de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
La vérité n’est qu’une option parmi d’autres

La vérité n’est qu’une option parmi d’autres

Loué soit Donald Trump ! Grâce à lui, 1984 et La Ferme des animaux, deux livres majeurs de George Orwell, viennent de faire un retour remarqué au sommet des listes des meilleures ventes du New York Times et d’Amazon, et sur celles des chaines de librairies Barnes& Noble comme du côté des indépendants de Indies. Inespéré d’autant que, si le président Obama provoquait bien un même effet sismique sur la librairie chaque fois qu’il disait du bien d’un livre, il en était de même jusqu’à présent avec le président Trump à chaque fois qu’il insultait l’auteur d’un livre. Cette fois, la donne a changé : si l’œuvre prophétique Orwell a soudainement resurgi, c’est que les Américains ont besoin de clés pour comprendre ce qui leur arrive, une grille d’analyse pour déchiffrer ce qui leur est tombé dessus.

En vertu d’un réflexe éprouvé, lorsqu’il apparait vain de se retourner vers l’histoire récente et les expériences passées, on cherche des solutions dans des livres. Le public a faim de références, alors il se jette sur la littérature passée, dystopique (récit fictionnel dans lequel l’utopie vire au cauchemar) ou uchronique (roman dans lequel l’Histoire officielle est réécrite après modification d’un événement notoire du passé). Sinclair Lewis, Georges Orwell, Philip Roth ont annoncé l’avènement de Donald Trump. A défaut de les avoir entendus, il semble que désormais on les écoute. Ce qui est arrivé aux Américains est tellement inédit qu’ils cherchent dans la littérature passée un reflet de ce qui va leur tomber dessus demain. On ne saurait mieux illustrer la notion de concordance des temps. Mais même si Les Origines du totalitarisme, publié en 1951 par la philosophe Hannah Arendt fait également depuis peu un retour remarqué dans liste des meilleures ventes d’Amazon, comment ne pas voir en creux dans ce triomphe de la fiction la faillite du journalisme et l’échec des essayistes ?orw

Incroyable comme la dystopie imaginée par George Orwell il y a près de soixante-dix ans paraît actuelle. Pourtant, tout le monde n’admire pas le classique moderne 1984, il s’en faut. Le regretté romancier Anthony Burgess, et à sa suite le critique Adam Gopnik, ont ainsi pu le juger daté donc obsolète car très marqué par la misère sociale des années de rationnement dans la Grande-Bretagne de l’après-guerre, le tout baignant dans la lourde atmosphère créée par la police politique stalinienne. Pour autant, reprenant le livre d’Orwell à la faveur du sacre contesté de Donald Trump, le critique a convenu qu’il fallait revenir à 1984 car l’Amérique était revenue à 1948. Mensonges systématiques, fabrication de « faits alternatifs » (quelle idée de génie, quand on y songe), invention d’évènements contre toute évidence (les Suédois en rient encore), contrôle du réel, infaillibilité du pouvoir, autoritarisme brutal etc.

Si la lecture du livre d’Orwell est désormais encouragé par les opposants à Trump, c’est pour crier aux Américains : le monde de 1984, où le langage est utilisé comme une arme politique et la vision du réel imposée par le pouvoir, c’est là où ne nous voulons pas aller dans les quatre prochaines années ! On saura bientôt si l’ère dans laquelle nous venons d’entrer favorisera la création à Washington d’un ministère de la Post-Vérité puisque désormais la vérité est considérée comme une option parmi d’autres. Impossible de ne pas conserver à l’esprit le slogan glaçant de 1984 :

« Qui contrôle le passé contrôle le futur : qui contrôle le présent contrôle le passé ».

