de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Proust version Fallois, proustien capital

Proust version Fallois, proustien capital

A la mort de Bernard de Fallois (1926-2018), on a si bien rendu hommage à juste titre au grand éditeur qu’il fut  et au flair qui marqua l’ultime époque de sa carrière tout en étant aux antipodes de son univers littéraire (la révélation internationale du jeune romancier Joël Dicker) que cela a éclipsé son travail de pionnier au service de deux écrivains qu’il admirait : Georges Simenon, dont il fut l’éditeur et l’ami, et à qui il consacra en 1961 l’une des toutes premières monographies parues sur son œuvre, (Simenon, « La Bibliothèque idéale », Gallimard) ; et Marcel Proust. Non pas sa biographie, genre qu’il ne goûtait guère du moins s’agissant de cet écrivain, mais son œuvre, rien que son œuvre. D’ailleurs, la première de ses Sept conférences s’intitule : « La vie de Proust est-elle si intéressante que cela ? »… pour ne plus en reparler et se consacrer à l’unique objet de ses pensées : comment la cathédrale est sortie de terre, double exercice de exhumation et de résurrection que Fallois accomplit non sans génie tant son esprit est clair, pédagogique, informé et terriblement perspicace.

On ignore qui a eu l’idée de le baptiser « le proustien capital » mais c’est bien vu, même si quelques autres (Philip Kolb, Jean-Yves Tadié…) pourraient prétendre au titre. C’est peu dire que Fallois voit dans A la recherche du temps perdu un massif romanesque sans exemple et sans précédent malgré La Comédie humaine et les Rougon-Macquart, cycles romanesques qui sont pourtant eux aussi « plus qu’un roman ». Introduction à la Recherche du temps perdu (318 pages, 18 euros, éditions de Fallois) rassemble les préfaces qu’il avait écrites pour l’édition du roman par France-Loisirs, fameux club de livres avant l’invention d’Amazon. Elle avait ceci de remarquable qu’elle était vierge de notes infrapaginales, ce qui faisait la joie de Fallois, dont le propre commentaire en était également dénué. Manière de signaler au lecteur qu’il s’aventurait là dans un domaine où il ne risquait pas de croiser l’un de ces innombrables universitaires dont les tonnes d’exégèses n’ont pas réussi à ébranler la cathédrale de prose. On peut dire qu’il y a une « version Fallois » de la Recherche, comme s’il l’avait traduite d’une langue étrangère. Il n’est pas de plus claire initiation au monde de Proust que ce livre d’un écrivain sur le livre d’un écrivain, bien que Bernard de Fallois ne se soit jamais considéré comme tel. D’ailleurs, dans le No 1 du Bulletin de la société des amis de Marcel Proust et des amis de Combray (1950), il était présenté parmi les membres de fondation comme “Fallois, archiviste”…Marcel-et-Antoinette-mai-1886

En lisant en écrivant, Bernard de Fallois agit comme un guide très sûr et jamais dépaysé entre le boulevard Haussmann et le Grand Hôtel de Cabourg. Lorsque le narrateur dans le prologue de Combray navigue entre le sommeil et le réveil dans un état de semi-conscience,  il ne sait plus où il est et le lecteur tout autant. Lorsque l’auteur se fait le peintre des vices, défauts et travers humains, à commencer par le mensonge et la vanité, en poursuivant par le snobisme et l’hypocrisie, c’est de nous tous qu’il parle à travers quelques uns tant ce qu’il pointe est universel que l’on soit maître ou esclave. Lorsqu’il cerne implacablement la jalousie comme la maladie de l’amour, et la solitude, la souffrance et donc l’échec comme consubstantiels à l’amour même, c’est à notre intimité la plus enfouie qu’il s’adresse. Chaque volume de la Recherche est dominé par l’un de ses traits qui lui donne son unité, sa couleur, sa sonorité : l’oubli (Albertine disparue), la jalousie (La Prisonnière) etc

Tous les Proust, le comique, le poète, le créateur de personnages, le dialoguiste, se trouvent rassemblés dans le moraliste en lui.

« Jamais d’une histoire aussi « particulière » ne sont sorties autant de vérités générales, de lois profondes et universelles du cœur humain, rassemblées, inscrites et comme enchâssées dans les maximes d’un grand moraliste à la Pascal »

Parfois, bien que son enthousiasme soit si argumenté et son intelligence de la chose proustienne si aiguë, on se dit qu’il en fait trop. On hésite à le suivre lorsqu’il fait de son héros l’auteur d’une sorte de révolution copernicienne du roman et le plus grand génie comique “peut-être” depuis Molière. Ou lorsqu’il fait de la pédérastie « le grand sujet de son livre et la grande question de sa vie » à l’égal d’un prisme exclusif de sa vision du monde.Ou qu’il juge comique la scène si pathétique des souliers rouges, les Guermantes accordant tant d’importance à leur alliance avec la couleur de la robe alors que leur cher Swann vient de leur faire discrètement comprendre qu’il est condamné à brève échéance

Jeune diplômé (il fut reçu premier à l’agrégation de Lettres classiques), il visita André Maurois, l’un des rares biographes de Proust (A la recherche de Marcel Proust, 1949), à avoir côtoyé certains de celles et ceux qui inspirèrent ses personnages lequel intervint aussitôt auprès de Suzy Mante-Proust, nièce de l’écrivain et responsable moral et patrimonial à la mort de son propre père, afin qu’elle l’autorise à fouiller dans ses papiers pour la thèse qu’il préparait. Il s’agissait de quelques 70 carnets et cahiers d’écolier et d’un grand nombre de feuillets empilés dans un grand désordre et qui dormaient dans un garde-meubles. Un sacré foutoir, un vrac étourdissant, rêve et cauchemar de tout chercheur, l’écriture de Proust étant tout sauf linéaire, plutôt proliférante.

breyer_1-110713Fallois se mit au travail, s’immergea dans cette masse à la recherche du vrai Proust, découvrit un puzzle inconnu des proustiens, le reconstitua et révéla Jean Santeuil. Le scoop, reçu avec scepticisme sinon mépris par nombre de sorbonnards mais comme un heureux coup de théâtre par les familiers de Proust, fut suivi d’un autre publié en 1954 avec une préface d’une soixantaine de pages : des essais critiques inédits qu’il rassembla sous un titre de son crû : Contre Sainte-Beuve, intitulation qui a longtemps suffi à orienter nombre de ceux qui n’avaient pas pris la peine de le lire alors qu’un « Sur Sainte-Beuve » eut semblé plus approprié, plus nuancé mais doté certes d’un éclat moindre. Qu’importe puisque là encore, malgré sa nature non-fictionnelle, cet ensemble allait se retrouver absorbé dans la future Recherche. 

Nombre de ceux qui ne le connaissent que par son titre (certes tiré d’une lettre mais portant sur la préfiguration du roman et non sur ces textes précisément) en ont acquis la conviction que Proust était contre Sainte-Beuve, tout simplement ; elle a été il est vrai renforcée par l’analyse de ceux qui l’avaient lu et en ont déduit le syllogisme suivant : Proust distingue et oppose radicalement le Moi social du Moi créateur, l’un étant superficiel et l’autre profond ; il reprochait à Sainte-Beuve d’expliquer une œuvre par la biographie de son auteur ; Proust était donc contre la biographie. Ce qui a découragédes vocations de biographes, et singulièrement de biographes de Proust qui l’ont lu comme un bref traité de disqualification par anticipation. Il n’aurait pas aimé qu’un inconnu fouillât dans ses papiers, établît des concordances entre sa vie privée telle que exposée par sa correspondance et des pages de son roman, révélât son homosexualité, inventa des serrures etc

Jean Santeuil, écrit à la troisième personne, est d’un intérêt tout aussi puissant puisqu’il peut être lu comme un livre quasi autobiographique de Marcel Proust de vingt-quatre ans à vingt-neuf ans ; il livre ici ses souvenirs d’enfance et de jeunesse, la description des lieux qu’il a fréquentés, ses idées et sa vision de l’art. Non un roman, mais plutôt un essai sur l’âme d’un jeune homme, qui est de façon assez transparente Marcel Proust lui-même (il fait d’ailleurs une fois un lapsus et écrit Marcel au lieu de Jean). Proust l’a écrit à 25 ans, il y a renoncé quelques années plus tard sans que l’on sache au fond pourquoi et n’en a plus reparlé alors que c’est la matrice de son grand œuvre, sa genèse et l’annonce de son unité, celle à laquelle il faut revenir si l’on veut en déchiffrer certains des signes qui agitent secrètement cet avant-texte.

Par cette découverte, Bernard de Fallois a été de ceux qui ont permis de dissiper la fausse image d’un Proust mondain, la légende du oisif esthète et dilettante, drogué de mondanités et esclave de conversations brillantes et superficielles, qui se serait retiré du monde à la fin de sa vie pour écrire son œuvre. A l’inverse, le manuscrit de Jean Santeuil témoigne de ce que son auteur avait commencé bien en amont ce qui allait devenir la Recherche, ce que deux lettres de 1908 évoquaient. En dépit des interruptions, jamais il ne cessa d’être habité par l’invention de son long poème en prose. Sur une page de l’ours manuscrit d’un bon millier de pages de Jean Santeuil qui tenait de la préface, le jeune chercheur fut frappé par cette phrase qui sonnait comme un aveu, un signal et un encouragement à creuser encore :

« Puis-je appeler ce livre un roman ? »Proust1-1024x508

Entre Jean Santeuil et la Recherche, vingt années se sont écoulées. Le narrateur a pris de la bouteille : l’ironie l’a gagné un rien désabusé, ce qui lui paraissait tragique le fait sourire désormais, il est devenu « stupéfiant de lucidité ». Aux yeux de Bernard de Fallois, la Recherche est évidemment tout sauf un roman à clés. Plutôt un roman à lois : en lieu et place de jugements moraux, une recherche de la vérité qui vise à l’universel, gratte le masque des personnages pour trouver l’essence derrière l’apparence, se donne comme loi d’airain le relativisme en toutes choses, tente d’embrasser une totalité à travers une seule histoire qui en contient des centaines comme Balzac avant lui. En dehors de cette commune ambition, et sans reprendre la scie de « l’absence de style » reprochée à celui-ci,  tout les oppose à commencer par l’importance de la métaphore comme manière poétique d’exprimer une vérité et le génie comique qui caractérisent l’écriture proustienne.

Certaines des vues exprimées par Bernard de Fallois paraissent aujourd’hui évidentes tant on en a publié et lu sur le sujet ; mais il faut se replacer dans le contexte de la parution de ces commentaires, en un temps où cela n’allait pas de soi. Proust n’avait pas son pareil dans la mise en scène de la bêtise des gens intelligents, du néant abyssal de la vie mondaine ; il s’y entendait comme peu d’autres pour infiltrer dans son récit les infimes détails qui marquent le passage du temps ; dans son propre registre d’exégète éclairé mais non savant, Fallois n’a pas son pareil pour les relever. On a cru que Proust observait les gens en entomologiste au microscope alors qu’en réalité, c’est au télescope qu’il les regardait. Sous la sécheresse de cœur d’Oriane de Guermantes, Fallois croit déceler de la « méchanceté douce » nourrie de malveillante mondaine ; mais eu égard à sa jouissance au spectacle de la souffrance qu’elle déclenche chez l’autre, ne serait-il pas plus sûr de parler de perversité ? Sous la loupe bienveillante de Fallois, on voit Proust mitonner ses morceaux de bravoure (le magnifique monologue de Charlus bavardant avec le narrateur sur les boulevards, le bal de têtes où chacun porte son masque grimé d’un autre âge à la fin du Temps retrouvéetc) comme Françoise son bœuf en gelée.

manray-portrait-of-marcel-proust-480x365Fallois, qui en son temps a relancé les études proustiennes bien endormies au lendemain de la guerre, tient que la proustologie est généralement décevante :

« Une page de Proust, lue de près et « dans le mouvement », nous en apprend plus sur lui que toutes les thèses qui lui ont été et qui lui seront consacrées ».

