de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Les deux corps du bilingue

Les deux corps du bilingue

Le bilingue, du moins celui qui écrit dans une autre langue, est un être bicéphale qui a l’immense privilège de choisir ses parents. Mais dans quelle langue a-t-il mal ? Dans les deux, l’angoisse, puis la douleur, s’adressant à chacune de ces deux âmes. Et dans quelle langue rêve-t-il ? Dans un méli-mélo des deux. C’est le cas de Luba Jurgenson, écrivain et traductrice du russe. Au passage, elle confesse rêver plutôt d’une langue que dans une langue : l’allemand… Ce léger décalage reflète bien l’esprit de Au lieu du péril (120 pages, 13,50 euros, Verdier), récit d’une vie passée dans un pays personnel que l’on dirait entre-deux langues aussi naturellement qu’une certaine région gasconne est dite Entre-deux-mers.

On croise le poète Joseph Brodky chez lui à New York, recréant sa petite Russie et son Moscou intérieur dans sa tanière de Greenwich Village, s’obstinant à écrire de la poésie rimée en anglais en dépit des critiques. On suit l’auteur dans la Kolyma, sur l’absence de traces laissées par le fantôme de Varlam Chalamov. On se retient de lâcher son livre pour se reporter à ceux qu’elle évoque brièvement mais si justement, Le Rêve d’un homme ridicule de Dostoïevski ou Les Âmes mortes de Gogol. On la suit dans ses pérégrinations parisiennes, croyant assister à la résurrection du temps à la vue d’un wagon du métro, ou recherchant dans les restaurants les odeurs du XIXème siècle

Pour autant, ce ne sont pas là les souvenirs d’une traductrice, mais un récit littéraire, une réflexion d’une grande délicatesse et d’une vraie profondeur, riche en pistes et en intuitions, jouant sans cesse sur le sens, les sens et la sensibilité, sur ce que cela signifie d’être née dans une langue et de penser dans une autre. L’auteur a la passion des interstices et tout ce qu’elle écrit s’y réfugie. Tout en regrettant que l’on donne si rarement la parole au bilinguisme, et qu’il n’ait pas eu son chroniqueur, elle propose de se livrer modestement à un reportage sur cet étrange état où vivent des millions d’êtres, mais dont une poignée seulement ont fait une profession en transportant la littérature d’une langue à l’autre.

Ce n’est pas seulement une question de mots mais de corps. Rien n’est plus physique que ce décentrement vécu comme une transplantation. Le bilingue a deux corps jumeaux « mais pas habillés pareil ». Luba Jurgenson a une main russe et une main française. Mais quand elle dit « corps », c’est uniquement en français car en russe, cela serait aussitôt objectivé en chair, muscles etc et cela sonnerait plus « pitoyable »

Luba Jurgenson est à l’affût d’un incessant va-et-vient des noms de personnes ou de lieux. Une manière d’être dedans et dehors à la fois. Il faut être double comme elle, et avoir désappris à rouler les r, pour s’accrocher à l’accentuation des mots français sur la dernière syllabe, ou au tombé de l’accent sur l’avant-dernière syllabe en polonais, et en tirer une leçon de vie sur « la limite avant la limite ». On s’en doute, les traducteurs se délecteront de ce récit et se retrouveront dans l’idée qu’un sens nouveau jaillit lorsqu’on ne trouve pas d’équivalent.

Jusqu’à l’âge de 17 ans, elle pensait en russe ; après… Le français ne lui était pas une langue acquise ; elle l’a appris, l’adopté avant de le naturaliser. Ce qui lui permet de dire que c’est sa seconde langue natale. Celle de sa re-naissance. Le moment de bascule date de 1991. Une telle précision déroute ceux qui s’imaginent que ces choses-là adviennent insensiblement, par un glissement progressif. Pourtant cela faisait déjà trente ans qu’elle avait été inscrite dans une école française de Moscou. Mais le symbole était ailleurs : il a fallu que l’Union soviétique, « pays où la pénurie avait atteint les mots », cesse d’exister, que son pays natal disparaisse, et que s’enfuie ce qu’elle avait fui, pour qu’elle puisse entretenir des relations plus apaisées avec sa langue maternelle, et qu’elle puisse s’émerveiller de sa capacité à déplier des mots et à « froisser des fraises »

Autre date : 1981. Son premier livre, une recueil de nouvelles intitulé Avoir sommeil, paraît, en français chez Gallimard. Souterrainement, c’est aussi une manière de mettre à distance les actes déshonorants commis en russe : « Ecrire, c’est transformer les hontes du passé en titres de gloire ».  Dès lors, il lui prend de vouloir traduire des textes russes en français et de saisir l’occasion de s’emparer d’Oblomov, le roman d’Ivan Gontcharov, ce qui lancera une brillante carrière de traductrice (on lui doit entre autres Têtes interverties de Léonid  Guirchovitch, les Récits de la Kolyma de Chalamov, des romans de Nina Berverova et des œuvres de Marina Tsvetaeva). Sans varier dans la méthode : d’abord le mot à mot et le premier jet avant la réécriture, ou pas, question de tension initiale. Sans que cela lui monte à la tête : traduire, faire la navette, c’est fabriquer une copie, il n’y a pas à en sortir.

(Illustration Museo del libro. Fadrique de Basilea, Burgos) 

 

 

 

 

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686 Réponses pour Les deux corps du bilingue

Marcel dit: 26 décembre 2014 à 3 h 29 min

la vie dans les bois dit: 27 novembre 2014 à 16 h 42 min
La manière qu’elle a de décrire un oeuf à la coque, mme jurgenson, ne donne pas trop envie; ça grouille de mots qui dégoulinent sur le bord du cocotier, à se demander si elle fait pas une intoxication comme ce pauvre Marcel avec les fleurs.

Ah bah ça, c’est le coquetier !

la vie dans les bois dit: 30 novembre 2014 à 11 h 49 min

Hello Fons,
…ancora qui.
Une amie va faire la traduction de cette chanson, artiste tres connue in Italia. A dopo.

renato dit: 30 novembre 2014 à 10 h 43 min

« ‘chissà’, aucune idée d’où ce que ça peu venir »

« chissà » (loc. adv.) c’est la phrase interrogative « chi sa? » « cristallisée » avec valeur adverbiale pour exprimer « doute », « incertitude », « un vague espoir ». Le mot peut aussi servir pour éluder un réponse, il vaut donc « peut-être », « probablement », « il se peut ». Et aussi pour des locutions à valeur indéterminées « chissaddove »… « qui sait où ».

