de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
François Cheng : « Notre vraie vie, c’est l’itinéraire de notre âme »

François Cheng : « Notre vraie vie, c’est l’itinéraire de notre âme »

Poète et académicien français d’origine chinoise, il se considère comme « un rescapé de 88 ans ». Il se taille un grand succès de librairie avec une méditation au titre aussi simple qu’écrasant : De l’âme (162 pages, 14 euros, Albin Michel). Après des réflexions sur la beauté et d’autres sur la mort, on ne s’étonne pas qu’un esprit tel que celui de François Cheng, plus que jamais au carrefour des cultures occidentale et orientale, ait jugé le moment venu de réfléchir à l’âme. Nourri des traditions poétiques française et chinoise, traducteur de leurs meilleurs représentants dans ses deux langues, il a choisi la forme épistolaire, sept lettres qui convoquent les oeuvres de philosophes ou d’écrivains, pour composer une méditation grave et légère, habitée par la grâce. Nous l’avons rencontré chez lui à Paris.

A propos, comment va votre âme ?

François Cheng : Je dois vous avouer tout d’abord que je me sens démuni à l’oral. Si on me laisse le temps d’écrire alors ça va car c’est le meilleur moyen de satisfaire mon esprit de repentir. N’oubliez pas que vous interrogez un homme dans son très grand âge, situation à laquelle je ne m’attendais pas. Je suis un rescapé de 88 ans. Dans ma jeunesse, ayant vécu les épidémies de tuberculose et de choléra, la guerre sino-japonaise de 1937 à 1945 avec ses bombardements sur les populations dans l’exode, puis la guerre civile à partir de 1946, j’avais bien conscience que la vie ne tenait qu’à un fil. Ayant survécu à toutes ces calamités, je pensais mourir à 30 ans. A 35 ans j’ai cru atteindre une limite ; à 60 ans, cela me parut un maximum, d’autant que j’ai toujours eu une santé chancelante et aléatoire.

 

Une mauvaise santé de fer !

Et même de fil de fer ! Ayant laissé élaguer beaucoup de choses, le bon moment s’est imposé maintenant pour écrire à ce sujet, ce qui aurait été impossible avant. J’ai fait le bilan de ma vie et j’ai vu qu’il restait ce corps très frileux tant il est décharné, la maitrise de mon esprit et de ma lucidité, une concentration sans faille qui me permet d’intégrer mille détails dans une pensée suivie. Alors je me suis demandé lequel, de l’esprit ou du corps, allait absorber tout cela. Et j’ai osé tirer la conclusion que si l’on reconnaît que la composition de notre être est ternaire ; serait-il duel entre le corps et l’esprit, ce serait une opposition entre ce qui connaît la décadence et ce qui connaît la déficience cela ne résoudrait pas le problème ; le jeu au sein de la composition ternaire nous donne une richesse et une possibilité d’ouverture. A la fin, ce qui est capable de prendre le dessus et de prendre tout le reste en charge, c’est l’âme justement. C’est la seule entité qui reste de bout en bout irréductible et indivisible. L’âme fait le fond de l’être, donc recouvre tout l’éventail de ce que l’être peut impliquer comme élévation, perversion ou déviation.IMG_7503

 

Elle est le critère de notre vérité d’être ?

L’âme est la marque indélébile de l’unicité de chaque personne. Elle permet de reconnaître la valeur intrinsèque de tout être, même le plus humble, même le plus insignifiant. Dès qu’on dépasse le stade de la beauté physique, on touche à la beauté de l’âme, et on pénètre alors dans le territoire où règne la bonté, une générosité qui n’en finit pas de se donner.

 

Poser le problème de l’âme tel que vous le faites, c’est poser la question du bien et du mal, non ?

Si l’esprit par sa capacité de raisonnement pose le problème éthique, l’âme, elle instinctivement et intuitivement, implique le problème du bien et du mal. Mais vous m’avez demandé des nouvelles de mon âme et je dois vous répondre. Par mon destin basé sur l’exil, il y a eu un arrachement. Cet exil à partir de 19 ans et demi a entrainé par la suite de longues années d’errement et de perdition dans les provinces côtières puis à l’ouest de la Chine au Sechuan.. Cela a créé en moi une angoisse existentielle et une incapacité à m’adapter pour la simple survie. Mon inconscience et mon irresponsabilité m’ont causé beaucoup de blessures à cause de cette impossibilité de se débrouiller dans la vie ; en même temps, j’ai blessé des gens dès mon jeune âge par mes longues fugues pendant la guerre civile sans donner des nouvelles à ma famille. J’étais un inadapté. Ma mère m’a cru mort tout en ignorant les circonstances. Cette expérience a fait de mois un écorché vif. Ce qu’on qualifie de faits divers sont pour moi des faits majeurs. Une cruauté humaine surgit là qui est inimaginable. Si Dieu est là, à supposer qu’il y a une présence, qu’est-ce qu’il y a de précieux en chacun de nous ? Ni le corps ni l’esprit, juste l’âme parce qu’elle seule est irremplaçable et ineffaçable.

 

Peut-on parler d’une sagesse de l’âme ?

Pas simplement la quiétude, le calme, la tranquillité de l’inoffensif. C’est une communion d’âme à âme. J’ai eu la révélation que chacun sent au fond de soi une âme mais nul ne peut la voir par lui-même. L’âme, on ne peut la voir qu’à travers le regard de l’autre, son visage ; mais par ce processus, je vois aussi ma propre âme. Face au miroir, il ne se passe rien de tel. La sagesse est dans l’échange qui est une forme de don quelle que soit sa forme : littérature, sainteté… Il y faut une vraie tendresse pour les êtres. C’est un idéal, la sagesse de l’âme. L’idéogramme Hun contient l’âme claire et l’âme sombre. Mais nous les écrivains, avec tous nos tourments, nous ne sommes pas des parangons de sagesse. L’écriture est un combat dans lequel la sagesse n’est pas mon lot. Ce qu’on finit par donner peut en être. Ce que Proust a offert avec la Recherche du temps perdu, pour certains, c’est un livre de sagesse qui permet de vivre mieux. Reste à savoir si la catharsis est une forme de sagesse.

 

En quoi l’engagement dans l’écriture vous a sauvé ?

J’ai pu m’accrocher à quelque chose de plus stable, encore que le français n’était pas ma langue maternelle, cela a donc entrainé là aussi une lutte épouvantable. En tout cas ce fut tardif puisque je ne suis véritablement venu à l’écriture qu’à 50 ans avec Vide et plein paru en 1979. Je suis un homme travaillé par le remords, mot que l’on n’ose guère utiliser et que les psychanalystes déconseillent. Pas de remords, surtout pas de remords ! Moi, c’est le contraire. Je me laisse travailler par le regret, surtout quand je me rends compte combien j’ai pu blesser ou humilier les gens par mes maladresses. Il y a donc un besoin de rattrapage et d’élévation. Je ne conçois pas l’expression « par delà le bien et le mal » car je ne peux atteindre un état de dépassement que par le bien et le mal.

 

Pour un chinois, le paradigme du Mal, ce n’est pas Auschwitz mais Nankin ?

Le 7 juillet 1937, quand l’armée japonaise a traversé le pont Marco Polo près de Pékin et envahi la Chine, nous étions au mont Lu, un haut lieu hanté depuis l’antiquité par les religieux, les ermites, les peintres et les poètes. Nous vivions dans ce monde d’innocence au moment des événements, c’était couvert de neige ; quand nous sommes descendus ce de paradis abritant la beauté du monde, tout était à feu et à sang. Et il y a eu le massacre de Nankin, des populations qu’on mitraille et qu’on enterre vivante en forçant les Chinois à creuser eux-mêmes le fosses dans lesquelles on les a précipités, des femmes violées puis poignardées au sexe, des concours de décapitation au sabre entre soldats qui photographient leurs trophées. J’avais 8 ans et la scène la plus cruelle, celle qui n’a jamais quitté ma mémoire depuis, c’est des soldats chinois attachés vivants à un poteau afin que des soldats japonais puissent s’exercer à la baïonnette. J’étais petit mais je savais déjà qu’aucune vérité n’est valable si elle ne répond pas à ces deux interrogations : d’un côté la beauté de ce que l’âme humaine peut appréhender et en même temps le mal absolu incarné par le massacre de Nankin. Pour moi, tout s’est concentré en une année.

 

C’est de là qu’est née votre inadaptation ?

J’ai découvert la littérature et la poésie dès l’âge de 15 ans. Je ne me voyais pas avoir un métier. J’aimais Keats et Shelley, j’ai été bouleversé par les poèmes de jeunesse de Rilke où on lit « Seigneur, donne à chacun sa propre mort », mais c’est à Proust que je songe car même s’il écrivait des articles dans le Figaro, Jean Santeuil, les Plaisirs et les jours, il a compris tardivement avec le Temps retrouvé que c’était cela qu’il fallait faire. La création lui a permis de rattraper son orgueil.

 

Vos méditations sur la beauté et sur la mort, vous les avez publiquement exprimées dans une salle de yoga. C’est important, le génie des lieux ?

La géomancie chinoise ou feng shui est importante pour moi ; je sens d’instinct quand un lieu est propice ou pas. La coupole de l’Académie française par exemple où l’on sent la mesure du génie français. Un site exceptionnel a la faculté de propulser l’homme vers le règne supérieur de l’esprit ; il permet d’atteindre un degré d’équilibre miraculeusement juste, le souffle vital circulant idéalement entre ciel et terre. Mais il n’y a pas que le lieu : j’ai choisi d’être en face des êtres toujours ailleurs que chez moi dans une sorte de fuite. Peut-être pour ne pas avoir à faire face à sa solitude. J’ai besoin d’être déporté pour me retrouver.

 

Vous avez été un étranger ?

Mon père travaillait pour l’Unesco. En route pour les Etats-Unis, il m’a déposé à Paris. J’y suis resté au lieu de le rejoindre. J’ai choisi la France malgré l’aspect fortuit de ma présence. Quand j’ai été naturalisé en 1973, j’étais animé par la volonté de participer à un grand destin. La Chine est, on le sait, le pays du milieu. Or les Chinois aiment la France parce que c’est le pays du milieu de l’Europe occidentale ; même sa forme hexagonale ouvre à tous les orients. En devenant français, je n’ai pas ressenti de coupure ou de reniement. La France a épousé la vocation de tendre vers l’universel dès avant les Lumières, au XVIIème siècle. A partir de là, je me suis dit que je pouvais participer à son destin en apportant ma part de Chine.

 

Mais le taoïsme aussi est universel, non ?

Le taoïsme des origines, et non le taoïsme populaire, est une pensée cosmologique et cosmique. Pas d’idolâtrie, pas de figures. Seule compte la Voie. Le confucianisme est plus concret, plus ancré dans la société chinoise ; à sa manière, il est universaliste puisqu’à ses yeux, il n’y a qu’un enseignement de vérité mais dispensé à tous sans distinction. Pas de figures dans les temples mais des tablettes avec des inscriptions. Un grand lettré chinois finit bouddhiste pour le salut de son âme. Mon père était confucéen, ma mère qui était orpheline a été élevé par une mission protestante.

 

Et vous, l’inadapté ?

Je le suis resté !

 

Francois-CHENG_vol-d-aigleMais encore : croyant ? incroyant ?