Après avoir intégré l’an dernier « alt-right » et « Brexit » à leur bible, les lexicographes de l’Oxford English Dictionary travaillent actuellement sur les néologismes que la trumpisation de la société américaine a suscités : trumponomics (politique économique de la nouvelle administration), trumpertantrum (les tweets présidentiels courroucés du petit matin), trumpkin (une marionnette qui ressemble à un ancien animateur de télé étrangement coiffé), trumpflation (inflation que ne manquera pas de provoquer la nouvelle politique économique), sans oublier trumpist (supporter du président), trumpette (sa femme) et même trumpista (admirateur hispaniste du président, spécimen des plus rares)…   Selon le Guardian, ils devraient figurer dans la prochaine édition alors qu’en général, les nouveaux mots passent d’abord une dizaine d’années au purgatoire. Manifestement, les spécialistes de la langue sont pressés de s’accorder à l’air du temps, comme s’ils craignaient qu’en rattrapant la fiction, la réalité prouve une fois de plus qu’elle peut être pire encore.

donald-trump-person-of-the-year-time-reactions-15Philip Roth aussi a eu du nez en écrivant Le Complot contre l’Amérique publié en 2004. Dans ce roman uchronique, qui se situe dans les années 1940-1942, pas l’un de ses meilleurs mais l’un de ses plus dérangeants, il imaginait la victoire de Charles Lindbergh contre Franklin D. Roosevelt dans la course à la Maison blanche. Le célèbre aviateur y était dépeint tel qu’en lui-même en forcené de l’antisémitisme, admirateur des régimes dictatoriaux sur lequel l’Allemagne nazie exerçait un chantage, isolationniste partisan du « America first » et qui, une fois élu, finissait par signer un pacte de non-agression avec Hitler. Un scénario-catastrophe dont les détracteurs de Trump redoutent le spectre aux allures de Poutine.

Comment un Américain doté d’un peu de mémoire et d’un minimum de culture, ayant subi le slogan « America First » durant toute la campagne du candidat Trump, et l’ayant entendu le prononcer à deux reprises lors de son discours d’investiture, pourrait-il oublier que ce fut le slogan hurlé par Lindbergh autrefois, qu’un parti nazi américain en fit sa bannière en 1943 et que depuis, il est associé dans la mémoire nationale à la neutralité envers le nazisme ?

Pressé de toutes parts de réagir à la nouvelle jeunesse que l’actualité politique a donné à son roman, Philip Roth a fini par s’exprimer dans un échange de courriels avec Judith Thurman du New Yorker. Il y tient malgré tout Lindbergh pour un héros populaire contrairement à Trump qui n’est qu’un « arnaqueur ». Et de renvoyer élégamment au personnage créé par Herman Melville dans The Confidence-Man (1857), véritable ancêtre selon lui du nouveau président, paru en français chez Minuit en 1950 sous le titre Le Grand escroc… Car là où la personnalité de Trump dépasse l’imagination, ce n’est pas en qualité de citoyen ou de promoteur immobilier (on en connaît d’autres), mais bien en tant que président des Etats-Unis : dans cette catégorie, il est unique surtout à la manière dont Roth le présente :

« ignorant des affaires du gouvernement, de l’histoire, de la science,, de la philosophie, de l’art, incapable d’exprimer ou de reconnaître la subtilité ou la nuance, dépourvu de toute décence et usant d’un vocabulaire de 77 mots dans un anglais approximatif ».le_dictateur__1940

Au fond, l’apport majeur du Complot contre l’Amérique, et c’est probablement la raison pour laquelle ce roman résonne si bien avec les angoisses américaines contemporaines, c’est cela : la terreur de l’imprévu. A la relecture une dizaine d’années plus tard, les similitudes entre ce qu’il a imaginé et ce qui est advenu sautent aux yeux sur un point au moins qu’il ne manque pas de souligner :

« Le plus terrifiant est que tout est devenu possible, y compris, bien sûr, la catastrophe nucléaire ».

Si les lecteurs américains se sont tournés en priorité vers ces écrivains-là, ils n’en ont pas moins plébiscité d’autres romans, du classique Meilleur des mondes (1932) d’Aldous Huxley à la Servante écarlate (1985) de Margaret Atwood. Au train où vont les choses, le téléchargement de films dystopiques, de Fahrenheit 451 à Bienvenue à Gattaca, ne devrait pas être en reste, pour tenter de déchiffrer l’étonnante personnalité d’un docteur Folamour à l’allure d’un Ubu-roi. George Orwell est mort en 1950, Philip Roth a définitivement posé la plume en 2012. Mais depuis le début de l’année, leurs œuvres prémonitoires ont ressuscité, consacrant ainsi le statut de visionnaire des meilleurs écrivains. Merci qui ? Merci Donald !

