de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline
Ces romans, quel cinéma !

Ces romans, quel cinéma !

Nul besoin d’être gardnerologue pour savourer Les nuits d’Ava (304 pages, 20 euros, Actes sud) de Thierry Froger puisque ce n’est ni un biopic ni une biographie. Ava Gardner n’est qu’un prétexte pour exprimer bien d’autres choses. C’était un peu la démarche de Laurent Binet avec HhHhh dans lequel le narrateur parlait autant de son passion pour Prague, pour sa petite amie etc que de l’assassinat du gauleiter Heydrich par deux résistants tchèques venus de Londres, le « sujet ». Bref rappel du détail de l’existence de Gardner qui sert de fil d’Ava : un jour à Rome en août 1958, en marge du tournage de La Maja nue, navet américano-franco-italien d’Henry Koster dans lequel elle s’ennuyait à jouer la duchesse d’Albe, modèle et maitresse de Goya, elle a posé nue pour le chef opérateur Giuseppe Rotunno (qui deviendra le directeur de la photographie attitré de Visconti et Fellini), leur projet étant de reproduire en photo quatre tableaux célèbres (La maja desnuda, bien sûr, mais aussi l’Origine du mondeetc). Ava Gardner nue à 36 ans…

Elle a déjà derrière elle le chef d’œuvre d’Albert Lewin Pandora, Les Neiges du Kilimandjaro, Mogambo, La Comtesse aux pieds nus, Le Soleil se lève aussi… Une filmographie déjà bien fournie, et une réputation tout aussi établie de fêtarde, couche-tard, séductrice « aimant beaucoup mais jamais raisonnablement », d’alcoolique aussi qu’elle pondèrera :

« Lorsque je buvais, c’étaient les effets de l’alcool que je recherchais. De tous les verres que j’ai bus, je ne me rappelle pas avoir pris plaisir à un seul. La seule raison qui me faisait boire était l’envie de surmonter ma timidité »écrivit-elle dans ses Mémoires (1990).

Une femme hantée par le désespoir et dominée par la fatalité a pu dire d’elle George Cukor, avant d’ajouter un mot qui lui alla droit au cœur, comme le plus beau des compliments :

« Ava, c’est un monsieur »

Le narrateur des Nuits d’Ava du nom de Jacques-Pierre (toute ressemblance avec un critique et écrivain français connu ne serait que pure coïncidence encore que, Rome…) se met en quête de retrouver ces clichés légendaires dont beaucoup parlent sans les avoir vus. L’Histoire vraie l’intéresse moins que les histoires. Il faut espérer que les historiens du cinéma ne comptent pas sur lui car il n’obéit qu’à sa fantaisie et à ses rêves de chercheur sans contrainte. Cette quête d’un fantasme est une ode aux images, surtout lorsqu’elles sont fantomatiques et suscitent des apparitions. Poursuite d’une inaccessible étoile, elle est imprégnée de ce que Pascal Quignard a écrit sur l’image que l’on ne verra jamais car elle manque à la source, celle de notre origine, de notre conception (voir Sur l’image qui manque à nos jours, Arléa, 2014). Et rien n’est stimulant pour un esprit curieux que l’image manquante (ce n’est pas Rithy Panh qui nous démentira, lui qui en a fait le titre et l’argument de son époustouflant documentaire sur le génocide khmère). Le narrateur craint de la voir autant qu’il la désire. Quel rapport entretient-on avec les images lorsqu’on est soi-même une icône ? Plus que jamais avec Les nuits d’Ava, il y a ce que raconte un roman et ce qu’il dit d’autre que ce qu’il raconte. Et là, c’est beaucoup, partout, grâce à une écriture aussi fluide que trépidante, avec de temps en temps avec des envolées inouïes sur l’amour, la perte, le cinéma, la dolce vita, les stars… Ca m’a emporté, emballé car j’oubliais l’essentiel : c’est vraiment très drôle.

Le livre de Jean-Marc Parisis Un Problème avec la beauté (268 pages, Fayard) est lui aussi plein d’humour, construit autour d’une icône du cinéma et de sa beauté. Mais c’est une prouesse car l’absence d’humour et de sens du second degré est le grand défaut de son héros. Là non plus, pas de malentendu, il ne s’agit en rien d’une biographie. Plutôt un récit qui tend vers le portrait, épatant car le ton est juste, celui d’un Gabin qui raconterait un polar au galop, sans trainer en route. Le titre annonce la couleur, mais le livre vaut beaucoup plus que cela car le personnage est passionnant. Par son itinéraire, par sa carrière, par la richesse de sa filmographie.

Par moments, en lisant ce récit, on a l’étrange sensation d’entendre le critique François Chalais dans l’une de ses fameuses interviews télévisées. Question de rythme dans la voix, de goût de la formule, de dilection pour les raccourcis. Cela nous vaut nombre d’anecdotes mais qui n’ont rien d’anecdotiques car jamais gratuites, et ne l’empêche pas, par exemple, de comparer la gamme chromatique du noir et blanc en couleurs chez Melville et chez Losey. On se souviendra qu’en 1976, le palmarès du Festival de Cannes a ignoré M. Klein de Joseph Losey, grand film que nul ne voulait se risquer à produire et que Delon a personnellement financé tant il y croyait. Il a trop souvent été jugé sur des attendus extracinématographiques alors que seul l’acteur compte. Lui-même le dit souvent : vous pouvez critiquer et moquer l’homme tant vous voulez mais l’acteur, lui, est incontestable (acteur pas comédien, il y tient bien qu’il se soit aussi promené sur les planches). Ce qui n’est pas faux dès lors que l’on met de côté les nanars de sa dernière période où il se dirigeait lui-même, le réalisateur commis eut-il réalisé à temps le caractère fictif de son propre emploi. D’un côté la marionnette d’Alain Deloin qui parle de lui à la troisième personne tel un Van Damme sans l’autodérision, de l’autre Tom Ripley, Rocco Parondi, Françis Verlot, Tancrède Falconeri, Guillaume de Saint-Preux, Jacques Chaban-Delmas, le capitaine Philippe Esclavier, Manu Borelli, Jef Costello, Jean-Paul Leroy, Roger Sartet, Corey, Ramon Mercader, Robert Klein, Pierre Niox, Alain Delon…

Pas le genre Actor’s studio, Delon. Plutôt du genre à apprendre sur tas. Et encore… Il aura suivi toute sa vie le conseil donné par Yves Allégret :

« Parle comme tu me parles. Regarde comme tu me regardes. Écoute comme tu m’écoutes. Ne joue pas, vis » »

Nature à l’écran comme dans la vie. Il faut le voir déambuler il y a peu dans les rues de Palerme au bras de Léa Salamé pas encore touchée par la grâce hulotienne, puis sous les lambris du palais Gangi ressuscitant par son émerveillement les fastes du bal du Guépard cinquante trois ans après ,le voir et l’écouter s’exclamer : « Putain, que c’est beau ! ». Il a une telle nostalgie du monde d’avant qu’on se demande s’il ne compte pas encore en anciens francs. Nul doute que, contrairement à nombre d’intellectuels, lui n’aura aucun complexe à dire que c’était mieux avant. Son itinéraire d’enfant pas gâté, du tablier de l’apprenti-charcutier de Bourg-la-Reine à la silhouette sanglée dans le Trench Old England du Clan des siciliens, vaut le détour car Parisis en fait un récit épatant.

Tout cela est évoqué par sauts et gambades et aussi la rivalité avec Belmondo, le refus du maquillage à l’écran, les mauvaises manières de la presse, les rumeurs, la pègre, les voyous, les voitures de sport devenues vintage avec le temps, les femmes, surtout Romy Schneider, à qui un lien indéfectible, secret, puissant l’attacha jusqu’à son suicide. Cette histoire-là, la leur, si quelqu’un l’écrivait, il faudrait la lire en écoutant Delon’s Blues composé et joué par Jimmy Smith à l’orgue Hammond…

Un scorpion, destructeur, et surtout un homme aux colères irrépressibles. De ce côté-là, ca ne s’est pas arrangé même si ça s’est banalisé en colère permanente contre la connerie généralisée (les occasions ne manquent pas), l’état du monde, l’absurdité des décisions politiques, la société lorsqu’elle marche sur la tête. Quand on prend cette pente, on finit par vivre loin des hommes, dans la compagnie des animaux. Ce qu’il fait. Maintenant et pour l’éternité : sa chapelle funéraire l’attend dans sa propriété de 55 ha aux côtés du cimetière privé où il a enterré ses trente-cinq chiens.

C’est avant tout un solitaire étant entendu que sa solitude relève de l’amitié de soi avec soi-même, et que demeurer seul est l’unique moyen de n’être jamais trahi. Un taiseux. Comme dans Le Samouraï. François Mauriac l’avait tôt compris en écrivant dans son Bloc-notes :

« Alain Delon ne parle jamais aussi bien que quand il se tait ».

D’autres, habitués aux vacheries du sus-nommé, y ont vu un sarcasme alors que c’était un compliment. C’est ce qu’il préfère en lisant les scénarios qu’on lui propose : quand ses dialogues sont réduits a minima. Ca tombe bien car pour Parisis, tout Delon est réfugié dans ses yeux (d’ailleurs, son livre est sous-titré « Delon dans les yeux »). Un certain regard. Ce qui le gouverne et le reflète le mieux, plus encore que le corps, la gestuelle, la démarche. Les metteurs en scène l’ont bien compris qui ne lui ont jamais marchandé les plans serrés. Pas que pour le bleu. Moins une question de couleur que d’intensité, Visconti l’avait bien compris dès Rocco et ses frères en noir et blanc.

