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La République Des Livres par Pierre Assouline

La légende intime d’Aharon Appelfeld

Par Albert Bensoussan

albert.bensoussan2016-1L’écrivain israélien Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine, territoire partagé entre l’Ukraine et la Roumanie tragiquement ballotté par l’Histoire. Son œuvre est forte d’une quarantaine d’ouvrages, pour près de la moitié traduits en français. Ce rescapé de la Shoah a vu disparaître ses parents et grands-parents, s’est évadé d’un camp de concentration – où a péri son père, sa mère ayant été exécutée précédemment −, a erré quatre ans dans les forêts d’Ukraine, avant de trouver refuge en Israël. Témoin privilégié de la destruction du shtetl et du génocide juif, il a parfois été considéré comme « l’écrivain de la Shoah », ce dont il refuse le caractère restrictif. Et puis, comment peut-on se dire l’écrivain de la Shoah, comment écrire et dire l’indicible ?

« La réalité de l’holocauste a dépassé tout ce que l’on peut imaginer. Si je rapportais fidèlement les faits, personne ne me croirait » (Philip Roth, Opération Shylock, p. 95)

En effet, il n’a jamais souhaité écrire un témoignage, parler de la Shoah, l’évoquer comme le ferait un document, ou un documentaire, et a toujours affirmé vouloir être l’écrivain de l’âme juive en pareille circonstance. On ne trouvera donc pas, dans cette œuvre foisonnante, de description de camps, de témoignages sur la survie ou la vie difficile des déportés, mais seulement l’étude approfondie de l’esprit de l’homme – en l’occurrence, ici, presque toujours, d’un enfant, garçon ou fille, comme la malheureuse Tsili, qui est lui et qui n’est pas lui, se débattant dans la fuite jusqu’au salut final. C’est ce qu’il a appelé sa « légende intime » (Histoire d’une vie, p. 117)

Il y a néanmoins, des efflorescences de cette période douloureuse : sa mère est morte, le père et le fils ont été arrêtés et sont contraints par leurs tortionnaires à ce qu’on a appelé « la marche forcée ». Force est pour le mémorialiste d’en parler, mais en ramenant l’immense catastrophe à la dimension d’un enfant qui a froid aux pieds et que le père réchauffe.

Aharon Appelfeld avait l’allemand comme langue maternelle, et a toujours distingué la langue de sa mère de la langue des bourreaux nazis : non, a-t-il toujours dit, si les mots semblent pareils, ce n’est pas la même langue. La langue de sa mère reste présente à son esprit, ainsi qu’il le dit si finement : « Si je parviens à écrire un jour – note-t-il dans Le garçon qui voulait dormir –, je mêlerai la musique intérieure de ma mère à mon écriture » (p. 260) – de là, cette impression d’écriture matricielle. Le yiddish était la langue de ses grands- parents et Aharon ne l’a jamais oublié ni oblitéré. Il a baigné tout à la fois dans la langue yiddish et dans la profonde religiosité de ses grands-parents. Mais le problème majeur auquel il s’est heurté en débarquant à Haïfa, c’est qu’il a dû changer de langue, apprenant avec difficulté l’hébreu, sans oblitérer, néanmoins, ses langues maternelles, l’allemand et le yiddish. D’ailleurs, à l’université il s’inscrira à des cours de yiddish, et aujourd’hui, en Israël, la langue du shtetl, principalement dans les communautés ultra-religieuses (haredim), est des plus vivaces : on croyait le yiddish langue morte ou agonisante, et voilà qu’actuellement elle connaît une belle renaissance.

