre sujet.

Plusieurs choses m’ont questionnée : la question de l’art oratoire et la vanité de Ion qui en eut découlé.
M’intéressent les formes prises, diverses, de cet art, à son sommet dans l’expression théâtrale, mais surpassée dans la spontanéité de l’allocution ou dans le dithyrambe en l’honneur de Bacchus.

Cela pourrait être une élocution non liée à la connaissance mais à la compréhension suscitée par ce que vous nommez conjecture chez Socrate. Par ajout d’hypothèses étayées ou non se construirait ainsi une autre forme de savoir.
Le paradoxe que vous soulignez à de multiples reprises serait de ramener l’homme à l’humilité lorsqu’il s’en éloigne et de, avec prégnance, souligner sa faiblesse lors des multiples tentations de toute-puissance lors de la victoire de différents combats, qu’ils soient oratoires, ou ne le soient pas.
C’est ainsi qu’au moment essentiel de la vie qu’est la mort apparaît l’incessante contradiction entre ce à quoi, je, tu, nous tentons d’échapper et vers quoi nous sommes inlassablement ramenés.
D’où une contradiction qui n’est qu’apparence.

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Cela semblerait n’avoir rien à voir, néanmoins, vous ayant dit précédemment l’importance à mes yeux du patchwork hasardeux pour avancer l’ouvrage, je tiens à vous signaler ceci :

lors de la re-vision de Shining (précédée de Room 237, la chambre du désir) me sont apparus nombre de liens avec le Eyes wide shut testamentaire de Kubrick. Tout particulièrement concernant la sexualité.
Je ne désire guère m’étendre sur ce sujet.
Espère que nous pourrons en reparler ultérieurement quand les temps seront propices (et venus).

———————————————
Le second nota que je tenais à rajouter ci-bas concerne Pierre : il trahit, certes, le christ. Pourtant, celui-ci lui dit que sur lui il bâtira son église et il lui confie les clés.
Je ne peux m’empêcher de penser que la trahison précédente marque, d’une part, la mansuétude du christ qui pardonne, mais d’autre part et surtout, que l’homme est faillible et que c’est ainsi que dieu nous aime : faillibles. Il ne nous demande pas la perfection, très loin de là.

Il me vient alors que c’est pour cela peut-être que nous les femmes sommes proches de lui parce que nous aimons nous aussi les hommes faillibles.

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Je ne sais si, avec Socrate et Ion vous pourrez faire le lien.
Ou trouver du grain pour votre moulin.

Respectueusement vôtre,

rose

christiane dit: 10 octobre 2013 à 21 h 18 min

« The answer, my friend, is blowin’ in the wind »
La réponse, mon ami est portée par le vent… Années 60… Blues… folk…De très beaux textes poétiques… Une fleur au coin de la bouche…

christiane dit: 10 octobre 2013 à 19 h 19 min

C’est tout pour le déballage me concernant ? Ah, bon…
Bien sûr que je vieillis et c’est une douceur de de regarder mes petits-enfants grandir. Je m’approche peu à peu de la mort et peut-être de la maladie, le sort de chacun. Mais cela ne me rend pas méchante. Je préfère être dans l’estime. Et tant mieux si cela fait rire certains. Ils vivront plus longtemps puisque le dicton le dit.
Allez, J.Ch., vous valez tellement mieux que ces turpitudes sans fondement. Allez donc vous détendre avec Pirouette en écoutant ce jazz que vous aimez tant, ou peindre, ou marcher…

J.Ch. dit: 10 octobre 2013 à 18 h 27 min

on ne voir vieillir que les autres (Malraux)…
je vous laisse donc définitivement avec vos pâmoisons qui amusent tant les internautes rieurs à vos dépends… ouaf et croacroa

christiane dit: 10 octobre 2013 à 17 h 12 min

Chien et… corbeau. Deux animaux connus de certains… qui vieillissent mal.
Pendant ce temps, l’atmosphère se refroidit sérieusement. C’est l’automne… Un temps de feu de bois et d’amitié.

