de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline
Le traître est parfois juste un peu en avance sur son temps

Le traître est parfois juste un peu en avance sur son temps

Franchement, que peut-on attendre d’un roman intitulé Judas (traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen, 352 pages, 21 euros, Gallimard) qu’une histoire de trahison, une réflexion sur la chose, ses avatars et ses variantes ? On n’aime pas trop que l’intention s’affiche dès le titre. Ca tue le mystère. Et pourtant… C’est compter sans le métier d’Amos Oz, sa maîtrise de tous les registres narratifs, sa formidable faculté d’empathie, sa capacité à faire dire à une histoire autre chose que ce qu’elle dit. Et si Judas avait été, contrairement aux interpretations communément admises, jusqu’à en faire le paradigme absolu de la figure du traître, le plus fidèle et le plus dévoué des disciples de Jésus ?

Jérusalem en hiver entre 1959 et 1960, une ville qui porte encore les stigmates de la guerre d’indépendance dix ans après. Schmuel Asch, un étudiant qui poursuit une thèse sur « Jésus dans la tradition juive », doit interrompre ses recherches quand son père, qui subvient à ses besoins, est forcé de mettre la clé sous la porte de sa société. Son abandon est un renoncement définitif. Dès lors ce garçon d’un naturel apathique, asthmatique et cyclothymique, que sa petite amie vient de larguer, se met en quête d’un travail et trouve par petites annonces un boulot chez un vieil homme sur ses béquilles, Gershom Wald, lequel lui offre le gîte et le couvert en échange de quelques heures de conversation par jour. Au mur de la maison, des reproductions de Van Gogh, sur les tables de chevet, le Docteur Jivago de Pasternak traduit en hébreu six mois après l’édition originale russe, par nostalgie de l’Europe.

Le jeune homme timide et mal dans sa peau s’installe donc dans une petite chambre dans les combles de la maison et vit entre ce misanthrope passionnant mais revenu de tout, plus désenchanté qu’amer, qui l’entretient en permanence de questions politiques et de controverses théologiques, et l’étrange et froide Atalia Abravanel, une femme d’une quarantaine d’années murée dans son mutisme, sa bru au charme ravageur, triste et belle, veuve de son fils, un soldat sauvagement assassiné, et elle-même fille du défunt Shlatiel Abravanel, pionnier du sionisme historique qualifié de traitre pour avoir évolué vers la solution utopique d’un Moyen-Orient sans Etats ni frontières (faut-il préciser que ce personnage est purement imaginaire ?)

D’un côté un jeune homme pas si naïf qu’il en a l’air mais qui veut croire à une force qui sauvera le monde ; de l’autre un homme las qui ne croit pas en sa rédemption, que les bons sentiments exaltés par les trois religions monothéistes révulsent. Quand l’un veut croire qu’il n’y aurait pas eu de christianisme sans crucifixion, l’autre se dit persuadé que la trahison de Judas l’Iscariote est à l’origine des persécutions antisémites dans le monde, que c’est le mensonge fondateur, que c’est à cause de cela que pendant des siècles les chrétiens se sont persuadés que les Juifs avaient tué le fils de Dieu. Judas, synonyme de traitre, est devenu synonyme de juif.

A un moment du récit, le vieux Gershom Wald raconte que dans sa jeunesse polonaise, voyageant dans un train, il lisait un journal en hébreu. Una dame assise en face de lui l’interpella : « Comment se fait-il que vous lisiez un journal juif, monsieur ? » Il expliqua qu’il comptait bientôt émigrer en Palestine pour s’établir à Jérusalem. Alors la dame, le regard mouillé de larmes :

«  Il était si bon, si bon, comment avez-vous pu Lui faire cela ? »

Emu par son émotion, Wald se retint finalement de lui confier qu’au moment de la crucifixion, il avait justement rendez-vous chez le dentiste et il ravala ses paroles. On croit qu’on va verser dans du Woody Allen mais non. On se croirait plutôt du côté de Tchékhov et pas seulement en raison de l’ atmosphère de huis clos hivernal, ce qui n’est pas tout à fait un hasard : bien qu’il ne possède pas de table de chevet, Oz a des auteurs de chevet, ceux vers lesquels il revient tout le temps, Tchékhov en premier lieu avec Cervantès mais aussi Bialik, Amichai, le Lampedusa du Guépard, Kafka et Borges, parfois Thomas Mann et parfois Elsa Morante ou Natalia Ginzburg.

