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La République Des Livres par Pierre Assouline
Le Cahier bien tempéré de Pierre Michon

Le Cahier bien tempéré de Pierre Michon

On se réjouit autant qu’on se méfie lorsque pointe à l’horizon un Quarto, une Pléiade ou un Cahier de l’Herne. Non lorsqu’il concerne un classique mais un classique moderne, un contemporain. Rien de tel pour enterrer un écrivain de son vivant avant de l’embaumer en sa présence même. C’est signe que l’œuvre est achevée ce qui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Ainsi Pierre Michon vient-il de subir ce traitement par la parution d’un Cahier de l’Herne (343 pages, 33 euros) à lui élevé comme on le dirait d’un mausolée. Cela dit, quel bonheur de lecture… Rarement on aura lu un tombeau pour un vivant écrit dans une langue aussi belle. A croire que le Michon est contagieux.

Comme de juste, puisque c’est la règle dans ce genre d’entreprise, les maîtres d’œuvre Agnès Castiglione, Dominique Viart et Philippe Artières ont convoqué pour la célébration nombre de spécialistes de la spécialité, des universitaires et d’autres admirateurs de passage, critiques, écrivains, amis. Mais, il faut bien l’avouer, le meilleur de ce Michon en majesté et dans tous ses états, c’est encore Michon  lui-même sous sa propre plume, qu’il s’agisse d’entretiens, de textes anciens ou de plus récents, inédits. Ici comme dans ses livres, des textes brefs qui s’engendrent l’un l’autre, l’un invalidant ou au contraire amplifiant le précédent, les uns entrant en résonance avec les autres, le tout trouvant son unité naturelle pour composer un récit ou un roman. Bien dans sa manière, ils viennent ponctuer à intervalles réguliers ce festin dont peut se régaler tout amateur de littératures. Au pluriel car l’homme est si généreux dans ses reconnaissances de dettes, hommages et gratitudes, le lecteur en lui si insatiable, que l’exercice d’admiration lui est une seconde nature. Faulkner bien sûr, le patron et « le père de tout ce que j’ai écrit »,mais aussi François Villon comme le plus intime des compagnons de route, Flaubert l’autre patron, Michelet en historien donc en écrivain, Louis-René des Forêts…

Il est incapable de parler de ce qu’il écrit sans dire ce que cela doit à ce que les autres ont écrit. Rien d’une fausse modestie. Juste la reconnaissance de ce qui est et de ce que l’on est. Au vrai, ce Cahier de l’Herne qui complète à point le passionnant recueil de ses entretiens donné il y a quelques années sous le titre Le roi vient quand il veut (Le Livre de Poche), présente sous maintes facettes, certaines des plus inattendues, le plus fascinant autoportrait qui soit. Peu importe si plusieurs se marchent dessus, de doublons en redondances, de commentaires du commentaire en paraphrase du déjà écrit. L’important, ce n’est pas telle ou telle contribution mais l’éclat du dessin qui sourd du tout. Il lui serait désormais inutile d’écrire ses Mémoires, à supposer que l’envie lui prit jamais, étant entendu avec Nabokov que la véritable autobiographie d’un écrivain, c’est l’histoire de son style.

On le lit, on le relit, on y revient. L’œuvre, grand livre des morts et chambre d’échos pleine de cadavres bavards, paraît inépuisable quand bien même croirait-on en avoir cerné les mécanismes tant elle est frappante de clarté : le topos du minuscule, la récurrence de l’apparition, le goût du récit bref, l’ivresse du minimal, la passion du point-virgule et de l’oxymore l’éternel retour de l’archaïque, l’énergie de la langue, le souci d’une exigence permanente dans la tenue de l’écriture, l’appétence pour les traces, les ombres et la fuite, la jouissance dans l’énumération des noms, l’obsédante présence des disparus auxquels le vivant donne sa voix, l’ellipse au service de la plus grande densité, la biographie comme art de métamorphoser une existence en vie et des gens de peu en autant de saints. Toutes choses qui constituent moins une technique, au sens où Michon admire la « compétence technique » à l’œuvre dans Absalon, Absalon !, qu’un art poétique où l’on voit le réel s’articuler à la langue, se démêler et halluciner la vérité.michon2

C’est l’un des rares écrivains qui communique au lecteur la touche inouïe d’une présence familière : celle d’un homme épris de fraternité. « C’est une immense jouissance que d’élire domicile dans le nombre ». Ce mot chu de la plume de Baudelaire qu’il a placé en épigraphe des Onze, lui va comme un gant.

« Je cherche à poser ma voix où Faulkner a posé la sienne, c’est à dire depuis le Royaume des morts, ou plutôt du sein de ce que jadis on appelait le Paradis- quelque chose comme le point de vue des anges (c’est à dire ceux qui chantent éternellement de l’autre côté de la mort en regardant ce côté-ci »

L’historien Patrick Boucheron, qui voit en lui un écrivain du Moyen-Âge, apprécie comme « médiévale cette manière très humble et très orgueilleuse de placer sa voix sous l’aile des anges». Il se documente comme Flaubert et noircit des carnets mais pas nécessairement pour s’en servir, juste pour que ce soit là comme un filet de sécurité, pas pour consulter mais pour mieux s’imprégner. Et comme Flaubert, il dit ses textes pour les avoir à l’oreille mais lui ne les gueule pas, il en ressasse les phrases dans l’arrière-gorge jusqu’à parvenir à la plus extrême précision des mots. Là où tant d’écrivains jugent un texte à la sonorité qu’il dégage, lui préfère dire à la Villon qu’il le juge à son alloi, jusqu’à en oublier le sens des mots pour mieux les entendre

Jamais ce grand lecteur, si fin et si aigu dans ses analyses, ne se prend pour un critique. Quand Gérard Genette résume A la recherche du temps perdu par sa fameuse formule : « Marcel devient écrivain », Pierre Michon, homme d’une intense mémoire de la chose littéraire, se laisse aller de son pas de côté : « Un type coincé devient écrivain ». Il a un tel sens du raccourci que l’on ne s’étonne plus de la brièveté de ses livres :

« Lisant Tintin, on se dit à la fois : je lis un chef d’œuvre, et : je lis une histoire de mickeys ».

On entend sa voix à chaque page, le son Michon. Dans Les Onze, les personnages s’appelaient Billaud, Carnot, Prieur & Prieur, Couthon, Robespierre, Collot, Barère, Lindet, Saint-Just, Saint-André. Presque tous des écrivains ratés, détail michonissime, ils constituaient le Comité de salut public de 1794. Celui de la politique de la Terreur. Depuis une quinzaine d’années que ce fantasme de récit le hantait, Pierre Michon se récitait à voix basse les noms des onze membres du Comité toujours dans le même ordre avec une régularité qui a quelque chose d’obsessionnel. Comme si le rythme, la scansion, le projeté, le bruissement de la langue, l’écriture en contrepoint serré et la sonorité de cette litanie lui permettaient déjà de laisser son livre s’écrire en lui.

Qui saura jamais dire la vertu et l’envoûtement de l’énumération ? Lui peut-être pour en avoir été l’heureuse victime. Est-ce de l’histoire ou sommes-nous dans le territoire de la fiction et donc du rêve éveillé, à moins qu’il ne s’agisse d’une fiction nourrie d’histoire ? On ne sait plus, ce qui témoigne de la réussite de Pierre Michon. Depuis trente ans il trace dans la littérature française un sillon éblouissant. On a beau le lui dire, il doute toujours. Au fond, ce que Bonaparte disait à propos de sa politique pourrait aussi bien s’appliquer à la littérature en général :

« C’était du charlatanisme, mais du plus haut ».

Il confie ici ou là les sources de son inspiration, étant entendu qu’il les a repérées après coup. Ainsi, il lui a fallu attendre un certain temps avant de comprendre que « Mais il n’y a rien, madame, absolument rien », phrase placée dans la bouche d’un nihiliste ou d’un chaman de La Grande Beune, lui venait en fait d’une case des Bijoux de la Castafiore où Tintin s’adresse à la cantatrice après avoir regardé à travers une fenêtre ouverte sur la nuit ; dans un texte de novembre 2016 sur le héros d’Hergé, il présente Tintin comme « un obsédé du bien », à croire que c’est de lui-même qu’il s’agit. Pour les Onze, le déclencheur ne lui vint pas de tous les classiques sur la Révolution des meilleurs historiens, qu’il avait lus et annotés, mais du Tiepolo et l’intelligence picturale de Svetlana Alpers et Michael Baxandall, deux historiens de l’art ; il trouva l’allure de son héros Corentin dans la figure de l’acteur David Warrilow dans le film de Phillipe Collin Les derniers jours d’Emmanuel Kant ; et il reconnaît sans peine que le cardinal de Richelieu est le point de tangence entre les Onze et les Trois Mousquetaires

Peu d’écrivains français prennent comme lui la peine de réfléchir à ce que lire et écrire veulent dire, et plus rares encore sont ceux qui manifestent un tel goût des autres écrivains. Il parle des livres des autres en évoquant les siens –et de la vie des écrivains en répondant sur la sienne. Cela donne la plus originale des autobiographies. Le portrait qui en ressort ? Celui d’un type – pas un homme, ou un écrivain, mais bien un type- qui est né et a grandi entre un père absent et un fantôme de sœur morte, un spectre et un ange. Il a traîné ses guêtres de bistro en bistro jusqu’à 35 ans, ne fichant rien, picolant comme ce n’est pas permis, avec la ferme intention de s’y appliquer, malgré quelques tentations sans suite du côté du théâtre. Boire le sang noir des morts, ce qui revient à commercer avec d’anciens vivants, avec Michelet en embuscade.

lcaIO1U1TKm7y9d1jAOCeQ_thumb_149d2Cinq bistros pour soixante-six habitants dans son patelin de naissance, au fin fond de la Creuse : tout s’explique ou presque. Pas une fatalité génétique mais tout de même, difficile d’en réchapper. En 1981, il porte ses Vies minuscules chez Gallimard. Présenté par Louis-René des Forêts et rejeté par Michel Tournier. Représenté et accepté par Jean Grosjean. 1918 exemplaires vendus la première année. Après, il se rattrape. Tant et si bien que ce précieux petit livre mythique qui soudainement fane tant de biographies, éclipse les autres (La Grande Beune, Abbés, Corps du roi) jusqu’au triomphe des Onze. Il se pose des questions comme celles-ci : qu’est qui, d’un texte, fait une œuvre d’art ? Le roman n’est-il pas un genre exténué comme l’était la tragédie classique sous Voltaire ? Pas vraiment romancier. Ni nouvelliste. A mi-chemin : écrivain de romans courts. Non par essoufflement ou paresse, mais par aversion pour le gras et le superflu, et par goût pour le densifié et le resserré, aux antipodes de la bonne grosse Weltanschauung et des vertigineuses machines romanesques. D’accord avec Valéry :

« La postérité, c’est des cons comme nous ». 

