de Pierre Assouline

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La République des livres
Maudits droits d’auteur !

Maudits droits d’auteur !

C’est difficile à croire, et plus encore à imaginer surtout si l’on est soi-même écrivain, mais tous les droits d’auteurs ne sont pas les bienvenus. Certains sont même maudits. Les éditeurs se les repassent comme une patate chaude car ils sont attachés à une œuvre qui sent le souffre. Le cas de Mein Kampf  cette année en France. Le Land de Bavière étant héritier d’Adolf Hitler, il gérait ses droits d’auteur jusqu’à ce que ceux-ci tombent dans le domaine public en 2016. Aussitôt fut lancée dans le public allemand une réédition qui se préparait depuis quelques années sous les auspices des meilleurs spécialistes sous une forme érudite et critique.

En 2020, au printemps ou à l’automne, le programme de domination de l’Europe imaginé par Adolf Hitler va donc reparaître en France. Une édition méticuleusement encadrée, annotée et préfacée par une équipe d’historiens. Un seul volume d’un bon millier de pages, dans lequel les commentaires, contextualisations et analyses expertes excèdent le texte de l’auteur. Le considérable et indispensable index des noms est actuellement en cours d’achèvement. Ce ne sera probablement pas un best-seller comme cela le fut récemment en Allemagne mais l’effet de curiosité jouera sans aucun doute. Que faire de cet argent qui brûle les doigts ?

« On ne gagnera pas un euro dessus ! » assure Sophie de Closets. Pdg de Fayard. Une fois que la maison se sera remboursée des frais (édition scientifique, traduction, fabrication etc), les bénéfices d’exploitation et les droits d’auteur iront à parts égales à deux associations liées à la Shoah : l’une caritative, l’autre mémorielle. Auparavant, la Fondation pour la mémoire de la Shoah (FMS) avait bien été approchée indirectement. La question était remontée jusqu’au conseil d’administration car elle engageait une décision politique. Il y eut débat et unanimité. « Une question de principe : on ne veut pas toucher aux bénéfices que cette publication pourrait générer » reconnaît Philippe Allouche, directeur général de la FMS. Il est vrai que cela n’aurait fait que renforcer les vieux fantasmes antisémites, mais toujours bien actuels, sur les Juifs avides d’argent, Pour autant, la Fondation ne montera pas au créneau contre la publication de Mein Kampf comme elle l’a fait lorsqu’il fut question l’an dernier de rééditer les pamphlets de Céline.

Il y a eu un précédent au cas Mein Kampf : la publication de l’imposant, et autrement plus passionnant, Journal inédit de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande et confident d’Hitler. La FMS avait alors accepté la proposition des éditions Tallandier d’accueillir droits et bénéfices du livre car le document original est une véritable somme et une source essentielle sans équivalent sur le plan historique. « L’air du temps était tout autre en 2007. Pas sûr que l’on accepterait aujourd’hui… » admet Philippe Allouche. Depuis, la Fondation a par exemple décliné une demande de subvention d’un documentaire télévisé sur le collaborationniste Jacques Doriot. De toute façon, s’agissant du Journal de Goebbels, dont le premier tome s’est vendu à 17 000 exemplaires et les deux suivants trois fois moins, aucun droit d’auteur ne fut finalement versé, l’éditeur n’étant pas rentré dans ses frais.

En 2018, avant même que fut lancée une campagne qui conduira finalement son éditeur à reporter la publication des pamphlets de Louis-Ferdinand Céline, la question du partage des bénéfices d’exploitation fut envisagée par Antoine Gallimard. Une façon de montrer que le but de sa maison n’était pas de « faire de l’argent » avec ça. Une solution fut trouvée en proposant à  un organisme de recherche dépendant du CNRS d’en devenir le co-éditeur avec les éditions Gallimard, à charge pour lui d’en assurer la validité intellectuelle. Approché indirectement, l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP) déclina la proposition.

Nicolas d’Estienne d’Orves, lui, a hésité lorsque, par un concours de circonstances, il s’est retrouvé héritier de « l’œuvre publiée et méditée » de Lucien Rebatet. Ecrivain et journaliste né en 1974, rien ne prédestinait ce petit-neveu d’un martyr de la Résistance à devoir gérer les droits de l’auteur collaborationniste des Décombres, best-seller de l’Occupation. « J’avoue que j’ai hésité avant d’accepter par coquetterie et provocation » avoue-t-il. Une décision qui lui a moins rapporté que porté préjudice. Depuis il a réglé son problème moral en confiant les archives de Rebatet à l’Imec (Institut Mémoires de l’édition contemporaine), et en rééditant aussi tout ce qui, dans cette œuvre ne pose pas problème de conscience. Le gouvernement américain, lui, n’en a pas eu en réclamant, et en obtenant par voie de justice, les droits d’auteur de l’ex-analyste de la NSA devenu lanceur d’alerte Edward Snowden, pour ses Mémoires vives (Seuil).