It Can’t Happen Here proclamait par antiphrase en 1935 l’édifiant roman de Sinclair Lewis que les éditions de la Différence ont eu tout récemment la bonne idée de rééditer sous le titre Impossible ici ! traduit de l’anglais par Raymond Queneau (lire ici sa préface par Thierry Gillibeuf). Aujourd’hui, un mois exactement après la prise de fonction du nouveau président, certains Américains ont l’étrange impression d’être « embarqués dans un avion piloté par un fou pour un voyage de quatre ans« , selon la formule d’un étudiant citée ce matin par Libération. Et, partant, il a augmenté l’angoisse générale, enfin, un peu moins qu’à moitié générale puisque d’après les plus récents sondages, son électorat est ravi de constater qu’il fait ce qu’il avait dit qu’il ferait. Innombrables sont déjà les dossiers et les sujets sur lesquels son amateurisme dans les analyses, sa susceptibilité dans les réactions et sa puérilité des déclarations accablent jusqu’à son propre camp. Tiendra-t-il quatre ans en assurant jour après jour que « c’est la faute des médias » ? A part l’assassinat, on ne voit pas d’autre issue que la procédure de mise en accusation (impeachment) et la destitution. Car derrière la régression américaine en toutes choses, ce qui se profile à l’horizon est de moins en moins drôle. Trump a rendu aussi imprévisible que lui le quotidien de ses compatriotes. Et cela, aucun artiste ne l’avait vraiment imaginé, à l’exception de Chaplin dans Le Dictateur.

(Illustration Jason Lazarus)

Cette entrée a été publiée dans Actualité, Histoire Littéraire.

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468 Réponses pour La vérité n’est qu’une option parmi d’autres

la vie dans les bois dit: 28 février 2017 à 8 h 09 min

« La « parole » ? Mais ce n’est pas le sujet ! »

Les discours, comme ceux d’un balancier de coucou suisse, soliloques abscons, non plus.

renato dit: 27 février 2017 à 8 h 04 min

Égalisation des réels. Contre-épiphanies. Est-ce que les choses lues priment encore sur les choses vues ? Est-ce que ceux qui ne croient qu’en les choses vues sont encore des « homo videns » dépendants d’une réalité construite de choses vues, sélectionnées, manipulées et pré-structurées émotionnellement par d’autres, ou peuvent-ils désormais compter sur un tissu conceptuel autonome ? Quelles resources investissent-ils dans la compréhension de ce qui réellement advient ? Est-ce que, à un moment, la convoitise du regard se traduit en images nouvelles (transformations valorisantes) ? Manifestent-ils une sorte de réticence à parler de ce que les images disent ? S’attardent-ils sur ce qui fait la spécificité individuelle de chacune ? Est-ce que en parler serait pour ces consommateurs de choses vues un acte à la fois idéal et immanent ? Peu importe, mieux vaut penser à l’individualité en flânant dans le fond de la scène, entre mélancolie et humour, en compagnie de Lucrèce, Bruno, Cyrano ; Ovide en filigrane ; et de manière excentrique (en opposition, parfois ; d’autres fois par collision ; mais cohérente, toujours), l’Arioste : nous, cachés derrière nos illusions ; redevables de la prévalence de la chance et du hasard sur notre capacité de maîtriser le destin — parce que la folie, la vanité, les illusions habitent la Terre et la raison est dans la Lune. Pourtant, nonobstant les toujours plus fréquentes approximations du langage, le monde est moins opaque. Vieilles toiles d’araignée tissés entre les branches ; « The Unanswered Question » dans l’oreillette [ https://youtu.be/kkaOz48cq2g ].

RS dit: 27 février 2017 à 4 h 52 min

En matiere de policage du langage et autres tricheries rethoriques, la gauche americaine est aussi coupable que Trump. C’est notamment a cause des derives du Politiquement Correct – parfaitement Orwellien – que Trump a ete elu. Quant aux Fake news, non seulement ce n’est pas une nouveaute, mais la gauche americaine est elle aussi coupable. D’ou pense-t-on que Donald trump tire sa « credibilite »? Sinon du manque de cerdibilite – merite – de l’autre camp?

