de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Le bras d’honneur des Nobel à la littérature américaine

Le bras d’honneur des Nobel à la littérature américaine

Des années qu’elle attend sa consécration. Des années que sont régulièrement consignés les noms de Philip Roth, Don De Lillo, Cormac McCarthy, Russell Banks et quelques autres et non des moindres. Des années que l’Académie suédoise laisse faire, laisse dire, laisse écrire. Une règle : ne jamais démentir les rumeurs (son point commun avec la CIA). Une seule fois, il y a huit ans, Horace Engdahl alors secrétaire du comité Nobel, légèrement escagassé que l’on reproche à sa bande de copains engoncés d’ignorer les susnommés, ne supportant plus cette pression insistante en leur faveur, laissa éclater son humeur américanophobe non sans mépris dans une interview à l’Associer Press :

«Les Etats-Unis sont trop isolés, ils ne traduisent pas assez et ils ne participent pas au dialogue des littératures. Cette ignorance les restreint (…) Il y a des auteurs forts dans toutes les grandes cultures mais vous ne pouvez pas écarter le fait que l’Europe est encore au centre du monde littéraire… pas les Etats-Unis (…) Les auteurs américains contemporains ne s’écartent pas suffisamment de la culture de masse qui prévaut sur leur continent » »

Depuis ce matin, nous voilà fixés. La littérature américaine contemporaine et ses plus fameux représentants peuvent aller se faire voir et pour un certain temps. En lui préférant un américain, certes, mais un chanteur/compositeur et non un écrivain puisqu’il n’a pas d’oeuvre littéraire sous la forme habituelle de livres à son actif (en principe, c’est d’abord à ce signe matériel qu’on les reconnaît avant d’y aller voir pour savoir si c’est du lard ou du cochon, comme dirait Jean- Baptiste Del Amo), elle leur adresse un spectaculaire bras d’honneur.

Cela fait pourtant des années, aussi, que le nom de Bob Dylan, 75 ans, est régulièrement cité par les sites de parieurs et les Nobel’s watchers sur la liste des nobélisables ; mais on avait toujours pris cela pour une blague destinée à brouiller les pistes. En fait, c’était du sérieux. Hélas… Car enfin, on a beau retourner sa fiche Wikipédia dans tous les sens (une fois n’est pas coutume) en français comme en anglais ou consulter son site, son seul livre est une autobiographie en trois tomes il est vrai (en français chez Fayard, seul le premier est paru). On y apprenait que Balzac est son écrivain de chevet : « Mon romancier-fétiche » avouait-t-il, ce qui est réconfortant en un temps où il est de bon ton, dans les amphithéâtres des universités françaises, d’esquisser une moue de dédain pour le trop prolifique et si peu styliste auteur de la Comédie humaine. On se promettait de l’interroger plus avant la prochaine fois sur The cousin Pons ou sur le Father Goriot. Voilà pour l’oeuvre littéraire. C’est tout ? C’est tout. Le comité Nobel l’avait prévu qui dans son communiqué anticipe déjà le reproche :

« Dylan est une icône. Il a une profonde influence sur la musique contemporaine (…) Il est récompensé « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique dans la grande tradition de la chanson américaine (…) Bob Dylan a écrit une poésie pour l’oreille…bob

A se demander à quoi peut ressembler une poésie qui n’est pas pour l’oreille, si cela existe. N’empêche. Peut-être qu’ils ont voulu se donner un petit air transgressif à bon compte ; peut-être que ça leur rappelle leur jeunesse comme moi la mienne ; peut-être s’imaginent-ils encore que le barde, qui a choisi son pseudonyme en hommage au poète gallois Dylan Thomas (1914-1953) et qui doit tant à Woody Guthrie, à la poésie surréaliste, à Jack Kerouac et Allen Ginsberg, sent le souffre ; peut-être croient-ils que leur initiative bouscule, décoiffe, dérange quand, en fait, elle consterne, accable. Entendons-nous bien : les disques de Bob Dylan font partie de ceux que j’écoute en permanence, ses chansons (pas les 700 qu’il a écrites, tout de même) sont dans mon panthéon depuis leur création ou presque. (mais je m’abstiens d’assister à ses concerts car il s’y fout de son public : pas un mot, pas un sourire, pas un geste, pas une minute de plus). Je suis de ceux qui revoient en moyenne une fois par an le No direction home que lui avait consacré Martin Scorcese dans un documentaire inspiré. Mais de la ritournelle, fut-elle supérieure, historique, n’en est pas moins de la ritournelle. J’admire tout autant Léo Ferré mais j’aurais éclaté de rire si on lui avait décerné le prix Goncourt, comme des rires ont fusé à Stockholm, se mêlant aux hourras, quand le porte-parole a annoncé la nouvelle devant la presse.

