de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
La rentrée en fanfare des premiers romans

La rentrée en fanfare des premiers romans

Les gazettes s’échinent, comme chaque année à la même époque, à chercher « le » thème de la rentrée littéraire en regroupant quelques livres artificiellement ; certaines trouvent un air de famille à des romans où les parents sont remis en question ; d’autres regroupent les romans à clefs entre eux, ce qui a au moins le mérite de pointer la vanité du genre ; on attend ceux qui déploreront à juste titre le grand absent, à savoir la question sociale ; alors que le retour en force, en vivacité, en énergie, en audace, en liberté du premier roman sur le devant de la scène littéraire devrait suffire à exciter la curiosité. Cela faisait longtemps qu’il n’y en avait pas eu autant, de cette encre, signés par des jeunes femmes.

Jacques-Pierre Amette, dont les critiques enchantèrent longtemps les pages culturelles du Point, a bien dit sur son blog la joie et l’émotion qui furent les siennes à chaque rentrée littéraire à l’instant de découvrir des premiers romans. Car c’est souvent la promesse d’une révélation, d’une voix nouvelle, d’un autre son qui surgit là où ne l’attend pas dans la cacophonie de septembre. La surprise et l’imprévu. Un primoromancier, comme on dit sans grâce, se permet tout car il n’a rien promis à personne et nul ne l’attend pour lui réclamer des comptes. Il n’est que de penser à la violence inouïe et à l’ironie subversive du premier roman de Patrick Modiano La Place de l’Etoile (1968), si puissante, provocatrice, dérangeante que non seulement elle s’absenta du reste de son œuvre, mais elle fut tempérée, amendée, corrigée dès la réédition du livre et dans toutes celles qui suivirent.

Madame Bovary, Sous le soleil de Satan, Le Dernier des Justes, Le Procès verbal, Une journée d’Ivan Denissovitch, Les Bienveillantes … : souvent, un premier roman est un cri ; puis il arrive que l’auteur chante sa chanson en d’innombrables variations à partir de sa partition originelle ; enfin l’œuvre se poursuit trop longtemps et s’achève en un disque rayé. En cette veille de rentrée littéraire qui voit paraître 567 nouveaux romans dont 381 de langue française et parmi ceux-ci 94 premiers romans, tout indique, une fois n’est pas coutume, que dans cette dernière catégorie se trouvent les pépites du cru 2018.DSC_0758

Dans La vraie vie (270 pages, 17 eurosL’Iconoclaste) d’Adeline Dieudonné (née en 1982), la narratrice, une fille de 15 ans, vit entre un père brutal, cynique, adhérent d’un club de tir, très chasse-pêche-et traditions, et une mère abrutie de coups et résignée à sa situation de souffre-douleur (« une amibe »). Elle est prête à tout pour assurer le salut de son petit frère de 11 ans et le soustraire à ce destin en « empêchant la vermine de manger son cerveau ».Lui rendre son rire en lui faisant oublier le spectacle de la violence familiale. Pour y parvenir, elle doit affronter avec ses faibles moyens, et malgré sa jeunesse, un chaos sordide. Un climat de terreur quotidienne imposée par le père. Elle résiste en se barricadant dans le royaume intérieur qu’elle s’est construit. La scène de chasse nocturne où elle est la proie est puissante. Comme le sont tous ces moments où ce qu’elle appelle « la hyène » s’empare de l’esprit et du corps de son père pour libérer ses pulsions de mort. Au-delà d’un simple fait divers de bas de page, ce vrai roman est un paquet de rage froide, de douleurs, de peurs et de colères. Malgré la noirceur du propos, il est animé d’une énergie incroyable. L’auteure réussit à rendre la tragédie familiale réjouissante tant l’écriture de ce récit compact est vive, enlevée. Une musique étourdissante s’en dégage. Un ton nouveau. Cette chronique de la survie dans une société dominée par la violence, je l’ai reçue comme un coup de poing.

Le hasard a fait que j’ai lu Ca raconte Sarah (192 pages, 15 euros, Minuit) de Pauline Delabroy-Allard juste après. Vraiment le hasard. Et là, à nouveau, un choc émotionnel. A telle enseigne que je l’ai aussitôt relu (188 pages mais d’une densité exceptionnelle, ca vaut bien 3000 pages vides de Karl Ove Knausgaard) car je craignais d’avoir raté un détail, une clef. La narratrice, une prof de 35 ans, calme, réfléchie, réservée, abandonnée du jour au lendemain par le père de son enfant, qui vit désormais avec un compagnon, est éblouie par une invitée lors d’un diner chez des amis. Une certaine Sarah venue seule, qui est tout ce qu’elle n’est pas. Une violoniste d’un quatuor qui dégage une belle énergie et fait la conquête de tous par ses élans, ses enthousiasmes, sa drôlerie, son côté fantasque. Elles s’écrivent, se revoient, se lient d’amitié. Jusqu’à ce qu’elles fassent l’amour. Leur première fois :

« Faire l’amour avec une femme est une tempête. (…) Dans cette tempête, elle était capitaine de navire, j’étais femme de marin »…

Dès lors, sur fond de Schubert, c’est le récit d’une histoire d’amour fou, suffocant, irrésistible, comme on en a rarement lue. Intime mais jamais impudique. Sarah est si vivante que ça ne peut qu’en être mortel à force. Quand son adorée s’éloigne d’elle lorsqu’on lui découvre un cancer, et qu’elle part à la recherche du temps retrouvé sur les lieux qui furent les leurs, la narratrice est ivre de chagrin, de solitude, de folie. Dès lors sa vie brûle ; elle tente de ne pas se laisser consumer, de survivre à cette folie qui la gagne. Deux parties : d’abord un portrait de Sarah, puis une introspection de la narratrice. Un délire sensuel maitrisé et ordonné par une écriture renversante quoique formatée Minuit , à qui elle l’a envoyé par la poste, et élaborée sous la tutelle lointaine de Marguerite Duras. Ca commence aux accents de La Truite à Paris puis Marseille, ca s’achève à ceux de La Jeune fille et la mort du côté de Trieste car c’est aussi de cela qu’il s’agit. Cette méditation sur la perte, je l’ai achevée les larmes aux yeux, et non sans colère en songeant que la presse sera peut-être incurieuse avec le premier roman de cette inconnue née en 1988 alors que les gazetiers  noircissent déjà des pages et des pages sur les trucs d’Emilie Frèche.

 IMG_9466Dans un tout autre genre, que Marie-Mathilde de Malfilâtre (née en 1987 et dotée d’un CV assez étonnant) semble d’ailleurs être des rares à illustrer avec Babylone Express (256 pages, 18 euros, Le Dilettante), ça déménage chez les borderlinersentre came et cul, squat et putes, deal et gangbang, glauque et parano, sordide et overdose. Razzia sur la chnouf en version néo-punk, avec en prime un GaultMillau des substances psychoactives. Quand on pense que c’est publié par l’éditeur d’Anna Gavalda… Luna, l’héroïne (si je puis dire) du roman, ex jeune fille de bonne famille et une ancienne officière de gendarmerie reconvertie dans le deal (mais oui, c’est possible et pas que dans les douanes) n’en est pas moins attachante. Mesca et aya à tous les étages. Elle balade tout le temps son tempérament de feu au Maroc, on the roadà la Kerouac mais pas pour le soleil.  En Italie aussi. Elle s’enfile tout le monde et tous les produits mais au moins, elle mange sainement. Elle est végétarienne et naturopathe. A se demander parfois si la coke du petit-déjeuner est bio. Elle et son copain Marco veulent gagner assez pour s’offrir une très onéreuse formation de praticien de santé naturopathe. On la suit, on veut savoir où elle nous mène dans ce qui lui tient lieu de catharsis littéraire. Car une voix d’écrivain se dégage de ces pages. Une voix qui secoue. Une expérience que cette lecture dans une langue « brut contemporain » pleine d’humour Je vous le recommande chaudement. Ca change des mièvreries autofictionnelles à deux balles. Là, ça dépote. Je ne l’ai pas lâché et je l’ai lu avec une curiosité anthropologique comme s’il s’agissait des Nambikvaras.. Mais je ne sais trop quoi en penser, étant moins familier de l’acide que de la vitamine C.

Une réussite que La vérité sort de la bouche du cheval (272 pages, Gallimard) de Meryem Alaoui. Chronique parfois picaresque de la vie comme elle va d’une prostituée casablancaise qui ne s’en laisse pas compter, ça sonne juste car la narratrice parle dans une langue qui n’en fait pas trop dans l’argot, l’exotisme. La kyrielle de personnages secondaires qui tournent autour d’elle dans le quartier populaire du Maarif où elle œuvre sont également authentiques : son amoureux, sa meilleure amie, sa mère… Une atmosphère truculente qui m’a fait penser à La Vie devant soi. Jusqu’à l’arrivée qui d’une cinéaste qui veut mettre le quartier en boite, raconter la prostitution et propose donc à l’héroïne de tenir son propre rôle. Une aventure qui la mènera jusqu’en Amérique ! C’est mordant, endiablé, souriant malgré les drames de la vie et le terreau de la misère. Il y a là une vitalité qui défie les drames, une liberté réjouissante et beaucoup d’audaces.

(à suivre)

(Illustration de Pep Boatella ; « La plus longue phrase de la Recherche du temps perdudéployée par des proustiens fous devant le Grand Hôtel à Cabourg » photo D.R. ; « Le coin le plus dantesque de Genève » photo Passou)

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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commentaires

592 Réponses pour La rentrée en fanfare des premiers romans

renato dit: 27 août 2018 à 8 h 36 min

Ça je ne le vois que maintenant :

« En tout cas, ce qui restera, c’est le grotesque avec lequel renato confond fascisme et nazisme, et inclut Ulrike Meinhof dans sa confusion stupide. »

Il faudra me dire où j’ai confondu fascisme et nazisme.

William Legrand dit: 26 août 2018 à 19 h 11 min

le dernier opus de Cercas « Le monarque des ombres » à paraître mercredi 29 prochain , commandé à ma librairie

christiane dit: 26 août 2018 à 18 h 40 min

@Pablo75 dit: 26 août 2018 à 18 h 05 min
Ce n’est pas le nombre de commentaires ! Avec Pablo vous savez faire tourner le compteur avec votre passion musique… mais c’est de la variété des contributeurs, de ce qu’ils ont à dire que naît la richesse d’un blog. Regardez chez Paul Edel, un « cachalot » envahissant dérègle l’échange riche qui s’y tenait. Je trouve déplorable cette façon autoritaire et infamante qu’emploient certains pour faire taire ceux qu’ils ne peuvent supporter.
Oui, le nombre est désolant quand on sait comment certaines voix ont disparu…

C.P. dit: 26 août 2018 à 18 h 31 min

Pablo75, « couillon » n’est pas très loin de « naïf ». Affaire de traduction ? Mais en somme vous connaissez Cercas, et c’est une bonne nouvelle. J’ai été vraiment très attentif à son travail depuis « Les Soldats de Salamine ».

Claudio Bahia dit: 26 août 2018 à 18 h 22 min

closer dit: 26 août 2018 à 11 h 43 min
« …quand on rencontre encore en Amérique Latine des hommes qui se prénomment « Victor Hugo »… »

C’est surtout le cas au Brésil. Et pour donner une petite suite sur l’extravageance des prénoms au Brésil:
J’ai un ami qui se prénomme Napoleão.
Mais ce n’est pas tout, car on rencontre des Césars en pagaille, sans compter les Aristotéles, Diógenes, Edipo, Euclides, Euripides, Gutembergo, Péricles, Rubens, Shakespeare (et l’homme s’appelle Shakespeare Teixeira Andrade, il habite à Juazeiro do Norte dans l’Etat du Céara et il a envoyé une lettre publiée au courrier des lecteurs de l’hebdomadaire VEJA n° 20 du 22 mai 2002), Taumaturgo, Tertuliano, etc.
Je connais un anthropologue, bien connu à Salvador, qui se prénomme Ordep; sa mère voulait l’appeler Pedro, du nom du papa, mais le papa ne voulait pas, craignant la confusion; alors les parents se sont mis d’accord pour Ordep, Pedro à l’envers. Et l’homme, qui avait des lettres, de rappeler que Saint Pierre était mort crucifié la tête en bas et qu’il serait ainsi arrivé au Paradis sous le nom de Ordep.
Je vous signale qu’il y a un Himmler et un Michael-Jackson en circulation dans ce vaste pays.
Parfois les officiers de l’état-civil mettent leur veto (ce qui est rare). Un type est venu une fois avec sa fille dans les bras et voulait absolument faire enregistrer le bébé sous le nom de Avagina (ou Ava-Gina?, je ne me souviens plus). Ce type avait peut-être vu un film avec Ava Gardner et Gina Lollobrigida (Jazzi, vous avez une info sur un film avec ces deux actrices dans un même film?), toujours est-il qu’il a fait un scandale et que la discussion a duré longtemps, mais le responsable de l’état-civil est resté cette fois-ci inflexible. L’homme était probablement un peut demeuré car il a fallu lui explique que fonétiquement il y avait un problème.
Parfois, ces oficiers sont trompés et laissent passer des choses disons pas très catholiques; c’est ainsi que l’on connais une Bucetildes (la buceta, c’est le « minou » féminin…..
J’en ai plus sur le sujet des prénoms, mais laissons là.

