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La République Des Livres par Pierre Assouline

Les Rothschild, un nom gravé dans le marbre du temps

Dire qu’il fut un temps où l’expression « aristocratie juive » revêtait un sens qui n’était ni péjoratif, ni mélioratif, mais légèrement admiratif sans pour autant refléter un jugement de valeur. On a du mal à se l’imaginer en ce début de XXIème siècle où l’on aurait plutôt tendance à croire que les deux termes constituant l’expression seraient plutôt antinomiques, sauf à leur donner une dimension religieuse, ou à les associer au phénomène des Juifs de cour. C’est pourtant d’autre chose qu’il s’agit. Disons un microcosme au sein d’une toute petite société qui se donnait pour une élite, avait soif de grandeurs d’établissements, et se révéla prête à déposer des sommes folles, une énergie inépuisable et une imagination sans limite afin de s’intégrer aux noblesses d’Ancien régime et d’Empire, allant jusqu’à contracter des mariages aux allures de fusions-acquisitions au terme desquels les uns blasonnaient leur dot en permettant aux autres de doter leur blason. Tout pour obtenir le fameux « ticket d’entrée dans cette brillante civilisation », ainsi que l’évoquait le poète Heinrich Heine, familier du salon de la baronne Betty, laquelle goûtait dans l’intimité le bonheur sans mélange de bavarder avec lui en yiddish. Le Paris de la seconde partie du XIXème siècle en fut le théâtre d’ombres, avec un éclat et une magnificence qui firent dire aux chroniqueurs que ceux qui avaient vécu après ignoreraient à jamais ce que fut la douceur de vivre dans l’ancien temps.

Ce monde a existé, cette société a connu ses grandes heures et ses drames qui se sont parfois confondus avec ceux de la France. Elle n’était constituée que d’une poignée de personnes qui furent autant de personnages en vue dans la galerie : une famille souvent (Rothschild, Camondo, Cahen d’Anvers, Ephrussi), ici une fratrie (les Pereire), là un franc-tireur (le baron de Hirsch). Ils ont suscité biographies, monographies, articles, études et discours avec un bonheur variable, mais on les a rarement envisagés collectivement, au risque de l’effet de groupe, illusion dont on sait qu’elle peut conduire au mythe sinon à la légende. C’est toute la vertu de l’exposition modeste, mais intime et fervente, que la Bibliothèque nationale consacre, en la galerie Mansart de son ancien site, à cette Atlantide engloutie entre la rue Laffitte, le faubourg Saint-Honoré et la plaine Monceau. Une fois n’est pas coutume, il est déconseillé de se fier à son titre , qui est également celui du catalogue Les Rothschild en France au XIXème siècle (196 pages, 36 euros, éditions de la BnF); car l’ambition de ses commissaires, Claude Collard et Melanie Aspey, embrasse davantage que ce thème annoncé, même si ils en sont le pivot. Encore que même si les organisateurs s’en étaient strictement tenus au cadre annoncé par le titre, cela eut été une première en France. En effet, si le Museum of London (1998) et le Jüdisches Museum de Francfort (1994) ont déjà accueilli une semblable réunion de documents, les cimaises françaises étaient étrangement en reste jusqu’à présent. Cette lacune est désormais réparée avec cette assemblée d’archives, de photos, de lettres, de tableaux, rarement montrés ou jamais confrontés les uns aux autres. L’occasion s’y prêtait avec la commémoration du 260ème anniversaire de l’installation à Paris de James de Rothschild, fils de Mayer Amschel, fondateur de la maison de banque MM. De Rothschild frères et inventeur de la branche française de l’illustre famille.

