de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Godard, du côté de la littérature plus que du cinéma

Godard, du côté de la littérature plus que du cinéma

En 1997, comme le Festival de Cannes s’apprêtait à célébrer son premier demi-siècle, l’envie m’a pris de marquer le coup en allant rendre visite à Jean-Luc Godard chez lui à Rolle pour une conversation sur sa dette vis à vis de … la littérature. L’éditeur Paul Otchakovsly-Laurens se fit l’intermédiaire. Godard accepta car, disait-il, il avait lu l’un de mes livres (la biographie de Daniel Kahnweiler, je crois) qui lui avait bien plu. Rendez-vous fut pris pour un samedi matin dans sa maison sur les rives du Léman. La veille, alors que tout avait été réservé, il fit savoir qu’il refusait. Stupeur et tremblement. Il m’appela : « Je viens de lire dans Le Temps que vous étiez un ami de Claude Berri et, voyez-vous, je ne peux pas serrer la main de quelqu’un qui a serré la main de Claude Berri. Dommage… ». Au magazine Lire, où la couverture et une dizaine de pages avaient été réservées pour cet entretien, ce fut la consternation trois jours avant le bouclage. Quelques heures après, il m’envoya un fax : « Bon, si vous voulez… ».

Le lendemain, je sonnais à sa porte comme convenu. Rien. Impossible d’escalader car les volets étaient clos. Je tambourinais à la porte du garage. Rien. J’appelais ses numéros ; on les entendait sonner à travers la porte. Mais en vain. Je m’assis par terre en m’adossant au rideau de fer en espérant qu’une idée de génie me vienne. Elle vint lorsque le rideau se leva au bout d’une demi-heure. Godard apparut en me tendant la main : « Je fais souvent ça, c’est un test car si un type veut vraiment me voir, il ne part pas… » Il me fit entrer dans un vaste hangar transformé en studio de montage. Pendant qu’il farfouillait, j’inspectais sa bibliothèque : celle d’un homme nourri dans sa jeunesse à tout ce que la vieille droite littéraire a pu produire (Morand, Rebatet, Montherlant, Mauriac, Bernanos et aussi Nimier, Blondin…), de grands classiques étrangers et d’autres choses plus modernes, plus récentes. Celle d’un grand lecteur qui, comme ses anciens amis de la Nouvelle vague, les Truffaut, Chabrol, Rivette, Rohmer, était fondamentalement un écrivain raté. Puis il m’installa face à un écran de télévision : « Je viens de terminer la partie de mon Histoire du cinéma pour Canal+ sur le néo-réalisme italien, tout ça… Regardez, vous me direz. Moi, je vais faire mes courses à la Migros ». Et il s’en alla en trainant son caddy, me laissant seul et enfermé. Quand il revint, je visionnais encore. Il s’installa derrière l’écran , alluma un cigare et me regarda regardant. Ce que je voyais, ce que j’entendais aussi quand la bande son et le commentaire étaient le film tout autant que les images, tout cela me stupéfiait par sa beauté, sa puissance d’incantation et la mystique du cinéma qui s’en dégageait. Puis on bavarda toute la journée. A table, comme on feuilletait le dernier numéro de Lire, il s’arrêta sur une rare photo de Maurice Blanchot à la fin de sa vie, cadavérique aux longues mains osseuses, prise à la dérobée sur un parking. Il la regarda, se pencha puis : »« Oh , vous avez vu, Nosfératu…. ». Qui d’autre que Godard…

Cette conservation me revient à la lecture d’un débat lancé hier par Paul Edel dans les commentaires de la « République des livres » sur ce chef d’œuvre que demeure Le Mépris, choc visuel inentamé par le temps, et par les interrogations de Pablo75 ce matin quant à la fidélité de Godard à la littérature plus qu’au cinéma… Retour à 1997…

Les cinquante ans du Festival de Cannes, ça vous fait quelque chose?

Je m’en fiche. Je ne lui dois rien. Je n’y ai jamais rien eu. Pourtant, j’y vais souvent. Quand on a un nouveau film, ça peut le faire connaître. Mais, aujourd’hui, les festivals de cinéma sont comme les congrès de dentistes. Discours, cocktails, repas, banquets, le maire, la femme du maire… C’est tellement folklorique que ç’en est déprimant.

De toute façon, pour vous, tout a commencé par des livres plutôt que par des films, non?

Bien sûr. Il n’y a que des gens comme Claude Lelouch pour se souvenir avoir vu Citizen Kane à 5 ans. Moi, c’était plutôt Les nourritures terrestres. On me l’a offert à 14 ans pour mon anniversaire. C’est comme ça que j’ai découvert la littérature. Il faut savoir que ma famille était très stricte. Autant en emporte le vent et Maupassant y étaient interdits.

La littérature, ça venait plutôt du côté Godard ou du côté Monod?

Plutôt Monod. Ma mère lisait beaucoup. Mais le goût du romantisme allemand me venait de mon père, qui était médecin. Entre 13 et 20 ans, grâce à lui j’ai dévoré Musil, Broch, Thomas Mann. Mon grand-père m’a aussi marqué, beaucoup marqué. Il était banquier à Paribas. C’était un ami de Paul Valéry. Il avait tous ses livres. On appelait sa bibliothèque le «valerianum». Pour ses anniversaires de mariage, je devais réciter Le cimetière marin. J’aimais bien son Tel quel aussi. Moins sauvage que Cioran, mais l’époque était différente. Il avait de belles phrases Valéry, lui aussi.

D’autres écrivains ont compté?

Le Gide des Faux-Monnayeurs, le Green de Minuit etLéviathan, presque tout Bernanos, et puis Chardonne et Jouhandeau. Tout ça m’a marqué. J’allais oublier Malraux, son Esquisse d’une psychologie du cinéma, sa Psychologie de l’artLes noyers de l’Altenburg et puis La condition humaine, un type de roman décrié mais qui me paraît inégalé. Ses articles critiques sur Baudelaire sont également inoubliables. Malraux, vraiment…

Il a eu le bon goût de ne tourner qu’un documentaire, lui…

Peu d’écrivains font du cinéma. Parce que c’est fatigant. En général, un bon écrivain n’a aucune raison de faire du cinéma. Il y a des exceptions, Marguerite Duras par exemple, que j’ai connue pendant deux ou trois ans. Mais elle a un peu trop systématiquement tiré sur la corde de l’originalité. Elle a essayé tous les registres. Et puis il y avait son avarice, son besoin de reconnaissance. Mais elle a fait un très bon film, un vrai film avec un peu d’argent, India Song. C’est mon préféré. Un bon film dans une vie, ça suffit, non? Surtout que c’était une pure littéraire, dans le meilleur sens du terme. Ecrire, il n’y avait que ça pour elle. Ça remplissait une fonction fondamentale. Ecrire, pas filmer.

L’échec de Bernard-Henri Lévy vous a surpris?

C’était sûr. Il n’est pas plus cinéaste qu’il n’est écrivain. Ça doit être un éditorialiste.

Finalement, le fameux trio Cocteau-Guitry-Pagnol a été l’exception plutôt que la règle. On ne voit guère d’autres écrivains de ce calibre qui aient été également grands derrière la caméra…

Cocteau exécutait des figures libres dans des exercices imposés. J’admirais encore plus le cinéaste que l’écrivain en lui. Chez Pagnol aussi. C’est le cinéaste en lui qui a découvert le secret du masque de fer en imaginant que le roi était toujours reconnu dans la rue à cause des pièces de monnaie reproduisant son visage.Unknown

Quel souvenir conservez-vous de votre adolescence?

J’ai énormément lu. Après, j’ai vécu. Mais dans ma vie d’adulte, je n’ai jamais retrouvé les émerveillements que Gide m’avait procurés. Il y a bien eu à 20 ans le choc de Dashiell Hammett et de Thomas Hardy. Jude l’Obscur, ce sont les surréalistes qui me l’ont fait découvrir. Mais depuis, je n’ai eu que des émerveillements de spectateur. Il n’y a guère que la relecture de classiques qui puisse m’éblouir encore.

Et les romans récents, vous les lisez?

Aucun. C’est trop nul. Je préfère l’histoire, les Mémoires, les sciences, la philosophie et surtout les biographies littéraires. Ça m’intéresse ce qu’on croit être les petits côtés des gens, l’attitude de Joyce ou de Conrad vis-à-vis de leur famille. Avant de lire la vie de George Eliot, je croyais que c’était un homme… J’aime bien aussi le journalisme d’investigation quand il est pratiqué par des écrivains, le Truman Capote de De sang-froid, le Norman Mailer de Miami et le siège de Chicago. En France, il n’y a guère que Gilles Perrault. Mon préféré, c’est Un homme à part sur la vie de militant d’Henri Curiel.

A propos, vous avez lu les Mémoires de Brigitte Bardot? Elle vous décrit comme «un intello cradingue et gauchisant» qui conservait son chapeau en toutes circonstances pendant le tournage du Mépris…

Non, non, je ne lis pas ça. Surtout maintenant, après ses déclarations… Avant, je la trouvais plutôt sympa avec ses animaux. A l’époque du Mépris, ça s’est très bien passé, il n’y a eu aucune dispute, c’était très agréable. Ce qu’elle écrit aujourd’hui, ça la regarde. Mais les souvenirs de Bardot, non! Autant lire ceux de Nadine de Rothschild. Je préfère lire les Mémoires de Jean-François Revel. Ou le dernier John Le Carré, ça satisfera mon goût de l’agent double. Je me suis toujours senti double. On ne vient pas de la terre et puis quand même, on y est. Le Carré est un sous-maître qui ne vaut pas Graham Greene, lequel ne vaut pas Conrad… J’ai récemment relu Le rocher de Brighton. Les premiers romans sont souvent les meilleurs, on en revient toujours là. Celui-là, je l’aurais bien tourné. Impossible: il était trop bon. Je ne pouvais pas lui faire ça. Il avait beaucoup de force et moi, je n’en ai pas. Il m’en aurait donné. Quand j’ai adapté Moravia, j’avais de la force: je me suis servi de ses faiblesses pour lui prendre sa base.

Mais vous avez au moins essayé d’en lire, des romans français contemporains?

J’ai essayé. A la gare de Lausanne, j’ai souvent pris des poches sur le tourniquet. Bof… Je fais quand même des découvertes, Léon Daudet, Alexandre Vialatte, Fernando Pessoa, des gens que j’ai lus sur le tard. En fait, je vais peu dans les librairies.

Mais Truismes alors, vous l’avez trouvé comment?

Comme l’éditeur est un ami, j’ai pensé que ce serait bien de prendre une option sur les droits cinématographiques pour deux ans, en ne payant pas trop cher tout en étant correct. Et je me disais qu’un jour, peut-être, je m’y intéresserais…

Mais vous l’aviez lu?

A peine. Ça m’a paru difficile. J’ai essayé de le revendre à d’autres mais ça n’intéressait personne. Dommage que Marie Darrieussecq ne soit pas une cinéaste. Son idée était originale. Elle aurait dû en faire un film plutôt qu’un roman.

godardMais toute la presse a annoncé que vous alliez incessamment tourner le film!

Pas pour l’instant. J’ai relu le roman trois ou quatre fois en tant que producteur et non plus seulement comme réalisateur. Et là, ça m’est apparu non seulement difficile, mais cher. Peut-être qu’il faudrait en faire une pièce de théâtre. Ou une fable. J’ai quelques vagues idées de forme, de mouvement, de moments de scène. C’est trop particulier. A la réflexion, il vaudrait peut-être mieux en faire un dessin animé.

A cause de la métamorphose?

Même pas. Il suffirait de dire que la femme se change en truie. Mais est-ce que ça tiendra une heure avec un récitant? C’est le point commun entre le cinéma et le théâtre: le souci du regard de l’autre, des conditions dans lesquelles il s’exerce. On n’a pas le droit de se moquer.

De se moquer du monde?

De se moquer de soi.

Truismes vous paraît donc inadaptable?

Finalement, c’est peut-être la preuve que c’est un bon livre.

C’est votre théorie générale sur la transposition des romans à l’écran?

C’est ma théorie.

Pas un grand roman qui ait donné un grand film?

Je cherche… non, je ne vois pas.

Lolita, de Stanley Kubrick?

Moyen. De toute façon, Nabokov n’est pas un grand romancier.

Mais qu’est-ce que c’est, un grand romancier?

C’est Mme de La Fayette. En ce moment, je relis La princesse de Clèves pour un projet de film sur l’amour et l’Occident. Balzac, Stendhal, Flaubert, Tolstoï, Dostoïevski, Dickens, Thomas Hardy, Meredith, Virginia Woolf, les grands Américains… Voilà des écrivains, il y en a vingt à tout casser. Ils ont un style, c’est-à-dire un endroit où se pose l’âme, tandis que Günter Grass ou John Le Carré n’ont que du talent.