Clopine dit: 26 février 2017 à 11 h 27 min

Lvdb, je me suis donné comme ligne de conduite de répondre (le plus courtoisement possible) aux questions que l’on me pose. C’est déjà pas mal, vu le climat qui règne par ici. Si en plus je dois réagir à des opinions contraires aux miennes, et énoncées la plupart du temps avec un mépris qui transparaît dans, par exemple, la façon de me citer de façon indirecte (« l’a-t' »elle » seulement lu ? Ce « elle » – alors qu’évidemment je lis le fil – est d’une impolitesse absolue), je jette l’éponge…

la vie dans les bois dit: 26 février 2017 à 11 h 14 min

addendum- puisque trouillefou ne répond plus aux citations.
« Et pas question de littérature américaine, même si le prof de littérature dit en faire son crédo, auprès de ses jeunes étudiantes » moi

Djian a lu Ph. Roth, dont le prof de littérature dans  » Incidences » ( op. cit. p 231), est une copie  » originale », de Zuckerman, dans « la tache ». Cela n’a pas été porté à son (dis)crédit. C’est dommage aussi.

Clopine dit: 26 février 2017 à 11 h 12 min

Pfff, D., cf 18 h 41.

Dites donc, Puck/Dexter/Bergeret/et autres, ça ne vous dérange pas qu’on sache désormais qui vous êtes ? Je vous crois proprement incapable de vous sortir de votre narcissisme « professionnel » et vous avez dû bien trop vous régaler du sentiment de puissance que votre mégalomanie jointe à votre pouvoir de nuisance vous a procuré, donc vous n’avez pas honte. Mais néanmoins…

D. dit: 26 février 2017 à 10 h 24 min

Petit Rappel dit: 25 février 2017 à 13 h 07 min

» Tu es le fils de Rétif de la Bretonne »!!!!
-Ce n’est pas un compliment, mais l’a-t’elle seulement lu?

si quelqu’un pouvait répondre à cette question qui traine depuis hier ?

D. dit: 26 février 2017 à 10 h 21 min

Chaloux dit: 25 février 2017 à 21 h 47 min

j’en suis certain, D., la vérification m’a couté 66 euros.

Je peux vous les rembourser, je suis plein aux as.

Passou dit: 26 février 2017 à 9 h 55 min

Clopine,
D’avoir « Elle » de Paul Verhoeven (ou fat-il dire plutôt : de Huppert ?) m’a rappelé à quel point « Oh ! » dont il est adapté m’avait paru invraisemblable

la vie dans les bois dit: 26 février 2017 à 9 h 18 min

Dans le billet:
« Impossible de ne pas conserver à l’esprit le slogan glaçant de 1984 :
« Qui contrôle le passé contrôle le futur : qui contrôle le présent contrôle le passé ». »

A notre époque, cette a-temporalité, est plutôt bien illustrée par la communication mondialisée, qui s’effectue par le web et les enjeux, géopolitiques, sociétaux, de la maîtrise des données.

la vie dans les bois dit: 26 février 2017 à 8 h 56 min

« no comments on her books », Phil, à propos de Yourcenar.

Et sur le sujet du billet, avec des spécialistes comme vous et chaloux, c’est un peu dommage de rester uniquement sur la forme et l’édition, augmentée ou non de ses écrits.

Comme helléniste, vous auriez pu dire un petit mot sur l’art de la parole publique dans la société de Grèce Antique ?
Son rôle démocratique, et ce qu’il en est advenu dans des empires totalitaires.

Paleine dit: 26 février 2017 à 5 h 54 min

« Si j’avais une poignée de vérités dans la main, je me garderais bien de l’ouvrir » – Fontenelle.

et alii dit: 26 février 2017 à 2 h 23 min

dans le texte
A New Trumpist Magazine at the Harvard Club
American Affairs is a scholarly journal of politics whose sympathies set it apart from just about every other tweedy magazine in existence.

Phil dit: 25 février 2017 à 23 h 15 min

Merci Chaloux, mais était-ce une volonté de Yournecar ? no comments on her books. Gide, promoteur de Schiffrin, prenait ses aises..