Or on peut en exclure cette Introduction à la Recherche du temps perdu, consacrée moins à l’auteur qu’à ses livres. N’étant pas universitaire, sa démarche s’excluant d’emblée de ce champ au cahier des charges si contraignant, et bien qu’il n’ait jamais cessé de chercher sur, dans et au sujet de la Recherche mais en faisant bande à part, en marge, ailleurs, il s’est mis à son service, en humble serviteur, avec ses propres armes de grand lecteur et d’écrivain.

La Recherche, c’est l’aventure d’une vocation. En trois mots : « Marcel devient écrivain » comme Gérard Genette avait résumé ces quelques trois mille pages. Les professeurs en ont fait un classique, ce qui est bien le moins. Mais leurs louanges et leur admiration ont ceci de paradoxal qu’elles risquent souvent de dissuader le lecteur d’entrer dans cette somme romanesque, de s’y frotter, tant elle impressionne par ce qui lui est communément reproché : son extraordinaire densité, la longueur de ses phrases, l’emberlificotage des situations, l’absence d’intrigue romanesque, la complexité des sentiments, et surtout les analyses qu’elle a suscitées. Fallois tenait que Proust est peu lu tant il fait peur. Il inspire la crainte autant qu’il impressionne, ce qui tient à distance. C’était peut-être vrai autrefois mais l’est-ce encore ?

La thèse sur la Recherche que le jeune Bernard de Fallois avait entreprise en débarquant dans le grenier de Mme Mante-Proust, en un temps où nombre de témoins étaient encore visitables (Morand, Cocteau, Halévy, Colette etc), ne fut jamais achevée. Il y renonça au bout de dix ans au moment de quitter l’enseignement (il était prof au collège Stanislas) pour l’édition dont il fera son métier avec le succès que l’on sait – et, titre de gloire méconnu à son palmarès, l’entrée de la Recherche au Livre de poche dont il était le directeur général dans les années soixante… Ce fantôme de thèse surgit au fond opportunément à travers cet ensemble de préfaces lumineuses qui vient de paraître et qui, de l’histoire du roman fait un roman ; et un autre, Sept conférences sur Marcel Proust, qui paraitra au début de l’année prochaine. Deux recueils proustissimes de Bernard de Fallois publiés in abstentia aux éditions de Fallois, à la veille de 2019, année du centenaire du prix Goncourt attribué à A l’ombre des jeunes filles en fleurs

 

 

(« Vue du balcon de la chambre 414, celle que Proust occupait au Grand Hôtel de Cabourg » photo D.R. ; « Proust jeune puis avec ses amis » photos D.R. : « Sur son lit de mort » photo Man Ray)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

935 Réponses pour Proust version Fallois, proustien capital

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 11 h 59 min

Christiane, tu t’égares. DHH n’a jamais été odieuse avec Ed. Et aucune adulation pour Clopine, dont elle admire seulement l’aisance rédactionnelle.

Petit Rappel dit: 10 décembre 2018 à 11 h 59 min

Cette idée de personnages-doubles renvoie à une conception Sainte-Beuvienne de la Littérature assez étrangère à Proust, meme si, comme le souligne avec justesse Pierre Assouline, Le Contre Sainte Beuve, n’est intitulé tel que par la grace de De Fallois qui lui a donné la forme que nous lui connaissons.
Il se trouve que cette lecture est étroite, Proust ayant comme tout écrivain, mêlé divers personnages réels pour en obtenir un. Elle a ses limites, transformant en musée Grévin la Recherche. Elle peut tout au plus servir pour un premier déchiffrage;
IL me souvient que Proust a bataillé contre elle – la lettre sur le  » misérable tas de secrets », exemplaire à cet égard- Par respect pour sa mémoire et pour son oeuvre, ne la ressuscitons pas.
MC
PS
Que penser d’un personnage qui pousse l’amabilité jusqu’à annoncer qu’il va mourir sans le dire tout en le disant? On savait la Recherche pétrie de convenances, mais à ce point…
Il y aurait -ceci pour Ed- à écrire une apologie du cynisme en littérature, de Laclos à Balzac! On ose penser que vous les aimer, ceux-là! Sinon, il faut se replier vers Boilly, Berquin, ou les pages choisies de Madame de Genlis!

et alii dit: 10 décembre 2018 à 11 h 57 min

. Que tous ceux qu’elle avait eus, un jour ou l’autre l’avaient trahi.
c’est comme l’orthographe s’il s’agit d’orthographe !
sur que si on cherche de l’amitié, on ne la cherche pas chez les professionnels de la Rdl;ami, c’est pas un métier!

christiane dit: 10 décembre 2018 à 11 h 53 min

@Berenice dit: 10 décembre 2018 à 11 h 06 min
Quelque chose continue de vous échapper. Ce n’est pas une bataille d’égo. L’agresseur c’est elle et sans aucune autre motivation que sa haine. Relisez le fil des commentaires et à quel point ils ont pu choquer les uns et les autres sauf DHH (mais là c’est un cas particulier…). Je n’ai fait que tout d’abord l’ignorer, puis exprimer mon point de vue : un thérapeute lui serait profitable et serait à consulter d’urgence, puis j’ai répondu à ses insinuations mensongères et malveillantes en commençant par la caricature, l’ironie puis par la controverse de ses arguments.
Je me passe très bien d’elle et de ses commentaires et j’étais bien tranquille quand elle s’était mise au… repos.
Mais la revoilà aussi démente et haineuse avec ses logorrhées à n’en plus finir où elle se permet même de juger ma vie professionnelle qu’elle ne connaît pas.
Elle est dangereuse et manipulatrice.
Faites attention…
PS : lu votre post nocturne. Même exprimée sans violence votre supposition que DHH soit lvdb semble persister. Je continue à penser que l’une n’a aucun rapport avec l’autre même si elle a été odieuse vis à vis d’Ed. Généralement elle est plutôt neutre et passionnée par deux thèmes : la correction de la langue française, les livres et les recettes de cuisine qui la relient à une tradition familiale. Ah oui, j’oubliais, quand elle le peut : exprimer son adulation pour clopine…

Phil dit: 10 décembre 2018 à 11 h 53 min

confidence pour confidence, je vais vous dire dédé: le Président devrait d’une part abandonner son style de confessionnal, les vestes jaunes étant tous des bouffes curés viscéraux, d’autre part proposer de quitter son poste.

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 11 h 50 min

Au début des années 1980, j’ai co-produit une série d’émissions dans Les Nuits magnétiques d’Alain Veinstein, sur France Culture, titrée « Fragments de discours amicaux ». J’avais commencé par donner la parole à des enfants d’une école primaire parisienne (Saint-Merry) dont l’un de mes amis était l’instituteur. Il avait emmené à la Maison de la Radio les élèves pour lesquels les parents avaient accordé une autorisation écrite. Une bonne moitié de la classe. Je leur avais posé des questions simples. C’est quoi pour toi l’amitié ? Qu’est-ce que ça représente ? Parle-moi de ton ami ? Pourquoi lui, pourquoi elle ? Leurs réponses étaient toutes vivifiantes. Mais parmi eux, une petite fille triste m’a répondu qu’elle n’avait pas d’ami(e)s. Que tous ceux qu’elle avait eus, un jour ou l’autre l’avaient trahi. Et que finalement, quand elle avait une peine, une joie, un secret à confier, elle le disait à son chat ! Etait-ce la petite Ed ? Pour la consoler, je lui ai répondu que finalement elle avait un ami. A l’issue de l’enregistrement, mon ami instituteur m’a dit que c’était la nièce du commissaire Ottavioli, qu’il l’avait conduite en voiture au studio et l’attendait à la sortie. Le lendemain de la diffusion, Laure Adler m’avait félicité pour l’émission. Une psy de la rue de Rennes m’avait même écrit pour me demander la permission d’utiliser l’interview pour ses élèves. Mais finalement, je crois que cette série d’émissions ne m’avait pas fait que des amis au sein de l’équipe de France-Culture. Après avoir encore produit une série intitulée « C’est quoi le bonheur » (avec Arletty,entre autres intervenants) je suis parti sur une autre série, titrée « Instants de colère »…
Non, l’amitié, l’amour, la camaraderie ne sont pas aimés.

Janssen J-J dit: 10 décembre 2018 à 11 h 38 min

@ une comparaison qui me va comme un tablier à une vache.
ou… comme une culotte à une ânesse :-)
https://www.google.com/search?q=%C3%A2ne+culotte&client=firefox-b&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwizw6DLhZXfAhUC0BoKHSPCD3EQ_AUIDygC&biw=1600&bih=786#imgrc=0kMCFoR4fKEpjM:

@ « La disparité des points de vue devrait ouvrir à un débat »

Certes, mais quel débat au juste ? Et qui va l’organiser ? Non, non, personne n’est là pour ça, je pense, les bons sentiments n’ont jamais eu droit de cité ou la priorité. Il y a des amorces de débat parfois sur des sujets jamais donnés à priori (par passoul parfois, mais ça dure pas longtemps), l’intérêt de ce blog est surtout que ls « prises de paroles ou de positions » y fonctionnent en différé, et que la personnalité des protagonistes essentiels y soit connue des uns et des autres. C’est une voie de participation médiane en somme, entre l’agora publique directe où l’on ne s’entend pas, et la démocratie indirecte de l’assemblée où l’on ne vous « représente » pas, puisqu’on vous confisque la parole.
Sur la rdl, il y a du diablogue et de l’insulte perpétuellement mélangés certes, et de la « vérité »… sourd du décodage collectif de ce que racontent les uns et les autres, sans qu’on puisse en déduire du « débat ».
Je ne vois pas de « démocratie » plus résonante et plus aboutie que celle qu’illustre ce blog, en dépit de ses multiples imperfections.
Mais j’attends qu’on me démente à partir d’autres exemples vécus, puisque chacun.e a se biais et ses points d’expériences aveugles.

D. dit: 10 décembre 2018 à 11 h 36 min

Phil, je vais vous faire une confidence : numérologiquement et astrologiquement parlant, Macron se trompe en parlant ce soir à 20h. Entre ce lundi dominé par le chiffre 6 et mercredi dominé par le 8, y’a vraiment pas photo. Donc une chose est sûre : pour faire de telles erreurs il n’est pas conseillé par des mages comme l’était Mitterrand.

Phil dit: 10 décembre 2018 à 11 h 28 min

posez votre bible, dédé, et allez exporter du produit made in France dans le vaste monde. ou restez dans votre fauteuil et mettez des barreaux à votre crèche. pikettipiketto astragram boumboum.