Fons dit: 30 novembre 2014 à 9 h 07 min

La morale e alle stelle, vous dites chère ‘vie’, donc tout en haut au ciel où il y a cette mystérieuse ‘bomba’ dans la chanson? Plutôt de bonnes nouvelles? ou est-ce que je me trompe de nouveau de vocabulaire comme pour la cantina, que j’avais compris tout à travers. Mais j’ai vu dans le dictionnaire qu’en espagnol on revient à la cantine côté resto.

Anyway, merci Renato pour la petite correction. Ah comme ces premières lignes sont toutes simples si quelqu’un vous donne la solution. Et merci pour le lien vers la chanson que je viens de cliquer. Si j’avais entendu et regardé la chanson avant, peut être j’aurais sû trouver un meilleur rhythme pour traduire.
Che donna terribile elle est cette Gianna! En lisant seulement le texte de la chanson, je n’avais aucune idée qu’est-ce ça pouvait être comme chanson, et je la lisait plutôt un peu comme un texte vieillot un peu old fashioned, conduit en erreur aussi par le titre ‘Fotoromanza’ qui me faisait penser à une romaze plutôt kitsch.

buona domenica

ah oui j’allais oublier, Zeno: vous croyez que le Herr Professor va jamais trouver le temps pour nous donner un petit exemple de son

Les phrases de Musil, c’est tout un monde. Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est tant que vous ne les avez pas lues en allemand.

il doit être tellement occupé à corriger les copies de ses élèves et à préparer ses cours.

renato dit: 29 novembre 2014 à 10 h 58 min

Fons,

un bout avant de prendre le train, le reste plus tard ou demain, mai peut-être que d’ici là vous auriez corigé:

« Si le soir tu ne sort pas
tu te prépare un sandwich pendant que tu regarde la télé …
toi aussi? »

Ah! cantina vaut cave, elle a donc le moral à la cave…

zeno dit: 29 novembre 2014 à 10 h 48 min

Widergänger : « mais franchement, mes petits chéris, à mon humble avis, tant qu’on n’a pas mis le nez dans le texte de Musil en allemand, on ne peut rien comprendre à L’Homme sans qualité. Rien de rien…. »

Widergänger, merci, vous confirmez parfaitement mon propos : il vaut mieux lire l’HSQ en français en comprenant de quoi il parle que le lire en allemand en passant totalement à côté du propos.

vous en êtes le parfait exemple.

Fons dit: 29 novembre 2014 à 9 h 59 min

Ah mille d emille de …

c’st quelque part vers le milieu que je dois m’être trompé avec un truc pour mettre en italique. dommage qu’il n’a pas une fonction edit. J’espère que vous arrivez à vous en sortir quand même plus ou moins. Oui je sais, le Herr Professor il ne doit avoir que des copies bien propres et sans ratures and all. Mille gracia per lei indulgencia (?).

Fons dit: 29 novembre 2014 à 9 h 52 min

Renato, merci pour cette aide au sujet des pronoms. Comme je n’avais pas compris la déclinaison de ‘tu’, je n’arrivais pas à mon sortir qui téléphonait à qui. Je n’ai pas encore essayé le lien vers youtube que vous avez mis, car un peu comme la dame du billet l’explique dans l’émission de radio, je veux tester sans images ce qui ce cache bien au fond de ma mémoire comme reste de ce cours volontaire il y a plus ou moins 40 ans et des six années de latin, dont il ne reste pratiquement plus rien non plus, car je n’étais jamais trop fan de ce travail au plus et comme mes amis dans les banscs tout au fond de la classe, j’avais à chaque fin d’année beaucoup de problèmes pour avancer vers la classe supérieure. Donc ici mon essai de traduction:

Se la sera non esci,
cela ne sera pas la soirée espérée (‘esci’ aucune idée, mais comme ça va bien avec espoir ou peut être planifiée?)

ti prepari un panino mentre guardi la tv …
(hm c’est le i dans ‘prepari’ qui me fait sourtout des soucis. j’essaye avec) toi tu te prépares une ‘panino?’ (qch avec pain, non?) un petit pain ‘mentre’ (aucune idée) tendre (tout à fait deviné) pour regarder la tv …

anche tu…?
et toi?

ti addormenti con qualcuno
(oh mama mia, c’est dur) tu vas adorer avec calcul (vous devez être en trai de bien rire avec cet essai à l’aveugle)

che alla luce del giorno non conosci piu’ …
comme tu ne vais pas trop attention à la lumière du jour

anche tu…?
et toi?

ti telefono o no, ti telefono o no …
je te téléphone ou pas, je te téléphone ou pas (merci pour votre aide)

ho il morale in cantina
ah, ça a l’air marrant) j’ai la morale tout bas (j’aime le mot ‘cantina’ sans être sûr de son sens, est-ce qu’on va aller manger ou est-ce en relation avec ‘cantare’ et une chanson?)

mi telefoni o no, mi telefoni o no…
tu me téléphones ou pas, tu me téléphones ou pas

chissà chi vincerà …
on verra qui vaincra (bien que ‘chissà’, aucune idée d’où ce que ça peu venir)

Poi se ti diverti,
tu vas te divertir un peu (mais ‘peu’ serait plutôt piu ou qch, non?)

non la metti da parte un po’ di felicità …
tu ne vas pas mettre ta part d’un peu de bonheur …(Ooops de nouveau ça n’a pas trop de sens)

anche tu…?
et toi?

io vorrei sognarti,
moi j’aimerais bien une petite (‘sognarti’? je ne veux pas trop risquer une devinette, comme on ne sait pas trop si une donna gentile vas lire ceci)

ma ho perduto il sonno e la fantasia …
mais j’ai perdu le (‘sonno’?) envie de chanter (deviné) et mon imagination
anche tu…?
et toi

Ti telefono o no, ti telofono o no…
je te téléphone ou pas, je te téléphone ou pas

io non cedo per prima…
moi je ne vais pas céder la première.. (ah ça je le connais de la part de la cheffe)

mi telefono o no, mi telefono o no, …
tu me téléphones ou pas, tu me téléphones ou pas,…
chissà chi vincerà …
on verra qui vaincra …

Questo amore è una camera a gas …
(oops, voilà que je vois le mot amore, et que que je me dis, on va passer aux choeses sérieuses, et puis il y a ce ‘gas’, on ne va quand même pas retourner trois billets en arrière vers cette théorie de ce philosophe Godwinum! allez j’essaie:)
La recherche de l’amour c’est une chambre à gas … (espérons qu’il n’y a pas de Türsteher qui lit jusqu’ici)

è un palazzo che brucia in città …
c’est un palais de ‘brucia'(?, aucune idée) dans la cité (dans la ville)

questo amore è una lama sottile …
la recherche de l’amour c’est une ‘lama sottile’ (mama mia, je dois éviter de penser à cet animal crachant, peut être une lame coupante? ‘sottile’ ça pourrait être famille avec sot, stupide) d’une lame stupide (oh que vous devez bien rire)

