de Pierre Assouline

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La République des livres
Le problème avec ceux qui ont un problème avec Peter Handke

Le problème avec ceux qui ont un problème avec Peter Handke

C’était à craindre et ça n’a pas manqué : sitôt l’annonce du prix Nobel de littérature 2019 décerné jeudi dernier à l’Autrichien Peter Handke (1942), des voix se sont faites entendre pour dénoncer la décision et ses motifs. Les académiciens suédois émergeaient à peine d’une série de scandales (Bob Dylan statufié en poète majeur, l’affaire Arnault, les démissions et la crise interne qui s’en suivirent) qui avaient considérablement affaibli leur institution : non pas « l’Académie Nobel », qui n’existe pas, mais le comité Nobel de l’Académie suédoise, lequel fait plancher toute l’année son comité d’experts qui lance ses filets un peu partout dans le monde littéraire planétaire pour établir sa sélection.

Cette année, pas de vagues, promis. Il fallait être consensuel. Ils l’ont été en choisissant la Polonaise Olga Tokarczuk pour le prix 2018 à retardement et l’Autrichien le plus célèbre de Chaville (Hauts-de-Seine) en la personne de Peter Handke. Ils devaient bien se souvenir que celui-ci, malgré son statut mérité de classique moderne, n’était pas seulement une personnalité clivante : il trainait une casserole mais ils n’imaginaient pas qu’elle pouvait encore faire tant de bruit longtemps après, jusqu’à couvrir la seule chose qui devrait importer en l’espèce : son œuvre, l’une des rares depuis les années 70 à être constante dans sa richesse, sa diversité, sa singularité et sa fidélité à … son auteur et non à l’air du temps, aux modes, aux pressions de l’époque.

Or le Pen America, puissante organisation internationale de défense des écrivains et de la liberté d’expression (puissante, du moins aux Etats-Unis) vient d’exprimer ses « profonds regrets » à la suite de cette annonce. Elle s’est dite « abasourdie », Peter Handke ayant selon elle usé de sa notoriété pour « saper la vérité historique » et offrir un soutien public aux « auteurs du génocide », autrement dit l’ancien président serbe Slobodan Milosevic et l’ancien leader des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic. Aux Etats-Unis toujours, Carolyn Kellogg, la critique du Chicago Tribune citée dans The Literary Saloon, a décrété pour les mêmes raisons que n’ayant jamais lu Handke, elle n’allait certainement pas s’y mettre. Dans The InterceptPeter Maass a été plus loin encore en associant Peter Handke aux criminels de guerre qu’il a défendus et en traitant les académiciens suédois d’esthètes irresponsables qui, par leur vote, ont signé l’arrêt de mort du prix Nobel de littérature.

La violence de ces condamnations ne peut que conforter ceux-ci dans leur volonté d’indépendance, indispensable après les événements qui ont ébranlé l’institution. Elle est un excellent révélateur de ce qui nous sépare de ces pauvres intellectuels américains pris entre deux morales également détestables : le trumpisme qui fait les dégâts que l’on sait dans l’Amérique profonde et le politiquement correct qui en fait tout autant sur les consciences notamment dans les milieux universitaires côte est et côte ouest. Deux injonctions morales aussi détestables, à cent lieues de toute éthique mais au plus près d’une moraline des plus archaïques, à laquelle les Européens ne sauraient trop résister dès lors que se manifestent ses symptômes les plus visibles : raciser (quel mot atroce !), genrer (idem), exclure au nom du communautarisme, se conformer à une doxa d’autant plus tyrannique qu’elle a l’opinion pour elle etc. Toutes choses qui font le lit d’un séparatisme rampant intolérable en République.

 

Personnellement, je ne fais mienne aucune des idées de Peter Handke relatives à l’ex-Yougoslavie. Et alors ? En quoi son plaidoyer permanent pour le non-interventionnisme des Etats dans les affaires d’autres Etats dans le monde, et ses prises de position serbophiles, qui ont au moins le courage de la franchise et de la cohérence sur la durée, portent-elles jugement sur ses grands romans (L’angoisse du gardien de but au moment du penalty, ou son discret chef d’oeuvre sur sa mère Le Malheur indifférent…), ses grandes pièces (La chevauchée sur le lac de Constance), ses traductions (Bove, Char, Ponge, Modiano, Green), ses contes (Mon Année dans la baie de personne), ses récits de voyage, ses poèmes, ses essais ? En rien. Par quelque côté qu’on prenne la chose, pour lui comme pour Céline, Pound, Hamsun et d’autres réprouvés de la société, ca ne change rien. Juger l’oeuvre d’un écrivain, la censurer au besoin (ce que le droit canonique définit comme la suspense, ou à une mise au ban), en fonction d’un jugement moral porté sur l’attitude politique ou sociale de son créateur, est non seulement absurde, réducteur, désolant mais dangereux.  Il y a dans ces appels publics au lynchage dans les réseaux sociaux comme un arrière-goût de chasse à l’homme qui rappelle les pires époques. On peut tuer un écrivain pour moins que ça comme on vient de le faire aux Etats-Unis avec des acteurs (Kevin Spacey), des réalisateurs (Woody Allen, Roman Polanski), des chanteurs (Plàcido Domingo)… Les écrivains, ce serait plutôt avec des fausses rumeurs ou des accusations fondées de pédophilie, d’antisémitisme ou de négationnisme qu’on peut les mettre au ban de la société et pour un bon moment. Or en liquidant l’auteur on liquide l’oeuvre. Avec les critères de moralité exigées aujourd’hui par les censeurs, Gide aurait été écrasé au lendemain de Corydon (1924) et Tony Duvert après Quand mourut Jonathan (1978) pour ne citer qu’eux. C’est un miracle qu’il se trouve encore des éditeurs courageux (Léo Scheer, Pierre-Guillaume de Roux, Fata Morgana) pour publier les textes de Richard Millet.

Lors de la guerre civile qui a abouti à l’éclatement de la Yougoslavie, Peter Handke n’a pas caché ses sentiments pro-serbe. Dès 1999, n’ayant jamais eu son drapeau dans sa poche, Handke (père inconnu, autrichien par les paysans qui l’ont élevé, slovène par sa mère) dénonçait les bombardements de l’OTAN sur la République serbe. Sa présence à l’enterrement de Milosevic fut remarquée et fortement médiatisée, d’autant qu’ « on » prétendit qu’il avait touché de sa main le cercueil du défunt afin d’y déposer une rose et de dire sa fierté à brandir alors un drapeau serbe.

En France, cela provoqua un dommage collatéral qui fit beaucoup de bruit en 2006. Un bref article duNouvel Observateur : il y était dit que par sa présence à ces funérailles et par sa « position révisionniste » , Peter Handke aurait pu « approuver le massacre de Srebrenica et d’autres crimes dits de purification ethnique ». Il fit condamner le journal pour dénonciation calomnieuse mais le mal était fait. L’article mit le feu aux poudres.

Le phénomène désormais inévitable de l’emballement embraya aussitôte. Après avoir consulté son conseil d’administration, et bien qu’une partie de ses membres y fut hostile, l’administrateur général de la Comédie-Française Marcel Bozonnet créa une vive polémique en supprimant de la programmation du Vieux-Colombier Voyage au pays sonore ou l’art de la question (1989, traduite en français en 1993) de Peter Handke, qui devait y être jouée du 17 janvier au 24 février 2007 dans une mise en scène de Bruno Bayen. L’administrateur du Français, droit dans ses bottes, refusait d’offrir une « visibilité publique » au dramaturge au motif que, même s’il ne s’agit pas d’une oeuvre de propagande, le théâtre est une tribune dont « l’effet est plus large que la seule représentation ». Pourquoi l’avoir alors programmé ?! Le discours de Handke sur le tombe de Milosevic s’inscrivait parfaitement dans la logique de son engagement tel qu’il l’a manifesté depuis des années à travers livres et articles. Pour Bozonnet, la pièce n’était pas en cause mais la présence de Handke aux obsèques de l’ancien dictateur était un « outrage aux victimes »; or il ne peut se résoudre à distinguer l’homme de l’oeuvre. Reconnaissons qu’il y a là un vrai débat, que la polémique mit en lumière sans l’approfondir, hélas car elle dépasse le cas Handke.

S’il avait pris la peine de vérifier, Marcel Bozonnet aurait appris que, si Handke avait bien prononcé un discours aux obsèques de Milosevic moitié en allemand moitié en serbo-croate, il a démenti formellement les gestes et attitudes qu’on lui a prêtés. De quoi s’agit-il alors ? Rien moins que la censure d’une oeuvre exercée en fonction du comportement de son auteur. Le même esprit était à l’œuvre tout récemment lors de la récente censure des Suppliantes pour crime de blackface même si ce n’est pas à Eschyle mais au metteur en scène qu’en voulaient les purs militants de la bienpensance.

Handke se dit « dégoûté »par toute cette polémique, assura qu’il n’avait jamais eu de « position négationniste« à propos du massacre de Srebenica, qu’il n’était pas « pour » les Serbes mais « avec »les Serbes, que Milosevic ne pouvait être qualifié de « dictateur » puisqu’il a été élu (euh, cela m’en rappelle un autre vers 1933…) et enfin qu’il ne se sentait ni un coupable ni un héros mais plutôt dans la peau du « troisième homme ».Ce qui ne fit qu’augmenter l’énigme Handke. Car s’il fait bien allusion au film de Carol Reed et au disparu omniprésent du rôle-titre, non au personnage du mystérieux infirmier Harbin mais au fantomatique trafiquant Harry Lime, il faudra peut-être réexaminer sa position sur la guerre des Balkans à la lumière de la légendaire réplique murmurée par Orson Wellesdans la cabine de la grande roue :

 « En Italie, pendant les trente ans de règne des Borgia, il y a eu la guerre, la terreur, des crimes, du sang versé, mais cela a donné Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse, il y a eu l’amour fraternel et cinq cents ans de démocratie et de paix… Et qu’est-ce que ça a donné ? La pendule à coucou… »

A moins que, comme nous le suggère Olivier Le Lay, l’un des traducteurs de Handke, Le troisième homme ne soit autre que « der Dritte », le tiers ou le témoin, ni au sens de l’accusation, ni au sens de la défense. Cela consiste à exercer son regard sans neutralité :

« Toute son oeuvre atteste de cette ascèse là »

Peu de temps après, Peter Handke vit l’ensemble de son oeuvre couronnée par la ville de Düsseldorf d’une des plus prestigieuses récompenses littéraires allemandes : le prix Heinrich Heine. Les livres de ce classique moderne, qui finira bien par être pléiades de son vivant qui sait, répondaient à leurs critères puisqu’ils sont, selon eux, » situés dans l’esprit des droits fondamentaux de l’être humain pour lesquels Heine s’était engagé… (et que leur auteur) promeut le progrès social et politique, sert la compréhension entre les peuples ou élargit la connaissance des affinités entre tous les hommes ». En principe, la ville de Düsseldorf qui dote ce prix (c’est la ville natale de Heine) ratifie toujours la décision de son jury composé d’éminents représentants du monde culturel. Or son conseil municipal fit un coup d’éclat en s’y refusant. Comme s’il tenait le jury pour un rassemblement d’enfants immatures même pas fichus de débusquer la bête immonde derrière le binoclard. Pour ne pas cautionner l’engagement politique dePeter Handke, il sanctionna donc le romancier, le dramaturge et le poète en lui. Pétitions, contre-pétitions etc : Handke était à nouveau mais outre-Rhin cette fois, l’homme par qui le scandale arrive. Las, peu après, il annonçait qu’il renonçait à son prix.

Handke est l’écrivain de l’errance, de l’incommunicabilité entre les êtres, de l’enfance sacrée, du quotidien transcendé et des infimes détails que l’on ne sait plus voir (…) Sa prose a le rythme d’une promenade à pied. On avance, on regarde, on s’arrête, on repart. Un flux et reflux (…) C’est l’Homme de Giacometti. Il a un humour ravageur. Il vit chaque jour comme si c’était le dernier.

Lisez plus avant ce que dit de lui le critique Bernard Morlino, l’un des rares qui le lise et le fréquente depuis des années. C’est d’une profonde justesse. Dans son recueil J’habite une tour d’ivoire (traduit de l’allemand par Dominique Petit, Titres/Bourgois), on  trouvera in fine la reproduction d’un article fin et sensible qui donne l’une des clés de la psychologie de Peter Handke. Il s’agit d’un texte de 1991 dans lequel son principal traducteur Georges-Arthur Goldschmidt explique l’absence de dialogues et de conversation dans l’oeuvre de l’écrivain par son absolue solitude envisagée comme méthode et effort de concentration. Solitude, peur, malaise et marche à pied, autant d’étapes pour aboutir à un vide fécond et créateur. Mais d’une solitude ontologique propice au dévoilement, au perpétuel examen de soi. Il y a quelque chose de mystique dans son hypersensibilité (très bien analysée ici par Paul Edel). Là est le vrai Handke, tout en étrangeté, ellipses, ironie et retrait du monde, le seul qui importe car y cohabitent sa face lumineuse et sa face sombre.

(« Dans la baie de personne » photo Pieter Hugo ; « Peter Handke » photo François More)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, Littérature étrangères.

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commentaires

1 338 Réponses pour Le problème avec ceux qui ont un problème avec Peter Handke

Bloom dit: à

Johnson, t’est foutu,
Les grands-mères sont dans la rue!

« Grannies Against Brexit »

Bloom dit: à

Qui a vu que le Brexit était plié? Mere wishful thinking, I’m afraid:
« The former Tory minister Oliver Letwin’s amendment passed 322 to 306. This means Boris Johnson did not get the clean yes or no vote on his Brexit deal that he had hoped for in Saturday’s “super sitting” and must by law request an extension. In short, it pushes the focus of Brexit decision-making into next week ».
-The Guardian

Il faut donc attendre la semaine prochaine, sans aucune garantie que l’accord entre le gouvernement britannique et l’UE soit voté par les Communes. Au moinsss trois possibilités se font jour: votre de l’accord, accord rejeté et report de la date, sortie sans accord, type Brexit sec, sans beurre ni, peut-être, argent du beurre.
Plusieurs inconnues, la réaction des anti-Brexiteers mobilisés en masse aujourd’hui, celle des marchés, celle des loyalistes/unionistes nord-irlandais…
Sur Sky News hier, discours de Nigel Farage lors d’un meeting de pré-campagne, délires nationalistes et démagogiques évoquant immanquablement les années 30.

et alii dit: à

je sens qu’un erdélien jubile
Michel Houellebecq, une raison en enfer
Un entretien, une fable et une biographie esquissent le rapport de l’écrivain à la foi, lui pour qui « les écrivains convertis sont de meilleurs écrivains que les autres ».le monde

D. dit: à

La guerre civile est imminente en Grande Bretagne.
1/66ème de la population est dans la rue.
Prffftt…!!!

Clopine dit: à

Yesssss ! Pierre Bensusan m’a dit « oui » (les artistes sont décidément des gens de coeur) et donc, nous pourrons utiliser sa musique pour notre documentaire. C’est une jolie histoire , parce que Pierre connaît très bien mon premier petit ami (d’il y a quarante ans !!) , qui apprenait la guitare picking dans les années 75 et qui m’a fait découvrir le virtuose.

C’est décidément réjouissant quand la vie parcoure des chemins qui se croisent… C’est si joli ! Autant que ceci : https://youtu.be/aBxQWE2paik

Delaporte dit: à

Dans le Libé d’aujourd’hui,t intéressante rencontre-interview avec Didier Daeninckx:
« Moi aussi, je raconte la disparition d’une culture
_________

Vous pouvez nous en donner un extrait ?