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 18 h 14 min

William Legrand dit: 26 août 2018 à 17 h 39 min

« Le couillons ne comprennent pas qu’écrire un roman… les couillons… »

Un couillon est un imbécile. Or, Cercas écrit: « Los papanatas no entienden que escribir una novela… los papanatas ». Et un « papanatas » est un naïf qui gobe tout, un benêt plus qu’un couillon.

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 18 h 05 min

« le fil des commentaires s’étiole »
christiane dit: 26 août 2018 à 17 h 59

Presque 600 commentaires en 4 jours, drôle d’étiolement ! Je crois que beaucoup de blogs littéraires voudraient s’étioler de la sorte…

christiane dit: 26 août 2018 à 17 h 59 min

@DHH dit: 26 août 2018 à 17 h 28 min
Chic, alors ! Oui, « triste » quand le fil des commentaires s’étiole. C’est très amusant votre remarque sur la lecture des historiettes de la comtesse de Ségur à vos grands petits-enfants !

christiane dit: 26 août 2018 à 17 h 56 min

@Claudio Bahia dit: 26 août 2018 à 17 h 32 min
C’est à C.P qu’il faut dire merci. Mais je suis heureuse de ce que vous venez d’écrire.

P. comme Paris dit: 26 août 2018 à 17 h 43 min

Pour le Boug et Sergio,
c’est une histoire de »h ».
C’est hénorme.

Pour DHH,
c’est bonjour.

William Legrand dit: 26 août 2018 à 17 h 39 min

13:52 C.P. quelle coïncidence, je suis en train de relire ce roman (première lecture en 2006) et je ne résiste pas à reproduire ces quelques lignes de la 156 : « Le couillons ne comprennent pas qu’écrire un roman, c’est choisir les mots les plus émouvants pour provoquer la plus grande émotion possible ; ils ne comprennent pas non plus que le sentiment c’est une chose et que le sentimentaliste c’est autre chose, que le sentimentalisme c’est l’échec du sentiment. Et, comme les écrivains sont des lâches qui n’osent pas contredire les couillons qui ont le pouvoir et qui ont proscrit le sentiment et l’émotion, le résultat, ce sont tous ces petits romans corrects, froids, ternes et sans vie qui paraissent directement sortir du guichet d’un fonctionnaire d’avant-garde pour complaire aux critique ». (Javier Cercas, À la vitesse de la lumière)

Bloom dit: 26 août 2018 à 17 h 35 min

C’est peu par rapport aux milliers d’écrivains qu’il y a eu depuis Hugo, non?

Peut-être, mais ne faut-il pas se garder de confondre qualité & quantité? Il y en a certainement bien d’autres, mais là n’est pas la question.

Claudio Bahia dit: 26 août 2018 à 17 h 32 min

christiane dit: 26 août 2018 à 11 h 48 min
sur Bougereau:
je suis navré de mon commentaire sur Bougereau, et un peu honteux. Je retire tout, que ce soit effacé. Ce dont je me souviens de lui c’était cette manière étrange d’écrire volontairement avec plein de fautes, et ça me crispait un peu. donc, pardonnons!

DHH dit: 26 août 2018 à 17 h 28 min

@ Christiane 15 h 38
Je suis touchée que vous regrettiez mon absence de ces dernières semaines … mais delà à vous sentir triste….non !
D’autant que cette absence s’explique tout bêtement par l’indigence du réseau dont je disposais sur le lieu de mes longues vacances de retraitée. J’ai pu à peine lire les billets et survoler en diagonale les commentaires ; mais poster quand on a un internet indigent même si on a quelque chose à dire cela était un peu trop laborieux ;J’ai pu apercevoir dans ce balayage des commentaires que Lavande m’imaginait faisant du jardinage et lisant la comtesse de Ségur à mes petits-enfants .Elle a tout faux :je n’ai pas la main verte et mes petits enfants qui ont entre 22 et 28 ans ont passé l’âge de la comtesse de Ségur .
Me voila de retour sur la RDL, pour autant que m’en donneront l’occasion les billets de PA ou les conversations de commentateurs dans lesquelles je pourrai m’insinuer

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 16 h 35 min

@ Bloom

« Dire qu’Hugo n’a eu aucune rayonnement hors des frontières est parfaitement inexact… »

Moi j’ai écrit: « V.Hugo a eu peu d’influence à l’étranger » (« Malheur à moi qui suis nuance » – Nietzsche).

« Dostoievski, Tennyson, Whitman, de nombreux écrivains chinois & indiens ont été grandement influencé par son oeuvre. » En tout, combien d’écrivains: une, deux douzaines? Trois?

C’est peu par rapport aux milliers d’écrivains qu’il y a eu depuis Hugo, non?

Bloom dit: 26 août 2018 à 16 h 16 min

l’écrivain emblématique du génie français

Et si « le génie français » (à supposer qu’il existe une notion aussi contestable) se trouvait dans l’existence d’une vaste palette d’immenses écrivains. Et puis, c’est quoi au juste « le génie français »? On croirait lire des propos du 19e s. – c’est le progrès inversé, en appréciation littéraire comme dans le reste. La caverne est en vue…

Dire qu’Hugo n’a eu aucune rayonnement hors des frontières est parfaitement inexact: Dostoievski, Tennyson, Whitman, de nombreux écrivains chinois & indiens ont été grandement influencé par son oeuvre.

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 16 h 15 min

Les mystères de la création:

On peut écrire une extraordinaire introduction à une symphonie (premiers 3 min 25) – à entendre à fond avec de bons haut-parleurs- et après un premier, deuxième et quatrième mouvement pas terribles.

Et au milieu un troisième qui est l’un de plus beaux « morceaux » de musique que je connaisse.

En tout 16 min sur 51 min, qui obligent à aller au concert à chaque fois que l’oeuvre est donnée (ce qui est rare).

Elgar – Symphonie nº 1 dirigée par Colin Davis avec la fabuleuse Staatskapelle Dresden (le seul chef que je connaisse dans cette oeuvre qui sait extraire toute la beauté de l’Adagio)

https://www.youtube.com/watch?v=2OXU-TTDhHU

et alii dit: 26 août 2018 à 16 h 03 min

toujours Aragon
Une femme invisible
Nathalie Piégay
Elle n’y apparaît qu’au détour d’une parenthèse, elle est reléguée en note de bas de page… »
Dans ce livre, nourri d’une longue recherche, Nathalie Piégay enquête sur celle qui fut la mère cachée d’Aragon.

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 15 h 53 min

@ Jazzi

Très peu de films méritent la salle de cinéma à grand écran.

Le dernier que j’ai vu (en salle) qui le méritait vraiment c’était « La ligne rouge » de T.Malick.

Et il y a des films qu’on ne peut pas voir à la TV, comme « Barry Lindon » ou « 2001 odysée dans l’espace » de Kubrick.

Jazzi dit: 26 août 2018 à 15 h 47 min

Pablo, le cinéma ou la musique, chez soi ou en salle, c’est le choix entre la prière et la grand messe…

Jazzi dit: 26 août 2018 à 15 h 45 min

Non, pas de douleur à la sortie, Christiane. Plutôt une nourriture d’imaginaires, enrichissante et constructive !

christiane dit: 26 août 2018 à 15 h 38 min

@Jazzi dit: 26 août 2018 à 14 h 33 min
« Le fanal bleu », Jazzi… les jardins du Palais Royal. Colette vieillissant dans cet appartement haut perché, s’agaçant des cris des enfants jouant en contre-bas et cette écharpe bleue qu’elle posait sur sa lampe pour inviter ses amis à lui rendre visite. Oui, un bien beau livre…
Quant à « Lolita », je ne crois pas qu’il puisse être le double inversé du « blé en herbe », tout entier attaché à ces deux adolescents qui brûlent du désir d’une première fois et qui n’osent franchir le pas. Alors, cette « dame blanche » (assez virile de surcroit) n’est que de passage. Elle le sait et s’efface pour que la vie continue sans elle. Mais dans le dernier monologue de Phil, elle passe comme un songe.
J’aime tes lectures et comme tu en parles. J’aime celles qui me font souvenir. Elles montrent le chemin parcouru, le terreau qui a été le mien. J’y retourne rarement étant maintenant plus friande d’essais philosophiques ou de mémoires d’écrivains. On tapisse différemment les années à cheveux blancs. Lenteur, balades, musique (souvent celles aimées par Passou, Pablo et Chaloux), silence et questionnement. Moi aussi j’ai tourné le dos à l’appel d’une vie monacale mais des lettres sont fil d’Ariane entre elles et moi. C’est pour cela que les cheminements de Claudel, de Bernanos, de La soudière et Jankélévitch me sont familiers.
Je viens ici, par à coup. Je suis triste de l’absence de Rose et DHH.
Le cinéma et toi ? Etrange sensation que cela te délivre d’une douleur que tu retrouves à la sortie…

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 15 h 38 min

@ Jazzi

« Tu ne vas jamais aux concerts ou à l’opéra ? »

Souvent. Mais tu ne vas pas comparer le son d’un tutti d’orgue dans une église ou une cathédrale ou ceux d’un orquestre dans une salle de concerts à celui des bruits du cinéma ou d’une mauvaise bande son…

Moi je n’ai jamais entendu de la musique trop forte dans un concert, alors que c’est cela qui m’empêche d’aller au cinéma.

Jazzi dit: 26 août 2018 à 15 h 36 min

Oui, Lavande. Le film, qui ne manque pas de charme, ne m’a pas vraiment convaincu. J’ai trouvé des faiblesses dans le scénario. Mais l’aspect documentaire permet de voir des personnages attachant dans un paysage provençal, quelque peu dévasté par l’industrialisation. Là même où l’une des deux héroïnes du film mène son enquête pour rédiger un guide touristique gay friendly !
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=226809.html

Jazzi dit: 26 août 2018 à 15 h 27 min

Là, par exemple, pour ces deux films, le choix est aussi entre le jardin du Luxembourg ou le plateau Beaubourg…

Jazzi dit: 26 août 2018 à 15 h 26 min

« Moi gratuitement et avec un taxi qui m’emmène et me ramène, je n’irai pas voir 90 % des films que tu vois. »

Aller au cinéma est aussi le prétexte à sortir quotidiennement de mon quartier et aller me balader dans les divers autres quartiers de la ville, Pablo…

puck dit: 26 août 2018 à 15 h 23 min

lors de la dernière discussion que javais eu avec ce gamin « hacker » je lui avais demandé s’il ne souhaitait pas divulguer toutes ces informations qu’il possédait sur son serveur en Lituanie. Il m’avait dit qu’il n’était pas possible de le faire. C’était l’époque où l’on parlait de « wikileaks » et des lanceurs d’alerte, il m’avait fait une réponse qui sur le moment m’avait surpris, il m’avait dit si ces gens avaient réussi à divulguer leurs informations c’est juste parce que certains l’avaient permis.

Jazzi dit: 26 août 2018 à 15 h 16 min

Non, Pablo. J’ai, chez moi une très grand écran de qualité…
Tu ne vas jamais aux concerts ou à l’opéra ?

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 15 h 14 min

@ Jazzi

Et le son trop fort ne te gêne pas? (Je te signale que tu peux très bien voir des films dans une grande TV de qualité).

Jazzi dit: 26 août 2018 à 15 h 08 min

Oui, mais moi, qui entend très bien, j’ai été conçu à Cannes durant le festival 1951, c’est génétique, Pablo !

