de Pierre Assouline

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La République des livres
Hauts et bas d’un yoguiste en état limite

Hauts et bas d’un yoguiste en état limite

C’est l’histoire d’un écrivain qui avait entrepris d’écrire un petit livre souriant et subtil sur le Yoga et qui, chemin faisant, pris à son propre piège, s’est retrouvé en train d’écrire un grand livre grave et oppressant sur l’enfermement mental. Après tout, malgré de rares échappées, les livres d’Emmanuel Carrère ne parlent que de ça : la folie, l’horreur. Manifestement, il s’est produit comme un glissement progressif non de l’idée, ce qu’un roman n’est pas, mais du désir. Ce que ça raconte, c’est lui. Ce que ça dit d’autre que ce que ça raconte, c’est la difficulté d’être deux en soi.

Aussi clivant qu’il est clivé, le narrateur de Yoga (394 pages, 22 euros, Pol, on peut feuilleter ici le livre) oscille en permanence entre le yin et le yang, la grande loi de l’alternance au cœur de la pensée chinoise, la partie « Méditation » et la partie « Sainte-Anne », tranquillité et intranquillité, sans compter les nombreuses passerelles souterraines entre les deux. Tout le livre pourrait se résumer aux deux titres qu’il ne porte pas mais qu’il a failli porter : « L’expiration » et « Yoga pour bipolaires » – à condition d’entendre le mot « yoga » dans l’acception la plus large que lui-même lui accorde, englobant la méditation, la retraite radicale, la gymnastique chinoise, les arts martiaux… Son livre inclut son commentaire sur son livre non sans humour mais sans pudeur, ses doutes sur sa capacité à l’écrire, à choisir le mode de narration, à la mener à son terme. Il faut le croire quand il dit qu’à l’occasion il ment, imagine, invente, fantasme. Bousculée, la chronologie en est parfois fantaisiste. Ne lui dites pas que son livre le reflète dans son ego dévorant, son narcissisme exaspérant, son instabilité chronique, son tempérament autodestructeur, son penchant pour l’autoaffliction, son impudeur dans l’évocation de ses compagnes (toutes choses déjà à l’oeuvre dans Le Royaume que, pour ma part, j’avais détesté). Non seulement tout cela est vrai mais il devance le reproche en se l’adressant- et tant pis pour ceux qui n’y voient qu’une pose, un truc. Si on veut bien considérer qu’Emmanuel Carrère est un écrivain et rien d’autre, que la cohérence de son œuvre sur la durée plaide pour lui, alors il faut accepter l’idée qu’il n’a jamais été aussi écrivain que dans Yoga. Aussi artiste. Une phrase le gouverne depuis très longtemps, et elle n’est pas d’un écrivain mais d’un musicien, l’un des plus grands pianistes, Glenn Gould :

« La visée de l’art n’est pas la décharge momentanée d’une sécrétion d’adrénaline mais la construction patiente, sur la durée d’une vie entière, d’un état de quiétude et d’émerveillement »

Plein de pensées parasites et de fluctuations de la conscience avec parfois des lumières dans les abysses, le sourire fugace de Martha Agerich interprétant la Polonaise No 6 de Chopin, l’ombre fraternelle de feu son éditeur Paul Otchakovsky-Laurens ou celle de Saul de Tarse dit saint Paul « saint patron des bipolaires » pour ne rien dire de la rencontre de mots inconnus (de moi, en tout cas) tels que « ayurvédique » (qui se dit notamment d’une médecine qui puise ses sources dans le Véda, ensemble de textes sacrés de l’Inde antique) ou encore « tachypsychie » (accélération anormale du rythme de la pensée créant un état de surexcitation).

On a rarement vu de nos jours un écrivain français aussi dégagé, entendez aussi délibérément rétif à engager son nom et sa notoriété au service d’une cause. Même dans Yoga, lorsqu’il consacre des pages au massacre de CharlieHebdo par des terroristes islamistes ou au lâche abandon européen des migrants sur l’île de Léros, il réussit à ne pas juger, critiquer, trancher, dénoncer. Moins politique, tu meurs ! ou plutôt, tu survis à l’aise tout à ton développement personnel, loin de la foule déchainée, protégé par l’enveloppe aérienne de la méditation transcendantale. Il n’y a pas à le lui reprocher, et de quel droit ; on peut juste le constater d’autant que, là encore, il est le premier à le faire.

On éprouve de l’empathie pour le narrateur mais pour autant, elle ne se transforme pas in fine par de la sympathie pour l’auteur confronté à sa page blanche et à son impuissance à écrire, malgré ses gros problèmes avec l’altérité. Trop toxique pour séduire, son livre est de ceux qui embarquent, envoûtent, fascinent avant de rejeter le lecteur épuisé qui sait déjà qu’il y repensera pendant des jours et des nuits. Toutes choses qui font de Yoga le grand roman de la rentrée littéraire.