D. dit: à

Bob ça y est le Brexit est définitif et dur.
Alleluia ! L’Europe communautaire pourrie suivra par petit morceaux, Italie, Espagne, France et Allemagne et ce sera la fin de la pourriture puis le Printemps des nations libres.

renato dit: à

Pavese chez Paul Edel

renato dit: à

Brexit. Puisque la campagne référendaire fut une escroquerie ils ne peuvent que prendre le platane du réel de plein fouet.

christiane dit: à

@Delaporte,
A propos du livre de Peter Handke dans Mon année dans la baie de Personne, vous écrivez : « J’ai lu ce roman de Handke. C’est une drôle de chose. »
Oui, c’est une drôle de chose ! Il faut arriver à la fin du livre (chapitre IV – p.317) pour aborder à « Mon année dans la baie de Personne ».
Que s’est-il passé avant ? une suite de souvenirs qu’il note sur la vie de ses amis, sa compagne, son fils, des lieux arpentés loin de ce coin de banlieue entre Meudon et Versailles, cette fameuse «baie de Personne» à la lisière des bois (rien d’océanique !) où il se promène parfois et ramasse des champignons mais c’est surtout un marcheur immobile qui marche dans sa tête. Il les ramène tous dans « sa baie », même des inconnus rencontrés ça et là. Il se métamorphose en ces souvenirs et s’efface peu à peu… Fiction et mémoire mêlées.
Il se demandera (p.323) : « Et pourquoi, pendant ton année d’écriture dans la baie, n’es-tu pas resté ce spectateur pur et fort, et t’es-tu mêlé au jeu, comme toujours ? Où sont tes notes de témoin oculaire, ton procès-verbal ? Combien de temps a duré le voyage avec le livre ? »
Peut-être, que le monde réel est inapprochable, insaisissable et qu’il l’exclut…
Il s’étonne que le compte-rendu prévu se soit « dévoyé » en un récit.
Et suggérera-t-il, à la fin du livre, peut-être que l’animal fabuleux, c’était lui (Chacun sur un barreau de l’échelle se regardant avec étonnement. Un reflet comme un double familier non détachable de lui-même : « Personne ».)
On pense à l’ange Damiel observant Berlin divisé par le mur, écoutant les pensées des gens dans Les ailes du désir (où il était près de Wim Wenders pour créer quelques dialogues) quand il regarde les gens passer.
Le livre est traduit par Claude Porcell, germaniste spécialiste de littérature de langue allemande (T.Bernhard, P.Härtling, M.Frisch, B.Strauss) et traducteur de haut vol (Rilke, G.Grass).
De la pièce de P.Handke Outrage au public : «Le temps nous échappe. Le temps ne peut pas être joué. Le temps est réel. Il ne peut pas être joué comme une réalité. Puisque le temps ne peut être joué, la réalité ne peut être jouée. Cependant, si on joue en dehors du temps, il n’est pas nécessaire de jouer le temps. Cependant, si on joue en dehors du temps, le temps est sans signification.»

Et par rapport à votre litanie sur Saint-Malo, « morne rivage » vous écrivez : « Quant à ma «prose», elle était parodique, bien sûr, et pas à prendre au sérieux. »
Ça, je l’avais compris et ressenti ce jeu qui vous vient comme le refrain d’une chanson à boire.

et alii dit: à

pourquoi DLP me fait toujours rire,
il a beaucoup d’un automate!

Janssen J-J dit: à

Je ne sais pas pourquoi DLP me fait toujours rire, mais jamais Ch. C’est sans doute que le premier ne s’énerve jamais.

Paul Edel dit: à

Dans le Libé d’aujourd’hui,t intéressante rencontre-interview avec Didier Daeninckx:
« Moi aussi, je raconte la disparition d’une culture »

D. dit: à

DIRECT. BREXIT : des milliers de personnes manifestent à Londres pour réclamer un nouveau référendum

Delaporte dit: à

Finalement, Rosset a écrit assez peu de livres. On n’en a jamais publié autant de lui que depuis qu’il est mort. L’autre jour, je voyais qu’il y avait un livre d’entretiens avec lui, notamment. Je n’ai pas eu du tout envie de l’acheter. Les livres de Rosset devaient très mal se vendre, sans doute. Un petit éditeur, peu de publicité, un certain écho dans la presse, quand même. C’était un grand philosophe, sans doute, mais pas en majesté comme Derrida, par exemple. Rosset était tout simple. Il buvait de la bière, pas du champagne, lui. Derrida buvait du champagne. Tout ce qui était somptueux et majestueux appartenait à Derrida, et le trivial à Rosset. Du moins en apparence. Lequel des deux va durer le plus longtemps, pour reprendre à Rosset/Derrida l’interrogation de PaulEdel sur Bourget/Modiano ? Mystère. Mais je crois qu’une réévaluation de Rosset est possible. Rosset, c’est un gros potentiel, c’est pourquoi je propose qu’on le relise. On a beaucoup lu Derrida, et on continue. Moi-même, j’ai lu Derrida. Cortazar aussi lisait Derrida, et tant d’autres aussi s’y étaient mis. Mais il faudrait penser un peu à Rosset, lui faire une petite place dans nos esprits. Je suis sûr qu’il le mérite.

Delaporte dit: à

Les livres de Rosset sont peu épais. Un éditeur devrait rééditer son oeuvre philosophique complète en un volume ; ce serait l’occasion pour moi de la relire, car je dois dire que j’ai l’impression d’être passé à côté, je ne sais pourquoi. Je n’ai jamais accroché à Rosset. Il était trop athée pour moi, peut-être. Sa mort m’a procuré un grand effroi. Il est mort jeune, et dans la solitude, on ne sait pas très bien de quoi. C’est toujours triste, une mort, mais celle de Rosset a quelque chose de désespérant. J’avais été très étonné, par ailleurs, qu’il ait souffert de dépression. Je pensais qu’il se prenait pour le surhomme nietzschéen (cf. son premier livre) ; le voir dans la faiblesse était assez inédit, comme s’il avait abandonné tous son idéal de jeunesse. Bref, il était mûr pour se convertir à la religion. On en attend un autre, Houellebecq. Houellebecq aussi est mûr pour le catholicisme, cf. l’entretien dans la Revue des Deux Mondes. Je n’ai pas encore lu cet entretien, car c’est une revue qui coûte au moins 18 €, ce que je trouve prohibitif. Houellebecq aurait pu choisir pour s’exprimer par exemple La Croix. Je l’aurais lu gratuitement, ce journal m’ayant offert un petit abonnement d’essai. Cette semaine, j’ai lu La Croix chaque jour, et donc gratuitement. Grande satisfaction de ne pas jeter l’argent par les fenêtres. Houellebecq devrait songer à ses lecteurs qui n’aiment pas débourser trop d’argent. Pour recueillir sa parole, ouvrir son porte-monnaie est une épreuve. Je vais attendre d’aller à la bibliothèque, où tout est gratuit. Je vais lire GRATUITEMENT l’interview de Houellebecq, je ne donnerai aucun argent à cette revue d’extrême droite putride, dans laquelle jadis Penelope Fillon a fait les étincelles qu’on sait, qui vont la mener devant le tribunal correctionnel où elle risque une grosse amende et le déshonneur. Aux chiottes le Revue des Deux Mondes !!!

Delaporte dit: à

« On ne remerciera pas les Israéliens qui n’ont que mépris pour elle. »

En effet. S’il y a un endroit du monde qui devrait être pour le yiddish une forteresse et un rempart, un havre de paix, c’est Israël. Comment cela s’explique-t-il ? Il y a des universités, là-bas. Une université, ça sert à ça.

christiane dit: à

JJJ,
vos me fatiguez ! Vous tournez en boucle sur une « vexation » que vous m’auriez infligée et sur mon devoir de l’accepter. Mais cette « vexation » n’existe que dans votre monologue. Je n’ai rien ressenti de tel à vous lire. Juste je vous ai trouvé un peu énervé et agressif.
Je vous laisse à Rosset. J’ai d’autres pensées qui m’occupent l’esprit. Vous devriez vous reposer ou sortir faire un tour…

Janssen J-J dit: à

@ wedo, de Sitges… Merci pour cette référence aux conquérants de l’inutile http://myjade.fr/ … Aller vers les « icebergs », on a pu le faire naguère avec le Clézio (Fata morgana), et plus récemment… avec Tanguy Viel (Minuit) l’obsédé des formes que peut prendre une pensée… comme celle d’un Rosset.

Bloom dit: à

Zombi: Ne pourrait avoir pour féminin que « zombie », car « zombite » ferait trop mauvais genre.
– Marina Yaguello, Le Sexe des mots.

Une langue peut très bien en coloniser une autre, et la menacer de disparition si elle décide de s’arroger une position hégémonique. D’après l’ONU,la moitié des langues parlées aujourd’hui sont en en danger de disparition. Pis, 90 % d’entre elles disparaîtront dans le courant du 21e s. Pis encore, les langues qui demeureront seront parlées de façon toujours plus imparfaite et simpliste par un nombre croissant de locuteurs. Au lycée, les élèves confondent abbaye et abeille, me dit-on, et le redoublement du pronom sujet dans les questions se fait de plus en plus rare, même sur France Q.
Évidemment, cela n’est rien à côté de la disparition d’une grande langue de culture comme le yiddish. Après avoir miraculeusement survécu à l’extermination des juifs d’Europe et connu un regain de vitalité dans les années 80 et 90, la langue d’Isaac Bashevis Singer, de Bialik et de Rachel Korn se meurt sans faire de bruit, dans l’indifférence généralisée. On ne remerciera pas les Israéliens qui n’ont que mépris pour elle. Ot azoy.

Janssen J-J dit: à

@ wedo => Ch., qui pense que vous n’êtes plus là et vous regrette, vous demande de lui expliquer Rosset, plutôt qu’à partir de votre retraire de Sitges, de vous en prendre à l’autre barcelonaise d’albatre.

Janssen J-J dit: à

@ Pourquoi terminez-vous votre commentaire en imitant Chaloux ?

vous cherchez à me fâcher ou quoi, Ch. ? – Non, je vois pas le rapport… Soyez pas vesquée, vous dis-je, et cette petite pique n’est pas digne de vous, voyhons donc !
« Connais ce qui est contre toi », dit-il… Et moi je lui rétorque : « connais ce qui est à côté de toi »… Le réel qui n’avait pas encore de double… relisez en le sous-titre : « Traité de l’idiotie ». Bonne chance et bon aprèm.
Sinon, je signale à la RDL qu’il va y avoir du Greco au Grand Palais en ses parages. J’attends le CR impatiemment. Et le bouquin d’Onfray sur Gérard Garouste, il faut en penser quoi, au juste ?

christiane dit: à

« Le double est sans doute le symptôme majeur du refus du réel et le facteur principal de l’illusion ; mais il existe certains doubles qui sont au contraire des signatures du réel garantissant son authenticité. »
Clément Rosset impressions fugitives (éditions de Minuit).

christiane dit: à

Janssen J-J
Le réel ? la place de l’autre ? Comment dire ce qui est à la fois présent et absent ?
Je pense aux peintures mentales de Magritte. Images toutes identifiables jusqu’à devenir dérangeantes quand tout bascule sur un détail. la logique est en déroute. Visuel / verbal …
Pourquoi terminez-vous votre commentaire en imitant Chaloux ?

Janssen J-J dit: à

j’ignore si la science-fiction fait dilater ce qui, hors ce domaine, paraitrait un brin réducteur, vedo (wgw). Je n’ai point votre science ni vos références sur l’homme de la 4e dimension.
On peut également se détendre avec Rosset qui aimait rien rigoler. Il est l’auteur de la célèbre foucade sur Derrida, l’homme qui ne riait jamais… etc.

Janssen J-J dit: à

Reste une part que je n’ai pas compris : Rosset écrit « que l’essence même du réel, c’est de ne pas avoir de double. Il est dans la nature du réel d’être absolument singulier. e sont que des fantômes et des déformations».

ce qui prouve chère Ch. que vous n’avez rien compris à la philo de Rosset, ou du moins que vous en êtes restée à côté… Cette « part » (maudite) que vous n’avez pas comprise, c’est précisément ce qui en fait le coeur… Votre « illustration » par les pseudos du blog est vraiment trop triviale, etje m’étonne que vous ayez songé à l’invoquer. Le réel n’a pas de double, voilà ce que vous devez d’abord creuser en vous-même. Et il n’est pas déshonorant de n’y point parvenir après tout. Nul n’est censé tout comprendre, il vaut donc mieux le taire, comme vous le dites en allégant une phrase de Witt. également incomprise… plutôt que de tenter des explications un brin oiseuss… Mais si je vous apprécie, c’est que vous essayer toujours de pédagogiser, c’est votre déformaton professionnelle, comprenez que celui puisse en agacer d’acune.s.
Bien à vous, Chr., et surtout, n’en faites un caca nerveux, ça n’en vaudrait franchement pas la peine. Les blessures à l’estime de soi, chacun des addicts est habitué à les dépasser icite, non ?

Delaporte dit: à

La fable de La Fontaine, magnifique, un style qui me met de bonne humeur :
_______________
Un octogénaire plantait.
Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge !
Disaient trois Jouvenceaux, enfants du voisinage ;
Assurément il radotait.
……. …… Car au nom des Dieux, je vous prie,
Quel fruit de ce labeur pouvez-vous recueillir ?
Autant qu’un patriarche il vous faudrait vieillir.
À quoi bon charger votre vie
Des soins d’un avenir qui n’est pas fait pour vous ?
Ne songez désormais qu’à vos erreurs passées :
Quittez le long espoir et les vastes pensées ;
Tout cela ne convient qu’à nous.
Il ne convient pas à vous-mêmes,
Repartit le Vieillard. Tout établissement
Vient tard et dure peu. La main des Parques blêmes
De vos jours et des miens se joue également.
Nos termes sont pareils par leur courte durée.
Qui de nous des clartés de la voûte azurée
Doit jouir le dernier ? Est-il aucun moment
Qui vous puisse assurer d’un second seulement ?
Mes arrière-neveux me devront cet ombrage :
Hé bien défendez-vous au Sage
De se donner des soins pour le plaisir d’autrui ?
Cela même est un fruit que je goûte aujourd’hui :
J’en puis jouir demain, et quelques jours encore ;
Je puis enfin compter l’aurore
Plus d’une fois sur vos tombeaux.
Le Vieillard eut raison ; l’un des trois Jouvenceaux
Se noya dès le port allant à l’Amérique.
L’autre, afin de monter aux grandes dignités,
Dans les emplois de Mars servant la République,
Par un coup imprévu vit ses jours emportés.
Le troisième tomba d’un arbre
Que lui-même il voulut enter ;
Et pleurés du Vieillard, il grava sur leur marbre
Ce que je viens de raconter.

Patrice Charoulet dit: à

VIEILLESSE

J’avais invité mes lecteurs à écouter ce samedi à 9h sur France Culture l’émission « Répliques » présentée par Finkielkraut. Je ne la rate jamais. Je ne connaissais que le nom de deux invités : Pascal Bruckner et Robert Redeker. En revanche j’ignorai le thème de l’émission. Or, c’était la vieillesse.Les deux invités ont publié un livre sur ce sujet. Les avis furent variés.

Vers la fin, l’animateur nota que Redeker était sévère pour le Viagra. J’ai compris que Bruckner et Finky étaient pour. Ce dernier cita même un assez long passage de Roth, très laudateur du Viagra !
Eh bien , sur ce point, je partage l’avis de Redeker. Je n’aurais pas l’idée ridicule d’avaler ce produit. J’ajoute ceci : Je ne teins pas mes cheveux grisonnants en noir corbeau. Quand je perdrai mes cheveux, je n’aurai pas d’implants. Je n’aurai pas recours à la chirurgie esthétique. Je ne ferai pas de trottinette.
Toujours relire aussi « Le Vieillard et les trois jeunes hommes » de La Fontaine, surtout si l’on est jeune et que l’on pense de travers.

