de Pierre Assouline

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On l’appelle « la Beeb » ou encore « Auntie »

On l’appelle « la Beeb » ou encore « Auntie »

Auntie (Tantine) ? Plutôt familier pour désigner un mastodonte. C’est aussi que vu d’ailleurs, on ne mesure pas la place inouïe qu’elle tient dans l’imaginaire, l’histoire et la vie quotidienne des Anglais. A sa création en 1922, la British Broadcasting Company Ltd est une compagnie privée qui ne deviendra publique que quatre plus tard sous le nom de British Broadcasting Corporation. Dans les deux cas, un même sigle d’une puissance symbolique inégalée, d’abord associé au prestige de l’Empire britannique puis au Commonwealth. Mais quel rayonnement et quelle force de pénétration ! Car dès 1932 la BBC World Service s’employait à « dire la vérité » au reste du monde et à partir de 1936 à diffuser des émissions télévisées.

Malgré les crises, les affaires, les récriminations, les scandales, elle inspire un respect et jouit d’un crédit que l’on veut croire inentamé cent ans après. Il est vrai que la devise de la radio des radios, puisée dans le Livre de Michée, en impose : « Nation Shall Speak Peace Unto Nation (« La nation parlera de la paix à la nation »). Lord Reith, son fondateur, était un presbytérien écossais hanté par sa mission ; directeur général jusqu’en 1938 puis gardien du temple ad eternam, il lui avait inoculé le virus de l’indépendance. Churchill en fit souvent les frais et c’est peu dire que les deux hommes se méprisaient. Le souci du bien public, dont Reith se voulait le prophète inspiré, exigeait que l’on sanctuarisât la BBC en la protégeant des affairistes et des politiciens fussent-ils parvenus au faîte de l’Etat. La Seconde guerre mondiale allait augmenter encore sa réputation internationale en l’associant de facto à la défense de la démocratie contre la barbarie totalitaire.

Classique jusqu’à la caricature, elle incarne de longue date l’Institution par excellence plus encore que le National Heritage ou les Lloyd’s. Sa charte est le socle d’une déontologie rigoureuse qui fut parfois prise en défaut. Toutes les radios et les télévisions étrangères qui, l’ayant à raison érigée en modèle, ont épluché son statut (société de droit public à charte royale qui n’a de comptes à rendre qu’au Parlement) pour s’en inspirer, ont buté sur un paradoxe : il s’avère aussi contraignant sur le plan formel qu’indépendant dans la pratique. Le gouvernement a beau nommer les membres de son conseil d’administration, jouir en principe d’un droit de veto sur les programmes et fixer le montant de la redevance, la BBC n’admet pas que l’Etat se mêle de ses affaires. N’empêche que jusqu’à son cinquantenaire, elle tolérait que les agents du MI5 (contre-espionnage) enquêtent systématiquement avant le recrutement de ses journalistes et de ses cadres.

Comme le montre bien David Hendy dans l’essai qu’il vient de consacrer à The BBC : a people’s history, elle a réussi à créer un lien quasi mystique entre les Anglais et leur radio et leur télévision parce qu’elle s’est voulue fidèle à la sainte-trinité de ses valeurs d’origine : éduquer, informer, distraire. La « qualité BBC » n’est pas un mythe qu’il s’agisse de ses journaux radiophoniques ou télévisés, de ses reportages, de sa couverture de l’actualité internationale, du sérieux de ses documentaires, de la réalisation de ses feuilletons, de sa créativité et de la qualité de sa langue- même si l’on ne s’y exprime pas en permanence en shakespearien.

Si conservateurs et travaillistes lui ont de tous temps reproché de « manquer d’impartialité », feu croisé qui est plutôt bon signe (haïr la BBC est une tradition britannique depuis la fameuse « “British Bastard Corporation » chère à Mrs Thatcher aux plus récents reproches d’élitisme), Boris Johnson parait décidé à lui faire la peau en faisant en la privant de fonds publics- en l’espèce la redevance audiovisuelle qui assure l’essentiel de son financement. Au début de cette année, son gouvernement l’a gelée pour deux ans. Mais on sait le premier ministre bien versatile et on ne l’imagine pas priver son pays d’un instrument de lutte contre la désinformation au moment où la crise avec la Russie rappelle à quel point la voix d’« Auntie » porte loin et fort…

‘(« Monument en hommage au débarquement du 6 juin 1944, Ouistreham » photo Passou)

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commentaires

1 077 Réponses pour On l’appelle « la Beeb » ou encore « Auntie »

B dit: à

Bronzés. Correcteur.

