de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

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Des oiseaux et des oeuvres, mais sous quel nom et à quel titre ?

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Ces deux livres-là attendent sur ma table depuis près de deux ans. Comme quoi… Peur d’y toucher ? Pas vraiment. Plutôt l’appréhension de pénétrer dans une forme déroutante, mêlée au sentiment que certains livres s’inscriront dans la durée par leur étrangeté même. Il est vrai que les projets qui sous-tendent ces deux-là sont particulièrement originaux. Quel est le plus souvent notre réflexe naturel lorsque nous entrons dans un musée ? Le regard attiré par un tableau, nous nous précipitons vers le petit cartouche sur le bord du cadre, ou sur le cartel à côté, pour nous renseigner : titre, auteur, collectionneur… Le pedigree, […]

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Dans le potage de maître Gibault

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Etrange de constater combien le genre littéraire du dictionnaire correspond aux exigences de l’époque par sa forme et son esprit. Le principe alphabétique est censé mettre un peu d’ordre dans un chaos intime. Comme une règle qui corrigerait l’émotion. Ce foutoir autorise toutes le entrées possibles. On y vient à toute heure sans crier gare, dispensé de commencer par le début et de terminer par la fin. Idéal en ces temps de papillonnage triomphant. N’empêche que j’ai lu de A à Z le Libera me (418 pages, 23,90 euros, Gallimard) de François Gibault. Ce qui n’est pas un exploit tant […]

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Chaneliser en équipage pour la plus grande gloire de Coco

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Etrange ce sentiment qui nous prend à la lecture d’un livre lorsqu’on « sent » qu’il a été écrit à la lumière d’un autre. Rien à voir avec le plagiat, la copie, le décalque, ni même l’imitation. On a juste l’impression qu’il en a été secrètement nourri sinon irradié. Le cas en lisant Notre Chanel (276 pages, 20 euros, Bleu autour) de Jean Lebrun. Il en fait d’ailleurs l’aveu à la page 87, sous forme de reconnaissance de dette, en citant l’influence de Misia (1981, repris en poche chez Folio), récit à deux mains qu’Arthur Gold et Robert Fizdale avaient consacré à […]

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Quand on est quelqu’un, pourquoi vouloir être quelque chose?

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Ne vous êtes-vous jamais délecté du parfum subtil du paradoxe en lisant une étude très sérieuse aux plus hauts effets comiques ? Non que l’un exclue nécessairement l’autre, mais on ne s’attend pas nécessairement à éclater de rire, ou à rire sous cape si l’on se trouve dans le train, en lisant Coupole et dépendances (284 pages, 19,95 euros –sympa, ça, pour les libraires !- éditions du Moment), enquête sur le fonctionnement de l’Académie française. Ce n’est certes pas le premier livre qu’elle suscite. Mais dans cet esprit journalistique, il n’y avait guère que celui, amusant et informé, du plus parisien des […]

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La « zone grise » ou les tribulations d’un concept

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Ce roman –là, j’avoue ne l’avoir ouvert qu’en raison de son seul titre, la Zone grise (336 pages, 19,50 euros, éditions de l’Olivier) m’ayant toujours intrigué, sinon inquiété. Les auteurs, deux sœurs du nom de C. et L. Mary, ne me disaient rien, et pour cause, un premier roman. Je ne ferais pas la critique de ce « roman policier psychique » comme il se présente car, au bout d’une cinquantaine de pages, il m’est tombé des yeux avant de me tomber des mains. Pourtant, les morceaux placés en épigraphe m’inclinaient à l’aimer, l’un extrait des Carnets du sous-sol de Dostoïevski, l’autre […]

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Une pierre dans le jardin à la française de l’identité nationale

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On dira que venant après un éloge des livres d’Alain Finkielkraut et de Jean Clair, nostalgiques d’un ancien régime français de la sensibilité, du savoir-vivre, du savoir-écrire et de la conversation, une apologie de ces étrangers qui ont tant donné à la France ne peut relever que du calcul, mais qu’importe. Elle obéit au calendrier des nouveautés, une lecture succédant à une autre, et basta ! Le Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France (992 pages, 30 euros, Bouquins/Laffont) vient à point, et pas seulement parce que « l’étranger » sera certainement au centre de la campagne électorale pour les municipales de […]

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Pierre Birnbaum, fils reconnaissant de la République

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« Ca, il vaut mieux ne pas l’écrire… » Prudent, Pierre Birnbaum. On ne se refait pas. Il ne va pas être facile de mettre à nu son rosebud, ce détail invisible et profondément ancré qui le révèle mieux que tout aveu. Né à Lourdes en 1940, il est en quelque sorte un fils du miracle. Pas seulement en raison de la proximité de la grotte de Massabielle : un père juif venu de Varsovie, une mère juive venue de Dresde, des parents maroquiniers arrivés en France en 1933 et qui parlaient allemand à la maison… Pierre Birnbaum est un fils de la République […]

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M. Gallot nous fait encore marcher

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Vous croyez que vous savez marcher : c’est une illusion. Il ne suffit pas de mettre un pied devant l’autre. En vérité, l’opération s’avère bien plus compliquée. Ce n’est pas une science exacte mais elle relève certainement des sciences humaines. L’air de rien, nonobstant son caractère anodin, certains diraient même : trivial, l’affaire vaut qu’on s’y arrête ; car outre que la marche est la plus complète des activités physiques (je n’ose dire : sportives, pour ne pas provoquer la fuite des lecteurs) avec la natation et l’aviron, elle est sans aucun doute un art de vivre ; de ceux, rares, qui provoquent une sensation […]

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Et vous, en quelle langue lisez-vous ?

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Dès qu’un écrivain porte un nom à consonance étrangère et qu’il est censé être d’origine sinon de formation multiculturelle, il n’y coupe pas : « En quelle langue écrivez-vous ? ». La question est le plus souvent suivie d’autres de la même encre sur le pourquoi et le comment du vécu de son déchirement entre deux langues, deux mondes, deux imaginaires ect Air trop connu. C’est même devenu une scie de toute rencontre intellectuelle francophone ou anglophone. Une tarte à la crème. Un poncif. Bref, basta ! Abdelfattah Kilito y revient dans la toute dernière ligne de son essai Je parle toutes les langues, mais […]

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L’utopie meurtrière des Khmers rouges

L’utopie meurtrière des Khmers rouges

FRANCOIS HAUTER

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Dans le cortège des siècles derniers, les dictateurs et autres idéologues sanguinaires se sont bousculés. Qu’ils soient religieux, les  Savonarole, John Knox , Calvin, Khomeiny ou Ben Laden  ont voulu tuer la beauté sur terre  et transformer le monde en une institution de morale.  Lorsqu’ils étaient laïcs, les Robespierre, Lénine, Hitler, Mao ou la dynastie des Kim en Corée du Nord ont, par leurs persécutions et exécutions, déshonorés l’humanité. Entre le 17 avril 1975 et décembre 1979, Pol Pot a torturé un peuple, le sien, réputé tellement paisible que ce massacre frappe encore les esprits. Le Cambodge, jusqu’à ce jour, […]

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