de Pierre Assouline

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La République des livres
John le Carré en (presque) toutes lettres

John le Carré en (presque) toutes lettres

Rien ne complète mieux la biographie et l’autobiographie d’un écrivain que la lecture de son œuvre. Rien si ce n’est sa correspondance, gisement de confidences fussent-elles sélectionnées. C’est dire si celle de John le Carré Dans l’intimité d’un espion (traduit de l’anglais par Isabelle Perrin, 712 pages, 29 euros, Seuil) était attendue. Elle ne déçoit pas même si en l’éditant à partir du fonds d’archives déposé à la Bodleian Library de l’université d’Oxford où l’écrivain fit ses études, son fils Tim Cornwell a nécessairement fait des choix, à commencer par sa décision de résumer à chaque fois en liminaire l’aller ou le retour du correspondant afin d’éclairer sur la nature de l’échange. Il rédigeait sa correspondance une plume à la main, comme dans l’ancien temps, ne s’autorisant quelques courriels après 2006. Le but est d’y faire entendre sa voix intérieure et davantage encore, intime. Il est atteint bien qu’un angle mort subsiste dans ce recueil : les lettres à ses maitresses. On les suppose substantielles et chaleureuses sinon érotiques car, c’est l’une des révélations du livre, malgré l’autorisation accordée au projet biographique d’Adam Sisman, il le jugeait impossible à réaliser en raison d’une vie privée assez agitée (Frédéric Dard, parmi d’autres écrivains, m’avait dit la même chose en l’évoquant comme un obstacle).

La figure de son père s’insinue partout dans ces pages, en majesté ou en médiocrité. Sa figure, sa silhouette, son verbe, son culot, ses escroqueries, son souffle même que le fils semble ressentir dans le cou chaque fois qu’il écrit. Là est la racine de son obsession de la trahison, dans celle du père vis-à-vis de ses deux fils qu’il n’a cessé de tromper sur sa véritable nature. Ronnie Cornwell fut à la fois sa malédiction et sa bénédiction car sans son enseignement du mensonge et de la duplicité, Le Carré ne se serait probablement pas épanoui dans l’univers du secret comme agent de renseignements d’abord de 1948 à 1963 comme romancier ensuite.

« Je crois que jamais un roman un tant soit peu réussi n’a été crit sans offenser quelqu’un. Si Dickens avait gardé pour lui certains souvenirs d’enfance, nous n’aurions pas de Dickens »

Il ne laisse jamais passer une occasion de payer sa dette et de manifester publiquement son admiration pour Graham Greene et son œuvre, notamment Les Comédiens, ce qui ne l’empêcha pas de juger « faible » Le Consul honoraire et « malhonnête » son autobiographie Une sorte de vie. Il ne cachait pas que la lecture de cette œuvre lui était une source d’inspiration. D’ailleurs, le vendeur d’aspirateurs devenu espion dans Notre agent à la Havane est à l’origine du Tailleur de Panama. Le livre bien sûr mais aussi le film avec la saisissante composition d’Alec Guinness, acteur admiré et « rêvé » par le Carré pour tenir le rôle de Georges Smiley, sa créature la plus réussie tout au long de ses vingt-cinq romans depuis qu’il avait créé le personnage (à la veille de sa mort, il travaillait encore à un livre intitulé « The George Smiley Years »), ce qui se concrétisera en 1978 avec la première grande série tirée de La Taupe par la BBC. L’écrivain l’avait supplié d’incarner le maitre-espion mais l’acteur s’y refusait obstinément au motif qu’il se jugeait trop vieux. Au cours d’un diner organisé pour le faire fléchir, il avait été jusqu’à le supplier à genoux, en vain. Alors Le Carré tira sa dernière cartouche : « Si vous persistez, on donnera le rôle à Donald Sutherland ». L’acteur réfléchit puis lâcha : « Je signe ».

Graham Greene et John le Carré se connaissaient, ils s’étaient rencontrés à plusieurs reprises mais n’avaient pas noué de liens d’amitié. A deux reprises, ils s’affrontèrent par médias interposés à propos de leur attitude réciproques et antagonistes vis-à-vis de Kim Philby, l’espion britannique du Kremlin. Le Carré ne le considérait pas seulement comme un type vaniteux et revanchard mais comme un traitre qui avait du sang sur les mains eu égard aux dégâts humains de son passage à l’Est, quand Greene avait davantage d’empathie et d’indulgence pour lui. Passant par Moscou, le premier refusa de le rencontrer, ou alors « pour des raisons zoologiques », contrairement au second. Il le regrettera plus ou moins par la suite car une conversation à la suite d’une poignée de main l’aurait instruit d’une manière ou d’une autre sur l’univers dans lequel Le Carré vivait depuis des décennies. Son refus initial marque une limite de sa curiosité envers les hommes. Libre au lecteur critique que je suis de juger qu’il a eu tort, de même qu’il s’est fourvoyé en accablant Salman Rushdie après la parution des Versets sataniques et le contrat mafieux lancé contre lui par Khomeiny.

« Rushdie est certes une victime, mais nullement un héros à mes yeux.  Je suis désolé pour lui et je respecte son courage mais je ne le comprends pas. (…) Même si c’était involontaire, il a provoqué son propre malheur (…) Personne n’a le droit d’offenser une grande religion et de le publier en toute impunité. (…) Comment un homme dont le roman, pour quelque raison tordue que cela puisse être, a déjà fait couler tant de sang peut-il s’entêter à en faire couler encore plus (NDLR en ne le retirant pas de la vente) »

D’autant plus regrettable que, fort de sa notoriété, John le Carré n’hésite pas à clouer des puissants au pilori lorsque sa solidarité littéraire le lui dicte. Ainsi, après qu’un critique ait violemment descendu la biographie du magnat de la presse Murdoch par son ami William Shawcross dans The New Yorker, le Carré trempa sa plume dans le fiel pour écrire une longue lettre d’engueulade à l’intention de sa rédactrice en chef Tina Brown en des mots si sévères qu’elle fut jugée publiquement « incroyablement sexiste » par l’intéressée.

Le Carré pose un regard si allemand sur toutes choses de toutes natures qu’en lisant Les Comédiens de Graham Greene, il ne peut se défendre de dresser un parallèle avec certaines nouvelles de Thomas Mann sur la situation de l’artiste face au citoyen en lui. Davantage qu’un tropisme, c’est un véritable paradigme si permanent qu’il en devient un réflexe naturel. Ce n’est pas un hasard si sa toute dernière apparition en public eut lieu le 3 mars 2020, un peu plus d’une semaine avant sa mort, à la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne à Londres. Lors d’une longue conversation que j’eus avec lui à l’occasion du grand roman dans lequel il vendit la mèche sur l’ombre noire de son père planant au-dessus de son oeuvre (Un Pur espion/ A Perfect spy, 1986), je lui avais rapporté la critique sinon le reproche qui lui été le plus souvent opposés : la complexité de son style et de ses intrigues, jusqu’à s’y perdre parfois.

« Je sais, on me le dit souvent et ce doit être vrai mais il y a une raison à cela, s’était-il longuement justifié. J’éprouve une telle passion pour la culture et donc pour la langue allemandes, je fais si bien corps avec elles depuis mes années d’étudiant, que je construis spontanément, la syntaxe de mes phrases comme si j’écrivais en allemand. C’est ainsi qu’en écrivant en anglais, je place naturellement le verbe à la fin. Ce qui ne facilite pas la compréhension du lecteur mais, moi, ne me dérange pas… »

On trouve également bien d’autres choses dans sa correspondance qui ne sont pas dans son autobiographie : son admiration pour Scott Fitzgerald « romancier préféré des romanciers » béat devant ses trucs que lui seul réussit, sa fidélité aux fixeurs qui l’ont aidé lors de ses repérages en Asie, au Moyen-Orient ou en Amérique latine en préparant l’action de ses intrigues, son habitude de faire transférer ses rémunérations pour des conférences, des prix littéraires et des récompenses à Médecins sans frontières « tout simplement parce que je les ai vus à l’œuvre », son souhait de ne plus être présenté comme social-démocrate ou progressiste, devenus trop flous à son goût, mais plutôt comme humaniste…

A mesure qu’il avançait en âge, il devenait de plus en plus manique sur la graphie de son nom de plume (emprunté au nom d’un magasin aperçu par la fenêtre alors qu’il était assis dans un bus, m’avait-il dit) : le Carré et non, comme la plupart l’écrivent d’ordinaire, Le Carré. Avec l’âge, il y tint de plus en plus « pour des raisons freudiennes ». Mais encore ? Un mystère de plus.

(« John Le Carré dans sa maison des Cornouailles » photos Nadav Kander,  Guido Manuilo et D.R.)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

1 769 Réponses pour John le Carré en (presque) toutes lettres

Chaloux dit: 30 novembre 2025 à 12h01

Je n’ai plus droit à B.lo.o.m.y. Tous mes messages qui le contiennent disparaissent. Assouline a toujours eu ses têtes. Celui- là a même le droit de me menacer de m.o.r.t.

Littérature ?

J’espère que « timbré de grenier » conviendra

Soleil vert dit: 30 novembre 2025 à 12h09

renato dit: 29 novembre 2025 à 19h40
D’un Carré à l’autre, Nick Harkaway.
(Ça c’est pour Soleil Vert)

Merci !
Pas eu envie pour l’instant de lire Gnomon chez Albin-Michel

Maurice revient dit: 30 novembre 2025 à 12h34

Litvine menace les autres de mort comme un chihuahua qui menace ses maître de les mordre… en aboyant !

FL dit: 30 novembre 2025 à 13h18

« Dans les années 2000, ‘Beloved’ était au programme de terminale spé anglais. Les années d’avant, c’était ‘Sula’, où une mère salement handicapée trouve la force de badigeonner d’essence le corps vautré de son fils toxico défoncé avant de craquer une allumette…. »

Mon Dieu, quel horreur ! Et les rectorats ne disent rien ? C’est bien la peine de nous faire tout ce blabla sur la bienveillance, les safe zones, le consentement, le respect pour terminer avec le pire de la littérature naturalisme. Comme si c’était un idéal littéraire insurpassable. On nous prend pour des c**s.

Alors qu’il n’y avait pas des choses plus intéressantes à lire. Henry James. c’est bien Henry James. C’est subtil.

et alii dit: 30 novembre 2025 à 13h25

question qui m’a ébranlée abordée dans le texte de A.G. que j’ai mis en lien et qui pourrait inspirer lES ERD2LIENS
3 Nommer simplement l’idée, par quelque formule frappante, ou par des motsclef plus ou moins techniques, peut être affaire de quelques lignes, voire de quelques pages
— mais rares seront ceux qui, sans déjà bien la connaître, sauront entendre ce “nom” et y
reconnaître un visage. Et quand l’idée est arrivée en pleine maturité, cent pages peut-être
suffiront à l’exprimer, à la pleine satisfaction de l’ouvrier en qui elle était née — comme il se
peut aussi que dix mille pages, longuement travaillées et pesées, n’y suffiront pas (*).
NOMMER, donc

FL dit: 30 novembre 2025 à 13h25

Remarquable interview de Sansal dans « Libération ». Tout sur ses conditions de détention. Son co-détenu était un ancien policier. Il a pu trouvé quelques ouvrages de littérature à lire dans la bibliothèque de la prison : des Montherlant, « Notre-Dame de Paris ». Le reste c’était de la littérature religieuse ou des manuels scolaires. Les prisonniers (80% d’islamistes) avaient une remise de peine de 6 mois s’ils passaient le baccalauréat.

Mme Macron a pleuré quand Sansal a dit qu’il voulait repartir pour l’Algérie.

rose dit: 30 novembre 2025 à 13h37

Et selon vous D, ce serait à moi de pallier à toutes ces défaillances pour soulever Jeanne D’Arc et écrabouiller les sarrasins ?

Je dis NON.

Magnifique.

Je suis aussi celle du milieu.

Olivier Litvine dit: 30 novembre 2025 à 13h45

CARR: How d’you do?
JOYCE: Delighted!
TZARA: Good day!
JOYCE: I just wanted to say / how sorry I am to intrude.
CARR: Tell me…are you some kind of a poet?
JOYCE: You know my work?
CARR: No, it’s/something about your deliv’ry-/can’t quite –
JOYCE: Irish.
CARR: From Lim’rick?
JOYCE: No-Dublin, don’t tell me you know it!
GWEN: He’s a poor writer-
JOYCE: Aha! / A fine writer to writes caviar/for the general, hence poor-
TZARA: Wants to touch you for sure.

Tom Stoppard, Travesties (1974)

Hommage à Joyce dans cette séquence de limericks, forme rimée souvent dénuée de sens, que l’auteur irlandais affectionnait particulièrement ; on y retrouve un surréaliste français, le personnage d’une pièce d’Oscar Wilde, une citation d’Hamlet et une allusion à l’impécuniosité constante de Joyce qui tapait tous ceux qu’il pouvait. Doit être joué à toute vitesse pour un maximum d’efficacité.

Olivier Litvine dit: 30 novembre 2025 à 13h51

Et les rectorats ne disent rien ?

Dans quel monde vivez-vous?
Hello, ce sont les Ministères qui font les programmes, les rectorats dépendent du Ministère.
Sur quelle étrange planète vivez-vous? Celle où Dame mama pleure de voir son auteur favori retourner dans un des ses pays? Je comprends mieux. Vues et Immondes du Mage….
Get real, for X’s sake!

Olivier Litvine dit: 30 novembre 2025 à 14h05

le pire de la littérature naturalisme.

Justement, Toni Morisson, l’immense Toni Morisson, c’est tout le contraire du naturalisme (que j’adore cela dit), avec ses focalistations internes et ses changements de points de vue permanents; inutile de se fatiguer à faire boire l’âne de MacTeague et de Marcus avec ses faux effarouchements de Ligue de vertu…

renato dit: 30 novembre 2025 à 14h22

Fin du jeu.

La crise de la République romaine fut causée par divers facteurs : les réformes agraires proposées par les Gracques, les guerres civiles, la corruption au sein du système judiciaire, l’expansion de l’impérialisme romain et les tensions sociales engendrées par les inégalités économiques et l’esclavage. Ce que Cicéron n’avait pas compris ou, inspiré par ses intérêts, il ne voulait pas tenir en compte — s’il avait fait preuve d’un tant soit peu de finesse sociale (savoir-vivre) et avait su utiliser sa culture avec sagesse, nous l’aurions su. Il est vrai que même s’il avait été capable d’un minimum de savoir-vivre, la faction qu’il avait choisie, et donc la position sociale conquise, l’avait aveuglé en lui empêchant d’évaluer la situation.

Voyons la situation.

La Conquête de la Grèce et de l’Orient entraîne la diffusion de la culture hellénistique, de nombreux Grecs s’installent à Rome et les Romains les plus fortunés passent une grande partie de leur temps en Grèce, en résulte une impressionnante la crise morale, et exacerbée par les rivalités entre factions politiques, commence une période difficile pour la vie de l’urbe. La première guerre civile éclate entre les optimates (Sylla) et les populaires (Marius). Les optimates l’emportèrent, mais après avoir restauré le pouvoir ou patriciens et destitué les tribuns plébéiens, Sylla se retira de la vie publique. Les rivalités, toutefois, ne terminent pas, et Rome se retrouva au bord d’une seconde guerre civile, car les sénateurs ont consolidé leur pouvoir durant les guerres civiles, tandis que la moyenne bourgeoisie s’était appauvrie, et dans le domaine financier, la classe des chevaliers (ordre équestre) émerge et revendique ses droits devant le Sénat. L’immense richesse provenant des régions conquises permet aux plus fortunés d’acquérir les terres confisquées aux vaincus. Les grands domaines et l’esclavage (conséquence des guerres) se généralisèrent, de nombreux petits propriétaires terriens appauvris émigrèrent à Rome dans l’espoir d’une vie meilleure. En même temps les grands propriétaires terriens exigent des sommes d’argent toujours plus importantes afin soigner leur image et promouvoir leur carrière. L’argent est devenu indispensable pour entretenir une clientèle, s’attirer les faveurs du peuple, soutenir des alliés ou corrompre électeurs et juges, et enfin, il était nécessaire pour maintenir des armées de soldats professionnels, dans les faits cette disponibilité devint le véritable critère de richesse. Parallèlement, l’énorme problème de l’adaptation des structures d’une cité-État à la gestion des vastes territoires conquis se posait. Il est possible que l’analyse et les solutions à ce problème de César n’aient pas été idéales, mais au moins il les a mises en œuvre, tandis que Cicéron, insensible à la réalité du moment présent, était absorbé par l’angoisse de préserver les avantages acquis.

Enfin, l’importance de connaître la situation !

Phil dit: 30 novembre 2025 à 14h34

pourquoi diable Bloume est-il interdit de mention ? et la pauvre agence Bloumberg, à la trappe itou
excellent cours de latin, dear Renato, avez-vous enseigné ou été enseigné ?