Delaporte dit: à

Je prférais un roman de 1986 comme Le Chinois de la douleur. Ou alors les volumes de notes intimes, qui sont d’une grande poésie, comme Hier en chemin.

vedo dit: à

A propos de la Catalogne, pour les ignorantes, voir John Elliott.

christiane dit: à

@renato dit: « En détruisant les Buddha de Bamiyan les talibans ont involontairement augmenté leur signification… »
Je m’interroge…

Delaporte dit: à

« Delaporte… incorrigible Delaporte.
Donc, partant de votre prose […] je vous invite à découvrir celle de Peter Handke dans Mon année dans la baie de Personne. »

J’ai lu ce roman de Handke. C’est une drôle de chose.
Quant à ma « prose », elle était parodique, bien sûr, et pas à prendre au sérieux. C’est vrai qu’imaginer Popaul en lecteur de Mon année dans la baie de personne, c’est un peu l’imaginer à Saint-Malo, arpentant la côte, et à l’affût d’une mouette mazoutée sur une vague puante, et cette même vague s’écrasant sur le rivage polluée et noir, comme une ignoble merde atterrissant sur l’asphalte putride. Poésie !

vedo dit: à

3J sur le double. Un peu, disons, réducteur. Voir, entre innombrables exemples, le « quatrième homme » de Shackelton (l’explorateur), pour ceux et celles que cela intéresserait.

et alii dit: à

la coclusion de l’article qui ramène sensiblement au billet:
Pensons par exemple qu’une controverse risible se leva contre Derrida au début des années 1990 : quand l’université de Cambridge voulut lui remettre un doctorat honoraire, un quarteron d’universitaires obtus s’éleva contre lui, dénonçant rien de moins qu’une imposture philosophique. De tels procès en illégitimité existent encore aujourd’hui. Mais si la philosophie analytique a prouvé sa valeur en fécondant la première informatique, la pensée très libre et peu formelle de Bergson à Derrida connaît aujourd’hui son triomphe dans l’avènement de la réalité virtuelle et de l’intelligence artificielle. Au fond, c’est donc le génie Max Planck qui avait bien compris cette dynamique : « La Vérité ne triomphe jamais, ce sont ces opposants qui finissent par mourir. » La science, c’est vrai, progresse un enterrement à la fois.

renato dit: à

En détruisant les Buddha de Bamiyan les talibans ont involontairement augmenté leur signification : « le vide manifeste l’état vital qui imprègne la spiritualité et la physicalité* du tout ». Donc, en cassant des images les talibans ont chassé leur dieu et réalisé un idéal bouddhique.

On raconte qu’un moine nomade arriva par une nuit d’hiver dans un monastère où l’on conservait une précieuse statue en bois. Il s’assit près d’un maigre feu et puisqu’il n’y avait rien pour l’alimenter, il jeta la précieuse statue dans l’âtre.

*De l’anglais physicality. « La physicalité n’est donc pas la simple matérialité des corps organiques ou abiotiques, c’est l’ensemble des expressions visibles et tangibles que prennent les dispositions propres à une entité quelconque lorsque celles-ci sont réputées résulter des caractéristiques morphologiques et physiologiques intrinsèques à cette entité. » Philippe Descola, Par-delà nature et culture.

https://blogfigures.blogspot.com/2011/09/soga-shohaku-daruma_8.html

et alii dit: à

cette proposition de Derrida, nous sommes nombreux à l’avoir entendue , et sous une variante ou une autre: à preuve la toile;ici, je reprends d’ un article de journal:
« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire », donc si une pensée n’est pas exacte et formelle, elle n’existe pas.

et alii dit: à

ce dont on ne saurait PARLER, il faut l’écrire,
ça, C’est Derrida que Rosset avait pris pour le jardinier à Normale, qui le proposait;
je ne crois pas aux doubles et suis circonspecte sur les « comme »(je suis « comme » )

christiane dit: à

@Janssen J-J : « Clément Rosset «le réel et son double».
Pas d’accord sur votre analyse mais heureuse que vous évoquiez cet essai remarquable sans oublier la deuxième partie du titre : « Essai sur l’illusion ».
N’avez-vous aucun rival de votre réalité ?
Regardez ce blog où tant jubilent de faire vivre sous pseudo un double parfois loufoque, insensé qui porte tous leurs non-dits et se rit des interdits. Une allégresse qui naît de la disparition du « Je », une sorte de liberté ou de dérobade.
Fabriquer des doubles pour atteindre le réel… Et si tout n’était qu’illusion ? Et si le double était notre anti-réel ? Et si nous étions quelqu’un d’autre que ce que nous croyons être ? un peu de l’un, un peu de l’autre… le mauvais double de cet autre…
« J’entends […] par cruauté du réel le caractère unique, et par conséquent irrémédiable et sans appel de cette réalité, — caractère qui interdit à la fois de tenir celle-ci à distance et d’en atténuer la rigueur par la prise en considération de quelque instance que ce soit qui serait extérieur à elle. Cruor, d’où dérive crudelis (cruel) ainsi que crudus (cru, non digéré, indigeste), désigne la chair écorchée et sanglante : soit la chose elle-même dénuée de ses atours ou accompagnements ordinaires, en l’occurrence la peau, et réduite ainsi à son unique réalité, aussi saignante qu’indigeste. » (pp. 208-209). (On se croirait face à une toile de Francis Bacon…)
Sur ces fils de discussion et d’invective, la référence philosophique de Wittgenstein : «Ce qu’on ne peut dire, il faut le taire» se trouve inversée : « ce qu’on ne pas dire, il faut l’écrire, ici…  » sous pseudo !
« Dire par un autrement dire, exhiber ceci par cela. » (C.R.)

« Ces doubles-ci, qu’on pourrait appeler doubles de proximité ou doubles mineurs, comme il y a des ordres mineurs, ne sont pas des prolongements fantomatiques du réel, mais des compléments nécessaires qui sont ses attributs obligés (pourvu qu’il y ait, naturellement, une source de lumière pour engendrer l’ombre, un miroir pour refléter, une falaise quelconque pour produire l’effet d’écho). S’ils viennent à manquer, l’objet perd sa réalité et devient lui-même fantomatique. » (p. 379)

Rosset écrit qu’il n’y a d’identité que sociale et officielle et qu’elle est factice, un fantasme duplicateur par lequel on tente d’échapper à la réalité, d’y faire écran.

Reste une part que je n’ai pas compris : Rosset écrit « que l’essence même du réel, c’est de ne pas avoir de double. Il est dans la nature du réel d’être absolument singulier. Toutes les représentations que nous nous faisons du réel, les rêves que nous en avons, les ombres que nous croyons y déceler, ne sont que des fantômes et des déformations». Mais WGW n’est plus là pour m’expliquer…

et alii dit: à

D vous faites blondir les oignons mais vous faites pourtant des roux

D. dit: à

Il se trouve que je suis d’un très beau blond, et alii.

D. dit: à

Il se trouve que je suis d’un très beau blond, et alii.

Janssen J-J dit: à

Sorry… mon dernier message s’adressait à M. Charoulet. Pas à M. Langoncet…. mais on peut se tromper, car on pressent souvent une parenté de destin chez ceux deux internautes apparemment équilibrés dans leurs goûts musicaux et littéraires. Bien à vous,

et alii dit: à

Dans le passage de l’Opéra, je contemplais ainsi un jour les anneaux lents et purs d’un python de blondeur.
Et brusquement, pour la première fois de ma vie, j’étais saisi de cette idée que les hommes n’ont trouvé
qu’un terme de comparaison à ce qui est blond: comme les blés, et l’on a cru tout dire. Les blés, malheureux,
mais n’avez-vous jamais regardé les fougères ? J’ai mordu tout un an des cheveux de fougère. J’ai connu des
cheveux de résine, des cheveux de topaze, des cheveux d’hystérie. Blond comme l’hystérie, blond comme
le ciel, blond comme la fatigue, blond comme le baiser. Sur la palette des blondeurs, je mettrai l’élégance
des automobiles, l’odeur des sainfoins, le silence des matinées, les perplexités de l’attente, les ravages des
frôlements. Qu’il est blond le bruit de la pluie, qu’il est blond le chant des miroirs! Du parfum des gants au
cri de la chouette, des battements du cœur de l’assassin à la flamme-fleur des cytises, de la morsure à la
chanson, que de blondeurs, que de paupières : blondeur des toits, blondeur des vents, blondeur des tables
ou des palmes, il y a des jours entiers de blondeur, des grands magasins de Blond, des galeries pour le désir,
des arsenaux de poudre d’orangeade. Blond partout: je m’abandonne à ce pitchpin des sens, à ce concept
de la blondeur qui n’est pas la couleur même, mais une sorte d’esprit de couleur, tout marié aux accents de
l’amour. Du blanc au rouge par le jaune, le blond ne livre pas son mystère
aragon paysan de paris

Janssen J-J dit: à

(10.10) Je ne dis pas qu’il n’écrive pas bien, mais il s’écoute tellement écrire pendant qu’il zozotte en interrogeant les gens. Et surtout, son illustre et pompeuse prose masque tellement mal le vieux magistrat réactionnaire à la plupart des idées rancies.
Comment peut-on ne voir que la forme au détriment du fond, L. ? Moi, je n’y parviendrai jamais. Même en lisant le « journal d’un atrabilaire » (en colère)… Le plaisir du texte, soit, mais pas à n’importe quel prix. Désolé, monsieur Céline et autres petits hussards. Il est des mondes qui ne peuvent se rejoindre, hélas.

christiane dit: à

@et alii dit: « quelque chose de privé:quand j’étais enfant j’avais peur de manger des champignons,qu’on m’empoisonne pour le dire tout net comme on m’en menaçait, moi aussi. »
Le roman de Sacha Guitry Mémoires d’un tricheur a dû être écrit dans le même état d’esprit !
(Le narrateur devient subitement orphelin, seul survivant d’un malencontreux plat de champignons… vénéneux dont le reste de la famille ne peut réchapper. La raison ? Il avait été privé de champignons pour avoir volé quelques sous dans le tiroir-caisse de l’épicerie familiale pour s’acheter des billes. On disait : «Savez-vous pourquoi le petit n’est pas mort ?… Parce qu’il a volé !».
Puis il en fit un film, remarquable : « Le Roman d’un tricheur » où il interprète le rôle principal du « tricheur ». L’histoire est donc celle d’un garçon «vivant parce qu’il avait volé… de là à en conclure que les autres étaient morts parce qu’ils avaient été honnêtes…».
http://www.dvdclassik.com/critique/le-roman-d-un-tricheur-guitry

Bérénice dit: à

Et alii, oui vous avez raison mais introduire systématiquement de l’anglais pour aller plus vite, remplacer alors que les idées restent exprimables en français est une pente que nous suivons, des garde-fous sont à mon avis utiles. Je ne connais pas cette Henriette .

et alii dit: à

Les Mots voyageurs. Petite histoire du français venu d’ailleurs
Marie Treps seuil
. Ces mots migrants, qui ont parfois l’air de bons vieux mots français, ouvrent nos imaginaires à la différence, ils nous rappellent sans cesse qu’ailleurs existe, que l’autre existe.
pas d’obsession de pureté par pitié

Janssen J-J dit: à

Clément Rosset raconte à AL (2019) que sa philosophie du double (« le réel et son double ») est née d’un éblouissement (sic) e, moins d’une minute (41). Soudain, il comprit que l’essence du réel était de ne pas avoir de double. De là naquit une conviction inébranlable sur laquelle il se mit à broder le reste de sa vie de « métaphysicien » : « Ce que nous prenons pour une version perverse de la réalité est le réel même » (42-43).
Deux choses …
1 – je comprends mieux à cette aune le catholicisme de Delaporte et le scepticisme de GWG : ces internautes ont toujours eu besoin de donner consistance à un « double » d’eux-mêmes : Dieu pour l’un, l’absurdité de son absence pour l’autre.
2 – Mais Rosset a vraiment perdu son temps, je crois : s’il était né avec un double gémellaire qu’il aurait cherché à tuer pour pouvoir occuper tout l’espace de la moitié que la biologie lui avait octroyée, il aurait pu entreprendre ultérieurement une « psychothérapie existentielle » libératrice avec un Yalom par exemple. Elle l’aurait sans doute amené à comprendre que le réel et son double n’était pas qu’une vue gratuite de l’esprit, et qu’elle pouvait être surtout une réalité biologique vécue.
J’ai la conviction que Clément Rosset a failli accéder à ‘sa vérité’ à la suite de la grave dépression qui le conduisit à s’éloigner de lui-même pour mieux comprendre sa propre identité (il en fit un admirable récit publié 1999). Hélas, il est retombé dans les mêmes errements par la suite, s’accrochant à son idée fixe antérieure.
Je trouve remarquable qu’il soit arrivé le même ‘naufrage’ à Pierre Guyotat ( raconté dans « Coma »). Mais cet écrivain difficile me paraît s’en être mieux sorti, en ayant mieux bifurqué du sentier littéraire sinueux qu’il s’était créé… Il n’avait pas besoin d’un « système » pour survivre, à la différence de Rosset. En quoi la bonne littérature d’exploration fut à mes yeux toujours plus forte que toute tentative philosophique « d’explication » intuitive du monde.

Berenice dit: à

En Catalogne, la sévère sanction n’a pas l’effet escompté, elle réveille le mouvement indépendantiste. L’article du Monde mentionne tout de même la probable remise en liberté pour certains de ces condamnés dans les mois prochains en vertu des lois. Tandis que d’autres journaux comparent ce mouvement de revolte à celui de Hong-Kong.

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/14/neuf-dirigeants-catalans-condamnes-a-des-peines-de-prison_6015398_3210.html

et alii dit: à

il est bon de conserver une langue en la protégeant des ajouts trop nombteux qui pourraient s’associer à un neo colonialisme, un parasitage. Il s’agit non pas seulement de l’identité, de l’histoire mais à mon avis d’esthétique.
les langues elles-mêmes se sont constituées par « emprunts » qu’i serait abusif d’appeler colonialisme ou parasitage;il y a de nombreuses études dont la toile donne un avant gout, et le travail de Henriette Walter est bien connu

christiane dit: à

Rose,
« Sur les boudhas géants de Bâmiyân, derrière on a découvert des fresques prouvant qu’en Afghanistan, la peinture à l’huile était connue bien avant l’Italie et la Hollande.
De grandes destructions surgissent de grandes et belles choses totalement inouïes. C’est vrai qu’à l’entrée, il y a une quantité incroyable de gravats. »
Pour une trouvaille inouïe combien d’œuvres millénaires détruites où sèche le sang des suppliciés…
Les trois Bouddhas de Bâmiyân détruits par les talibans en 2001 en les dynamitant…
« Les talibans brûlaient les instruments de musique et les cassettes, frappaient et emprisonnaient les musiciens, interdisaient la danse. La boxe, comme beaucoup d’autres sports, était prohibée. Certains jeux basiques, comme les échecs ou le billard étaient également prohibés. Chaque jour, la radio des talibans énumérait de nouveaux interdits : peindre en blanc les vitres des maisons pour ne pas voir les femmes à l’intérieur, expéditions punitives pour casser les téléviseurs, magnétoscopes, déchirer les photographies de famille. Les autorités faisaient également vérifier que l’on n’écoutait pas de musique dans les maisons ou au cours des mariages. Les systèmes médicaux et scolaires furent dédoublés en fonction du sexe, tout en donnant la priorité aux hommes[réf. nécessaire]. Toute représentation humaine était illégale, même pour les poupées des petites filles. Au nom de l’iconoclasme, les talibans dynamitèrent les statues de bouddhas géants de Bamiyan, vieilles de quinze siècles. Ils détruisirent, dans les collections archéologiques du musée national afghan de Kaboul, tout ce qui portait des représentations humaines ou animales et firent des autodafé des 55 000 livres rares de la plus vieille fondation afghane et détruisirent plusieurs autres bibliothèques publiques et privées.
Les femmes sont exclues du marché de l’emploi. Elles doivent être entièrement couvertes par le vêtement traditionnel, le tchadri, et ne peuvent quitter leur maison qu’accompagnées de leur mari ou d’un parent proche. » (Wiki)
https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/les-talibans-ont-massacre-les-livres-au-lance-roquette_493386.html

Bérénice dit: à

Bloom, si j’ai bien tout compris, vous êtes favorable au métissage des langues qui d’ailleurs est effectif et teinte notre langue de multiples emprunts à l’anglais mais aussi à l’arabe, entre autres, pardonnez mon inculture. Cependant concernant anglais , il ne faudrait pas se laisser envahir pour aboutir à une langue hybride, un nouveau créole globishé car si les choses continue de accélérer pour la langue comme pour le climat, la déforestation, la pollution, la disparition, l’ islamisation, nous pourrions y perdre notre latin. A la limite je préfère une langue désuète à une langue anglicisée à outrance . J’aurais aimé être comme d’autres ici au minimum bilingue, je n’ai rien contre l’anglais , bien au contraire mais ne pensez vous pas que comme on ne melange pas certains ingredients en les conservant séparés afin d’en sauvegarder la saveur il est bon de conserver une langue en la protégeant des ajouts trop nombteux qui pourraient s’associer à un neo colonialisme, un parasitage. Il s’agit non pas seulement de l’identité, de l’histoire mais à mon avis d’esthétique.