è una scena al rallentatore
c’est une scène au ralenti (ça a l’air facile, quand les mots ressemblent au français)

questo amore è una bomba all’hotel …
la recherche de l’amour est une bombe à l’hôtel (ça ne fait pas trop de sens, l’amour à l’hôtel, ok, mais pourquoi une bombe? un amour aussi violent que chez Reinhardt dans les pages que Playmobil Man déteste?)

questo amore è una finta sul ring
la recherche de l’amour c’est un piège sans fin (allez, j’essaie un peu à imaginer)

è una fiamma che esplode nel cielo…
(c’est quoi?, pourquoi ils n’ont pas mis un ‘l’ au lieu du ‘i’ dans ‘fiamma’, une flamme d’amour ç’aurait été tout simple, non?) c’est une ? qui explose à l’approche du ciel…

questo amore è un gelato al veleno
(ah! ‘gelato’ ça a l’air facile et ça va bien avec Renato, ça doit avoir été bien amusant pour vous étant enfant à la recherche permanente d’un dulce gelato)
la recherche de l’amour c’est une glace toute douce (‘velano’ tout deviné)

io non riesco a dirlo …
moi je ne ????? (sorry, mais aucune idée)

è che ti vorrei soltanto un po’ di più …
et j’aimerais bien que toi tu mettes aussi un peu de ta part (justement pace que ça a l’air d’aller bien avec le contexte)

anche tu?
et toi?

Io vorrei toccarti ma più mi avvicino
moi j’aimerais que tu essaies de me montres un peu plus de persuasion (plutôt essai de dviner pour toute la phrase)

e più non so chi sei…
et je suis un peu différent de toi.. (oh mama mia! c’est bien qu’on arrive à la fin, je ne m’y retrouve pas dans ces mots tout courts)

anche tu?…
et toi?

heureusement à partir de maintenant la chanson se répète et je peux vous rendre ma copie. Déjà comme il y a plus que quarante ans, je n’ai pas trop envie de relire ma copie, sachant bien que ça va faire encore baisser ma note. J’ai fait de mon mieux et sans tricher avec des aides à la leo.org J’espère que pour vous la correction ne sera pas trop laborieuse et à vous arracher les cheveux en tout désespoir, de ne pas être tombé sur un élève aussi appliqué que les élèves que le Herr Professor a dans sa classe. C’est bien que les affaires de classe ont changés depuis mon temps et qu’il n’y a plus que des élèves bien éduqués qui savent écouter leurs professeurs parlant en toute connaissance du sujet qu’ils ont à traiter.
et svp pas de stress pour corriger, car j’ai un weekend très rempli en vue, avec bazar de bienfaisance, d’où je vais encore ramener un tas de second hand livres que je ne vais jamais arriver à lire, et nombre d’autres obligations de la vie réelle, qui ne vont pas laisser trop de temps pour la vie devant l’écran. Mais peut-être la donna gentile va vous donner un coup de main pour corriger.

Buona ?????, à vous et si jamais qu d’autre a lu ce petit essai de traduction mot pour mot. Ah, si ont était demain j’essaierais avec un ‘buona domenica’, mais pour le samedi je ne me rappelle pas.

J’espère que je n’ai pas oublié un braquet pour mettre en italique, si non toute ma construction de traduction va tomber en miettes et être encore plus illisible qu’elle doit déjà sortir en poussant le send button.

B comme BERLIN dit: 29 novembre 2014 à 2 h 52 min

Le schisme vécu par l’Europe lors de la première guerre mondiale a donné de grands écrivains qui sortant des combats et ayant survécus ont, pour quelques uns, su nous donner un reflet de ce que pouvait-être cette expérience.
La fin d’un monde, le suicide d’une société, le changement d’ère…
Pour la plupart, ils étaient jeunes et ont ensuite vieilli, ce qui permet actuellement de retracer leur parcours littéraire.
Chacun a eu l’expérience de cette guerre, je parle de ceux du front, mais chacun ensuite a suivi sa propre voie.
Mais mettre un jugement de valeur +/- sur leurs textes concernant cette expérience, c’est cela que je trouvais bizarre.

renato dit: 29 novembre 2014 à 0 h 41 min

Fons,

le pronom peut avoir fonction de sujet « tu » ou de complément « te » (tonique), « ti » (atone).

Donc:
Ti telefono o no > Je te téléphone ou pas

D. dit: 29 novembre 2014 à 0 h 05 min

TKT dit: 28 novembre 2014 à 19 h 25 min

@ ®appel de Renato:
4 493 712 km2 – 507 400 000 hab. l’UE;
9 629 048 km2 – 319 300 000 hab. les USA;
17 125 242 km2 – 145 666 931 hab. Russie;

Cela rappelle surtout que l’U.E. est la région la plus agréable à vivre, bonne relation climat et ressources humaines ou physiques.

Raisonnement erroné, Thierry.
La densité plus faible aux USA et en Russie n’est due qu’à une natalité moyenne plus faible sur le long terme. Rien d’autre. Tout est question de propension d’une population à croitre, y compris dans les conditions les plus difficiles. Regardez dans d’autres régions du Monde : Maghreb, Afrique noire, Philippines etc..

Fons dit: 28 novembre 2014 à 23 h 15 min

Bonsoir Herr Wieder

Donc Musil vous le lisez bien en allemand, et le Samarago en portugais, oui ou non? Et concernant votre ‘Platz des Dorfes’, Musil n’écrit pas non plus ‘Straße des Dorfes’ mais bien ‘Dorfstraße’, comme vous le voyez dans sa phrase suivante au chapitre avec le titre Moosbrugger:

QUOTE

Moosbrugger war als Junge ein armer Teufel gewesen, ein Hüterbub in einer Gemeinde, die so klein war, daß sie nicht einmal eine Dorfstraße hatte, und er war so arm; daß er niemals mit einem Mädel sprach.

END QUOTE

Renato, bien que la caravane rdlienne est en train de passer au billet suivant, j’essaie toujours de comprendre votre chanson. Ce sont surtout le pronom ‘ti’ et les verbes se terminant par ‘i’ qui me posent des problèmes et c’est dur de résister à ne pas aller chercher conseil chez leo.org

Widergänger dit: 28 novembre 2014 à 22 h 40 min

Je ne voudrais pas jouer au pédant, c’est pas mon genre… mais franchement, mes petits chéris, à mon humable avis, tant qu’on n’a pas mis le nez dans le texte de Musil en allemand, on ne peut rien comprendre à L’Homme sans qualité. Rien de rien.