J.Ch. dit: 10 octobre 2013 à 16 h 12 min

bien vu… comme on dit, vous pouvez en parler car c’est aussi votre état permanent de fidélité aveugle s’exprimant tous les jours dans vos commentaires extasiés en adoration perpétuelle et de prosternation devant le grand homme adulé…
à propos de « fientes et de bassesses », je vous conseille d’arrêter car je peux déballer tout vous concernant…. et là on rigole

christiane dit: 10 octobre 2013 à 15 h 47 min

Dans le journal Pilote, à la date du 12 décembre 1963, les auteurs s’expliquent sur le choix du nom « idéfix » pour le petit chien qui suit Obélix et Astérix partout :
« Nous avons choisi Idéfix parce que c’est un nom court, qui sonne bien, qui claque à l’oreille. Il représente bien le caractère du chien ; c’est en effet un animal à idées fixes : il veut toujours suivre ses deux amis gaulois et il pense toujours à manger de gros os. »

J.Ch. dit: 10 octobre 2013 à 13 h 28 min

je découvre tardivement le post de Duchamp (09/10 à 18:22) ; le l’approuve totalement, il exprime de façon claire ce que je pense de Pauledeljacquespierreamette depuis longtemps, n’en déplaise à Christiane et à ses « amitiés »

Allo, docteur ? dit: 10 octobre 2013 à 7 h 31 min

renato dit: 9 octobre 2013 à 14 h 57 min
L’expression « boire trop » ne veut rien dire…

Quand on a trop forcé sur le kirsCh, et ben, on sait pus.

barbara dit: 9 octobre 2013 à 21 h 44 min

christiane. Je me rends compte que j’ai de la chance : trois petits fils et quelques amis vrais. Je vais y prendre garde…

christiane dit: 9 octobre 2013 à 21 h 17 min

@curiosa dit: 9 octobre 2013 à 15 h 58 min
Vous répondre ?
Il y a une telle part d’imaginaire dans l’amour , dans l’amitié… alors pourquoi ne pas déborder du réel et se faire des amis dans un monde mi-réel, mi imaginaire avec des gens de lettres, de graphite, de pastels, de théâtre… Et puis le chagrin d’un ami réel suffit à vous donner un visa pour adopter son ami quand un pépin arrive. Et là, c’est un énorme pépin….
Oui, M.Court est mon ami. Je ne l’ai jamais rencontré, ne le verrai jamais. On échange ici ou sur le blog de Paul Edel. Il me ravit par sa culture des choses inconnues (art-littérature-musique). Il est de bonne compagnie. J’aime quand il rend un jugement imaginaire devant une cour tout aussi imaginaire. Donc c’est mon ami. Mais quand je le trouve injuste, cruel (comme ce fameux commentaire) je m’exprime…
Vous avez de vrais amis, vous ? Des qui ne vous ont jamais déçus, sur qui vous pouvez compter ? Si oui, vous êtes un être chanceux. Croisez les doigts pour que ça dure !
J’ai eu une vraie amie. Elle est morte.

Giovanni Sant'Angelo dit: 9 octobre 2013 à 20 h 49 min


…des histoires ou des faits réels,…et des salades pour convaincre,…

…même,…que l’armateur de galions,…Oui,…
…il en faisaient pousser des arbres et autres  » chat-pîtres « ,…déjà à réseaux-contorsionnistes dès les plantations et mis en terre,…
…les pièces des navires déjà  » prédisposés « ,…pour en h’être à dimension,…au temps révolu,…de babord ou à tri-bord,…les galions, déjà en boîte à défricher sur le terrain,…
…Oh,…mes  » Galions « , à l’€urope-Unis,…
…mes sous-marins nucléaires,…pour la parade,…le Saint-Cyr,…à monter,…et démonter , livrer en boîte,…made of Taywan,…l’équi-page aux gode-ceintures,…of course,…équitable,…
…tient,…encore sous la vigilance d’un Con-d’or contorsionniste à livrer en boîte,…
…Non,…c’est pour le décor et Pub d’un strip-tease en boîte à monter du pouvoir,…