Plus encore que dans Un roman russe (2007), il y fictionnalise son autobiographie. Réel et fiction s’y mêlent et s’y entremêlent jusqu’à ne plus se distinguer, illustrant ainsi le genre hybride et indéfini auquel Carrère se voue depuis longtemps, et ici de manière très convaincante. A ceux qui s’en offusquent déjà et rompent des lances sur le statut de ce livre, rappelons que de très longue date les écrivains n’ont cessé de nourrir leur intime fiction d’histoire, de réel, de faits, d’évènements réputés objectifs. Et pas seulement chez les romanciers, chez les philosophes aussi, Michel Foucault en particulier qui instrumentalisait les sources dans son Histoire de la folie par exemple.

La question de la sincérité de l’auteur ne se pose pas dès lors qu’une chose apparait évidente : tout est vrai, mais rien n’est exact. En l’écrivant, Emmanuel Carrère considérait son livre comme un roman ; il était même prêt à le préciser sur la couverture (ce qu’il n’a pas fait depuis La Classe de neige en 1995) mais y a finalement renoncé pour ne pas donner l’impression de courir après les prix littéraires. Le fait est que Yoga relève bien de la fiction, quand bien même sa vie, son expérience, son vécu sont la matière même (rien à voir avec la force du pur témoignage dans Le Lambeau de Philippe Lançon) ; non seulement tout y est mis en scène,  mais nombre de détails sont inventés quand ce ne sont des séquences entières, notamment dans les pages sur ses rencontres avec de jeunes migrants échoués dans l’archipel grec, à commencer par le personnage de Federica, l’énergique, excentrique et charismatique universitaire américaine qui anime un étrange atelier d’écriture, une solitaire hantée par la disparition de sa sœur jumelle, obèse et schizophrène ; une partie de ce moment du livre qui se déroule à Léros tient sur les épaules de cette Federica qui sort de l’imagination de l’auteur.

Comme à son habitude, Carrère nous embarque dans son écriture, dans l’atelier de l’écrivain sinon dans sa cuisine ou son lit. Récit romancé d’une crise existentielle plein de sa vie et d’autres que les siennes, conduit par un mouvement incertain, tâtonnant même, qui avance par associations reliées souterrainement par un fil rouge à un axe central, Yoga n’est pas un livre sur le yoga mais ça l’est aussi. Mais, on s’en doute, c’est l’évocation des années d’enfer qui provoque la sidération. Certains lecteurs citent à ce sujet la manière d’Henri Michaux dans Connaissance par les gouffres. Carrère se dit pathétiquement névrosé mais c’est trop peu dire. Près de vingt ans sur le divan, dépressions à répétition et rémissions illusoires (est-on jamais tiré d’affaire ?) qui se concluent par quatre mois à l’unité protégée de l’hôpital Sainte Anne. Diagnostic : « Episode dépressif caractérisé, avec éléments mélancoliques et idées suicidaires dans le cadre d’un trouble bipolaire de type 2 ». Pour y remédier, les médecins auront recours à un traitement aux ECT (électro-convulso-thérapie) car le mot « électrochocs » effraie encore

Devenir un meilleur être humain, accéder à « une plus grande teneur en vérité», c’était son but en vivant l’expérience de cette écriture. Apprenant la mort de son ami Bernard Maris, il ose écrire : « J’ai éprouvé un immense soulagement à apprendre que Bernard était mort dans un attentat et pas quelqu’un de plus proche, pas un de mes enfants ». On comprend, bien sûr ; n’empêche , il faut oser l’écrire ainsi, être sacrément dépourvu de surmoi, le cas de l’auteur de Yoga que rien ne retient, pas même de se dire jaloux de Houellebecq ; on se demande bien pourquoi, les deux ayant « la carte », jouissant d’un public et d’une critique systématiquement à genoux, incarnant l’un et l’autre la littérature française à l’étranger

Par moments, le narrateur, qui ne parvient pas à échapper à lui-même, se prend pour Jack Torrance ; Carrère confesse qu’il l’a accompagné toute sa vie, l’écrivain gardien du grand hôtel déserté pendant la basse saison, interprété par Jack Nicholson dans Shining, le roman de Stephen King dont Stanley Kubrick a tiré le film éponyme. Il se sent glisser vers la folie, impuissant à écrire le livre qu’il doit écrire mais capable lui aussi de noircir des milliers de pages avec une phrase infiniment répétée :

All work and no play makes Jack a dull boy »

(Dans la version italienne, c’est devenu » »Il mattino ha l’oro in bocca » », dans la version allemande «  »Was Du heute kannst besorgen, das verschiebe nicht auf Morgen » », dans la version espagnole «  »No por mucho madrugar amanece más temprano » » et dans la version française… «  »Un ‘Tiens’ vaut mieux que deux ‘Tu l’auras' » ». Ce qui n’a effectivement pas grand rapport avec l’original).