Il faut imaginer des gens appartenant à la grande bourgeoisie cultivée, doués d’un solide sens de l’humour très raffiné, en train de s’entretenir de l’avenir du monde en évoquant les souvenirs du passé avec une distance toute aristocratique, faisant des jeux de mots subtils, se lançant dans des spéculations de haut vol, et vous aurez le ton, en allemand, du récit de Musil. Ce n’est sensible qu’en allemand, si grandiose et merveilleuse soit la traduction de Jaccottet. Il ne peut pas rendre les jeux de mots, les raffinements d’une telle conversation entre gens bien nés.

Les phrases de Musil, c’est tout un monde. Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est tant que vous ne les avez pas lues en allemand. Une merveille de style, tout un monde lointain…

Passou dit: 28 novembre 2014 à 22 h 28 min

A Paul Edel de 19.11, Ne pas oublier « La comédie de Charleroi », d’une grande justesse de ton, injustement souvent passée à la trappe parce que signée Drieu la Rochelle

zeno dit: 28 novembre 2014 à 22 h 09 min

vous avez raison Widergänger, vous m’en voyez désolé.

non, ce que je voulais juste dire c’est qu’il me parait un peu futile d’insister sur la qualité des traductions au regard du si peu de matières retirées par nos lecteurs.

c’est un eu comme ces américains qui sont capables de manger des mets raffinés en buvant du coca cola.

j’aimerais que nos lecteurs soient moins soucieux des détails et plus sensibles aux généralités, surtout les personnes qui ont quelques responsabilités politiques et sociales, pour les autres je ne vois pas l’intérêt qu’ils perdent du temps à lire, la lecture juste pour le petit plaisir de lire et d’agrémenter sa vie me semble être une activité égoïste et peu essentielle.

renato dit: 28 novembre 2014 à 21 h 13 min

Musil n’a pas prévu. Il ne faudrait pas oublier Max Weber: « le pouvoir des bureaux ». Et Musil a bien réfléchi au caractéristiques de la forme de cet « exercice du pouvoir », il a donc déduit, plutôt que prévu.

Bon, inutile de se perdre dans l’histoire, mais il me semble évident que depuis Bonaparte nous vivons dans un espace articulé autour de la bureaucratie: un espace structuré par des règles toujours plus impersonnelles et abstraites.

Il faudrait voir maintenant quelle sera l’évolution de la chose nommée « big data », mais il ne faut pas rêver: la matrice bureaucratique reste et les stratégies aussi, même si l’administration devient plus flexible.

zeno dit: 28 novembre 2014 à 19 h 59 min

D’autant que Musil avait prévu la tournure que prendrait notre modernité, à savoir une multiplication des savoirs et une profusion des discours visant à complexifier le monde.
Musil a me semble-t-il voulu montrer la voie d’une littérature essayiste essayant de prendre de la hauteur sur cette illusion de complexité.
L’équilibre entre la raison et le sentiment n’est pas facile à trouver. Il en va de la littérature comme de la politique : nous louons plus facilement des auteurs pour leurs capacités à produire des sensations et des émotions plutôt que des idées.

Paul Edel dit: 28 novembre 2014 à 19 h 58 min

J.-C. Azerty
l’interet de Jünger, c’est qu’il ne cache pas que nous ne sommes pas « un » ,une « identité » simple et unique , mais plusieurs personnes en une, et que les moments de pus grand danger.. quand il entre dans la zone mortelle de l’attaque sous un délige de fer, avec sang froid, ca lui revèke quelqu’un d’uatre jubilant..et calme aussi..dans une autre vérité.. et lui fait découvrir un autre personnage en lui.. c’est tout ce que je veux dire.; pour le reste, courage, honneur, patrie, fraternité, il dit quand même que la vérité d’un homme jeune est face à la mort..

J.-C. Azerty dit: 28 novembre 2014 à 19 h 48 min

L’expression « la teutonnerie de base » employée par Bloom pour évoquer indirectement « Orages d’acier » me paraît tout de même trahir je ne sais quels préjugés, préventions, a priori, dont il serait intéressant de cerner l’origine. A vrai dire, cette origine, je serais hypocrite si je disais que je l’ignore absolument. Hi hi.

J.-C. Azerty dit: 28 novembre 2014 à 19 h 38 min

et ses descriptions sont mises sous une lumière impitoyable d’un guerrier qui aime la guerre. On découvre la jubilation d’un Siegfried qui veut terrasser le dragon. (Paul edel)

Autant je suis d’accord avec ce que Paul Edel dit de l’acuité des sensations — notamment dans ces pages hallucinées qui, vers le début du livre, décrivent des scènes de la bataille du chemin des Dames –, autant je cherche en vain dans le livre ce point de vue d’un « guerrier qui aime la guerre » et qui, en somme, en ferait l’apologie — ce qui reviendrait à lui faire adopter une position opposée à celle d’un Remarque ou d’un Genevoix –. Il ne faut pas confondre non plus la prise de distance lucide dont témoigne plus d’une page du livre avec cette « froideur de spectateur » dont parle Paul Edel. Ce serait, à cet égard, intéressant d’étudier de près (je pense que ça a déjà dû être fait) la distance qui sépare les notes prises par le combattant dans ses carnets et la mise en oeuvre littéraire qui est celle d’ « Orages d’acier ».

zeno dit: 28 novembre 2014 à 19 h 32 min

pour Musil, je ne suis pas sûr que la traduction ait une si grande importance, l’important est déjà de comprendre en gros ce qu’il veut nous dire, où il veut en venir et pourquoi il veut en venir là où il en vient, il vaut mieux lire Musil comme un lecteur inculte (dans le sens que Valéry donne à cette expression).
Quand j’ai lu la première fois j’ai tout de suite compris ce que Musil avait dans la tête : sur l’approche déductive et inductive appliquée à une vision sociale et politique(surtout aujourd’hui où la théorie a pris le pas sur l’imagination), sur la confusion (si fréquente) que nous faisons tous entre les raisons (explicatives)et les causes (normatives), sur l’insuffisance des raisons normatives à expliquer nos actions… quand je suis arrivé au chapitre sur la visite de Stumm à la bibliothèque j’ai reconnu de suite le théorème de Gödel appliqué aux livres (où Musil, en s’amusant à remplacer les nombres par les livres et les ensembles par les bibliothèques en arrive à démontrer que si nous avons en main une bibliographie de toutes les bibliographies, alors le livre que nous cherchons dans un rayon de la bibliothèque est celui que nous avons dans la main pour le trouver)…. pour comprendre ces idées la qualité de la traduction ne présente pas un grand intérêt, à la limite un lecteur portugais d’une mauvaise traduction portugaise (pourquoi le portugais? c’est aussi vrai pour suédois) ayant lu Davidson et Wittgenstein aura plus de chance de comprendre Musil qu’un lecteur autrichien ne les ayant jamais lus. Je suis toujours étonné quand on me dit que Musil est compliqué à lire et à comprendre : c’est l’écrivain le plus simple à lire de tous les écrivains…

TKT dit: 28 novembre 2014 à 19 h 25 min

@ ®appel de Renato:
4 493 712 km2 – 507 400 000 hab. l’UE;
9 629 048 km2 – 319 300 000 hab. les USA;
17 125 242 km2 – 145 666 931 hab. Russie;

Cela rappelle surtout que l’U.E. est la région la plus agréable à vivre, bonne relation climat et ressources humaines ou physiques.