Le rôle de Dylan dans la contre-culture américaine des années 60-70, son influence sur les campus pacifistes en lutte contre la guerre du Vietnam (tiens, à ce titre, on aurait tout aussi bien lui donner le prix Nobel de la paix !), tout cela est incontestable. C’est une légende vivante, il appartient à notre mythologie. Mais certains journaux l’ont tellement comparé à Arthur Rimbaud qu’il a lui-même fini par prendre cela au sérieux. Il faut croire que cela a fait tache jusqu’à Stockholm. Car enfin, si vraiment ils avaient voulu distinguer un poète américain, histoire de faire la nique aux romanciers (on s’amuse comme on peut), ce ne sont pas les grands poètes qui manquent outre-Atlantique. Des vrais. Comme ceux que l’Académie suédoise avait honoré par le passé, les W.B. Yeats, Gabriela Mistral, T.S. Eliot, Salvatore Quasimodo, Georges Séféris, Saint-John Perse, Pablo Neruda, Eugenio Montale, Vicente Alexandre, Odyssées Elytis, Czeslaw Milosz, Jaroslav Seifert, Joseph Brodsky, Camille José Cela, Octavio Paz, Derek Walcott, Seamus Heaney, Tomas Tranströmer et c’est c’est donc parmi eux que Robert Zimmerman dit Bob Dylan prendra rang… Lui attribuer le Nobel de littérature est du même niveau que faire entrer Jean d’Ormesson dans la Pléiade. Et comme il s’agit là de deux institutions littéraires que les lecteurs se sont appropriés, les discréditer par des choix relevant d’une logique extra-littéraire ne peut que provoquer des dégâts.

« Si Dylan est un poète, alors moi je suis basketteur », disait Norman Mailer. Interrogés, les académiciens suédois ont exprimé sinon leur unanimité du moins leur unité au moment du vote. D’après l’un d’eux, Per Wastberg, celui-là même qui voit en Dylan « probablement le plus grand poète vivant », ils espèrent un concert lors de la remise du prix en décembre. C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Au moment même où était annoncé le couronnement de Bob Dylan, le dramaturge italien Dario Fo, lauréat du Nobel de littérature en 1997, passait de vie à trépas. On attend les conclusions du médecin-légiste pour savoir si l’un est la cause de l’autre.

P.S. Pour la route, un extrait des poèmes de jeunesse inédits de Bob Dylan publiés en 2008 :

  « from the outside lookin in every finger wiggles the doorway wears long pants an slouches no rejection all’s fair in love and selection but be careful, baby of covered window affection an don’t forget t bring cigarettes for you might just likely find that one outside leads farther out an one inside just leads t another ———————— death silenced her pool the day she died hovered over her little toy dogs but left no trace of itself at her funeral ————————  jaundiced coloured girls pop out of nowhere offerin roses cant eat your roses get ’m out of here gimme food i dig food cant swallow the smell of your flowers, lady want turkey buns hamburger meat history gets the hungries an even the witches sometimes have t eat so please pardon me an dont think i’m prejudiced if i pour your drink all the way down your hairlip gown there’s nothing t be disturbed about it’s just that there’s enough people bending over with the fangs of society burnt into their backs…

(« Le prix Nobel de littérature 2016 » photos D.R.)

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commentaires

1 119 Réponses pour Le bras d’honneur des Nobel à la littérature américaine

marie mcintosh dit: 27 octobre 2016 à 1 h 43 min

Bob Dylan est un artiste, un homme d’esprit et de lettres. Il n’a pas encore repondu, je l’accepte car je sais qu’a travers ses poesies, il a une raison assez valable pour lui. Il ne faut surtout oublier que le monde va mal, assez mal et qu’il est un crime presque de montrer sa joie, si joie existe. So mustisme est relie au temps que nous vivons. Une groteste
incertitute sur tout. On se remplit la tete sans pouvoir la vider. L’humanite souffre. D’autres gagnants ont refuse dans le passe et je me souviens de Boris Pasternak. Il a le droit au mustisme litteraire.

A..... dit: 24 octobre 2016 à 17 h 32 min

Nous maintenons la nécessité absolue de s’amuser de a vision d’humains faits comme des rats, englués dans leur malheur. Il n’est pas spectacle plus réjouissant, à mes yeux, que le désespoir de l’autre qui s’aperçoit que sa life vest en plomb radioactif l’entraine au fond. Le cocktail est alors meilleur de goût lorsqu’il disparaît en appelant sa mère morte.

rose dit: 24 octobre 2016 à 15 h 12 min

Non. Jacques Lanzmann dit que ds le désert du Negué en arrivant dans le désert du Sinaï les bédouins nomment les égyptiens, tous les égyptiens les pharaons.
Ce n’est pas mon cas et, tenez le vous pour dit, ou tenez vous le pour dit, on ne se réjouit jamais du malheur des autres nonobstant l’envie folle qui vous tenaille, mais, on se penche sur sa poutre et ô s’y attelle. A la réduire menu menu…

A..... dit: 24 octobre 2016 à 8 h 38 min

Il est réjouissant de voir émerger un contre-sens pharaonique chez mademoiselle Rose car, enfin, le meilleur moyen de ne pas se désoler de soi-même, c’est bien de se réjouir du malheur des autres. L’inverse de ce qu’elle préconise innocemment.

rose dit: 24 octobre 2016 à 8 h 28 min

C’est trop excellent. Merci Eneas.
depuis trois jours j’y suis dans un autre mode : Catherine marin. Le grand poulain. Catherine malin le grand pour rien. Etc.
Vais chercher Pierre Repp ds wiki. Le meilleur moyen de ne jamais y arriver c’est de le croire. D’accord avec DHH sur ce que l’on dit sur autrui dit tant de soi. Tas de riz. T’as de rats. T’as de riz tenta tas de rats. Tant de soie.

Salut à tous.
Moi je regrette mon injure mais à force d’abuser ben un jour la coupe est pleine. Et je songe qu’avant que de se réjouir du malheur des autres, on ferait bien de se désoler de son propre malheur à soi.
Et pis c’est tout.

Z..... dit: 23 octobre 2016 à 19 h 01 min

Et si, plutôt que de parler de bras d’honneur des Nobel à la littérature américaine, nous parlions de celui du saltimbanque vieillissant aux jurés NOBEL…?

