Citer, c’est ressusciter
Excellent, non, et si fort à propos ? Jean Paulhan a écrit cela un jour quelque part. Une fois isolée du texte qui l’encadrait, cette phrase s’est naturellement métamorphosée en citation. Enfin, presque. Tout est une question d’italiques et surtout de guillemets. En avoir ou pas. Ce détail sépare la citation de l’emprunt sinon du plagiat. Il suffit de plaider l’hommage discret à un auteur adulé pour rejeter l’idée d’un emprunt éhonté car inavoué à condition toutefois de ne pas en abuser. On appelle cela l’intertextualité. En citant un grand auteur, on se l’approprie., comme en témoigne le riche hors-série que Le Point vient de consacrer à l’art de la citation. On se met à l’abri. Son prestige, son ascendant, sa notoriété nous protègent, nous crédibilise. Sa légitimité s’étend sur nous. Mais on pénètre dans un cercle vicieux. Si on use de la citation sans louer son auteur, on passe pour un voleur qui se fait mousser avec les mots des autres ; si l’on attribue à César ce qui lui revient, on est dénoncé comme cuistre. La citation relève alors de l’ostentation de savoir.
On pose souvent la question : quel livre a changé votre vie ? tout en oubliant qu’une citation d’une seule phrase tirée d’un livre suffit pour engager puis gouverner une vie. Mais lorsqu’on prélève une phrase dans un texte, l’honnêteté exige de ne pas en négliger le contexte. La plupart du temps cela s’impose d’évidence. Ainsi pour l’une des plus célèbres d’Albert Camus :
« Un homme, ça s’empêche ».
Elle est extraite d’un passage du Premier homme où deux soldats découvrent les cadavres de deux de leurs camarades atrocement mutilés et égorgés par l’ennemi. Pour ne pas sombrer dans la barbarie, un individu fut-il fanatisé par l’idéologie doit se maitriser et contrôler ses pulsions, il en a le pouvoir et la responsabilité.
Il ne suffit pas de citer. Le lieu et le moment accordent parfois un reflet tout particulier à la citation. Comme un écrin imprévu et une chambre d’écho inoubliable si des centaines d’auditeurs éclatent de rire. Oserais-je avouer ma jubilation intérieure lorsqu’un jour, le professeur William Marx m’ayant invité à m’exprimer à ses côtés à son séminaire du Collège de France consacré à la question « Comment lire ? », je réussis à placer une réflexion de Marx mais Groucho :
« Il y a en tout vieux un jeune qui se demande ce qui s’est passé ».
Par définition, l’épigraphe est une citation. On la trouve traditionnellement au début du livre, en liminaire juste avant la préface. Ca n’empêche de jouer avec elle. Dans Les Choses, son premier roman, Georges Perec en plaça une de Malcom Lowry là où elle devait se trouver et une autre de Karl Marx après la toute dernière ligne du livre où nul ne se serait attendu à la lire. L’épigraphe annonce le programme mieux car plus succinctement qu’une préface. Elle est un reflet et un signe avant-coureur non de son style ou de sa manière mais de son esprit. Parfois même de son âme. Pour autant, rien n’oblige à la prendre au sérieux. Jean-Patrick Manchette aimait bien citer Hegel dans les épigraphes de ses polars. Ce qui était déjà surprenant le devenait plus encore lorsqu’il plaçait juste dessous une autre citation extraite, elle, du Chasseur français, comme ce fut le cas pour Nada. De même prit-il un malin plaisir à truffer d’emprunts à Marx et Engels le texte de Fatale ; ils en furent les passagers clandestins.
Les écrivains gagneraient à se montrer plus rigoureux dans l’élaboration de l’épigraphe à l’entrée de leur nouveau livre, ne fut-ce qu’en observant déjà une règle d’or : s’interdire d’en placer quatre ou cinq à la suite ; une telle abondance annule l’effet recherché. Une seule, c’est parfait étant entendu que l’auteur en fait l’ambassadrice de son texte, le rayon de lumière qui va l’éclairer durant quelques centaines de pages. Ne pas rechercher systématiquement Pline l’Ancien ou Goethe. Ca fait cuistre. De plus modestes feront l’affaire dès lors qu’ils sont connus. Oscar Wilde est un excellent client. Son œuvre recèle de centaines de candidates. Tenez, une au hasard qui me vient de mémoire à l’esprit :
« Dans la vie, tout est une question de sexe sauf le sexe qui est une question de pouvoir ».