Paul Edel dit: 28 novembre 2014 à 19 h 11 min

L’originalité de Jünger, c’est qu’il a noté sur un carnet, au jour le jour, sa guerre 14-18 si personnelle (il avait 19 ans au début et voulait toujours dés 15 ans, s’engager.. dans laa Légion..) ses sensations, et disons le sa jubilation dans les moments où ,parmi les obus, mines, shrapnells, ,éclats de bois ou d’acier ,et noyaux d’acier, il décrit ses freres d’armes atteints parfois au visages, agonisant autour de lui, avec une froideur de sectateur, ne déclenchent pas d’affects mais tres concentré sur véritable accélération de l acuité de ses sens, une sorte d’ivresse et de film mental enrichi de sensations acoustiques et visuelles dans les grandes atttaques, au cours desquelles il est blessé .., mais jamais il ne perd une image, une sensation, et ses descriptions sont mises sous une lumière impitoyable d’un guerrier qui aime la guerre. On découvre la jubilation d’un Siegfried qui veut terrasser le dragon.
.On ne trouve pas ça dans les autres récits français, de Céline à Barbusse, ou de genevoix à Giono, (Barbusse est sans doute un des plus précis dans les scènes d’attaque) .enfin Jünger ne cache rien du comportement érotique des femmes françaises envers les allemands dans les villages occupés.

J.-C. Azerty dit: 28 novembre 2014 à 19 h 02 min

Je pense qu’en Allemagne « Orages d’acier » est devenu un classique, mais il l’est autant en France, et il le doit largement à l’admirable traduction de Henri Plard. Je trouve que, parmi les écrivains européens, les germanophones ont été plutôt bien servis par leurs traducteurs français : voyez les traductions de Handke, de Bernhard etc. (sans remonter jusqu’à Rilke…).

Ludo R. dit: 28 novembre 2014 à 18 h 44 min

J.-C. Azerty dit: 28 novembre 2014 à 18 h 07 min
Je ne sais plus qui a traduit Orages d’acier en français ( Bloom)

Elle est de Henri Plard
——

Paul Edel dit: 28 novembre 2014 à 18 h 26 min
c’est henri Plard qui a traduit(tres bien) les « orages d’acier »
——

gilbert g dit: 28 novembre 2014 à 18 h 36 min
Bloom dit: 28 novembre 2014 à 17 h 50 min
Je ne sais plus qui a traduit Orages d’acier en français;

Henri Plard.
———-

Je confirme : c’est Henri Plard.

B comme BERLIN dit: 28 novembre 2014 à 18 h 43 min

Cendrar n’a pas du tout le même point de vue, et pourtant il était en première ligne.
Quant à Celine…

Paul Edel dit: 28 novembre 2014 à 18 h 41 min

« Strahlungen » (« rayonnements « )a été aussi traduit par Henri Plard, puis il a revu la traduction de Frederic de Towarnicki pour le « premier journal parisien » de Jünger,(18 février 1941- 23 octobre 1942) » ainsi que les « notes du cCaucase »(octobre 1942 ,février 1943) de Jünger, dont Jonathan Littell s’est inspiré dans « les Bienveillantes »
Plard a aussi corrigé la traduction de Towarnicki du « second journal parisien » (février 1943 au 13 aout 1944)
enfin il a également traduit, seul, le texte fascinant « la cabane dans la vigne « sur les années d’Occupation des Alliés en Allemagne.. excellent document..(11 avril 1945- novembre 1948)
L’ensemble de ces traductions est vraiment passionnant. Voir volumes Pleiade de Jünger.

J.-C. Azerty dit: 28 novembre 2014 à 18 h 38 min

Azerty, jugement de valeur bizarre… (B comme Berlin)

Bizarre parce qu’insuffisamment motivé, comme la plupart des jugements portés dans les commentaires de ce blog. Dans le genre, la « teutonnerie de base » de Bloom n’est pas mal non plus. C’est un peu comme si je devais justifier que, dans la littérature grecque, dans le domaine du témoignage vécu, il n’y a qu’un Xénophon. Eh bien, je dirais volontiers que dans la littérature inspirée par 14/18 — et bien que je ne méconnaisse nullement les mérites d’un Genevoix, d’un Remarque etc. –, il n’y a qu’un Jünger. Il est au-dessus du lot. Très au-dessus. Cela tient à la fois au caractère absolument saisissant du témoignage (il est vrai que Jünger a passé une bonne partie de la guerre en première ligne) et à la hauteur de vues. C’est cette alliance qui fait, pour moi, d’ « Orages d’acier », le plus grand livre sur 14/18. Si c’est ça la « teutonnerie de base », comme dit Bloom, je prends !

gilbert g dit: 28 novembre 2014 à 18 h 36 min

Bloom dit: 28 novembre 2014 à 17 h 50 min
Je ne sais plus qui a traduit Orages d’acier en français;

Henri Plard.

Paul Edel dit: 28 novembre 2014 à 18 h 26 min

c’est henri Plard qui a traduit(tres bien) les « orages d’acier » d’ernst Jünger et qui a soumis sa traduction à Jünger qui parlait bien et comprenait parfaitement notre langue pendant ces années passées sur notre sol ……………………………..

Bloom dit: 28 novembre 2014 à 18 h 23 min

Enfin une réflexion tirée d’un article du Monde qui sort de l’ordinaire filet d’eau tiède:
« Intéressant de voir comment le Web, en fédérant les gens dans leur famille de pensée, leur groupe ethnique, religieux, politique, devient une machine à fabriquer de la censure. Loin d’unifier la société, il l’atomise. Outil planétaire de la mondialisation, il est dans le même temps le lieu de sa crispation : le retour au groupuscule et au sectarisme. »
Laurent Carpentier, reporter culture.

J.-C. Azerty dit: 28 novembre 2014 à 18 h 07 min

Je ne sais plus qui a traduit Orages d’acier en français ( Bloom)

Elle est de Henri Plard, je crois. Admirable traduction d’un livre lui-même admirable, très au-dessus des témoignages français sur 14/18 (les Genevoix et compagnie).