D. dit: 10 décembre 2018 à 11 h 25 min

du livre du prophète Isaïe (35, 1-10)

Le désert et la terre de la soif,
qu’ils se réjouissent !
Le pays aride, qu’il exulte
et fleurisse comme la rose,
qu’il se couvre de fleurs des champs,
qu’il exulte et crie de joie !
La gloire du Liban lui est donnée,
la splendeur du Carmel et du Sarone.
On verra la gloire du Seigneur,
la splendeur de notre Dieu.
Fortifiez les mains défaillantes,
affermissez les genoux qui fléchissent,
dites aux gens qui s’affolent :
« Soyez forts, ne craignez pas.
Voici votre Dieu :
c’est la vengeance qui vient,
la revanche de Dieu.
Il vient lui-même
et va vous sauver. »
Alors se dessilleront les yeux des aveugles,
et s’ouvriront les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf,
et la bouche du muet criera de joie ;
car l’eau jaillira dans le désert,
des torrents dans le pays aride.
La terre brûlante se changera en lac,
la région de la soif, en eaux jaillissantes.
Dans le séjour où gîtent les chacals,
l’herbe deviendra des roseaux et des joncs.
Là, il y aura une chaussée, une voie
qu’on appellera : la Voie sacrée.
L’homme impur n’y passera pas
– il suit sa propre voie –
et les insensés ne viendront pas s’y égarer.
Là, il n’y aura pas de lion,
aucune bête féroce ne surgira,
il ne s’en trouvera pas ;
mais les rachetés y marcheront.
Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent,
ils entrent dans Sion avec des cris de fête,
couronnés de l’éternelle joie.
Allégresse et joie les rejoindront,
douleur et plainte s’enfuient.

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 11 h 07 min

L’amitié comme l’amour n’est pas aimé, closer. Faut-il en rire ou en pleurer ? Pourquoi les gens dépensent-ils toute leur énergie, perdent-ils leur temps à s’empoisonner la vie. Choisissant la haine, le ressentiment, la rancune, le ressassement, la jalousie…, de préférence à tant d’autres sentiments plus gratifiants. C’est là un grand mystère.

D. dit: 10 décembre 2018 à 11 h 07 min

Je ne défends pas les violences commises à Bordeaux. Mais je les comprends. La violence d’une politique génère la violence de la fraction de la population opprimée et suffisamment réactive pour se soulever.

Ayant écouté des réactions d’habitants de Bordeaux, je suis frappé par le manque « d’alarme » dont ceux-ci font preuve. Ils déplorent la perte de leurs biens. Point.
Aucune tentative de réflexion chez cette classe réputée bourgeoise et catholique.
C’est ce genre de catholiques dont j’ai envie de m’éloigner. Ceux devenus tellement mois et tièdes qu’ils ne pensent qu’a s’agripper à leurs biens et conditionnent leur choix politiques en ce sens. Ils voulaient Juppé président. Ils ont eu Fillon. Puis ils ont eu Macron pour lequel ils ont largement voté.
Aujourd’hui ils viennent pleurer.

Berenice dit: 10 décembre 2018 à 11 h 06 min

Christiane et les autres, je lis chaque intervention comme un point de lecture, ceux ci sont pluriels. En dehors des atteintes personnelles que j’estime dans toutes leur subjectivité et donc prudemment, sans accorder un credit particulier à certaines derives je crois qu’il serait profitable d’abandonner cette bataille d’ego. jejeje pense mieux et plus juste que vous . La disparité des points de vue devrait ouvrir à un débat et non pas sur des marques de mépris à partir du moment où l’insulte n’est pas de mise.

christiane dit: 10 décembre 2018 à 11 h 06 min

Janssen J-J dit: 10 décembre 2018 à 10 h 55 min
Heureuse de savoir que vous étiez au crématorium du Père Lachaise, ce jour lointain et triste.
Mais je ne serai pas à Chaillot ce soir.
Belle méditation sur les Droits de l’Homme.
Vous êtes foncièrement honnête, JJJ, mais parfois difficile à suivre dans vos commentaires tant vous aimez jouer avec les mots.
Bonne soirée.

Lavande dit: 10 décembre 2018 à 11 h 06 min

Je suis d’accord à la fois avec Bérénice 10h22 et avec D. 10h50.
Or D. affirme : « Non Bérénice. Vous dites des choses fausses. »

Suis-je en phase débutante de sénilité ?
Ou bien s’agit-il du cas classique en RDL de gens qui disent la même chose mais tiennent absolument à se contredire, voire même à s’engueuler ?

Janssen J-J dit: 10 décembre 2018 à 11 h 02 min

@ (Ah, et puis, tant que j’y suis à me foutre toute la rdl sur le dos, laissez-moi vous dire que tous vos propos sur les gilets jaunes m’em. profondément).

Si vous saviez combien votre opinion sur les GJ, Christiane, Proust et Jünger, ou la survie des abeilles au Costa-Rica nous indiffère, ma pauvre marie benoit ! Vous n’êtes pas la bonne ou malheureuse conscience de la rdl, tout le monde vous l’a déjà dit, quand cela va-t-il vous pénétrer la cervelle ? Allez, oustre !

christiane dit: 10 décembre 2018 à 10 h 59 min

Des précisions la concernant ?(pas la peine de la nommer !)
Mais son seul argument c’est : « la bêtise » de l’autre mais aucune analyse de ce qu’elle juge bête, irrecevable, hors propos, contresens. Elle se contente d’un jugement jupitérien du haut d’une connaissance autoproclamée de « La Recherche » de Proust et entraîne les commentateurs vers une autre piste de lecture pour mieux les leurrer.
Par ailleurs, elle projette sur ceux qu’elle critique et dédaigne ses propres défauts, ce qu’elle ne supporte pas en elle, invente les propos, le ton, les attitudes de l’autre pour se prouver qu’elle est victime et non agresseur alors qu’elle n’est que turpitude et hypocrisie. Bref, cette « bêtise » qu’elle décèle si promptement chez l’autre, ces portraits dégradants issus de sa seule imagination, elle ne les voit pas dans sa propre personne. La « petite fille » évoquée dans la nuit dont elle se moquait, qu’elle trouvait dépendante d’elle et fort « bête » est devenue la distorsion à travers laquelle elle voit l’autre.
Il lui reste la flatterie envers certains pour se créer des alliés…

Janssen J-J dit: 10 décembre 2018 à 10 h 55 min

@10.44
Ce n’était précisément pas un lapsus, ch. et jzm. Comme toujours, il s’agissait de faire sciemment réagir les naïfs. Et ça marche à tous les coups avec vous deux. Z’êtes vraiment un public formidable. C’est pourquoi j’ai hâte de vous rencontrer ce soir à Chaillot, ça nous changera des rencontres au crématorium du Père Lachaise. J’arborerai une discrète étoile J sur mon Jilet J pour que vous puissiez me distinguer.

D. dit: 10 décembre 2018 à 10 h 50 min

Non Bérénice. Vous dites des choses fausses.
Les salaires ne progressent que très peu comparativement aux charges incontournables qui ne cessent d’augmenter mais aussi par rapport aux intérêts d’épargne ridiculement faibles. Les petites gens ne peuvent pas vivre correctement et ne peuvent plus épargner. Leur accession à la propriété est de plus en plus difficile.
Sans être paranoïaque, tout cela ressemble fort à un système de contrôle.

Clopine dit: 10 décembre 2018 à 10 h 47 min

Ah, et puis, tant que j’y suis à me foutre toute la rdl sur le dos, laissez-moi vous dire que tous vos propos sur les gilets jaunes m’em. profondément.

Les gens passent leur temps à répertorier ce que les gilets jaunes veulent, comment ils le veulent et à prophétiser, sombrement ou joyeusement, sur l’avenir…

Moi je me suis trompée sur les gilets jaunes : j’ai cru au début que ce mouvement n’était qu’un coup de bluff de l’extrême-droite, donc qu’il sentait le soufre. Or, certes, il sentait le soufre, mais ce n’était que le bout d’une allumette qui s’est embrasée toute entière, et peut foutre le feu à un gigantesque tas de bûches.

Mais le problème est que nous manquons tous de recul pour comprendre vraiment ce qui se passe. N’était-ce pas Junger qui disait « pendant la mue, le serpent est aveugle » ?

En tout cas, le mouvement a tout l’air d’une lutte des classes. Cette bonne vieille lutte des classes, qu’on avait enterrée sous la mondialisation, l’apparition des classes moyennes et la diminution numérique des travailleurs manuels. Wouarf.

closer dit: 10 décembre 2018 à 10 h 47 min

Ed, J2zz connaît les deux, Christiane et Clopine, dans la vraie vie. Parviendra-t-il à les réconcilier? Va-t-il se brûler les doigt et se brouiller avec l’une d’entre elle ou avec les deux? Suspense intolérable!

De quoi faire un docu fiction assuré du succès: « Annibal et ses deux nanas »…

Un tabac sur Netflix.

Janssen J-J dit: 10 décembre 2018 à 10 h 41 min

Préambule
Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme.
Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.
Considérant qu’il est essentiel d’encourager le développement de relations amicales entre nations.
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, et qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.
Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l’Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Considérant qu’une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.
L’Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l’esprit, s’efforcent, par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.

Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2
1. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

Article 10
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

Article 11
1. Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d’après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’acte délictueux a été commis.

Article 12
Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Article 13
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14
1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 15
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

Article 16
1. A partir de l’âge nubile, l’homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’Etat.

Article 17
1. Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

Article 20
1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d’une association.

Article 21
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Article 22
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 24
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

Article 25
1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

Article 26
1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

Article 27
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.

Article 28
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Article 29
1. L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s’exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

Article 30
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un État, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

_______

Chers jazzm et Ch. J’espère pouvoir faire votre connaissance à Chaillot ce soir pour fêter le 70e anniversaire. Des artistes viendront nous évoquer ce que leur inspire la Déclaration universelle, et il y aura pas mal de petits fours à déguster.
A ce soir.

Clopine dit: 10 décembre 2018 à 10 h 38 min

Chaloux, arrêter de me paraphraser à l’excès (mais est-ce bien une paraphrase ?)et de reprendre à votre compte une comparaison (mais est-ce bien à votre compte ?) qui me va comme un tablier à une vache.

N’auriez-vous pas pu trouver quelque chose de plus pertinent que cette « bécassine » qui sent son insulte de préau ?

Franchement, il me semble cependant prêter suffisamment le flanc à la critique pour que la lance qu’on souhaite y installer ait une forme un peu plus adaptée. Autre différence entre Christiane et moi : ses remarques sur moi (- devenues dorénavant universelles, il suffit qu’une notation négative soit émise pour qu’on m’y retrouve -) ne « collent » jamais, sont comme le reste : émises au hasard, dirait-on, et sans aucun souci de justesse. Au moins, je fais l’effort d’ajuster la vision que j’ai d’elle, pour exprimer mon agacement. C’est peut-être pour cela qu’elle en est si outrée, sans que personne ne hausse les épaules : parce que le portrait est en fait véridique ???

Bon, Chaloux, par contre, pourquoi n’êtes-vous pas d’accord avec l’hypothèse de lecture des personnages-doubles du narrateur ? Swann en est le premier exemple, mais Charlus est aussi, parfois, le porte-manteau commode que Proust avance, un peu pour exorciser sa propre posture, voyez-vous ? Charlus est décrit bien plus cultivé que son entourage, sa sensibilité est supérieure et son énergie est sans limite (jeune, c’est un athlète) et le narrateur est clairement dans une posture ambivalente vis-à-vis de lui, surtout au début, où il ne comprend pas ses avances. Sa germanophiliele pousse à tenir des « propos dangereux » pendant la guerre de 14-18 ; je pense que le Narrateur (qui lui, observe la guerre en empruntant le patriotisme conformiste de son époque) se « sert » de son personnage pour exprimer un certain nombre de choses, que le Narrateur ne peut exprimer. Exactement comme avec Swann.

