de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Rompre tout commerce avec ces gens

Rompre tout commerce avec ces gens

Appelons cela une simple coïncidence afin de pas convoquer la providence en vain : deux livres paraissent en même temps qui invitent à méditer sur la nature du pouvoir consacrés à deux personnages qui viennent de se croiser sous le regard de millions de Français. François Hollande sur le départ, Emmanuel Macron à l’arrivée. L’un et l’autre racontés de l’intérieur. Du vécu à coup sûr. De près, de si près même que c’en est d’un peu trop près.

Beau titre que le récit trouvé par Philippe Besson pour son récit Un personnage de roman (246 pages, 18 euros, Julliard). Mais dangereux car il imprime une telle trace sur le récit que l’on finit par se convaincre que la forme la plus juste pour raconter Emmanuel Macron eut été non le reportage mais le roman, justement, tant l’homme et ses circonstances sont balzaciens. Nul doute que l’auteur est un ami du couple. Embarqué, mais volontaire. Il a donc suivi sa campagne électorale aux premières loges et il raconte de l’intérieur. D’autres s’y sont essayés avant lui : Yasmina Reza avec Sarkozy, Laurent Binet avec Hollande… On va finir par croire que c’est en passe de devenir un genre littéraire en soi. Ce qui serait regrettable si l’on en juge par les résultats. Car rien n’est moins littéraire que ces tentatives. On verra comment Emmanuel Carrère s’en tirera bientôt avec le grand portrait d’Emmanuel Macron que The Guardian lui a commandé. Quelque chose me dit qu’il gardera ses distances. Ce qui n’est pas le cas de Philippe Besson.

A plusieurs reprises, il nous fait savoir que les Macron sont ses amis, et que le candidat puis le président lui demandent son avis, sollicitent ses conseils. Ils se voient, se parlent, s’envoient des textos, se téléphonent. Ce n’est plus du journalisme mais ce n’est pas non plus de la littérature. Curieux objet en vérité. A la manière dont il rapporte les propos du héros, on se pose des questions. Vraiment, même quand il est énervé par des rumeurs sur sa vie privée, il dit : « J’ai rompu tout commerce avec ces gens… » plutôt que : Qu’ils aillent se faire foutre ! comme tout à chacun ? Il est vrai qu’il n’est pas comme tout le monde.3527563-exclusif-jean-pisani-ferry-philippe-b-950x0-1 2

Il a conçu ce livre dans l’idée de montrer que le roman personnel d’un quasi inconnu peut rencontrer le roman national. Belle ambition. Il y a bien eu une rencontre mais on ne la sent pas. Il y manque la folie des mots de la fiction, sa liberté, son trouble, sa légèreté. Il y a bien des choses lues et vues, des anecdotes ici ou là (Manuel Valls n’en sort pas grandi), quelques piques lancées à des personnalités politiques. Des intellectuels médiatiques (Finkielkraut, Badiou, Todd, Debray, Onfray) par Jupiter tenus non sans mépris pour « des éditorialistes » de peu d’importance à l’aune d’un Habermas. Bien peu d’humour et de second degré. Il semble que Besson ait pris le spectacle du pouvoir très au sérieux, Comme si le syndrome du gyrophare l’avait atteint alors qu’il n’était que spectateur engagé et embarqué. Quand le cortège du candidat slalome à 130 km/h toutes sirènes hurlantes pour poursuivre sur les routes à 150, alors que l’attaché de presse dort à côté de lui comme un bébé dans l’une des voitures et que lui s’accroche à la poignée, il note :

« J’ignorais qu’il était à ce point périlleux d’écrire des livres ».

Certes… Sauf que le vrai danger est ailleurs quand on écrit : c’est de se rater. De rester dans le terne. Philippe Besson est décidément meilleur dans sa veine et non dans celle-ci.

« On reprend la route, direction Reims, la ville où les rois de France ont été sacrés. Ah, le beau symbole ! ».