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 15 h 04 min

@ Jazzi

Moi gratuitement et avec un taxi qui m’emmène et me ramène, je n’irai pas voir 90 % des films que tu vois.

Le dernier que j’ai vu en salle c’était « The Tree of Life » de Terrence Malick, en 2011 ou 2012.

Après, j’ai arrêté d’y aller à cause du son très fort que j’ai dû supporter les dernières fois que je suis allé. On dirait que les cinéphiles depuis 20 ans sont tous devenus sourds.

de nota dit: 26 août 2018 à 14 h 36 min

Pablo,merci.Mêmes causes, mêmes effets, j’ai tenté de découvrir si Montaigne avait connu un sort analogue en Russie, mais en vain…

Jazzi dit: 26 août 2018 à 14 h 33 min

« Le blé en herbe », je ne l’ai jamais lu, ou il y a si longtemps, que je ne m’en souviens plus, Christiane. C’est un peu « Lolita » mais en situation inversée, non ? Colette je la préfère dans ses récits que dans ses romans. Tel « Le Fanal bleu ». D’ailleurs, à se sujet, je trouve la remarque suivante de Passou bien méprisante : « Ca change des mièvreries autofictionnelles à deux balles. » Je préfère une bonne auto fiction à un mauvais roman…

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 14 h 29 min

@ de nota

Essentiellement pour deux raisons. D’abord parce que les élites espagnoles ont toujours été très, très francophiles et donc pratiquant le français (aux XVIIIe siècle c’est devenu une mode: « los afrancesados »). Tous les intellos, donc, lisaient le français et venaient en France.

Et ensuite parce que Montaigne figurait dans le célèbre « Índice » (Índice de los libros prohibidos por la Iglesia) depuis 1674. Dans ce Index des livres interdits on disait que sa lecture conduisait à l’athéisme.

Mais c’est un peu aussi à cause de la nullité des éditeurs espagnols.

D’ailleurs, le scandale continue: il y a quelques années j’ai comparé les 5 ou 6 traductions qu’il y a actuellement sur le marché, plusieurs publiées les 20 dernières années, et aucune est bonne. Dans toutes, analysant un seul chapitre, j’ai trouvé des erreurs graves.

Delaporte dit: 26 août 2018 à 14 h 22 min

En tout cas, ce qui restera, c’est le grotesque avec lequel renato confond fascisme et nazisme, et inclut Ulrike Meinhof dans sa confusion stupide. Avec renato, qui n’est donc pas libraire, et qui en réalité n’est RIEN, on a un bouffon qui voudrait donner des leçons d’histoire, alors qu’il en est strictement incapable, l’enflé !

de nota dit: 26 août 2018 à 14 h 19 min

Jacques, j’ai longtemps fait des interventions à la chambre de commerce de Lyon pour la formation des adultes en reconversion professionnelle qui voulaient devenir libraire, lors du premier cours, ils entraient dans la salle et pouvaient lire, inscrit sur le tableau, une phrase de Retif de la Bretonne:
Les libraires croient avoir de l’esprit car ils l’ont chez-eux
C’était pour moi manière de dire qu’il ne fallait pas se la raconter.

Delaporte dit: 26 août 2018 à 14 h 18 min

« Le libraire c’est de nota, pas renato, Delaporte. Et de nota est la modestie même ! »

Merci de le préciser, Jacuzzi. J’apprécie d’ailleurs de nota. Renato est ce qu’il est : un imposteur de la plus vile espèce, qui porte d’ailleurs sur les nerfs de tout le monde !

Delaporte dit: 26 août 2018 à 14 h 15 min

« L’Eglise catholique peut-elle, doit-elle, être considérée comme une organisation criminelle, dont les agissements s’étendent sur des siècles, dans tous les pays où elle sévit ? »

Si on me demandait mon avis, je répondrais que l’Eglise mérite d’être évaluée selon ce qu’elle fut à l’origine, avant d’être transformée par des humains sans scrupules. Cela renvoie à la Tradition, et à comment on peut pressentir cette Tradition. L’Eglise en porte nécessairement la marque spirituelle : il faut à ce stade lire les textes, qui sont complexes, riches, instructifs. Sous ce rapport, je ne crois pas que l’Eglise puisse être condamnée, même si elle a été trahie par des ministres qui ont divergé de la Voie. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 14 h 13 min

@ jazzi

« je suis allé voir « Silent Voice », sur les déboires à l’école d’une petite sourde et muette. »

Tu as vraiment de drôles d’idées… À moins que tu ne sois un drôle de pervers.

de nota dit: 26 août 2018 à 14 h 12 min

Pablo, m’interrogeant sur la possible influence de Montaigne en Espagne, je découvre dans un article d’une universitaire que les Essais n’ont été traduit intégralement qu’en 1898!
Sais-tu le pourquoi d’une traduction si tardive? Gracias!

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 14 h 11 min

Tiens, après le shakespearien « hamlet » le shakespearien « puck ».

Mais toujours la même diar.rhée verbale…

D. dit: 26 août 2018 à 14 h 05 min

Pour moi, l’écrivain emblématique du génie français, c’est plus Molière que Voltaire, et sûrement plus que Victor Hugo… »

Aucun rapport surtout…
Mais il est clair que si tout de suite je dois lire quelque chise, ce sera d’Hugo.

Jazzi dit: 26 août 2018 à 14 h 04 min

Aimez-vous le genre manga ? J’avoue que je trouve cela formellement très beau, mais la moralité des histoires me paraissent toujours un peu mièvres. Hier, je suis allé voir « Silent Voice », sur les déboires à l’école d’une petite sourde et muette. Le public regardait religieusement l’écran, fasciné, tandis qu’au bout d’un moment je m’agitais d’impatience dans mon fauteuil…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19579388&cfilm=254955.html

Delaporte dit: 26 août 2018 à 14 h 04 min

« Lorsque vos opinion auront pour moi un quelque intérêt je vous ferai signe. »

N’empêche, Renato, que vous vous êtes méchamment trompé sur Ulrike Meinhof, incapable que vous êtes de la remettre dans la perspective historique.
Avec vos petits commentaires du matin (assez ridicules) vous restez sur votre quant-à-soi, comme si vous ne vouliez pas être atteint par la bassesse des autres. Vous avez peur de la contagion. Pourtant, des commentaires débiles, vous en donnez, insignifiants et à la mords-moi-le-noeud, sachez-le.
Vous êtes libraire, paraît-il ? Cela ne m’étonne pas, Renato. Les libraires sont en général des gens prétentieux, surfaits, qui croient tout connaître. Ils ont un complexe de supériorité sur les autres, mais ne sont en réalité que des raclures de bidet, de gros ratés qui font ce métier où ils se rendent vite insupportable aux autres à cause de leurs « conseils » désastreux. Ils se trompent pratiquement sur chaque livre. Aussi bien, c’est comme s’ils n’avaient jamais été à l’école.
Alors que vous, Renato, veniez nous faire la leçon historique sur Ulrike Meinhof et le fascisme, c’est une infâme plaisanterie de plus, qui confirme votre insolente nullité. Pour moi, vous êtes l’un des internautes les plus cons de ce blog. Je tenais à vous le dire charitablement, tout en sachant que vous allez persévérer jusqu’au désastre terminal : celui de votre cervelle (toujours vide) pas plus grosse qu’un petit pois !

puck dit: 26 août 2018 à 13 h 55 min

un de mes gamins avait un copain, quand il venait à la maison on restait longtemps à discuter, c’était un surdoué, 20/20 en philo, en maths, physiques etc…, il vivait avec sa mère, pauvrement, un petit boulot chez un revendeur en informatique où il installait les composants et paramétrait les disques durs, il m’avait avoué qu’il avait l’habitude de « hacker », il rentrait dans n’importe quel ordinateur, sans malveillance, pas pour voler les gens, au contraire, par exemple une amie de sa soeur sortait avec un type, il était entré dans son ordinateur, avait vu que le type était marié, avait demandé à sa soeur de prévenir son amie, je lui avais demandé s’il était aussi rentrer dans ordinateur, m’avait répondu que oui, bien sûr, qu’il connaissait tous mes « petits secrets », en souriant, il portait toujours le même haut de survêtement, noir, gardait la capuche sur la tête en buvant sa bière, on voyait à peine son visage, un grand type, maigre, il m’avait confié qu’il entrait aussi dans les ordinateurs des grosses compagnies, des dirigeants d’entreprise, des hauts fonctionnaires, il connaissait tout de leurs secrets, de leurs magouilles, il savait ce qui se disait pendant les réunions des puissants de ce monde, qu’il conservait toutes ces données tout sur un disque virtuel dans un serveur situé en Lituanie, je lui avais demandé si cela lui donnait à lui aussi un sentiment de puissance, il m’avait répondu que oui, que parfois le fait d’être le seul à connaitre la part du monde qui était dissimulée au yeux de tous lui donnait l’impression d’être comme Dieu, je ne sais pas ce qu’il est devenu, sa mère est morte, il a quitté son boulot, je l’ai recherché mais il a complètement disparu, je me demande pourquoi j’en parle ?

Jazzi dit: 26 août 2018 à 13 h 52 min

« ? »

Bien le bonjour à hamlet, puck !
Mais c’est pas une raison pour aller tarabuster Paul Edel sur son blog !

C.P. dit: 26 août 2018 à 13 h 52 min

William Legrand, le seul livre qui me tente ces jours-ci est en effet celui de Javier Cercas, « Le Monarque des ombres » (traduit parce que « mon » espagnol n’est pas toujours sûr).
Parmi ses ouvrages précédents, c’est à « A la vitesse de la lumière » que j’avais été le plus sensible, sans doute aussi pour les allers-et-retours entre l’Espagne catalane et les Etats-Unis. Et une solide réflexion sur la littérature et le « succès » -y compris sur le sien propre…
Je n’oublie même pas son goût pour Bob Dylan : « It’s all right, Ma (Only I’m bleeding) ».

christiane dit: 26 août 2018 à 13 h 37 min

@Jazzi dit: 26 août 2018 à 12 h 48 min
Et pourtant que de nuances dans cet approche entre Phil et « la dame en blanc », Mme Dalleray, la trentaine… Nous lisons ce trouble par les yeux, les émotions de l’adolescent et par la jalousie intuitive de Vinca, Sa jeune amie qui devient peu à peu violente. Roman écrit en Bretagne où Colette avait une maison au bord de la mer (près de Saint Malo, je crois…). Et ce Phil évoque diablement le beau-fils de Colette, Bertrand de Jouvenelle. Elle l’accueillit souvent dans sa maison. Il avait à l’époque 17 ans… Roman du passage de l’enfance à l’adolescence, de l’immaturité de ces deux jeunes (15 et 16 ans), d’un été, de la perte de l’innocence… La dame en blanc ne sert involontairement qu’à les rapprocher et d’initiatrice pour Phil, presque maternelle (autre forme d’inceste)… Elle disparait à la fin du roman.
« Elle couchait contre elle le corps du garçon affaibli, et serrait une tête brune sur ses seins
qu’un peu de chair douce, toute neuve, arrondissait. Elle accepta de le bercer, selon ce
rythme qui balance, bras refermés et genoux joints, toutes les créatures féminines de toute la terre. » (Phil, dans cette scène est presque un enfant, pas encore un homme et quand il rentre chez lui après cette nuit , une image est frappante : il se regarde dans le miroir et regarde ses cheveux en bataille et sa bouche rougie d’avoir embrassé des lèvres fardées, il ressemble à «une jeune fille meurtrie».).
Un crépuscule et une aurore…
Fascination de la mort, aussi.

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 13 h 16 min

« les auteurs espagnols d’aujourd’hui que Pablo semble ignorer : Javier Cercas, Antonio Muñoz Molina, Javier Marias ou Eduardo Mendoza sans parler de ceux qui ne sont plus là comme Montalban »

Mais qui est ce crétin fini de William Legrand, qui n’a même pas compris de quoi on est en train de parler? Quelqu’un sait pourquoi il écrit ce qu’il a écrit?

