de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline
La poussière de la vie

La poussière de la vie

Pas de précipitation, gardons-nous de crier au chef d’œuvre après tant d’autres. N’empêche que Le Sympathisant (The Sympathizer, traduit de l’anglais-Etats-Unis par Clément Baude, 487 pages, 23,50 euros, Belfond) de Viet Thanh Nguyen est un grand livre, une première œuvre de tout premier ordre, maitrisée et accomplie, surtout lorsqu’on la lit dissociée du bruit qu’elle a fait puisqu’elle nous est arrivée en septembre déjà précédée par sa légende. Des livres sur la guerre du Vietnam, les librairies en américaines en regorgent, plutôt des mémoires ou des témoignages d’Américains. Ceux des Vietnamiens sont peu traduits. L’entreprise de ce jeune romancier, qui consiste à écrire en anglais d’un point de vue vietnamien quand on est soi-même travaillé « génétiquement » par la double appartenance, a quelque chose d’original, sinon d’inédit.

Le narrateur n’a pas de nom. Il est simplement « le Capitaine » ; les auteurs s’appellent le Général ou l’Auteur, quelques uns de simples prénoms, procédé destiné à éviter les patronymes vietnamiens qui déroutent le lecteur non asiatique. Plus taupe infiltrée que pur espion, même si les techniques du roman d’espionnage sont ici convoquées, c’est un homme à l’esprit double, en équilibre permanent sur le fil entre le licite et l’illicite, qui a la particularité de toujours tout envisager de deux points de vue antagonistes. Parti de Saigon, il accompagne l’exil sud-vietnamien aux Etats-Unis (il y a eu effectivement des espions parmi eux). Il est vrai qu’il travaille pour les deux côtés : d’une part pour un général de l’armée sud-vietnamienne dont il a pour mission d’évacuer la famille dans la débandade générale, quand les GI’s censés protéger Saigon de l’assaut communiste la fuient ; de l’autre, un agent communiste. Son territoire, c’est Los Angeles. Il expédie des lettres codées pleines d’informations essentielles aux camarades restés au pays. Pas un militant mais un sympathisant. Autrement dit quelqu’un qui approuve sans adhérer. pas facile pour un binational toujours soupçonné de trahir l’une de ses deux loyautés.

A l’origine, père français, mère vietnamienne. Il ne veut tuer personne à l’excguerre-vietnam-678x381eption de tout individu, Marine, civil ou autre, qui le traite de « bâtard ». Le problème, c’est qu’il y en a toujours un. « Bâtard » car dans leur bouche, « eurasien » ferait trop intellectuel, empire britannique plus encore qu’Indochine française, avec ses fonctionnaires coloniaux sirotant leur Pernod à la terrasse d’un café de la rue Catinat ou de l’hôtel Métropole. Alors à tout prendre, il préfère « enfant naturel », « enfant de l’amour » ou mieux encore « la poussière de la vie ». Un bon garçon, à jamais reconnaissant de l’éducation sous tous les formes, qu’il a reçue de ses parents, des catholiques anticommunistes de la région des Hauts plateaux. Il a été marqué pour toujours par la réaction de sa mère lorsqu’il lui révélé qu’un garçon l’avait traité de bâtard : « Si je pouvais, je l’étranglerais de mes propres mains ! »Aucune autre phrase n’aura autant compté pour lui. Il ne voit pas d’échappatoire à cette division de son moi. Le conflit est en lui en permanence, ce qui donne sa complexité naturelle au roman, nul besoin de la solliciter artificiellement.

Quant à la manière, un humour corrosif, une ironie cinglante, jamais en reste dans l’autodérision, gouvernés tout le long par une réflexion tirée de la Généalogie de la morale placée en épigraphe :

« Gardons-nous, au mot « torturer », de prendre aussitôt un air lugubre ; précisément dans ce cas il y a beaucoup à y opposer, beaucoup à en rabattre- il reste même de quoi en rire »

Le fait est que cette pensée de Nietzsche éclaire en permanence la confession du narrateur à un autre Vietnamien ; elle empêche le lecteur de verser dans un manichéisme redouté entre les bons Vietnamiens et les méchants Américains. Tout le déroulé narratif, parfaitement construit sur le plan technique, est traversé par une méditation morale articulée autour d’une vraie réflexion sur l’engagement, où l’amitié est encore plus épaisse que le désespoir.

Avec Le Sympathisant, Viet Thanh Nguyen pose sur la société américaine le regard que Kazuo Ishiguro a posé sur la société anglaise dans Les Vestiges du jour : admiratif, reconnaissant, caustique mais sans complaisance. Un regard qui peut aller jusqu’à l’empathie mais certainement pas prêt d’abdiquer son sens critique, assorti d’un un sens inouï du détail qui sonne juste et des métaphores éloquentes. Quand tant de romanciers paressent en nous infligeant des portraits frontaux ôtant tout mystère à leurs personnages, lui préfère évoquer quelqu’un « capable de ne pas mettre de glaçons dans son vin », ou des call-girls « emballées sous vide dans des micro-jupes et des bas résille ». Ou les protagonistes écoutant le chant des katioucha sifflant au loin avec le recueillement de « bibliothécaires exigeant le silence absolu ». Ou, pour dire son aversion pour le président Thieu, faire observer que « son nom ne demandait qu’à être recraché de la bouche ». Brillant mais parfois légèrement énigmatique :

« Si le regard avait le pouvoir d’émasculer, cette femme serait repartie avec scrotum dans son sac à main »

 

Viet Thanh Nguyen (1971) né « là-bas » a échoué en Amérique à 4 ans avec ses parents et d’autres boat people quand il était petit. Après une escale dans un camp en Pennsylvanie, ils s’établirent en Californie. Etudes à Berkeley, professorat à l’USC, enseignement de la mémoire de la guerre du Vietnam, écriture de ce premier roman acclamé, distingué, consacré et finalement couronné du prix Pultizer en 2016, suivi d’un essai sur les mémoires américaine et asiatique du Vietnam et d’un recueil de nouvelles sur les réfugiés. Un auteur à suivre ne fût-ce que pour voir comment il en sort, à supposer qu’il en sorte jamais. Surtout qu’il a une forte conscience politique, qu’il se dit marxiste et catholique. Mais renoncez à trouver des clés autobiographiques dans son roman : Je est vraiment un autre.

En regardant tout jeune Apocalypse now, son premier « traumatisme artistique », il éprouve pour le première fois sa double qualité et ne sait plus s’il est Américain ou Vietnamien étant entendu que le spectateur en lui est les deux à le fois. Les scènes aux Phillipines, relatives au tournage d’un film sur la guerre du Vietnam dont le narrateur est conseiller technique (pas d’autre vietnamien à Hollywood, indispensable pourtant, question d’authenticité : pour accéder à l’universel, il est préférable d’être irréprochable dans les détails) lui sont l’occasion de rappeler cruellement que la perspective vietnamienne a été éclipsée. Trois millions de morts pourtant. Ces scènes lui permettent de régler des comptes sans les nommer tant avec Coppola qu’avec Cimino et Stone, réinventeurs d’un conflit où les Vietnamiens sont cantonnés à l’arrière-plan comme des figurants bons à tuer ou à violer. Les Américains ont parfois du mal avec leurs Vietnamiens, entendez : ceux qui sont devenus Américains, car ils sont le rappel cuisant de leur défaite.

« Nous menacions la sacro-sainte symétrie d’une Amérique noir et blanc, dont la politique raciale du yin et du yang ne laissait place à aucune autre couleur, notamment ces petits Jaunes pathétiques qui venaient piquer dans la caisse »

L’auteur a pensé son livre comme la version européenne d’un roman américain. Bien sûr, on sent a qu’il épluché ses classiques sur la chute de Saïgon (James Fenton, David Butler, Tiziano Terziani et surtout l’inoubliable Sauve qui peut de Franck Snepp) ; il paie d’ailleurs sa dette à la fin. Influencé par un classique de la littérature afroaméricaine Homme invisible, pour qui chantes-tu ? de Ralph Ellison, le déclic lui est pourtant venu de la lecture du Cul de Judas de Lobo Antunes, un choc par sa densité même, qu’il reçut comme une invitation à écrire pour s’affronter à lui. Mais les scènes de torture du Sympathisant ont été inspirées par le passage sur l’Inquisition dans les Frères Karamazov (mais l’incipit rappelle plutôt celui des Carnets du sous-sol) et le déplacement de l’intrigue doit au Voyage au bout de la nuit. On aura compris que si tout écrivain est un lecteur, certains le sont plus que d’autres sans que jamais la trace des ainés, leur puissante imprégnation, ne bride l’imaginaire.

A peine quelques libertés avec la chronologie, quelques licences poétiques ici ou là. Si tout n’est pas exact, tout est vrai. On attend avec impatience son prochain livre, ne fût-ce que pour voir s’il a d’autres grands romans de cet encre dans le ventre – ce dont, personnellement, je ne doute pas.

(« Pendant l’offensive du Tet à Saigon,le général sud-vietnamien Nguyen Ngoc Loin exécute en pleine rue un officier vietcong Nguyen Van Lem, 1 février 1968, photo Eddie Adams ; « Quelque part au Vietnam » photo D.R. ; « Viet Thanh Nguyen » photo Bebe Jacobs)

Cette entrée a été publiée dans Littérature étrangères.

571

commentaires

571 Réponses pour La poussière de la vie

rose dit: 4 mars 2018 à 7 h 28 min

comprendre ce que signifie gratter la pierre

sinon expression d’une immense solitude peut être liée à l’idée que le monde est foutu. Ce u’il n’est pas.

bérénice dit: 3 mars 2018 à 12 h 08 min

si bien sûr, WGG manque d’humilité et place l’intellectualité au dessus de tout et lui en haut de la montagne! c’est dommage, ça le gâche .

Janssen J-J dit: 3 mars 2018 à 10 h 29 min

@22.27, b., Il ne s’agit pas tellement d’entretenir perfidement quelque amitié, mais de rester intrigué par des attitudes paradoxales au point de vouloir les comprendre, en essayant de faire preuve de bienveillance pour obtenir un semblant d’explication.
En quoi au juste, la rdl est-elle nécessaire à un internaute gwg qui prétend ceci [@19.04 Et souvent je me suffis à moi-même ; les autres me sont le plus souvent une prison épouvantable, un mur de sottises contre lequel je n’aime me cogner qu’ici pour gratter la pierre… mais pas autrement]…
Ça ne vous interpelle pas plus que ça, vous, ce genre de remarque ?…

closer dit: 3 mars 2018 à 10 h 10 min

Une interprétation!!! Toutes les bornes de la mauvaise foi sont franchies!

Bloom aurait fait un parfait Fouquier-Tinville ou un interrogateur de la Tcheka. On frémit à l’idée que ce type puisse avoir une once de pouvoir sur qui que ce soit.