Ce n’est pas un roman cultivé abreuvé de sources érudites. C’est à peine si Oz a consulté quelques livres, trois notamment qu’il cite à la toute fin sur Jésus dans le regard juif et qui remontent aux années 50. Le fait est que, croyant ou pas, juif ou chrétien, on est emporté par ce huis clos (il faut lire à ce sujet les forums de discussions sur cette… discussion notamment sur les sites de langue anglaise) même si la figure de Judas l’Iscariot, l’un des douze apôtres de Jésus de Nazareth, demeure évanescente et son historicité, douteuse. Amos Oz a du mal à croire qu’un homme comme lui, un homme riche qui avait du bien et jouissait d’une grande domesticité, aurait trahi pour trente deniers (équivalent de 600 euros), d’autant que l’identité de Jésus, qu’il est censé avoir vendue, était connue de tous à Jérusalem, ce n’était pas un scoop. Le baiser de Judas à Jésus n’a rien révélé du tout à ses géôliers. Au fond, en livrant Jésus à ses tortionnaires, Judas n’a fait que lui être fidèle, il lui a obéi puisque Celui qui prétend être le messie et le roi des Juifs veut mourir sur la croix.

Ca discute, qu’est-ce que ca discute dans ce roman qui n’est pourtant jamais bavard, Jérusalem sous la neige dominant en arrière-plan en personnage principal et silencieux, comme si la ville surveillait les faits et dits de chacun. Un vrai pilpoul que cette célébration de l’art de la conversation : beaucoup de conversation, un peu de thé, encore de la conversation, un peu… Parler dans le fol espoir de faire baisser le niveau d’angoisse et d’hystérie nationales. C’est une pièce de théâtre, on sort peu dans les rues car il pleut tout le temps ; cela donne un roman écrit comme un trio pour piano et cordes, allez, disons l’opus 67 en mi mineur, de Chostakovitch !

Parfois le traître est celui qui est en avance sur son temps, comme le général de Gaulle, qui est revenu au pouvoir là-bas en France grâce aux voix des partisans de l’Algérie française et qui ne va pas tarder à les tromper en accordant l’indépendance aux Algériens. Mais après tout, le prophète Jérémie n’était-il pas tenu pour traitre par la populace ? N’a-t-il pas connu la prison et l’exil pour avoir annoncé l’arrivée des Chaldéens, prédit la destruction de Jérusalem et l’exil des Judéens à Babylone à cause de leur manque de foi et la destruction de nombreux peuples étrangers, royaumes et cités ? Traitre, même Herzl le fut un temps aux yeux de ceux qui ne le pardonnaient pas de se décourager en envisageant la résurrection d’Israël loin de la Palestine historique. Et Ben Gourion, favorable à la solution des deux Etats ? Tous des traitres !

Oz a de la compassion, de l’empathie mais s’il croit en une certaine justice, il ne croit pas en l’amour universel. Ses personnages nous laissent dans l’irrésolution même si par la vertu de la conversation, ils donnent l’impression d’avoir fait un pas l’un vers l’autre, surtout le jeune thésard Shmuel Asch que l’expérience a déniaisé et dessalé. Militant de gauche et sioniste cela va sans dire, Amos Oz n’a cessé depuis des années d’œuvrer pour la paix et la coexistence de deux Etats, israélien et palestinien. Il n’a jamais trahi ses convictions politiques, et moins encore la littérature. A toujours creusé le même sillon dans ces deux registres. Pourtant, c’est peu dire que le qualificatif de « traitre » lui colle à la peau. Il ne se passe guère de semaine sans que dans une émission, un tract ou un journal, des extrémistes le lui accolent pour avoir osé dénoncer leur conception du Grand Israël. D’ailleurs son père et son fils s’appellent Yehuda. “Je suis donc le fils et le père de Judas!” s’amuse-t-il dans les interviews. Et puis quoi, il serait incroyable que le baiser le plus célèbre de l’histoire ne soit pas un acte d’amour mais de trahison, de déloyauté, d’infidélité…

(Photo Louis Stettner)

Cette entrée a été publiée dans Littérature étrangères.