D’un rien, il peut faire un livre : la voix enregistrée du tramway de Nantes annonçant la station « Cinquante otages », sa mère ensevelie à la minute même où deux tours sont réduits en cendres à Manhattan. Tempora pessima sunt. Il juge bien ses livres, certains shootés à la littérature, d’autres pas. Mythologies d’hiver ? Des fables de notre époque sans croyance.  Maîtres et serviteurs ? Vaut surtout pour le chapitre Watteau où l’inavouable sexuel est dit.  L’Empereur d’Occident ? Un exercice de style. La Grande Beune ? A peine un roman. Il juge aussi bien l’essentiel de la production littéraire actuelle : de purs artefacts bien bouclés. Qu’est-ce qu’il fait, Pierre Michon ? Toute la journée, il lit, se promène, parle, picole. Quand vient le roi, c’est à dire la littérature, la grâce d’écrire, alors il écrit, souvent textes à la commande, ça stimule. Son unité de mesure : « Un long matin tendu et refermé sur sa plénitude et un soir tendu vers le matin à venir ». Au bout, ce n’est pas un roman qui l’attend mais un bloc de prose, son genre, inconnu des manuels. Il veut attirer Dieu dans son livre. Il est des ambitions moins nobles. Dieu, mot-gouffre. D’ailleurs, il tient la littérature pour une forme déchue de la prière, c’est dire. Et soudain, cette phrase admirablement cadencée, qui laisse sans voix :

« Les œuvres sont les preuves de la grâce- mais sans grâce pas d’œuvre ». 

Le rythme, la période, le mètre, tout est là. Il maîtrise parfaitement la langue classique, tenue. Abhorre les points de suspension, trop débraillés. Tout ce qu’il écrit veut côtoyer le sacré. Dieu ne le quitte pas. Son christianisme est médiéval. Il tient que tout écrivain est nécessairement un imposteur puisqu’il ne s’autorise que de lui-même. Il envie Pessoa. Cherche non le rosebud mais le nigredo en tout artiste : « Sur quel intime foutoir l’œuvre jette-t-elle son masque ravissant ? ». C’est une éponge. Retient tout ce qu’il lit. Quelle mémoire… La Bovary et Booz endormi reviennent tout le temps au sommet de ce qu’il appelle « ma bibliothèque neuronale ». Mais on y trouve aussi La Chambre claire de Barthes. N’empêche, il paie sa dette à Flaubert, le premier à avoir écrit une vie minuscule avec Un cœur simple. Proust disait que les livres sont les enfants du silence et de la solitude. Michon y ajoute le secret, la patience « et les infimes stratégies de la table de travail ». Tout pour conjurer l’angoisse qu’un jour la grâce vienne à le déserter.IMG_0640

La femme est peu présente dans son œuvre, à peine son corps littéraire, celui qui jouit par les mots, bien distinct du réel. Milady fut sa première lecture érotique dans les Trois mousquetaires, suivi de près par les scènes de baisades et autres foutreries chez Flaubert, poursuivi en apothéose par Histoire d’O sans jamais oublier que tout commença par la lourde vision de la différence des sexes dans Barbe-Bleue. Invité à revenir sur ses cahiers préparatoires à La Grande Beune, Pierre Michon assure que ce n’est par pudeur qu’il a métaphorisé « je bandais » par « cela me perchait au ventre », mais parce que cela s’est imposé, tant et si bien que cela a donné naturellement le la a tout ce qui a suivi (frottements, prises, grottes et autres béances). Pas un mot de travers, une mécanique de haute précision. Mais ne vous y trompez pas. Le véritable intime n’est pas là où l’on croit.:

« Il me semble que pour un écrivain rien n’est plus intime, rien ne le constitue davantage, rien n’est plus lui-même, que cette volonté énonciative, ce désir violent qui préside à sa phrase, cet infime et décisif putsch dans son parlement intérieur, qui fait soudain la voix despotique de ce qu’on appelle, et qui est, la littérature. C’est cela que j’appelle Faulkner ».

Cette certitude est au cœur de Trois auteurs (1997) et de Corps du roi (2002) même si elle irradie toute son œuvre.Michon a été jusqu’à identifier sa propre biographie à celle de Faulkner en établissant des passerelles entre les accidents de leur vie : origines sociales, roman familial, alcoolisme autodestructeur… Il a fini par décalquer sa Creuse sur le comté de Yoknapatowpha. Il ne sait pas au juste pourquoi il a été à lui mais il y va encore, captivé par une force d’attraction qui le dépasse, persuadé avec Borges qu’on ignore ce qu’il y a au fond de ses livres même si on sait juste qu’y gisent des vérités qui nous terrorisent. Il est lui aussi l’écorché au seuil de sa maison de douleur. Lui aussi veut accepter d’être dans le mouvement du monde. Faulkner n’est pas son Dieu mais son roi, un génie dans son genre, le romancier capital, celui qui aura marqué « la » rupture littéraire de son siècle.Mais il a beau être un faulknérienabsolu, il n’en est pas pour autant dupe de la posture du grand William entweedé, moustache taillée de frais, pipe apaisante empoignée, alors que dès que le photographe a le dos tourné, il retourne à son état de pochetron lamentable. Ce qui ne l’a pas empêché de rendre compte de la totalité du monde à partir de son ilôt de Mississippi. Juste pour accéder non à l’universel mais au planétaire.

Sauf que Michon, lui, est aussi bien du genre à se livrer à une méditation sur le langage à travers l’évocation d’un papillon, la course d’un renard, la chute d’une corneille. Du genre à se passionner pour des existences que d’autres jugent insignifiantes en les traitant non à la manière du Marcel Schwob des Vies imaginaires mais du Suétone des Vies des douze Césars. Quel autre écrivain français aurait l’esprit ainsi tourné pour remarquer que l’homme qui tenait le rôle du père dans Le Voleur de bicyclette était un ouvrier en chômage qui avait répondu à une petite annonce, avait essayé de faire d’autres films après celui de Vittorio de Sica, n’y était pas parvenu et était mort dans la misère :

 « C’est très précisément un Minuscule : quelqu’un qui dans sa trajectoire a heurté quelque chose qui le dépassait et qui ne s’en est jamais remis ».

Dans l’une des plus belles pages de ce Cahier bien tempéré, Pierre Michon se souvient de ce qu’il faisait avant d’écrire : comédien, sans pour autant tenir son activité pour un métier ou une profession. Juste un état d’âme à peine rétribué. Un soir de 1969, il joue dans En attendant Godot de Beckett. Ca se passe dans la salle de l’Essai à Clermont-Ferrand dans le cadre de l’Atelier Théâtral Riomois. Pozzo, c’est lui après avoir été le duc de Buckingham dans Richard III et le prince Philippe dans Yvonne, princesse de Bourgogne. Il était Pozzo tous les soirs. Il était même tellement Pozzo que la veille, après avoir éclusé tous les bars de la ville avec des copains, il passa brutalement à travers le pare-brise de sa voiture, ce qu’il justifia ainsi auprès des gendarmes : « Je suis Pozzo, ce nom ne vous dit rien ? ». Non, rien, au bloc ! Mais le lendemain soir, une fois dégrisé, il était toujours Pozzo :

« Cette représentation de Godot, avec la bande Velpeau et le sparadrap, est dans mon souvenir une expérience inoubliable, peut-être la plus forte de ma vie, en tout cas décisive. Je ne sais pas si j’ai bien joué le rôle ; mais je sais que je l’ai joué dans le sens antique, dans le sens qu’entendaient les Anciens quand ils parlaient de purification dramatique : je voulais plus que tout oublier la grandiloquence et l’abjection, que j’avais si vainement gaspillées la veille dans le réel ; et je savais –quelqu’un en moi savait- que c’était en rejouant l’abjection grandiloquente, en la montrant, en la jetant à la face du monde, que je pourrais l’accepter, l’embellir, la dépasser (…) Sachant cela, je savais tout ce que je devais savoir pour écrire des livres : on joue à être soi-même une seconde fois, plus abjectement, plus bellement ; on ne sait pas si c’est du destin ou du jeu, des plaies ou un maquillage : mais on donne tout en vrac à la totalité du monde… »

(« Pierre Michon au centre dans « En attendant Godot » en 1969 à Clermont-Ferrand, photo D.R.;  extrait des « Bijoux de la Castasfiore » ; photos Passou)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, Littérature de langue française.

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1 579 Réponses pour Le Cahier bien tempéré de Pierre Michon

Petit Rappel dit: 25 juin 2018 à 10 h 54 min

A mon humble avis, et pour ne parler que de ce que j’ai lu, peu, Abbés est quelque chose ou passe un peu de l’ambiance mérovingienne du meilleur Augustin Thierry. Celle qu’il suggère.
Cœur de Roi déçoit en regard.. Et l’artificialité des Onze de même, avec son pseudo-Topino-Lebrun.
e n’ai pas lu les Vies Minuscules. C’est vrai.
Je me demande si cet hommage n’est pas prématuré.
Puis-je renvoyer les éminents ferrailleurs aragonisants Chabla et Wierloux à l’excellente biographie de Philippe Fourest?
On peut aussi s’amuser à collectionner les tomes de l’Histoire croisée rédigée par Aragon et Maurois au beau temps de la Guerre Froide. On se doute que leurs avis, bien que réunis dans le même volume ne sont pas identiques.
Bien à vous.
MC

rose dit: 25 juin 2018 à 10 h 43 min

C’est curieux que rose,

jazzi

curieux qu’ avec mes poils aux genoux, seul moment de gêne lors de notre rencontre, vous ne m’ayez pas comprise iconoclaste.
Ado, à 17 ans je lisais du côté des petites filles de Belotti, Libres enfants de Summerhill et j’achetais les poèmes de Virginia à la librairie des Editions des femmes vers Saint Germain.
Mes amours sont toutes tardives.
Ai lu La femmes
rompue verás la cinquantaine, âge aunque, éblouie j’ai découvert Camus.
Jamás, il n’est trop tard pour bien faire et/ou pour croire corre en la résurrection des corps. Hier, je l’ ai affirmé à min père qu’ils y aura la résurrection des corps. Il ne connaît pas pas le mot éthéré, comme laviedlb.
Ciel !

Jean-Claude Goering dit: 25 juin 2018 à 10 h 31 min

Il est exact que, blessé, on prend de la morphine pour moins souffrir. Le peuple, lui, prend de la macronine. Hélas, l’espoir ne guérit pas le malade.

Jean-Claude Goering dit: 25 juin 2018 à 10 h 13 min

C’est vrai qu’un prêtre qui gifle un enfant c’est dérangeant : d’habitude, ils les enfilent.

Jean-Claude Goering dit: 25 juin 2018 à 10 h 09 min

Par quel miracle mafieux, un écrivain prolifique comme JiBé ne se trouve pas dans la Pléiade qui rassemblerait son oeuvre !!!

« Le Goût de la Vie », ça plairait à la ménagère de plus de 50 printemps…

Jazzi dit: 25 juin 2018 à 10 h 04 min

Le Michon est toujours maigre, Jean ! Et toute son oeuvre tiendrait dans un seul volume de la pléiade…

Jazzi dit: 25 juin 2018 à 10 h 01 min

Mais empathique lui va mieux au teint, Christiane. Il ne parle, en général, à l’exception des Onze, que de personnages et d’écrivains qu’il aime.