Bérénice dit: à

Pour une police (de caractère) anti-grand remplacement linguistique! On ne passe pas!

Je crains qu’avec vous ce soit le meme genre de phénomène, le bulldozer est en marche, déployant toute sa puissance comme un tennisman sa force de frappe. Comparé à Christiane et ses tartines de confiture , aucune comparaison rendue possible . D’un côté la force s’impose, de l’autre la douceur s’insinue.

Bérénice dit: à

Tâche = travail, besogne
Tache= trace indélébile ou non occasionnée par un produit, huile. sang, peinture, brou de noix, pétrole, encre de Chine, fruits, que sais je.
Concernant la langue il nous faut admirer les enfants dont les parents étrangers naturalisés ou pas ne lisent ni n’écrivent le français pour s’en sortir convenablement à l’école et ce depuis la primaire. Pour avoir vécu dans une ZEP à predominance africaine pendant six ans,j’ai remarqué que la partie ne leur était pas donnée. Je crois qu’il serait bon de s’intéresser aussi l’alphabétisation des parents afin qu’ils soient en mesure de suivre et aider leurs enfants dans les apprentissages, ce qui est loin d’être le cas. Ce travail auprès des adultes me parait inexistant . Pas d’argent pour ça en France. Hier j’ai brièvement  » accroché » deux femmes entierement voilées et d’ailleurs souriantes à l’approche et il m’a semblé que celle des deux qui me répondit d’un regard n’articulait pas un mot de français. Vraisemblablement de nouvelles arrivantes.

rose dit: à

7h10.
La rage couve, mauvaise conseillère.

rose dit: à

Je n’oubmie pas Michèle Fourniret qui vit chez son juge. Le couvent a été bref. Ni son mari Michel Fourniret dont l’avocat prépare la libération après 25 ans de détention.
Les papas et les mamans des petites filles violées et massacrés vivant dans une czve, qu’ils n’aient pas, attention, de désir de meurtre envers Fourniret puisqu’il a purgé part incompressible de sa peine.

Rose, catalane de souche, rebelle et révoltée.

rose dit: à

Les prophètes, en particulier Osée et Jérémie, ont parlé au nom d’un Dieu blessé et humilié par les trahisons de son peuple, et qui pourtant ne cesse de l’aimer d’un amour d’éternité. Jésus ne voulait ni ne pouvait faire moins : humilié par la trahison de l’un de ses intimes, il ne cessa de lui montre son amour. En s’abaissant devant ses disciples pour leur laver les pieds, il se fit le serviteur de tous, de Judas aussi. Et c’est tout particulièrement à Judas qu’il donna un morceau du pain partagé : parcelle d’amour brûlant que celui-ci emporta avec lui dans sa nuit (Jean 13, 21-30).

Jésus, là, on dirait ma mère. Trahie, elle pardonne. Et pire elle aime encore.
Je l’avais su lorsque je vivais chez elle.

Me réveille, pas chrétienne pour un sou. Pour dix mille thalers non plus.

rose dit: à

6h26, Judas

selonJean 13,21-25 : Jésus fut troublé en son esprit et il attesta : « en vérité, en vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait. Un de ses disciples était installé tout contre Jésus : celui qu’aimait Jésus. Simon-Pierre lui fait signe et lui dit : « demande quel est celui dont il parle. » Celui-ci, se penchant alors vers la poitrine de Jésus, lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »

rose dit: à

Par Mélinée et par Missak, son mari, fusillé au mont Valérien, réconciliation avec toute l’Arménie.

Alors que les tribunaux ne devraient être remplis que de cas graves, en nombre.

rose dit: à

« Missak et moi étions deux orphelins du génocide. Nous n’étions pas poursuivis par les nazis. Nous aurions pu rester cachés, mais nous ne pouvions pas rester insensibles à tous ces meurtres, à toutes ces déportations de Juifs par les Allemands, car je voyais la main de ces mêmes Allemands qui encadraient l’armée turque lors du génocide arménien. »

Mélinée Manouchian
Par Méminée et oar Missak, son mari, fusillé au mont Balérien, réconciliationcavec toute l »Arménie.

rose dit: à

Yann Moix peut allet se rhabiller.
Mais en faire un commerce de l’imbroglio familial ?

Si Widergänger avait été là encore, il aurait pu nous parler de la jouissznce du tragique. C’était son domaine.

rose dit: à

Il m’a répondu que Judas aussi avait été prévenu. Et que le mal était déjà entré.

Je pense, moi, qu’il y a la jouissance du tragique.
Qu’il y a une conscience aigüe, ou ténue, que l’on court à la catastrophe mais que l’on y court quand même. Tête baissée.
Lundi, à la cour des miracles, frappée outre par la misère humaine par la quantité de conflits familiaux, par leur lourdeur, par leur intensité.

L’amélioration de notre niveau de vie -sur le plan matériel- n’a pas contribué à l’amélioration de notre mode de vie.

Perversion de l’argent.
Drame de la cupidité.

rose dit: à

et alii dit: à

quelque chose de privé:quand j’étais enfant j’avais peur de manger des champignons,qu’on m’empoisonne pour le dire tout net comme on m’en menaçait, moi aussi;

Surprenant.
Mais pourquoi quelqu’un a-t’il peur d’être empoisonné ?

Et pourquoi d’autres sont hypocondriaques ?

Et pourquoi, ai- je demandé à mon psy. qui m’a répondu bonne question, pourquoi lorsque Caïn a été prévenu par Dieu que le mal rodait à sa porte a-t’il, malgré cela assassiné son frère ?
Il m’a répondu que Judas aussi avait été prévenu. Et que le mal était déjà entré.

Ne faudrait-il pas prévenir plus tôt alors ?

Ne serait- ce pas aussi une fonction préventive du conte de fées, alerter sur les conséquences de se laisser aller à tel et tel acte.

Chez moi, ma soeur et mon frère sont deux contre moi seule.
Pas si seule, parce qu’aidée.
Lundi j’érais à la cour des miracles.
J’ai vu ma maman, lui ai donné la main, me suis fait molestée par mon frère, toujours l’épaule gauche, il me secoue violemment, et ma maman m’ a dit « Tais-toi. »
Elle ne sait pas, ma maman, parce qu’elle a suivi mon père aveuglément, c’était l’époque me dit François, la domination passait par l’argent pensé-je de mon côté, elle ne dait pas que lorsque la oorte du tombeau s’ouvre, tu te lèves, tu parles et tu dis
 » je suis ressucité d’entre les morts ».
Il y a suivre.
Il y a précéder.
Il y a marcher côte à côte.
Pas avec un violeur.

rose dit: à

Comment derrière.
Les bosniaques, les croates, les derbes, le Kosovo, Sarajevo.
Vous y comprenez quelque chose, vous ?
Moi, j’zi un copain serbe, puissant et respectueux.
J’ai peur pour son coeur.

rose dit: à

Cette haine autour de lui. J’avais pensé aux destructions en Syrie, à la vieille ville d’Alep, au site archéologique de Palmyre (théâtre romain), aux fresques des mosquées de Mossoul, Dans la vallée de Bâmiyân, les statues géantes de Bouddha, la bibliothèque de Sarajevo, celle de Bagdad… au roman de Mathias Enard Boussole…

Pas encore lu, mais je l’ai.
Sur les boudhas géants de Bâmiyân, une a expliqué savamment ((Bérénice ?) comment serrière on a découvert des fresques prouvant qu’en Afghanistan, la peinture à l’huile était connue bien avant l’Italie et la Hollande.
De grandes destructions surgissent de grandes et belles choses totalement inouïes. C’est vrai qu’à l’entrée, il y a une quantité incroyable de gravats.

rose dit: à

et alii dit: à

levi strauss y tenait aux champignons

Les Champignons dans la culture.

Le monde se partage en deux différemment.
4h40

Marie Sasseur dit: à

Et nous on ne va pas cacher nos sentiments pour le peuple Catalan, ce soir.

On mal à la Catalogne.

« Ce matin
Je reviens dans la rue douce et triste
Le chemin
M’a mené jusqu’au banc de jadis
Et soudain
Te voilà c’est bien toi rien n’existe
Dès demain
Tous les deux nous irons vers la vie
Barcelone
Sur le port, dans le vent qui se lève
Je vois vivre mon rêve
Barcelone »
B. Vian

et alii dit: à

BLOOM’s last words to his editor
. In one email, he sent me the epilogue in its entirety—not in a Word document, just in the body of the email. It included this line, which I can’t stop rereading.

At ninety I have died and been resurrected five or six times. I refer to the many falls and grave illnesses that led to serious and successful surgery. My body—such as it is—is the Resurrection Body. I would interpret this as meaning that immortality is this life and so is redemption.

What did he know?
https://www.theparisreview.org/blog/2019/10/16/harold-blooms-immortality/?utm_source=The+Paris+Review+Newsletter&utm_campaign=b87bc010d4-EMAIL_CAMPAIGN_Weekly_12072018_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_35491ea532-b87bc010d4-56115177&mc_cid=b87bc010d4&mc_eid=b1205f98e4

christiane dit: à

Merci, Jean pour la photo et pour l’échange. Ci-joint celle qui fait la couverture du roman dans l’édition de poche (plus ancienne).

christiane dit: à

Delaporte… incorrigible Delaporte.
Donc, partant de votre prose (« Que c’est beau de méditer sur l’auteur du Tramway, tout au long du rivage qui borde Saint-Malo, d’aller sur les remparts et de regarder au loin l’unique mouette, certes mazoutée en beauté, sur l’unique vague polluée, et d’admirer cette même vague, qui se rabat sur le sable de la plage comme une merde qui atterrit sur l’asphalte puant. »), je vous invite à découvrir celle de Peter Handke dans Mon année dans la baie de Personne.
Son personnage, Georg Kenschnig, écrivain autrichien habitant près de Paris, a pris pour rentrer chez lui le bus de banlieue qui vient de Jouy-en-Josas, dans la vallée de la Bièvre, et traverse le plateau de Vélisy.
Vous allez voir, c’est presque comme la mer vue des remparts de Saint-Malo !
« Et pourtant c’est là que pour la première fois, la nuit, la région tout entière m’est apparue comme une baie où nous jouerions le rôle d’objets échoués sur le rivage. C’était en même temps l’une des rares fois où j’ai vu cette banlieue lointaine comme une partie du grand Paris derrière les collines, la plus reculée, la plus secrète, la moins accessible des baies donnant sur la mer de la capitale, séparée d’elle par le verrou des « hauts de Seine », promontoire barrant tout l’horizon et où est incisée la route Paris-Versailles comme seule liaison avec l’immensité extérieure. Et nous aussi, nous venions de cette mer houleuse, poussés là, apportés, balancés par les années ou les décennies d’une marée tantôt tranquille, tantôt rapide contournant des milliers de caps et de récifs, à travers le goulet de Meudon, la passe de Sèvres, le premier étranglement nommé « Puits sans Vin, et encore un deuxième, dit « carrefour de la Fausse-Porte », pour pénétrer dans la baie la plus étroite, la plus enclavée, la plus ultime de la capitale […] les épaves qui ont fait le chemin le plus long et donc plus clairsemées que dans les baies de haute mer. » (pp44 et 45).

Bloom dit: à

S’ils sont dangereux,mais moins que les faux amis

Ils sont dangereux, mais…
Jean paire mon lattin.

Bloom dit: à

Mr Linchpin, autre nom du pivot en anglais, puits de science et défenseur de l’uniliguisme militant, sait que le français et l’anglais partagent 3221 homographes, mots qui s’orthographient de façon identique dans les deux langues et qui ont le même sens. En bref, de vrais bons amis, voire des amants, comme Serge & son Gainsborough. Agiotage, bistre, courgette, diorama, flatulence…S’ils sont dangereux,mais moins que les faux amis, tous aussi perfides que les habitants d’Albion. A ce titre (de non-séjour), ils faut absolument absolument éviter qu’ils traversent la Manche ou débarquent à Roissy, de peur qu’ils viennent compliquer la tache des élèves français qui ont déjà fort à faire avec leur propre langue, qui leur est déjà passablement étrangère.
Pour une police (de caractère) anti-grand remplacement linguistique! On ne passe pas!

Jean Langoncet dit: à

Rappel de la citation de Pavloff en cause :
« Soudain la notion de crime contre un patrimoine de l’humanité s’inscrivait dans le livre de la barbarie. La ville avait retenu son souffle puis, dans un silence pétri d’angoisse, les habitants s’étaient approchés des rives séparées. L’incroyable blessure qui béait devant eux zébrait leur conscience d’une même cicatrise, les rendait responsables d’une inconcevable atteinte aux racines de la vie. »

Jean Langoncet dit: à

@Il veut se servir des mots pour dire parfois maladroitement une certaine idée de l’humanité

N’en sommes-nous tous pas rendus là ? Et après ? Son affaire de pont classé « patrimoine de l’humanité » détruit pour expliquer la barbarie et signifier un « crime contre l’humanité » à cette occasion m’est apparu ridicule, voire indécente ; mais je ne suis pas un moraliste, pas même de bistrot, et cette citation vous sied

Chaloux dit: à

La pauvre Gigi ne s’exprime pas, elle s’essore.

christiane dit: à

@Jean Langoncet

« Un pont trop loin, un pont trop loin pour Pavloff ». Peut-être, je sens que vous avez lu ce roman et peut-être d’autres de lui.
J’avoue m’être passionné pour Schwara le maître-charpentier, cet homme aux « mains de bois »qui veut aider à reconstruire ce pont du XVe siècle en dessinant à partir d’un restant de voûte l’esquisse du pont et l’assemblage de la clef de voûte qui assurera son équilibre.
Une amie m’a fait découvrir, en Haute-Corse, les ponts trapus génois en pierre construits entre le XIIIe siècle et le XVIIIe siècle. De magnifiques constructions et ces clés de voûte mystérieuses qui annulent les poussées contradictoires des deux côtés.
Un pont détruit par la guerre dans ce roman, c’était tant de symboles.
Franck Pavloff a fait un immense travail avec les enfants, éducateur de rue (toxicomanie et délinquance), rattaché au tribunal de grande instance de Grenoble. C’est un homme bien, écrivain occasionnel, grand voyageur. Il veut se servir des mots pour dire parfois maladroitement une certaine idée de l’humanité. Il veut écrire la guerre, l’exil, les drames…

Bloom dit: à

Le côté comique de l’institution s’est révélé lorsqu’ils ont finalement dénoncé la fatwa contre Rushdie… avec 27 années de retard…

A la différence du PEN Club qui l’a tout de suite soutenu, en s’associant au Comité de défense de Salman Rushdie et en publiant une pétition de soutien signée par plus d’un millier d’écrivains.

Delaporte dit: à

J’espère que cette nuit je vais mieux dormir que les précédentes. Je viendrai moins asticoter Popaul, qui sans doute se réjouit d’être brocardé par mézigue. Peut-être vous parlerai-je en argot. Un ami vient de me prêter quatre ou cinq San-A., dont je vais me délecter. Je vais tomber sur de belles expressions imagées, et Popaul en fera les frais, comme toujours. Mais il aime ça, l’enflé !

Jean Langoncet dit: à

@compte tenu du casting tout Hollywood aurait pu y passer.

Si c’est un homme classé au patrimoine mondial de l’humanité, ça suffira

Delaporte dit: à

Notre cher PaulEdel a bien raison d’apprécier le grand Claude Simon. Cela prouve que, malgré ses années au Point qui l’ont défait, il reste un bel amateur de la chose littéraire. Je partage ce goût de Simon avec lui, et m’en réjouis fort. Que c’est beau de méditer sur l’auteur du Tramway, tout au long du rivage qui borde Saint-Malo, d’aller sur les remparts et de regarder au loin l’unique mouette, certes mazoutée en beauté, sur l’unique vague polluée, et d’admirer cette même vague, qui se rabat sur le sable de la plage comme une merde qui atterrit sur l’asphalte puant. Après cela, aimer Claude Simon est un challenge, que notre cher PaulEdel réussit haut la main. Lui le presque écrivain, le quasi-journaliste, dont on suit les avis avec fougue – même s’il ne lira jamais Modiano ! Oui, vous avez bien lu !!!