1850

commentaires

1 850 Réponses pour Le traître est parfois juste un peu en avance sur son temps

la vie dans les bois dit: 18 janvier 2017 à 19 h 08 min

« As-t-on envie de continuer la lecture… » de  » Plateforme » de Houellebecq

Cette question est absolument mal posée.
D’une part car ne comportant pas de ? elle est sensée contenir la réponse de celui -je suppose que c’est un homme- qui la pose.

Et il se la pose à lui même, « as »-tu, toil e  » on », envie de continuer la lecture, frère dans  » l’ennui » ?

Eh bien Candide, c’est une excellente question.

Si vous ne faites pas de tourisme sexuel en Thaïlande, cette forme d’orgie initiée par des gros porcs d’allemands, vous pouvez try again.

Si vous voulez lire un roman d’amour, disons  » explosif », idem. Mais try better.
Avec confiance, c’est ce que Houellebecq demande à ses lecteurs. D’abord.

Candide dit: 18 janvier 2017 à 11 h 51 min

Le début de Plateforme :
Mon père est mort il y a un an. Je ne crois pas à cette théorie selon laquelle on devient réellement adulte à la mort de ses parents ; on ne devient jamais réellement adulte. Devant le cercueil du vieillard, des pensées déplaisantes me sont venues. Il avait profité de la vie, le vieux salaud ; il s’était démerdé comme un chef. T’as eu des gosses, mon con… me dis-je avec entrain ; t’as fourré ta grosse bite dans la chatte à ma mère. Enfin j’étais un peu tendu, c’est certain ; ce n’est pas tous les jours qu’on a des morts dans sa famille. J’avais refusé de voir le cadavre. J’ai quarante ans, j’ai déjà eu l’occasion de voir des cadavres ; maintenant, je préfère éviter. C’est ce qui m’a toujours retenu d’acheter un animal domestique. Je ne me suis pas marié, non plus. J’en ai eu l’occasion, plusieurs fois ; mais à chaque fois j’ai décliné. Pourtant, j’aime bien les femmes. C’est un peu un regret, dans ma vie, le célibat. C’est surtout gênant pour les vacances, Les gens se méfient des hommes seuls en vacances, à partir d’un certain âge : ils supposent chez eux beaucoup d’égoïsme et sans doute un peu de vice ; je ne peux pas leur donner tort. »
As-t-on envie de continuer la lecture…

JC..... dit: 18 janvier 2017 à 8 h 40 min

Mettez les ‘idées’ de Macron dans le corps de Louis de Funès, et vous allez voir comme elles deviennent, ses ‘idées’, moins séduisantes !

Macron, c’est le Rudolf Valentino de la politique … Pasteurisé !

renato dit: 18 janvier 2017 à 8 h 40 min

Apparement la « tentative de reconnecter l’existence excentrique de l’homme moderne à la totalité (naturelle) du monde » (Löwith à propos du nietzschéen éternel retour) n’intéresse guère ceux de nos contemporains qui restent tristement ancrés au monde d’avant, ainsi ce bruyant mécanisme fait de survivances qui nous viennent des angoisses qu’animaient les peurs des rois-bergers du néolithique et qui est transmis par la séquence « création-péché-rédemption-fin des temps » survit et reste sur le devant de la scène ; pourtant, concevoir que le temps puisse se définir par des moments qui ne peuvent qu’être uniques, c’est faire preuve de peu d’intelligence du monde — pour ne dire qu’une évidence, ce n’est pas parce que un assassin portait la toge prétexte et un autre des Levi’s que la nature de leurs actes aussi que celle de la pensée qui les génèrent changent. J’ai peur que cette histoire soit un peu ennuyeuse et pleine de méandres où le lecteur distrait pourrait se perdre, ne pas la développer me semble donc préférable car ça ne servirait qu’à lancer une polémique stérile avec les tenants du monde d’avant et ce serait, pour moi, sans profit, ce qui est loin de me plaire — diriger sagement ma journée sera sans doute plus satisfaisant.