Je suis d’ailleurs bien sûre qu’en cherchant bien, on trouverait des thèses de lecteurs de la Recherche qui ont remarqué ce phénomène des « doubles ». Non réservé d’ailleurs à Proust, c’est un trait commun de la littérature que les auteurs s’investissent dans tous leurs personnages, à des degrés divers d’ailleurs… Alors, votre haussement d’épaules, là, Chaloux, entre nous, n’est-il pas un tout petit peu indigne de vous ?

Phil dit: 10 décembre 2018 à 10 h 38 min

Vous êtes-vous jamais demandé s’il y avait autre chose à f… que de croître dans la concurrence avec les chinois, pour aller dans le mur ?

dear JJJ, jamais !

D. dit: 10 décembre 2018 à 10 h 37 min

Un chrétien n’est pas nécessairement gauchiste. Gaulliste, je ne suis pas gauchiste, je défends fermement la propriété et sa transmission héréditaire.
Je considère que je capitalisme est nécessaire et qu’il est d’ordre naturel contrairement au communisme.
Le capitalisme comporte des failles et de nombreuses possibilités de dérives. Il doit donc être modéré par un système de contrôle automatique et surtout pas dépendant de décisions politiques humaines particulières et dispersées.
Ce système doit être défini et proposé dans son détail par des chercheurs indépendants et surtout pas des non-scientifiques intéressés par le profit.
Je considère que le FMI à un rôle-clé à jouer dans sa mise en oeuvre progressive au niveau international. Ce devrait être sa mission numero 1 déontologiquement parlant.

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 10 h 31 min

« La Russie devient le deuxième producteur mondial d’armement »

Derrière les Etats-Unis et devant la Grande Bretagne. La France arrive en 4e position.

Berenice dit: 10 décembre 2018 à 10 h 22 min

D, de toutes façons, la question concernait le smic et pas tous les salaires. Les salaires progressent mais pas à la hauteur des produits de base et un smicar en est à ne pouvoir s’offrir que les produits de base: loyer, assurances, électricité gaz, nourriture et éventuellement téléphonie, carburants. Et puis ce propos ne tient pas compte de ceux nombreux qui ne sont plus salariés et sont en difficultés. Ces gens sortent de la cuisse de Jupiter et quand bien même leur niveau de vie récompenserait une intelligence, des competences, ils ne savent pas ce que représente une vie programmée pour un smic éternel. Ce qu’ils racontent parfois tient soit de l’inconscience soit du mépris.

D. dit: 10 décembre 2018 à 10 h 21 min

On retrouve toujours et partout ce dénominateur commun qui maintient une large partie des familles francaises la tête sous l’eau : le diktat européen et le chantage allemand. Onfray à raison sur beaucoup de poi t.
Après déclinaison, on obtient au poste de Ministre du Travail des Pénicaud et ses discours extraordinairement choquants.
Oui le gouvernement est bien de cette façon au service d’intérêts étrangers.

Au bout du compte cela génère des révoltes.
Et parfois des révolutions.

Janssen J-J dit: 10 décembre 2018 à 10 h 13 min

@ « vous préoccuper de la prospérité d’une entreprise française privée sur le marché international définitivement chinoisé »

Que voulez-vous insinuer, cher ami ? Vous êtes-vous jamais demandé s’il y avait autre chose à f… que de croître dans la concurrence avec les chinois, pour aller dans le mur ?
Si vous n’avez pas lu Hartmut Rosa, ce n’est pas grave, mais n’en dégoutez pas les autres. Resonance,.. j’ai ai bavé durant deux mois dans mon fauteuil et sur les ronds points, mais n’en ai pas raté une miette. Si vous ne pouvez pas en faire autant, écoutez au moins une heure ou allez relire Proust pour vous retrouver le temps perdu en Chine.
https://www.youtube.com/watch?v=S4cSgfb2xEo

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 10 h 13 min

« Restons chrétiens et gauchistes en toutes circonstances »

Tu vas voter Mélenchon, comme Delaporte, ou Marine, comme D., JJJ ?

D. dit: 10 décembre 2018 à 10 h 12 min

Pénicaud, la DRH millionnaire devenue ministre, nous explique pourquoi on ne peut pas augmenter le smic. Accrochez-vous bien, ce n’est même pas une question d’argent.

–> « Pourquoi ? Parce que « ça détruit des emplois donc ça n’est pas la bonne méthode, a expliqué Muriel Pénicaud. Si on augmente tous les salaires de façon automatique, il y a plein d’artisans et de commerçants qui vont mettre la clef sous la porte, ou alors ils vont augmenter les prix et personne ne pourra se payer le service. »

Technocratie à 2 balles, quand tu nous tiens…

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 10 h 09 min

« Les pilleurs ne sont qu’un épiphénomène »

Quand on ne veut pas régler un problème, on dit qu’il n’existe pas !

Phil dit: 10 décembre 2018 à 10 h 05 min

dear JJJ, vous n’êtes sans doute plus tout jeune, ce qui peut être une vertu, et n’avez probablement jamais eu à vous préoccuper de la prospérité d’une entreprise française privée sur le marché international définitivement chinoisé. Les fauteuils virtuels du prestigieux blog à passou sont plus confortables à votre fessier.

Janssen J-J dit: 10 décembre 2018 à 9 h 55 min

Les pilleurs ne sont qu’un épiphénomène, à vrai dire. A croire qu’ils s stipendiés par les officines bellabesques de la macronie. Ils arrangent pas mal « d’intérêts » mesquins, à la vérité, le confort en premier lieu de celzéceux des bobeaux de la rdl qui ont besoin de mésestimer ou discréditer ce « mouvement » des GJ en se bouchant le nez.
Restons chrétiens et gauchistes en toutes circonstances, comme d’aucuns, que diable, cela nous préservera des populismes. Allons plutôt signer le manifeste de Thomas P., en attendant le grand cirque de ce petit soir. Suffit de cliquer tout en restant bien au chaud. On ne se salit pas, de la sorte.

Phil dit: 10 décembre 2018 à 9 h 44 min

Le sociologue n’arrive pas à la cheville du critique littéraire. Sans les « casseurs », que médiafrance continue d’ignorer tandis que la presse internationale ne parle que d’eux en décrivant des scènes de MadMax à Paris, l’affaire des gilets jaunes est vite pliée (pas pillée).

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 9 h 43 min

« Elles sont douées de raison et de conscience et doivent agir les unes envers les autres dans un esprit de maternité »

Tu veux dire de « sororité », JJJ ? Tu ne vas pas réduire les femmes à un rôle de reproductrices !

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 9 h 34 min

Tu ne nous avais pas dit que tu était un activiste gilet jaune, JJJ !

Faut-il rappeler Sarkozy ? En tout cas, il se tient prêt. Il n’avait pas supprimer l’ISF et il avait imposé les primes défiscalisées. Et avec lui, le FN était bien gardé…

Phil dit: 10 décembre 2018 à 9 h 21 min

Raymond, Léautaud contemporain de Proust qui ne voyait aucun intérêt aux thèmes et leurs manières traités dans « La Recherche » tout en considérant l’homme, ou Green étonné de voir consacrée la qualité littéraire d’une oeuvre sans Dieu, ne pèchent pas par jalousie.

Janssen J-J dit: 10 décembre 2018 à 9 h 15 min

Trop « d’indiscutable » dans le texte en défense de Proust-Macron, pour ne pas être suspect, m. Prunier. Avec les GJ, on discute justement de Proust sur tous les ronds-points après notre pouvoir d’achat. Quant à l’indiscutable Debussy, franchement, vous allez faire rire Annette qui a quitté trois fois samedi le salon de coiffure de sa patronne pour nous rejoindre et nous apporter du café, au risque de se faire virer pour abandon de poste.

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 9 h 09 min

Ed, au sortir de la Grande Guerre, le monde était aussi cynique que celui d’aujourd’hui. La grandeur de l’écrivain n’est-elle pas d’en témoigner ?

Plus tard, Tintin, à New-York, va au cinéma :

« Ils avançaient les gens vers les lumières suspendues dans la nuit au loin, serpents agités et multicolores. […]
Moi aussi j’ai été me traîner vers les lumières, un cinéma, et puis un autre à côté, et puis encore un autre et tout au long de la rue comme ça. Nous perdions de gros morceaux de foule devant chacun d’eux. J’en ai choisi un moi de cinéma où il y avait des femmes sur les photos en combinaison et quelles cuisses ! Messieurs ! Lourdes ! Amples ! Précises ! Et puis des mignonnes têtes par là-dessus, comme dessinées par contraste, délicates, fragiles, au crayon, sans retouche à faire, parfaites, pas une négligence, pas une bavure, parfaites je vous le dis, mignonnes mais fermes et concises en même temps. Tout ce que la vie peut épanouir de plus périlleux, de véritables imprudences de beauté, ces indiscrétions sur les divines et profondes harmonies possibles.
Il faisait dans ce cinéma, bon, doux et chaud. De volumineuses orgues tout à fait tendres comme dans une basilique, mais alors qui serait chauffée, des orgues comme des cuisses. Pas un moment de perdu. On plonge en plein dans le pardon tiède. On aurait eu qu’à se laisser aller pour penser que le monde peut-être, venait enfin de se convertir à l’indulgence. On y était soi presque déjà.
Alors les rêves montent dans la nuit pour aller s’embraser au mirage de la lumière qui bouge. Ce n’est pas tout à fait vivant ce qui se passe sur les écrans, il reste dedans une grande place trouble, pour les pauvres, pour les rêves et pour les morts. Il faut se dépêcher de s’en gaver de rêves pour traverser la vie qui vous attend dehors, sorti du cinéma, durer quelques jours de plus à travers cette atrocité des choses et des hommes. On choisit parmi les rêves ceux qui vous réchauffent le mieux l’âme. Pour moi, c’était je l’avoue, les cochons. Faut pas être fier, on emporte d’un miracle ce qu’on peut en retenir. Une blonde qui possédait des nichons et une nuque inoubliables a cru bon de venir rompre le silence de l’écran par une chanson où il était question de sa solitude. On en aurait pleuré avec elle.
C’est ça qui est bon ! Quel entrain ça vous donne ! J’en avais ensuite, je le sentais déjà, pour au moins deux journées de plein courage dans la viande. Je n’attendis même point qu’on ait rallumé dans la salle. J’étais prêt à toutes les résolutions du sommeil maintenant que j’avais absorbé un peu de cet admirable délire d’âme. »
(« Voyage au bout de la nuit »)

Janssen J-J dit: 10 décembre 2018 à 9 h 08 min

@ D. et GS’A (70)!… Cessez de vous chamailler et de nous polluer ce blog à propos de Proust. On vous a reconnus…
Je vous rappelle le Préambule pour la journée, c’est quand même pas difficile à comprendre et à pratiquer :
« Toutes les êtres humaines naissent libres et égales en dignité et en droits. Elles sont douées de raison et de conscience et doivent agir les unes envers les autres dans un esprit de maternité ».
Tenez vous le pour dit :-)

raymond dit: 10 décembre 2018 à 9 h 05 min

On ne peut ôter à Proust le sentiment qu’il s’agit d’un écrivain absolu, comme Picasso un peintre absolu, ou Debussy un musicien sans discussion possible. Après, que l’on aime ou pas, c’est affaire de sensibilité. Evidemment quand on gratte dans la vie de Proust on va découvrir en fouillant avec un groin de cochon des choses abominables, certes certes, mais enfin, toute ces disputes sur le cynisme ou l’ironie ou le caractère limité des analyses de Proust, ne sont pas de saison. C’est un vrai écrivain absolu, indiscutablement génial; notre temps ne supporte pas très bien ce genre de propos pourtant indiscutable et les ‘critiques’ laissent toujours flotter derrière leurs propos comme un parfum de jalousie.