Aujourd’hui, Emmanuel Carrère semble apaisé, provisoirement. Il ne lit presque plus de romans. Que de la poésie. Ce qu’il manque à la seule déflagration littéraire de la rentrée ? un homme qui a été aimé mais qui n’a jamais su aimer en retour ne peut écrire qu’un livre sans amour parce que sa vie en est dépourvue. Après ça, il peut toujours se consoler avec la réflexion de Proust décrétant que les gens appartenant à la famille lamentable et magnifique des nerveux étaient le sel de la terre.

(Jack Nicholson dans « The Shining » de Stanley Kubrick )

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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commentaires

1 252 Réponses pour Hauts et bas d’un yoguiste en état limite

Marie Sasseur dit: à

21/09/2020, 13h56, Je vais aussi noté ça pour quand je ferai mon commentaire sur ce livre , Yoga, d’ E. Carrère.

Marie Sasseur dit: à

« écrire aujourd’huisur une maladie psychiatrique me semble très politique,a fortiori si… »

Et Al, je complète , puisque la dinguerie qui règne ici, stratégiquement entretenue devient pénible, je complète donc : si on est Russe ?

C’est sûr, chacun ses fous, mais l’internement forcé comme moyen de neutraliser la dissidence, c’est effectivement un moyen utilisé en Russie.

christiane dit: à

x,
vous écrivez : « …mais peu importe : faites confiance au roman, lisez-le à son rythme à lui, il devrait vous plonger dans les dispositions nécessaires à son appréciation ; il sera toujours temps de revenir aux lectures des critiques après (quitte à relire le roman). »

Cela m’arrive mais aussi que de découvertes, d’envies de lire quant un bon passeur par une critique riche et inspirée ou un extrait du livre me donne envie de découvrir un écrivain, un poète, un livre.
J’ai commandé celui de Paul Gadenne. j’ai hâte que ma libraire le reçoive.
Quand j’ouvre un livre, instantanément, ce que j’ai pu lire sur ce livre s’efface. C’est une rencontre solitaire.
Pour d’autres écrivains ma quête prend un autre chemin. Je tatonne, j’expérimente, je fais des rapprochements. Il m’arrive d’interrompre la lecture pour saisir un livre qui me parait avoir un lien très fort avec celui que je lis, puis je retourne au livre. Parfois je laisse une lecture inachevée quelques jours ou plus avant de la reprendre. Cela m’arrive souvent pour les livres de philosophie et pour les livres interrogeant un artiste ou l’art (de très bons livres à la librairie du Centre Pompidou). Ainsi le catalogue d’exposition de Bram van Velde. Un trésor…
J’aime lire vos interventions. Vous êtes apparu(e) ici, par des extraits de livres qui posaient une énigme humaine, littéraire et dans vos échanges, vous n’écrivez pas pour ne rien dire mais toujours sans emphase, sans ironie, sans esprit de supériorité, vous dialoguez vraiment.

x dit: à

christiane : bonne lecture de L’Avenue.

C’est un peu dommage que l’article de « Stalker » révèle certains événements qui venaient en leur temps (tardif) dans le récit, après un long parcours quelque peu initiatique pour le lecteur comme pour le protagoniste qu’il accompagne.
Je ne sais pas si vous connaissez un peu l’univers de Paul Gadenne (dont on ne cite généralement que La plage de Scheveningen ou la nouvelle Baleine), mais peu importe : faites confiance au roman, lisez-le à son rythme à lui, il devrait vous plonger dans les dispositions nécessaires à son appréciation ; il sera toujours temps de revenir aux lectures des critiques après (quitte à relire le roman).

Sant'Angelo Giovanni dit: à

…Dimanche 20 / 09 / 2020 à 20 h 47 min…

…plus!, il faut contenter, tout le monde; des compliments en veut-tu en voilà,!…

…cela devient, très commercial de l’égocentrisme convivial,!…

…un métier psy, tout le monde il est beau, et, nous irons tous au paradis,!…

…yoga, Tao,…tout çà est naturel, normal-primaire, livres du niveau du singe,!…

…en fait, des intellect de niveau fourmis,…
…à mon avis,!…c’est à croire, qu’en réalité, personne n’est aller sur la Lune, des détails trop sensibles qui sont impossible à vérifier,!…
…de la science-fiction, comme  » Retour vers le futur « ,…ou Tintin sur la Lune,…

…genre  » religions des sciences, pour capturer des croyants-victimes d’usuriers en gestion sociale,!… »

…trop gourmands, trop vite,!…
…vous avez les sciences d’algèbre, et autres sciences d’atomes,…
…il vous en manque, quelques unes,!…