Selon qu’elle a été cueillie chez tel ou tel grand esprit, une citation n’a pas la même valeur. L’essayiste George Steiner, érudit des plus farceurs à ses heures, m’a avoué un jour qu’il inventait de fausses citations de Heidegger : « J’en mets partout, j’adore ça ! ». Les meilleurs sont les Irlandais George Bernard Shaw et Oscar « Soyez vous-même, tous les autres sont pris » Wilde sans oublier quelques Anglais du calibre de Winston Churchill. En France, Sacha Guitry ne déçoit jamais. Il semblerait que Shakespeare soit l’auteur le plus sollicité par les auteurs en quête d’épigraphes. Un record toutes catégories et toutes langues confondues. Quoi de plus normal : son œuvre est le plus brillant, le plus intelligent et le plus universel vivier des passions humaines. Inépuisable ! Ne vous gênez pas en évitant toutefois ceux qui ont déjà beaucoup servi : « Le passé n’est qu’un prologue », « La mort est une dette qu’on ne paie qu’une fois », « Je sais de ces gens qui ne se sont fait réputation de sagesse qu’à force de silence », «L’habit ne fait pas le moine », « La mémoire est la sentinelle de l’esprit », etc., et bien sûr… « Être ou ne pas être, c’est toute la question. ». A force, ces citations perdent de leur impact en devenant des lieux communs. Ce qui guette l’une de celles de Cioran, synthèse d’une forme moraliste qui repose sur le paradoxe, que l’on redoute désormais de rencontrer en ouverture de toute prochaine biographie :
« Il est incroyable que la perspective d’avoir un biographe n’ait jamais fait renoncer personne à avoir une vie ».
Certaines citations sonnent creux. Elles relèvent plutôt de la formule avec ce qu’il faut d’épate, de paradoxe et de clinquant. D’autres à l’inverse ne sont pas seulement fécondes pour la réflexion ou le débat d’idées : elles nous encouragent à remonter à sa source et à lire le livre dont elles sont extraites. On ne saurait inventer meilleure incitation à la lecture, à condition toutefois que la citation ne soit pas imprimée en grec ou en latin non traduit.
François Cavanna et Woody Allen se sont querellés pendant des années, par livres et médias interposés, à propos de la propriété de ce trait souvent cité : « Beethoven était tellement sourd que toute sa vie il a crû qu’il faisait de la peinture ». Pas de quoi être si fier. Où va se nicher la vanité de ces gens qui veulent toujours être le premier à avoir trouvé quelque chose fût-ce dans un état second. Il y a manière et manière de s’approprier les écrits des autres. Le professeur Antoine Compagnon y avait consacré un essai en 1979 sous le titre La seconde main ou le travail de la citation. Une bonne place y était réservée à Montaigne, lequel reconnaissait dans ses Essais : « Nous ne faisons que nous entregloser ». Ce qui n’est pas faux. Dans sa bibliothèque qu’il appelait « ma librairie » logée dans la tour d’angle du château familial, il avait peint sur les deux poutres-maitresses et les quarante-six solives des sentences en vers ou en prose, en grec ou en latin, de Stobée, saint Paul et autres.
Me revient en mémoire un savoureux moment chu d’un Apostrophes millésime 1977 consacré à l’amour au cours duquel Bernard Pivot cita à Roland Barthes un excellent passage de son livre et l’en félicita sous le regard goguenard de son « auteur » jusqu’à ce que Françoise Sagan assise juste en face murmure : « En fait, ca c’est de moi… ». Qui saura jamais percer le mystère de la signification de cette citation de Borges : « A elle seule, la vie est une citation ». Malgré toute l’admiration qu’on lui voue, on ne peut s’empêcher de demander : mais encore ? Il parait que c’est quelque part dans le tome 1 ses Œuvres complètes. On ne se méfie jamais assez des citations apocryphes. François Mauriac a-t-il vraiment dit ou écrit dans un moment d’intense relâchement : « Citations : pièce à cons » ? Allez savoir !