Ni l’un ni l’autre : adhérent. Quelque chose est arrivé, j’y adhère. Surtout je ne me situe pas par rapport à une institution. La voie taoïste me permet de me situer dans un contexte vrai et large ; le fait christique me permet de jauger les choses au niveau des êtres. J’essaie d’intégrer tout ce qui répond à mes interrogations quelle que soit la provenance. Elles me ramènent toujours à mes 8 ans et à l’année 1937. J’ai compris à jamais qu’il faut tenir les deux bouts. Si on me donne une vérité qui ne répond pas à la beauté absolue et au Mal absolu, ca ne m’intéresse pas. Je conserve un vieux fond de vision taoïste : la Voie, toujours. Je n’y donne pas trop de contenu mais je sais que la vie personnelle est une aventure. Cette voie est juste, c’est un enseignement, je lui fais confiance mais il n’est pas assez incarné. Il n’y a pas d’autre aventure que la vie, de l’inattendu à l’inespéré, la mort en fait partie. Par la suite, j’ai aussi rencontré la voie christique. Le Christ a relevé le défi : il a affronté le mal absolu et incarné le bien absolu, par le geste et la parole. J’ai les deux voies en moi. Pas de reniement mais une sorte de continuation vers plus d’amitié au sens où l’entend Simone Weil, d’incarnation, de geste, de reconnaissance, de signes, d’où ma rencontre avec saint François quand j’ai été à Assise. Mais si vous me demandez comment je conçois l’aventure de la vie, ma réponse restera marquée par mon vieux fond taoïste. Cette voie est fondée sur l’idée de transformation, mot-clé des Sonnets à Orphée de Rilke. Le devenir de l’univers vivant nous dépasse, ce n’est pas à nous d’en tirer les conclusions. A la fin de ses mémoires, Albert Schweitzer qui était pourtant chrétien, se montrait taoïste en ce qu’il faisait son critère de la question : est-ce dans le sens de la vie ?

 

Et dans le sens du vide …

Le vrai vide implique une donation totale. Atteindre le vide c’est épouser ce moment où le souffle fait advenir les choses. On est là dans l’origine de l’être. Le taoïsme reconnaît que du rien est venu le tout. Il éprouve la nostalgie des retrouvailles avec ce moment, celle des origines. Le tout a vaincu le rien. Quelque chose a été capable de faire advenir le tout à partir du rien. Le vide est tout sauf le néant.

 

On en retrouve des échos dans les écrits de Jean de la Croix…

Tout comme les taoïstes ont besoin du vide, les mystiques ont besoin de la nuit. Quand il y a une étincelle dans la nuit extrême, totale, impossible de nier que la lumière est venue. Jean de la Croix, aucune autre lumière ne peut le satisfaire ; ce serait faussé, illusoire. Il n’est pas dans le désespoir absolu. En tant que taoïste, je peux le comprendre parce que ma vision me permet toujours de me placer dans l’arrière-fond éternel. Je sais que moi-même, je vais mourir misérablement, mais je reconnais que quelque chose d’immense est arrivé, qui continue et dont nous faisons partie. Or cette chose qui a fait advenir le tout à partir du rien est également capable de le reprendre.

 

C’est encore possible de s’émerveiller du spectacle du monde comme vous le faites dans vos livres ?

Puisque le moindre fait divers m’empêche de dormir, vous imaginez les massacres, les tueries de masse, les guerres… Je reçois beaucoup de lettres de lecteurs. Hier (n .d.l.r. : début janvier), j’en ai reçu de cinq personnes dont les enfants sont morts au Bataclan. La plus jeune victime avait 17 ans. Je ne me permets pas de répondre par des mots de consolation, jamais. Je n’en ai pas la qualité. Je réponds que je communie de tout cœur avec la personne qui m’écrit et avec sa fille ou son fils, que la lumière de sa jeune âme nous éclaire et nous guide si on est capable de ne pas oublier. Que ce soit les gens qui m’écrivent ou ceux qui m’arrêtent dans la rue, nul ne demande rien. Ils veulent juste parler, me dire qu’ils ont l’un de mes poèmes à une cérémonie, celui où il est dit qu’on n’a pas eu le temps de faire ses adieux. Nous avons actuellement, vous et moi, un échange d’esprit à esprit qui peut se transformer un jour en un échange d’âme à âme, quand je ne serais plus là, que vous repenserez à notre rencontre et qu’il en restera autre chose que ce que l’on s’est dit. Notre vraie vie, c’est l’itinéraire de notre âme.

(Calligraphies de François Cheng, photo Passou)

 

 

Cette entrée a été publiée dans Essais.

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commentaires

730 Réponses pour François Cheng : « Notre vraie vie, c’est l’itinéraire de notre âme »

de nota dit: 18 mars 2017 à 23 h 29 min

Ce que RIcoeur à dit sur le problème du mal lors d un entretien avec François Azouvi lors de la parution de lectures III

Azouvi: après la section sur la philosophie de la religion, dans votre livre, et avant celle consacrée à l exégèse, vous placez une série de textes relatifs au problème du mal. Ce n est pas fortuit…

Ricoeur: la réflexion sur le mal est le lieu géométrique du livre. Si l on revient à l image de la frontière , je dirai que le mal est en porte à faux sur la frontière. Les philosophes ont essayé de s en emparer en élaborant des théodicées, quant aux sagesses religieuses, dont le modèle est ici la méditation de Job, elles n essayent pas d expliquer le mal, mais d apprendre à vivre avec lui de façon signifiante. En vérité, le mal est un défi pour la philosophie comme pour la théologie. La philosophie réussirait si elle parvenait à montrer qu il est nécessaire qu il y ait du mal pour qu il y ait du bien, que cela fait partie d un grand dessein. Mais, si l explication échoue, le problème bascule alors et change de nature, il n est plus de savoir d ou vient le mal, mais comment le diminuer, cela devient un problème éthique et politique. En somme la philosophie ne reconnaît le problème du mal qu en renonçant à le récupérer et en retournant la question de l origine vers celle du devoir. En revanche, dans une perspective religieuse, qu elle soit juive ou chrétienne , le mal demeure mystère. Il ne s agit plus d expliquer, c est à dire de rationaliser, mais de vivre dans la tension la plus extrême le scandale du mal et la reconnaissance pour tout ce qui nous apparaît comme don.
Ce n est pas par hasard, à cet égard, que les évangélistes Marc et Mathieu mettent dans la bouche du Crucifié le verset du psaume 22, Mon DIeu, mon DIeu, pourquoi m as tu abandonne? sans doute pour marquer la grande continuité du Nouveau et de l ancien testament, mais aussi parce que la plainte est un mode originaire et irréductible du rapport à Dieu.

hamlet dit: 18 mars 2017 à 23 h 25 min

j’oubliais : et la littérature bien sûr ! qui en occident est devenu un substitut à la politique et à la religion, les auteurs y parlent beaucoup de fraternité humaine, avant c’était dans les églises maintenant c’est dans les bouquins.

Orwell, bien qu’étant athée, allait tous les dimanches à la messe, il avait bien raison ! il devait penser que chaque chose doit rester à sa bonne place, la confusion des genres entraine toujours de la confusion des esprits.

un livre n’est pas le meilleur endroit pour parler de fraternité, tous les grands auteurs en témoignent, faut-il qu’on les ait oubliés pour imaginer encore le contraire.

hamlet dit: 18 mars 2017 à 23 h 15 min

« Je m’accommode du Mal chez les autres. Pas chez moi ou les miens. »

normal, c’est même pour cette raison que dans la balance du monde humain le mal pèse bien plus lourd que le bien.

alors que si les gens s’accommodaient du mal chez eux et chez les leurs, et refusaient le mal chez les autres, sans doute la balance pencherait-elle dans l’autre sens.

avec l’envahissement des sagesses orientales en occident les choses ne sont pas près de changer.

d’ailleurs, vous l’aurez sans doute remarqué Bloom : cette arrivée des sagesses orientales en occident a coïncidé avec la montée en puissance de l’ultra libéralisme.

il ne nous reste plus qu’à rétablir les castes comme dans le bon vieux temps, et vendre les enfants pour 100 roupies la nuit et nous serons tous mûrs à point pour faire nos séances de yoga, de taoïsme, de taï chi chuan, de confucianisme, de bouddhisme, et toutes autres formes de chinoiseries à la noix : quand la politique prend l’eau il ne nous reste plus que le yoga, l’hédonisme et nos yeux pour pleurer.

Sergio dit: 18 mars 2017 à 22 h 49 min

Jean Langoncet dit: 18 mars 2017 à 19 h 35 min

Suffit d’une fourche Polini de derrière les fagots pour tenir le pavé et prolonger la poussée

Ha c’est beau et mouvant…

Delaporte dit: 18 mars 2017 à 22 h 28 min

« Ceux qui sont sans religion, sans foi, sont indifférents à cette promesse qui ne concerne pas la vie terrestre. »

C’est dommage de penser cela, et ce n’était pas l’opinion de Paul. Tout le monde, selon lui, pouvait se laisser convaincre. Ce n’est qu’un petit effort d’assiduité dans la lecture.

christiane dit: 18 mars 2017 à 21 h 51 min

@l’ombelle des talus dit: 18 mars 2017 à 21 h 20 min
Lavoix et la musique m’ont surprise, mais les paroles sont crédibles. Après tout ça de nos vies depuis que l’homme est sur la terre. J’aime beaucoup l’idée qu’il passe inaperçu dans la foule. Le sacré et la grandeur, oui, bien sûr mais sa fragilité, aussi.
Il reste au fond du cœur une nostalgie (c’est ça le bien dirait Musil…)
MERCI

christiane dit: 18 mars 2017 à 20 h 47 min

@Delaporte dit: 18 mars 2017 à 19 h 30 min
Une réponse sur l’origine du mal ? Certainement pas. Une réponse pour la société civile ? Pas plus. Une réponse pour les croyants ? Toujours pas sur l’origine du mal.
Le pardon de Dieu, ne concerne que les croyants et encore, pour une suite d’un chemin imaginé après la mort (éternité et tutti quanti). Ceux qui sont sans religion, sans foi, sont indifférents à cette promesse qui ne concerne pas la vie terrestre.
Paul fait du prosélytisme. C’est son Job, sa raison de vivre !
Reste l’énorme problème du mal, maintenant, plus vivace que jamais et qui laisse perplexe, désabusé, découragé avec une sorte de banalisation. Qui sera la prochaine victime et de qui ? Entre les guerres, les at.tentats, les sadi.ques et cr.iminels de toutes sortes, on finit par jouer à la roulette russe. Et au cas où on s’ennuierait, ajouter une pincée de risques naturels (genre inondation, tornades, séisme), d’accidents divers et de maladies.
Quant à Dieu, comme il est victime du mal comme les hommes et qu’il n’est pas magicien, qu’il n’y peut rien, reste plus qu’à lui remonter le moral…

Jean Langoncet dit: 18 mars 2017 à 20 h 32 min

Widergänger dit: 18 mars 2017 à 13 h 45 min
la région cruciale de l’âme, où le Mal absolu s’oppose à la fraternité… »
– A. Malraux, Lazare, 1974, pp.10-11.
________
Je ne voudrais pas jeter un froid, mais je ne trouve pas l’emploi ici de « cruciale » très heureux. On ne voit pas ce que la croix (puisque crucial vient du latin « crux, crucis ») a à voir ici, surtout quand on parle de camp d’extermination.