En vous suivant, on se dit que si Le mépris de Godard a été un grand film, c’est que Le mépris de Moravia n’était pas un très bon roman…

Son seul bon livre, c’était le premier, Les indifférents. Il annonce tout le cinéma d’Antonioni. Alors pourquoi Le mépris? Parce que le producteur Carlo Ponti avait les droits.

C’était un film de commande?

J’ai suscité la commande, comme pour tous mes films. J’avais été moyennement emballé par le roman. Je pouvais donc en faire quelque chose. Quand c’est très bon, on ne peut rien en faire. La preuve: ce que Schlondorff a fait avec Un amour de Swann, ou ce que James Ivory a fait de Henry James avec les Bostoniens ou de E.M. Forster avec Chambre avec vue, c’est nul. Les chefs-d’oeuvre, il faut les lire, pas les tourner. Faire un film avec le Voyage au bout de la nuit, ça n’a pas de sens. Quand on a des romans moyens tels que ceux de Hammett ou de Chandler, on peut tout juste en faire un film. Les rapaces d’Erich von Stroheim est un bon film parce que le roman de Frank Norris ne vaut pas grand-chose. John Ford s’est emparé de La route du tabac d’Erskine Caldwell mais ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux. A une époque, un King Vidor pouvait s’inspirer de Babbitt parce que Sinclair Lewis n’était pas Faulkner.

Pour autant, le cinéma ne s’est toujours pas émancipé de la littérature…

C’est vrai. Mais on peut dire aussi que la littérature, c’est souvent du cinéma. J’entends bien… je vois… c’est clair… Quand les romans disent ça, qui s’exprime? Le juge d’instruction, le savant, le journaliste d’investigation, saint Paul sur le chemin de Damas… C’est la légende d’un film intérieur.

Mais vous n’avez jamais été tenté de porter à l’écran ce que vous admiriez?

Justement, Les palmiers sauvages de Faulkner. J’y ai souvent pensé. J’ai renoncé parce que ça n’aurait pas été bon. Il ne faudrait prendre que l’histoire d’amour fou de ce couple qui sacrifie tout pour sa quête d’absolu, et laisser tomber l’histoire du vieux forçat.

Mais d’où vous vient votre théorie?

J’ai lu des livres et j’ai vu des films. Et puis c’est logique. Quand le travail d’écriture romanesque n’est pas très poussé, quand il souffre d’un défaut d’invention, le cinéma peut s’en emparer et s’en servir comme structure de base sans lui faire de mal. Alors Le rouge et le noir, on ne touche pas.tumblr_monntbV5WL1qkt34fo2_500

Quand vous lisez un roman, vous voyez des images?

Rarement. Si c’était le cas, je serais un mauvais cinéaste. Quel intérêt de voir une jeune fille penchée sur l’oreiller quand on lit Albertine disparue? Si je voyais des images, au sens où Paris Match l’entend, je serais aussi un mauvais lecteur. Il n’y a que Lelouch pour imaginer des plans en lisant Les misérables. Remarquez, il a éliminé le nom de Victor Hugo de l’affiche. Il a dû avoir peur que ça lui enlève des spectateurs, alors qu’on est en pleine médiatisation des noms! Il a dû craindre que ça fasse vieillot. C’est triste d’en arriver là.

Le dilemme trahison/fidélité qui a longtemps agité les adaptateurs doit vous sembler caduc?

On fait ce qu’on veut. Pour Le mépris, Moravia a été gentil. Il m’a dit: «Ça ne ressemble pas, ça va bien.» De toute façon, son avis, je m’en fichais. Je n’allais pas travailler avec lui.

Mais plusieurs de vos films sont des adaptations puisqu’on y trouve, à l’origine, des romans de Benjamin Joppolo, Dolorès Hitchens, Lionel White…

Que des livres quelconques, vous voyez bien…

Vous n’en diriez pas autant de Je vous salue Marie, puisqu’il s’agissait d’un livre de Françoise Dolto…

Mais L’Evangile au risque de la psychanalyse n’était pas un roman! Et je ne lui ai pris que l’idée. De même, pour mon dernier film For ever Mozart, je suis parti d’un article du Monde des livres dans lequel Philippe Sollers disait qu’à Sarajevo sous les bombes, tant qu’à y faire du théâtre, on aurait dû jouer Le triomphe de l’amour de Marivaux plutôt qu’En attendant Godotde Beckett.

Et les deux petits livres que vous venez de publier, c’est quoi au juste?

Pas des livres. Plutôt des souvenirs de films, sans les photos et les détails sans intérêt: «La voiture arrive…» Que des phrases prononcées. Ça donne un petit prolongement. On y trouve même des choses qui ne sont pas dans le film, ce qui est assez fort pour un souvenir. Ces livres ne sont ni de la littérature ni du cinéma. Des traces d’un film, proches de certains textes de Duras.

N’êtes-vous pas un écrivain raté comme tous vos amis de la nouvelle vague?

Truffaut était plutôt un libraire raté et un critique dans la lignée des grands critiques d’art français de Diderot à Malraux, des gens qui avaient un style. C’est vrai que Rohmer et Astruc ont écrit. Mais quand on a vu des films, on s’est sentis enfin délivrés de la terreur de l’écriture. On n’était plus écrasés par le spectre des grands écrivains. Ecrire, j’y songeais au début. C’était une idée mais elle n’était pas sérieuse. Je voulais publier un premier roman chez Gallimard. J’ai essayé: «Il fait nuit…» Je n’ai même pas fini la première phrase. Alors j’ai voulu être peintre. Et voilà, j’ai fait du cinéma.

En passant par l’écriture, tout de même?

C’est vrai, puisque j’ai commencé à écrire sur les films avant d’en faire. Beaucoup de critiques dans les Cahiers du cinéma et dans Arts. Mais je n’envisageais pas le cinéma comme une forme d’écriture. C’était quand même une vision.

Et les scénarios alors?

Il fallait bien prendre des notes pour guider la fabrication du film, mais ce n’était pas écrire. Les scripts américains d’avant-guerre, écrits par des romanciers, avaient une forme qui les rendait dignes d’être publiés. Aujourd’hui, ce n’est pas ça. Ce ne sont plus que des dialogues de théâtre avec de temps en temps «intérieur jour» et «extérieur nuit». Aucun intérêt. On montre ça à des gens pour qu’ils investissent de l’argent dans un film. On se demande ce qu’ils voient quand ils lisent un script. D’ailleurs, ils ne le lisent pas.

En d’autres temps, vous auriez été nettement plus véhément! A 66 ans, la haine culturelle ne s’atténue-t-elle pas un peu?

Elle se manifeste plus rarement, moins violemment, mais elle est toujours là. Vous savez, la nouvelle vague n’avait jamais dit du mal des personnes. Uniquement des oeuvres, et preuves à l’appui.

C’est la lecture de Cioran qui vous a assagi?

Elle correspond à mon penchant pour l’aphorisme, la synthèse, les proverbes. Ce goût me vient peut-être des formules scientifiques. L’aphorisme résume quelque chose tout en permettant d’autres développements. Comme un noeud: il pourrait être fait dans d’autres sens, n’empêche que quand il est fait, le soulier tient aussi. Ce n’est pas la pensée mais une trace de la pensée. Alors Cioran, je le lis tout le temps dans tous les sens. C’est très bien écrit. Avec lui, l’esprit transforme la matière. Cioran me donne une matière dont l’esprit tire sa nourriture.

Mais qu’est-ce qui vous séduit tant dans les aphorismes?

Le côté gare de triage. On y entre, on en sort, on y revient. Si on trouve une bonne pensée, on peut y rester longtemps. Puis on l’emporte avec soi. Pas besoin de tout lire. Pessoa, que j’aime beaucoup aussi, est tout de même très noir alors que Cioran aide à vivre. C’est une autre forme de pensée que la pensée avec un début, un milieu et une fin. Ça ne raconte pas d’histoire, c’est un moment de l’histoire.

On peut voir ce que vous avez coché dans le volume d’?uvres complètes de Cioran?

Des choses comme ça: «Chaque pensée devrait rappeler la ruine d’un sourire»; «Nous sommes tous des farceurs, nous survivons à nos problèmes»; «Tout problème profane un mystère; à son tour, le mystère est profané par sa solution»; «La pâleur nous montre jusqu’où le corps peut comprendre l’âme»; «Tôt ou tard, chaque désir doit rencontrer sa lassitude, sa vérité…» Et puis il y a celui-ci aussi qui me plaît beaucoup: «Objection contre la science; ce monde ne mérite pas d’être connu.» C’est autre chose que les conneries de Georges Charpak. Les scientifiques qui se permettent d’écrire sans savoir écrire, ça non! La logique du vivant de François Jacob, c’était écrit. J’en suis resté à Buffon: le style est l’homme même. Levinas avait de belles idées mais il était incapable de les faire passer à cause du problème de la langue. Popper et Einstein pareil. Il y a une déperdition du savoir-écrire. Alors Cioran… J’avais oublié celle-là: «J’ai perdu au contact des hommes toute la fraîcheur de mes névroses.»

Vous êtes mélancolique?

Rêveur, plutôt. Et solitaire. Trop.

Avec quels créateurs vous sentez-vous une communauté de destin?

Novalis, Nicolas de Staël… Des gens qui sont morts jeunes. Et tragiquement. Aujourd’hui, je me sens surtout proche d’Antonin Artaud. Je l’ai toujours aimé. Quand j’étais étudiant, je louais une chambre rue d’Assas à Paris, à Jean Schlumberger. Un soir, en 1947, André Gide est venu le chercher pour l’emmener à une soirée. «Vous permettez que je vous suive? …» Je me suis retrouvé au théâtre du Vieux-Colombier où j’ai assisté à la fameuse conférence «Tête à tête» d’Antonin Artaud. Il disait qu’il ne savait pas écrire mais qu’il écrivait quand même et qu’il fallait le délivrer en le publiant. Or, j’ai toujours pensé que je ne savais pas filmer. On ne me croit pas parce que j’ai connu le succès une ou deux fois. Or c’est pareil qu’Artaud. La différence, c’est l’argent.

Mais vous souffrez de la solitude?

a solitude n’est pas l’isolement. On est toujours deux en un. Il y a les autres en soi. Quand la solitude devient isolement, c’est dur à supporter.

C’est votre cas?

Un peu.

Mais vous en souffrez?

Un peu…

Mais vous l’avez voulu!

Ben oui. Je trouve peu de partenaires à mon niveau pour jouer au tennis et pour parler après. J’ai besoin de sport, mais pas sous l’angle volontariste. L’important, c’est le mental. Dès qu’on pense qu’on joue, on joue mal. C’est comme la mort de Porthos dans Le vicomte de Bragelonne, quand il a posé son explosif et qu’il revient dans le souterrain. Dès lors qu’il pense qu’il met un pied devant l’autre, il ne peut plus bouger. Parce qu’il a conscience de ce qu’il fait. Le château s’écroule. Comme il est costaud, il résiste plusieurs jours avant de succomber, écrasé par des rochers.

Alexandre Dumas, ça aide pour le tennis?

Heureusement qu’on a les livres et les films. Et encore, les films, on ne les trouve pas, ils sont mal distribués. Le livre, c’est un véritable ami. C’est très seul. Alors que le film n’est un compagnon qu’en pensée. Il faut aller vers lui et passer par une machine. Les livres sont disséminés autour de vous, vous pouvez les toucher.

Que vous donne la littérature que ne vous donnera jamais le cinéma?

Le livre, justement. On peut revenir en arrière. En littérature, il y a beaucoup de passé et un peu de futur, mais il n’y a pas de présent. Au cinéma, il n’y a que du présent qui ne fait que passer. A l’écran, le présent, c’est ce qui vous est présenté au moment où il s’en va. Tout ça, c’est frère et soeur. Ecrire, peindre, penser…: dans cette famille de l’art, le cinéma reste un étranger, un immigré, le serviteur. Il devient l’ami de la famille. J’en suis. Pourtant, je me sens inférieur à tous les créateurs que j’aime. Ça ne me gêne pas. Je sais que je suis dans ce monde-là. Eux ont droit au salon, moi à l’antichambre. Pas parce que je fais des films. Le cinéma est seul alors que les autres sont ensemble. Il vient d’un endroit qu’ils n’avaient pas vu.

C’est pour ça qu’un film et un livre n’auront jamais le même statut?

Je ne sais pas. Un film moyen, un film modeste sera toujours dans le même domaine que les plus grands films. Tout ça, c’est du cinéma. Alors qu’un roman moyen ne relève pas de la même littérature que les grands romans. Je ne me l’explique pas, mais c’est ce que je ressens.