(photos Bernard Plossu)

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1 364 Réponses pour Maudits droits d’auteur !

rose dit: à

« Va-t-on attendre que les patients soient en réa ?Si je comprends bien les simples médecins libéraux ne pourront plus le prescrire ! Or, le professeur Raoult a observé que « le virus disparaît au bout de six jours ». Et ses patients n’avaient pas encore atteint le stade le plus grave »

Patrice Charoulet

Une queue de 300 personnes se forme sur le trottoir devant l’IHU.

Le pb est qu’il faut traiter avant que l’infection ne se répande sur les poumons.

Chantal dit: à

Oui c’est préférable Rose, le cerveau c’est une architecture compliquée, quand cela se dérègle, c’est difficile d’accepter et de piger ce qui arrive.

J’essaye aussi de pas déprimer, et de garder des forces, même si très intriguée, c’est le centre de notre créativité …

mon fils a suivi un stage en epadh lors de ses études de philo, on en avait parlé à l’époque.

rose dit: à

Drôle de choix de métier. Plein de jeunes bossent dans les Ehpad.

Drôle de choix.

rose dit: à

Ce que je veux dire Chantal c’est que les maladies qui touchent le cerveau les troubles cognitifs et tout le toutim, il y a des rémissions où l’on pense que tout va très bien.
Il y a des paliers oû la dégringolade est énorme. Il y a l’entourage qui fatigue.
C’est compliqué.

Drôle de choix de métier. Plein de jeunes bossent sans les Ehpad. Hier, j’ai eu mes deux tempes qui se sont mises à battre violemment lors de la discussion avec la directrice. Posé les mains dessus.
Cela s’est calmé.

Le soir, vu Profs. Hurlé de rire. Suis la.prof de français et la prof d’anglais.
Me suis couchée. Ai sangloté comme jamais. Dormi.
C’est la première fois de ma vie, la dureté a pénétré dans mon coeur. J’ai quitté le monde des bisounours. Définitivement.

Chantal

Je vous accompagne : je suis dans votre collectif. Solidaire, aidante.

rose dit: à

Chantal

Elle se soucie de nous pour nous critiquer, elle note tout dans un petit carnet, j’ai des solides doutes sur son Alzheimer mais bon.

Apparemment, cela fait partie de la maladie. Les aidants se demandent si la personne ne triche pas.
J’ai fait une partie de scrabble avec ma maman il y a deux jours, mais je l’ai vue fatiguer. On a interrompu.

Les mots fléchés pareil. Elle se fatigue.
Moi je suis tellement drupéfaite.de.comment elle raisonne, pense argumente. Je fais tout pour qu’elle soit en pissession de décider d’avoir le pouvoir.
Hier, elle a dit je veux la tranquillité.
Et rentrer chez moi. Elle est placée de force dans un Ehpad et va resubir la sempiternelle batterie de tests (apprenez le MMSE par ♡) questionnée par la psychologue vue par l’infirmier etc.
Nous sommes dans le cauchemar. Depuis 17 mois. Hier, j’ai admis, c’est la première fois que les diverses institutions hôpitaux judiciaire n’y sont pour rien et que cette violence est interne et inhérente à ma famille. En son sein.
Ai décidé de lutter contre la dépression pour bien soutenir ma mère.

Je vous reparlerai des Ehpad ultérieurement. À savoir si je vais changer d’avis.

rose dit: à

nager dans un petit lac verdâtre bourré de moustiques, il a dû l’en dissuader, ensuite elle est remontée sur sa bécane.

J’imagine que c’est excellent contre le Covid 19 que l’on attend de pied ferme.
Ça, la soupe d’orties, l’essence de lavande, l’écorce de citrons bio. Les machins de grand-mère.

rose dit: à

Chantal

’ai obtenu que ma tante se mette sur une liste d’attente, vu son caractère organisé çà a marché.

Elle aura encore le choix. D’y aller ou pas.
C’est la seule chose qui compte la liberté de choix.
Ensuite, il y a des solutions temporaired, style vacances pour soulager les aidants.
Enfin, il y a l’adaptation ou pas.