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 13 h 12 min

@ Jazzi

« Pour moi, l’écrivain emblématique du génie français, c’est plus Molière que Voltaire, et sûrement plus que Victor Hugo… »

V.Hugo a eu peu d’influence à l’étranger et Corneille-Molière, aucune (c’est eux qui n’ont fait que plagier le théâtre espagnol). Par contre, Voltaire a été traduit et lu partout, et a eu une influence considérable, y compris en Espagne, où il a été très lu par les « hétérodoxes » (les républicains, les anticléricaux, la gauche) au XIX et au XXe siècles. Ma grand-mère, qui est morte à 92 ans, me racontait que je lui rappelait son père, fou de livres (« il avait les poches de ses vestes déformées par les livres ») et dont l’auteur favori était… Voltaïre [sic, prononcé à l’espagnole]. C’était un maître d’école anti-clérical qui vivait dans la montagne (les si beaux Pics d’Europe). L’été il allait toute la journée garder les vaches dans les flancs des montagnes avec 2 ou 3 Voltaires dans la sacoche.

Jazzi dit: 26 août 2018 à 12 h 48 min

 » Mais rien à voir avec « Le blé en herbe » de Colette, qui, elle, n’avait pas peur de piétiner les tabous en passant à l’acte, Christiane !

Jazzi dit: 26 août 2018 à 12 h 42 min

Aznavour le pense aussi, Pablo :

« You are the one for me, for me, formi, formidable
You are my love, very, very, véri, véritable
Et je voudrais un jour enfin pouvoir te le dire
Te l’écrire
Dans la langue de Shakespeare
My daisy, daisy, dési, désirable
Je suis malheureux
D’avoir si peu de mots à t’offrir en cadeau
Darling I love you, love you, darling, I want you
Et puis c’est à peu pres tout
You are the one for me, for me, formi, formidable
You are the one for me, for me, formi, formidable
But how can you see me, see me, si mi, si minable
Je ferais mieux d’aller choisir mon vocabulaire
Pour te plaire
Dans la langue de Molière »

William Legrand dit: 26 août 2018 à 12 h 38 min

les auteurs espagnols d’aujourd’hui que Pablo semble ignorer : Javier Cercas, Antonio Muñoz Molina, Javier Marias ou Eduardo Mendoza sans parler de ceux qui ne sont plus là comme Montalban

Jazzi dit: 26 août 2018 à 12 h 36 min

Pour moi, l’écrivain emblématique du génie français, c’est plus Molière que Voltaire, et sûrement plus que Victor Hugo…

Lucien Bergeret dit: 26 août 2018 à 12 h 36 min

« L’Eglise catholique peut-elle, doit-elle, être considérée comme une organisation criminelle, dont les agissements s’étendent sur des siècles, dans tous les pays où elle sévit ? » (Jacques R)

Assurément!

Jazzi dit: 26 août 2018 à 12 h 28 min

Il n’est pas rêvé mais vécu par l’auteur narrateur, Christiane. Peu importe le passage à l’acte. Oui, on pense à Françoise Sagan. Quelle résonance aurait pris « Bonjour tristesse », si elle avait périt peu après dans son accident d’auto ?

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 12 h 28 min

@ Jazzi

À propos de la littérature espagnole, Borges a dit ou écrit tout et son contraire. Un jour il a dit que Antonio Machado était un bien meilleur poète que Lorca et toute la Génération du 27 et un autre, après avoir fait l’éloge de Manuel Machado, on lui demande ce qu’il pense de son frère et il répond: – « Ah, bon? Il avait un frère? ». Un jour il a dit que Bécquer n’était qu’une pale imitation de Heine, et un autre, en critiquant les surréalistes, que Becquer, lui, est un vrai poète. Il a critiqué et fait les plus grands éloges aussi de Quevedo, d’Unamuno et de bien d’autres.

christiane dit: 26 août 2018 à 12 h 13 min

@Jazzi dit: 26 août 2018 à 11 h 43 min
Mais jamais Olivier ne passe à l’acte… un amour qu’il s’interdit.
« Elle se tait ; il se penche. Les genoux d’Anne – les nuages dans le ciel. Les genoux d’Anne – les nuages dans le ciel. Les genoux d’Anne, le bord retroussé de la robe mouillée – le ciel… »
Oui, l’ombre de l’inceste. Huguenin avance sur le fil de l’interdit mais il ne se passe rien. Le roman entretient ce mystère dans cet été où tout vacille. Son écriture me fait alors pensait à celle de F.Sagan qui observe ses personnages avec une certaine distance ou encore « Le blé en herbe » de Colette. Il y a un mystère qui réunit ces êtres, leurs amours troubles.
« Et il les regardait s’éloigner, s’éloigner, si loin de lui, et il restait appuyé à la barrière, déchiré par cette illusion de légèreté que donnent les êtres qui nous quittent. »
C’est un inceste seulement rêvé. Tout est en place, comme dans un rêve.
On n’est pas dans le livre de Christine Angot !

christiane dit: 26 août 2018 à 11 h 48 min

Claudio,
il y a sur la rdc ce commentaire de C.P. le 14 août 2018 à 18 h 50 :
« (…)Évidemment, j’estime grandement bouguereau, qui n’en a sans doute que peu à faire (et nous ne sommes pas toujours en accord), mais dont la culture, -y compris pour ce qui concerne le cinéma-, est bien remarquable. Vous pourriez vous demander très simplement pourquoi Annelise, qui semble le connaître bien mieux que moi, la lui reconnaît avec affection.(…) »

Oui, bouguereau est un personnage insolite, désabusé, ironique, parfois vulgaire mais ce qu’a décelé en lui, C.P; est exact.

Jazzi dit: 26 août 2018 à 11 h 43 min

Christiane, il n’est question que de cet amour-là, l’inceste frère-soeur, dans La Côte sauvage. Tout le reste n’est que littérature !

closer dit: 26 août 2018 à 11 h 43 min

« Il est curieux – je ne crois pas que cela ait été observé jusqu’ici – que les pays ont choisi des individus qui ne leur ressemblent pas trop. »

« Les pays ont choisi »…qui dans les pays? De toute façon ça n’a rien de curieux. Les écrivains les plus connus, les plus universels, les plus grands sans doute, se sont imposés d’eux-mêmes pour « représenter » leur pays d’origine. Pour l’Angleterre ce ne pouvait être que Shakespeare, pour l’Espagne, Cervantes, pour l’Allemagne Goethe, l’Italie, Dante…Le cas de la France est un peu à part. Molière ou Voltaire sont de bons candidats, mais quand on rencontre encore en Amérique Latine des hommes qui se prénomment « Victor Hugo » et que l’on se souvient du succès universel des « Mizes », le Totor devient inévitable…

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 11 h 09 min

et alii dit: 26 août 2018 à 10 h 45 min

Intéressant, Merci,

Il faudrait que je lui donne ma liste de mots espagnols qui manquent en français. D’ailleurs, pour faire leur livre, ils devraient demander aux traducteurs de différentes langues. Eux, ils savent très bien les mots qui manquent en français.

christiane dit: 26 août 2018 à 10 h 59 min

@Jazzi
Paul Edel en parle bien :
« (…)Huguenin fouille parfaitement dans la déchirure de ses trois êtres en jouant habilement sur le décor, lui aussi déchiré, de cette côte rocheuse. Au rythme des marées, Olivier harcèle sa sœur dans un jeu où l’étreinte ressemble à un étouffement, et le désir sexuel à un étau.. Promenades troubles sur des falaises avec toutes Les oscillations psychologiques de l’amour – haine . Rien d’abstrait chez Huguenin. Il marque toujours par des détails concrets,sensuels, position des corps, geste ébauchés, dialogues brefs et étranglés, morsures et gestes équivoques. L’escapade Anne- Olivier vers une ile minuscule recouverte par des marées est un grand moment, (…) comme un goût de sel, la curieuse saveur du Néant.
L’auteur joue sans complexe la carte du romantisme noir avec des scènes au bord du fantastique, de l’onirique, avec des présages, des jeux de nuit dans un hôtel quasi désert où des rideaux rouges ressemblent à une annonce spectrale de l’enfer.
Toutes ces grandes manœuvres d’été bretonnes sont menées par un Olivier qui s’épuise entre désir, haine, comme un chevalier de la Table Ronde empêtré dans une épaisse forêt de Brocéliande. La virulence de ses propos, ses sarcasmes, ses tentatives avortées de « passer à l’acte » auprès d’Anne, se colorent d’une couleur automnale qui infiltre tout. Fin de la jeunesse, fin de l’innocence enfantine, chant à bouche fermée du temps qui a passé trop vite et ne reviendra plus. C’est nerveux, efficace, troublant. (…) »
C’est dans un billet du 15/12/2017 : « La fièvre romantique Huguenin », sur son blog.

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 10 h 55 min

@ Jazzi

L’auteur français le plus représentatif pour les espagnols, n’est pas Hugo ou Molière, mais Voltaire. Et lui tu ne peux pas dire qu’il ne représente pas bien la France et les français.

Pour l’Espagne, tu as raison: Cervantes est très peu espagnol. C’était un juif homosexuel avec une culture humaniste et italienne, renacentiste (tout ça dans le cas – et on en a parlé déjà du thème ici – que Cervantes soit l’auteur des oeuvres publiées sous son nom, ce qui est de moins en moins clair).

Des auteurs espagnols que tu as cités, Lope, Calderón, Quevedo, le plus espagnol est le premier. Calderón et un type trop sérieux qui plaît beaucoup aux allemands et Quevedo est un stoïque, un auteur gréco-latin, un européen avant la lettre. Comme Gracián. Les deux ont très bien peint les espagnols, mais avec une vue « extérieure », du haut de leur immense culture cosmopolite.

christiane dit: 26 août 2018 à 10 h 43 min

@Jazzi dit: 26 août 2018 à 10 h 26 min
Parce qu’il n’y en a pas. Tout reste à l’état de rêverie, de pulsion, de jalousie.

christiane dit: 26 août 2018 à 10 h 41 min

@Lavande dit: 26 août 2018 à 8 h 32 min
Oui, Lavande, je me souviens de ces « fayards » qui soudain avaient traversé notre partage. Rose manque…
Vous revenez souvent aux arbres, à la nature… presque un univers parallèle. Vous apportez ici, le vol des oiseaux, la fraîcheur d’un ruisseau ou les caprices du vent qui sème les graines de ci – de là. La paix règne sous votre plume au long de vos chemins de traverse.
Je ne doute pas de votre plaisir à écouter cette émission. Connaissez-vous le livre de Mario Rigoni Stern « arbres en liberté  » ? ou celui plus littéraire d’Alain Corbin : « la douceur de l’ombre » ? (on y rencontre au fil des pages des amoureux des arbres comme Ronsard, La Fontaine, Goethe, Chateaubriand… et d’autres écrivains.
« Vivant beaucoup plus longtemps que l’homme, l’arbre pourrait être son ancêtre. Bien avant sa naissance, les forêts couvraient la terre entière. Ce sont elles qui la rendirent habitable… » écrit Jacques Brosse, dans « l’aventure des forêts en Occident ». (J’ai trouvé les références de ces livres sur un blog que j’aime : « La feuille Charbinoise ») et ils sont devenus des familiers.
Cet été, les papillons se font bien rares…

Pablo75 dit: 26 août 2018 à 10 h 37 min

@ et alii

« Un livre savoureux propose d’introduire dans la langue française treize mots intraduisibles mais nécessaires »

L’idée est bonne, puisqu’on sait que dans les langues il manque des mots. Un mot français qui manque en espagnol est, par exemple, « ailleurs », qui est donc très difficile à traduire de façon naturelle. On ne peut pas dire en espagnol « l’ailleurs ». Il manque aussi les pronoms « en » et « y », si pratiques. J’ai dans un fichier une liste de mots espagnols qui manquent en français (mais je ne le trouve pas). Le mot espagnol choisi par Nunez n’y figure pas, bien sûr, puisque je ne le connaissais pas: « putivuelta ». Il est tellement « nécessaire » que je ne l’ai jamais lu ou entendu. Et pour cause: il décrit une action qui font très peu de gens: quand on rentre dans une discothèque regarder l’ensemble pour voir s’il y a quelqu’un qu’on pourrait « attraper ».

Si tous les mots qui propose Laurent Nunez sont aussi indispensables que celui-là, c’est son livre qui devient complétement superflu.

et alii dit: 26 août 2018 à 10 h 36 min

@jazzi,je n’ai jamais dit que Leys avit dit,juste que la qustion des idées des autres avait déjà été traitée,;j’ ajouterai celle des idées platoniciennes pour vous réjouir!