Quelques reproches tout de même à ce livre si entrainant. L’évocation de l’affaire Markovic, fait divers sans grand intérêt dont la presse a fait une montagne en faisant monter la mayonnaise politique, prend trop de place, trop de pages, et ce n’était pas du cinéma ou alors du mauvais, quand l’analyse des grands films est réduite, elle, au minimum syndical. D’autre part, Parisis n’insiste pas assez sur l’engagement volontaire à 17 ans dans la marine nationale et dans la guerre d’Indochine : du propre aveu de Delon, c’est là qu’il est né à 20 ans, qu’il a tout appris de la vie et il n’en est jamais sorti. Cela dit, Un problème avec la beauté, je l’ai lu d’un trait.

et-simenon-s-eprit-de-fellini,M450831Pas le cas de Série noire (176 pages, Pol) de Bertrand Schefer. Ce n’est pas une question d’écriture mais de conception. En fait, je n’ai toujours pas bien compris de quoi il s’agissait dans ce roman qui démarre sur le cinéma (ce qui m’avait attiré de prime abord) et se poursuit par une intrigue autour du kidnapping du petit Eric Peugeot, issu de la dynastie automobile bien connue, inspiré par Rapt, un titre de la Noire chez Gallimard époque Marcel Duhamel, je suppose. Entre les deux se noue une idylle entre un escroc de faible envergure et une jeune danoise candidate au titre de Miss Monde. A la toute fin, on comprend (enfin, c’est beaucoup dire) que ladite danoise s’est mariée avec un certain Schaefer, presque l’auteur –ça me rappelle une irrésistible brève de comptoir dans laquelle un leveur de coude disait :

« Proust, dommage qu’il y ait ce « u » : à une lettre près, il aurait été célèbre »…

Pour ce qui est du cinéma, l’histoire s’ouvre au XIIIème festival de Cannes. Un temps où, d’année en année, la moitié du jury était constitué d’écrivains : Achard, Genevoix, Paulhan, Giono etc C’était en 1960. Georges Simenon était président du jury, Henry Miller membre, tout s’annonçait bien avec l’ouverture en fanfare grâce à Ben-Hur. Mais l’auteur fait grand cas du scandale déclenché par la voix caverneuse de l’acteur Alain Cuny, outré que L’Avventura, son réalisateur Antonioni et son actrice Monica Vitti aient été sifflés, hués, conspués, injuriés, et que le chanteur Dario Moreno « ce pitre ! » se soit produit dans le temple du cinéma. Les délices de Cannes…

Mais enfin, Anna Karina passe par là et aussi un certain Simy Assouline, ou plutôt une certaine, là aussi ce n’est pas très clair. C’est plein de bagnoles de l’époque, comme chez Jean-Marc Parisis avec Alain Delon : Thunderbird, Impala, Studebaker, Dauphine, DS, 403, 404, berline, coupé, cabriolet ! Ici une scène d’A bout de souffle, là une autre de Cléo de 5 à 7. Plus loin un portrait de la danoise où il est dit qu’elle ressemble à Corinne Marchand dans le film d’Agnès Varda, mais à quoi celle-ci pouvait bien ressembler. Voilà ce qu’on appelle de la cinéphilie pour happy few.  Tout cela n’a rien d’antipathique. C’est juste que l’on ne voit pas où ça mène. Ah oui, le rapt du petit Peugeot tandis que la plus belle fille du Danemark se balade au bras de l’homme le plus recherché de France et qu’Alain Cuny laisse éclater sa colère pour défendre L’Avventura, ce qui, avec le recul, n’est pas très raccord car l’évènement du festival, ce fut l’audace du jury et de son président, dont le roman Lettre à mon juge (1947), qu’il tient en haute estime (ce n’est pas moi qui le démentirais) entrerait en résonance selon Bertrand Schefer avec L’Avventura, des jurés donc, contre le professionnels de la profession, osèrent couronner La Dolce vita de Fellini.

Vers la fin, l’auteur offre une clé (enfin…) :

Notre enquête se tient sur un seuil où l’on est mal à l’aise. Qui nous fait dire aujourd’hui ce n’est rien, nous en avons vu tellement davantage depuis, de plus rouge, noir, de plus certainement innommable. Nous avons même oublié tout ce que nous avons vu et ingurgité de faits réels et divers, horribles, qui nourrissaient on ne sait plus bien quoi, lorsqu’on s’est mis à parler de fiction, de réalité, à tour de bras, sans savoir ce qu’on disait, pour nous empêcher de voir, de penser, mélangeant tout, plus malléables désormais que nous étions devenus. Notre enquête porte sur cet oubli-là, sur des figures destinées à l’oubli, effaces par un temps qui, s’il n’est pas dans la nuit de l’histoire, est dans un clair-obscur, ou mi-ombre mi-lumière, comme ne sachant pas, ne parvenant pas à se déterminer. Ce sera donc aussi l’histoire de la disparition d’un événement.

Là, tout s’explique, même si c’est un peu tard. Série noire n’est pas en soi un mauvais livre. C’est juste qu’il m’est apparu confus. Au fond, j’en veux surtout à Schefer de présenter Simenon comme « le plus véritable des auteurs de romans policiers », cliché qui a la vie dure : les enquêtes de Maigret, dont l’écriture était sa récréation, ne représentent qu’un tiers de son œuvre !

(« Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus de Joseph Mankiewicz ; « Alain Delon avec Monica Vitti dans L’Eclipse d’Antonioni » ; « Simenon et Fellini au festival de Cannes en 1960 » photos D.R.)

Cette entrée a été publiée dans cinéma, documents, Littérature de langue française.

1171

commentaires

1 171 Réponses pour Ces romans, quel cinéma !

Chtimimi dit: 5 septembre 2018 à 21 h 51 min

C’est la bonne heure où la lampe s’allume

…l’heure tranquille où les lions vont boire.

Verhaeren et Hugo

Jean Langoncet dit: 5 septembre 2018 à 20 h 16 min

@Ah. Et elle est gérontophile.De là à en tirer des conclusions politiques…

Voulez-vous dire qu’elle n’est pas très catholique ?

Ed dit: 5 septembre 2018 à 19 h 26 min

Je n’ai bien évidemment aucune sympathie pour cette coco. En ce moment, elle se fait surtout remarquer pour son mouvement citoyen « Aufstehen », profondément anticapitaliste et participatif. Elle fait surtout polémique à cause de son refus de condamner les violences de l’extrême droite, notamment depuis Chemnitz. Cette semaine, une presentatrice de l’ARD a tente de lui sous-tirer une réaction sur ce point. En vain.

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 18 h 46 min

En effet, si Ed pouvait nous en parler un peu, pour une fois cela serait intéressant. Mais je ne crois pas que Ed ait beaucoup de choses notables à nous dire (pas davantage que sur l’écologie) sur Sahra Wagenknecht, qui n’est sûrement pas n’importe qui. Ses égarements politiques sont remarquables, et symptomatiques de toute une époque qui s’est fourvoyée et qui ne veut pas faire son mea culpa.

closer dit: 5 septembre 2018 à 18 h 10 min

A propose de Sahra Wagenknecht, Ed. Sa personnalité intrigue. Delaporte s’en est emparée, pour lui c’est l’anti Meinhof, c’est quasiment le diable!

Chtimimi dit: 5 septembre 2018 à 17 h 34 min

Lavande dit: 5 septembre 2018 à 16 h 31 min
…les commentaires de D. qui n’a jamais mis les pieds ici sont rudimentaires et stupides.

C’est peut-être lui le vigile chargé de la fouille à l’entrée de la MC….

Lavande dit: 5 septembre 2018 à 16 h 51 min

« Résumer une ville à sa maison de la Culture »
et piquer quelques mots pour résumer un commentaire de dix lignes, c’est doubler la stupidité par de la mauvaise foi.

D. dit: 5 septembre 2018 à 16 h 39 min

Résumer une ville à sa maison de la Culture qui ne sert à rien et dans laquelle sont déjà entrés tout au plus 10 pour cent de la population de la petite Chicago des Alpes, c’est se foutre du monde. Inconsciemment peut être.

Lavande dit: 5 septembre 2018 à 16 h 31 min

Bien sûr Christiane : Grenoble est une ville très agréable avec un environnement superbe (un coucher de soleil sur la chaine de Belledonne est un spectacle inoubliable !). C’est une ville très vivante et très innovante. La forte proportion d’étudiants en fait une ville jeune et animée. Culturellement parlant on a une Maison de la Culture exceptionnellement active et un très beau musée de peinture.
Le campus aussi, très arboré, est une belle réussite.
Sans parler des transports en commun remarquables, avec un tram qui a été le premier d’Europe accessible en fauteuil roulant.
Evidemment il y a des échecs, des quartiers avec de la drogue, de la violence et de l’insécurité mais les commentaires de D. qui n’a jamais mis les pieds ici sont rudimentaires et stupides.

Chtimimi dit: 5 septembre 2018 à 16 h 19 min

Qui ça peut bien être ?

Quelqu’un

Un homme sort de chez lui
C’est très tôt le matin
C’est un homme qui est triste
triste
Cela se voit à sa figure
Soudain dans une boîte à ordures
Il voit un vieux bottin mondain
Quand on est triste on passe le temps
Et l’homme prend le bottin
Le secoue un peu et le feuillette machinalement
Les choses sont comme elles sont
Cet homme si triste est triste parce qu’il s’appelle
Ducon
Et il feuillette
Et continue à feuilleter
Et il s’arrête
A la page des D
Et il regarde à la colonne des D-U du…
Et son regard d’homme triste devient plus gai plus
clair
Personne
Vraiment personne ne porte le même nom
Je suis le seul Ducon
Dit-il entre ses dents
Et il jette le livre s’époussette les mains
Et poursuit fièrement son petit bonhomme de chemin.

Jacques Prévert – « Paroles »

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 16 h 16 min

En demeurant une « stalinienne » dans le tréfonds de son âme, Sahra Wagenknecht se fourvoie, et, qui plus est, parachève le fourvoiement du communisme bolchevique. Ses malheureuses et vieillottes références à Rosa Luxembourg n’y changeront rien. Elle a oublié d’évoluer avec le monde. Elle est restée figée dans une figure historique démoniaque, et qui a été désintégrée par sa propre insuffisance. Elle n’a pas perçu que la renaissance passait par le dépassement des lourdeurs anciennes. Sahra Wagenknecht en est restée à Staline, voilà son drame.

Lavande dit: 5 septembre 2018 à 16 h 12 min

Et alii il existe une variété appelée Lavandin qui est plus facile à cultiver et plus courant. C’est en général ce qu’on trouve en jardinerie.
La Lavande a une seule tige qui se termine par une hampe florale, le Lavandin a deux embranchements fleuris avant le bout de la tige et ses fleurs.