Chaloux dit: 25 février 2017 à 22 h 59 min

Phil, les romans de Gide c’est une autre époque de la Pléiade. Le théâtre de Montherlant première mouture -54 ou 56- ne contient pas non plus d’appareil critique. Yourcenar voulait une pléiade vieille école…

Chaloux dit: 25 février 2017 à 22 h 38 min

Phil, je ne sais pas si ça les vaut, mais c’est le prix que j’ai payé. Je le voulais, c’est ainsi. Ce qui m’intéresse surtout c’est la description des manuscrits. La génétique des textes me fascine. Gide je ne sais pas, mais s’il n’y a pas d’appareil critique dans la Pléiade de Yourcenar c’est qu’elle n’en a pas voulu. Évidemment, c’est dommage, mais on a tellement écrit sur Yourcenar depuis trente ans que les études disponibles ont comblé cette absence (avec quelques chefs-d’œuvre, comme l’autobiographie dans le labyrinthe du Monde de Simone Proust).

puck dit: 25 février 2017 à 22 h 32 min

le top c’est quand on dit d’un écrivain : « il a une voix ».

quand on insiste trop sur la forme c’est toujours un mauvais présage.

d’ailleurs personne n’a jamais de Thomas Mann qu’il avait une voix, même lui l’aurait très mal prix.

et même Orwell ça l’aurait foutu en boule.

par contre on peut dire que Philippe Djian a une voix.

puck dit: 25 février 2017 à 22 h 29 min

d’ailleurs il n’existe pas un seul écrivain au monde qui aurait eu l’idée de pondre une histoire de post-vérité.

il sont déjà du mal à trouver des vérités, alors des post vérités faut même pas y enser.

je ne suis même pas sûr que Djian comprendrait le concept de « post vérité », même si on le lui expliquait de façon simple.

il fait partie de ces écrivains qui n’ont jamais trop briller par leur intelligence.

ce que d’ailleurs les lecteurs expriment en disant : « il écrit bien ».

quand on dit d’un écrivain « il écrit bien » c’est juste pour éviter de dire qu’il a le qi d’une huitre.

puck dit: 25 février 2017 à 22 h 24 min

la « post-vérité » c’est un truc qu’Orwell aurait adoré.

c’est une sorte d’uchronie en direct live.

je comprends pourquoi les gens éprouvent le besoin de lire : quand le réel devient trop compliquer on a besoin de livres pour remettre un peu d’ordre dans ses idées.

par exmple le monde de Djian est bien moins compliqué que le monde réel, parce que Djian est un type simple qui évite de se poser des questions trop compliquées, d’où son succès.

puck dit: 25 février 2017 à 22 h 18 min

à tel point que certains journalistes sont en train d’inventer un nouveau concept : la « post vérité »

la post vérité est la vérité d’un monde post moderne.

en fait la post vérité journaliste est une vérité qui apparaît après coup.

par exmeple pour le brexit les journalistes défendaient avant une vérité, comme cette vérité n’a pas eu de succès et que les électeurs ont refuser de se laisser enfumer par cette vérité, du coup ces mêmes journalistes sont obligés de pondre une autre vérité après, qu’ils appellent une post vérité.

du coup les ventes des bouquins d’Orwell doivent faire partie cette post vérité.

au rythme où vont les choses je crois qu’on a pas fini de rigoler :

http://www.acrimed.org/Post-verite-et-fake-news-fausses-clartes-et

puck dit: 25 février 2017 à 22 h 11 min

après Trump, après le brexit et après la future élection de le pen, les médias et toute l’intelligentsia se retrouvent dans une situation drôlatique.

soit ils se commencent à se poser des questions du genr « pourquoi ces gens ne croient-ils plus en nous? » et ils sont ridicules.

soit ils ne se remettent pas en question et ils sont encore plus ridicules.

c’était écrit d’avance : la culture ne pouvait que sombrer dans le ridicule.

passou, prenez votre temps, 600 pages c’est long, d’ici que vous finisissez ce livre il va encore se passer de drôles de choses dans ce monde.

si ça se trouve quand vous allez réémerger vus n’allez plus rien reconnaitre de ce monde.

et là vous serez obliger de retourner au théâtre pour comprendre ce que les livres d’orwell ont du mal à expliquer.