la vie dans les bois dit: 18 janvier 2017 à 7 h 42 min

J’ai aussi regardé le JT de France 2, hier soir.
Cette réaction absolument houellebecquienne, du vieux routard de l’internet et de la SF, pour qui les new technologies branchées n’ont pas trop de secret mystérieux, ni un attrait salvateur.
Dans un mariage de la carpe et du lapin, dit tout à trac de Macron, notre uber de la campagne, en gros: « pff, c’est un mutant ».

la vie dans les bois dit: 18 janvier 2017 à 7 h 20 min

Jean à 22h58, j’ai relu ce que vous avez écrit à propos de ce poème de Michel Houellebecq « non réconcilié » ( parution 1991) ( Bloom, ce titre vient d’être traduit en anglais ?), cette objectivation que vous lui attribuez.

C’est peut-être là, où le poète, -dans sa fonction-, atteint cet idéal, qui est le sien. Se faire la voix de/pour.

Dans ce poème il est question d’une relation père-fils. Qui ne sera pas apaisée, dans la description de l’ultime rencontre.

Bien sûr que l’on préfère lire le père hugolien, mon père au regard si doux. Surtout quand cette image fait écho à une réalité personnelle.

Mais, c’est étonnant je suis d’accord avec le poltergeist, qui dit que ce poème ne sent pas l’expérience directe.

Le fait est qu’il n’y a que deux personnes, que Michel Houellebecq pouvait contempler la fin avec détachement, et sans aucun sentiment.
Pour ceux qui lisent Houellebecq dans le texte, ce père agonisant, n’est à l’évidence, pas le sien. Il est un personnage, que je vais dire : double; à la fois masculin, et féminin.

Widergänger dit: 18 janvier 2017 à 7 h 19 min

La mort du père dans la version Houellebecq ne fait que confirmer en plus trash ce qu dit Zemmour sur la mort du père en général dans notre société. On a bien là la marque de fabrique de Houllebecq qui va droit au pire.

La poétique du poème repose sur l’opposition concertée entre la forme très conventionnelle de la versification, pour ne pas dire volontairement très scolaire, et l’horreur de la situation décrite et du rapport fils/père qui est ainsi suggérée. L’horreur du réel est censé faire exploser les convention et censer ainsi lever le voile sur le monde tel qu’il est dans un effet d’objectivité qui n’est en fait qu’un effet rhétorique. L’originalité du style de Houllebecq ne réside pourtant pas là. Mais dans la subtilité suivante : il n’est pas dupe de la rhétorique et en même temps qu’il joue avec, il en montre les coulisses, la supercherie. C’est très différent de Une charogne, de Baudelaire. Le grand problème que pose ce genre de poème c’est de savoir s’il échappe vraiment à la convention qu’il dénonce et au travestissement dont il semble se jouer ; même problématique d’ailleurs pour son travail en prose. Pas sûr.

Mais cette poétique explicite le projet littéraire en une synthèse efficace. Houllebecq met en œuvre une littérature de la fin de la littérature et qui expose ses contradictions — en cela la mort du père s’avère symbolique de sa vérité comme projet littéraire qui se donne pour une littérature ultime traitant expressément de ce jeu de la figure de l’homme ultime, ici le père, et du défaut historique d’une société sans référent pour construire du sens. Le lecteur a ainsi l’impression d’être soudain plongée dans une réalité brute de décoffrage qui semble le laisser coi.