…j’ai la mémoire très courte, j’oublie vite et bien,!…
…qu’est ce que je disais au juste,!…
…pas de pouvoirs, aucune idées,…et rien à créer,!…
…pour les finalités, ou  » le mal  » vaincra,!…toujours,…
…Go, of course,!…les histoires plein le cul,…en bannières,!…

et alii dit: à

c Wyatt Mason,
merci marie

hamlet dit: à

Sasseur !!!!!!!! j’ai écouté l’interview ! c’est hyper intéressant. En fait tu sais il est quoi en réalité ? c’est un lanceur d’alerte !

je comprends pas pourquoi passou l’a pas dit dans son article qu’il était lanceur d’alerte. et le truc qui a l’air de le déprimer c’est ses alertes tout le monde s’en tape et ça le rend malheureux.

hamlet dit: à

encore que ce n’est peut-être pas un « vrai » problème. tout ça c’est très subjectif.

hamlet dit: à

et alii, oui « faux problème » « vrais problèmes » c’est pour aller vite : c’est comme une personne sous un bombardement qui pleure parce que dans le livre qu’il lit l’amoureux dit à son amoureuse qu’il veut la quitter parce qu’il a trouvé une autre amoureuse, ça devient pour l’esprit la chose essentielle qui fait oublier les bombes qui pleuvent.

dans ce cas le vrai problème ce serait l’obus qui va lui tomber sur la tête.

hamlet dit: à

Sasseur !!!! merci ! j’ai écouté le début, comme interview c’est plutôt bien, lui non plus il ne croit pas dans l’objectivité.

en fait c’est un journaliste ? je savais pas : il parcourt le monde pour témoigner. du coup je comprends pas pas pourquoi passou dit qu’il est déprimé ? c’est plutôt bien de parcourir le monde pour témoigner.

et alii dit: à

c’est peut-être abusif justement de vouloir distinguer faux problèmes de vrais problèmes, dès que c’est « en forme « en littérature »; il faudrait savoir ce que Clopine en dit aujourd’hui

hamlet dit: à

si dans les semaines qui viennent tous les français pouvaient se lamenter sur les problèmes dépressifs d’Emmanuel Carrère ce serait bingo!

et alii dit: à

parler de trouble bipolaire c’est une manière de se dire « de notre temps, de notre culture »:il le « reconnait », essaie de circonscrire ce que ça évoque comme « pratique » (on dirait plutôt « rituels »)

hamlet dit: à

et alii c’est pas à vous que je vais apprendre que fixer l’esprit des gens sur des faux problèmes pour éviter de psychoter sur les vrais ça diminue le stress et l’angoisse ambiants.

hamlet dit: à

ça dépend, si la deuxième vague de covid qui se prépare est dix fois plus meurtrière que la première c’est carrément le Nobel de littérature qu’il faut lui refiler.

et alii dit: à

on ne peut pas faire comme si les accidents dépressifs étaient sans rapport avec sa démarche d’écriture et de lecture, et s’il les avait ignorés, de quoi il eût été coupable, et n’aurait pas « mérité » notre attention, ce qui ne se traduit pas forcément par un prix littéraire

hamlet dit: à

détourneR

hamlet dit: à

c’est même un des moteurs essentiels de la littérature : détournez l’attention des gens.

hamlet dit: à

ce qui est hyper pratique pour ses lecteurs, parce que le fait d’attirer l’attention des gens sur ses problèmes leur évite de regarder les problèmes autour d’eux.

demandez à Paul Edel : même Proust il en parle.

hamlet dit: à

et alii : non non non relisez le billet de passou : ce type a un énorme problème affectif, avec un énorme problème de reconnaissance, et qui plus est un tas d’autres problèmes divers et avariés.

en résumé c’est une espèce de problème ambulant.

hamlet dit: à

encore que se savoir n’être que le reflet du monde son narcissisme risque d’en prendre un coup dans l’aile.

le plus dur pour un dandy narcissique c’est de s’apercevoir qu’il n’est rien de plus que dans l’air du temps.

c’est juste un type à la mode.

et alii dit: à

pour qu’on l’aime.
c’est peut-être excessif;
il dit « d’où il parle » :pour être compris comme il donne à comprendre les autres : « c’est utile »

hamlet dit: à

Carrère devrait faire comme avec des poupées russes.

emboiter la branquitude l’une dans l’autre, à l’infini.

hamlet dit: à

sauf que si j’ai bien lu l’article de passou ça a l’air de lui poser un gros problème à Carrère de se savoir aussi branque, parce qu’il réfléchit sur lui-même en faisant du yoga, alors que notre société, elle, ça lui pose aucun problème.

du coup le cas de conscience de Carrère du genre contrition je suis pas un type bien parce que je pense qu’à moi etc.. ça devrait servir de modèle à la société qui vont dans ce miroir le reflet d’elle-même.