Phil dit: 25 février 2017 à 22 h 10 min

66 euros, le Tournier. de la notule, critique et bas de page qui les vaut, Chaloux ? (le Gide, romans, rien de tout ça, ni Yourcenar. une honte)

JiBé dit: 25 février 2017 à 21 h 52 min

Merci, Passou. De Jean-Jacques Beineix, j’ai mieux aimé « La Lune dans le caniveau », adapté du roman éponyme de David Goodis…

la vie dans les bois dit: 25 février 2017 à 21 h 32 min

Car enfin une histoire aussi trash que celle d' » incidences », même si lu il y a quelques années, suffit de rouvrir quelques pages, pour bien comprendre Jourde.
Et pas question de littérature américaine, même si le prof de littérature dit en faire son crédo, auprès de ses jeunes étudiantes; il prend soin d’écrire son nom au tableau , en précisant que c’est pas la peine de chercher sur wiki, il ne s’appelle pas Houellebecq.

Vu ce qui suit, dans ce roman, on s’en doutait déjà.

la vie dans les bois dit: 25 février 2017 à 21 h 15 min

« Or, perso, qui ait lu une demi-douzaine maxi de livres de Djian mais qui ait été « accrochée » et comment, je trouve que l’auteur mérite bien mieux, et dans la reconnaissance d’un talent certain, et surtout dans une réfutation qui serait, elle, fondée. » trouillefou

on n’a pas bien saisi les livres lus, effectivement.

Ni en quoi Djian mérite bien mieux.
Heu, d’être lu d’abord ? avant de causer de n’importe quoi sauf de ses livres , de ce qu’il y a dedans ?

Chaloux dit: 25 février 2017 à 21 h 06 min

Pour finir, une forte pensée de Paul Veyne, à méditer en ces temps d’élections et de désir de réforme généralisé :

« Si l’on veut veut bien cesser de penser à travers ces roides généralités maladroites, on constatera aisément que la moralisation de l’esclavage n’a pas adouci l’esclavage pour autant ».

La vie privée dans l’Empire romain, Points Seuil, p.70

Chaloux dit: 25 février 2017 à 20 h 40 min

Excellente édition des « romans » de Michel Tournier par Arlette Bouloumié, quoique je persiste à trouver le principe de cette Pléiade assez ridicule si elle n’est pas suivie d’une autre : je n’ai jamais cru à la baisse de qualité de ses livres après 1980 ou 1985 (Arlette Bouloumié signale d’ailleurs discrètement qu’elle n’y croit pas non plus). C’est « autre chose », effectivement, et j’espère qu’avec le temps on reconnaîtra la singularité, la valeur, de cet « autre chose ». Il y a du Montaigne dans le second Tournier et c’est ce qui fait en grande partie sa présence. A se demander même si on ne lira pas surtout ce qui n’est pas dans cette Pléiade. Curieux phénomène d’époque que celui d’un éditeur se rangeant à l’avis d’une critique qui ne sait pas ce qu’elle dit.

Delaporte dit: 25 février 2017 à 19 h 33 min

On a pu par le passé lire ici ou là les meilleurs ouvrages de Restif, polygraphe libertin supérieurement doué. Dans la Pléiade, il y avait « Le Pied de Fanchette », roman fétichiste assez inoubliable que je recommande. Il est vrai que depuis l’affaire DSK, le libertinage made in France n’a plus vraiment la cote. Les féministes auraient-elles gagné ? Ce serait quand même dommage.

Janssen J-J dit: 25 février 2017 à 19 h 15 min

Quant à moi, je l’avoue, j’ai un peu décroché.

après bob dylan, va pu rester grand’monde pour faire tourner la rdl… javier cercas, putôt que javier marias, j’dirais aux espagnes

Clopine dit: 25 février 2017 à 18 h 41 min

J’ai lu Restif de la Bretonne dans un ouvrage consacré aux libertins, et où il y avait aussi l’abbé Prévost. Cela est sans doute totalement insuffisant aux yeux de M. Court, mais franchement, à part son mépris, qu’est-ce que M. Court apporte à la discussion ?

Notre hôte, vous dites à Jibé avoir « décroché » de Djian : mais avez-vous lu le livre qui a été adapté au cinéma « elle » ? Le cow-boy est peut-être fatigué, mais le mustang se porte toujours assez vaillamment, finalement…

Petit Rappel dit: 25 février 2017 à 18 h 30 min

Jibé
Avez-vous lu, du « Rousseau du ruisseau, » Mes Inscriptions? C’est le seul que je sauverais.
On est un peu surpris, Clopine, de vous entendre proclamer lectrice d’ une œuvre que personne n’a publiée intégralement depuis la mort de l’Auteur, et qui était déjà fort caviardée de son vivant.
Bien à vous.
MC

Sergio dit: 25 février 2017 à 17 h 45 min

« seul le style ! le style  »

Ca peut toujours se discuter, mais vu comme ça c’est comme la Gordini de mon voisin ça tient que par la peinture !