The Cross (ça fait froid dans le dos me dit mon vieux coeur)

http://www.godtube.com/watch/?v=ZG6LWNNX

Janssen J-J dit: 18 mars 2017 à 20 h 12 min

->Est-ce que les types sur la nouvelle couv’ du Mag Litt s’en prennent à ce pauv’Onfray ?… Si oui, leur est ben utile pour pouvoir s’pousser un peu du col à peu d’frais.
->Faut-il vraiment entamner un débat sur les origines du Bien et le Mal, ce soir avant d’aller souper ?
->oui, quand on n’a pas sa bibli sous le coude, on est démuni comme passou, et là on se sent comme à égalité, ça fait plaisir. Merci bloom de nous équivaloir dans vos réponses.

la vie dans les bois dit: 18 mars 2017 à 20 h 12 min

Nous assistons maintenant à la fin de l’office.
St Pierre s’approche et absous bloom de son péché capital, Κενοδοξία , gonflure de l’ego.
St Pierre qui, dans son taxi, a failli écraser une petite Indienne, le comprend bien. Un tien vaut mieux que des milliards d’autres.
Lazare sort, les pieds devant.
Tous se tiennent par la main, et vont entonner le tube de l’année 1957.
Ici Leon Z. A vous les studios:
https://www.youtube.com/watch?v=wGwHnFUDmww

Passou dit: 18 mars 2017 à 19 h 49 min

Merci Bloom. Ce qu’il y a de bien lorsqu’on n’a pas sa bibliothèque sous la main, ce qui est souvent mon cas, c’est qu’il reste les lecteurs de la RDL et leur côté si-tous-les-gars du monde… Ce n’est pas seulement utile : cela fait chaud au coeur.

Jean Langoncet dit: 18 mars 2017 à 19 h 35 min

Sergio dit: 18 mars 2017 à 18 h 57 min
Jean Langoncet dit: 18 mars 2017 à 18 h 49 min
On peut aussi jouer sur une longue course

Il y a des gars qui arrivent à quatre-vingts, peut-être plus encore, en tirant très long, avec des cyclos…

Suffit d’une fourche Polini de derrière les fagots pour tenir le pavé et prolonger la poussée
https://www.youtube.com/watch?v=BVWaAlIm3ck

Delaporte dit: 18 mars 2017 à 19 h 30 min

christiane dit: 18 mars 2017 à 18 h 09 min
La différence entre saint Paul et les autres que vous citez (sauf pour saint Augustin, sans doute), est que le premier est radical dans sa foi, mais en prenant en compte le mal irréductible qui agit en l’homme et qui peut être pardonné. C’est en cela qu’il nous touche, en apportant une réponse que les autres n’envisagent pas.

Sergio dit: 18 mars 2017 à 18 h 57 min

Jean Langoncet dit: 18 mars 2017 à 18 h 49 min
On peut aussi jouer sur une longue course

Il y a des gars qui arrivent à quatre-vingts, peut-être plus encore, en tirant très long, avec des cyclos…

Jean Langoncet dit: 18 mars 2017 à 18 h 49 min

Sergio dit: 18 mars 2017 à 17 h 06 min
« Je ne conçois pas l’expression « par delà le bien et le mal » car je ne peux atteindre un état de dépassement que par le bien et le mal. »

Ce ne serait pourtant pas nécessairement contradictoire…

On peut aussi jouer sur une longue course
https://www.youtube.com/watch?v=AnYrQpThnn0

raymond dit: 18 mars 2017 à 18 h 43 min

A propos du GOLEM il m’est revenu que Johannes Urzidil dit que Kafka détestait le roman et l’auteur qu’il nommait: « ein zusammengezogener Igel », un hérisson recroquevillé. J’avoue que la lecture du Golem (contrairement au film muet très beau) m’a déçu; c’est genre Stephen King, débordant de clichés.
A propos du problème du Mal, Goethe dit et répète un peu partout surtout dans le Faust qu’au fond le Mal est un Bien, que c’est un aiguillon pour l’humanité qui sinon se vautrerait dans la complaisance(c’est la clef du Streben: « aspiration à »). C’est au centre de la problématique du Faust. Je dois dire que le nazisme (pour n’évoquer que cette monstruosité) a donné à la vision incompréhensiblement angélique de Goethe -mais il faut se replacer dans le moment civilisationnel – un sacré coup de vieux, même si c’est plus compliqué; Lucifer (je ne parle pas du Méphisto du Faust) est dans l’imagination de Goethe situé géographiquement à la fin d’une sorte de spirale (voir Poésie et Vérité) dont le personnage de Macarie dans les Années de Voyage serait l’exact opposé.
Où on voit que les grands allemands ont vu, pressenti, le monstre qui allait sortir de leur culture (Heine toujours cité n’étant pas le dernier des visionnaires: « là où on brûle des livres… »; les Allemands sont les inventeurs du Liebestod, dont Wagner fit ses opéras et Paul Celan sa Todesfuge).. Au fait qu’en dit-on aujourd’hui maintenant que ce flot glacé a ravagé l’Europe? On dirait que c’est fini… ou comment une culture démonique devint un modèle de respect démocratique ou à peu près…

Bloom dit: 18 mars 2017 à 18 h 16 min

croyez-moi Bloom en terme de Mal absolu les hommes ne sont pas arrivés au bout de leurs surprises.

Vous savez combien vaut un/e enfant dans le village de pêcheurs à 2 km d’ici? 100 roupies la nuit. Fille ou garçon. Quand vous discutez avec une des ONG qui recueille les gamin/e/s démantibulé/e/s dans leur tête et leur corps, il ne vous reste plus beaucoup d’illusions. Une exigence: ne pas produire soi-même des monstres ou des robots. Je m’accommode du Mal chez les autres. Pas chez moi ou les miens.

christiane dit: 18 mars 2017 à 18 h 09 min

@Delaporte dit: 18 mars 2017 à 16 h 10 min
Qu’il n’y ait plus de « condamnation » (de Dieu, pas des hommes), et que le « pardon » efface le « péché » pour les croyants chrétiens, n’annule en rien la pertinence de la première citation.
Le problème posé par cette dernière est préoccupant et ceci en dehors de toute référence au reste de l’épître qui, effectivement, est toute consacrée au pardon.
La première citation vise l’origine obscure du mal. Comment un être peut-il le choisir alors qu’il ne voulait que faire du bien ? Quelle pulsion sourde, quelle jouissance « interdite », quelle volupté, inscrivent cette noirceur dans ses actes contre sa volonté ?
Et là Paul de Tarse donne moins de réponses que Saint Augustin, le marquis de Sade (monde anti-moral dans lequel ne règne qu’un principe de plaisir, où les désirs se déchaînent sans fin. « Justine ou les malheurs de la vertu »), Pierre Jean Jouve (dualisme sensuel et lyrique entre Éros et Dieu, entre Éros et Thanatos), Baudelaire (« Folle dont je suis affolé/Je te hais autant que je t’aime ! ») ou G.Bataille (« le bien qui a toujours su animer les hommes de la façon la plus meurtrière »).
Il y a comme une dissymétrie de la sensibilité entre la victime et le sadique.
Le monde du mal est effrayant car aucun contrat moral ne peut y être passé.

hamlet dit: 18 mars 2017 à 17 h 43 min

cela dit on ne peut que féliciter le courage de tous ces écrivains de persister toujours en encore d’écrire des tas de romans qui tentent de contredire les livres d’histoire.

en matière d’humanité il n’y a pas surprise : le pire est toujours à venir, et croyez-moi Bloom en terme de Mal absolu les hommes ne sont pas arrivés au bout de leurs surprises.

hamlet dit: 18 mars 2017 à 17 h 38 min

le Mal absolu engendre un devoir de mémoire qui ne connait pas la fraternité.

à tel point qu’on a vu d’une fois des gens se mettre sur la tronche sur savoir si le Mal dont ils avaient souffert étaient plus absolu que celui de d’autres qui revendiquaient le caractère absolu du Mal dont ils avaient souffert.

à tel que cette guerre pour le devoir de mémoire du Mal absolu a engendré des massacres dont on peut dire avec le recul qu’ils incarnent le Mal absolu.

à tel point qu’il suffit de lire un livre d’histoire pour constater que l’Histoire de l’humanité se résume à une interminable de Mal plus absolus les uns que les autres.

à tel point que je ne pense pas que le concept de « fraternité » fasse partie des prédispositions naturelles chez l’homme.

peut-être dans ses livres mais dans le vrai monde ça n’a jamais été super flagrant.

Sergio dit: 18 mars 2017 à 17 h 06 min

« Je ne conçois pas l’expression « par delà le bien et le mal » car je ne peux atteindre un état de dépassement que par le bien et le mal. »

Ce ne serait pourtant pas nécessairement contradictoire…

Bloom dit: 18 mars 2017 à 16 h 46 min

La fraternité n’est que l’incarnation « sociale » de l’Humanité, ML. Dans le contexte qu’il dessine des incarnations historiques du Mal absolu, son raisonnement est parfaitement cohérent.
C’est par métonymie, en référence à l’enjeu de sa localisation que cette « région » de l’âme est cruciale.
Que Semprun ,qui en connaissait un peu plus que beaucoup sur l’expérience du Mal, choisisse cette phrase pour entamer son grand livre, dit quelque chose de sa pertinence.

Janssen J-J dit: 18 mars 2017 à 16 h 43 min

Je me souviens m’être délecté du journal 1 peu scato de Samuel Pepys il y a 25 ans dans une version expurgée, et de cette fameuse scène du sauvetage du parmesan dans son jardin durant l’incendie de Londres du 2/09/1666. On l’a dit auteur de cette saillie misogyne : « épouser une fille qu’on a mise enceinte, c’est comme chier dans son chapeau et le remettre sur sa tête » (en fait, un propos de lord Sandwich, son oncle). Mais on la trouve aussi chez Montaigne, chapitre 5 du livre 3 : « C’est ce qu’on dit, chier dans le panier, pour après le mettre sur sa teste », une notule parait-il ajoutée en allusion à un passage de l’Iliade. Savoir qui a emprunté à qui, j’aurais un f… besoin des lumières de M C ou Bloom pour remplir ma fiche perso, wiki n’est pas très clair et je doute des lumières de wgg à ce sujet. Les shakespeariens sont plus crédib’.

Widergänger dit: 18 mars 2017 à 16 h 34 min

On y voit en effet les illustrations du Golem de Meyrink par Hugo Steiner-Prag, de l’édition originale de 1916, Leipzig.

Widergänger dit: 18 mars 2017 à 16 h 25 min

Certes, Marc, mais il ne faut jamais oublier en même temps de dire que c’est un roman largement antisémite…

Petit Rappel dit: 18 mars 2017 à 16 h 16 min

J’espère que l’expo Golemique dit un mot de Meyrink. Son Golem est sans doute son chef d’œuvre, et on y voit se refléter Prague…

Widergänger dit: 18 mars 2017 à 16 h 10 min

« L’analogie tissée entre le Golem et la cybernétique ne sert pas seulement à caractériser une forme d’innovation technique. Elle possède un sens métaphysique que permet de dire la référence au mythe. Dans le « monde de Belsen et Hiroshima », le mythe du Golem (qui a aussi pour rôle de défendre la communauté juive dès lors qu’elle est menacée) prend sens sur les décombres de l’humanité. Nouveau Golem, la machine cybernétique vise à conjurer la mise en termes d’échanges informationnels, la source de toute organisation qui se construit sur le désordre du monde : « Davantage que ses collègues, Wiener semble avoir très fortement ressenti l’horreur de l’Holocauste et de la guerre, lui qui se considérait comme le descendant direct du mythique rabbin Loew (…). Fournir à la société un moyen de se protéger contre les dérives sanguinaires de ses dirigeants, de lutter contre l’entropie, voilà donc un des buts avoués de la cybernétique. »  »
(Michel Faucheux, Norbert Wiener, le Golem et la cybernétique. Éléments de fantastique technologique, Paris, éditions du Sandre, 2008).