Je ne suis pas convaincue. La suite entérinera ou non ce que je pense.

Ma mère est dans un quartier sécurisé c’est à dire bouclé, elle a dit je vais m’échapper. Je serai à ses côtés tous les jours, en attendant qu’on puisse la sortir de là.

Mais mes parents n’y comptons pas, ils veulent mourir dans leur lit ( sic ). 
C’est un choix logique. Tu es chez toi. Tu as construit ton univers il te structure.
À mes yeux, c’est le bon choix.
Après, cela dépend de la cupidité de l’entourage.
Moi je considére que l’argent de mes parents leur appartient. Je ne compte pas sur leur héritage. C’est vrai que l’on galère durant les études de nos enfants, mais quand ils ont fini d’étudier, ils ont la grange pleine et le silo aussi.
Dans ma famille, les grands-parents ont aidé, encouragé leurs petits enfants, mais pas dans le paiement de leurs études.

rose dit: à

Comme Jean Luc Parant qui te plaque Titi pour une gourgandine qui va le plumer si ce n’est pas déjà fait.

Chantal dit: à

reposez – vous bien rose, en effet les nonnes polonaises …

rose dit: à

Chantal
Je finis de vous répondre demain. Le sommeil me guette.

rose dit: à

Chantal

Je me méfierai des nonnes polonaises comme du choléra.
C’est comme la dernière amoureuse de Sartre. Une gourgandine, ça oui.

rose dit: à

Maman fait toujours ses courses à vélo, la dernière fois elle a emmené mon fils faire un tour à la campagne c’était en juillet dernier, elle a voulu nager dans un petit lac verdâtre bourré de moustiques, il a dû l’en dissuader, ensuite elle est remontée sur sa bécane. L’orage ayant éclaté, ils se sont abrités sous un chêne. Ils sont rentrés à la nuit tombée, papa les cherchait partout affolé. Elle était toute ragaillardie : « Toujours vivante » ! Ils s’étaient bien amusés. Il faut leur consentement et ils ne sont pas prêts du tout …

Je trouve cela tout à fait génial.

Cela arrive des gens qui meurent dans leur lit. Faut être tout à fait déterminé.

rose dit: à

la lecture de plusieurs pavés, Proust dans le train, et y compris comment se réjouir d’une panne de train, ce qui est fort, ben nous , Chantal B. et moi sommes intersolidaires et nombreux à l’être dans la vie.

rose dit: à

DHH

C’est une question de solidarité intergénérationnelle.

Comme vous, vous venez de nous apprendre comment en train on peut abattre la lecture de plusieurs pavés, et y compris comment se réjouir d’une pabne de train, ce qui est fort, ben nous on intersolidaire.

Vous avec ce que vous mettez en mouvement votre cerveau pouvez être protégée des troubles cognitifs. Pas tout le monde en souffre. Et parfois lorsqu’on en souffre cela est gérable.

rose dit: à

Jazzi

Jazzi dit: à

Chantal, tu es une sainte !
Moi je les foutrais tous les trois dans un Ehpad

Tu veux des baffes ? On est en lutte ici. Tu vas pas nous la jouer le ver dans le fruit ?

Chantal dit: à

J’ai obtenu que ma tante se mette sur une liste d’attente, vu son caractère organisé çà a marché.

Mais mes parents n’y comptons pas, ils veulent mourir dans leur lit ( sic ). Maman fait toujours ses courses à vélo, la dernière fois elle a emmené mon fils faire un tour à la campagne c’était en juillet dernier, elle a voulu nager dans un petit lac verdâtre bourré de moustiques, il a dû l’en dissuader, ensuite elle est remontée sur sa bécane. L’orage ayant éclaté, ils se sont abrités sous un chêne. Ils sont rentrés à la nuit tombée, papa les cherchait partout affolé. Elle était toute ragaillardie : « Toujours vivante » ! Ils s’étaient bien amusés. Il faut leur consentement et ils ne sont pas prêts du tout …

Jazzi dit: à

« Votre tantine, elle se.fait.chouchouter quand elle va aux urgences ou elle a la nostalgie de son ancien métier ? »

Les urgences sont sa vraie famille, celle qu’elle s’est choisie. Là, elle y est comme une vieille grand-mère entourée de ses petits enfants.