du coup dans son prochain livre Carrère, au leiu d’être assis au ras des pâquerettes à faire du yoga devrait prendre de la hauteur et inclure le reste du monde dans son problème puisqu’il n’en est que le reflet.

et si ça peut le soulager se dire que le monde est encore pire que lui.

et alii dit: à

pourquoi ne pas les citer directement ?

il n’est pas toujours superflu de se trouver en accord avec quelqu’un;merci

hamlet dit: à

encore que même si Carrère était effectivement très branque côté éthique il le serait toujours moins que notre société qui elle, est vraiment très très branque, éthiquement parlant en tout cas, quoi qu’on en pense par ailleurs.

hamlet dit: à

sauf que si Carrère est effectivement un type éthiquement problématique il n’est que le reflet de notre société qui elle aussi a de gros problèmes éthiques, quoi qu’on en dise par ailleurs.

et je trouve ça plutôt bien d’avoir des écrivains aussi branques que notre monde.

hamlet dit: à

pour se la péter ou pour qu’on l’aime.

oui je crois que c’est ça que dit passou : Carrère aime bien parler du malheur des autres pour qu’on l’aime.

effectivement c’est vachement aimable de parler du malheur des autres, et perso je vois pas où il y a un problème, à moins qu’il le fasse que pour lui et que les autres il n’en ait rien à cirer, un peu comme les journalistes, auquel cas c’est un autre problème.

dans tous les cas il y a un problème quelque part, même si passou n’est pas très clair il est évident qu’il y a un problème du genre « problème éthique ».

hamlet dit: à

« dans le vécu d’un jeune réfugié afghan qu’il rapporte avec beaucoup de pudeur. Pudeur , un mot a contre-emploi, dans le billet de Passou qui ne la définit que par rapport à des considérations d’un autre âge. »

non dans son article passou dit que ce type est tellement narcissique que quand il parle du malheur des autres c’est pour se la péter.

effectivement ça relativise la notion de pudeur.

hamlet dit: à

je me souviens d’un truc, à la fin d’un livre de Carrère, sur le type qui avait tué sa femme et ses gamins, ça se finit comme dans le bouquin de Camus : l’aumônier vient le voir et lui dit que s’il se repend Dieu lui pardonnera et il ira rejoindre sa famille après sa mort.

ça m’avait vachement choqué parce que j’imaginais sa femme et ses gamins voyant le type se pointer, sûr qu’ils auraient fait la tronche.

on se demande à quoi ils pensent ces aumôniers, ils n’ont rien dans le ciboulot, en plus qu’il les a tous flingué ils vont se le coltiner pour l’éternité.

D. dit: à

Samsung Galaxy ne veut pas dire grand chose.
Il y a 3 gammes : S haute, A moyenne, J entree de gamme.

hamlet dit: à

Marie Sasseur dit: à

c’est quoi la classe de « beige » ?

Une erreur, lire : classe de neige.
 »

je suis trop fort : j’avais bien vu qu’il y avait une erreur!!

sauf que je croyais que c’était « la classe de belge », pour apprendre à le parler.

Chaloux dit: à

Andelys.

Chaloux dit: à

Moi j’ai smartphone. Lire vos sottises sur les hauteurs des Andlys, au niveau de Chateau-Gaillard, leur donne un aspect un peu plus frais.

Chaloux dit: à

Quelqu’un peut-il confirmer pour moi au silure des Charentes que je ne trolle jamais et que je ne peux donc en aucun cas être son nouvel ami.
Terrible Guerin. Sur l’onanisme et ses à-côtés, je ne saurais trop conseiller « Charlot s’amuse » de Paul Bonnetain, un chef-d’oeuvre. Lecture justement conseillée par Léon Daudet. Suis en train de lire du même « Les mémoires de Sarah Barnum », excellent egalement. Un écrivain méconnu qui mériterait d’être davantage lu. Destin tragique, mort mystérieuse.

Paimpopol, notre grand savant, sait-il si Gracq appréciait Guérin? Ses lumières gracquiennes, pour peu éclairées qu’elles soient, sont toujours les bienvenues.

Hurkhurkhurk!

Jibé dit: à

De Guérin: les Poulpes ont quelque chose de Céline et de Mirbeau, Paul Edel vous avez raison, et de Louis Guillou aussi, je dirais.
(Une verve cauchemardesque, une colère ouverte et un désespoir radical)

Janssen J-J dit: à

@ FX c’est autre chose plutôt que rien, c’est juste moins.

Yes, comme tous les lâches qu’osent pas se lâcher cmpltmt dans leur CDBF habituel, juste moinsss.

Jibé dit: à

JJJ moi non plus je n’ai pas de smartphone et je ne suis pas smart, et ce n’est pas une pose. c’est seulement inutile à mon type de vie et de travail, pas la peine de m’encombrer.
L’aut’blaireau des îles, peut-il imaginer quoi que ce soit…
FX c’est autre chose plutôt que rien, c’est juste moins.

