de Pierre Assouline

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La République des livres
Un (re)traducteur, ça s’autorise autant que ça s’empêche.

Un (re)traducteur, ça s’autorise autant que ça s’empêche.

Gardons-nous d’en faire un phénomène révélateur de la météo éditoriale. N’empêche qu’à la charnière de 2025/2026, il y a embouteillage du côté des retraductions littéraires. De quoi cet air du temps est-il le nom ? Un fois passées les réactions d’instinct hésitant entre un « encore ? », un « à quoi bon ? » et un « quel intérêt ? », on évoquera bien sûr une raison technique, à savoir le renouvellement de droits étrangers sur certains romans classiques, voire la chute de ceux-ci dans le domaine public (mais oui, il est dit généralement que l’on y tombe…). Mais cela ne suffit pas. Quoi alors ?

Il faut compter avec le goût sinon le désir d’écrivains qui ne sont pas des professionnels de la traduction de s’emparer d’une œuvre qui leur est chère, publiée à l’origine dans une langue dont ils estiment avoir une maitrise suffisante pour en assurer le transport en français. Ce n’est certes pas nouveau (de Maurice Maeterlinck et André Gide avant-guerre à Marie Darrieussecq plus récemment). Ainsi Jean-Philippe Toussaint ces jours-ci avec Le Verdict (44 pages, 5,50 euros, éditions de Minuit) de Franz Kafka. Comme c’est souvent le cas en pareille situation, il joint au texte une postface intitulée « Le vrai, le pur, l’immuable » justifiant son travail ce qu’un traducteur de métier fait plus rarement. Face à pareille entreprise, l’écrivain ne s’autorise que de lui-même, comme il l’avait déjà fait en s’emparant de la Schachnovelle de Stefan Zweig. Toussaint, lui, se doit d’expliquer le concours de circonstances qui l’a conduit à traduire ce texte de l’allemand. D’abord la conviction assez partagée que Kafka est devenu écrivain la nuit durant laquelle il a écrit cette nouvelle d’une traite à 29 ans ; ensuite le fait qu’il est son frère d’armes en écriture, celui qui l’a nourri comme peu d’autres davantage encore que son écrivain de chevet… car il a écrit le Verdict « en fendant les eaux » et en portant « le poids de mon corps sur mon dos » et s’en est délivré à l’égal d’un nouveau-né « couvert de saletés et de mucus ». Toussaint a tout lu de lui jusqu’à en être habité mais le Verdict davantage que d’autres textes de Kafka le hante. En allemand, il s’intitule Das Urteil. Il consent à lui conserver son titre français d’origine, comme la dizaine de ses prédécesseurs quoiqu’il n’en soit pas satisfait. Il aurait préféré « Le jugement » ou encore « La condamnation à mort ». Sauf que si l’auteur l’avait souhaité ainsi, il aurait choisi « Das Todesurteil » ce qu’il n’a pas fait. L’interprétation a des limites balisées par l’honnêteté de l’interprète. Un retraducteur, ça s’autorise autant que ça s’empêche.

J’évoquais plus haut la question du droit à traduire à nouveau sur les brisées d’un traducteur qui a pu faire longtemps autorité d’autant plus facilement qu’il était le seul. Le voyage de l’allemand au français de La Mort à Venise, la célèbre nouvelle de Thomas Mann à laquelle Luchino Visconti donna une notoriété mondiale par la magie de son film, vaut d’être contée avant que la version de Philippe Jaccottet, alors un poète débutant de 21 ans, ne paraisse le 16 janvier prochain (152 pages, 13 euros, Le Bruit du temps) dans une publication très soignée, comme à l’accoutumée chez cet éditeur qui a le souci du beau, sous une couverture reproduisant Le Pont du Rialto, huile de John Singer Sargent. Enfin ! pourrait-on ajouter. Elle lui avait été commandée par l’éditeur suisse Henry-Louis Mermod, insatisfait d’une précédente version (jugée un peu terne, elle était pourtant signée de Bertaux & Sigwalt) et le texte en avait rendu en… 1946. Kra, un autre éditeur, parisien celui-ci, publia la version rejetée. Après la guerre, une fois épuisée, elle fut récupérée par Fayard lequel, après négociation, laissa Mermod publier en édition de luxe 2500 exemplaires de la version Jaccottet. Ainsi naquit un collector, comme on ne disait pas à l’époque. Thomas Mann complimenta avec indulgence son traducteur jusqu’à lui accorder la licence de menues erreurs d’interprétations, encore que ce n’est pas si véniel de traduire « Kapellmeister » par « maitre de chapelle » en lieu et place de « chef d’orchestre » (erreur effacée de cette nouvelle édition). La Mort à Venise ayant désormais rejoint le domaine public, elle s’apprête donc à réapparaitre autrement. Nul doute que nombre de lecteurs auront l’impression de découvrir un nouveau livre tant il est vrai, comme le souligne Mann, que cela change tout lorsqu’une nouvelle dont il se dégage une musique si profonde, désormais inséparable à la lecture de l’Adagietto de la cinquième symphonie de Mahler qu’on le veuille ou non, est rendue en français par un poète.

Thomas Mann, justement, est par ailleurs d’actualité pour une autre traduction très attendue de l’un de ses monuments : Les Buddenbrook à paraitre chez Gallimard le 29 janvier prochain, revisité par Olivier Le Lay (révélé en 2004 par son inoubliable traduction de Berlin Alexanderplatz d’Alfred Döblin couronnée du prestigieux prix Halpérine-Kaminsky). Un pavé de 872 pages publié à l’origine en deux volumes dans lequel on s’immerge sans effort tant ce récit de la grandeur et surtout du déclin, autant dire : la gloire et l’épuisement, d’une grande famille de négociants de Lübeck est envoûtante avec ce qu’il faut de jalousies inassouvies, de feux mal éteints, d’ambitions contrariées. De nombreux personnages parmi ces notables dont les plus saillants subissent le poids de leur héritage dynastique, obstacle à la tentation d’un destin personnel, en particulier l’oncle Christian, grand névrosé assez borderline dans son genre. Et le tableau généalogique en liminaire de ce qui est au fond un conte hors-mesure n’est pas superflu ! Lorsqu’il l’a publié en 1901, l’auteur âgé de 26 ans disait, comme pour s’en excuser, tenir de sa mère son « désir d’affabulation » (in Ecrits intimes, traduit de l’allemand par Guillaume Ollendorff dans une édition de Bertrand Dermoncourt, qui vient de paraitre chez Plon). Un premier roman qui a depuis conquis sa réputation de classique moderne jusqu’à en devenir le modèle de nombre d’épopées familiales dans différentes langues.

Le (re)découvrir si longtemps après sa naissance permet d’ignorer la fâcheuse réputation que la famille Mann s’employa à répandre contre ce qu’elle désignait comme un roman à clés destiné à lui nuire. La construction des Buddenbrook, qui repose sur un remarquable échafaudage vibrant de musiques (ici Bach, Buxtehude), est le canevas de ses grands romans à venir, pétris d’oppositions et non de contradictions, dense, sage, fantaisiste, humoristique, sérieux, réaliste et, pour la plupart, s’autorisant de longues digressions théoriques (il suffit d’avoir à l’esprit les conversations philosophiques au sanatorium de Davos) au risque d’ébranler l’édifice romanesque et la dramaturgie. A ceci près qu’ici les pensées du penseur ne nous encombrent pas car elles sont dissoutes dans l’action et non exposées ex cathedra. De son propre aveu, c’est même son seul grand récit à n’être pas interrompu par des essais. Ici, pas de justifications du traducteur ou de l’éditeur mais une préface pénétrante et aigue jusque dans sa pointe autobiographique du critique et écrivain Philippe Lançon chargé de contextualiser le chef d’oeuvre. Une fresque qui n’est pas une saga de plus tant elle continue de surplomber le genre plus d’un siècle après quand bien même serait son sujet comme ce sera dorénavant la règle. Philippe Lançon rappelle non sans malice le jugement de Klaus Mann sur son père :

« Depuis sa jeunesse, la mort était sa spécialité. On a souvent admiré avec quelle élégance il avait exterminé une grande famille dans « Les Buddenbrook ».  

Peu après sa parution au début du siècle, le succès public venant sans se presser  au lendemain d’un accueil critique assez difficile, un Who’s who munichois trouva judicieux de faire savoir que l’adresse de la maison de famille des Buddenbrook, près de l’église de la Marienkirche, n’était autre que celle de l’auteur, appelée à devenir « un objet de la curiosité d’inconnus » (in Écrits intimes).

S’attaquer à un monument ne va pas de soi pour un traducteur. Un honneur autant qu’un défi car un classique moderne du XXème siècle a nécessairement été déjà adapté, transporté, trituré, malmené, sublimé par des prédécesseurs. Surtout, d’innombrables lecteurs ont déjà fixé dans leur esprit des situations et des caractères pour le meilleur et pour le pire. Les déranger dans leur mémoire ne va pas sans risque. Il faut faire autrement sinon mieux sous peine de se faire rejeter. Ce qui vaut pour les Buddenbrook d’Olivier Le Lay vaut pour Le Bruit et la fureur de Charles Recoursé. Le grand roman de William Faulkner est sorti dans sa nouvelle parure il y a une quinzaine de jours enrichi d’un addenda détaillant la biographie individuelle de chaque membre de la famille Compson (390 pages, 23 euros). L’avant-propos du traducteur est attendu au tournant car on ne touche pas impunément à ce graal de la littérature américaine, si sacré qu’il a consacré à jamais son auteur comme un « écrivain pour écrivain ». Il est vrai que l’on y avance parfois la nuit avec des lunettes noires dans l’épaisseur de cette forêt de personnages racontés dès l’entame par un « idiot », du moins désigné comme tel. A chacun sa voix mais cela exige de prêter l’oreille afin de les identifier d’autant que des prénoms se dédoublent et les temporalités se multiplient au sein de séquences entre flashbacks et flashforward. C’est dire que l’auteur ne nous facilite pas la tâche.

Son roman se mérite. Et pour le traducteur, c’est double peine car il ne pouvait y ignorer la traduction du maitre, Maurice-Edgar Coindreau tout en reconnaissant ne pas s’y retrouver et même s’y perdre tant ses choix lexicaux le déconcertaient. Alors pour s’en sortir, il a été voir du côté des traductions italienne et espagnole du Bruit et la fureur, histoire d’examiner l’art et la manière dont d’autres se sont extraits de ce brouillard qui se déploie sous un titre emprunté au Macbeth de Shakespeare. De quoi prendre la mesure de l’étendue des interprétations. D’une version à l’autre, les aventures de broken biscuit sont passionnantes avant d’arriver à « pâte à biscuit ». Et comme si cela ne suffisait pas, il faut aussi se colleter à la langue du sud-étatsunien tel qu’elle était pratiquée dans le Mississippi dans le premier quart du XXème siècle et pour le restituer ne pas hésiter à « triturer la grammaire ». Charles Recoursé, qui a visé avant tout la cohérence, ne cache pas qu’il a dû « naviguer à vue », autrement dit : à l’oreille, car on le sait, entre toutes ces voix qui le hantent, ce qui en ressort sous sa plume lorsqu’elles s’incarnent, c’est de la musique.