Mmmm certes certes… Est-ce vraiment ce que l’on attend d’un écrivain, surtout quand celui-ci a toutes les complaisances pour son héros au motif que celui-ci égrène des citations et « convoque le souvenir de Rimbaud » ? Il eut fallu raconter toute cette campagne, la même chose à supposer qu’elle présente un intérêt, à travers le prisme exclusif des démons qui hantent la mémoire de Macron. Un surtout : sa grand-mère Manette qui l’a élevé. Là est l’émotion, la faille, la brèche. Et le talon d’Achille de celui qui se considère et qui est considéré comme le grand-père des petits-enfants de sa femme sans avoir jamais eu d’enfants. L’essentiel est là qui demeurera mais n’occupe qu’un misérable petit tas de lignes. Le reste n’est que péripéties d’un épisode déjà oublié.

Pierre-Louis Basse, lui, en pince pour François Hollande. Son titre lui ressemble : Le flâneur de l’Elysée (270 pages, 19,50 euros, Stock). Il y a là un côté Fargue et Apollinaire piéton de Paris et flâneur des deux rives. De ce journaliste de radio, je n’avais entendu parler que par mes amis footeux pour l’excellence de ses livres sur le ballon rond et ses hérauts et pour sa biographie de Guy Môquet. J’ai donc été voir, peut-être plus curiosité pour l’auteur que pour le personnage qu’il a servi puisqu’il a été conseiller « Grands événements » du président Hollande de 2014 à 2017. Lui aussi raconte de l’intérieur mais cela n’a rien à voir avec les souvenirs vite troussés des remerciés de la République (Aquilino Morelle and co et ces jours-ci encore Jean-Christophe Cambadélis accablant Hollande dans un essai sur la débâcle de la gauche). Ce que le distingue déjà et fait toute la différence, c’est l’écriture, nerveuse, colorée, heureuse dans le maniement des formules et le sens du détail.

 

Drieu la Rochelle, celui de Gilles, de Rêveuse bourgeoisie, du Feu follet, est son écrivain de chevet et cela se sent, pour le meilleur, jamais pour le pire. De même que sa tendresse pour les hussards. Là aussi, c’est la loi du genre, les coulisses du pouvoir, les rumeurs, les petites histoires se bousculent sur les travaux et les jours. Ah l’organisation de déjeuners d’intellectuels pour « distraire » le président. De même les portraits vaches (Pascal Bruckner, Michel Onfray, étrillés sans pitié, Hélène Carrère d’Encausse réduite à son sillage parfumé et à sa surdité). Faut-il vouloir déployer un summum de cruauté pour commencer ainsi un chapitre : « J’ai été heureux de retrouver la main molle de Jacques Attali » avant de remettre le couvert quelques pages plus loin sur « cette main morte » non sans l’assortir d’ »un regard fuyant ». Mais Basse sait en faire autre chose que ce que c’est avec de l’esprit et du doigté. Il y a de fortes pages sur le spectacle caché, du pouvoir, la transformation des individus par le décor et le rythme, les gaietés du protocole, la solitude le ouikende la nuit à l’Elysée, la ronde des courtisans, la toile des comportements. Il excelle à décrire cette étrange palais où jamais les portes ne claquent ; quand il y a un problème, cela se solde silencieusement par la disparition de l’intéressé, sa chaise vide un beau jour « comme une scène d’un roman de Buzzati ». Bien vu !

Pendant trois ans, on lui a donné un bureau rue de l’Elysée pour y lire et réfléchir. Et de temps en temps y écrire des notes et des discours jugés toujours trop lyriques que le président (sobre) s’appliquerait tant à réécrire qu’il n’en resterait plus qu’un ou deux lambeaux de phrases. Mais on ne se refait pas, même en trois années à piaffer et désespérer sous les lambris : Basse est trop écrivain pour supporter la notion même d’éléments de langage. De quoi éteindre à jamais toute vanité d’auteur. Sans oublier la fonction de grand chambellan des événements républicains type : la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun. L’idée du concert in situ du rappeur Black M n’est pas de lui mais du Conseil municipal ; cela dit, il la soutient et la justifie. Il faut bien distraire les milliers de jeunes bénévoles qui ont trimé pendant quatre jours. Personnellement, je leur aurais plutôt offert Les Indes galantes de Rameau avec les Arts florissants sous la baguette de William Christie mais après tout, chacun son truc. Mais de même qu’il a appuyé le refus catégorique du cinéaste Volker Schlondorff , qui filmait la cérémonie, de faire accompagner les chefs d’Etat en tenant chacun un enfant par la main (« L’ossuaire de Douaumont n’était pas encore le Parc des Princes »), il aurait pu remarquer que ce n’était pas non plus la scène du Zénith.