Cioran si souvent cité en gros, demi-gros, détail semble avoir écrit nombre de ses livres dans la perspective de devenir l’un des auteurs les plus cités. Cela tient au caractère fragmentaire de certains de ses textes ce qui nous dispense d’avoir à les découper puisque le travail est déjà fait. L’honnêteté d’une citation se juge à ses guillemets. En leur absence, on entre dans le domaine nébuleux de l’intertextualité lequel possède une frontière poreuse avec le trouble domaine du plagiat. Michel Tournier s’en flattait chaque fois qu’il prétendait être dénué d’imagination. Vendredi ou les Limbes du Pacifique contient un long passage piqué à la Monadologie du philosophe Leibniz ; des phrases du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier et d’autres de Flaubert truffent ni vu ni connu son Roi des Aulnes. Mais que reprocher à ce grand lecteur qui se décrivait comme « une pie voleuse » ? Appelons cela un hommage subliminal lorsqu’il est signé non d’un tâcheron des Lettres mais d’un grand écrivain. Allez savoir si c’est conscient ou inconscient lorsqu’un Gabriel Garcia Marquez se permet de reprendre en incipit de Cent ans de solitude une phrase qui se trouve quasiment mot pour mot au milieu de Pedro Paramo de Juan Rulfo, le livre culte des néo-romanciers du boom latino-américain.
Il y a des citations qui ont la vertu de clore un débat ce qui est bien utile lorsqu’on est à bout d’arguments et que l’autre n’en démord pas. Ainsi cette définition de la psychanalyse par l’écrivain Vladimir Nabokov qui ne lui vouait pas une grande estime :
« Application de vieux mythes grecs sur les parties génitales ».
40 Réponses pour Citer, c’est ressusciter
Les décombres apparaissent comme un contexte flou ou absent, autrement dit, comme des citations.
Theodor W. Adorno
Citer, c’est exciter… la réflexion.
« Dans la vie, tout est une question de sexe sauf le sexe qui est une question de pouvoir »
c’est pas plutôt de Jeffrey Epstein ça ?
une citation de Napoléon reprise par les gardiens de la révolution en Iran :
« n’interrompez jamais un ennemi qui est en train de faire une erreur ».
Une page de citations :
Les pulsions.
Il y a les meurtrières et les sexuelles.
Patrick Modiano s’en souvient
« Un homme, ça s’empêche »
encore une erreur : c’est pas un citation…
c’est la devise de Donald Trump.
Un homme, ça se permet.
Et ça s’emmerde aussi.
« Un homme, ça s’empêche ».
le Point ça appartient à l’oligarque Bernard Pinault Q.
chez les oligarques cette citation ça devient « un homme ça s’empêche de payer des impôts »
« Un homme, ça s’empêche »
avec l’actuelle accélération de la faillite morale de l’occident toutes ces citations sont des espèces reliques.
« Un homme, ça s’empêche » : on ne sait même pas si l’occident a connu dans toute son Histoire une seule époque où cette maxime a existé.
probablement jamais : l’homme occidental s’est toujours tout permis.
mais l’important est de l’avoir avec soi, pour son côté décoratif un peu comme les nouveaux riches qui mettent des colonnes et des statues romaines dans leur jardin en imaginant que ça a été créé par Jeff Koons.
@l’oligarque Bernard Pinault Q
keupu bientôt cité à comparaître, ce qui m’étonnerait personne ici
Le Cannes de la fin des années cinquante
« L’habit ne fait pas le moine, mais la profession ». Une règle de droit canon, mise en forme par Loysel, sans doute.
Sans rapport avec la discussion, on y trouve le poétique : « La douairièrd ne peut pas jouer du haut bois », règle de droit.