Mais, finalement, que vous aura apporté la littérature?

Une façon de penser plus expérimentale. Le cinéaste pense avec les yeux et les oreilles, le peintre avec les mains. La littérature est un refuge. Elle a approfondi ma vision du monde. Les livres m’ont dit des choses que ne me disaient pas les vivants. La littérature a enquêté sur le monde. En ce sens, elle m’a donné une leçon de morale artistique. Je lui dois ça, une conscience morale. Contre la parole d’Etat, de gouvernement ou de pouvoir, elle est une parole. Non celle des partis mais celle des hommes un à un. Les livres sont écrits un à un. Aussi je fais des films un à un, parce que Kafka nous a demandé de faire du positif avec le négatif. La littérature a été ma marraine. Je la retrouve depuis que je me suis remis intensément à lire. Les films n’apportent plus ce contact avec le réel.

Depuis quand?

Le cinéma a annoncé les camps de concentration, rappelez-vous La règle du jeuLe dictateur… Mais il ne les a pas montrés. C’est la littérature qui l’a fait. Le cinéma a manqué à son devoir, il a failli à sa mission.

Et pour exprimer le bonheur, lequel des deux est le mieux placé?

Aujourd’hui, le cinéma plonge les gens dans l’erreur, dans la satisfaction. Il y a peu à en attendre. Les gens n’en ont pas vraiment besoin. Ils vont au cinéma parce que ça les fait sortir de chez eux. Ça leur donne du romanesque sans effort, très loin et très en dessous de Graham Greene.

A force d’être dans la marge, vous n’avez pas peur de sortir de la page?

Marginal, je le suis. C’est une constatation. Le risque, ce n’est pas de sortir mais de tomber de la page. Avoir le choix entre le suicide et l’ultrapauvreté. Ce n’est pas le cas, mais je n’en suis pas si loin. Car tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Que je sois reconnu comme marge ou comme page pleine, je suis toujours dans le cahier. Pour l’instant…

(« Image extraite du « Mépris » et photos de Godard D.R.)

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1 418 Réponses pour Godard, du côté de la littérature plus que du cinéma

Bloom dit: 23 mai 2018 à 13 h 06 min

Il ne faut pas plaisanter avec l’antisémitisme, Bloom.

C’est à moi que tu dis ça? Elle est où l’étoile jaune de ton père et la fausse carte d’identité de ton oncle Goldstein qui porte le nom de Delamarre?
Tu te moques?

christiane dit: 23 mai 2018 à 12 h 51 min

@Clopine Trouillefou dit: 23 mai 2018 à 11 h 58 min
Merci, Clopine, pour ce très beau texte nous racontant l’histoire de Quenotte.

rose dit: 23 mai 2018 à 12 h 48 min

La vanité te perdra. Et les excuses aussi. C’est sympa de parler du bruit qui te perturbe, du froid qui te dérange, ou des coéquipiers qui doivent être meilleurs, mais l’introspection, c’est bien aussi. Tu l’apprendras peut-être un jour, mais les plus grands joueurs ont eu l’ego de croire en eux, mais l’humilité pour savoir le chemin à parcourir pour progresser. Le tout, en encaissant les coups et en n’oubliant jamais qu’il s’agit d’un sport COLLECTIF.

Ambre Godillon nous connaît, les bloggueurs de la RDL.

N’empêche, un qui ne fera pas de rab. ce n’est pas le premier, il y a Benzema qui s’est grillé d ela plus belle manière, braque le projecteur sur un qui sait gérer son staff.
Zidane, marseillais est talentueux pas seulement en tant que sportif mais en tant que meneur d’hommes et j’ai une franche admiration pour lui.

Maintenant, au même titre que les joueurs qui ont à respecter leurs entraîneurs, leur équipe, leurs camarades, ne se pourrait-il pas que les élèves, eux, respectent leurs profs ?

Parce que toute la déliquescence à laquelle nous assistons, démunis, d’un côté des selfies joue à joue avec des amuseurs publics et de l’autre des assassinats, viols et main arrachée, braquage dans les cités et j’en passe, cela vient bien de l’irrespect que depuis trente ans les élèves vouent aux profs, non ? Cette immense gabégie actuelle.

Merci Clopine, me suis régalée à vous lire.

christiane dit: 23 mai 2018 à 12 h 38 min

@Jazzi dit: 23 mai 2018 à 10 h 16 min
je ne me souviens que de Maniatis (dont je tairai le nom). Je l’ai rencontrée. Femme discrète, immensément cultivée et esthète qui estimait beaucoup Màc et l’a hébergé quelques mois avec beaucoup d’amitié et de sollicitude avant sa dernière hospitalisation. Je ne me souviens pas d’autres femmes à part la fille de Màc, si fraîche et émouvante. En ma mémoire, aucune rencontre avec lvdb sauf si c’est un pseudo d’une personne que je connais sous une autre identité, homme ou femme. Je pense qu’elle pourrait être autre dans la vie réelle, jouant ici, le rôle d’un rouleau compresseur…

rose dit: 23 mai 2018 à 12 h 27 min

s’est opérée avec Ugolin de Cramoisan, un vrai de vrai, celui-là, ne rechignant jamais au devoir

franchement, cette phrase là, elle est plutôt formidable.
Le devoir m’attend.
Lui a fait ses classes.
Le veto. on doute encore.

rose dit: 23 mai 2018 à 12 h 25 min

un âne vit 25 à 30 ans à l’état sauvage. La femelle peut être mise au mâle vers trois ans.

rose dit: 23 mai 2018 à 12 h 23 min

treize mois de gestation, crénom !

Quenotte, chez nous c’est une petite dent chez les enfants
Ugolin c’est celui qui est amoureux de Manon après lui avoir bouché sa source : le dadais.

Franchement les noms des ânes c’est quelque chose…

Janssen J-J dit: 23 mai 2018 à 12 h 17 min

si je peux ajouter ma modeste graine spermatique à tous ces développements champêtres, je ferai l’hypothèse que la rupture du blog de CT (pour cause d’absence totale de visites) a provoqué une descente de matrice de la même sur la rdl, laquelle ne demandait apparemment qu’à se déverser. Mais à trop l’encourager sur cette voie, la défense de la littérature germanopratine risque d’en pâtir durablement.

rose dit: 23 mai 2018 à 12 h 17 min

C’est Dagobert qui est mort, le grand noir du Berry. On était là. Alors, Clopine, vous avez acheté Quenotte au gars qui avait la superbe jument blanche ? Merci de votre récit très détaillé !

rose dit: 23 mai 2018 à 12 h 05 min

le problème vient de la gémellité. pas de l’âge de l’ânesse. je fais toute confiance à Clopine.
La dernière chèvre que j’ai vue pleine c’était impressionnant. Elle n’était pas une chèvre du Rove grande et mince, mais une petite brune trapue.
je vais sur min grand ordi.

Clopine Trouillefou dit: 23 mai 2018 à 11 h 58 min

Eh bien, ô parisiens et autres erdéliens d’origine inconnue, voici ce que je peux vous raconter de plus.

D’abord, Quenotte n’est pas une jeunesse. Nous l’avons achetée il y a une dizaine d’années, car Nanette, la si douce Cotentine, était morte, et nous voulions une femelle pour notre Grand Noir, Dagobert… Nous étions inexpérimentés quand nous avions acheté Dagobert : nous ne nous sommes absolument pas rendus compte de notre chance : Dagobert était un mâle entier, mais malgré cela son caractère était doux et il n’usait jamais de violence envers les femelles. Seule Nanette avait eu maille à partir avec lui, une seule fois (j’ai raconté cela dans une nouvelle, « ma soeur âne », bref.)

Mais pour nous, Dagobert a été le plus merveilleux compagnon que l’on puisse rêver, docile, robuste, obéissant et affectueux.

Quand Nanette est morte, de mort naturelle, nous sommes descendus dans le Berry pour trouver une Grande Noire. Nous étions logés à l’Auberge des 7 soeurs à Touchay. L’âme du peintre Utrillo, qui fut envoyé dans la région pour guérir de son alcoolisme et qui a peint tout ce qu’il voyait, rôde encore dans le coin… Et Nohant semble prêt à toucher (sic), tant ici les Berrichons montrent à la fois leurs vertus, et leurs limites.

Nous avons visité toutes sortes de fermes, rencontré toutes sortes d’âniers : de fermettes impeccables où les animaux sont savamment gérés dans des pâtures encloses, aux barrières fraîchement repeintes en blanc, à des masures improbables, où il me fallait prendre une contenance quand l’hôte affable nous proposait un coup, tant le verre qu’il nous tendait de bon coeur n’avait pas vu depuis quelques années la moindre eau de vaisselle. Toute la vie concentrée dans une seule pièce, cuisine-chambre, qui me semblait contenir la crasse inouïe de dix générations, alors que, simplement, depuis le décès de la mère, le fils n’avait plus touché une seule éponge, ni donné un seul coup de balai. Il vivait à côté d’une pile, (y’a pas d’autres mot) de micro-ondes entartrés et déglingués, posés les uns sur les autres… et avait, dans son pré, la plus belle jument blanche que j’ai jamais vue, une bête splendide et dans une forme et une santé qui dénotaient le soin qu’on en prenait… Bref, nous avons remonté Quenotte, de nuit, accueillis par les yeux ronds des enfants présents cette nuit-là à Beaubec et qui éclairaient la scène, ma foi, aussi bien que les phares de la Kangoo.

Quenotte a donné plusieurs petits à Dagobert, que nous avons vendus suivant notre mode, c’est-à-dire en « sélectionnant » (le mot n’est pas trop fort) les acheteurs. Pas question, à Beaubec, de céder même contre gros billets notre bête à des ignorants qui la laisseraient pourrir quand l’enfant, par exemple, n’en voudrait plus, ou qui en feraient un objet de dérision – comme lors de ces ignobles « fêtes champêtres » où des imbéciles font « la course à l’âne », blessant la bouche de l’animal en tirant sur les rênes en même temps qu’ils l’éperonnent de coups de talon sur les flancs (soit deux ordres totalement contradictoires, qu’aucune bête au monde ne peut comprendre, bref.)

Dagobert parti, nous avons racheté un Grand Noir, le beau Diego à l’oeil de velours, et au caractère aussi paisible et affectueux, sinon plus, que notre défunt mâle. Mais nous n’avons pas racheté d’étalon : Dagobert, nous le savions désormais, était exceptionnel, car il n’est pas rare que les étalons soient très difficiles à gérer, impétueux et violents… Clopin a beau avoir de la ressource, et les muscles de ses bras être toujours aussi efficaces, il ne s’en « ressentait pas » de gérer un pensionnaire difficile de caractère. Nous n’avons pas voulu prendre de risque. Aussi notre gentil Diego, superbe Grand Noir, est-il un hongre…

Nous avons cependant voulu, pour des raisons génétiques, faire saillir notre ânesse. Nous faisons en effet partie de l’association de sauvegarder des Grands Noirs du Berry, (l’A.A.F.G.N.B., ici même : http://www.ane-grand-noir-du-berry.fr/) qui tente de préserver la qualité des ânes berrichons. Et ceci passe par la diversité des gènes : or, les éleveurs sont de moins en moins nombreux à gérer les étalons, pour les mêmes raisons que nous. Le patrimoine génétique s’appauvrit du même coup. Il n’y a plus guère qu’une poignée d’étalons chez les Grands Noirs… Notre Quenotte de la Brande, à ce point de vue, est fort précieuse : si elle avait mis bas un petit mâle, et si nous avions trouvé un acheteur acceptant de ne pas le castrer, ç’aurait été tout bénéfice pour la race…

Surtout que la saillie de Quenotte s’est opérée avec Ugolin de Cramoisan, un vrai de vrai, celui-là, ne rechignant jamais au devoir et appartenant à de bons amis à nous, extrêmement exigeants sur la qualité de vie de leurs ânesses et ânes, (produisant des alicaments et produits dérivés bio, achetés par des groupes pharmaceutiques pour les besoins spécifiques de certaines maladies rares, bref).

Tout était prêt, donc, et nous étions, Clopin et moi, et d’autres amis autour, si contents que nous en avions oublié nos peines, comme le transport et la gestion des animaux pour les saillies, le prix des soins et le souci des différentes formalités administratives à accomplir pour inscrire notre petit monde aux haras nationaux (ou à l’organisme qui les remplace, car c’est comme tout ma brave dame, on brade le patrimoine partout, bref derechef.)

Et nous avions commencé d’attendre.

Longtemps.

La gestation des ânesses se compte en année, à laquelle vous rajoutez un mois.