Marie Sasseur dit: à

E. Carrere parle très bien des terreurs d’enfance. C’était déjà angoissant dans son roman  » la classe de beige », absolument parfaitement rendue.
Et et plus elliptique dans ce récit  » Yoga », que ce soit en rappel d’un fait divers ( un enfant après une anesthésie devient sourd, aveugle et paralysé, mais reste conscient) ou dans le vécu d’un jeune réfugié afghan qu’il rapporte avec beaucoup de pudeur. Pudeur , un mot a contre-emploi, dans le billet de Passou qui ne la définit que par rapport à des considérations d’un autre âge.

Et puis cette terreur d’enfance, que je partage, pour cette même diction, qui aujourd’hui me fait rire quand je l’ai vue écrite par Carrère : et au mataaaainnng, il la maaaaannngea.

https://youtu.be/_BgvitzAFhI

Je note tout ça dans l’hypothèse où E. Carrere va remporter un prix d’automne, ce que je ne lui souhaite pas.

lmd dit: à

À propos de Bram Van Velde, comment expliquer simplement qu’un artiste reconnu depuis plus de 60 ans (par exemple, Michel Seuphor Dictionnaire de la peinture abstraite, 1957), dont les plus grands musées présentent des expositions monographiques,
https://www.museoreinasofia.es/en/exhibitions/bram-van-velde

https://www.centrepompidou.fr/cpv/ressource.action?param.id=FR_R-39c7425aa59b2c676b6a3c2a22beb82d&param.idSource=FR_E-63d4ec90a437679385ceae1b9ebc43ab

comment expliquer, que sa peinture soit toujours qualifiée de «très mauvaise peinture, barbouillée par quelqu’un qui n’avait pas un gramme de talent » ?. On est à chaque fois, dans de tels cas, étonnés de voir comment la perception du monde, de la peinture, de la musique, des arts en général, a pu rester figée, pour certains, sur un modèle monolithique qui les empêche de voir les grands éclatements qui se sont produits et qui ont laissé les artistes libres de peindre et de choisir l’écriture qu’ils croient la plus adaptée à leur propos.
Ceux qui racontent la peinture des autres se trompent en général, «La surface mouvementée de ses toiles est peinte totalement, saturée de couleurs ». Quelle toile ne serait pas saturée de couleur ?
Une lithographie, par exemple : https://www.amorosart.com/oeuvre-van_velde-abstract-84423.html

À propos de Raymond Guerin, il a écrit un joli petit livre sur la maison Malaparte : Du coté de chez Malaparte.

Janssen J-J dit: à

@ Janssen ne possède pas de smartphone.

Le pire, c’est que c la stricte vérité. Jamais éprouvé le besoin. Vis très bien sans, comme avant. En rien une pose de blasé.
Bàv FX, avez honte de votre ancien pseudo ?

x dit: à

Paul Edel parle bien de R. Guérin.
Un seul détail à ajouter : c’est un auteur qui ne se répète pas et qui aborde chaque livre d’une façon spécifique (écriture, type de narration, construction, tonalité) au point que le lecteur d’un seul ne pourrait pas en identifier un autre si on « l’anonymisait », même au sein de la seule série autobiographique (Zobain, Quand vient la fin, L’apprenti, Parmi tant d’autres feux et bien sûr Les Poulpes).

x dit: à

Je n’ai rien contre l’auteur de l’article proposé par et alii, R. Maggiori (qui aime Jankélévitch dont il a été l’élève, soit dit en passant), mais s’agissant de Fr. Roustang dont les textes sont largement accessibles (aux deux sens du terme : compréhensibles par le grand public et publiés dans des éditions ni rares ni onéreuses, et même en livre de poche) pourquoi ne pas les citer directement ?