Delaporte dit: 18 mars 2017 à 16 h 10 min

Mais saint Paul n’est pas si pessimiste que cela,car au chapitre 8 de Rom il écrit :

« Ainsi, pour ceux qui sont dans le Christ Jésus, il n’y a plus de condamnation. Car la loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a libéré de la loi du péché et de la mort. »

Widergänger dit: 18 mars 2017 à 15 h 58 min

« Ma thèse est que le fonctionnement physique de l’individu vivant et les opérations de centaines de machines de communication les plus récentes sont exactement parallèles dans leurs efforts identiques pour contrôler l’entropie par l’intermédiaire de la rétroaction. »
(Norbert Wiener, Cybernétique et société. L’usage humain des êtres humains, 1950, traduit en 1962, Paris, U.G.E.)

Nobert Wiener est un des inventeurs de la cybernétique.

MCourt dit: 18 mars 2017 à 15 h 16 min

A propos de monstre, W, il me semble de mémoire que la traduction Sorbière du Léviathan, pourtant très caviardée, s’accompagne d’une gravure baroque particulièrement réussie dans le genre monstrueux…Et la fin de Sorbière est (peut-être) à mettre en relation avec ce pessimisme radical.
MC
MC

christiane dit: 18 mars 2017 à 15 h 05 min

Widergänger dit: 18 mars 2017 à 13 h 45 min

Votre réflexion est très juste. Le « Mal » est incompréhensible… Vouloir le comprendre n’est-ce pas entrer dans une sorte de scandale puisque c’est se mettre à la place des criminels (Lanzmann)?
 » Vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je veux, et je commets le mal que je ne veux pas… » (Paul -épître aux Romains)
« Je désire quelque chose, et mon âme me pousse à une autre ; je vois le bien et je l’approuve mais je suis le pire »
(Ovide – Les métamorphoses)
« L’homme est un loup pour l’homme ».
(Hobbes)

Comment Job fait-il perdre Satan ? En déliant Dieu du mal… Il nous précède dans les questions posées à Dieu au sujet du mal..
Quel rapport entre perversité et liberté ? Peut-on faire le mal (absolu) volontairement tout en étant un homme ordinaire ?
Que disiez-vous d’H. Arendt ? (la banalité du mal)

François Cheng : La beauté, le mal, la mort :
https://www.youtube.com/watch?v=MQ7AwJEHaqg

Sergio dit: 18 mars 2017 à 14 h 50 min

Janssen J-J dit: 18 mars 2017 à 11 h 25 min
la Malaguti 125

Houla c’est de la forte cylindrée ! Celle de Gérard Lambert c’est juste quarante-neuf-neuf…

Ce qui a, faut les customiser à mort ! Ca leur donne une identité, comme on dirait maintenant… Réalésage massif on doit plus être très loin des cent vingt-cinq ; le flic i tombe !

Résumons..... dit: 18 mars 2017 à 14 h 25 min

On perd son temps avec le dernier commentaire de l’ami Wiwi, car contrairement à ce qu’il croit, TOUT est affaire de définition.

Définition partagée, acceptée, ou non.

Le Mal est un concept, le Bien aussi, dépendant de celui qui les définit… aucune stabilité, aucune réalité.

Widergänger dit: 18 mars 2017 à 14 h 23 min

Le texte de Hobbes fait bien sûr penser à la conception mécaniste que se fait Descartes du corps des animaux mais il va même bien plus loin et annonce le célèbre ouvrage du philosophe au matérialisme radical du XVIIIè siècle, La Mettrie, dans L’homme-machine. Le débat reste largement ouvert.

Widergänger dit: 18 mars 2017 à 14 h 14 min

@Passou,
l’exposition sur le Golem au Mahj vient à point nommé pour nous parler de l’âme artificielle opposée à l’âme. Du moins à poser la question de la pertinence de cette opposition.

Dans l’exposition, on cite un extrait étonnant et même angoissant deLe Léviathan, de Hobbes (1651) : « la vie n’est qu’un mouvement des membres, dont l’origine est dans quelque partie interne, pourquoi ne pourrait-on dire que tous les automates (cs machines mues par des ressorts et des roues comme dans une montre) ont une vie artificielle ? Car, qu’est-ce que le cœur, sinon un ressort, des nerfs, sinon autant de courroies et les articulations autant de roues, toutes choses qui, selon l’intention de l’artisan, impriment le mouvement à tout le corps ? Mais l’art va plus loin en imitant l’œuvre raisonnable et la plus excellente de la nature : l’homme. C’est l’art, en effet, qui crée ce grand LÉVIATHAN, appelé RÉPUBLIQUE ou ÉTAT (CIVITAS en latin) qui n’est autre chose qu’un homme artificiel, quoique de stature et de force plus grandes que celles de l’homme naturel, pour la défense et la protection duquel il a été conçu. En lui, la souveraineté est une âme artificielle, car elle donne vie et mouvement au corps tout entier. » Texte qui fait froid dans le dos si l’on songe aux camps d’extermination et à ce que Heidegger en dit comme découlant précisément de la métaphysique occidentale à l’œuvre ici chez Hobbes, et l’oubli de l’Être.

C’est à l’aune de tels textes qu’on peut à l’inverse apprécier le texte de François Cheng. Mais à l’ère de la cybernétique, le texte de François Cheng a le mérite de poser les bonnes questions, les grandes questions du moment.

Résumons..... dit: 18 mars 2017 à 14 h 07 min

Il n’y a pas de Mal Absolu !

Même les amusements nazis dans les camps, au regard d’autres souffrances, peuvent être relativisés… Funestes distractions…

SCOTLAND-ITALIA, now !

Résumons..... dit: 18 mars 2017 à 14 h 01 min

L’itinéraire de l’âme chez Janssens ? de l’orifice fécal à la déchetterie !

On peut faire plus bête que cette larve ancienne de JJJ, mais cela s’avère pure perte.

Cependant le naufrage d’un cas qui aurait intéressé Siggy le Viennois, est toujours un excellent spectacle.

Widergänger dit: 18 mars 2017 à 13 h 45 min

la région cruciale de l’âme, où le Mal absolu s’oppose à la fraternité… »
– A. Malraux, Lazare, 1974, pp.10-11.
________
Je ne voudrais pas jeter un froid, mais je ne trouve pas l’emploi ici de « cruciale » très heureux. On ne voit pas ce que la croix (puisque crucial vient du latin « crux, crucis ») a à voir ici, surtout quand on parle de camp d’extermination. Par ailleurs, est-ce que le Mal absolu s’oppose à la fraternité ? Si le Mal est absolu, c’est précisément parce qu’il ne s’oppose à rien justement. Il envahit tout le champ du possible et, loin de s’y opposer, annihile toute fraternité possible, toute fraternité pensable ; il n’y a plus de frères entre les hommes, il n’y a plus que la race des seigneurs et leurs esclaves qui sont des sous-hommes. Là encore, je trouve que cette idée d’opposition n’a guère de sens… En tout cas, elle ne permet pas de poser le problème du Mal absolu correctement. C’est une des faiblesses de Malraux, parfois de se gargariser de mots grandiloquents pour au final ne rien dire…

christiane dit: 18 mars 2017 à 13 h 31 min

hamlet dit: 18 mars 2017 à 13 h 12 min

« …un peu comme des mots (…)comme un échange d’esprit à esprit qui peut se transförmer un jour en un échange d’âme à âme, qu’il en restera autre chose que ce que l’on dit, notre vraie vie… »
Joli !
Mais cette pensée (dans l’entretien) est remarquable. C’est vrai que dans certaines rencontres, quelque chose apparait, plus tard, assez étrange, que l’on n’avait pas perçu. Une sorte de cloison est arrachée par le temps…

hamlet dit: 18 mars 2017 à 13 h 23 min

demander à un esquimau de pratiquer le ramadan c’est le condamner à mourir de faim, et ça c’est une vérité que tout bon taoïste garde à l’esprit.

hamlet dit: 18 mars 2017 à 13 h 18 min

pour ceux qui seraient tentés par cette science, je précise que le taoïste permet de dormir en toutes circonstances, même les pires faits divers n’empêchent pas le véritable taoïste de pioncer.

comme le disait un célèbre anthropologue : des religions qui demandent à ses adeptes de jeûner à partir du lever du soleil jusqu’au coucher du soleil, il est très rare d’en croiser au nord de la Norvège.

hamlet dit: 18 mars 2017 à 13 h 12 min

oui des déchirures dans le quotidien, un peu comme des mots qui veulent juste dire, où il est dit qu’on n’a pas eu le temps de faire ses adieux, comme un échange d’esprit à esprit qui peut se transförmer un jour en un échange d’âme à âme, qu’il en restera autre chose que ce que l’on dit, notre vraie vie.
J’ose poser la question : n’est-ce pas là l’itinéraire de notre âme ?

christiane dit: 18 mars 2017 à 12 h 59 min

@Janssen J-J dit: 18 mars 2017 à 12 h 05 min
… !

« Quelque chose voudrait être dit, mais les mots ne suivent pas.
Quelque chose qui ne peut être dit,
aphasie,
il n’y a pas de mots, mais peut-être un style… »
(Même recueil.)

Tranströmer ? des déchirures dans le quotidien, des poèmes de plus en plus brefs jusqu’aux fragments infimes. Une incertitude, des situations transitoires, des vérités contradictoires en approche, autour d’un vide et d’un silence intérieurs. Un homme humble.
1990, victime d’une attaque cérébrale qui le laisse en partie aphasique et hémiplégique… la maladie accentue son penchant pour la discrétion. Il a néanmoins publié encore trois recueils.
Sa poésie est poreuse. L’image y précède la pensée comme dans la peinture chinoise.

Bloom dit: 18 mars 2017 à 12 h 47 min

Derek Walcott, « Omeros », Homère revue façon Caraibes

(…)
« Touchez-i, encore, n’ai fendre choux-ous-ou, shallope ! »
« Touch it again, and I’ll split your arse, you bitch ! »
« Moi j’a dire-‘ous pas prêter un rien. ‘Ous ni shallope,
‘ous ni seine, ‘ous croire ‘ous ni chœur campêche ? »
« I told you, borrow nothing of mine. You have a canoe,
and a net. Who do you think you are ? Longwood heart ? »

(…)

Ma Kilman had the oldest bar in the village.
Its gingerbread balcony had mustard gables
With green trim round the eaves, the paint wrinkled with age.

In the cabaret downstairs there were wooden tables
For the downslap of dominos. A bead curtain
Tinkled every time she came in through it. A neon

sign endorsed Coca-Cola under the NO PAIN
CAFÉ ALL WELCOME. The NO PAIN was not her own
Idea, but her dead husband’s. « Is a prophecy, »

Ma Kilman would laugh.