Nous savions d’expérience combien Quenotte était une bonne mère, -elle va, à la naissance, protéger son petit mordicus, et ne concède qu’à Clopin (et un peu beaucoup moi aussi) le droit de l’approcher; nous étions « avec elle », quoi, d’esprit et de coeur, remerciant toujours nos bêtes « de somme » de partager ce pacte millénaire, à savoir accepter leur servitude à nos désirs, contre (au moins chez nous) les meilleurs soins possibles…

Je suis descendue seule à la Foire de Lignières : Clopin restait près de Quenotte, tant la mise bas était imminente. Nous avions presque choisi le prénom qui devait commencer, cette année, par un « I »…

Que l’imbécile âne humain qui a sous-entendu, ici, que nous étions Clopin et moi des irresponsables lève la main. J’aurais grand plaisir à lui envoyer mon âne-bête, comme on dit, notre grand Diego, lui botter le cul.

Janssen J-J dit: 23 mai 2018 à 11 h 53 min

au fait, Jazzman, 10.10, comment s’appellent les backrooms pour les gouines, euh, pour les copines, veux-je dire ? Me souviens plus très bien s’il y avait eu un vétérinaire pour véler une ânesse dans la tache, vous souvenez… les aventures de Silk Coleman et de la fermière Faunia, mais je crois pas, c’étaient plutôt des vaches banales, me semble-t-il. Bon rétablissement à la bête normande, & bravo Colpin, quel courage ! Donc, les cheveux du héron cendré Louis, décevants ? La déception serait de mise, même pour le fan club ?
Oui, il existe sa photo sur le Net, plutôt pas mal d’ailleurs contre toute attente, mais l’entreprise est pas facile à trouver, faut déjà connaît’ son vrai patronyme et sa géolocalisation.

Chantal dit: 23 mai 2018 à 11 h 09 min

ou une photo de lui avec philippe roth sur sa clef usb, si ce n’est un ancien entretien du magasine lire, reste le titre :

Une tache à l’encre sympathique.

Bihoreau duc de Bellerente dit: 23 mai 2018 à 10 h 55 min

Le décès de Philip Roth règle la question de l’attribution du Nobel. Ou la règle t-il vraiment ?

D. dit: 23 mai 2018 à 10 h 44 min

Clopine, votre vétérinaire a-t-il fait une piqûre de calmant quelques temps avant de débuter l’échographie ? C’est indispensable pour la pratiquer correctement sans risquer le coup de patte. L’anesse dort un peu, pas totalement inconsciente et reste debout.
J’aime les animaux et notamment les ânes et je suis sincèrement désolé de ce qui est arrivé.

Jazzi dit: 23 mai 2018 à 10 h 34 min

Cette histoire de gémellité due au sperme du mâle est un peu douteuse, non ? La recrudescence des jumeaux chez les humains, n’a jamais été attribuée au sperme des hommes, me semble-t-il, mais plutôt à l’usage des pilules contraceptives…

La vie dans les bois dit: 23 mai 2018 à 10 h 21 min

Allez y bas rosis remettez deux jetons dans le nourrin et encucultez-vous, on veut du spectacle.

La vie dans les bois dit: 23 mai 2018 à 10 h 19 min

Faire engrosser une jeune anesse sans se préoccuper de sa santé au préalable, c’est de la maltraitance animale.

Jazzi dit: 23 mai 2018 à 10 h 16 min

Personne ne peut imaginer que Clopine soit LVDLB, rose. Au demeurant, à ma connaissance, je n’ai jamais rencontré LVDLB. Encore que j’ai un doute. Christiane, te souviens-tu de la personne que Lazzarillo nous a présenté lors de la cérémonie de crémation au Père-Lachaise de Màc, et qui signait jadis sous un autre pseudo ?

rose dit: 23 mai 2018 à 10 h 14 min

Ici je ne suis la copine de personne.
Ça, même un peu obtus, on avait réussi à le comprendre.
D’ailleurs, toute tentative d’amadouement se solde par le coup de pied.

Polyphème non plus n’est pas le copain de personne.

rose dit: 23 mai 2018 à 10 h 10 min

Ou bien que c’est l’époque qui veut ça.
Je vais finir par boycotter le cinoche. Foi de rose.

rose dit: 23 mai 2018 à 10 h 09 min

un peut être à côté, lui donner de l’herbe pendant que le.veto ausculte. je ne sais pas moi ; n’ai pas fait mes classes de veto.

Mais hier Charley, il ne monte pas sur le cheval ce qui ne l’empêche pas de manquer d’expérience.
Les cinéastes, aujourd’hui ont besoin de coller des trucs atroces dans leur film sous prétexte que c’est d’époque.

Clopine

encore avez-vous eu la chance que le débat ne soit pas mené par Assouline.

rose dit: 23 mai 2018 à 10 h 03 min

elle est jeune Quenotte. ils l’ont acheté il n’y a pas longtemps quand le.grand ancêtre est mort.

rose dit: 23 mai 2018 à 10 h 02 min

je confirme Clopine. vous n’êtes pas lvdlb.
dites, on me ba pas faire haro sur le.veto, je pense qu’un petit peut être caché derrière l’autre, mais a-t- il fait ses classes, votre veto ?

Jazzi dit: 23 mai 2018 à 9 h 58 min

JJJ faisait un jeu de mot, Clopine, rien de plus.
Avec deux ânons dans le ventre, vous ne vous étiez pas rendu compte, Clopin et toi, qu’elle était enceinte ? Ne faudrait-il pas la stériliser ? Quel âge a-t-elle ?

Clopine Trouillefou dit: 23 mai 2018 à 9 h 57 min

De nota : oui, bien sûr, ce sera la réaction toute faite à propos de Roth. Mais cependant, cette « idée reçue » est pourtant juste. J’attends avec impatience (dans la journée ?) la réaction de notre hôte…

PS : Edouard Louis a les cheveux teints façon Steevy (ex-Loft story), d’un blond disons agressif, et une coupe « à la footballeur », bien dégagée derrière les oreilles. Le tout surmontant un corps ma foi plutôt athlétique, engoncé dans une chemise fleurie « près du corps », contrastant avec la douceur de la voix. Bigarré telle une cerise, le jeune homme.

Clopine Trouillefou dit: 23 mai 2018 à 9 h 51 min

Jazzi, pourrais-tu confirmer que je ne suis PAS la vie dans les bois ? Parce que, pfff….

Clopine Trouillefou dit: 23 mai 2018 à 9 h 47 min

Merci à ceux et celles (surtout « celles », d’ailleurs…) qui ont manifesté de l’intérêt et de la compassion pour mon ânesse. Quenotte se remet bien, les tissus blessés commencent à cicatriser et elle est suivie par le vétérinaire qui a « loupé » les deux coûteuses échographies effectuées l’année dernière… pour vérifier qu’il n’y avait pas de gestation géméllaire (ben voyons).

A ce sujet, le vétérinaire, qui se sentait tout de même un peu « merdeux », y’avait de quoi…, nous a dit : un, que c’était souvent le sperme du père qui était responsable des jumeaux (? Est-ce vrai ? Je n’en sais rien…), deux, que la difficulté de l’échographie provenait de l’inconfort dangereux de l’examen : la crainte des « coups de pattes » de l’animal l’ayant empêché de visualiser complètement, à fond, l’utérus de l’ânesse… Et il pense qu’à la deuxième échographie, où normalement on voit le coeur battre, le second coeur était caché par le premier. Le remède ? Aller faire passer les échographies dans un endroit où un manège avec barres d’immobilisation existe, pour que tout risque d’accident soit évité et donc disposer de tout le temps requis pour un examen indiscutable.

Nous en prenons note, mais cela ne nous rend pas le petit ânon qui devait gambader dans les prés, porteur en plus, si c’était un mâle, d’un profil génétique intéressant pour la race, et surtout si beau…

C’est Clopin qui a sauvé la vie de notre Quenotte, qui tentait sans doute depuis des heures de mettre bas et s’épuisait dangereusement : au matin, il a dû l’aider en tirant l’un, puis l’autre. des morts-nés… Ca n’a pas été les moments les plus agréables de sa vie, à lui non plus… Mais Quenotte est sauvée et bien suivie (antibiotiques, anti-montée de lait, prévention de la descente de matrice, surveillance…) c’est l’essentiel !

Hier je suis allée à la tournée de promotion du dernier livre d’Edouard Louis, à l’Armitière à Rouen. J’en suis ressortie avec des sentiments si mélangés qu’il va me falloir ranger un peu tout ça, j’en ai peur. J’ai aussi, j’en ai eu conscience mais j’ai passé outre, « monopolisé » le micro (j’ai osé posé TROIS questions…) ce qui fait qu’on me l’a plus ou moins arraché des mains (non j’exagère encore, disons qu’on me l’a un peu subtilisé, ahaha.)

Comme vous ne pouvez pas le faire ici, où il n’ y a pas de micro mais une sorte d’équivalent, j’en profite, wouarf !

Sinon, Philip Roth n’aura donc jamais le Nobel de littérature. Shame of you, les suédois !

Jazzi dit: 23 mai 2018 à 9 h 38 min

Ne dites pas de mal de ma copine LVDLB. La seule, ici, avec moi, à avoir parlé (en bien) de « L’homme qui tua Don Quichotte ». Un évènement culturel de premier ordre, qui a demandé 25 ans d’efforts et de ténacité à Terry Gilliam, qui y a laissé sa santé !

Janssen J-J dit: 23 mai 2018 à 9 h 34 min

…. surtout dans une tranche de foie remise au frigo et donnée à manger à la famille. Et voilà comment on entre en Rothie, et comment on n’en sort plus jamais. Et aujourd’hui, il y a du grand vide, mais ‘Patrimoine’ surnage avec lequel nous autres proches des EHPAD, nous nous consolons de nos vieux retombés en enfance… Et puis la trilogie américaine dont La tache. On est un peu triste bien sûr, mais heureux, se dit-on : PR aura réchappé à la punition des nobelles quand on voit ce qu’ils sont devenus, après bob morane, aurait eu bonne mine ! Un comb’… Et Josyane prépare sa nécro…, chacun vaque à sa tâche. Je pense que son amitié était réelle, moins frelatée qu’avec celle de l’autre Philippe.
BJ quand même à toussent.

La vie dans les bois dit: 23 mai 2018 à 9 h 30 min

Et Gombrowicz, homo qui ne s’assume pas, a trouvé son brokeback mountain parmi les farmers d ‘Argentine; surement un gars de la secte de la langue trouée qui fait seulement des trous la ou ceux , en pamoison, en ont deja un .
Ciao les cuculapraline.
Ci vediamo.

La vie dans les bois dit: 23 mai 2018 à 9 h 22 min

Faire de Gombrlwicz le chantre de l’individualisme et fors ce « toutpoursagueule  » point de salut pour ceux qui choisissent leur vie et ne la subissent pas, pas plus qu’ils ne repondent aux diktats des abrutis du web zero,
tousstralala pour se faire mousser en virtuel, pas le tempo.

Jazzi dit: 23 mai 2018 à 9 h 14 min

Oui, renato, et ce n’est pas parce qu’il acceptait mal son homosexualité, qu’il faut en faire un homophobe. Il tenait Genet pour l’un des plus grands écrivains-poètes du XXe siècle.

Jazzi dit: 23 mai 2018 à 9 h 08 min

Il ne faut pas plaisanter avec l’antisémitisme, Bloom.

De même, j’ai été choqué de voir la presse faisant largement écho hier au témoignage douteux du complice de l’assassin de Mireille Knoll, pour « absoudre » celui-ci de crime antisémite !

« Alex C. a retiré certaines des déclarations sur lesquelles la justice s’était appuyée pour retenir le mobile antisémite dans l’enquête sur le meurtre de Mireille Knoll. Le suspect maintient toutefois que son complice Yacine M. a déclaré «Allah Akbar» en égorgeant sa voisine octogénaire. »

Bloom dit: 23 mai 2018 à 8 h 52 min

Baroz, ce n’est pas moi qui le dit, c’est une expo sur lui à la NY Library, l’équivalent de la BPI. Une émission de France culture dans les Nuits de FC diffusée récemment et consacrée aux écrivains de la Beat Generation, Les voix de l’Amérique (1973) y fait également allusion.