Jazzi dit: à

Chantal, tu es une sainte !
Moi je les foutrais tous les trois dans un Ehpad…

Chantal dit: à

Nostalgie de son ancien métier Rose, c’était toute sa vie. Autant elle aime le social, autant elle déteste les fêtes et la famille, elle est très paradoxale ayant refusé plusieurs fois de se marier car très pessimiste sur l’avenir, elle se dispute régulièrement avec ma mère, sa petite sœur qui a 5 enfants. Différence totale de projet de vie. Ce qui est méchant c’est qu’elle était en quelque sorte bigote mondaine, je l’entend encore dire :  » Chic un enterrement »! Les dimanches à l’église étant pour elle une manière de socialiser. Elle se soucie de nous pour nous critiquer, elle note tout dans un petit carnet, j’ai des solides doutes sur son Alzheimer mais bon… Quand je vais chez elle, elle me fait la lecture comme si j’avais 3 ans. J’ai pris conseil et on m’a dit de penser à moi.

Je suis l’aînée avec un bémol, les 4 autres sont de mon beau – père de sorte que souvent je suis prise à partie et doit entendre les disputes quand maman est fâchée sur son mari. Moi je n’y peux rien. Depuis plus de 15 ans il est en relation avec une religieuse polonaise de 35 ans ( plus jeune que ses filles) illuminée avec laquelle il correspond par internet (pour cela il a su s’adapter), il a voulu l’adopter et la faire venir ici, prétextant qu’elle tiendrait le ménage de maman et serait une amie vertueuse pour elle. Elle a pété les plombs et pas pardonné. Mes trois sœurs l’ont chassée, il a voulu s’enfuir avec elle. On ne sait plus quoi dire, il essaye qu’on s’occupe de son oeuvre très connotée religieusement, mais vu qu’on a déjà beaucoup souffert de ses idées, on élude de s’engager à le faire, d’où ses cachotteries, et ses petits voyages en Pologne. Leur fin de vie est très grinçante, ils sont toxiques. Je n’ai pas trop envie de m’étendre, mais parfois solidement assez car pour qu’on leur viennent en aide ils nous attribuent des biens à gérer sans aucune compensation et sans aucun mandat véritable c’est la foire totale, tout du flan.

Ici aussi tout est pris en charge par la mutuelle, une ancienne infirmière ayant en plus une assurance hospitalisation très complète. Quand elle appelle pour qu’on la véhicule c’est pour je ne sais quelle obscure raison, ah oui la dernière fois après l’avoir ramenée, j’ai été à la poste pour ses extraits de comptes, puis ai du poster une lettre pour un prisonnier auquel elle écrit et déposer un virement pour une oeuvre caritative. Avec elle on est vraiment la dernière roue du carrosse.

Très souvent je regrette ma Mamy qui était bien plus gentille et affectueuse.

Rien à voir je pense avec votre cas, j’ai été un peu longuette.

DHH dit: à

0rose 0Chantal
vos échanges m’ont curieusement remuée
En mentionnant l’âge de vos aînés dont vous vous montrez si généreusement soucieuses, vos post m’ont fait prendre conscience que je n’appartiens pas à votre génération, mais a celle qui attend de celle ci qu’elle la protege, qu’elle se penche sur ses défaillances pour en compenser les conséquences ,qu’elle soit attentive à ses pertes de capacités cognitives
j’ai lu dans vos post ma fragilité et tout ce qui menace l’intégrité du couple que je forme depuis pres de 60ans avec un mari encore plus âgé que le père de Chantal

rose dit: à

Chantal

Vos parents.
Ai connu aussi les chamailleries pour des broutilles pile devant moi, qui dès lors me délectais de mon célibat.
Aujourd’hui, bien tardivement, je constate combien il la protégeait.
Votre père semble drôlement vaillant style je ne me vois pas vieillir.
Pourtant, les paliers se franchissent et à la descente. Même si l’on n’est obstinément pas d’accord.
Ceci étant, obligerbles seniors au tout informatique, c’est aussi absurde que obliger à la plaque à induction lorsque ne maîtrise la mise en marche.
Paraît que -outre le corinavirus 19- le pb de demain sera la fracture numérique.

Chantal
Vous êtes l’aînée et vous n’êtes pas autoritaire ?

rose dit: à

Chantal

Ai ri de bon coeur -comme c bon- en lisant vos portraits joliment troussés.

La tantine.
Du caractère et l’habitude de vivre seule, cela semble plus facile quand même.