Durussel André dit: 22 octobre 2016 à 21 h 20 min

« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse »
Dans son discours de Suède, le 10 décembre 1957, Albert Camus (Prix Nobel de littérature)
avait ainsi évoqué la noblesse du métier d’écrire…mais pas celui de chanter.
En 2016, il y a dans notre monde d’autres autrices et auteurs qui tentent aussi de « réconcilier à nouveau travail et culture » (dans une société de loisirs…). C’est à l’une d’elle ou l’un d’eux que ce prix Nobel devait être attribué. Peut-être ai-je une trop haute idée de la littérature au pays de C.F Ramuz ? Mais la chanson de textes, c’est pour moi une autre forme d’art.

Eneas dit: 21 octobre 2016 à 20 h 07 min

Je me réjouis que vous riiez, car le vrai rire est précisément ce qui manque en France devant ce Nobel. Presque tout est drôle dans la carrière de Dylan, jusqu’à l’obtention de ce prix. Signe d’excellence.

Eneas dit: 21 octobre 2016 à 17 h 14 min

Estomaqué par l’étalage d’inculte culture dans ce billet et beaucoup de ses commentaires. Si l ‘on veut voir l’Idiotie drapée ces jours, c’est ici.

Les réactions pro-Dylan qu’on peut trouver sur internet ne valent certes guère mieux pour le moment. Elles ont pourtant parfois le mérite de la Joie.

X..... dit: 21 octobre 2016 à 11 h 42 min

…et lorsque je dis Dieu, vous comprenez bien que Allah, YHWH, Bouddha, Marx, et tous vos idoles de terriens sont dans le coup : diriger la course des astres est une affaire collégiale, surtout avec des budgets réduits …

X..... dit: 21 octobre 2016 à 11 h 29 min

Aimer Dylan ? Pourquoi pas ! Il suffit de n’aimer, ni la poésie, ni la musique, ni la loi, ni l’ordre, ni la famille, ni Dieu qui gouverne aux astres (même éloignés)…

fred dit: 21 octobre 2016 à 8 h 32 min

rose dit: 20 octobre 2016 à 21 h 46 min

le titre exact A hard rain’s gonna fall – « hard » cf la pluie nucléaire
-composé en pleine crise des missiles nucléaires installés à Cuba
il ne parle pas de petites fleurs ni des petits oiseaux

rose dit: 20 octobre 2016 à 21 h 46 min

c’est une grande moquerie ce titre et le tout ; c’est l’époque où on l’appelait la gratte, la guitare ; pas besoin de demander pourquoi. Vous en avez d’autres comme ça, fred ?

versus dit: 20 octobre 2016 à 20 h 26 min

berguenzinc dit: 18 octobre 2016 à 22 h 10 min

BHL, c’est l’ARTHUS-BERTRAND de la philo;

Dit plus clairement, faut-il comprendre que BHL est à la philo ce que Y.A. Bertrand est à la photographie?

Laure M. dit: 20 octobre 2016 à 11 h 29 min

Article très intéressant mais pourriez-vous s’il vous plaît corriger cette horrible faute d’orthographe à votre plus proche convenance :
« Cela fait pourtant des années (…) que le nom de Bob Dylan (…) ait régulièrement cité (…) »
(cf. auxiliaire « être » (et non « avoir ») au présent de l’indicatif).
Avec mes remerciements.

JC..... dit: 19 octobre 2016 à 16 h 22 min

Il serait plus raisonnable de s’inquiéter de la santé mentale des jurés Nobel, que de celle du vieux baladin qui sera vite oublié de tous, à juste titre !

la vie dans les bois dit: 19 octobre 2016 à 13 h 27 min

« En même temps, poursuit Hilton, ce silence semble corroborer le débat sur Dylan qui a été mené ces derniers jours dans les services culture de la presse suédoise, et où la star a été décrite comme le dernier porte-étendard de la masculinité. »

-Dylan, bientôt un book ?
-Un book lingerie fine, pour Björn Borg.

bérénice dit: 19 octobre 2016 à 9 h 40 min

Bon je remballe les gaules, je ne voudrais pas être taxée d’impérialisme intellectuel, mercredi jour des enfants doit retenir parents, grand-parents et parentèle loin de cette liberté qui autorise la pensée, VraiE, l’efficacité réflExive, la prospectioN inTelligente, la revue de preSSe, l’arrêt sur image.

bérénice dit: 19 octobre 2016 à 9 h 33 min

Le flux se tarit, s’en va comme dévitalisé, une carte sans puce, un rosier sans coccinelles qui ne donne plus que quelques pauvres fleurs sans couleur; Passouououou que faites-vous? Où êtes-vous? Bling blang schklong…

bérénice dit: 19 octobre 2016 à 9 h 08 min

Pour changer et parce que me vient l’envie aussi sans haine et sans raisons d’adresser un bras d’honneur à la cantonade. Par souci de rectitude, j’ajouterai que je ne connais toujours que très partiellement l’oeuvre de Dylan, une lacune, une géode, un mal de Pott.

https://socio-anthropologie.revues.org/120

bérénice dit: 19 octobre 2016 à 8 h 53 min

honoré par un jury dans l’erreur …

Jusqu’où iront-ils dans les vis, les boulons incertains, seul JC peut savoir ayant exploré les galaxies interdites, sorti indemne comme amnistié pas même électrocuté, un petit tour à Calait pour faciliter votre évacuation sanitaire, may be?

bérénice dit: 19 octobre 2016 à 8 h 41 min

Puisque l’heure est à la chansonnette et qu’il est possible d’en écrire avec trois fois rien et de chanter malgré tout avec un peu de conviction, je vous la remets, une vieillerie qui devrait plaire encore:

https://youtu.be/O8MId-DtvZE

JC..... dit: 19 octobre 2016 à 8 h 18 min

Plus de 1.000 commentaires sur ce non-évènement : un lauréat minuscule, honoré par un jury dans l’erreur …

renato dit: 19 octobre 2016 à 8 h 06 min

@Passou,
pourquoi donc avoir posé la question si vous aviez la réponse en poche?