Avant d’en venir au corps (en effet), je vous propose quelques extraits d’un texte susceptible d’intéresser non seulement les convaincus, les croyants, mais aussi ceux qui sont résolument hostiles à la psychanalyse : « Sur l’épistémologie* de la psychanalyse » (in Le Moi et l’Autre, 1985) :
« C’est donc tout ensemble des questions de méthode, d’objet et de validité qui sont posées par ce mot [épistémologie] mis en relation avec la psychanalyse. Questions tout à fait redoutables pour notre discipline […] Nous prenons le discours de Freud si nous sommes freudiens, celui de Melanie Klein si nous sommes kleiniens, celui de Lacan si nous sommes lacaniens, pour des discours qui disent le vrai, et que nous aurions seulement à assimiler, à reproduire et, éventuellement, à développer. En quelque sorte, nous tournons sans cesse le dos à l’épistémologie, dont la visée est de critiquer radicalement nos connaissances par la critique de nos modes de connaissances.
[…] Nous ne sommes pas dans le domaine des sciences exactes, […] il n’y a pas en psychanalyse d’accumulation des connaissances de telle sorte que la dernière découverte serait ce à partir de quoi il faudrait travailler parce qu’elle serait la plus avancée, celle qui tiendrait compte de toutes les précédentes. »
« Je prendrai comme point de départ ce qui apparaît aux psychanalystes comme une évidence […] : la découverte de l’inconscient. »**
« La plupart du temps, nous oublions (et cela arrive souvent à Freud lui-même) que l’inconscient est une hypothèse. On dit qu’il existe, on en fait l’agent effectif de tous les processus aberrants. Et ensuite […] on établit les lois de son fonctionnement, on en donne la théorie, etc. […] Or […] comme l’a très bien montré Habermas, dans Connaissance et intérêt, [ces développements] se fondent sur la pratique de la tautologie. La théorie analytique, et celle de l’inconscient en particulier, ne fait que répéter sous une autre forme les fait qu’elle doit expliquer. Par exemple, dire que l’inconscient reproduit toujours les mêmes choses, qu’il ignore la contradiction et le temps, ce n’est rien d’autre que redire, en l’attribuant à l’inconscient, les traits caractéristiques des symptômes ou des rêves. »
« Il est possible de comprendre et d’interpréter les bouleversements opérés par la psychanalyse d’un façon totalement différente de celle à laquelle nous sommes accoutumés. [Fr. R. évoque Dodds, Les Grecs et l’Irrationnel : leur rapport à l’expérience onirique] Les hommes du XXe siècle n’ont pas été les premiers à s’étonner des phénomènes étranges qui mettaient en échec la clarté et la maîtrise de leur conscience et de leur raison [ni] les premiers à faire des hypothèses pour [en] rendre compte.[…] Est-ce là réduire à néant l’invention freudienne ? En aucun cas. Son opération géniale a été de donner un nom nouveau à ces forces […] qui font de nous des marionnettes, […] un nom susceptible d’être entendu et d’être cru comme vrai et réel par une civilisation qui se caractérise par la science et l’individualisme. »
[Selon Fr. R. il est tout à fait aussi impossible d’étudier les processus inconscients que de décrire les dieux et les connaître] Il est seulement possible de les imaginer. […] L’appareil psychique qui résulte [du développement de l’hypothèse de l’Inconscient] n’est rien d’autre qu’une fiction, un édifice imaginaire […] en tout semblable, d’un point de vue épistémologique, à l’invention d’une théogonie. Freud est notre Hésiode. »
[L’évolution du sens d’un terme freudien lui fait toujours dire une chose et son contraire] on retrouve exactement le même phénomène lorsque l’on étudie les mythologies: leur principe fondamental est la coincidentia oppositorum. »
« Vouloir expliquer les faits aberrants concernant l’existence humaine en forgeant des récits ou des discours, cela porte un nom dans l’histoire des civilisations. C’est exactement proposer un mythe. » [Wittgenstein et Jean Hyppolite sont cités dans ce sens.]

Suit un règlement de compte avec le « retournement génial », « la prestidigitation intellectuelle » de Lacan : « Transformer l’hypothèse de l’inconscient en fait inconscient-langage, c’est évacuer, avec l’hypothèse, l’inconscient lui-même. »

Que faire ? Distinguer « les analyses de cas chez Freud, les écrits de Melanie Klein, les premiers séminaires de Lacan [qui] nous aident à écouter nos patients, [dont les catégories et les hypothèses, souples et complexes constituent] des repères utiles, bien qu’instables [à élargir voire contredire], […] un savoir pragmatique qui peut tout aussi bien nous servir que nous entraver » des textes « à prétention théorique […] [qui] stérilisent la pensée si nous les prenons pour la révélation ».

« Quand on regarde la première génération des disciples de Freud, on se trouve en face de personnages de grande envergure qui ne manquent pas d’originalité ; Ferenczi, Tausk, Abraham, Theodor Reik, W. Reich, Jung, Groddeck.*** Après eux, lorsque la doctrine dominante s’est imposée, on n’a plus affaire qu’à des suiveurs. Il en a été de même avec Lacan. Les premiers élèves ont une stature propre. Ils parlent leur propre langage et restent tous proches de la clinique. Ensuite, on se trouve devant un double phénomène de stérilité et de psittacisme.Parce que la doctrine s’est imposée comme vérité, elle a […] tué toute originalité et toute invention. »

* Hello, Bloom !
** Hello, Pat V !
*** Ne pas oublier, sous peine de poursuites, l’antériorité (sur la RdL) du renvoi chalousien au Livre du ça. Qu’on se le dise !