Bloom dit: 28 novembre 2014 à 17 h 50 min

Phil dear, je me souviens en effet de ces 4 tomes chez Folio que lisait avidement mon cher père et qui l’aidèrent à traverser presque allègrement une période difficile de son existence. Tu verras quand tu seras en âge, me disait-il, Musil t’amusera, mais pas seulement…
J’ai toujours trouvé l’Asie propice à lecture d’oeuvres de conséquence du type poésie du Sangam, Bashô, grand romans classiques chinois, bien sûr, mais aussi pour ces de bons vieux textes bien d’chez nous qui vous permettent de nous abstraire les déluges de mousson, ou la fournaise des mois d’avril et mai en redécouvrant les quatre saisons et les charmes des hivers sur papier. Musil était très en vogue chez lez médecins épidémiologistes dans les années 80, dans l’édition en deux volumes du Seuil; Conrad aussi, probablement pour les tropiques passés au prisme du tropisme introspectif. Un ami a mis à profit ses quatre années en Asie du sud pour lire toute la Recherche, puis s’est attaqué à la Bible, à l’Iliade et l’Odyssée lors de ses quatre années suivantes en Australie. A son retour, il est arrivé dans les tout premiers à l’agrégation d’anglais.
La traduction de Jaccottet date de 56, bonne année pour le Saint Emimile, nettement plus moyenne pour la production française de Musil dont il serait peut-être temps de réarranger les fines et complexes saveurs. Je ne sais plus qui a traduit Orages d’acier en français; en tous cas on pourrait douter, non qu’il ait été écrit par un Allemand, mais en langue allemande. Il y a quelque chose de contrariant dans le fait que la Teutonnerie de base soit mieux servie que la Cacanie…
All yours

Sergio dit: 28 novembre 2014 à 16 h 16 min

M. Steinway dit: 28 novembre 2014 à 16 h 08 min
T’en brûles un, ça sent le caramel.

A Nancy l’orchestre a un Steinway ; si on veut un Bösen faut revendre une rame de tram… Havec les pneus ! Des Michelin au poids de l’or comme dans le Corniaud…

Sergio dit: 28 novembre 2014 à 15 h 43 min

Le Club des poètes dit: 28 novembre 2014 à 14 h 43 min
ce qui n’est pas le cas des 17 125 242 km2de la Russie

Faut investir du côté de Воркута, c’est en promo…

Le Club des poètes dit: 28 novembre 2014 à 14 h 46 min

Et, si l’on ajoute de Groenland au territoire de l’UE, le rapport n’est plus tout à fait le même.

Le Club des poètes dit: 28 novembre 2014 à 14 h 43 min

Juste observation, renato, néanmoins ce qui limite la comparaison, pour la densité de population, c’est que les 4 493 712 km2 de l’UE sont habitables, ce qui n’est pas le cas des 17 125 242 km2de la Russie, ni des 9 629 048 km2 des USA car l’Alaska y est incluse.

renato dit: 28 novembre 2014 à 14 h 29 min

Bon, le groupe M5S + Ukip a été sauvé par un député Polonais selon lequel battre sa femme et ses enfants est un droit… Si à ça l’on ajoute ceux qui crient comme des forcenés que la « crise » démographique européenne* est une conséquence de la légalisation de l’avortement, on peut se demander si on est sorti de l’auberge.

* Pour mémoire:

4 493 712 km2 – 507 400 000 hab. l’UE;
9 629 048 km2 – 319 300 000 hab. les USA;
17 125 242 km2 – 145 666 931 hab. Russie;
etc., etc., etc.

Observateur dit: 28 novembre 2014 à 14 h 28 min

Clopine dit: 28 novembre 2014 à 10 h 03 min

J’adhère à une partie au moins de cette analyse : celle qui dénonce l’obséquiosité et les manières intrusives de la dame.

Obséquiosité : les gens d’ici qui aiment bien Christiane et commercent avec elle sont des gens comme Paul Edel, Barozzi, Court qui point ne dédaignent le parfum de l’encens. Le seul VIP à ne pas avoir succombé (à ma connaissance) est notre hôte, que je crois assez hermétique aux lèche-glands (de mocassins, qu’alliez vous croire).

Intrusions : je n’ai pas oublié ses manières chez Di Brazza, qui doit bien regretter d’avoir défuncté pour ne plus pouvoir l’empêcher de s’approcher de lui. Et je n’ai plus le lien vers le blog disparu d’un RDLnaute, sur la poésie je crois, qui avait fini par lui claquer le beignet avec une violence proportionnelle à son exaspération de la voir lui coller aux basques.

Salve d' Or dit: 28 novembre 2014 à 14 h 25 min

En fait, je préfèrerais qu’on ne parle pas de moi, mais de ce que je dis. Qu’on discute, qu’on argumente…

Clopine, c’ est ce que certains ont essayé de faire sur votre petit texte :

« Les fibres de la paille m’entaillaient la peau, pendant que l’ankylose gagnait et que l’épouvante (allais-je mourir en état de péché mortel ?) enserrait ma poitrine de gamine de 8 ans… »
( Il est possible de reprendre dans le détail une analyse de ce texte…)
…Ne vous a t-on jamais avouer d’ aimer vos genoux?
https://www.youtube.com/watch?v=RmPaFC_fAfw

Phil dit: 28 novembre 2014 à 14 h 19 min

quiche lorraine,
dear renato, c’est une rêverie considérable. La quiche Lorraine fut rêvée dès le seizième par un Duc Charles issu de la tige qui repoussera les Turcs à Budapest et donnera un mari à la puissante Marie-Thérèse d’Autriche. De la quiche à Bergson, pas l’intervalle d’un lardon.

TKT dit: 28 novembre 2014 à 13 h 54 min

L’égalité homme-femme est « contraire à la nature humaine », a déclaré le président turc,  »

Dans un journal germanophone, ils avaient traduit par « les femmes ne peuvent avoir les mêmes positions que les hommes »
Ce qui m’avait fait commenter sur Facebook, de quelles positions parle-t-il ? Sociale, sexuelles ?

renato dit: 28 novembre 2014 à 13 h 53 min

Fons,

« la donna gentile », au pluriel: le donne gentili.

L’uomuo gentile > gli uomini gentili.

Sauf exceptions, le singulier féminin termine en « a », le pluriel en « e »; le singulier masculin termine en « o », le pluriel en « i ».

Gentile, ici adjectif (f & m), est inchangé.