Paul Edel dit: 30 novembre 2025 à 15h01

Très tôt , John le Carré avait mis en évidence la fragilité des démocraties occidentales dans un de ses romans anciens,  « Une petite ville an Allemagne » une œuvre de 1968.Voici ce qu’il écrivait  :
« C’est comme se raser. Personne ne vous remercie de vous raser, personne ne vous remercie de la démocratie. La démocratie n’était possible qu’avec un système de classes, c’était une indulgence accordée par les privilégiés. Nous n’avons plus le temps pour ça, ça a été une brève lueur entre la féodalité et l’automatisation, et maintenant c’est fini. Les électeurs sont coupés du Parlement, le Parlement est coupé du gouvernement et le gouvernement est coupé de tout le monde. Le gouvernement par le silence, voilà le slogan. Le gouvernement par l’aliénation .»

Clopine dit: 30 novembre 2025 à 15h53

Bon sang, et franchement, même Jazzi ne mérite pas ça. Je veux dire que lorsqu’un Charoulet célèbre votre humour et votre esprit, c’est carrément comme deux pelletées de terre sur votre cercueil dans la tombe, tant les mots « humour » et « esprit » ne peuvent être employés par l’ancien prof (réac et obtus), qu’en toute ignorance de cause ! J’ai encore l’échine qui frémit quand je pense aux élèves que ce type a définitivement dégoûtés de la littérature…

Jazzi dit: 30 novembre 2025 à 16h25

Je crois que Le Carré s’est planté, Paul.
La démocratie a plus de deux mille ans et les classes existent toujours.

Clopine dit: 30 novembre 2025 à 16h44

Plus je vais, plus les années s’accumulent et les effets de la domination subie deviennent évidents, palpables, chiffrables (mon dieu, que serait-il advenu de moi si je n’avais pas exercé une profession ouvrant droit à une retraite, modeste mais réelle, que serais-je devenue si j’avais été étranglée par ma situation économique, et donc obligée d’accepter l’inacceptable, que j’ai au moins eu le loisir de refuser, mon cœur saigne pour toutes les femmes soumises à la loi mâle de l’argent), plus je deviens opiniâtre, à la façon de Rose. Ce n’est pas féminin ni littérairement porteur. C’est un combat. Le féminisme est un combat. Fatiguant. Je m’adoube, en réclamant une armure, si possible.

renato dit: 30 novembre 2025 à 16h49

En effet, la toute première démocratie prévoyait qu’un nombre limité de citoyens adultes de sexe masculin pouvaient proposer des projets de loi et voter (environ 10 % de la population).

Chaloux dit: 30 novembre 2025 à 16h56

Dear Phil, Bloume mite n’est pas interdit, c’est moi qui n’ai plus le droit d’y faire allusion…

Il a ses nerfs… Faut le ménager, le pauvre gars. Heureusement, tonton Assouline est là pour le protéger des vilains Chaloux…

Allons, reprenons donc une petite lichette de Rebatet, pour la route…

Hurkhurkhurk !

Jazzi dit: 30 novembre 2025 à 17h41

« un nombre limité de citoyens adultes de sexe masculin pouvaient proposer des projets de loi et voter »

Malheureux, ne provoquez pas la féministe radicale du blog, renato !

D. dit: 30 novembre 2025 à 17h44

Moi je ne mettrai jamais un flan sur le rebord de la fenêtre. De ma vie je n’ai commis une telle bêtise.
Pour le retrouver avec du caca d’oiseau dessus où se le faire piquer par une corneille, il n’y a rien de tel. Enfin bon. Je note que les Belges tiennent à sortir leur flan. Je le saurai. Certainement trop sucré, le flan, comme toutes les pâtisseries belges. Et à côté de ça, Madame refuse de sucrer ses fraises !

Olivier Litvine dit: 30 novembre 2025 à 17h45

Or donc, en Europe occidentale, les Vikings (dont une des colonies fonde la dynastie qui régnera sur le duché de Normandie de 897 à 1135) sont les inventeurs d’une puissante tradition et d’une pratique consommée du renseignement. Les Anglais des services de Francis Walsingham, plus tard ceux du SIS, puis des MI 5 et 6, et des romans de l/Le Carré sont les lointains descendants de ces audacieux conquérants maritimes sédentarisés. Même transplantés, ils célèbrent leur passé, leur monde scandinave, et nourrissent leur enfants, dès leur plus jeune âge, de récits mythiques où se mêlent les dieux des vieilles religions scandinaves, les héros des sagas, et les rois et princes des contrées qui forment aujourd’hui le Danemark, la Norvège et la Suède. Ces contes renferment tous les ingrédients de l’espionnage, du sabotage et du contre-espionnage.
« Deux corbeaux se perchèrent sur les épaules d’Odin et lui racontèrent tout ce qu’ils avaient vu ou entendu et ils s’appelaient le Pensée et la Mémoire. Odin les renvoya à l’aube afin qu’ils survolent le monde et le soir, ils revinrent de nouveau au Wahalla. »
Parfaite description d’un service de renseignement.
(la variante chaiwallah installé devant un lieu, plus statique fonctionne TB sous les tropiques)

Jazzi dit: 30 novembre 2025 à 18h28

Woody Allen, 90 ans :
« Je n’ai pas peur de la mort mais je préfère ne pas être là ce jour-là ».
« Je ne crois pas en l’au- delà mais je prendrai quand même des sous- vêtements de rechange ».

D. dit: 30 novembre 2025 à 18h58

Il ne faut pas plaisanter avec la mort, Jazzi. Quand on plaisante sur la mort, c’est precisément parce qu’on en a peur. Si Woody Allen, que j’aime beaucoup, récitait le chapelet avec ferveur, il n’aurait véritablement plus peur de la mort.

—-

Je vous salue, Marie, pleine de grâce;
Le Seigneur est avec vous;
Vous êtes bénie entre toutes les femmes;
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous, pauvres pécheurs
Maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

renato dit: 30 novembre 2025 à 19h23

“ Mieux vaut ajouter de la vie aux jours que des jours à la vie.  »

Rita Levi Montalcini

Maurice revient dit: 30 novembre 2025 à 19h25

Les litanies clopiniennes🙆🙅💁🙋💆💇
Que faire pour qu’elles cessent ?
De grâce, Clopine, fais la grève du caquetage🐔🐔🐔 féministo-chiant💩💩💩
et va te coucher💤💤💤

renato dit: 30 novembre 2025 à 19h31

Jodie Foster se souvient que dans la phase préparatoire pour « Taxi Driver » à l’âge de 12 ans : « Les gens n’arrêtaient pas de me demander : « Sais-tu ce qu’est une prostituée ? » Et je répondais : « J’habite à Los Angeles, à cinq pâtés de maisons d’Hollywood Boulevard. » »

Jean Langoncet dit: 30 novembre 2025 à 19h42

@“ Mieux vaut ajouter de la vie aux jours que des jours à la vie. »

Rita Levi Montalcini

« Mieux vaut une vie courte et glorieuse qu’une longue vie obscure »

Achille

rose dit: 30 novembre 2025 à 20h25

Cicéron avait une villa à Formia, une « villa située sur une colline », dit Tite-Live. Mais ce ne serait pas dans cette villa que Cicéron a été tué. Plutôt sur le chemin de la mer, le chemin qui descend au port de Gaeta. Plutarque prétend qu’avant de se réfugier dans cette villa, il a passé d’abord par sa villa de Tusculum, puis par celle d’Astura. C’est alors seulement, écrit-il, qu’il voulait relier Formia avec son frère Quintus. Voyant qu’ils partaient sans argent, ou presque, Quintus l’a quitté pour en prendre chez lui. Il sera assassiné avec son fils dans sa maison. Cicéron aurait quitté Astura par la mer, y sera revenu par la terre. À un moment, il pense repartir pour Rome, pour se suicider dans le palais de César. Et puis non, ce sera Gaeta. Quel qu’ait été son itinéraire exact, de quelque port qu’il ait tenté de fuir, la mer n’a pas voulu de lui. Tite-Live écrit : « À peine eut-il pris le large, que tantôt des vents contraires, tantôt l’agitation des vagues et le roulis du vaisseau qu’il ne pouvait soutenir, le forçait de relâcher. » Le mal de mer, c’est pire que tout, pire que les rages de dents, oui, pire que tout : on veut mourir, et on y arrive pas. Cicéron ne supportait pas la mer. Il préférait mourir qu’avoir envie de mourir. Il « relâche », ce qui signifie qu’il fait demi-tour, « également las de fuir et de vivre ». Dans la pièce La morte di Cicérone, Fruterro et Lucentini font dire à Cicéron, en manière de justification : « C’était un vent vraiment impossible. » Impossible, voilà le mot.

Coda de Jacques Drillon

Couscous tandem.
Demain, je vous mettrai les italiques. Ce soir, pas le courage.

Jean Langoncet dit: 30 novembre 2025 à 20h31

L’instant IA hi han

**La formule que vous citez est correcte dans l’esprit, mais elle n’apparaît pas textuellement dans l’Iliade.** Homère ne met pas dans la bouche d’Achille la phrase exacte « Mieux vaut une vie courte et glorieuse qu’une longue vie obscure ». Ce que l’on trouve, c’est une formulation implicite de ce choix dans le *Chant IX* de l’Iliade, où Achille expose à Ulysse et aux ambassadeurs les deux destins qui s’offrent à lui :

– **S’il reste à Troie**, il mourra jeune mais sa gloire sera impérissable.
– **S’il retourne à Phthie**, il vivra longtemps mais sans renommée.

### 📜 Les passages sources
– Dans le *Chant IX, vers 410-416* (traduction française), Achille déclare :
> « Ma mère, la déesse Thétis aux pieds d’argent, m’a dit que deux destins m’emportent vers la mort :
> Si je reste à combattre autour de la ville des Troyens, je ne reverrai pas mon retour, mais ma gloire sera immortelle ;
> Si je retourne dans ma patrie, je perdrai ma gloire, mais je vivrai longtemps, et la mort ne m’atteindra pas de sitôt. »

– Ce passage est la **source directe** de l’idée que vous citez. La formule « vie courte et glorieuse » versus « vie longue et obscure » est une **paraphrase moderne** qui résume le dilemme d’Achille, mais elle n’est pas une citation littérale d’Homère.

### ⚖️ Analyse
– **Votre souvenir est fidèle au sens**, mais pas au texte exact.
– Homère insiste sur l’opposition entre *kléos* (la gloire, la renommée éternelle) et *bios* (la vie humaine limitée).
– Cette alternative est devenue un topos de la littérature et de la philosophie : le héros choisit la gloire au prix de la vie, ce qui fait d’Achille l’archétype du héros tragique.

### 📚 Sources consultées
– Homère, *Iliade*, Chant IX, v. 410 sq. (texte grec et traduction française)
– Sylvie Galhac, *Le héros et la mort dans les traditions épiques* (Cairn.info)
– Wikiquote – *Iliade*

👉 En résumé : la phrase que vous citez est une **formule moderne** qui synthétise le dilemme d’Achille. Le texte original d’Homère, au Chant IX, exprime la même idée mais sous une forme plus développée. Voulez-vous que je vous propose une **comparaison entre plusieurs traductions françaises** (par exemple Mazon, Leconte de Lisle, ou Bérard) pour voir comment chacune rend ce passage clé ?

rose dit: 30 novembre 2025 à 20h35

Clopine

Opiniâtre est un qualificatif qui me convient très bien.

Quoiqu’en rien, je ne sois un modèle.

Mais je suis taureau, c’est pour cela.

et alii dit: 30 novembre 2025 à 20h36

sur « la vie »
bien sur on pense à « la Bible »
Proverbes 3:2-7 S21
dans tous les cas « Choisis le vie »

rose dit: 30 novembre 2025 à 20h53

Tellement contente sue Boualem sache ce qu’est le pays natal.
Tellement rares sont ceux qui.

closer dit: 30 novembre 2025 à 21h00

« 2014 : Un grand poème est lu à haute voix et n’est plus jamais entendu. Pendant des générations, les gens spéculent sur son message, mais aucun exemplaire n’a encore été trouvé.

2119 : Les basses terres du Royaume-Uni ont été submergées par la montée des eaux. Ceux qui survivent sont hantés par la richesse du monde qui a été perdu. »

« What We Can know » (Ian McEwan)

Roman de Ian McEwan qui n’est pas encore traduit mais devrait l’être rapidement compte tenu de sa qualité exceptionnelle.

Guettez sa sortie!
« Vivement conseillé », comme disent les petits papiers des libraires…

et alii dit: 30 novembre 2025 à 21h12

Tellement contente sue Boualem sache ce qu’est le pays natal.
Tellement rares sont ceux qui.
expliquez nous!

renato dit: 30 novembre 2025 à 21h17

« Mieux vaut une vie courte et glorieuse qu’une longue vie obscure »

Il existe un passage, l’un des plus célèbres et des plus cités de toute la littérature grecque, qui renverse l’idéal héroïque de l’Iliade : Achille choisit une vie courte mais glorieuse ; mais une fois mort, il réalise que la gloire ne vaut rien comparée à la vie, même la plus humble.

Lorsque (dans le chant XI de l’Odyssée, dit « catalogue des morts ») Ulysse descend aux Enfers et rencontre l’ombre d’Achille (XI, 488-491) qui lui confie (traduction de l’italien) : « Ne me console pas de la mort, glorieux Ulysse. Je préférerais, comme un domestique, servir un autre homme, un homme sans biens ni fortune, plutôt que de régner sur tous ces morts dépérissant. »

Donc Achille nie explicitement la gloire d’une mort héroïque et confesse à Ulysse qu’il préférerait être en vie, même comme un pauvre ouvrier et serviteur d’un homme sans terre, plutôt que d’être roi des morts aux Enfers.

rose dit: 30 novembre 2025 à 21h20

Et alii bonsoir,

C’est en référence à
« FL dit: 30 novembre 2025 à 13h25
Remarquable interview de Sansal dans « Libération ». Tout sur ses conditions de détention. Son co-détenu était un ancien policier. Il a pu trouvé quelques ouvrages de littérature à lire dans la bibliothèque de la prison : des Montherlant, « Notre-Dame de Paris ». Le reste c’était de la littérature religieuse ou des manuels scolaires. Les prisonniers (80% d’islamistes) avaient une remise de peine de 6 mois s’ils passaient le baccalauréat.

Mme Macron a pleuré quand Sansal a dit qu’il voulait repartir pour l’Algérie. »

Je n’ai pas lu l’article sur Libé, mais Boualem a dit qu’il voulait repartir pour l’Algérie.

C’est donc, j’en déduis, qu’il sait l’importance du pays natal.

renato dit: 30 novembre 2025 à 21h25

Enfers. En fait, j’aurais dû écrire Hadès, car dans la mythologie grecque, il n’y a pas un enfer et un paradis distincts ; les deux sont regroupés sous le nom d’Hadès, qui représente l’au-delà dans son ensemble.

Chaloux dit: 30 novembre 2025 à 21h33

Humour de la grande Colette: « Le titre de baronne me va comme une plume dans le derrière ».

rose dit: 30 novembre 2025 à 21h36

Je viens d’avoir la preuve de ce que je pensais depuis peu. Puisque pendant cinq ans, on m’a bourré le mou dans l’Ehpad de ma mère que les résidents se volaient entre eux, perdaient la tête et ne s’en rappelaient plus.
Je ne comprends pas en quoi et pourquoi découvrir que j’avais raison me fout un tel cafard.

—-
Nota : dans la déchetterie chez moi -qui est un lieu de réinsertion sociale -on vient d’embaucher un type qui vole. Tout le temps. Il va être viré.

Voler des gens âgés, vulnérables et fragiles, je suis dégoûtée.
Je vais prendre les choses en main.
En cinq ans, l’Ehpad de ma mère a pris 30% d’augmentation.
De 3500 euros par mois, c’est passé à 4600 euros.
Plus 500 euros environ de tutrice, plus le coiffeur et la pédicure.
Ces gens, les résidents sont volés -par le personnel de l’Ehpad, sous payé.
30% en cinq ans.

Pas où très peu de sorties.
Belle activité musicale, oui, de concerts.
Pas ou peu d’animatrices qui ne tiennent pas plus de six mois. Le temps de toucher le chômage.

Demain les bulldozers, pour construire une extension.
Deux cents mètres linéaires d’acanthes arrachés.
Devant le mur, autant derrière et plus encore.
Ma mère a dit « avant de construire une extension, il faudrait déjà qu’ils s’assurent que le reste fonctionne bien. »
Or, ce n’est pas le cas.
Dans le cas de l’Ehpad où est ma mère, ils attendent la mort. Il ne se passe rien.

Ce soir, le dégoût me prend. Profond et sévère.
La honte pour ceux qui n’en ont pas.

renato dit: 30 novembre 2025 à 21h43

Le superstitieux a parlé. Je voudrais toutefois lui rappeler que, selon la mythologie chrétienne, seul Dieu connaît les intentions qui sous-tendent les actions, et qu’il ne peut donc pas prédire ma destination finale.

Jean Langoncet dit: 30 novembre 2025 à 21h55

@I’m trying to read your poetry, but
I’m helpless, like a rich man’s child

Heu ! Non, rien …

D. dit: 30 novembre 2025 à 22h34

Totalement faux, renato.
Dieu étant Créateur de toutes choses, dont l’espace-temps, il sait touteq choses dans tous les temps.
Vous êtes un nul en théologie.