Clopine dit: 3 mars 2018 à 9 h 17 min

Lavande, ce matin, cette éclatante mais susurrée (5 mots seulement !) déclaration de Chevillard pourrait servir de dédicace aux considérations typographiques échangées ici, et surtout, elle est à mon sens particulièrement ravissante…

« les parenthèses, cymbales du chuchotement »…

bérénice dit: 3 mars 2018 à 8 h 44 min

Bloom, l’omission oriente votre interprétation, je ne connais évidemment pas cet auteur mais son je vais proférer une horreur est à prendre en compte , d’autres avant lui ont écrit que la maladie était inhérente à la vie et dans notre contexte hors boucle bouclée- vie jusque mort, on n’en sort pas vivant- transmettre la vie suppose un optimisme, une croyance en l’avenir avec toutes les potentialités en germination pour arrêter certains des processus qui l’inquiètent et l’hypothèquent pour des hommes se sentant prêts à faire le deuil d’un monde révolu sur de nombreux plans: idéologique, humain, naturel.Les idéologies révolutionnaires sont mortes ou moribondes, un des philosophes invités( André Comte-Sponville, je crois que c’est lui qui l’émettait)) à la grande librairie remarquait que jusqu’à l’idée de progrès disparait des discours pour être remplacée par innovation; on innoverait sans que cela améliore les conditions de vie du plus grand nombre. Il existe des innovations qui facilitent tout ce qu’on peut vouloir, d’autres qui permettent de détruire plus et mieux, d’autres encore qui tentent de ralentir le résultats des processus que l’homme s’est choisi pour produire , d’autres aussi qui réparent tout simplement avec plus d’efficacité le vivant – là je pense aux progrès de la science qui s’appliqueraient uniquement à cette tâche – . On peut aussi se demander dans l’état actuel du monde comment seront gérées et vécues les explosion démographiques prévues mathematiquement et la disparition de certains eco-systèmes qui ne seront pas sans conséquences .Bref, si c’était à refaire, si j’avais 20 ou trente ans aujourd’hui, je ne sais trop si toutes ces projections sur l’avenir en plus du présent m’encourageraient à vouloir donner la vie.

Bloom dit: 3 mars 2018 à 6 h 09 min

Bloom avait grossièrement falsifié les propos de Rémy Brague dans un premier temps

Non, je les ai interprétés, ce qui n’est pas la même chose; si votre façon de penser est le littéralisme, grand bien vous fasse. Je maintiens mon interprétation et considère que les propos tenus sur cette chaine publique sont indéfendables.
Avec des sots chez qui la mauvaise foi se fait passer pour de la foi, le catholicisme romain est fort mal défendu. Rien de bien nouveau sous le soleil noir des dévots.

bérénice dit: 2 mars 2018 à 23 h 03 min

x 16h26: Donner la vie c’est y croire ou se prendre pour Dieu . Je comprends tout à fait que de plus en plus nombreux sont ceux qui hésitent à procréer. Peut-être faudrait-il se tenir à l’écart des info ou vivre dans une bulle ( immobilière, financière…) et encore sans se soucier de rien ni personne au loin pour consentir la fleur au fusil à envisager d’être l’auteur d’une famille nombreuse après avoir équipé son jardin d’un abri et d’une réserve de vivre!

bérénice dit: 2 mars 2018 à 22 h 37 min

JJJ, WGG n’a pas tout à fait tort , les individus se trouvent par affinités et cimentent les amitiés en fonction de l’échange rendu possible par une communauté d’interets cependant il néglige le plaisir à côtoyer des êtres différents ou qui contiennent autre chose . Une sensibilité, des qualités qui ne trouvent pas obligatoirement leur origine dans un savoir encyclopédique, universitaire ou une excellence quel que soit le domaine où elle s’applique. Néanmoins il est vrai que majoritairement les gens ne sortent pas de leur milieu ou du milieu auquel ils ont pû accéder soit par leur travail qu’il soit manuel, intellectuel, artistique soit ce qui est de plus en plus rare par une union inattendue. Les imposteurs se font assez vite repérer, il est difficile de se faire passer pour ce qu’on n’est pas plus que cacher sa véritable valeur ( si on accepte un système hiérarchique des valeurs). Ensuite il faudrait répertorier les ambitieux suffisamment habiles qui réussissent à leurrer ou cacher ce qui constitue le centre de leur intérêt à entretenir de prétendus liens amicaux.

Janssen J-J dit: 2 mars 2018 à 21 h 12 min

@ Lire La Voie romaine de Rémi Brague. Un livre d’une importance fondamentale.

Quand on hait à ce point les gens et l’humanité entière, pourquoi leur conseiller de lire ce qu’on n’a pas vraiment lu soi-même, c’est bizarre et triste comme attitude, non ?

Lavande dit: 2 mars 2018 à 20 h 51 min

Rose effectivement le texte dans la parenthèse fait bloc avec les deux parenthèses qui l’entourent.
Pour le tiret d’incise – qui est donc un cas particulier – le mieux est de vous en donner cet exemple.
Il y aurait aussi les  » guillemets français  » (espace avant et après) et les « guillemets anglais » (espace avant à l’ouverture et après à la fermeture donc collés au texte comme les parenthèses). Je ne crois pas que les guillemets anglais (double apostrophe) soient respectés ici.
Je peux vous parler aussi de l’espace insécable (qui dépend des logiciels): on met une espace insécable pour éviter qu’un point d’exclamation ou d’interrogation ne se retrouve au début de la ligne suivante, ce qui arrive parfois malencontreusement dans certains titres ! Sur un Mac en principe c’est alt + espace.

rose dit: 2 mars 2018 à 20 h 22 min

merci christiane pour ce lien

pas eu le temps de vous répondre, je peins, mais sur le doute, suis d’accord avec vous

rose dit: 2 mars 2018 à 20 h 21 min

sauf le tiret d’incise qui a un espace avant et un espace après. Pour la parenthèse ouvrante c’est avant, parenthèse fermante c’est après.

Lavande

le texte qui est dans la parenthèse n’est ni précédé ni suivi d’espace donc.

Qu’est ce que le tiret d’incise ?

Lavande dit: 2 mars 2018 à 20 h 14 min

Oui Rose c’est pratiquement ça, en gros, sauf le tiret d’incise qui a un espace avant et un espace après. Pour la parenthèse ouvrante c’est avant, parenthèse fermante c’est après.

rose dit: 2 mars 2018 à 20 h 05 min

DHH dit: 2 mars 2018 à 17 h 06 min

DHH pourriez-vous expliquer précisément ce qu’il dit dans le contre sainte Beuve concerant la biscotte et sa transformation en madeleine ?

Lavande
portrait-on dire en moyen mnémotechnique un signe typographique => un espace insécable après, deux signes => deux espaces, un avant un après ?

closer dit: 2 mars 2018 à 19 h 55 min

« Et on n’insulte pas les collègues pour qui ce « penseur » n’est pas très intéressant, quoiqu’il vous en coûte. »

Je comprends très bien que l’on ne s’y s’intéresse pas, mais je m’élève contre les injures sans fondement.

Janssen J-J dit: 2 mars 2018 à 19 h 32 min

@19.20, Je pense que lorsqu’on veut défendre un penseur pour qui on a de l’estime, on commence par orthographier correctement son patronyme, sinon ça fait un peu « amateur » et pas très sérieux et surtout maladroit
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9mi_Brague
Et on n’insulte pas les collègues pour qui ce « penseur » n’est pas très intéressant, quoiqu’il vous en coûte.

Jean Langoncet dit: 2 mars 2018 à 19 h 30 min

Je vais soumette cette idée à l’approbation de mes amis : décidons tous en cœur de ne plus “continuer l’humanité et sa culture”, foi de grand singe

closer dit: 2 mars 2018 à 19 h 20 min

Bloom avait grossièrement falsifié les propos de Rémy Brague dans un premier temps. Tout le monde peut constater que sa citation enfin exacte, ne parle, ni de génocide, ni de la nécessité d’endoctriner les jeunes pour leur faire croire à la vie éternelle…

Quand on commence une phrase par « j’ai envie de dire une horreur… » et que l’on pense être en face d’interlocuteurs normalement intelligents, on ne s’attend pas à être pris au pied de la lettre et entendu au premier degré. On provoque volontairement pour attirer l’attention sur un problème que l’on croit important.

Rémy Brague s’intéresse depuis longtemps à la question de la transmission de la vie, qui n’est pas seulement celle de faire des enfants ou non, mais celle de continuer ou non l’humanité et sa culture. Je me souviens d’une série de huit conférences qu’il a donné il y a quelques années sur la notion de « Bien ». Il était amené, entre autres, à se poser la question de quel « Bien » nous proposons aux générations futures pour prendre la responsabilité de les mettre au monde »… Bien entendu, il ne donnait pas de réponse à cette question. Comme tout bon philosophe, il se contente de poser des questions et de donner des pistes de réflexion en convoquant l’histoire de la philosophie…

Il constatait à voir la chute de la natalité, que de moins en moins d’entre nous prenaient cette responsabilité, pourquoi? Question intéressante selon moi. On a cependant parfaitement le droit de ne pas s’y intéresser et de prendre tout simplement les chose comme elles sont en se disant qu’elles dureront bien autant que nous.

Chacun fait son choix et Brague n’est certes pas un penseur qui essaye d’imposer le sien.

Jean Langoncet dit: 2 mars 2018 à 19 h 19 min

@À trait forcé

Même quand on ne connaît que des péchés mignons il y en a un qui domine, provisoirement
Ainsi Clément Rosset ; c’etait à la veille du XXIe siècle: “On a dit:  » La philosophie se résume à des notes au bas de Platon.  » Pour moi, c’est le contraire: la philosophie se résume à tout ce qui réfute le platonisme (…)”
https://www.lexpress.fr/culture/livre/clement-rosset_807568.html

Widergänger dit: 2 mars 2018 à 19 h 04 min

Alors là, je peux vous assurer que je ne suis absolument pas attaché à quelque solidarité tribal que ce soit. Je hais les gens ordinaires. Je hais l’humanité. Quelques très rares amis m suffisent, triés sur le volet. Et souvent je me suffis à moi-même; les autres m sont le plus souvent une prison épouvantable, un mur de sottises contre lequel je n’aime me cogner qu’ici pour gratter la pierre… mais pas autrement. Dans la vie, on rencontre 99, 99999% de gens à qui on n’a strictement rien à dire et avec qui il est absolument impossible d’entretenir quelque relation que ce soit. Les affinités électives sont très rares. Les gens sont trop pauvres intérieurement pour nouer quelque relation que ce soit avec eux.