Bien, cela dit, une chanson: « Fotoromanza »:

http://youtu.be/Ma6-2CPt28A

Texte:
Se la sera non esci ,
ti prepari un panino mentre guardi la tv …
anche tu…?
ti addormenti con qualcuno
che alla luce del giorno non conosci piu’ …
anche tu…?
ti telefono o no, ti telefono o no …
ho il morale in cantina
mi telefoni o no, mi telefoni o no…
chissà chi vincerà …
Poi se ti diverti,
non la metti da parte un po’ di felicità …
anche tu…?
io vorrei sognarti,
ma ho perduto il sonno e la fantasia …
anche tu…?
Ti telefono o no, ti telofono o no…
io non cedo per prima…
mi telefono o no, mi telefono o no, …
chissà chi vincerà …
Questo amore è una camera a gas …
è un palazzo che brucia in città …
questo amore è una lama sottile …
è una scena al rallentatore
questo amore è una bomba all’hotel …
questo amore è una finta sul ring
è una fiamma che esplode nel cielo…
questo amore è un gelato al veleno
io non riesco a dirlo …
è che ti vorrei soltanto un po’ di più …
anche tu?
Io vorrei toccarti ma più mi avvicino
e più non so chi sei…
anche tu?…
Ti telefono o no, ti telefono o no …
io non cedo per prima
mi telefoni o no, mi telefono o no,
chissà chi vincerà …?
Questo amore è una camera a gas…
e’ un palazzo che brucia in città …
questo amore è una lama sottile …
è una scena al rallentatore…
questo amore è una bomba all’ hotel …
questo amore è una finta sul ring
è una fiamma che esplode nel cielo …
questo amore è un gelato al veleno…

closer dit: 28 novembre 2014 à 13 h 48 min

« L’égalité homme-femme est « contraire à la nature humaine », a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lundi 24 novembre. Cette phrase est-elle symptomatique d’un durcissement de la condition des femmes en Turquie depuis la prise de pouvoir de l’AKP, en 2002 ? »

Lire la réponse dans Le Monde en ligne:
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/11/27/les-droits-des-femmes-turques-sont-ils-en-regression_4529711_4355770.html

Et dire que certains pensent encore que la Turquie a une vocation européenne!

Et dire que certaine gémisse encore sur l’épouvantable sexisme de notre société alors que nulle part au monde, jamais, l’égalité homme-femme n’y a été autant développée! On la verra pleurer comme un veau quand la France sera à majorité musulmane…

Au fait, le bon djihadiste Hochard était un voisin de Clopine!

Giovanni Sant'Angelo dit: 28 novembre 2014 à 13 h 41 min


…@,…j’oubliais, même les cours ( plutot de tourisme ) des écoles de  » ehess « ,…c’est de la lèche diplomatique à stratification-sociale,!…
…c’est tout dire des libertés-coloniales pour se faire mettre,!…à la Don Bosco,!…
…etc,!…Ah,!Ah,!…

Daaphnée dit: 28 novembre 2014 à 13 h 33 min

Il y a comme cela nombre de personnages dont la tête est pleine d’un tel fatras qu’il finit de leur obscurcir la vue ..
Au moins n’ont-ils l’esprit borné que par de bêtes pensées, si l’on devait y ajouter de bas instincts ..

Giovanni Sant'Angelo dit: 28 novembre 2014 à 13 h 30 min


…@,…la vie dans les bois,!…12 h 48 mn,

…j’éssaie d’être libre, envers et contre tous & tout,!…c’est tout,!…

…rançonner les gens et l’humanisme aux génocides,!…quelle familles de pûtes,!…à côtoyez,!…
…l’€urope dans les merdes-mélanger,!…etc,!…

…partout ou je vais, on me demande,…à cause de mon français-français,!…vous êtes d’ou,!…je répond de Sicile,!…
…on me rétorque  » de la Mafia « ,!…je répond le seule Mafia qui existe ou que je crois connaître, c’est celle du  » Marché-Commun ),!…presque à y ajouter, le reste c’est des accidents collatéraux de soumis et persécuteurs d’états dans l’état,!….

…alors là,!…la morbidité pour corrompre les esprits à la ducilité aux managements,!…des juifs-nazis de Vichy jusqu’à nos  » particratis totalitaires « ,!…
…les écoles de tout les contrates nazis-juifs, je ne veux rien savoir, parce que s’est du théâtre, du jeux de rôles aux Tartufes-Louis XIV, XV, XVI,…
…l’humanité est dans la merde, avec le lucre, comme  » pivot « ,!…
…or, c’est l’éducation de base, aujourd’hui,!…conclusion, vivre avec, et s’en foutre le plus possible,!…

…en cas, de justifications,…se faire payez, très très chèr,!…dans ce qui fait leurs raison de vivre,!…absolutly of course,!…tuer le capitalisme, par le capitalisme,!…( tactiques )
…de toute façons, les abrutis sont éternels,!…Go,!…etc,!…

Daaphnée dit: 28 novembre 2014 à 13 h 23 min

elle y croit.

C’est bien cela le problème – avec cette compréhension très limitée – et la responsabilité de ceux qui l’ont confortée dans cette illusion ..

renato dit: 28 novembre 2014 à 13 h 20 min

Parfois, Phil, je me surprends vaguant dans une rêverie dominée par la recette de la quiche lorraine, et pourtant je ne nourrit pas un grande sympathie pour cette spécialité.

Sens caché dit: 28 novembre 2014 à 13 h 11 min

Clopine dit: 28 novembre 2014 à 13 h 02 min
En tout cas, en français, elle est parfaitement impropre et incompréhensible

Pour une fois où je comprenais Daaphnée.
Bon, l’intention vaut l’action.

Miracolo dit: 28 novembre 2014 à 13 h 06 min

« (ce qui, que vous le croyiez ou non, m’est déjà trop arrivé.) »

« à ce stade de sa sotte fatuité, elle n’en devine rien .. »

Ben non elle y croit.
C’est beau la foi.

Clopine dit: 28 novembre 2014 à 13 h 02 min

daaphnée, je comprends l’intention de votre phrase, mais non son sens. Il doit manquer quelque chose, un mot peut-être ? En tout cas, en français, elle est parfaitement impropre et incompréhensible. Wouarf.

Yapafoto dit: 28 novembre 2014 à 13 h 01 min

Clopine dit: 28 novembre 2014 à 12 h 35 min
J’ai quelques problèmes avec les compliments

Encore que pour la lèche vous soyez bien meilleure que Christiane.

closer dit: 28 novembre 2014 à 12 h 58 min

WG, l’imbécillité n’est pas le contraire de l’incompétence.

Pardon, il fallait lire: « WG, l’imbécillité n’est pas le contraire de la compétence. »

Ah la la ! dit: 28 novembre 2014 à 12 h 58 min

Clopine dit: 28 novembre 2014 à 12 h 35 min
l’habitude d’être dénigrée

Mais vous n’êtes pas dénigrée,
vous dénigrez,
nous vous répondons,
c’est tout.