En France, nous avons sécurité sociale et mutuelle qui prennent en charge ambulance et Samu. Pour ceux qui sont couverts.
J’avais une grande tantine en couple et sans enfants, elle avait une vie sociale et artistique très riche, elle n’a jamais eu le coeur sec.
Elle, lorsqu’elle a rénové son appartement, un jour (j’imagine pck je n’y étais pas) elle a flanqué, dans un moment de rage irrépressible, un grand coup de poêle ou de casserole sur la.plaque à induction que mon père, son cousin lui avait obligé à installer dans sa nouvelle cuisine .

Votre tantine, elle se.fait.chouchouter quand elle va aux urgences ou elle a la nostalgie de son ancien métier ?

Chantal dit: à

Rose, ma tante vient d’avoir 90 ans et comme elle est très organisée, elle a toujours vécu seule, c’est compliqué pour elle d’interagir avec les autres, elle était chef de service dans un département urgentiste, donc malgré ses problèmes de grand – âge, elle entend rester à la barre, moi je lui rends parfois visite ou je fais des petites courses. Seulement elle flippe quand tout n’est pas réglé à sa guise, et puis je rigole un peu car depuis qu’elle a 75 ans elle se pose la question de la maison de retraite pour finir par changer d’avis. Quand elle déprime trop elle rentre par l’arrière des urgences où elle a toujours travaillé, fait un peu de cinetoche ( elle me l’a avoué ) et passe une semaine à se faire dorloter, mettant tout le monde sur pied de guerre. Ensuite comme elle est passablement radin ( le taxi ou l’ambulance c’est onéreux), elle téléphone à sa soeur, à moi, mon cousin ou et un vieil oncle handicapé, bref ceux qui ont une voiture pour l’aider à rentrer triomphalement chez elle ( militante écologique fervente pendant tout le trajet elle fustige les voitures et tape sur les nerfs de celui qui se dévoue). Elle s’amuse un peu, mais un coeur très sec.

mes parents c’est plus compliqué ( 82 et 86 ) ils sont toujours en couple ( fêté leurs noces d’or en novembre dernier). Papa n’entend plus bien, il passe son temps à perdre son appareil auditif, très distrait avec ses clefs aussi. Son assurance lui interdit de conduire un véhicule, il a obtenu que maman prenne l’assurance à son nom mais c’est lui qui conduit mordicus, il s’est encastré 2 fois l’an dernier. Quand je rend visite ils ont toujours une tâche urgente à me faire exécuter, et souvent se chamaillent devant moi pour des broutilles. La semaine dernière on a du l’empêcher de descendre en rappel le long de la façade pour déboucher une corniche. ll était furieux. Il s’endort subitement, l’autre jour il récitait son rosaire devant le chemin de croix qu’il a lui même sculpté, à genoux sur son prie – dieu personnel; défense de le déranger. Maman a entendu un bruit sourd, il s’était endormi en priant et est tombé de son prie-dieu. Urgences, ambulance et tout le tralala, il s’en est tiré avec un grosse bosse et de l’Hirudoïde. On ne sait pas combien de temps çà va durer un jour complètement à côté des clous, une semaine plus tard remontés comme une pendule, contre tout, le médecin, leur gérant bancaire qui impose des rdv et voudrait qu’ils passent aux virements numériques, la zone 30 instaurée dans leur quartier. Apprendre à payer leurs factures par internet à leur âge c’est galère d’autant que pour eux l’informatique c’est le diable ! Leur notaire leur a proposé de désigner un mandataire en cas de perte de mémoire ou d’accident cérébral, ils en ont été outrés, on n’est pas fous c’est un comble ! J’ai osé dire que c’était par prudence, qu’ hélas cela arrive et qu’alors il est impossible de procéder à une quelconque transaction s’ils manquent de liquidités pour se faire soigner.
Depuis ils sont encore plus méfiants, pourtant c’est la loi et le bon sens.

Je me suis mise en retrait, ma petite soeur juriste est beaucoup plus fâchée sur eux, car on a tous des enfants à l’école et aux études, et sans cesse il faut jouer avec nos priorités, ils nous bousillent l’avenir. Ils sont bien plus aisés que nous qui galérons à joindre les 2 bouts, à soutenir nos enfants ( ce qu’ils n’ont jamais fait, profitant de divers héritages et gaspillant allègrement ).

renato dit: à

Une vàlise de mots ce serait une approche moins dépendent des poncifs aimés par les littérateurs.