Il lui a fallu aussi se farcir toutes les cérémonies internes au Palais, celles remises de bibelots, décos et autres hochets de vanité. L’occasion de croiser le couple Lang surnommé « Ginger & Fred » et de croquer les autres d’un œil implacable. Là où le bât blesse, qui en réjouira certains et en énervera d’autres, c’est dans le vieux fond bien-pensant et si politiquement correct de l’auteur. Faut-il que ce soit un enchantement de lire une plume aussi précise et coruscante, pour qu’on ne lâche pas ce livre même lorsqu’il lui arrive de nous exaspérer, et les occasions ne manquent pas ! Il juge que « Comprendre, c’est déjà excuser » est la réflexion la plus idiote qui soit quand elle sort de la bouche de Manuel Valls mais modèrerait certainement son jugement s’il la savait sortie en fait de la plume de Mme de Staël. S’agissant du même premier ministre, décidément à la fête, il juge « scandaleux son soutien à la politique d’extrême-droite de Netanyahu » mais ne s’interroge pas sur le soutien du gouvernement français au même moment aux pires dictatures arabes.

Soucieux de distinguer les mauvais musulmans (les « chiens enragés », les « salopards », et même les « petits kapos » ainsi qu’il désigne étrangement les terroristes qui ensanglantent la France) des bons, il évoque ceux-ci comme « une population qui, depuis toujours, priait en silence chez elle » ce qui est vraiment une vision petit-blanc très Télérama de l’islam de France dont on sait bien, pour peu qu’on s’y intéresse, qu’il est majoritairement laïc. De même on s’interroge sur ses critères lorsqu’il cherche à savoir si les youyous aux balcons de la manif des présidents post-Bataclan s’adressent à « Netanyahu le Juif ou Abbas le palestinien ». Coulibaly est « un grand malade » et Alain Badiou a raison de voir en les tueurs des « fascistes ». Quant aux appels au meurtre de Bagatelles pour un massacre, ils lui font penser « à nos joyeux suceurs de roue nationaliste beuglant sur les migrants de 2017 », genre de propos où l’immonde le dispute à la bêtise mais qui est un bon reflet de l’air du temps ; il devrait plutôt révolter Pierre-Louis Basse, lui qu’un parallèle entre le FN et un tract du PC des années 70 rend furieux malgré les passerelles entre leurs électorats etc

Pas toujours facile à suivre, Pierre-Louis Basse. D’un côté, il tient le Voyage au bout de la nuit pour un chef d’œuvre, de l’autre il se flatte d’avoir été celui qui a alerté Serge Klarsfeld sur la commémoration officielle du centenaire de Céline, ce qui a déclenche le scandale, le piteux retrait et l’annulation que l’on sait. Mais il sera pardonné à un écrivain d’un tempérament si coléreux, qui a dû subir la bouche fermée l’amputation sinon la négation de ses écrits par son commanditaire même. Mais que de colères refoulées ! Elles sont touchantes car romantiques lorsqu’elles viennent d’un ancien compagnon du PC fidèle au militantisme de sa mère, aux fusillés de Chateaubriant et du Mont Valérien.

Elles le sont moins lorsqu’il évoque François Mitterrand comme « le dernier président à avoir vécu physiquement le combat contre le nazisme », ce qui mériterait à tout le moins un développement nuancé. Ou lorsqu’il présente François Hollande comme « un homme qui n’a jamais été dans ce spectacle qui nous dévorait », celui que les Français ont eu « la chance » et « le privilège » d’avoir eu comme président pendant cinq ans. Une chose est claire au moins : « l’amitié » qui le liait au président Hollande, cet homme allergique au roman et à la fiction, l’a contraint à la « fidélité ».

Cela laisse une drôle d’impression que de lire ces deux livres successivement. Le plus embedded des deux n’est pas le salarié de l’Elysée mais l’ami du couple. Il est vrai aussi que pour l’un, c’est du passé alors que pour l’autre, c’est peut-être l’avenir. Mais dans les deux cas, on se dit que des écrivains devraient se tenir à bonne distance du pouvoir. Et que si ils y touchent, comme tant d’intellectuels séduits par l’illusion de conseiller des princes et qui se sont déjà brûlés les ailes à trop s’approcher du soleil, leur œuvre n’y gagnera rien. Autant rompre tout commerce avec ces gens, comme disent certains.