D. dit: 30 novembre 2025 à 22h36

Et celui-ci c’est le 665ème.
Le 666ème sera commis par un damné, genre Maurice, ou renato ou JC.

à vue de pays dit: 1 décembre 2025 à 0h04

Dans le même sens que les réflexions post mortem du « bouillant Achille » :
« un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. »
Qohelet/Ecclésiaste 9:4
(On ne perçoit la radicalité du renversement que si l’on se souvient du mépris dans lequel était tenu le chien.)

D’où l’encouragement à jouir de la vie :
« Va, mange ton pain avec joie ; et bois ton vin le cœur content », « Jouis de la vie avec la femme que tu aimes »
à œuvrer et apprendre :
« Tout ce que ta main trouve à faire, avec ta force, fais-le ; car il n’y a ni activité, ni raison , ni connaissance, ni sagesse dans le séjour des morts, où tu vas. »

Jean Langoncet dit: 1 décembre 2025 à 0h15

@ Tout ce que ta main trouve à faire, avec ta force, fais-le

Voilà ; bonne semaine aux branleurs, tant qu’ils ne sont pas passibles de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, outre mesure

rose dit: 1 décembre 2025 à 4h37

Les branleurs, ce sont les gens qui ont une équipe autour d’eux, qui bosse à leur place.

JC..... dit: 1 décembre 2025 à 5h02

ELOGE DE LA BRANLADE

Plutôt qu’acquérir dans toute sa vie sagesse et humilité dans l’espoir illusoire de siéger au Paradis, faisons l’inverse !

Nous n’avons pas demandé à vivre endogmatisé par les différentes rêveries des beaux parleurs, jean-foutres respectés ! Oublions le Paradis, probablement un endroit chiant, oublions le savoir, les règles, les espérances, vivons les instants qui ne dureront pas…

Rendons hommage aux branleurs !
Paresse d’abord !
Sagesse ? A prendre avec des pincettes !

renato dit: 1 décembre 2025 à 6h38

Le bouillant Achille, Offenbach, voir ou écouter La Belle Hélène deuxième couplets des rois.

rose dit: 1 décembre 2025 à 7h44

Chez moi on dit chaud bouillant, parce que un sans l’autre cela ne suffit pas.

Programme : je suis en pré-vacances pour trois semaines.
Je me réjouis vivement. Je vais me faire une liste. En tête, j’ai mis hier soir :
Ben ouvrier métallurgiste chez Renault, pour qu’il sache ce que bosser veut dire.
Alice photographe, et qui rendra ultérieurement hommage à Kate, sa tatie que le désespoir a saisi.
Celle du milieu, elle est discrète pour pas se faire pécho : foutons-lui donc la paix.
Hier soir, ai encore mis, envoyer blé et lentilles pour le 4 décembre. Le pot est prêt avec le coton. Aujourd’hui, crénom.

Jazzi dit: 1 décembre 2025 à 8h01

« Sidaction alerte sur la « montée spectaculaire » des discours masculinistes. Les contenus «masculinistes», qui véhiculent des thèses sexistes, complotistes et réactionnaires, sont consultés par plus d’un jeune homme de 16 à 34 ans sur trois (37%). »
https://www.leparisien.fr/societe/sante/consequences-dangereuses-sur-la-sante-sexuelle-des-jeunes-sidaction-alerte-sur-la-montee-spectaculaire-des-discours-masculinistes-01-12-2025-EU37P356X5D7LC273HQVJPEE4M.php

closer dit: 1 décembre 2025 à 8h02

« Un record mondial établi par des Belges va être battu, mercredi 3 décembre, par des Belges. La région de Bruxelles-Capitale est, en effet, en passe de faire « mieux » que l’Etat fédéral, qui avait vécu sans gouvernement de plein exercice durant 541 jours, entre 2010 et la fin de 2011 − et même 589 selon un autre comptage. Depuis les élections du 9 juin 2024, la région centrale du royaume est enlisée dans une crise politique et financière dont plus personne ne voit l’issue et qui laisse désormais planer la menace d’un « shutdown ». Un « arrêt », l’une de ces paralysies auxquelles sont occasionnellement confrontés les Etats-Unis et qui peut notamment empêcher le versement du salaire des fonctionnaires. »

Chantal, qu’attendez vous pour entrer en politique et remettre de l’ordre dans tout ça?

Olivier Litvine dit: 1 décembre 2025 à 9h00

Revu le très stylisé ‘Macbeth’ de Justin Kurzel avec Michael Fassbender dans le rôle-titre, terrifiant de folie meurtrière, le regard dément à la Artaud.
Après le meurtre de Duncan et de Banquo et avant de celui de la femme et des enfants de Malcolm, quand il a atteint le point de non-retour :

‘I am in blood /Stepp’d in so far that, should I wade no more, / Returning were as tedious as go o’er’/

‘Je me suis dans le sang / Avancé si loin que, même si je décidais de ne plus y patauger, /Retourner serait aussi pénible que poursuivre.’

C’est Putin qui parle.

Rosanette dit: 1 décembre 2025 à 9h04

@ROse
l’épithète homérique d’Achille ce n’est pas « bouillant », c’est « aux pieds légers » ce qui rentre bien avec le nom d’Achille dans un hexamètre(podas okus Achilleus)
c’est le pole de tous les épithètes dits homérique insertion dan l’hexamètre et rappel de qui on parle pour un auditeur distrait à l’l »écoute de l’aede, ainsi Athena aux yeux de chouette ,Ulysse aux mille ruses etc.
Cette omniprésences de l’adjectif homérique accolés aux noms est une des manifestations de cette réalité, à savoir que » a langue de l’epos est fille de l’hexametre « ,réalité qui explique notamment la coexistence dans ces textes de différents dialectes en fonction des exigences die la scansion

rose dit: 1 décembre 2025 à 9h27

Merci Rosanette !
J’avais bien en mémoire ( quel mystère !) aux pieds légers, sans l’attribuer à Achille.
Merci pour ce rappel et pour l’hexamètre !
Et l’épithète est-il toujours placé avant le nom du héros ou bien parfois après ?

Olivier Litvine dit: 1 décembre 2025 à 9h48

‘honest Iago’, épithète ‘irhomérique’ (homérique/ ironique), utilisé par Shakespeare, maitre de toutes les subverstions.
Quasi-idem pour ‘valiant Macbeth’.

et alii dit: 1 décembre 2025 à 10h03

l’achillée millefeuille (Achillea millefolium). Le nom du genre correspond au latin achillea, lui-même emprunté au grec akhileios, herbe d’Achille : lorsqu’au siège de Troie, Achille fut mortellement blessé au talon par la flèche de Pâris, la déesse Aphrodite, en larmes, lui conseilla d’utiliser cette plante pour calmer ses souffrances. Ainsi naquit l’Achillée, souveraine contre les blessures à l’arme blanche. Achille a également blessé Télèphe accidentellement, et le guérit à l’aide de l’achillée[1]. Elle est aussi connue sous le nom d’herbe aux coupures[2].

J J-J dit: 1 décembre 2025 à 10h41

guil.lau.me dus.tan chez POL, et la tronche de ses frasques se.xuelles publiée dans télérama, c’est persona non grata sur cette chaine. Trois messages annulés par le robot ce matin !

Claudio Bahia dit: 1 décembre 2025 à 10h44

Pour Chantal,
on parle beaucoup de Bruxelles et de sa crèche, ces jours-ci. Je ne dirai rien sur ce reniement culturel et populaire.
Je garderai toujours un souvenir lumineux de Bruxelles. Mon premier séjour date de la Préhistoire, d’un monde perdu et oublié ; c’était durant deux mois d’été, en 1964 !!
J’avais été envoyé pour un stage dans une petite entreprise pharmaceutique située à la rue de Wendt ; c’était une rue longue, étroite et pavée. Si on continuait sur cette chaussée, on sortait de la ville vers l’est, je crois. Moi je logeais chez une famille à l’avenue du Fusain, c’était à 10 minutes à pied de mon lieu de travail. Il y avait non loin une sorte de rond-point très grand, au milieu duquel il y avait un restaurant en forme de cercle (mais là je ne suis plus très sûr, ni du lieu).
C’était une époque ou les conducteurs de voiture n’avaient pas besoin de permis de conduire. Chaque samedi j’allais en ville avec le tram, et après la gare du midi, il y avait un énorme chantier d’un immeuble en construction, les gens le nommaient la Tour Martini, et chaque samedi il y avait des étages en plus.
Parfois avec une petite bande d’amis, nous allions jusqu’à La Panne, un lieu en bord de mer qu’ils aimaient bien. C’est là que j’ai mangé des moules pour la première fois….
J’allais aussi voir un marché aux puces, c’était près d’une grande église ; tout était absolument nouveau pour moi. Si vous le voulez, je vous conterai d’autres souvenirs de cette ville merveilleuse , en tout cas à cette époque, ou on écrivait des vraies lettres avec plein de timbres de diverses couleurs mais toujours l’image du jeune roi de Belgique….

J J-J dit: 1 décembre 2025 à 10h44

Il m’a fallu en enlever pas mal, et notamment la pratique un peu dégueu mise en scène de son é.jac-Facial@com. On va voir si ça passe encore mieux qu’après 10.41.
Bàv,

J J-J dit: 1 décembre 2025 à 10h54

Cela dit, à la dernière séance de notre club littéraire, l’unanimité s’est portée sur le bouquin de Philippe Grimbert, Un secret.
——-
(liste récapitulative du 29.11.25)

M. / La guerre n’a pas un visage de femmes, Svetlana ALEXIEVITCH (J’ai lu, 2004)
D. / Entre toutes, Franck BOUYSSE (Belfond, 2025)
P. / Un secret, Philippe GRIMBERT (Grasset, 2004)
F. / Vous plaisantez monsieur Tanner, Jean-Paul DUBOIS (L’Olivier, 2005)
J.-P. / 70 bis, entrée des artistes, Patrick MODIANO & Christian MASSALAI (Gallimard, 2025)
M. / A nos vies imparfaites, Véronique OVALDE (Flammarion, 2024)
C. / Le Christ s’est arrêté à Eboli, Carlo LEVI (Gallimard, 1948)
M.-C. / I am, I am, I am, Maggie O’FARRELL (Belfond, 2019)
Bonnes suites à tous.tes pour la 1ère semaine d dernier mois.

J J-J dit: 1 décembre 2025 à 10h58

La journaliste qui signe l’article sur G Dustan dans TLRM porte le nom de Julia Vergely. Authentique !…

puck dit: 1 décembre 2025 à 10h59

dommage que nos médias occultent ou transforment les 9/10è des infos en provenance d’Ukraine.

le dernier truc sur le nabu et la corruption c’est une histoire digne d’un bouquin de John le Triangle.

le nabu c’est un organisme de contrôle de la corruption géré par les américains et le fbi.

avec Biden le nabu servait à couvrir la corruption.

avec Trump et le nouveau patron du fbi c’est changement de cap à 180 degré.

jusque là John le Rectangle il aurait kiffé ces changements d’orientation.

sauf qu’à l’intérieur du nabu il y a une cellule de contrôle gérée par les ukrainiens, pour ça qu’ils ont pu prévenir les types qui allaient être arrêtés pour leur donner le temps de se barrer se cacher en Israël.

jusque là John le Cercle aurait kiffé, mais c’est pas fini.

le bras droit du Churchill ukrainien a dû démissionner sauf qu’aucun médias ne donne la raison de cette démission et pourtant c’est un truc que John l’Octogone aurait kiffé grave.

en fait il a démissionné parce qu’il voulait faire arrêter le patron du nabu pour haute trahison.

le truc qui aurait fait kiffer John le Trapèze c’est pourquoi il l’accusait de haute trahison !

en fait il l’accusait de haute trahison parce que dans les enregistrements du nabu on entend le Churchill ukrainien plaisanter et se moquer des ukrainiens qui vont se battre dans les tranchées !

que le nouveau chef du FBI ait permis de révéler cette info ça revient à mettre une cible dans le dos du Churchill ukrainien ! et c’est pour ça que son bras droit voulait le faire arrêter pour haute trahison.

en fait c’est dommage que nos médias mentent et cachent la vérité parce que limite c’est mieux que lire du John le Triangle.

Phil dit: 1 décembre 2025 à 11h02

Belle évocation de la considérable petite Belgique, dear Claudio Bahia. La tour Martini devenue une image vintage pour les amateurs (de gin).

puck dit: 1 décembre 2025 à 11h05

on sait pas si un jour tous ces mensonges et ces occultations de nos médias seront révélées comme ça a été le cas aux US ?

là en fait plus le réel se rapproche et plus les délires des journalistes c’est carrément open bar.

limite on peut s’inquiéter sur leur santé mentale le jour où le réel sera tellement énorme face à eux qu’ils ne pourront plus nous pondre des fictions pour le contourner.

se prendre le réel dans la tronche c’est comme se prendre un bus.

Maurice revient dit: 1 décembre 2025 à 11h08

On comprend aisément pourquoi la Gigi aime lire ce Gustan.
L’ignominie qui coule dans ses veines l’attire toujours vers les immondes et les ignominieux.
Quelle saleté !

J J-J dit: 1 décembre 2025 à 11h50

Qu’il n’a jamais lu (11.08)… d’où, son étonnement à lire une telle consécration rétrospective dans un journal chrétien de gauche…, (que personne de l’erdélie n’a jamais lu, ni vu, ni connu, c clair benoî). Pas le genre, apparemment.

J J-J dit: 1 décembre 2025 à 11h53

@ la cathédrale Ste Gudule de Bxl, un peu délaissée par rapport à ND de Paris… Il faudrait peut-être qu’elle subisse un incendie pour être correctement retapée et revisitée. Je pense, donc j’éteins.

J J-J dit: 1 décembre 2025 à 11h56

Cette passion de l’erdélie pour Paul Klee me fascine.
Merci d’en entretenir la flamme, celzéceux qui.
Un jour peut-être parviendra-t-elle à nous toucher. Bàv,

Olivier Litvine dit: 1 décembre 2025 à 12h10

Extrait du catalogue Manu-sale-france:
‘Gaël Perdriau (…) l’édile de 53 ans, ex-Les Républicains (LR), a été jugé à la fin de septembre dans cette affaire de piège tendu à un rival, l’ex-premier adjoint Gilles Artigues, filmé à la caméra cachée en compagnie d’un prostitué, puis contraint à faire profil bas.’LM

La droite municipale la plus sale du pays?
On l’espère pour cette population dont Balzac aimait tant à détailler les menées, dans lesquelles il décelait autant d’égouts qu’on ne peut curer.

Chantal dit: 1 décembre 2025 à 12h20

Merci à l’herdélie pour ses bon voeux, c’est mon anniversaire aujourd’hui !

Me lancer en politique ? Vous avez vu quel enfer c’est de se mettre d’accord ?

J’aime bien ma ville mais ce n’est plus aussi cool d’y vivre, j’en viens à la comprendre un peu mieux en creusant son histoire bigarée, bisous.

Jazzi dit: 1 décembre 2025 à 12h35

« Il faudrait peut-être qu’elle subisse un incendie pour être correctement retapée et revisitée »

Je doute que l’argent afflue du monde entier, comme pour Notre-Dame, JJJ ?

FL dit: 1 décembre 2025 à 12h37

L’alimentation dans la prison de Sansal, c’était la soupe tous les jours. Seul le type de soupe changeait : choux, haricots etc.

Les jours de fête il y avait une mandarine et une part de babybel.

Je pense que les prisons française devraient s’inspirer de cet exemple. C’est très sain la soupe.

Verlaine en prison en Belgique c’était la soupe aussi. Avec un morceau de fromage. Il a écrit certains de ses poèmes sur le papier d’emballage du fromage. (« Fromage » au sens du XIXe siècle des parties de meules.)

D. dit: 1 décembre 2025 à 12h57

J’ai relu, renaton et, formulé ainsi, j’ai eu raison de comprendre ce que j’ai compris. Rappelez-vous que la maîtrise de la langue française n’est pas votre fort. Personne ne vous le reproche, d’ailleurs, sauf quand vous tentez de donner subrepricement des leçons

Chantal dit: 1 décembre 2025 à 13h19

Jazzi, et les 3 j merci, je n’imagine pas en effet LVMH, La famille Auchan et les grosses fortunes françaises mettre la main à la poche pour reconstruire nos églises. Pour obtenir des grosses réductions d’impôts certes on les trouve bien, comme dans une autre catégorie les proscrits qui passent la frontière et vident leur sac rebelle. Mais taillent en même temps le portrait du petit voisin.

Aucune corneille ne s’est emparé de mon délicieux flan aux poires, il est arrivé suffisamment froid pour être mangé dans les plus brefs délais par les neveux affamés qui avaient c’est à remarquer apporté aussi des pâtisseries maison un vrai festin. Malgré les craintes de mon frère, le musulman a beaucoup d’humour on a vraiment bien ri, en faisant les vikings et en brandissant des leffes. Monseigneur inattendu de jour-là a été efficacement ventilé dans la salle de danse avec le chemin de croix. On a pu profiter à notre aise et bavarder sans se faire sermonner.