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 8 h 50 min

Ed, un extrait de Céline en Tintin expatrié au Congo :

« Dans cette colonie de la Bambola-Bragamance, au-dessus de tout le monde, triomphait le Gouverneur. Ses militaires et ses fonctionnaires osaient à peine respirer quand il daignait abaisser ses regards jusqu’à leurs personnes.
Bien au-dessous encore de ces notables les commerçants installés semblaient voler et prospérer plus facilement qu’en Europe. Plus une noix de coco, plus une cacahuète, sur tout le territoire, qui échappât à leurs rapines. […]
La ville de Fort-Gono où j’avais échoué apparaissait ainsi, précaire capitale de la Bragamance, entre mer et forêt, mais garnie, ornée cependant de tout ce qu’il faut de banques, de bordels, de cafés, de terrasses, et même d’un bureau de recrutement, pour en faire une petite métropole, sans oublier le square Faidherbe et le boulevard Bugeaud, pour la promenade, ensemble de bâtisses rutilantes au milieu des rugueuses falaises, farcies de larves trépignées par des générations de garnisaires et d’administrateurs dératés. […]
Le Directeur de la Compagnie Pordurière du Petit Congo cherchait, m’assura-t-on, un employé débutant pour tenir une de ses factories de la brousse. J’allai sans plus tarder lui offrir mes incompétents mais empressés services. Ce ne fut pas une réception enchantée qu’il me réserva le Directeur. Ce maniaque – il faut l’appeler par son nom – habitait non loin du Gouvernement un pavillon, un pavillon spacieux, monté sur bois et paillotes. Avant même de m’avoir regardé, il me posa quelques questions fort brutales sur mon passé, puis un peu calmé par mes réponses toutes naïves, son mépris à mon égard pris un tour assez indulgent. Cependant il ne jugea point convenable de me faire asseoir encore.
« D’après vos papiers vous savez un peu de médecine ? » remarqua-t-il.
Je lui répondis qu’en effet j’avais entrepris quelques études de ce côté.
« Ca vous servira alors ! fit-il. Voulez-vous du whisky ? »
Je ne buvais pas. « Voulez-vous fumer ? » Je refusai encore. Cette abstinence le surprit. Il fit même la moue.
« Je n’aime guère les employés qui ne boivent, ni ne fument… Êtes-vous pédéraste par hasard ?… Non ? Tant pis !… Ces gens là nous volent moins que les autres… Voilà ce que j’ai noté par expérience… Ils s’attachent… Enfin, voulut-il bien se reprendre, c’est en général qu’il m’a semblé avoir remarqué cette qualité des pédérastes, cet avantage… Vous nous prouverez peut-être le contraire !… » Et puis enchainant : « Vous avez chaud, hein ? Vous vous y ferez ! Il faudra vous y faire d’ailleurs ! Et le voyage ?
– Désagréable ! lui répondis-je.
– Eh bien, mon ami, vous n’avez encore rien vu, vous m’en direz des nouvelles du pays quand vous aurez passé un an à Bikomimbo, là où je vous envoie pour remplacer cet autre farceur… »
Sa négresse, accroupie près de la table, se tripotait les pieds et se les récurait avec un petit bout de bois.
« Va-t’en boudin ! lui lança son maître. Va me chercher le boy ! Et puis de la glace en même temps ! »
Le boy demandé arriva fort lentement. Le Directeur se levant alors, agacé, d’une détente, le reçut le boy, d’une formidable paire de gifles et de deux coups de pied dans le bas ventre et qui sonnèrent.
« Ces gens-là me feront crever, voilà tout ! » prédit le Directeur en soupirant. Il se laissa retomber dans son fauteuil garni de toiles jaunes sales et détendues.
« Tenez, mon vieux, fit-il soudain devenu gentiment familier et comme délivré pour un temps par la brutalité qu’il venait de commettre, passez-moi donc ma cravache et ma quinine… sur la table… Je ne devrais pas m’exciter ainsi… C’est idiot de céder à son tempérament… »
De sa maison nous dominions le port fluvial qui miroitait en bas à travers une poussière si dense, si compacte qu’on entendait les sons de son activité cahotique mieux qu’on ne discernait les détails. Des files de nègres, sur la rive, trimaient à la chicote, en train de décharger, cale après cale, les bateaux jamais vides, grimpant au long des passerelles tremblotantes et grêles, avec leur gros panier plein sur la tête, en équilibre, parmi les injures, sortes de fourmis verticales.
Cela allait et venait par chapelets saccadés à travers une buée écarlate. Parmi ces formes en travail, quelques-unes portaient en plus un petit point noir sur le dos, c’étaient les mères, qui venaient trimarder elles aussi les sacs de palmistes avec leur enfant en fardeau supplémentaire. Je me demande si les fourmis peuvent en faire autant.
« N’est-ce pas, qu’on se dirait toujours un dimanche ici ?… reprit en plaisantant le Directeur. C’est gai ! C’est clair ! Les femelles toujours à poil. Vous remarquez ? Et des belles femelles, hein ? Ca fait drôle quand on arrive de Paris, n’est-ce pas ? Et nous autres donc ! Toujours en coutil blanc ! Comme aux bains de mer voyez-vous ! On n’est pas beau comme ça ? Des communiants, quoi ! C’est toujours la fête ici, je vous le dis ! Un vrai Quinze Août ! Et c’est comme ça jusqu’au Sahara ! Vous pensez ! » »
(« Voyage au bout de la nuit »)

christiane dit: 10 décembre 2018 à 8 h 41 min

C’est fou ce qu’une certaine commentatrice fielleuse se révèle dans ses commentaires…
« Parce qu’il avance masqué, d’une part, et parce que la posture de son narrateur a les apparences de la neutralité d’un observateur tour à tour amusé et navré, mais non impliqué de prime abord. »
Cette spécialiste de La Recherche pose sur ce livre comme sur les autres son hypocrite et onctueuse pensée, ses obsessions.
Vous avez raison, Chaloux, Bécassine a encore frappé !

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 8 h 38 min

Ed, sous le masque du dandy misanthrope, Céline est un écorché vif. « Le Voyage… », sur le fond et la forme, est à cent coudées au-dessus de toute la production d’un Michel Houellebecq.

Ed dit: 10 décembre 2018 à 8 h 28 min

Par le « moi social », Proust entendait le comportement de l’écrivain en société, avec ses barrières notamment, et non les éléments factuels de sa vie d’homme.

jazzi dit: 10 décembre 2018 à 8 h 25 min

Cette idée proustienne, selon laquelle il faudrait distinguer le moi social du moi de l’écrivain, ne m’a jamais vraiment convaincu. L’homme (ou la femme) et l’oeuvre ne sont-ils pas intrinsèquement liés : l’un éclairant l’autre. Découvrant un romancier ou un poète qui m’intéresse, j’aime à connaitre sa vie, à lire sa correspondance, suivre les diverses étapes de ses manuscrits, de ses notes préparatoires, de ses corrections… Essayer de comprendre comment, de ses faiblesses, il est parvenu à faire une force. Comment de sa part d’ombre, de ses mensonges, il a atteint à la lumière, à la vérité universelle d’un roman ou de poèmes qui me parlent et me touchent directement. Pour moi, c’est tout cela qui procède du miracle de la littérature. De son mystère.

Chaloux dit: 10 décembre 2018 à 8 h 24 min

« Je n’ai pas répondu à Renato (était-ce bien Renato ?) »

Je crois plutôt que c’est moi (mais était-ce bien moi?) qui aie posé cette question à Clopine (mais était-ce bien Clopine?). Quoiqu’il en soit, il s’agissait de Proust ou, du moins on aurait pu le croire. Mais c’était difficile. Peut-être s’agissait-il d’un autre? Quoiqu’il en soit, si c’était bien lui, affirmer que Proust avait des pensées germanophiles sous prétexte que l’un de ses doubles, (!!!) Charlus, les exprime, semblait d’une rare sottise. Là, on se disait c’est Bécassine lit la Recherche. (On ne demandait pas est-ce bien Bécassine?. Il n’y avait pas la moindre incertitude). On tremblait que Clopine (si c’était bien elle) ne s’obstine à expliquer Proust à ses potes dans un second volume…

Seule réaction possible:

Hukhurkhurk! (mais était-ce bien un rire?).

renato dit: 10 décembre 2018 à 7 h 54 min

« Je n’ai pas répondu à Renato (était-ce bien Renato ?) quand il me demandait les citations et extraits qui auraient pu confirmer mes dires, sur la « germanophilie » et les « propos antisémites » qui sont tenus dans la Recherche. »

Je n’ai jamais posé de questions en ce sens.

Ed dit: 10 décembre 2018 à 2 h 55 min

Le seul roman totalement cynique qui me vient à l’esprit est Lolita de Nabokov. Car à bien y réfléchir, le cynisme total est rare en littérature. Trop insupportable à écrire. A lire je n’en parle même pas.

Ed dit: 10 décembre 2018 à 2 h 42 min

Il y a du cynisme chez certains personnages de La Recherche, mais de là à dire que cette oeuvre n’est que cynisme et narcissisme…ça n’a rien à voir je pense.

Ed dit: 10 décembre 2018 à 2 h 39 min

Aïe aïe aïe. Les héros de Houellebecq sont tout sauf cyniques. On peut le croire, au début surtout, mais ils se révèlent toujours faussement désabusés et réellement naïfs en mal d’amour.

Clopine dit: 10 décembre 2018 à 2 h 33 min

Rose, je vous en prie, ne sautez pas ainsi sur une interprétation qui vous est peut-être commode, mais qui est totalement à côté de la plaque. Penser une seule seconde que je me crois la seule lectrice compétente de Proust est une telle imbécillité, si l’on me connaît, qu’elle devrait tomber d’elle-même, comme mes bras quand je lis ça sous votre plume.

Mais bien entendu, je ne peux vous le prouver… Sauf peut-être à rappeler que justement, ce qui me fascine chez Proust, outre l’oeuvre elle-même, c’est l’effet qu’elle produit chez ses lecteurs, qui éprouvent tous le besoin de rendre compte de leurs lectures. Ainsi, un François BON écrira un livre sur les progrès techniques (téléphone, électricité, etc.) dont la Recherche fait état : et le petit garçon élevé dans un garage automobile, puis l’ingénieur en rupture de ban pour se lancer dans la littérature sur internet se retrouvent bien dans cette tentative, dans ce « prisme » de lecture de la Recherche. Toutes ces lectures me ravissent et m’enrichissent. Mais évidemment, c’est que leurs auteurs, qui lisent donc la Recherche d’une toute autre manière que moi, ne commettent pas, eux, les contresens lourdingues et surtout l’accaparement onctueux et débile à la fois d’une certaine commentatrice de ce blog. Ne dénaturent pas le sens premier du livre. Bref, lisent avec intelligence, et chacun avec un point de vue si particulier si intéressant, une oeuvre fascinante qui demande à ses lecteurs de puiser en eux-mêmes leur propre grille d’interprétation. Pour autant qu’on puisse puiser, of course. Parce que chez certaines personnes, hélas, vous avez beau puiser, ce que vous ne ramènerez sera à peu près aussi satisfaisant que, pour le pêcheur, rapporter au bout de sa ligne une vieille godasse pourrie, en place de la truite ou de la perche attendue.