…mes galions,…mes galions dressés à monter en boîtes en boîtes,…
…à gauche,…la République Souveraine, un trois mats sans échecs,…sur le net,…
…à droite le Pavot,…la Morale,…des croiseurs à porter de toutes les bourses,…à monter en un tour de main,…Pétain, comme c’est bien expliquez,…
…et pour mon revenu cadastral,…une branche Calamity-J’aime’s d’assurance,…
…Non,…Saint-Nicolas,…chacun son tour et Madame est à servis,…etc,…
…Bougre, un génie sans voile,…etc,…
…Pacha,…pas-çà,…envoyez,…

barbara dit: 9 octobre 2013 à 19 h 25 min

je vous disais dimanche soir que j’exposerai chez moi les 11, 12 et 13 octobre des aquarelles de Rome. Le mail a été retiré. Je ne fais aucune publicité, mais nous avons déjà parlé peinture avec CP ou versubtil… je suis 94 rue Legendre si le coeur vous en dit, il y aura du Vouvray.

Jacques Barozzi dit: 9 octobre 2013 à 19 h 11 min

« Hélène Gremillon parmi les bonnes lectures d’Amette? Pince-moi. La femme de Julien Clerc. Votre ami Olivier Rolin, ex de Birkin, »

D.uchamp, c’est pas vous mon cher troll qui me traitiez de Pipelet !

Ma cassette dit: 9 octobre 2013 à 19 h 00 min

TKT dit: 9 octobre 2013 à 17 h 48 min

Comme d’habitude Thierry cherche son petit rabais.
Belle attitude de BOF.

des journées entières dans les arbres dit: 9 octobre 2013 à 18 h 58 min

(No offense Jo Clounier; je partage beaucoup de ce que vous dites sur la non-création théâtrale, faites de reprises plus ou moins heureuses.. J’avais même trouvé osé de retranscrire Cyrano dans un milieu hospitalier psychiatrique. Mais le panache étant ce qu’il est … éternellement bluffant.
Je ne conseillerais pas à un ami d’aller voir du Pommerat. Sauf à ce qu’il ait des velléités de théoriser la misère humaine, le tout dégoulinant de bien pensance très orientée politiquement; mais oui pour Lagarce, son dernier retour en famille)
_______________________________

La journée avait bien commencé avec cette matinale, la biennale de Lyon vue par Lucchini et la sortie de « la vie d’Adèle » par Godard, le tout traduit par humoriste français sur une radio d’origine luxembourgeoise.
Et puis tout s’est détraqué dans l’autoradio aux alentours de 10H.
Il a suffit de quelques minutes d’écoute d’une analyse linguistique psycho lacanienne du cri, de la musique, du langage de « karl  le robot » qui fait une « scène de ménage«  à l‘astronaute,
et alors l’énervement,
la sortie de route évitée de justesse, la courbure du virage, une surprise.
J’ai coupé cette radio France d’inculture, et j’ai mis de la zique.
C’était pas du Wagner.

Duchamp dit: 9 octobre 2013 à 18 h 22 min

Paul Edel vous êtes confondant ! Restez en à vos amours italiennes. Elles vous réussissent mieux. Le reste du temps, vous vous écoutez bloguer. Pénible. Je ne suis pas dérangé que vous n’aimiez pas Darrieusecq. Franchement, moi non plus. Vous vous arrangez TOUJOURS pour être grosso merdo du côté du manche. « Mes confrères d’Albin », « les gens de mon petit cercle », les noms connus… « Votre ami Chereau ». Personne ne vous le reproche. Sans être d’accord entièrement avec M.Court, je n’aimais pas tellement son théâtre. Mais l’homme était attachant. Certaines de ses créations m’ont transporté.

Vous louez uniquement ce qui n’a pas besoin de l’être. Si vous égratignez, c’est que la cote pipolisante n’est pas au mieux. Triste baromêtre. Hélène Gremillon parmi les bonnes lectures d’Amette? Pince-moi. La femme de Julien Clerc. Votre ami Olivier Rolin, ex de Birkin, même au plus mauvais, y figure aussi. Vous voulez monter un groupe ou quoi? Popaul-et-ses-copains-écrivains-susceptibles-de-rapporter-gros.