Lavande dit: 2 mars 2018 à 19 h 00 min

Sergio, je ne savais pas que ça s’appelait un pontet. J’ai récupéré au fond d’un grenier, pour le théâtre, le costume de mariage de mon grand père, enveloppé dans du papier de soie et dans un superbe carton des Galeries Lafayette : une splendeur de costume trois pièces en lainage noir, avec des bretelles à boutons. Il a effectivement un pontet, ce qui a rendu très perplexe le comédien qui l’a porté.
J’ai effectivement entendu parler « d’accident de braguette » assez épouvantable !

christiane dit: 2 mars 2018 à 18 h 49 min

JJJ,
heureuse que ces petites remarques soient sorties de la modération. Canetti ? je l’ai lu il y a quelques années puis je l’ai oublié, un peu. Votre commentaire m’a intéressée surtout par ce qu’il pourrait laisser comprendre de la fascination des gens qui dialoguent (ou essaient de dialoguer) par l’intermédiaire d’un écran et d’un clavier avec des inconnus dans ces espaces-commentaires ou sur des réseaux sociaux (domaine qui m’est inconnu mais que beaucoup évoquent)..

christiane dit: 2 mars 2018 à 18 h 43 min

DHH,
votre commentaire allège les pensées.
Même si les écrivains ont, comme chacun(e), des pulsions érotiques intimes, il est bon, s’ils ne les décrivent pas avec précision dans leurs livres, de les laisser à leurs secrets d’alcôve et, recevoir cette madeleine, par exemple, juste comme le fil invisible qui guidera le narrateur dans le labyrinthe de son passé oublié. Vous avez la pudeur d’une femme sage et lucide.
Le narrateur ? un personnage qui a accompagné Marcel Proust toute sa vie et qui lui a donné l’espace, les fleurs, les jeunes filles, l’enfance et les sortilèges de l’amour, la beauté… quand lui était enfermé dans sa chambre avec tous ses médicaments et ses paperolles. P.Edel a écrit un jour (proche) un commentaire si beau sur le compagnonnage du lecteur qu’il était, suivant Proust dans une longue et douce promenade dans un jardin, pleine de confidences. J’imagine la même promenade avec Proust et son personnage.
Bonne soirée.

Sergio dit: 2 mars 2018 à 18 h 41 min

DHH dit: 2 mars 2018 à 18 h 23 min
Merci Lavande
mais je me suis mise à la dactylographie trop tard

A notre décharge à tous, les règles (autour des signes de ponctuation) ont changé dans les années quatre-vingt-dix, je crois. On le retrouve dans les ouvrages imprimés avant.

Sergio dit: 2 mars 2018 à 18 h 30 min

La braguette c’est pas un cadeau. Le pontet c’est bien plus beau. Et beaucoup plus pratique. On en trouve encore sur certaines culottes d’équitation ; classos !

DHH dit: 2 mars 2018 à 18 h 23 min

Merci Lavande
je le sais. Et j’ai un peu honte de ces négligences, mais je me suis mise à la dactylographie trop tard et je n’ai pas développé les reflexes utiles. Aussi quand je ne me relis pas ou peu, mes écrits sont pleins de coquilles. Mes enfants pestent toujours sur la mauvaise présentation des mails que je leur envoie

D. dit: 2 mars 2018 à 18 h 14 min

Ce soir je mange une omelette aux champignons de Paris et dés de jambon accompagnée de frites-maison dans la graisse de bœuf (2 bains, 2 températures différentes, le must en la matière). Je prends de la grosse bintje belge et bio.

Lavande dit: 2 mars 2018 à 17 h 44 min

Bel exemple de « faites ce que je dis, pas ce que je fais » : j’aurais dû écrire pâquerettes ?

Lavande dit: 2 mars 2018 à 17 h 42 min

DHH est-ce que je peux me permettre une remarque typographique très, très au ras des pâquerettes? Avec un point ou une virgule il faut mettre un espace après et non avant (avec ;:?!- c’est avant et après le caractère).

Lavande dit: 2 mars 2018 à 17 h 36 min

« le problème classique de la responsabilité que l’on prend en donnant la vie à qui ne l’a pas demandée. »

C’est le problème de toute naissance. Si on estime que ce n’est pas légitime c’est tout simplement la fin de l’humanité.

Delaporte dit: 2 mars 2018 à 17 h 27 min

« le problème classique de la responsabilité que l’on prend en donnant la vie à qui ne la pas demandé. »

Cette discussion ne mène pas à grand chose, comme tout ce qu’avance Rémi Brague.

DHH dit: 2 mars 2018 à 17 h 06 min

@ Christiane
Merci pour toute l’information que vous m’apportez sur les avatars de cette tartine grilléee qui se transforme en biscotte pour finir en objet littéraire mythique .Moi j’en étais restée à la biscotte du Contre Sainte Beuve
S’agissant de Proust et du sexe pourquoi pas, ? il est si facile d’en voir partout et comme Freud ou Lacan, de penser erotisme devant n’importe quelle forme geometrique ,du style triangle ou cylindre ou de transformer un mot par calembour ou contrepèterie et prétendre qu’on devoile son vrai sens ,le sens erotique caché

x dit: 2 mars 2018 à 16 h 26 min

Donner la vie c’est aussi donner la mort — à la limite, on pourrait retrouver cette réflexion qui hante nécessairement les parents d’enfants morts ou dont la vie a été menacée, n’a tenu qu’à un fil (maladie, accidents), représentée en art quand l’œuvre souligne la ressemblance entre la mère tenant le nourrisson endormi et la mère tenant son fils (en l’occurrence) mort.
Je pense à la Pietà de Michel Ange (les proportions non conformes ne recherchent-elles pas cet effet ?) Ou à la confrontation de deux Bellini dans une salle du Museo Correr à Venise (pose exactement semblable).
Je vous souhaite de ne jamais connaître cette pensée — cela voudra dire que vos enfants sont en pleine forme, et je m’en réjouirai toujours pour vous et avec vous.

Janssen J-J dit: 2 mars 2018 à 16 h 21 min

@à Ch., j’avais tenté de répondre à ce que j’avais deviné de votre question, en dépit de la modération. J’ajouterais simplement que l’expréience de la masse à la quelle pensait Canetti était une expérience physique de « foule cristalisée » comme il disait. A rebours de toutes les thèses issues de la pensée de Gustace Le Bon sur l’irrationnalité des foules (sentimentales), cette expérience n’était en aucun cas à lire comme une aliénation des êtres humains perdant leur âme dans la masse, bien au contraire…
Peut-on transposer cette thèse dans le monde virtuel de la blogosphère rdl d’aujourd’hui telle qu’avec wgwg, vous avez l’air de ? Je ne sais pas. Mais ça n’a pas trop d’importance…
Ces miettes ne sont pour moi que des pistes de réflexions parmi d’autre sur les liens de coexistences entre mondes qu’on aurait appris à séparer alors qu’ils me paraissent extrêmement enchevêtrés en clés positives et négatives. J’avoue qu’une thèse alternative à celle de Canetti n’est pas encore très au point de ma part. Et d’ailleurs, le sera-t-elle jamais ?

christiane dit: 2 mars 2018 à 16 h 15 min

@zerbinette dit: 2 mars 2018 à 14 h 52 min
Ah merci, Zerbinette.(Je ne trouvais pas la signature.
De ce document surgit le grand-père, ce qui pour moi est une nouveauté ! quant au reste, que d’explorations… c’est DHH qui a ouvert le questionnement. Elle semble toujours arriver après la bataille et lance un « à propos… » faussement ingénu et souvent pétillant d’humour.

Bloom dit: 2 mars 2018 à 16 h 05 min

Mais pour cela il faudrait un minimum d’honnêteté intellectuelle, ce dont Bloom est complétement dépourvu apparemment.

C’est l’hôpital qui se fout de la charité…Vous êtes un bouffon doublé d’un menteur.

x dit: 2 mars 2018 à 16 h 05 min

Bloom 2 mars 2018 à 14 h 42 min, « comment peut-on proférer de telles énormités, de telles horreurs ? »

Facile.
Si l’on dit la même chose en affichant une casquette écolo — décroissance pour sauver la planète — ou jeune femme qui ne veut pas s’emmerder, d’ailleurs elle a des neveux ça lui suffit, on ne déclenche pas autant d’opprobre.
Étonnant, non ?

Et si l’on écrit quelque chose de semblable après avoir perdu successivement et dans un très bref laps de temps son mari et sa fille, que l’on rassurait autrefois en lui disant « ne t’inquiète pas maman est là » — vous aurez reconnu JOAN DIDION auteur du récit autobiographique sans complaisance The Year of Magical Thinking, on est passible de quel tribunal de l’opinion ?

Janssen J-J dit: 2 mars 2018 à 16 h 04 min

@16.01, la preuve par 9 de closer, à l’instant même : « pauvre kons ». Quel talent !

Jean Langoncet dit: 2 mars 2018 à 16 h 02 min

Diogène Laërce rapporte : “Aristoxène (Souvenirs historiques) dit que Platon voulut brûler tous les ouvrages de Démocrite qu’il pouvait trouver, mais qu’il en fut empêché par Amyclas et Clinias, disciples de Pythagore, qui lui dirent que ce serait un acte inutile, puisque quantité de gens possédaient déjà ces livres. Cette tradition est exacte, car Platon, qui a cité tous les philosophes anciens, n’a parlé nulle part de Démocrite, même là où il aurait eu occasion de le contredire, car il savait bien qu’il s’attaquerait alors au meilleur de tous les philosophes.”

http://ugo.bratelli.free.fr/Laerce/IsolesSceptiques/Democrite.htm

Janssen J-J dit: 2 mars 2018 à 16 h 01 min

@12.07, En vérité, nous sommes trop myopes et bien trop bêtes pour ne pas nous apercevoir de ce phénomène pourtant si évident : le besoin maladif des uns des autres, un besoin qui demande à rester totalement indicible. La formidable éloquence de chacun quant à la détestation de l’autre prouve sans ambiguité notre incapacité à nous dire à quel point nous sommes pourtant viscéralement attachés à notre petite solidarité tribale. Que l’un de nous s’en aille… et c’est un quasi trauma collectif.
La différence d’avec la thèse de Canetti, c’est que notre expérience de la contiguité (voire consanguinité) de masse reste ici virtuelle ; ce qui nous pousse à surenchérir dans le mauvais sens, la détestation et haine des autres pour nous prouver le bien fondé de notre irréductible altérité, en cet individualisme viscéral qui n’aurait pas peur de lui-même. Un leurre collectif total, mais chut…, faut pas le dire, ça sentirait trop sa gigi-la-cona.sse

closer dit: 2 mars 2018 à 16 h 01 min

Pauvre kons!

Ni Bloom, ni JJJ, ni Delaporte n’ont compris (ou ont fait semblant de ne pas comprendre) que Rémy Brague tenait un raisonnement « à la limite », au second degré (« je vais proférer une horreur ») et posait le problème classique de la responsabilité que l’on prend en donnant la vie à qui ne la pas demandé. D’ailleurs son propos n’a choqué personne. Il faut écouter l’ensemble de l’entretien. Il n’est évidemment pas un chantre de la chasteté. Jamais, à aucun moment.

Mais pour cela il faudrait un minimum d’honnêteté intellectuelle, ce dont Bloom est complétement dépourvu apparemment.