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 16 h 11 min

Avec la désagrégation des partis communistes dans toute l’Europe, à partir des années 90, l’extrême gauche a changé de visage. Une Sahra Wagenknecht s’est retrouvée orpheline, idéologiquement. C’est-à-dire qu’elle avait perdu son assise fondamentale (un certain stalinisme, en ce qui la concernait) et qu’elle n’a pas remplacé. C’est alors qu’un rapprochement avec la religion aurait pu être performatif, comme on s’en rend compte rétrospectivement. Le monde de la politique s’est liquéfié dans l’ultra-libéralisme de droite, l’asservissement programmé de l’être humain. C’est d’ailleurs à ce moment là, avec le pape Jean-Paul II que l’Eglise catholique a initié son développement politique fondamental, sa résurgence essentielle : elle offrait enfin un idéal de grande ampleur et de grande qualité à un monde désormais démuni. L’heure présente était au moins très sévère, comme avait dit Rimbaud.

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 16 h 02 min

Au fond, le problème avec Sahra Wagenknecht, c’est que c’est probablement une stalinienne dans l’âme. Avec la violence qui va avec. Elle s’était inscrite en 1989 au parti communiste de l’ex-RDA. Rien que ça ! Les mauvais réflexes remontent à la surface (le racisme des partis communistes). Il y a par exemple un fossé immense entre une Sahra Wagenknecht et une Ulrike Meinhof. Cette dernière avait acquis idéologiquement une souplesse d’esprit historique très impressionnante, qui lui permettait de jongler avec les différentes voies de la gauche contemporaine. C’est pourquoi, en particulier, l’héritage d’Ulrike Meinhof est tellement essentiel. Une Sahra Wagenknecht devrait en prendre de la graine…

christiane dit: 5 septembre 2018 à 15 h 58 min

Grenoble, je ne m’y suis jamais attardée, attendant un car pour continuer mon voyage jusqu’à Voreppe et au-delà. Je me souviens de la proximité de la Belledonne, du Vercors et de la Chartreuse, quelle beauté… Des amis universitaires aimaient l’ambiance du campus, très vivant, et l’excellence des recherches qui y étaient menées ! C’est une ville riche, culturellement.

Jazzi dit: 5 septembre 2018 à 15 h 55 min

« Je n’ai que deux pull-over »

Et pour les petites culottes, D., combien, et à quelle fréquence les changes-tu ?

Et Alii dit: 5 septembre 2018 à 15 h 49 min

Place du Lavandou.
2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (août 2018).
Le mot Lavandou évoque la lavande. Une variété de lavande pousse effectivement sur les collines des Maures (lavandula stoechas), mais le nom provençal de cette lavande est Queirélé. L’étymologie réelle est expliquée dans le Trésor du Félibrige de Frédéric Mistral, le poète provençal qui obtint le prix Nobel de littérature : « Lavadou – Lavandou (Var) synonyme du mot « lavoir » ». La Mairie du Lavandou possède par d’ailleurs un tableau de Charles Ginoux représentant le hameau du Lavandou en 1736 ou l’on voit au premier plan un lavoir où les femmes de pêcheurs lavaient leur linge.

Le mot Lavandou viendrait de Lavandula stœchas, lui même à mettre en relation avec les Stœchades (alignées) ou îles d’Hyères ainsi baptisées par les grecs. L’identification des Stœchades avec les îles d’Or serait confirmée par la présence dans ces îles d’une espèce particulière de lavande, la Lavandula stœchas L., plante médicinale connue de Dioscoride, médecin grec de Cicilie au 1er siècle av. JC auteur d’un traité Sur la matière médicale.19

D. dit: 5 septembre 2018 à 15 h 46 min

Les mites, non je n’en ai pas. J’ai très peu de laine, je porte du coton ou en effet du synthétique. Mes trous dans mes chaussettes viennent de l’usure et je les reprise souvent parce que j’use pas mal.
Je n’ai que deux pull-over et là encore se sont des trous d’usure qui annoncent souvent la fin du vêtement. Quand l’un des d’eux est usé d’usure, que les trous ne sont plus reprisables, je me resouds à en acheter un autre. Ce qui m’est pénible, ayant toujours détesté le vêtement et d’un univers marchand. À ce titre la vente par correspondance m’est très utile.

DHH dit: 5 septembre 2018 à 15 h 41 min

@Lavande
quelques mots pour vous d’une  » ménagère désœuvrée:

ces fusettes j’en fais tous les étés ,la lavande étant répandue là où je passe mes vacances
Bien que je sois rodée à leur realisation j’ai trouvé dans le tutorial deux trucs qui me semblent bien venus et que je ne connaissais pas :le coup du verre pour commencer le tissage et le tissage de deux brins en deux brins qui permet me semble ‘t-il un resultat plus abouti que mes réalisations ave 15 brins traités un par un

christiane dit: 5 septembre 2018 à 15 h 36 min

Hamlet – 10h
J’aime beaucoup ce que vous dites de Sancho Pança. Oui, pourquoi abandonne-t-il ses rêves de richesses, ses certitudes pour ce monde d’incertitudes ? parce qu’il a l’intelligence du cœur et qu’il accepte d’entrer dans le monde de fantasmes du Quichotte. Et le mensonge devient vérité pour que le rêve de son maître ne se brise pas. C’est une amitié qui les lie, à la fin…

D. dit: 5 septembre 2018 à 15 h 34 min

Je préfère de loin le santal à la lavande et vous observerez que, tiens-donc, le an y précède le a et que le l s’y trouve accompagné du s et du t, non pas du v et du d.

D. dit: 5 septembre 2018 à 15 h 31 min

christiane dit: 5 septembre 2018 à 14 h 31 min

JJJ,
« … un mois hors du sol et du temps… »
Cela suffit à me faire rêver…

Pour moi l’étaler de cette façon relève du snobisme avec un léger caractère insultant. Personnellement si j’avais disparu du monde je ne l’aurais pas fait savoir avec une trompette.

Chtimimi dit: 5 septembre 2018 à 15 h 30 min

Le hareng saur

Il était un grand mur blanc – nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle – haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur – sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains – sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou – pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle – gros, gros, gros.

Alors il monte à l’échelle – haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu – toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc – nu, nu, nu.

Il laisse aller le marteau – qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle – longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur – sec, sec, sec.

Il redescend de l’échelle – haute, haute, haute,
L’emporte avec le marteau – lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s’en va ailleurs, – loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur – sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle – longue, longue, longue,
Très lentement se balance – toujours, toujours, toujours.

J’ai composé cette histoire, – simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens – graves, graves, graves,
Et amuser les enfants – petits, petits, petits.

Charles Cros (« Le Coffret de santal », 1873

Wkp : En parfumerie, le santal est utilisé comme note de fond, excellent fixateur qui permet de capturer les arômes de tête des autres huiles essentielles.
Comme l’huile essentielle de lavande !

Lavande dit: 5 septembre 2018 à 15 h 28 min

Vous ne portez que du synthétique D. ? Parce que si vous avez des pulls en laine, ils doivent faire le bonheur des mites.
Quant à votre 15h12 il ne mérite pas de se fatiguer à faire un commentaire, même de la part d’une ménagère désoeuvrée.

D. dit: 5 septembre 2018 à 15 h 25 min

J’ajouterais que « les massifs de lavande dans certains coins de Grenoble » constituent un bien public décoratif qu’il n’est sans doute pas permis d’utiliser de façon privée. Sauf à en demander préalablement l’autorisation à la municipalité. Mais après tout cela ne me concerne pas, je n’ai aucunement l’intention de mettre les pieds à Grenoble ni dans l’immédiat ni jamais.

D. dit: 5 septembre 2018 à 15 h 19 min

Mais il n’y a rien à suspendre dans une armoire. Rien du tout. Tout ça c’est des trucs de ménagère désoeuvrée.
Le linge simplement propre et inodore suffit. La lavande-fleur ne présente certes aucun danger contrairement à son huile essentielle toxique et potentiellement assez dangereuse si on en méconnaît le bon usage.

D. dit: 5 septembre 2018 à 15 h 12 min

Le mot Grenoble m’est également désagréable. Il évoque insécurité, mauvais climat et mauvaise montagne. À Grenoble il n’y a que des inconvénients.

Lavande dit: 5 septembre 2018 à 15 h 09 min

DHH je ne connaissais pas du tout ces « fusettes de lavande ». Du coup j’ai cherché ce que c’était et la façon de les fabriquer. J’ai trouvé un « tutorial ».
https://www.youtube.com/watch?v=IEWMCqK2CxU
Je vais me dépêcher de voir si je peux trouver une cinquantaine de brins encore utilisables (c’est un peu tard) et je vais essayer. Il y a des massifs de lavande dans certains coins de Grenoble. Je vous tiendrai au courant de mes essais.
Si je fais une belle fusette je ne l’offrirai PAS à D. qui n’a qu’à suspendre un harang saur dans ses placards pour tester si c’est efficace contre les mites.

