de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

traducteur

Digressions à l’indienne avec Jeet Thayil

Digressions à l’indienne avec Jeet Thayil

BERNARD TURLE

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Avec leur habituelle morgue citadine, mes amis mumbayites de l’off-, voire de l’anti-Bollywood, considèrent surtout Jeet comme un chanteur et parolier rock ; à la sortie en Inde de son premier roman, Narcopolis, ils semblèrent lui adresser le même reproche (lui vouer la même jalousie ?) qu’un peu plus tôt à Siddharth Dhanvant Shanghvi (dont j’ai traduit les deux premiers romans et qui semble, toujours selon la rumeur de Bombay, malgré son talent, s’être brûlé les ailes littéraires dans ses papillonnements mondains) : à leurs yeux, Jeet veillait surtout, comme Shanghvi, à façonner son image, c’était le énième (encore) ‘jeune’ auteur […]

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Du cliché en traduction

Du cliché en traduction

WILLIAM DESMOND

13

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Le traducteur est – doit être – un grand bricoleur de mots. Il est même par définition un bricoleur au sens le plus intime du terme. J’ai lu il y a longtemps cette étonnante définition du bricoleur : un type qui, confronté à un problème pratique à résoudre, va dans son atelier et farfouille parmi les objets ou fragments d’objets qu’il a pu récupérer (et dont il garde certains depuis des années, voire des dizaines d’années) pour fabriquer ou réparer quelque chose ou changer la destination du bidule d’origine. Étant bricoleur moi-même, je confirme que cette définition est tout à fait […]

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Subalterne de Stephen King

Subalterne de Stephen King

WILLIAM DESMOND

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 « … ma production […] est simple, guère littéraire, et quelquefois carrément maladroite (ce que j’ai horriblement de mal à reconnaître). » Voici ce que Stephen King dit de son écriture, dans une postface passée à peu près inaperçue à Différentes saisons, recueil contenant quatre novellas (1). Bien peu d’auteurs sont capables d’un tel aveu. Quelque chose me dit que jamais un écrivain français (moi pas plus que les autres) ne le ferait, même sous la torture. J’ai traduit plus de vingt textes de King (2), essentiellement des romans, mais aussi des nouvelles et un essai. King faisant un telle confession, je peux bien […]

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Dix courts à l’A.S. Dégel

Dix courts à l’A.S. Dégel

NICOLAS RICHARD

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        Se runiss à l’A.S. Dégel au Mine Stère. Rituel au fissiel à l’A.S. Dégel.   On cause pas tes horries de rat duction à vancée. On cause pas la nalyse des mol écul de la lang d’Anterre ce soir.   Enig Marcheur est seul dans sa carte et gorie. Avec Enig Marcheur je prends à lire et à crire. Avec Enig Marcheur on peut tendre le bruyt du parlénigm. Avec Enig Marcheur on peut coute les sylences. Avec Enig Marcheur on peut coute ce qu’on est à l’in terrieur du noir.   Des couvertes Mysteur Touss […]

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Un cheminement « spécial »

Un cheminement « spécial »

JEREMY ORIOL

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Auteur de cinq romans, Roopa Farooki est régulièrement citée en compagnie de Zadie Smith, de Monica Ali, ou encore d’Andrea Levy en tant que femme auteur de fables contemporaines ancrées dans une métropole londonienne multiethnique et multiculturelle. Son œuvre jalonne mon parcours de traducteur depuis l’origine puisque c’est en master que j’ai traduit les premières pages de son deuxième roman, Corner Shop. Au fil du temps, ma perception de son œuvre et de mon travail s’est naturellement enrichie et c’est ce cheminement que je souhaiterais faire ressentir au travers d’un exemple qui, quoique mineur (ou peut-être justement à cause de […]

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Là où tout est pareil et rien n’est semblable

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« Encore un livre sur la thématique de la traduction ! », pourrait-on s’ écrier. Il est vrai qu’ il en existe un nombre considérable, et depuis fort longtemps, comme l’ atteste, notamment, la copieuse somme de références figurant à la fin de cet ouvrage. Nombreux sont ceux et celles qui s’ intéressent, par profession ou par goût, à l’ éternel problème que pose la traduction, à savoir la difficulté d’ être absolument fidèle au texte d’ origine et en même temps de répondre à l’ attente stylistique, culturelle, etc., des destinataires pratiquant une autre langue que celle de ce texte. Cette difficulté est exprimée, par exemple, en une formule d’ une […]

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Comment transcrire le régionalisme de José Lins do Rego

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José Lins do Rego, né le 3 juin 1901 dans une plantation du Paraiba, un Etat rural du Nordeste du Brésil, et mort à Rio en 1955, est considéré comme l’un des plus grands écrivains brésiliens du XXe siècle. Au moment de la publication de l’Enfant de la plantation, le Modernisme a dix ans (ce mouvement avait été créé lors de la Semaine d’Art Moderne de São Paulo, en 1922). L’Enfant de la plantation est une révélation, une révolution de la propre révolution esthétique de 1922, à laquelle José Lins do Rego apporte une sève nouvelle, une force instinctive, une réalité […]

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Il faut marcher avec l’auteur

Il faut marcher avec l’auteur

MATHIAS DE BREYNE

3

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Suite à la sortie de l’anthologie bilingue de la Baby Beat Generation, publiée aux Éditions La main courante en 2006, diffusée en France et aux USA, j’ai traduit le livre d’un de ces baby beats : le récit autobiographique de Thomas Rain Crowe, Ma vie dans les Appalaches (titre original : Zoro’s field – My life in the Appalachian woods). J’ai organisé en 2006 une tournée française de neuf lectures bilingues avec quatre poètes de la Baby Beat Generation. Qui sont-ils ? De jeunes poètes originaires des quatre coins des États-Unis qui, dans les années 1970, se rendent à San Francisco pour […]

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James Joyce se promène à lunapark

James Joyce se promène à lunapark

MARC DACHY

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Les lecteurs de Joyce se souviennent sans doute d’Anna Livia Plurabelle, fragment de Finnegans Wake de James Joyce, dont une éblouissante traduction collective avait été entreprise en 1931 par l’auteur et ses amis, qui fut reprise en 1962, en annexe de fragments plus longs du livre adaptés par André du Bouchet, dans un petit volume publié par Gallimard en 1962. Cette traduction, je voulais la republier depuis plusieurs années dans Luna-Park. Il y avait urgence à la redonner. C’est un texte court, sept pages dans Luna-Park. Pourquoi la réimprimer ? Parce que l’adaptation par du Bouchet de Finnegans Wake formait l’essentiel du […]

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Gabriel Calderón, “l’enfant terrible” du théâtre uruguayen

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Traduire, on le sait, ce n’est pas aligner une suite de mots avec, à ses côtés, un dictionnaire prêt à être consulté. Traduire, c’est entrer dans un monde, s’y baigner, le sentir, le ressentir. C’est s’approprier les mots de l’auteur pour y mettre les siens. Traduire du théâtre, c’est aussi faire de la dramaturgie. Un texte théâtral, c’est une partition. On travaille avec des rythmes, des sonorités, des cadences, des tons avec, parfois, des arrêts dans le flux des mots… pour ensuite laisser mieux redémarrer ce flux, avec plus de force. Si la construction des phrases n’est pas conventionnelle, elle […]

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