Janssen J-J dit: 2 mars 2018 à 15 h 39 min

@14.42 « Comment peut-on, dans la France du 21e siècle, proférer de telles énormités, de telles horreur(s) » ?

Tout simplement que Brague n’a pas décollé de l’apologie de la chasteté et des « arts de la virginité » destinés à lutter contre le concupiscence et à pratiquer une meilleure connaissance de soi-même.
St Jean Chrysostome puis St Augustin, même combat ?… Je pense qu’il avait assez mal digéré Michel Foucault.
D’ailleurs, il est temps de faire un nouveau point à ce sujet, pendant qu’on résiste aux stes madeleines de Proust… Tournons donc nos regards vers la vulve de Marie en mobilisant les récents « Aveux de la chair » (HS, t. 4).
______
A ma connaissance, Michel Foucault n’avait jamais entrepris d’études de théologie. Et pourtant, son exégèse d’Augustin, découverte aujourd’hui est proprement hallucinante. On se demande comment ce savant a trouvé le temps, tout seul dans son coin, d’aller se plonger dans toute cette Patristique pour faire entr’apercevoir au monde des païens post nietzschéens du collège de France les modalités par lesquelles, fin 4e-début 5e s. ap. JC, le réseau des relations spirituelles entre mariage et virginité se trouvaient un brin entrelacé chez Augustin.
On reste abasourdi par l’exégèse de Buono viduitatis et de Sancta virginitate, où MF montre comment Augustin renverse et reproduit chacun des éléments de l’ensemble examiné (Christ, Marie, Eglise, âmes) pour justifier aussi bien le mariage, la fécondité que la virginité : 1- Le Christ est le fils d’une Vierge ; 2 – vierge lui-même, il est l’époux de l’Eglise, vierge elle aussi, qui se lie à lui dans une union spirituelle ; mais il est également, dans cette Eglise, l’époux des vierges auxquelles l’unissent des épousailles virginales. 3 – La Vierge est également la sœur du Christ et sa fille (cat tous ceux qui croient en lui sont ses enfants et méritent d’être appelés les « fils de l’Epoux »). 4 – L’Eglise est la « vierge du Christ » unie à lui de façon spirituelle (corporellement, elle ne peut être dite vierge qu’à cause de certains de ses membres, tandis qu’elle ne l’est pas si on considère ceux d’entre les fidèles qui se sont mariés). 5 – Epouse-vierge du Christ, l’Eglise est la mère des chrétiens puisqu’elle les accueille dans le baptême ; mais aussi, parce qu’en formant et enfantant la communauté des Saints appelés à posséder le royaume de Dieu, elle est la mère de Dieu « par la volonté du Père ». 6 – Et donc enfin, chaque âme pieuse est à la fois fille, sœur et mère du Christ » (p. 291-292).
L’était malin cet Augustin !… qui, nous montre MF, systématisa et dogmatisa des thèmes qui lui étaient largement préalables, à savoir : -> la virginité comme union avec l’Epoux et celui de l’Eglise fiancée au Christ, -> le tissage de relations unissant sur le plan spirituel des virginités également spirituelles -> et les fruits de ces épousailles pas seulement corporelles, dans autre chose qu’un pur symbole, etc.
______
Tu m’étonnes qu’à côté de ça…, les interprètes actuels du Coran et autres Rémi Brague font point trop le poids, ou paraissent du moins un brin décalés. Pas vrai, Delaporte ?

Delaporte dit: 2 mars 2018 à 15 h 24 min

« le délit de braguette est en fait dû à Rémi Brague »

Qu’attendre de plus d’un tel prétentieux ? Il enfonce des braguettes ouvertes, en nous faisant croire que c’est de la science. Tous ses livres sont tissés de telles âneries, bonnes à retourner au libraire !

Bloom dit: 2 mars 2018 à 14 h 42 min

VERBATIM. Réécoute opérée, le délit de braguette est en fait dû à Rémi Brague. La troisième et la quatrième phrases sont purement sidérantes :

« Le dard venimeux de la mort. J’ai envie de dire une horreur et de reprendre le sens argotique du mot « dard » que tout le monde comprend – le pénis. Si la mort est le dernier mot, alors l’organe par lequel nous donnons la vie est effectivement venimeux. Nous ne faisons que transmettre une maladie mortelle, sexuellement transmissible, comme disent les humoristes, auquel cas on peut se demander ce qui va expliquer que notre existence vaut la peine d’être continuée parce que, pour à nouveau citer Pascal nous sommes embarqués, mais nous embarquons des autres dans le même bateau (…) ».
France Culture, Répliques, 24/02/2018 (26:27 27:43)

Comment peut-on, dans la France du 21e siècle, proférer de telles énormités, de telles « horreur(s) » ?

christiane dit: 2 mars 2018 à 14 h 25 min

@Sergio dit: 2 mars 2018 à 14 h 16 min
Si vous ouvrez le document auto-pacte mis en lien sous votre commentaire, vous serez conduit à douter du sens… unique de ces citations… (Je me suis d’ailleurs demandé qui était l’auteur de ce document.)

petit mitron dit: 2 mars 2018 à 14 h 24 min

Mais qui a inventé la biscotte ? C’est Charles Heudebert, en 1903, qui après une journée de travail dans sa boulangerie familiale de Nanterre, eut l’idée de faire griller le pain qui n’avait pas été vendu en fin de journée afin de le conserver. Il améliora peu à peu son invention et fonde à Nanterre la 1ere usine de fabrication.

Sergio dit: 2 mars 2018 à 14 h 16 min

christiane dit: 2 mars 2018 à 13 h 36 min
ce « tressaillement » qui le conduit à chercher la vérité en lui de ce plaisir inconnu, ce « quelque chose qui se déplace (…)à une grande profondeur ».

C’est très général, mais, corollairement, très complet. Cela pourrait être considéré comme une allusion, voire l’amorce d’une description clinique, des formidables réseaux que constitue l’ensemble de ces réminiscences, toujours prêtes à se multiplier, entre autres par duplication là aussi. Ces réseaux s’enchevêtrent, s’accroissent fractalement, se croisent, se rejoignent. Leur unification, aux endroits où elle se réalise, constitue un gigantesque repère qui permet à la personnalité de définir son identité. De la construire et de la faire évoluer.

Sergio dit: 2 mars 2018 à 14 h 07 min

Clopine dit: 2 mars 2018 à 13 h 08 min
Ben non, « valve »= « vulve » n’est pas si « évident », sinon par l’euphonie, par la ressemblance phonétique – Or Proust, ce roi de la métaphore, méprise ce genre de rapprochement, et en fait état à plusieurs reprises…

Dommage. L’euphonie, j’ignore si c’est reconnu ou non, me semble au contraire l’un des moteurs, que ce soit le principal ou non, de la croissance, ici pratiquement par duplication, du vocabulaire. Surtout, par ailleurs, dans les transferts d’une langue à l’autre.

christiane dit: 2 mars 2018 à 14 h 04 min

DHH,
pas mai 2015 mais un peu plus tard car c’est le 22 octobre qu’eut lieu la parution par les éditions des Saints-Pères d’un coffret comprenant la reproduction de trois carnets Moleskine, brouillons d’écriture de « À la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Reproduction des documents qui datent de 1908, moment où Marcel Proust griffonne, rature, noircit des centaines de pages dans ses carnets Moleskine, cahiers d’école, ou sur des feuilles volantes. Jessica Nelson, éditrice et cofondatrice des éditions des Saint-Pères, annonça : « De ces dizaines de milliers de pages, nous avons choisi d’extraire trois pépites », dont celle-ci.
Puis, Jean-Paul Enthoven, coauteur avec son fils Raphaël, dans le « Dictionnaire amoureux de Marcel Proust » (Plon), écrivit : « Marcel, prudent, n’a pas encore définitivement choisi sa petite Madeleine moulée dans la valve rainurée d’une coquille Saint-Jacques »…
Ci-joint la documentation proposée des éditions des Saints-Pères où l’on voit les pages des carnets :
https://www.lessaintsperes.fr/fr/24-a-la-recherche-du-temps-perdu-manuscrit-brouillon-madeleine-proust-9791095457008.html

Pat V dit: 2 mars 2018 à 14 h 03 min

cette sensation qu’il ressentit quand il porta à ses lèvres cette cuillerée de thé où le morceau s’amollissait C.

A la flaccidité du réel répond le tremblement de la langue qui va écrire.. 🙂

Pat V dit: 2 mars 2018 à 13 h 57 min

cette sensation qu’il ressentit quand il porta à ses lèvres cette cuillerée de thé où le morceau s’amollissait C.

Ce morceau amollit d’ inanité sonore.. 😉

Widergänger dit: 2 mars 2018 à 13 h 47 min

Vous faits un polémique de choses archi-connues de la critique. C n’st pas intéressant. Vous découvrez la sexualité proustienne.

Widergänger dit: 2 mars 2018 à 13 h 44 min

Mais non, ce n’est pas hasardeux du tout. C’est reconnu par tout le monde. C’est un banalité de la critique proustinne, voyons ! Vous seule ignorez ces choses-là.

Clopine dit: 2 mars 2018 à 13 h 37 min

… D’autant que la madeleine apparaît dans Combray, et à propos de la Tante Léonie, deux registres qui, dans la Recherche et contrairement à tant d’autres, sont fort éloignés de considérations sexuelles (si l’on excepte la masturbation du jeune narrateur aux cabinets, évidemment, mais nous nous éloignons sensiblement d’une tasse de tilleul ou de thé, puisque les deux sont aussi possibles, DHH…)

christiane dit: 2 mars 2018 à 13 h 36 min

DHH – 12h22
la publication en 2015 des trois carnets de moleskine de Proust de 1908, a permis de comparer les brouillons de La Recherche. C’est un morceau de madeleine trempé dans le thé qui a ressuscité tout Combray mais seulement dans le troisième carnet, un bout de biscotte dans le deuxième et un simple pain grillé couvert de miel dans le premier.
Les journaux, en ce mois de mai 2015 ne se sont pas privé de dévoiler la trouvaille mais ce qui importe c’est dans « Combray I » de lire ces lignes pour la première fois.
Sa mère voyant qu’il avait froid envoie chercher « ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques », cette sensation qu’il ressentit quand il porta à ses lèvres cette cuillerée de thé où le morceau s’amollissait et surtout, ce « tressaillement » qui le conduit à chercher la vérité en lui de ce plaisir inconnu, ce « quelque chose qui se déplace (…)à une grande profondeur ». Il évoque même « les distances traversées jusqu’à l’émergence de ce souvenir, ce dimanche matin à Combray et sa tante Léonie…
Maintenant, votre question intéresserait , il est vrai, un psy…

Pat V dit: 2 mars 2018 à 13 h 16 min

la madeleine est d’un registr ( sic ) plus relevé, plus poétique.

Wgg s’ y connait en objet poétique, c’ est sûr…! Relisons Francis Ponge, son cageot et ses crevettes et n’ en parlons plus.