Jeannot Lapin !!!!!!!!!!!!! j’ai le droit de dire que Pinault Q est un oligarque !
c’est ce qu’on appelle la liberté d’expression !
et donc que le journal le Point appartient à cet oligarque ! ça aussi j’ai le droit de le dire.
j’ai même le droit de dire que le Point est un journal de chiotte qui nous désinforme.
c’est pour ça qu’il nous pond ce truc sur ces citations !
parce que ces citations c’est le reflet de toute notre vanité et de notre arrogance !
on balance à la figure du monde des citations du genre « un homme ça s’empêche » comme si Mr Pinault s’empêchait de ne pas payer d’impôts !
comme si l’occident s’était à un quelconque moment de son Histoire empêché de quelque chose !
non Jeannot Lapin : l’occident ne s’est jamais empêché de rien !
à quel pays tu vas aller expliquer que l’homme occidental ça s’empêche ? à un algérien ? à un palestinien ? à un iranien ? à un iraquien ? à un cubain ?
c’est tout de l’hypocrisie !
mais cette hypocrisie c’est juste fait pour satisfaire la vanité de Mr Pinault !
alors que ce typer on n’attend qu’un chose de lui : qu’il paye des impôts !
du coup tu te retrouves avec un journal qui nous pond « un homme ça s’empêche » alors que ce journal appartient à un oligarque qui se permet de ne pas payer ses impôts !
nous n’est que mensonges et hypocrisie Jeannot Lapin ! et voilà !
tu me suis ?
ce moment où les discours s’écartent tellement du réel que le système s’effondre, c’est exactement ce qu’a connu l’empire soviétique dans les années 80.
et là j’invite tout le monde à relire Kundera !
et faire le parallèle entre l’absurdité qu’il décrit dans ses premiers romans et celle dans laquelle nous baignons.
en fait la littérature ça commence à servir à quelque chose à partir du moment où les lecteurs commencent à comprendre ce qu’ils lisent.
c’est comme l’expression « quelques Anglais du calibre de Winston Churchill »
ce sempiternel éloge de ce type ça fait penser à chanson de Sardou « si les ricains n’étaient pas là nous serions tous en Germanie ».
ce moment où nous avons commencé à voler aux russes la victoire contre l’Allemagne nazie correspond au moment où tout à commencé à partir en couille !
comme quoi on ne peut pas faire du révisionnisme et réécrire l’Histoire impunément.
il arrive forcément un moment où ça te revient dans la tronche.
qui plus est quand on le fait pour de mauvaises et insidieuses raisons.
dire que j’avais failli envoyer en commentaire un verset de JOB que je ne cesse de ressassercomme
(vous m’avez comprise) !
« peste soit l’opinion de savoir » et « le sujet supposé savoir » hein, rose!
« Il y a en tout vieux un jeune qui se demande ce qui s’est passé ».
zut
Groucho Marx, repris par Terry Pratchett
Parenthèse littéraire on
Le prochain salon du livre aurait du etre l’occasion d’un débat entre PA auteur de « Tenez bon » et Charlotte Casiraghi (licenciée en philo) autrice de « La fêlure ».
Le thème du débat : » Comment tenir, se tenir, quand « tout notre fondement craque et la terre s’ouvre jusqu’aux abîmes. » » (Pascal
Parenthèse littéraire off
@on-off
Devait-il se tenir à Beyrouth ?
« (…) Je suis triste et malade. Peut-être à cause de Vous,
Peut-être à cause d’un autre. Peut-être à cause de Vous.(…) »
@« Application de vieux mythes grecs sur les parties génitales ».
Pour rester chez les russes et sous cet angle, une citation qui pourrait être reprise mot pour mot par le sinsitre binôme qui fait l’actualité au Moyen Orient, ou l’antiterrorisme selon Poutine : «On ira les buter jusque dans les chiottes.»