Janssen J-J dit: 18 mars 2017 à 12 h 16 min

(Parisien libéré du matin/ils vont lui tailler un costard) « L’avocat Bourgi, qui exerce à Paris depuis 1993, a le cœur à droite. Il fut chiraco-villepiniste d’abord, sarkozyste ensuite, avant de suivre les fillonistes. Avec un carnet d’adresses hors du commun, ce proche d’Omar Bongo, président du Gabon de 1967 à 2009 aujourd’hui décédé, fut longtemps le grand ordonnateur des rencontres entre chefs d’État français et africains ».

hamlet dit: 18 mars 2017 à 11 h 59 min

très beau poème de Transfomer, je me permets de vous en envoyer un autre écrit par ce même poète sur la petite nièce de François Cheng :

Loin de ses origines, de son histoire,
Elle cherche à perdre la mémoire.
Loin de la mousson et du ciel bleu noir,
Dans un monde qui n’a rien à voir,
Déracinée par le hasard…
Mademoiselle Cheng,
Tout ce qu’elle demande,
C’est de pouvoir comprendre
Ce qu’elle fait là.
Mademoiselle Cheng,
Si vous savez être tendre,
Elle se rapproche de vous.
Sans que vos yeux demandent,
Les siens se font plus doux.
Elle vous dit dans sa langue
Les mots qu’on dit partout.
L’amour, elle l’appelle solena,
Mais l’amour l’a oublié là.
Loin elle sait cacher derrière son regard
Toutes ses joies et tout ses désespoirs.
Loin, son incorrigible espérance,
Son sourire, c’est sa force immense,
Son sourire, c’est son arme blanche.
Mademoiselle Cheng,
Tout ce qu’elle demande,
C’est de pouvoir comprendre
Ce qu’elle fait là.
Mademoiselle Cheng,
Si vous savez être tendre,
Elle se rapproche de vous.
Sans que vos yeux demandent,
Les siens se font plus doux.
Elle vous dit dans sa langue
Les mots qu’on dit partout.
L’amour, elle l’appelle solena,
Mais l’amour l’a oublié là.
Si vous savez être tendre,
Elle se met dans vos bras.
Elle vous montre sa chambre
Et elle vous dit tout bas
Quelques mots dans sa langue
Que vous ne comprenez pas.

christiane dit: 18 mars 2017 à 11 h 45 min

@10h30
« Las de tous ceux qui viennent avec des mots, des mots mais pas de langage,
je partis pour l’île recouverte de neige.
L’indomptable n’a pas de mots.
Ses pages blanches s’étalent dans tous les sens !
Je tombe sur les traces de pattes d’un cerf dans la neige.
Pas des mots, mais un langage. »

Tomas Tranströmer – Baltiques (traduit du suédois par J.Outin (Poésie / Gallimard)

et alii dit: 18 mars 2017 à 11 h 45 min

Le livre VI est un roman dans le roman : la « Confession d’une belle âme », autobiographie et récit de conversion à la manière des piétistes, raconte un destin . goethe Wilhelm Meister (1776-1826)

Janssen J-J dit: 18 mars 2017 à 11 h 25 min

non moi mon bled, c’est la Malaguti 125 de sergio… Mais bon, on en trouve encore en margeride au fin fond des hangars qu’attendent d’êt réparées avec leurs chaînes rouillées… C’est un beau pays la Margeride, même si les paysans y aiment pas trop les hells angels, donc va pas t’les agresser avec tes pétarades.

la vie dans les bois dit: 18 mars 2017 à 11 h 12 min

Je vais bientôt faire un road movie, djavert. Je vais passer par ton bled, la Margeride.
Tu m’as donné des idées d’étape.

la vie dans les bois dit: 18 mars 2017 à 11 h 01 min

‘Tain, le  » décalage temporel » de la rosse, c’est pas teint. Elle devrait se récurer à la javel.

Janssen J-J dit: 18 mars 2017 à 10 h 57 min

@Lors de mes ballades à moto

Sur ce plan-là, l’Sergio est en général plus lyrique, l’sait ce qu’la mécanique des bécanes doit aux road movies : des balades qui finissent pas souvent en ballades.

la vie dans les bois dit: 18 mars 2017 à 10 h 51 min

renato, c’est le chef des Hells Angels, sur le plateau du Larzac, à côté du PÔ ; pow pow pow pow, il tape l’incruste, chez les pêcheurs à la mouche. Et la pique souvent, la mouche.

Merci Et Al. A la lecture des  » poèmes tous nus », de Pisani, c’est Chevillard qui devrait aussi postuler à l’A.F.
Pour le mardi.

Il est super cool, le jeudi 16 mars, aussi.

https://www.actualitte.com/article/monde-edition/eduardo-pisani-chante-la-marseillaise-au-tribunal-administratif-de-paris/70249

Janssen J-J dit: 18 mars 2017 à 10 h 51 min

@ »Pense que je vais vous quitter. Atteins les dix ans. C’est trop. C’est mon max. Reste cinq mois ».
5 mois avant la retraite de la rdl ? – Pourtant, on aimerait bien vous retenir + lgtps. Suffirait de vs faire reteindre les cheveux en noir corbac, et reprendre pour le doub’ ; ni vu ni connu, non c pas d’trop 10 ans, c rien.
@Merkel a duré plus que ça au pouvoir. Et on s’en lasse pas. Pas plus tard qu’hier, l’a encore sauvé l’honneur de l’Europe contre la nouvelle Amérique bâtarde terrée dans son bureau ovale. Plus de gloire à aller dans la tanière de l’ennemi, qui démontre en contraste l’éclat de la lâcheté-veulerie du péroxydé planqué derrière ses murs.
@ Oui, bien beau billet sur un air frais venu de Toscane. S’améliore de jour en jour sur la plage 8-8.30, R., un vrai motif de curiosité et de plaisir tous les matins à la rdl : de l’étonnant, de l’inédit, de l’original. Rien que du plaisir gratuit pour la gamberge de la journée. nous change vraiment du chevillard, y’a de la poésie. Thank’s !

Résumons..... dit: 18 mars 2017 à 10 h 36 min

JiBé, Mutti Merkel s’est déjà faite humilier chez elle, et en Europe, par la racaille migratoire non triée qu’elle accueillit jadis …

Washington ? ça lui fait des vacances. Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un clown magnifique comme Donald le Blondinet.

Résumons..... dit: 18 mars 2017 à 10 h 30 min

Renato est doué pour l’écriture autobiographique, c’est une évidence. Encourageons-le à s’essayer à la suite hugolienne que nous attendons tous, « Les Misérables II ou le Retour du forçat ».

C’est Sœur Christiane de la Sublimation qui serait contente…

D. dit: 18 mars 2017 à 10 h 29 min

Tuerie de masse heureusement déjouée il y a quelques minutes à Orly par l’efficacité de la mission Sentinelle locale.
Restera à savoir qui était le terroriste qui vient d’être abattu, pourquoi et comment circulait-il sur le territoire français.

JiBé dit: 18 mars 2017 à 10 h 20 min

« La mouche, Jacques, la mouche. »

De quel Jacques s’agit-il, renato, et pourquoi la mouche ???

JiBé dit: 18 mars 2017 à 10 h 08 min

Angela Merkel avait-elle besoin d’aller se faire humilier à Washington ? A travers elle, c’est toute l’Europe qui est recouverte d’un souverain mépris. La page de « l’ami américain » est-elle définitivement tournée ?

rose dit: 18 mars 2017 à 9 h 48 min

Qq remarques :

Buzzati
Campant trois nuits solitaire sur une lande déserte, au matin, après avoir cramponné la tente sous un vent force huit grande partie de la nuit, ai constaté l’extrême véracité de Douce nuit.
Le combat mortel qui se jouait, lors notre sommeil.

Suis stupéfaite de hier soir ma motte noire et touffue. Mes cheveux poivre et sel. Décalage temporel.

De combien chacun de nos commentaires dit de nous et de combien nous semblons ne pas évoluer.

Me suis retrouvée.

Pense que je vais vous quitter. Atteins les dix ans. C’est trop. C’est mon max. Reste cinq mois.

Résumons..... dit: 18 mars 2017 à 9 h 47 min

CORSICA Office de l’Environnement 180 employés en roue libre.
« La situation des deux standardistes payées à temps plein (entre 2.500 et 3.000 euros) est la plus ubuesque. Le standard de l’office est en effet automatique. » (l’Obs)

On ne rit pas …

christiane dit: 18 mars 2017 à 9 h 33 min

@renato dit: 18 mars 2017 à 8 h 26 min
Renato,
ces très beaux textes que vous nous offrez de temps en temps (comme celui-ci), font-ils partie d’un livre que vous écrivez au fil du temps ?

Phil dit: 18 mars 2017 à 9 h 22 min

Belle évocation des rives du Po désembrumées par Renato ce matin, presque du « riz amer »

christiane dit: 18 mars 2017 à 9 h 10 min

Les Misérables – tome V – livre 3 (la sortie des égouts, après la fondrière – Jean Valjean sauve Marius :
« C’était l’heure indécise et exquise qui ne dit ni oui ni non. Il y avait déjà assez de nuit pour qu’on pût s’y perdre à quelque distance, et encore assez de jour pour qu’on pût s’y reconnaître de près.
Jean Valjean fut pendant quelques secondes irrésistiblement vaincu par toute cette sérénité auguste et caressante ; il y a de ces minutes d’oubli ; la souffrance renonce à harceler le misérable ; tout s’éclipse dans la pensée ; la paix couvre le songeur comme une nuit ; et, sous le crépuscule qui rayonne, et à l’imitation du ciel qui s’illumine, l’âme s’étoile. Jean Valjean ne put s’empêcher de contempler cette vaste ombre claire qu’il avait au-dessus de lui ; pensif, il prenait dans le majestueux silence du ciel éternel un bain d’extase et de prière. Puis, vivement, comme si le sentiment d’un devoir lui revenait, il se courba vers Marius, et, puisant de l’eau dans le creux de sa main, il lui en jeta doucement quelques gouttes sur le visage. Les paupières de Marius ne se soulevèrent pas ; cependant sa bouche entr’ouverte respirait. »

et alii dit: 18 mars 2017 à 9 h 10 min

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Le poète et candidat à l’Académie française, Edouardo Pisani, vit en France depuis plus de trente ans. Célèbre pour sa chanson Je t’aime le lundi, il est aujourd’hui sous le coup d’une menace d’expulsion du territoire. Il passait ce 16 mars devant le tribunal administratif de Paris

Bloom dit: 18 mars 2017 à 9 h 10 min

C’est bien « la » et non « cette ». Ma mémoire avait fourché.

« …depuis cette attaque sur le front russe, se sont succédé Verdun, l’ypérite des Flandres, Hitler, les camps d’extermination. Tout ce cortège n’efface pas la journée convulsive où l’humanité inconnue prit la forme de la démence comme devant la bombe atomique. Si l’aviateur s’était fait sauter avec sa bombe, au lieu de la jeter sur Hiroshima, nous ne l’aurions pas oublié – même après une autre bombe; si je retrouve ceci, c’est parce que je cherche la région cruciale de l’âme, où le Mal absolu s’oppose à la fraternité… »
– A. Malraux, Lazare, 1974, pp.10-11.

Bloom dit: 18 mars 2017 à 9 h 01 min

Passou, j’ai le Semprun sous les yeux: c’est bien « cruciale », mais c’est « la région cruciale » et non « cette région cruciale »…Je recherche le Lazare à jaquette jaune et reconfirme.