Mais, ce faisant, toute la problématique de ses textes — prose comme poésie — repose sur la question de savoir si la mise à mort de la littérature qui est ainsi opérée par le décapage de la rhétorique académique des clichés avec laquelle l’auteur semble tant s’amuser en adolescent rebelle et désabusé — dans une version revisitée d’un Lautréamont avachi dans son jeu avec la littérature — ne produit pas à son tour une forme de néoacadémisme qui se trouve coincée entre l’impossibilité de dénoncer une littérature mineure qu’il conteste et dont elle se joue pourtant et l’impossibilité d’un dépassement de l’individu qui relierait l’homme à un savoir total comme dans Une charogne de Baudelaire, condamnée simplement dès lors à mimer l’état social où elle se trouve, dans un état béat sans béatitude.

Sant'Angelo Giovanni dit: 18 janvier 2017 à 0 h 44 min


…d’un trait,!…Oui,!…bien, sur,!…

…comme qui dirait, un éléphant çà trompe énormément,!…si ce n’était que çà,!…

…et puis après, simples mortels,!…Ah,!Ah,!…endoctrinés à la multitude des normes, pour nos états de fièvres d’impôts,!…et administrateurs ripoux,!…

…nos inventions à chauds, chauds les marrons chauds,!…Ah,!Ah,!…etc,!…

Sant'Angelo Giovanni dit: 18 janvier 2017 à 0 h 23 min


…à tout vouloir connaître, avec le plus d’exactitudes possible,!…faut des aménagements,!…aux explications, à nos vérités dans le bateau-social,!…

…déjà, écrire, parler, se figurer, et transcrire par un roman,!…

…j’ai appris, au cours des mois, qui se suivent,…la vision,ou l’interprétation, fausse ou vraie, des établissements et sociétés et des liens dans les rôles de fonctionnement, pour les gens,!…

…et par manque, de sensibilités opportunistes,!…vraiment passer très à côté, des véritables faits consciencieux impliqués ou pas,!…
…et le rôle, de croire & de voir, ce qui n’est pas vrai, pour des réalités,!…

…mais , encore,!…j’ai écris,…par un certain angle de  » cinéma  » de face,!…mais il y en à, des angles,!…pour chaque sujet et ses limites circonscrites,!…

…l’humanisme, comme un théorème à de multiples  » cas « , à résoudre,!…
…et pourtant,!…
…notre pensée, comme pour des écoliers novices de tout,!…nous trahie,!…

…l’homme ne trahie rien,!…il reste vrais pour ses plausibles  » intérêts « , de son groupe ou personnels,!…
… » quels intérêts « ,!…
…le sens de plausibles  » pots de vin « ,…

…entendus,!…8 personnes, qui ensembles représentent la totalité de l’économie mondiale,!…
…un bien ou un mal,!…pourvu que chacun vive au mieux dans ses raisons à l’existence,!…

…qui trahis quoi,!…si déjà, il parle ou écrit, par projections de ses similitudes d’esprits avec objectivité ( bien sur ), inculqué déjà ou objectivité endoctrinée,!…

…la morale, parlons, écrivons,!…pour notre esprit du portefeuille entre églises et paradis inculqués,!…

…des juges, Oui,!…déjà riches,!…à fichés,…survivre Oui,!…et puis après,!…quoi,!…les intérêts de criminalités à cols blancs,!…pour héritiers,!…des lois pour chacun son moyen-âge,!…Tudieu,!…
…etc,!…s’entraider à l’égoïsme,!…Ah,!Ah,!…Bip,!Bip,!…
…elle est bonne celle là,!…
…vous écriviez, Oui,!…et c’est loin, d’être vrai,!…Ah,!Bon,!…
…déjà les aides pour nous faire vacillez,!…en plus des Céline à ses morts à crédits,!…développer,!…et découvrons nos photo-intérieures,!…Oh,!…
…l’expérience d’écrire, sans rien savoir, des amants, des poupées, et autres polichinels,!…Ah,!…c’est bien sur,!…
…donc, c’était pas vrais, Non,!…
…c’était dans le système des normes  » inconnues « , lesquels,!…( comme le système  » Dos « , pour nous  » sécurisé  » en enfer ,!…
…etc,!…suivants à leurres,!…