Qu’est-ce qu’une exposition réussie ? Un lieu ordinaire d’où se dégage une émotion extraordinaire. Le cas de celle-ci. Non que l’ancienne Bibliothèque nationale de la rue de Richelieu n’ait pas conservé un peu de son parfum d’antan, mais la salle choisie n’a rien d’un écrin de nature à rehausser le bijou. C’est dire que, la qualité de l’accrochage aidant, les pièces déployées se suffisent à elles-mêmes et prennent davantage de relief encore dès lors que les commissaires ont choisi de les faire entrer en conversation, se livrant à l’art le plus délicatement français légué par le Grand siècle. Tous les aspects des Rothschild s’y retrouvent : banquiers, philanthropes, collectionneurs, mondains… L’aspect religieux n’est pas négligé, rappelé par la présence d’une plaque ornementale de la Torah, ou d’une Hanoukkiyyah en bronze en provenance de l’Italie du XVIIIème. La vue du blason sur le titre d’anoblissement, par lequel l’Empereur d’Autriche les fit barons après qu’ils eurent l’autorisation d’adjoindre une particule à leur patronyme, la devise « Concordia Integritas Industria », les cinq flèches tenues d’une main ferme, tout cela se passe de commentaire ; d’autant que les emblèmes héraldiques (licorne, lion) sont carrément royaux. Quelle illusion ! On pourrait étudier les contradictions et les valses hésitations de la volonté forcenée d’assimilation de ces « Grands Juifs » au milieu du faubourg Saint-Germain à travers le prisme exclusif de leur (non)appartenance au Jockey-Club, l’un des cercles aristocratiques les plus fermés, dont ils furent, dont ils claquèrent la porte avant d’y revenir.

Ici plus qu’ailleurs, le pedigree des objets est passionnant. Ainsi cette tabatière d’émail et diamant offerte par la reine Victoria au banquier Achille Fould, puis donnée la baronne Elie de Rothschild, née Liliane Fould-Springer, au plus grand de nos musées par l’intermédiaire de la Société des amis du Louvre… Les aquarelles peintes vers 1865 par Eugène Lami au château de Ferrières sont poignantes car il en émane une nostalgie proustienne pour ce qui fut et ne sera plus. Nul mieux que cet artiste n’a évoqué les nuances et la légèreté de ce monde. L’atmosphère des salons, l’air du temps politique, le tremblé artistique, l’ambiance économique, tout y est, tout ce qui nous permet aujourd’hui d’appréhender moins une vision du monde qu’une sensation du monde. Qu’il s’agisse des souscriptions aux chemins de fer ou des portraits en pied de l’atelier Disderi, le moindre détail est éloquent dès lors qu’on lui prête l’oreille. Un cliché sépia montrant Emile et Isaac Pereire sur le chantier transatlantique en 1867 est si criant de vérité qu’on les sent prêts à bondir hors du cadre pour en découdre avec leurs anciens employeurs de la rue Laffitte. Ne manque que le portrait de ma chère Betty (Mme James) par Ingres, dans l’exposition mais non dans le catalogue, car elle sort très rarement, et moins encore depuis que l’aîné de la famille en ayant hérité comme le veut la tradition, elle dort dans le coffre d’une banque. Mais le portrait de son époux par les Flandrin est bien là, imposant, majestueux, impérial. Il règne sur cette assemblée de fantômes suspendus. On quitte l’exposition avec l’envie pressante de relire La Maison Nucingen de Balzac, Lucien Leuwen de Stendhal et L’Argent de Zola, histoire de vérifier les caractères

Il y a une autre vie après la vie : celle du nom, sa persistance, son inscription dans le marbre du temps. Les Camondo n’ont plus qu’un musée, les Pereire un boulevard. Seuls les Rothschild ont maintenu et survécu, moins fortunés qu’au temps de leur règne mais fidèles à leur légende. Qu’importe, la trace est là. Elle a la puissance d’une empreinte. Plus forte encore que les clichés antisémites qui ont fait de ce nom l’immédiat synonyme inconscient d’ « argent », et plus encore, de la souveraineté de l’argent. Mais on ne sache pas que, dans la France des XIXème et XXème siècle, une famille française, israélite ou pas, ait autant donné aux musées nationaux que la leur.