Résumons..... dit: 18 mars 2017 à 9 h 00 min

« L’homme est une prison où l’âme reste libre. »(Les Contemplations)

Débile …. pauvre Totor !

christiane dit: 18 mars 2017 à 8 h 56 min

« Il me semble qu’il écrit « obscure » plutôt que « cruciale »…
Mais nous sommes en plein Hugo ! et particulièrement dans son évocation de la bataille de Waterloo (Les Misérables).
C’est le « Quid Obscurum des batailles » :
« Une certaine quantité de tempête se mêle toujours à une bataille. Quid obscurum, quid divinum (quelque chose d’obscur, quelque chose de divin). Chaque historien trace un peu le linéament qui lui plaît dans ces pêle-mêle.(…) ; dans l’action, les deux plans (…) entrent l’un dans l’autre et se déforment l’un par l’autre. (…) les éclaircies se déplacent ; les plus sombres avancent et reculent ; une sorte de vent du sépulcre pousse, refoule, enfle et disperse ces multitudes tragiques. Qu’est-ce qu’une mêlée ? une oscillation. (…) Pour peindre une bataille, il faut de ces puissants peintres qui aient du chaos dans le pinceau ; Rembrandt vaut mieux que Vandermeulen. Vandermeulen, exact à midi, ment à trois heures. (…) et il n’est donné à aucun narrateur, si consciencieux qu’il soit, de fixer absolument la forme de ce nuage horrible qu’on appelle une bataille. »

Bataille pour bataille, celle entre le mal absolu et son contraire, dans la conscience, en est une « obscure ». Telle celle qui se joue dans celle de Jean Valjean entre obscurité et lumière, entre les forces antagonistes du bien et du mal.
« L’homme est une prison où l’âme reste libre. »(Les Contemplations)

renato dit: 18 mars 2017 à 8 h 26 min

La mouche, Jacques, la mouche. Lors de mes ballades à moto il m’arrivait de tomber sur des histoires loufoques. Un soir, entre deux bourgs sur la rive septentrionale du Pò, j’ai vu un feu, et puisque j’avais un peu de temps à perdre, j’ai suivi la lumière et suis arrivé à une cabane de pêcheurs où trois vieux festoyaient : chevesnes grillés et pommes de terre cuites sous les cendres, le tout accompagné d’un rosé qui se révéla plutôt bon. Un coup d’œil à la plaque de ma moto et quelques mots en dialecte et me voilà invité. Échanges d’idées, d’opinions, de jugements — les difficultés de la vie « moderne », surtout en ville ; le labyrinthe de la burocratie ; le manque de bonnes manières chez les jeunes — et dire que 68 n’avait pas encore sévi ! — ; la qualité et les prix de la nourriture ; les mensonges qu’émaillent et démaillent les discours politiques ; la musique à la mode, insupportable, et le bruit qui montait partout : ils n’auraient voulu entendre une mouche voler. Une réalité insoupçonnable se dévoilait : ils étaient trop précis dans leurs observations pour être les marginaux qu’ils représentaient à merveille. Pratiquaient-ils la marginalité comme lieu de mise en forme d’un monde parallèle ? Leurs questions relatives à la destruction des cellules de l’oreille interne n’avaient rien d’aléatoire : combien de décibel un marteau piqueur ? combien un train qui entre en gare ? et lorsqu’on l’entend passer au loin dans les campagnes ? et Palestrina en Saint Pierre ? et Gabrieli en Saint-Marc ? En bruit de fond l’eau du « grand fleuve ». Qu’est-ce que c’est notre univers historique ? J’avais l’impression d’assister — ou de participer — à un potlatch : qui était mort ? plus banalement, qui les avait abandonnés ? Débâcle sémantique : impossible de me souvenir de tout, à l’improviste je me demandais si tout ça ce n’était qu’une conséquence de l’herbe. Trois vieux en friche, abandonnés ? Non, ils avaient abandonné femmes, enfants, travail ; ils ne se connaissent pas avant d’arriver à cette cabane ; ils y étaient arrivés à cause d’un papier où Buzzati parlait en termes élogieux de Ligabue, un peintre naïf que, parti du Canton Tessin, était arrivé en ces lieux suivant l’eau (Tessin, Verbano, Pò). Ils avaient établi leur « domicile » sur ces rives afin de pouvoir dire « et in arcadia ego » ? Inutile de se fracasser sur ce sol caillouteux pour si peu car, si on se tient au tableau du Guercino — la mouche, la mort —, un banc public dans un parc suffit largement à ouvrir une perpective sur cette expérience. Ils vivaient de la vente des tableautins animaliers qu’ils proposaient sur les marchés de quelques bourgs perdus au fond des campagnes ; tableautins qui se vendent bien dans le parc d’une grande ville aussi car les gens aiment croire que l’ingénuité existe. On ne va quand même pas prendre Buzzati comme inspirateur de vie ni comme guide touristique, d’ailleurs — quelque part il raconte avoir rencontré aux Pays Bas quelqu’un que par un processus qui rappelle le vol magique des chamans, certaines nuits devenait le peintre Bosch ; l’histoire est joliement absurde, mais pas assez pour que l’on parte chercher ce peintre-chaman. Enfin, les trois amis étaient arrivés à la cabane des pêcheurs parce qu’ils avaient lu un article de Buzzati et ils s’étaient identifiés à un peintre naïf. J’aurais peut-être dû gratter un peu, chercher sous la surface, comprendre leurs motivations, bien que je ne crois pas dans la valeur des motivations déclarées, et il y avait la route… et la nuit… et assez de temps pour réfléchir à l’identité changeante et relative du visible — l’identité indifférenciée. Je me souviens que lorsque j’ai ouvert la porte de chez moi mon amie jouait « Music Of Change III » ; le lendemain, au réveil, elle me demanda où j’avais acheté cet horreur de tableautin animalier.

Résumons..... dit: 18 mars 2017 à 8 h 04 min

Seul un certain Pierre Assouline utilise dans son « Dictionnaire amoureux des écrivains et de la littérature », le terme ‘obscure’ en lieu et place de ‘cruciale’, terme cité par tous les autres référents.

Merci qui ?
Merci GOOGLE….

Passou dit: 18 mars 2017 à 7 h 30 min

Bloom, cette phrase du « Lazare » figure en épigraphe de « L’écriture ou la vie » de Jorge Semprun consacré notamment à son vécu de l’univers concentrationnaire. De mémoire, il me semble qu’il était écrit »obscure » plutôt que « cruciale »… Quelqu’un peut-il vérifier ?

Bloom dit: 18 mars 2017 à 4 h 51 min

L’écriture de Beauvoir a un taillé diamantin. Je n’ai lu que les Mémoires et Pour une morale de l’ambiguité, qui fut le premier texte philosophique que nous étudiames en Terminale. Nos profs étaient tous des Sartriens-Castoriens, féministes, très à gauche, plein de fougue et de savoir intelligemment distillé pour pouvoir pénétrer nos petits crânes de béotiens…On travaillait en ateliers et autour de grandes tables.
Sur le Mal absolu, Malraux, dans Lazare, grand texte que j’ai lu récemment: « Je cherche cette région cruciale de l’âme où le mal absolu s’oppose à la fraternité ».
Ya pas à dire, les Grands, qui ont lu, vécu & écrit…

JiBé dit: 18 mars 2017 à 0 h 56 min

« on la connait un peu, non ? »

Pas vraiment, Christiane ?
Bel extrait de François Cheng…

christiane dit: 17 mars 2017 à 23 h 33 min

JiBé dit: 17 mars 2017 à 19 h 17 min
La position d’intellectuel de P.A., jiBé, depuis le temps qu’on lit ses billets et ses livres, qu’on écoute ses interviews, on la connait un peu, non ?
Pour le reste de mon commentaire précédent, et pour qui que ce soit, je suis heureuse de vivre dans un pays où le vote reste confidentiel. C’est une liberté indispensable.
Pour voter F.haine il faut être dans le brouillard le plus épais et oublier l’Histoire.

J’ai aimé lire cet échange entre François Cheng et Passou. F.C. est un penseur reposant, un homme réfléchi, un poète et un calligraphe, une mémoire aussi, cherchant son chemin entre deux langues et deux cultures.
« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourra paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu’à l’opposé du mal, la beauté se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l’univers vivant : d’un côté, le mal; de l’autre, la beauté. » (Cinq méditations sur la beauté)

Delaporte dit: 17 mars 2017 à 23 h 02 min

« Le meilleur héritier du gaullisme, peut-être l’homme de la situation, Delassorte ? »

Homme de coup d’Etat, crapule de droite, cherche électeur pour imposer sa politique corrompue… Les héritiers du gaullisme vont se réveiller dans leur tombe.

Widergänger dit: 17 mars 2017 à 22 h 56 min

Certes, mais faut comprendre aussi qu’il n’est pas facile de négocier avec les Africains qui étaient eux-mêmes très corrompus, ayant pris pour modèles les Européens… C’est un cercle vicieux.

Mais, comme dit le grand Attali, ce n’est pas la Chine le nouveau continent à la pointe de la mondialisation mais l’Afrique. Et, croyez-moi, Atali ne se trompe jamais ! La francophonie est un très grand atout pour la France. La culture française sera francophone ou ne sera pas. C’est sans doute d’Afrique que viendra la renaissance de la France. Mais oui, mon petits chéris, il faut y croire.

JiBé dit: 17 mars 2017 à 21 h 42 min

Je dois dire à ma décharge, C.P., que pour moi, définitivement, « Soudain l’été dernier », c’est avant tout le film de Mankiewicz. Avec les beaux yeux mauves, en N&B, d’Elizabeth Taylor, haute divinité du panthéon hollywoodien. Visionné à vingt ans dans une petite salle de quartier à mon arrivée à Paris. L’homosexualité y était suggérée mais non dite et la fin particulièrement lyrique, j’avais pas tout compris à l’époque…

JiBé dit: 17 mars 2017 à 21 h 31 min

« Fillon est vraiment l’héritier politique dans ce qu’elle a eu de plus corrompue et de plus criminelle de la pire tradition française sous la Ve République. »

Le meilleur héritier du gaullisme, peut-être l’homme de la situation, Delassorte ?

Janssen J-J dit: 17 mars 2017 à 21 h 02 min

Mais je croyais que depuis la sarko-lepsie et l’homme africain pas encore entré dans l’histoire, la france avait définitivement tourné le dos à l’afrik (à pompe).

« Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. C’est ainsi ; il est déjà beau que nos vies aient pu si longtemps s’accorder ».
Oui, ben kwa ? J’ai dit la même chose à la mort de mon conjoint quand l’est parti…, Donc, pas besoin de s’appeler simone pour se pamoiser ainsi, pas d’quoi en faire tte une cérémonie, hein !

« très bel interview de Monsieur Cheng, j’aime beaucoup ce qu’il fait, j’aime bien aussi le taoïsme, et aussi le taï chi chuan, et aussi le confucianisme ». Ah vouich’, moi aussi je pense pareil, hein, épi on pense tous pareils, laisse dormir un ch’ti le robot, croblanc.

Delaporte dit: 17 mars 2017 à 20 h 38 min

On pourra donc ajouter aux charges pesant déjà sur Fillon tout ce passif des relations scandaleuses avec l’Afrique. Fillon est vraiment l’héritier politique dans ce qu’elle a eu de plus corrompue et de plus criminelle de la pire tradition française sous la Ve République.