Quelques heures après la mort de Philip Roth, pas franchement evie de polémiquer. The Human Stain est pour moi davantage qu’un simple livre.

renato dit: 23 mai 2018 à 8 h 49 min

J’aime beaucoup les crétins qui s’en prennent à l’individualisme, ils sont vaguement réactionnaires sur les bords et comiques malgré eux.

christiane dit: 23 mai 2018 à 8 h 44 min

Bonjour Rose,
« Testament », j’ai bien aimé. Lecture facile puisque sous forme d’entretien entre W.Gombrowicz et D. de Roux. Mais le plus riche c’est le « Journal » (2 tomes en livre de Poche Folio – 2767- 2768 -), « Ferdydurk », c’est déconcertant, difficile mais passionnant.
Ce qui est épatant chez vous c’est cette modestie liée à une soif de connaître, réelle. Vous LISEZ puis vous exprimez votre ressenti. c’est ce que j’appelle de l’honnêteté et la construction d’une culture solide.
D’autres pédants ne voulant pas renoncer à leurs « a priori » négatifs préfèrent passer outre la lecture et continuer à aligner des sottises… ou se réfugier dans la recherche de liens qui pullulent sur internet. C’est ce que j’appelle un vernis de culture qui craquèle avec le temps.

Jazzi dit: 23 mai 2018 à 8 h 37 min

« Ttes les réserves d’ eau, puits, citernes, barrage, sont pleines. »

Que demande de plus le peuple-paysan-jardinier, rose !

rose dit: 23 mai 2018 à 8 h 19 min

jazzi

ai vu cela le soir tard sans savoir l’ heure. Ici aussi tous les jours. vais déboucher les canalisations ce matin. Ttes les réserves d’ eau, puits, citernes, barrage, sont pleines.

rose dit: 23 mai 2018 à 8 h 14 min

christiane
ai vu 40 mn.
pas encore lu Borges non plus, une sommité en Argentine.
Les femmes nous faisons trop la cuisine ? Boeuf au gingembre ou porc à l’ ananas ?

Il aurait pu trancher ds l’ imitateur de Gardel, le jatdiniet au doigt d’ honneur et le chauffeur de taxi pui lui proposecde le tuer. Anecdotes triviales qui n’ enlèveront rien à la gentillesse des argentins, telle la douceur angevine.
Tout le reste est littéralement passionnant, des anciens amis, la fille du peintre à la visite de sa belle chambre lumineuse.
Merci.
Je reprendrai plus tard.
vous parlerai du rio de la plata. Buenos Aires n’ est pas au bord de l’ océan mais dans l’ estuaire immense du rio.

renato dit: 23 mai 2018 à 8 h 13 min

C’est bien la première fois que j’entends le mot antisémite associé à Kerouac, Jacques.

Jazzi dit: 23 mai 2018 à 8 h 00 min

« Et hier, entre 15h30 et 16h30 ai fait un affreux cauchemar sur un fleuve en crue »

C’est l’heure où un violent orage s’est abattu sur Paris, rose !

renato dit: 23 mai 2018 à 8 h 00 min

PS à 22 mai 2018 à 7 h 53 min

Ce n’est pas un secret, certes, mais il vaut néanmoins mieux le rappeler : je n’aime pas les réactionnaires et les passéistes ni les songe-creux de profession qu’incapables d’apporter du bon dans le présent, prophétisent de merveilleux lendemains. Dans le lot de ces derniers, les plus intéressants sont ces personnages de feuilleton qui occupèrent ce grand terrain de jeu qui fut 68, car accablés par la complexité du monde, ils sous-évaluèrent les techniques de gouvernement de la subjectivité ; victimes de l’incomplétude des attributs fallacieux de leur militantisme, ils ignorèrent les processus de démocratisation qui occupent l’espace public depuis la fin du XVIIIe siècle en favorisant l’éducation et le divertissement (usage du temps libre), ainsi que les modalités privilégiées d’accès aux connaissances alternatives ; ils sous-évaluèrent la surcharge sensorielle de modes vite oubliées et des drôles d’épaves idéologiques non nécessairement fondés sur des contenus de vérité ni sur des informations adéquatement intégrées — l’objectivité déployée dans un contexte aliéné en fonction d’aspects du présent qu’ils tenaient pour relevant —, empruntés par-ci et par-là : Marx, Mao, Minh — Hô Chi —, Marcuse ; séquence qu’en ajoutant Mussolini, pourrait se transformer en chronique satirique d’une révolte, et que l’on ne me dise pas que j’exagère, parce que reste vivace le souvenir de toute une panoplie des poncifs les plus éculés débités par des personnages qui ne s’inquiétaient point du vrai et du faux, ainsi que de leurs schizophréniques radotages en à mont d’inventions de déconcertantes nécessités auxquelles il fallait adhérer passivement à l’état des choses, en d’autres mots : se conformer.

Bérénice dit: 23 mai 2018 à 7 h 54 min

Un zaddiste grièvement blessées, main, après avoir ramassé un objet fumigène. Comment va t il ?

Bérénice dit: 23 mai 2018 à 7 h 39 min

Recueillons nous et disposons des fleurs et des grappes qu’un défunt abandonne. Eau bénite, poignées de terre jetées sur la boîte, temps s’effilochant comme un mauvais nuage.

rose dit: 23 mai 2018 à 7 h 22 min

RIP Philip Roth

christiane

me suis régalée à l’INA.
je ne comprends pas un mot ; lorsque sa femme parle de lui, ensuite, il réplique ta pensée eet trop (…) et je ne sais si c’est évasive.

ai reçu thomas hardy hier.
suis dans l’auberge.

christiane hamlet et paul croyez-vous que commencer par Testament serait judicieux ?

des trois singes, un me parle beaucoup, il a ses deux mains sur la bouche, il se manifeste pas mal ces temps, pour mon plus grand bonheur.

moi, rose, je ne suis pas usée ; mais ces temps aussi, j’ai mal partout, au dos surtout. Je relie cela au fait de ranger, trier, jeter des monceaux de papiers, seconde tranche.
Et hier, entre 15h30 et 16h30 ai fait un affreux cauchemar sur un fleuve en crue eau rouge orangée, énorme, je guidais les évacuations à la perpendiculaire du fleuve pour passer au dessus se mettre à l’abri et un petit garçon, sept à huit ans se dirigeait vers le bas, droit au fleuve. Et là, il y avait un trou rectangulaire comme une bouche d’égoût où on pouvait se faire aspirer dans /par/sous le fleuve.
Je me suis réveillée mal, de la sieste, sur le canapé du grand salon, avec ce petit garçon je ne sais pas où il est passé.

Alors, quand Philip Roth nous a anonncé, je n’écris plus, il nous annonçait sa mort ?

Jazzi dit: 23 mai 2018 à 7 h 14 min

Jamais rien lu d’antisémite sous la plume de Jack Kerouac, Bloom. Dans Les clochards célestes, Alan Ginsberg est souvent évoqué, sous un autre nom, comme un poète singulier et un bon copain.

La vie dans les bois dit: 23 mai 2018 à 7 h 03 min

@ »cet écrivain majeur qu’elle n’a pas lu et qu’elle se permet de juger avec malveillance. »

Ce n’est pas cette video complaisante de « toutpoursagueule » en Argentine, faux dandy aristocrate qui trouve la misere plus belle au soleil, mais voyeur cynique et « encuculteur » qui me fera changer d’avis.

Bloom dit: 23 mai 2018 à 7 h 02 min

Goodbye, Philipbus! Quelle chance ils ont au paradis! Quelle chance nous avons d’avoir encore toutes ces oeuvres à lire et relire!

Widergänger dit: 23 mai 2018 à 1 h 32 min

Le Dictateur, de Chaplin, c’est de 1940, donc sept ans après l’ouverture du premier camp à Oranienburg. Et le film de Chaplin n’évoque guère les camps de concentration en Allmagne. À l’époque du Dictateur, le pauvre Mühsam était mort depuis le 10 juillet 1934 !

Mais pour en rvenir au Mépris, il me semble que la présence de Fritz Lang n’est pas purement décorative dans ce film mais que l’esthétique même du film de Godard, en dépit de tout ce qui le sépare du classicisme de Lang, se rattache en réalité de manière plus profonde qu’on ne pourrait le penser a priori à un aspect central du cinéma de Fritz Lang. C’est que les personnages de ses films sont surtout des personnages qui partent à la poursuite d’une certaine vérité, ou qui cherchent à imposer une certaine vérité, des êtres sûrs d’eux-mêmes et, chez qui, d’un seul coup, le doute s’installe.

C’est le cas du personnage joué par Jack Palance. Il prend souvent l’attitude du prêcheur sûr de lui, avec le doigt levé vers le ciel comme dans les enluminures du Moyen-Âge pour les représentations des prophètes, le doigt levé au ciel, vers Dieu. Il sort même un ptit livre rouge (!) qui parle du savoir du non savoir ou du savoir suprême qui est de savoir qu’on ne sait pas. C’est un producteur apparemment très langien. Mais bien vite il en est aussi la parodie, l’excès, par ds attitude emphatiques, violente, ne sachant plus où il en est ni se qu’il veut : il ne veut pas de scènes de sexe, mais Le Mépris commence par une scène de sexe. Il y a ainsi dans le film de Godard, comme dans les films de Fritz Lang, une disharmonie entre ce qui est montré et ce qu’on dit qu’on veut montrer, entre l’histoire (la diégèse, l’énoncé, le contenu) et le processus filmique par lequel on montre, c’est-à-dire l’énonciation, entre le conscient et l’inconscient. Et le spectateur occupe cette place centrale, comme dans les films de Fritz Lang, tiraillé entre l’énoncé et l’énonciation, entre son désir d’être dans l’histoire par identification et son regard en tant que spectateur de film dans une salle de cinéma. Il devient ainsi lui-même à la fois cette vérité qui se cherche et ce doute qui s’immisce dans chaque plan jusqu’à la fin pour le conduire à la mort, qui est aussi la mort du film, sa fin.

Toute cette métaphysique de la vérité, cette épistémologie, se place par ailleurs sous l’égide de Hölderlin et du personnage ambigu d’Ulysse, ainsi que des dieux de carton pâte. Avec au milieu Fritz Lang, humilié et en majesté, tenaillé entre la méprise et le mépris, la mauvaise prise et la bonne.

Widergänger dit: 22 mai 2018 à 23 h 52 min

Le cinéma a annoncé les camps de concentration, rappelez-vous La règle du jeu, Le dictateur… (Godard)
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Là, je pense qu’il a raté un épisode parce que le premier camp de concentration a été ouvert au nord de Berlin à Oranienburg dès 1933 dans une ancienne brasserie, dont on peut voir encore quelques murs et une plaque co.mmémorative rappelant le martyre de Mühsam. Le journaliste et écrivain Erich Mühsam (il était Juif; c’est lui qui avait écrit un papier sur une conférence de Husserl à Berlin) y a été torturé et pendu par les S.A. à une espagnolette, et dès 1934 le camp de Dachau. Donc, là, Gogo, il s’est complètement planté.

J’aimerais bien savoir aussi ce qu’il entend par montré. Il y a quand même eu Nuit et Brouillard, d’Alain Resnais, avec tous ses défauts, tous ses manques et confusions, mais c’est en 1956. Il semble l’oublier. Là, il s’est encore planté.

En plus, dans le scénario original du Mépris, l’assistante du producteur Giorgia Moll était sensée être une Juive rescapée d’un camp d’extermination. Et puis il l’a supprimé du scénario.

À propos du genre du métafilm, auquel appartient Le Mépris (1963), je signale qu’un autre métafilm, Les Ensorcelés, de Vincente Minnelli (1952), avec notamment Kirk Douglas et Lana Turner, est sorti en DVD en 2012.

Pour en savoir plus sur le genre, lire le bouquin de Marc Cerisuelo, Hollywood à l’écran, où il consacre un chapitre à Godard; il brosse un panorama co.mplet du genre depuis Chaplin, qui l’inaugura. On peut ainsi comparer Godard à une tradition filmique dans laquelle il s’inscrit.

Il est aussi l’auteur d’un bouquin sur les courts métrages de Godard.

Ce qui fait aussi la beauté de ce film de Godard, et qui le rend même bouleversant, c’est l’apparition pour la dernière fois de Fritz Lang.

Certains ici connaissent peut-être le bouquin de Reynold Humphries, Friz Lang cinéaste américain1982, aux éditions Al.batros. Il est l’auteur de 42 films, dont je ne connais que quelques-uns, à peine un dizaine.

Widergänger dit: 22 mai 2018 à 23 h 39 min

Le cinéma a annoncé les camps de concentration, rappelez-vous La règle du jeu, Le dictateur… (Godard)
___________
Là, je pense qu’il a raté un épisode parce que le premier camp de concentration a été ouvert au nord de Berlin à Oranienburg dès 1933 dans une ancienne brasserie, dont on peut voir encore quelques murs. Le journaliste et écrivain Erich Mühsam (il était Juif; c’est lui qui avait écrit un papier sur une conférence de Husserl à Berlin) y a été torturé et pendu par les S.A. à une espagnolette, et dès 1934 le camp de Dachau. Donc, là, Gogo, il s’est complètement planté.