D. dit: 5 septembre 2018 à 15 h 02 min

Sans vouloir en remettte une couche, pour moi la lavande possède une odeur très entêtante et non pas un parfum. Sentir la lavande est pour moi un désagrément tout comme sentir certains « parfums » de « parfumeurs » est un désagrément. Opium par exemple est pour moi un presque-supplice.
Il y a sans doute une question esthétique mais aussi sans doute physiologique.
La lavande n’est pas pour moi une mauvaise odeur, c’est une odeur indésirable même dans le linge, même dans le seau d’eau qui sert à nettoyer les sols. C’est assez simple à comprendre. J’ai un ami qui ne supporte pas l’odeur du fenugrec, plante pourtant assez commune en France. Pour cette raison il ne supporte aucun curry, la grande majorité d’entre eux en contenant.
Au contraire de lui, j’aime le fenugrec et cest presque une magie pour moi de pouvoir le sentir l’été dans l’air chaud.
Alors que la simple évocation du mot fenugrec lui inspire une sorte de répulsion viscérale.
Je n’en suis pas à ce stade avec la lavande.
Je le répète je peux sentir la lavande, mais je trouve désagréable qu’on en fasse usage. Hélas fréquent.
Donc l’usage fréquent du mot me dérange et alors pris intentionnellement comme pseudonyme vous comprendrez le problème pour moi. Et ce n’est pas tout. En effet la musique-même du mot me dérange. Ce l, ce v et ce d ne vont pas ensemble. Autant v s’accorde bien à d et d à l, autant v ne s’accorde pas à l. Le a et le an ne doivent pas se suivre non plus, cest au contraire le a qui doit suivre le an. Lanvade est déjà beaucoup plus stable et naturel que Lavande. Remplacons maintenant le l gênant par la consomne la plus adaptée à savoir le n et nous obtenons une nanvade cette foi-ci tout à fait acceptable.
Voilà je n’en ferai donc pas un fromage mais si jamais il était possible d’user d’un autre pseudonyme j’en serais touché et très reconnaissant.

christiane dit: 5 septembre 2018 à 14 h 41 min

Et Alii,
« La découverte de Sod (le Secret) n’est donc rien d’autre que la découverte de son soi le plus intime mais également, dans la cosmogonie de la Kabbale, de la rectification (Tikkoun) de la création. »
Comme si ces livres inventaient ce qui s’est passé de l’Être et de dire ce qu’il en est. Ils parient le vrai… Nous mettons du mystère où il n’y en a pas, le mystère n’a jamais été qu’en nous… et la clé est restée sur la porte…

christiane dit: 5 septembre 2018 à 14 h 29 min

@DHH dit: 5 septembre 2018 à 13 h 22 min
Comme j’ai envié le secret de ces tressages. Peu à peu, je ne les trouvais plus. Je les remplaçais par un petit bouquet déposé dans la lingère sur les draps de coton, propres, repassés et pliés. Et la joie, plus tard, en m’y glissant de retrouver ce délicat parfum qui tient en lui quelque chose de terres sauvages, de vent de Provence et d’enfance. Un parfum frais et doux, fidèle qui ne trahit pas, elles gardent leur parfum très longtemps. Un souvenir d’abeilles bourdonnantes et de solitude. C’était mes fugues estivales en Provence… et la couleur de silence des champs de lavande (très difficile à reproduire ce bleu violacé, des mauves bleutés)…

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 14 h 21 min

Il a manqué à Sahra Wagenknecht le déclic religieux. L’apport catholique, en particulier, lui aurait apporté ce qui lui manquait, – avec un pape qui défend des valeurs d’extrême gauche, comme le montrait la remarquable encyclique Laudato si’. La synthèse porteuse entre Rosa Luxembourg (et/ou Ulrike Meinhof) et le pape François, tel aurait dû être l’axe politique contemporain de Sahra Wagenknecht, qui était pourtant partie sur d’excellentes bases marxistes, dont elle n’a pas dévié depuis trente ans que je suis son parcours grandiose sur la scène idéologique allemande.

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 14 h 16 min

Sahra Wagenknecht évolue selon vers le pire des populismes, en renversant complètement le discours généreux de la gauche sur les migrants. Face à la concurrence électorale de l’AfD, elle retourne carrément sa veste, pour devenir plus populiste que cette droite immonde. Rosa Luxembourg, qui fut source d’inspiration pour Sahra Wagenknecht, doit se retourner dans sa tombe !

Sahra Wagenknecht plaide pour que la gauche engage une «autre politique». Dans des tirades qui flirtent régulièrement avec la rhétorique de l’AfD, elle appelle à en finir avec la «bonne conscience de gauche sur la culture de l’accueil». Prôner l’ouverture des frontières est pour elle une idée «naïve» : «Plus de migrants économiques, cela signifie plus de concurrence pour les bas salaires dans le secteur de l’emploi.» Libération

christiane dit: 5 septembre 2018 à 14 h 08 min

@hamlet dit: 5 septembre 2018 à 13 h 58 min
Vous lisant, hamlet, je retrouve les paroles d’un ami, un vrai ami, qui s’est éteint il y a quelques années à plus d’âge. Nous marchions des heures, abrités par un paysage qui devenait conque. Oui, on parlait en secret de celui qui n’a pas de nom. Oui, il m’a dit ces choses étranges que vous écrivez aujourd’hui. D’où cette paix étale et bonne où toute l’immensité s’écoute. Une route encore inachevée qu’il a tracée comme une piste d’envol. Alors, de ci de là, les voraces… Qu’importe. La petite veilleuse est toujours là, intime et douce. Merci.

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 14 h 02 min

« Nous avons eu l’éditeur pirate et l’homme de Porquerolles, maintenant nous avons l’apologiste du terrorisme allemand — goujat de surcroit. »

renato fait feu de tout bois.

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 13 h 59 min

« Delaporte, vous ne pouvez nier que Sarah Wagengknecht a beaucoup de classe. »

Cela ne l’a pas empêché dernièrement de trahir les idéaux de gauche, à propos des migrants, qui rejoignaient ceux de l’Eglise catholique. Je suis très déçu.

hamlet dit: 5 septembre 2018 à 13 h 58 min

@christiane, je crois que Dieu vous aide à porter un regard confiant sur le monde et sur les hommes. c’est la raison pour laquelle certaines personnes vous attaquent sur ce blog.
il faut les laisser parler, c’est probablement une richesse que vous avez là, et que d’autres (dont moi…snif) n’ont pas.

DHH dit: 5 septembre 2018 à 13 h 46 min

@Et allii
Ces niveaux de signification de la parole talmudique dont vous faites etat ne sont pas une exclusivité de la pensée juive
Leur nature est aussi explicitée chez Dante qui distingue dans son épitre XIII , deux niveaux de sens pour un texte , qui sont parallèles aux deux premiers degrés de signification acronymés dans PARDES chez les juifs ,le sens littéral (equivalent de pshat) et le sens anagogique (equivalent de remetz)
Dante l’illustre par un exemple fort bien commenté

DHH dit: 5 septembre 2018 à 13 h 22 min

@Lavande @Christiane…… et autres qui aiment la lavande

vous arrive-t-il de confectionner ces petites fusettes dans lesquelles on emprisonne quelques brins de lavande en tressant un ruban fin avec les tiges ?
C’est plus joli dans une armoire pour parfumer le linge que le classique sachet de lavande séchée

Et Alii dit: 5 septembre 2018 à 13 h 14 min

à jazzi pour en finir avec le jeu des noms
Il s’agit donc du domaine réservé de la Connaissance ésotérique de la Torah. Les quatre lettres de ce mot – pé, reish, daleth et sameck – sont chacune l’initiale d’un terme hébreu qui indique les quatre niveaux d’étude des Écritures :

PESHAT, c’est-à-dire le sens littéral du texte qui ne traite que du monde sensible ;
REMEZ, c’est-à-dire l’allusion / insinuation qui consiste en un niveau plus élevé de l’étude ;
DERASH, c’est-à-dire l’interprétation figurée (interprétation midrashique ou homilétique), qui est la parabole, la légende, le proverbe ;
SOD, c’est-à-dire le Secret, qui consiste dans le niveau ésotérique traitant de la métaphysique et de la révélation des réalités surnaturelles, secrètes et mystérieuses.
Par conséquent, le Pardès est un concept permettant de faire référence aux quatre niveaux de compréhension possible de la Torah (l’Enseignement) et aux quatre branches de l’enseignement de la Torah (c’est-à-dire respectivement : le Miqra (Ecritures), la Mishna (Répétition), le Talmud (Etude approfondie de la Mishna) et la Kabbale (explication ésotérique de la Torah)).

Ces quatre niveaux de l’étude de la Torah correspondent, dans la logique mystique de la Kabbale, aux quatre niveaux de l’âme (Nefesh, Ruach, Neshamah et Hayah). Ainsi, le voyage vers la Torah est un voyage en soi, du monde extérieur du physique vers le monde intérieur de la spiritualité. Entrer dans le monde de la Torah est un procédé pour entrer dans le Pardès qui est un procédé de dévoilement du message de la Torah. Ceci donne le moyen de s’élever des mondes inférieurs vers les mondes supérieurs. La découverte de Sod (le Secret) n’est donc rien d’autre que la découverte de son soi le plus intime mais également, dans la cosmogonie de la Kabbale, de la rectification (Tikkoun) de la création.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pard%C3%A8s_(Kabbale)

Jazzi dit: 5 septembre 2018 à 12 h 37 min

« Mais un joli petit essai (un poil trop complaisant) de notre amie la grande Christiane Taubira »

Voilà de quoi faire sautiller J.C. sur la tombe de Sergio, JJJ ! C’est de la provocation ?

Janssen J-J dit: 5 septembre 2018 à 12 h 32 min

christiane dit: 4 septembre 2018 à 17 h 28 min
@Janssen J-J dit: 4 septembre 2018 à 17 h 18 min Ah, chic, alors, vous voici de retour. Racontez tout ce silence.

A vrai dire, j’ai tout oublié de la RDL et du passoulisme afférent durant un mois hors du sol et du temps. Une belle déconnexion avec beaucoup de choses pratiques et démentalisées n’ayant donc rien à voir. Seulement, histoire de boucher les trous parfois, car il y en a toujours, il y eut surtout les 26 premiers livres des Mémoires d’Outre-tombe (tomes 3 et 4 prévus pour l’été 2019) et,… hélas, deux romans totalement décevants de la « rentrée », fin août : le nullissime Jérome Ferrari (A son image) et le très décevant Adrien Bosc (Capitaine). Mais un joli petit essai (un poil trop complaisant) de notre amie la grande Christiane Taubira, inspiré du Concert baroque de Carpentier.
J’ai constaté (rapidement), Christiane, que vous suscitiez toujours autant de quolibets mais saviez toujours les affronter avec vaillance. Quel talent. Mes félicitations. Et que Rose et DHH n’étaient point mortes non plus, ouf ! Ce qui nous garantit quand même bien du plaisir à venir. A bientôt peut-être.

Jazzi dit: 5 septembre 2018 à 11 h 57 min

« une série de vidéos pédagogiques sur le judaïsme, intitulés PSSSHAT8. »

C’est d’un poétique ! A moins que ce soit de hébreu ?