Mais si ça vous plaît de croire que je ne supporte aucune autre lecture de la Recherche que la mienne, allez-y. Je ne suis plus à une calomnie près, sur mon compte !

Clopine dit: 10 décembre 2018 à 2 h 23 min

Ed, ben faudrait savoir : je suis une horrible bonne femme qui dissimule son ignorance derrière une agressivité délirante à l ‘égard d’une pauvre agnelle injustement taxée de bêtise, à propos d’un auteur qu’elle ne maîtrise pas, ou bien peut-on m’interroger sur l’opinion émise par un tiers sur ce même écrivain ?

Peut-on taxer quelqu’un comme vous l’avez fait avec moi – et en même temps totalement minorer l’effet que des mensonges (même sincères, puisqu’il y a des mensonges sincères) puissent avoir sur moi, au motif que vous, les insultes sur votre travail vous laissent froide ? Et encore, ça je peux le comprendre – mais quelqu’un qui INVENTE des mots que vous n’avez jamais écrits, et qui PRETEND interpréter une scène que vous avez voulu volontairement glaçante et dénuée de toute sensualité en insinuant qu’elle est là pour appâter le lecteur,vous ne trouvez pas ça un peu fort de café, vous ?

Oh, je sais bien qu’on n’est jamais touché quand il s’agit du voisin. Mais je suis sûre que vous n’admettriez pas, qu’aucun écrivain au monde n’admettrait, qu’on lui attribue des lignes qu’il n’a pas écrites, et des intentions qu’il n’a manifestement jamais eues, qui sont le contraire de ce qu’il a tenté d’exprimer. Le tout par incapacité de trouver quoi que ce soit d’autre à me répliquer, parce que ce n’est certes pas la vivacité d’esprit qui aurait pu permettre à Christiane de me répondre du tac au tac. Soupir !

Le « cynisme » de Proust existe bien entendu dans la Recherche, mais il est soigneusement caché. Je n’ai pas répondu à Renato (était-ce bien Renato ?) quand il me demandait les citations et extraits qui auraient pu confirmer mes dires, sur la « germanophilie » et les « propos antisémites » qui sont tenus dans la Recherche. Pour la première, Proust la place dans la bouche de Charlus, qui est un de ses doubles, comme Swann l’est également. Pour les seconds, ils abondent, et sont revendiqués d’abord chez le père, qui « met en garde » son entourage quand il décèle, rien qu’à travers un patronyme, le judaïsme de tel ou tel. C’est donc planqué derrière les larges épaules de certains de ses personnages que Proust révèle parfois, à son insu, des postures inquiétantes. Idem pour son cynisme. Celui du Duc de Guermantes est à son comble quand, pour ne pas arriver en retard à une fête, il laisse tomber le pauvre Swann (à ce sujet, je ne suis pas d’accord avec la notation de notre hôte qui dit que, dans la scène des souliers rouges, Swann « fait discrètement comprendre qu’il va disparaître ». Non. Swann dit très précisément et très clairement, et non pas par une allusion discrète, qu’il va mourir. Bref.)

Le cynisme de Proust s’exerce aussi pour se « dédouaner »/ L’histoire de la petite fille dont on a dû payer les parents pour les calmer est exemplaire à ce titre. Mais il y en a d’autres !

Pourtant, Ed, on ne peut pas taxer Proust d’un cynisme équivalent à celui d’un Houellebecq, par exemple. Parce qu’il avance masqué, d’une part, et parce que la posture de son narrateur a les apparences de la neutralité d’un observateur tour à tour amusé et navré, mais non impliqué de prime abord. Avec évidemment des variantes, sinon la Recherche ne serait pas ce qu’elle est, une oeuvre monumentale et construite à l’excès.

rose dit: 10 décembre 2018 à 1 h 53 min

bon j’ arrête pck je n’ aurais plus sommeil. Trop peur que cela devienne définitif.
Et puis trop de cauchemars.
Les médiocres institutrices : jamais rencontré une.
Ça m’fait penser à mon frère lorsque ses trois filles une après l’ autre ont fréquenté l’ école.
L’ admiration qu’ il m’ a avoué éprouver pour tous ces gens exceptionnels qui s’ occupaieny de ses mômes.
Le reste, je passe.
Déjà chia qu’ une infirmière en France qui 24 heures sur 24 soigne les phlébites ( transpory au cerveau, non ?) qu’ il n’ y ait qu’ une proustienne compétente sur la rechetche, ça m’ dépasse.

Pendant qu’ vous êtes rapté par les livres, mon dearbear, j’ pense qu’ à rapter mon paternel, moi, manu militari, pour rentrer dans mes appartements.
Ça commence à bien faire ce cinéma.
Ce soir, j’ ai toit raconté en live, à ma maman, sur le Hussard, même le bébé de Juliette avec Olivier, qui a dérapé avec Halle plus tard ; le grand fayard, tout. Ai confondu la peste avec le choléra. Pourtant, la peste a des bubons.

Et quand, vers le milieu du film, un autre arbre apparait en gros plan, ma maman m’ a demandé  » et cui- là d’ arbre, tu le connais ? ».
J’ ai ri.
Mon sucre d’ orge, ma maman.
Ben non.Je ne le connaissais pas.
Le coup de cravache c’ est lorsqu’ il veut l’ empêcher de retourner à Manosque vers son barbon de mari.

Ed dit: 10 décembre 2018 à 1 h 37 min

« Wesh y a de la Pléiade cousin. Wallah comment je vais tout lire sa race. Tu me verras plus dans le quartier avant le printemps Inch’ Allah. Et même Huysmann il est là. Sa meeeere » 😀

Ed dit: 10 décembre 2018 à 1 h 32 min

On imagine mal Mahmoud et Houcine de La Courneuve se ruer sur les livres de la librairie dont ils viennent de casser la vitrine. Heureusement pour le libraire, malheureusement pour la civilisation.