(« Solitude au Palais » photo D.R. ; « Philippe Besson avec Emmanuel Macron en campagne », « Pierre-Louis-Basse avec le président » photos Afp, 2016)

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commentaires

652 Réponses pour Rompre tout commerce avec ces gens

christiane dit: 4 octobre 2017 à 10 h 44 min

Passou,
merci pour le tweet qui permet d’écouter cette rencontre entre Hélène Cixous et Fabienne Pascaud.
Un peu déçue de tout ce qui éloigne de la langue d’écriture sauf le passage sur Joyce et le ressentiment qu’elle éprouva pour V.Woolf qui interdisait à son mari de l’éditer car elle le trouvait trop « co.chon » et à cette difficulté lisant Proust d’oublier cette société de snobs pour enfin accéder au peintre et à la langue.
Trop de temps passé à moudre le fémi.nisme…
Je préfère de beaucoup cet entretien entre elle et Martine Landrot du 13/01/2007 :
http://www.telerama.fr/livre/helene-cixous-je-suis-d-abord-un-auteur-de-textes-qui-n-ont-pas-de-nom,89551.php
ou la lire (surtout son œuvre poétique)

christiane dit: 4 octobre 2017 à 10 h 32 min

Bérénice,
G.Morandi a-t-il peint des savons ? Certainement mais devenant ces blocs posés entre d’autres objets. Blocs de lumières et d’ombres aux présences massives. De toutes façons, tout lui est prétexte à interroger l’espace, tout est méditation picturale… Pas de bulles, ni de glissement comme chez Ponge. C’est sur la scène de son théâtre intime : ces objets, leur résonance dans l’air, l’élimination de tous les détails qui troublent l’intuition. Un monde très matériel et terrestre. Une tonalité, une couleur, une lumière. un mouvement suspendu, instantané dans les aquarelles. C’est dans le vide et par leur fragilité qu’ils captent et donnent de la lumière. Et dans ces petits tableaux, face à leur simplicité, à la densité des couleurs et leurs tonalités, à cette légère poussière qui semble les recouvrir, on pense à la peinture italienne classique des grands Toscans : Giotto, Masaccio, Pierro della Francesca…
Et pour « rester dans le sujet »…, la beauté de sa peinture, à l’écart de la violence de cette actualité m’offre le silence et la contemplation, l’absence de mouvement, le rayonnement du visible. Une sorte de rêve pétrifié.
De plus, en début d’après-midi, peu de visiteurs. Calme et silence pour vagabonder dans les trois salles, s’attarder le temps nécessaire devant un tableau, un dessin, s’approcher, se reculer, s’éloigner, revenir.
J’attendais cette rencontre, surtout avec les dessins et les aquarelles rarement exposés. Les gravures m’ont laissée plus perplexe et j’ai terminé la boucle en revenant vers les petits tableaux de la première salle.
Et comme l’écrit P.Jaccottet dans Le Bol du pèlerin : « On doit imaginer chez Morandi, avec la même conscience aiguë de la détresse humaine, de la possible ruine de tout, sous l’apparence prodigieusement calme de son œuvre,(…) des choses tranquilles, dans le clair espace : comme on en aura vu dans la peinture toscane.(…) opposer de frêles signes, un bruissement de vent dans les feuillages, au vide menaçant. »

bérénice dit: 4 octobre 2017 à 9 h 14 min

Ceci dit je ne déteste pas Morandi qui inspire Christiane qui comme toujours ou souvent donne à lire son approche sensible, attentive, d’une partie de son oeuvre .

bérénice dit: 4 octobre 2017 à 9 h 10 min

Qui vous empêche de financer la recherche ?