Paul Edel dit: à

A propos Raymond Guérin. On ne peut pas affirmer qu’il a été ignoré de la critique littéraire. Oui, il a choqué une partie de la critique par sa violence sur l’abjection,notamment de la déchéance physique entre autres en racontant la maladie de son père dans le moindre détail ou en faisant une épopée de l’onanisme dans « l’apprenti » mais pas plus violent ou « sale » que le style de Sartre dans « le mur » Dès son premier roman » Zobain » en 1936 -publié sur les conseils de Jean Grenier- roman sur le naufrage d’un couple analysé au scalpel, Guérin est remarqué .Il est élogieusement commenté par Marcel Arland, Raymond Queneau, Martin du Gard, Joe Bousquet, Louis Emié. En 1943, le déjà très célèbre Albert Camus lui écrit une lettre au stalag pour lui dire combien il l’admire. Quand, revenant de quatre ans de stalag, Guérin publie « Quand vient la fin. Après la fin, Gallimard, 1941.. » où il raconte sans fioritures, d’une manière sèche et dure , le cancer et l’agonie de son père. Là encore, on le commente dans les journaux bien que le sujet rebute certains…
Le très étonnant » récit sur sa jeunesse , L’Apprenti, que Gallimard publie en 1946 nous offre un roman d’apprentissage. Guérin raconte les obsessions sexuelles d’un garçon d’hôtel avec une sorte de hargne noire et des mots crus qui heurtent la presse bien-pensante.. Avec La Confession de Diogène il est encore loué par les critiques de l’époque. « La Peau dure, Éd. des artistes, 1948 est aussi commenté. Et Parmi tant d’autres feu « Gallimard 1949. Maurice Nadeau le remarque.. Il devient alors l’ami d’Henry Miller et de Malaparte qui l’admirent. Ce qui est un beau tableau de chasse. Tout le malentendu vient de la publication de son chef d’œuvre « les poulpes » en 1953.
Immense bouquin sur 4 ans de captivité dans un stalag. Entre 1940 et 1944. Guérin se délivre de ce qu’il avait vécu et noté sur sa captivité, et sur la vie des prisonniers de guerre français en Allemagne, de ceux qui sont restés entre les barbelés pendant 4 ans. Guérin décrit un groupe d’individus hauts en couleurs, avec une puissance dans la dérision, l’amertume qui sidère aujourd’hui encore. Guérin réussit le grand Livre avec ces les pitoyables silhouettes tournicotant derrière les barbelés, torturées par la faim, la monotonie, et la solitude sexuelle.. Le style est lyrique, épique, bouffon, amer, avec tout le sordide, le misérable de cette vie dans les baraquements sous un ciel gris .C’est le livre du pathétique, du rire étranglé, et de la pitié, naturellement. Il y a des pages d’anthologie sur la réalité décapée. Et aussi on note cette prose survoltée, enragée, hallucinée. Il y a du Mirbeau chez lui et du Darien.. Sa prose est aussi teintée d’envolées céliniennes. On referme le livre avec l’impression d’avoir vécu, secoué, un épisode de l’enfer de Dante. Cet immense écrivain de la dérision et aussi de la compassion devait aussi donner « La peau dure », étonnant récit composé de trois voix de femmes, et qui montre l’aspect féministe de Guérin
Hélas, pour en revenir aux « Poulpes » ce grand moment de littérature,(qui devrait être en Pléiade) le texte n’a pas eu l’accueil critique à la hauteur de l’évènement . Guérin en conçut beaucoup d’amertume, alors il écrivit contre la critique littéraire de son époque. Le livre n’eut pas le nombre de lecteurs qu’il méritait .Mais la misère de la bête humaine enfermée a immédiatement été saisie par quelques uns, dont Malaparte, Jean Cayrol ou le jeune Louis Nucera. Aujourd’hui il reste un classique pour « happy few », ce qui est dommage. Mais, à l’époque, on voulait » oublier » cet épisode si sombre des « prisonniers français» et se donner avec optimisme à l’élan de la reconstruction du pays.

christiane dit: à

Jibé dit à @Christiane,
« j’ai écouté et entendu. Un être fragile et même « liquide », allant de la souffrance d’attendre que quelque chose advienne à ce miracle de la peinture advenue. »

Merci, Jibé, c’est exactement cela.

JiCé..... dit: à

Organigramme
Le chef des Cons, formation Service Public, c’est BLOOM. Le bouffon du chef, c’est JiBé, un mercenaire sans formation, une moule.

Pas belle la vie des cancrelats ?….

Jibé dit: à

@Bloom
je sais cela, Bloom, de JiCé je ne m’attends à rien mais parfois l’envie de le baffer…une faiblesse…
mékilékon ce bas du front!
quant auzautres, tous les habitués de l’argumentum ad odium, des bas du cul qui se prennent pour des Grands d’Espagne, comme disait l’autre…

bon dimanche à vous, Bloom

Marie Sasseur dit: à

Les hauts et les bas, les montagnes russes. Russe, comme Carrère. Il a de l’humour en plus, ce Christophe.

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