Allez, un dernier pour la route: la traduction que Frédéric Boyer a ciselé de La Tragédie d’Hamlet, prince du Danemark mais à destination du théâtre, plus précisément pour la mise en scène d’Ivo van Hove. Une commande de la Comédie-Française qui a été jouée il y a un an et qui le sera à nouveau en janvier mais au Théâtre de l’Odéon. Bien que ne soit pas destiné prioritairement à être lu mais lu à la table, mis en bouche sur les planches puis entendu, le texte parait (212 pages, 20 euros, Gallimard) et, miracle, ça se lit avec un égal bonheur ce qui n’est pas gagné car on ne traduit pas pareillement dès lors que l’on s’adresse d’abord à des comédiens.

« Etre ou ne pas être- c’est « la » question.

Quel est le plus digne choix de l’esprit: subir les coups et les flèches d’un destin extrême ou prendre les armes contre un océan de contrariétés pour en finir dans la violence ?

Mourir : dormir, rien d’autre »

(« Le pont du Rialto », huile sur toile de John Singer Sargent, 1911, Musée de Philadelphie ; « Buddenbrook-Haus » dans la vieille ville de Lübeck, photo D.r.;  Wright Morris, « Le pays de Faulkner près d’Oxford, Mississippi », 1939)

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commentaires

915 Réponses pour Un (re)traducteur, ça s’autorise autant que ça s’empêche.

D. dit: 12 décembre 2025 à 15h54

Le projet d’une deuxième entrée au Louvre au niveau de la colonnade été baptisé par Macron « Louvre Nouvelle Renaissance » et coûtera un pognon de dingue au contribuable français.
Les architectes qui concourent sur le projet vont rencontrer un bel os : il n’est pas question de toucher à la ligne de métro 7 qui passe tout près. Ça couterait un pognon encore plus de dingue. Et pourtant pour sortir quelque chose digne d’un vrai grand projet sans contrainte, il aurait certainement fallu le déplacer plus loin, ce tunnel de métro.
Donc je suis bien impatient de voir ce qui sera pondu. Et d’ores et déjà très inquiet.

et alii dit: 12 décembre 2025 à 16h37

oeut-on vivre sans musique?
Vers 1275, Pérotin est qualifié de discantor optimus, c’est-à-dire de « meilleur » (ou « excellent ») « déchanteur » (interprète pour le déchant), ce qui le désignait donc comme chantre ou compositeur de déchant (le déchant étant à l’origine improvisé).

Ce que l’on connaît sur Pérotin est issu des notes de cours d’un étudiant anglais, venu à Paris à cette époque et désigné par le musicologue flamand Edmond de Coussemaker, en 1875, sous le nom d’Anonyme IV.

renato dit: 12 décembre 2025 à 17h00

« oeut-on vivre sans musique? »

Il suffit d’organiser le son ambient : voiture, foule, oiseaux, et ainsi de suite.

D. dit: 12 décembre 2025 à 17h11

Très intéressant, renato. Admettons pour la plupart des oiseaux capables de moduler ton et rythme.
Mais la foule, c’est quel ton ?

D. dit: 12 décembre 2025 à 17h18

Les samplers électroniques sont capables de donner un ton à un bruit de foule natif, ou même d’en superposer plusieurs pour créer drs accords, mais c’est de la magouille numérique. A la base une foule ne donne pas forcément un ton bien identifiable, il peut certes y avoir des crêtes avec ton plus discernable mais bon. Quant aux voitures c’est souvent pareil, sauf avec les moteurs de sport qui montent à dix, vingt-mille tours minutes, on commence alors à entendre des notes.

renato dit: 12 décembre 2025 à 17h24

Je parle, D., de l’organisation de l’espace sonore par l’auditeur. En partie, on tient compte de ce qui est présent (le flux) ; puis il y a des moments aléatoires : le merle apeuré, l’idiot qui accélère pour doubler, etc.

B dit: 12 décembre 2025 à 17h28

Les bruits d’eau, chants du ruisseau, torrent, fontaine, vagues, marées me sont bénéfiques comme d’ailleurs le chant des oiseaux . D’ailleurs il en est fait des disques , je n’en dispose d’aucun cependant je dirai que ces sons me sont presque plus chers qu’une musique.

Jean Langoncet dit: 12 décembre 2025 à 17h54

quelqu’un pour retrouver les images de l’interview tévé de Passou confortablement assis dans une bergère devant un feu de cheminée à l’occasion de le sortie de son opus Retour à Séfarade ? … Quelle poilade !

Jean Langoncet dit: 12 décembre 2025 à 18h13

Est-ce depuis lors qu’il se cogne la camarilla de droitards qui prétend coloniser ce cul de basse fosse ? Pas impossible vu l’état d’esprit revanchard et étriqué des concernés.ées

renato dit: 12 décembre 2025 à 19h09

Il est possible qu’un merle soit effrayé par un chat qui passe près d’un buisson, et qu’en proie à la peur, il s’envole en poussant des cris d’alarme.

B dit: 12 décembre 2025 à 19h12

D, des clés, une CB, un portable, sa femme, sa fille, sa petite-fille, son chat, son chien, des préservatifs, sa soeur, son livre de chevet, son carnet secret d’adresses? ses appuis politiques, son peigne, son sèche-cheveux, son alliance, sa pince à épiler, son pull-over préféré, son noeud papillon, le soutien de son fan club, sa fiancée, son fiancé ? Son nounours, sa mobylette, la confiance du peuple de gauche, l’admiration des gens de droite?

B dit: 12 décembre 2025 à 19h26

Son bréviaire, une plume de faisan ou d’autruche, un diamant de ceux des bijoux d’Eugenie, son permis à points sans point, son permis de séjour, son passeport, son billet d’avion, ses skis, sa boîte à outils, son escabeau,son sécateur,

Maurice revient dit: 12 décembre 2025 à 19h47

J’aime beaucoup les oiseaux 🐦🐔🐦🐧🐤🐥🐓 qui sont parfaitement aimables.
Dans le roman de Robert Brasillach « Le marchand d’oiseaux » il y a un vieux marchand qui baguenaude dans les rues de Paris avec ses doux et beaux oiseaux.
Quand je pense qu’ils ont fusillé Brasillach à la Libération !
Les salauds !

Maurice revient dit: 12 décembre 2025 à 19h51

Libération = Épuration.
Ils ont osé « épuré » un PUR !
Brasillach, pour toujours, restera pour moi un bel écrivain.

Jean Langoncet dit: 12 décembre 2025 à 20h51

Capté en passant

« Heureux les simples d’esprit esprit, car le royaume des cieux leur appartient ; sinon les chèques et la carte bleue sont acceptés : 20,90 euros le livre »

Des winners on vous dit …

closer dit: 12 décembre 2025 à 21h15

La meilleure traduction est par définition une traduction contemporaine de l’oeuvre, qui baigne dans le même esprit du temps. Si l’on s’aperçoit plus tard qu’elle comporte des contresens ou des maladresses, il suffit de les corriger respectueusement.

Les retraductions par des traducteurs mégalomanes qui prétendent nous révéler des choses que personne n’avait vu avant et se hisser au rang de co-auteurs n’apportent généralement rien et déforment l’oeuvre originale.

Après avoir lu une traduction de l’anglais par Markowitz, je me suis empressé d’ignorer sa traduction du russe des « Frères Karamazov » pour les lire en anglais dans une édition Penguin Classics en laquelle j’avais a priori toute confiance.

Pour les textes plus anciens, la solution trouvée par Jean Cassou pour son Quichotte est parfaite: reprendre des traductions en français du 17ième siècle et les corriger pour les rendre lisibles par le lecteur d’aujourd’hui.

Pardon de répéter toujours la même chose quand Passou parle de traduction.

MC dit: 12 décembre 2025 à 21h26

Si lex rimes df St Pol Roux vous échappent, voyez le livre d’ Alain Geoffroy, je crois. Et vous trouverez des poèmes ni bêtes, ni libres.. Minaucourt sans ajouts est un pèlerinage. MC

renato dit: 12 décembre 2025 à 21h42

J’ai un bon souvenir de la modernisation de Tristes Pontiques par Marie Darrieussecq. Je sais qu’ici la dame ne jouit pas de beaucoup d’estime, mais inutile d’ouvrir un debat sur ses qualités défauts e via dicendo, cette expérience de traduction reste très intéressante.

JC..... dit: 13 décembre 2025 à 5h48

CHANGER LE TITRE

Traduire est une louable tentative de faire apprécier un texte original, le plus souvent incompréhensible par la masse des lecteurs potentiels, pour des raisons multiples.

Ce qui sort de ce travail, la traduction, est insatisfaisant quelle que soit le souci, le soin du traducteur.

Changer le titre du livre traduit serait plus honnête !

rose dit: 13 décembre 2025 à 5h55

Apprendre la langue source ce n’est pas donné à tout le monde. Et puis, être polyglotte ne comprends pas l’ensemble de ce qui peut nous intéresser, sauf a s’enterrer dans un coin de montagne profonde et à travailler du matin au soir.

rose dit: 13 décembre 2025 à 6h03

Je suis contre s’enterrer, où que ce soit.
Hier soir, je suis sortie, bellement accompagnée par « ma chérie » pour voir une recension des paysages chantés par Giono dans ses livres. Le titre roman ne convient pas pour Giono.

Manque de chance, et la période est propice, un parfait connard a fini par gâcher ma soirée par une réflexion assassine. Ces gens-là, qui fâchent ainsi l’immensité de leurs lacunes trouvent moyen ainsi de castrer leurs interlocutrices. Sa Gudrun va le larguer incessamment sous peu, et il vieillira law tête dans le cul, penché seul sur son assiette de soupe.
Ai noté ceci ce matin, à l’amie en question :
[13/12, 06:41] Michèle Tua: C’est parce que le Contadour, je le porte dans mon cœur très haut placé.
J’y ai marché dans la neige, en m’enfonçant jusqu’aux genoux, et c’est lui qui a été le déclencheur de ma vocation de prof. à un jour près. Tu parles qu’il a une grande importance dans ma vie.
Et le Voyage à pied dans la Haute Drôme de Giono, cela m’a rappelé nos trois jours à pied dans les Monges.
[13/12, 06:42] Michèle Tua: Ah, quel bonheur fou de vivre ici dans ce pays que j’ai dans la peau !

rose dit: 13 décembre 2025 à 6h13

Avoir un pays dans la peau, c’est tellement mieux qu’avoir un mec dans la peau.

Il cache ses lacunes : il ne sait rien en fait.
Plus fâchée 40 secondes, du boulot pour tout le week-end.

J’ai appris deux choses qui m’ont foutu le cul par terre :
La première je suis tombée de haut : moi, je voyais, je concevais ainsi, la chaîne du Luberon qui commence aux Alpilles et finit à Volx. Non Forcalquier n’est pas dans le Luberon.
Cette vallée où je vis ( mais moi, je vis à la montagne à 600 mètres d’altitude ) et en face et parallèle, je voyais une autre chaîne qui s’enchaîne : la montagne de Lure, le Contadour et le mont Ventoux successivement.
Et bien mes cocos, pas du tout : le Contadour fait partie, est dans la montagne de Lure et le mont Ventoux est à part. Même s’il suit le mouvement.

rose dit: 13 décembre 2025 à 6h24

Ceci étant, c’est une erreur de dire la montagne de Lure pour Giono pck ses copains et lui, leurs réunions c’était dans le Contadour.

