de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Essais

Enchanter le réel, louer les brumes

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Oui, bien sûr, la rentrée littéraire avec son cortège de premiers romans, de deuxièmes romans en espérant que ce ne seront pas des seconds romans, de valeurs sûres mais pas certaines, de meilleures ventes imprudemment annoncées (« Rien n’est triste comme un best-seller qui ne se vend pas », soupirait ironiquement le regretté Robert Laffont), ses prix littéraires et ses livres qui n’ont pas de prix, si peu d’élus et tant de déçus inconsolables (mais nul n’est obligé de paraître en septembre), ses intoxications savamment orchestrées mais si facilement repérées, oui, on y reviendra bien vite à la rentrée littéraire. En attendant, […]

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Quel effet ça fait d’être (encore) un problème ?

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Voilà une expérience que l’on devrait proposer à tout auteur d’un essai qui a fait date dans son domaine : lui proposer d’y revenir dix ans après et de dresser un bilan de l’évolution de la question qu’il avait traitée. Ce qui ne va pas sans risque. Cette expérience, Pap Ndiaye historien spécialiste des Etats-Unis et professeur à SciencesPo, s’y est prêté tout récemment à la demande du Monde qui y a consacré une double page. L’objet : La Condition noire, un livre de 435 pages publié en 2008 chez Calmann-Lévy et réédité depuis en poche chez Folio, le premier à proposer […]

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Nicolas Bouvier, de Genève à Genève en passant par le reste du monde

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Quel beau titre que « La Suisse est folle » ! C’est tellement vrai même si cela ne saute pas aux yeux ni aux oreilles tant tout y paraît calme, apaisé, neutre quoi. Un petit pays dont il suffirait de déplier les montagnes pour voir à quel point il est grand, en fait. Ne pas s’y fier car en dessous, ça bout. Paraît-il car contrairement à la France, cela ne se traduit pas comme ailleurs. Si en France, on conteste, on se met en grève, on manifeste tout le temps, là-bas on vote tous les dimanches. Ils appellent cela la démocratie participative. […]

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Speculator, le retour

Speculator, le retour

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Voilà un intellectuel français dont l’œuvre est considérable, dont l’influence diffuse est incontestable, dont la réflexion enrichie en permanence par les traditions africaines et japonaises est un enrichissement permanent pour ceux qui le suivent et dont la présence médiatique est nulle. Entendez : inexistante. Ceci explique cela. Notez qu’il aurait mauvaise grâce à s’en plaindre puisque de cette situation, il est le premier responsable. D’ailleurs il ne s’en plaint pas. Et ce n’est pas aujourd’hui que Pierre Legendre va changer ni renoncer à ses « manières monastiques ». Il a fait paraître au début de cette année un petit livre qui serait un excellent […]

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Pour saluer Jean Starobinski

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La disparition d’Yves Bonnefoy au cours de l’été 2016 ne m’avait pas seulement ramené du côté de ses livres mais de ses amis. Parmi eux, Jean Starobinski avec qui il avait composé Goya, Baudelaire et la poésie (107 pages), publié avec un soin extrême (couverture des plus subtiles dans la discrétion, et typographie assortie) par un petit éditeur suisse à l’enseigne vénitienne (La Dogana). A les suivre dans leur échange loin de toute cuistrerie médiatique mais si près de ce que Bonnefoy appelle « l’Arrière-pays », on se laissait convaincre que, ce qui importe à la poésie comme à la peinture, c’est « un […]

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Du populisme chrétien

Du populisme chrétien

Paul Bretagne

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Après Scandales , qui épinglait l’Église sur la pédophilie ou le vote extrême-droite, Christian Delahaye élargit son propos aux liens entre les religions et le populisme dans un nouvel essai. Son Alliance contre nature, sous-titrée « Quand les religions nourrissent le populisme » (282 pages., 18 €, éditions Empreinte), puise très loin dans les textes saints, tout en faisant écho à l’actualité du moment.  « Il y a comme un air de famille dans tous les mouvements populistes. » Pour en convaincre son lecteur, Christian Delahaye l’invite, dans son dernier livre, à une revue de détail des mouvements émergents qui secouent actuellement la planète. Et pour ce journaliste, spécialiste des […]

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Jacques Drillon a cappella, a capriccio, allegro ma non troppo

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Cadence (390 pages, 23,50 euros, Gallimard) : voilà au moins un titre de livre tout sauf racoleur. Au moins a-t-il le mérite de bien en refléter tant l’esprit que la lettre. On se demande déjà quel en sera celui du tome suivant annoncé. Selon le Littré, la cadence (nom féminin qui vient de cadenza, de cadente, tombant, de cadere, tomber) peut être appui ou insistance de la voix sur les syllabes accentuées qui terminent les sections des phrases ; terminaison d’une phrase musicale sur un repos ; conformité des pas du danseur avec la mesure marquée par l’instrument ; ou encore mesure régulière que le […]

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Saurons-nous encore écouter la voix d’un jardin ?

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Il est des livres délicats. Entendez le dans la meilleure acception du terme, à supposer que l’autre soit péjorative, ce dont je doute. Un petit monde, un monde parfait (135 pages, 18 euros, Poesis) appartient à cette catégorie par son titre, par sa présentation, par son esprit, par sa facture, par ses illustrations en noir et blanc, par sa maison d’édition (à peine quelques livres au catalogue et l’ambition affichée d’habiter poétiquement le monde avec Hölderlin), par la vision du monde qui s’en dégage. Car on peut envisager le monde à partir de son jardin. L’auteur Marco Martella est écrivain et jardinier, […]

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Le regard de l’exilé est plus aigu

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Quand il dit « nous », de qui parle-t-il au juste, Georges-Arthur Goldchmidt ? Plus ce traducteur, essayiste, électron libre, écrit et publie, moins on sait. Plus encore dans son dernier livre L’Exil et le rebond (88 pages, 12 euros, éditions de l’Eclat). La conception en est déjà remarquable. Le lecteur doit se frayer un chemin entre deux textes qui alternent et s’enchevêtrent : une réflexion à 90 ans sur sa vie, ses rencontres, ses écrivains, la langue, la poésie, la traduction (Kafka, Nietzsche, Handke, Benjamin,Büchner, Stifter) ; une autre plus personnelle et réminiscente sur la condition de l’exilé. La première est composée en romain, […]

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La thèse universitaire, alibi de fantasmes

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« Tout finit en Sorbonne. Tout se décompose en thèses » soupirait déjà Paul Valéry en ses Cahiers des années 20. Depuis, ça ne s’est pas arrangé. Les gens qui s’adonnent à ce vice impuni sont appelés des thésards, version sardonique de « doctorants » qui sent déjà la pharmacie. Charles Coustille en fait le constat ironique dans Antithèses (312 pages, 24 euros, Bibliothèque des idées, Gallimard). Rien n’est académique comme l’idée de thèse, longtemps synonyme de révérence vis à vis des maitres, respect de l’ordre établi, conformisme. Longtemps, elle est passée pour un exercice formel effectué sous la pression normative, collection de lieux communs […]

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