Bételgeuse dit: 26 août 2018 à 10 h 35 min

Conservé. Je me confonds en excuses réitérées sans qu’elles réussissent à venir à bout de mes écarts coupables face aux règles élémentaires.

Bételgeuse dit: 26 août 2018 à 10 h 32 min

8h10 Renato, je me souviens qu’à cette époque la contraception n’existait pas, le mariage était de mise, les aventures encore assez souvent chastes . Je peux en avoir conservée un souvenir erroné , l’époque fut elle vécue comment un temps révolutionnaire , pas trop à ce qui m’en reste. https://youtu.be/IkKh4O1-F8k

Bételgeuse dit: 26 août 2018 à 10 h 12 min

Renato, son propos m’apparaît incomplet et partial, les médias du moins ceux qu’on peut estimer fournissant un travail sérieux ouvrent à d’autres investigations , d’autres lectures que peuvent déclencher leur mise en évidence succinte de faits , ils alertent l’opinion . Libre à ces opinions de chercher à en savoir plus ailleurs que dans ces minces articles auxquels ils se consacrent. Ils sont là pour attirer l’attention sur la complexité d ‘interets et de situations qui deviennent de plus en plus inextricables. Il est évident que rien de ce qui circule n’est exempt d’idéologie mais les faits rapportés n’en sont pas moins des faits dont il serait utile d’en chercher l’explication, l’origine. Les Afghans en question ne parlent pas la même langue et sont facilement repérables. On peut facilement projettera qu’après les chasses et les répressions subies ils n’aient pas envie de subir une autre forme de domination et des persécutions exercées par des coreligionnaires soucieux de conserver un contrôle sur ce qui paraît comme une zone de non droit ou d’un droit qui n’est pas celui qui s’exerce le plus souvent à l’intérieur de l’état

christiane dit: 26 août 2018 à 10 h 11 min

Jean – 22h50
Comme Lavande (à qui je répondrai aussi) vous gardez la mémoire d’un commentaire et vous lui faites écho par vos recherches. Je ne connaissais pas ces pensées de Mauriac sur J-R.Huguenin. Il tire sa quête absolu vers Dieu (C’est Mauriac… L’intégrité spirituelle…), je la tire vers la mort refusée pour un chemin plus hasardeux : « Mourir était impossible. Il ne souhaitait rien, il n’avait rien à perdre, il était libre. Le soleil s’éteignit. ». Liberté et absurdité.
De ce roman, de ce dernier été, je garde les paysages sauvages du Finistère : mer, granit, fougères, ajoncs et de ces trois personnages, si romantiques, la tentation de meurtrir plus forte que celle d’aimer (à moins que les deux soient liés comme l’ombre et la lumière). Ce que Huguenin n’a pu résoudre avec Anne et Olivier, et avec Dieu, Musil l’a approché avec Agathe et Ulrich dans « L’Homme sans qualités » .
Dans le Journal d’Ulrich, ces lignes comme un contre-feu à celles de Mauriac: « Si je croyais en Dieu, je trouverais là confirmation de cette idée obscure que la proximité de Dieu nous donne à la fois une élévation indicible et le sentiment accablant de notre impuissance ! ». Dans les monologues d’Olivier (« La Côte sauvage »), je trouve beaucoup de désarroi devant cet inachèvement de la vie, à la fin du roman. Il sait qu’avec le départ d’Anne, il quitte pour toujours son enfance, il ne sait pas pour quel autre chemin, comme si la mémoire de l’enfance était trahie.
C’était les années 60… lisant ce roman, je quittais aussi mon enfance et mes rêves d’absolu. Ce livre, c’était comme un secret, tant de grâce désenchantée dans l’écriture. Et la mort accidentelle du mélancolique auteur, héros romantique, comme ce qui l’avait empêché de renoncer, de devenir cynique ou blasé.

Jazzi dit: 26 août 2018 à 9 h 51 min

Je remets pour mémoire la question précédente du jeu auquel personne n’a participé.

« Jazzi dit : 24 août 2018 à 12 h 01 min

Qui a dit : « A-t-on des idées à soi, rien qu’à soi ? Je me le demande. Les idées, peut-être bien que c’est à tout le monde. Il y a un désordre tant tout ça. Les idées, les idées. Si on pouvait me débarrasser la cervelle des idées. Les passer au bleu. Faire un grand désert des idées. Pour m’y perdre. » ? »

Jacques R. dit: 26 août 2018 à 9 h 51 min

Les révélations à répétition des crimes sexuels de prêtres catholiques, en Pennsylvanie, Argentine, Irlande, France, etc., ne sont manifestement qu’une toute petite partie émergée de l’iceberg. L’institution ne saurait être exonérée du soupçon de complicité, à tout le moins. L’Eglise catholique peut-elle, doit-elle, être considérée comme une organisation criminelle, dont les agissements s’étendent sur des siècles, dans tous les pays où elle sévit ?

Giovanni Sant'Angelo dit: 26 août 2018 à 9 h 10 min


…mais, le cas, du maître-chanteur-enfant,…avec, le chat,…

…c’est, de s’évertuer, à trouver, un profit,…pour son seul,…argent de poche,…

…tout le monde, à des parents,…qu’il reporte son intelligence, sur sa famille,…on vit, en démocratie et sociale,…

…il n’y a, pas, d’excuses  » fascistes « ,…

…il aura, tout le loisir, de recadrer, sa mentalité,…
…çà,me rappelle, d’autres cas, à ne pas mentionner,!…etc,…

Bloom dit: 26 août 2018 à 9 h 09 min

Cette Église est appelée à la sainteté mais est pécheresse par le péché originel, trouvant son salut et sa rédemption dans et par le Christ.

On en a interné pour des délires moins aigus que cela. Ce serait presque drôle s’il n’était question de vies humaines foulées au pied.
Lire ou relire le chapitre 3 du « Portrait de l’artiste » de Joyce, où le « hellfire sermon » du Père Arnall met en évidence l’imposture qui caractérise cette Eglise, repère de manipulateurs stipendiés.

renato dit: 26 août 2018 à 9 h 06 min

Vous savez Jacques, tout le monde a droit à une part de stupidité, il suffit de le savoir et de l’accepter.

Jazzi dit: 26 août 2018 à 9 h 00 min

« Enfin, limiter un pays à un livre est très réductif. »

C’est pourtant un de vos auteurs préférés, renato, qui a écrit l’extrait que j’ai posté ici. Je donnerai la solution du jeu plus tard…

Jazzi dit: 26 août 2018 à 8 h 57 min

Il y a plus d’une centaine d’arbres remarquables à Paris, Lavande, parmi les 500 000 arbres des bois, parcs, jardins et rues de la capitale. J’en ai la liste complète et les surveille attentivement. Il y avait au bas de chez moi un micocoulier de Provence plus que centenaire. Majestueux mais malheureusement pourri au coeur. Il a été abattu il y a quelque années et j’en ai récupéré une belle tranche…

renato dit: 26 août 2018 à 8 h 53 min

Je suis plutôt réfractaire à ces pratiques, Jacques, car chaque Personne est un Pays avec ses préférences, ses anciens, ses modernes. Enfin, limiter un pays à un livre est très réductif.

Jazzi dit: 26 août 2018 à 8 h 38 min

Oui, Lavande. Il me fait de la peine car il est soutenu par des béquilles. Je ne manquerai pas de le saluer de votre part.

Lavande dit: 26 août 2018 à 8 h 32 min

Jazzi, connaissez vous le plus vieil arbre de Paris? Oui sans doute. C’est un acacia-robinier planté en 1601 dans le square Viviani, quai de Montebello. Lors d’une de vos prochaines promenades, allez lui dire bonjour de ma part s’il vous plait.
Christiane, vous souvenez-vous d’une discussion sur le hêtre ou fayard avec Rose? Je viens d’apprendre que c’est un des arbres qui souffrent le plus de la chaleur et de la sécheresse et que cet été a été fatal à beaucoup d’entre eux. C’est un arbre qui date d’il y a 700000 ans ! Avec le réchauffement il disparait peu à peu de nos forêts, dans lesquelles il était majestueusement abondant depuis 8000 ans, pour se limiter à l’Europe du Nord.
Certes j’ai un petit retard sur les chroniques de Passou mais vous aurez compris que je viens d’écouter « la main verte » d’Alain Baraton sur France Inter. Je vous fais profiter de ces connaissances toutes fraîches pour agrémenter votre dimanche !

Jazzi dit: 26 août 2018 à 8 h 12 min

Mais qui a écrit : « Nous avons alors un nouveau concept, à savoir que chaque pays doit être représenté par un livre; en tout cas par un auteur qui peut être issu de nombreux livres.
Il est curieux – je ne crois pas que cela ait été observé jusqu’ici – que les pays ont choisi des individus qui ne leur ressemblent pas trop. On pense, par exemple, que l’Angleterre aurait choisi le Dr Johnson comme son représentant; mais non, l’Angleterre a choisi Shakespeare, et c’est Shakespeare, c’est le moins anglais des écrivains anglais. La particularité de l’Angleterre est la sous – estimation , elle en dit un peu moins sur les choses. En revanche, Shakespeare avait tendance à hyperboler dans la métaphore, et cela ne nous surprendrait pas que Shakespeare ait été italien ou juif, par exemple.
Un autre cas est celui de l’Allemagne; Un pays admirable, si facilement fanatique, choisit précisément un homme tolérant, qui n’est pas un fanatique, et qui ne se soucie pas trop du concept de patrie; choisissez Goethe. L’Allemagne est représentée par Goethe.
En France, un auteur n’a pas été choisi, mais Hugo* est préféré. Bien sûr, je ressens une grande admiration pour Hugo, mais Hugo n’est pas typiquement français. Hugo est un étranger en France; Hugo, avec ces grandes décorations, avec ces vastes métaphores, n’est pas typique de la France.
Un autre cas encore plus curieux est celui de l’Espagne. L’Espagne aurait pu être représentée par Lope, par Calderón, par Quevedo. Eh bien non L’Espagne est représentée par Miguel de Cervantes. Cervantès est un homme contemporain de l’Inquisition, mais il est tolérant, c’est un homme qui n’a ni les vertus ni les vices espagnols.
C’est comme si chaque pays pensait qu’il devait être représenté par quelqu’un d’autre, par quelqu’un qui peut être un peu une sorte de remède, une sorte de triaca, une sorte de contre-poison de ses défauts. » ?

*J’aurais dit Molière…

Giovanni Sant'Angelo dit: 26 août 2018 à 8 h 11 min


…Oui,!…Betelgeuse,…04 h 39 min,…le racisme, les ethnies,…entre afghans, et algériens,…tout, est possible,…rien, à voir,…
…mais, beaucoup, d’afghans, soutiennent, qu’ils sont des grecs des guerriers d’Alexandre le grand,…mis, en soumis religieux,…allons, vivons, en paix,…

…moi-même, je me soupçonne d’être d’un mélange  » carabistouille « , entre grands blancs,…
…mais, alors, de tout, très, contrasté,…
…dans les cinq derniers siècles,…

…avec, un rien, penché, d’un bord, à l’autre,…situation, salée,…
…la paix,…

renato dit: 26 août 2018 à 8 h 10 min

«…ils se dépensaient en dansant , un exercice de gymnastique stylé parce qu’ils n’avaient pas droit de gesticuler autrement ? »

Il y a des clichés étroitement moralisateurs qui déclassent celles et ceux qui les pratiquent. C’est la tragédie de l’Europe vieillissante : quantité de gens ne savent point prendre les choses pour ce qu’elles sont ; ne savent pas faire la différence entre les divers moments de la vie. Pas étonnant qu’ils se noient dans leurs petites névroses.

renato dit: 26 août 2018 à 8 h 07 min

« Mauvaise pioche renato. »

Lorsque vos opinion auront pour moi un quelque intérêt je vous ferai signe.