À ces langues, s’ajoutaient le ruthène, la langue des Ukrainiens, qu’il avait apprise avec la domestique de ses parents et qui lui servira à donner le change dans sa fuite en se faisant passer, blond comme il l’était, pour un petit Ukrainien sans parents. Et aussi le roumain qui était la langue officielle depuis que la Bucovine était passée sous juridiction roumaine. D’où l’importance qu’Appelfeld accorde à la langue, au point qu’il n’est pas un seul roman où il n’en parle. Et, pour finir, l’hébreu, que l’enfant – il a alors quatorze ans – doit apprendre à son arrivée en Palestine, avec obligation d’oublier toutes ces autres langues. Assour – verbotten − l’allemand, assour le yiddish. Apprentissage douloureux, avant que cette langue inédite ne soit apprivoisée par celui qui avait l’amour de la Torah. Toute son œuvre, largement autobiographique, est vouée à la mémoire des siens. Pour lui, celui qui ne s’enracine pas dans sa « tribu », n’est pas digne d’être un écrivain. Mais la mémoire n’est rien sans l’écriture, et le jeune Aharon qui, au départ n’écrivait que des poèmes, ballotté et meurtri par la vie, orphelin en bas âge (dix ans), a tenu, dès lors qu’une certaine stabilité lui était garantie – et ce fut par son alya, certes −, à mettre au propre cette précieuse mémoire.appeldfeld

Le judaïsme est fort présent dans cette œuvre, moins sous la forme d’une assiduité synagogale, qu’à travers des rites et des lectures qui le rattachent à sa famille (disparue). Une intense spiritualité se dégage d’une œuvre nourrie de la Bible, également influencée par Gershom Scholem, exégète de la Kabbale, et par la philosophie de Martin Buber et le hassidisme. La bonté d’un vieil homme et d’un sage, qui a connu le pire et l’a surmonté, imprègne ses écrits. Plus qu’aucun autre, il incarne aujourd’hui l’intellectuel israélien et juif, à l’écart des mouvements, des partis et des polémiques. Mémoire, piété, humanisme et émotion sont les maîtres mots de son œuvre.

Son écriture, fortement inspirée par celle de la Bible – sa lecture quotidienne, a-t-il prétendu, fut son meilleur apprentissage de l’hébreu – est faite de retenue, d’économie des moyens, de non-dits et de silences : en quelques mots Appelfeld dit plus qu’en plusieurs paragraphes. À cet égard, on l’a comparé à Kafka. Le roman fleuve n’est pas son fait. Par une brève comparaison du texte original de פיתום־האבה (Pitom Haava) avec sa traduction, L’amour soudain, on peut comprendre, au-delà d’une traduction forcément réductrice, l’alchimie de ce style si particulier qui a fait, de par le monde, la renommée de cet écrivain, phare de la littérature israélienne.

Chaque livre d’Aharon Appelfeld renvoie à sa mémoire d’enfant né en Bucovine, dans l’illustre cité de Czernowitz (qui fut aussi la patrie de Paul Celan et d’Élie Wiesel) et ses milliers de Juifs, décimés par la hargne nazie. On se souvient, dans le flot romanesque, de Histoire d’une vie, de La chambre de Mariana, de Tsili et de L’amour soudain, et nous savons tout de la fuite salvatrice de l’adolescent, échappant aux rafles, recueilli par une fille de joie, prisonnier d’une cave ou d’une chambre, puis, après un détour dans l’Armée rouge, et la traversée du Sud de l’Europe et l’Italie, s’embarquant à Naples pour Haïfa et devenir, à l’Indépendance en 1948, un Israélien parlant et écrivant l’hébreu. Et nous savons tout de son âme sensible, de sa soif d’amour, du poids des larmes et de l’immense modestie de celui qui a toujours considéré sa survie comme un miracle. Et si nous lisons Le garçon qui voulait dormir, nous découvrons un récit qui rétablit la chronologie des récits qui furent écrits avant, car il nous parle de l’écrivain advenu : à la dernière page du roman, celui qui a enfin apprivoisé la langue hébraïque, l’ivrit, en trahissant malgré lui la langue de sa mère, mais non son souvenir, va pouvoir enfin entreprendre son œuvre, et ce sont la foule de romans ou de récits, et une centaine de nouvelles, guère connues en traduction jusqu’ici.