Et Alii dit: 5 septembre 2018 à 11 h 52 min

En 2003, Delphine Horvilleur fonde un cercle d’étude juive interactif, le Café biblique. Elle rejoint le Mouvement juif libéral de France7 en décembre 2008. Avec Célia Surget, elle organise les offices de Shabbat Alef (office pour les jeunes enfants sous forme de conte musical) et de Shabbat Zimra (office musical mêlant mélodies traditionnelles et créations contemporaines).

Avec Yann Boissière, elle produit une série de vidéos pédagogiques sur le judaïsme, intitulés PSSSHAT8.

Elle est membre fondateur de KeReM, le conseils des rabbins libéraux francophones9.

Responsabilités éditoriales
En 2009, elle devient rédactrice en chef de la revue trimestrielle d’art, de pensée et de créativité juive Tenou’a, publiée par l’association Tenou’a depuis son autonomisation du MJLF où elle avait été fondée en février 1981 par le rabbin Daniel Farhi. Elle a donné à la revue un nouveau visage, pour en faire un magazine de référence de la pensée juive en France, capable de faire dialoguer diverses sensibilités religieuses autour de problématiques de société (féminisme, environnement, sexualité, politique migratoire, etc.).

Fonctions institutionnelles
Par décret présidentiel du 27 avril 2012, Delphine Horvilleur est la première femme rabbin à être nommée au Conseil national du sida10,11.

Jazzi dit: 5 septembre 2018 à 11 h 45 min

Non, ce n’était pas la bonne vidéo, closer. Elle est chic cette dame, long cou fin, nez aristocratique, corps d’ancienne athlète olympique. Rien à voir avec Angela Merkel. Qui est-elle ?

Et Alii dit: 5 septembre 2018 à 11 h 24 min

clopine,vous donnez des bons points?
ALORS souvenez vous quon ne traduit plus le sacrifice d Isaac -parce qu’il n’y a pas eu de sacrifice dit-on, mais la ligature d ‘isaac:voyez la toile por des recherches au début

Clopine dit: 5 septembre 2018 à 11 h 09 min

« le sacrifice d’Abraham », c’est l’avancée qu’on peut mettre au bilan positif des monothéismes. Comme cette partie-là du tableau n’est guère fournie, il faut le souligner. Le remplacement in extremis d’un agneau à la place du fils marquait la fin des sacrifices humains. C’était un progrès. Bon, Iphigénie était plus cinématographique dans le rôle de la victime désignée, et une biche est plus gracieuse qu’un mouton, mais l’idée était bonne.

Faut ajouter aussi, dans la même partie, que le christianisme réprouve la lapidation de la femme adultère (et pas uniquement parce que Brassens est derrière…). C’est un progrès aussi.

Maintenant, de l’autre côté du bilan…

Non, tiens. Cent ans de lassitude là-aussi, multiplié par 20…

christiane dit: 5 septembre 2018 à 11 h 04 min

Et Alii,
oui, Montaigne et ses doutes… Sa tour, sa « librairie » où les livres s’étageaient sur cinq étages.
Je comprends qu’au milieu des livres on puisse faire une halte pensive.
Vos textes sont toujours bien choisis, parfois difficiles.
Pour les deux livres que vous aviez mis en lien sous un autre billet. Beaux, rares. Abordant un domaine où je pouvais répondre, ici. Mais j’ai apprécié.
Votre pseudo vous appartient. Lavande a dit un jour avec beaucoup de bon sens son ras le bol des devinettes à ce sujet. Je vous réponds en tant que Et Alii. C’est vous qui m’avez renvoyé à WGG, d’où mes questions. Oui, son savoir m’aurait été utile pour bien comprendre Derrida.

christiane dit: 5 septembre 2018 à 10 h 37 min

Oui, hamlet, « les sacrifices ont bien eu lieu et Dieu n’a jamais retenu la main de personne ! il a laissé les enfants se faire dégommer comme des moutons ! »
Mais pour la suite :
 » Qui n’a pas respecté sa part du contrat ? Dieu ? non, certainement pas ! »
Je doute. Il ne me reste que le doute.

hamlet dit: 5 septembre 2018 à 10 h 30 min

le Menard de Borges est aussi une réponse à la sempiternelle question de savoir si Cervantes avait lu Erasme ? l’a-t-il lu ? ne l’a-t-il pas lu ? Maintenant on a la réponse de Borges !

hamlet dit: 5 septembre 2018 à 10 h 19 min

famille new yorkaise, le père James était théologien, ami d’Emerson, membre de la communauté de Concord etc etc…

closer dit: 5 septembre 2018 à 10 h 07 min

Delaporte, vous ne pouvez nier que Sarah Wagengknecht a beaucoup de classe. Quand on la voit descendre de sa Mercedes blanche, on se demande si ce n’est pas elle la grande bourgeoise de droite et Merkel la représentante des prolos…
Un peu masculine, on la verrait bien en uniforme de « souris grise » (Helferinnen) ou maire de l’équivalent allemand de Neuilly. Trop belle en tout cas pour ce péquenot d’Oskar Lafontaine.

https://www.youtube.com/watch?v=Vsf2YA68uYQ

hamlet dit: 5 septembre 2018 à 10 h 02 min

christiane dit: 5 septembre 2018 à 8 h 05 min

je crois que la chose qui nous touche le plus dans les « élans généreux » de Sancho c’est surtout notre étonnement, s’ils nous touchent autant c’est qu’on ne s’y attend pas. Parce que ce n’est pas dans son registre, il est le « calculateur » qui ne perd jamais le nord.
Du coup sont élan généreux en devient irrationnel, dans cette irrationalité il rejoint Quichotte, il devient identique à lui, son semblable. La générosité ne peut s’exprimer que dans un mouvement allant dans ce sens : de la raison vers la déraison, parce que la générosité est en soi un acte déraisonnable. S’il n’y avait qu’une chose à retenir de Quichotte c’est bien celle-là !

Je ne pense pas que Dieu (celui de la Bible) soit la propriété exclusive des « croyants », tous les humains croient en Dieu, l’athéisme est juste une forme particulière de vivre cette conviction.

L’an dernier j’ai vu le War Requiem de Britten mis en scène par Yochi Oida (disciple de Brook).
Britten a écrit sa musique sur un poème de Wilfrid Owen, tué quelques jours avant l’armistice.

La musique de Britten bien sûr, mais le texte d’Owen est très fort.
L’installation est divisée en trois : ceux qui se battent et leurs proches, les peuples et un choeur d’enfants qui représente l’innocence et l’espoir.

Sauf que le poème d’Owen annihile cette option, il le dit et le répète à plusieurs reprises : là où nous en sommes arrvés, le seul constat possible est de reconnaitre que l’innocence n’existe pas, plus la peine de se raconter des histoires nous avons là la preuve qu’il ne peut plus y avoir ni innocents ni justes, et c’est dit en réponse aux chants des enfants, à la messe des morts chantée par les enfants.

Alors oui, le sacrifice d’Isaac représente un contrat de nature bien particulier, tout s’est passé comme ça devait se passer, les associés sont contents etc… mais en fait non, cette histoire s’est bien passée, mais toutes les autres ? Toutes les autres non ! les sacrifices ont bien eu lieu et Dieu n’a jamais retenu la main de personne ! il a laissé les enfants se faire dégommer comme des moutons ! Qui n’a pas respecté sa part du contrat ? Dieu ? non, certainement pas !

D. dit: 5 septembre 2018 à 10 h 02 min

de Rugy remplaçant Hulot…ronron comme l’écrit fort justement le Canard.
Quel personnage lisse, opportuniste, qui plus est profondément soumis à Bruxelles du moins dans l’esprit. Détestable de Rugy, qui déclarait pendant la présidentielle qu’il se rallierait au candidat de gauche sortant.
On a vu.
Que personne ne se fasse d’illusion sur un tel bonhomme que l’histoire fort heureusement oubliera d’autant plus vite qu’elle se prépare à oublier Macron.

renato dit: 5 septembre 2018 à 8 h 08 min

Nous avons eu l’éditeur pirate et l’homme de Porquerolles, maintenant nous avons l’apologiste du terrorisme allemand — goujat de surcroit.

christiane dit: 5 septembre 2018 à 8 h 05 min

0h13 -Hamlet – Et Alii a disparu comme une ombre (?)
Je lis au matin, avant de sortir ce beau prolongement de votre méditation : un dieu fragile, incertain dépendant de l’attente de l’homme ou de son indifférence. L’Histoire a broyé définitivement sa puissance d’intervention dans les affaires humaines. Il semble en exil, quelque part comme une source cachée. L’homme devient un sourcier, traversant des textes millénaires en silence. C’est une belle histoire : le sommeil de Dieu, comme celui d’un enfant dans le film de Stanley Kubrick. Un monolithe quelque part… livre ou signe.
Quant à Wittgenstein et les sortilèges du langage n’écrit-il pas : « Sur ce dont on ne peut parler il faut garder le silence » ? Point de friction entre le langage et le monde. Aucune vérité ne peut être découverte en ce monde hors un nœud de possibilités combinatoires. On peut seulement se ressouvenir ou inventer (encore Borges). Russel ? W. lui écrit à propos du Tractatus :  » J’ai envoyé mon manuscrit à Frege. Il m’a écrit et sa lettre montre qu’il ne comprend pas un mot de tout cela. (…) Il est très pénible de n’être compris par âme qui vive. » Il explorait un territoire encore inconnu et mal connu. L’incertitude descend jusqu’aux racines… Il semble avoir une difficulté avec le passé, infini, une réalité infinie. Le flux du temps… Perplexité philosophique. Quelque chose va arriver. « lekh-lekha » (va vers toi) mais qui est concerné par ce Lekh Lekha ?

« Oreste – Tu me donneras la main et nous irons…
Electre – Où ?
Oreste – Je ne sais pas; vers nous-mêmes. De l’autre côté des fleuves et des montagnes il y a un Oreste et une Electre qui nous attendent. Il faudra les chercher patiemment. »
(Sartre – Les Mouches)

rose dit: 5 septembre 2018 à 2 h 16 min

ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi la ministre du sport ne rembouse pas le fisc en disant je l’ ai pas fait exprès comme come la ministre de la culture ?

Cette république me dégoûte gravement.