Quelque chose de vieux dans vos défenses et dans vos opinions. Le petit Passou teigneux et couillu qui monte au créneau a davantage la gniaque . Il a ses amitiés, c’est sûr, et elles sont flagrantes. Lui au moins ne se pavane pas. Il n’hésite pas à défendre la veuve et les orphelines.

TKT dit: 9 octobre 2013 à 17 h 48 min

Puisqu’il est aussi question de théâtre, je suis allé hier soir au Théâtre Labruyère voir « Zeld et Scott ». Un des meilleurs spectacles vu ces dernières années. La salle était surchauffée, l’horreur, cela me rappelait les restaurants Pragois après la chute du mur, quand le systtème de chauffage n’était pas réglable… L’employé de la caisse, rencontré à l’arrêt d’autobus, m’a conseillé de réclamer directement à la direction… Quelqu’un fera passer le messsage ?

TKT dit: 9 octobre 2013 à 17 h 38 min

@ Brouillons les pistes dit: » 9 octobre 2013 à 15 h 31: Surtout que JC n’est plus une jeune fille. »: Si JC et D. sont le même D.burné, il est au moins un vieux puceau.

naine courbée par une scoliose dit: 9 octobre 2013 à 17 h 22 min

La symétrie de cet appareil radiophonique est proprement terrifiante…

Même le nom, le S et le B se confondent : on lit BABA.

Jo Clounier dit: 9 octobre 2013 à 17 h 18 min

Chantal, je n’avais pas vu votre post. Pippo Delbonno vient régulièrement au Rond-Point. Je crois avoir à peu près tout vu de lui depuis Le Silence, au Rond-Point et/ou à Avignon.

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 17 h 16 min

Sergio aime les appareils gauchis : par exemple les naines courbées par une scoliose cyphosée… Pervers, le lutin !

C.P. dit: 9 octobre 2013 à 17 h 10 min

Mais oui, James Thiérrée : le DVD de « La Symphonie du Hanneton », enregistré au Rond-Point en 2005, est un régal.

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 17 h 09 min

D’ailleurs, je pense que certains arts du cirque sont un des aspects du théâtre d’aujourd’hui.

hach l’opéra de pekin sehr gut..l’art total serait de pouvoir regarder manger et boire en même temps..wagner et l’octobeur fess..avec des montreur d’ours..le gros goering en dompteur..prost..ça ça srait du nanan

C.P. dit: 9 octobre 2013 à 16 h 39 min

Jo Clounier, je vous ai bien compris ainsi. Les dérives ne datent pas d’aujourd’hui, quant à la mise en scène des « classiques », même « contemporains ». Au reste, c’est pour le sourire que je parlais, en passant, de « Tête d’Or » : la famille Claudel n’était pas contente, mais alors pas contente du tout !, de la mise-en-scène de Mesguich en 1980.
On a connu des « Marivaux » avec des moutons sur scène, etc. En passant encore, je songe aux attirantes « traductions nouvelles »… de seconde main, Marc Court comprendra.
J’ai ajouté une remarque sur les cahiers des charges de certains CDN, parce qu’il y a là un problème connexe.

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 16 h 38 min

Court. dit: 9 octobre 2013 à 15 h 11 min

J’aimerai ne pas démériter à vos yeux d’Attila de la Critique, sincèrement. Hélas, désordonné par choix, insouciant par goût de la farce, je crains de susciter souvent encore votre déception. Nous en reparlerons de vive voix en Enfer.

Court. dit: 9 octobre 2013 à 16 h 38 min

A ce titre en effet, Jo Clounier, Pommerat vaut mieux que Pitoiset, surnommé par la profession Dominique Pitoyable pour sa manière d’essorer les classiques…
Bien à vous.
MCourt

averti, c'est mieux dit: 9 octobre 2013 à 16 h 36 min

et toi tu coinces, tu refoules des tuyaux, t’as la gueule de traviole et la perruque qui s’décolle!

chantal dit: 9 octobre 2013 à 16 h 32 min

Tiens quelqu’un qui cite Joel Pommerat ? Il me semble que c’est moi qui ai fait un compte rendu de son Cendrillon inversé l’an dernier.