Revenons à J-P. S. Il faudrait désormais admettre qu’il ne s’agit que d’un intellectuel inintéressant, et que donc ce passage à la caisse n’est qu’une anecdote de peu de valeur; une banale curiosité. Nonobstant, cette banale curiosité caractérise bien la manière de J-P. S. de se définir par des lieux communs, c.à.d par l’immobilité et l’absence de surprises, plutôt que comme individu. Certes, il était bon en recyclage, mais carrément fatiguant à la lecture car sa prose délabrée dégringole sans peine dans l’ennui — même pas les quelques soupirs perfides et maléfiques involontairement caricaturés n’arrivent à la sauver!

Cela dit, la question en jeu ce n’est pas l’usage qui a été fait de l’argent, celles-ci n’est qu’une frustre justification moraliste accompagnée d’un brin de déliquescence émotionnelle… ou d’un soupçon d’exhibitionnisme sentimental… ou encore d’une chouia des deux… peu importe, puisque nous sommes là dans l’expression de l’ordinaire misère du conformisme — avec l’aggravante de croire que en déplaçant le sujet on sauve la mise. La question c’est d’avoir demandé l’argent après avoir refusé le prix, ce qui n’aurait rien de contestable si ça avait été fait dans la transparence, mais comme ça c’est plutôt l’image du héros manqué et hypocrite qui nous est donnée.

Bon, c’est vrai que l’œuvre de J-P. S. semble avoir disparu avec le 45 tours, et c’est peut-être pour cette simple raison que j’aime imaginer Borges composer une fiction où le personnage est un intellectuel qui se définit par les lieux communs; je l’imagine qu’afin de bien conduire sa narration il développe une praxis qui s’appuie sur la tendance du sens commun à faire la différence entre la réalité et l’apparence, entre une réalité de la surface et une réalité de la profondeur, entre divers genres de situations et de choses réelles. En un mot « popperienne » — ou dans ces eaux là. Il se peut que seulement à ces conditions, seulement en étant dans l’histoire de quelqu’un d’autre, la vie et l’œuvre de J-P. S. auraient finalement un sens cohérent. Il y a le risque que cela devienne trop métaphysique pour mes goûts; et d’un autre point de vue, que la précision de l’imaginaire borgesien soit un trop beau cadeau pour un intellectuel qui a préféré croire que manifester avec des étudiants « en carrière » aurait pu combler les vides laissés par son incapacité d’interroger la littérature et en conséquence le concept de vérité — ce qui m’induit à relever le fait qu’il n’y a pas de contiguïté esthétique entre les lourdeurs de J-P. S. et la légèreté de Borges, ainsi je laisse tomber ma rêverie pour passer à autre chose: ce fut un jeu assez amusant pour accompagner le café du matin.

bérénice dit: 18 octobre 2016 à 23 h 05 min

Vous deviez être trop gamine pour vous souvenir

jeune adulte séjournant en Toscane au moment de cet accident. Service de presse italien.

Widergänger dit: 18 octobre 2016 à 22 h 36 min

Dis, Berzik, je vais sans doute passer au-dessus de chez toi en avion vendredi pour me rendre à Sitges et prendre un bain de mer. Je penserai à toi assis près de ta cheminée. Il existe une application qui permet de voir les avions qui passent et l’identification du vol sur ton smartphone… À moins que tu files à l’anglaise toi aussi qèkpar.

Widergänger dit: 18 octobre 2016 à 22 h 28 min

En fait BHL a écrit : Dylan, c’est un Kerouac sachant chanter. Mais c’est aussi c. que ce que j’avais écrit…

Widergänger dit: 18 octobre 2016 à 22 h 25 min

Quand tu penses que ce type a fait Normale Sup et est agrégé de philo, tu te dis qu’il y a un truc pas clair dans le truc…Tous ces titres ronflants ne veulent vraiment plus rien dire. Ou il était intelligent à vingt ans et après il est franchement devenu c. ; c’est la seule explication plausible.

C’est comme le prix Nobel décerné à un chanteur de variété. Le prix Nobel, ça ne veut plus rien dire. Quand on pense que Roth aurait dû l’avoir depuis des années ! C’est la fin du mythe du prix Nobel de littérature.

On ne peut plus se fier à rien…

rose dit: 18 octobre 2016 à 21 h 36 min

bérénice dit: 18 octobre 2016 à 12 h 40 min

nous ne sommes pas venus en aide aux accidentés de Tchernobyl, passque chez nous, en France, le nuage est passé par dessus la frontière et même par dessus nos têtes, sans nous atteindre. Vous deviez être trop gamine pour vous souvenir ; chez nous, même la cueillette du thym serpolet et romarin a été dangereuse, ainsi que celle des champignons. C’était hier, il y a 30 ans.