Jean dit: 25 juin 2018 à 9 h 57 min

Pour ma fête, connaissant ma passion pour l’écrivain, ma copine m’a offert une paire de gros Michon.

Jean-Claude Goering dit: 25 juin 2018 à 9 h 53 min

Madame Goering n’a rien de lourd à me reprocher sinon un « parler vrai » avec rien derrière, comme idées, pour étayer mes dires.

Bref, j’aurai pu faire écrivain…

Jazzi dit: 25 juin 2018 à 9 h 41 min

« Le deuxième sexe, essai vraiment chilliant de lourdeur …. »

Pour toi, JC, mais peut-être pas pour ta femme, qui doit bien te trouver lourd ?!

Jazzi dit: 25 juin 2018 à 9 h 38 min

Pourquoi reprocher à Michon une trop grande empathie, Christiane ? Empathie pour ses personnages et empathie pour les écrivains et les livres dont il parle. Quant à son écriture « serrée », mieux vaut court et dense que long et délayé, non ?

Jean-Claude Goering dit: 25 juin 2018 à 9 h 38 min

Jeune, je n’ai fait que parcourir Momone, ayant mieux a faire autant que je me souvienne.

Ce que j’ai retenu de cette époque juvénile ne la concerne pas, ni elle, ni ses dires. Dame (!), on oublie vite son chef d’oeuvre, Le deuxième sexe, essai vraiment chilliant de lourdeur ….

christiane dit: 25 juin 2018 à 9 h 23 min

Rose et radioscopie,
ce « conteur »…
Oui, la langue d’écriture est particulière. Lire Michon, cela a été pour moi, au départ, une épreuve : écriture trop serrée, trop empathique. Michon me donnait l’impression de s’écouter parler, d’aimer le clinquant puis j’ai oublié cette gêne face à l’étonnement (je lisais Vies minuscules). Ce premier personnage, Dufourneau, réel ou fictif ? Le narrateur (biographe) « est au berceau et ne conservera aucun souvenir du héros » pourtant, quelques pages en amont, Michon écrit : « Mais parlant de lui, c’est de moi que je parle; et je ne désavouerais pas davantage ».
Quand l’enfant Dufourneau arrive chez les parents de sa grand-mère, le narrateur soudain apparait et confie au lecteur : « Je me plais à croire qu’il arriva un soir d’octobre ou de décembre, trempé de pluie ou les oreilles rougies dans le gel vif ». Il semble donner la voix au tableau « romanesque » que sa grand-mère dresse de lui et déjà Michon note :  » redistribuant les données de sa mémoire autour d’un schème plus noble ». Il se dit « enfant crédule » ayant partagé les vues de sa grand-mère. Cette vie ouvrira à d’autres histoires, d’autres vies, qui ensemble, font sens.
« La fiction qu’élabora une vieille paysanne disparue »… Un récit de transmission ? oui, mais troué par le manque : « Rien ne nous apprendra comment il souffrit… »
Parfois, une ligne posée comme par inadvertance : : « Je pense aussi à ce dont il ne parlait pas ». Michon se délecte à désordonner le passé en trublion : « Hier encore peut-être, quelque vieillarde assise sur le pas de sa porte… » ou à le remplacer : « Imaginons-le sur ce chemin… ».
Ce conteur, donc raconte des vies dont il a entendu parler, puis invente en y mêlant d’autres vies qu’il a réellement connues, tout en revenant à lui. Étrange façon de relire le passé où l’imagination tient lieu de témoin puisqu’il n’a jamais assisté aux scènes qu’il décrit. Les femmes ont une grande place dans ces récits et le livre est dédié à sa mère, Andrée Gayaudon. Les « héros sont voués à l’échec, à l’effacement, à l’oubli ». Des fragments de vies. Une autobiographie ? Peut-être, mais en oblique, incertaine… une dilution, pleine d’absences mais riche en tableaux de vie traversée par ces humbles, ces « minuscules » d’un monde rural qui n’existe plus. Le patois parlé par ses grands-parents travaille son écriture, y introduit par éclats une certaine oralité comme dans les histoires transmises de bouche à oreille, autrefois, le soir, à la veillée.
C’est tout cela qui a fait que je me suis attachée à ce livre Vies minuscules puis à un autre : Corps du roi.

Jazzi dit: 25 juin 2018 à 9 h 15 min

Moi aussi, Clopine, j’ai lu Beauvoir à l’adolescence. Surtout les textes autobiographiques. Je prise moins ses romans, son théâtre ou ses essais philosophiques. C’est curieux que rose, prof comme elle, ai attendu d’être à la retraite pour monter en voiture avec Simone !

Jean-Claude Goering dit: 25 juin 2018 à 9 h 08 min

« La voilà revenue : et pas un mot pour me dédouaner ? » (Clopine de surveillance)

Aahahahaha ! …mais où donc se croit elle, cette gourde du Bray ?… dans un salon de coiffure pour chiens ?…

Clopine Trouillefou dit: 25 juin 2018 à 9 h 00 min

Le regard de Bjork est fulgurant…

Pour Rose : votre jardin à l’orange sent bon d’ici ! Le nôtre est au vert, résolument, et les petits pois frais, cueillis du matin, qui accompagnent le poulet fermier sur la table du midi en ont le goût : c’est de la verdure pure, qui fond sous la langue…

Je suis contente qu’on puisse lire su Beauvoir et Beauvoir à tout âge. Pour bibi, ça a été LA lecture de mon adolescence, j’ai bâti ma conscience de moi-même (en tâchant tant bien que mal de m’estimer un peu, ce qui est la chose à mon sens la plus difficile au monde, pour autant qu’on essaie de se servir de son cerveau) grâce à ses livres – les essais dont le « deuxième sexe » bien entendu mais aussi celui sur la vieillesse, les romans et l’autobiographie,tout est bon ici, comme dans le cochon, rien à jeter. Encore maintenant, je ne peux regarder la couverture usée, ravagée de plis blancs à la cassure des pages, des deux tomes en poche sans être émue, tant ces deux pauvres bouquins ont été les pierres, non de mon église bien sûr, mais de mes tentatives d’être au monde avec dignité.

Si vous étiez là, je ne pourrai m’empêcher de vous en lire quelques passages. Mais bon !

Pour parler d’autre chose : on m’a attribué il y a peu, ici même, la responsabilité de la disparition de Christiane. La voilà revenue : et pas un mot pour me dédouaner ? Ca ne marche que dans un seul sens ?

Jean-Claude Goering dit: 25 juin 2018 à 8 h 48 min

« Richard Avedon, Björk »

Mon dieu qu’elle est moche sur cette photo d’Avedon, la pauvrette ! Répugnante !….

Jazzi dit: 25 juin 2018 à 8 h 30 min

« une reconnaissance vive envers ma libraire. Une gourde… »

« Une oasis » serait préférable, rose, afin éviter tout malentendu. Tant certains sont malveillants ici !

rose dit: 25 juin 2018 à 8 h 06 min

Après l’avoir lu, en une soirée,

une reconnaissance vive envers ma libraire. Une gourde d’eau tendue dans le désert. L’émersion du désarroi.

rose dit: 25 juin 2018 à 8 h 02 min

Björk, tellement enthousiasmante. Sa manière de s’effacer derrière ses musiciens. Celle de virer ses grolles. Et son salut après sa première chanson en islandais.
Björk 🙆❤

Qq nouvelles : lu l’album Sur Simone de Beauvoir, conduit par sa fille adoptive -et offert par ma libraire. Passionnant.La femme. Sa vie.
Après l’avoir lu, en une soirée, suis allée acheté le la Pléïade. Vais lire l’oeuvre.
Mon correcteur corrige en espagnol. Dois m’y remettre. Jusqu’à le parler couramment.

En sommes -au jardin- à l’orange : hémérocalles et bignone. Ai cuisiné soigneusement les artichauts à l’orange de DHH. Fin et délicat. Ça c’est de la cuisine.

Teste la culture en lasagne, en pots sur la terrasse. Tomates routers, noires, jaunes et roses. Hé hé hé.
Graines de Cocopelli fertiles. Celles de Longo Maï aussi. Les achetées stériles rapidement. Je connais des gens qui font des graines. Je les garde dans mes connaissances de chair et d’os.

Bon Lundi.

la vie dans les bois dit: 25 juin 2018 à 7 h 34 min

ce lien n’a pas été lu ?
https://books.openedition.org/pup/2124?lang=fr

« incertain Moyen Âge, un certain Moyen Âge.

10Né en 1945, Michon est ce qu’il est convenu d’appeler « un auteur tardif ». Sa première publication, Vies minuscules, date de 1984 (et a obtenu le prix France Culture). Par la suite, une série d’ouvrages, toujours des récits brefs ou des recueils de récits brefs sont publiés. La plupart du temps, il s’agit de textes de commande, nous y reviendrons.

11À y regarder de plus près, deux œuvres particulièrement s’attachent au Moyen Âge ou plutôt à un Moyen Âge : Mythologies d’hiver, et Abbés. Plusieurs remarques s’imposent :

121) Pierre Michon fait des références explicites à des textes préexistants, réels, mais qui ne font pas forcément partie de l’Histoire (avec un grand H) ; ce sont majoritairement des chroniques s’attachant à la petite histoire, à l’anecdotique parfois. »

une re-création de mythologie personnelle. Comme barthes et Racine
une aventure de lecteur, pour se faire écrivain, démarche qui peut ne pas plaire à tout le monde, j’en suis.

radioscopie dit: 25 juin 2018 à 7 h 30 min

Paul Edel dit: 24 juin 2018 à 18 h 50 min
La « grâce » déborde le lexique du religieux. La prose de Michon, dès lors qu’on s’y abandonne, qu’on y prête l’oreille, que l’on s’y coule comme dans un bain, sans préjugés, communique au lecteur cet état de grâce que l’auteur a lui-même atteint. Effet de l’art, tout simplement.

Bérénice dit: 25 juin 2018 à 7 h 16 min

Lv, l’Elysée dispose d’une enveloppe , d’un budget global que la cours des comptes épluché chaque année. Cependant quand on observe le train de vie et de représentation qui a lieu dans de nombreux autres pays d’Europe on ne manque pas de remarquer qu’ici les élus bénéficient d’un luxe rare. La France n’a jamais opté pour la sobriété .

Bérénice dit: 25 juin 2018 à 7 h 11 min

D un autre côté l’Europe sous réserve qu’elle paie quelques milliards et accepté quelques exigences voit cimenter les accords de retenue des migrants sauf si une mouche vient à piquer le tyran et qu’il ouvre les vannes.les cocos en visite d’observation ont été relâchés, un groupe pouvait objectivement faire infléchir le cours du vote, aussi à 17h quand plus aucune influence ou observation n’étaient rendues possibles ils furent libérés. Quelle belle démocratie sur cette Turquie.

la vie dans les bois dit: 25 juin 2018 à 7 h 08 min

Manu de Versailles, entendant la rumeur de « ceux qui ne sont rien », a enfin donné une explication comptable et technique, concernant la piscine à débordement médiatique, qu’il va faire construire à côté de la plage -privatisée- du Fort de Brégançon.