Et quel spectacle de Pippo Delbonno vous avez pu voir ? Il tourne en ce moment avec son bus et ses comédiens ?

L’écriture de Jean-luc lagarce est très spécifique, il n’y a pratiquement pas d’intrigue, c’est du discours ..

Jo Clounier dit: 9 octobre 2013 à 16 h 28 min

Et James Thiérée, aussi (pas sûr de l’orthographe).
D’ailleurs, je pense que certains arts du cirque sont un des aspects du théâtre d’aujourd’hui. Je vais souvent au Sylvia Monfort pour ça, et je suis rarement déçu.

Jo Clounier dit: 9 octobre 2013 à 16 h 22 min

@ des journées entières & C.P.

J’ai cité Pommerat, non comme exemple de grand auteur, mais de ces metteurs en scène actuels qui, plutôt que de monter des classiques soi-disant dépoussiérés, préfèrent écrire eux-mêmes des pièces. Comme Koltès, d’ailleurs, à l’origine, ou Lagarce. Bonnes ou mauvaises, c’est une autre question, au moins ils essaient.
Delbono et Castellucci, eux, je les prends comme exemples d’hommes de théâtre capables de faire des spectacles à partir de rien, sans avoir besoin de se réfugier derrière des textes qui ont déjà fait leurs preuves depuis longtemps.
Quand Chéreau montrait ses grosses machineries, c’était nouveau, ça valait le coup. Mais une énième version de Roméo et Juliette avec des acteurs à poil et barbouillés de sang, comme je l’ai vu l’an dernier je ne sais plus où, c’est un intérêt limité.

play back dit: 9 octobre 2013 à 16 h 13 min

JC 14h14 ample et régulier y’a k prendre un surf et attendre la bonne pour glisser entre les nuits et des jours là où la passion absente la raison,le vent souffle en off comme sur nos Avignon.Les vergers d’abondance s’obscurcissent des arbres surchargés à l’automne mur impur, alambiques pour les distillations, bouilleurs de cru sans licence, clandestins de graves noires moissons.

Phil dit: 9 octobre 2013 à 16 h 13 min

Pour finir sur une scène d’opéra aujourd’hui, il faut présenter un profil « sexy ». C’est la jacklanguisation de la culture dirait M. Court. Un Louis II édenté n’aurait aucune chance d’atterrir dans les bras libre(to) de Py.

Ninja dit: 9 octobre 2013 à 16 h 03 min

15h50 mais non, c’est une pub, un avion qui passe sans elle pour vanter vos services.A la plage comme à la plage, Capri c’est fini.

C.P. dit: 9 octobre 2013 à 16 h 03 min

Daaphnée, oui : le livre (Seuil/coll. l’Univers historique) est assez gros (390 pages avec l’index), consacré essentiellement aux XIXe et XXe siècles, -avec de bons allers-retours entre société et imaginaire littéraire-, pas trop universitaire (Kalifa enseigne à la Sorbonne et à NYU), et dédié à Alain Corbin.

curiosa dit: 9 octobre 2013 à 15 h 58 min

Dame Christiane, pouvez-vous nous expliquer : Chéreau était un ami que je ne connaissais pas personnellement ??? et votre ami MCourt ???

devinez qui dit: 9 octobre 2013 à 15 h 54 min

A propos de Succo, la question n’est pas de savoir si un « mauvais garçon » peut être un personnage d’opéra (évidemment), mais si un fou peut l’être. Et là, c’est encore plus évident.
Car Roberto Succo (le vrai) n’était pas un mauvais garçon, c’était un schizophrène. Un innocent au sens de « hagard, incomprenant/incompris », une sorte de Kaspar Hauser violent.

chantal dit: 9 octobre 2013 à 15 h 47 min

Einstein on the beach c’est davantage du théatre / danse, sur une partition de Philippe Glass.

http://www.youtube.com/watch?v=sMb2f_-m7iM

En réalité c’est une autre discipline, davantage axée sur l’expressivité, sans paroles avec des thèmes répétitifs.