Les types qui pompent Ferdine comme des boeufs faudrait les envoyer bouffer par les oies de Zornhof ! Ou alors au tarbin avec les Bibel i rigolent jamais…

Passou dit: 25 février 2017 à 17 h 06 min

Jacques Chesney, D’accord avec vous, magnifique le dernier roman de Javier Marias. Je suis plongé dedans. Mais oh ! il fait 600 pages et je ne veux pas en perdre une, alors ça prend du temps svp

Jibé, Que dire de Djian ? J’avais été emballé par son premier livre, un recueil de nouvelles « Cinquante contre un », vif, nerveux, tonal, et par « 37. 2 le matin », remarquablement en osmose avec le film de beneix. Et puis ici ou là « Lent dehors », « Maudit manège »… Mais on a vite fait le tour du personnage et de l’oeuvre, célinien dans sa manière de proclamer que seul le style ! le style ! on a compris, et derrière Carver, Fante and co. Il s’est lui-même emprisonné dans son image de rocker fatigué et ses livres avec lui, alors qu’il ne rêve que d’écriture classique au fond, mais il en est loin. Pas sûr qu’on reconnaisse encore le son Djian, la seule chose qui compte. Quant à moi, je l’avoue, j’ai un peu décroché.

bouguereau dit: 25 février 2017 à 17 h 00 min

Henry Miller des salles de baby-foot

c’est bien vu..miller y’avait haussi une tête a claque dans ses romans..dans l’reste beaucoup moins

bouguereau dit: 25 février 2017 à 16 h 57 min

Je suis en train de donner des tours à la pâte. Il y a des temps de repos au réfrigérateur

y’a moyen dfaire tout d’un coup dédé..mais c’est teutchi..le mieux c’est d’faire 1 gros kilo dfeuilleté d’un coup et de mette au congélo coupé en 4..ça fait l’mois

bouguereau dit: 25 février 2017 à 16 h 54 min

Hemingway dans le texte

henri milère..c’est tes apeupré qui tfoute dedans baroz et qui t’font douter tes regrets de pédro et dracul et les ‘grandes signatures’ comme dit keupu

D. dit: 25 février 2017 à 16 h 36 min

puck dit: 25 février 2017 à 14 h 40 min

il faut voir ce très bel hommage rendu par une immense actrice à un immense écrivain dans une immense émission télé diffusée sur une immense chaine télé immensément payante comme un immense hommage rendu par cet immense art cinématographique rendu à l’immense art littéraire pour contribuer comme le fait cet immense art cinématographique à son immense participation à cet immense enfumage d’un immense public immensément consommateur d’immenses produits immensément culturels.

Tu vas bien, Z6PO ?

D. dit: 25 février 2017 à 16 h 28 min

Ce soir je mange une tourte feuilletée au pleurotes, jambon et crème. Entièrement faite par moi. Je suis en train de donner des tours à la pâte. Il y a des temps de repos au réfrigérateur, c’est très complexe, je vais aller cueillir les pleurotes que je cultive dans ma cave sur des veilles souches.

Sergio dit: 25 février 2017 à 15 h 36 min

Le Thromb il aurait au moins pu rétablir la bannière confédérée, voilà une mesure de bon ton… Et se promener en Harley, tant qu’à faire !