Le mécénat ou les investissements à vision futuriste ne ciblent pas toujours à mon avis des causes propres à l’amélioration de la condition humaine ou animale ou végétale . C’est une question de priorité et ces généreux ne la placent pas toujours à des endroits utiles, nécessaires, bénéfiques.

bérénice dit: 4 octobre 2017 à 9 h 06 min

renato, d’accord avec vous mais je voyais rapidement un endoscope spécialement conçu pour ces petits animaux quand certains, dans d’autres pays, manquent de compresses et d’antiseptiques, l’écart est si grand qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’ailleurs un enfant, un adulte peut mourir d’une infection banale ou d’une crise d’appendicite.

renato dit: 4 octobre 2017 à 9 h 02 min

« … l’humanité souffrante »

Qui vous empêche de financer la recherche ? quant à moi je signe pour le referendum contre la souffrance des animaux (surtout dans les laboratoires).
BàV

bérénice dit: 4 octobre 2017 à 8 h 56 min

renato, en zappant hier soir j’ai été interloquée par la technique mise à disposition des volatiles de compagnie et bien que je sois sensible à la cause animale, cette technologie de pointe pour les soigner quand des millions d’individus manquent de tout, idem pour nombre de perspectives que je trouve inutiles et qui si les fonds étaient attribués à la recherche ou à l’amélioration des conditions de vie actuelles pourraient bénéficier d’une manière visible et immédiate à l’humanité souffrante.

bérénice dit: 4 octobre 2017 à 8 h 50 min

« La prestation réussie d’E Philippe… » , tout le monde n’est pas de cet avis, inexactitudes relevées et soulignées par d’autres journaux. Paris Match voterait-il à droite ? Michel Sapin a quant à lui exprimé son scepticisme concernant les effets escomptés de la réforme fiscale en prenant comme point de comparaison l’allègement consenti par N Sarkozy envers les fortunés qui fut il est vrai quatre fois moins important et qui pour cette raison ne fut guère favorable à l’amélioration du flux des investissements propres à redynamiser la machine économique en France? Les plus riches pourront continuer de l’être plus encore de façon à pouvoir distribuer un peu de travail en investissant plus dans le pays aux plus démunis ou à ceux qui connaissent des difficultés d’emploi ( si toutefois ils ne vont pas investir à l’étranger où le salariat est meilleur marché) encadrés cette fois par un nouveau code du travail permettant d’adapter les conditions emplois sur les exigences du marché nouvelle donne – l’individu moyen et actif au service d’une société adaptant au mieux ses exigences au flux tendu de ses commandes et besoins.

bérénice dit: 3 octobre 2017 à 21 h 52 min

il serait judicieux et fiscal de savoir si un Morandi peut-être assimilé en lingot d’or, ces derniers valeurs non monétaires et mobileres( façon Kadhafi) sont pour le moment épargnés par l’ISFI

christiane dit: 3 octobre 2017 à 20 h 53 min

Métro St-Sébastien Froissart, (Paris 3e)descendre la rue du Pt aux Choux, traverser la rue de Turenne, et la rue Vieille du Temple, prendre à gauche et remonter la petite rue tortueuse Debelleyme et c’est là, au 5, enfin, au fond de la cour pavée, au rez de chaussée de cette belle demeure que s’ouvre la galerie Karsten Greve où, jusqu’à samedi, on peut tranquillement et gratuitement déambuler entre les huiles, les dessins, les aquarelles et les gravures de Giorgio Morandi (1890-1964). De l’atelier bolonais, Via Fondazza, aux murs de la galerie : une si longue attente, une si douce présence.
Ce qui étonne dans ces premières œuvres subtilement accrochées en séries de 4 sur les grands murs blancs, c’est la modestie de ces petites peintures, leurs couleurs fanées, la répétition des objets qui l’entouraient, leur alignement : verres, bouteilles, pots, pichets. Pas de détails, pas de modelé, une pâte homogène posée à petites touches. Des variations presque abstraites. L’espace est étonnant. Comme s’il doutait de ce qu’il voit. Certaines formes sont absentes. C’est le fond de la toile, une ombre qui fait apparaître comme un négatif l’objet. Il peint l’espace entre les objets et mentalement pour le visiteur c’est un parcours initiatique. Une pensée de lui sur un mur :
« Ce que nous voyons est, je crois, une création, une invention de l’artiste lorsqu’il est capable de gommer les diaphragmes, en d’autres termes les images conventionnelles qui s’interposent entre lui et les choses. »
Alors on ose découvrir les dessins, les aquarelles et on comprend. pourquoi là seul le reflet blanc sur le goulot d’une bouteille l’a guidé dans sa composition. On comprend pourquoi ces répétitions obsédantes, ces séries. Des photos de l’atelier (tout petit) là où il vivait et peignait, dont les murs sont couverts d’étagères sur lesquelles sont alignés ces objets qu’il aimait assembler avant de peindre. Des variations presque musicales. Des teintes douces et austères gris ocrés privilégiés, crèmes, mastic… Les aquarelles sont presque des esquisses, peu de taches colorées, quelques traits de crayon. Beaucoup de blancs épargnés, une ombre. On ne cherche plus à déchiffrer, on se laisse aller à une contemplation de toute cette lumière qui naît de l’ombre gris-bleu ou ocre, traitée lavis. L’aquarelle d’un seul ton terreux se fait matrice de présences fantomatiques. Même fascination pour ces dessins de petits format sur un papier duveteux. Le trait est lent et soigné, légèrement tremblé. Ne capte que l’essentiel : des horizontales, quelques verticales et arrondis, des ombres. Le crayonnage est rapide et apparent dans les surfaces striées épargnant ces espaces de lumière. On dirait qu’il se souvient et transfigure toues choses. Le mouvement est suspendu. Le bougé des contours fait vaciller le réel. Un goût d’inachevé, de disparition. Un travail de méditation.
Très proche de l’art dépouillé de l’Extrême-Orient. Une pureté spectrale. Aucun désir de possession. Des traces… Un univers délicat et précieux.
Jusqu’à samedi seulement…