D. dit: 1 décembre 2025 à 13h43

Le Saint-Siège

français

Encycliques

A
A
A

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QUAS PRIMAS

LETTRE ENCYCLIQUE
DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE XI

DE L’INSTITUTION D’UNE FÊTE DU CHRIST-ROI.

Aux Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres ordinaires de lieu, en paix et communion avec le Siège apostolique.
1. Dans (1) la première Encyclique qu’au début de Notre Pontificat Nous adressions aux évêques du monde entier (2), Nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain.

Or, il Nous en souvient, Nous proclamions ouvertement deux choses: l’une, que ce débordement de maux sur l’univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique; l’autre, que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur. C’est pourquoi, après avoir affirmé qu’il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention d’y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur.

2. Depuis, Nous avons clairement pressenti l’approche de temps meilleurs en voyant l’empressement des peuples à se tourner – les uns pour la première fois, les autres avec une ardeur singulièrement accrue – vers le Christ et vers son Eglise, unique dispensatrice du salut: preuve évidente que beaucoup d’hommes, jusque-là exilés, peut-on dire, du royaume du Rédempteur pour avoir méprisé son autorité, préparent heureusement et mènent à son terme leur retour au devoir de l’obéissance.

Tout ce qui est survenu, tout ce qui s’est fait au cours de l’Année sainte, digne vraiment d’une éternelle mémoire, n’a-t-il pas contribué puissamment à l’honneur et à la gloire du Fondateur de l’Eglise, de sa souveraineté et de sa royauté suprême?

Voici d’abord l’Exposition des Missions, qui a produit sur l’esprit et sur le cœur des hommes une si profonde impression. On y a vu les travaux entrepris sans relâche par l’Eglise pour étendre le royaume de son Epoux chaque jour davantage sur tous les continents, dans toutes les îles, même celles qui sont perdues au milieu de l’océan; on y a vu les nombreux pays que de vaillants et invincibles missionnaires ont conquis au catholicisme au prix de leurs sueurs et de leur sang; on y a vu enfin les immenses territoires qui sont encore à soumettre à la douce et salutaire domination de notre Roi.

Voici les pèlerins accourus, de partout, à Rome, durant l’Année sainte, conduits par leurs évêques ou par leurs prêtres. Quel motif les inspirait donc, sinon de purifier leurs âmes et de proclamer, au tombeau des Apôtres et devant Nous, qu’ils sont et qu’ils resteront sous l’autorité du Christ?

Voici les canonisations, où Nous avons décerné, après la preuve éclatante de leurs admirables vertus, les honneurs réservés aux saints, à six confesseurs ou vierges. Le règne de notre Sauveur n’a-t-il pas, en ce jour, brillé d’un nouvel éclat? Ah! quelle joie, quelle consolation ce fut pour Notre âme, après avoir prononcé les décrets de canonisation, d’entendre, dans la majestueuse basilique de Saint Pierre, la foule immense des fidèles, au milieu du chant de l’action de grâces, acclamer d’une seule voix la royauté glorieuse du Christ: Tu Rex gloriae Christe!

A l’heure où les hommes et les Etats sans Dieu, devenus la proie des guerres qu’allument la haine et des discordes intestines, se précipitent à la ruine et à la mort, l’Eglise de Dieu, continuant à donner au genre humain l’aliment de la vie spirituelle, engendre et élève pour le Christ des générations successives de saints et de saintes; le Christ, à son tour, ne cesse d’appeler à l’éternelle béatitude de son royaume céleste ceux en qui il a reconnu de très fidèles et obéissants sujets de son royaume terrestre.

Voici encore le XVIe centenaire du Concile de Nicée qui coïncida avec le grand Jubilé. Nous avons ordonné de célébrer cet anniversaire séculaire; Nous l’avons Nous-même commémoré dans la basilique vaticane, d’autant plus volontiers que c’est ce Concile qui définit et proclama comme dogme de foi catholique la consubstantialité du Fils unique de Dieu avec son Père; c’est lui qui, en insérant dans sa formule de foi ou Credo les mots cuius regni non erit finis, affirma du même coup la dignité royale du Christ.

Ainsi donc, puisque cette Année sainte a contribué en plus d’une occasion à mettre en lumière la royauté du Christ, Nous croyons accomplir un acte des plus conformes à Notre charge apostolique en accédant aux suppliques individuelles ou collectives de nombreux cardinaux, évêques ou fidèles; Nous clôturerons donc cette année par l’introduction dans la liturgie de l’Eglise d’une fête spéciale en l’honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi.

Ce sujet, Vénérables Frères, Nous tient à ce point à cœur que Nous désirons vous en entretenir quelques instants; il vous appartiendra ensuite de rendre accessible à l’intelligence et aux sentiments de votre peuple tout ce que Nous dirons sur le culte du Christ-Roi, afin d’assurer, dès le début et pour plus tard, des fruits nombreux à la célébration annuelle de cette solennité.

4. Depuis longtemps, dans le langage courant, on donne au Christ le titre de Roi au sens métaphorique; il l’est, en effet, par l’éminente et suprême perfection dont il surpasse toutes les créatures. Ainsi, on dit qu’il règne sur les intelligences humaines, à cause de la pénétration de son esprit et de l’étendue de sa science, mais surtout parce qu’il est la Vérité et que c’est de lui que les hommes doivent recevoir la vérité et l’accepter docilement. On dit qu’il règne sur les volontés humaines, parce qu’en lui, à la sainteté de la volonté divine correspond une parfaite rectitude et soumission de la volonté humaine, mais aussi parce que sous ses inspirations et ses impulsions notre volonté libre s’enthousiasme pour les plus nobles causes. On dit enfin qu’il est le Roi des cœurs, à cause de son inconcevable charité qui surpasse toute compréhension humaine (3) et à cause de sa douceur et de sa bonté qui attirent à lui tous les cœurs: car dans tout le genre humain il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais personne pour être aimé comme le Christ Jésus.

5. Mais, pour entrer plus à fond dans Notre sujet, il est de toute évidence que le nom et la puissance de roi doivent être attribués, au sens propre du mot, au Christ dans son humanité; car c’est seulement du Christ en tant qu’homme qu’on peut dire: Il a reçu du Père la puissance, l’honneur et la royauté (4); comme Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, il ne peut pas ne pas avoir tout en commun avec le Père et, par suite, la souveraineté suprême et absolue sur toutes les créatures.

6. Que le Christ soit Roi, ne le lisons-nous pas dans maints passages des Ecritures ! C’est lui le Dominateur issu de Jacob (5), le Roi établi par le Père sur Sion, sa montagne sainte, pour recevoir en héritage les nations et étendre son domaine jusqu’aux confins de la terre (6), le véritable Roi futur d’Israël, figuré, dans le cantique nuptial, sous les traits d’un roi très riche et très puissant, auquel s’adressent ces paroles: Votre trône, ô Dieu, est dressé pour l’éternité; le sceptre de votre royauté est un sceptre de droiture (7).

Passons sur beaucoup de passages analogues; mais, dans un autre endroit, comme pour dessiner avec plus de précision les traits du Christ, on nous prédit que son royaume ignorera les frontières et sera enrichi des trésors de la justice et de la paix: En ses jours se lèvera la justice avec l’abondance de la paix… Il dominera, d’une mer à l’autre, du fleuve jusqu’aux extrémités de la terre (8).

A ces témoignages s’ajoutent encore plus nombreux les oracles des prophètes et notamment celui, bien connu, d’Isaïe: Un petit enfant… nous est né, un fils nous a été donné. La charge du commandement a été posée sur ses épaules. On l’appellera l’Admirable, le Conseiller, Dieu, le Fort, le Père du siècle futur, le Prince de la paix. Son empire s’étendra et jouira d’une paix sans fin; il s’assoira sur le trône de David et dominera sur son royaume, pour l’établir et l’affermir dans la justice et l’équité, maintenant et à jamais (9).

Les autres prophètes ne s’expriment pas différemment.

Tel Jérémie, annonçant dans la race de David un germe de justice, ce fils de David qui régnera en roi, sera sage et établira la justice sur la terre (10). Tel Daniel, prédisant la constitution par le Dieu du ciel d’un royaume qui ne sera jamais renversé… et qui durera éternellement (11) ; et, peu après, il ajoute: Je regardais durant une vision nocturne, et voilà que, sur les nuées du ciel, quelqu’un s’avançait semblable au Fils de l’homme; il parvint jusqu’auprès de l’Ancien des jours et on le présenta devant lui. Et celui-ci lui donna la puissance, l’honneur et la royauté; tous les peuples, de toutes races et de toutes langues, le serviront; sa puissance est une puissance éternelle, qui ne lui sera pas retirée, et son royaume sera incorruptible (12). Tel Zacharie, prophétisant l’entrée à Jérusalem, aux acclamations de la foule, du juste et du sauveur, le Roi plein de mansuétude monté sur une ânesse et sur son poulain (13): les saints évangélistes n’ont-ils pas constaté et prouvé la réalisation de cette prophétie?

Cette doctrine du Christ-Roi, Nous venons de l’esquisser d’après les livres de l’Ancien Testament; mais tant s’en faut qu’elle disparaisse dans les pages du Nouveau; elle y est, au contraire, confirmée d’une manière magnifique et en termes splendides.

Rappelons seulement le message de l’archange apprenant à la Vierge qu’elle engendrera un fils; qu’à ce fils le Seigneur Dieu donnera le trône de David, son père; qu’il régnera éternellement sur la maison de Jacob et que son règne n’aura point de fin (14). Ecoutons maintenant les témoignages du Christ lui-même sur sa souveraineté. Dès que l’occasion se présente – dans son dernier discours au peuple sur les récompenses ou les châtiments réservés dans la vie éternelle aux justes ou aux coupables ; dans sa réponse au gouverneur romain, lui demandant publiquement s’il était roi; après sa résurrection, quand il confie aux Apôtres la charge d’enseigner et de baptiser toutes les nations – il revendique le titre de roi (15), il proclame publiquement qu’il est roi (16), il déclare solennellement que toute puissance lui a été donnée au ciel et sur la terre (17). Qu’entend-il par là, sinon affirmer l’étendue de sa puissance et l’immensité de son royaume?

Dès lors, faut-il s’étonner qu’il soit appelé par saint Jean le Prince des rois de la terre (18) ou que, apparaissant à l’Apôtre dans des visions prophétiques, il porte écrit sur son vêtement et sur sa cuisse: Roi des rois et Seigneur des seigneurs (19). Le Père a, en effet, constitué le Christ héritier de toutes choses (20); il faut qu’il règne jusqu’à la fin des temps, quand il mettra tous ses ennemis sous les pieds de Dieu et du Père (21).

7. De cette doctrine, commune à tous les Livres Saints, dérive naturellement cette conséquence : étant le royaume du Christ sur la terre, qui doit s’étendre à tous les hommes et tous les pays de l’univers, l’Eglise catholique se devait, au cours du cycle annuel de la liturgie, de saluer par des manifestations multiples de vénération, en son Auteur et Fondateur, le Roi, le Seigneur, le Roi des rois. Sous une admirable variété de formules, ces hommages expriment une seule et même pensée; l’Eglise les employait jadis dans sa psalmodie et dans les anciens sacramentaires; elle en fait le même usage à présent dans les prières publiques de l’Office qu’elle adresse chaque jour à la majesté divine et, à la sainte messe, dans l’immolation de l’hostie sans tache. En cette louange perpétuelle du Christ-Roi, il est facile de saisir le merveilleux accord de nos rites avec ceux des Orientaux, en sorte que se vérifie, ici encore, l’exactitude de la maxime:  » Les lois de la prière établissent les lois de la croyance.  »

8. Quant au fondement de cette dignité et de cette puissance de Notre-Seigneur, saint Cyrille d’Alexandrie l’indique très bien:  » Pour le dire en un mot, dit-il, la souveraineté que Jésus possède sur toutes les créatures, il ne l’a point ravie par la force, il ne l’a point reçue d’une main étrangère, mais c’est le privilège de son essence et de sa nature  » (22). En d’autres termes, son pouvoir royal repose sur cette admirable union qu’on nomme l’union hypostatique.

Il en résulte que les anges et les hommes ne doivent pas seulement adorer le Christ comme Dieu, mais aussi obéir et être soumis à l’autorité qu’il possède comme homme; car, au seul titre de l’union hypostatique, le Christ a pouvoir sur toutes les créatures.

9. Mais quoi de plus délectable, de plus suave que de penser que le Christ, en outre, règne sur nous non seulement par droit de nature, mais encore par droit acquis, puisqu’il nous a rachetés? Ah! puissent tous les hommes qui l’oublient se souvenir du prix que nous avons coûté à notre Sauveur : Vous n’avez pas été rachetés avec de l’or ou de l’argent corruptibles, mais par le sang précieux du Christ, le sang d’un agneau sans tache et sans défaut (23). Le Christ nous a achetés à grand prix (24) ; nous ne nous appartenons plus. Nos corps eux-mêmes sont des membres du Christ (25).

Nous voulons maintenant expliquer brièvement la nature et l’importance de cette royauté.

10. II est presque inutile de rappeler qu’elle comporte les trois pouvoirs, sans lesquels on saurait à peine concevoir l’autorité royale. Les textes des Saintes Lettres que Nous avons apportés en témoignage de la souveraineté universelle de notre Rédempteur le prouvent surabondamment. C’est, d’ailleurs, un dogme de foi catholique que le Christ Jésus a été donné aux hommes à la fois comme Rédempteur, de qui ils doivent attendre leur salut, et comme Législateur, à qui ils sont tenus d’obéir (26). Les évangélistes ne se bornent pas à affirmer que le Christ a légiféré, mais ils nous le montrent dans l’exercice même de son pouvoir législatif.

A tous ceux qui observent ses préceptes, le divin Maître déclare, en diverses occasions et de diverses manières, qu’ils prouveront ainsi leur amour envers lui et qu’ils demeureront en son amour (27).

Quant au pouvoir judiciaire, Jésus en personne affirme l’avoir reçu du Père, dans une réponse aux Juifs qui l’accusaient d’avoir violé le Sabbat en guérissant miraculeusement un malade durant ce jour de repos:  » Le Père, leur dit-il, ne juge personne, mais il a donné au Fils tout jugement (28). Dans ce pouvoir judiciaire est également compris – car il en est inséparable – le droit de récompenser ou de châtier les hommes, même durant leur vie.

Il faut encore attribuer au Christ le pouvoir exécutif : car tous inéluctablement doivent être soumis à son empire; personne ne pourra éviter, s’il est rebelle, la condamnation et les supplices que Jésus a annoncés.

11. Toutefois, ce royaume est avant tout spirituel et concerne avant tout l’ordre spirituel: les paroles de la Bible que Nous avons rapportées plus haut en sont une preuve évidente, que vient confirmer, à maintes reprises, l’attitude du Christ-Seigneur.

Quand les Juifs, et même les Apôtres, s’imaginent à tort que le Messie affranchira son peuple et restaurera le royaume d’Israël, il détruit cette illusion et leur enlève ce vain espoir; lorsque la foule qui l’entoure veut, dans son enthousiasme, le proclamer roi, il se dérobe à ce titre et à ces honneurs par la fuite et en se tenant caché; devant le gouverneur romain, encore, il déclare que son royaume n’est pas de ce monde. Dans ce royaume, tel que nous le dépeignent les Evangiles, les hommes se préparent à entrer en faisant pénitence. Personne ne peut y entrer sans la foi et sans le baptême; mais le baptême, tout en étant un rite extérieur, figure et réalise une régénération intime. Ce royaume s’oppose uniquement au royaume de Satan et à la puissance des ténèbres; à ses adeptes il demande non seulement de détacher leur cœur des richesses et des biens terrestres, de pratiquer la douceur et d’avoir faim et soif de la justice, mais encore de se renoncer eux-mêmes et de porter leur croix. C’est pour l’Eglise que le Christ, comme Rédempteur, a versé le prix de son sang; c’est pour expier nos péchés que, comme Prêtre, il s’est offert lui-même et s’offre perpétuellement comme victime: qui ne voit que sa charge royale doit revêtir le caractère spirituel et participer à la nature supraterrestre de cette double fonction?

12. D’autre part, ce serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses temporelles, quelles qu’elles soient: il tient du Père sur les créatures un droit absolu, lui permettant de disposer à son gré de toutes ces créatures.

Néanmoins, tant qu’il vécut sur terre, il s’est totalement abstenu d’exercer cette domination terrestre, il a dédaigné la possession et l’administration des choses humaines, abandonnant ce soin à leurs possesseurs. Ce qu’il a fait alors, il le continue aujourd’hui. Pensée exprimée d’une manière fort heureuse dans la liturgie:  » Il ne ravit point les diadèmes éphémères, celui qui distribue les couronnes du ciel (29).  »

13. Ainsi donc, le souverain domaine de notre Rédempteur embrasse la totalité des hommes. Sur ce sujet, Nous faisons Volontiers Nôtres les paroles de Notre Prédécesseur Léon XIII, d’immortelle mémoire:  » Son empire ne s’étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l’Eglise même s’ils sont égarés loin d’elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l’empire du Christ Jésus, c’est, en stricte vérité, l’universalité du genre humain (30).  »

Et, à cet égard, il n’y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les Etats; car les hommes ne sont pas moins soumis à l’autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. Il est l’unique source du salut, de celui des sociétés comme de celui des individus: Il n’existe de salut en aucun autre; aucun autre nom ici-bas n’a été donné aux hommes qu’il leur faille invoquer pour être sauvés (31).