J’aimerais bien savoir aussi ce qu’il entend par montré. Il y a quand même eu Nuit et Brouillard, d’Alain Resnais, avec tous ses défauts, tous ses manques et confusions, mais c’est en 1956. Il semble l’oublier. Là, il s’est encore planté.

En plus, dans le scénario original du Mépris, l’assistante du producteur Giorgia Moll était sensée être une Juive rescapée d’un camp d’extermination. Et puis il l’a supprimé du scénario.

À propos du genre du métafilm, auquel appartient Le Mépris (1963), je signale qu’un autre métafilm, Les Ensorcelés, de Vincente Minnelli, avec notamment Kirk Douglas et Lana Turner, est sorti en DVD en 2012.

Pour en savoir plus sur le genre, lire le bouquin de Marc Cerisuelo, Hollywood à l’écran, où il consacre un chapitre à Godard; il brosse un panorama complet du genre depuis Chaplin, qui l’inaugura. On peut ainsi comparer Godard et une tradition filmique dans laquelle il s’inscrit.

Il est aussi l’auteur d’un bouquin sur les courts métrages de Godard.

Ce qui fait aussi la beauté de ce film de Godard, et qui le rend même pour moi bouleversant, c’est l’apparition pour la dernière fois de Fritz Lang.

Certains ici connaissent peut-être le bouquin de Reynold Humphries, Friz Lang cinéaste américain, aux éditions Albatros. Il est l’auteur de 42 films, dont je ne connais que quelques-uns finalement, à peine un dizaine.

christiane dit: 22 mai 2018 à 23 h 28 min

Rose, ce petit supplément :
7 minutes avec Michel Polac, Dominique de Roux (l’auteur de « Testament ») et sa femme Rita. (Ce sont les lettres adressées à ce couple d’amis qui sont à la fin du livre). Le document est tourné à Vence, 3 mois avant sa mort.. (pour le reste du document, voir : INA)
https://www.youtube.com/watch?v=aajR0075pBY

D. dit: 22 mai 2018 à 23 h 15 min

Bérénice dit: 22 mai 2018 à 20 h 17 min

D c est parce que c’est inhabituel, quelques uns s’en sont inquiétés, j’ai reçu un message en jaune, donc loin nide l’alerte rouge. Les info nous perturbent .

Vous n’avez pas à savoir, Bérénice. Ce qui s’est passé ne vous regarde pas. Oubliez cela.

christiane dit: 22 mai 2018 à 23 h 04 min

@rose dit: 22 mai 2018 à 22 h 24 min
J’ai mis un lien pour Bérénice. Si vous avez le temps, Rose, regardez et écoutez-le. Il est très bien fait (beaucoup de témoignages et d’extraits lus de son Journal. Lui-même y prend la parole.)
lvdb est vraiment décevante sur cet écrivain majeur qu’elle n’a pas lu et qu’elle se permet de juger avec malveillance. Enfin, passons…
Vos haïkus sont rafraîchissants. Merci.

rose dit: 22 mai 2018 à 22 h 39 min

ben moi, je peux parler de ce que j’ai lu, de ce que j’ai vu & de ce que j’ai compris et pas du reste.

rose dit: 22 mai 2018 à 22 h 38 min

Juste signaler que l’Argentine est alors un pays neuf au territoire gigantesque où tout est à inventer; Les gens y émigrent d epartout et pas seulement d’Europe et dire aussi qu’il y règne en ville une vie festive et dans les grands territoires une vie rude.

Où un troupeau de moutons qui a cent têtes en Corrèze en a 10 000 là-bas.

Viens de voir la route sauvage, une forme de route qui va de Portland en Oregon au Wyoming pour se terminer à Laramie, sud du Wyoming. J’ai un pote là-bas qui fait élevage de saumons. Entre le Wyoming et la Californie, y a pas photos.

rose dit: 22 mai 2018 à 22 h 29 min

Pour moi, une culture sérieuse, c’est une culture qui vous met en relation directe avec le monde entier, c’est-à-dire qu’elle doit être universelle.
c’est le fait qui nous permet d’appartenir à une seule communauté.

rose dit: 22 mai 2018 à 22 h 24 min

pas lu Gombrowicz, ne peux pas m’impliquer, pardon

juste signaler l’interviewer qui se nomme Tadeusz Nowakowski porte le même prénom Tadzio que le jeune homme de Mort à Venise, si cela peut éclaircir quelque énigme insondable.

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 20 h 39 min

Alors le coup de lettres adressées à ses amis dans le chaos, bons baisers de la plage d’Argentine, c’est le pompon.

christiane dit: 22 mai 2018 à 20 h 35 min

@Bérénice dit: 22 mai 2018 à 19 h 46 min
Si son séjour en Argentine vous intéresse, vous trouverez des réponses précises dans les 20 pages consacrées à l’Argentine (p.81 à 100) dans Testament (n°294 folio essais) 9€40 et moins sur les livres d’occasion des sites en ligne.
Ce livre est par ailleurs très intéressant dans les réponses qu’il donne à D.Roux sur sa vie et son œuvre, ses rapports avec la Pologne dans le domaine de la littérature. Un dossier inclus contenant un choix de lettres adressées à ses amis.
https://www.youtube.com/watch?v=pFSRaqAj5uA

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 20 h 34 min

@LVDLB vous ne connaissez rien mais alors rien à Gombrowicz, aux informations les plus vérifiées sur Gombrowicz.

Non, paul edel, je n’y connais rien, et autant vous dire que cette histoire de cucul sent mauvais.

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 20 h 31 min

Quant au « cucul » de Grombowizc, homo qui ne s’assume pas, il doit faire honte à tous ceux qui en souffrent.

Et contrairement à ce que raconte paul edel à 19h21, parfaitement immature avec son paquet de couches-culottes qu’il a bien mérité, cela ne me fait pas rire.

Paul Edel dit: 22 mai 2018 à 20 h 30 min

LVDLB vous ne connaissez rien mais alors rien à Gombrowicz, aux informations les plus vérifiées sur Gombrowicz. . Votre réponse est grotesque. En 1939, invité par une société de navigation d’un bateau, le « Chrobry », G. part à Buenos aires le 1er aout 39.en pensant revenir en Pologne quelques semaines plus tard.. Pendant un séjour qu’il croyait bref, la guerre éclate dans son pays..il reste alors 24 ans en Argentine. Il s’y fait des amis et fréquente les cercles littéraires très libres et accueillants .. Il voit d’abord les nazis occuper son pays, puis les staliniens.
Si vous aviez lu quelques pages de son » journal », vous seriez étonnée de son éblouissement devant une société ouverte, amicale, aimant la culture et la liberté…. Il était dans une vraie difficulté matérielle, coupé de son pays occupé, obligé de travailler comme petit employé de banque, mais il découvre des amis ,des écrivains, des journaux libres, et surtout un art de vivre, une sensualité. lisez » ce qu’il dit de villes comme Tandil..l’art de vivre celui du Sud, il découvre des « cafés littéraires », il se moque (la bouffonnerie est dans son caractère c’est sa pudeur..) de la guerre et du patriotisme, du bourrage de crâne dans « Transatlantique » écrit là-bas… mais vous n’avez rien lu, ou rien compris, et vous collez une image fausse en deux lignes.. Le combat de Gombrowicz contre la grande Histoire, et sa Hache,dans cette Europe de 39.. il est continu mais avec une bouffonnerie, une insolence qui est proche de celle de Thomas Bernhard :fraicheur, vérité contre le propagandes ,un sens du grotesque à la dimension de ce qui s’est passé pour sa patrie Polonaise e.. Vous n’êtes pas quelqu’un de sérieux sur G.. Le sens de son combat farouchement individualiste vous l’ignorez. Il se méfiait de l’esprit collectif en ces temps de nazisme et de communisme. Il a toujours détesté les formules simplistes. Mais vous, en trois ou quatre lignes, vous expédiez tout ça. désinvolture.

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 20 h 27 min

@Quelle mauvaise foi, vous n’avez pas honte ?

non et de moins en moins.

« Oui, ceux qui disent que je m’occupe de moi-même ont certainement raison. Mais ils ont tort, à mon sens, d’affirmer que c’est mal, car l’Eglise catholique elle-même recommande à l’homme de s’occuper de lui. C’est-à-dire du salut de son âme. Je ne vois donc pas pourquoi ce serait un crime que d’avoir poussé la chose, comme je l’ai fait, jusqu’à un certain extrême.  »

https://laregledujeu.org/2013/07/22/13811/gombrowicz-quand-j%E2%80%99ecris-je-ne-suis-ni-chinois-ni-polonais%E2%80%A6/

Bérénice dit: 22 mai 2018 à 20 h 17 min

D c est parce que c’est inhabituel, quelques uns s’en sont inquiétés, j’ai reçu un message en jaune, donc loin nide l’alerte rouge. Les info nous perturbent .

D. dit: 22 mai 2018 à 20 h 08 min

bérénice dit: 22 mai 2018 à 18 h 40 min

Des parisiens se demandent pourquoi des avions de chasse passent au dessus.

Comment voudriez-vous qu’ils passent au-dessous, Bérénice ?

Janssen J-J dit: 22 mai 2018 à 20 h 01 min

@ ducon, duconn.ard, et toquard (tocard ?)… ça qualifie pareil pour moi, et ce depuis des plombes, non l’a point d’honte.

Bérénice dit: 22 mai 2018 à 19 h 56 min

L’alcoolisme l’a détruit, a vraisemblablement fait de lui un looser au jugement obscurci.

christiane dit: 22 mai 2018 à 19 h 56 min

@Bérénice dit: 22 mai 2018 à 19 h 46 min
Elle salit tout ce qu’elle touche avec ses mots…
Un haïku de Kyoshi me fait penser à elle :
« Le serpent s’esquiva
mais le regard qu’il me lança
resta dans l’herbe »

Jean Langoncet dit: 22 mai 2018 à 19 h 53 min

@l’Argentine n’acceuillait pas que des fuyards nazis.

C’est la meilleure preuve de l’antisemitisme de Kerouac, voire de son nazisme refoulé : c’est au Mexique qu’il trouva refuge

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 19 h 50 min

Kerouac était homo refoulé, alcoolique, sa mère haïssait les Juifs, c’est ce qu’on apprend en lisant cet article de l’Express.

Eh bien, sombre tableau. Qui te détruit , – ou explique, d’ailleurs- sept années de vie de routard qui furent la sienne.

Bérénice dit: 22 mai 2018 à 19 h 46 min

Gombrowitch proche de l’idéologie nazie, pour un scoop c en serait un , l’Argentine n’acceuillait pas que des fuyards nazis.de plus il y vécut de 39 à 63.

Jean Langoncet dit: 22 mai 2018 à 19 h 45 min

@très prisée des nazis aussi

Et des palestiniens après 1948 ai-je appris récemment ; comme quoi tout se tient pour les hommes de bonne volonté :)

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 19 h 43 min

Mais je t’en prie, ducon 19h33.
Je ne me suis jamais abaissée à te qualifier de co.n.nard te concernant. Voilà qui est fait.

Delaporte dit: 22 mai 2018 à 19 h 42 min

la vie dans les bois dit : 22 mai 2018 à 19 h 40 min

Quelle mauvaise foi, vous n’avez pas honte ?

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 19 h 40 min

Eh oui, paul edel, si tout le monde s’était méfié, hein, y’aurait pas eu toute l’ Histoire.
Raisonnement de négationniste, comme le milicien bloom.
Et puis Gombrowicz en Argentine au moment où ça bardait, belle destination, très prisée des nazis aussi.

Bérénice dit: 22 mai 2018 à 19 h 37 min

18h50si avec tout ceci il cumulait des troubles de l’érection on comprend tout de suite sa graphoree. Je l’ai lu assez jeune les clochards et sur la route, ces aspects ne transpiraient pas dans sa prose où je n’ai pas saisi.

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 19 h 31 min

J’sais pas, moi c’est histoire de cucul, ça me branche pas, paul edel.
Vous n’avez pas réussi a refourguer votre paquet de couches-culottes ? Faut retroquer avec cricri; le papier cul c’est son fonds de commerce.