Dans le mme ordre vous avez un chorégraphe contemporain Sacha Waltz, qui fait un travail remarquable sur le flux et reflux dans les mouvements de ballets, il instille toujours une variation intempestive dans le mouvement général. Il accorde aussi beaucoup d’importance aux harmoniques de tons en rapport avec les sentiments ou pulsions à exprimer.

http://www.youtube.com/watch?v=swDdo9HGmNs

Je n’ai pas eu l’occasion de voir un Chéreau à la scène, bien modestement j’ai le souvenir de la reine Margot.

Daaphnée dit: 9 octobre 2013 à 15 h 41 min

Pour en revenir au sujet ..
Les mauvais garçons .. en filles, ce sont plutôt des empoisonneuses, non ?
( passons sur les ogresses et autres vilaines fées )

On y trouve autre chose dans votre « Les Bas-Fonds / Histoire d’un imaginaire » de Dominique Kalifa, CP ?

u. dit: 9 octobre 2013 à 15 h 05 min

« Avec juste un tout petit tablier blanc et de grandes oreilles de Mickey sur la tête ? »

Moi, j’écoute ce qu’on me dit, hein.

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 15 h 04 min

Ici, une copine normale, tu lui propose un plan-cul à base de blouse blanche, de suppositoire et de talc, c’est non

..clopine note en sténo..

u. dit: 9 octobre 2013 à 15 h 04 min

« le latin perdu c’est devenu chaotique »

C’est beau comme du Virgile.

Ibant obscuri sola sub nocte per umbram…

Daaphnée dit: 9 octobre 2013 à 15 h 01 min

la nurse qui est number one

Avec juste un tout petit tablier blanc et de grandes oreilles de Mickey sur la tête ?

défiez-vous des polyglottes dit: 9 octobre 2013 à 14 h 58 min

Si on prend le mot « nurse » dans son sens français, il est normal que la nurse vienne avant la maîtresse d’école.

u. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 58 min

Ici, une copine normale, tu lui propose un plan-cul à base de blouse blanche, de suppositoire et de talc, c’est non.
On est normaux.

u. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 55 min

Dans les kosupure des Japonais, c’est la nurse qui est number one.
La maîtresse d’école vient ensuite.

Ça en dit long sur leurs souffrances.

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 14 h 54 min

Mais enfin, Court !
A quoi servent les travaux d’Hercule de nos humanistes du 3ème millénaire si on continue comme sous les vieux Grecs à bouffer des gosses en salade et à représenter au théâtre des tueurs et des assassins aux belles cnémides ?!

Au nom de la bonne littérature vous défendriez d’aller vers un progrès fait d’amour, de partage, de respect et de tolérance ? Etonnant …

Pour tout vous dire, je suis pour une littérature humaniste et des opéras bien propres sur eux, donnant exemples à suivre.

u. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 51 min

« non je te parle de mec qui arrive a communiquer avec l’estérieur (des réveillés) et a influer sur le court de leur rêve. » (b.)

Tu es tellement enthousiaste que ta grammaire déconne.
Le mec qui dort influence le rêve de ce qui ne dorment pas.

Lève un peu les yeux.
Il y a aussi des yeux et un cerveau chez ta nurse.

Daaphnée dit: 9 octobre 2013 à 14 h 48 min

un jour mel gibson a dit de shakespeare qu’il était tellement déprimé qu’il buvait trop..

Ah, le Boug’ !
While my gibson gently weeps ..

u. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 48 min

« bois un coup jicé..ça ira mieux »

Quand on pense aux guerres civiles auxquelles nos pères ont survécu grâce à ce bon conseil.
Respect.