rose dit: 3 octobre 2017 à 9 h 16 min

la courtoisie dont g parlé était suisse : admirable elle s’est avérée avec le temps – bref, deux semaines vaine- rhume des fesses? puis vile, le départ.
de ttes manières trucmuche on a compris que lorsque vous souteniez c pour dénigrer et lorsque vous dénigriez c pour soutenir. Vous êtes tout bêtement à l’envers.

ZEUS..... dit: 3 octobre 2017 à 8 h 57 min

« On pourrait se poser la question de savoir si le refus de la courtoisie est le vrai chic fasciste ; peu importe, il faudrait que ces écornifleurs, ennemis de la courtoisie, apprennent à administrer leur solitude, leur névrose et leur processus de vieillissement  »

Ami de la courtoisie, ce rideau de fumée hypocrite, le puéril renato administre sa solitude, sa névrose, son vieillissement de façon parfaite !..

renato dit: 3 octobre 2017 à 8 h 23 min

« La courtoisie voudrait que du parler l’on fasse quelque chose de plus que du silence » ; c’est par cette phrase que lors de la lointaine époque de mes études, mon profs de lettres interrompait les polémiques stériles, les conflits stupides et les monologuants ineptes ou arrogants. Ah ! la courtoisie ! cette pratique sociale rejeté par les réactionnaires car, puisque noyés comme ils sont dans la mélasse de leurs préjugés et de leurs discutables coutumes, ils manquent de sérieux et de manières civiles, et ils élèvent à règle l’abus de pouvoir dans les relations entre les personnes — la vexation et l’insulte si le pouvoir n’est pas au rendez-vous —, ce qui n’est que l’une des conséquence de leur incapacité de garantir le sens de vérité des conventions (loi, coutumes, etc.) ; les autres étant le mouvement sur soi-même et les analyses puériles grossièrement conduites. On pourrait se poser la question de savoir si le refus de la courtoisie est le vrai chic fasciste ; peu importe, il faudrait que ces écornifleurs, ennemis de la courtoisie, apprennent à administrer leur solitude, leur névrose et leur processus de vieillissement — à ce fin il peuvent s’appuyer sur l’essai que Virginia Woolf dédia à Montaigne en 1924, mais aussi sur l’extrait du livre III, chapitre IX (De la vanité) des Essais.

D. dit: 2 octobre 2017 à 23 h 59 min

Biolay est cependant le digne représentant de sa génération en terme de musique : une pauvreté quasi-insondable. Je n’aimerais tout simplement pas être à sa place. Et ce n’est pas pour rien que Carla Bruni l’apprécie. Ils se font écho l’un et l’autre dans leur nullité.

D. dit: 2 octobre 2017 à 23 h 57 min

Sachez que je déteste Biolay, Bérénice.
Peut de chanteurs s’insupportent autant que lui.
Évitez ce genre de lien à l’avenir.

bérénice dit: 2 octobre 2017 à 22 h 55 min

Je ne suis pas allée jusqu’à ce passage mais il me fait penser à Agostino de Moravia et bien que le personnage central de ce roman doive s’aventurer seul au delà de la frontière de son monde familier.