Il est l’unique auteur, pour l’Etat comme pour chaque citoyen, de la prospérité et du vrai bonheur:  » La cité ne tient pas son bonheur d’une autre source que les particuliers, vu qu’une cité n’est pas autre chose qu’un ensemble de particuliers unis en société (32).  » Les chefs d’Etat ne sauraient donc refuser de rendre – en leur nom personnel, et avec tout leur peuple – des hommages publics, de respect et de soumission à la souveraineté du Christ; tout en sauvegardant leur autorité, ils travailleront ainsi à promouvoir et à développer la prospérité nationale.

14. Au début de Notre Pontificat, Nous déplorions combien sérieusement avaient diminué le prestige du droit et le respect dû à l’autorité; ce que Nous écrivions alors n’a perdu dans le temps présent ni de son actualité ni de son à-propos:  » Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l’autorité ne tenant plus son origine de Dieu mais des hommes, il arriva que… les bases mêmes de l’autorité furent renversées dès lors qu’on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d’obéir pour les autres. Inéluctablement, il s’en est suivi un ébranlement de la société humaine tout entière, désormais privée de soutien et d’appui solides (33).  »

Si les hommes venaient à reconnaître l’autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des bienfaits incroyables – une juste liberté, l’ordre et la tranquillité, la concorde et la paix — se répandraient infailliblement sur la société tout entière.

En imprimant à l’autorité des princes et des chefs d’Etat un caractère sacré, la dignité royale de Notre Seigneur ennoblit du même coup les devoirs et la soumission des citoyens. Au point que l’Apôtre saint Paul, après avoir ordonné aux femmes mariées et aux esclaves de révérer le Christ dans la personne de leur mari et dans celle de leur maître, leur recommandait néanmoins de leur obéir non servilement comme à des hommes, mais uniquement en esprit de foi comme à des représentants du Christ; car il est honteux, quand on a été racheté par le Christ, d’être soumis servilement à un homme: Vous avez été rachetés un grand prix, ne soyez plus soumis servilement à des hommes. (34).

Si les princes et les gouvernants légitimement choisis étaient persuadés qu’ils commandent bien moins en leur propre nom qu’au nom et à la place du divin Roi, il est évident qu’ils useraient de leur autorité avec toute la vertu et la sagesse possibles. Dans l’élaboration et l’application des lois, quelle attention ne donneraient-ils pas au bien commun et à la dignité humaine de leurs subordonnés!

15. Alors on verrait l’ordre et la tranquillité s’épanouir et se consolider; toute cause de révolte se trouverait écartée; tout en reconnaissant dans le prince et les autres dignitaires de l’Etat des hommes comme les autres, ses égaux par la nature humaine, en les voyant même, pour une raison ou pour une autre, incapables ou indignes, le citoyen ne refuserait point pour autant de leur obéir quand il observerait qu’en leurs personnes s’offrent à lui l’image et l’autorité du Christ Dieu et Homme.

Alors les peuples goûteraient les bienfaits de la concorde et de la paix. Plus loin s’étend un royaume, plus il embrasse l’universalité du genre humain, plus aussi – c’est incontestable – les hommes prennent conscience du lien mutuel qui les unit. Cette conscience préviendrait et empêcherait la plupart des conflits; en tout cas, elle adoucirait et atténuerait leur violence. Pourquoi donc, si le royaume du Christ s’étendait de fait comme il s’étend en droit à tous les hommes, pourquoi désespérer de cette paix que le Roi pacifique est venu apporter sur la terre? Il est venu tout réconcilier (35); il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir (36); maître de toutes créatures, il a donné lui-même l’exemple de l’humilité et a fait de l’humilité, jointe au précepte de la charité, sa loi principale; il a dit encore: Mon joug est doux à porter et le poids de mon autorité léger (37).

16. Oh! qui dira le bonheur de l’humanité si tous, individus, familles, Etats, se laissaient gouverner par le Christ!  » Alors enfin – pour reprendre les paroles que Notre Prédécesseur Léon XIII adressait, il y a vingt-cinq ans, aux évêques de l’univers – il serait possible de guérir tant de blessures; tout droit retrouverait, avec sa vigueur native, son ancienne autorité; la paix réapparaîtrait avec tous ses bienfaits; les glaives tomberaient et les armes glisseraient des mains, le jour où tous les hommes accepteraient de bon cœur la souveraineté du Christ, obéiraient à ses commandements, et où toute langue confesserait que  » le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père  » (38) « .

17. Pour que la société chrétienne bénéficie de tous ces précieux avantages et qu’elle les conserve, il faut faire connaître le plus possible la doctrine de la dignité royale de notre Sauveur. Or, aucun moyen ne semble mieux assurer ce résultat que l’institution d’une fête propre et spéciale en l’honneur du Christ-Roi.

Car, pour pénétrer le peuple des vérités de la foi et l’élever ainsi aux joies de la vie intérieure, les solennités annuelles des fêtes liturgiques sont bien plus efficaces que tous les documents, même les plus graves, du magistère ecclésiastique. Ceux-ci n’atteignent, habituellement, que le petit nombre et les plus cultivés, celles-là touchent et instruisent tous les fidèles; les uns, si l’on peut dire, ne parlent qu’une fois; les autres le font chaque année et à perpétuité; et, si les derniers s’adressent surtout à l’intelligence, les premières étendent leur influence salutaire au cœur et à l’intelligence, donc à l’homme tout entier.

Composé d’un corps et d’une âme, l’homme a besoin des manifestations solennelles des jours de fête pour être saisi et impressionné; la variété et la splendeur des cérémonies liturgiques l’imprègnent abondamment des enseignements divins; il les transforme en sève et en sang, et les fait servir au progrès de sa vie spirituelle.

Du reste, l’histoire nous apprend que ces solennités liturgiques furent introduites, au cours des siècles, les unes après les autres, pour répondre à des nécessités ou des avantages spirituels du peuple chrétien. Il fallait, par exemple, raffermir les courages en face d’un péril commun, prémunir les esprits contre les pièges de l’hérésie, exciter et enflammer les cœurs à célébrer avec une piété plus ardente quelque mystère de notre foi ou quelque bienfait de la bonté divine.

C’est ainsi que, dès les premiers temps de l’ère chrétienne, alors qu’ils étaient en butte aux plus cruelles persécutions, les chrétiens introduisirent l’usage de commémorer les martyrs par des rites sacrés, afin, selon le témoignage de saint Augustin, que  » les solennités des martyrs  » fussent  » des exhortations au martyre  » (39).

Les honneurs liturgiques qu’on décerna plus tard aux saints confesseurs, aux vierges et aux veuves contribuèrent merveilleusement à stimuler chez les chrétiens le zèle pour la vertu, indispensable même en temps de paix.

Les fêtes instituées en l’honneur de la bienheureuse Vierge eurent encore plus de fruit: non seulement le peuple chrétien entoura d’un culte plus assidu la Mère de Dieu, sa Protectrice la plus secourable, mais il conçut un amour plus filial pour la Mère que le Rédempteur lui avait laissée par une sorte de testament.

Parmi les bienfaits dont l’Eglise est redevable au culte public et légitime rendu à la Mère de Dieu et aux saints du ciel, le moindre n’est pas la victoire constante qu’elle a remportée en repoussant loin d’elle la peste de l’hérésie et de l’erreur. Admirons, ici encore, les desseins de la Providence divine qui, selon son habitude, tire le bien du mal.

Elle a permis, de temps à autre, que la foi et la piété du peuple fléchissent, que de fausses doctrines dressent des embûches à la vérité catholique; mais toujours avec le dessein que, pour finir, la vérité resplendisse d’un nouvel éclat, que, tirés de leur torpeur, les fidèles s’efforcent d’atteindre à plus de perfection et de sainteté.

Les solennités récemment introduites dans le calendrier liturgique ont eu la même origine et ont porté les mêmes fruits. Telle la Fête-Dieu, établie quand se relâchèrent le respect et la dévotion envers le Très Saint Sacrement; célébrée avec une pompe magnifique, se prolongeant pendant huit jours de prières collectives, la nouvelle fête devait ramener les peuples à l’adoration publique du Seigneur.

Telle encore la fête du Sacré Cœur de Jésus, instituée à l’époque où, abattus et découragés par les tristes doctrines et le sombre rigorisme du jansénisme, les fidèles sentaient leurs cœurs glacés et en bannissaient tout sentiment d’amour désintéressé de Dieu ou de confiance dans le Rédempteur.

18. C’est ici Notre tour de pourvoir aux nécessités des temps présents, d’apporter un remède efficace à la peste qui a corrompu la société humaine. Nous le faisons en prescrivant à l’univers catholique le culte du Christ-Roi. La peste de notre époque, c’est le laïcisme, ainsi qu’on l’appelle, avec ses erreurs et ses entreprises criminelles.

Comme vous le savez, Vénérables Frères, ce fléau n’est pas apparu brusquement; depuis longtemps, il couvait au sein des Etats. On commença, en effet, par nier la souveraineté du Christ sur toutes les nations; on refusa à l’Eglise le droit – conséquence du droit même du Christ – d’enseigner le genre humain, de porter des lois, de gouverner les peuples en vue de leur béatitude éternelle. Puis, peu à peu, on assimila la religion du Christ aux fausses religions et, sans la moindre honte, on la plaça au même niveau. On la soumit, ensuite, à l’autorité civile et on la livra pour ainsi dire au bon plaisir des princes et des gouvernants. Certains allèrent jusqu’à vouloir substituer à la religion divine une religion naturelle ou un simple sentiment de religiosité. Il se trouva même des Etats qui crurent pouvoir se passer de Dieu et firent consister leur religion dans l’irréligion et l’oubli conscient et volontaire de Dieu.

Les fruits très amers qu’a portés, si souvent et d’une manière si persistante, cette apostasie des individus et des Etats désertant le Christ, Nous les avons déplorés dans l’Encyclique Ubi arcano (40). Nous les déplorons de nouveau aujourd’hui. Fruits de cette apostasie, les germes de haine, semés de tous côtés; les jalousies et les rivalités entre peuples, qui entretiennent les querelles internationales et retardent, actuellement encore, l’avènement d’une paix de réconciliation; les ambitions effrénées, qui se couvrent bien souvent du masque de l’intérêt public et de l’amour de la patrie, avec leurs tristes conséquences: les discordes civiles, un égoïsme aveugle et démesuré qui, ne poursuivant que les satisfactions et les avantages personnels, apprécie toute chose à la mesure de son propre intérêt. Fruits encore de cette apostasie, la paix domestique bouleversée par l’oubli des devoirs et l’insouciance de la conscience; l’union et la stabilité des familles chancelantes; toute la société, enfin, ébranlée et menacée de ruine.

19. La fête, désormais annuelle, du Christ-Roi Nous donne le plus vif espoir de hâter le retour si désirable de l’humanité à son très affectueux Sauveur. Ce serait assurément le devoir des catholiques de préparer et de hâter ce retour par une action diligente; mais il se fait que beaucoup d’entre eux ne possèdent pas dans la société le rang ou l’autorité qui siérait aux apologistes de la vérité. Peut-être faut-il attribuer ce désavantage à l’indolence ou à la timidité des bons; ils s’abstiennent de résister ou ne le font que mollement; les adversaires de l’Eglise en retirent fatalement un surcroît de prétentions et d’audace. Mais du jour où l’ensemble des fidèles comprendront qu’il leur faut combattre, vaillamment et sans relâche, sous les étendards du Christ-Roi, le feu de l’apostolat enflammera les cœurs, tous travailleront à réconcilier avec leur Seigneur les âmes qui l’ignorent ou qui l’ont abandonné, tous s’efforceront de maintenir inviolés ses droits.

Mais il y a plus. Une fête célébrée chaque année chez tous les peuples en l’honneur du Christ-Roi sera souverainement efficace pour incriminer et réparer en quelque manière cette apostasie publique, si désastreuse pour la société, qu’a engendrée le laïcisme. Dans les conférences internationales et dans les Parlements, on couvre d’un lourd silence le nom très doux de notre Rédempteur; plus cette conduite est indigne et plus haut doivent monter nos acclamations, plus doit être propagée la déclaration des droits que confèrent au Christ sa dignité et son autorité royales.

Ajoutons que, depuis les dernières années du siècle écoulé, les voies furent merveilleusement préparées à l’institution de cette fête.

Chacun connaît les arguments savants, les considérations lumineuses, apportés en faveur de cette dévotion par une foule d’ouvrages édités dans les langues les plus diverses et sur tous les points de l’univers. Chacun sait que l’autorité et la souveraineté du Christ ont déjà été reconnues par la pieuse coutume de familles, presque innombrables, se vouant et se consacrant au Sacré Cœur de Jésus. Et non seulement des familles, mais des Etats et des royaumes ont observé cette pratique. Bien plus, sur l’initiative et sous la direction de Léon XIII, le genre humain tout entier fut consacré à ce divin Cœur, au cours de l’Année sainte 1900.

Nous ne saurions passer sous silence les Congrès eucharistiques, que notre époque a vus se multiplier en si grand nombre. Ils ont servi merveilleusement la cause de la proclamation solennelle de la royauté du Christ sur la société humaine. Par des conférences tenues dans leurs assemblées, par des sermons prononcés dans les églises, par des expositions publiques et des adorations en commun du Saint Sacrement, par des processions grandioses, ces Congrès, réunis dans le but d’offrir à la vénération et aux hommages des populations d’un diocèse, d’une province, d’une nation, ou même du monde entier, le Christ-Roi se cachant sous les voiles eucharistiques, célèbrent le Christ comme le Roi que les hommes ont reçu de Dieu. Ce Jésus, que les impies ont refusé de recevoir quand il vint en son royaume, on peut dire, en toute vérité, que le peuple chrétien, mû par une inspiration divine, va l’arracher au silence et, pour ainsi dire, à l’obscurité des temples, pour le conduire, tel un triomphateur, par les rues des grandes villes et le rétablir dans tous les droits de sa royauté.

Pour l’exécution de Notre dessein, dont Nous venons de vous entretenir, l’Année sainte qui s’achève offre une occasion favorable entre toutes. Elle vient de rappeler à l’esprit et au cœur des fidèles ces biens célestes qui dépassent tout sentiment naturel; dans son infinie bonté, Dieu a enrichi les uns, à nouveau, du don de sa grâce ; il a affermi les autres dans la bonne voie, en leur accordant une ardeur nouvelle pour rechercher des dons plus parfaits. Que Nous prêtions donc attention aux nombreuses suppliques qui Nous ont été adressées, ou que Nous considérions les événements qui marquèrent l’année du grand Jubilé, Nous avons certes bien des raisons de penser que le jour est venu pour Nous de prononcer la sentence si attendue de tous: le Christ sera honoré par une fête propre et spéciale comme Roi de tout le genre humain.

Durant cette année, en effet, comme Nous l’avons remarqué au début de cette Lettre, ce Roi divin, vraiment  » admirable en ses Saints « , a été  » magnifiquement glorifié  » par l’élévation aux honneurs de la sainteté d’un nouveau groupe de ses soldats; durant cette année, une exposition extraordinaire a, en quelque sorte, montré à tout le monde les travaux des hérauts de l’Evangile, et tous ont pu admirer les victoires remportées par ces champions du Christ pour l’extension de son royaume; durant cette année, enfin, Nous avons commémoré, avec le centenaire du Concile de Nicée, la glorification, contre ses négateurs, de la consubstantialité du Verbe Incarné avec le Père, dogme sur lequel s’appuie, comme sur son fondement, la royauté universelle du Christ.

En conséquence, en vertu de Notre autorité apostolique, Nous instituons la fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ-Roi.

Nous ordonnons qu’elle soit célébrée dans le monde entier, chaque année, le dernier dimanche d’octobre, c’est-à-dire celui qui précède immédiatement la solennité de la Toussaint. Nous prescrivons également que chaque année, en ce même jour, on renouvelle la consécration du genre humain au Sacré Cœur de Jésus, consécration dont Notre Prédécesseur Pie X, de sainte mémoire, avait déjà ordonné le renouvellement annuel. Toutefois, pour cette année, Nous voulons que cette rénovation soit faite le 31 de ce mois.

En ce jour, Nous célébrerons la messe pontificale en l’honneur du Christ-Roi et Nous ferons prononcer en Notre présence cette consécration. Nous ne croyons pas pouvoir mieux et plus heureusement terminer l’Année sainte ni témoigner plus éloquemment au Christ,  » Roi immortel des siècles « , Notre reconnaissance – comme celle de tout l’univers catholique, dont Nous Nous faisons aussi l’interprète – pour les bienfaits accordés en cette période de grâce à Nous-même, à l’Église et à toute la catholicité.

Il est inutile, Vénérables Frères, de vous expliquer longuement pourquoi Nous avons institué une fête du Christ-Roi distincte des autres solennités qui font ressortir et glorifient, dans une certaine mesure, sa dignité royale. Il suffit pourtant d’observer que, si toutes les fêtes de Notre-Seigneur ont le Christ comme objet matériel, suivant l’expression consacrée par les théologiens, cependant leur objet formel n’est d’aucune façon, soit en fait, soit dans les termes, la royauté du Christ.