Marie Sasseur dit: à

Mon pauvre Passou, heureusement que personne ne vous lit… Ce que vous vous seriez pris comme quolibets par vos squatteurs.

C’est pas tous qui vont dans la piscine avec un tableau de Courbet pour toute ligne de flottaison, vous les auriez lus alors se moquer de ce nageur assidu.

Bon, eh bien, mon assistant personnel est en train de bipper.

So, bonne suite

DHH dit: à

et alii
le probleme n’est pas d’empêcher les’hommes d’avoir des penséees lubriques , mais c’est d’empecher que les femmes les femmes soient exposéees à ces mâle de ces mâles penséees dangereuses pour leur chasteté
si dans le monde musulman, comme dans le monde chrétien , c’etait la pensée lubrique qui était en elle-même peccamineuse ,je pense que la recompense offerte aux martyrs dans l’au-delà ne serait pas la la possession d’un paquet de vierges, à utiliser à leur guise jusqu’à plus soif

DHH dit: à

correction
« que les femmes soient exposées à ces mâles pensées »

Marie Sasseur dit: à

Deachach est en train de vider le grand bain.

rose dit: à

Un paquet de vierges : cent mille quand même !
Un paquet de gitanes, 25.
Y’a pas photo.

rose dit: à

Une pensée peccamineuse
https://www.alamyimages.fr/pieter-bruegel-l-ancien-les-sept-peches-capitaux-ou-les-sept-vices-l-avarice-pieter-brueghel-l-ancien-1526-1530-1569-noms-alternatifs-pieter-breugel-pieter-breughel-pieter-brueghel-paysan-brueghel-description-peintre-flamand-dessinateur-et-graveur-date-de-naissance-deces-entre-1526-et-1530-9-septembre-1569-lieu-de-naissance-deces-q1981676-ou-breda-bruxelles-travailler-lieu-anvers-1551-1563-italie-1553-bruxelles-1563-1569-le-controle-d-autorite-q43270-viaf-95761864-isni-0000-0001-2144-3618-ulan-500013247-rcac-n80162848-nla-36158631-990-worldcat-pieter-bruegel-image185545215.html

DHH dit: à

et alii
merci
la scene théâtrale présentée en live par la grande librairie m’a convaincue de me precipiter sur cette lecture , pastiche apparemment reussi dans son jeu jsur l’écart de registre entre la forme et le fond et sur les effets de « regard éloigné »
dans le même genre ce chegf d’oeuvre de Pperec

rose dit: à

Léonor Fini, André Pierre de Mandiargues, en burkini à Cabourg.
Salauds de riches.

JC..... dit: à

TORRIDE

Le climat est propice à la lubricité. La température monte, le désir monte, les étalons réclament des souris vertes, les théocrate se voilent la face, les converties se dévoilent la fesse.

Le blog prestigieux croule sous la luxure. Les péripatéticiennes ici présentes tendent la main aux dévoyés sans-dents, aux vieillards rêveurs.

Anne Hidalgo est toujours Maire de Paris, la cité aux mille Cour des Miracles

rose dit: à

À Trieste, Italie, 1933

rose dit: à

Aux vieillard rêveurs à l’emponboint tenace.