(« Le hall du château de Ferrières, vers 1865 » aquarelle d’Eugène Lami ; « James de Rothschild » photo d’Eugène Disderi, Bnf ; « Les deux frères Pereire (au centre) à l’inauguration du chantier Transatlantique, 1857 », photo Robert Howlett, National Portrait Gallery, Londres)

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1 237 Réponses pour Les Rothschild, un nom gravé dans le marbre du temps

Peter dit: 8 février 2013 à 6 h 24 min

80% de la banque fédérale de New York, de loin la plus puissante branche de la réserve fédérale, sont détenus par seulement huit familles, dont quatre résidant aux Etats-Unis. Ce sont les familles Goldman Sachs, Rockefeller, Lehman et Kuhn Loeb de New York, les Rothschild de Paris et de Londres, les Warburg de Hambourg, les Lazard de Paris et les Israël Moses Seif de Rome.

lambda dit: 7 février 2013 à 17 h 33 min

à tkt
loin de moi, l’idée de défendre quiconque ici ; je vous invite à lire, un ouvrage paru l’automne dernier, chez Gallimard : Alice Kaplan « Trois américaines à Paris (1. Bouvier -future mam’ken’ – 2. S. Sontag -what a woman – 3. A. Davis, qui est un must).
Ceci, pour remettre quelques pendules à l’heure : ex. mi-1950&1960, ces 3 américaines font part des sanitaires français,entre autres, bien entendu ! mais, REPLONGER dans la réalité de l’époque (même les bourges n’avaient pas tous des frigos, encore moins le tout à l’égout)-
Kaplan est gé-nia-le : j’ai commencé par lire le portrait de J. Bouvier – il en a été faite une Barbie (cultivée, certes, mais quelle ??? c—– ou p—-) ou tant de « femmes » lui ressemblent now – puis, j’ai « enjambé » Sontag, pour passer à Angela : LE PIED ! incredible (en sourdine, j’avais mis une pédale wawa, because B.P. (lol), j’l’ai étudié ce mouvement, avec une prof fénoménale – génie des alpages)- Sontag – je ne souhaite pas trop me confier ; je connais, j’ai saisi que je n’avais jamais chiLLader (copyright tkt) « aller plus de l’avant mes lectures –> à parfaire de ma part!

ueda dit: 7 février 2013 à 0 h 06 min

Lu ceci avant de dormir.
Une deuxième vie possible pour M. Régniez…
Laissez vous séduire par Alix, Philippe, c’est votre dernière chance!

(Soit dit en passant, qu’il y ait besoin d’un « coming out chrétien », quelle horreur.)

« Comme dans son récit de pèlerinage, le décapant En avant, route ! (Gallimard), c’est à pied qu’elle surgit. Solidement chaussée, polaire beige et sac à dos de rigueur, Alix de Saint-André promène un large sourire au vent d’hiver, et, disons-le, dénote un peu dans le paysage cossu du 7e arrondissement de Paris.

Il y a dans la démarche de cette femme de 54 ans quelque chose de juvénile, un tonus que ni les années ni les épreuves ne semblent avoir affaibli. Sans même vous connaître, la voici qui vous embrasse comme un vieux compagnon de marche, s’enquiert de votre attente et vous entraîne illico dans le hall de l’immeuble où elle tient ses quartiers, quai d’Orsay.

Dans l’ascenseur, elle vous explique que ses grands-parents acquirent ce pied-à-terre pour assurer leurs vieux jours, et que, dans les années 1950, on ne construisait pas si mal que cela…

De Rimbaud, à qui elle a chipé le titre de son livre, l’écrivain hérite un phrasé de bateau ivre que rien ne paraît en mesure de contenir, mais qui vous la rend immédiatement sympathique.

Car derrière ce flot de paroles, Alix de Saint-André, c’est d’abord une présence. Chaleureuse, joviale ; la sienne est entièrement tournée vers son interlocuteur, qu’elle mitraille du regard, comme pour mieux l’embringuer dans ses espiègleries.

FIGURE DE PROUE DU MONDE CATHOLIQUE
En cela, son expérience se démarque nettement de la littérature habituelle liée aux pèlerinages : « Le problème des catholiques, c’est qu’ils partent avec d’autres catholiques, et qu’ensuite ils rentrent en racontant des histoires de catholiques, ironise-t-elle, sans méchanceté. Quand vous vous élancez, comme moi, le nez au vent, un peu Bécassine, vous tombez sur tout un tas de gens qui ne sont pas du tout comme ça. »

Quoi qu’en dise Alix de Saint-André, ce succès a fait d’elle une nouvelle figure de proue du monde catholique. Loufoque, certes, mais installée. Son nom circule, son visage est devenu familier.

Un récent dossier du Nouvel Observateur l’a classée parmi ces personnalités médiatiques qui n’hésitent plus à faire leur « coming out » chrétien, à l’instar du producteur Thierry Bizot, ou de l’écrivain Alina Reyes.