Delaporte dit: 17 mars 2017 à 20 h 32 min

Cet ami (paraît-il déçu) de François Fillon a dans sa musette des mémoires qui n’attendent que le moment propices pour être publiés et faire boum :

« A plusieurs reprises, il a repoussé la publication de ses mémoires – annoncés comme explosifs – prévue chez Robert Laffont. Pourtant, le manuscrit est fin prêt. Plusieurs centaines de pages gardées au secret dans lesquelles Robert Bourgi a couché trente ans de souvenirs, témoignages des relations tortueuses de la France avec l’Afrique. »

JiBé dit: 17 mars 2017 à 20 h 30 min

On en est arrivé à Sartre et Beauvoir de mon seul fait, JJJ.
C’est avouer n’avoir rien compris à Simone de Beauvoir que de lui reprocher d’avoir écrit « La cérémonie des adieux » :

« Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. C’est ainsi ; il est déjà beau que nos vies aient pu si longtemps s’accorder »

Delaporte dit: 17 mars 2017 à 20 h 11 min

On sait désormais qui est l' »ami » qui a offert les coûteux costumes à Fillon, c’est un habitué de la Françafrique, pas corrompu du tout :

« Il est l’incarnation d’un véritable archaïsme post-colonial. Il rend des services, on lui en rend. C’est ce qu’on appelle du trafic d’influence. »

hamlet dit: 17 mars 2017 à 20 h 01 min

passou si vous me permettez juste un petit commentaire, sur la question du mal absolu, je peux ?

c’est juste pour dire que si chacun a sa notion de « mal absolu » du coup ça perd son caractère « absolu » et ça devient un « mal relatif ».

il me semble, moi ce que j’en dis.

la vie dans les bois dit: 17 mars 2017 à 20 h 00 min

le mot qui fut attribué à F. Cheng est « recueillir(se) », pour son « immortalité ».
C’est bien vu. Le temps de retrouver ses esprits.

Delaporte dit: 17 mars 2017 à 20 h 00 min

Beauvoir a probablement davantage marqué l’humanité que Sartre, ne serait-ce que par son discours féministe qui garde aujourd’hui encore toute son actualité, notamment dans les gender studies.

hamlet dit: 17 mars 2017 à 19 h 57 min

très bel interview de Monsieur Cheng, j’aime beaucoup ce qu’il fait, j’aime bien aussi le taoïsme, et aussi le taï chi chuan, et aussi le confucianisme.

hamlet dit: 17 mars 2017 à 19 h 55 min

bon après avoir subi une interdiction, une purge, une mise à l’écart de quelques semaines il semble que je suis autorisé à commenter.
c’est bon… j’ai compris la leçon, je vais rester positif et je ne dirai plus rien de négatif.

Janssen J-J dit: 17 mars 2017 à 19 h 52 min

je n’ai pas compris comment on en est arrivé à causer de sartre et beauvoir,… quand on suit pas le fil, on comprend pas les biofurcations, c’est embêtant la vie de la rdl en pointillé. Mais à qq chose malheur jambon. Ce qu’on comprend, c’est que des gens estimables continuent à se parler avec estime, c’est rassurant. Paul Edel a l’air de tout prendre chez Beauvoir ; faudrait quand même pas exagérer, « Pour une morale de l’ambiguité » est un essai totalement illisible aujourd’hui. La chose la plus admirable qui restera pour moi de Simone, parce que tout le monde en aura partagé l’expérience intime, c’est : « une mort très douce », dédiée au « départ » de sa maman (oui, on dit comme ça maintenant tout le monde comprend). Ce fut un témoignage universel de compassion qui honorera la littérature jusqu’à la nuit des temps. En revanche, son journal sur l’agonie de sartre, elle aurait mieux fait de s’en dispenser, ce n’était vraiment pas digne, c’était même limite obscène et vulgaire, qq chose qui l’a déshonorée à jamais : comment SDB avait-elle pu oser tirer sur cette ambulance ambulante ? il fallait vraiment que la haine vindicative eût pris le dessus, qu’il y ait eu ce plaisir sadique à le voir crever avant elle (un peu comme on le voit chez la Palatine quand elle se délectait de la mort de la Maintenon, cette crevure). Pas de progrès dans l’humanité, on dirait, malgré l’intertextualité, brefl.

la vie dans les bois dit: 17 mars 2017 à 19 h 44 min

Je ne sais pas si M. Szafran a fait un portrait de le pen « utile » dans le mag’ litt’.
Je le trouve super paresseux.

JiBé dit: 17 mars 2017 à 19 h 17 min

« P.A est sommé de déclarer son choix ! »

Non, pas son choix, Christiane, mais sa position intellectuelle fasse au danger qui se profile. J’ai dû trop lire Sartre et le devoir d’engagement des écrivains véritables selon lui…

JiBé dit: 17 mars 2017 à 19 h 14 min

Ses mémoires, auxquelles j’ajoute « Une mort très douce » et « La cérémonie des adieux ».

JiBé dit: 17 mars 2017 à 19 h 13 min

« Jibé, le dernier film que tu as vu ne m’attire pas du tout. Tout ce sang et cette sauvagerie… Beurk ! »

C’est pas grave, Christiane, d’ailleurs je ne te le conseille pas !

JiBé dit: 17 mars 2017 à 19 h 09 min

Et pour Beauvoir, qu’en dites-vous, Bloom et Paul ? Pour moi, ces « Mémoires » restent un modèle du genre.

christiane dit: 17 mars 2017 à 19 h 09 min

Rose,
vous me tourneboulez la tête avec votre soliloque de Jean valjean. J’étais persuadée que ce que vous cherchiez se trouvait dans ce livre trois au livre quatrième plus exactement dans le chapitre VII qui porte le titre « A tristesse, tristesse et demie. « Jean Valjean tressaillit dans le plus obscur de sa pensée… ne voyait rien, ne savait rien… comme s’il sentait d’un côté quelque chose qui se construisait, et de l’autre quelque chose qui s’écroulait… ». C’est vrai qu’on s’y perd entre livres et chapitres et tomes !
Jibé et C.P….
Et voilà que je reviens dans une bataille sur Sartre à propos de cette superbe nouvelle ironique de J-P. Sartre « L’enfance d’un chef » entre JiBé et C.P, située à la fin du recueil « Le Mur ».

Puis la bataille préélectorale reprend de plus belle. P.A est sommé de déclarer son choix ! comme si le vote n’était pas à bulletin secret, comme si les isoloirs ne servaient à rien !

Bon, je repars dans ma thébaïde, pas Port-Royal ! Foin de Fénelon et sa madame Guyon, l’illuminée. Non, je me ravis des nouvelles de Javier Marias (Rivages poche – une édition de 1998 subtilement traduite par les Keruzoré.

Ah oui, j’oubliais l’autre querelle sur les mises en scène à l’Odéon. Loin de ces batailles, je me rapproche du théâtre du Palais Royal où l’on joue « Edmond », dans la trace de Cyrano de Bergerac. Les folles journées du jeune Rostand encore inconnu. Une douzaine de comédiens sur scène comme au temps des tréteaux : la troupe ! Il parait que c’est un vrai plaisir, que les acteurs sont formidables. Une mise en scène virevoltante du jeune auteur Alexis Michalik.
( Laurent Terzieff lors de sa dernière nuit des Molières n’avait-il pas prononcé ces mots : « Il n’y a pas d’un côté le théâtre privé et de l’autre le théâtre public ; le théâtre n’est pas ceci ou cela, il est ceci et cela. »
Bonne soirée

Ah, au fait, Jibé, le dernier film que tu as vu ne m’attire pas du tout. Tout ce sang et cette sauvagerie… Beurk !

Bob dit: 17 mars 2017 à 19 h 06 min

18h05
« ses pets au briquet dans l’noir et cricri cri au mirac »

l’aviné n’en n’est qu’à l’apéro

Bloom dit: 17 mars 2017 à 18 h 42 min

Tout à fait d’accord, Paul Edel.
Et grand écrivain dans Les Mots, et Situations III notamment (les reportages sur les US).

Bloom dit: 17 mars 2017 à 18 h 32 min

…on pouvait naitre condamné? Dans ce cas, on m’avait menti. L’ordre du monde cachait d’intolérables désordres…

Bloom dit: 17 mars 2017 à 18 h 21 min

Il y a un vrai délice à lire Sartre maintenant qu’il est passé de mode. Je le tiens pour un grand écrivain.
En prépa, le passage du cours de philo sur le trop-plein d’être, sur l’excès de conscience qu’éprouve Roquentin en fixant la racine d’un marronnier, m’a laissé un puissant souvenir.
Car la littérature de Sartre sert aussi à faire de la philo, parfois plus que ses textes philosophiques.

Nicolas dit: 17 mars 2017 à 18 h 13 min

J’ai acheté Les mots dans un relais. Tu comprends pas quand j’m’exprime? Ok, combiens tu es prêts à parier?

bouguereau dit: 17 mars 2017 à 18 h 10 min

J’ai acheté Les mots dans un Relais H…

c’est cqui a dans les hostos..d’y voir les mecs déambuler havec un sac a pisse c’est poignant

bouguereau dit: 17 mars 2017 à 18 h 07 min

mais pas dans les espaces « culturels » des supermarchés que fréquente Nicolas

pas que lui..c’est un devoir politique

bouguereau dit: 17 mars 2017 à 18 h 05 min

Il possède un état de conscience qu’il croit proche de l’ultime. Une sorte d’illumination

c’est pas faux..il allume ses pets au briquet dans l’noir et cricri cri au mirac

D. dit: 17 mars 2017 à 17 h 59 min

Je connais bien le film mais il n’a rien à voir avec la nouvelle de Sartre. Il ne m’avait pas emballé du tout, je l’avais trouvé enfantin.

rose dit: 17 mars 2017 à 17 h 55 min

C aussi un film. Himalaya l’enfance d’un chef. Un raccourci le long du lac inoubliable.
La méchanceté ne fait pas du bien à soi.
Lis Borgès. Lis Neruda. Lis Gabriela Mistral. Partout alma alma alma.
Si même C.P s’ y met, on peut continuer à creuser.
Verrai bien pour ma part Doreen G.au théâtre.

D. dit: 17 mars 2017 à 17 h 33 min

Buen entendu l’Enfance d’un chef est de Sartre, je voulais juste voir qui suivait ou non. C’est une œuvre absolument mineure dans la littérature française.

keupu dit: 17 mars 2017 à 17 h 12 min

on trouve les livres de Sartre dans les librairies mais pas dans les espaces « culturels » des supermarchés que fréquente Nicolas

Sergio dit: 17 mars 2017 à 17 h 08 min

« ce qui connaît la décadence et ce qui connaît la déficience »

Mais c’est bien pareil ! C’est physique. Donc il y a du pain sur la planche…

Sergio dit: 17 mars 2017 à 16 h 44 min

La francisque, la francisque… Si au moins ils en filaient une vraie ! Au boulot, dans la rue, ça classe son mec… Naturellement faut des bras !

Delaporte dit: 17 mars 2017 à 16 h 27 min

« L’enfance d’un chef » finit droit dans « Le Mur », Delaporte.

Dans cette nouvelle, il me semble que Sartre a mis en scène l’histoire d’un individu beaucoup plus raffiné que les « frontistes » d’aujourd’hui. Il n’y a pas dans ce portrait d’un chef, tel que vu par Sartre, le populisme contemporain. Sartre voulait sans doute bien délimiter ce qui caractérisait son personnage du militant communiste (à la différence par exemple d’un André Suarès, qui identifiait dès cette époque les extrêmes). Cette différence désormais n’est plus à l’ordre du jour.