Paul Edel dit: 22 mai 2018 à 19 h 21 min

LVDLB ne caricaturez pas. Vous écrivez : » cette sénilité qui retombe dans la tite enfance ». Il ne s’agit pas du tout de ça. Gombrowicz dit que l’homme contemporain est formaté, dirigé, manipulé, cadré, uniformisé, domestiqué, obligé d’adopter les schémas « adultes » et finalement obligé d’ accepter tous les conformismes de sa société à une date donnée… Ça peut faire rire dans un premier temps, mais finalement c’est un constat très sombre que fait Gombrowicz qui, je le rappelle, a vu la société polonaise vivre le conformisme communiste, après avoir vécu sous le nazisme. Gombrowicz se méfiait dans les années 50-60 de l’Europe et il y avait de quoi.

christiane dit: 22 mai 2018 à 19 h 19 min

@Bérénice dit: 22 mai 2018 à 18 h 30 min
Oh non, Bérénice. Je crois que vous aimeriez beaucoup par la présence des petites présences modestes : fleurs, vent, grenouille, eau, herbe, brindille, averse… et du silence. Ce qui est surprenant c’est le troisième vers, imprévisible, faisant apparaitre une vérité, une fine observation, parfois teintée d’humour. Poésie de l’instant, de l’immédiat. Il faut avoir un cœur limpide pour les aimer et vous l’avez.
J’en choisis deux pour vous :
« La cueillir quel dommage !
la laisser quel dommage !
ah cette violette ! »
Naojo
« Il fait plus froid
nul insecte
n’approche de la lampe »
Shiki

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 18 h 52 min

« But an exhibit opening on Friday at the New York Public Library reveals some less flattering sides of the writer: mama’s boy, anti-Semite and perhaps misogynist. »

Et c’est tout ?

la vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 18 h 51 min

Le milicien bloom pourrait il eclairer l’assemblee sur son commentaire concernant Kerouac?

Peut-être plus tard ?

Moi je le voyais plutot comme un paume came peace and love.

Et puis je suis revenue de Californie avec ‘On the road’ en poche, une édition de 1991, préfacé et annoté par sa biographe Ann Charters, alors le point de vue de bloom m’interesse.

Bloom dit: 22 mai 2018 à 18 h 50 min

Dear Phil,
Malheureusement…

NEW YORK (Reuters) – The name “Kerouac” typically evokes a sense of hip, cool, rebellion, exploration and of course “Beat,” as in voice of the Beat Generation.But an exhibit opening on Friday at the New York Public Library reveals some less flattering sides of the writer: mama’s boy, anti-Semite and perhaps misogynist.

Reuter NOVEMBER 9, 2007

Jean Langoncet dit: 22 mai 2018 à 18 h 39 min

vu chez la rein de Sabbah : « Mai 68 on s’en fout. On veut 1871 »

Mai 71 et la Lettre du Voyant, à Paul Demeny, le printemps des poètes, for sure

Bérénice dit: 22 mai 2018 à 18 h 38 min

Delaporte, le sujet n’est pas nouveau, j en entends parler depuis toujours. Il est bienvenu qu’on puisse enregistrer un progrès dans la suite donnée aux plaintes qui avant rejoignaient le silence quand encore elles étaient deposees.

Delaporte dit: 22 mai 2018 à 18 h 35 min

Il reste que Polanski, Besson et sans doute Ramadan font partie de la jet set. Ce sont des cas particuliers, que la justice doit apprendre à traiter. Là aussi, comme pour les pédophiles dans l’Eglise, on est sur la bonne voie.

Delaporte dit: 22 mai 2018 à 18 h 32 min

« Et si, au lieu de vous focaliser sur un musulman, un juif, un athée, vous faisiez le ménage dans votre paroisse? »

L’Eglise a mis du temps à comprendre qu’il fallait en effet faire le ménage. Je pense que ça a commencé, et l’exemple des évêques chiliens va dans ce sens. Le ménage devra être certainement radical, mais juste, comme partout ailleurs. C’est vrai que moralement, un prêtre pédophile paraît plus coupable que quiconque. C’est comme ça, et il faut agir en conséquence.

Bérénice dit: 22 mai 2018 à 18 h 30 min

Le haïku c’est quand même réservé aux initiés, non? Vos fleurs de prunus et coques et palourdes, bravo à l’éditeur découvreur et souteneur.

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 18 h 13 min

Le milicien bloom pourrait il eclairer l’assemblee sur son commentaire concernant Kerouac?
Moi je le voyais plutot comme un paume came peace and love.

christiane dit: 22 mai 2018 à 18 h 13 min

Dans le livre de C.Doumet, c’est lui, seulement et c’est le seul haïku qui est cité.
Mon florilège d’haïkus réunis par Roger Munier suit l’ordre des saisons, Basshô y est en compagnie de Buson, Shiki, Shusai, Isô, Issa, Ichiku, Kitô, Kikaku et bien d’autres.. La traduction suit la version anglaise de R.H.Blyth. L’ouvrage est préfacé par Yves Bonnefoy.
Ce haïku de Buson répond au vôtre, il est juste avant dans mon édition :
« Les fleurs du prunier disparues
comme il est solitaire
le saule ! »
Peut-être avons-nous le même recueil ? (Fayard)

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 18 h 07 min

Touvier, définitivement juge et condamne pour crime contre l’humanité. Tout le monde le sait. Sauf le milicien bloom.

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 18 h 04 min

Touvier n’est pas un « delinquant », ni un simple « collabo » comme l’affirme le milicien bloom.
Il ete definitivrment juge et condamne pour crime contre l’humanité.

Lacenaire dit: 22 mai 2018 à 17 h 39 min

On me demande pourquoi je m’acharne sur le p’tit Court… parce que il y a quelques mois il s’en est pris à des personnes que j’aime et/ou que j’admire, qui ont été blessées grave et ça je ne lui pardonnerai jamais… je lui garde un chien de ma chienne de berger de troupeau tandis les moutons rigolent
from Wales
bien à vous
CM

Bloom dit: 22 mai 2018 à 17 h 23 min

Tous les évêques chiliens ont remis, vendredi 18 mai, leur démission au pape. Mardi 15 mai, convoqués à Rome, ils s’étaient vu remettre par le pontife argentin un texte de dix pages dans lequel celui-ci avait écrit noir sur blanc : depuis des années, l’Eglise catholique chilienne abrite « de nombreuses situations d’abus de pouvoir, d’autorité et d’abus sexuels ».

Et si, au lieu de vous focaliser sur un musulman, un juif, un athée, vous faisiez le ménage dans votre paroisse?
Le nombre de délinquants impunis protégés par l’Eglise comme le furent les nazis ou les collabos comme Touvier: c’est 1000 fois Polanski-Ramadan-Besson.

Delaporte dit: 22 mai 2018 à 17 h 04 min

L’Amérique pour l’un (Besson), Paris pour l’autre (Polanski), deviennent ainsi des « planques »…

Delaporte dit: 22 mai 2018 à 17 h 02 min

Pour éviter un procès en France, Besson va peut-être rester à Los Angeles. Ainsi, on aurait Polanski à Paris, Besson là-bas, tous deux cloîtrés et en cavale. Bravo pour la réputation du cinéma !

Delaporte dit: 22 mai 2018 à 16 h 59 min

Tous ces privilégiés en sont restés au droit de cuissage médiéval. Il serait temps qu’ils se mettent au goût du jour qui, avec l’affaire Weinstein et #MeToo, est devenu implacable… Luc Besson a intérêt à refaire surface en 2018.

Delaporte dit: 22 mai 2018 à 16 h 56 min

En quarante ans, depuis l’affaire Polanski, la justice a fait beaucoup de progrès dans la recherche des violeurs de la jet set. En étant cruel avec Ramadan, elle essaie de se faire pardonner son lointain laxisme. Rien ne dit cependant qu’avec Polanski la justice n’arrivera pas à ses fins. Le contre la montre a commencé !

Delaporte dit: 22 mai 2018 à 16 h 54 min

Régime sévère pour Tariq Ramadan, que la justice a décidé aujourd’hui de garder en détention. Est-ce ce qui pend au nez de Luc Besson. A suivre :

« L’intellectuel musulman suisse Tariq Ramadan reste en détention, a statué mardi à huis clos et hors de la présence du prévenu la cour d’appel de Paris. Incarcéré depuis trois mois dans le cadre d’une enquête pour viols en France, le prévenu contestait mardi devant la justice le refus de sa remise en liberté, invoquant son état de santé et dénonçant « des incohérences » de ses accusatrices. La chambre de l’instruction a refusé d’accéder à la demande de remise en liberté déposée par son avocat. La chambre a aussi refusé que l’on procède à une nouvelle expertise médicale. »

Bloom dit: 22 mai 2018 à 16 h 48 min

Kerouac a mal fini, antisémite plein pot, au désespoir de son pote Ginsberg. De quoi hurler (Howl).

Delaporte dit: 22 mai 2018 à 16 h 42 min

Bashô c’est très bien, mais il n’y a pas que lui :

Les fleurs de cerisiers tombées
le temple appartient
aux branches
(Yosa Buson)

christiane dit: 22 mai 2018 à 16 h 37 min

Rose et Jazzi,
Merci à vous deux, je découvre ce vagabond mystique dans cette riche documentation.
Cela me ramène étrangement en 2010. Une amie m’avait fait découvrir Trois huttes de Christian Doumet dans une belle édition de Fata Morgana.
« Connaître en toute habitation terrestre le passager, le périssable ; vivre est au prix d’incessants déménagements – cette sagesse. » Christian Doumet y médite sur trois façons de vivre dans une hutte, en solitaire : « Jusqu’où peuvent nous conduire les mots ? Où nous mène l’errance conjuguée de nos paroles et de nos corps ? ».
Thoreau, le rêveur utopique de Walden, est un des trois. Il y écrit, « déshabillé de la civilisation » dans sa cabane…
Le deuxième, Bashô, poète philosophe japonais. Pour lui c’est plutôt un ermitage, enfin, plusieurs. Marcher et écrire au long de son voyage.
Le troisième inspiré par une huile sur bois exposée au Prado : « La tentation de saint Antoine » ou celle de « saint Christophe » à l’Escurial), peintes par Joachim Patinier, contemporain de Dürer et d’Erasme. (Patinir dans le livre). Huttes presque invisibles, ermites qui ont choisi la vie spirituelle. Contemplation et silence.
« Trois solitaires de la littérature »

J’aime toujours ce livre.

P.114, une poésie de Bashô :
« Des palourdes
Les coques se séparent
A l’automne on se quitte. »

Bérénice dit: 22 mai 2018 à 15 h 40 min

Je crois que les usa ont un fil à la patte avec une dette en partie financée par celle ci, qui plus est. Certains pays bien que fabricants ne font pas la guerre mais du négoce, cela dit l’industrie de l’armement rapporte aussi sans démonstration par les forces armées .les locaux comme on peut le constater aux usa avec sa NRA ne sont pas près d abandonner leurs joujoux.

Bérénice dit: 22 mai 2018 à 15 h 29 min

D, avez vous lu, le maître du monde bidouille des accords avec la Chine, de l’avis des observateurs malgré ses prévisions optimistes se fait avoir si ce n’est sur la forme sur les fonds.

rose dit: 22 mai 2018 à 14 h 33 min

c’est vrai jazzi, vous avez raison, ce sont les clochards célestes. Merci pour vos extraits.

christiane
je ne sais alors comment vous vous insérez avec autant d’ aisance et toujours fort à propos ! Je croyais que vous lisiez tout.

Jazzi dit: 22 mai 2018 à 14 h 13 min

Et là, chez Cossery, notamment dans « Les fainéants de la vallée fertile », ça pionce énormément…

Jazzi dit: 22 mai 2018 à 14 h 11 min

Les Mendiants (et orgueilleux), c’est chez Albert Cossery, rose, que l’on retrouvera aussi dans mon « goût de la paresse », ouvrage qui m’a demandé beaucoup de… travail !

Jazzi dit: 22 mai 2018 à 14 h 08 min

J’avais d’abord vérifié et, en effet : « Le mont Whitney (en anglais : Mount Whitney) est un sommet culminant à 4 421 mètres d’altitude dans le centre de la Californie, à l’Ouest des États-Unis, ce qui en fait le plus haut sommet du pays en dehors de l’Alaska. C’est aussi le point culminant de la Sierra Nevada. »
C’était un extrait de mon futur « goût de la paresse » (2019), LVDLB…

Jazzi dit: 22 mai 2018 à 14 h 03 min

De moi, reprenant l’affirmation de Kerouac, LVDLB. Mais suite à ton intervention, j’ai corrigé en disant l’un des points les plus élevés…

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 14 h 02 min

Oui mais le commentaire situant le Matherhorn comme point culminant de Californie dans votre intro, il est de qui?

Jazzi dit: 22 mai 2018 à 14 h 00 min

Raison pour laquelle il n’est question que du Matterhorn, dans les Clochards célestes, LVDLB.