…çà nous meuble son blog,!…


Claudio Bahia dit: 18 janvier 2017 à 0 h 08 min

Jibé dit: 17 janvier 2017 à 11 h 48 min
Dans quelle île lointaine vivez où, Claudio Bahia ?
Euh! Ici:12°38’8.90″S / 38° 5’26.48″O
Ici aussi: http://www.guarajuba.com/
pour quelques images:
https://www.google.com.br/search?q=guarajuba&biw=1600&bih=770&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjSpZSbnsrRAhVJgpAKHaOKDlUQ_AUIBigB&dpr=1
quant’à la maison, bien visible depuis google earth, elle est aussi visible ici:http://www.bahia-rentals.com/casas.html (ça c’est le « site » de mon épouse)

Chaloux dit: 17 janvier 2017 à 22 h 43 min

« ce portrait en forme d’exécution »

La belle affaire que « d’exécuter » son père mourant, quel qu’il ait été. Occupation de minable désœuvré. Remarquablement ignoble, en effet.
On fait ça ou on se cure le pif? Pile ou face…

Chaloux dit: 17 janvier 2017 à 22 h 37 min

De tout ce que j’ai lu au cours des quarante dernières années, aucune pensée ne m’a été plus utile que celle qui suit. Elle est de Georg Christoph Lichtenberg, toute simple et tient en peu de mots :

« Le cuisinier de Néron ressemblait à Néron ».

Je ne vois absolument aucun inconvénient à ce que tous les cuisiniers du monde ressemblent à leur maître, et moins encore à ce que Houellebecq ressemble à un écrivain. C’est sans importance aucune, du moment qu’on ne m’empêche pas de me demander qui est le cuisinier et qui est la maître, tâche hardie.

Jean dit: 17 janvier 2017 à 22 h 28 min

Mon père était un con solitaire et barbare » : c’est le premier vers du poème de MH où le père crève en se pissant dessus (et en le disant, en plus, sur un ton que je me figure d’une satisfaction inénarrable). Vers magnifique, lapidaire, d’une densité inégalable, d’une lucidité à froid, prélude à la distance goguenarde présidant à ce portrait en forme d’exécution. Au fond, nul n’est mieux placé qu’un fils pour étudier, avec une exactitude et une rigueur quasi scientifiques, le cocktail burlesque de tares rédhibitoires qui composent son géniteur. Le seul trait qui sauve quelque peu ce calamiteux papa, qui le rend même intéressant, c’est que, manifestement, il a conscience d’être un con et un raté. Certes, on est aux antipodes des attendrissements hugoliens. Mon père, ce zéro au sourire si mou…

Chaloux dit: 17 janvier 2017 à 22 h 25 min

Yourcenar a répondu à Gide, écrivant qu’on fait de la toute aussi détestable littérature avec de mauvais sentiments. Ce n’est pas un critère, sauf dans le cas d’une lagarde-et-michardisation abusive.

Delaporte dit: 17 janvier 2017 à 22 h 22 min

« Le poème de Houellebecq sur la mort de son père est remarquablement ignoble. »

On ne fait pas de la grande littérature avec de bons sentiments. Si ça vous choque, Chaloux, tant mieux !

Chaloux dit: 17 janvier 2017 à 22 h 19 min

Soulagement.

A priori, il semble assez peu probable que Rimbaud ait lu Lautréamont durant sa période active (de poète).

Delaporte dit: 17 janvier 2017 à 22 h 18 min

« Tu sous-entends, Delaporte, que Rimbaud a pompé sur Lautréamont ? »

Pas du tout. C’était pour rétablir la trilogie, à laquelle il manquait Lautréamont, c’est tout. Ils sont tous les trois très différents les uns des autres, et personne n’a pompé sur l’autre !