Bérénice dit: à

Pablo, ce qui se passe à la postérité…les hallucinée obsédés vont encore voir des fesses bien faites. Vous pardonnerez mon humeur badine.

et alii dit: à

quelque chose de privé:quand j’étais enfant j’avais peur de manger des champignons,qu’on m’empoisonne pour le dire tout net comme on m’en menaçait, moi aussi;
aujourd’hui, j’aime certains champignons ,et je les aime beaucoup;
j’aime les noms de champignons où je trouve que l’imagination l’a emporté sur toutes les considérations

Chaloux dit: à

Julien Green, « dégoûté » par Anna de Noailles et son ventre en avant, se cache derrière un pot de fleurs pour l’éviter. Inoubliable…

Bérénice dit: à

Jean, heureusement c’était pour du faux, compte tenu du casting tout Hollywood aurait pu y passer.

Bérénice dit: à

Tant qu’on y est, les mots & les choses ne faisant plus bon ménage, il faudrait songer à abolir les uns ou/et les autres. Extinction NOW!

Bof, il ne faudrait qu’encourager dire les êtres qui sans leurs choses sont désemparés, souvent. Les paysagistes feraient des ravages car l’homme , ne mérite pas si souvent d’être cité. Mais surement est ce une question socio culturelle.

et alii dit: à

Claude Lévi-Strauss remarque que les pays qu’ils ont une tradition révolutionnaire sont mycophiles alors que les pays qui ont une tradition libérale sont plutôt mycophobes. Charles Stépanoff

Mycophile ou mycophobe ? Claude Lévi-Strauss divisait le monde entre ceux qui aimaient les champignons et ceux qui les détestaient. Ainsi, plus on va vers l’est, plus on est mycophile et mycophage : il n’y a qu’à voir la longueur des rayonnages de champignons séchés dans les supermarchés chinois : dignes des chips chez nous ! Par contre, dans les pays anglophones, les cèpes pourrissent sur place dans les bois, faute de cueilleurs….
https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/les-champignons-sortent-du-bois-24-mycophile-ou-mycophobe

et alii dit: à

rappel d’une histoire connue :les mycophiles et les mycophobes:ou levi strauss précéda Handke:
 » N’est-il pas curieux, de ce point de vue, que les deux pays les plus mycophiles d’Europe occidentale (bien que très loin derrière la Russie) soient la France et l’Italie, où l’extrême-gauche est particulièrement puissante ? Qu’en Espagne même, la forteresse de la mycophilie soit justement la Catalogne ? Quel beau rêve, pour l’ethnologue et le préhistorien, d’imaginer que les frontières politiques et idéologiques du monde moderne se modèlent encore sur le contour de failles, recoupant les civilisations depuis des millénaires ! Gobineau serait comblé ; mais Marx aussi pourrait y trouver son compte, puisque le parti des hommes, pour ou contre les champignons (qui subsistent dans l’économie moderne, comme un des derniers produits sauvages objet de collecte et de ramassage), n’est pour l’humanité qu’une des façons, moins insignifiante qu’il ne semble, de choisir et d’exprimer le type de rapports qu’elle entretient avec la nature, et le monde. »
https://journals.openedition.org/lettre-cdf/222
et
Les Champignons dans la culture. A propos d’un livre de M. R. G. Wasson [article]
sem-linkClaude Lévi-Strauss
https://www.persee.fr/doc/hom_0439-4216_1970_num_10_1_367101

Jean Langoncet dit: à

Un pont trop loin, Christiane, un pont trop loin pour Pavloff

Bérénice dit: à

Bahia. Si vous tentiez d’écrire plutôt que l’enlisement dans une mythomanie inspirée. En oubliant qui est derrière qui , la lecture de votre long communiqué romanesque inspire du dégoût, j’entrevois un macho bien puant, sûr de lui, qui n’hésite pas et continue d’avancer dans une tradition héritée des pays du Sud. Le patriarche paternaliste et phallocrate, quel tableau. Ce n’est qu’un ressenti à la lecture.

rose dit: à

>Marie Brunet-Debaines

doc. fort bien fait, magnifique reportage ; relu hier partie de Les Nuits de Sibérie, où à 20 ans il s’est engagé et a rencontré Nathalie après les saoûleries de l’Aquarium.

oubli de Michèle son épouse à qui il fut très attaché.

Il est mort comme il désirait mourir en regardant les infos dans son fauteuil club face à la tivi et en fumant un cigare.

merci à vous, Madame pour la qualité de votre travail.

pablo 75 rien à décrypter : dans votre liste, à Paul et à vous, sur les auteurs entrés dans la postéité, ajoutez Joseph Kessel. Merci.

22h01

Bloom dit: à

Joies de l’oronymie: les Pyrénées au-delà et en deçà desquelles il paraitrait que la vérité devient erreur, tiennent leur nom du grec « puros » feu. D’aucuns (M. Pivot?) prétendent que Pyrénée était la fille d’un mythique roi de Narbonne…
Alpes, Jura, Vosges et Cévennes sont pour deux d’entre eux d’origine pré-indo européenne et 2 d’origine celtique/gauloise (comme les Monts d’Arrée- Menezioù Are). What is what? Zat is the qwestionne…
En parlant de celticisme, je propose, en une manœuvre de type Pivotante, qu’en brexitant,les nord-irlandais reprennent le mot « slogan » (cri de guerre) et toutes les choses qui vont avec (matraquage publicitaire, politique, etc).
Tant qu’on y est, les mots & les choses ne faisant plus bon ménage, il faudrait songer à abolir les uns ou/et les autres. Extinction NOW!

Chaloux dit: à

Pablo, je suis absolument d’accord avec toi, sauf sur Gide et Martin du Gard. Pour moi, Gide, qui est un homme historiquement important, ne vaut rien comme écrivain (avec une exception pour Paludes), un peu, pour des raisons très différentes, comme Sartre qui est littérairement nul et n’a fait qu’imiter ce qu’il trouvait sur son chemin (comme du reste Aragon, encore plus bas et ridicule, qui n’est qu’un pasticheur de troisième ordre). Quant à Martin du Gard, il est peut-être un peu académique, un peu sur à côté comme romancier, mais il y a des moments d’une vérité criante (dans Les Thibault avec le destin de Jacques, ou Maumort mais aussi dans des textes plus courts comme Confidence africaine époustouflant de vérité). Et son Journal, d’une crudité humaine très intense, est peut-être ce qu’il a fait de mieux. Il y a dans sa volonté et sa capacité d’énoncer le réel quelque chose de très important. Même s’il n’est qu’un second rayon, c’est un immense second rayon, un grand écrivain qu’il faut faire l’effort de lire. On est loin de Gide et de ses comptines pédérastiques.

christiane dit: à

@Jean Langoncet .
oui, vous avez raison.
Je n’ai plus le livre aussi est-ce choisi l’extrait le plus offert sur le Web et ce n’est pas terrible et ne reflète pas vraiment le roman au plus près des personnages.
Je retiendrais :
« crime … patrimoine… barbarie… rives séparées… blessure … »
Vous avez raison de ruer dans les brancards ! Merci d’être vigilant.
Le roman lu en 2007 m’avait touchée. Ce personnage tentant de retrouver la structure de ce pont. Cette guerre. Cette haine autour de lui. J’avais pensé aux destructions en Syrie, à la vieille ville d’Alep, au site archéologique de Palmyre (théâtre romain), aux fresques des mosquées de Mossoul, Dans la vallée de Bâmiyân, les statues géantes de Bouddha, la bibliothèque de Sarajevo, celle de Bagdad… au roman de Mathias Enard Boussole

Pablo75 dit: à

18 octobre 2019 à 21 h 48 min

@ Rose

Tu peux décoder ton message? Je ne trouve pas mon « La cryptographie pour les Nuls »…

Jean Langoncet dit: à

@« Soudain la notion de crime contre un patrimoine de l’humanité s’inscrivait dans le livre de la barbarie. La ville avait retenu son souffle puis, dans un silence pétri d’angoisse, les habitants s’étaient approchés des rives séparées. L’incroyable blessure qui béait devant eux zébrait leur conscience d’une même cicatrise, les rendait responsables d’une inconcevable atteinte aux racines de la vie. »

« Non, mais… pas possible ! »

christiane dit: à

Et Alii,
évoquant la destruction du pont de Mostar vous éveillez en ma mémoire la lecture d’un roman très fort écrit par Franck Pavloff Le Pont de Ran-Mositar (270 pages) qui rappelle celui de Mostar détruit en 1993. Malgré la présence des troupes de l’ONU, il s’effondrera dans la Neretva, séparant la communauté croate catholique orthodoxe et la communauté bosniaque musulmane. Il enjambait les deux rives du fleuve, lien fragile entre les deux communautés.
(Photo du pont sur la couverture du livre en édition livre de poche).
C’est pour Pavloff l’occasion de créer un magnifique personnage : Schwara maître-charpentier, homme mystérieux descendu de la montagne et des lieux fictifs dans un pays dévasté par la guerre (On reconnaît la Bosnie). De ce drame il fait un conte philosophique (comme il l’a fait pour
Matin brun – 12 pages – édition Cheyne).
Cet homme pour qui le « monde est illisible », veut aider à reconstruire ce pont du XVe siècle pour rendre à nouveau possible le vivre ensemble. A partir d’un restant de voûte, il dessine de mémoire l’esquisse du pont et l’assemblage de la clef de voûte qui assurerait son équilibre.
« Soudain la notion de crime contre un patrimoine de l’humanité s’inscrivait dans le livre de la barbarie. La ville avait retenu son souffle puis, dans un silence pétri d’angoisse, les habitants s’étaient approchés des rives séparées. L’incroyable blessure qui béait devant eux zébrait leur conscience d’une même cicatrise, les rendait responsables d’une inconcevable atteinte aux racines de la vie. »

Au Café des Lettres, à Paris, Olivier Barrot présente le roman de Franck Pavloff Le pont de Ran-Mositar, en présence de l’auteur :
https://www.ina.fr/video/2962272001

Victimes… Bourreaux… un roman terrible et âpre.

Bloom dit: à

Une des qualités du français maintes fois vantée urbi et orbi est sa remarquable précision. Par exemple, ma carte bleue est couleur or. Et la vôtre? Encore un coup des perfides fils d’Albion?

Pablo75 dit: à

18 octobre 2019 à 20 h 40 min

@ Paul Edel

C’est un hasard que les musiciens baroques oubliés ne soient pas les plus grands? Aurait-on pu oublier Vivaldi, Bach ou Haendel? La réponse est: non. La Postérité, en art, est très savante: elle n’oublie jamais les génies ou les grandes oeuvres (même si elles sont uniques et/ou anonymes, comme La Celestina, El Lazarillo de Tormes ou Les Liaisons dangereuses).

Si elle était capricieuse et aléatoire, elle le pourrait. Et les oeuvres ou les auteurs qui ne méritent pas d’être oubliés et qui l’ont été momentanément pour des raisons de mauvaise chance en général, finissent toujours par être récupérés.

La Postérité, en art, a en plus un goût très sûr: elle rejette toujours le faux, même s’il a été célébré par les élites intellectuelles et artistiques d’une époque. Il est clair, par exemple, que les bruits de Boulez ou « las mamarrachadas » (un très bon mot espagnol qui manque en français: les clowneries, les conneries, la merde) d’un Tápies, par exemple, seront un jour totalement oubliés. Il y a aucun doute la-dessus.

Ce qui passe à la Postérité c’est la Beauté, la Lucidité, la Profondeur. Pas le vide, l’arnaque, l’ennui, la connerie, l’arbitraire, la trouvaille, même si elles ont été à la mode et admirés par des gens intelligents.

La Postérité retient ce qui est nécessaire à l’esprit ou à l’âme humaine et oublie l’inutile, le frivole, le superficiel, le banal, le médiocre.

Moi à chaque fois que j’ai lu un livre ou écouté une oeuvre musicale qui ont été oubliés par la Postérité, j’ai compris pourquoi. Et quand je lis Pessoa je me dis que ça aurait été totalement impossible que son oeuvre, posthume et publiée tardivement, ne soit pas reconnue comme l’une des plus importantes du XXe siècle et que soit devenue célèbre.

Après, il y a les auteurs ou les oeuvres qui restent dans ce « no mans land curieux » dont tu parles et qui ne sont défendus que par quelques
fanatiques, comme les exemples de Gadenne ou Raymond Guérin que tu donnes. De Gadenne j’ai rien lu, de Guérin un livre (un Journal, je crois) que j’ai trouvé très intéressant, mais qui ne m’a pas marqué (la preuve, je ne me rappelle pas du titre).

Dans ces cas, je suis sûr que si on cherche les raisons de leur oubli relatif on la trouve. Ce qui est clair c’est qu’aucun de ces deux auteurs a écrit un livre qui soit un chef-d’oeuvre incontestable. Les histoires de la littérature sont pleines de ces écrivains moyens, complétement oubliés du grand public mais que les érudits, les universitaires et certains lecteurs très pointus goûtent encore. C’est déjà beaucoup, non?

Au fond les vraies questions sont: la Postérité peut-elle oublier une chef-d’oeuvre? Et : une oeuvre médiocre peut-elle passer à la Postérité
et traverser les siècles « déguisée » en chef-d’oeuvre?

La réponse dans les deux cas est : non.

Bloom dit: à

Vous avez raison, Rose, pour le français, mais je notais la phonétique de son nom en anglais en une menue facétie…
Bien à vous

rose dit: à

désolée Bloom
Mr Pivot [‘pɪvət]

non c’est ou bien [o] o fermé
ou bien [ ɔ ] o ouvert

donc [pivo]

le t
/t/ ne s’écrit pas, car il ne s’entend pas.

bien cordialement

renato dit: à

Le cornet acoustique fabriqué par Maelzel (le même qui a inventé le métronome) bien à part, Beethoven avait divers outils pour écouter physiquement le son. Il fit notamment construire une boîte de résonance qu’il plaçait sur piano. Il utilisait aussi une tige en laiton qu’il tenait entre ses dents et qu’il mettait en contact avec la table d’harmonie du piano, il pouvait ainsi percevoir physiquement les vibrations du son.

Bloom dit: à

bernard pivot
@bernardpivot1
Ce serait bien qu’à la faveur du Brexit la Grande Bretagne ramasse et remporte chez elle tous les mots anglais qui ont pris la place de mots français.

Si c’est de l’ironie, c’est inoffensif. Si c’est sérieux, c’est un parfait exemple du provincialisme hexagonal ET de l’ignorance de l’évolution des langues qui procède par emprunt.
Et puis, c’est oublier le travail de la Commission d’enrichissement de la langue française, qui s’efforce de trouver des équivalents aux mots anglais.
Exemple tiré du BOEN du 20/06/2019, consacré au vocabulaire de la santé:
autonomisation du patient

Forme abrégée : autonomisation, n.f.

Domaine : Santé et médecine.

Définition : Processus par lequel un patient est amené à renforcer sa capacité de décision et d’action en vue d’acquérir une meilleure autonomie dans la gestion de sa santé.

Note : L’autonomisation du patient, qui améliore la capacité de celui-ci à échanger avec le professionnel de santé, n’entraîne pas de transfert de responsabilité du professionnel vers le patient (…) Équivalent étranger : empowerment.

Soûlante, cette fixette sur la pureté d’une langue mythique qui vient en grande partie de l’envahisseur romain, sorte de collaboration linguistique en attendant la vraie bonne grosse des années noires.
Les Anglais vont Brexiter ET conserver les 60% de mots qui leur viennent du français, conservant ainsi toute la richesse de leur langue.
Terminons avec le surprenant revival des langues régionales, que l’on peut étudier dès la 1ere à la faveur de la Réforme Blanquer. Quelques titres des œuvres en occitan au programme de cette années, publié au Bulletin officiel jeudi dernier:

– Arbaud (d’) Joseph, La bèstio dóu Vacarés, 1926

– Bec Pèire, Lo hiu tibat, 1978

– Bodon Joan, Lo libre de Catòia, 1966

Mr Pivot [‘pɪvət] est une star, doublé d’un wit facétieux.

– Vernet Florian, Vidas & engranatges, 2004.

Ce M. Pivot [‘pɪvət] est une star doublée d’un wit facétieux.

Wesh.

renato dit: à

« Quelle tristesse. »

Depuis la démission — membre passif — de Lars Gyllensten suite au refus de ses collègues de soutenir Rushdie, le Nobel littérature ne vaut plus rien, c’est même une honte de l’accepter.