Fons dit: 28 novembre 2014 à 12 h 56 min

Merci Renato pour le cours privé.

mais comment dois je dire pour mettre la donna gentile au pluriel? Je suppose que vous êtes d’accord qu’on a absolument besoin du pluriel ici à la rdl,

et ‘vie’, lei donna gentile, oui j’ai lu ce D-TKT 11 h 18 et maintenant je me demande si le TKT qui m’a offert la tasse de thé empoisonnée est le vrai ou le D-TKT. Connaissant le vrai comme un gentleman je voudrais bien mettre la tasse au dos du D.TKT, si seulement il n’y avait cette histoire de Trêves, dont seulement le vrai TKT et moi devraient se souvenir, de même comme de la Atemschaukel. Peut-être je dois quand même risquer un petit voyage à Zurich pour mettre les choses au clair,

Lavande, oui c’est intéressant d’entendre parler Arim Hassan au sujet de ses choix de langues, par exemple vers la minute 31 où il raconte comment il est déchiré entre l’Arabe et le Français (son passé et son avenir) Du Gaza il a malheureusement plutôt des cauchemars que des rêves.

Impressionnant le parcours langues de votre fille, elle devrait bien rire de nos pauvres essais ici et de ceux du Herr Professor inclu. Si vous trouvez le temps, je suis assez sûr que l’émission radio va vous intéresser.

bon, ici il y a le soleil et pas ue minute À perdre pour aller promener. J’ai entendu à la radio des nouvelles qu’au Hexagone il y a des régions assez sinistrées par de fortes pluies. En souhaîtant que les rdliens ne sont pas concernés de trop près, et courage aux gens qui le sont après tout.

un buon p…., vous voyez Renato, j’ai déjà oublié et je dois aller demander à leo.org, mais avouez ce n’est pas facile ce pomerrigio.

closer dit: 28 novembre 2014 à 12 h 55 min

Widerganger:
« Non, avec moi, il est absolument impossible de discuter dès lors qu’on n’est pas compétent pour le faire. Je suis totalement intolérant avec les imbéciles. »

WG, l’imbécillité n’est pas le contraire de l’incompétence. Par ailleurs, vous n’êtes pas habilité à dire qui est compétent ou non sur tous les sujets.

Nous avons tous cru déceler ici que le degré de compétence de quiconque était pour vous strictement proportionnel au degré de coïncidence de ses opinions avec les vôtres.

Clopine dit: 28 novembre 2014 à 12 h 48 min

Beh oui, justement, Club des Poètes, c’est pourquoi je n’aime pas qu’on me lance des noms comme ça, à la tête. (ce qui, que vous le croyiez ou non, m’est déjà trop arrivé.)

la vie dans les bois dit: 28 novembre 2014 à 12 h 48 min

Didon, dans la cour de la maternelle ça barde, mais à l’université c’est pas mieux comme ambiance.
« Parmi les questions possibles, nous retenons pour l’instant les suivantes : comment raconte-t-on l’histoire ? Quel est le savoir historique accessible à la fiction et à elle seule (à supposer que cela soit)  ? Quel déficit le roman a-t-il éprouvé à l’égard de l’Histoire au XXe siècle ? De quelle manière les deux guerres mondiales et les expériences totalitaires (fascisme, stalinisme) ont miné la tradition romanesque issue du romantisme ? Comment le récit fictionnel a-t-il tenté de se hisser à la hauteur de ces événements pour enregistrer leur ampleur ?
Parmi les objets historiques abordés, nous privilégierons la Grande Guerre, la Seconde Guerre mondiale (notamment la Shoah), les Goulags. »

Giovanni, je vois bien que vous voulez sécher les cours  » scientifiques » de mme Jurgenson.

http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2013/ue/897/

Je ne sais pas si c’est payant, mais ça doit quand même coûter bonbon.

Le Club des poètes dit: 28 novembre 2014 à 12 h 47 min

Clopine dit: 28 novembre 2014 à 12 h 35 min
Merci aussi à Paul pour sa description des différents styles d’écrivains, encore que tout rapprochement avec moi, même à titre de simple information, pourrait me faire chanceler

Oh, faut pas, vous êtes trop modeste, il n’a jamais parlé que d’Aragon, Stendhal, Proust et Flaubert.

Clopine dit: 28 novembre 2014 à 12 h 35 min

Bon, il semble bien que vous ayez été sincère, 11 : 54, et que ce soit l’habitude d’être dénigrée qui m’ait fait penser le contraire. Veuillez, dans ce cas, accepter mes excuses. Merci aussi à Paul pour sa description des différents styles d’écrivains, encore que tout rapprochement avec moi, même à titre de simple information, pourrait me faire chanceler.

J’ai quelques problèmes avec les compliments, c’est aussi une des raisons qui m’a fait fermer l’espace commentaires de mon blog. En fait, je préfèrerais qu’on ne parle pas de moi, mais de ce que je dis. Qu’on discute, qu’on argumente… Et qu’ainsi je puisse apprendre des trucs,ainsi les « premiers jets » de Stendhal m’intéressent beaucoup – y’a-t-il un lien entre cette manière de procéder et les livres inachevés, et aussi ces fins abruptes, « décalées », qui rompent avec le reste, notamment dans la Chartreuse ?

et bon, donc, euh ! Merci du compliment, en tout cas. Je n’ai pas fait exprès, mais merci quand même !

Giovanni Sant'Angelo dit: 28 novembre 2014 à 12 h 07 min


…moi, ce que je remarque, tout les jours, sur ce blog,…
…c’est un fiel, de morbidité constante, édulcoré en mille sauces et saveurs,!…

…chaque fois que j’y revient,!…dans la peur des démons à vaincre pour la vraie vie,!…sans dogmes et partis-pris à dominer,!…
…toujours, la même soupe,!…
…autant y ajouter mes épices, pour relever le fumet,!…etc,!…
…la constance mortifiquaire tout au long des années,!…à nos  » juifs-nazis dissimulés « ,!…les profits d’héritiers à défendre par les castes en faces,!…
…la spontanéité  » légion calculée « ,!…
…faire du repoussoir d’abrutis-intello’s,!…
…un véritable calvaire de lire tout ces commentaires,!…Vingt-Dieux,!…etc,!…
…les normes des connivences de persécuteurs-littéraires,!…Ah,!Ah,!…
…un état-major du crime – organisé,!…
…acheté son livre à relaté, comme une taxe de passage d’un fief à l’autre du moyen-âge,!…avec toutes les mesquineries à rapporter pour passer pour sage, entre les justes,!…
…un peu le bordel,!…etc,!…autofiction,!…
…Go,!…

Paul Edel dit: 28 novembre 2014 à 12 h 07 min

les écrivains du premier jet: Stendhal,Aragon(il écrivait trois ou quatre pages d’un article pour les lettres francaise, sur un coin de table, devant témoins..sans une seule rature)
les écrivains de la réécriture infinie:Flaubert,Proust.

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