JAZZI dit: 2 octobre 2017 à 22 h 47 min

Paul Edel en a très bien parlé, très juste. ça se lit sans heurt, ça parait simple, malgré le foisonnement des personnages, mais c’est construit habilement. Je me demandais si elle tiendrait la ligne au-delà de l’enfance des deux gamines dont on sait très vite que les voies vont bifurquer irrémédiablement : l’une entre au collège, l’autre pas. Le regard sur l’autre sexe n’est pas particulièrement cruel. Un détail qui ne trompe pas, c’est que je trouve pas mal de pages d’anthologie. La scène où les deux gamines partent pour la première fois au-delà de leur périmètre habituel. Moment décisif, où la plus intrépide perd ses repères et l’autre comprend que c’est là que se trouve sa liberté…

bérénice dit: 2 octobre 2017 à 22 h 36 min

Et à propos des attentes des hommes et des femmes politiques , qu’ils changent les lois et fassent progresser le droit et pour reprendre le triste cas rapidement cité, 11 ans- consentante:

. «La question du consentement ou de son absence ne devrait jamais se poser pour les mineur(e)s victimes de viol», a abondé l’association La Voix de l’Enfant dans un communiqué. Comme il l’avait déjà fait dans un avis publié en octobre 2016, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a une nouvelle fois réclamé qu’un seuil soit fixé par la loi – par exemple l’âge de 13 ans – en dessous duquel on ne puisse présumer que le mineur a consenti à l’acte sexuel. Ce qui d’ailleurs existe dans nombre de pays voisins.  »

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/09/26/01016-20170926ARTFIG00319-une-fillette-de-onze-ans-jugee-consentante-apres-une-relation-sexuelle-avec-un-adulte.php

bérénice dit: 2 octobre 2017 à 22 h 22 min

y’a même des trucs, un quantité non négligeable, que j’ai lus sans rien comprendre comme hypnotisée par les signes, il ne m’en reste rien.

bérénice dit: 2 octobre 2017 à 22 h 20 min

Jazzi, non , je réessaierai peut-être, les livres tendent les pages quand leur moment est venu. J’ai un mode de choix ésotérique et sauf pour Proust ou des livres difficiles ou réputés comme tels je n’insiste pas quand je n’accroche pas.

Jean Langoncet dit: 2 octobre 2017 à 22 h 13 min

@bérénice dit: 2 octobre 2017 à 22 h 07 min

Le débat implique une « bonne foi » réciproque ; vaste question que de la définir mais elle est un préalable nécessaire.

JAZZI dit: 2 octobre 2017 à 22 h 13 min

Peut-être avez vous été gênée par la pauvreté et la violence du milieu où évoluent les deux gamines, bérénice ?

bérénice dit: 2 octobre 2017 à 22 h 09 min

22h02 je ne suis pas allée plus loin que le début du tome 1, pas le bon moment vraisemblablement, je m’y suis ennuyée.

bérénice dit: 2 octobre 2017 à 22 h 07 min

: ce sont deux points de vue qui s’affrontent.

plutôt que s’affronter il aurait pu se faire qu’ils se posent, se juxtaposent, se complètent, s’interrogent intelligemment tentent de sortir du pathos, de la passion, de l’émotion ou de la colère , à quoi sert d’accepter de participer à un débat connaissant l’objet si c’est pour refuser tout autre point de vue et asséner des arguments irrévocables?