Clopine dit: 2 mars 2018 à 13 h 08 min

Ben non, « valve »= « vulve » n’est pas si « évident », sinon par l’euphonie, par la ressemblance phonétique – Or Proust, ce roi de la métaphore, méprise ce genre de rapprochement, et en fait état à plusieurs reprises…

Clopine dit: 2 mars 2018 à 13 h 05 min

WGG, pas sûr qu’en 1910, la « biscotte » ait été un aliment si « populaire » (pas dans le sens apprécié par tous, mais dans le sens appartenant au peuple) que cela. Si l’on prenait garde à ne pas gâcher le pain, l’invention de la biscotte m’apparaît récente, et son usage fut au départ (comme pour tous les aliments nouveaux avant leur démocratisation) sans doute réservé à ceux qui « avaient les moyens » de s’en acheter… Le caractère « sexuel » voulu par Proust, qui vous semble évident, me paraît également hasardeux. Vous m’auriez parlé des abricots chez Flaubert, j’aurais acquiescé sans hésiter. Mais là, c’est à mon sens chercher un peu trop la petite bête (sans doute un canard en celluloïd ?) …

Widergänger dit: 2 mars 2018 à 13 h 05 min

Pour le fascisme français, lire Annie Lacroix-Riz! Les historiens français nient qu’il ait existé un fascisme français, elle, elle le prouve en se basant sur les archives !

Nicolas dit: 2 mars 2018 à 12 h 58 min

W quand il mange une madeleine ça ne lui rappelle pas son enfance ça lui f.hout la trique. Je me demande l’effet quand il s’en déleste aux toilettes ?

Nicolas dit: 2 mars 2018 à 12 h 55 min

C’est sans doute une recette de madeleine différente, tout le monde sait ça, même moi qui n’y voie aucun intérêt.

Paul Edel dit: 2 mars 2018 à 12 h 55 min

Mort de l’historien Pierre Milza, spécialiste du fascisme italien. sa biographie de Mussolini est un grand livre.

Widergänger dit: 2 mars 2018 à 12 h 53 min

Ce n’est pas seulement un question de psy, DHH.

La biscotte c’est terre à terre et d’un registre populaire, la madeleine est d’un registr plus relevé, plus poétique. Elle a une connotation sexuelle évidente par ailleurs.

Clopine dit: 2 mars 2018 à 12 h 50 min

DHH, peut-être parce que la madeleine est associée à la Tante Léonie qui (comme Proust lui-même, plus tard) est une recluse volontaire qui ne sort jamais de son lit.

Or, la biscotte fait des miettes…

La madeleine aussi, me direz-vous, mais ce sont des miettes molles, et non dures…

Et puis la madeleine permet à Proust de trousser une si moelleuse métaphore : « gâteau court et dodu qui semble avoir été moulé dans la valve rainurée d’une coquille Saint-Jacques… »

Une biscotte aurait été plus sèche, inévitablement !

(Proust serait capable de tout pour une métaphore réussie….)

Lavande dit: 2 mars 2018 à 12 h 45 min

DHH c’est pas sympa ! Vous nous cassez la madeleine… c’est tellement plus poétique qu’une biscotte !
Avez-vous vu le film Phantom Thread où le grrrrand couturier est exaspéré, au petit déjeuner, par le bruit que fait sa compagne en beurrant et mangeant sa biscotte, bruit qui perturbe l’inspiration du maitre.
A propos que devient notre cinéphile préféré, Jazzi pour les intimes?

D. dit: 2 mars 2018 à 12 h 35 min

Heure par heure, comme une fleur qui s’ouvre,
Les vérités fleuriront,
Car le soleil peut pâlir et nous manquer les étoiles :
La Loi de Dieu demeure ;
Sa splendeur éclate, son influence croit
Au lent travail de la nature,
Du menu zoophyte aux Grands Maitres de Tout,
À travers les millions d’années.

DHH dit: 2 mars 2018 à 12 h 22 min

Il a été ici doctement parlé de la madeleine et de ce phénomène de la mémoire involontaire, de cette replongée tâtonnante dans un vécu ancien suscitée par la rencontre avec un élément ou une impression dont ne savait même pas qu’il lui avait été associé. .
C’est une expérience banale pour tout un chacun . Mais ce que Proust apporte de neuf et réussit avec sa madeleine, c’est qu’il sait rendre avec ses mots ce phénomène de transformation progressive d’une perception confuse en souvenir intelligible .
Mais pourquoi personne n’a dit ici qu’à l’origine de cette experience disséquée par Proust il y avait une biscotte, pas une madeleine ?, c’est ce qu’il nous en dit dans contre Sainte Beuve . D’ailleurs le »grain » de la biscotte se prête plus à ce qu’il raconte que le « grain » de la madeleine.
Alors pourquoi cette transposition ? aux psy de phosphorer

christiane dit: 2 mars 2018 à 12 h 08 min

suite –
Créer des liens sans contact, sans visage et souvent sous pseudo ? Une communauté à contre-rencontre, si ce n’est virtuelle. Une communauté à l’abri du réel mais qui en mime ses rites : conversations, disputes, injures, calomnies, affection…

christiane dit: 2 mars 2018 à 12 h 07 min

JJJ
en attendant, n’est-ce pas l’inverse de ce qui se passe sur le fil de commentaires, ici ?

christiane dit: 2 mars 2018 à 12 h 06 min

JJJ
je vous posais une question importante en relation avec le sens que vous trouvez aux pensées de Canetti. Modération…

christiane dit: 2 mars 2018 à 12 h 05 min

JJJ – 10h50
Vous écrivez de Canetti : « Par conséquent, d’après lui, si les hommes se lient, c’est parce qu’ils ont peur les uns des autres et le lien social leur permet donc de conjurer cette peur naturelle : en provoquant le contact, ils domestiquent l’altérité. La tendance des êtres humains à vouloir conjurer leur peur, à se rapprocher d’un nombre toujours plus grand de leurs semblables pour se les rendre familiers..; »
Comment, au regard de cette pensée analysez-vous ce que nous faisons ici ? Créer des liens sans contact, sans visage et souvent sous pseudo ? Une communauté à contre-rencontre, si ce n’est virtuelle. Une communauté à l’abri du réel mais qui en mime ses rites : conversations, disputes, injures, calomnies, affection…
Y a-t-il moins de peur ? moins de solitude ? plus d’harmonie ?

Janssen J-J dit: 2 mars 2018 à 10 h 50 min

J’apprécie beaucoup ces thèses qui vont à contre courant des pentes paresseuses sur lesquelles nous avons tendance à fonctionner.
Nicolas Poirier (recensé par L. Pinguet) a bien raison de souligner combien Masse et Puissance de Canetti n’a pas été compris en son temps, ou du moins été trop vite oublié.
A rebours des philosophies politiques classiques et modernes, Canetti ne pensait pas que le lien social entre les hommes tirait son origine d’un état de guerre permanent régulé par l’entrée en société(comme chez Hobbes), ni d’une bonté naturelle pervertie par la propriété (comme chez Rousseau). Le lien social, à ses yeux, devati être analysé dans une problématique du mouvement contre le statisme et de la résistance de la vie contre la mort (cf. l’inédit : le livre contre la mort). Par conséquent, d’après lui, si les hommes se lient, c’est parce qu’ils ont peur les uns des autres et le lien social leur permet donc de conjurer cette peur naturelle : en provoquant le contact, ils domestiquent l’altérité. La tendance des êtres humains à vouloir conjurer leur peur, à se rapprocher d’un nombre toujours plus grand de leurs semblables pour se les rendre familiers, voilà qui expliquait le phénomène d’accroissement de la masse. Canetti n’entendait pas penser ce phénomène comme strictement moderne, mais comme une dynamique universelle de l’histoire humaine. Dans la masse, l’individu ne s’aliène pas nécessairement. C’est parfois même le contraire, pensait-il, vu que l’individu y fait aussi l’expérience de son aptitude à s’émanciper des identités sociales, figées et normées, voire de l’expérience fondatrice et intensive de l’égalité avec ses semblables.

On voit bien en quoi les deux éléments traumatiques de sa propre vie, racontés dans sa biographie en trois tomes, conditionnèrent chez lui ce type de conviction. Comme tout philososphe qui pense « contre » des idéologies dominantes…, il avait tendance à généraliser en essayant faire une loi universelle invariante de son intuition. Constat certtes d’une grande banalité, mais enfin, ça vaut quand même le coup, de temps à autres, de s’aérer un brin les méninges contre l’emprise obsidionale et congelante des innombrables thèses soporifiques dédiées à nos sociétés prétendument malades de leur individualisme exacerbé.

JC..... dit: 2 mars 2018 à 10 h 27 min

« Proposition de brûler des livres lors d’un hiver rigoureux »
(Georg C. Lichtenberg/Cahier E/1775-1776/E.309)

Janssen J-J dit: 2 mars 2018 à 9 h 53 min

Elle n’est rien, disaient-ils dans les temps antiques, parce que tant que nous sommes là, elle n’y est pas, et quand elle sévit, nous ne sommes plus… Certs, mais enfin, il n’y aura jamais personne pour mourir à ma place, rajoutait-il un brin exaspéré, il y a presque trente ans déjà. Elle lui disait pour l’apaiser : « ne t’inquiète pas, je serai pas longue à te suivre »…
Bonne chance au superbe film de R. Campillo, ce soir.
https://www.dailymotion.com/video/x1fnjn
BJ à toussent, à Jean, Chachal et Variluxe. Rose, très heureux de votre retour !

Jean Langoncet dit: 2 mars 2018 à 8 h 52 min

Démocrite et les Abdéritains

Que j’ai toujours haï les pensers du vulgaire !
Qu’il me semble profane, injuste, et téméraire ;
Mettant de faux milieux entre la chose et lui,
Et mesurant par soi ce qu’il voit en autrui !
Le maître d’Epicure en fit l’apprentissage.
Son pays le crut fou : Petits esprits ! mais quoi ?
Aucun n’est prophète chez soi.
Ces gens étaient les fous, Démocrite le sage.
L’erreur alla si loin qu’Abdère députa
Vers Hippocrate, et l’invita,
Par lettres et par ambassade,
A venir rétablir la raison du malade.
Notre concitoyen, disaient-ils en pleurant,
Perd l’esprit : la lecture a gâté Démocrite.
Nous l’estimerions plus s’il était ignorant.
Aucun nombre, dit-il, les mondes ne limite :
Peut-être même ils sont remplis
De Démocrites infinis.
Non content de ce songe il y joint les atomes,
Enfants d’un cerveau creux, invisibles fantômes ;
Et, mesurant les cieux sans bouger d’ici-bas,
Il connaît l’univers et ne se connaît pas.
Un temps fut qu’il savait accorder les débats ;
Maintenant il parle à lui-même.
Venez, divin mortel ; sa folie est extrême.
Hippocrate n’eut pas trop de foi pour ces gens :
Cependant il partit : Et voyez, je vous prie,
Quelles rencontres dans la vie
Le sort cause ;
Hippocrate arriva dans le temps
Que celui qu’on disait n’avoir raison ni sens
Cherchait dans l’homme et dans la bête
Quel siège a la raison, soit le coeur, soit la tête.
Sous un ombrage épais, assis près d’un ruisseau,
Les labyrinthes d’un cerveau
L’occupaient. Il avait à ses pieds maint volume,
Et ne vit presque pas son ami s’avancer,
Attaché selon sa coutume.
Leur compliment fut court, ainsi qu’on peut penser.
Le sage est ménager du temps et des paroles.
Ayant donc mis à part les entretiens frivoles,
Et beaucoup raisonné sur l’homme et sur l’esprit,
Ils tombèrent sur la morale.
Il n’est pas besoin que j’étale
Tout ce que l’un et l’autre dit.
Le récit précédent suffit
Pour montrer que le peuple est juge récusable.
En quel sens est donc véritable
Ce que j’ai lu dans certain lieu,
Que sa voix est la voix de Dieu ?