Ce raccourci embarrasse l’intéressée, qui rechigne à l’idée d’incarner autre chose qu’elle-même : « Dieu ne m’est pas apparu devant un pilier en me disant “j’ai des trucs à vous dire !” J’ai toujours été catholique, cela fait partie de mon identité », corrige-t-elle, même s’il lui a fallu du temps pour « redevenir une gentille croyante ».

Peu sensible au jansénisme qui mine encore, selon elle, le catholicisme français, Alix de Saint-André se définirait plutôt comme « une thuriféraire des noces de Cana » – un miracle « très joyeux » qui, dit-elle, encourage à célébrer les plaisirs de la vie « avec la bénédiction de la Sainte Vierge ». « L’Évangile, c’est une bonne nouvelle, non ? Quand je croise certains chrétiens, j’ai toujours l’impression qu’ils viennent de prendre une tuile sur la tête ! »

Elle le confesse bien volontiers : que ce soit sur les bancs de l’école ou même sur les plateaux de Canal +, où elle a tenu pendant quatre ans une savoureuse chronique aux côtés de Jérôme Bonaldi, Alix de Saint-André s’accommode mieux d’être « catholique au milieu des athées » que « catholique parmi les catholiques ».

renato dit: 6 février 2013 à 19 h 29 min

Et en voilà un autre. Ces types qui ne savent vivres sans regarder chez le voisin sont vraiment le cancer de la société.

Bègue au Dos dit: 6 février 2013 à 19 h 26 min

125O commentaires, record battu ! On sent que c’est l’hiver et que nos blogueurs (intervenautes ?) n’ont point grand chose d’autre à foutre de leur précieux temps à pas mettre un chien dehors…, soit la seule chose à laquelle ils tiendraient plus que tout pour s’émanciper du réel, -d’après une chroniqueur radiophonique qui s’y connaitrait sur leurs moeurs-. Préfèrent apparemment la Cie des Rotweiller, à défaut des Rothschild. Ont besoin eux aussi de leur cour de récré, normal vu leur stress d’ensei-gnants-gnants dont personne d’autre qu’eux ne peut avoir la moindre idée.

JC dit: 6 février 2013 à 19 h 25 min

J’ai entre aperçu Harlem à la lucarne ! ce type est une merveille de clarté : on sait où on va avec ce type !
Dès que le mariage pour tous devient polygame cunnilingus de bois, je fais ma demande !

maman de D. dit: 6 février 2013 à 19 h 23 min

Quand je l’attends à la sortie du lycée, il fait semblant de ne pas me voir.
Et pourtant, je suis belle femme.
Il voudrait avoir l’air d’un homme mais il s’y prend à l’envers.

dragpalomer dit: 6 février 2013 à 19 h 20 min

mon ordi tient assez bien pour laisser les gens qui se prennent pour des psys parce qu’ils font clic s’enter tain iser entre eux

maman de D. dit: 6 février 2013 à 19 h 18 min

Vite un nouveau billet, sur n’importe quoi, je ne vais pas pouvoir le tenir.
Hitler, Simenon, Ben Jelloun, je m’en fous, je prends tout.

dragpalomer dit: 6 février 2013 à 19 h 17 min

il aurait été non moins intéressant de rappeler les liens entra Apollinaire, la lyrique rhénane les juifs et la ritique d’art ….

Chaloux dit: 6 février 2013 à 19 h 12 min

Avec retard, mais les impératifs restent les impératifs dit

« Fantasmes »…
Si tu n’est ce crétin, tu es digne de l’être…

D. dit: 6 février 2013 à 19 h 12 min

JC, ne dites pas que je suis un simulateur. Ma main gauche qui nous écoute peut-être va encore bouder.
Puisque je me suis engagé à ne pas laisser mon empreinte carbone sur toutes les poignées de porte de ce blog, je me contenterai de dire que mon plaisir de la journée fut la visite rafraîchissante de Babelle, que je ne connais ni de Lilith ni d’Eve.