rose dit: 10 décembre 2018 à 1 h 27 min

Ed

ce que j’ aime c’ est qu’ elle ne lache pas le morceau
😊

oui, la réflexion de JC sur les couples est passionnante

rose dit: 10 décembre 2018 à 1 h 25 min

Janssen J-J dit: 9 décembre 2018 à 10 h 46 min
Ce récent message de M.O. aux GJ de la rdl (pour ceux qui n’y auraient vu que du rouge) /
J’ai dit quels moyens le pouvoir utilisait pour salir et discréditer le mouvement des gilets-jaunes -mépris, mensonge, criminalisation, diabolisation, attaque ad hominem, essentialisation, déconsidération, dramatisation. On peut en ajouter un autre: le procès en immaturité politique -la dévalorisation. Ces gens-là sont trop bêtes, trop provinciaux, trop incultes, trop illettrés, trop débiles, trop « beaufs », fut -il dit un peu partout, ils sont trop sous-diplômés. On n’a pas dit: « affreux, sales et méchants », mais il s’en est fallu de peu. Depuis Maastricht (1992), ce sont les mêmes éléments de langage avariés qui sont servis par les dominants afin de discréditer quiconque ne souscrit pas à l’Europe libérale, non pas parce qu’elle est « Europe », ce que personne ne refuse plus, mais parce qu’elle est « libérale », ce que beaucoup repoussent. Ce sont les mêmes insultes qui ont été sorties pour les partisans du Brexit -qui n’a toujours pas eu lieu car, méditons cette belle leçon de démocratie, pour sortir de l’Europe maastrichtienne, il faut l’autorisation de l’Europe maastrichtienne! C’est ainsi que fonctionnent toutes les dictatures: on ne peut en sortir légalement -ce que les gilets-jaunes ont compris…
Le système maastrichtien a son clergé. Il est formé à l’École nationale d’administration, à Sciences-Po, dans les écoles de journalisme, à Polytechnique, à l’École normale supérieure. Pendant leurs années d’études, on gave les impétrants d’une idéologie qu’ils rabâchent, répètent, réitèrent, reproduisent, ressassent ensuite dans tous les endroits où ils sont embauchés: grands corps d’État, haute administration, université, journalisme, édition, direction des médias, conseil d’État, sans oublier la politique politicienne qui est le prolétariat de ces gens-là. Tout ce petit monde a la tête extrêmement bien pleine, mais très mal faite. Cette engeance est formée comme des commandos de rhéteurs et de sophistes, de beaux-parleurs et d’enfumeurs, de dialecticiens et de casuistes, d’orateurs et d’ergoteurs. Elle produit son meilleur effet dans un conseil d’administration, dans un comité de rédaction ou de lecture, dans un amphithéâtre, dans les colonnes d’un éditorial ou dans les réunions des patrons de médias, à l’Assemblée nationale ou au Sénat, dans un conseil des ministres ou dans les palais de la République, sur un plateau de télévision ou comme « consultants » ou « experts » sur les chaînes d’information continue -ou dans « Le Siècle », un club très fermé où l’on mange du gilet-jaune à tous les repas… Comme les sophistes grecs, cette caste peut soutenir n’importe quelle cause parce que leur formation met le paquet sur la forme, rien que la forme, tout sur la forme, et qu’elle se contente pour tout fond de l’idéologie dominante. Ces gros cerveaux de compétition sont ceux de petits perroquets. Bien sûr, ces gens-là estiment que les gilets-jaunes ne sont pas habilités à faire de la politique sous prétexte qu’il faut laisser ces choses-là, trop sérieuses pour le peuple, aux experts que sont les instances dirigeantes des syndicats et des partis (qui sont de mèche avec les autres puissants contre leur base…), et aux élus de tous les échelons de la politique politicienne. La démocratie doit être représentative, disent-ils, et non pas directe. Nous, oui; eux, non. Or, chacun a pu voir comment le référendum sur le Traité européen qui était l’expression de la démocratie directe, bien que largement gagné, a été jugé comme nul et non avenu par les députés et les sénateurs qui étaient l’expression de la démocratie indirecte. Réunis à Versailles, lieu symbolique s’il en est un, il fut dit au Congrès qu’on se moquait de ce que le peuple pensait après qu’on lui eut tout de même demandé son avis. Ce coup d’État fut une leçon que le peuple a mis dans un coin de sa tête: avec lui, la démocratie indirecte a joué au grand jour un jeu contraire à celui de la démocratie véritable qui est gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple et non par ses seuls délégués. Les représentants du peuple ont dit au peuple qu’ils n’avaient que faire de son avis et que, d’ailleurs, ils iraient contre lui. Les gilets-jaunes sont dans la rue parce qu’ils savent que l’Assemblée nationale et le Sénat sont leurs ennemis puisqu’ils ne les représentent pas sociologiquement ni politiquement. Le système représentatif, tant qu’il ne sera pas intégralement proportionnel, générera une oligarchie, une aristocratie, une caste, une tribu qui disposera de tous les pouvoirs: ce ne sera jamais une démocratie. Le pouvoir des élus n’est pas autre chose que la résultante d’un calcul tordu avec découpages électoraux effectués par le ministère de l’Intérieur et l’Élysée afin de déboucher sur une bipolarisation de la société: non plus entre droite et gauche, mais entre maastrichtiens libéraux de droite et de gauche et anti-maastrichtiens de droite et de gauche. Aux maastrichtiens libéraux de droite et de gauche sont réservés tous les pouvoirs -économiques, médiatiques, politiques, sociaux, universitaires, journalistiques; aux anti-maastrichtiens de droite et de gauche, les premiers abandonnent le pouvoir verbal de l’opposant avec pour seule perspective de parler à vide indéfiniment… Avec les gilets-jaunes dans la rue, toute cette aristocratie maastrichtienne se trouve mise à mal, critiquée, menacée. Certes, elle dispose de tous les pouvoirs, y compris celui d’insulter, de mépriser, de calomnier, de salir le peuple sur lequel s’exerce son pouvoir et ne s’en prive pas. Mais elle voit d’un très mauvais œil ce surgissement de velléités de démocratie directe. « Ça n’a jamais marché », pérore Christophe Barbier sur BFM le samedi 8 décembre: ça marche pourtant en Suisse… La notice Wikipédia de ce normalien pas agrégé ayant fait une école de journalisme nous apprend ceci: En 2017, il déclare notamment au Journal du dimanche: « Se confronter au terrain pollue l’esprit de l’éditorialiste. Son rôle est de donner son opinion, d’affirmer ses certitudes, par essence improuvables. Afficher avec force ses convictions permet aux lecteurs de s’y frotter pour former les leurs. » Et plus loin: « L’éditorialiste est comme un tuteur sur lequel le peuple, comme du lierre rampant, peut s’élever. » On comprend qu’il n’ait pas besoin de se confronter au terrain des gilets-jaunes, ce « lierre rampant », afin d’éviter de se polluer l’esprit et de pouvoir affirmer et toute objectivité ses certitudes improuvables! En passant, on apprend également qu’il a composé un rap en l’honneur d’Emmanuel Macron… Christophe Barbier est l’un des personnages emblématiques de cette aristocratie qui enjambe le peuple. Or, quand on va sur le terrain, non content de ne pas s’y polluer l’esprit, on se l’éclaire et l’on peut obtenir un certain nombre de certitudes susceptibles d’être prouvées. J’en veux pour preuve ce tract ramassé dans une rue de Paris et envoyé par un ami. Il dit ceci :
Titre: Nos 8 doléances
« Nous rentrerons chez nous quand ces mesures seront appliquées
1. Nous voulons de la démocratie directe à tous les niveaux. Nous voulons un gouvernement d’union nationale avec une régence d’exception pour éviter que les partis politiques, qui sont disqualifiés, n’instrumentalisent notre détresse et notre colère.
2. Nous voulons une baisse de 20% de toutes les taxes et les charges touchant la classe moyenne, les travailleurs pauvres et les entrepreneurs. Baisser ces taxes, c’est monter nos salaires. Nous voulons une action immédiate pour taxer ce qui vaut la peine d’être taxé: les GAFA et les transactions financières.
3. Nous voulons que la France arrête de vivre au-dessus de ses moyens et arrête d’accueillir la misère du monde parce qu’elle et déjà dans la misère avec ses millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Nous voulons une immigration choisie, qui ne nous détruise pas culturellement. Nous demandons ainsi un retrait du pacte de l’immigration de l’ONU.
4. Nous voulons une relocalisation de toutes les décisions dans les régions, les villes et les communes. L’Etat et ses fonctionnaires à Paris ne sont pas qualifiés pour décider de l’avenir de nos communes.
5. Nous voulons une sortie de la PAC qui corrompt nos agriculteurs en n’allouant ses aides qu’aux productivistes et aux empoisonneurs répandant le cancer en France. Nos impôts ne doivent en aucun cas servir à financer Bayer-Monsanto.
6. Nous voulons la création de barrières commerciales pour empêcher l’Allemagne de nous vendre des produits fabriqués en Roumanie, sous le label « Deutsche Qualität » et d’ainsi détruire nos emplois.
7. Nous voulons le retrait de toutes les aides à la presse pour une vraie séparation des pouvoirs médiatiques et politiques.
8. Nous voulons une action immédiate pour arrêter l’intégration dans l’Europe car elle ne se construit que sur la ruine des petites gens.
Qui dira qu’il n’y a pas là d’intelligence pratique? C’est un véritable programme politique. Il est anonyme, aucune signature, aucune de ces propositions ne ressemblent à quoi que ce soit de connu chez les jacobins. Il est débarrassé du verbiage technocratique ou qui relèverait de la politique politicienne. C’est simple, clair, net, direct et programmatique: la démocratie directe; un gouvernement d’union nationale constitué en dehors des partis politiques parce qu’ils sont discrédités et qu’ils guettent la récupération; une baisse des taxes et des charges pour la population la plus éprouvée; une augmentation des salaires; une taxation des GAFA et de ceux qui font de l’argent avec l’argent; une politique migratoire rationnelle qui ne soit ni celle de la passoire ni celle du mur; un communalisme et un régionalisme effectifs; une autre politique agricole que celle du productivisme qui fait le jeu des multinationales, détruit la planète et intoxique les consommateurs; l’instauration de barrières commerciales qui empêcheraient la concurrence entre les États de droit et les États voyous en matière de protection sociale; le retrait des aides à la presse, subventionnée par le contribuable afin de l’endoctriner et de le mépriser quand il refuse l’endoctrinement; une séparation des pouvoirs médiatiques et politiques; l’arrêt de l’intégration dans l’État maastrichtien…
J’aurais pu écrire ce tract auquel je ne retranche rien! Il est la feuille de route de la démocratie directe. C’est sur ce projet positif, concret, dynamique, qu’il faut désormais travailler. En écrivant mon éloge de la démocratie proudhonienne il y a quelques jours, j’ai craint un temps avoir placé la barre un peu haut. Avec ce tract sans nom ramassé dans la rue, je suis désormais bien convaincu que non.
Michel Onfray

Et
1/Macron démission
et tous ses affidés.
2/ un minimum légal de retraite
3/ une parité réelle homme/ femme : à travail égal, salaire égal.
4/ la suppression des parachutes dorés et des stock- options.
5/ un salaire des payrons plafonné à 20 fois celui des ouvriers
6/ une rotation imposée aux postes de pouvoir

et pour chacun, des carambars, Carambar.(mon général, dit’elle à Angelo ❤❤❤).

Ed dit: 10 décembre 2018 à 1 h 22 min

Clopine,
Que pensez-vous de la réflexion d’hamlet sur Proust ? Personnellement j’ai beau chercher, je ne vois pas où est le cynisme. Le narcissisme, oui, mais c’est un faux procès. Sans narcissisme, on n’écrit plus rien.

Ed dit: 10 décembre 2018 à 1 h 20 min

Car au-delà des différentes d’âge voire de milieu social, un couple entre un homme et une femme est un petit miracle. Le secret : commencer jeune, ou avoir un gros coup de bol. Mais si à 25 ans (maximum) on n’est pas casé, c’est mort pour la suite. Bre

rose dit: 10 décembre 2018 à 1 h 12 min

Lavande dit: 9 décembre 2018 à 12 h 14 min
Delaporte 6h23, 28, 30 …
Vous avez quelque chose contre les gros ? C’est une attitude bien peu chrétienne, je dirais même presque putride !

moi, elle me plaît Lavande.
Je ne saurai dire pourquoi, mais je suis très sensible à son humour.
Sans doute ce mélange de rigueur et d’ humour.
Deux choses qui m’ échappent en totalité.

rose dit: 10 décembre 2018 à 1 h 05 min

merci pour l’ article sur Depardieu à Marseille.
Et tant pis pour le marcel.😑

et merci à JC pour sa remarque sur les couples.
JC
c’ est un vieux modèle délétère qui fout le camp. Monolithique.
On arrive au delta.
La rencontre se fera : eau douce, eau salée.

rose dit: 10 décembre 2018 à 1 h 02 min

et surtout la suppression totale de l’ exploitation de la forêt amazonienne et de la destruction de la forêt de Bornéo pour sauver ces grands singes.
Des gilets verts ?

rose dit: 10 décembre 2018 à 0 h 58 min

Paul Edel
merci
(à 16h13)

Tous constatent le refus de Mlle Brun de rendre les enfants.

Ma soeur aussi : elle refuse de rendre son mari à ma mère.
Vendredi soir, elle a dit à ma mère qu’ il bénéficiait ainsi d’ une infirmière 24 heures sur 24.
Et maintenant, elle dit nous.

Berenice dit: 10 décembre 2018 à 0 h 54 min

Cette histoire de taxe carbone sur les carburants ne tient pas, seul un faible pourcentage aurait été affectée à la transition énergétique. Je suis assez crédule mais suivant un peu la politique économiquement environnementale pays j’ai toujours douté du bien fondé de cette taxation. Je veux bien gober les mouches avec cela. Nous ambitions en matière d’écologie, il y aurait tant de chantiers possibles, comme l’industrie du recyclage, la sélection des produits importés …

rose dit: 10 décembre 2018 à 0 h 45 min

il fut dit au Congrès qu’on se moquait de ce que le peuple pensait après qu’on lui eut tout de même demandé son avis.

c’est surprenant : c’est exactement ce que dit Castaner à haute voix dans ses discoirs et répète ; il doit y croire.
On.vous demande votre avis, à vous le peuple, mais on n’en a rien à foutre pck, nous, on pense pour vous et on décide pour vous.
Vos gueules, les mouettes.
Oui et mais les gabians ?
3000 couples au Frioul.

Berenice dit: 10 décembre 2018 à 0 h 40 min

Rose, le sud est encore cette année vivable sans chauffage mais là le temps fraichit.J’ai fait ce qu’il fallait, ça traîne. Je revois le problème demain.

rose dit: 10 décembre 2018 à 0 h 33 min

Bérénice
et vous restez quinze jours sans faire réparer la chaudière, vous ?

Eau feoide ça passe, mais pas de chauffage ???

rose dit: 10 décembre 2018 à 0 h 32 min

christiane à 0h18

j’en ai trop des souvenirs heureux à raconter.
Un jour, une nuit, au théâtre du Gymnase à Aix en Provence où j’emmenais les.collégiens des Alpes de Haute Provence voir une pièce, une petite jeune fille de troisième, française d’origine maghrébine m’a dit
« oh madame, aujourd’hui, c’est le plus beau jour de ma vie. »
Nous étions au paradis, sous le plafond et pendait un immense luminaire avec ses pendeloques.
La gosse était éblouie des lumières.

Berenice dit: 10 décembre 2018 à 0 h 30 min

00h09 le sapin, may be? la saison. Après quelques vers d’Eluard, difficile de savoir à qui vous pensez car il me semble que plusieurs familiers et familières de ce blog vivent en compagnie d’un chat. J’ai hébergé un petit gecko qui comme chaque année rentre en fin de saison chaude et comme la chatte est du genre chasseresse et impitoyable j’ai réussi à le capturer pour le remettre dans les pots de fleurs.

christiane dit: 10 décembre 2018 à 0 h 28 min

Quand je pense que l’on échangeait paisiblement sur Proust. Qui aurait pu penser qu’elle viendrait mettre ici une telle pagaille. C’est comme les gilets jaunes avant l’arrivée des casseurs !