En fixant la fête un dimanche, Nous avons voulu que le clergé ne fût pas seul à rendre ses hommages au divin Roi par la célébration du Saint Sacrifice et la récitation de l’Office, mais que le peuple, dégagé de ses occupations habituelles et animé d’une joie sainte, pût donner un témoignage éclatant de son obéissance au Christ comme à son Maître et à son Souverain. Enfin, plus que tout autre, le dernier dimanche d’octobre Nous a paru désigné pour cette solennité: il clôt à peu près le cycle de l’année liturgique; de la sorte, les mystères de la vie de Jésus-Christ commémorés au cours de l’année trouveront dans la solennité du Christ-Roi comme leur achèvement et leur couronnement et, avant de célébrer la gloire de tous les Saints, la Liturgie proclamera et exaltera la gloire de Celui qui triomphe, en tous les Saints et tous les élus.

Il est de votre devoir, Vénérables Frères, comme de votre ressort, de faire précéder la fête annuelle par une série d’instructions données, en des jours déterminés, dans chaque paroisse. Le peuple sera instruit et renseigné exactement sur la nature, la signification et l’importance de cette fête; les fidèles régleront dès lors et organiseront leur vie de manière à la rendre digne de sujets loyalement et amoureusement soumis à la souveraineté du divin Roi.

20. Au terme de cette Lettre, Nous voudrions encore, Vénérables Frères, vous exposer brièvement les fruits que Nous Nous promettons et que Nous espérons fermement, tant pour l’Eglise et la société civile que pour chacun des fidèles, de ce culte public rendu au Christ-Roi.

L’obligation d’offrir les hommages que Nous venons de dire à l’autorité souveraine de Notre Maître ne peut manquer de rappeler aux hommes les droits de l’Eglise. Instituée par le Christ sous la forme organique d’une société parfaite, en vertu de ce droit originel, elle ne peut abdiquer la pleine liberté et l’indépendance complète à l’égard du pouvoir civil. Elle ne peut dépendre d’une volonté étrangère dans l’accomplissement de sa mission divine d’enseigner, de gouverner et de conduire au bonheur éternel tous les membres du royaume du Christ.

Bien plus, l’Etat doit procurer une liberté semblable aux Ordres et aux Congrégations de religieux des deux sexes. Ce sont les auxiliaires les plus fermes des pasteurs de l’Eglise; ceux qui travaillent le plus efficacement à étendre et à affermir le royaume du Christ, d’abord, en engageant la lutte par la profession des trois vœux de religion contre le monde et ses trois concupiscences; ensuite, du fait d’avoir embrassé un état de vie plus parfait, en faisant resplendir aux yeux de tous, avec un éclat continu et chaque jour grandissant, cette sainteté dont le divin Fondateur a voulu faire une note distinctive de la véritable Eglise.

21. Les Etats, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l’obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d’obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui l’ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l’ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles; car sa dignité royale exige que l’État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l’établissement des lois, dans l’administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse, qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des mœurs.

22. Quelle énergie encore, quelle vertu pourront puiser les fidèles dans la méditation de ces vérités pour modeler leurs esprits suivant les véritables principes de la vie chrétienne! Si tout pouvoir a été donné au Christ Seigneur dans le ciel et sur la terre; si les hommes, rachetés par son sang très précieux, deviennent à un nouveau titre les sujets de son empire; si enfin cette puissance embrasse la nature humaine tout entière, on doit évidemment conclure qu’aucune de nos facultés ne peut se soustraire à cette souveraineté.

Il faut donc qu’il règne sur nos intelligences : nous devons croire, avec une complète soumission, d’une adhésion ferme et constante, les vérités révélées et les enseignements du Christ. Il faut qu’il règne sur nos volontés: nous devons observer les lois et les commandements de Dieu.

Il faut qu’il règne sur nos cœurs: nous devons sacrifier nos affections naturelles et aimer Dieu par-dessus toutes choses et nous attacher à lui seul. Il faut qu’il règne sur nos corps et sur nos membres : nous devons les faire servir d’instruments ou, pour emprunter le langage de l’Apôtre saint Paul, d’armes de justice offertes à Dieu (41) pour entretenir la sainteté intérieure de nos âmes. Voilà des pensées qui, proposées à la réflexion des fidèles et considérées attentivement, les entraîneront aisément vers la perfection la plus élevée.

Plaise à Dieu, Vénérables Frères, que les hommes qui vivent hors de l’Eglise recherchent et acceptent pour leur salut le joug suave du Christ! Quant à nous tous, qui, par un dessein de la divine miséricorde, habitons sa maison, fasse le ciel que nous portions ce joug non pas à contrecœur, mais ardemment, amoureusement, saintement! Ainsi nous récolterons les heureux fruits d’une vie conforme aux lois du royaume divin. Reconnus par le Christ pour de bons et fidèles serviteurs de son royaume terrestre, nous participerons ensuite, avec lui, à la félicité et à la gloire sans fin de son royaume céleste.

Agréez, Vénérables Frères, à l’approche de la fête de Noël, ce présage et ce vœu comme un témoignage de Notre paternelle affection ; et recevez la Bénédiction apostolique, gage des faveurs divines, que Nous vous accordons de grand cœur, à vous, Vénérables Frères, à votre clergé et à votre peuple.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 11 décembre de l’Année sainte 1925, la quatrième de Notre Pontificat.

NOTES

1. AAS XVII (1925) 593-610.

2. Pie XI, Lettre encyclique Ubi arcano, 23 décembre 1922, AAS, XIV (1922) 673-700, CH pp. 602-629.

3. S. PAUL, Ephés. III 19.

4. DANIEL, VII 13-14.

5. Nombres XXXIV 19.

6. Ps. II.

7. Ps. XLIV (XLV) 7.

8. Ps. LXXI (LXXII) 7-8.

9. ISAÏE, IX 6-7.

10. JÉRÉMIE, XXIII 5.

11. DANIEL XX 44.

12. DANIEL, VII 13-14.

13. ZACHARIE, IX 9.

14. S. LUC, I 32-33.

15. S. MATTHIEU, XXV 31-40.

16. S. JEAN, XVIII 37.

17. S. MATTHIEU, XXVIII 18.

18. Apocalypse I 5.

19. Apocalypse XIX 16.

20. S. PAUL, Hébr. I 1.

21. S. PAUL, I Cor. XV 25.

22. S. CYRILLE D’ALEXANDRIE, In Lucam X, PG LXXII 666.

23. S. PIERRE, I Epître I 18-19.
Le Saint-Siège

français

Encycliques

AAA

EN  – ES  – FR  – IT  – LA

 
QUAS PRIMAS

LETTRE ENCYCLIQUE 
DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE XI 

DE L’INSTITUTION D’UNE FÊTE DU CHRIST-ROI.

Aux Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres ordinaires de lieu, en paix et communion avec le Siège apostolique.

1. Dans (1) la première Encyclique qu’au début de Notre Pontificat Nous adressions aux évêques du monde entier (2), Nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain.

Or, il Nous en souvient, Nous proclamions ouvertement deux choses: l’une, que ce débordement de maux sur l’univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique; l’autre, que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur. C’est pourquoi, après avoir affirmé qu’il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention d’y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur.

2. Depuis, Nous avons clairement pressenti l’approche de temps meilleurs en voyant l’empressement des peuples à se tourner – les uns pour la première fois, les autres avec une ardeur singulièrement accrue – vers le Christ et vers son Eglise, unique dispensatrice du salut: preuve évidente que beaucoup d’hommes, jusque-là exilés, peut-on dire, du royaume du Rédempteur pour avoir méprisé son autorité, préparent heureusement et mènent à son terme leur retour au devoir de l’obéissance.

Tout ce qui est survenu, tout ce qui s’est fait au cours de l’Année sainte, digne vraiment d’une éternelle mémoire, n’a-t-il pas contribué puissamment à l’honneur et à la gloire du Fondateur de l’Eglise, de sa souveraineté et de sa royauté suprême?

Voici d’abord l’Exposition des Missions, qui a produit sur l’esprit et sur le cœur des hommes une si profonde impression. On y a vu les travaux entrepris sans relâche par l’Eglise pour étendre le royaume de son Epoux chaque jour davantage sur tous les continents, dans toutes les îles, même celles qui sont perdues au milieu de l’océan; on y a vu les nombreux pays que de vaillants et invincibles missionnaires ont conquis au catholicisme au prix de leurs sueurs et de leur sang; on y a vu enfin les immenses territoires qui sont encore à soumettre à la douce et salutaire domination de notre Roi.

Voici les pèlerins accourus, de partout, à Rome, durant l’Année sainte, conduits par leurs évêques ou par leurs prêtres. Quel motif les inspirait donc, sinon de purifier leurs âmes et de proclamer, au tombeau des Apôtres et devant Nous, qu’ils sont et qu’ils resteront sous l’autorité du Christ?

Voici les canonisations, où Nous avons décerné, après la preuve éclatante de leurs admirables vertus, les honneurs réservés aux saints, à six confesseurs ou vierges. Le règne de notre Sauveur n’a-t-il pas, en ce jour, brillé d’un nouvel éclat? Ah! quelle joie, quelle consolation ce fut pour Notre âme, après avoir prononcé les décrets de canonisation, d’entendre, dans la majestueuse basilique de Saint Pierre, la foule immense des fidèles, au milieu du chant de l’action de grâces, acclamer d’une seule voix la royauté glorieuse du Christ: Tu Rex gloriae Christe!

A l’heure où les hommes et les Etats sans Dieu, devenus la proie des guerres qu’allument la haine et des discordes intestines, se précipitent à la ruine et à la mort, l’Eglise de Dieu, continuant à donner au genre humain l’aliment de la vie spirituelle, engendre et élève pour le Christ des générations successives de saints et de saintes; le Christ, à son tour, ne cesse d’appeler à l’éternelle béatitude de son royaume céleste ceux en qui il a reconnu de très fidèles et obéissants sujets de son royaume terrestre.

Voici encore le XVIe centenaire du Concile de Nicée qui coïncida avec le grand Jubilé. Nous avons ordonné de célébrer cet anniversaire séculaire; Nous l’avons Nous-même commémoré dans la basilique vaticane, d’autant plus volontiers que c’est ce Concile qui définit et proclama comme dogme de foi catholique la consubstantialité du Fils unique de Dieu avec son Père; c’est lui qui, en insérant dans sa formule de foi ou Credo les mots cuius regni non erit finis, affirma du même coup la dignité royale du Christ.

Ainsi donc, puisque cette Année sainte a contribué en plus d’une occasion à mettre en lumière la royauté du Christ, Nous croyons accomplir un acte des plus conformes à Notre charge apostolique en accédant aux suppliques individuelles ou collectives de nombreux cardinaux, évêques ou fidèles; Nous clôturerons donc cette année par l’introduction dans la liturgie de l’Eglise d’une fête spéciale en l’honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi.

Ce sujet, Vénérables Frères, Nous tient à ce point à cœur que Nous désirons vous en entretenir quelques instants; il vous appartiendra ensuite de rendre accessible à l’intelligence et aux sentiments de votre peuple tout ce que Nous dirons sur le culte du Christ-Roi, afin d’assurer, dès le début et pour plus tard, des fruits nombreux à la célébration annuelle de cette solennité.

4. Depuis longtemps, dans le langage courant, on donne au Christ le titre de Roi au sens métaphorique; il l’est, en effet, par l’éminente et suprême perfection dont il surpasse toutes les créatures. Ainsi, on dit qu’il règne sur les intelligences humaines, à cause de la pénétration de son esprit et de l’étendue de sa science, mais surtout parce qu’il est la Vérité et que c’est de lui que les hommes doivent recevoir la vérité et l’accepter docilement. On dit qu’il règne sur les volontés humaines, parce qu’en lui, à la sainteté de la volonté divine correspond une parfaite rectitude et soumission de la volonté humaine, mais aussi parce que sous ses inspirations et ses impulsions notre volonté libre s’enthousiasme pour les plus nobles causes. On dit enfin qu’il est le Roi des cœurs, à cause de son inconcevable charité qui surpasse toute compréhension humaine (3) et à cause de sa douceur et de sa bonté qui attirent à lui tous les cœurs: car dans tout le genre humain il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais personne pour être aimé comme le Christ Jésus.

5. Mais, pour entrer plus à fond dans Notre sujet, il est de toute évidence que le nom et la puissance de roi doivent être attribués, au sens propre du mot, au Christ dans son humanité; car c’est seulement du Christ en tant qu’homme qu’on peut dire: Il a reçu du Père la puissance, l’honneur et la royauté (4); comme Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, il ne peut pas ne pas avoir tout en commun avec le Père et, par suite, la souveraineté suprême et absolue sur toutes les créatures.

6. Que le Christ soit Roi, ne le lisons-nous pas dans maints passages des Ecritures ! C’est lui le Dominateur issu de Jacob (5), le Roi établi par le Père sur Sion, sa montagne sainte, pour recevoir en héritage les nations et étendre son domaine jusqu’aux confins de la terre (6), le véritable Roi futur d’Israël, figuré, dans le cantique nuptial, sous les traits d’un roi très riche et très puissant, auquel s’adressent ces paroles: Votre trône, ô Dieu, est dressé pour l’éternité; le sceptre de votre royauté est un sceptre de droiture (7).

Passons sur beaucoup de passages analogues; mais, dans un autre endroit, comme pour dessiner avec plus de précision les traits du Christ, on nous prédit que son royaume ignorera les frontières et sera enrichi des trésors de la justice et de la paix: En ses jours se lèvera la justice avec l’abondance de la paix… Il dominera, d’une mer à l’autre, du fleuve jusqu’aux extrémités de la terre (8).

A ces témoignages s’ajoutent encore plus nombreux les oracles des prophètes et notamment celui, bien connu, d’Isaïe: Un petit enfant… nous est né, un fils nous a été donné. La charge du commandement a été posée sur ses épaules. On l’appellera l’Admirable, le Conseiller, Dieu, le Fort, le Père du siècle futur, le Prince de la paix. Son empire s’étendra et jouira d’une paix sans fin; il s’assoira sur le trône de David et dominera sur son royaume, pour l’établir et l’affermir dans la justice et l’équité, maintenant et à jamais (9).

Les autres prophètes ne s’expriment pas différemment.

Tel Jérémie, annonçant dans la race de David un germe de justice, ce fils de David qui régnera en roi, sera sage et établira la justice sur la terre (10). Tel Daniel, prédisant la constitution par le Dieu du ciel d’un royaume qui ne sera jamais renversé… et qui durera éternellement (11) ; et, peu après, il ajoute: Je regardais durant une vision nocturne, et voilà que, sur les nuées du ciel, quelqu’un s’avançait semblable au Fils de l’homme; il parvint jusqu’auprès de l’Ancien des jours et on le présenta devant lui. Et celui-ci lui donna la puissance, l’honneur et la royauté; tous les peuples, de toutes races et de toutes langues, le serviront; sa puissance est une puissance éternelle, qui ne lui sera pas retirée, et son royaume sera incorruptible (12). Tel Zacharie, prophétisant l’entrée à Jérusalem, aux acclamations de la foule, du juste et du sauveur, le Roi plein de mansuétude monté sur une ânesse et sur son poulain (13): les saints évangélistes n’ont-ils pas constaté et prouvé la réalisation de cette prophétie?

Cette doctrine du Christ-Roi, Nous venons de l’esquisser d’après les livres de l’Ancien Testament; mais tant s’en faut qu’elle disparaisse dans les pages du Nouveau; elle y est, au contraire, confirmée d’une manière magnifique et en termes splendides.

Rappelons seulement le message de l’archange apprenant à la Vierge qu’elle engendrera un fils; qu’à ce fils le Seigneur Dieu donnera le trône de David, son père; qu’il régnera éternellement sur la maison de Jacob et que son règne n’aura point de fin (14). Ecoutons maintenant les témoignages du Christ lui-même sur sa souveraineté. Dès que l’occasion se présente – dans son dernier discours au peuple sur les récompenses ou les châtiments réservés dans la vie éternelle aux justes ou aux coupables ; dans sa réponse au gouverneur romain, lui demandant publiquement s’il était roi; après sa résurrection, quand il confie aux Apôtres la charge d’enseigner et de baptiser toutes les nations – il revendique le titre de roi (15), il proclame publiquement qu’il est roi (16), il déclare solennellement que toute puissance lui a été donnée au ciel et sur la terre (17). Qu’entend-il par là, sinon affirmer l’étendue de sa puissance et l’immensité de son royaume?

Dès lors, faut-il s’étonner qu’il soit appelé par saint Jean le Prince des rois de la terre (18) ou que, apparaissant à l’Apôtre dans des visions prophétiques, il porte écrit sur son vêtement et sur sa cuisse: Roi des rois et Seigneur des seigneurs (19). Le Père a, en effet, constitué le Christ héritier de toutes choses (20); il faut qu’il règne jusqu’à la fin des temps, quand il mettra tous ses ennemis sous les pieds de Dieu et du Père (21).