Nicolas dit: 17 janvier 2017 à 22 h 14 min

Onfray est un fanatique, si j’étais Zemmour je dirais immanenssofile. Velbecq est ce qui se fait de pire en agnostique.
À demain

Jean dit: 17 janvier 2017 à 22 h 08 min

Le poème de Houellebecq sur la mort de son père est remarquablement ignoble. (Chaloux)

Pas plus que Widergänger, Chaloux n’a correctement situé le propos de MH. Ce n’est pas le poème qui est ignoble, c’est ce qu’il peint. Il est aussi ridicule de reprocher à MH de peindre son père tel qu’il était que de refuser à Baudelaire le droit de décrire avec précision une charogne. Nous avons ici le contraire de l’épanchement romantique. MH ne cherche aucunement à nous attendrir sur son malheur d’avoir eu un tel père. IL s’agit d’un remarquable effort pour atteindre l’objectivité. Ignoble toute sa vie, papa Houellebecq persiste et signe en se pissant dessus au moment de rendre l’âme. Au fond, ce portrait du père est d’un art tout classique ; on a affaire à un caractère, remarquable de cohérence. On songe à Molière. D’ailleurs, cette scène d’agonie est d’un comique puissant. Ce serait intéressant de la rapprocher d’autres scènes, où la figure du père est vigoureusement dézinguée, généralement sur le mode comique (dans « Amarcord » de Fellini, par exemple).

Jibé dit: 17 janvier 2017 à 21 h 51 min

« Tu n’as pas encore écrit un guide littéraire de Paris ? »

Motus, Pablito !
Mon éditrice m’a demandé la plus grande discrétion sur mon manuscrit en cours…

D. dit: 17 janvier 2017 à 21 h 36 min

On pourrait créer un syndicat des commentateurs de la RdL. Avec des revendications et des manifs.
Tous ensemble ! Tous ensemble !

D. dit: 17 janvier 2017 à 21 h 34 min

Petit Rappel dit: 17 janvier 2017 à 21 h 13 min

Commentaire en attente de modération? Il est exclusivement littéraire!

Gueulez un bon coup, je l’ai fait hier et aujourd’hui je n’ai pas du tout été modéré.

Chaloux dit: 17 janvier 2017 à 21 h 33 min

Huysmans/Pascal.

Hardi. Dès que Huysmans entre dans le christianisme, c’est pour s’intéresser à Gilles de Rais, aux messes noires, à l’abbé Boullan, au corps supplicié d’une sainte, à celui des foules de Lourdes,- et c’est pour comparer la qualité des messes comme il l’a fait précédemment des menus de restaurants pour fonctionnaires ou pour cochers et le mérite des abattis de filles plus ou moins de joie. On se demande ce que Pascal en aurait dit. Rémy de Gourmont lui demandant une préface pour son « Latin Mystique » s’était aperçu avec ahurissement qu’il n’y connaissait rien et avait renoncé à la reprendre pour la réédition de son livre. La foi de Huysmans est en grande partie une perversion qui commence de bonne heure, avec la description des music-halls et la ballade des viandes cuites au four. Et c’est un très grand écrivain, digne successeur fin de siècle des Goncourt, eux-mêmes injustement marginalisés.

closer dit: 17 janvier 2017 à 21 h 32 min

Je viens de regarder Houellebecq chez Pujadas en replay…Modiano est Démosthène à côté de MH.

Deux remarques de notre bafouilleur national. Il ne pense pas que sa vision négative de l’amour et du couple ait quoi que ce soit à voir avec la souffrance que lui a infligé la froideur de sa mère dans son enfance. Il se contenterait de décrire la réalité de l’amour qu’il observe autour de lui aujourd’hui.

Le second point est qu’il va abandonner au moins provisoirement le champs socio-politique pour revenir au sentiment amoureux dans son prochain roman. Il pense qu’il n’est pas parvenu au fond du fond dans ce domaine, qu’il a encore des choses à dire sur l’amour…