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 14 h 47 min

Elle appelait ça « lui changer la vidéo »

..les femmes c’est quand même des salopes..non je te parle de mec qui arrive a communiquer avec l’estérieur (des réveillés) et a influer sur le court de leur rêve..je te dis pas les brebis quil se frait jicé

renato dit: 9 octobre 2013 à 14 h 47 min

Surtout, Marc Court, que si on dit « hic sunt dracones », le public est ferré. « Hic nascuntur elephantes », est plus commerciale (l’ivoire y est abbondant).

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 14 h 42 min

il y a du Shakespeare en arrière plan de Koltes

un jour mel gibson a dit de shakespeare qu’il était tellement déprimé qu’il buvait trop..

Court. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 41 min

Pardonnez-moi, MDR, mais on bouge dans Tristan, dans les Maitres, dans Tannhäuser, et meme dans Lohengrin . Tout autant dans la « ferblanterie tétralogique ». Je ne vois guère que Parsifal qui remplisse parfois les conditions de l’Oratorio.Et encore, le périlleux épisode des filles-fleurs…
CP. Pourquoi pas Zucco, en effet? C’est un très bon texte.
JC je comprends mal votre réaction. Si la moraline avait frappé le théatre depuis les origines, nous n’aurions jamais eu les Atrides ni Shakespeare….Faites le compte des sujets dits immoraux depuis Thyeste jusqu’à Macbeth, et vous verrez!
Bien à vous.
MCourt

u. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 41 min

« a piloter leur rêve »

J’ai connu une femme qui claquait son homme lorsqu’il grognait tout seul.

Elle appelait ça « lui changer la vidéo ».

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 14 h 38 min

..tu te rends compte zouzou qu’il y a des gens qui arrivent a piloter leur rêve ! on devrait leur coller des impots comacs

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 14 h 35 min

bouguereau, lui, il fait toujours le même rêve: the Busty Nurse

une réverie malheureusement..comme dirait rénato nos rêves ont des libréto trop..et pas assez..heureusement y’a la couette

u. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 34 min

« c’est toute une toison qu’il a dans l’nez jicé »

L’oreille bien dégagée, en revanche.
Il va à Bayreuth en enfant sage.

renato dit: 9 octobre 2013 à 14 h 33 min

Bien que le Vate de Buenos Aires ait délibérément corrompu les noms et les faits historiques, « Historia universal de la infamia » reste une belle collection de « voyous de l’âge classique ».

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 14 h 32 min

… c’est pas mal, non plus

c’qui veut dire jicé c’est que bientôt y’aura d’l’inflation sur scène..la fed a beau faire

u. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 31 min

« seul système de gouvernement qui permet à des moutons de se rêver bergers …! » (JC)

bouguereau, lui, il fait toujours le même rêve: the Busty Nurse.

Daaphnée dit: 9 octobre 2013 à 14 h 31 min

Me voilà rassurée, CP …

Cela dit, Hamlet comme mauvais garçon … c’est pas mal, non plus, et sans se hasarder trop, il y a du Shakespeare en arrière plan de Koltes ..

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 14 h 30 min

Le jour où le choeur qui s’égosille « Partons, partons! » se dirigera pour de bon vers la sortie, on se retrouvera chocolat

à poil à poil..

Le patron dit: 9 octobre 2013 à 14 h 30 min

Me voilà rassurée, CP …

Cela dit, Hamlet comme mauvais garçon … c’est pas mal, non plus, et sans se hasarder trop, il y a du Shakespeare en arrière plan de Koltes ..

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 14 h 29 min

seul système de gouvernement qui permet à des moutons de se rêver bergers …!

c’est toute une toison qu’il a dans l’nez jicé

bouguereau dit: 9 octobre 2013 à 14 h 27 min

le ‘charboniais’ de ce conte ne fonde sa foi sur aucun argument théologique ou philosophique

mais la foi est une grâce baroz.. comme la forte poitrine pour la blonde

C.P. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 25 min

Chère Daaphnée, ce n’est pas moi qui ai parlé d’un « voyou de l’âge classique ». D’où mes guillemets.