7. De cette doctrine, commune à tous les Livres Saints, dérive naturellement cette conséquence : étant le royaume du Christ sur la terre, qui doit s’étendre à tous les hommes et tous les pays de l’univers, l’Eglise catholique se devait, au cours du cycle annuel de la liturgie, de saluer par des manifestations multiples de vénération, en son Auteur et Fondateur, le Roi, le Seigneur, le Roi des rois. Sous une admirable variété de formules, ces hommages expriment une seule et même pensée; l’Eglise les employait jadis dans sa psalmodie et dans les anciens sacramentaires; elle en fait le même usage à présent dans les prières publiques de l’Office qu’elle adresse chaque jour à la majesté divine et, à la sainte messe, dans l’immolation de l’hostie sans tache. En cette louange perpétuelle du Christ-Roi, il est facile de saisir le merveilleux accord de nos rites avec ceux des Orientaux, en sorte que se vérifie, ici encore, l’exactitude de la maxime:  » Les lois de la prière établissent les lois de la croyance.  »

8. Quant au fondement de cette dignité et de cette puissance de Notre-Seigneur, saint Cyrille d’Alexandrie l’indique très bien:  » Pour le dire en un mot, dit-il, la souveraineté que Jésus possède sur toutes les créatures, il ne l’a point ravie par la force, il ne l’a point reçue d’une main étrangère, mais c’est le privilège de son essence et de sa nature  » (22). En d’autres termes, son pouvoir royal repose sur cette admirable union qu’on nomme l’union hypostatique.

Il en résulte que les anges et les hommes ne doivent pas seulement adorer le Christ comme Dieu, mais aussi obéir et être soumis à l’autorité qu’il possède comme homme; car, au seul titre de l’union hypostatique, le Christ a pouvoir sur toutes les créatures.

9. Mais quoi de plus délectable, de plus suave que de penser que le Christ, en outre, règne sur nous non seulement par droit de nature, mais encore par droit acquis, puisqu’il nous a rachetés? Ah! puissent tous les hommes qui l’oublient se souvenir du prix que nous avons coûté à notre Sauveur : Vous n’avez pas été rachetés avec de l’or ou de l’argent corruptibles, mais par le sang précieux du Christ, le sang d’un agneau sans tache et sans défaut (23). Le Christ nous a achetés à grand prix (24) ; nous ne nous appartenons plus. Nos corps eux-mêmes sont des membres du Christ (25).

Nous voulons maintenant expliquer brièvement la nature et l’importance de cette royauté.

10. II est presque inutile de rappeler qu’elle comporte les trois pouvoirs, sans lesquels on saurait à peine concevoir l’autorité royale. Les textes des Saintes Lettres que Nous avons apportés en témoignage de la souveraineté universelle de notre Rédempteur le prouvent surabondamment. C’est, d’ailleurs, un dogme de foi catholique que le Christ Jésus a été donné aux hommes à la fois comme Rédempteur, de qui ils doivent attendre leur salut, et comme Législateur, à qui ils sont tenus d’obéir (26). Les évangélistes ne se bornent pas à affirmer que le Christ a légiféré, mais ils nous le montrent dans l’exercice même de son pouvoir législatif.

A tous ceux qui observent ses préceptes, le divin Maître déclare, en diverses occasions et de diverses manières, qu’ils prouveront ainsi leur amour envers lui et qu’ils demeureront en son amour (27).

Quant au pouvoir judiciaire, Jésus en personne affirme l’avoir reçu du Père, dans une réponse aux Juifs qui l’accusaient d’avoir violé le Sabbat en guérissant miraculeusement un malade durant ce jour de repos:  » Le Père, leur dit-il, ne juge personne, mais il a donné au Fils tout jugement (28). Dans ce pouvoir judiciaire est également compris – car il en est inséparable – le droit de récompenser ou de châtier les hommes, même durant leur vie.

Il faut encore attribuer au Christ le pouvoir exécutif : car tous inéluctablement doivent être soumis à son empire; personne ne pourra éviter, s’il est rebelle, la condamnation et les supplices que Jésus a annoncés.

11. Toutefois, ce royaume est avant tout spirituel et concerne avant tout l’ordre spirituel: les paroles de la Bible que Nous avons rapportées plus haut en sont une preuve évidente, que vient confirmer, à maintes reprises, l’attitude du Christ-Seigneur.

Quand les Juifs, et même les Apôtres, s’imaginent à tort que le Messie affranchira son peuple et restaurera le royaume d’Israël, il détruit cette illusion et leur enlève ce vain espoir; lorsque la foule qui l’entoure veut, dans son enthousiasme, le proclamer roi, il se dérobe à ce titre et à ces honneurs par la fuite et en se tenant caché; devant le gouverneur romain, encore, il déclare que son royaume n’est pas de ce monde. Dans ce royaume, tel que nous le dépeignent les Evangiles, les hommes se préparent à entrer en faisant pénitence. Personne ne peut y entrer sans la foi et sans le baptême; mais le baptême, tout en étant un rite extérieur, figure et réalise une régénération intime. Ce royaume s’oppose uniquement au royaume de Satan et à la puissance des ténèbres; à ses adeptes il demande non seulement de détacher leur cœur des richesses et des biens terrestres, de pratiquer la douceur et d’avoir faim et soif de la justice, mais encore de se renoncer eux-mêmes et de porter leur croix. C’est pour l’Eglise que le Christ, comme Rédempteur, a versé le prix de son sang; c’est pour expier nos péchés que, comme Prêtre, il s’est offert lui-même et s’offre perpétuellement comme victime: qui ne voit que sa charge royale doit revêtir le caractère spirituel et participer à la nature supraterrestre de cette double fonction?

12. D’autre part, ce serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses temporelles, quelles qu’elles soient: il tient du Père sur les créatures un droit absolu, lui permettant de disposer à son gré de toutes ces créatures.

Néanmoins, tant qu’il vécut sur terre, il s’est totalement abstenu d’exercer cette domination terrestre, il a dédaigné la possession et l’administration des choses humaines, abandonnant ce soin à leurs possesseurs. Ce qu’il a fait alors, il le continue aujourd’hui. Pensée exprimée d’une manière fort heureuse dans la liturgie:  » Il ne ravit point les diadèmes éphémères, celui qui distribue les couronnes du ciel (29).  »

13. Ainsi donc, le souverain domaine de notre Rédempteur embrasse la totalité des hommes. Sur ce sujet, Nous faisons Volontiers Nôtres les paroles de Notre Prédécesseur Léon XIII, d’immortelle mémoire:  » Son empire ne s’étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l’Eglise même s’ils sont égarés loin d’elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l’empire du Christ Jésus, c’est, en stricte vérité, l’universalité du genre humain (30).  »

Et, à cet égard, il n’y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les Etats; car les hommes ne sont pas moins soumis à l’autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. Il est l’unique source du salut, de celui des sociétés comme de celui des individus: Il n’existe de salut en aucun autre; aucun autre nom ici-bas n’a été donné aux hommes qu’il leur faille invoquer pour être sauvés (31).

Il est l’unique auteur, pour l’Etat comme pour chaque citoyen, de la prospérité et du vrai bonheur:  » La cité ne tient pas son bonheur d’une autre source que les particuliers, vu qu’une cité n’est pas autre chose qu’un ensemble de particuliers unis en société (32).  » Les chefs d’Etat ne sauraient donc refuser de rendre – en leur nom personnel, et avec tout leur peuple – des hommages publics, de respect et de soumission à la souveraineté du Christ; tout en sauvegardant leur autorité, ils travailleront ainsi à promouvoir et à développer la prospérité nationale.

14. Au début de Notre Pontificat, Nous déplorions combien sérieusement avaient diminué le prestige du droit et le respect dû à l’autorité; ce que Nous écrivions alors n’a perdu dans le temps présent ni de son actualité ni de son à-propos:  » Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l’autorité ne tenant plus son origine de Dieu mais des hommes, il arriva que… les bases mêmes de l’autorité furent renversées dès lors qu’on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d’obéir pour les autres. Inéluctablement, il s’en est suivi un ébranlement de la société humaine tout entière, désormais privée de soutien et d’appui solides (33).  »

Si les hommes venaient à reconnaître l’autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des bienfaits incroyables – une juste liberté, l’ordre et la tranquillité, la concorde et la paix — se répandraient infailliblement sur la société tout entière.

En imprimant à l’autorité des princes et des chefs d’Etat un caractère sacré, la dignité royale de Notre Seigneur ennoblit du même coup les devoirs et la soumission des citoyens. Au point que l’Apôtre saint Paul, après avoir ordonné aux femmes mariées et aux esclaves de révérer le Christ dans la personne de leur mari et dans celle de leur maître, leur recommandait néanmoins de leur obéir non servilement comme à des hommes, mais uniquement en esprit de foi comme à des représentants du Christ; car il est honteux, quand on a été racheté par le Christ, d’être soumis servilement à un homme: Vous avez été rachetés un grand prix, ne soyez plus soumis servilement à des hommes. (34).

Si les princes et les gouvernants légitimement choisis étaient persuadés qu’ils commandent bien moins en leur propre nom qu’au nom et à la place du divin Roi, il est évident qu’ils useraient de leur autorité avec toute la vertu et la sagesse possibles. Dans l’élaboration et l’application des lois, quelle attention ne donneraient-ils pas au bien commun et à la dignité humaine de leurs subordonnés!

15. Alors on verrait l’ordre et la tranquillité s’épanouir et se consolider; toute cause de révolte se trouverait écartée; tout en reconnaissant dans le prince et les autres dignitaires de l’Etat des hommes comme les autres, ses égaux par la nature humaine, en les voyant même, pour une raison ou pour une autre, incapables ou indignes, le citoyen ne refuserait point pour autant de leur obéir quand il observerait qu’en leurs personne
24. S. PAUL, I Cor. VI 20.

25. S. PAUL, I Cor. VI 15.

26. Concile de Trente sess. VI c. 21, Denzinger n. 831.

27. Cf. S. JEAN, XIV 15 ; XV 10.

28. S. JEAN, V 22.

29. Non eripit mortalia, qui regna dat coelestia, Office de la fête de l’Epiphanie, hymne Crudelis Herodes.

30. LÉON XIII, Lettre encyclique Annum sacrum, 25 mai 1899 AAS XXXI (1898-1899) 647.

31. Actes IV 12.

32. S. AUGUSTIN, Epist. CLIII ad Macedonium ch. III, PL XXXIII, 656.

33. PIE XI, Lettre encyclique Ubi arcano, 23 décembre 1922, AAS XIV (1922), 683, CH n. 936.

34. S. PAUL, I Cor. VII 25.

35. S. PAUL, Coloss. I 20.

36. S. MATTHIEU, XX 28.

37. S. MATTHIEU, XI 30.

38. LÉON XIII, Lettre encyclique Annum sacrum, 25 mai 1899, AAS XXXI (1898-1899) 647.

39. S. AUGUSTIN, Sermo XLVII de sanctis, PL XXXVIII, 295.

40. PIE XI, Lettre encyclique Ubi arcano, 23 décembre 1922, AAS XIV (1922) 673-700, CH pp. 602-629.

41. S. PAUL, Rom. VI

Chaloux dit: 1 décembre 2025 à 13h51

D’après les données biographiques dont je dispose, Ch.antal doit commémorer ses 55 ou 56 automnes.

Quant à la sotte ci-Gi.gi, cette vieillarde abécédaire, après la fuite de sa correctrice (qui semble l’avoir vertement corrigée), elle découvre la liberté sous un jour qui ne saurait étonner. Il y a des gens terriblement prévisibles.

renato dit: 1 décembre 2025 à 13h57

Étant donné, D., que « Dieu » porte une majuscule et que « il » est minuscule il me semblait clair que le prénom personnel était référé au destinataire du rappel. Bref, si j’avais voulu adresser ma note à Dieu, j’aurais écrit le pronom avec une majuscule, comme il est juste qu’il soit.

renato dit: 1 décembre 2025 à 16h03

À propos du délire de Papa Ratti mis en ligne plus haut, je me souviens de cette étrange remarque à propos de Mussolini : « Nous avons été grandement aidés par l’autre camp. Peut-être avions-nous aussi besoin d’un homme comme celui que la Providence a mis sur notre chemin ; un homme qui ne partageait pas les préoccupations de l’école libérale, pour qui toutes ces lois, toutes ces ordonnances, n’étaient que des fétiches et, à l’instar des fétiches, d’autant plus inviolables et vénérables qu’ils étaient laids et difformes », ces quelques lignes :
La religion, c’est comme un pénis.
C’est normal d’en avoir un.
C’est normal d’en être fier.
Cependant :
Ne le sortez pas en public.
Ne l’utilisez pas sur les enfants.
N’écrivez pas de lois avec.
Ne pensez pas avec.

D. dit: 1 décembre 2025 à 16h17

Je vais être très clair, renato :
Je souhaite l’élection de Marine Le Pen bien davantage que celle de Jordan Bardella.

D. dit: 1 décembre 2025 à 17h02

Mon Cher renato, Non, ce n’est pas obligatoire en français de mettre une majuscule au pronom « il » lorsqu’il se rapporte à Dieu.

✔️ Ce que dit la norme

Les règles typographiques françaises n’imposent pas la majuscule aux pronoms relatifs à Dieu.
L’usage recommandé par les grammaires et les guides typographiques (Larousse, Robert, Imprimerie nationale) est d’écrire :

Dieu avec une majuscule lorsqu’il s’agit du Dieu unique des monothéismes.

Les pronoms (il, lui, son, etc.) sans majuscule, car en français la majuscule ne sert pas habituellement à marquer le respect dans les pronoms.

✔️ Pourquoi voit-on parfois la majuscule ?

C’est un usage religieux ou dévotionnel, emprunté à certaines pratiques typographiques anciennes (souvent d’influence germanique ou anglaise). Dans ce contexte, on trouve : Il, Lui, Son, etc.
Ce n’est pas incorrect, mais c’est un choix stylistique, réservé à des textes religieux, liturgiques ou à forte coloration spirituelle.

renato dit: 1 décembre 2025 à 17h11

Je ne suis pas de ceux qui stigmatisent les choix politiques des uns et des autres, D. D’un autre côté, en France, vous n’êtes pas gâtés, personne n’est à la hauteur de la situation. Tout comme Orwell, « ce qui me dégoûte chez les gens de gauche, surtout les intellectuels, c’est leur ignorance totale de la réalité » ; mais les gens de droite ne sont pas mieux.

renato dit: 1 décembre 2025 à 17h19

Ce n’est pas seulement une convention relative à la religion, D. nous écrirons, par exemple, « avec leurs impôts, Ils nous épuisent ».

Jean Langoncet dit: 1 décembre 2025 à 17h32

@dommage que nos médias occultent ou transforment les 9/10è des infos en provenance d’Ukraine.

le dernier truc sur le nabu et la corruption c’est une histoire digne d’un bouquin de John le Triangle.

le nabu c’est un organisme de contrôle de la corruption géré par les américains et le fbi.

avec Biden le nabu servait à couvrir la corruption.

avec Trump et le nouveau patron du fbi c’est changement de cap à 180 degré.

jusque là John le Rectangle il aurait kiffé ces changements d’orientation.

sauf qu’à l’intérieur du nabu il y a une cellule de contrôle gérée par les ukrainiens, pour ça qu’ils ont pu prévenir les types qui allaient être arrêtés pour leur donner le temps de se barrer se cacher en Israël.

jusque là John le Cercle aurait kiffé, mais c’est pas fini.

le bras droit du Churchill ukrainien a dû démissionner sauf qu’aucun médias ne donne la raison de cette démission et pourtant c’est un truc que John l’Octogone aurait kiffé grave.

en fait il a démissionné parce qu’il voulait faire arrêter le patron du nabu pour haute trahison.

le truc qui aurait fait kiffer John le Trapèze c’est pourquoi il l’accusait de haute trahison !

en fait il l’accusait de haute trahison parce que dans les enregistrements du nabu on entend le Churchill ukrainien plaisanter et se moquer des ukrainiens qui vont se battre dans les tranchées !

que le nouveau chef du FBI ait permis de révéler cette info ça revient à mettre une cible dans le dos du Churchill ukrainien ! et c’est pour ça que son bras droit voulait le faire arrêter pour haute trahison.

en fait c’est dommage que nos médias mentent et cachent la vérité parce que limite c’est mieux que lire du John le Triangle.

Ta gueule keupu !

https://youtu.be/qwVJ7FWc4rQ?si=KrEM2kWJdZYOIXNS

Jean Langoncet dit: 1 décembre 2025 à 18h05

Capté en passant et pour souhaiter une bonne soirée aux squares

« (…) Je m’efforcerai d’honorer les mots de Cicéron: « Iustitia est habitus animi, communi utilitate conservata, suum quique tribuens dignitatem. »

(La justice est un état d’âme, conservée pour le bien commun, et qui rend à chacun sa dignité.)

puck dit: 1 décembre 2025 à 18h08

Jeannot Thierry Lapin Breton rigole pas perso cette histoire a fait super remonter le président ukrainien dans mon estime.

en vrai je comprenais pas pourquoi il kiffait autant les types d’Azov, limite je trouvais ça malsain, et maintenant qu’on sait qu’avec ses potes ils se foutaient de leur tronche en les envoyant se faire tuer dans les tranchées ça me le rend plus sympathique.