gradlagomer dit: 6 février 2013 à 19 h 10 min

Sophie Mendelsohn est née à Paris en 1975. Elle est aujourd’hui psychanalyste et enseignante à l’Université de Rennes. Docteur en psychanalyse depuis 2004, elle a travaillé avec des enfants et des adultes dans des institutions publiques médico-psychologiques. Elle est l’auteur de : « Cyborg : l’avenir d’une utopie », in Essaim n°8, 2001 ; « Le goût de la chair : psychanalyse impossible d’un amant cannibale », in Autrement, avril 2003 ; « Jacques Lacan – Gilles Deleuze : itinéraire d’une rencontre sans lendemain », in L’évolution psychiatrique, volume 69, n°2, 2004.
je n’épiloguerai passur le goût de la chair , que notre anthologiste maison n ‘

renato dit: 6 février 2013 à 19 h 09 min

Pour faire long, LES NOUVEAUX TIMBRES, d’Alfred Jarry
C’est une des superstitions humaines, quand on veut s’entretenir avec des proches momentanément éloignés, qu’on jette dans des pertuis ad hoc, analogues aux bouches d’égout, l’expression écrite de sa tendresse, après avoir encouragé de quelque aumône le négoce, si funeste pourtant, du tabac, et acquis en retour de petites images sans doute bénites, lesquelles on baise dévotement par derrière. Ce n’est point ici le lieu de critiquer ces manœuvres : il est indiscutable que des communications à distance sont possibles par leur moyen.
Cette habitude est assurément ancienne, car les figurines – les timbres, pour les appeler par leur nom – sont fort connues. Nous fûmes donc désagréablement surpris, il y a peu de jours, quand un débitant de tabac nous remit, contre nos quinze centimes de bon billon, une effigie inédite, et nous restâmes dans la même perplexité que si l’on nous eût passé une pièce fausse. Il ne nous servit à rien d’objecter au marchand que son nouveau timbre de quinze centimes était peu agréable à voir et que nous ne pensions point qu’il en vendrait autant que de l’autre. En vain fîmes-nous appel à sa moralité, car la vignette représente une scène plutôt regrettable : une dame, aveugle et le bras en écharpe, assise sur un pliant, apitoie les passants au moyen d’une pancarte qui promet à l’homme, sur sa personne, tous les droits ; au-dessus de sa tête se balance une lanterne avec le numéro de sa maison. Le prix s’élève, pour les étrangers, jusqu’à vingt-cinq centimes, quoique ce soit toujours la même dame.
Les timbres de 40, 50 centimes, 1 franc, de la forme large d’une couverture d’album, somptueusement tirés en deux couleurs, nous n’avons pu en deviner l’usage. On conte que des vieillards prodigues en payent des exemplaires de luxe jusqu’à deux et quatre francs.
Les timbres de 1, 2 et 5 centimes nous semblent suffire à toutes les exigences : leur cadre en figure de fer-à-cheval ailé les rend propres à servir d’enseigne au maréchal-ferrant aussi bien que d’ex-libris au poète, ce dernier à cause de Pégase. Nous ne saurions trop conseiller de substituer, en toute occasion, le nombre qui sera nécessaire de ces timbres d’un centimes aux timbres de deux et quatre francs.
Les contribuables, qui salarient une police pour poursuivre les marchands de cartes transparentes, achètent et font circuler ce musée d’horreurs ; ils les achètent, et – quand il est si simple de cracher dessus ! – les lèchent.

gradlagomer dit: 6 février 2013 à 19 h 04 min

pour ce blog branché super psy, parce que je ne veux pas gloser :
le titre de D. Leader
Ce que l’art nous empêche de voir | Darian Leader

Traduit de l’anglais par Sophie Mendelsohn

renato dit: 6 février 2013 à 19 h 04 min

Poilants c’est beaucoup dire, c’était plutôt humour de curé avec une petit ajout d’histoires de fesses.

art public,art privé? dit: 6 février 2013 à 19 h 03 min

« Pour le reste de votre histoire, c’est sans intérêt »tkt
Malheureusement je crois que c’est vous qui êtes sans intérêt.
Savez-vous que nous jouons au « discours de con » avec vos propos amplement distillés ici?

renato dit: 6 février 2013 à 18 h 59 min

60% des Italiens furent conquis par l’humour bon enfant des quadres intermédiaires fascistes. Quand on parle d’une connerie !

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