Nous i sont en vélo c’est moins bon…

JiBé dit: 25 février 2017 à 15 h 02 min

ça résume bien ce que dit Clopine, zerbinette. Sous-produit américain pour l’un, franco-français ringard pour l’autre ! Mieux vaut lire Proust ou Hemingway dans le texte…

JiBé dit: 25 février 2017 à 14 h 56 min

« Orwell reviens !!! ils sont devenus fous… »

Ce qui est ouf, puck, c’est de constater combien la disparition d’un personnage imaginaire est tout aussi attristante que celle d’une personne bien réelle !
Ainsi, ai-je du mal à me remettre de la mort prématurée de notre cher Pablo75. Certes, il n’était plus tout jeune, mais son existence ici même fut somme toute assez brève ! J’aimais l’entendre s’enorgueillir de ses bonnes affaires aux puces ou chez les bouquinistes, nous parler des auteurs espagnols ou latino américains, nous faire des confidences sur sa façon de se nourrir ou sur sa fille vétérinaire et sa clientèle animalière en souffrance, ou bien encore sur son quartier du métro Jourdain et du parc des Buttes-Chaumont…
D’autant plus qu’ici, la virtualité est également interactive : on pouvait dialoguer !
Les historiens des nouvelles formes de communication via internet devront se pencher sur cet aspect de la question où tout reste encore à analyser…

Janssen J-J dit: 25 février 2017 à 14 h 45 min

Crescentibus cum ipsa sustulerat in puerili aetate
Intrare mane paulo cubiculum;
Ita exspectant, ut radius a speravi;
Intravit, et dixit: Salve, Pater;
Stilum accepit, aperuit meos sedebat
In lectulo meo mihi molesti chartas, et risit,
Et subito transit quasi avis.
Redditus et caput paulo defessi
Opera obstruatur et scripsi,
Inter me et occurrit saepe codices
Et coacervassent Arabesque insanus quidam,
Et multi de his pagina inter manus rugosa
Quo modo venerunt ad molliorem.
Et dilexit Deum, flores, astra, viridia prata,
Erat autem mulier quia spiritus.
Oculis eius lumen reflectitur.
Consulenti mihi omnia semper.
Oh! sicut candidus venuste et hiems vesperas,
Past ratione linguae et historiae Graecorum,
Quatuor aggregata filii mei super genua mea, et mater est
Nearby, incendii paucis!
Vocavi parvo esse contentus hac vita!
Et mortuus putet! Heu! Deus, adiuva me!
Ego autem non sum, ubi gay sensit tristis;
Ego maestus in medio choro laetissimo
Si mihi discedens viderunt oculi umbra

puck dit: 25 février 2017 à 14 h 40 min

il faut voir ce très bel hommage rendu par une immense actrice à un immense écrivain dans une immense émission télé diffusée sur une immense chaine télé immensément payante comme un immense hommage rendu par cet immense art cinématographique rendu à l’immense art littéraire pour contribuer comme le fait cet immense art cinématographique à son immense participation à cet immense enfumage d’un immense public immensément consommateur d’immenses produits immensément culturels.

zerbinette dit: 25 février 2017 à 14 h 26 min

«Le Henry Miller des salles de baby-foot.» Angelo Rinaldi, à propos de Philippe Djian

«Quand je veux lire du Proust, je ne lis pas Angelo Rinaldi, je lis Proust.» Philippe Djian, à propos d’Angelo Rinaldi

Janssen J-J dit: 25 février 2017 à 14 h 25 min

13.28 google traduisant de l’irlandais donne à peu près ceci, gibi :
Allez, les gars!
Moi le Poete Raftery
Moi le poète Raftery,
Plein d’espoir et d’amour,
Les yeux sans lumière,
Avec le silence sans tourment.
«Pour en revenir sur mon voyage
Avec mon cœur léger
Feeble et fatigué
En fin de mon chemin.
Je vois maintenant
Mon dos est au mur,
Jouer de la musique
Vos poches vides.

bouguereau dit: 25 février 2017 à 13 h 57 min

consensuellement pauvre !

dla sriracha coupé indonésienne made in honkong..djian est pas con et c’est une vraie tête à claque..son talent..mais y’a qula la fessée qui vaut globalment quelquechose baroz

Clopine dit: 25 février 2017 à 13 h 32 min

Mais ou, M. Court, je l’ai lu, Rétif… Ce « hibou » qui courait les rues parisiennes de préférence la nuit, ce saute-ruisseau, ce curieux professionnel…

Tolérant et ouvert d’esprit, le Rétif : donc votre exact contraire, ô sorbonnard sorbonnicole…

JiBé dit: 25 février 2017 à 13 h 32 min

« Ces thèmes sont autrement plus convaincants sous la plume d’un Tennessee Williams, d’une Carson McCullers ou d’un Faulkner, même en traduction. »

Ou dans la sublime langue du marquis de Sade.

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