Je ne me souvenais pas du tout de l’épigraphe que G Perec avait placé en tête de Les choses ni de la citation à la fin du livre les voici donc
» Incalculable are the benefits civilization has brought us , incommensurable the productive power of all classes of riches originated by the inventions and discoveries of science. Inconceivable the marvellous creations of the human sex in order to make men more happy , more free , and more perfect . Without parallel the crystalline and fecund fountains of the new life which still remains closed to the thirsty lips of the people who follow in their gripping and bestial tasks. » Malcolm Lowry
» Le moyen fait partie de la vérité , aussi bien que le résultat. Il faut que la recherche de la vérité soit elle-même vraie ; la recherche vraie , c’est la vérité déployée , dont les membres épars se réunissent dans le résultat . » Karl Marx
Dans la postface en édition de poche signée Jacques Leenhardt il y a une revue des réactions de la critique de l’époque qui salue en Perec le sociologue profond qui porte témoignage sur un temps sans grandeur et un milieu sans envergure …
Et pour faire un petit inventaire à propos de Littérature voici quelques citations
» La littérature ne permet pas de marcher , mais elle permet de respirer » Roland Barthes
» On ne peut pas parler de littérature sans avoir lacé ses chaussures » Jorge Luis Borges ( j’aurais plutôt pensé à Cioran)
» La littératuren’est qu’une forme édulcorée de la confession » Pierre Drieu La Rochelle
» Il y a deux sortes de littérature, la littérature ennuyeuse et la littérature facile . Moi je fais de la littérature facile . A Dumas père
» Le caractère de la littérature ancienne est d’être une littérature de presbyte , c’est à dire d’ensemble . Le caractère de la littérature moderne- et son progrès- est d’être une littérature de myope , c’est à dire de détails. »
Edmond et Jules de Goncourt
c’est une opinion qui devançait le Nouveau roman !! etA Robbe Grillet Nathalie Sarraute !!
et à propos de Livre
» De tous les instruments de l’homme le plus étonnant est , sans aucun doute , le livre » J L Borges
Ressources documentaires / Textes fondamentaux / La cure
J.-A. Miller, Textes de J.-A. Miller
Notre sujet supposé savoir
Extraits
https://www.causefreudienne.org/textes-fondamentaux/notre-sujet-suppose-savoir/
Capté en passant
« Le gouvernement israélien et son ambassadeur à Paris critiquent vivement la France depuis plusieurs jours, quitte à mettre en cause son statut de « pays ami ».
Derrière les critiques d’Israël contre la France, le « rapport de force permanent » du gouvernement de Benyamin Netanyahou »
Tenez bon, quoi
« Le gouvernement israélien n’a pas de diplomatie. C’est une illusion. Son seul mantra est l’insulte et le coup de poing. »
Mise en contexte : « A défaut de plaire, Israël a donc fait du rapport de force le cœur de sa stratégie diplomatique. « C’est pourquoi je ne parlerais pas de rupture avec la France, Israël engage plutôt un rapport de force. Netanyahou est dans le rapport de force permanent, même avec ses alliés », explique Thomas Vescovi. Dans le journal Le Monde, l’historien et ancien ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavi, va même plus loin : « Le gouvernement israélien n’a pas de diplomatie. C’est une illusion. Son seul mantra est l’insulte et le coup de poing. » » Public Sénat, Publié le 02/04/2026 à 18:44
On découvre la lune, qu’il dirait JiCé 🙂
… et parfois, ça va loin, qu’elle dirait la douairière à Fontenelle
Capté en passant
« Dans un parc verdoyant de Téhéran jeudi, des Iraniens se retrouvent autour d’un pique-nique au dernier jour des festivités du Nouvel an persan, faisant fi des menaces de Donald Trump de ramener l’Iran « à l’âge de pierre ».
Leur pays est en guerre depuis plus d’un mois et le président américain, qui a déclenché conjointement avec Israël les hostilités le 28 février, a promis mercredi de frapper durement l’Iran pendant encore « deux à trois » semaines.
Jeudi, de puissantes explosions ont de nouveau secoué la capitale iranienne.
Pourtant, dans une ville qui est officiellement un terrain de guerre, des centaines de familles pique-niquent par un temps doux et nuageux dans un parc, avec vue imprenable sur les majestueux sommets enneigés de l’Alborz.
En Iran, ce jeudi marque le 13e et dernier jour des festivités du Nouvel an, connu sous le nom de « Sizdah-bedar » ou Journée de la nature.