Petit Rappel dit: 17 janvier 2017 à 21 h 12 min

Je ne suis pas sur du tout, Paul Edel, que Banville ait été dénué de talent .Fors « les Stalactites » et les « Idylles Prussiennes », un recueil de transition, et un de circonstance sur 1870; il reste tout de meme Les Exilés, les Trent-Six Ballades, le Sang de la Coupe.Ce n’est pas rien.
Glatigny, mort jeune, occupe effectivement lui la place de Rimbaud aujourd’hui, via le Philippe Sollers de l’2poque, qui s’appelait Catulle Mendès. Là, on a peine à croire que cette médiocrité-je reste poli- a pu exister. ça s’explique un peu mieux si on le met en connexion avec le mythe de la Bohème romantique, qui jette ses derniers feux avec la mort de Murger sous le second Empire et des publications qui se succcèdent sur la morbidité du milieu (Mémoires de tRois Buveurs d’Eau’, avec Nadar , Mémoires de Schaunard, juqu’à un ouvrage-cimetière sur la Bohème qui parait fin 1870-80 . Manifestement,avec Glatigny, les critiques ont confondu qualité de l’ Œuvre et type de vie, comme si la première dépendait de l’ordalie bohémienne sanctionnée par une mort précoce. Le Théatre, en montant un Glatigny, a achevé cette confusion. Sommes-nous surs qu’elle est bien morte aujourd’hui vis-à-vis des écrivains et du Barnum médiatique? Je n’en suis pas si sur!
Bien à vous.
MC

Chaloux dit: 17 janvier 2017 à 20 h 47 min

Je connais bien Huysmans que j’ai beaucoup lu à une époque, et sur lequel j’ai également beaucoup lu, et je ne vois pas le rapport. Il n’y en a aucun.

Quant à l’entretien sur France 2, je dois dire que ce visionnaire réaliste qui regrette Sarkozy me laisse aussi perplexe que si une créature en carton-pâte entreprenait de me raconter l’histoire du monde.

Delaporte dit: 17 janvier 2017 à 20 h 42 min

« Tous ces millénarismes sans Dieu ne mènent pas très loin. »

Onfray est certes vraiment athée, au sens fruste du terme, mais Houellebecq pas du tout, me semble-t-il. Si vous ne vous étiez pas arrêté avant, Chaloux, vous auriez lu « Soumission », avec la grande référence à Huysmans. Ce n’est pas par hasard. Houellebecq est un esprit entièrement religieux, un descendant de Pascal et de combien d’autres pointures métaphysiques !

Chaloux dit: 17 janvier 2017 à 20 h 28 min

A comparer aux pages de Raymond Guérin sur la maladie de son propre père dont ces vers ne sont qu’un démarquage pour analphabètes.

Chaloux dit: 17 janvier 2017 à 20 h 26 min

Le poème de Houellebecq sur la mort de son père est remarquablement ignoble. Très représentatif de l’ensemble de son « œuvre ».

Chaloux dit: 17 janvier 2017 à 20 h 04 min

Houellebecq, je me suis arrêté aux Particules Elémentaires. j’ai trouvé ça (on ne peut pas dire : « ce livre ») poussif, bourbeusement provocateur, pénible. Les gens qui mettent des fortunes dans des jean’s artifiellement vieillis et troués doivent adorer. Mais cette chose (on ne peut pas dire : »cet ouvrage ») ressemble autant aux années que nous traversons que les conclusions de Michel Onfray au mouvement de l’histoire (bien que j’apprécie d’autres aspects de la pensée d’Onfray et son talent de prosateur). Tous ces millénarismes sans Dieu ne mènent pas très loin. Autant retourner à l’église. Leur grande faute est de nous cacher les catastrophes en marche, entre autres choses un esclavage généralisé dont les médias nous vantent les charmes.

la vie dans les bois dit: 17 janvier 2017 à 19 h 58 min

Petit fou rire en lisant le développement d’un début de poème,
« Ma soeur était très laide à l’âge de dix-sept ans,
Dans sa classe de troisième on l’appelait gras-double. »

où de la soeur va se coucher sur le divan, en analyse musclée, sans passer par le labo.

la vie dans les bois dit: 17 janvier 2017 à 19 h 44 min

Pour le reste, les chroniques politiques de Christine Angot sont navrantes. Elle ne devrait pas trop sortir de son domaine de compétence.
L’épuré, « à vif », sans mot de trop, lui va bien quand elle écrit au couteau sur son adolescence.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*