Sa fille Sylvie explique qu’il ne se déplaçait qu’à pieds ou au pire avec une carriole tirée par un cheval.
Secondement :
Récemment un chercheur qui cherchait à Paris épluchait la totalité des documents d’une cour d’appel. Et dans un dossier, il trouva, enterré, oui, un carnet qui avait disparu depuis quatre vingt cinq ans, intitulé Voyage à pied dans la Haute Drôme. Manuscrit de Giono, écrit en 1939, un journal de voyage de son périple de cent soixante dix kilomètres en sept jours dans la Haute Drôme.
Dix ans plus tard, ces notes, ce journal de voyage servirent à l’écriture de Les grands chemins, d’après galliimardiaz le roman de l’amitié : je cours ce matin le commander.

rose dit: 13 décembre 2025 à 6h35

Les femmes, moi femme, si nous n’avions pas marie, son petit, joseph d’arymathie et le saint esprit pour donner libre cours à notre exaltation outrancière, où mettrions-nous l’ampleur des émotions qui nous submergent vague après vague, incessamment ?
Au cul du loup.
Hou, hou fit le loup.
Enfin est venu le temps où les pauvres castracteurs de la puissance phénoménale féminine, je les mets où est leur place, au rancart.

Bon week-end,

rose dit: 13 décembre 2025 à 6h38

Joseph d’Arimathie.
Mon Joseph.
Je garde au chaud près de mon cœur ceux qui le méritent. Dont mon Joseph.

JC..... dit: 13 décembre 2025 à 7h24

Chère rose, ce Joseph là le mérite, c’est incontestable !

Partagez vous mon opinion : pitié, compassion, respect, pour le charpentier à la Vierge Marie, cocufié par l’Archange KEVIN lors de l’intrusion de ce dernier au domicile divin, par une belle journée moyen-orientale, paisible et ensoleillée !?

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 7h29

JEAN GIONO

La route de nuit

Au vagabond des villes, essentiellement urbain, qui élit son domicile dans la rue, s’opposait traditionnellement le chemineau, son homologue des routes et des villages, qui avait fait de la nature toute entière son royaume. Tandis que ce dernier semble plutôt appartenir à une espèce en voie de disparition, le premier, désormais rebaptisé SDF, ne cesse, lui, de croître et de se multiplier ! Simple traduction, dans la partie la plus marginale et erratique de la population, du phénomène de désertification des campagnes ? C’est sur les pas de l’un de ces anarchistes libertaires, sans toit ni maître, que nous convie Jean Giono (1895-1970), à travers son roman Les Grands Chemins. Ici, par l’une des dernières belles journées d’automne provençal, le Narrateur, à qui l’on vient de refuser l’hospitalité dans une maison et qui juge l’unique café du village trop au-dessus de ses moyens, repart tenter sa chance dans un hameau voisin…

« Je reprends les bois, et rapidement la nuit tombe. La route descend et s’enfonce dans un vallon étroit, très fourré. J’entends sur ma droite un ruisseau qui saute dans les pierres. Mais il s’enfonce plus profond, plus vite que la route et, au bout d’un moment je ne l’entends plus.
J’ai pensé que, peut-être je rencontrerais une scierie. On peut très bien coucher dans la sciure, sous les hangars. Mais, autant que j’en peux juger, je suis dans un ravin où il n’y a que la place de la route et du ruisseau silencieux en bas, dans le fond.
Il n’y a qu’à marcher. C’est ce que je fais, tout en grignotant un quignon et le bout de gruyère qui reste.
D’ordinaire j’y vois la nuit. Ici, la forêt fait l’obscurité si épaisse que j’ai beau écarquiller les yeux. A un détour, pourtant, où les arbres doivent être plus éclaircis, je vois une étoile en face de moi. Puis, je m’aperçois que ce n’est pas une étoile mais un feu fixe, très haut dans la montagne. J’en découvre deux ou trois autres, à côté du premier, qui brillent moins, étant, je suppose, masqués par des feuillages. A coup sûr, se sont les lumières d’un hameau. Je me rends compte qu’il a fallu que je m’enfonce sacrément bas dans le ravin pour voir des lumières de hameau si haut au-dessus de ma tête.
 Je suis cependant toujours bien sur la route. Une route sait généralement ce qu’elle fait ; il n’y a qu’à la suivre.
Il y a belle lurette que je ne cherche plus à renifler pour sentir l’odeur des scieries. Je ne sens rien de particulièrement humain autour de moi, au contraire. En premier lieu, il y a l’odeur du vide. Sur ma droite, la forêt doit tomber raide et profond. De là vient aussi, par moments, une sorte de soupir qui ressemble à celui d’un homme endormi. Il doit y avoir en bas une vallée assez large et un torrent en conséquence qui frotte sur du gros gravier. Je sens aussi l’odeur résineuse des sapins et celle de la fiente d’oiseau. Il y a sans doute dans les parages une paroi de rocher ; c’est généralement leur odeur.
Je vois d’autres étoiles, mais celles-là au-dessous de moi. Un petit piquetage de feux pareils à une sorte de grande ourse, mais sous mes pieds. Ca fait toujours un drôle d’effet. J’essaie de voir les étoiles du ciel. Il n’y a pas mèche. Seules sont visibles la constellation du hameau d’en haut et la constellation du hameau d’en bas. Il n’y a pas de rapport entre les deux. Ils sont séparés par peut-être cinquante kilomètres de routes comme celle que je suis, toute en tournants, et qui va faire des détours au tonnerre de Dieu. Entre les deux, des centaines de milliards de tonnes de feuillages de toutes les espèces, toutes plus noires que l’ombre. Et moi, au milieu, je flotte.
La nuit met toujours un peu de mou dans les jambes. […]
Je commence à en avoir un peu marre, mais il faut tâcher de trouver n’importe quoi, ferme ou village. J’aimerais bien entendre aboyer un chien. Je m’arrête et j’écoute.
Il me semble qu’il y a un bruit de pas derrière moi ; puis, j’en suis certain.
J’attends. C’est un type qui marche bon pas. Quand je juge qu’il est assez près de moi, je me racle la gorge. Il me demande qui est là.
Je lui dis que c’est moi. Ca ne doit guère l’avancer, mais il ne s’en fait pas et s’approche. La voix est jeune. Il semble être un peu plus petit que moi. Je vois exactement un nègre dans un tunnel.
Je vais tout de suite à l’essentiel : « Est-ce qu’il y a des piaules quelconques, pas trop loin, dans ce bled ? » Le type dit oui bien sûr, et qu’il y va ; c’est encore à trois kilomètres. Je propose d’aller ensemble. Il répète « bien sûr » et nous prenons notre pas.
Il y a tout de suite quelque chose qui m’intrigue. Je finis par être obligé de le dire. J’y mets une certaine forme parce que, vraiment, il y a de quoi. Je suis sûr de ne pas me tromper, c’est un bruit de jupes.
« Vous êtes un homme ou une femme ? »
Il me répond :
« Je suis un curé. »
Je dis « merde ! » Il rigole.
« C’est pas un peu tard pour être sur les routes, monsieur le Curé ? 
– Vous y êtes bien, vous. »
Il est culotté ; je pourrais être n’importe qui et ce serait facile de lui compliquer l’existence. Il ajoute :
« Les gens d’ici aiment beaucoup mourir la nuit. Si ça leur convient, qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? »
Il m’explique gentiment qu’il est allé aider une grand-mère. Je lui demande : « A quoi ? » Il me répond : « A mourir chrétiennement. »
On reste parfois baba ; c’est le cas, surtout à cause de la nuit silencieuse et parfumée, de nos deux pas accordés, de la petite constellation du hameau que je vois toujours très haut dans la montagne et les feuillages de l’ombre, de la certitude que j’ai, maintenant, de pouvoir bientôt dormir à l’abri. »

(« Les Grands Chemins », Editions Gallimard, 1980)

Finalement, le petit curé invitera le Narrateur à passer la nuit chez lui et à partager son maigre repas. Le lendemain, il lui donnera même une lettre de recommandation à destination d’une de ses vieilles paroissiennes qui recherche un homme de main. Mais notre chemineau, qui ne travaille qu’en cas d’extrême nécessité, et qui a encore quelques sous en poche, préfèrera poursuivre son chemin, ne s’arrêtant durablement qu’au plus froid de la saison, pour hiberner au chaud. Sur la route, il va rencontrer celui qu’il nommera l’Artiste, un jeune virtuose de la guitare et des cartes. En fait, un truqueur professionnel, qui vit de ses malversations, et pour lequel le Narrateur va éprouver une véritable passion. Ensemble, ils lieront leur destin, jusqu’au drame final. Ce roman picaresque de Jean Giono, écrit en deux mois au début de l’année 1950, mais auquel il songeait depuis la fin des années 30, est incontestablement le plus ambigu de toute son œuvre. Une oeuvre, où, à défaut d’une franche homosexualité, flotte souvent une certaine homosensualité. Il n’est pas rare, en effet, de voir Jean Giono chanter le corps de l’homme, à travers ses divers héros, avec un lyrisme qui n’est pas sans rappeler Jean Genet ! Au point que Les Grands Chemins évoque à bien des égards Le Journal du voleur, une autre histoire d’hommes, d’amitiés particulières et d’errance…

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 7h59

De quoi faire un biopic !