La Fontaine

christiane dit: 2 mars 2018 à 8 h 46 min

Renato, 8h26
Merci pour cette photo. Que penser de cette œuvre assez énigmatique de Lucio Fontana ? Dans des lettres simples et «scolastiques» et bleues, il écrit :  » Je suis un saint ». La toile (comme les autres) est lacérée par des coupures (blessures ?) et en haut on lit au crayon un « non » (je suis « je ne suis pas un saint »). Au dos de la toile (notice), dans des lettres ocres, l’artiste a écrit: « Je suis une charogne ». Fatigue, doute, incertitude, tentation et blessure qui font aussi partie de sa vie… Fontana ? un pont entre le visible et le caché… (Une belle exposition au musée d’art moderne.)

Sant'Angelo Giovanni dit: 2 mars 2018 à 8 h 39 min


…juste, une question de proportions,…

…offrir, un grand  » paradis « ,!…et garder, pour soi-même, son très petit, » enfer « ,!…

…faut voir, sur table, ces lieux saints,…
…avec un gâteau, et du Cointreau, çà passe mieux,…
…question d’éthiques à l’étiquette,…
…j’en passe, à l’eau de rose,…etc,…

renato dit: 2 mars 2018 à 8 h 35 min

« l y a visiblement des subtilités qui lui échappent. »

Je ne crois pas que la subtilité lui échappe, je crois plutôt qu’il mette en œuvre une stratégie monothéiste qui s’est révélée efficace per le passé : se poser en victime.

Nicolas dit: 2 mars 2018 à 8 h 28 min

Mon oeil a ripé sur le commentaire de Delaporte, ca faisait longtemps, il vit toujours autant dans un monde qui n’existe pas, la statue de Jean Paul n’a jamais posé aucun problème puisque « la plus haute juridiction administrative française, saisie par plusieurs habitants, avait ordonné le retrait de la croix surplombant l’édifice ». Il y a visiblement des subtilités qui lui échappent.

christiane dit: 2 mars 2018 à 7 h 56 min

@rose dit: 2 mars 2018 à 4 h 37 min
Heureuse de votre retour. « Vous nous avez manqué » !
Quand j’écris que la foi est une « blessure » c’est qu’elle est plantée dans le doute sans lequel elle ne serait pas. Doute qui questionne le Mal, la méchanceté, la calomnie et tous les sentiments dégradants qui transforment cette humanité en un vaste champ de bataille. Doute qui se souvient de toutes les prières inexaucées dans le monde.
Vous écrivez : « je le vis comme un mystère absolu ou plutôt comme une absolue absence de démonstration -au sens de preuves ». Moi aussi ! et en particulier cette inadéquation entre la grâce et la prière, entre le Mal et le Bien, entre l’histoire des religions  » pleine de bruit et de fureur » et la foi.
Vous rapprochez : »solitude » et « paradoxe ». Oui… La présence-absence, le monologue-dialogue de soi dans l’immensité silencieuse du sacré.
Vous terminez par cet acte de foi : « Sans doute est ce ne pas faire assez confiance à la renaissance qui s’opérera. Et à l’étendue de la liberté. ». Vous êtes là plus en avance que moi !

Et quand vous écrivez : »J’entends Truompeu comme : on a essayé autre chose et on voit le résultat. » (Pas fameux ou catastrophique selon son moral.)
Oui, Rose c’est pour cela que j’ai utilisé l’expression « la plus inférieure de la foi ».

Ici, sur ce fil et ceux qui ont précédé, on évoque les attitudes critiquables des religions et jamais la foi. C’est facile et souvent justifié. Mais ces frôlements avec le mystère qui entourent les grandes questions de la mort, du Mal et du Bien, de la beauté restent silence et quête solitaire, doute, lumière et ombre.
Passez une belle journée.

Delaporte dit: 2 mars 2018 à 5 h 57 min

La statue de Jean-Paul II qui posait un problème de laïcité va finalement être rachetée par l’Eglise du Morbihan, et déplacer de quelques mètres en terrain privée, mais visible de l’espace public, afin que tout le monde en profite. Tout ça pour ça ! Certaines décisions de justice sont vraiment là pour emmerder le peuple et se foutre du monde :

« C’est finalement l’Église catholique qui va acheter pour 20.000 euros la statue de Jean-Paul II à Ploërmel, dans le Morbihan, menacée par une décision de justice. L’édifice sera ensuite déplacé pour échapper à la loi de 1905. »

rose dit: 2 mars 2018 à 5 h 29 min

Pas lu non plus, pour l’instant, les Versets sataniques.
Me souviens comme si c’était hier de combien il a mis sa vie en jeu. De combien il s’est caché. De combien il était gravement en danger.
C’était bien bien longtemps avant les actes terroristes que nous avons subis.
D’ailleurs, ceux qui les ont subis, pour la plupart, n’étaient pas nés.
Comme le poisson de D.
moi ai cuisiné une tarte ; une couche oignon rouge et une gousse d’ail ( il germe : on y va au printemps)une de champignons de paris honni, une de courgette. Un appareil d’un oeuf battu à la crème fraîche et au lait cru. Peu de gruyère rapé mais un peu. Et hop au four.

il vivait caché.
À Londres d’abord.

rose dit: 2 mars 2018 à 5 h 16 min

sur l’intention.
Ai remarqué combien souvent intervient -dans les épisodes d’une violence extrême, laissant de côté intentionnellement celui de faire semblant de mourir auprès de quelqu’un de sensible)) l’argument de « saisi d’une pulsion ».
Souvent dans les viols et autres agressions sexuelles.

Lisant l’article consacré à Sarah qui fait de bons gâteaux, choisis,(je) lors d’une de ses pulsions meurtrières, l’intériorité, le retour à soi plutôt que l’externalité-prônée par Sartre, à mes yeux, catastrophique.

Le cocon plutôt que le boulet.
À ce sujet, trouvé-je -hélas, les femmes très nettement supérieures aux hommes sur ce blog. Comme dans la vie. C’est lassant.

Ceci en terme d’humanité.

rose dit: 2 mars 2018 à 4 h 56 min

des règles arbitraires : liées à l’électricité le jour de shabbat.
le candélabre à sept branches mais pas la fée. Pas la fée.Poue ne pas être excommunié.

rose dit: 2 mars 2018 à 4 h 51 min

chez moi on dit l’anarchie et pas l’anarchisme mais nous n’accédons pas tous au calme et à la sérénité au même âge c.vrai.

rose dit: 2 mars 2018 à 4 h 47 min

si la température remonte au dessus de zéro alors la neige redevient pluie qui fera fondre la neige.
Je l’entends sur le toit.

Blanc comme neige.
Quoi de plus beau hormis l’enfant qui vient de naître ?

rose dit: 2 mars 2018 à 4 h 37 min

christiane à 19h30

je ne le vis pas ainsi mais libre à chacun.
je le vis comme un mystère absolu ou plutôt comme une absolue absence de démonstration -au sens de preuves, et depuis récemment je pourrais presque dire comme une éradication totale de la.solitude si ce n’est que certaines absences sont insoutenables à envisager et que non l’immortalité n’existe pas d’où cet immense paradoxe, malgré la vie éternelle, la peur de la mort. La sienne, moindre que celle d’autrui.
Sans doute est ce ne pas faire assez confiance à la renaissance qui s’opérera. Et à l’étendue de la liberté.

J’entends Truompeu comme  » on a essayé autre chose et on voit le résultat. Pas fameux ou catastrophique selon son moral. »

rose dit: 2 mars 2018 à 4 h 24 min

je trouve éminemment créatif notre vingt et unième siècle et bien plus corrosif, dans les faits, le capital que la religion.

C’est bien mal connaître les mystiques (et moi aussi les connais peu) dont la désobéissance totale est une des « lois ».

C’est bien mal connaître aussi la chasteté pour en dénier les vertus.

———
Quant au débat sur les intellectuels, notons que les deux en lice JS et PJ attisent les mêmes violences « extérieures » dirigées vers eux et que faut-il faire pour être traité ainsi, c ma question ?

——–
Cela amène à la réflexion de micron au Salon de l’agriculture -qq portraits superbes ds le Monde, chèvre superbement photographiée, merci : il s’adresse à un céréalier en lui disant de sa superbe
 » il n’empêche que, vous vous êtes à votre place et moi à la mienne ».
Il n’a pas noté, le fol, que lui bat du vent et l’autre ( de trente centimètres plus grand) du grain.

salut à tous

Paleine dit: 2 mars 2018 à 3 h 57 min

L’intention, pénalement répréhensible, allie précisément commencement d’exécution et absence de désistement volontaire.

bérénice dit: 1 mars 2018 à 23 h 32 min

Delaporte, sur ce  » comparé à moi, vous êtes un nul » il manque un fond musical, je suggère Ennio Morricone et vous laisse le choix du western.

closer dit: 1 mars 2018 à 22 h 53 min

Le WG de 20h36 est le commentaire d’un halluciné qui n’a jamais vraiment lu l’Epitre aux Romains.
Je viens de la relire rapidement. C’est un texte très beau et très complexe qui ne ressemble en rien à la caricature grotesque qu’en fait WG. Paul se revendique juif et il n’est pas plus homophobe que la société hébraïque traditionnelle de son temps.

WG devait encore être bourré…A 20h36, c’est quand même un peu tôt.

Delaporte dit: 1 mars 2018 à 22 h 51 min

« Vous êtes bien trop faible intellectuellement pour me répondre. »

Certes, je ne suis pas omniscient, et il y a des spécialistes de saint Paul qui vous réduiraient à néant. Mais même comparé à moi, vous êtes un nul.

Widergänger dit: 1 mars 2018 à 22 h 37 min

Vous êtes bien trop faible intellectuellement pour me répondre. Et vous avez bien trop peur de montrer toute l’étendue de votre incompétence et de votre imposture, de votre médiocrité patente chaque jour que le bon Dieu fait…

Delaporte dit: 1 mars 2018 à 22 h 24 min

wgg, votre diatribe contre saint Paul est particulièrement nulle. Cela vous vaudrait facilement un zéro pointé. Je ne réponds même pas à vos arguments qui n’en sont pas, parce qu’ils sont le délire d’un esprit malade.