Widergänger dit: 18 octobre 2016 à 20 h 01 min

Berzik publie des trucs qui marchent pas alors que ça marche puisqu’il les publie. Berzik publie à tout berzinc…

Widergänger dit: 18 octobre 2016 à 20 h 00 min

Vous ne savez pas ce qu’est la poésie, mes pov’ chéris ! Z’avez jamais écrit de poèmes. Z’êtes pas poètes. Z’êtes tout juste papouètes, pouètes. Z’êtes nuls, quoi…

christiane dit: 18 octobre 2016 à 18 h 31 min

« Ceux-là qui ont médité, proches d’un feu, quand la nuit abaissée de l’autre côté de la vitre leur garantit une sûre clôture, ceux-là n’ont plus à craindre qu’auprès du feu les rejoignent le chien et le loup crépusculaires, le frisson, le sursaut (…) Laissez-moi murmurer ma petite conjuration :
Combien le feu tient douce compagnie
Au prisonnier, dans les longs soirs d’hiver…

De qui est-ce ? Un peu plus je dirais : de moi, parce qu’un concours de lecture, dans mon canton, nous mit, nous autres de douze et treize ans, en demeure de lire à voix haute, avec expression, vers et prose. Un homme bien intentionné s’étant avisé, au chef-lieu, qu’aucun enfant de nos régions ne savait lire autrement qu’en ânonnant, s’indigna, signala le grand péril où l’ignorance du département de l’Yonne ne manquerait pas de précipiter la France entière, et fonda un prix de lecture. Un volume rouge et or, un diplôme confirmèrent qu’âgée de douze ans et demi, Gabrielle-Sidonie-Colette savait lire(…)
Un vers n’a pas toujours besoin d’être beau pour adhérer au plus profond de notre mémoire et y occuper malignement la place qu’envahissent certaines mélodies, condamnables certes, mais inexpugnées. (…)
Avec humilité, je vais écrire encore. Il n’y a pas d’autre sort pour moi. Mais quand s’arrête-t-on d’écrire ? Quel est l’avertissement ? Un trébuchement de la main ? J’ai cru autrefois qu’il en était de la tâche d’écrire comme des autres besognes ; déposé l’outil, on s’écrie avec joie : « Fini ! » et on tape dans ses mains, d’où pleuvent les grains d’un sable qu’on a cru précieux… C’est alors que dans les figures qu’écrivent les grains de sable on lit les mots : « A suivre… »
Colette – Le Fanal bleu – (dernières pages) – Ferenczi -1949

closer dit: 18 octobre 2016 à 18 h 17 min

« Por cierto: Suecia tiene su particular “Premio Nobel” para la música. Se llama el Polar Prize y está dotado con un millón de coronas. No distingue entre música popular y música de conservatorio. Dylan se lo llevó en el año 2000. Y lo recogió de manos del rey, Carlos XVI Gustavo. »

Info intéressante qui rendait le Nobel d’autant plus inutile…

boudegras dit: 18 octobre 2016 à 17 h 55 min

Prix Nobel de l’andouille haineuse attribué à l’unanimité à : J W-C avec les félicitations du jury

Janssen J-J dit: 18 octobre 2016 à 17 h 49 min

@ »la haine est de l’amour en négatif »
On se disait bien, aussi, que celle qui ne faisait que poser des questions et n’attendait point de réponse, l’enfer pouvait encore attendre un peu. Ce soir, je jeûne.

Sergio dit: 18 octobre 2016 à 17 h 24 min

L’Espoir c’est Malraux ! C’est pas le même mec et c’est pas au même endroit… Mais ils étaient très proches au fond ! Toujours un peu nuageux…

Delaporte dit: 18 octobre 2016 à 17 h 17 min

« Les Mémoires d’espoir sont des mémoires inachevés de Charles de Gaulle, faisant suite aux Mémoires de guerre et parus en 1970. Ils couvrent la période de sa présidence de la République. » Wikipédia

Lucien Bergeret dit: 18 octobre 2016 à 17 h 12 min

Quelqu’un a parlé incidemment des « Mémoires d’espoir » de De Gaulle.
Pour ma part, je ne connais que les Mémoires de Guerre en 3 tomes :
L’Appel 1940-42
L’Unité 1942-1944
Le Salut 1944-1946

JC..... dit: 18 octobre 2016 à 17 h 05 min

Va faire comprendre à un sans-neurones, comme il y a des sans-dents, que la haine est de l’amour en négatif !

Bonne soirée, les galopins parasol paresseux !

Sergio dit: 18 octobre 2016 à 16 h 59 min

D’habor le Nobel cécombien ? Un paquet ? Un paquet de paquets ? On revient pas en Juva quatre, hein !

Proust avait à peu près mangé son Goncourt en un seul dîner, mais havec des hommes à lui, aussi, la table avait les rallonges…

Delaporte dit: 18 octobre 2016 à 16 h 52 min

L’actrice Marion Cotillard, toujours très « connectée », philosophe à propos de la manif pour tous :

« La peur de la différence est quelque chose qui déconnecte complètement. Il y a toujours un moyen de se reconnecter. Espérons que ces gens-là le trouvent un jour », conclut l’actrice.

Delaporte dit: 18 octobre 2016 à 16 h 38 min

Voilà à quoi va bientôt ressembler la chronique littéraire de Chevillard dans Le Monde des Livres, fin d’une dégénérescence :

SUZIE – On joue au mikado ?
AGATHE – Non, tu vas tricher comme toujours.
SUZIE – Non, pas comme toujours ! C’est seulement le soir que je triche !