Le côté comique de l’institution s’est révélé lorsqu’ils ont finalement dénoncé la fatwa contre Rushdie… avec 27 années de retard…

et alii dit: à

À Mostar-Ouest, trois écoles sous un même toit. Le rez-de-chaussée et le premier étage de ce bâtiment austro-hongrois permettent d’accueillir des classes croates et des classes bosniaques sur deux niveaux distincts. Le deuxième étage est occupé par l’United World College. L’administration des deux premiers niveaux est unifiée, les étudiants partagent la bibliothèque et participent ensemble aux activités parascolaires.
L’United World College (UWC) est une école privée qui propose un programme de deux ans pour obtenir un bac international. Elle a été fondée en 1962 par Kurt Hahn comme une réponse à la recherche de solutions nouvelles et pacifiques dans un monde qui, après la guerre de Yougoslavie, reste déchiré par les divisions politiques, raciales et économiques.

Le pont de Mostar détruit en 1993 © Thomas Haley
Le pont de Mostar détruit en 1993 © Thomas Haley
Depuis les accords de Dayton, signés en 1995 pour
mettre fin au conflit et visant à encourager les personnes déplacées à retourner dans leur village pour renverser le processus d’homogénéisation ethnique mis en œuvre pendant la guerre, chaque élève est libre de choisir la langue dans laquelle il ou elle souhaite suivre ses cours : le serbe, le croate ou le bosniaque. Mais pour Dzenan Hakalovic, directeur de l’United World College de Mostar, ce soi-disant libre choix de la langue n’est qu’un leurre, car l’élève choisira la langue du groupe ethno-culturel auquel il appartient. « Cela maintient un sentiment de division et d’insécurité… Bien que les intentions de l’OSCE fussent bonnes en introduisant cette idée, ils étaient naïfs, leur système de “deux écoles sous un toit” maintient le statu quo de la division politique. » Il ajoute : « En Bosnie, les partis politiques sont devenus les fournisseurs de travail, surtout pour les enseignants, l’éducation est l’un des butins de la joute politique… comme à l’époque des communistes. » L’éducation emploie plus de 66 000 personnes en Bosnie, alors que le nombre d’élèves est sur le déclin.
Pendant la guerre de Yougoslavie, Mostar était divisé entre l’ouest (croate), et l’est (bosniaque). Les Serbes étaient des deux côtés. En 1993, le vieux pont qui unifiait la ville depuis le XVIe siècle a été détruit par les forces croates (photo ci-contre). Depuis, il a été reconstruit sous l’égide de l’Unesco et la ville a été choisie comme lieu symbolique du conflit, d’où la présence de l’United World College. Cette école se trouve sur l’ancienne ligne de front.
médiapart

Highlander dit: à

Voir Handke prendre la parole sur le même podium que Camus il y a 62 ans, c’est la fin d’une époque. On peut définitivement déclarer Camus mort.
Quelle tristesse.

Paul Edel dit: à

Jazzi, Claude Simon et Beckett,et le Butor de « la modification » sans doute. je leur souhaite des lecteurs dans cent ans..Le reste…brouillard..la seule boussole que j ‘ai ,si intime, c’est que le plaisir que j’ai éprouvé à voir ce groupe « édition de Minuit » bousculer le ronrron et sortir le roman francais de l’ornière du plan-plan post balzacien..avec des montages cinéma,de nouvelles données temps-espace, et le sentiment d’une conquête intellectuelle, des mouvements de conscience subtils chez Nathalie sarraute, oui renouvellement,fraicheur, polemiques, tout ça fut bon pour la vie littéraire ,le journaux, les libraires,les lecteurs… On franchissait ‘une nouvelle frontière du roman….Pour Claude Simon une euphorie à suivre sa prose voluptueuse,haute,moirée, gouteuse, insistante,bifurcante, méandreuse, si sensuelle et colorée avec des charrettes d’associations d’images; c’est si luxuriant, vrai, quel regard riche, à facettes, de notre seul grand Baroque,ça m’émerveille dés que j’ouvre ses œuvres à n’importe quelle page. Que cela ait irrité le Rinaldi, notre cardinal de Richelieu dans son siège de l’Express, quel moment marrant.Bonsoir.

Janssen J-J dit: à

(littérature du soir) à albawgw qui passe souvent icite. Vient de sortir chez Stock un mreveilleux livre d’entretiens (remaniés par Alexandre Lacroix après son décès) de Clément ROSSET : »La joie est plus profonde que la tristesse ». Ce livre est un petit chef d’œuvre de clarté et de beauté, n’est-ce pas, gwg ?

Claudio Bahia dit: à

Olà galera, tudo bêm?
de retour chez moi après un long périple en Europe, France (Haute-Savoie, Alsace), Suisse romande et alémanique, Hongrie et Portugal, je passe rapidement ici pour vous déposer ce link.
ecole-republicaine-sens-ecole-republicaine-liberte-pour-ecole-anne-coffinier-167564

A lire, imprimer puis encadrer. Mais peut-être qu’il est trop long à lire….. Dans ce cas, ce n’est pas grave, vous laissez tomber et vous retournez à vos borborygmes et onomatopées (merci le correcteur orthographique).
J’ai été merveilleusement accueilli par mes amis hongrois; pour la quatrième fois j’ai été invité à participer à un mariage en Hongrie. La mariée était un amour de jolie jeune femme, bienheureux mari. Moi je suis pour eux le tio Claudio du Brésil le Claudio baci (baci=oncle en hongrois).
Quant à mes amis alsaciens, c’est toujours une émotion de se revoir.

Pour Delaporte exclusivement:
comme vous pouvez l’imaginer, dès mon retour je suis allé voir mes esclaves qui travaillent dans ma petite plantation de canne à sucre; grâce à mon intendant, qui n’utilise plus le fouet, tout marchait rondement. Ils sont contents, nourris, logés, et reçoivent un petit salaire, juste ce qu’il faut pour acheter chaque mois les megabits pour leurs cellulares. Ils reçoivent aussi tous les 6 mois un galao de 5 litres de ma cachaça dans une bonbonne de plastique (ils en boivent un peu et en vendent le reste, à eux de voir). Puis j’ai tranquillement poussé jusqu’à ma distillerie; là aussi tout marchait bien, j’ai goûté la pinga, elle sera bonne (je la met en fûts de chêne pour 6 mois). Il y avait là un homme et deux jeunes femmes, et comme il faisait chaud là dedans, tous les trois étaient le torse nu (les deux jeunes femmes, qui ne s’attendaient pas à ma visite, étaient toutes confuses). J’ai pu constater à observer leur torse qu’elles étaient peut-être un peu jeune pour travailler ainsi dans cet endroit. Je vous promet, Delaporte, d’en parler à mon intendant, nous aviserons.
Puis je suis allé dans les cuisines de la senzala, et toutes les filles et les soeurs de mes esclaves étaient heureuses de me revoir; il y avait là une petite nouvelle de qui je me suis enquis; elle viens de faire ses 15 ans, et aussi étrange que cela paraisse est encore vierge. je suis retourné à la plantation parler à son grand frère: je lui ai promis qu’il serait kapo dès la semaine prochaine à condition qu’il surveille bien sa petite soeur, car bientôt j’apporterai un gros cadeau pour elle et toute sa famille. Eh oui, Delaporte, il faut savoir être généreux de temps à autres.
voilà, Delaporte, j’espère que ces bonnes nouvelles de moi vous aurons réjouis.

Avant de repartir, merci à P. Assouline pour son beau et courageux texte sur Peter Handke.

Jazzi dit: à

Je n’ai jamais lu « Les mystère de Paris » d’Eugène Sue, que je ne connais que de réputation !

Sinon, Paul, à part Beckett, crois-tu que les autres écrivains de l’écurie des éditions de Minuit du temps du Nouveau Roman : Robbe-Grillet, Sarraute, Simon… et Duras incluse traverseront le XXIe siècle de part en part ?

Paul Edel dit: à

18h25
Pablo, j’aimerais bien avoir ton optimisme quant à la postérité artistique . Heureusement que les baroqueux (puisque tu aimes la musique) sont arrivés pour aller chercher dans les bibliothèques de Bologne ou d’ailleurs, des partitions de musiciens oubliés ,partitions uniquement connues par les souris.
Pour revenir à la littérature tu écris : » Le purgatoire est une étape normale du passage à la postérité pour des auteurs qui ont été trop célèbres de leur vivant pour des mauvaises raisons. Donc, il n’y a rien à en dire. »
Et si nous parlions de ces auteurs qui ont été remarqués et adoubés par la critique comme de grands écrivains, mais qui n’ont jamais rencontré un grand public.
Ils sont dans un no mans land curieux : expédiés en quelques lignes dans les histoires, dictionnaires et panoramas littéraires, ils s’enfoncent doucettement dans l’oubli. Il arrive -mais pas toujours- que l’attention de quelques-uns, une petite tribu de fervents en parle souterrainement. Ils survivent alors en quasi clandestinité ; on se refile leur nom, en contrebande, comme un sésame, entre bouquinistes et vrais lecteurs dans le froid d’une petite foire du livre.
Je prends deux exemples :
1) Raymond Guérin( 1905-1957), cet écrivain connu la captivité en Allemgne de 40 à 1944. Il publie en 1953 sa captivité en recréant tous les personnages de son baraquement e allemagneil restitue leur manière de parler, de se distraire, d’oublier l’ennui terrible, derrière les barbelés,et creuse le sordide de ces vies diminuées, entravée, rendues infirmes…..Non seulement c’est un document sociologique unique, étude sur la manière dont les propagandes de l’époque sont tournées en dérision par ces prisonniers de guerre. Mais il y a des pages littéraires d’une puissance celinienne sur le grand délire qui saisit de certains d entre eux, ou parfois collectivement, des soirées de lassitude, de désespoir sexuel devenu un soir frénésie dérisoire avec des déguisements d’un burlesque noir, presque une féerie scatologique…. Guerin a un don pour animer, ressuciter, pour témoigne, mêler dérision et délire ,exaltation lyrique et fonds de misère humaine. Don pour manier l’argot du camp, les mots crus de ceux qui ne voient plus comme horizon que corvées, appels, faim, promiscuité, glaciation de la pensée.. délabrement du corps.il ne masque rien.. . pendant quatre ans.. oui, c’est un chef –d’œuvre. Il s’est trouvé, par chance, un éditeur courageux, « Le tout pour le tout » en 1983, avec le concours du centre National des lettres, pour republier ce bouquin époustouflant ; sorte d’aérolithe fracassant…Jadis, j‘en avais parlé dans mon blog quand il était hébergé par « le monde ».
2) Paul Gadenne.(mort en 1956) son roman « les hauts quartiers » , publié de manière posthume en 1973 par Le Seuil, est d’une grande puissance. Nous suivons les dernières années de vie de Didier Aubert. Malade, pauvre, il tente d’écrire des ouvrages sur les saints et leurs textes dans des conditions de vie pour le moins précaires voire épouvantables, en prise aux agissements et aux ragots des bourgeois vivant confortablement dans les Hauts-Quartiers d’une petite ville du sud-ouest de la France. Là encore une méditation sur l’époque ,par un grand moraliste ,description sociologique assez amère d’une certaine France. Heureusement qu’il y a des blogs littéraires pour dénicher ces « oubliés » . Ainsi Juan Asensio en a parlé,et bien parlé.

Patrice Charoulet dit: à

*commentateur du blog (excellent) de Philippe Bilger

Patrice Charoulet dit: à

LE NOUVEL ARGOT

Dans une prose récente, ALFRED LELEU *, avait usé de trois mots que je ne connaissais pas. Je pourrais les élucider en explorant Trappes et Aulnay-sous-bois la nuit et en devisant avec les habitants de ces endroits, le joint aux lèvres. Ne comptant pas y aller, je vais devoir acheter Abdelkarim Tengour,Tout l’argot des banlieues, le dictionnaire de la zone, en 2600 définitions, éd. de l’Opportun,2018 , où ces trois mots sont traduits en français. Ce sera plus court et moins risqué.

renato dit: à

« Il n’y a eu aucun génocide et un cessez-le-feu grâce à moi. »

Regardez la chose de près, il s’agit en réalité d’une escroquerie et il aura fallu déplacé un vice président et un ministre pour la porter à bon port.

Delaporte dit: à

J’ai au contraire d’ores et déjà mérité mon quintal de patates. Régime patates pour le victorieux !

Delaporte dit: à

Jacuzzi, les fiers-à-bras du Point ne m’ont pas encore trouvé. Je suis invisible. Les mauvaises rencontres, ce n’est pas pour moi. Sauf sur Internet. Et encore. Et puis, il y a les Turcs, qui soutiennent Erdogan et sa guerre minable, bien forcés. Une honte pour les droits de l’homme ! Les Turcs aussi m’assaillent et m’en veulent. Je suis celui qui a avec courage dénoncé cette nouvelle guerre, ce nouveau génocide.

D. dit: à

Il n’y a eu aucun génocide et un cessez-le-feu grâce à moi.
Alors tes patates au quintal tu peux te les…

Delaporte dit: à

« tu nous fais iech, delaporte avec tes scies à metoo, fous-lui la paix à ce brave Popaul. »

Ce n’est pas ma faute si Popaul a travaillé pendant quarante années au Point ! Popaul, c’est la tête de Turc idéale ; mais, oui, il est bien brave. Que pense-t-il du génocide kurde ? Moi, cela m’obsède, ainsi que la presse. J’avais tout prévu, et D me doit un quintal de patates. N’oubliez pas, D, pendant que Popaul arpente le rivage, à l’affût d’une mouette mazoutée sur une vague, et de la même vague polluée qui s’abat sur le rivage comme une merde sur l’asphalte puant ! On est poète, ici !!!

Janssen J-J dit: à

tu nous fais iech, delaporte avec tes scies à metoo, fous-lui la paix à ce brave Popaul. Va t’occupper du tien, merde quoi !

Excusez-moi, je me suis laissé à vous tutoyer avec un brin de familiarité, et ce n’est pas trop dans mes habitudes, voyez. Mais enfin, trop de catholicisme tue le scatologisme en vous, c’est clair. Or dhonc…

Janssen J-J dit: à

MM, merci de vous faire le porte-parole du projet de Drillon, j’avais bien pensé comme vous, moi la mienne disait : « va chercher mon fichu et plus vite que ça, sinon tu t’en prends une »… Mais non, là, nous refaire du mauvais Pérec, désolé, hein !… non bis in idem, comme on nous disait sur les bancs de l’amphi Julot de la Morandière. Et puis, les histoires de Madeleine et de Folcoche…, la barbe !…
Proposez-nous plutôt vos propres souvenirs de Normandie, au lieu de venir icite subrepticement, après avoir demandé la fermeture du commentarium de votre blog pour cause d’excès, sévices et injures graves.
De temps à autre, faut choisir son parti, comme le savent bien CT ou la MS tjs emmêlée entre ses liens stupreux et fornicatoires et sa sainte-nitoucherie très polissée du darkweb.

Delaporte dit: à

Alors, Popaul, au lieu de nous parler de Modiano, que tu n’as pas lu, que tu as décidé d’ignorer (vous avez bien lu !!!), arpente plutôt le rivage de Saint-Malo, et tâche d’apercevoir cette mouette sur cette vague, et cette même vague qui s’écrase sur le rivage pollué telle une merde sur l’asphalte puant !

Delaporte dit: à

Il y a une énigme : comment Pauledel peut-il juger si oui ou non Modiano restera, alors qu’il a, tenez-vous bien, décidé de ne pas le lire ? Vous avez bien lu !!! Compment peut-il savoir, sinon par le don de prophétie ? Popaul est un nouveau Jérémie, dont les jérémiades pèsent leur pesant de moutarde ou de cachuètes. Il faut vraiment avoir travaillé quarante ans au point pour en arriver là. Epoustouflant !

D. dit: à

Monsieur Rostopchine, père de Sophie, aimant jouer avec le feu à Moscou et on lui a reproché.