« La piscine hors sol que prévoit de faire construire le couple présidentiel au fort de Brégançon va coûter 34.000 euros, a assuré au Journal du dimanche l’Élysée, dimanche 24 juin.
Elle « sera démontable » et « profonde de 1,20 mètre, longue de 10 mètres sur 4 », précise l’hebdomadaire. Le palais présidentiel assure que l’investissement sera vite rentabilisé car il permettra d’économiser 60.000 euros, « soit le coût de deux embarcations de gendarmerie, d’ordinaire dévolues au sauvetage en mer, et qui sont mobilisées l’été pour la protection du président. »
La présidence avait justifié ce projet auprès de LCI par le besoin de « préserver l’intimité de la baignade des enfants ». »

Un calcul virtuel qui ne va pas abuser les illettrées.
60000 euros pour payer des mns armés jusqu’aux dents vs 34000 euros + les frais d’entretien pour préserver des couvertures de magazines people, la baignade de Nemo, l’enfant légitime.

Bérénice dit: 25 juin 2018 à 7 h 05 min

5h58. Ici je me suis demandé si les klaxons fêtaient sa victoire ou un match de foot, rappelez moi, les femmes en Turquie conservent le droit de vote où sont elles privées de bureau ou contraintes de voter comme le mari, le père, le frère ?

Bérénice dit: 25 juin 2018 à 7 h 01 min

Nul besoin d’être gros pour être pervers et inversement. Certains n’en ont pas l’air et pourtant . La journée commence bien, que de sombres humeurs à 6h58. On s’étonne encore que dans d’autres camps la guerre existe alors que les lettres même si elles nécessitent et discutent le débat devraient fournir de quoi pacifier ou entretenir les moyens d’y échanger sans s’entretuer. N’importe quoi ces pretendus intellos.

la vie dans les bois dit: 25 juin 2018 à 6 h 34 min

Y’a des faussaires comme ça qui pensent pouvoir te refiler de la pierre qui brille pour des pépites.
Irmaaa, les bijoux !

la vie dans les bois dit: 25 juin 2018 à 6 h 25 min

le gros mogul 0H18 sait lire comme un prof incompétent, gros pervers, qu’il est .
Quignard n’a pas écrit que ‘ tous les matins.’. Voir Boutès, voir le sexe et l’effroi. Et pas que.

le gros mogul, 23h38 vieux dégueulasse immonde prouve si besoin était qu’il ne sait pas lire:
Michon n’a pas écrit que les « Onze » du limousin.
Dans sa moyen-âge period, il a écrit  » abbés ». Mais pas que.

Et dire que l’EN paye des gros dégueulasses incompétents à rien faire.

Jean-Claude Goering dit: 25 juin 2018 à 5 h 49 min

Les spécialistes de l’intelligence constateraient une baisse phénoménale du QI dans le monde ? Horreur ! Dieu merci, chez Passou, nous sommes bien à l’abri ….

Jean-Claude Goering dit: 25 juin 2018 à 5 h 39 min

« Aragon était incontestablement quelqu’un d’honnête et de probe, comme il y en avait d’ailleurs beaucoup au PC » (Delaporte 0h32)

Très juste !

Nous aussi, au Reich, nous n’étions que des honnêtes gens tout comme l’impayable ARAGON, irréprochable jouet communiste du PCF …

Un idiot bien utile.

Sant'Angelo Giovanni dit: 25 juin 2018 à 3 h 54 min


…la présentation, faite, de Pierre Michon,…

…et, à bien réfléchir, sur l’état des lieux,…il est, plus, utile, que je donne, aucun, état, d’âme,…aucune réflexion,…

…çà, ferait, mousser, plus, tout les écrivains, et, trop, des formes simplifiées, de tout ce baratin, de métier,…

…motus, et bouche cousue, et, tout, est, dans le meilleur des monde,…etc,…

rose dit: 25 juin 2018 à 1 h 15 min

Un long chemin emprunté aux conteurs pour retourner à soi car le narrateur ne se laisse pas oublier.

Christiane
pck le narrateur ne s’ en laisse pas conter ?

rose dit: 25 juin 2018 à 1 h 12 min

Bérénice dit: 24 juin 2018 à 23 h 18 min
Rose crois je me souvenir est une grande admiratrice de

cépamoi
dslée
cordialement

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 48 min

Pour paraphraser Retz, je dirais même que Chaloux ne multiplie que parce qu’il est égal à zéro. Zéro plus zéro égale la tête à Toto…

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 45 min

C’est vrai que Chaloux est un mince filet de spiritualité, j’ai honte de le dire. Tout le monde le sait, sauf lui.

Widergänger dit: 25 juin 2018 à 0 h 44 min

Mais pour avoir une vie de l’esprit, mon pauvre chacha, faut déjà avoir un esprit. Or, quand on te lit, on pense plus à un robot avec sa petite rengaine qu’àn un être doué d’esprit.

Tu fais pitié !

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 42 min

A part Bernanos et Julien Green, il y a eu très peu de grands écrivains catholiques. Aragon aurait grossi les rangs, et avec quel panache, quelle grandeur, quelle liberté !

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 40 min

Au fond, c’est dommage, Aragon aurait fait un excellent catholique : un grand sens de la discipline, une probité fameuse, l’esprit de sérieux. Quelle perte pour la religion !

Widergänger dit: 25 juin 2018 à 0 h 38 min

Tu veux toujours te comparer à moi, mon pauvre chéri ! Mais tu t’es rgardé un peu ? T’est qu’un pauvre crétin qui n m’arrive pas à la cheville ! Je te fais envie, ce que je peux comprendre…

Widergänger dit: 25 juin 2018 à 0 h 36 min

Mais ce misérable chaloux ne sait qu’insulter à la mémoire d’Aragon. Il a suffisamment trempé symboliquement dans les crimes du stalinisme pour avoir la décence au moins de ne pas en rajouter !

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 35 min

J’ai connu autrefois des gens encartés au parti, je peux vous dire qu’ils ne rigolaient pas avec ce genre de chose. D’ailleurs, ça faisait un peu peur. Mais les faits sont là, Aragon comme un autre – et peut-être pas vous, Chaloux, qui optez pour la malversation. Je vous plains…

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 32 min

Aragon était incontestablement quelqu’un d’honnête et de probe, comme il y en avait d’ailleurs beaucoup au PC, reconnaissons-leur au moins ça, sous peine d’être d’injustes enfoirés !

Chaloux dit: 25 juin 2018 à 0 h 28 min

Et tu crois qu’Aragon était assujetti à la règle générale, IWGG? Voila-il pas qu’il se compare : lui Blabla 1er, l’immense romancier qui jamais n’écrira une ligne, il payait, donc Aragon payait… On aura décidément tout lu sous la plume de ce blaireau.

Widergänger dit: 25 juin 2018 à 0 h 23 min

Comme dans tous les partis. Au PS, quand j’y étais c’était 10% du salaire annuel, ce qui est insupportable pour un prof, surtout pour entendre les saloperies qu’on peut entendre dans les réunions de « cellules »…

Bérénice dit: 25 juin 2018 à 0 h 23 min

Chaloux, c’est personnel, saviez vous pour les châteaux du moyen et pour la compagnie disparue elle aussi ?

Widergänger dit: 25 juin 2018 à 0 h 21 min

Chaloux dit: 25 juin 2018 à 0 h 16 min
Arrête ton char, mon pauvre minable de chacha, sinon Wgg va te faire un IVG postprandiale…

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 20 min

Aragon était certes membre du PCF, mais cela ne voulait pas dire qu’il avait tous les droits. On sait que chaque militant, bien loin de recevoir des sauf-conduits, devait payer de sa poche son adhésion, Aragon comme un autre, et ça ne plaisantait pas ! C’est Chaloux qui fantasme, stupidement.

Widergänger dit: 25 juin 2018 à 0 h 20 min

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 16 min
Je suis aimable avec les gens civilisés et bien éduqués. Pas avec les sales trouduculs de ton espèce qui ne savent qu’aboyer ! Tu te prétends chrétiens mais tu passes ton temps à insulter les braves gens. T’es juste de la vermine.

Widergänger dit: 25 juin 2018 à 0 h 18 min

la vie dans les bois dit: 24 juin 2018 à 22 h 44 min
antiquité greco-latine pour Quignard
_____________
Tous les matins du monde, antiquité gréco-latine… Encore un génie !

Sur ce blog, on a la chance d’avoir quelque génies… de la bêtise.

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 16 min

« C’est le contraire d’un homme aimable et fait pour la conversation. »

Quand il faut en effet se comparer à vous, je me marre… Vous êtes tout sauf un homme « aimable », évidemment. C’est peut-être votre idéal funeste, jamais vous n’y serez…

Chaloux dit: 25 juin 2018 à 0 h 16 min

Bien sûr que le PC payait le loyer d’Aragon. Tout le monde le sait, sauf les mor.pions de l’EN et les portes du fond qu’on claque, les uns et les autres, sans même y penser; cela m’a été confirmé par le neveu d’un compagnon du route du PC, qui fut en son temps avec sa femme un assez gros légume et a très bien connu Aragon. Nous nous nous trouvions dans la cour même de l’immeuble ou Aragon a fini sa menteuse et indigne existence, rue de Varenne, un vrai petit pèlerinage. IWGG et Delaporte sont deux aptères qui n’ont jamais rencontré personne.

Bonne soirée,

Delaporte dit: 25 juin 2018 à 0 h 14 min

« Chez delaporte des chiottes, la mauvaise foi et la médisance le disp.ute à la bêtise. » wgg

Vous n’aimez pas qu’on vous fasse des remarques très bien fondées. Vous êtes, comme le signifiait Passou, un « malfaisant », c’est-à-dire le contraire d’un être sociable, autrement dit un « puant »…

Widergänger dit: 25 juin 2018 à 0 h 10 min

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 23 h 58 min
Chez delaporte des chiottes, la mauvaise foi et la médisance le disp.ute à la bêtise. C’est le contraire d’un homme aimable et fait pour la conversation. Il est juste fait pour aboyer comme les chiens de garde.

C’est delaporte des chiots…

Widergänger dit: 25 juin 2018 à 0 h 06 min

Jean dit: 24 juin 2018 à 20 h 58 min
Tu n’as visiblement pas compris. Le doute relève de la remise en question des discours fondateurs, des grandes formes narratives. Jusqu’à Proust, ce phénomène n’existe pas ; la Modernité fonctionne.

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 23 h 58 min

« Vous n’êtes visiblement pas fait pour vivre en société mais sur une île à vous admirer le nombril. »

Mon pauvre wgg, c’est surtout bon pour vous. Et pour vous admirer autre chose que le nombril, à longueur de débandaison, of course…

Bérénice dit: 24 juin 2018 à 23 h 53 min

Message pour DHH, je vous apostrophai l’autre jour injustement, pardonnez ma paranoïa relative et expliquerait que j’ai pu vous prendre pour une autre envers qui j’éprouve assez souvent des sentiments négatifs. Le post en question concernait Clopine que vous encouragiez à continuer de nous conter ses fragments de vie et dans cette disposition d’esprit qui parfois m’envahit je suspectait une autre que vous derrière ce post qui sert finalement de test , jamais plu je ne mettrais en question votre signature et loin de moi le sentiment d’une fausse modestie qui vous occuperait.