« Elle avait 40 ans, divorcée et célèbre.
Il avait 26 ans et fouillait le désert irakien.
Quand il lui demanda sa main, elle refusa… pendant deux heures.
Puis elle changea l’avis du monde entier sur l’amour.
Mars 1930.
L’ancienne cité d’Ur, dans l’actuel Irak — le berceau de la civilisation.
Agatha Christie, déjà l’une des autrices de romans policiers les plus célèbres au monde, se tenait au milieu des ruines de la Mésopotamie, essayant de se reconstruire elle-même.
Quatre ans plus tôt, son premier mari avait demandé le divorce.
Le scandale qui suivit faillit la briser : elle disparut pendant 11 jours, retrouvée dans un hôtel sous un faux nom, disant souffrir d’amnésie. Les journaux en firent leurs choux gras. Sa vie devint le mystère que tout le monde voulait élucider.
À 40 ans, elle voyagea seule jusqu’à Bagdad pour chercher l’oubli, le soleil, et peut-être un peu de paix parmi des artefacts qui avaient survécu des millénaires — bien plus longtemps que n’importe quel mariage.
C’est là qu’elle rencontra Max Mallowan.
Il avait 26 ans, assistant de Leonard Woolley sur la fouille, chargé de faire visiter le site aux invités.
Jeune, charmant, passionné par son travail.
Il fit découvrir à Agatha le chantier archéologique, lui parlant de tessons de poterie et d’ivoires antiques avec une énergie qui donnait vie à des civilisations âgées de 4 000 ans.
Ils parlèrent d’archéologie, de littérature, d’histoire.
Elle était fascinée par son travail.
Il était captivé par son esprit et son intelligence.
L’âge devenait un détail quand ils se tenaient à l’ombre de ziggourats qui les dépassaient de plusieurs millénaires.
Quand la saison de fouilles prit fin, Max rendit visite à Agatha et à sa fille Rosalind dans le Devon.
Le deuxième soir, lors d’une promenade dans les landes pluvieuses, il la demanda en mariage.
Agatha dit immédiatement non.
Ils discutèrent — ou plutôt se disputèrent — pendant deux heures.
La différence d’âge l’effrayait.
Elle avait 40 ans — presque « d’un certain âge » pour les années 1930.
Il en avait 26, au début de sa carrière.
Elle était célèbre, divorcée, mère de famille.
Lui était un jeune archéologue promis à un brillant avenir.
« Ça ne marchera pas », insista-t-elle.
« Les gens parleront. Tu le regretteras. Je suis trop vieille. »
Mais Max resta inflexible.
Il se moquait des 14 ans d’écart.
Il se moquait de l’opinion publique.
Il la voyait telle qu’elle était : brillante, créative, aventureuse — et il savait.
La sœur d’Agatha, Madge, était fermement contre ce mariage.
Sa fille Rosalind et sa secrétaire Carlo le soutenaient.
La famille débattait.
La société jugerait, c’était certain.
Mais quelque part au milieu de ces deux heures d’argumentation sur les landes du Devon, Agatha prit une décision qui allait définir le reste de sa vie : elle choisit le bonheur plutôt que la peur.
En septembre 1930, seulement six mois après leur rencontre, Agatha Christie et Max Mallowan se marièrent.
Le monde haussa les sourcils.
Chuchota.
Ragua.
« Elle est trop vieille. »
« Il est trop jeune. »
« Ça ne durera pas. »
Ils prouvèrent que tout le monde avait tort — pendant 46 ans.
Leur union devint l’un des partenariats les plus extraordinaires de l’histoire littéraire et archéologique.
Chaque automne et chaque printemps, ils partaient au Moyen-Orient pour les fouilles.
Agatha était la photographe officielle, développant elle-même les clichés dans des chambres noires improvisées.
Elle découvrit qu’elle avait un véritable talent pour restaurer la poterie, recollant avec patience des fragments vieux de plusieurs millénaires.
Max écrira plus tard :
« L’imagination maîtrisée d’Agatha nous fut d’une grande aide » pour préserver les artefacts délicats.
Elle utilisa même sa crème pour le visage Innoxa pour nettoyer des ivoires anciens, plaisantant :
« Il y avait tellement de demandes pour ma crème qu’il n’en restait plus pour mon pauvre vieux visage ! »
Mais leur partenariat allait bien au-delà des fouilles.
Séparés pendant la Seconde Guerre mondiale, ils s’écrivirent chaque jour.
Elle lui disait qu’il lui manquait avec « une sensation en tire-bouchon ».
Lui lui répondit qu’elle lui manquait avec « une sorte de vide, comme la faim ».
Il partageait ses théories.
Elle testait ses intrigues auprès de lui.
Ils débattaient de théâtre, de littérature, de formations géologiques.
Ils étaient égaux intellectuellement, partenaires créatifs, meilleurs amis.
C’est durant ces années de voyages au Moyen-Orient qu’Agatha écrivit certaines de ses œuvres majeures :
Le Crime de l’Orient-Express (1934),
Mort sur le Nil (1937),
Rendez-vous avec la mort (1938),
et Meurtre en Mésopotamie, où ceux qui connaissaient les Woolley devinaient aisément qui était qui.
Elle décrivait leur mariage comme « deux rails de chemin de fer parallèles — chacun ayant besoin de l’autre tout près, sans jamais se confondre ».
Deux lignes distinctes mais essentielles, avançant côte à côte vers la même destination.
Max devint l’un des archéologues les plus respectés de son époque.
En 1968, il fut anobli.
Agatha fut faite Dame Commandeur de l’Empire britannique.
Sir Max et Dame Agatha — un duo fondé sur le respect, la passion et l’amour véritable.
Dans ses mémoires, Max écrivit :
« Peu d’hommes savent ce que c’est que de vivre en harmonie auprès d’un esprit imaginatif et créatif qui inspire la vie avec ardeur. »
Lorsque Agatha Christie mourut le 12 janvier 1976, à 85 ans, elle laissait derrière elle une vie extraordinaire :
66 romans policiers, 14 recueils de nouvelles, la pièce la plus jouée au monde.
Elle avait voyagé, découvert des civilisations anciennes, créé des personnages immortels.
Mais peut-être que sa plus grande réussite était plus simple :
Elle avait choisi l’amour alors que le monde lui disait de renoncer.
Elle avait parié sur le bonheur quand la peur paraissait plus sûre.
Max Mallowan mourut deux ans plus tard, le 19 août 1978, à 74 ans.
Ils reposent ensemble au cimetière de St. Mary, à Cholsey, dans l’Oxfordshire — leurs initiales A et M entrelacées élégamment sur leur pierre tombale.
La romancière divorcée de 40 ans et le jeune archéologue de 26 ans prouvèrent que l’âge n’est qu’un nombre lorsque deux âmes se reconnaissent.
Que les attentes de la société importent moins que le courage personnel.
Que parfois, la meilleure décision n’est pas d’attendre — mais d’oser avancer dans l’inconnu.
Agatha Christie écrivit un jour à propos de leur mariage :
Elle considérait ses jours sur les sites archéologiques comme « parmi les plus parfaits que j’aie jamais connus ».
Pas mal, pour une relation que tout le monde disait vouée à l’échec.
« L’amour ne demande pas la permission aux calendriers ni aux certificats de naissance.
Il demande seulement si vous êtes assez courageux pour dire oui lorsque tout le monde dit non. » »
https://louxorbalades.com/2024/07/04/mort-sur-le-nil-agatha-christie-et-legypte/

Phil dit: 13 décembre 2025 à 8h34

De quoi faire un biopic !

plutôt son auto-enlèvement, dear Baroz, l’Agatha avait le sens de la pub. Disparition en uk, exil aux Canaries, réapparition. comme Franco.

closer dit: 13 décembre 2025 à 9h12

TU ne cites pas la fameuse blague d’AG: « mon mari est archéologue, c’est pourquoi plus je vieillis, plus il s’intéresse à moi… »

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 9h26

On ne voit pas trop en quoi célébrer la beauté d’un corps masculin révèlerait d’une tendance à l’homosensualité. Moij par exemple, j’imagine la beauté du cornu de Sarkozi en prison, mais hélas, je ne saurais pas vraiment la décrire. La beauté de la justice est beaucoup plus inspirante, parfois.
https://www.mediapart.fr/journal/france/091225/les-mensonges-les-menaces-et-les-petits-calculs-du-prisonnier-sarkozy?utm_source=hebdo-20251213-060506&utm_medium=email&utm_campaign=HEBDO&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-%5BHEBDO%5D-hebdo-20251213-060506&M_BT=17759193816603

closer dit: 13 décembre 2025 à 9h29

« Mgr Laurent Ulrich : « J’ai invité le pape à Paris. Il m’a répondu : “Oui, j’aimerais voir Notre-Dame”»

Autrement dit, le Pape a besoin d’un prétexte quasi touristique pour venir Paris…Son prédécesseur ne s’intéressait qu’à Marseille et à la Corse.

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 9h30

TU l’aimes, la raclette aux endives ?… c’est la journée des fumeuses blagues d’Agatha.

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 9h47

Les papes sont des touristes comme les autres. Il est temps de désacraliser cette fonction inutile au monde, à vrai dire. François n’a pas réussi à sauver la planète de la catastrophe écologique, pas plus que léon 14 ne parviendra à sauver la russie de poutine. On espère que le monde entier finira par comprendre qu’il n’existe aucun bon dieu pour nous aider à mieux survivre ensemble, le temps qui reste à l’espèce humaine.
(jeudi ça, jeudi rien – Bàv).

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 9h51

@ Macron est foutu pour de bon (8.22).
Ah bon, il aurait chopé la dermatose, à force de côtoyer ces connasses de bêtes ?

closer dit: 13 décembre 2025 à 9h56

« finira par comprendre »
Et alors? Cela l’avancera à quoi?

Par ailleurs l’admiration d’un beau corps est largement déconnectée du désir sexuel, JB. Avec ton expérience tu devrais savoir ça!
La vraie sensualité et le désir qu’elle inspire a peu à voir avec la beauté.

closer dit: 13 décembre 2025 à 9h57

JJJ a de bonnes source d’info: mediapart! Et il prend ça au sérieux s’agissant de Sarko!

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 10h06

AVANCER, AVANCEES
et alors, cela servira à augmenter le potentiel de l’intelligence humaine collective et à freiner, sinon à diminuer d’autant, l’actuelle emprise proliférante de l’obscurantisme de toutes les sectes sur le monde.

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 10h10

Oui j’ai toujours préféré le sérieux du journaliste Patrice Arfi à tous vos imbuvab’ de la bollosphère figarisée. Mais attendons les suites de « la » Justice à l’égard des petits Nicolas et autres Marines. N’ayez crainte, on n’a pas fini d’en apprendre.

Phil dit: 13 décembre 2025 à 10h11

La fille aînée de l’église est franc-maçonne et gauchiste, le pape attend qu’elle casse sa pipe, tout ça est bien normal, dear jjj. Que les insatisfaits prient leur svengali, comme disait Agatha la pas très catholique.

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 10h14

JJJ et closer, avez-vous lu « Le Grand chemin » ?

C’est une histoire d’amour (impossible) entre deux hommes…

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 10h19

Lisez, rose, et venez nous en parler.
Giono était intimement lié au couple Bernard Buffet et Pierre Bergé…

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 10h20

@ 7.24 et 7.59 – « L’amour ne demande pas la permission aux calendriers ni aux certificats de naissance. Il demande seulement si vous êtes assez courageuse pour dire oui lorsque tout le monde dit non » – … dixit Marie à l’archange KEVIN,

rose dit: 13 décembre 2025 à 10h21

closer dit: 13 décembre 2025 à 9h12
TU ne cites pas la fameuse blague d’AG: « mon mari est archéologue, c’est pourquoi plus je vieillis, plus il s’intéresse à moi… »

Excellentissime !
Grand merci.

La vraie, d’histoire, est que, lui-même vieillissant, il a constaté deux choses, un, elle n’était pas une sale conne, ce qu’il a cru longtemps, et deux, elle s’occupe vachement bien de lui, et il adore ça.
Peut-être arriveront-ils aux noces de palissandre ? Mes parents, non.

rose dit: 13 décembre 2025 à 10h23

Jazzi,
Je me suis engagée à lire le cousin Pons. De Balzac. Je le lirai, ce Giono, mais ce qui est sûr, c’est que j’irai sur ces/ses chemins.
C’est chez moi.

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 10h25

« Il n’est pas rare, en effet, de voir Jean Giono chanter le corps de l’homme, à travers ses divers héros »

Avec un lyrisme qui n’a pas d’équivalent chez ses héroïnes.
Mon corps d’adolescent se souvient que ceratins passages de ses romans me faisaient… bander !