Giovanni Sant'Angelo dit: 26 août 2018 à 7 h 56 min


…bon, je dois répondre,…

…il, ressort, de ma pensée,…que, GS’A,…
…bête, comme il est, dans sa verticalité,…
…bien , pire que, De Gaule, incomparable,…
…ne cèdera, pas, au chantage, de ce trust, mal ficelé,… » l’évolution « ,…a toute fin, utile,…y est, pour tous,…
…je sais, maintenant, que le chat, y est adopté, d’un maître à l’autre, cela, me fera, beaucoup, moins de frais,…Ollé,!…

…un chat, à besoin, de vivre libre,…aucune rançon, n’est imaginable, dans ce contexte,…
…que, çà, leurs serve, de leçons de cruautés en partage,…les principes, avant, le cœur,…élémentaire algèbre,!…
…etc,…

Jazzi dit: 26 août 2018 à 6 h 13 min

La civilisation mondialisante est une merveilleuse machine de standardisation universelle. La plus aboutie. Nul ne peut désormais en réchapper. Dernièrement, l’une des ultimes tribus inconnues d’Amazonie a pu être filmée par un drone. Même la littérature et le monde de l’art, par essence, de création individualiste, est profondément contaminé. La singularité a vécu. Ce n’est plus le style qui fera l’homme. Nous venons de voir, ici même, comment le système éditorial est capable de mettre en orbite d’excellents produits de consommation courante (« Une réussite que La vérité sort de la bouche du cheval de Meryem Alaoui »). La fausse monnaie a gagné sur l’authenticité. A ce rythme-là, GS’A devra probablement payer s’il veut revoir son chat ! Et moi, qui n’ai pas de téléphone portable, je viens d’apprendre par le Parisien que nous vivons les dernières heures du téléphone fixe. Prochainement, qui voudra me contacter devra me joindre par mail…

Bételgeuse dit: 26 août 2018 à 4 h 39 min

GSA à propos d’ethnies, lu un article dans Le Monde du 27 du racisme dont sont victimes les afghans par des musulmans algériens à Alençon, un mort au cours d’un affrontement, par balles. Les afghans ont été déplacés par sécurité et continuent d’être personnae non gratae filtrées par un service d’ordre aux couleurs du quartier concerné. Différents racismes atteignent des personnes pourtant de même confession. Depuis Desproges , nous avons laissé s’installer une dégénérescence à laquelle s’ajoute l’afflux de nouveaux arrivants . La situation se complique de racismes autres que franco algérien ou franco marocain , les noirs de Jacques Dutronc ne font plus les poubelles, il est 5 heures, Paris s’éveille, quelle bluette comparé au contexte contemporain.

Bételgeuse dit: 26 août 2018 à 4 h 14 min

Je lis Lautrec qui je sais bien devrait m’enjoindre à ouvrir ce lien généreux, j’ai horreur de Lautrec en dépit de la qualité de ses croquis, dessins, trop french cancans et amateur de prostituées. J’ai vu d’autres peintres qui ont peints les demi-mondaines dans tous leurs états en m’arrêtant longuement devant leurs toiles et je ne saurai expliquer pourquoi Lautrec m’insupporte. C’est sûrement injuste mais je ne peux remédier à mon indifférence confrontée à son œuvre que de plus j’évite par parti- pris.

Bételgeuse dit: 26 août 2018 à 4 h 05 min

23h,et quelques Gisèle, qu’importe , la déception est un moindre mal comparée à d’autres états d’esprit suscités par des agissements dont il est préférable de taire la nature et la composition par crainte de représailles , des intimidations, qui je crois ne vous dont pas étrangères sans même penser à cette situation prééminente qu’ouvre ce qui devient un statut quasi institutionnel assez éloigné de l’ONG classique. Quoiqu’il en soit, vous resterez pour moi Madame comme d’autre des Monsieur suite pour atteindre à une certaine justesse embrassant vos « natures »( vous pardonnerez les répétitions) puisque tels vous êtes sans qu’aucun respect ne soit pour moi â l’origine du choix privilegiant l’usage de cette marque distinctive dont je vous accoutre .Vraisemblablement d’autres le comprendront dans son acceptation déformée et en jouiront ou estimeront sa justesse non sans la déplorer sans pourtant changer quoi que ce soit à cette distorsion du sens qui va cependant comme une seconde peau si bien à notre société trop souvent délictueuse.

Giovanni Sant'Angelo dit: 26 août 2018 à 0 h 45 min


…trop, heureux, de faire, la  » tête  » de poire,…ou pur,  » jus « ,…
…le temps, c’est aussi, de l’argent,…dans, le sens, de tromper, les gens en tout, discours, …
…et, de plus,…il y a, l’art de maître – chanteurs, déjà, chez, des très jeunes, adolescents, pour se faire, de l’argent de poche,…
…ironie, du sort, il s’adresse à moi,!…
…et, je lui, est, expliquer, de se retrouver,  » échecs et mat « , dans ses projets,…
…un, qui séquestre, le chat, et demande, une somme, pour, le rendre,…
…de 1°, le chat, vit, en liberté, sur les clôtures, des jardins,…
…j’ai, pas, à payez, pour le revoir, tout, les jours, à chaque fois,…)
…de 2°,s’il le séquestre, il doit, le nourrir, à sa charge,…
…de 3°, si je paye pas, il le revend,…
( il, n’a pas, de certificat, d’achat, )et, de toutes façons, toutes, ces approches, pour récolter, uniquement, de l’argent, qu’elle entrée, en matière, dans notre société,…
…( l’art, maître chanteur, comme de l’état, dans l’état,…dans, nos lois, de l’art, de vivre,…),…nos, nouveaux, voisins, étrangers, en convivialités,…

…chè, sera, sera,!…chanson,…si, jeune, et, déjà, a ces desseins, dans son esprit,…

…l’éventail, des ludothèques, se putride d’argent, l’église, a ses profits, du ciel, pour l’esclavage,de la pensée unique,…

…l’esprit, des ethnies, c’est trop, grave, pour vivre ensemble,…
…que, lui, reste t’il, comme études, il n’a, encore, rien, comme instructions,…’, arts, métiers, gestions, chantages des banques et intérêts,…des enfants,…?,…
…je dis, du vent,!…trop, c’est trop,…manager, les gens, dans leurs rôles, de subvenir, aux animaux, que serait t’il, du capitalisme, pour se faire, du fric,…

…des sujets, des maîtrise, sur la notion, de  » vivre ensemble « ,…
…bien, sûr, si jeune, je ne donne aucun, autres indices,…qu’il aille en paix,…
…etc,…

Claudio Bahia dit: 25 août 2018 à 23 h 45 min

christiane dit: 25 août 2018 à 18 h 49 min
« Je pense à Rose, hamlet, WGG, JJJ, Olga, bouguereau… Le fil des commentaires devient dépeuplé… »
je le pense aussi, encore que Bougereau me faisait souvent penser à ce personnage de bande dessinée dont j’ai oublié le nom, totalement aviné et entouré de mouches

Jean Langoncet dit: 25 août 2018 à 22 h 50 min

@C.
Quoi de plus doucement morbide que le premier dont on sait qu’il sera le dernier ?

Si Jean-René Huguenin avait vécu, si le temps avait été donné à l’auteur de La Côte sauvage pour écrire l’œuvre que ce premier livre annonçait, et si, vers sa cinquantième année, il avait retrouvé ce manuscrit au fond d’un tiroir, il en eût été peut-être irrité; il ne l’aurait pas publié sans ces commentaires dont nous accablons volontiers la jeunesse et que nous n’épargnons pas au jeune homme que nous fûmes. Mais dans la lumière de sa mort, ces pages ont pris un aspect bien différent. Presque chaque parole en est devenue prémonitoire.

http://www.pilefacebis.com/sollers/IMG/pdf/huguenin_mauriac_preface.pdf

D. dit: 25 août 2018 à 22 h 44 min

Bloom : l’Église est l’épouse du Christ et le Christ est le fils de Dieu. (« Qui m’a vu a vu le Père »). Ne vous en déplaise.
Cette Église est appelée à la sainteté mais est pécheresse par le péché originel, trouvant son salut et sa rédemption dans et par le Christ.
Et pan dans les dents. Vous pourrez dire tout ce que vous voudrez, tout ce que je viens d’écrire est rigoureusement exact.

et alii dit: 25 août 2018 à 21 h 33 min

Il n’en faut même que treize. Ce sont ces treize mots intraduisibles, rencontrés aux quatre coins du monde, que Laurent Nunez décrypte et décrit dans ce livre érudit et joyeux – inventant quelque chose comme la « lexicothérapie » :

Drapetomania (américain) – Freizeitstress (allemand) – Gigil (filipino) – Iktsuarpok (inuktitut) – Kintsugi (japonais) – Litost (tchèque) – Mamihlapinatapai (yaghan) – Naz (urdu) – Ostranenia (russe) – Putivuelta (espagnol) – Skybalon (grec) – Sonder (franco-américain) – Taciturire (latin)
nunez laurent

et alii dit: 25 août 2018 à 21 h 27 min

pourquoi nous avons besoin de mots nouveaux
Un livre savoureux propose d’introduire dans la langue française treize mots intraduisibles mais nécessaires. express

Bételgeuse dit: 25 août 2018 à 19 h 33 min

Delaporte, je me pose depuis longtemps cette question, parmi les prêtres, certains n ‘ont ils pas choisi cette vocation non pas pour entrer dans l’institution qui comme on l’enregistre continue de les couvrir et protéger mais parce désaxés et le sachant ils espéraient s’absorber dans la foi afin qu’elle les éloigne u mal qui les hante? Un sur cinq serait concerné par la tentation du mal se traduisant en abus sur des innocents. Ils se trouvent ainsi en échec par rapport à leurs attentes initiales sauf s’ils attendent de la confession une rédemption pour poursuivre exoneres du péché leur malsaine emprise sur de jeunes esprit en formation. Ils devraient s’ils leur restait un soupçon d’honnêté renoncer à leur sacerdoce, au lieu de cela ils persévèrent . Ce qui n’enlève rien aux vices tout aussi destructeurs qui touchent la société laïque, celle des croyants déviants et d’autres croyants regroupés dans d’autres église et qui sont atteints sans être clairement recensés et qui abritent leur mal hypocritement de la même façon que ces catholiques à qui on fait procès.

Bételgeuse dit: 25 août 2018 à 19 h 12 min

Le retour du fait religieux chez les musulmans qui jusqu’alors semblaient s’être affranchis du dogme contraint l’église catholique à une riposte pour récupérer des ouailles et prôner des valeurs rétrogrades afin de pallier à un déficit démographique dans les pays industrialisés afin de concurrencer la démographie des populations migrantes qui vraisemblablement ne nourrit pas les mêmes doutes quant à l’avenir de cette progéniture, certaines de ces familles demeurent exigeantes , d’autres moins. Pour eux , ici, en dépit des difficultés croissantes sera toujours mieux que les enfers qu’ils ont décidés de quitter.

Petit Rappel dit: 25 août 2018 à 19 h 05 min

Le fantôme de Lila dit ça remis au gout du jour et placé du bon coté de la méditerranée flotte sur le blog, drainant la voix de TBJ, le bon Arabe de service qui ne produit plus grand chose qui vaille. Lutin et Calvaire sont invoqués par Bloom, qu’on aurait pas cru si proche de ce Temple-là.je ne suis pas sur que parler d’un roman entraine nécessairement le fait de le lire. Ainsi va la Rdl en cette belle journée d’Aout.

Bételgeuse dit: 25 août 2018 à 19 h 04 min

Bloom, de plus toujours traditionaliste, les avortées sont ainsi considérées des mots même du pape comme des pécheresses à qui il faut accorder le pardon , ce qui n’est pas sans effet dans les pays à forte majorité pratiquante et suspendue aux paroles pontificales. Sans compter les erreurs précédentes sur le préservatif dans des régions où les populations sont crédules et sans éducation et où les femmes attendent depuis des temps immémoriaux de voir leur dort évoluer et se moderniser.

Bételgeuse dit: 25 août 2018 à 18 h 57 min

Quelle, ne récompensent. Un marrade supplémentaire à peu de frais.vous aviez annoncé une volonté déterminée et arrêtée à cesser d’intervenir. Une nostalgie sans doute vous habite .

Bételgeuse dit: 25 août 2018 à 18 h 53 min

Gisèle, chère Madame Gisèle, quel ironie du sort, cet écrivain vous inspire mais je crois savoir qu’aucun Goncourt n’a été décerné à titre posthume et c’est , i agree with you, peut être dommage pour les ayant-droits que les prix dans leur ensemble ne récompense que des auteurs actuels et choisis entre tous à l’issue des votes et différents tours sans oublier les intérêts financiers des différentes maisons que d’aucuns s’accordent à voir comme autant de facteurs non négligeables et influant sur les choix. Halo de soupçons pèsent sur la désignation des lauréats. Des vessies seraient prises pour des lanternes .

christiane dit: 25 août 2018 à 18 h 52 min

Pat V dit: 25 août 2018 à 18 h 00 min
Ces mots font plaisir à lire.