Mais je m’en fous, j’ai contré Berthe.
Mon père m’a dit « tu es contre la mort ? ». J’ai répondu « ben oui , je suis pour por la vie ».
Le lendemain matin ds ma bagnole j’ouvre la radio, culte protestante, j’entends trois mots
« c’est la vie ».
Un point c’est tout.

bisou
ex je te verrais bien tournicoter les.poils de chaloux plus longs que les tiens -un peu-en lui demandant de te traduire.

MC dit: 5 septembre 2018 à 1 h 52 min

Pablo, ce que voulait dire le critique occasionnel, ce n’est pas que Borges fut Hoffmann, ni qu’il avait des points de concordance avec mais qu’il avait apporté autant qu’Hoffmann, par des canaux différents, au genre du conte fantastique. Et non, ce n’est pas Poirot-Delpech.

MC

rose dit: 5 septembre 2018 à 1 h 16 min

de Jean Giono. inconnu du correcteur.

Pour Abraham, je ne le vois pas comme ça.
Il est un fervent chrétien.
dieu n’éprouve pas. Nous le faisons bien tous seul.Lui a fort à faire.

Il ne teste pas non plus. Il est bon de savoir et son incommensurable bonté et miséricorde
et sa capacité à nous laisser libres (de nos choix etc).
Simplemente, il dit à Abraham « fais-moi confiance », et il exige de surcroît une confiance aveugle.
Abraham obtempère.
Pas de deal ni ríen d’autre.
C’est alors qu’intervient l’immense miséricorde de dieu, lorsque toutes les barrières tombent. Et Et que la confiance est totale. Ce qui n’empêche pas pas de prier, pour aider. Pas dieu. Soi. Ávec les épreuves que nous nous sommes inventées, pour nous rendre la vie bien compliquée.

rose dit: 5 septembre 2018 à 1 h 03 min

crevette grise,
non trois choses à diré
Lavande
plateau de Valensole (coupe fin juillet) (tournesols cotoyant lavandes pour les chinois)

Sault et ses alentours

splendeur de Sénanque c’est vrai et beau.

Christiane
ds Le hussard sur le toit de Tío no, Pauline de Théus.
Le lieu existe.

en- thous-siasme
= dedans- théus (dieu) -iasme suffixe être en capacité de.

enthousiasme signifie grosso modo être habité par dieu . Prenez-le comme un cadeau qui vous est fait ☺ (et il n’y en a jamais assez).

hamlet dit: 5 septembre 2018 à 0 h 26 min

Parce que pour adhérer à une idée ou un fait il faut bien qu’une vérité se cache quelque part.

James aurait le contraire : il faut qu’une vérité existe en nous pour que puissions adhérer à une réalité : la vérité est première, c’est nous qui la créons, l’adhésion ne fait que suivre.

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 0 h 25 min

Ulrike Meinhof, relève-toi, ils sont devenus fous :

« Elle se revendique de la révolutionnaire Rosa Luxembourg. Sahra Wagenknecht pousse même le mimétisme jusqu’à la ressemblance physique. Désormais, elle veut révolutionner la gauche allemande. Son programme ? Une alliance de socialisme orthodoxe et de préférence nationale, le cheval de bataille de la droite. »

D. dit: 5 septembre 2018 à 0 h 16 min

crevette grise – hareng – choux-fleur au gratin.
_____________________________________________

oui, Abraham est plus important que Moïse. Abraham avait plus de sagesse et de foi.

D. dit: 5 septembre 2018 à 0 h 14 min

crevette grise – hareng – choux-fleur au gratin.
_______________________________________________

Vous avez vu, Rose est revenue.

hamlet dit: 5 septembre 2018 à 0 h 13 min

christiane dit: 4 septembre 2018 à 22 h 46 min

drôle de voir ces boucles, parce que s’il y avait des réponses à trouver j’irais peut-être les chercher du côté du Menard de Borges.

Pourquoi Borges a-t-il choisi ces deux penseurs : William James et Bertrand Russell ? Quand je l’ai lu la première fois j’ai regretté qu’il n’ait pas pris Wittgenstein, ça me semblait plus prestigieux d’associer Cervantès et Wittgenstein et de faire de Cervantès un lecteur « rétroactif » de Wittgenstein.
*parce que c’est bien ça l’objectif de Borges, faire circuler la pensée à travers le temps et faire de Cervantès un lecteur des premiers philosophes de la logique et du langage.

Pourquoi James et Russell ? parce qu’ils sont les « premiers » à étudier les mécanismes de l’adhésion (adhérence) au réel.

James décortique dans son traité de psychologie (le premier jamais écrit) l’adhésion aux croyances, aux religions, et d’une façon générale aux idées.

Russell de son côté étudie les mécanisme de l’adhésion au réel au travers des fait.
De plus les deux sont anglais, est-ce vraiment un problème ?

Faut bien voir que ce partage des taches est lié à la classification donné par Hume quand il aborde la question de ce que nous appelons des « vérités ».

Parce que pour adhérer à une idée ou un fait il faut qu’une vérité se cache quelque part.

Menard utilise le travail de ces deux pour écrire un livre qui ressemble mot pour mot à Quichotte. Au moment même où Descartes écrit (en Hollande ?) un discours de la méthode (autre forme d’analyse des mécanismes de « la » vérité, et d’adhésion au réel), Cervantès écrit, non pas un anti-discours de la méthode, mais un discours de l’anti-méthode inspiré directement de l’analyse des mécanismes d’adhésion au réel étudiés trois siècles plus tard par deux penseurs anglais (!)

Quand Kierkegaard dit voir dans le sacrifice d’Isaac une façon de « tester la foi » n’est-ce pas aussi une question d’adhésion ou d’adhérence ?

Et là non plus le chemin suivi n’est pas celui de Descartes.

Du coup je l’aurais pris sous cet angle, qui ne dépendrait pas d’une réalité associée à la raison, mais à une chose bien plus importante, cette chose qui guide Sancho quand il va réconforter son maitre, alors que quelques instants plus tôt il le traitait de fou et d’inconscient, car il me semble que nous partageons tous cette situation vis à vis de la réalité qui nous entoure.

Il n’est pas question de se soucier Isaac, il n’y pas d’inquiétudes à se faire sur son sort, mais bien de sauver Dieu, parce que ce marché conclu à l’époque (et c’était bien l’unique préoccupation de celui qui a écrit ce texte) se rejoue au fil des générations, ce n’est pas à Dieu de sauver les hommes, mais bien aux hommes (qu’ils soient croyants ou pas!) de sauver Dieu ou une « idée de Dieu ».

(ça rappelle la polémique entre Russell et Chesterton…)

D. dit: 5 septembre 2018 à 0 h 13 min

crevette grise – hareng – choux-fleur au gratin.
_____________________________________________

Et à présent je vous souhaite une bonne nuit.

D. dit: 5 septembre 2018 à 0 h 09 min

C’est uniquement parce que Choux-fleur au gratin reste en attente de modération que je conserve D. comme pseudonyme. Cependant j’ai décidé, et ce pendant une durée indéterminée, de commencer chacun de mes commentaires par « crevette grise – hareng – choux-fleur au gratin ».

Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 0 h 01 min

Sahra Wagenknecht avait un grand capital d’espoir en elle-même, pour un combat politique digne d’Ulrike Meinhof. Hélas, elle vient de se brûler au problème des migrants, en avançant des solutions dignes de l’extrême droite. Et en montrant qu’ainsi elle ne méritait pas d’appartenir à la gauche, la vraie, l’unique, celle que les catholiques du monde entier espèrent de toute leur âme.

Delaporte dit: 4 septembre 2018 à 23 h 31 min

Pour les grands catholiques eux-mêmes (dont je suis), Abraham est un personnage essentiel. Saint Paul accorde plus d’importance à Abraham qu’à Moïse. Inépuisable source de spiritualité religieuse.

Delaporte dit: 4 septembre 2018 à 23 h 29 min

C’est en effet le grandiose Kierkegaard qui a traité du sacrifice d’Abraham dans ses oeuvres, et notamment, je me souviens, dans « Crainte et tremblement », pour en faire définitivement un sujet pour philosophes aguerris. Derrida était fasciné par cette histoire, il y est revenu souvent. Inépuisable mythe, et sans réponse évidente.

Delaporte dit: 4 septembre 2018 à 23 h 25 min

« Qqn aussi pour dire que je n’ai jamais parler de fist f…? Vraiment malade ce type. Ses propres fantasmes se dévoilent et il les met sur le dos des autres. Taré. »

Ma chère Ed, il ne faut pas avoir honte de ses fantasmes les plus secrets et les plus inassouvis. Bon, ce n’était qu’une « blague » de votre part, – mais sachez qu’au fond de toute blague gît la vérité profonde. Sachez aussi qu’en ce qui me concerne, le fist-fucking n’est pas du tout un de mes fantasmes. En revanche, pourquoi ne serait-il pas l’épine dorsale de la sexualité moderne d’une jeune femme de son temps ? Avec ou sans Espagouins.

christiane dit: 4 septembre 2018 à 22 h 48 min

Hamlet,
Vous écrivez : « Les réactions violentes (de Dieu dans la Bible) sont souvent des aveux de faiblesse, il n’a pas trop intérêt à en abuser. »
C’est bien avec les parenthèses…

christiane dit: 4 septembre 2018 à 22 h 46 min

Hamlet,
(« Dieu teste la foi d’Abraham et à travers ce récit le lecteur teste lui-même sa propre foi »). Ce n’est pas impossible !
On peut aussi dire ce qu’on pense de Lui. Passou dans les Vies de Job écrit qu’Il réussit toujours les débuts mais rate toujours les fins. Il devrait s’inspirer de vos scenarios puisqu’Il était, qu’Il est et qu’Il sera.
Comment auriez-vous fait cheminer ce dialogue entre Dieu et Abraham. Et le fils ?

christiane dit: 4 septembre 2018 à 22 h 40 min

@hamlet dit: 4 septembre 2018 à 22 h 26 min
Ah vous êtes épatant à chercher de l’humour dans la Bible. Comme Borges qui parle lui des incertitudes de Dieu. L’homme a fait Dieu à son image… Pas mal ce renversement !