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 23 h 52 min

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 23 h 46 min
Tu devrais aussi t’interroger sur tes propres fantasmes, mon pauvre chéri ! Tu ne vaux guère mieux que les chaloux, JJJ et autres Pablo75. Même haine, même bêtise. Vous n’êtes visiblement pas fait pour vivre en société mais sur une île à vous admirer le nombril.

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 23 h 49 min

Janssen J-J dit: 24 juin 2018 à 21 h 33 min
Ces gens-là n’ont que la haine comme moteur dans la vie ! Quelle horreur ! La lie de l’humanité vraiment.

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 23 h 46 min

« C’est comme chaloux qui croit que le PC payait le loyer d’Aragon… »

Cela en dit long sur les fantasmes des uns et des autres…

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 23 h 44 min

C’est comme chaloux qui croit que le PC payait le loyer d’Aragon… Comment peut-on être aussi con ?

Aragon aurait pu devenir très riche, comme disait son biographe. Il est resté modeste à l’égard de l’argent.

La médisance est décidément le fond de commerce de ce pauvre minable pour exister.

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 23 h 40 min

@Jazzy,
Intéressant, ton goût de l’Afrique. Je vais l’indiquer dans la bibliographie de mes élèves pour leur exposé sur la littérature coloniale.

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 23 h 38 min

la vie dans les bois dit: 24 juin 2018 à 22 h 44 min
Comme Quignard, Michon attaque l’Histoire , celle ancienne, moyen-age pour Michon
_________________
Elle place les Onze au moyen-âge…! Encore un génie !

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 23 h 24 min

Oui, je comprends ce que veut dire Popaul. Dans son exemple de style de Michon, le verbe « s’apeura » fait en effet très maniéré. Est-ce voulu pour un effet quelconque ? Faudrait regarder le contexte de plus près. Mais c’est, comme je l’indiquais, le risque qui menace à chaque instant sa manière d’écrire. Cette forme pronominale archaïsante du verbe dans son emploi absolu manifestement lui plaît parce qu’elle contribue à densifier sa phrase, trait majeur de son style; mais il tire un peu trop sur la grammaire ; sa phrase en devient maniérée.

On ne trouve jamais Flaubert en défaut en revanche. Pourtant ses phrases sont aussi denses, notamment dans sa nouvelle Un Cœur simple. C’est sans doute la différence entre un bon écrivain comme Michon et un génie de l’écriture comme Flaubert. C’est aussi la différence des époques. Flaubert invente la littérature moderne qui met l’accent sur l’importance des mots pour créer un monde; Michon arrive à la fin du cycle où la Modernité a sombré dans le postmodernisme avec la mise en doute des discours.

C’est ce que les deux réactionnaires de services, chaloux et Pablo75, ont du mal à prendre en compte et à comprendre. Ils me rappelle les fâcheux qui, au-delà de l’âge classique, voit la littérature comme un vaste désert… Ils n’ont pas les bonnes lunettes pour en juger objectivement. Les archaïsmes et ls préjugés bornés dominent lur jugement bien trop souvent pour dénoter autre chose que de la pure bêtise incapable d’une intelligence critique des œuvres.

Bérénice dit: 24 juin 2018 à 23 h 23 min

Lv les ayant peu lus l’un et l’autre , diriez vous puisque vous en connaissez un peu plus sur moi qu’il romance ou poétique l’histoire qui est leur matériau de base un peu comme l’orfèvre travaille la gemme brute pour en faire un joyau. Reproche t on à des contemporains de se servir d’éléments d’actualité comme point de départ au roman, ils sont nombreux , la majorité, non? Et ce sans vous chercher querelle.

la vie dans les bois dit: 24 juin 2018 à 23 h 22 min

Quignard aussi a fait dans le haut Moyen-age.
En denichant un truc de derrière les fagots.

« La première œuvre de la littérature française date du mercredi 12 février 881, à Valenciennes, sur les bords de l’Escaut. »

Oui c’etait bien de rappeler ce parallèle « erudit » entre Quignard et Michon.

Bonsoir Gueret, bonsoir La Souterraine, je rends l’antenne.

Bérénice dit: 24 juin 2018 à 23 h 18 min

Rose crois je me souvenir est une grande admiratrice de Pierre Michon , viendra t elle d’en expliquer voir se justifier?

Bérénice dit: 24 juin 2018 à 23 h 02 min

Le blog est voué à la critique, on pourrait y entrevoir une arène avec des gladiateurs ou même une cage où serait comme au moyen âge enfermé l’auteur qu’il s’agirait de piquer à coup de lance avant de le faire rôtir dans un âtre immense avant de le jeter aux chiens car nous ne sommes pas des cannibales.

la vie dans les bois dit: 24 juin 2018 à 22 h 44 min

Comme Quignard, Michon attaque l’Histoire , celle ancienne, moyen-age pour Michon, antiquité greco-latine pour Quignard, par le côté anecdotique, avec des sources qu’ils ont le talent de trouver ; et ils en font des objets disons un peu frelatés, pour les érudits ou quand on creuse un peu, un p’tit peu hein, pas oublier qui tient le pistolet.

https://books.openedition.org/pup/2124?lang=fr

P. comme Paris dit: 24 juin 2018 à 22 h 26 min

Je connais Aragon, mais je ne connais pas Michon.
Je connais la Kolima, mais je ne connais pas la Creuse.
A chacun ses Aléoutiennes, comme eût pu dire Dashiell Hammett.

Mais si Michon se résume à l’extrait de Paul Edel, Dieu de Dieu, je sais des textes du XVIIIème plus bandant.

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 22 h 23 min

« Mais avez-vous lu toute une œuvre pour en extraire le morceau que vous choisissez pour en donner le « goût aux autres », càd au populaire ? Evidemment non ! »

Qu’est-ce qui te permet dans douter, JJJ ?
Mon logiciel s’appelle l’intuition. Je lis tout sur le thème ou le lieu géographique traité, et je vois aussitôt l’extrait recherché, celui qui constituera une pièce du puzzle du grand tout, architecturé en trois partie de neuf extraits, mon tempo. Mes goûts de… sont autant de romans de… écrit par d’autres mains que la mienne (et quelles !) et réorchestrés par mes soins. Généralement, les auteurs vivants, retenus dans mes anthologies, et qui me font l’honneur de me lire après coup, ne s’y trompent pas…
http://www.jeuneafrique.com/134577/culture/vingt-sept-portraits-de-l-afrique/

la vie dans les bois dit: 24 juin 2018 à 22 h 17 min

Bof, l’erudition est elle soluble dans le gros rouge. Si la reponse est oui, Michon est ecrivain.

Jean dit: 24 juin 2018 à 22 h 15 min

On s’en tape que l’ecrivain veuille se faire motif de la tapisserie. (LVDLB)

Mais qui a dit que, dans « Les Onze », Michon « voulait » se faire motif de sa tapisserie ? C’est beaucoup plus subtil que cela. Ce livre ne relève pas du tout de l’autofiction. Je doute fort que LVDLB ait lu « Les Onze ».

Jean dit: 24 juin 2018 à 22 h 12 min

Michon parlant des écrivains nous montre qu’il n’est d’approche « critique » qui vaille que si elle est un exercice d’admiration, où l’on mobilise le meilleur de soi-même pour tenter de rendre compte de ce que l’autre a de meilleur. Sinon, à quoi bon ? C’est d’ailleurs pour cela que cet article d’Assouline est si remarquable.

la vie dans les bois dit: 24 juin 2018 à 22 h 08 min

« Le Corentin des « Onze », c’est lui. »
On s’en tape que l’ecrivain veuille se faire motif de la tapisserie. Qui n’est meme pas d’Aubusson.

« Histoire de l’ascension infernale d’Évariste Gamelin, jeune peintre parisien, engagé dans la section de son quartier du Pont-Neuf, Les dieux ont soif décrit les années noires de la Terreur à Paris, entre les ans II et III. Farouchement jacobin, fidèle entre les fidèles de Marat et Robespierre, Évariste Gamelin finira par être nommé juré au tribunal révolutionnaire. »

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Les_Dieux_ont_soif

Chaloux dit: 24 juin 2018 à 22 h 03 min

Delaporte du fond du jardin, l’homosexualité -très relative et très résiduelle- de Léautaud m’est certes passée au-dessus. Pour le reste, je ne vois pas, je l’ai beaucoup lu et je continue. Aragon a bouffé au râtelier du PC toute sa vie, il a menti sur absolument tout, il a plagié tout le plagiable disponible, c’est un plaisantin de littérature. Les bœufs genre Delaporte ont bien le droit d’apprécier.

Bérénice dit: 24 juin 2018 à 22 h 01 min

D, je tentais de vous transmettre une réponse sur le billet précèdent en réponse à  » vous auriez pu ou du être jésuite. »

Jean dit: 24 juin 2018 à 21 h 59 min

Superbe billet que ce billet consacré à Michon et qui démontre à quel point, dans notre paysage littéraire contemporain, Michon occupe une place éminente, à quel point l’ensemble de ce qu’il a écrit est incontournable, se maintenant, de texte en texte, à un niveau exceptionnel. Je ne pense pas que la narratologie chère à Genette trouve beaucoup à se nourrir de Michon. C’est bien plus un poète et un peintre qu’un romancier ou même qu’un nouvelliste. Le Corentin des « Onze », c’est lui.

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 21 h 56 min

Chaloux s’était déjà gouré sur Léautaud, dont il prétendait être un grand lecteur. Pas du tout ! Cette énergumène la ramène sur des sujets qu’il ne connaît pas !

Bérénice dit: 24 juin 2018 à 21 h 56 min

D,je vous ai répondu sur le billet précèdent.Vous ne me verrez pas sur celui ci, je n’ ai lu qu’un livre de Pierre Michon, j’y avais été desarconnee par sa simplicité cristaline.

Jean Langoncet dit: 24 juin 2018 à 21 h 55 min

Mentionné il y a quelques semaines un extrait de la quatrième de couverture de Rimbaud le fils.
Pressé par l’actualité de la rdl, j’ouvre au jugé l’opuscule et lis ceci:
« Et parmi toutes ces figures de distributions de prix, ces perruques Grand Siècle et ces barbes de 1830, Racine, Hugo, les autres, dont le buste à cette époque se tenait sur le piano, derrière le gros bouquet de pivoines chez de bons bonnets de nuit qui se croyaient poètes et qui l’étaient, ou alors dont la petite litho à deux sous flanquait la mansarde de jeunes poseurs de caves qui se croyaient poètes et qui l’étaient, parmi tous ces visages de bronze et de bois apparaît pour nous celui, fameux à sa façon, du poète Georges Izambard. (…) »
Bonne entame

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 21 h 53 min

« le PC lui a très longtemps, et sans doute jusqu’au bout, payé son loyer. »

Il ajoute « sans doute », il n’en est même pas sûr ! Quel guignol !