Jean dit: 18 octobre 2016 à 15 h 45 min

Le Rutebeuf de Ferré m’a fait pleurer. (Clopine)

Je songe aux versions des poèmes du « Roman inachevé » d’Aragon chantés par Léo Ferré, qui en propose une interprétation inoubliable. Or, même si les versions écrites de ces poèmes sont antérieures aux interprétations de Ferré, il ne s’ensuit pas qu’elles leur soient supérieures. Transformés en textes de chansons par un interprète inspiré, ces poèmes acquièrent à mon sens une force d’évocation, un pouvoir émotionnels qu’on peut juger très supérieurs. Tout texte est fait pour être interprété, puisque toute lecture est une interprétation; toute interprétation ré-invente — pour le pire assez souvent, mais aussi, très souvent, pour le meilleur, le texte initial. Les précédentes interventions de Widergänger ont prétendu affirmer, de manière dogmatique (c’est sa tasse de thé favorite), l’incontestable supériorité de la « poésie » sur la chanson. Mais qu’est-ce que la poésie ? Rien d’autre qu’un genre (lui-même d’ailleurs subdivisé en sous-genres), un mode d’expression relativement codifié et donc distinct des autres genres. Les créateurs en font ce qu’ils veulent, y réussissent comme ils peuvent et, si la poésie était effectivement le genre supérieur qu’exalte Widergänger, tous les poètes seraient des génies, y compris le premier Campistron venu. Ce qui affleure aussi dans les interventions de Widergänger, c’est une pente à sacraliser le texte écrit, bien que le Verbe qui, selon la Bible, était au commencement, ait tout l’air d’avoir été proféré oralement. Tout ça — culte de l’écrit, culte du « grand » homme, hiérarchie des genres — dessine une façon de concevoir la littérature, ses rapports avec les autres arts, les modalités de la création, qui avait cours sans doute au tournant du XIXe siècle et du XXe siècle (l’époque où Alfred Nobel a inventé ses prix) mais qui est aujourd’hui dépassée. L’attribution du Nobel de littérature à Bob Dylan (après le précédent de Dario Fo) semble témoigner du souci du jury Nobel de faire son aggiornamento. Mieux vaut tard que jamais. On souhaiterait que quelques uns en prennent de la graine.

MCourt dit: 18 octobre 2016 à 15 h 17 min

Il doit s’agir de Madame Solario, roman parfois attribué à Churchill. Mais on en est moins sur aujourd’hui. Sur quelques dizaines d’exemplaires disponibles sur le net, un seul libraire le revendique comme churchillien…
Bien à vous.
MC

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 18 octobre 2016 à 15 h 02 min

Jibé, ben euh… Le prix nobel de Churchill a été quand même pas mal critiqué, d’autant que De Gaulle, lui, avait écrit tout seul ses « mémoires d’espoir », ce que Churchill n’avait pas fait…

Et puis n’est-ce pas Churchill qui a écrit un livre sans nom d’auteur, une sorte de roman d’amour, qu’il n’a jamais revendiqué mais qui lui est attribué (me souviens plus du titre, l’ai lu en poche, en ai gardé comme le souvenir d’une langueur non monotone !) ?

Le Rutebeuf de Ferré m’a fait pleurer. J’aurais cru qu’après 60 ans, on pleurait moins facilement… Bé non. Ce sont sans doute larmes que le vent emporte, notez.

Polémikoeur. dit: 18 octobre 2016 à 14 h 59 min

13 h 21 : longue petite note sur les robots
du nucléaire et le refroidissement « auxiliaire »
des installations endommagées, illusions
et déconvenues technologiques et – malédiction ! –
effacement du tout lors de l’envoi alors abandon
total devant la révolte des machines et salutations. Malheur donc au hors sujet
si tant est que le Nobel en soit un,
de littérature.
Débrancheusement.

Sergio dit: 18 octobre 2016 à 14 h 43 min

boudegras dit: 18 octobre 2016 à 14 h 23 min
« la haine, c’est le sel de la vie »… paroles de parfait salaud,?

Le parfait salaud c’est çui qui l’le dit pas, justement ; et ça, y en a des tas de tonnes ! Ha mais oui… Chattemites ! Des tas de pourcentages hélevés de la Bevölkerung…

Al Ceste dit: 18 octobre 2016 à 14 h 36 min

Bon. Marre des bugues de la modo. A quoi bon se fatiguer à rédiger des commentaires si c’est pour les voir passer ou non selon les humeurs du robot, pour déranger notre hôte à chaque blocage.

Dorénavant, je me contenterai de donner le lien chaque fois que je publierai un article sur misentrop2. Ce sera du troll ? Oui, mais pas pire que le menu du souper du c… qui a fait fuir Thierry Kron.

(Merci aux RDListes qui me font le plaisir de leur visite)

Janssen J-J dit: 18 octobre 2016 à 14 h 31 min

Peut-on mesurer l’impact des aboiements pour ou contre Dylan nobélifié, tenus sur ce blog à l’égard de la décision de l’académie d’ardoise ? Se pourrait-il que la cabale passoulinesque ait assez de retentissement mondial pour l’obliger à revenir sur sa propre décision ? Si on n’en est pas sûr, il vaudrait mieux se calmer les nerfs et passer à un autre billet. Un billet susceptible d’illustrer une autre décadence catastrophique promettant une prochaine guerre mondiale.

boudegras dit: 18 octobre 2016 à 14 h 23 min

10 heures 32, J W-C dit : « la haine, c’est le sel de la vie »… paroles de parfait salaud, tu assumes ?