Bételgeuse dit: 4 septembre 2018 à 22 h 31 min

Rien d’important, que du vécu. Phase même âge, phase père, phase fils puis plus de courant. Panne du sentiment amoureux, sûrement a t il trop servi. Les hommes, j’imagine traversent des périodes similaires, toujours symboliquement dans l’ordre ou le désordre comme pour une course hippy, ils peuvent aimer des gens du même âge, des gens qui ont l’âge de leur mère ou pere selon l orientation sexuelle, et des gens qui ont l âge de leur fils ou de leur fille. Pour finir le grand âge n est plus pourvoyeur d excitation sexuelle et tout le monde se satisfait bien obligé du sentiment, de l affection.

hamlet dit: 4 septembre 2018 à 22 h 26 min

christiane dit: 4 septembre 2018 à 22 h 09 min

non Dieu ne peut pas être cruel puisque son propre avenir dépend de ce marché.
Autant l’avenir d’Isaac (d’emblée tracé par le nom) ne doit pas nous inquiéter, autant celui de Dieu est par contre très inquiétant.

Les réactions violentes de Dieu dans la Bible sont souvent des aveux de faiblesse, il n’a pas trop intérêt à en abuser.

Kierkegaard a dû écrire des trucs dans ce sens, sauf, il me semble, qu’il insiste plus sur le fait que Dieu teste la foi d’Abraham et à travers ce récit le lecteur teste lui-même sa propre foi. C’est une vision très « réformiste » dans la mesure où cela ce passe dans un tête à tête entre le lecteur et le texte. Mais il avait écrit une pièce drôlatique où il montrait le côté « plaisanterie ».
Je pense qu’on sous estime trop la place essentielle de l’humour dans la Bible, on a une lecture souvent plombante, comme si l’humour excluait de fait le sérieux.
Alors que c’est le côté drôle et absurde de cette histoire qui lui donne toute son ampleur et sa profondeur, tandis que la lecture « lourde » restreint cette ampleur.

Bételgeuse dit: 4 septembre 2018 à 22 h 20 min

J’oubliais, Ed, parce que vous n’avez pas d’enfants, sur un plan tout à fait symbolique, il est aussi possible d’être éprise d’un fils, épris d’une fille. Quand on vieillit on se surprend à défaillir pour des êtres plus jeunes , ensuite c’est une question de chance et de timing, il est nécessaire que la coïncidence heureuse fasse se rencontrer deux êtres situés à des endroits presque symétriquement opposés sur ce long moment qu’est une vie.

christiane dit: 4 septembre 2018 à 22 h 14 min

@et alii dit: 4 septembre 2018 à 21 h 00 min
Plus exactement, cette tournure « lekh-lekha » (va pour toi) est-elle le fait du fils ou du père ?

Bételgeuse dit: 4 septembre 2018 à 22 h 12 min

Pour l’amour, Ed, je vous suis . Profitez je ne sais trop si après avoir traversé différentes phases comme aimer son frère, son père, sa sœur, la route mène ailleurs qu’à l’impasse totale mais cela vaut le coup d’emprunter ce chemin des sentiments .

christiane dit: 4 septembre 2018 à 22 h 09 min

Hamlet – 21h09
«Dieu ne lui dit pas: immole-le mais seulement de le faire monter sur la montagne, puis il dit: laisse-le descendre».
Mais je vous accorde, hamlet, que le point de vue religieux dominant est bien celui d’une épreuve. Que devient Isaac, survivant ? Le texte laisse ouvert son destin. Qui s’est dédoublé d’Isaac ou du bélier?
Vous, vous me faites penser à Kafka avec ce « jeu de dupes », hanté par la figure menaçante du père.
Je ne crois pas que le texte du sacrifice d’Isaac, dresse le portrait d’un dieu cruel. Ce non-savoir est lui-même loi de relation à autrui.

Bételgeuse dit: 4 septembre 2018 à 22 h 06 min

Delaporte, votre affection pour ‘a bande à Bader étonné, la lutte armée, les 34morts semées étaient elles selon vous méritées, s’agissait il d’anciens nazis? Impossible selon vous puisque vous idolâtres celle qui fut la théoricienne de procéder autrement, ces gens comme le soulignait pour un registre autre était doués pour le violon et bien que tous ou presque furent retrouvés pendus dans leurs cellules, pris mais jusquauboutistes et bien que l’Allemagne conserve des zones d’ombre à cette période de cette histoire, la densification n’était pas totale là comme ailleurs. Quels rapports entretenaient les nazis de service avec le capitalisme à cette époque? Pourriez vous m’expliquer?

Ed dit: 4 septembre 2018 à 22 h 00 min

Qqn pour expliquer à ce détraqué que faire l’amour avec qqn qui vois plait n’est pas vraiment, pas tout à fait, être une traînée ? Qqn aussi pour dire que je n’ai jamais parler de fist f…? Vraiment malade ce type. Ses propres fantasmes se dévoilent et il les met sur le dos des autres. Taré.

Bételgeuse dit: 4 septembre 2018 à 22 h 00 min

Hamlet, 21h09 vous auriez pu m’être d’un grand secours , j’avais pour intention de lire Joseph et ses frères, littérature exigeante ne serait ce que par le style , mon ignorance en plus d’une certaine difficulté qui seule n’aurait pas réussi à me décourager m’a fait poser ce livre après quelques pages. Il rejoindra son rayon sans m’avoir éclairée d’une lumière nouvelle.

Chaloux dit: 4 septembre 2018 à 21 h 58 min

Oui ! (Elle contente).

qui est Lekh Lekha ? (Mais décidément, elle ne comprend rien).

Lekh Lekha? En tout cas, pas une marchande gaufres.

Ed dit: 4 septembre 2018 à 21 h 57 min

Le courant des frugalistes vient des Etats-Unis mais Oui, j’en ai entendu parler – par des exemples concrets – sans savoir pour autant que cette tendance avait un nom. C’est très fréquent dans les milieux qui broient les individus, comme la finance par exemple.

Pablo75 dit: 4 septembre 2018 à 21 h 54 min

« Et ça continue, et encore, encore / c’est que le début d’accord, d’accord…  »

Nouvel record de Delaporte: 12 fois en 5 jours:

Ulrike Meinhof n’étant pas la seule…
Delaporte dit: 4 septembre 2018 à 21 h 32 min

toute l’importance dans l’histoire de la pensée politique d’une Ulrike Meinhof…
Delaporte dit: 2 septembre 2018 à 23 h 25 min

Etre la fille d’Ulrike Meinhof, ce n’est pas rien !
Delaporte dit: 2 septembre 2018 à 11 h 50 min

insensible au charme intellectuel d’Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 1 septembre 2018 à 9 h 09 min

Il me semble qu’on pourrait ainsi rapprocher Ulrike Meinof de Mère Teresa.
Delaporte dit: 1 septembre 2018 à 4 h 27 min

Le problème est surtout de pouvoir lire ce qu’Ulrike Meinhof a écrit
Delaporte dit: 31 août 2018 à 22 h 38 min

Je pense que pour Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 31 août 2018 à 17 h 23 min

un sombre individu qui prétend qu’Ulrike Meinhof était antisémite !
Delaporte dit: 31 août 2018 à 15 h 41 min

pour se faire une idée juste et honnête d’Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 31 août 2018 à 14 h 59 min

a favorisé chez Ulrike Meinhof tout un travail
Delaporte dit: 31 août 2018 à 13 h 58 min

Ulrike est un très joli prénom, et qui s’accole parfaitement au nom de famille
Delaporte dit: 31 août 2018 à 13 h 45 min

Après, Ulrike Meinhof s’est mariée
Delaporte dit: 31 août 2018 à 13 h 43 min

christiane dit: 4 septembre 2018 à 21 h 49 min

@et alii dit: 4 septembre 2018 à 21 h 00 min
« on a dit que tout le judaisme pouvait tenir dans ce « va vers toi » lekh lekha »
Oui ! qui est Lekh Lekha ?

Bételgeuse dit: 4 septembre 2018 à 21 h 46 min

21h42 et que dire de la main de sa sœur dans la culotte du zouave, est ce condamnable ou faut il encourager ou inversement?

Bételgeuse dit: 4 septembre 2018 à 21 h 43 min

Delaporte, oui et actuellement cette résurgence dans quelques régions est absolument rassurante, divine comme tout Wagner que pour ma part je n’écoute pas et puis quand oui il m’ennuie.

Pablo75 dit: 4 septembre 2018 à 21 h 42 min

@ Chaloux

Moi je ne lis plus Christiane (et quelques autres). Clopine devrait faire pareil.

Pas la peine de perdre son temps avec des gens à problèmes et qui en plus adoptent, sans que personne leur ait rien demandé, le rôle de police morale du blog en oubliant qu’ils ne sont ici que des invités, et que c’est le patron qui doit dicter les limites, pas eux.

C’est insupportable ces gendarmes des bonnes moeurs, de la politesse, de la pudibonderie, du langage approprié, qui passent leur temps à juger moralement les autres alors qu’eux ne sont que des tordus ou des tarés.

Dans tous les blogs comme celui-ci, il y a ce genre de commissaire politique de la vertu, de donneur de leçons morales, qui est toujours le moins bien placé pour les donner.

Delaporte dit: 4 septembre 2018 à 21 h 34 min

« Ahah Chaloux. Excellent ! Une petite lecture seule dans une langue que je comprends me suffira par contre ! »

« Excellent » ? Il vous traite comme une traînée, et vous trouvez ça bien ?

Delaporte dit: 4 septembre 2018 à 21 h 32 min

Beaucoup de choses importantes sont nées en Allemagne. Les idées, par exemple, Ulrike Meinhof n’étant pas la seule…

Delaporte dit: 4 septembre 2018 à 21 h 31 min

C’est ma soirée de bonté. Un titre du Figaro pour faire plaisir à Delaporte: « Les «frugalistes», ces Français qui arrêtent de travailler à 40 ans… » Le début de la fin du travail…
________________
Je suis bien sûr au courant. C’est un mouvement qui est né en Allemagne, Ed pourra peut-être nous le confirmer, si sa science va jusque là. Je suis moi-même un frugaliste. Je refuse de consommer.