Jean Langoncet dit: 1 mars 2018 à 22 h 22 min

@pas sur de pures intentions

Sans préjuger de son degré de pureté, l’intention seule, autrement dit la tentative capotée, suffit parfois à qualifier le délit ou le crime ; vous devriez faire gaffe

Widergänger dit: 1 mars 2018 à 22 h 11 min

Vous confondez le droit et la morale, engrenage fatal vers le totalitarisme précisément. Le totalitarisme soviétique est également né de cette confusion. Le droit ne juge que sur des faits et des preuves matérielles, pas sur de pures intentions de commettre un crime sans aucune preuve matérielle. Vous confondez tout. Vous n’êtes pas compétent.

Jean Langoncet dit: 1 mars 2018 à 21 h 28 min

@qui ne connait que sa propre loi

« Name me someone that’s not a parasite and I’ll go out and say a prayer for him »

Chaloux dit: 1 mars 2018 à 21 h 23 min

« L’anarchisme est une philosophie politique aussi inquiétante et dangereuse que le paulinisme. »

Curieux jugement, de la part d’un individu qui ne connait que sa propre loi.

Jean Langoncet dit: 1 mars 2018 à 21 h 08 min

@pas sur des intentions mais sur des faits

Quelques notions de droit élémentaires ont du vous échapper ; « Il n’y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre » vague réminiscence

Widergänger dit: 1 mars 2018 à 21 h 03 min

Car entre la déportation des Juifs à Babylone sous le roi Ezéchias et saint Paul, il y a eu le retour des Juifs à Jérusalem et Esdras qui a lu la Torah devant un foule sans nombre à Jérusalem, une Torah presque entièrment réécrite par les rabbins en exil à Babylone après la catastrophe qui avait provoqué les parol du prophète Isaïe. Les Esséniens ont, eux, une version de la Torah qui est fort probabalement celle d’avant l’exil à Babylone.

C’est saint Paul le grand manipulateur de la Torah !

Widergänger dit: 1 mars 2018 à 20 h 48 min

Au fond du paulinisme et par là du christianisme, il y a la haine des règles, la haine de culture et de la civilisation qui sont fondées sur ds conventions, des règles arbitraires que le Judaïsme justement institue sur le vide sacré du saint des saints, et le culte du dogme. Avec un totalitarisme du cœur qui prétend régir le comportement des gens jusque dans leurs intentions, jusque dans ce que saint Paul appelle la « conscience », comme s’il savait ce qu’est la conscience humaine ! Alors qu’il en ignore tout.

Widergänger dit: 1 mars 2018 à 20 h 36 min

L’Épitre aux Romains, de saint Paul, est un texte profondémnt antisémite et d’une virulence folle non seulement contre les Juifs mais contre les homosexuels et tous ceux qui ne marchent pas droit. Il accuse tout bonnement les Juifs d’être des voleurs et des fornicateurs, pas moins ! En se réclamant du prophète Isaïe, comm si Isaïe parlait pour l’éternité, alors que ses propos remontent à huit siècles en arrière. On est dans le fanatisme pur antisémite, là ! Ses propos sont de plus pleins de contradictions : il trouvent fort bien si les Juifs respectent la Loi mais trouvent que les incirconsis (les païens) la respectent tout autant par le cœur comme si la nouvelle religion qu’il prône était à la fois semblable et différente de la Loi. C’est un tour d’esprit de roublard typiquement paulinien ! On n’a jamais vu un chrétien respecter la kachrout ni les préceptes de la Loi dans le Deutéronome ! C’est ça la Loi, et non pas cette religion du cœur, qui n’a rien à voir avec la Loi qui s’exprime dans des rites et laisse le cœur libre de sa liberté. Cette religion du cœur, qu’on va retrouver chez Pascal, et qui constituera notre civilisation du cœur, est précisément ce qui fait toute l’opposition au Judaïsme par la mainmise que cette nouvelle religion prétend dicter jusqu’au tréfonds du cœur de chacun en lui imprimant la haine du Juif et des homosexuels. C’est un pensée extr^memnt sombre, fanatique et criminelle même.

L’anarchisme n’en est que la version laïque, qui prétend régir la société de l’intérieur du cœur de chacun en intériorisant la loi, alors que la loi n’a de jugement légitime à porter que sur des actes extérieurs, pas sur des intentions mais sur des faits. L’anarchisme est une philosophie politique aussi inquiétante et dangereuse que le paulinisme.

Chaloux dit: 1 mars 2018 à 20 h 11 min

Une pléiade d’œuvres de Huysmans? Meuble inutile.

(Clopine prenez vos renseignements ailleurs, ce sera plus sûr).

Chaloux dit: 1 mars 2018 à 20 h 02 min

Soboul, ressuscité à la troisième décennie, Furet conspué, l’histoire tournant en rond comme une eau sale dans un siphon. Les petits révolutionnaires en chambre sont satisfaits. Il faut bien qu’apocalypse se passe.

Quant au reste, je ne commente pas. La vieille Gigi, qu’on l’enterre au son des pets, comme dirait Luther.

Janssen J-J dit: 1 mars 2018 à 19 h 36 min

@ on sait tous que la loi acquitte, que les tribunaux acquittent,le Net,lui, jamais.

Mais non, mais non, voyons donc, edel-jpa, vous êtes resté enkysté dans la face obscure du 20e siècle, sans avoir compris qu’il nous fallait inventer un nouveau droit virtuel à l’oubli réel, en commençant par ne pas alimenter les réseaux sociaux, déjà, de nos propres turpitudes sous couvert de pseudos un brin éventés.

Qu’est-ce que je risque si j’insulte et diffame paul edel ici, ou raconte les billevesées qui ma passent par la tête ? voyons donc…. Prouvez moi déjà que je m’adresse à jacques-pierre amette… On va vous voir à l’œuvre dans l’argumentation sophistique…, c’est comme l’autre face d’albatre : à force de mettre son intelligence en tête de gondole, il se rend pas même compte que tout juge de la diffamation publique le renverrait dans les cordes pour incitation à la haine des autres à cause d’une mythomanie mal maîtrisée. Mais vous vivez dans quel monde de vioques, les p’tit.es chéri.es ?

christiane dit: 1 mars 2018 à 19 h 30 min

TRUOMPEU dit: 1 mars 2018 à 19 h 06 min
Cette réponse était la forme la plus inférieure de la foi. La foi reste une blessure. Ce que Dieu est, est totalement inconnu pour les croyants. Juste ces instants précaires de plénitude où une immensité frissonne dans laquelle nous ne pouvons rester. Et ce monde chaotique où il ne peut être perçu. Peut-être au delà de la mort nous saurons, peut-être n’y a-t-il rien à savoir… Merci.

oui, Paul Edel, des tombereaux de monstruosités qui laissent pantois…

Janssen J-J dit: 1 mars 2018 à 19 h 26 min

Personnellement, quoique ne me sentant pas concerné par l’opium du peuple, j’arrive pas à comprendre où vous voulez atterrir, TROMPE LA MORT. Je vous invite à fréquenter bruno latour plutôt que marx carl, mais enfin je voudrais pas singer gwg ou son pote chachal avec des conseils de lecture. On a déjà bien assez de mal avec ceux de passo.ul, pas toujours bien inspirés, hein ?

Jean Langoncet dit: 1 mars 2018 à 19 h 25 min

@Quoi de bon pour « Ni Dieu ni Maître » ?

Des croyances sans églises ? Des philosophes préplatoniciens ? Des toubibs assermentés ?

« La vie est courte, l’art est long, l’occasion fugitive, l’expérience trompeuse, le jugement difficile. »
Hippocrate

TRUOMPEU dit: 1 mars 2018 à 19 h 06 min

14h11 Marx & L’opium….

Marx a effectivement dit cette formule magique… et puisque c’est le 200° de la naissance de cet auteur peut-être un livre permettra un jour d’en parler mieux

Mais dire que la religion est un « outil » est symptomatique d’une conception clopine-clopan…
C’est en vérité celle des « Idéologues » (cad les penseurs de 1789, dont Condillac qui avait même renoncé au sacerdoce pour mieux s’y consacrer…).

Ceux-ci se faisaient des religions et des idéologies la vision d’une invention par quelqu’un, par une ‘clique’ afin de nuire et de tromper…
En conséquence ‘supprimons’ ces derniers et tout sera clair comme les « Lumières ».

Or personne n’a jamais inventé « la  » religion » elle existe depuis toujours avec l’imaginaire humain et la Raison qui en dépend. La preuve malgré tout, c’est que même chez Platon (an 1 de la Philo) il est question du renoncement au corps, afin de transcender la pensée vers le « sans forme… » (et il en sera de même chez quasiment tous les philosophes…)

Alors, puisque quelqu’un a pu par ailleurs parler de statistiques truquées par des intervenautes en proie à des pbs personnels, et de morts qui après tout le seraient depuis longtemps… ce qui est très élégant (c’est pas Proust qui parle ainsi, pas même Bigeard le paras qui avait le respect des siens, mais le comique bi-gard qui dit à peu près entre deux grossièretés : ‘de tt façon ils seraient morts’) et puisque n’en déplaise l’objet du Billet est tout de même la guerre du Vietnam avec ses 3M de morts… On ne peut manquer de reposer la question :
lorsqu’on a voulu d’un côté éradiquer le Bouddhisme, le Confucianisme qui « anesthésiaient  » les masses… ou de l’autre, imposer le « Nouvel ordre Mondial » (contre Dogmes et Absolutisme), cela a donné quoi… quoi de moins pire !?

Quoi de bon pour « Ni Dieu ni Maître » ?

—–

Paul Edel dit: 1 mars 2018 à 19 h 03 min

On peut démolir quelqu’un sur le net, raconter n’importe quoi, calomnier, jeter un nom en pâture,la modération n’intervient pas.. alors qu’on sait tous que la loi acquitte, que les tribunaux acquittent,le Net,lui ,jamais.

Sergio dit: 1 mars 2018 à 18 h 46 min

Delaporte dit: 1 mars 2018 à 17 h 26 min
ce n’est pas une idée en l’air.

Puisque cela revient en permanence sur le tapis, une explication simple, claire, quelques phrases, ici-même sur ce blog, c’est impossible ? C’est naturel et cela rendrait service. Sinon autant ne plus en parler…

Clopine dit: 1 mars 2018 à 18 h 39 min

Merc, J J-J, mais quand je lis tout ça, ce que je suis contente de ne pas appartenir à ce milieu (ou ce marigot…) !