rose dit: à

André Pieyre de Mandiargues

Damien dit: à

Ma chère Sasseur, votre histoire de bain toute nue dans la piscine me fait penser à la nouvelle de Bernard Malamud, que je lisais récemment, « La dame du lac ». C’est l’histoire d’un amoureux transi qui arrive d’Amérique pour épouser une comtesse italienne, belle comme une héroïne de Stendhal : elle finit par lui dire la vérité, à savoir qu’elle est la fille du gardien du palais. Il ne renonce pas, mais n’étreint dans la nuit torride que la pierre des sculptures dans le jardin. La reverra-t-il un jour ? L’histoire ne le dit pas. J’aime beaucoup Malamud, dont on ne parle pas assez, qu’on ne lit plus beaucoup. Il y a une certaine dose d’humour juif, que j’apprécie, vous le savez. Le hasard fait bien les choses, dans « La dame du lac ». La jeune fille est juive et ne veut épouser qu’un Juif. Le problème est que le jeune homme n’a pas osé lui dire que lui aussi était juif. C’est très drôle… De l’humour au quatrième degré !

D. dit: à

Très beau texte, JC.

Damien dit: à

Donc, en fait, dans la nouvelle, il y a un double malentendu, sur la judéité des protagonistes, et sur la condition sociale de la fille. A votre avis, quel est le plus important ? Pour la fille, c’est la judéité — elle refuse d’épouser un non-Juif. Par contre, le jeune homme a envie, toute affaire cessante, d’épouser la fausse comtesse. A la fin de ma lecture, je me disais qu’il restait quelque chose qui m’échappait, mais quoi ? Je vous pose la question à tous, et à vous surtout chère Sasseur, femme lettrée.

Damien dit: à

Ah oui ! Un petit détail : je suis le sosie exact de Malamud (à part la coiffure).

Jazzi dit: à

« la scene théâtrale présentée en live par la grande librairie m’a convaincue de me precipiter sur cette lecture »

On y voit Jean-Pierre Marielle bailler d’ennui…

D. dit: à

Les poussirillettes ? Justement j’y pensais.

Damien dit: à

Qui a déjà lu du Malamud, ici ?

Peut-être son roman « L’Homme de Kiev » ?

Un titre d’actualité, chers internautes !

Bloom dit: à

Petite familiarité avec l’oeuvre Malamud, lue en en entier, et particulièrement avec The Fixer, traduit par « L’homme de Kiev », Yakov Bok, le bouc, le bouc-émissaire. J’ai du faire un mémoire de maitrise sur ce grand livre qui s’inspire de l’affaire Beilis, accusé de crime rituel à l’orée de la Pâque (confection de matsoth au sang d’enfant goy, miam miam)…Les Cent noirs, sale milice tsariste.
Comme toujours chez Malamud, on ne comprend rien si l’on ne prend pas en compte le sens des noms des personnages, Freeman au lieu de Levin, par exemple…Tout sauf ‘free’, bien au contraire. Avant tout, Malamud s’inscrit dans la grande tradition anglo-américaine du symbolisme biblique. Remerciements éternels à Petra R. qui m’a fait découvrir ce maitre ironiste lors de notre folle équipée à moto dans les Grampians.
The Assistant (Le Commis) est son chef d’oeuvre incontesté. Frank Alpine y atteint des sommets. The fun we have!

Amanda Lire dit: à

rose dit: à

André Pieyre de Mandiargues

Il faudrait aussi citer le photographe!

rose dit: à

Henri Cartier Bresson.

rose dit: à

« le jeune homme n’a pas osé lui dire que lui aussi était juif. »

La fille était impératrice impérative.
L’a pas voulu la contrarier.

DHH dit: à

@damien @Bloom
j’avais beaucoup aimé ce recueil mais dites m’en le titre que j’ai oublié ;il y avait le mot tonneau merci

Bloom dit: à

En fait, il avait renié son identité en changeant de nom; qui plus est, elle se prénomme Isabella, comme la reine qui a expulsé les Juifs d’Espagne, alors qu’elle est rescapée de bucenwald. L’ironie opère à plusieurs niveaux. A la fin ex Levin devenu Freeman est condamné à n’embrasser qu’une pierre froide et baignée de lune, si ma mémoire ne me trahis pas.
Et l’on pourrait faire un sort au titre, qui fait référence à la légende arthurienne, magnifiquement parodiée par les Python dans Sacré Graal:

Peasant Woman: Well, how’d you become king, then?