Jeannot je sais pas si tu as entendu parler de la Shoah par balles et aussi du grand père de la meuf qui dirige le MI6 mais c’était pas des cadeaux.

j’aime bien que les choses se remettent dans l’ordre.

le seul problème c’est que l’info a été publié dans tous les journaux ukrainiens, mais maintenant j’espère qu’il aura le temps de rejoindre ses potes en Israël.

puck dit: 1 décembre 2025 à 18h12

Jeannot Lapin le truc hyper drôle c’est que tous les médias en France disent que le bras droit du président ukrainien a démissionné parce qu’il était impliqué dans des affaires de corruption.

alors que c’est le seul qui devait pas l’être, mais il voulait protéger son président, sauf que maintenant c’est loupé.

la désinformation à ce niveau en vrai ça devient presque de l’art.

D dit: 1 décembre 2025 à 18h13

Je suis allé faire un tour de pâtés de maison et franchement…déjà des décorations le 1er décembre… des petits pères Noël à la con qui escaladent les balcons, des rennes lumineux. C’est pitoyable ce que les gens se permettent de faire. Et qui sera là le 24 décembre pour adorer en silence Jésus, Dieu venant humblement s’incarner, prendre notre condition, pour nous sauver de notre péché incommensurable, Lui qui ne pèche jamais, qui est la bonté-même, l’Amour véritable et infini, ne recevra qu’ingratitude de cette misérable horde de petits bouffeurs d’huîtres et de foie-gras, tous ces gosses égarés avec leurs consoles de jeu, leurs réseaux minables et dangereux, cette montagne commerciale mondialisée par Satan qui réussit à détourner leurs coeurs, leur seule raison d’être, de Jésus pour leur préférer la led, l’oled, l’amoled, bref, la ĺedeur.

puck dit: 1 décembre 2025 à 18h14

Jeannot Lapin tu vois le truc marrant c’est de se demander quand on est comme nos médias enfermés dans une système de mensonges, comment ils vont pouvoir se démerder pour en sortir.

c’est même encore plus qu’en système du mensonge c’est carrément un empire du mensonge.

puck dit: 1 décembre 2025 à 18h18

le truc marrant pour le grand père de la gonzesse qui dirige le MI6 c’est que me^me les SS allemands avaient alerter leurs supérieurs pour dénoncer son niveau de barbarie.

Jeannot Lapin crois moi pour que des SS allemands disent à leur hiérarchie qu’un type est encore plus taré qu’eux il faut qu’il soit vraiment très taré.

j’imagine que les anglais l’ont recrutée à ce poste parce qu’ils se sont qu’avec unb peu de chance la barbarie de son grand-père serait héréditaire.

t’en penses quoi Jeannot ?

puck dit: 1 décembre 2025 à 18h25

D. t’as raison !!! en fait la transformation c’est surtout une affaire de cadre, parce que la morale ne peut s’exercer que dans un cadre.

du coup avant on avait le cadre religieux, le cadre politique et un tas d’autres cadres qui seraient à cadrer les choses.

maintenant le seul cadre de l’individu hyper individualiste c’est lui-même sauf qu’un individu à lui tout seul ne peut pas jouer le rôle de cadre vu que le cadre implique la notion de collectif, d’où d’ailleurs l’expression de cadre collectif qui met au centre de ce cadre une notion de bien commun appartenant à tous les individus entrant dans ce cadre.

tu me suis ou c’est trop compliqué pour toi ?

Maurice revient dit: 1 décembre 2025 à 19h10

Dédé et son dieu imaginaire ! Comme un ami qui n’existe pas !
👼👼👼👼👼👼👼👼👼👼👼👼👼👼👼👼👼
Le diable en rit encore 👹👺👹👺👹

renato dit: 1 décembre 2025 à 19h11

Depuis ma majorité (18 ans), je ne fête plus le Noël. Déjà cette fête était inconnue des Pères de l’Église des trois premiers siècles, et aucune tradition officielle ne retient la date de son institution. Se pose ensuite la question de l’ignorance : il est certain qu’à Rome, vers le milieu du IVe siècle, on la fêtait le 25 décembre, puisque, depuis la fin du IIIe siècle, ce jour-là, le calendrier civil romain célébrait le solstice d’hiver : c’est-à-dire la naissance du « soleil invaincu ». Bref, peu d’imagination ! Cependant, cela bien à part, ce ne sont ni les faits historiques ni quoi que ce soit d’autre qui me dérangent, mais la profusion de nourriture qui envahit les rues, à tel point qu’on croirait que les gens jeûnent toute l’année afin de se gaver à Noël !

Jean Langoncet dit: 1 décembre 2025 à 19h16

@Depuis ma majorité (18 ans), je ne fête plus le Noël.

« Là est la racine de son obsession de la trahison, dans celle du père vis-à-vis de ses deux fils qu’il n’a cessé de tromper sur sa véritable nature. »

(J’aime bien le Xmas album de Dylan)

rose dit: 1 décembre 2025 à 19h41

J’ai cherché sur la carte. C’est très proche, 137 km. C’est très rapide un jour et huit heures. Soit 32 heures et surtout c’est tout droit. Il arrive par Quinson, Puimoisson et tout ça.
J’ai tapé google maps
port de Toulon, Digne les Bains.
Draguignan c’est très loin. Et pas du tout sur le trajet.

rose dit: 1 décembre 2025 à 19h53

Il était un peu avant Quinson qui est à 54 kilomètres.

Quinson
Montagnac
Riez
Puimoisson
La Bégude blanche
Estoublon
Mézel
Chateauredon
Digne les bains.

Plus de onze heures de marche.
De quoi en avoir plein les pattes.
Déjà qu’il avait la rage au cœur.
Incroyable.

Nota bene : pour Achille Talon, il s’agissait de rire, de sourire ou bien ?

renato dit: 1 décembre 2025 à 19h54

N.B. pour « se gaver à Noël ! »

De toute façon, consommation bien à part, ce n’était pas mieux avant.

Chaloux dit: 1 décembre 2025 à 20h07

Chantal.

Infime Beauvoir,
Ici, pas d’apologie!
Dans les poires de ton flan,
Tu planteras, vieille enfant,
plus de cinquante bougies.

closer dit: 1 décembre 2025 à 20h13

Vos enfants ont dû être contents de ne pas fêter Noël, Renato, alors que tous leurs copains le faisaient!

renato dit: 1 décembre 2025 à 20h20

Si l’on s’explique clairement, closer, les enfants comprennent plus qu’on ne le croit.

et alii dit: 1 décembre 2025 à 20h23

Walter J. Ciszek, né le 4 novembre 1904 à Shenandoah en Pennsylvanie (États-Unis) et mort le 8 décembre 1984 au Bronx (New York), est un prêtre jésuite américain d’origine polonaise. Prêtre catholique clandestin en URSS il est condamné comme « espion du Vatican » en 1942 et passe 21 ans au Goulag soviétique avant de servir, en 1963, comme monnaie d’échange pour un espion soviétique.
wiki

renato dit: 1 décembre 2025 à 20h29

« Vos enfants ont dû être contents de ne pas fêter Noël, Renato, alors que tous leurs copains le faisaient! »

Voilà comment les gens sont conditionnés, tant pis pour eux.

rose dit: 1 décembre 2025 à 20h29

Aujourd’hui, j’ai fêté l’anniversaire de Chantal avec une forêt noire.
Succulente, légère parfumée.
Ensuite, avec l’accord de mon invitée, je l’ai emmenée à madame vos fraises sont délicieuses et tellement bonnes qu’il n’est aucun besoin de les sucrer.
Elle avait une petite faim, m’a dit sa fille.

et alii dit: 1 décembre 2025 à 20h34

« Hip to Be Square » is a song by Huey Lewis and the News, written by Bill Gibson, Sean Hopper, and Huey Lewis, and released in 1986 as the second single from the multi-platinum album Fore!

renato dit: 1 décembre 2025 à 20h56

Est-il important et nécessaire, rose, d’être comme tout le monde, de se fondre dans la masse ?

Sur mes trois, un voulait célébrer Noël, sa mère ne l’en a pas empêchée. Quant à moi, je lui ai offert un présent jusqu’à ses seize ans. Les deux sœurs se portent à merveille, et cette absence n’a pas perturbé leur existence. Elles perpétuent la tradition, et elles perçoivent leur frère comme un original qui célèbre Noël.

Chaloux dit: 1 décembre 2025 à 21h04

Mes enfants n’ont pas eu besoin de moi pour aller vers Céline, Rebatet, Drieu ou Monseigneur Lefebvre!

Hurkhurkhurk

rose dit: 1 décembre 2025 à 21h17

renato dit: 1 décembre 2025 à 20h56
Est-il important et nécessaire, rose, d’être comme tout le monde, de se fondre dans la masse  ?

Je trouve cela plutôt, oui.

renato dit: 1 décembre 2025 à 21h23

Tout s’aplatit, rose, plus de différences ni d’esprit critique, et finalement les masses se conforment à la pensée qui parvient à s’imposer.

J J-J dit: 1 décembre 2025 à 21h59

@ r^z, jzmn, et autres familiers… j’ai retrouvé ceci dans un vieux cahier de rêves régulièrement tenus au cours des années 1985-1987, à l’aube de mes 30 balais. Eté bien étonné par celui-ci, allez savoir pourquoi/ (***je vous en épargne mes interprétations du contenu en marges, et demande aux autres de ne point En Tenir Compte, ETC, et de passer leur chemin).
————
Paris, 14 février 1986, 7.30.
D. m’assure sur la place de P l’A. qu’il faudra encore attendre un an pour qu’il puisse avoir Franz Kafka dans sa classe (car il y a réussi ses examens d’entrée), le temps que l’un de ses poèmes soit édité. Nous calculons tous les deux dans la bagnole (pendant que D’ est allée au café) qu’il aura alors 10 ans de plus que nous, puisqu’il est né en 1945. Non, le temps ne s’est pas étendu, car il n’a pas d’élasticité. On aurait juste dû y penser plus tôt pour mieux nous préparer à cette rencontre. Certes, Kafka est plus âgé que nous, mais pourquoi diable cette idée devrait-elle toujours s’imposer d’après laquelle on ne pourrait pas rencontrer les gens que l’on aime, au moins une fois dans notre vie, si cela est devenu possible ? Et pourquoi pas durant même une année scolaire entière ? Pourquoi D. ne pourrait-il pas devenir son nouvel ami Max, et pour moi J-J, de pouvoir faire enfin sa connaissance ? Je pourrais surtout expliquer à D. qui l’a beaucoup moins lu et médité que moi, comment il devrait s’y prendre pour s’adapter à la personnalité de Franz, à ses névroses bien connues à travers son œuvre passée, celle à laquelle il aurait lui-même décidé de renoncer à en tirer des romans troublants. D. pourrait ainsi contribuer à l’apaiser moralement, vu qu’il a toujours été terriblement angoissé, comme nous, à la perspective de l’échec des examens scolaires. Peut-être a-t-il décidé de surmonter ce handicap, d’où une demande d’aide et d’un réconfort auprès d’un camarade de classe susceptible de le rassurer dans tous ses moments de doute et de découragement. Car on peut très facilement imaginer la hantise de FK à l’approche des épreuves au baccalauréat français, par exemple. Comme il a dû en souffrir les tourments, le pauvre, au gymnasium de Prague ! Désormais, puisqu’il semble vouloir tourner la page et entrer dans la vraie vie par la voie royale de cette école prestigieuse, il faut l’aider autant que possible d’autant que, parait-il, on peut y disserter sur tout et n’importe quoi en culture gé de la classe préparatoire avec le plus grand naturel possible en mobilisant toute ssa culture acquise par ailleurs, de manière autodidacte ou autre. B-H. Lévy, un étudiant candidat de la précédente promo, ne vient-il pas d’être interrogé sur la possibilité de l’État juif à faire la guerre sans avoir été dûment agressé par ses ennemis ? « Oui ! a-t-il répondu avec cet aplomb qui le caractérise depuis qu’il s’est rendu célèbre grâce à sa chemise immaculée. Dans 25 ans, on pourra en envisager la possibilité, comme pour tout Etat qui se respecte, mais pour l’instant, c’est non ! » – J’estime particulièrement inepte cette réponse péremptoire non argumentée, bien dans la manière de son dilettantisme mondain, mais je remarque surtout avec accablement qu’elle convainc l’auditoire de l’amphi de l’école, parce que ce type au culot invraisemblable sait comment emporter l’adhésion collective grâce au clinquant de son charisme de pacotille. En effet, si l’on soulève un peu les dessous de ses opinions-massue, il n’en reste jamais rien de bien consistant, hormis du vide ou de la merde philosophique. Franz, lui, auprès de ce genre de m’as-tu-vu, ne réussira jamais à leur ressembler, car il est bien trop pur et tourmenté. Comment pourrait-il supporter à terme tous ces petits connards destinés à conquérir leur Amérique par le biais de diplômes « achetés » par leurs géniteurs aux écoles des Hautes Etudes de Commerce ? Commente expliquer sa détermination à vouloir changer totalement sa trajectoire littéraire d’antan et sortir de son étroit bureau des assurances ? Au prix de combien de douleurs supplémentaires à subir de nouveau va-t-il devoir s’affronter ? Mon bon Franz, mon frère, mon ami…, non décidément, tu ne sais pas ce qui t’attend, en voulant pénétrer à tout prix dans la terrible jungle du nouveau monde !

J J-J dit: 1 décembre 2025 à 22h08

NB (coda) – J’ai toujours pensé que nos rêves étaient la réalité, et la réalité, un rêve éphémère sans consistance. Je n’ai jamais été effrayé par la mort, parce qu’elle n’est qu’un rêve de réalité parfaitement inconsistant. BN à tous.tes,

rose dit: 1 décembre 2025 à 22h15

J J-J

Pas encore lu ci-dessus.
Si les rêves étaient la réalité, je vivrais une vie extraordinaire, qui ne correspond guère a ma réalité.
Je vais vous lire.

rose dit: 1 décembre 2025 à 22h22

Lu.
J J-J
Sans jugement. Il est très pensé et très parlé.
Les miens sont très imagés.

Bonne nuit à tous/toutes.

Bihoreau, duc de Bellerente dit: 1 décembre 2025 à 22h38

Noël, c’est la naissance de Notre Divin Maître, Notre Sauveur. Messe de Minuit, Réveillon sobre.
Les étrennes, c’est pour les jeunes enfants, au Jour de l’An.
Le reste est superfétatoire.

rose dit: 1 décembre 2025 à 22h44

Enfin, sur un point je suis d’accord : le luxe est totalement superfétatoire lors de cet événement là.

JC..... dit: 2 décembre 2025 à 5h15

NOEL

La vie consiste à Ingérer, Digérer, Déféquer. Et remettre ça, quand il le faut, dans les meilleures conditions possibles !

Le reste est habillage. Variables selon les rêves du mammifère humain, bref des foutaises. Des rituels à vénérer, essentiellement pour passer le temps.

Jazzi dit: 2 décembre 2025 à 6h27

« La vie consiste à Ingérer, Digérer, Déféquer. »

Et éjaculer, JC !

Ce « rêve », est une méditation, une réflexion plus consciente qu’inconsciente entre deux modèles que tout oppose, JJJ.
Deux juifs pour un goy !

JC..... dit: 2 décembre 2025 à 6h59

« Et éjaculer, JC ! » (Jazzi)

Cher ami, pourquoi nous délivrer de cet immense pouvoir ?…

puck dit: 2 décembre 2025 à 7h24

John le Carré le truc que j’aime le plus chez lui c’est que c’est un complotisme et un conspirationniste.

la politique et les médias aux ordres de big pharma, de la finance mondialisée, du bien être d’une minorité d’élites au détriment des peuples etc… c’est un peu le Robert Kennedy Jr de la littérature.

malgré son esprit subversif le seul truc qu’il n’a pas réussi à surmonter c’est sa russophobie so british.

puck dit: 2 décembre 2025 à 7h29

c’est surtout les anglais qui ont refusé de signé une alliance anti nazie en 39.

le truc marrant c’est que les choses n’ont( pas changé d’un iota : les anglais poussent les russes à signer ce pacte et une fois signé ils s’acharnent contre eux en disant que c’est les alliés d’Hitler.

comme en Ukraine : les anglais provoquent la Russie et quand la Russie réagit il y a un déferlement de principes moraux sur le respect du droit alors que les vrais responsables c’est eux.

niveau hypocrisie les anglais on n’a pas fait mieux.

d’où leur isolement actuel : plus personne ne veut avoir à faire avec eux.

puck dit: 2 décembre 2025 à 7h34

le truc marrant c’est la persistance dans le temps de la ré écriture de l’Histoire et du révisionnisme historique.

le pacte germano soviétique en est un exemple mais pas que.

le bordel mis par les polonais et les finlandais durant toutes les années 30 avec la signature du pacte de non agression germano polonais en 1934.

comme par hasard ce pacte est passé complet aux oubliettes alors qu’il a des conséquences hyper graves.

la communauté d’idées entre lls polonais et des finlandais avec l’Allemagne nazie pareil : passée à la trappe.

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