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 10h25

10.14 – Pas lu non plus. Peux rien en dire. Pourriez-vous nous faire un résumé de votre propre fiche lecture, lcé ?… Merci par avance. Pour l’instant, pas le temps, y a le matheux fou, Grothendieck, qui m’attend sur la pile avec ses récoltes et ses semailles, –

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 10h29

@ lyrisme qui n’a pas d’équivalent chez ses héroïnes (10.25)
Vous plaisantez ou quoi, jzmn ?… et la grosse Ennemonde, vous en faites quoi, au juste ? Elle était pas assez bandante, peut-être ?

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 10h33

« la grosse Ennemonde »

On peut avoir un extrait, JJJ ?
J’essaierais de retrouver les passages concernant Angelo, lus jadis d’une seule main et on pourra comparer…

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 10h34

@ Giono était intimement lié au couple Bernard Buffet et Pierre Bergé…
Décidément, c’est à croire que jzmn tenait la chandelle à la place de Giono… Mais où va-t-il chercher toussa ?
Bon, je sors, comme dirait CT. Aérons.
Le cousin Pons ? et Ma cousine Bette, alors ? 🙂

Chaloux dit: 13 décembre 2025 à 10h39

Au lieu d’en faire un musée, Pierre Bergé a racheté le mas de Marie Mauron pour y parquer les membres de son b… privé.

Olivier Litvine dit: 13 décembre 2025 à 10h50

En rapport avec le billet précédent: hier soir tard, je me suis enfin lancé dans le Brighton Rock de Graham Greene, dont le début fait songer à un film de David Lynch – on est captivé par le mouvement de la prose, saisi par le tourbillon de la ville balénaire lors d’un weekend de Pentecôte, sans vraiment comprendre ce qui motive la crainte qu’a le personnage de se faire buter. Il y a du Joyce & du Döblin là-dedans, avec ces impressions, ces intrusions dans le récit de manifestations de la liesse environnante (chansons de bar, dialogues de passantes…) environnante…Tpout simplement époustouflant!
Jamais Le Carré n’atteint ce degré d’inventivité littéraire. Jamais.

Maurice revient dit: 13 décembre 2025 à 10h52

Pierre Bergé était tellement dégueulasse que même ses « compagnons », aussi dégueulasses que lui, étaient outrés par ses dégueulasseries !
YSL le premier.
Ce sont ces gens-là qui sont les « idoles » de Jazzi !

D. dit: 13 décembre 2025 à 11h49

Dans les années 90 j’ai vu Pierre Bergé, il ressemblait surtout à un petit grand-père assez insignifiant, seul le beau costume lui donnait de la prestance. Petit grand-père de gauche puis de droite puis de gauche puis de … avec un portfeuille de 1/2 milliards de Francs et une condamnation pour délit d’initié en Bourse. Et tout naturellement Grand Officier de la Légion d’Honneur, cela va de soi.

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 11h53

Le visage était sympathique, malgré la perte de toutes ses dents, ses lèvres étaient assez charnues pour rester épanouies. Elle avait un joli teint frais et rose, ses yeux marron étaient très purs, sans rides ni cernes, avec de longs cils courbes. Leur regard était parfois celui d’une jeune fille, le plus souvent non. Elle pesait plus de cent trente kilos, mais qu’elle déplaçait avec une agilité surprenante
—————

Ce lyrisme gionesque-là n’est-il pas charmant, et n’en vaut-il pas un autre ?

Chaloux dit: 13 décembre 2025 à 12h02

Pierre Bergé, comme la plupart des socialistes, a eu une manière à lui d’être de gauche. Foutage de g…

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 12h05

Je ne me gausse nullement. J’imagine que ce n’est pas très bon, voilà tout… et que la raclette vaut bien mieux, sans; plutôt qu’avec… Hein.
N’en prenez pas ombrage, dirD. / Bàv.

Phil dit: 13 décembre 2025 à 12h06

Jamais.

A small town in Germany offre un snapshot de grande qualité du Bonn années soixante, dear Mr Litvine.
« Jamais plus jamais », dixit James Bond.

Chantal dit: 13 décembre 2025 à 12h12

Mon oeil qu’il n’avait pas le portefeuille à droite le Pierre Bergé, il avait un hôtel particulier avenue Charles de Gaulle qui servait aussi de siège pour ses salles de vente. Et je l’ai un jour vu sortir de la banque Atlantique, bon on va dire que c’était un amateur d’Art, mais comme toujours Jazzi est attiré vers tout ce qui brille comme pie. Personnellement je m’en fiche un peu, mon éducation tradi fait que ce genre de personnes comme les fonds de châteaux se sentent à l’aise en ma compagnie, mais qui ne dit pas que dans le fond, j’en ai un peu marre ?

Chantal dit: 13 décembre 2025 à 12h18

Zut c’est la Transatlantique.

J’ai trop à faire en ce moment pour me concentrer, je vais suivre le conseil du billet ( dormir )

Chaloux dit: 13 décembre 2025 à 12h28

Jazz, toi qui sais tout. J’ai vu souvent Bergé récupérer un trousseau de clefs au café qui se trouve place Saint-Germain des prés, le B…

Bolibongo dit: 13 décembre 2025 à 13h03

bon on va dire que c’était un amateur d’Art, mais comme toujours Jazzi est attiré vers tout ce qui brille comme pie.

Est-ce que tout ce qui est art, brille, Chantal?
Ou bien, est-ce que tout ce qui brille est art?

rose dit: 13 décembre 2025 à 13h20

Elle pesait plus de cent trente kilos, mais qu’elle déplaçait avec une agilité surprenante.

Doit s’agir D’Ennemonde ( et autres caractères ).

Berge a donné de gros chèques pour soutenir la Fondation de Jean Giono. Il pouvait le faire.

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 13h26

Je n’en sais rien, Chaloux.
Mais Bergé était un pur germanopratin.
Il s’est longtemps occupé de sa vieille mère.
Habitait-elle aussi au-dessus du Bonaparte, comme Sartre et sa mère ?

Chantal, quand je dis à D. que Bergé n’a jamais été de droite je rigole.
Une autre façon de dire qu’il n’a jamais été de gauche.
Je suis inoculé contre tout ce qui brille.
Natif et ayant passé ma jeunesse à Cannes, le luxe tapageur et les paillettes ne m’impressionnent guère.
Il faut toute la bienveillance clopinesque pour prétendre que je suis un traitre à ma classe d’origine.
J’ai souvent dit ici que je trouvais de la noblesse chez mes parents prolétaires, sans nulle trace de bourgeoisie : ce que je pense sincèrement.

Chantal dit: 13 décembre 2025 à 13h42

je veux bien te croire Jazzi, à te lire aussi tu semble bien attaché à tes racines côté Azur. Bientôt ( en juin ) nous aurons à nouveau des trains couchettes pour aller en Italie, j’en rêve parce que l’avion je n’aime pas vraiment et ma cheville ne supporte plus de faire de longs trajets en voiture sur les autoroutes remplis de camions. Paris je me tâte, ce n’est pas loin en train non plus …

Il fait extraordinairement doux pour la saison, je vais aller promener dans dans joli coin, bon après-midi à tous.tes

lmd dit: 13 décembre 2025 à 14h21

Olivier Litvine vous dites (11 décembre 2025 à 14h09 ) à propos de la traduction de Berlin Alexanderplatz d’Alfred Döblin par Olivier Le Lay : «Désolé, mais cette traduction est illisible. J’ai acheté la version anglaise pour pouvoir lire sans être en permanence agressé par la soi-disant volonté de « retranscrire » l’argot et les divers idiolectes et sociolectes du Berlin des années 20. Le tout justifié dans une préface dont on n’a rien à faire […]. Je voudrais bien savoir qui l’a lu jusqu’au bout, cette traduction imbitable & calamiteuse ». Moi, je l’ai lu, avec avidité, percevant à chaque instant que c’était un beau, grand livre . Comme pour toutes les traductions en français qui se proposent de rendre perceptible un parler particulier, il faut s’adapter au principe adopté et adhérer. Je viens de relire ce matin cette préface (du traducteur) et quelques pages pour percevoir ce que je n’aurais pas bien en souvenir. Ce livre reste formidable pour toujours.
Je me souviens que lorsque j’ai lu Berlin Alexanderplatz, je venais de lire un roman de Nabokov à Berlin à la même époque – Roi DameValet­ – (?) . Il me semble que ce que vous appelez «être agressé» est simplement la réalité de ce moment là à Berlin, très éloignée de celle de Nabokov. Quant à «la préface dont on a rien à faire» je dirais que c’est une opinion un peu gesticulée.

rose dit: 13 décembre 2025 à 16h55

Jazzi

Il pouvait le faire, cela signifie qu’il avait la capacité financière de signer, tchac, comme ça, un chèque de soutien de 100 000 euros. Et je peux imaginer que, s’il l’a fait, c’est par amitié et loyauté.

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 17h18

(bout-tabou)
– J’ai souvent dit que je trouvais de la noblesse chez mes parents prolétaires
– c’est une opinion un peu gesticulée.
– pour avoir la paix
– c’est par amitié et loyauté

Olivier Litvine dit: 13 décembre 2025 à 17h38

@14h21. Chacun sa sensibilité, lmd. Pour moi c’est illisible. Et ce n’est pas une préface de justification qui me rendra le texte plus abordable. Libre à vous d’y voir une ‘gesticulation’, whatever it may mean…
Comme je l’ai écris, la traduction anglaise donne un accès direct à ce chef-d’oeuvre où le Berlin des années 20 est vastement moins « agressant » que le NY de Selby dans Last Exit to Brooklyn, grand grand livre.