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 21 h 50 min

« Pauvre c.on de Delaporte du fond (de culotte douteux), gros naze de m…, le PC lui a très longtemps, et sans doute jusqu’au bout, payé son loyer. »

Quand on insulte à tout-va, il faut être sûr de soi ! Ce n’est pas votre cas !

Janssen J-J dit: 24 juin 2018 à 21 h 40 min

@ Pauvre c.on de Delaporte du fond (de culotte douteux), gros naze de m…,

Oups, tout d’un coup, j’ai cru lire du wgw !… je me disais aussi… Ecarquille-toi les yeux, voyons dhonc, s’ils se mettent à s’usurper ast’heure, nous voilà frais !

Janssen J-J dit: 24 juin 2018 à 21 h 33 min

Je m’interrogeais depuis longtemps sur vôtre capacité à recycler vos morceaux choisis de littératures sur n’importe quel sujet et à nous les copier-colle sous une forme à peu près impeccdable, Jazzman. Mais votre « plan » sur l’Afrique m’a mis la puce à l’oreille. Vous brillez donc à peu de frais, un peu comme le roi du « vernis culturel » très étendu. Mais avez-vous lu toute une œuvre pour en extraire le morceau que vous choisissez pour en donner le « goût aux autres », càd au populaire ? Evidemment non ! D’où l’inévitable et récurrente question : de quel logiciel disposez-vous qui aide à choisir rapidement des extraits sur n’importe quelle thématique ? Et tout cela, au final, vous a-t-il servi à grand chose, à avancer ?… mais à et suroi diable ? Je vous demande cela avec la plus grande bienveillance, avec quelque chose d’un brin agacé… Par exemple, votre lancinante approche d’Aragon n’a jamais été très claire. Vous n’arrivez jamais à vous abstraire sexuellement des gens que vous défendez ou démolissez selon les humeurs. Voilà ce que je pressens, mais sans doute allez-vous m’objecter, alors que ce n’est vraiment pas la peine de détruire votre image consensuelle parmi l’ensemble des erdéliens.

Chaloux dit: 24 juin 2018 à 21 h 29 min

Pauvre c.on de Delaporte du fond (de culotte douteux), gros naze de m…, le PC lui a très longtemps, et sans doute jusqu’au bout, payé son loyer.

Janssen J-J dit: 24 juin 2018 à 21 h 17 min

je pense qu’une large confusion se répand chez ceux qui ne connaissent pas marcel michon et le confondent allègrement avec christian bobin. C’est l’éternel syndrome très bas de ces gens qui savent toujours tout sans jamais avoir rien lu, en dehors de collectionner des collections qui débordent sans dépasser les bornes de la décence. Un casier bien tempéré ? Du grand Baque un peu vide du neurone ! Ye ye ye https://www.youtube.com/watch?v=G0u5yYEEluA

Jean dit: 24 juin 2018 à 20 h 58 min

Le doute habite tout ce qu’écrit Michon, ce n’est pas du tout une littérature sûre d’elle-même. (Widergänger)

Je le prends plutôt comme un compliment. quelle horreur qu’une littérature sûre d’elle-même.

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 20 h 48 min

« des pisse-copie appointés comme votre Aragon »

Aragon était tout sauf « appointé », vous n’y connaissez rien…

Chaloux dit: 24 juin 2018 à 20 h 34 min

Quoiqu’il en soit, la vraie littérature ne peut venir que des marginaux, pas des pisse-copie appointés comme votre Aragon. Il faut vraiment adorer se faire empaf.f.er pour aimer ça. La France est un pays de bêtes à cornes.

Je vais plutôt lire le dernier livre d’Annie Le Brun.

https://www.youtube.com/watch?v=XGkBiEn-tCI

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 20 h 16 min

Il me semble aussi que Michon n’a rien à voir, mais alors rien de chez rien, avec Faulkner. Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ?

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 20 h 14 min

Je préfère encore Quignard, qui écrit sur instruments d’époque, ça a un certain charme. Mais Michon, non et re-non.

Pablo75 dit: 24 juin 2018 à 20 h 08 min

@ Jazzi

« Est-ce de l’art pour l’art ? »

C’est de l’art pour l’art pour l’art pour l’art.

Autrement dit, de l’encu_lage de mouches (littéraires) en plein vol…

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 20 h 03 min

C’est rudement dit mais pas totalement faux, Pablo75. Et pourtant c’est beau ! Est-ce de l’art pour l’art ?

la vie dans les bois dit: 24 juin 2018 à 20 h 01 min

Bien vu le parallèle entre Quignard et Michon. Sur l’erudition falsifiee, fabriquée.

Pablo75 dit: 24 juin 2018 à 19 h 50 min

J’ai quelques livres de Michon (trouvés aux Puces ou à Boulinier). Je les ai feuilletés. Cela m’a paru, comme ceux de Quignard, de la littérature qui s’écoute écrire, de la masturbation littéraire typique d’auteurs nés trop tard dans un pays trop littéraire comme la France, des écrivains (médiocres) pour des écrivains (médiocres) d’un pays en pleine agonie littéraire, incapable de produire un seul grand écrivain depuis au moins un siècle.

Et quand je lis le texte de Passou je vois qu’involontairement, il me donne raison: « …des textes brefs qui s’engendrent l’un l’autre, l’un invalidant ou au contraire amplifiant le précédent, les uns entrant en résonance avec les autres […] le topos du minuscule, la récurrence de l’apparition, le goût du récit bref, l’ivresse du minimal, la passion du point-virgule et de l’oxymore l’éternel retour de l’archaïque, l’énergie de la langue, le souci d’une exigence permanente dans la tenue de l’écriture, l’appétence pour les traces, les ombres et la fuite, la jouissance dans l’énumération des noms, […] l’ellipse au service de la plus grande densité […] Comme si le rythme, la scansion, le projeté, le bruissement de la langue, l’écriture en contrepoint serré et la sonorité de cette litanie lui permettaient déjà de laisser son livre s’écrire en lui. Qui saura jamais dire la vertu et l’envoûtement de l’énumération ? […] Peu d’écrivains français prennent comme lui la peine de réfléchir à ce que lire et écrire veulent dire […] écrivain de romans courts. Non par essoufflement ou paresse, mais par aversion pour le gras et le superflu, et par goût pour le densifié et le resserré, aux antipodes de la bonne grosse Weltanschauung et des vertigineuses machines romanesques. […] D’un rien, il peut faire un livre… »

Bref, un gratte-papier français, comme Quignard et tant d’autres, intoxiqué de littérature et qui n’a rien à dire.

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 19 h 38 min

Ces deux textes, WGG, se trouvent dans mon « Goût de l’Afrique », dont voici le sommaire :

SOMMAIRE

FUGUES AFRICAINES

Daniel Rondeau : Carthage toujours recommencée et romancée
Olivier Rolin : Au soleil rouge de l’oubli de Port-Soudan
Joseph Kessel : Abyssine Ethiopie
Frédéric Mitterrand : Lettre d’amour à la Somalie
Karen Blixen : Impressions Kenyanes
Joseph Conrad : Le Congo en Blanc et Noir
Louis-Ferdinand Céline : Bardamu au Petit Congo
Marie NDiaye : Vacance sénégalaise
Paul Morand : Retour aux origines en Côte d’Ivoire

(RE)NAISSANCE DES NATIONS

Alaa el Aswany : Révolution en terrasse
Alain Mabanckou : Rois nègres et magie noire
Wole Soyinka : Jours de fêtes
J.M.G. Le Clézio : 1968, année noire
William Boyd : Les mauvaises influences occidentales
Nadine Gordimer : Résistances séparatistes
André Brink : White micmac
J.M. Coetzee : L’Afrique utopique
Maryse Condé : L’apartheid et après ?

MIROIR D’UN CONTINENT

Tidiane N’Diaye : L’Afrique des esprits
Amadou Hampâté Bâ : L’âge d’homme
Donato Ndongo : Transmission tribale
Léopold Sédar Senghor : L’invention de la négritude
André Gide : En dansant et en chantant
Michel Leiris : L’Afrique fétichiste
Amin Maalouf : L’eau chaude de la mémoire
Salluste : D’où viens-tu Kabyle ?
Kateb Yacine : Souviens-toi de ta tribu !

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 19 h 29 min

Et pour faire bonne mesure, un peu de William Boyd aussi :

« Telle Rome, Nkongsamba était bâtie sur sept collines mais là cessait toute ressemblance. Posée sur l’ondoyante forêt tropicale, elle évoquait, vue d’avion, une gargantuesque vomissure d’ivrogne sur une vaste pelouse oubliée par les tondeuses. Tous les immeubles étaient couverts de tôle ondulée plus ou moins mangée de rouilles, et de la fenêtre du Haut-Commissariat adjoint – régnant sur une colline au-dessus de la ville – Morgan voyait les toits s’étirer devant lui en un échiquier de tons ocre, un océan de bile métallique, la vision paranoïaque d’un urbaniste fou.
A part un gratte-ciel au centre de la ville, une banque, les studios modernes de la télévision kinjanjaise et les grands magasins Kingsway, peu de bâtiments dépassaient trois étages et la plupart consistaient en maisons de boue aux murs croulants, agglutinées au hasard le long de rues étroites, défoncées et bordées de fossés purulents. Morgan aimait à se figurer la ville comme un immense bouillon de culture abandonné dans un placard humide par un laborantin distrait, et foisonnant sans contrôle dans des conditions idéales de multiplication.
Outre l’entassement suffocant des maisons et l’écœurante puanteur des ordures et autres matières en décomposition, ce qui frappait le plus Morgan dans Nkongsamba, c’était les palpitantes manifestation de la vie organique sous toutes ses formes. Des générations entières s’étalaient autour des cases comme les figurants d’un documentaire sur « Les Quatre saisons de l’Homme», depuis les grands-mères ratatinées aux seins flasques jusqu’aux chérubins aux ventres rebondis qui pissaient dans es caniveaux d’un air concentré. Poules, chèvres et chiens exploraient chaque tas d’ordures à la recherche du moindre déchet consommable, et le flot des passants, s’aventurant avec précaution entre le redoutable trafic des voitures et le bord des fossés, ne tarissait jamais.
A la foule grouillante et colorée se mêlaient des mendiants lépreux, affreusement mutilés et aux moignons rongés, qui titubaient, sautillaient, rampaient ou, dans les pires cas, se propulsaient sur de petits chariots en bois. On y trouvait aussi d’agiles rabatteurs de parking escortant des vendeuses aux grosses fesses ; des gamins proposant stylos-billes, peignes, chiffons à poussière, oranges, portemanteaux, lunettes de soleil et montres russes bon marché ; des vaches blanches à grosse bosse menées par de dignes Fulanis du Nord, au fin visage. On y voyait aussi parfois, venus en haillons poussiéreux des forêts voisines, des fous qui se frayaient un chemin hasardeux dans la cohue, l’air hagard. Un jour, à un carrefour très fréquenté, Morgan en avait rencontré un. Il avait un pagne sale et des cheveux teints en orange. Planté là, il ouvrait de grands yeux fixes sur la sargasse d’humanité qui défilait devant lui. De temps à autre, il lançait à tue-tête insultes et malédictions, tout en esquissant un pas de danse rituelle. Les gens riaient ou l’ignoraient – les fous sont bien tolérés en Afrique – le laissant baragouiner innocemment sur le trottoir. Pour une raison quelconque, Morgan avait soudain éprouvé une puissante sympathie pour ce pauvre bougre et son terrible isolement – qu’il lui avait semblé comprendre et partager et, spontanément, en passant, il avait fourré dans la main calleuse un billet d’une livre. Un instant, le fou avait tourné vers lui son regard jaune avant d’enfourner le morceau de papier dans sa bouche baveuse et de le mâcher en salivant de plaisir.
Tandis qu’il contemplait la ville, Morgan pensait en rougissant à cet incident. Selon les jours, Nkongsamba lui remontait le moral ou bien le déprimait. Récemment – enfin, depuis les trois derniers mois – la ville le plongeait dans une misanthropie si violente, si profonde, qu’eût-il possédé une bombe atomique ou une fusée Polaris de trop, il en aurait fait sa cible avec joie. Foutu en l’air les sept collines en une seconde. Nettoyé le terrain. Rendu à la jungle vorace. »
(« Un Anglais sous les tropiques », traduit de l’anglais par Christiane Besse)