Nicolas dit: 17 mars 2017 à 16 h 16 min

Faudrait un papier de Passou qui nous explique que ne plus trouver Sartre en librairie c’est un choix de société délabrée?

Bob dit: 17 mars 2017 à 16 h 13 min

« un règne de 14 ans, comparable par sa durée à celui de Henri IV, de Louis-Philippe ou encore de…, Napoléon 1er » (Source Wikipedia) »

Jaloux

JiBé dit: 17 mars 2017 à 16 h 03 min

« L’enfance d’un chef » finit droit dans « Le Mur », Delaporte.

Inquiétant pour Florian Phillipot ou/et Marine Le Pen ?

Delaporte dit: 17 mars 2017 à 15 h 58 min

« L’enfance d’un chef n’est pas de Sartre, Jibé, vous confondez. »

C’est de Sartre, une nouvelle du recueil « Le Mur ». De nos jours, alors que la mode existentialiste est passée, Sartre est beaucoup moins en vogue. Même son théâtre n’est plus joué du tout. Son oeuvre philosophique prête à de rares commentaires ardus, quoique pas inintéressants. En fait, Sartre a repris, au fil du temps, sa dimension normale, comme une grenouille qui aurait décidé, devant l’insistance du public, de ne pas enfler pour devenir un boeuf.

gardel dit: 17 mars 2017 à 15 h 53 min

En parlant de casseroles et autres ustensiles, revenons un peu en arrière. Par exemple le 16 août 1943, quand F. Mitterrand reçoit la Francisque des mains du Maréchal. Il obtient le N° 2202 de cette prestigieuse décoration ( ce qui en soi même n’est pas grave mais, comme dirait l’autre, encore il aurait fallu la mériter) et qui a été remise à 3000 personnes au total. Au début de la guerre d’Algérie, M. Mitterrand est ministre de la justice du gouvernement de Guy Mollet lorsque les militaires reçoivent les pleins pouvoirs à Alger pour mettre fin au terrorisme par tous les moyens. On connaît la suite. Quelques années plus tard, en 1959, le même personnage organise très maladroitement un faux attentat contre sa voiture Avenue de l’Observatoire dans l’espoir de regagner les faveurs de l’opinion publique. L’affaire a été étouffée. Circulez. Les années passent et Mitterrand nettoie la cuisine et repart jusqu’en 1981 « pour entamer un règne de 14 ans, comparable par sa durée à celui de Henri IV, de Louis-Philippe ou encore de…, Napoléon 1er » (Source Wikipedia). Entre temps, il y a eu quelques accidents culinaires sans conséquence – une fourchette qui tombe, une assiette mal lavée, un verre plein de vin déversé sur la table, ce type de choses. Qui se souvient de Papon? Qui, de l’occulte événement de Mazarine et ses garde de corps payés par l’Etat pendant au moins une décennie? Si aujourd’hui on parle de casseroles, ce serait plutôt un bras d’honneur au pays tout entier. Quand-même, il faut, toutes affaires cessantes, reconnaître à Mitterrand la propriété et le culot de l’usage implicite d’un slogan maintenant très faiblement revendiqué par Fillon, dilettante notoire de la profession : « Et alors? ».

Sergio dit: 17 mars 2017 à 15 h 46 min

JiBé dit: 17 mars 2017 à 15 h 33 min
Mais on a encore WGG

C’effroyable… Faut mette des hécouteurs pour les sourds ! Ca peut recommencer chaque seconde comme le Salaire de la peur…

Paraît qu’y en a des ceusses qui ont tiré à la gatling sur leur hécran ! Même au boulot… Dans les cybercafés !

D. dit: 17 mars 2017 à 15 h 46 min

WGG n’est pas idiot. Je me refuse à entrer dans ce jeu. Il possède un état de conscience qu’il croit proche de l’ultime. Une sorte d’illumination.
Il forme un puzzle en 2D avec les morceaux qu’il a à sa disposition. Il obtient un tableau abstrait et dit : le monde et comme ça et à été comme ci et sera comme ceci. Et il s’émerveille. Alors que le monde est en 7D et qu’il lui manque encore les 50 boîtes de 2000 pièces de puzzle.

JiBé dit: 17 mars 2017 à 15 h 44 min

Ma dernière émotion théâtrale remonte à plus de trente ans, D. et C.P. !
C’était lors de la création de « La nuit juste avant les forêts » de Bernard-Marie Koltès, au Petit-Odéon, en 1981, dans une mise en scène de Jean-Luc Boutté, avec Richard Fontana. Tous trois emportés dans une mauvaise scène de « Soudain le sida » !

D. dit: 17 mars 2017 à 15 h 30 min

JiBé dit: 17 mars 2017 à 15 h 26 min

Bien sûr que non. C’était Clopine mais elle est partie. Nous n’avons plus d’idiot véritable ici et cela s’en ressent.

JiBé dit: 17 mars 2017 à 15 h 28 min

L’histoire d’une jeune vierge végétarienne qui découvre les doubles plaisirs de la chair, D.

JiBé dit: 17 mars 2017 à 15 h 25 min

« L’enfance d’un chef » de Sartre, D., c’est pas un hommage rétrospectif à Florian Phillipot ?

D. dit: 17 mars 2017 à 15 h 23 min

Tout ce que Sartre a fait de bien, c’est d’être professeur au lycée du Havre. Tout le reste il l’a raté.

JiBé dit: 17 mars 2017 à 15 h 21 min

« un super modo du Parti qui s’occupera de chacun de nousses comme une mère-poule… »

On a déjà D. et JC, sergio !

D. dit: 17 mars 2017 à 15 h 17 min

Vous essayez de donner une mauvaise image de ce parti, Sergio, alors que dans sa version rénovée il est très respectable, certainement plus en tous cas que d’autres trop bien connus, cela grâce au travail de Florian Phillipot qu’il faut remercier.
Je préfère vous dire, Sergio, que vos petites allusions perfides sont détestables.

Sergio dit: 17 mars 2017 à 15 h 11 min

« Passou doit se mouiller et nous dire ce qu’il en pense de la possible élection de Marine Le Pen. »

Ho ben c’est pas complexe on aura immediately un super modo du Parti qui s’occupera de chacun de nousses comme une mère-poule…

C’est ça la personnalisation ! L’identité…

C.P. dit: 17 mars 2017 à 15 h 00 min

Donc : pas d’adaptation du film. Je ne trouve pour ma part pas du tout daté le théâtre de Tennessee Williams. « La Ménagerie de verre », « Un Tramway nommé Désir », « Soudain l’été dernier », « La Nuit de l’iguane »… sont d’ailleurs des textes de théâtre encore régulièrement joués aux Etats-Unis et en Europe.
Bon, je peux m’arrêter là, mais c’est vous qui avez lancé la question avec au moins « Les Damnés » et « La Règle du jeu ». Bah ! c’est aussi bien que le vague confondant sur « l’âme » dans un Entretien qui, mis à part le témoignage touchant Nankin, ne m’a pas intéressé.

D. dit: 17 mars 2017 à 14 h 47 min

Mais j’ai l’impression que vous évoluez dans un tel monde clos, voire lointain, bien que donnant l’apparence du contraire, que vous n’avez pas ou plus les repères permettant un juste discernement de la réalité des choses.

D. dit: 17 mars 2017 à 14 h 42 min

La vérité, Bloom, c’est que Sartre n’est pas aimé par les Français qu’il n’a jamais représentés.
Et il n’est pas lu non plus. Quasiment pas. Ou alors comme un truc curieux, qu’on sort en disant : regardez ce truc curieux, c’est pas mal fichu pour un truc curieux.
J’ai pas raison ? Dites-moi ?

D. dit: 17 mars 2017 à 14 h 37 min

intelligence exceptionnelle, qui relègue le meilleur des actuels au plus bas de l’échelle de Richter de la pensé.

Ho ho ho !…rien de plus ? ou de moins ?

JiBé dit: 17 mars 2017 à 14 h 28 min

Oui, C.P., mais le théâtre de Tennessee Williams, essentiellement connu à travers de meilleurs films qui en ont été tirés, n’est-il pas un peu daté ? C’est ce que me disait Patrice Chéreau à propos du théâtre de Genet, avant qu’il ne découvre celui de Bernard-Marie Koltès. Moi j’aurais un petit faible pour « Le boxeur Manchot », qui est une nouvelle et aurait fait un bon film…

C.P. dit: 17 mars 2017 à 14 h 13 min

Jacques, vous dites cette fois des sottises, ou en tout cas vous laissez croire que le spectacle de l’Odéon « adapte » le film dont Bloom et moi avons dit récemment quelques mots. Braunschweig a simplement mis en scène le texte théâtral d’origine de Tennessee Williams. Que ce texte ait engendré un film bien connu, -d’ailleurs très différent, dans ce qu’il MONTRE, de la pièce faite seulement de dialogues et de récits-, est autre chose. Aucun rapport avec « La Règle du jeu » à la Comédie Française, qui en effet repart du film.

XYZ dit: 17 mars 2017 à 14 h 11 min

Fion aussi il est Sarthien: « les affaires, c’est les autres » (les costards, c’est pour moi). « Le favoritisme est un humanisme ».

JiBé dit: 17 mars 2017 à 13 h 24 min

Après « Les Damnés » et « La règle du jeu » à la Comédie française, à quoi s’amuse le théâtre conventionné ?

XYZ dit: 17 mars 2017 à 13 h 21 min

Le costume de Picsou a été subventionné par France à Fric. Cohérent et bourge à mort, le néo-châtelain…
Giscard plus classe avec ses diamonds are a presidents best friends, quand même

JiBé dit: 17 mars 2017 à 13 h 21 min

Cette nouvelle tendance à adapter au théâtre des films cultes, dont Passou nous parlait récemment, a fait de nouveaux dégâts !
On peut voir actuellement dans les salles de cinéma parisiens la bande annonce publicitaire de « Soudain l’été dernier » de Tennessee Williams,
mise en scène par Stéphane Braunschweig au théâtre de l’Odéon : ça ne donne guère envie d’y aller voir par soi-même…

JiBé dit: 17 mars 2017 à 13 h 13 min

Oui, Bloom, Sartre redevenant communiste au pire moment, c’est fâcheux. Il fait son Céline, à l’envers ! Beauvoir fut plus réservée. Deux intelligences exceptionnelles, découverts à l’adolescence. Un retour aux sources de mes lectures de formation…

Bloom dit: 17 mars 2017 à 13 h 02 min

Baroz, on peut avoir de grosses réserves sur les intransigeances/intolérances excessives de Sartre (propos sur Aron, la préface des Damnés de la terre, de Fanon…), mais quand on lit ses reportages sur les US, la série des Situations ou les Mots, force est de constater qu’on a affaire à une intelligence exceptionnelle, qui relègue le meilleur des actuels au plus bas de l’échelle de Richter de la pensé.
Si tu t’intéresses à Sartre & au Castor, tu ne peux pas ne pas tout savoir sur Nelson Algren, Baroz.
Serais-je le seul ici à avoir rencontré « l’agité du bocal » et le Castor (octobre 1977, Théâtre de l’Est parisien, Nekrassov, mise en scène Guy Rétoré)?

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