Mais Appelfeld lui-même a pris grand soin de se définir et d’évoquer son style particulier, son esthétique. Et c’est, dans L’amour soudain, la réflexion d’un vieil homme qui va mourir et jette un regard en arrière sur son parcours, sur son œuvre. Une parenthèse : le rêve – ‘halom – est une constante de l’écriture ou de la représentation en Israël. Certes, depuis Joseph dans sa prison égyptienne, et avant lui, son père Jacob rêvant de l’échelle − soulam − unissant le ciel et la terre. Ainsi le film Kikar ha’halomot – « La place des rêves ». Ainsi dans le grand et beau feuilleton télévisé Shtisel, les personnages ne cessent de rêver, de revoir leurs morts, de parler avec eux, voire de les consulter, et d’éclairer ainsi la difficile trajectoire de leur vie. De même Appelfeld dans ses récits, notamment chez cet enfant qui ne cesse de converser avec sa mère, depuis si longtemps disparue.

Sa méthode tient dans la copie : inlassablement, il récrit la Torah, les Psaumes, les récits bibliques, la « ligature d ’Isaac … sombre labyrinthe qui ouvre sur de sombres labyrinthes » (p. 177), sachant que ce n’est qu’en mettant ses pas dans ceux de la langue archaïque, la « sainte langue », disait Cervantès, Lachone haqoddesh, qu’il trouvera sa voie. Sa voix : le voilà rédigeant sa première phrase hébraïque : « Les changements viendront, imperceptiblement » (p. 234). Il est comme l’archéologue fouillant les sables, sauf que c’est l’écriture sainte qu’il scrute : « Je ne recopiais pas un texte mais mettais au jour des vestiges, je grattais la terre et soudain, comme dans un mirage, une fiole ornée de lettres hébraïques surgissait devant moi » (p. 192). Dès lors, le cocon se perce, la chrysalide se fraie chemin, les ailes se déploient, et le néophyte constate en levant sa plume : « L’hébreu s’est détaché des livres pour entrer dans la vie » (p. 218). Le jour se lève…

Le coup de génie du romancier est d’avoir fait de son Erwin, qui va devenir Aharon en foulant le sol de la Palestine mandataire, un « héros » de la guerre de libération. Oui, un héros entre guillemets, car à peine est-il lâché sur le champ de bataille qu’il est fauché et se retrouve pendant de longues années entravé de jambes et apprenant à guérir de ses blessures au prix de multiples opérations, réapprenant à marcher, jusqu’à rejeter ses béquilles et évoluer en homme libéré. Magnifique métaphore, et qui dit si bien à quoi ressemblait cet Israélien qui, rescapé des camps et de la mort, devait l’affronter à nouveau sur cette terre qui lui était échue (de toute éternité) : certains ne le supporteront pas, comme cet ami Marc, refusant d’abdiquer son identité et refusant aussi ce combat pour éluder la mort que les autres lui donneront, alors il met fin à ses jours, et le narrateur inscrit sur la plage de sa conscience la seule phrase qu’un rescapé pouvait formuler :

« La mort est un des visages de la vie (p. 149). N’est-ce pas, en effet, l’emblème de ce pays menacé en permanence où la mort s’inscrit, plus qu’ailleurs, sur la face de la vie ? Mais aussi le pays où la vie efface sur son sable le visage de la mort… Car il n’est d’autre alternative au peuple juif : « Un peuple sans terre est un peuple souffrant » (p.39), écrit Appelfeld au comble de la lucidité. Et cette terre-là, notre Eretz, efface toute souffrance, toute forfaiture de l’Histoire, en mettant un terme à l’incertitude séculaire. Un jour, ses voisins, toujours menaçants, sauront l’admettre, et accepter le prix de la paix qui n’est jamais qu’une embrassade et quelques larmes.

Et enfin, cette phrase qui justifie et le sommeil de l’enfant et la logique de ce livre de grande lucidité sur le destin juif : « Ton sommeil témoignait que tu étais en contact avec des gouffres où tu puisais ta vitalité » (p. 208). Oui, sans sommeil, sans ces rêves où il voit défiler sa vie et les tourments du temps de la Shoah, Erwin devenu Aharon n’aurait pu accéder à l’écriture. En définitive, ce roman, qui rejoint tous les autres – car Appelfeld n’a jamais écrit qu’un seul livre sous diverses faces et divers titres – est une injonction morale, une justification de l’Histoire, un plaidoyer sioniste et une leçon d’écriture. Se déroulant, comme toujours avec fluidité, simplicité ou dépouillement, économie de moyens à l’image de l’écriture biblique qui va toujours à l’essentiel, mais aussi subtilité, car comme dans la Torah, les mots ont bien plus de sens et de portée qu’on ne le croit au premier abord, bref bonheur d’écriture.