Delaporte dit: 1 mars 2018 à 17 h 31 min

Quand elle dirigeait Le Monde des Livres, Savigneau, par ses partis pris indécents et débiles (dans la mouvance d’un Sollers, plus insolent et vide que jamais), s’était mis à dos tous les écrivains sérieux. Elle a ruiné durant son activité de rédactrice en chef ce supplément littéraire, qui aujourd’hui encore ne s’en est pas remis. Et en effet, Savigneau avait été proprement virée, en fin de compte, et reléguée dans un placard. Hélas, elle continue encore ici ou là à donner des avis sur la littérature, et ce n’est pas beau à lire.

Sergio dit: 1 mars 2018 à 17 h 29 min

Clopine dit: 1 mars 2018 à 16 h 51 min
Holmes devient apiculteur

Aloïs Schicklgruber également… Et même toute sa vie ! Il comptait faire un peu d’argent avec. Ca eût payé ! Il écrivait même des articles.

Bon chais pas si cela ferait bien dans le film…

Delaporte dit: 1 mars 2018 à 17 h 26 min

« Il existe effectivement un Wiki sur l’abolition du travail. »

Sur cette idée d’abolition du travail, il existe toute une bibliographie, vaste et importante. Et je ne parle pas seulement des auteurs récents qui optent pour la décroissance, embryon de ce projet révolutionnaire. Les classiques sur la question, partisans d’une abolition pure et nette, sont légion : le droit à la paresse, de Lafargue, ou encore un petit opuscule du Nobel Bertrand Russell sur l’oisiveté. Et j’en passe. Si vous commencez à creuser ce sillon, vous verrez que ce n’est pas une idée en l’air. Elle a été défendue par des éminents penseurs, elle continue à faire débat au sein des décroissants. C’est une idée passionnante, porteuse d’avenir. Et révolutionnaire.

Clopine dit: 1 mars 2018 à 17 h 04 min

J J-J, pourquoi Jourde a-t-il eu « la peau de Savigneau » ? Je ne connais pas assez Jourde pour retrouver toute seule la référence – mais justement,Savigneau m’a un peu agacée, alors ça m’intéresse ? Vous pourriez résumer ? Merci d’avance !

Clopine dit: 1 mars 2018 à 16 h 54 min

PS : j’ai horreur de la camomille. La verveine, par contre, ça passe, mais j’aime surtout le tilleul, parce que cet arbre est une piste d’envol d’hélicoptères… Enfin, quand on a dix ans n’est-ce pas…

Clopine dit: 1 mars 2018 à 16 h 51 min

Bloom, j’y suis au contraire d’autant plus que je vais citer Holmes dans mon prochain documentaire (sur les abeilles) – savez-vous qu’à sa retraite de détective, Holmes devient apiculteur et écrit même un traité d’apiculture ? Etonnant, non ? Pas tant que ça…

Dans la toute dernière série sur Sherlock, interprétée par le remarquable Benedict Cumberbatch, une maléfique héroïne indique à Homes que la première chose qu’elle fera, quand elle aura acquis sa propriété, sera d’éradiquer les abeilles… Je me suis dit que les scénaristes faisaient du bon boulot !

Bon, Et quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi l’héroïne (la substance) partage la vedette avec l’héroïne (le personnage), orthographiquement parlant ? D’où la relation si compliquée de Sherlock avec les femmes, non ?

gisèle dit: 1 mars 2018 à 16 h 38 min

Pierre Assouline, hier j’ai vu (chaîne histoire) le film sur Simenon. Remarquable. Vous écartez toutes les images convenues,et vous faites en sorte que Simenon parle uniquement de la technique du roman, de l’art du romancier: privilégier le mouvement de la phrase plutôt que la syntaxe ,si nécessaire. Qu’est-ce que la littérature populaire?
Le montage est rapide,sans perdre de vue Simenon; des images, trop rapides des premières éditions, illus, titres.
Je n’aime pas les quarto, trop gros ,pas plus que les Pléïade; j’ai peu lu Simenon,je vais me mettre en chasse.
Ses relations–son amitié ? sa correspondance avec Gide.Ses relations avec sa mère.
Excellent. De quel autre écrivain avez-vous composé un semblable portrait ?

Bloom dit: 1 mars 2018 à 16 h 33 min

Grand confort et suspension irréprochable. Noble profilage aussi, avec ses deux ronds ailerons…

vedo dit: 1 mars 2018 à 16 h 20 min

14h23: « Comme c’est curieux comme c’est bizarre disait Beckett »
Très bizarre en effet…

Sergio dit: 1 mars 2018 à 16 h 13 min

La quatre cent quatre ça tapait quand même son cent soixante… Pour moins de deux litres de cylindrée…

Janssen J-J dit: 1 mars 2018 à 16 h 01 min

15.41, z., oui je l’ai lu récemment, et j’en ai parlé chez Edel où je trouvais à Poussière, comme une atmosphère de parenté avec Huguenin.
Retrouvé dans mes archives une trace de lecture de Jourde, le prétendu « plus grand critique littéraire mondial du moment » (à cause de Huysmans !) par un gars qui s’y connait icite, mais qu’hélas, la pleiade a pas sollicité, c bête, non ?
« 2008 -> Pierre JOURDE, Le Tibet sans peine.
L’auteur de la littérature sans estomac, qui eut la peau de Savigneau, exhume un fond de tiroir sans fond, après s’être vidé les boyaux dans l’Himalaya. Il expulse sans peine du journal de ses premières escapades et photos dans un Tibet de pacotille (région du Sanksar – capitale : Padam), les affres d’une marche de baba cool barré avec ses potes, mal équipés entre 4000 et 6000 m de dénivellée. Une fois refermée, il ne reste pas grand-chose de cette expérience de marcheur qui feint de ne pas se prendre au sérieux. Ce Jourde nous donne surtout envie de rouvrir « Un petit tour dans l’Hindou Kouch » d’Eric Newby, cet aventurier britannique pince sans rire traversant le Nouristan en 1956, avec une tout autre allure, franchement ! »

christiane dit: 1 mars 2018 à 15 h 57 min

JJJ,
j’ai lu avec retard vos remarques très justes et justifiées à cette dérangée obsessionnelle : clopine. Je crois qu’elle ne mérite pas un tel déploiement conbattif. Enracinée dans ses délires de jalousie, de fantasmes, seule sa chère camomille pourrait la calmer encore que le remède me parait insuffisant dans son cas. C’est une sorte de folie. Laissons-la à ses démons et à ses réminiscences proustiennes au milieu de sa campagne normande et de ses bêtes. Pauvre Bovary…
Bonne journée à vous.

Bloom dit: 1 mars 2018 à 15 h 46 min

La 404 de mon père était noire, dear Phil, avec des sièges rouges. La classe absolue. Je suis tombé sur l’une d’entre elles l’été dernier rue F. Miron, en face d’où habitait Mozart; le proprio, sympathique pizzaiolo m’a laissé la prendre en photo sous toutes les coutures. Le levier de vitesse sous le volant et le klaxon en dedans…rrrhhaaaa!
Epiphanie.

Bloom dit: 1 mars 2018 à 15 h 40 min

Clopine, Holmes n’est pas un héros comme les autres, c’est un mythe, décliné en dizaines de livres, plusieurs films, des BDs, des séries…ce n’est pas la même chose qu’un simple personnage de fiction. Il incarne l’Intelligence supérieure, c’est un modèle pour la jeunesse…et un tox.
Sans vouloir vous heurter, vous n’y êtes pas.

zerbinette dit: 1 mars 2018 à 15 h 38 min

Quelqu’un se souvient-il d’avoir lu « Poussière » (Dusty Answer) de Rosamond Lehmann, best-seller de l’entre-deux-guerres, mais qui se lisait encore dans ma jeunesse ?

A sa parution le roman avait déclenché un scandale littéraire et été considéré comme une incarnation du Zeitgeist* (dixit wiki anglais)

https://en.wikipedia.org/wiki/Dusty_Answer
http://www.telerama.fr/livres/poussiere,44584.php

* Esprit du temps, ambiance intellectuelle et spirituelle d’une époque

Clopine dit: 1 mars 2018 à 14 h 42 min

Les anarchistes (je préfère « libertaires ») sont surtout, eux aussi, des « poussières d’étoiles » comme celles décrites dans le livre commenté par notre hôte. Souvent plus éduqués que leur milieu social d’origine, dramatiquement sensibles à l’ordre social injuste qu’ils subissent en l’analysant, ils souffrent de multiples violences : violence sociale qui les maintient dans un état d’infériorité (alors qu’ils ont souvent des potentialités intellectuelles développées), violence sensible car ils sont pris dans une terrible contradiction : leur milieu d’origine leur est bien perceptible dans son infériorité sociale, mais ils ne peuvent, sans se trahir eux-mêmes, aspirer à s’élever. Du coup, la tentation du jusqu’au-boutisme devient prégnante, et se retourne contre eux-mêmes. Mais pour comprendre vraiment « l’anar », faut écouter Léo Ferré. De la mythologie de « la rue » à celle de « l’amitié », tout y est – et surtout la notion à bien retenir : c’est qu’il n’y en a pas un sur cent, peut-être, mais qu’enfin, ils existent !!!

Clopine dit: 1 mars 2018 à 14 h 35 min

Euh, Bloom, les héros, de nos jours, s’enfilent n’importe quoi par n’importe quel trou, sans plus de cérémonie. Demandez à Tarantino ce qui a fait le succès de « Pulp Fiction »… Et « l’ire déclenchée « a été assez semblable, en fait, à un petit doigt plongé dans un verre d’eau et s’agitant, dérisoire et grotesque, là autour…

Bloom dit: 1 mars 2018 à 14 h 31 min

qu’ils ne peuvent se satisfaire, dans chaque domaine, de la réalité qu’y offrent nos sociétés.-

« Reality is an illusion created by alcoholic deficiency ».

Male toilets, Aberdeen University, 1979.

Sergio dit: 1 mars 2018 à 14 h 23 min

Il existe effectivement un Wiki sur l’abolition du travail. Mais sans contenu, seulement un cadre à compléter.

Il y aurait effectivement un point de départ, c’est une étude faite par un anarchiste, en dix-neuf cent quatre-vingt cinq. Première nouvelle. C’est d’autant plus bizarre que normalement, les anarchos sont des clients très sérieux dans tout ce qu’ils font, précisément (Proudhon) parce qu’ils ne peuvent se satisfaire, dans chaque domaine, de la réalité qu’y offrent nos sociétés.

Comme c’est curieux comme c’est bizarre disait Beckett…

Bloom dit: 1 mars 2018 à 14 h 15 min

L’opium peut plaisamment agrémenter l’otium (le loisir, voire l’oisiveté), être au monde infiniment supérieur au « negotium », lequel mène invariablement à la discorde. Si comme le prétend Adam Smith, le commerce était le meilleur garant de la paix, pourquoi les Anglais auraient-ils fait 2 guerres de l’opium aux Chinois afin de leur imposer (avec les autres occidentaux à l’issue de la seconde) des traités inégaux?
De nos jours, un héros de manga ou de BD pourrait-il être accro à la coke comme Sherlock Holmes l’est au suc de pavot, sans déclencher l’ire des parents, la censure?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*