« Mais cette ville et ce Musée furent toujours culturellement actifs exposant des peintres notables en proportion de l’ importance de cette petite cité. Je me souviens d’ une impressionnante exposition de Pignon.
Et il en va de la même manière pour beaucoup d’ autres villes de province qui ne la ramènent pas comme la capitale et ne demandent pas des textes de critiques d’ art tarabiscotés ni par dessus le marché de traducteurs stipendiés pour la clientèle touristique étrangère.
Les œuvres d’ art parlent d’ elles-mêmes aux cœur frais de la France comme l’ écrivait Valéry Larbaud pour ses gares… »

christiane dit: 25 août 2018 à 18 h 49 min

@x dit: 25 août 2018 à 18 h 15 min
Je ne comprends pas bien votre commentaire. N’est-il pas, ce fil de commentaires, d’abord une résonance au billet proposé ? Là, il s’agit de la rentrée littéraire, non ? et de quelques livres présentés par Passou.
Bien sûr que nous avons l’habitude, ici, de suivre, d’amorcer d’autres échanges : L’actualité (l’Église), l’art, la musique, les charmes de certaines recettes de cuisine, le théâtre, le cinéma, les absents…
Mais nous allons tout de même pas nous priver de parler livres ! Pensez-vous vraiment que nos petits échanges sans envergure (sauf certains commentaires) puissent être à ce point importants qu’ils empêchent de penser à d’autres problèmes.
L’exemple que vous prenez : la mort, ne prouve rien. La mort dans une fiction et celles que nous approchons dans la réalité ne sont pas de même nature et vous le savez bien…
Peut-être n’ai-je pas compris votre commentaire un peu rageur. Je n’aime pas quand vous êtes bougon.

Je pense à Rose, hamlet, WGG, JJJ, Olga, bouguereau… Le fil des commentaires devient dépeuplé…

Bloom dit: 25 août 2018 à 18 h 33 min

L’Église en dépit de péchés de quelques uns est sainte

Discours de dangereux fanatique. Ces « péchés » sont des crimes dont ont été victimes les éléments les plus faibles la société. Par plusieurs centaines de milliers. Cette « Eglise »-là est malsainte & criminelle, aussi néfaste que celle contre laquelle Luther & Calvin se sont dressés.

x dit: 25 août 2018 à 18 h 15 min

Là où l’on déborde vraiment du « cadre » c’est dans le story telling autour des romans de la rentrée. Peu importe ce qui devrait être l’essentiel (le texte) puisque livres et auteurs médiatisés sont là pour fournir des thèmes, des anecdotes et des « personnages » (surtout les auteurs).

Quel meilleur endroit qu’un blog pour ce faire ? Lancer la discussion sur des livres que personne n’a lus (ou à la rigueur un ou deux sur les dizaines qui alimentent la conversation) c’est la garantie de ne pas se focaliser sur l’essentiel, généralement défaillant.
(Si vous le faites, vous êtes accusé d’être « méchant » ; quel manque de cœur alors qu’il est question d’un drame, d’une passion, d’un deuil … Comment ose-t-on ? Vous parleriez de son « style » à votre voisine revenant de l’enterrement d’un proche, vous ? Comment ça, ce n’est pas la même chose ?)

Lancer la discussion participe du lancement de produit (avec participation gratuite des futurs pigeons qui alimentent le mécanisme en croyant poser au « grand lecteur », à l’arbitre des élégances, au lanceur de tendance ou simplement river son clou à l’ennemi intime qu’il s’est choisi parmi les commentateurs).
Du moment qu’on en parle, en bien ou en mal, ça fait vendre la marchandise (vieux principe du buzz) : l’indignation, la curiosité, l’enthousiasme, le scandale, la compassion lui profitent également.
Et alors que l’on peut résister à ce qui vous est imposé par la force, comment se défendre contre ce à quoi on a participé de son plein gré ? C’est la grande vertu commerciale du « participatif ».
Voilà un déguisement qu’il serait utile d’arracher pourtant : celui du « soft power » et des mécanismes de la consommation culturelle des produits de l’industrie culturelle.

Pablo75 dit: 25 août 2018 à 18 h 04 min

@ Pat V

Mais les gants ce n’est pas plutôt pour que le tableau ou l’objet ne glisse pas quand on a les mains moites?

Pat V dit: 25 août 2018 à 18 h 00 min

Chagall à Brioude, soit.

Mais cette ville et ce Musée furent toujours culturellement actifs exposant des peintres notables en proportion de l’ importance de cette petite cité. Je me souviens d’ une impressionnante exposition de Pignon.
Et il en va de la même manière pour beaucoup d’ autres villes de province qui ne la ramènent pas comme la capitale et ne demandent pas des textes de critiques d’ art tarabiscotés ni par dessus le marché de traducteurs stipendiés pour la clientèle touristique étrangère.
Les œuvres d’ art parlent d’ elles-mêmes aux cœur frais de la France comme l’ écrivait Valéry Larbaud pour ses gares…

et alii dit: 25 août 2018 à 17 h 43 min

Vous évoquez aussi les éditions Al Dante. Dans un précédent entretien que nous avions fait pour Diacritik, l’écriture de tags et de banderoles était pointée en tant que « forme de poésie la plus réussie ». Quels rapports la poésie – la littérature – peut-elle entretenir actuellement avec l’acte politique et avec le terrain ? Sous quelles formes ? question à quintane (ultraproust)
https://diacritik.com/2018/04/25/cest-le-moment-de-lecriture-qui-revele-des-choses-nathalie-quintane-un-oeil-en-moins-entretien/

x dit: 25 août 2018 à 17 h 28 min

Pat V à 16 h 32 min
le rituel ne serait-il pas emprunté à celui des enchères dans les salles des ventes dites « haut de gamme » ?

closer dit: 25 août 2018 à 17 h 25 min

« On frôle le mélo […] le dernier tiers du livre, quand la prostituée devient si soudainement la vedette d’un film et gagne un fric fou. Artificiel. »

Bon alors, finalement, peut-être que même ce Cheval ne mérite pas d’être lu, en tout cas pas plus des 2/3…

Pat V dit: 25 août 2018 à 17 h 19 min

Mais des gants pour tenir l’ encadrement ( moi-même )
Les puristes vont nous objecter l’ oxydation due aux doigts sur la dorure?
Mais il existe désormais des produits pour  » fixer  » un écran protecteur sur la dorure qui était déjà en soi un matériau de très bonne protection ( d’ où son emploi depuis plusieurs siècle ) contre les attaques en tous genres.
Il est à signaler l’ horreur à employer des faux cadres et fausse dorure pour des tableaux prestigieux qui mériteraient de l’ ancien authentique en proportion de leur haute valeur symbolique.
On met des faux cadres aux chefs-d’ œuvres de notre histoire passée et une mise en scène d’ apparat aux fausses valeurs du jour.

et alii dit: 25 août 2018 à 17 h 15 min

CONTRECHAMP ENTRETIEN
L’art dévoré par l’argent
19 AOÛT 2017 PAR JOSEPH CONFAVREUX
Un livre collectif, L’Art et l’argent (aux éditions Amsterdam), rédigé par des artistes, des écrivains, des théoriciens et des membres d’écoles d’art examine le nouveau régime des rapports entre art et argent, qui achève de transformer les œuvres en objets spéculatifs et raconte le creusement abyssal des inégalités, dans l’univers artistique comme dans la société. Entretien avec sa co-directrice, l’écrivain Nathalie Quintane.

christiane dit: 25 août 2018 à 17 h 11 min

@Jacques R. dit: 25 août 2018 à 16 h 05 min
Oui, promeneur (un sacré orage le 17), avec les vitraux du peintre-calligraphe et moine dominicain Kim en Joong, et à 30 mn, Issoire que je connais mieux et cette autre abbatiale romane du XIIe S., ses chapiteaux polychrome, la tour de l’horloge, les ruelles ombreuses, ses biefs et ses jardins.

Pat V dit: 25 août 2018 à 17 h 01 min

D’ ailleurs si vous n’ aimez pas l’ art officiel d’ état, privé, vous allez vous faire sonner les cloches!
L’ art – une certaine pratique de l’ art contemporain – n’ a jamais autant revendiqué sa sécularisation en exposant et en fabriquant dans les églises.
Les grands prêtres dans les églises ce sont les commissaires de l’ art d’ état,  » curateurs » et architectes des bâtiments de France. Le curé incompétent se la ferme et acquiesce car les églises sont des biens de l’ État, donc non confessionnels quant aux murs.

Pat V dit: 25 août 2018 à 16 h 49 min

En bref, l’ ostentation a remplacé l’ ostensoir!
Ce qui est symptomatique, c’ est la volonté de  » terrifier  » le bon peuple des non connaissant par l’ art substitué à la religion.
L’ art contemporain est toujours en train de courir après sa perte d’ aura…

Chaloux dit: 25 août 2018 à 16 h 47 min

christiane dit: 25 août 2018 à 16 h 41 min
Vous êtes drôle, parfois. J »adore ce franc-parler !

Merde!

gisèle dit: 25 août 2018 à 16 h 46 min

*Les « affaires » de l’Eglise? je me suis réveillée,il y a peu, et BFMtv m’a totalement rassurée: le Pape s’est dit impacté par cette affaire.Tiens, le Souverain Pontife s’est mis au français ,fluent…
** j’ai veillé vraiment tard,j’ai fait la fête avec Evelyn Waugh,quel homme! oui c’est un homme , son prénom est trompeur, quel écrivain, le Brexit m’avait persuadée de commander quasiment toute son oeuvre,en juillet. Mon libraire a rouvert et je peux m’éclater. C’est tout de même chouette la littérature !Il n’est pas en course pour le Goncourt? Ah? Bon.Dommage.

D. dit: 25 août 2018 à 16 h 45 min

Le personnes qui vont restent dans l’Église sont tout simplement celles qui désirent le Christ et ses sacrements dispensés par le prêtre et considèrent ceux-ci comme vitaux dans leur vie spirituelle.
On ne force personne alors foutez-nous la paix avec vos « églises vidées ». C’est vous qui vous en tenez dehors de temps immémoriaux pour éviter soigneusement la conversion qui vous est possible.
Voilà la vérité. L’Église en dépit de péchés de quelques uns est sainte et vous vous ne l’êtes tellement pas que vous tentez de renverser la vérité.

Pat V dit: 25 août 2018 à 16 h 44 min

l’accrochage avec gants de protection

Il est à remarquer que ce cérémonial s’ est amplifié jusqu’ à en devenir ridiculement totalitaire avec un certain art contemporain. Moins une œuvre ressemble à un objet plus il faut insister sur l’ aspect solennel de sa mise en place, de sa mise en scène, elle a besoin qu’ on lui dise une messe.
Cela a commencé avec le happening tous genres de peintures confondus jusqu’ à l’ œuvre existant uniquement par sa mise en scène ( le in situ en est un exemple).

Pat V dit: 25 août 2018 à 16 h 32 min

C’est comme dans les musées, j’aime les reportages nous montrant la restauration des œuvres, leur mise en valeur, l’accrochage avec gants de protection.

Mieux vaut pratiquer les restaurations christiane, je vous le conseille vivement.
Sincèrement ce  » truc  » d’ accrocher les œuvres avec des gants blanc comme si c’ était un saint sacrement me semble d’ un ridicule consommé. Les ouvriers en principe ont les mains propres, ils ne travaillent pas dans un garage ( quoique la mode de nommer  » garage  » des lieux d’ exposition soit à la mode ). Les gants se justifient pour les livres anciens et précieux car la sueur déposée sur les pages oxyde le papier. Mais des gants pour tenir l’ encadrement – on ne tient pas un tableau par son milieu! – c’ est un cérémonial d’ esbroufe pour conservateur coincé du du genou! 😉

Delaporte dit: 25 août 2018 à 16 h 27 min

L’éditeur fait sa petite cuisine dans les coulisses, pendant que tout le monde dort ou est parti en vacances. Et zou ! à la rentrée, voilà le chef-d’oeuvre, fait pour être primé, devant quoi les lecteurs doivent se prosterner comme si c’était parole d’évangile. Le « roman » consiste désormais dans la « fabrication » dudit livre par une armée de nègres aux abois. Un jour, il y aura des fuites, après les soupçons légitimes de PaulEdel, qui n’aime pas à être roulé dans la farine.