Delaporte dit: à

Beaucoup de plumes un peu lourdes sont passées par le Point. C’est un journal qui aimante, qui polarise, à mauvais escient. La critique littéraire du Point, désolé mon cher PaulEdel, est en dessous de tout. C’est une honte journalistique. Les chroniqueurs sont sous-payés. Matzneff ne touche que deux cents euros au maximum pour ses chroniques de merde. Tout juste le prix d’un petit restaurant, dont notre libertin pédophile est friand. Il ne peut même pas se payer une passe avec une prostituée, aujourd’hui la michetonneuse étant hors de prix, et gagne beaucoup plus qu’un malheureux écrivain. C’est pourquoi Popaul en est réduit à arpenter inlassablement Saint-Malo, à l’affût d’une mouette sur une vague, et de la même vague qui s’étale sur le rivage comme une merde sur l’asphalte. On le plaint.

Michel Mouton dit: à

J’ajoute un autre exemple: « Née Rostopchine. Ma bonne! Ma bonne! » C’était il y a quelques semaines, un autre « petit papier ». Moi aussi, j’étais fasciné par ce « née Rostopchine »! Quel nom! En lisant la Ségur, lorsque j’étais enfant, cela me faisait rêver, m’effrayait un peu… Et ce « née », qu’est-ce que ça voulait dire exactement? Et ces « ma bonne ma bonne! », c’était un autre monde, un autre siècle, je ne l’avais jamais entendu dire ailleurs que dans ces livres. Avec ces deux petites phrases, toute ma lecture d’enfant est revenue. Enfin, c’est comme cela que je le vois.
MM

Michel Mouton dit: à

Il me semble que ni Delaporte ni Jansen (par la citation qu’ils font de deux « petits papiers » de Drillon) n’ont compris son projet. L’occlusion intestinale n’est pas celle de quelqu’un en particulier: c’est une horreur, parce qu’elle entraîne des vomissements de merde. C’est tout. La phrase de la mère à son enfant ne cherche pas à être « tordante »: c’est une phrase commune à tous, entendue par tous. Il me semble (il faudrait peut-être qu’il s’en explique)que son projet ressemble aux « je me souviens » de Perec autant qu’aux « choses vues » de Hugo. Autrement dit: qu’il pose les choses sans les juger, non pas forcément parce qu’elles ont une valeur, mais parce qu’elles peuvent faire vibrer des souvenirs, des sensations… Choses intéressantes ou non, amusantes ou non, générales, particulières… Quand j’ai lu cette phrase de la mère, « va me chercher mon sac, s’il te plaît », j’ai réentendu la mienne me le demander… Et je me suis dit: « Mais oui, c’est exactement cette phrase que j’entendais autrefois, et que j’avais oubliée… »
MM

Pablo75 dit: à

18 octobre 2019 à 15 h 53 min

@ Paul Edel

J’ai lu ton post jusqu’au bout. Le purgatoire est une étape normale du passage à la postérité pour des auteurs qui ont été trop célèbres de leur vivant pour des mauvaises raisons. Donc, il n’y a rien à en dire.

Gide passera à la postérité (c’est l’un des écrivains français les plus intelligents). Martin du Gard, je ne le crois pas.

Fiammeta dit: à

Perle de blog :

« Le goût du temps qui s’en va dériver au rythme des marées »

Popaul est aux anges, il a jeté le livre de Jazzi à la mer!

Marie Veista dit: à

Perle de blog :

« Le goût du temps qui s’en va dériver au rythme des marées »

Popaul est aux anges! 😉

Delaporte dit: à

« L’occlusion intestinale et les vomissements fécaloïdes. »

De quel écrivain ? De quel art ? Drillon, sombre plume !

Janssen J-J dit: à

@ La mère qui demande à son enfant : « Va me chercher mon sac, s’il te plaît. »

Tordant, non ?

Paul Edel dit: à

Pablo ilfaut me lire jusquau bout 🐃e dis
aussi que la postérité ensevelit d excellents auteurs parfois le purgatoire dure longtemps .Gide et Martin du Gard sonten posturedélicate hélas

Pablo75 dit: à

18 octobre 2019 à 15 h 21 min

Après nous avoir dit hier que « les caprices de la postérités » sont « énormes », Paul Edel nous démontre aujourd’hui avec les exemples de Paul Bourget, Henry Monnier, Maurice Dekobra, Gilbert Cesbron, Philipe Hériat ou Daniel Rops qu’il n’y a rien de moins capricieux que la postérité, puisqu’elle met chacun à sa place selon sa qualité.

¿En qué quedamos?, comme on dirait en espagnol.

renato dit: à

« … la postérité en littérature est une boite à surprises. »

« Fut-ce vraie gloire? A nos neveux / l’ardue sentence »
Alessandro Manzoni, Le Cinq Mai

christiane dit: à

Rencontre irrésistible entre deux écrivains : Une visite de Le Clézio à Gombrowicz.

 » Nice, Mai 1970.

Cher Dominique de Roux,
C’est vrai, j’ai rencontré M. Gombrowicz en 1965, à Vence, mais, vous savez ça n’a pas été une rencontre exemplaire, je veux dire une de ces rencontres dont on parle longtemps avant et longtemps après. Il faut dire aussi que je ne suis pas très doué pour ce genre de rencontres littéraires, où l’on va voir un maître au milieu de son œuvre et tout ça. Quand j’aime quelqu’un en général je ne vais pas le voir, parce que j’ai vraiment peur de bégayer ou de casser tout ce qu’il y a chez lui. Je suis allé voir Gombrowicz parce que ma femme faisait en ce temps-là une étude sur la révolution polonaise de 1830. Ma femme est polonaise, elle est née à Varsovie. j’ai demandé à M. Gombrowicz. Il m’a écrit qu’il était d’accord pour qu’on vienne. Il habitait une maison un peu en retrait de la place, une vieille maison tranquille. On n’a pas eu de mal à trouver sa maison, parce qu’il avait dessiné un plan sur la lettre. Le plus difficile a été de garer la voiture. En-dessous de chez lui, il y a un grand parking. M.Gombrowicz a été très aimable. Il nous a offert du thé et des biscuits. On a parlé, c’est-à-dire que c’est lui qui a parlé, et ça m’a plu parce qu’il ne parlait pas comme quelqu’un qui est habitué à le faire, mais comme quelqu’un qui est très seul et qui a vraiment besoin de parler. Il a parlé de sa vie en Amérique du Sud, de la Pologne et de Paris. On a un peu discuté de la jeunesse et, comme à ce moment-là je n’avais rien lu de lui, je n’ai pas très bien compris ce qu’il voulait dire. Je croyais en ce temps-là que la jeunesse ce n’était rien du tout, mais comme lui avait l’air d’avoir des idées là-dessus et que moi je n’en avais pas, je n’ai pas trop insisté. On a parlé de J.-P. Sartre et il avait l’air de lui en vouloir parce qu’il avait inventé l’existentialisme avant lui. en ce temps-là je ne savais pas très bien ce que c’était que l’existentialisme, alors je crois que je lui ai demandé si au fond c’était très important d’avoir inventé cela, d’avoir été le premier. mais comme c’était très affectif, j’ai compris ensuite que ça cachait une souffrance plus grande, une souffrance de toute la vie. M. Gombrowicz fumait beaucoup, des cigarettes spéciales contre l’asthme. Ce qui m’a plu aussi, c’est qu’au fond on n’a pas du tout parlé de littérature. Je n’aime pas parler de littérature, parce que c’est comme de parler affaires avec un businessman, on est chacun de son coté, on n’apprend rien. Tandis qu’avec lui, ça s’est passé comme avec d’autres gens que j’aime bien, au bout d’une heure on a l’impression qu’on s’est toujours connus, comme si on était nés ensemble. Ensuite on a parlé de la thèse de ma femme sur la révolution de 1830, et M. Gombrowicz a conseillé à ma femme d’inventer tout ce qu’elle ne savait pas. je crois qu’il n’aimait pas tellement les études universitaires. Je crois aussi qu’il aimait beaucoup la Pologne et qu’il ne voulait pas trop en parler comme ça, à Vence, en bavardant. Ce qui me plaisait aussi, c’est qu’il avait l’air d’être plein de doutes, alors quand il parlait c’était un peu comme s’il se taisait, et on comprenait mieux pourquoi il avait besoin d’écrire. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il aurait tellement aimé tout ça, ces hommages, et ces lettres, et ces critiques. Je ne sais pas. au fond ça lui aurait fait peut-être plaisir quand même. c’est difficile à dire. Depuis, j’ai lu ce qu’il avait écrit, et j’ai un peu mieux compris ce qu’il voulait dire à propos de la jeunesse, la beauté, et tout cela. Mais c’est comme si c’était un autre qui avait écrit ses livres. Au fond, on ne devrait jamais aller voir quelqu’un sans avoir lu ses livres et inversement.
très sincèrement vôtre.
J.M.G. Le Clézio. »

Paul Edel dit: à

Delaporte, je n’ai jamais dit que Paul Bourget est à comparer LITTERAIREMENT à Modiano.je dis que Paul Bourget fut encensé à son époque comme l‘est Modiano dans la notre.
Nuance. Simplement je fais remarquer que la postérité en littérature est une boite à surprises. Elle ne ratifie pas la mode du moment.
Tenez, prenons l’exemple d’henry Monnier. Henry Monnier obtint un immense succès en 1830 dans les Scènes Populaires. Il était ironique, railleur, Flaubert l’admirait .Notamment pour son personnage de Joseph Prudhomme. C’était la valeur sure des années 1830-1850, encensé à la fois par la critique et les lecteurs… Qui le lit aujourd’hui ?
Prenons un exemple plus proche , Maurice Dekobra dans la période de l’entre-deux-guerres, il connaît un immense succès. Son éditeur l’éditeur Baudinière avant-gardiste de la communication réussit une entreprise de marketing littéraire avec campagne d’affiches, librairies ouvertes à minuit, comme pour Harry Potter .. La Madone des Sleepings est vendue à trois cent mille exemplaires en une seule année. Qui lit Dekobra aujourd’hui ?
Rappelez-vous, les succès immenses de Gilbert Cesbron Qui lit aujourd’hui « chiens perdus sans collier ? » ? Simplement je me pose la question des tours et détours la postérité. Pour Modiano ça ne me semble pas si évident que les futures générations aiment ça. C’est si répétitif, avec ces thèmes obsessionnels : s’envole du chapeau du prestidigitateur , au lieu de colombes et foulards.. gestapistes à grands manteaux, juifs traqués, faux résistants, ajoutez marché noir, archives de police vieux magazines cinoche starlettes, papiers d’identité, adresses enfouies dans un vieux Bottin, braves garçons sortis d’un collège embrumé très grand Meaulnes…. Oui Modiano super décorateur, archiviste d’une époque louche qu’il n’a pas vécu qu’i l repasse dans son petit projecteur, grattage de plaies françaises, éclairages chiadés de studio, nostalgie trouble devenue névralgie lancinante. Eternel Solo de violoncelle murmuré à l’oreille du lecteur.
Ce qui est plus douloureux c’est que je me la pose cette question de postérité pour d’excellents écrivains Ceux que j’appelle les nouveaux « ensevelis » . Qui lit aujourd’hui « les Thibault » de Roger Martin du Gard ? Qui lit les romans courts de Mauriac avec ses landes brulées de soleil et ses bourgeois balzaciens et ses jeunes filles charmantes,timides, vêtues de candeur et de robes blanches dans la pénombre du jardin. Heureusement que Thérèse Desqueyroux, criminelle fascinante , plus révoltée, fait oublier ces vaporeuses silhouettes fanées .. Lui qui fut en tête du box-office si longtemps ?.. Qui lit Francis Carco dont l’argot parisien des truands de la rue de Lappe fait ma joie ? Je me la pose la question pour Montherlant dont une biographie révéla l l‘homosexualité cachée. et pourtant relisez « La rose des sables », « le chaos et la nuit » ou « les célibataires », c’est excellent de vacherie goguenarde. Le trait est sûr.
Quand on mesure par exemple, que les rois du box-office dans les années 5O furent le Philipe Hériat des » Boussardel » ou le Daniel Rops de « Mort où et ta victoire » on se dit que c’est quand même étonnant que ces auteurs aient disparu alors qu’on lit toujours les « maudits » censurés à l’époque ceux qu’on a voulu faire taire :Georges Bataille ou André Hardellet.

Bihoreau, duc de Bellerente et autres terres avoisinantes... dit: à

Rafraichissante arrivée de madame Barbara Cassin à l’Académie française. Est-il toujours de mise de dire «madame» ou «monsieur» quand le genre semble s’estomper ? Est-ce si important de savoir si un humain est mâle, femelle, ni un ni l’autre, ou les deux à la fois ? Récemment, un ami me disait être un fourmi et son conjoint un cigale. Aurons-nous bientôt un brute, un recru, un vedette, un estafette ? Les habits verts n’ont qu’à bien se retenir !

renato dit: à

Oups !

dans la Rome antique > qui remonte à la Rome antique

pardon

renato dit: à

Ce que Trump a dit : “The United States and Italy are bound together by a shared cultural and political heritage dating back thousands of years to Ancient Rome. »

En fr. : « Les États-Unis et l’Italie sont unis par un héritage culturel et politique commun vieux de plusieurs milliers d’années dans la Rome antique. »

On ne lit nulle part le mot « Alliés ».

Delayourte dit: à

« j’ai beau ne pas porter trop dans mon coeur les américains »
Les Américains, Mère Clopine, sont aussi divers que le sont D., Popaul et la mouette, et c’est pourquoi votre généralité est à la fois idiote et raciste.

christiane dit: à

Rose, extra, votre commentaire !

Clopine dit: à

La dernière de Donald Trump serait parfaitement désopilante si elle ne révélait aussi tragiquement l’étendue de sa connerie. Il a sorti, tenez-vous bien, que « les Etats Unis et l’Italie sont alliés depuis l’Empire Romain ».
Alors soit il place l’empire romain après 1492 (!), soit il croit que les Etats Unis ont été fondés il y a deux mille ans (!!), soit (et c’est quand même l’hypothèse la plus crédible, même si c’en est encore plus désolant) il raconte absolument n’importe quoi (!!!).

j’ai beau ne pas porter trop dans mon coeur les américains (surtout les racistes, les ignorants et les pollueurs), n’empêche, j’ai mal pour eux…

rose dit: à

Ce matin tôt, ai relu, avant de le mettre en carton, Le sens de ma vie de Romain Gary.folio, entretien accordé par Romain à Radio-Canada : deux passages, un sur De Gaulle, l’excipit sur les femmes, et sa maman. J’ai pleuré, mais de bonheur.

Pas de nostalgie, sur rien.
Ce qui est derrière est derrière, ce qui est devant est devant.

Ai emballé Joseph et Marguerite aussi, garde ces trois cartons à part.

nota : chez Mingarelli, y a jamais d’histoire d’amour. Je choisis le Dubois pour cela.

rose dit: à

christiane
J’ai relu Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois (L’Olivier). Comme ces personnages sont attachants… C’est un monde blessé dans et hors de la prison mais c’est un homme (Paul Hansen) qui cherche à comprendre ses actes, sa vie, ceux des autres et en particulier celle de son co-détenu, le beau personnage de Patrick Horton..
C’est un roman aussi qui laisse place à de grands espaces, à la nature, aux bêtes, à la solidarité et à la mocheté de certaines personnes comme cet abruti de Sedwick (on en connaît tous de ces pousse-au-crime plein de morgue, de bêtise, de rigidité. Ce « fourbe cauteleux, ce chacal sournois »). Il n’a pas volé sa dérouillée !
Mais cette tendre Winona et ses vols altruistes à bord de son hydravion cabossé, au-dessus des lacs et des forêts, et cette chienne Nouk capable de toute la fidélité possible, ces vieux fragiles qui perdent la boule… Ses parents ! (plus mal assortis, tu meurs !)
Ce clocher émergeant des sables, seul vestige d’une église avalée par la mer.
Un roman qui fait du bien. Ah, j’ai aimé… Je ne me souviens plus comment il est écrit tant je me suis laissée portée par le récit.
C’est le premier roman que je lis de cet auteur et les heures de cette traversée ont été un réel bonheur. Il ne nous parle pas de rien (Comme le dit Roméo à Mercurio, dans Shakespeare) dans ce monde souvent sans remèdes ni recours. Des actes qui déclenchent une immense solidarité malgré le fait qu’il n’y aura ni compensation ni remplacement de ce qui a été perdu. Mais le bon restera bon à jamais. Ça reste un signe même quand le récit et ses illusions sera fini. Je n’ai fait que le lire et le relire. Même quand une fiction diffère de l’histoire d’évènements qui se sont réellement passés, c’est important ce que la lecture fait dans nos vies.