Polémikoeur. dit: 18 octobre 2016 à 14 h 00 min

Qui prend sérieusement l’attribution du Nobel
comme l’effacement sur la grande ardoise
des lettres humaines de tout ce qui
l’a précédé ?
Si titrer « le bras d’honneur » pour l’effet
ne flirte pas avec le second degré,
tant pis pour son auteur !
Proportionniaisement.

fred dit: 18 octobre 2016 à 13 h 30 min

« Quand Winston Churchill a reçu le prix Nobel de littérature en 1953, s’est-on scandalisé ? »

il avait guerroyé ça en impose aux beaufs

bérénice dit: 18 octobre 2016 à 13 h 24 min

Après hormis Duflot et quelques autres vite rembarrés par l’assurance des ministres en post ou ex-ministres, peu de monde en France pour s’inquiéter, le nucléaire est officiellement perçu et vendu pour l’avenir de l’homme.

bérénice dit: 18 octobre 2016 à 13 h 21 min

13h13 A ce propos je me demandais si les japonnais très forts en matière de robotique avait su concevoir une machine qui éviterait commandée à distance de sacrifier des vies à ce travail mortel. En attendant, l’eau des piscines de millions de m3 d’eau contaminée dont on ne reçoit plus guère d’info doivent déborder à moins de multiplier ces réservoirs mais il me semble que cela ne figure pas au programme.

bérénice dit: 18 octobre 2016 à 13 h 16 min

une réflexion peut en cacher une autre…. Gare !

Ou une mise en abyme, une idée fixe reflétée à l’infini jusqu’à ne plus rien pouvoir discerner? enfant je restais des déjeuners entiers à examiner la bouteille de lait en verre qui présentait une fermière tenant une bouteille identique à celle que j’avais devant les yeux et sur laquelle figurait la même image qui contenait elle aussi une représentation en plus petit de l’objet, cela me laissait perplexe alors même que le vocabulaire manquait à nommer ce qui se posait là chaque matin .

Polémikoeur. dit: 18 octobre 2016 à 13 h 13 min

12 h 40, si c’est bien le démantèlement
des installations très radioactives,
accidentées ou en fin de course,
qui surgit dans le sujet
sur le Nobel,
ses risques et sa complexité,
sont loin d’être maîtrisés encore aujourd’hui,
sans parler du devenir des matériaux à dégager.
Les « déchets » nucléaires très radioactifs
restent des patates chaudes qu’aucune papatte
vivante ou artificielle ne peut manipuler
sans beaucoup raccourcir sa durée de vie.
Le traitement lui-même du problème
est contaminant et engendre
un foisonnement des quantités
de matière à confiner.
Une vraie guigne.
Le sparadrap du Capitaine haddock
en beaucoup plus collant et dangereux !
Atomicalement.

Jibé dit: 18 octobre 2016 à 13 h 11 min

La poésie est chose trop sérieuse pour la laisser aux seules mains des cuistres ! Heureusement qu’elle souffle partout, en toute liberté !

Jibé dit: 18 octobre 2016 à 13 h 09 min

Assiste-t-on à une nouvelle version de « Poète, vos papiers ! » ?

Dylan reçoit le prix Nobel de littérature et les flics de la pensée lui demandent de présenter les livres qu’il n’aurait pas écrit !

Chaloux dit: 18 octobre 2016 à 13 h 00 min

Widergänger dit: 18 octobre 2016 à 12 h 58 min
« J’ai eu la même réflexion que JC, au même moment…  »

Pauvre JC!

Widergänger dit: 18 octobre 2016 à 12 h 57 min

Eux, ne chantaient que l’amour courtois, la modernité y ajoute une dimension sociale et politique. (jibé)
__________
Le prix Nobel à Dylan conduit à parler des troubadours sur le mode restrictif : « ne… que »… C’est la mort de la poésie, la plus grande invention du Moyen-Âge rabaissée à n’être que… On est en pleine déliquescence de la culture avec ce Nobel.

JC..... dit: 18 octobre 2016 à 12 h 56 min

Jibé dit: 18 octobre 2016 à 12 h 35 min

Bravo !
Enfin, pourquoi dékonner petit lorsqu’on a la chance de le faire en grand, comme tu le fais ! …

JC..... dit: 18 octobre 2016 à 12 h 55 min

Jibé dit: 18 octobre 2016 à 12 h 35 min

Bravo !
Pourquoi déconner petit lorsqu’on a la chance de le faire en grand …

Polémikoeur. dit: 18 octobre 2016 à 12 h 48 min

L’opposition à l’attribution d’un prix
ne joue-t-elle pas contre son opinion
en donnant l’impression que les œuvres
non primées en sont très dévaluées ?
Pauvres alternatives si c’était suffisant
pour qu’il en soit ainsi !
Autre sentiment semeur de doute devant un prix,
celui que ce qui importe est « d’avoir raison »
avec le plus grand nombre possible.
En gommant la possibilité de nuancer,
ces sortes de concours ne travaillent
qu’à monter des pour contre des contre
au lieu de favoriser la pensée complexe
adaptée à la résolution des difficultés
que présente la réalité.
Veut-on voir les Trump rafler les gros lots
des prochaines échéances politiques majeures
pour le payer ensuite au prix fort
des réparations de leurs errements ?
Nobêlement.

bérénice dit: 18 octobre 2016 à 12 h 40 min

(7 jours max)

Oui c’est dommage, personnellement j’ai vu plusieurs documents relatant en image cette catastrophe, l’héroïsme et les vies sacrifiées des nettoyeurs, les premiers arrivés courant sur les toits rayonnants, inconscients du danger, les ingénieurs missionnés n’ignorant rien de ce qui leur incombait , pas le choix . A distance je me demande pourquoi les pays alentour n’ont pas proposé une aide technique, du matériel de protection, étions-nous si désemparés que l’idée n’est pas venue ou rien n’était préparé à cette éventualité, première catastrophe nucléaire civile.