Un dernier mot : le lecteur de ce livre n’a pas fermé l’œil de la nuit avant d’avoir achevé sa lecture, non, ce garçon ne voulait pas dormir. En fait, chaque récit d’Appelfeld étant assez court, dans son écriture châtiée et économe, on ne peut jamais entreprendre sa lecture sans aller jusqu’au bout. Cet Aharon, on le suivra partout dans ses périples et son nomadisme sans jamais lui lâcher la main. Aussi bien dans sa fuite à travers champs, qu’on trouve dans presque tous ses récits, que dans la vie rêvée et heureuse de son enfance, en milieu bourgeois et assimilé (sauf l’immense piété du grand-père, dont Aharon va se réclamer de plus en plus), richesse un peu tapageuse qu’on trouve dans Badenheim ou dans Le temps des prodiges ; et aussi sa participation au combat lorsque l’adolescent se trouve embrigadé dans l’Armée rouge en Ukraine, notamment dans Les Partisans.

On retiendra aussi, notamment dans La chambre de Mariana l‘étrange sauvetage du jeune Juif recueilli par une prostituée qui le cache (comment ne pas penser ici à l’armoire secrète d’Anna Franck ou au beau récit La cache de Boltanski ?), le protège, l’aide à fuir et lui apporte toute la tendresse dont est friand et demandeur l’orphelin. Avec une sorte d’optimisme forcené qui lui permet de survivre, en usant de son intelligence et de ses ruses d’enfant : « La mort n’est pas une fin » (p. 96), lance-t-il dans Katerina, cet admirable récit de la chrétienne enjuivée qui veut faire circoncire son fils, phrase qui est à la mesure de sa spiritualité.

Tout comme Mariana, la prostituée ukrainienne et chrétienne, est capable, au spectacle de la nature où elle émerge avec son jeune reclus juif, une fois l’alerte passée, de s’écrier – et l’on croirait entendre quelque prophète d’Israël : « Tout ce que nous voyons et entendons est Dieu… car Dieu réside partout, jusque dans le plus petit brin d’herbe » (p.258). Et on le suit dans la jubilation, dans la jouissance d’une écriture qui, sauvant son auteur du désespoir, lui a apporté, alors même qu’il faisait défiler dans sa tête tous les cauchemars de son enfance, lui apportait enfin le bonheur, et ce sera sur les lèves d’Aharon Appelfeld, dans Le garçon qui voulait dormir, le mot de la fin : « Tout homme doté par Dieu d’une capacité de création n’est pas un homme malheureux » (p. 197). Phrase qui rejoint cette autre déclaration, dans L’Héritage nu : « Seul l’art a le pouvoir de sortir la souffrance de l’abîme » (p.18). Lui aussi pourrait souscrire à cette formule, qui renferme toute la nécessité de la littérature : « Écrire pour se sauver ».

ALBERT BENSOUSSAN

(« Albert Bensoussan et Aharon Appelfeld » photos D.R.)

Cette entrée a été publiée dans LE COIN DU CRITIQUE SDF, Littérature étrangères.

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5 Réponses pour La légende intime d’Aharon Appelfeld