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 17h58

@ jzmn. Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 10h14
JJJ et closer, avez-vous lu « es grands chemins » ?
———–
Dès que vous mettez l’accent sur l’amour (impossible) entre deux hommes (sic), vous détruisez tout le mystère d’un roman. Vous ne donnez plus envie de le lire. Dans ces conditions, autant aller tout de suite à la « grande littérature » du moment, celle de Guillaume Dustan. Là, pas besoin de fiches !
J’ai trouvé sur la toile de babélio pour l’herdélie celle d’une grande lectrice anonyme, à défaut de la vôtre. (Moi, tout cela m’a plutôt fait penser au couple impossible que furent Kerouac & Cassady et Lu Anne, on the road – l’Amérique profonde plutôt que les Alpilles des années soixante)…
_________
(C.C.) « Nous sommes à la fin de l’été. Un narrateur, épris de nature et de grands espaces, nous invite à suivre ses pas, son itinéraire de nomade, de vagabond. Il aborde un paysage de montagne. C’est un trimardeur, courageux à la tâche, il sait un peu tout faire, conduire des engins agricoles, des poids lourds, travailler de ses mains. C’est ainsi qu’il va dans son existence, il n’a jamais de mal à trouver du boulot. Qui plus est, son allure débonnaire l’aide rapidement à poser une relation de confiance avec les autres. La vallée qui s’offre ici est presque un lieu fermé où l’hiver va venir. Déjà la lumière s’atténue vite dès le soir venu. Il faudra sans doute songer à se poser dans un des villages qui émergent du paysage. Il fait la rencontre d’un homme qui le séduit d’emblée. C’est un joueur de cartes. Il est fasciné par la prouesse de ses doigts avec les cartes. Ils s’entendent tout de suite, il y a quelque chose qui les aimante l’un à l’autre. Tous deux ne tiennent pas en place, c’est sans doute à cela qu’ils se sont reconnus tous deux. Mais pour le reste, ils sont totalement différents : l’un veut travailler, l’autre pas. Malgré cette association contre nature, ils deviennent dès lors des compagnons de route pour aborder cette vallée, le narrateur appelle aussitôt cet homme qui le fascine l’Artiste. On ne saura jamais leur nom, sauf celui de l’Artiste tout à la fin. Les chemins les amènent au tout début de leur périple de village en village. Ils se séparent, se retrouvent. Ce sera ainsi tout au long du récit. L’Artiste s’avère très vite menteur, tricheur. Voilà une relation d’amitié complexe, ambiguë, presque impossible. Un jeu d’attirance, de domination et de répulsion.
Ils n’ont peut-être en commun que l’errance qui les entraîne sur les chemins et la volonté de se poser brusquement au même moment. Ils sont tous deux sans attache et veulent être libres. Il y a comme un désir de protection du narrateur à l’égard de l’Artiste, mais ce dernier le prend comme une sorte de contrôle et ne l’accepte pas. C’est une amitié où s’invite la fascination, le vertige, le rejet.
Parfois, en amitié, c’est un peu comme en amour, il y a un des deux qui en demande un peu plus.
Ce livre un peu rebelle, qui résiste à certains endroits, avouons-le, je l’ai ressenti comme une impuissance fraternelle à trouver un territoire pour accueillir une amitié. Et pourtant cette amitié me paraît à bien des manières totalement inoubliable. Il y a des forces telluriques dans ce roman, qui portent et soulèvent les personnages, les sentiments sont taillés à coup de haches comme les à-pics d’une paroi rocheuse. On sent à un moment que la tension va crescendo dans le récit. Il y a quelque chose de taiseux, le paysage devient brusquement oppressant. J’ai aimé cette amitié un peu revêche qui se promène là entre eux deux sans trop savoir comment se poser. Elle est violente et c’est beau. L’aspérité des personnages, du moins celle de leur relation, m’a totalement convaincu »
————-

Bon, je sors, c’est l’heure de l’apéro du samedi soir. Bàv.

Olivier Litvine dit: 13 décembre 2025 à 18h08

Il semblerait que je ne suis pas le seul à trouver cette traduction là illisible? Et c’est bien la seule chose ed commun que j’ai avec Y. Moix, qui ne m’intéresse pas:

(…)
Parfois, on y voit la matrice de La Vie mode d’emploi de Perec (description d’un immeuble étage par étage, pièce par pièce). Géniales, sa description d’un sandwich dans l’estomac d’un homme, celle des abattoirs («Mais que fait cet homme avec le petit veau adorable ?») ou celle de la mort de la femme du héros, Franz Biberkopf (il l’assassine) : «La cage thoracique de la charmante jeune fille n’était en rien préparée au contact d’un fouet à pâtisserie.»

Entre les blocs d’ennui, on peut donc souligner des dizaines de passages originaux, virtuoses. Mais il y a un «hic» de taille : la traduction. Une des pires que j’aie jamais lue. Dieu sait si je respecte le difficile (et beau) et ingrat métier de traducteur. Là, pourtant, ce n’est pas possible : les dialogues étant tous «traduits» (massacrés) par une sorte de non-argot quand même argotique qui semble dater de 1982 (« schlass » pour «fatigué») voire de 1956 (« bobonne »), on a souvent l’impression de lire un mélange de langage paysan droit sorti de feu « Collaro Show» («J’vas», «Y z’étaient», «Ê va voir», etc.) et de langage parlé que personne n’a jamais parlé.

Nul, ridicule, grotesque. Et c’est grave, car cela rend Berlin Alexanderplatz illisible pour un lecteur français. Là encore, Ulysse avait fait mieux. Les Éditions Gallimard avaient fait très fort en 2004 : la nouvelle traduction du chef-d’oeuvre de Joyce était meilleure que l’ancienne. Là, c’est le contraire : pourtant l’ancienne était (bien que moins prétentieuse) assez mauvaise. Ne reste donc que deux solutions : apprendre l’allemand ou voir le film. Fassbinder, lui, au moins, n’a pas trahi Döblin.

Berlin Alexanderplatz d’Alfred Döblin, traduit de l’allemand par Olivier Le Lay Gallimard, 464 p., 24,50 €.

https://www.lefigaro.fr/livres/2009/06/25/03005-20090625ARTFIG00444-un-chef-d-oeuvre-rate-.php

J’ai les 6 DVD du film de Fassbinder, que je revois périodiquement. Ambiance glauque assurée (la scène où Biberkopf vend le Völkischer Beobachter, dans les couloirs du métro, qui vaut tous les commentaires sur la montée inexorable du nazisme….)

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 18h19

Si elle n’existe pas, on ne voit pas la nécessité de passer à côté. Autant faire du surplace, comme disait le vagabond immobile.

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 18h41

Très belle critique de (C.C.), qui analyse le livre à l’aune de sa sensibilité, JJJ.
De mon point de vue, l’ambiguité de la relation entre les deux hommes est tout autre.
En littérature, chacun voit midi à sa porte…

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 19h07

« au couple impossible que furent Kerouac & Cassady »

Non, le tabou dans Les Grands Chemins est plus fort et la relation entre les deux hommes beaucoup plus ambiguë.
L’exploit de ce roman de Giono est de nous donner à ressentir les émois des personnages à travers une narration où domine le non-dit des sentiments.
Un exploit pour un romancier, parfaitement réussi ici !

closer dit: 13 décembre 2025 à 21h00

J’ai lu plusieurs livres de Giono, au moins cinq ou six (mais pas les grands chemins) et je n’ai jamais perçu une présence particulièrement notable de l’érotisme explicite ou suggéré. J’ai le souvenir de scènes ou deux amants se rejoignent (toujours un homme et une femme), ou celle de Gagou qui baise la femme simplette de « Colline », mais les fantasmes de JB me laissent perplexes…
Quel obsédé!

et alii dit: 13 décembre 2025 à 21h09

Comment dit-on j’ai divorcé en japonais ?le grabd dim de la philo japonaise étabt Kojito
bonsoir

Claudio Bahia dit: 13 décembre 2025 à 21h14

je voulais dire quelque chose sur Berlin alexanderplatz, mais finalement je ne dirai rien; les esprits ici sont trop forts. pourtant, j’ai acheté ce livre, pour une lecture de longue durée, j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman, pour plusieurs semaines, je me suis trouvé dans un autre monde, comme lorce que je me plonge dans la littérature de la Mitteleuropa.
J’ai lu ce que dit ce monsieur Moix (inconnu, quel drôle de nom, c’est français ?) . En tous les cas il écrit et pense à la hauteur voulue puisqu’il dit, parlant de Döblin: « Un grand roman est un grand roman ; un chef-d’oeuvre est un chef-d’oeuvre. » Il cite le chapitre sur les abattoirs, pages 137-144, sans dire que c’est assez hallucinant tout de même, mais bon, comme dirait JJJ citant clopine, oublions, je n’ai rien dit

Claudio Bahia dit: 13 décembre 2025 à 21h17

et j’ai oublié, puisqu’on parle d’endives, qu’un brésilien a fait septième place au ski à Val-d’Isère, devant tous les français. Super, bravo!!!
bon, derrière les trois premiers, tous suisses.

et alii dit: 13 décembre 2025 à 21h30

Tantôt le français donc, tantôt le latin, étant bien entendu qu’on ne dit pas la même chose selon qu’on écrit dans l’une ou l’autre de ces deux langues.

Affaire de public, on l’a dit suffisamment [5], et Descartes le premier [6]. Mais affaire aussi de clarté et d’obscurité – autant dire de philosophie.

D. dit: 13 décembre 2025 à 21h43

Vous aurez remarqué que renato n’a fait aucun commentaire aujourd’hui.
C’est tout simplement parce qu’il a compris que je ne souhaitais plus qu’il en fasse, au moins un jour sur deux, et je l’en remrercie.

puck dit: 13 décembre 2025 à 21h50

ne faudrait-il pas retirer tous les livres d’auteurs russes de nos librairies et de nos bibliothèques ?

au moins par solidarité avec nos amis ukrainiens.

je veux dire quand on voit en France des critiques littéraires pro russes faire encore des articles élogieux sur Pouchkine ça sent quand même l’esprit munichois à plein nez.

D. dit: 13 décembre 2025 à 21h51

Je n’apprécie pas beaucoup vos insinuations sur les endives, Monsieur Bahia. Ce n’est pas parce qu’elles ne veulent pas pousser au Brésil que cela vous donne le droit d’en faire un objet de plaisanterie.

puck dit: 13 décembre 2025 à 21h52

ou encore plus quand on voit des traducteurs continuer de traduire encore aujourd’hui des bouquins de Dostoïevski en français afin de mieux diffuser la pensée russe à travers notre population je veux dire on est à la limite de haute trahison.

puck dit: 13 décembre 2025 à 21h55

à ce titre j’aimerais souligner le courage de notre président qui dès sont retour de Chine s’est empressé de menacer les chinois de taxes douanières s’ils continuent de refuser de faire ce qu’on leur ordonne de faire là on retrouve quelque chose de la Grandeur de la France !
prenons en exemple !!

puck dit: 13 décembre 2025 à 21h58

« Ce n’est pas parce qu’elles ne veulent pas pousser au Brésil que cela vous donne le droit d’en faire un objet de plaisanterie. »

et vlan dans le rotules ! bravos D. !

en plus si les endives refusent de pousser au Brésil c’est qu’elles doivent avoir de bonnes raisons de la faire !

parmi ces bonnes raisons on peut citer en premier lieu le patriotisme !

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 21h59

Tu dois confondre avec Pagnol, closer !
Comme Colette, Giono est un écrivain essentiellement sensualiste.
Chez lui, l’homme vibre par tous les sens au coeur de la nature toute entière : le chant et le champs du monde ne font qu’un.

puck dit: 13 décembre 2025 à 22h06

« YAMANANAKIMAKITé »

le vrai mot c’est MYAMANANAéMONSAKé

qui est le nom d’un cocktail japonais 2/3 ananas et 1/3 saké.

rien à voir avec les divorces.

Jazzi dit: 13 décembre 2025 à 22h12

Et s’agissant de Giono, contrairement à Colette, je n’ai pas parlé d’homosexualité mais d’homosensualité.
Un concept sociologique apparu dans les années 1970 : « Homosensuel — définition française (sens 1, adjectif). Relatif à une affection sensuelle entre personnes de même sexe, dépourvue de connotation érotique. »

renato dit: 13 décembre 2025 à 22h13

Contrairement à vous, D., je n’ai pas de temps à perdre et aucun conte de fées ne m’aide à vivre.