« Nous devons garder ce rituel vivant en toutes circonstances, même dans la situation actuelle et malgré le stress que nous ressentons », déclare à l’AFP Roya Abhari, une employée de 39 ans.
La tradition veut que l’on passe cette journée en plein air pour éviter la malchance.
« J’ai vu ce message du président Trump. Et je me suis vraiment demandée: est-ce que dans deux ou trois semaines l’Iran retournera à l’âge de pierre? », s’interroge Mme Abhari, venue seule dans un parc « pour profiter de la compagnie de ces gens, pour prendre de l’énergie et me sentir mieux ».
– Parcs refuges –
La guerre « ne perturbe absolument rien pour nous », affirme Hakim Rahimi, 43 ans. « Trump parle beaucoup, mais il est incapable d’agir », estime cet ouvrier métallurgiste. « Nous n’avons pas eu peur d’une guerre de huit ans (guerre Irak-Iran de 1980 à 1988, NDLR). Pense-t-il nous effrayer avec deux ou trois semaines de guerre? ».
« Nos soldats (…) ne laisseront pas Trump faire », tranche Parastou Safiani, une femme au foyer âgée de 28 ans.
Sur une élégante couverture brodée dépliée sur le gazon, un groupe d’amis discutent autour d’un thé. De la nourriture mijote à feu doux sur un réchaud à gaz.
A quelques mètres, un homme s’active à ventiler des brochettes en pleine cuisson sur un grill.
Un couple est lui absorbé par sa partie de badminton, tandis que des retraités chantent joyeusement sur un banc. Des enfants s’amusent sur une balançoire suspendue à un arbre.
Ces scènes joyeuses tranchent avec l’ambiance anxiogène de la guerre, où destructions et explosions peuvent en quelques secondes emporter des vies.
Dans la matinée, des frappes ont fortement endommagé l’Institut Pasteur d’Iran, un établissement de santé clé et centenaire de Téhéran.
Les nombreux parcs de la ville sont habituellement des poumons de verdure dans une métropole régulièrement polluée. Depuis la guerre, ils sont devenus des refuges.
Etonnamment, sportifs faisant leur jogging, cyclistes s’aérant l’esprit ou simples promeneurs s’y retrouvent quotidiennement en nombre, malgré les risques de bombardements.
L’armée iranienne a menacé jeudi de représailles « dévastatrices » en cas d’intensification des frappes américaines. Ces échanges de menaces font craindre une nouvelle escalade du conflit qui embrase le Moyen-Orient, et ébranle l’économie mondiale.
publié le 2 avril à 20h41, AFP »
Lisez « Les idées des autres » de Simon Leys.
Un recueil de citations réunies pour « l’amusement des lecteurs » selon son auteur.
Gracq a fait à peu près la même remarque que les Goncourt à propos des écrivains presbytes et des écrivains myopes.
Nabokov m’a fait rire pendant vingt minutes, comme à chaque fois que je tombe sur cette phrase.
Prochain achat, le livre qui vient de paraître sur les Morand, « un couple sulfureux ».
En attendant, l’excellent Flammes de Léon Daudet, et Qu’un seul soit l’ami, de Jean-Michel Delacomptée. L’exigence et l’excellence de l’auteur, la hauteur de La Boétie, le génial bon sens de Montaigne, pour prendre un peu de distance avec ce que Montherlant appelle « les temps atroces ».
Question, tous les députés LFI sont camés?
Gloire au député qui vient de quitter ce groupe infâme.
Quant aux moqueries de Trump, j’y reviendrai.
The Rain Song
Il y aussi le dictionnaire de la bêtise de Jean-Claude Carrière. Et ce livre sur les haines d’écrivains. Tout cela très amusant.
Une de mes citations préférées:
« Le renard tournoie longtemps en son pays avant que d’en sortir ».
Gaston Phébus.
Aouais je le conné !
La grosse loche charentaise, j’y étais attachée, tout de même.
Jean Langoncet à 19h15
Merci pour ce texte roboratif.
En mettant entre parenthèses le dernier paragraphe.
Rire vingt minutes durant, c’est excellent.
Et alii,
Je ne connais pas ce verset de Job. Pierre Assouline a écrit sur Job.


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