Bloom dit: 18 octobre 2016 à 12 h 39 min

De Svetlana Alexievitch, je n’ai lu que ‘Second-Hand Time’ (en français… »La fin de l’homme rouge »). C’est le « Guerre et paix » du 21e siècle. Le recueil des témoignages et le travail de réécriture évoque l’ouvrage d’une biographe de vies minuscules & grandes comme le monde.

fred dit: 18 octobre 2016 à 12 h 37 min

Bob D… dit: 18 octobre 2016 à 8 h 10 min
« D’Ormesson reprochant à Dylan de n’avoir pas d’œuvre , c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. »
C’est drôle ! (il espérait le nobel de l’humour ?)

Jibé dit: 18 octobre 2016 à 12 h 35 min

Indéniablement, les chanteurs folks américains : Bob Dylan, Léonard Cohen, Joan Baez s’inscrivent dans la tradition des troubadours de jadis. Eux, ne chantaient que l’amour courtois, la modernité y ajoute une dimension sociale et politique.

Lavande dit: 18 octobre 2016 à 12 h 28 min

Merci Bérénice pour le lien d’Arte qui faute de permettre de voir le film (7 jours max), en donne un très bon (et long) résumé.
C’est vrai que le prix de Svetlana Alexievitch avait déjà fait l’objet de contestations, certains disant qu’elle rapportait des interviews plus qu’elle n’écrivait elle-même.

Bloom dit: 18 octobre 2016 à 12 h 26 min

Sur Agota Kristof, tout à fait à l’amble avec vous, Chaloux: ma femme chinoise a appris le français en lisant le Grand Cahier.

Nicolas dit: 18 octobre 2016 à 12 h 20 min

Peut être que Dickinson pourrait nous apprivoiser

Voir le Ciel d’Été
Est Poésie, bien qu’il ne soit point dans un Livre –
Les vrais Poémes fuient –

Polémikoeur. dit: 18 octobre 2016 à 12 h 18 min

Il y a de ces sujets
qui vous laisseraient
plutôt indifférents
mais que, controverse
aidant, vous finissez
par enfourcher.
Là est le mérite
des certitudes
des jurés rentrés,
des lauréats manqués
et des arbitres de cours,
réveiller les forces
de combattre ce qui
ne défend qu’un ordre
arbitraire qui l’avantage.
Naturayement.

Lavande dit: 18 octobre 2016 à 12 h 18 min

Echo dit « la langue d’un locuteur natif & pas n’importe lequel mais bien, qu’on l’apprécie ou non, d’un véritable artiste de cette langue »
L’analogue en français serait peut-être la langue de Brassens extrêmement riche et subtile.

bérénice dit: 18 octobre 2016 à 12 h 15 min

11h53 Ce Nobel comme vous le souligniez déjà hier se propose en appel d’offres de traduction, ( les textes de ses chansons sont à peu près incompréhensibles pour ceux qui ne sont pas des locuteurs natifs, qui ne saisissent pas les références, les allusions ou tt simplement la syntaxe.)

comme vous l’exprimiez hier la difficulté d’approcher des textes n’est pas moindre et aujourd’hui:
…_ la langue d’un locuteur natif & pas n’importe lequel mais bien, qu’on l’apprécie ou non, d’un véritable artiste de cette langue) et de la culture dans lesquelles ils sont nés & qu’un simple survol ne permet pas d’acquérir._

Il ne nous reste plus qu’à attendre un travail de traduction de qualité pour apprécier au plus près la beauté poétique.

Echo dit: 18 octobre 2016 à 11 h 53 min

Allez lire les 2 articles de Tim Parks signalés dans mon commentaire du 17 octobre 2016 à 21 h 26 min (impossible de savoir s’il n’a intéressé personne, fair enough, ou si la mise en attente suffisamment longue réussit à mettre hors jeu ou du moins hors conversation certaines interventions indésirables. Pas la peine de censurer, il suffit de différer).

Il faut sérier les problèmes.
Il y a celui de la possibilité même d’un prix global en littérature, ce besoin d’organiser des compétitions pour désigner un « meilleur », de la politisation inévitable du prix.
Il y a aussi le fait de traiter des textes difficiles, que l’on entend sans les comprendre, comme n’importe quelle autre chansonnette, sous prétexte que l’on n’a pas plus prêté attention aux uns qu’aux autres.
Et enfin la difficulté voire, si l’on était honnête, l’impossibilité de juger des textes hors de la langue (qui n’est pas justement cet anglobal appauvri mais la langue d’un locuteur natif & pas n’importe lequel mais bien, qu’on l’apprécie ou non, d’un véritable artiste de cette langue) et de la culture dans lesquelles ils sont nés & qu’un simple survol ne permet pas d’acquérir.

Giovanni Sant'Angelo dit: 18 octobre 2016 à 11 h 47 min


…pour nous aider, à mieux nous comprendre,!…
…entre nous, de part le monde, en cette coupole du ciel infini,!…

…hélas,!…

…tout n’est que commerces, de celui des profits égoïstes s »entant,…il n’en existe pas d’autres,!…

…nous, nous en ramenons à notre nombrilisme à en imposer de la persuasion à nous flatter d’héritiers, avec des poussières,!…

…des poussières qui tombent, comme des fruits,!…bananes, poires, etc,!…
…la nature en ses limites tendues,!…
…Ah,!Ah,!…
…les connivences, entre petits et grands héritiers,!…sur les autres,!…tous les mêmes le profit social en ses limites et mutuelles parrainées,!…etc,!…

…suivants,!…

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