D. dit: 13 décembre 2025 à 22h13

Absolumebt, Puck, faut pas se laisser faire. Non mais.
Vive la France ! Vive l’endive nationale !

puck dit: 13 décembre 2025 à 22h17

Colette elle était pas homo c’est juste son mec pervers qui l’obligeait à la regarder baiser avec les femmes.

maintenant ça excite les lecteurs lubriques mais c’est quand même un truc qui tombe sous le coup de la loi, d’ailleurs ces sévices et abus sexuels l’ont complètement détraquée.

puck dit: 13 décembre 2025 à 22h18

quand à Giono sa mort coïncide avec l’arrêt de meurtres en série de types assassinés après avoir été violés dans les champs de lavande à Valensole.

B dit: 13 décembre 2025 à 22h19

C quoi l’affection sensuelle, parce que sensuelle fait tout de même référence aux sens , le toucher, l’odorat, l’ouïe, la vue, le goût que j’oublie toujours comme si je ne mangeais rien. Bref avec vos mots, Jazzi, comment expliquez-vous l’introduction de ce concept sociologique?

renato dit: 13 décembre 2025 à 22h23

C’est assez drôle, cette volonté de puissance d’un pauvre diable qui a dû en avaler un bon nombre de couleuvres.

puck dit: 13 décembre 2025 à 22h25

c’est effectivement la différence essentielle entre le sensuel et le sexuel où dans le sensuel on se contente de juste introduire des concepts.

Maurice revient dit: 13 décembre 2025 à 22h37

Giono c’est surtout le romancier des ploucs et des culs-terreux !
Le monde paysan, tué par la modernité industrielle, s’apparente aujourd’hui à une antique mythologie qu’on ne trouve écrite et décrite que dans les vieux bouquins-parchemins.

puck dit: 13 décembre 2025 à 22h39

yep comme le dit Claudinho ‘les oeuvres d’art font les règles, les règles ne font pas les oeuvres d’art’

D. dit: 13 décembre 2025 à 23h04

Il n’empêche que ce sont bel et bien les culs-terreux qui font l’endive, gloire de notre Nation.

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 23h49

@ RM et jzmn… Après la lecture du lien donné par RM sur trois romans de Giono, l’auteur du papier, P. Tranouez, semble aller encore plus loin dans la lecture de Giono par jzmn… Pas une affaire d’homosensualité (terme qu’il ne prononce jamais), dans les Cavaliers de l’orage (pas lu non plus), mais un parallèle osé avec les frères Querelle de Genet. Comme quoi…, quand on manque d’un brin de culture littéraire spécialisée, à la manière de jzmn ou RM (chacun a la sienne, voilà ce qu’il faut se dire), on risque toujours d’être victime des grossiers poncifs sur écrivain régional prétendument plouc culterreux (sic supra), ce que ce Jean Giono n’était sans doute pas. Cela dit, anéfé, d’où vient cette nuance « d’homosensualité » parmi les barthésiens pur jus de la déesse H.
Voilà une bonne question. Il faudrait que l’RDL de Passoul fasse des recherches plus approfondies à ce sujet, je pense.

J J-J dit: 13 décembre 2025 à 23h55

car enfin, « comment expliquez-vous l’introduction de ce concept sociologique ? »… Oui, voilà une bonne question de B. Je ne saurais y répondre, vu que je ne le connaissais pas, et la redouble.
Pas plus d’ailleurs que je connaissais grand chosee jusqu’à aujourd’hui de la culture des endives infundibuliformes.
BN !

et alii dit: 14 décembre 2025 à 0h07

¨ pour un traducteur,Le fait dz connaitre l’auteur d’un texte peut il etre un atout favorisant la qualité de sa traduction?

et alii dit: 14 décembre 2025 à 2h39

Premier membre connu de la lignée des Tibbonides, il inaugure la tradition de traduction des œuvres judéo-arabes en hébreu, qui fera la célébrité de la famille.
Juda ben Saul ibn Tibbon dit aussi Yehuda Ibn Tibón, né à Grenade en 1120 et mort à Marseille vers 1190) est un érudit, traducteur, linguiste et rabbin andalou devenu l’une des figures majeures du judaïsme provençal et languedocien du XIIe siècle.
WIKI

et alii dit: 14 décembre 2025 à 2h48

Le premier livre, traité de grammaire hébraïque, est traduit sous le titre de Sefer HaRikma. Il a été édité par B. Goldberg, avec des notes de Raphael Kirchheim, à Francfort, en 1856). La traduction comprend une préface d’Ibn Tibbon, où celui-ci expose ses opinions sur l’art de la traduction hébraïque.

Le second livre, dictionnaire hébraïque, est devenu le Sefer ha-Shorashim (édité par W. Bacher, Berlin, 1896). Isaac Albargeloni et Isaac HaLévi en avaient déjà entamé la traduction, jusqu’à la lettre lamed.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Juda_ibn_Tibbon

et alii dit: 14 décembre 2025 à 3h00

Le testament de Juda ibn Tibbon semble avoir produit son effet sur Samuel : celui-ci s’illustrera par sa traduction du Guide des Égarés de Moïse Maïmonide et rendra hommage à son père dans l’introduction à ladite traduction, le qualifiant de « père des traducteurs. » EIle a été publiée avec une ébauche biographique rédigée en allemand par M. Steinschneider (Berlin, 1852) et traduite en anglais par (Derekh Tovim, Londres, 1852).

Depuis novembre 2021, l’unique traduction en français du « Testament » de Judah Ibn Tibbon, est parue sous le titre : Au nom du père pour le fils : le testament spirituel de Judah Ibn Tibbon, coll. spiritualité, Éditions Lis & Parle, Bagnolet, 2021, 152 pages, traduction, notes et commentaire par Michel Garel (ISBN 978-2-915387-15-5). Michel Garel, ancien conservateur en chef des manuscrits hébraïques à la Bibliothèque nationale de France, bouleverse la perception que les historiens de la pensée juive avaient jusqu’ici de cette composition.

et alii dit: 14 décembre 2025 à 3h22

Le nombre de traductions réalisées par Moshe ibn Tibbon dépasse le nombre de ses œuvres propres. Situé dans la tradition familiale des Tibbonides, il a traduit de nombreux travaux philosophiques, en particulier ceux de Moïse Maïmonide. Il a également traduit des œuvres de mathématiques, d’astronomie et de médecine.

Traductions des travaux de Maïmonide
Mikhtav ou Ma’amar behanhagat haberiout, un traité sur l’hygiène, sous forme d’une lettre au sultan, traduit en 1244. Le texte a été publié dans Kerem Ḥemed (iii. 9 et suiv.), dans le Divre Moshe de Jacob ben Moses Tzevi (Varsovie, 1886), et par Jacob Saphir (Jérusalem, 1885) sur base de son propre manuscrit, sous le titre de Sefer Hanhagat haberiout.
Hama’amar ha-nikbad ou beteriaq, un traité sur les poisons, existant en plusieurs manuscrits[13].
Le commentaire des Aphorismes d’Hippocrate (1257 ou 1267)
wiki

et alii dit: 14 décembre 2025 à 3h40

lors d un pot apres conf, le prof avait dit qu’il était descendant de l illustre famille
Michel Tibon-Cornillot, né le 10 février 1936 à Paris et mort le 28 mars 2020 à Paris[1], est un philosophe et anthropologue français, directeur de recherches à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Intéressé par l’évolution des techniques dans le domaine de la biologie, il est l’auteur, en 1992, du livre Les Corps transfigurés.

rose dit: 14 décembre 2025 à 4h17

Un yuan vaut 0,12 euros.
Il a bien remonté pck, en 2007, un yuan valait 0,10 euros.
Un jour, un yuan vaudra un euro.
En attendant, voilà ce que découvre bfm business sur nos rapports entre la Chine et nous :
Cette « sous-traitance » a dégénéré en une dépendance considérable, relevée dès 2008 dans un rapport de la Commission européenne. 98% des aimants en terres rares utilisés en Europe viennent aujourd’hui de Chine. Et sans eux, l’industrie européenne ne peut produire ni voitures, ni éoliennes, ni avions de chasse… Conscient du caractère essentiel de ces 17 éléments métalliques, Pékin a mis en œuvre une stratégie de long terme pour asseoir sa domination sur ces chaînes d’approvisionnement et introduit progressivement des contrôles sur ses exportations. Surtout, la Chine a utilisé cette position comme moyen de pression, dès 2010, contre le Japon.

rose dit: 14 décembre 2025 à 4h20

Ce que découvre stephane sejourné et qui est raconte dans bfm business.
Les avions de chasse et les éoliennes, je m’en fous.
Les voitures c’est difficile, mais Giono a fait toutes ses découvertes à pied. Les colporteurs aussi de la vallée du Jabron ou des gorges de la Méouge jusqu’à Marseille.

rose dit: 14 décembre 2025 à 4h26

et alii dit: 14 décembre 2025 à 0h07
¨ pour un traducteur,Le fait de connaitre l’auteur d’un texte peut il etre un atout favorisant la qualité de sa traduction ?

Dans le meilleur des cas, une amitié se crée, ainsi que cela a été raconté, lors du décès d’un écrivain sud-américain.

rose dit: 14 décembre 2025 à 4h32

Un coin ici s’appelle La version du traducteur

Albert Benssoussan et Jean Canavaggio ( ce ne sont pas les deux sus-cités)

Et Jean s’en est allé. Et Don Quichotte, sur son lit d’agonie, nous a confié en conjurant le deuil : « Ya en los nidos de antaño, no hay pájaros hogaño / Dans les nids d’antan, plus d’oiseaux maintenant ». « Si le grain qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit », dit l’Évangile de Jean. Et voilà que le chant s’est arrêté, la voix de Jean Canavaggio a rejoint l’Olympe et le silence. Mais à jamais fructifère, elle ne cessera de résonner dans la mémoire des hommes.

rose dit: 14 décembre 2025 à 4h38

Et alii,

Il s’agit de Mario Vargas Llosa et Albert Bensoussan. Je crois ce dernier non seulement modeste mais aussi au service de. Pas intrusif pour un sou.

rose dit: 14 décembre 2025 à 4h45

Je me suis battue trois semaines pour obtenir qq.chose IRL de/dans l’Ehpad de ma mère. En vrai, quinze jours, car j’ai pris une semaine de pause entre les deux. Je vous dirai demain si j’ai obtenu les fruits ou rien.

Hier, après-midi, le midi je partageais mon pot au feu avec une amie, une voisine aimée/appréciée est venue m’annoncer un drame. Je suis sous le choc, parfaitement ratatinée et bouleversée.
J’ai rêvé de mon père toute la nuit.
Ma mère a pris ses décisions seule. Toutes.
J’essaierai de noter ce rêve, au matin.

rose dit: 14 décembre 2025 à 4h48

Et alii,

En trois commentaires, vous dites tout sur la traduction.

Je ne sais rien.
Mon émotivité, que je dompte à grands coups de tendresse, me joue de sales tours. De lundi, où je mis trois jours à me remettre de ma fuite au grand galop, à hier après-midi, je suis knock-out.