Paul Edel dit: 2 octobre 2017 à 22 h 02 min

J’aime bien dans la fresque napolitaine d’Elena Ferrante. Ce rythme assez lent, cette manière de poser les familles napolitaines photos après photos, années après années, en s’attardant sur chaque personnage. Le rôle des jeunes filles est bien mis en perspective, avec mariages arrangés etc. .écrire sur l’adolescence, l’entrée des filles dans la vie adulte, les amitiés de lycée. Le passage délicat vers la vie active.. Les vrais liens des familles napolitaines et leur non-dits et leurs différences sociales et leurs distorsions.. Son ton assez tranquille et englobant ne laisse rien au hasard et peut déconcerter.
avec un vocabulaire simple, presque évident, formulé sans esbrouffe.et la manière dont elle marque cette bascule de la sexualité chez les jeunes filles, l’amitié entre ses deux héroïnes…. accumuler les années passées avec aisance.. c’est un art particulier et délicat à mener .. chez elle tout reste unifié.. elle procède par une sorte de dynamisation tranquille, avec autant de personnages, de lieux, de scènes, d’années.. ce n’est vraiment pas donné à tout le monde de réussir ça.., elle a un tempo étonnant, avec détours et méandres.. et une capacité expansive de tirer d’un évènement (une querelle familiale, une disparition, un mariage, une amitié.) tous les échos dans une famille ou le quartier…. ça peut agacer, cette allure, ce cheminement assez modeste dans la prose. Ça dénote un vrai regard, une attention rare ;tous les personnages principaux sont « en marche » et en évolution. .C ‘est un art classique, dans la lignée, je crois , d’Elsa Morante ;oui elle est fascinante cette Ferrante. Bien sûr, l’éditeur a longtemps joué sur du velours pour la presse, en entretenant soigneusement le mystère de l’identité de la romancière . Les journalistes italiens se sont emballés là-dessus quitte à oublier un eu le travail de l’écrivain. . et puis, sans en avoir l’air, les volumes s’accumulant, Ferrante embrasse à la fois une époque et dévoile tout un pan de la sensibilité féminine.
Je ne vois aucun équivalent dans le roman féminin français actuel.

la vie dans les bois dit: 2 octobre 2017 à 21 h 16 min

bas rosis, encore du son ?
sans me vanter dans les 900 commentaires, et parmi ceux concernant le sujet, ce qui réduit à 10%, j’ai du en mettre de très pertinents, concernant Claudio Gatti, mais c’était p’têtre en VO, suis pas retournée voir, plus que ça.

JAZZI dit: 2 octobre 2017 à 21 h 09 min

J’ai mis le lien qui renvoie au papier de l’année dernière de Passou sur le sujet, suivi de près de 900 commentaires, LVDLB… Scandalisé, il ne parle que de cela, pas de la saga d’Elena Ferrante.

la vie dans les bois dit: 2 octobre 2017 à 21 h 06 min

Ah bon ? dit l’âne, mais comment ke cela se peut-il ?  » Passou » qui ferait son Ruquier ? meuh non.

la vie dans les bois dit: 2 octobre 2017 à 20 h 52 min

La ministre féministe, auteur du livre  » maman travaille » dans sa lettre au CSA, s’en prend à la forme du spectacle, cette émission débile ONPC, mais se garde d’intervenir sur le fond.

Pour cela elle fait appel, en le citant, à celui qui est de toutes empoignades qui foirent à gôche quand ils sont débordés par leur spectacle: l’inénarrable Guy. Pas Guy Lux, mais Guy Debord.

la vie dans les bois dit: 2 octobre 2017 à 20 h 46 min

@ « On connait désormais son vrai nom, mais la polémique est désormais oubliée et elle reste Ferrante pour tous ce qui l’ont lue… »

La polémique, n’en était pas vraiment une. Pourquoi donc ?
C’était surtout un vrai boulot d’enquête littéraire à l’origine…De la part d’un membre de son fan-club de lecteurs.

Anita Raja est aussi une traductrice d’allemand, comme par exemple « Le procès » de Kafka.

rose dit: 2 octobre 2017 à 20 h 45 min

je vous serai donc et je vous saurai gré.
Futurs simples et en rien conditionnels

pas de correcteur au ministère du féminisme.

ai découvert avec grand plaisir une nouvelle écrivain et sa suite :
marcelline goby
valentine ritchie
emmanuelle freepart
cordelia simbda
epiphyse ruvia
marilyne creada

Angot résiste : de tout coeur avec toi, rose.

rose dit: 2 octobre 2017 à 20 h 24 min

ai reçu mon pléiade
plus qq bouquins glanés
ai commandé le rousseau
ce n’est pas au niveau du politique que cela se passe mais au niveau de l’expérience vécue. Une parle du collectif, l’autre de l’individuel : ce sont deux points de vue qui s’affrontent. Une est agressée et niée par le groupe. L’autre est violée et l’agresseur est son père.

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