J’ai aimé tout d’abord l’hitoire d’amour entre Winona et lui, comment elle s’enclenche avec simplicité et comment ensemble ils sont éminemment heureux.
J’ai aimé nouk aussi avec sa fidélité jusque boutiste ; sans « maman » c’était déjà insupoportable, mais sans « papa » qui se retrouve ensuite en taule ce n’est plus vivable, alors elle meurt.

Au début, j’ai eu quelques difficultés à entrer dans le rythme d el’alternance des récits. Et puis, j’ai trouvé que très vite il dit des choses très essentielles et on n’est pas encore prêt. C’est comme les préliminaires, indispensables au récit.

Puis, quand je suis entrée en curiosité dans l’histoire, je n’ai plus pu la lâcher -c’est là qu’est gagnée l’interaction à mes yeux entre lecteur et écrivain, dès qu’on est pris par le récit- jusqu’au final. Et cela a duré, parce que lorsque j’ai commencé le Mingarelli, j’ai dû cesser quelques jours, parce que le récit de Dubois me happait encore.

In fine, qu’est ce qui m’émeut chez un écrivain ,

C’est vrai que j’ai envie d’apprendre quelque chose en lisant ; ne me laisse guère aller à l’inutilité du verbiage, qui ne me touche pas.
Chez Dubois, et souvent chez les hommes, ai aimé la pudeur intrinsèque : par exemple, lorsqu’il explique comment c’est infernal d’avoir à faire ses besoins devant un spectateur, et je plussoie à mort, et très tr-ardivement, on apprend que pour le détenu aux revues techniques Harley Davidson c’est pire que dur, c’est insupportable et il ne dit rien.

Sinon, on/je fulmine aux horreurs du nouveau président de la copropriété (il n’est le patron de rien du tout) on/je aurait aimé le voir étranglé, noyé et avec le couteau qu’il faut tourner trois fois, c’est dit dans le livre. Et, il y a une pincée de désappointement lorsqu’il a la vie sauve.

Puis, le détenu libéré vient se baigner, dans la piscine, sous ses yeux, lui nage et jubile discrètement, et là cela devient totalement jouissif qu’il ne soit pas mort.

J’ai appris beaucoup de choses dans ce livre, et j’ai aimé l’amour entre Winona (rider, in edward aux mains d’argent) et Hansen JJ.

chouette, chouette, chouette bouquin ; il m’a plu ****

OZYMANDIAS dit: à

La nuit dernière, j’ai lu « Mystères » de Knut Hamsun.
Livre étrangement ennuyeux, brumeux comme un ciel scandinave et d’une délicate gravité.
Nagel ? Qui est-il ? D’oú vient-il ? Oú va-t-il ? Personnage d’une insolite banalité, ne faisant rien d’intéressant et musardant dans les rues de la ville tel un fantôme égaré dans son propre néant et ne sachant nager ni avec ni contre le courant de ce même néant.
Je devrais certainement le relire, ce livre, un autre jour ou une autre nuit, pas pour le comprendre, non, mais plutôt pour l’oublier dans les secrets arcanes de ma mémoire.
Nagel ou l’insondable magie d’un incompris… De l’Incompris.

Delaporte dit: à

Il y a aussi la blague qui se passe au golf, avec la femme qui demande au frère de son mari de venir. Elle est marrante comme tout, mais j’ai la flemme de vous la rédiger. Mais vous devez la connaître. Ce sont des classiques. Popaul ne connaît que ça !

Delaporte dit: à

« C’est super-marrant cette blague, Delaporte. »

L’ami qui me la racontait était en effet plié en deux de rire… Elle va égayer la grisaille de Popaul, s’il la lit. Popaul devant son paysage marin, avec la mouette bretonne posée sur une vague, et la même vague qui, lentement, s’écrase sur le rivage comme une merde sur l’asphalte. De la poésie à l’état pur !

D. dit: à

et sans emphase.

…comme cricri, quoi.

D. dit: à

C’est super-marrant cette blague, Delaporte.

christiane dit: à

Delaporte,
vos commentaires en disent plus sur vous que sur celui que vous gratifiez d’un « popaul ». Il vous reste inconnu.
J’aime assez ce qu’il devient à Saint-Malo. Voilà un homme qui suscite l’amitié et le respect. Dénuement modeste, simplicité foudroyante, un tiers discret, presque un absent, offrant une floraison de pensées loin de tout narcissisme, des bouts de souvenirs, des notes de lectures.
Le goût du temps qui s’en va dériver au rythme des marées et, ne vous y trompez pas, les exigences d’une morale faite d’inquiétude et de vigilance dont il ne s’est jamais départi jusqu’à le laisser parfois en proie à une désolation inattendue ou à une fureur subite.
L’authenticité ne peut venir que d’un accord profond avec soi-même. Il l’est sans tapage et sans emphase.

Delaporte dit: à

« Ben Delaporte c’est déjà bien d’avoir visité quelque chose à Saint-Malo parce que personnellement à part y ramasser des coquilles d’huîtres vides ce qui prend 1/4 d’heures je ne vois pas du tout ce qu’il y a à « visiter » là-bas. »

Si, les remparts. Les rues pavées. J’ai acheté un croissant dans une boulangerie, et assisté à une cérémonie militaire. Je suis arrivé à dix heures, à midi j’étais reparti. J’avais plutôt aimé, mais je ne serais pas resté…

D. dit: à

Saint-Malo fait incontestablement partue de ces endroits totalement surfaits, clichés dans l’imaginaire collectif. La réalité ew+ tout autre : à part des mouettes et un prix Goncourt suranné, Saint-Malo c’est, comme on dit en mathématiques, ensemble vide moins epsilon.

Delaporte dit: à

On m’a raconté une blague qui se passe dans un Ephad. C’est pour Popaul, amicalement.
C’est un petit vieux qui intègre un Ephad, et qui veut en profiter pour emballer, car il y a une majorité de femmes (agées). Il en repère une, bien gironde, et après le déjeuner il va frapper à sa porte. « Bonjour ! – Bonjour ! » Ils commencent à sympathiser tout de suite. La femme lui demande : « Vous voulez un café ? » Le petit vieux accepte. Elle lui sert un café. Tout se déroule normalement, sauf que cinq minutes après, la femme lui redemande : « Vous voulez un café ? » Il accepte, et bois son café. Et de nouveau cinq minutes après, elle lui re-re-redemande s’il veut un café. Alors là, le petit vieux en a marre et part en claquant la porte. Dans le couloir, il s’exclame : « C’est inadmissible !… Et elle ne m’a même pas proposé un café ! »

et alii dit: à

Le concept même de preuve par l’image va t’il disparaitre ? Car faire la différence entre une vidéo « deepfakée » et une vidéo « authentique » deviendra de plus en complexe. Cependant, ce genre de montage étant intrinsèquement dans l’ADN du web et des réseaux sociaux, il est probable que nos regards s’éduquent et distinguent, de plus en plus, rapidement le vrai du faux, le probable, de l’improbable.

« just a question of education ».
http://blog.keyzz-seo.com/deep-fake-le-fake-a-encore-de-beaux-jours-devant-lui

D. dit: à

Ben Delaporte c’est déjà bien d’avoir visité quelque chose à Saint-Malo parce que personnellement à part y ramasser des coquilles d’huîtres vides ce qui prend 1/4 d’heures je ne vois pas du tout ce qu’il y a à « visiter » là-bas.

et alii dit: à

c’est important ce que la lecture fait dans nos vies.
j’en parlais justement à une amie qui travaille depuis longtemps dans le « paramédical »et me parle souvent de ses deux enfants qu’elle accompagne dans leur scolarité;mais elle suit l’actualité,les lieux culturels-c’est une fille de profs;
christiane « don’nt explain » et « dont’ask more si P.ASSOULINE EST LE 3ème homme,ou si c’est moi ,à mes heures

Delaporte dit: à

Moi, je suis allé une fois à Saint-Malo. J’ai tout visité en une heure. Pas question d’y passer sa vie. Popaul, lui, est tombé amoureux du coin. Il savoure lentement le paysage, les mouettes, les vagues, les bateaux qui sortent. Il mange des huîtres, qu’il pourrait aussi bien manger à Paris. Et il lit – et c’est là que ça se complique, parce qu’il ne lit pas tout. Il a déclaré ici qu’il n’allait pas lire le dernier Modiano – vous avez bien lu ! Paul Bourget, oui. Pas Modiano ! Popaul en est resté à il y a un siècle. Il croit toujours que Bourget est à la mode, et qu’il va supplanter Modiano. C’est époustouflant !

christiane dit: à

@Et alii, reprenant une partie de mon commentaire (Mais, après ces révélations on est abîmé. le regard sur les livres lus ou sur l’œuvre d’art accueille des absences, des interrogations. On se referme, plus solitaire, plus méfiant.), vous ajoutez : « plus éclairé aussi sur ses propres pulsions infantilisantes et psychopédagogiques ».
Quelles pulsions infantilisantes ? Quelles pulsions psychopédagogiques ? Je ne comprends pas.
Nous évoquons, en boucle, sur ce fil de commentaires, des hommes qui n’ont « pas pu s’empêcher » de suivre des pulsions sauvages, irrépressibles pour s’approcher d’enfants illicitement et les abîmer, des hommes qui par ailleurs ont écrit, ont tourné des films, ont peint des toiles remarquables. Et nous, lecteurs, spectateurs, visiteurs nous sommes face à ces créations, interrogatifs.
Je ne sais si vous êtes mère ou grand-mère (Il se lit tant de fausses vérités sur ces blogs…) mais si vous l’êtes, vous savez la haine, la colère, le dégoût qui vous saisit en imaginant par la présence de vos enfants et petits-enfants aimés celle des autres enfants, inconnus, violés par des gros dégueul…
Quand, en plus, certains d’eux s’en vantent en osant s’innocenter au prétexte que d’autres ont fait pire (meurtres par exemple, enlèvements ou tortures), vous avez envie de leur cracher à la figure et pire !
Autre domaine celui des chemins tortueux de la sexualité entre adultes parfois consentants, parfois victimes/bourreaux. Je ne confonds pas les deux mais le deuxième peut être enchanteur ou glauque…

Je me suis lavée de ces eaux boueuses en retournant à la littérature. J’ai relu Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois (L’Olivier). Comme ces personnages sont attachants… C’est un monde blessé dans et hors de la prison mais c’est un homme (Paul Hansen) qui cherche à comprendre ses actes, sa vie, ceux des autres et en particulier celle de son co-détenu, le beau personnage de Patrick Horton..
C’est un roman aussi qui laisse place à de grands espaces, à la nature, aux bêtes, à la solidarité et à la mocheté de certaines personnes comme cet abruti de Sedwick (on en connaît tous de ces pousse-au-crime plein de morgue, de bêtise, de rigidité. Ce « fourbe cauteleux, ce chacal sournois »). Il n’a pas volé sa dérouillée !
Mais cette tendre Winona et ses vols altruistes à bord de son hydravion cabossé, au-dessus des lacs et des forêts, et cette chienne Nouk capable de toute la fidélité possible, ces vieux fragiles qui perdent la boule… Ses parents ! (plus mal assortis, tu meurs !)
Ce clocher émergeant des sables, seul vestige d’une église avalée par la mer.
Un roman qui fait du bien. Ah, j’ai aimé… Je ne me souviens plus comment il est écrit tant je me suis laissée portée par le récit.
C’est le premier roman que je lis de cet auteur et les heures de cette traversée ont été un réel bonheur. Il ne nous parle pas de rien (Comme le dit Roméo à Mercurio, dans Shakespeare) dans ce monde souvent sans remèdes ni recours. Des actes qui déclenchent une immense solidarité malgré le fait qu’il n’y aura ni compensation ni remplacement de ce qui a été perdu. Mais le bon restera bon à jamais. Ça reste un signe même quand le récit et ses illusions sera fini. Je n’ai fait que le lire et le relire. Même quand une fiction diffère de l’histoire d’évènements qui se sont réellement passés, c’est important ce que la lecture fait dans nos vies.

@Phil
je ne comprends pas toutes vos réactions et pourtant j’ai une grande confiance en vous. Vous ne construirez jamais une cité tyrannique.

Delaporte dit: à

« Ah, vous l’aimez beaucoup… C’est inouï. Qu’est-ce que ça serait si vous ne l’aimiez pas ! »

Vraiment, je l’aime bien malgré tout. Quand il faut dégaîner sur Balzac et Stendhal, ou Scott Fitzgerald, il a du répondant. Sa longue carrière abrutissante au Point ne l’a pas complètement anéanti. Aujourd’hui, il tient un blog. C’est son droit. Son amour de la littérature transparaît, sauf quand il évoque Handke. Il s’est mis dans la tête qu’il était un spécialiste de la littérature allemande, alors qu’il n’y connaît rien. C’est un cas, popaul, un marrant. Il est bien sympathique, au fond, quand il regarde une mouette bretonne posée sur la vague, et la même vague qui, lentement, s’écrase sur le rivage comme une merde sur l’asphalte. Sa retrait à Saint-Malo n’a rien arrangé !

Delaporte dit: à

« Mais que dit Marion, Delaporte? »

Vous pouvez lire gratuitement les deux discours sur le site Académie française.

et alii dit: à

Gilles KŽvorkian
Le Troisime ArgumentLÕinterprŽtation analytique de lÕÇ Argument du Troisime Homme È (
ParmŽnide
, 132a1- b2).
Les deux noms de baptme et les deux rŽgimes logiques de lÕArgument
En concluant son article matriciel sur Ç LÕArgument du Troisime Homme dans le
ParmŽnide
de Platon È, le cŽlbre platonisant de Princeton, Gregory Vlastos, Žcrivait quÕil estÇ plut™t rare de trouver un philosophe qui mette en Ïuvre ses aptitudes les plus hautes auservice dÕun argument qui, sÕil avait ŽtŽ correct, aurait dŽtruit les fondations logiques delÕÏuvre de sa vie È
1
. Rien moins nÕy est en jeu que la Ç ThŽorie des Formes È
2
, puisque pourchaque Forme posŽe comme unique par le jeune Socrate, le vieux ParmŽnide montre quÕil enappara”t un nombre indŽfini. Voici le texte de lÕaporie de la premire partie du
ParmŽnide
en132a1-b2
3
:(A1) ParmŽnide Ð
Voici, jÕimagine, ce qui te conduit ˆ supposer quÕil y a en chaque casune Forme unique
[
Voici, selon moi, ce qui te conduit ˆ soutenir que chaque Forme estune.
]

(oimai se ek tou toioude hen hekaston eidos oeisthai einai)
. Quand plusieurs choseste paraissent tre grandes
(pollÕatta megala soi doxi einai)
, il semble peut-tre quÕil y aune Forme unique qui est la mme dans ton apprŽhension dÕelles toutes
[
Chaque fois que
https://www.academia.edu/35902916/Le_Troisi%C3%A8me_Argument_linterpr%C3%A9tation_analytique_de_largument_du_Troisi%C3%A8me_homme_

et alii dit: à

il y a même une page wiki avec bibliographie:
L’argument du troisième homme, proposé par Platon dans le dialogue du Parménide (132a-b), est une critique philosophique sur la théorie platonicienne des idées. Cet argument a été favorisé par Aristote qui a utilisé l’exemple d’un homme (d’où le nom de l’argument) pour expliquer cette objection à la théorie de Platon. Il y pose, en principe, que si un homme est un homme parce qu’il participe à la forme de l’homme, alors une troisième forme serait nécessaire pour expliquer comment l’homme et la forme de l’homme sont à la fois l’homme, et ainsi de suite, à l’infini. Phanias d’Érèse, dans son livre Contre Diodore1, attribue au sophiste Polyxène une autre forme d’argument du troisième homme : « Si l’homme est homme par sa participation, par son commerce avec l’idée et l’homme en soi, il faut qu’il y ait un homme dont l’existence dépende de celle de l’idée. Or, ce n’est pas l’homme en soi qui est par une participation avec l’idée, car il est lui-même l’idée ; ce n’est pas non plus quelque homme particulier. Reste donc ce que ce soit un troisième homme, dont l’existence dépende de l’idée. »

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