BENSOUSSAN dit: 28 janvier 2017 à 16 h 12 min

La Bucovine d’Appefeld et de Moshé Ron
J’ai connu Moshé Ron, universitaire et traducteur israélien, au Collège des Traducteurs d’Arles, lors d’un séjour studieux. Il traduisait alors le gros roman de Mathias Enard, Zone (2008). Plus tard, Déborah et moi l’avons retrouvé à Jérusalem où il nous a fait visiter l’Université Hébraïque, sur le mont Scopus, et il nous a montré, sur une étagère de la bibliothèque labyrinthique de son université, la traduction qu’il avait faite et qui était désormais un gros bouquin aligné avec les autres dans le rayon de la littérature française. Mais qui est Moshé Ron et quel rapport entretient-il avec Aharon Appefeld ? En lisant mon papier sur cet écrivain majeur d’Israël, son visage s’est dévoilé à moi, et tout un pan d’une histoire émouvante, qui parle de notre nomadisme et ce parcours douloureux des pays de la Golah. Et voici :
« Merci, cher Albert, de cet article sur Appelfeld, un homme que je ne connais pas personnellement, mais dont j’ai lu quelques livres. Un écrivain et un être humain vraiment admirable.
« En effet, mon grand-père paternel fut lui aussi originaire de la Bucovine, mais il n’a pas vécu assez longtemps pour souffrir la Shoah, car il a péri vers la fin de la Grande Guerre en uniforme habsbourgeois. Mon père, qui a passé son enfance et son adolescence avec sa mère à Vienne, allait passer les vacances chez sa famille paternelle a Tchernowitz. Les deux sont allés vivre en Eretz Israël des 1934.
« Je te raconte cela, car un cousin de mon père, beaucoup plus jeune que lui (fils de l’oncle cadet de mon papa tandis que lui-même était fils de l’aîné), maintenant un homme d’affaires à la retraite, et président de l’Association des ressortissants de la Bucovine, a organisé un voyage « sur les traces de la Shoah des juifs de la Bucovine », donc de la déportation brutale et meurtrière vers ce qu’on appelait « la Transnistrie », et qu’il a lui-même subie, le cousin Yohanan, à l’âge de 18 mois ! héroïquement sauvé par ses parents.
« J’y suis parti avec lui et une centaine d’autres Israéliens, dont une vingtaine de rescapés, des personnes émouvantes et pour la plupart encore plus âgées. Chacun avec sa liste de noms dont il devait visiter le lieu du massacre et/ou la sépulture en diverses villes de la Roumanie et de l’Ukraine. Deux cars pleins, avec drapeaux d’Israël etc., un rabbin (trop nationaliste à mon gout, mais laissons…), des réunions publiques avec des fonctionnaires locaux organisées d’avance par Yohanan, des anecdotes ahurissantes de tout côté… Entre autres, il m’a emmené dans une petite rue de Tchernowitz, dont toutes les maisons furent autrefois la propriété de son grand-père, mon arrière-grand-père. Et c’était exactement, mot pour mot, comme mon propre père, quelques années avant sa mort, m’avait décrit ce coin qu’il fréquentait comme adolescent.
« Bon, il y a bien sûr davantage à raconter là-dessus, mais ton article sur Appelfeld, lui-même délaissé à l’âge de 8 ans et à survivre ce cauchemar tout seul, m’a fait penser à ce voyage que j’ai fait il y a un an et demi. »
Ce retour, ce pèlerinage de Moshé Ron au pays de ses ancêtres, éminemment émouvant, fait penser à l’extraordinaire « retour » de Jonathan Safran en Ukraine sur les traces de son grand-père et de sa famille mutilée dont rend compte le film Tout est illuminé (Everything is illuminated), film américain de Liev Schreiber, sorti en 2005 et adapté du roman éponyme de Jonathan Safran Foer paru en 2002. Moshé Ron aussi nous illumine.
Albert Bensoussan

Cathie Fidler dit: 25 janvier 2017 à 21 h 59 min

Merveilleuse réflexion sur la place des langues et celle du nomadisme qui suscite le désir de lire ou relire ces œuvres majeures. On ne peut qu’adhérer à la phrase « Écrire pour se sauver. »

Janssen J-J dit: 25 janvier 2017 à 17 h 57 min

« Il n’est de vraie critique que de l’émoi » écrit Julien Gracq. C’est le cas » (a dit qqu’un sous la note dédiée à Apenfeld).
Pour rester dans le sujet du jour de passoul, on pourrait paraphraser : « Il n’est de vraie critique que de l’Yann Moix »

Lefort Daniel dit: 25 janvier 2017 à 13 h 28 min

Bel appel à la lecture de cet auteur israélien d’envergure et de profondeur, qui fait entendre à l’unisson les voix de l’écrivain et de son commentateur. « Il n’est de vraie critique que de l’émoi » écrit Julien Gracq. C’est le cas.

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