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 13 h 57 min

Eh bien bas rosis c’est faux. Thoreau n’aurait pas pu causer du Mont Whitney. Et vous savez pourquoi ?
Quand il est mort , cette montagne n’avait pas encore ete cartographiee.

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 13 h 51 min

Thoreau aurait retorque que le plus haut sommet de Californie est le Mont Whitney.
Merci de m’avoir rappelé ce moment-là, au pied des Yosemite Falls.

Jazzi dit: 22 mai 2018 à 13 h 39 min

Le rêveur a 88 ans aujourd’hui, et c’était un disciple de Thoreau, ça devrait te parler, LVDLB !

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 13 h 30 min

« tel Japhy Ryder, la figure majeure de ce récit romanesque, qui le conduira au sommet des 3500 mètres du Matterhorn, le point culminant de Californie. »
Devait rever beaucoup le gars…

Jazzi dit: 22 mai 2018 à 13 h 25 min

ça ne dort pas du tout chez Kerouac, ça pérégrine plutôt sec, rose !
Ma présentation des « Clochards célestes » et un extrait du livre.

Dès la publication, en 1957, de son roman Sur la route, Jack Kerouac (1922-1969) s’est imposé comme le chef de file de la beat génération. Un mouvement littéraire et artistique réduit essentiellement à lui-même et à ses amis Allen Ginsberg et William Burroughs. Mais aussi un choix de vie, adopté par les nombreux beatniks, privilégiant la vie errante, l’exploration des religions orientales (chez Kérouac, le bouddhisme le disputait au catholicisme), la liberté sexuelle ou encore l’usage des drogues plus ou moins douces. Préfigurant ainsi le mouvement hippie, qui leur succèdera et se généralisera en Occident à l’époque de la guerre du Vietnam. Dans Les clochards célestes, publié l’année suivante, Jack Kérouac, alias Ray Smith, nous invite à le suivre sur ses pas à travers ses diverses pérégrinations, plusieurs années durant, depuis son point d’attache, chez sa mère en Caroline du Nord, où il retournait régulièrement pour les fêtes de Noël, jusqu’au fin fond de la Californie et au Mexique. Un Guide du routard idéal, tout aussi pratique que spiritualiste et littéraire, dont chaque étape est marquée par la rencontre de l’un de ces clochards célestes –les frères de cœur et en esprit du narrateur – , tel Japhy Ryder, la figure majeure de ce récit romanesque, qui le conduira au sommet des 3500 mètres du Matterhorn, le point culminant de Californie.
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« Japhy Ryder* était un garçon de l’Oregon oriental, élevé dans une cabane perdue au fond des bois, avec son père, sa mère et sa sœur ; il avait toujours vécu en forestier, la hache sur l’épaule, en terrien profondément intéressé par les animaux et les traditions indiennes, de sorte qu’en se retrouvant, par un curieux concours de circonstances, sur les bancs de l’université, il était tout prêt à se spécialiser dans l’anthropologie et la mythologie indiennes. Finalement, il apprit le chinois et le japonais, devint un orientaliste érudit et découvrit l’existence des plus grands clochards célestes – les Fous du Zen – en Chine et au Japon. (…)
La première fois que je le vis, il descendait une rue de San Fransisco. (…) Japhy était donc en train de descendre cette longue rue où passe le curieux funiculaire urbain de San Francisco. Son petit sac à dos était bourré de livres, de brosses à dents, et de ne je sais quoi d’autre encore, le tout constituant son « couche en ville » ; ce qui ne l’empêchait pas de traîner en outre un grand paquetage avec sac de couchage, poncho et batterie de cuisine. Il portait une barbiche qui, avec ses yeux verts un peu en amande, lui conférait un air vaguement oriental, mais il ne faisait pas penser à un bohémien malgré tout (en fait, il était beaucoup moins un bohémien qu’une sorte d’amateur d’art). Il était maigre, tanné par le soleil, vigoureux et ouvert, plein de faconde joviale, saluant à grands cris les clochards qu’il croisait et répondant aux questions qu’on lui posait avec une vivacité telle qu’on ne savait si c’était instinct ou raison, mais toujours avec brio et esprit. (…) Japhy portait des vêtements de travailleur manuel, achetés d’occasion dans une coopérative et qui lui permettaient d’escalader sans souci un sommet, de marcher le long des routes ou de s’asseoir par terre, la nuit devant un feu de camp, au cours de ses randonnées le long de la côte. En fait, dans son drôle de petit sac à dos, il avait aussi un curieux chapeau tyrolien vert qu’il mettait lorsqu’il rencontrait une montagne sur sa route, accompagnant généralement ce geste de quelques ioulements, avant d’entreprendre une escalade de quelques centaines de mètres. Il portait de coûteuses chaussures d’alpiniste qui faisaient sa joie et son orgueil, des godillots de fabrication italienne avec lesquels il écrasait la sciure sur le plancher du bar, comme un bûcheron de légende. Japhy n’était pas grand – à peine un mètre soixante-dix – mais il était fort, sec, nerveux et musclé. Son visage n’était qu’un masque triste et osseux, pourtant ses yeux pétillaient comme ceux des malicieux Sages chinois, au-dessus de son petit bouc, et ôtaient à son beau faciès l’aspect sévère qu’il aurait pu avoir. Dans sa jeunesse, au fond des forêts, il avait dû négliger quelque peu de soigner ses dents et celles-ci étaient peut-être jaunâtres, mais nul ne s’en apercevait lorsqu’il ouvrait la bouche pour s’esclaffer en écoutant une plaisanterie. Parfois il s’immobilisait et regardait fixement le plancher dans l’attitude du paysan en train de tailler un bout de bois avec son couteau. Il n’en était pas moins gai parfois. Il avait écouté avec attention l’anecdote du petit vieux de sainte Thérèse et mes propres histoires : errances dans les bois ou le long des routes, voyages dans les trains de marchandises ou dans des voitures stoppées. Il proclama sur-le-champ que j’étais un grand « Boddhisattva » (ce qui signifie « un grand être sage » ou « un grand ange de sagesse ») et que ma sincérité contribuait à l’ornement de l’univers. »
(traduit de l’anglais par Marc Saporta)

*Personnage inspiré en réalité par la figure de Gary Snyder.

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 13 h 20 min

Paul Edel certes, cette histoire cuculapraline qui arrive sur ce fil comme un cheveu de la cantatrice chauve dans la soupe est derisoire.
Vous pouvez toujours essayer de refiler votre paquet de couches-culottes sur ebay avec la mention « timeo danaos et dona ferentes »

Pour bien apprecier Betove , le mieux c’est de l’écouter.

christiane dit: 22 mai 2018 à 13 h 11 min

@rose dit: 22 mai 2018 à 13 h 04 min
Je n’y suis jamais dans cette « agora ».( trop de contraintes car trop de commentaires partant dans toutes les directions. Je dois lire un dixième des commentaires.) Alors ces mendiants célestes (qu’est-ce que c’est que cette catégorie insolite ?) m’ont complètement échappé !
Mais j’aime beaucoup faire des retours-arrière pour suivre certains intervenants dont vous.

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 13 h 10 min

« Ce mardi, il n’y aura pas cours au groupe scolaire de Saint-Victor-sur-Rhins. Cela n’a rien à voir avec la grève dans la fonction publique. C’est une décision exceptionnelle prise par le maire Daniel Bezin pour exprimer un ras-le-bol à la suite d’un incident survenu jeudi. Un élève de CP a tenté de quitter la classe en plein cours. En voulant l’intercepter, une enseignante a trébuché et percuté un portemanteaux et s’est ouvert le front, nécessitant la pose de plusieurs points de suture.
Cet incident est celui de trop dans cette école qui restera fermée ce mardi sur décision du maire. L’objectif de Daniel Bezin est d’attirer l’attention de l’administration sur la difficulté de prendre en charge deux écoliers difficiles. « C’est l’incident de trop qui a fait sauter le couvercle de la marmite qui bouillait depuis longtemps. » »

Paul Edel dit: 22 mai 2018 à 13 h 08 min

Évidement, LVDLB parmi ces commentaires de si haut vol,à une telle altitude que je n’attendrai jamais, rappeler « le cul cul » Gonbrowicien , comme Jarry rappelait UBu, ça fait un peu tache.Désolé.
si vous voulez aussi lire les meilleures choses écrites sur les sonates de Beethoven, lisez le journal de Gombrowicz.

christiane dit: 22 mai 2018 à 13 h 06 min

@Lavande dit: 22 mai 2018 à 9 h 28 min
Oui, très fin entretien (merci pour le lien). Bien aimé la comparaison avec le film de X.Dolan « Laurence Anyway » et cette précision dans le film de Lukas Dhont que l’on est dans la période de transformation que Lara traverse. Il veut devenir fille pour être ballerine dans ce milieu de la danse classique qui le fascine mais ne ressent pas de féminité dans son corps. Deux mondes en conflit.
« L’heure bleue » est une émission souvent passionnante mais mal placée sur la grille horaire de france-inter.

rose dit: 22 mai 2018 à 13 h 04 min

christiane
je ne plaisante pas trop là.
je cherche les topos
les mendiants célestes : beggars en anglais.

christiane c’est beau d’être dans l’agora mais faut suivre quand même, non ?

rose dit: 22 mai 2018 à 13 h 02 min

Ou bien l’homme qui dort chez les mendians célestes de Jack Kerouac en // avec les personnages de Charles Bukovski qui ne dorment pas : pourquoi ?

christiane dit: 22 mai 2018 à 12 h 51 min

@rose dit: 22 mai 2018 à 12 h 42 min
Rose, rien de tel que votre humour pour balayer les prétentieuses !

rose dit: 22 mai 2018 à 12 h 50 min

il faut tenir compte du fait que pour Clopine c’est difficile, mais pour Quenotte, c’est pire.

rose dit: 22 mai 2018 à 12 h 42 min

Pas sûre. Je mise sur un topo de littérature comparée sur l’épistémologie chez Nietzsche et Heiddeger.

christiane dit: 22 mai 2018 à 12 h 38 min

Le travail d’écriture de Witold Gombrowicz dans ce roman, ou dans son Journal, est persévérant, méthodique, celui d’une parole qui se cherche contre elle-même pour éclaircir, refaire son identité. Le lecteur est soumis à un va-et-vient incessant entre sa vie et ses idées. Un livre d’entretiens est utile pour approcher cette vie difficile, ses failles, son goût de la parodie, de la cocasserie (« cucul »), l’œuvre de cet auteur difficile, celui où il échange avec Dominique Roux (paru sous le titre Testament. Il y commente l’écriture de tous ses livres : ce roman, le Journal, le sulfureux « Trans-Atlantique », la Pornographie », « Cosmos », (Trois mille pages…) sa vie, la Pologne…
W.G. y nomme « Ferdydurke » : Le pamphlet. Il dit à D.R. avoir désiré s’y moquer des moqueurs et avoir chercher dans ce roman à élucider ses personnalités multiples, ses souffrances, sa solitude, critiquer la pensée polonaise ambiante des écrivains de sa génération.
« Ferdydurke était une belle provocation et la presse nationaliste m’attaquait brutalement, me traitait de corrupteur. (…) d’aucuns s’écrièrent : « Quelle ineptie ! » et jetèrent le livre au panier. »
Alors les mots prennent du sens et justement : « le cucul » !

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 12 h 10 min

J’vois bien pourquoi je proteste contre cette idee absurde de cotiser pour les vieux, cuculapraline une journee de plus.

Ciao.

christiane dit: 22 mai 2018 à 12 h 04 min

Le « cucul »… Il faut connaitre le regard de Gombrowicz sur l’école pour comprendre le poids de ce mot répétitif dans son roman <Ferdydurke" …
Pimko, professeur machiavelique, crée une machination infernale. Il "cuculise" le narrateur, qui est maintenant appelé "Jojo". Tout le monde le perçoit maintenant comme un enfant, malgré ses trente ans passés !
"Le cucul, le cucul, le cucul. Je ne sais pas si vous le croirez, les adultes artificiellement rapetissés et infantilisés par nos soins constituent un élément meilleur encore que les enfants à l'état naturel. Le cucul, le cucul ! Sans élèves, il n'y aurait pas d'école et sans école, il n'y aurait pas de vie.".

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 11 h 53 min

Court va s’en relever…vous faire un petit topo sur l’histoire des maths chez Shakespeare traduit par Hugo.

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 11 h 44 min

Ca me fait penser au mari de Camila qui pour son discours , a son prince de fils, le soir du royal wedding, s’est mis a lui rappeler sa periode couches et biberons.

La vie dans les bois dit: 22 mai 2018 à 11 h 39 min

C’est un peu « cucul » indeed cette senilite qui retombe dans la tite nenfance. Je sais pas si Paul Edel s’y voit bien.

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