Pablo75 dit: 25 août 2018 à 16 h 18 min

@ Paul Edel

De ce livre je n’ai lu que les lignes que cite Tahar Ben Jelloun.

C’est pour cela que je ne le juge pas, littérairement parlant. Je juge la façon de le « composer » selon tes propres soupçons, qui, eux, ont l’air très « réalistes ».

Jazzi dit: 25 août 2018 à 16 h 09 min

Pourquoi vais-je quotidiennement au cinéma, Paul ?
Phil, qui préfère fréquenter la cinémathèque, pense que je perds mon temps à me taper la production contemporaine.
Moi, j’y vois les meilleurs romans du moment, notamment les premiers.
Désormais, il n’est pas rare que l’adaptation se fasse en sens inverse. Là, les romanciers d’aujourd’hui puisent de plus en plus leur inspiration romanesque.
Pour les Goncourt marocains, on a le précédent de Leïla Slimani pour « Chanson Douce »…

Pablo75 dit: 25 août 2018 à 16 h 09 min

Après Paul Edel, un autre génie de la littérature francophone, Tahar Ben Jelloun, donne une envie folle de lire ce chef-d’oeuvre:

« Les dialogues volent comme des éclats de verre, comme des étincelles d’un feu brutal : « Pourquoi les filles tapent des cachets ? Pourquoi tout ça ? C’est qu’il faut des couilles pour pouvoir faire ce travail. Et tout le monde ne les a pas. ». »

Dios nos pille confesados !!

Paul Edel dit: 25 août 2018 à 16 h 02 min

Lavande. je pose simplement la question du « comment » : comment ce manuscrit étonnant s’est fait,composé, écrit.Une ou plusieurs personnes? Surtout pour un « ‘premier roman » c’est pasioçnnant? beaucoup de manuscrits refusés avant ou pas? Comment résister à la curiosité de savoir comemnt le roman été envoyé chez l’editeur,par la poste, un ami d’ami, dans quel état était le manuscrit? c’est tout, ça n’enlève rien à la qualité du roman . Je me suis posé la même question sur Littell et ses « bienveillantes »..

Jacques R. dit: 25 août 2018 à 16 h 02 min

Et si Meryem Alaoui, fille de Driss Alaoui, lui-même écrivain de talent, n’était que le prête-nom de son papa , lui-même prénom de Tahar Ben Jelloun ? Après tout, on a bien connu un Emile Ajar. Cette rentrée littéraire, si prometteuse, ne saurait se passer de quelques coups éditoriaux fumants.

christiane dit: 25 août 2018 à 15 h 59 min

Pat.V.
Merci pour cet article qui pointe les grands axes de l’exposition Chagall à Brioude (Pour votre question la dernière s’est tenue en juin). En bas de cet article un lien permet d’accéder à celui-ci :
https://www.lamontagne.fr/brioude/institutions/travaux-urbanisme/2018/06/21/trois-defis-releves-qui-ont-empeche-l-hotel-du-doyenne-de-brioude-de-s-ecrouler_12895500.html
Cette enquête m’a passionnée. J’aime les « petites mains », souvent méconnues, qui participent à la restauration des bâtiments du patrimoine ainsi celles qui ont remis ce Doyenné de Brioude en état de continuer à traverser le temps.
C’est comme dans les musées, j’aime les reportages nous montrant la restauration des œuvres, leur mise en valeur, l’accrochage avec gants de protection.
C’est aussi cela la transmission aussi suis-je blessée quand un lieu de culture est détruit. Je me souviens du désastre à Palmyre, de la destruction de ce trésor archéologique par ces fanatiques… de l’incendie qui ravagea en 2008 les collections chez Deyrolle (et de ce petit livre précieux « Deyrolle pour l’avenir » qui a contribué à sauver ce qu’il restait, ce qu’il fallait réinventer, préfacé par Passou, avec ces photos tristes. (C’est là que Dali avait dessiné ses esquisses de tigre pour sa composition :  » Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une grenade »)… autre destruction par le feu la voûte et la charpente du Parlement de Bretagne, à Rennes, en 1994.
Et dans ce film « Fahrenheit 451 » la lecture prohibée et les livres brûlés…
Alors je suis heureuse que des livres soient écrits, édités, lus que des artistes créent et que des petites mains inconnues aident à leur diffusion, à leur préservation.
Je viens de lire vers 15 heures, ici, un beau papier de Paul Edel sur le livre de Meryem Alaoui « La vérité sort de la bouche du cheval ».
J’attends celui de J-D. Baltassat « La tristesse des femmes en mousseline » qui rouvre le carnet hérité dans sa jeunesse de Berthe Morisot… « A son image » de Jérôme Ferrari ( dont j’aime les thèmes et l’écriture) et « Hôtel Waldheim » de François Vallejo (Y retrouverais-je le souvenir de La Montagne magique de Thomas Mann, ces montagnes là-haut des sanatoriums de Davos ? ).

Paul Edel dit: 25 août 2018 à 15 h 54 min

Tu vois bien Jazzi qu’il n’y a aucune réponse à mes interrogations. On sait seulement que au moins deux membres de l’académie Goncourt vont voter, dans les premières listes, pour Meryem Alaoui. La francophonie -à juste raison- a toujours été bien représentée à cette table.

Pablo75 dit: 25 août 2018 à 15 h 45 min

« Voilà un premier roman qui correspond EXACTEMENT [à] la définition du « roman picaresque ». […] On frôle le mélo […] le dernier tiers du livre, quand la prostituée devient si soudainement la vedette d’un film et gagne un fric fou. Artificiel.
Paul Edel dit: 25 août 2018 à 14 h 53 min

EXACTEMENT sauf qu’un tiers du livre ne correspond absolument pas à dite définition et que dans les deux tiers restants on frôle un mélo très peu picaresque.

Et Paul Edel aime évidemment pareille tambouille, même si le livre pue à distance le brûlé typique de la cuisine éditoriale. Il faut dire que lui-même n’est qu’un marmiton expert en pâtées pseudo-littéraires….

Delaporte dit: 25 août 2018 à 15 h 18 min

Une nouvelle affaire Ajar, ici entre un père et sa fille ? Et un Goncourt qui se profile doucement mais nettement ?

Passou dit: 25 août 2018 à 15 h 03 min

« Meryem Alaoui est la fille de Driss Alaoui Mdaghri, poète, écrivain et homme politique marocain. Driss Alaoui Mdaghri a été ministre à plusieurs reprises et a publié des ouvrages dans divers domaines tel que « Le livre des secrets perdus: les aventures extraordinaires de Piano le petit pion » qu’il a co-écrit avec Ismail Ezzaroual, « Une ambition marocaine: des experts analysent la décennie » ou encore le recueil de poésie « En quête de mots, Librement » . »(source H24)

Paul Edel dit: 25 août 2018 à 14 h 53 min

Je viens de finir « La vérité sort de la bouche du cheval » de Meryem Alaoui (Gallimard 260, pages) .Voilà un premier roman qui correspond exactement la définition du « roman picaresque » :
« Un roman picaresque se compose d’un récit sur le mode autobiographique de l’histoire de héros miséreux, généralement des jeunes gens vivant en marge de la société et à ses dépens. Au cours d’aventures souvent extravagantes supposées plus pittoresques et surtout plus variées que celles des honnêtes gens, qui sont autant de prétextes à présenter des tableaux de la vie vulgaire et des scènes de mœurs, le héros entre en contact avec toutes les couches de la société. »
Remplacez « jeunes gens » par Jmiaa, prostituée de Casablanca qui nous offre en panoramique ses « scènes de moeurs » . Meryem Alaoui, nous offre par personnage interposé, un vrai bagout populaire tonique pour raconter une vie dans un quartier chaud et pauvre de Casablanca, mais pas du tout pour touristes argentés. On connait maquereau, mère, fille, l’histoire pathétique de son ex- mari qui la battait et finalement l’a mise sur le tapin .On frôle le mélo, sans jamais tomber dedans. On passe assez vite sur les passes (rien d’érotique) ,on précise mieux ses démêlées avec les flics, l’alcool, la solitude dans sa chambre. Ajoutez les querelles de quartier avec les autres prostituées. Une ou deux amitiés entre femmes. Un des meilleurs moments ? Une visite au bled intéressante pour retrouver mère et filletout en cultivant le mensonge sur son travail.
Qu’on n’attende rien de particulièrement croustillant. C’est la vrai tranche de vie dans une langue parlée fluide et qui sonne vrai. Mais attention ! pas de grandes inventions verbales, la grisaille d’une vie de prolétaire avec un appétit de vivre, et surtout un courage quotidien qui dynamise la prose.Le témoignage social brut se fait sans cri ni pathos.
Quoi dire de plus ? C’est si bien agencé, si habilement composé qu’on se pose des questions. Insistantes. Comment cela -il être un premier roman d’une marocaine qui, sur la photo est belle entre 30 et 40 ans. Si c’est une confession, chapeau ! Cette femme est née avec un don littéraire hors du commun.Vrai premier roman ? Si c’est une fiction totale, le tour de force tient du miracle. Je me suis demandé si la maison d’édition avait été en présence de documents enregistrés, de brouillons, (une ou plusieurs prostituées se confessent devant magnéto) et retravaillé par un directeur littéraire génial et acharné.
Soyons direct :y’a-t-il eu des nègres penchés sur le texte ? Le mystère est total mais la question se pose. J’ai imaginé un directeur littéraire hyper rusé retravaillant un document sociologique brut avec un happy end qui plaira tant aux producteurs de cinéma.. Donc Document enregistré et retravaillé ? vraie autobiographie ? Survoltage picaresque naturel d’une femme hyperdouée pour « inventer » ? Difficile à croire… on a un peu tout ça en tête, en lisant ce « livre », soulignons-le, très réussi.
Je n’aime pas le dernier tiers du livre, quand la prostituée devient si soudainement la vedette d’un film et gagne un fric fou. Artificiel .
Là on passe du document sociologique au conte de fées.. Bizarre … Mais, au fond, l’exploitation par le cinéma de la vie de cette Jmiaa n’est-il pas l’aveu au second degré que dans cette littérature on s’est emparé de la vie d’une vraie prostituée pour en faire un roman à succès ? il s’agirait alors d’une vraie mise en abyme ironique d’une grande habileté.. On doit en savoir bcp chez Gallimard sur la cuisine sur le manuscrit… Enfin disons que ça n’enlève rien au vérisme des scènes de ce quartier chaud . La densité d’une vie humaine irrigue la plus grande partie du livre.,

Delaporte dit: 25 août 2018 à 14 h 39 min

« Le problème est qu’on attend depuis cinquante ans des symboles forts et encourageants… »

Le Concile Vatican II en a été à l’origine de plus d’un…

Delaporte dit: 25 août 2018 à 14 h 12 min

Le droit canon donne toute latitude à l’Eglise de gérer ses scandales. Il y a eu ici quelque retard, que le pape a sans doute désormais la volonté de combler. Le cardinal Barbarin est sur un siège éjectable. L’écarter, accepter sa démission, ce que d’aucuns demandent depuis longtemps à l’intérieur de l’Eglise même, serait un symbole fort et encourageant.

Petit Rappel dit: 25 août 2018 à 13 h 52 min

Un texte à rappeler:

 » se rencontrant quelquefois que des Ecclésiastiques tombent en des crimes si atroces , qu’on est obligez de les déposer des ordres sacrez et de les livrer à la justice séculière, pour laquelle procédure, selon les Saints Canons, il est requis un certain nombre d’évêques, ce qui pourroit estre cause quelquefois que la justice seroit trop différée, par la difficulté de les assembler tous, ou mesme que leur résidence seroit trop interrompue quant ils seroit disposez à y assister: pour ce sujet, ordonne et déclare le Saint Concile, qu’un evesque, sans l’assistance d’autres evesques, peut, par luy-mesme, ou par son vicaire général dans le spirituel, procéder contre un clerc engagé dans les ordres sacrez, mesme dans la prestrise, jusqu’à la condamnation et la déposition verbale, et qu’il peut-aussi par luy-mesme, sans autres evesques, procéder à la dégradation actuelle et solenelle desdits ordres et grades ecclésiastiques dans le cas ou la présence d’autres evesque est requise… »

On le trouvera dans Le Concile de Trente Vème Session, chap XIII, trad Chanut, 1674.

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