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 19 h 26 min

WGG, ce passage de l’Africain de J.-M. G. Le Clezio :

« En 1968, tandis que mon père et ma mère regardent monter sous leurs fenêtres, à Nice, les montagnes d’ordures laissées par la grève générale, et tandis qu’à Mexico j’entends le vrombissement des hélicos de l’armée qui emportent les corps des étudiants tués à Tlatelolco, le Nigeria entre dans la phase terminale d’un massacre terrible, l’un des grands génocides du siècle, connu sous le nom de guerre du Biafra. Pour la mainmise sur les puits de pétrole à l’embouchure de la rivière Calabar, Ibos et Yoroubas s’exterminent, sous le regard indifférent du monde occidental. Pis encore, les grandes compagnies pétrolières, principalement l’anglo-hollandaise Shell-British Petroleum, sont partie prenante dans cette guerre, agissent sur leurs gouvernements pour que soient sécurisés les puits et les pipe-lines. Les Etats qu’elles représentent s’affrontent par procuration, la France du côté des insurgés biafrais, l’Union soviétique, l’Angleterre et les Etats-Unis du côté du gouvernement fédéral majoritairement yorouba. La guerre civile devient une affaire mondiale, une guerre entre civilisations. L’on parle de chrétiens contre musulmans, ou de nationalistes contre capitalistes. Les pays développés retrouvent un débouché inattendu pour leurs produits finis : ils vendent dans les deux camps armes légères et lourdes, mines antipersonnel, chars d’assaut, avions, et même des mercenaires allemands, français, tchadiens, qui composent la 4e brigade biafraise au service des rebelles d’Ojukwu. Mais à la fin de l’été 1968, encerclée, décimée par les troupes fédérales sous le commandement du général Benjamin Adekunle, surnommé pour sa cruauté le « scorpion noir », l’armée biafraise capitule. Seule résiste encore une poignée de combattants dont la plupart sont des enfants, qui brandissent des machettes et des bâtons sculptés en forme de fusils contre les Mig et les bombardiers soviétiques. A la chute d’Aba (non loin de l’ancien sanctuaire des guerriers magiciens d’Aro Chuku), le Biafra entre dans une longue agonie. Avec la complicité de l’Angleterre et des Etats-Unis, le général Adekunle verrouille le blocus sur le territoire biafrais, empêchant tout secours et tout approvisionnement. Devant l’avancée de l’armée fédérale, en proie à une folie vengeresse, la population civile fuit vers ce qui reste du territoire biafrais, envahit les savanes et la forêt, tente de survivre sur les réserves. Hommes, femmes, enfants sont pris dans un piège mortel. A partir de septembre, il n’y a plus d’opérations militaires, mais des millions de gens coupés du reste du monde, sans vivres, sans médicaments. Quand les organisations internationales peuvent enfin pénétrer dans la zone insurgée, elles découvrent l’étendue de l’horreur. Le long des routes, au bord des rivières, à l’entrée des villages, des centaines de milliers d’enfants sont en train de mourir de faim et de déshydratation. C’est un cimetière vaste comme un pays. Partout dans les plaines d’herbes semblables à celle où j’allais autrefois faire la guerre aux termites, des enfants sans parents errent sans but, leurs corps transformés en squelettes. Longtemps après je suis hanté par le poème de Chinua Achebe, Noël au Biafra, qui commence par ces mots :

Non, aucune Vierge à l’Enfant ne pourra égaler
Le tableau de la tendresse d’une mère
Envers ce fils qu’elle devra bientôt oublier.

J’ai vu ces images terribles dans tous les journaux, les magazines. Pour la première fois, le pays où j’avais passé la partie la plus mémorable de mon enfance était montré au reste du monde, mais c’était parce qu’il mourait. Mon père a vu aussi ces images, comment a-t-il pu accepter ? A soixante-douze ans, on ne peut que regarder et se taire. Sans doute verser des larmes. »

Paul Edel dit: 24 juin 2018 à 19 h 23 min

« Michon a été jusqu’à identifier sa propre biographie à celle de Faulkner en établissant des passerelles entre les accidents de leur vie : origines sociales, roman familial, alcoolisme autodestructeur » on est pas obligé de suivre les illusions biographiques comme ça qui ne relèvent pas d’une formidable humilité.

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 19 h 15 min

Je comprends très bien ce que veut dire Paul à propos de Michon. Il y a quelque chose de sectaire autour de son oeuvre et de sa personne et de la pompe dans sa non pompe à tout prix.

Paul Edel dit: 24 juin 2018 à 19 h 05 min

Style LMichon: »Le corsage de Suzanne s’emplit et la petite reine frileuse s’en apeura presque autant que sa mère ; elles ne pensaient qu’à cette peur l’une et l’autre, mais pour s’en distraire elles s’occupaient à autre chose, aux passe-temps bénins concédés aux femmes de cette époque, tapisserie et poésie ; et à ce qu’on dit elles ne sortaient guère, quelle que fut leur relative fortune à toutes les deux, c’est-à-dire celle du huguenot apostat, non pas qu’elles fussent avares ni d’aucune façon thésauriseuses, mais de l’or elles ne savaient que faire, avaient seulement placé tout cela en vignes et en bateaux à la mort du vieux et laissaient gérer, naviguer, fleurir, ayant entre elles un tout autre trésor, de don, d’amour partagé et heureux, mais étouffant comme le sont toujours les trésors, appelant de tout leur éclat la perte ».* » Les Onze.

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 19 h 03 min

Aragon se justifie plus qu’il n’explique son travail, me semble-t-il ? Je me demande toujours ce qu’il cache sous le tombereau de ses explications. Là où un Flaubert ou un Michon plient sous le verbe, et suent sang et eau, il s’élance haut dans les airs avec une grâce toute aérienne ?

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 18 h 57 min

De Flaubert à Michon, d’Un cœur simple aux Onze, la boucle est bouclée. Michon c’est un terminus, une voie de garage avec un butoir au bout.

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 18 h 55 min

Je ne dirais pas que Michon soit pompeux. C’est un travers qui menace évidemment sa manière d’écrire. Il peut l’être parfois. Mais il réussit la plupart du temps à marcher en équilibre au-dessus de ce vide jusqu’à l’autre rive qui est la fin de la lecture.

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 18 h 51 min

Oui, Aragon a une très grande intelligence critique. C’est un des grands théoriciens du roman au XXè siècle, mais une théorie toujours mêlée à la pratique. Mais c’était quelqu’un de fabuleusement intelligent, sans aucun doute.

Paul Edel dit: 24 juin 2018 à 18 h 50 min

radioscopie, je parle de « l’idée » que Michon se fait de la littérature ,si noble, si impeccable, si grandiose, si sacerdotale, avec la « grâce » qui arrive là dedans.. ,idée religieuse etc.. trop mystico- pompeux à mon gout.. et je ne demande pas qu’on le partage.

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 18 h 49 min

Je vais aussi lire Un Cœur simple avec mes 4ème, en espérant qu’ils ne le massacrent pas…

Michon découle tout droit de cette littérature-là, qui est une littérature en crise. Le doute habite tout ce qu’écrit Michon, ce n’est pas du tout une littérature sûre d’elle-même.

Lire D. Maingueneau :

Contre Saint Proust ou la fin de la littérature, Belin.

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 18 h 48 min

Oui, Paul et Passou, mais chez Aragon le Mentir-vrai m’a toujours paru un Vrai-mensonge… Je me suis toujours dit que son éventuel biographe risquerait de se laisser entrainer sur un terrain miné !

Paul Edel dit: 24 juin 2018 à 18 h 47 min

Tu imagines bien, Jazzi, que face à ses amis surréalistes qui , suivant en cela le pape Breton, avaient en horreur le roman, considéré comme genre « bourgeois »Aragon devait se jusitifier.. et que,plus tard, en qualité de communiste, Aragon devait aussi se justifier de ne pas suivre à la mettre les consignes de « réalisme socialiste ». Aragon, donc, comme le disent Passou et WGG n’a cessé d’expliquer, de commenter, de justifier ses démarches dans des textes admirables et émouvants par leur intelligence.

felix d dit: 24 juin 2018 à 18 h 42 min

Un cahier de l’Herne superbe, en effet, à la hauteur de son sujet.
Pour l’anecdote, l’équipe de « Cinéma cinémas » (ça remonte !) s’était elle aussi en son temps intéressé à l’acteur du Voleur de bicyclette. Lamberto Maggiorani, ancien ouvrier de l’automobile, et lui avait consacré un émouvant portrait posthume .

radioscopie dit: 24 juin 2018 à 18 h 42 min

Paul Edel dit: 24 juin 2018 à 17 h 33 min
« un mélange de mystique et de solennité »
Où cela ? Dans la statue érigée par ce Cahier de l’Herne ? Ces deux mots sont sans rapport ni avec l’homme, ni avec son oeuvre.

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 18 h 41 min

Ça me fait penser qu j vais donner à lire les Onze à la maison à mes élèves de 3ème dans la séquence : Agir dans la cité : individu et pouvoir ; problématique : la littérature peut-elle aider à agir sur le monde et sur l’histoire ? Mais en classe, on va étudier Boule de suif, de Maupassant. Et comparer avec l’adaptation de Christian-Jaque.

Michon pourrait aussi se réclamer de Maupassant. C’est le Maupassant de la fin du XXè siècle.

Jean-Claude Goering dit: 24 juin 2018 à 18 h 39 min

L’espace maximum de l’entente entre bolos certifié CE est le canton.

Il nous faut donc revenir aux frontières anciennes et abattre sans vergogne tout organisme tentant de les franchir sans autorisation…

Clairement, Micheton peut nous aider à expliquer le pourquoi du pourquoi….

Widergänger dit: 24 juin 2018 à 18 h 35 min

Aragon, Je n’ai jamais appris à écrire ou les incipit, 1969.