Tiens, on m’a offert un bon livre : « Les Bas-Fonds / Histoire d’un imaginaire » de Dominique Kalifa. Jack l’Eventreur largement évoqué.

u. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 20 min

Mdr dit: 9 octobre 2013 à 14 h 15 min

Plaignez vous.

Le jour où le choeur qui s’égosille « Partons, partons! » se dirigera pour de bon vers la sortie, on se retrouvera chocolat.

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 14 h 19 min

« Mais la pièce de Koltès est un peu plus trouble que ça. »

Autre éventualité : que Koltès soit trouble…

Mdr dit: 9 octobre 2013 à 14 h 15 min

Court. dit: 9 octobre 2013 à 11 h 02 min

« …dans une bonne mise en scène(…) on bouge toujours. Surtout à l’Opéra.Pardon de rappeler cette évidence. »
Ou Court est d’une mauvaise foi sans limite ou, comme tout wagnérien qui se respecte, il ne décolle pas les yeux de sa partition. Dans les deux cas, on peut parler d’aveuglement.

l'amour vache dit: 9 octobre 2013 à 14 h 13 min

bouguereau vous respireriez mieux si vous vous enleviez quelques poils du nez.. prenez exemple sur u.

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 14 h 12 min

Camarade U.
Effectivement, je dois reconnaître les bienfaits de la démocratie, seul système de gouvernement qui permet à des moutons de se rêver bergers …!

Ninja dit: 9 octobre 2013 à 14 h 10 min

Vous êtes un beau ciel d’automne, clair et rose!
Mais la tristesse en moi monte comme la mer,
Et laisse, en refluant, sur ma lèvre morose
Le souvenir cuisant de son limon amer.

Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme :
Ce qu’elle cherche, amie, est un lieu saccagé
Par la griffe et le dent féroce de la femme.
Ne cherchez plus mon cœur; les bêtes l’ont mangé.

Mon cœur est un palais flétri par la cohue,
On s’y soûle, on y tue, on s’y prend les cheveux.
Un parfum nage autour de votre gorge nue!…

O Beauté, dur fléau des âmes! tu le veux!
Avec tes yeux de feu, brillants comme des fêtes,
Calcine ces lambeaux qu’ont épargnés les bêtes!

Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,
Un autel souterrain au fond de ma détresse,
Et creuser dans le coin le plus noir de mon cœur,
Loin du désir mondain et du regard moqueur,
Une niche, d’azur et d’or tout émaillée,
Où tu te dresseras, statue émerveillée.
Avec mes Vers polis, treillis d’un pur métal
Savamment constellé de rimes de cristal,
Je ferai pour ta tête une énorme Couronne;
Et dans ma jalousie, o mortelle Madone,
Je saurai te tailler un Manteau, de façon
Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon,
Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes;
Non de perles brodé, mais de toutes mes Larmes!
Ta robe, ce sera mon Désir, frémissant,
Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend,
Aux pointes se balance, aux vallons se repose,
Et revêt d’un baiser tout ton corps blanc et rose.
Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers
De satin, par tes pieds divins humiliés,
Qui les emprisonnant dans une molle étreinte,
Comme un moule fidèle en garderont l’empreinte………………………………………………………….

C.P. dit: 9 octobre 2013 à 14 h 09 min

JC, je comprends. Mais la pièce de Koltès est un peu plus trouble que ça.
(Si vous le permettez, je la connais assez bien, et une de mes gamines (Chloé) a joué La Gamine dans la mise-en-scène de Philippe Calvario.)
Vous ne trouvez pas trouble aussi bien le « Tête-d’Or » de Claudel ?

Daaphnée dit: 9 octobre 2013 à 14 h 06 min

Comme « voyou de l’âge classique », Jack l’éventreur est une pointure !

Heu, CP, on ne doit pas situer l’âge classique à la même époque !

JC..... dit: 9 octobre 2013 à 14 h 05 min

Colonel Bouguereau,
Puisque la main des despotes écrivant vous fascine, lisez « Zabiba et le Roi » de Saddam Hussein….

Un récit qui vous prend à la gorge.

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