King Arthur: The Lady of the Lake, her arm clad in the purest shimmering samite, held aloft Excalibur from the bosom of the water, signifying by divine providence that I, Arthur, was to carry Excalibur. That is why I am your king.

Dennis: Listen. Strange women lying in ponds distributing swords is no basis for a system of government. Supreme executive power derives from a mandate from the masses, not from some farcical aquatic ceremony.

Arthur: Be quiet!

Dennis: You can’t expect to wield supreme executive power just ’cause some watery tart threw a sword at you!

Arthur: Shut up!

et alii dit: à

le jeune homme n’a pas osé lui dire que lui aussi était juif. C’est très drôle… De l’humour
allons, je mets mon grain :
oui, c’est tres drôle aussi lorsqu’on connaît les juifs et les blagues juives qui gravitent autour de cette « révélation » de la judéité;
bonne suite

C.P. dit: à

Damien, je suis un lecteur de Malamud, et d’abord de « The Natural / Le Meilleur », qu’a aimé, qu’aime toujours beaucoup Paul Auster, à cause évidemment du base-ball, mais pas seulement. Le film, avec Robert Redford, n’était pas terrible, mais c’est égal.

Bloom, même intérêt que le vôtre pour « The Fixer ». J’avais trouvé en revanche « The Assistant » certes concentré mais un peu court.

Bloom dit: à

The Magic Barrel/ Le tonneau magique.
Magique.

et alii dit: à

en voici une -non celle que je cherchais mais elle gravite autour de cette révélation-déposition exigée des juifs de leur judéité
« Du temps de la guerre froide, Brejnev demande à Kosygin :
– Combien de Juifs avons nous dans notre Union Soviétique ?
– Bof … dans les 6-8 millions.
– Et combien émigreraient si on les laissait partir ?
– Entre 20 et 25 millions…

renato dit: à

J’ai un rayon Malamud, affection pour Idiots First.

DHH dit: à

Cette situation que Malamud traite avec finesse et humour n’etait pas rare autrefois quand il etait habituel dans la vie amicale ,sociale et professionnelle de ne pas révélér qu’on etait juif
Et je sais des amourettes entre juifs qui s’ignoraient , et qui ne sont jamais allées bien loin, aucun des deux protagonistes n’envisageant quelque chose de sérieux avec un conjoint qui ne soit pas juif

renato dit: à

Certains virtuoses juifs servaient au pouvoir soviétique pour démontrer qu’il n’était pas antisémite.

Bloom dit: à

Salutations, C.P.. Heureux de vous lire. Oui, la ‘goden bullet’ dans The Natural, un peu trop pour moi. Le chemin étroit de la rédemption de F. Alpine fut pour moi un très grand moment de lecture…
Saviez-vous que Paul Auster accepte de répondre à des questions posées par des élèves français de terminales qui étudient son ‘Moon Palace’? Il dit que c’est là sa responsabilité d’écrivain, même quarante ans après. Quelle classe!

renato dit: à

Evviva ! C.P. est revenu.

Marie Sasseur dit: à

@ »votre histoire de bain toute nue dans la piscine me fait penser à la nouvelle de Bernard Malamud, que je lisais récemment, « La dame du lac ». »

Cher Damianus, je n’ai rien lu de Malamud.

Cette nouvelle de la dame du lac Majeur ? est assez éloignée et de la piscine de mon souvenir et d’un lac où je me baigne encore parfois, et qui est plein de larmes poétiques.
Mais pleased to meet you l’année dernière a Marienbad. Vous n’avez pas changé.

Et si vous allez à Stresa, prenez bateau pour les îles. Là est la comtesse…

DHH dit: à

@et alii
votre blague a aussi un autre sens ;elle anticipe sur ce qui a eté une réalité plus tard: beaucoup de soviétiques se sont fait passer pour juifs afin d’être autorisés à émigrer et pouvoir aller vivre en Israel