Et Entretiens avec Francis Crémieux, retranscription d’un émission de radio, 1964.

Sans parler de ses romans où il s’explique aussi. Aragon a passé sa vie à parler de poétique romanesque et à la réinventer sans cesse. De Anicet à Théâtre/roman.

On peut lire à ce sujet :

Nathalie Piegeay-Gros, L’esthétique d’Aragon, Sedes, 1997.

Jean-Claude Goering dit: 24 juin 2018 à 18 h 32 min

Poussé par des copains Nationaux et Socialistes, j’ai accepté en mars de monter une conférence-débat avec Attali, BHL, Houelebeck, en présence de l’intéressé lui même, sur le sujet :

« Wilbur Legland est il nazi ou fait il semblant ? »

Nous sommes en juin : aucune inscription. Déçu, je suis ….

la vie dans les bois dit: 24 juin 2018 à 18 h 18 min

Irmaaaaa, les bijoux !

ben ça alors , mââme Lafon et meussieu Rien au Franprix de la rue du rendez-vous, à Guereeet.

Toutes ces michetonneries ne m’inspirent rien qui vaille.

Elsa dit: 24 juin 2018 à 17 h 54 min

Pierre Michon ; pour moi «  un choc littéraire » au sens littéral du terme, la première fois que j’ai éprouvé le besoin de lire à voix haute. Mais une lecture exigeante, qui ne se donne pas à tous.

Petit Rappel dit: 24 juin 2018 à 17 h 23 min

Pompe mystique? Il y a bien une « pompe adultère » de mémorable mémoire dans une tragédie d’Alexandre Soumet.

Passou dit: 24 juin 2018 à 17 h 17 min

Jazzi, Aragon expose très bien ses secrets de fabrication, comme il le dit en tête de chapitre , dans « J’abats mon jeu » (1959), « Le mentir-vrai » (1980), et « Pour expliquer ce que j’étais » (1989) lectures profitables

Jean-Claude Goering dit: 24 juin 2018 à 17 h 15 min

Paul m’apprend qu’il y a chez Michon « de la pompe mystique » …. quèsaco ?!!!

radioscopie dit: 24 juin 2018 à 17 h 12 min

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 16 h 45 min
J’ai été son étudiant, Jazzi. Très bel esprit et un grand raffinement.

Jean-Claude Goering dit: 24 juin 2018 à 17 h 03 min

Il faut rappeler aux entrants que William Legland est aussi inutile qu’un marin sans couteau, qu’une femme sans con, qu’un cardinal sans enfants de choeur …!

Paul Edel dit: 24 juin 2018 à 16 h 45 min

jazzi tu fais erreur pour Aragon car il a multiplié les
Incipit et les préfaces pour dire comment sont nés ses romans et c est fascinant.mais il est bien sûr éloigné de toute sacralisation et pompe mystique à la Michon.

William Legrand dit: 24 juin 2018 à 16 h 37 min

jean-Claude Goering s’est débarrassé de son bracelet électronique, alors il clabaude ! Next ? : rien, du vide, total

Jean dit: 24 juin 2018 à 16 h 36 min

Il me semble que Michon est un de nos meilleurs paysagistes : les paysages de la Creuse dans « La Grande Beune », la baie de Bourgneuf et Saint-Michel-en-l’Herm dans « Abbés », les bords de Loire et le canal de Briare dans « Les Onze », on se souvient, longtemps après avoir lu ces livres, des lieux qu’il y évoque, on reste sensible à leur charme. Le génie des lieux est bien là. Il touche juste, et, comme souvent chez lui, c’est presque sans avoir l’air d’y toucher. La délicatesse, la discrétion, la finesse du toucher, vertus majeures chez Michon. Et vertus suffisamment rares dans la littérature contemporaine pour qu’on les signale.

radioscopie dit: 24 juin 2018 à 16 h 31 min

Parmi les contributeurs (au Cahier de l’Herne) Millet, Bergounioux, M-H. Lafon (la « famille » notamment géographique) et le trop tôt disparu Mathieu Riboulet.

D. dit: 24 juin 2018 à 16 h 30 min

Moi je n’aime pas les noms qui commencent par Mich, autant que ce soit dit. Michon, Michaud, Michalon, Michelin, Michelet : je mets tout ça dans le même sac des Mich dont je me tiens éloigné.

Jean-Claude Goering dit: 24 juin 2018 à 16 h 24 min

Connaitre Pierre Michon peut-il permettre de ne pas finir en terre bouffé par les vers ou dans un four à pizza tristement entouré ?

Si oui, bonne nouvelle.
Si non, next !

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 16 h 22 min

Je suis en train de relire le « Aurélien » d’Aragon. C’est une suite de pages d’anthologie ! Un pavé de 700 pages, écrit en une année, sous l’Occupation. Et pourtant, pas de gras pour autant. C’est constamment brillant, peut-être un peu trop même pour être honnête ? Comment faisait-il, Aragon ? Tout le contraire de Michon, attendant toujours le rare moment de grâce. Chez Aragon, on a l’impression que ça coulait toujours abondamment de source ? On dirait qu’il lui était facile d’écrire, autant pour ses romans que pour ses poèmes. Un mystère ! Je ne me souviens pas qu’il ait beaucoup parlé du métier d’écrire ?

Jean dit: 24 juin 2018 à 15 h 52 min

Michon, en somme, c’est un comédien raté (jazzi)

Un comédien raté, ce n’est pas un comédien qui n’a pas réussi à se faire un nom, c’est un comédien qui n’a pas de talent : ça n’a rien à voir.

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 15 h 51 min

« Quelle salle….? »

Dans tous les bons salons de thé, JCG ! ça fond sous la langue entre deux lampées. Un peu comme du Duras, mais en nettement plus corsé et enraciné dans son coin de la France profonde. De belles miniatures à ne pas confondre toutefois avec des mignardises…

radioscopie dit: 24 juin 2018 à 15 h 43 min

Cet « alloi » est grand, ou si l’on préfère, référé à Michon a quelque chose de fleury. Autrement dit cet « alloi » est groin. Ou, comme pourrait dire Janssen J-J, ne manque pas d’all(h)ure.

Jean dit: 24 juin 2018 à 15 h 43 min

Michon, en somme, c’est un comédien raté (jazzi)

Comédien raté … voire. Il faudrait l’avoir vu en Pozzo pour en mieux juger.
Puisqu’il était question récemment des romanciers qui font la nique aux historiens, convenons que « Les Onze » est une des plus belles réussites du genre.

Delaporte dit: 24 juin 2018 à 15 h 42 min

« Son papier aurait dû être titré : « Michon en majuscule » ou « Sa Majesté des gueux » ? »

Moi, j’aurais choisi : MICHON IMPOSSIBLE !

Jean-Claude Goering dit: 24 juin 2018 à 15 h 41 min

Il est clair que si « Céline est ennuyeux », il faut téléphoner à la Déchetterie de Merde en Bareuil pour emporter ce qui reste de Gigi la Larve, avant que la pestilence fasse des morts !

Jean-Claude Goering dit: 24 juin 2018 à 15 h 38 min

On me dit que c’est un écrivain connu dans le musée de la littérature. Ah, bon ! Quelle salle….?

Chaloux dit: 24 juin 2018 à 15 h 37 min

 » L’ennuyeux Céline » est tout de même beaucoup moins ennuyeux que la barbante Gigi, qui n’en rate pas une, décidément.

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 15 h 35 min

Michon, en somme, c’est un comédien raté, qui s’est fort heureusement reconverti dans la littérature. Il a quand même fini par décrocher un beau second rôle au cinéma, dans le « Barbara » de Mathieu Amalric. Ce n’est plus tout à fait le même physique que celui du mignon Pozzo des débuts…

christiane dit: 24 juin 2018 à 15 h 29 min

Mêmes terres d’enfance que sapience malivole…

Je suis heureuse de lire ce magnifique billet sur Pierre Michon et d’apprendre la parution de cet ouvrage qui montre l’importance que lui reconnaît le monde de l’écriture.
Peut-on parler de « fictions biographiques » avec l’emploi de cet irréel du passé ? Ce qui aurait pu être… mais qui n’a pas été, une sorte détournement. Il écrit ce qui l’empêcha d’écrire si longtemps. Ainsi quand il commença la rédaction des Vies minuscules, il confia* s’être dit : «  »Mais bougre d’âne, pourquoi n’écris-tu pas sur ces petites choses que tu as connues, vécues, sur ces morts ? » Alors la vie de Dufourneau, puisque c’est la première que j’ai faite, est venue comme une sorte de délivrance absolue, un petit quelque chose qui n’est pas dans le mensonge et qui m’appartient. Plus jamais évidemment, je n’aurai une telle joie »
*(propos recueillis par M.Jourde et C.Musitelli pour le n° 46, de juin 1993 de la revue « Les Inrockuptibles »)

Un long chemin emprunté aux conteurs pour retourner à soi car le narrateur ne se laisse pas oublier.

Jazzi dit: 24 juin 2018 à 15 h 14 min

ça valait le coup d’attendre ! Passou s’est défoncé sur coup-ci. Son papier aurait dû être titré : « Michon en majuscule » ou « Sa Majesté des gueux » ?

Jean dit: 24 juin 2018 à 14 h 55 min

Rien de tel pour enterrer un écrivain de son vivant avant de l’embaumer en sa présence même

A 73 piges, c’est encore un peu tôt pour l’enterrer.
J’ai trouvé l’article un peu beaucoup dithyrambique, mais si ça peut inciter quelques ignorants de Michon à y aller voir, pourquoi pas ?
Je me suis demandé si j’étais un inconditionnel de Michon ; évidemment pas, ne serait-ce que parce que je n’ai pas tout lu de lui. Mais tout ce que j’ai lu, je l’avoue, m’a fort séduit, à commencer par « Les Onze », « La Grande Beune », « Abbés ». Et puis, Michon, ce sont les pays qui me tiennent au coeur. Il en parle si bien que ça me chante — m’enchante — tout de suite.

Chaloux dit: 24 juin 2018 à 14 h 54 min

Michon, c’est vraiment bien, mais c’est aussi vraiment anecdotique. Un petit maître parmi d’autres, monté en épingle on ne sait pourquoi. Et Boucheron par là-dessus, le pompon, si l’on ose dire.
On ne comprend pas très bien si l’épithète « coincé » concerne Proust, qui, lui, n’était pas un petit maître.

Janssen J-J dit: 24 juin 2018 à 14 h 08 min

Un Minuscule obsédé du bien … magnifique hommage vraiment, Passo-doble !… ce papier m’a quasiment perché au ventre. Ce Michon, pierre psychopompe, qui nous remplace allègrement Faulkner de l’ennuyeux Céline, dans la bifurcation du monde, quel alloi (sic) pour cet homme épris de fraternité ; et quelle magnifique entreprise de la part de tous ces spécialistes de la spécialité (cis) § Je vais me ruer sur l’affaire des Onze qu’hélas je n’ai pas encore goûtée. Merci pour ce petit rappel, il ne faut jamais oublier Michon, sûr !

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