Ed dit: 10 décembre 2018 à 0 h 25 min

« Pour ce qui est de la « Minus Habens » à chatte, sa fraicheur commence à sentir le caveau »

Euh…c’est moi ? Que répondre à cela, à part merci 😀

rose dit: 10 décembre 2018 à 0 h 24 min

DHH dit: 9 décembre 2018 à 20 h 59 min
@ Christiane
je ne me souviens pas d’avoir été calomniée récemment; C’est probablement exact puisque vous l’avez noté, mais le fait que

je suis sacrément étonnée : au même titre que j’ai cuisiné ce matin.votre et mon saumon en pâte feuilletée et quelle réussite, je vous avais ardemment défendue et nombre de fois lors de la nième agression que vous subissiea vous identifiant comme lvdlb, ce que j’ai affirmé comme étant faux.

L’avez-vous également oublié ?

Ainsi, les gens qui agressent violemment ne sauraient pas qu’ils agressent & ceux qui sont agressés ne sauraient pas qu’ils sont agressés ?

Du théâtre, donc ?

christiane dit: 10 décembre 2018 à 0 h 23 min

@et alii dit: 10 décembre 2018 à 0 h 03 min
Oh la la, vous êtes d’un compliqué et d’une agressivité. Allez, je passe. Portez-vous bien.

christiane dit: 10 décembre 2018 à 0 h 18 min

@Berenice dit: 9 décembre 2018 à 17 h 56 min
Mais qu’est-ce qui ne va pas chez vous ? Un jour vous assurez que Lavande est lvdb, puis c’est le tour de DHH et voilà que maintenant , je n’ai pas été institutrice ? Oh là là. C’est terrible ce que vous arrive…
Bien sûr que j’ai été institutrice d’abord dans l’Eure puis en Seine-Saint-Denis. Plus tard je me suis spécialisée pour recevoir des jeunes en formation dans ma classe. Encore plus tard, j’ai choisi une direction d’école à Saint-Denis (un poste difficile dans une zone à problèmes), puis j’ai continuer de me perfectionner pour participer plus activement à la formation des enseignants partageant alors ma vie professionnelle entre l’école Annexe et l’IUFM. Des années enchantées.
Les musées, les librairies ? Mais j’y conduisais régulièrement des élèves. Les livres ? Créer des bibliothèques dans les écoles où j’enseignais était ma passion.
Une année, après avoir travaillé avec eux sur un conte d’O.Wilde « Le géant égoïste » et l’œuvre de Matisse, je leur ai fait découvrir « La tristesse du roi » à Beaubourg. Un élève a dit après un long silence qui avait gagné toute la classe. -Mais, maîtresse, ces papiers qui tiennent avec punaises, Matisse les a touchés ? Comme dans les photos que tu nous a montrées où il est malade et où il découpe des papiers et la dame les fixe au mur ? (inoubliable…)
Un autre jour où j’animais un atelier découverte de la bibliothèque avec des petits CP en début d’année, j’ai retrouvé une petite élève en pleurs près de l’étagère des romans. Lui demandant ce qui la rendait si triste, je l’entendis murmurer : – Maîtresse y’a trop de mots dans livres , je ne pourrai jamais les apprendre tous. (Trois mois plus tard, elle lisait couramment et riait quand je lui rappelai son gros chagrin de rentrée.)
Des souvenirs, comme ceux-là, j’en ai des centaines, Bérénice.
Maintenant que je suis à la retraite, j’ai du bonheur à sillonner Paris. Tantôt juste une balade, le nez au vent, tantôt une expo, une conférence, une représentation de théâtre, un film… C’est seulement être vivante… Puis la maison et les livres dont ceux de Proust… la peinture aussi et mes merveilles : la présence de ceux que j’aime.

Berenice dit: 10 décembre 2018 à 0 h 17 min

DHH. Quand vous passerez et si je ne les ai pas déjà présentées, veuillez excusez cette méprise et il va de soi que si j’ai pu vous attribuer des qualités au cours de cet episodes , ces dernières ne vous vont pas puisque preuve a été acceptée que vous n’êtes pas celle que je croyais que vous étiez. Ces mots restent néanmoins valides correctement adressés.

rose dit: 10 décembre 2018 à 0 h 13 min

> Clopine
« que le mépris cruel et collectif de la classe. Enfin je l’espère. »
Que vous même aviez mis en exergue. Pour ne pas dire suscité. Ou révélé.
Il semblerait hélas qu’il ne s’agisse pas d’un noeud, à lire votre réponse, mais d’un sac de noeuds. Cela occasionnera plus de boulot.
Las pour vous.
Mais aidera conséquemment le psy à avancer sur ses problématiques personnelles.
Bien-être pour lui.

rose dit: 10 décembre 2018 à 0 h 11 min

, que le mépris cruel et collectif de la classe. Enfin je l’espère.

Que vous même aviez mus en exergue. Pour ne pas dire suscité.
Il semblerait hélas qu’il ne s’agisse pas d’un noeud, à lire votre réponse maus d’un sac de noeuds. Cela occasionnera plus de boulot.
Las pour vous.
Mais aidera conséquemment le psy à avancer sur ses problématiques personnelles.
Bien-être pour lui.

P. comme Paris dit: 10 décembre 2018 à 0 h 09 min

A la suavité dégoulinante de l’une, je préfère le mordant de l’autre.
Pour ce qui est de la « Minus Habens » à chatte, sa fraicheur commence à sentir le caveau.

et alii dit: 10 décembre 2018 à 0 h 03 min

non,chère christiane, je ne parie pas trouvez vous d’autres partenaires pour ces sorties de piste, et ce qui m’étonne c’est votre conviction implicite que vous saurez ce que Clopine fera de votre rencontre à toutes deux:je pense que ce sera moins simple, et qu’elle a de la ressource (psychique s’entend)
je dis simplement qu’on a assisté sur la Rdl à des scènes entre des partenaires avec conseils à ceux ci et de ceux ci de consulter ;ils ont cessé de se faire des scènes , ce qui était aux yeux des conseilleurs ce que vous appelez « le problème »,comme a été un problème la scène entre Clopine et vous pour ses témoins;personne ne l’acceptait volontiers, quoi qu’il pense des deux protagonistes sur quoi on pouvait se sentir obligé de se prononcer,même en étant indifférent à vos personnes;votre proposition de pari avec moi sur quoi,au juste,sur quelle interprétation à venir m’apparait par contre d’une agressivité indécente;
d’une façon ou d’une autre,vous admettrez que les témoins sont en droit d’élaborer cette scène comme bon leur semble,de se tromper dans leurs jugements sur votre activité ,émis comme lorsqu’ils jugeaient l’enseignement de blabla, « la vérité » est une autre histoire;
portez vous bien,selon vous au moins, selon les autres pourquoi pas, bonne suite, bonne soirée,je ne veux pas m’intéresser plus que de raison à cette histoire,ni à aucune de la Rdl;les billets suffisent à me détourner -séduire-

Ed dit: 9 décembre 2018 à 23 h 56 min

Preuve qu’on peut se faire violence : j’apprécie clopine depuis le début, j’adore sa plume même. Il est donc de mon devoir de lui dire quand elle déraille complètement. DHH en est incapable. Quand j’ai été attaquée injustement par la commentatrice folle de ce blog, DHH m’a enfoncée un peu plus. Résultat, elle se fait attaquer par cette même folle un peu plus tard. Le karma. Le karma :p

Ed dit: 9 décembre 2018 à 23 h 51 min

Et si j’ai bien compris, DHH, clopine et jazzi se connaissent dans la vie. Alors n’attendons pas d’impartialité de leur part en cas de querelle.

Ed dit: 9 décembre 2018 à 23 h 49 min

DHH est tout sauf rigoureuse. Elle a ses préféré(e)s et ses têtes de turc. Elle n’est certainement pas au-dessus de la masse, mais a ses faiblesses de jugement, et elle vient de le montrer une fois de plus.

Delaporte dit: 9 décembre 2018 à 23 h 48 min

« Pour détendre l’atmosphère et lâcher la grappe à Julien Coupat »

Et alors, ma chère Lavande, vous voulez quoi ? Que la justice le blanchisse ou qu’il aille en taule ?

D. dit: 9 décembre 2018 à 23 h 46 min

C’est deux spermatozoïdes qui discutent :
– Dis, c’est encore loin les ovaires ?
– Tu parles, on n’est qu’aux amydales.

Delaporte dit: 9 décembre 2018 à 23 h 45 min

Coupat avait été relaxé pour la précédente affaire, mais les flics ont gardé une forte rancune contre lui. Les services spécialisés se sont occupés de lui, l’ont surveillé, espérant se venger de ce bide juridique. Samedi, ils ont frappé à point : au lieu de rester chez lui, dans son lit, ce grotesque imbécile circulait en voiture au nord de Paris, avec des gilets jaunes et des bombes de peinture. Pour la justice, le déli de terrorisme est établi, et Coupat n’y coupera pas, cette fois. Si ça pouvait un peu rabaisser son caquet…

Berenice dit: 9 décembre 2018 à 23 h 40 min

J’ajoute qu’à part cela je n’ai pas déversé un tombereau d’insultes ou de propos diffamants. Je crois que tout le monde connait mon opinion concernant Lvdlb. Et j’ai grace à ses erreurs réussi à dissocier deux pseudos de cette personne réelle . Un résultat positif.

Berenice dit: 9 décembre 2018 à 23 h 34 min

Est ce que le precedent episode fut assorti d’une remise en liberté sous conditions ? A t il été relaxé, quelle a été le verdict, je n’ai pas suivi les meanders de cette affaire jusqu’au bout?

Lavande dit: 9 décembre 2018 à 23 h 32 min

Pour détendre l’atmosphère et lâcher la grappe à Julien Coupat :
« Un mec gare son vélo devant l’Elysée. Un flic s’approche : « Hé, tu peux pas mettre ton vélo là comme ça, y a le président, les ministres, les députés qui vont passer… » Le mec répond : « t’inquiète, je vais mettre un cadenas ». »

christiane dit: 9 décembre 2018 à 23 h 32 min

@DHH dit: 9 décembre 2018 à 20 h 59 min
Ah ? vous sembliez avoir reçu les accusations erronées de certaine comme insupportables qui vous prenez pour lvdb en vous prêtant des intentions malveillantes.
Vous avez oublié. Tant mieux.
Lavande avait subi le même sort quelques temps auparavant, de la même « commentatrice », je crois…
Pour l’une, comme pour l’autre, nous avions été nombreux à vous soutenir.
Je n’ai rien contre l’adulation réciproque qui vous lie, clopine et vous mais que cela ne vous entraîne pas à un jugement atténuant sa malveillance. Vous m’avez habituée à une plus grande rigueur.

Delaporte dit: 9 décembre 2018 à 23 h 24 min

Cela sent le roussi pour Julien Coupat :

« Julien Coupat a été déféré dimanche au parquet de Paris, selon les informations d’Europe 1. »

Berenice dit: 9 décembre 2018 à 23 h 24 min

Pour des tags qu’il n’a pas faits, de la prison ferme ? Cela m’étonnerait, il’ a été arrêté avant meme d’avoir pu manifester.

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