Alexia Neuhoff dit: à

Mieux que de patauger en costume ou pas dans le petit bain chloré de l’actualité tiédasse version BFMTV, la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes a gagné en qualité sous les couleurs de France 2. Moins d’hystérie, moins de publicité, du temps laissé à l’intervention du président ukrainien comme à Vincent Lindon pour son discours sensible et profond. Plus tard, avec Sorry We Missed You (21:10), ce discours résonnait dans le thème développé par Ken Loach (2019), sa dénonciation d’une forme d’esclavage moderne que le néolibéralisme a inventée avec l’ubérisation, cette escroquerie qui consiste a laisser croire à des travailleurs qu’ils sont des auto-entrepreneurs alors qu’ils ne sont rien, n’ont pas la plus minime protection d’employés, qu’il leur reste à assurer des cadences infernales sous une surveillance technologique permanente, pour des clopinettes !
C’est moins exaltant que de débattre sur la taille des maillots de bain à la piscine mais… il n’est pas mauvais de parfois sortir la tête de l’eau.

rose dit: à

Watery tart.
Rien que ça.
Au citron j’espère et meringuée.

rose dit: à

Some watery tart.

et alii dit: à

MERCI DHH,je n’y pensais pas à cette facette, mais maintenant, j’aime encore plus cette « blague »

DHH dit: à

@Bloom
Même comportement de Heinrich Böll, avec les élevés d’une amie prof d’allemand ,qui souhaitaient monter « le train était a l’heure » sous forme théâtrale*.
il a répondu à leur demande de conseils pour la mise en scene

et alii dit: à

à propos d’émigration de juifs, il y a la blague des deux gamins urinant contre un mur , et l’un d’eux regardant l’autre lui dit « tu n’es pas circoncis ? » lequel répond: »on ne sait pas si on va rester »

Janssen J-J dit: à

cher Damianus, je me sentirais offensé, pmp…

Malamud était le maître référentiel de Bellow et Roth, pas trop celui d’Auster.

@ DHH, ci joint une FICHE RESUME DES 13 NOUVELLES DU RECUEIL « LE TONNEAU MAGIQUE’ (Rivages)… des anti héros attachats, pmp, la meilleure nouvelle : l’ange Levine…
Sobel, dans « Les sept premières années », travaille sept ans à l’ombre d’une échoppe de cordonnier par amour pour la fille de son patron, Rosen dans « Prenez pitié », veut se suicider pour sauver malgré elle une jeune veuve en lui permettant d’hériter de sa fortune, Susskind dans « Le Dernier Mohican » veut démontrer à un critique d’art que la meilleure manière de comprendre Giotto consiste à imiter saint François… tous ces anti héros sont touchants par l’opiniâtreté qu’ils mettent dans leurs bonnes intentions. Les uns se fourvoient comme Levin, dans « La Dame du lac », qui gâche par ses mensonges sa plus sûre chance de bonheur, ou Mitka dans « La Fille de mes rêves », qui dédaigne la passion de sa logeuse pour une fallacieuse correspondance. D’autres sont emportés par leurs rêves comme Willy Schlegel dans »La Facture », qui s’est laissé tenter par les achats à crédit et paiera toute sa vie la honte de laisser une facture impayée, ou bien Manischevitz dans « L’Ange Levine », éprouvé comme Job, et prêt à croire au miracle annoncé par un illuminé. Les ennuis de Carl Schneider, dans « Attention à la clé », qui cherche l’impossible, c’est-à-dire un appartement ultra-moderne et bon marché à Rome, sont racontés avec une verve endiablée que l’on retrouve dans la nouvelle qui donne son titre au livre, « Le Tonneau magique », où l’on voit un étudiant rabbinique chercher une épouse chez un marieur très original.
(d’après le babelio).
Bàv,

Janssen J-J dit: à

@ un bon coq n’est jamais gras

OK pour restituer cette sagesse popu à l’Irlande, mais pas de ça chez nous en France, ça non, houlà, dieu merci…

DHH dit: à

@JJJ
merci de ce rappel qui va me faire relire ce recueil car votre fiche mentionne des nouvelles dont je n’ai pas souvenir ,dans ce recueil dont pourtant j’avais aimé les variations, à travers ces textes, autour du theme du looser attachant ,maladroit ,et en définitive sympathique