Jazzi dit: 4 septembre 2018 à 21 h 17 min

« notre amie Marguerite a pris son pseudo d’un village qui n’est pas loin de Bordeaux »

Elle a bon dos la bibine, Pedro. Elle s’est coiffée d’autorité de la couronne de la duchesse de Duras !

Chaloux dit: 4 septembre 2018 à 21 h 15 min

C’est tout de même curieux, Pablo, ces procès à Clopine sur de prétendus textes, quand qu’on est incapable de lire le fond de ce qu’on écrit soi-même.

closer dit: 4 septembre 2018 à 21 h 11 min

C’est ma soirée de bonté. Un titre du Figaro pour faire plaisir à Delaporte:

« Les «frugalistes», ces Français qui arrêtent de travailler à 40 ans… »

Le début de la fin du travail…

hamlet dit: 4 septembre 2018 à 21 h 09 min

christiane dit: 4 septembre 2018 à 20 h 34 min

non non non… je crois qu’Abraham a bien compris ! il a même tout compris ! il a surtout compris que Dieu ne le laisserait pas faire ce sacrifice.
Autant que Dieu a bien compris qu’Abraham avait tout compris, autant qu’Abraham a bien compris que Dieu avait tout compris…
compris quoi ? qu’il s’agissait d’un jeu de dupe !
ou mieux d’une plaisanterie !
comment le sait-on : par le nom d’Isaac, par la signification de ce nom.
quand on se nomme Isaac on ne peut pas finir sacrifier, dès la naissance on le sait.
Par contre quand on s’appelle Jésus on sait que c’est mal barré.

ce jeu de dupe constitue l’épicentre du marché conclu entre Dieu et Abraham, il est même la clé pour comprendre le sens de ce marché où chacun a tout besoin de l’autre pour continuer à exister.

autrement dit Dieu sait que si Abraham refuse ce deal c’est lui qui meurt.
l’existence, la survie de Dieu est attaché à ce deal, si Abraham refuse Dieu est kaputt.
à partir de là Dieu accepte de jouer son rôle dans ce marché de dupes, parce que Dieu est bien plus mauvaise position qu’Abraham, des deux c’est lui qui a le plus à perdre !

le type qui a pondu cette histoire est un génie ! c’est un écrivain du niveau des plus grands !

un écrivain du calibre de Cervantès aurait pu l’écrire s’il avait vécu à cette époque, tout comme il aurait pu écrire le texte de Jonas, ou celui de Noé.

à l’inverse le type (ou la femme ?) qui a écrit cet épisode d’Isaac aurait pu écrire Quichotte !

ces auteurs sont du même calibre !

Chaloux dit: 4 septembre 2018 à 21 h 06 min

Très fine lecture, Pablo. « Entendre » semble vouloir masquer la notion de dégustation, en détourner le lecteur. Quant à la musique de la langue, ça cause de soi-même.

(Quant à la non-violence, peut-être n’est-il jamais trop tard pour commencer. Mais j’ai bien peur qu’il en aille de la non-violence comme du violon : sans aucun don pour la chose …).

et alii dit: 4 septembre 2018 à 20 h 57 min

christiane,je ne connais pas non plus wgg :n’insistons ni sur les noms ni sur les pseudos, ni sur les dates;bonne soirée

christiane dit: 4 septembre 2018 à 20 h 55 min

Et Alii,
connaissez-vous ce livre de Marie Balmary, psychanalyste, Le sacrifice interdit (essai-Poche) ? Son œuvre est construite sur une relecture des récits fondateurs de la Bible et des Évangiles, reliée à lʼexpérience de lʼinconscient. Elle lit Freud et la Bible en même temps et cela donne des hypothèses réjouissantes. Concernant le sacrifice d’Abraham, elle traduit « holo.causte » par « en montée », ce qui modifie radicalement le sens du sacrifice. « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va pour toi en terre de Moryah, là, monte-le en montée sur lʼun des monts que je te dirai. » comme elle traduit « Va pour toi, de ta terre, de ton enfantement de la maison de ton père, vers la terre que je te ferai voir. » 40 ans avant, l(autre parole adressée à Abraham. Toujours : « Va pour toi ou Va vers toi ».
Non violence et altérité. Ça me plaît bien.

Pablo75 dit: 4 septembre 2018 à 20 h 44 min

Vivaldi – « Nisi Dominus: IV. Cum dederit dilectis suis somnum. » – Andreas Scholl

https://www.youtube.com/watch?v=GFoT6UUNLZc

« Sublime, forcément sublime », comme aurait dit la Duras (notre amie Marguerite a pris son pseudo d’un village qui n’est pas loin de Bordeaux et qui produit un vin blanc à boire en apéritif presque aussi sublime que la musique de Vivaldi).

christiane dit: 4 septembre 2018 à 20 h 34 min

@et alii dit: 4 septembre 2018 à 19 h 30 min
Vous ne trouvez pas qu’il est obscur, Derrida ?
Abraham et Isaac ? Cette page de la Genèse n’est pas facile à décrypter. Abraham entend, ou croit entendre cet appel : « Va, et offre ton fils en sacrifice ». Ce pourrait être : « Va, et fais monter ton fils ». Peut-être qu’Abraham avait ainsi mal interprété le sens de ce qui lui était demandé. Dieu Ne voulait-il pas indiquer au patriarche que sa relation avec son fils, à la fois premier-né et petit dernier (la quarantaine, quand même… et le père : la centaine), est trop possessive, fusionnelle, empêchant l’altérité ? Cette « séparation » n’en rappelle-t-elle pas une autre, environ 40 ans avant ? Abraham, au début, avait dû laisser sa famille, il doit maintenant laisser Isaac, aller. D’ailleurs, à la fin du récit Abraham revient seul vers ses serviteurs. Isaac semble avoir disparu. Lorsque Abraham défait la ligature d’Isaac, il tranche les liens invisibles qui le rattachait à Isaac. Il est désormais un fils libre, capable de vivre sa vie.
Quant à Derrida, je ne suis pas convaincue par l’idée que cette exclusion soit négative dans la rencontre des autres. Quand on entre en relation étroite avec l’autre, le tout autre, son altérité doit résister à toute fusion-confusion. Il faut qu’il reste libre avec tous « ses » visages tous ses secrets. Une dissymétrie absolue.
C’est ainsi que je comprends le rapprochement des deux, le sacrifice d’Isaac et la rencontre de l’autre.
C’est chouette, Et Alii, vos textes, ils plairaient à WGG. Vous le connaissez ? Il me semble que vous êtes apparu sur ce blog bien après son départ. Il pense un peu comme vous mais il est plus ombrageux et il aime se disputer avec un certain commentateur…

Pablo75 dit: 4 septembre 2018 à 20 h 31 min

@ Chaloux

Tu as oublié la fin de la phrase, fondamentale dans le cadre que tu peins (« Ed, vous seriez tous deux nus sur un lit. Ton ami aurait beaucoup de poils, toi tout de même un peu moins. Ce serait l’été. Il ferait chaud. Entre deux poèmes, vous boiriez chacun un grand verre de grenadine…. »):

« L’idéal : avoir près de vous un ami qui vous lirait les textes en espagnol……pour entendre la musique de la langue ».

La musique de la langue !!

(J’aurais mis: « déguster » à la place de « entendre » mais le fantasme de l’auteur de la phrase est clair, quand même).

Jazzi dit: 4 septembre 2018 à 20 h 17 min

« je vais changer mon pseudo en « Crevette » ou « Hareng » ou « Choux-fleur au gratin ». »

Andouille de Vire, conviendrait mieux, D. !

Jazzi dit: 4 septembre 2018 à 20 h 15 min

Christiane ne peut pas se passer de distribuer les bons points, Chaloux, c’est dans ses gènes d’institutrice. Elle joue les gentilles, mais quand elle se met en colère, elle griffe, la vilaine !

Pablo75 dit: 4 septembre 2018 à 20 h 14 min

@ MC

« A la mort de Borges, un écrivain auquel il était de bon ton d’attacher une réputation de stupidité titra son feuilleton » Hoffmann est mort ». Je n’ai pas vu de plus bel hommage. »

J’ai beaucoup lu et écouté Borges (il a donné beaucoup d’interviews à des radios et TVs) et je ne me rappelle pas d’avoir lu quelque chose sur Hoffmann dans son oeuvre ou de l’avoir entendu parler de lui. Je viens de vérifier dans son Oeuvre Complète en version digitale (1170 pages): il est cité une seule fois, indirectement: pour Groussac Hawthorne était influencé par Hoffmann (dans le livre « Otras inquisiciones »).

Je regarde le « Borges » de Bioy Casares (les pages de son « Journal » où il parle de son meilleur ami) et Hoffmann n’est pas cité une seule fois, alors que ce livre de plus de 1600 pages raconte toutes les conversations littéraires (et pas littéraires) intimes qu’ils ont eu presque tous le jours pendant plus de 50 ans(Borges dinait tous les soirs chez Bioy et sa femme Silvina Ocampo). Dans la « Antología de la literatura fantástica » qu’ils ont fait les 3, il est cité une seule fois dans le prologue, en tant que précurseur.

J’ai plusieurs livres de conversations avec Borges en version digitale aussi (O.Ferrari, A.Manguel, E.Canto, etc): dans aucun il y a trace de Hoffmann.

Et je ne me rappelle pas d’avoir lu ou entendu quelqu’un ni en Espagne ni en France comparer Borges à Hoffmann.

D’où peut bien sortir cette idée?

(C’est Poirot-Delpech le critique à la réputation de stupidité?)

D. dit: 4 septembre 2018 à 20 h 13 min

Bon alors je vais changer mon pseudo en « Crevette » ou « Hareng » ou « Choux-fleur au gratin ».
Et vous verrez.

Jazzi dit: 4 septembre 2018 à 20 h 12 min

« voilà le plus bel hommage que seul un ARGENTIN pouvait rendre à la littérature !!! »

C’est un aveu, hamlet, tu es donc Argentin, c’est magnifique !

Jazzi dit: 4 septembre 2018 à 20 h 04 min

« C’est mon droit et je vous informe »

On s’en fout, nous on l’adore la Lavande, la plante et la porteuse du pseudo ! Tu préfères peut-être l’odeur de la m.erde ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*