J J-J dit: 14 décembre 2025 à 8h20

r^z et thalie en profitent pour écrire la nuit. Quelle chance elles ont de ne pas être parasitées par les connards habituels qui roupillent. J’aime beaucoup « Mon émotivité, que je dompte à grands coups de tendresse ». Je ne saurais dire de si simples et belles choses mais merci pour les bonnes pioches du dimanche matin. Je file aux huîtres. A+

et alii dit: 14 décembre 2025 à 8h21

merci,rose, pour cette consolation;
bonne journée;
je cherche toujours de « l’air »!c’est épuisant!

closer dit: 14 décembre 2025 à 8h43

Je ne confonds pas avec Pagnol, JB. Giono est très sensuel dans son écriture mais sa sensualité s’adresse au moins autant à la nature qu’aux humains.

Si tu t’intéresse à l’ambigüité dans des rapports d’amitiés entre hommes, tu pourrais lire Le Cousin Pons de Balzac dont parlait Rose. Une amitié passionnée lie le vieux cousin (« marié » avec sa collection d’objet d’art) et son ami allemand installé à Paris. Tu seras servi!
Le Cousin Pons est avec La Cousine Bette le roman de Balzac qui m’a le plus impressionné et même passionné. Les deux cousins sont les seules oeuvres du cycle des « parents pauvres ». Balzac malade n’a pu aller au-delà, hélas.
Pour info, Paul met La Rabouilleuse en tête de ses préférences; c’est très bon mais les cousins sont plus extraordinaires encore!

D. dit: 14 décembre 2025 à 8h55

Je suis effaré par la taille des jeunes gens de la dernière génération. Taille excessive, inesthétique (aspect filiforme, aspergeoïde) et surtout indésirable dans ce monde où la consommation de ressources doit impérativement decroître si on veut s’en sortir. Or les grands consomment plus que les autres : nourriture, eau, air, dimensions du mobilier, des véhicules de transport, tissus etc.
De plus il a été démontré que dans les situations de grande crise, catastrophes etc. ce sont les petits qui survivent le mieux.

D. dit: 14 décembre 2025 à 8h59

Moi les huîtres, je n’en trouve pas.
Je vais aller voir à Ville d’Avray, peut-être que.

renato dit: 14 décembre 2025 à 9h06

Horrifié par la taille des jeunes, superstitieux et anthropophage pathétique, intolérant. Enfin, un vrai connard.

Jazzi dit: 14 décembre 2025 à 9h09

Merci pour votre lien, renato.
Chez Giono, l’homosexualité est d’autant plus violente, qu’elle est… honteuse !
Et très troublante pour le lecteur ado, en recherche d’identité, que je fus.
J’avançais, prudemment (hypocritement), sous le masque de « l’homosensualité », sachant que j’allais être accusé ici de faire du prosélytisme.
Ce qui n’a pas manqué…

Jazzi dit: 14 décembre 2025 à 9h21

« Je suis effaré par la taille des jeunes gens de la dernière génération. »

Ceux, garçons et filles, que je croise généralement dans la rue ou les transports en commun à Paris sont le plus souvent petits, malingres ou obèses, aux proportions peu harmonieuses et d’apparence souffreteuse.
Ce qui ne cesse de m’étonner.

rose dit: 14 décembre 2025 à 9h24

Il est mort à 75 ans.

Jean Giono, né le 30 mars 1895 à Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence où il est mort le 8 octobre 1970 à Manosque.

D. dit: 14 décembre 2025 à 9h26

Autre problème avec la dernière génération : la fragilité devant les germes et notamment de la sphère ORL.
Dans ma jeunesse, avoir un rhume était presque de la rigolade. Ça durait une semaine, on ne prenait même pas de médicaments pour ça, on était juste un peu plus fatigué et gêné par les éternuements et les mouchages fréquents, la température montait à peine de 0,5 degrés le soir, on toussait un peu et puis terminé.
Aujourd’hui, au moindre rhinovirus choppé, c’est médecin, pas d’école, ordonnance de 5 médicaments, dont souvent antibiotiques, ça te dégénère tout ça ilico presto en otite, sinusite, bronchite, ils ont la colique à cause des antiobiotiques, on leur recolle 2ème semaine sabs école. Bref leur sphère ORL c’est devenu de la porcelaine fine, le moindre mzchin bénin les fout en l’air et coûte cher à la société, par dessus le marché. Vous allez trouver ça normal, sans doute et dire de quoi je me mêle, j’ai tort etc. ?

Paul Edel dit: 14 décembre 2025 à 9h28

Autant le travail de Claire de Oliveira est exemplaire de fidelité, de nuances, de précision (par exemple le vocabulaire médicale) pour restituer le texte de Thomas Mann  » La Montagne magique » sans lourdeur, autant le travail de Le Lay sur « Berlin Alexanderplatz » de Döblin me laisse perplexe . A vouloir suivre le rythme sonore syncopé,mâché,les percussions et collages publicitaires ou autres, les chansons d’époque, la verdeur de la phrase döblinienne, et surtout vouloir calquer la syntaxe française sur la syntaxe allemande, on aboutit à des trucs bizarres, voire ridicules. Enfin à la décharge du traducteur, trouver une équivalence avec les argots des arrière cours des ouvriers berlinois de 1929 et, d’un autre coté restituer la langue des voyous et malfrats de cette époque , c’est quasi mission impossible. Il aurait fallu la gouaille d’un Céline pour restituer tout ça.

Jazzi dit: 14 décembre 2025 à 9h35

« Je vais aller voir à Ville d’Avray »

C’est recommandé le dimanche, D. !

« Les Dimanches de Ville d’Avray » raconte l’amitié entre un pilote de guerre amnésique et une petite fille orpheline élevée chez les sœurs. Ce roman a été adapté au cinéma en 1962, remportant l’Oscar du meilleur film étranger.

closer dit: 14 décembre 2025 à 9h43

« Ce phénomène, souvent désigné par le terme « déchristianisation », est « l’un des faits les plus marquants et pourtant les moins expliqués de notre histoire contemporaine », pointe l’historien Guillaume Cuchet, spécialiste du catholicisme français aux XIXe et XXe siècles, qui a publié sur le sujet un livre ayant connu un écho certain, y compris au-delà des cercles universitaires. Dans cet ouvrage au titre frappant, Comment notre monde a cessé d’être chrétien (Seuil, 2018), le professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne avance une thèse qui suscite la controverse : selon lui, le concile Vatican II (1962-1965) a joué un rôle décisif dans l’affaissement du catholicisme … (Le Monde, suite aux abonnés)

Eh oui, il a sans doute raison ce Cuchet. Qu’en pense D???

Phil dit: 14 décembre 2025 à 9h45

Excellent film dear Baroz, boycotté par les tenants infatués de la nouvelle vague française, critiques et réalisateurs, jaloux de ne rien avoir obtenu d’olihoud.

Chaloux dit: 14 décembre 2025 à 10h33

Gigi la cocue (sic) voudrait pouvoir mépriser, insulter son monde, sans qu’on lui réponde… Pauvre vieille chose avariée… Pas pour demain…

Hurkhurkhurk !

Chaloux dit: 14 décembre 2025 à 10h37

Sur la déchristianisation brutale de Paris sur dix ans, à la fin du XVIIIe siècle, voir tout de même Pierre Chaunu.

Clopine dit: 14 décembre 2025 à 10h46

Putain, quelle indigence intellectuelle jouxtée à quels ego s’exprime ici !

Et c’est moi, qui ne suis rien, qui vais devoir rappeler la flagrance à propos de Giono ( et comme ma vie même en a dépendue, je m’accorde le droit d’en parler, tant Giono, bref. ), à savoir que Giono est évidemment issu de Virgile. Ca ne vous saute pas aux yeux ?

Clopine dit: 14 décembre 2025 à 10h53

Alors, avant de chercher l’homosexualité chez Giono (c’est juste une bouffonnerie), il faudrait faire un parallèle un peu sérieux entre Virgile et Giono. Bon je dis ça, moi la fille d’eau douce, du nord « mais pas trop », qui n’aime pas l’olive et ne comprends les danses populaires qu’avec sabots, alors que pour tout le pourtour méditerranéen (bise Rose !) ce sont les espadrilles de cordes tressées qui mènent la danse, mais je dis ça je dis rien, et ahaha.

J J-J dit: 14 décembre 2025 à 10h54

FURIOSITE

« Cher monsieur, Depuis des semaines, je n’arrive pas à vous joindre, et vous ne répondez jamais aux mails. Très bien, mais ma patience a des limites. Si vous voulez mettre fin à votre rôle de maitre d’ouvrage prétendument compétent, -faute de savoir ou vouloir régler cette malheureuse histoire de chaudière avec le chauffagiste dont vous m’aviez tant vanté le professionnalisme -, dites le moi tout de suite, je me passerai désormais de vos services. Et tâcherai de trouver une solution plus rapide à vos incompétences et enfumages respectifs. Désolé d’en arriver là après un an d’exaspérations croissantes, cher « monsieur Tanner », la plaisanterie a assez duré !.. Merci de me faire un dernier signe de rupture et/ou de prendre vos responsabilités rapidement.
A bon entendeur, Jean-Jacques Janssen.
______
— nb / ce message fut expédié l’été dernier. Depuis, plus rien, plus aucune nouvelle du type… Dieu merci, la question du chauffage est enfin réglée, il est au point pour l’hiver… Il n’y aura pas de signature de « fin de chantier ». J’ignore comment cela se passe à Chaville, mais à Meudon, on avait connu pire. L’existence d’un maître d’ouvrage n’est jamais une « garantie »…
Enfin bref, voilà mon avis dont je fais également part à Jean-Paul Dubois (autre prix Goncourt de littérature => Essayons de toujours raccrocher les wagons à l’RDL).
Bàv,

J J-J dit: 14 décembre 2025 à 11h04

@ avant de chercher l’homosexualité chez Giono (c’est juste une bouffonnerie) (10.53)

Allons bon…, on s’est encore embarqués sur une mauvaise piste ou une porte trop étroite, apparemment. Donc, Virgile… OK, mais Les Géorgiques ou plutôt les Bucoliques ? telle est la question bleue. Les gros sabots sur la pointe des pieds, comme Claudio @Bahia citant Clopine, je redis rien, je sais rien, je crains rien… Je sors (la méharée dans mon erg) 🙂
Bàv

J J-J dit: 14 décembre 2025 à 11h11

@ 19.49, jzman, Trouvez-vous que rachida dati serait plus compétente qu’anne hidalgo pour la future gestion de votre capitale ? Je ne pense pas vous avoir encore explicitement entendu à ce sujet, vous qui ne mentez jamais…
Je voulais juste attirer votre attention sur le fait que cette créature est toujours très proche de Nicolas Sarkozy qui, depuis sa mue en prison, ne voit plus aucun problème à rapprocher toute la droite du bloc de l’extrême droite de Jordan Bardella, après nous avoir martelé durant des plombes : « la Shoah, plus jamais ça ! »…

Chaloux dit: 14 décembre 2025 à 11h18

Lettre au plombier.
On reconnaît bien là le style ampoulé, vaniteux, enflé jusqu’à l’oedème de la lamentable Gigi, qui croit montrer du caractère et n’exhibe que son néant. Pauvre vieux cocu, ta correctrice a bien fait de se barrer…

Chaloux dit: 14 décembre 2025 à 11h19

Je viens d’entendre Manon Aubry. Lamentable. Au-dessous d’un certain QI, je peux comprendre que l’on puisse adhérer à un tel discours.

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