Janssen J-J dit: à

@ Paul Edel dit: à Marie Sasseur décourage de venir sur ce blog

mais non, suffit d’enjamber la pistoche !… l’est ravie de plonger à poil dans le bassin vide, caboche le première…

Bloom dit: à

Cela ne m’étonne pas de l’auteur de La Grimace, DHH. Quelqu’un qui écrit si magistralement et s’installe dans un petit cottage sur Achill Island ne peut qu’être profondément authentique.
Je peux vous dire que les élèves de mon ami ont été plus qu’émus de lire les réponses à leurs questions…

Bloom dit: à

rose, a tart = une marie-couche-toi-là…

Jean Langoncet dit: à

L’appel à tarte

« En pleine nuit, le 4 mai, dans le centre de Nijnevartovsk, ville d’un peu moins de 300 000 habitants située dans le nord de la Sibérie, un homme apparemment jeune avance d’un pas déterminé. Le visage dissimulé sous une capuche et un masque, un sac plastique à la main, il se dirige vers le 78, rue de la Paix. Méthodiquement, il en sort sept bouteilles en verre et les aligne sur un coin de trottoir. Puis, parfaitement calme, il allume un à un ses cocktails Molotov et les propulse sur la porte et les fenêtres du bureau d’enregistrement militaire qui se trouve là.

Pas le moindre mot n’est prononcé, et il est impossible de remonter la trace de la vidéo, apparue le lendemain sur les réseaux sociaux. Rien ne permet d’identifier l’homme aux cocktails Molotov ou le complice qui le filme. La police y est-elle parvenue ? Le 13 mai, elle a signalé avoir arrêté deux suspects, placés en détention provisoire pour deux mois. Mais contrairement aux arrestations habituelles de « saboteurs » et d’« espions », très mises en scène à grand renfort de symboles nazis, aucun détail n’a été donné.

Le cas de Nijnevartovsk n’est pas isolé. A Tcherepovets, dans la région de Vologda (nord-ouest), le même scénario s’est produit, le 12 mai, avec des assaillants un peu moins sûrs d’eux, qui ont dû s’y reprendre à deux fois pour faire exploser leurs cocktails Molotov. La façade du voenkomat (le bureau militaire) a néanmoins bien pris feu.

En Russie, un mouvement antiguerre inédit
Dans d’autres cas similaires, les auteurs restent cachés. Un élément compréhensible sachant les très lourdes peines encourues. Seules des caméras de surveillance, quand elles sont installées, permettent d’avoir un aperçu des faits. Sinon ne restent que des façades partiellement calcinées dont les photos commencent à circuler au petit matin. En tout, depuis le début de « l’opération spéciale » le 24 février, douze incendies ou tentatives d’incendie de tels bâtiments ont été répertoriés dans les médias locaux. (…) » The World (is not yours, Putin)

Marie Sasseur dit: à

Isabella, Isola bella, dans cette nouvelle de Malamud, peut faire référence a Isabella Borromee, -Isabella d’Adda- à une héritière, en lui donnant un nom très stendhalien.
Subtile, Damianus.

 » Henry Levin dissimulant son nom pour lui préférer celui de Freeman, un juif américain qui cherche l’amour et le trouve à Stresa, sur le Lac Majeur et l’une des iles Borromées, sous les traits de celle qu’il prend pour la jeune duchesse del Dongo, héritière du palais rococo dont il parcourt les jardins en terrasse, une prénommée Isabella qui se refusera à lui finalement alors qu’elle l’aurait voulu juif quand il lui avait juré ne pas l’être. »

https://www.culture-tops.fr/critique-evenement/romans/le-tonneau-magique

Bloom dit: à

Le ‘schlemiel’, 3J, Malamud, c’est le ‘schlemiel’, le naïf maladroit & falot qui joue de malchance & que l’on appelle aussi ‘schlimazel’ (schlim = mauvais, mazel = étoile, chance, yiddish).
Ne pas confondre avec ‘le schnorrer’, le parasite qui vient vous taper 2 balles à tous les coins de rue.
Figures typiques du théâtre et de la littérature yiddish. Malamud est peut-être celui qui utilise le plus ces personnages, tout comme Woody Allen dans ses premiers films.

DHH dit: à

Le Schlemil a son correspondant séfarad dans le personnage de DJOHA
mais il y a entre ces deux nigauds paumés et malchanceux une petite difference ;Djoha est definitivement et de manière irrécupérable un pitoyable imbecile, tandis que le Schlemiel, au delà des apparences se révèle parfois futé
D’ci a ce que certains considèrent que cela reflete bien le gap intellectuel entre les Sefarad , et les Ashkenaz ,chez qui même les imbeciles sont des petits malins……..

renato dit: à

Après la bénédiction de l’invasion et la lutte contre les homosexuels, Kirill vise les avortements et le cinéma. Le patriarche des anathèmes critique les films qui normalisent « les amours parallèles ».

Marie Sasseur dit: à

Si je n’en avais déjà pas assez en attente, j’aurais été tentée par ce  » tonneau magique » de Malamud, et le fait que sa traductrice en
fr soit celle de Ph. Roth, la très talentueuse J. Kamoun est importtant.
Merci Damien de la découverte, qui rend un peu de son âme à la rdl.

et alii dit: à

permettez moi de dire, pour nous aujourd’hui, que je n’ai pi m’empêcher de pensezr à
« L’Étrange Histoire de Peter Schlemihl ou l’homme qui a vendu son ombre (titre original : Peter Schlemihls wundersame Geschichte) est un récit fantastique écrit par l’écrivain et botaniste allemand Adelbert von Chamisso durant l’été 1813. La première édition française de ce roman court parut en 1822, dans une traduction de Hippolyte de Chamisso.
une note de la page précisant que Chamisso fréquentait les milieux juifs et ayant lui-même défini le personnage : »Schlemihl signifie en yiddish «un type qui n’a pas de chance mais qui s’en accommode ». Chamisso, qui fréquentait les milieux juifs éclairés, écrivait le 27 mars 1821 à son frère Hyppolyte « […]Dans le dialecte juif, on appelle de ce nom des gens malheureux ou maladroits auxquels rien ne réussit…[…
bonsoir
Schlemihl signifie en yiddish «un type qui n’a pas de chance mais qui s’en accommode ». Chamisso, qui fréquentait les milieux juifs éclairés, écrivait le 27 mars 1821 à son frère Hyppolyte «[…

et alii dit: à

je n’ai pu m’empêcher

et alii dit: à

j’ait pour aujourd’hui(il y a longtemps moi aussi que
j’ai lu CHAMISSO et nsuis familière de ce mot yddish,)
puisque voici un film récent
« Animation signée par le cinéaste virtuose Georges Schwizgebel, ce court métrage est une adaptation d’un conte fantastique d’Adelbert von Chamisso, inspiré de Faust, L’étrange histoire de Peter Schlemihl (1814). À quoi peut bien servir l’ombre que nous traînons sur le sol? Un homme se pose cette question quand il accepte le pacte que lui propose un magicien : échanger son ombre contre la richesse. Or, l’absence d’ombre devient pour lui un handicap humiliant. Ayant fui au bout du monde, il découvrira, dans un théâtre d’ombres de Bali, qu’elle pourrait être un atout.
https://www.onf.ca/film/homme_sans_ombre/

et alii dit: à

excuses:j’ai un doigt embobiné dans un pansement et c’est tres gênant (d’où fautes innombrables et de l’inattention parce que je pense à mon doigt!)

et alii dit: à

je sais combien les non juifs adorent s’approprier des mots de yddish et les faire fructifier en société dans une conversation et dans une oeuvre:ce qui donne un intérêt à l’explication de et par Chamisso;sans plus ni moins pour la transmission

Janssen J-J dit: à

faut-il vous plaindre ?

et alii dit: à

d’une certaine façon, évoquer Chamisso, c’est comme on dit « un prêté pour un rendu! »

et alii dit: à

The Nebbishes était une bande dessinée du dimanche souscrite par Herb Gardner , mieux connu aujourd’hui en tant que dramaturge et scénariste. La bande a été syndiquée par le Syndicat McNaught du 4 janvier 1959 au 29 janvier 1961. [

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