Janssen J-J dit: à

clovaire ? un mot valise pour closer et ovaires, les ovaires de closer (sur un sujet précédent). A lu, elle aussi, la Recherche dans l’ordre… Voilà pk.
Je lis dans les quatre tomes de la Pléiade « actuelle » ou « actualisée », c probablement dans la dernière édition. C’est mon noviciat moderne, il faut dire, avant les 4 tomes, je sais pas… Pas de raison de douter de vos cartons.
Un jour,… je me reviendrai sur la façon dont j’ai retrouvé le Temps, icite… Sûr.

rose dit: à

Je crois que c’est celui-là que j’ai acheté en brocante, dégoûtée,
https://www.amazon.fr/recherche-temps-perdu-Complet-emboîtage/dp/B018G8CZEQ/ref=mp_s_a_1_13?keywords=nrf+gallimard&qid=1582410000&refinements=p_lbr_books_authors_browse-bin%3AMarcel+Proust&s=books&sr=1-13

en emboîtage en carton et après quasiment deux ans passés sur la cheminée, sont en carton dans un grand carton, et où, quelque part c’est sûr. Ensuite, ai acheté le livre de cuisine pck je fais la collection, commencée par le gars qui s’est tué en voiture il y a peu, sa compagne au volant, lui avait la place du mort, et je crains fort qu’il ne couchât jamais de bonne heure et qu’il abûsât de la bonne chère tel.Balazac et ses plats en sauce et cela est fort mauvais pour la santé, comme la tête de veau sauce ravigote
. Ceci dit pour D.

rose dit: à

Chantal
Être dyspraxique à 16 ans, dysorthographique à 12, dys-etc.à 10 ans n’est pas plus facile à vivre que d’attraper des bribes d’Alzheimer bien plus tard. Le tout étant comment gérer en gardant confiance.

rose dit: à

>DHH

Mon édition n’est pas de la Pléïade.
Attendons Janssen J-J.
J’ai un coffret en carton et trois volumes dedans.

rose dit: à

Chantal

Je l’ai suivie la formation.
C’est un choix de vivre chez soi, respectable, qui nécessite du soutien pour votre tante. Vouloir la placer sans son accord, c’est une violence. Parfois, on apprend cela dans la formation, on peut conduire la personne à accepter d’être placée, ce qui change tout.
Ma maman aura 86 ans le jour de l’équinoxe d’été, si.

Et vos parents, Chantal ?

DHH dit: à

@Rose
mon édition de la Pleiade n’a que trois tomes
Il existe une édition plus recente en quatre tomes que je n’ai jamais eue en mains, mais dont je crois me souvenir que le texte d’Albertine disparue qui y figure a été revu par l’arrière petite nièce de Proust elle même petite fille de Mauriac

Chantal dit: à

Oui Rose c’est encore à eux de décider, ma tante qui a je pense le même âge que votre maman, est une ex infirmière et ne veut pas quitter son appartement et je trouve çà bien mieux pour elle, elle a une assistante sociale qui vient pour ses papiers médicaux et des aides familiales via la mutuelle 2 x par semaine, je respecte sa volonté, ce sont mes cousins qui veulent la placer. Elle est déjà tombée plusieurs fois et aussi début d’alzeimer, c’est déroutant pour l’entourage au début, elle parlait de son fiancé et parlait comme dans une sorte de nuage. A part le fait qu’elle ne mange pas beaucoup, elle se débrouille. Parfois un court séjour à l’hôpital ravigote et rassure. N’ayez pas de regrets, avec un peu de chance elle va remonter la pente. Bises et courage, c’est bien la formation aidante si vous pouvez la suivre, j’ai découvert récemment aussi.

rose dit: à

Chantal

En France, cela s’appelle les seniorales. Ce sont des espaces privés accolés à des espaces communautaires.
Cela semble mieux que les EHPAD en tout cas.

rose dit: à

Chantal

Les électrochocs c’est l’antimédecine.
Secouer quelqu’un qui souffre, c’est antinomique.
Bravo pour vous être débarrassée des médicaments : les miuvements je savais, la méditation je l’apprends. Et continuez avec douceur et tendresse pour vous-même.
Si vous avez passé votre voiture au contrôle technique c’est que vous allez de nouveau conduire, chapeau.
Ma maman est dans une chambre chaude pour sa péricardite. De sa fenêtre elle voit la Bonne mère et la mer. La mer bleue -aujourd’hui argentée 🙂- de la Méditerranée.
Très compliquées ces disputes ; très perturbatrices pour la personne au centre. Chantal, je suis pour que chacun respecte les voeux de la personne concernée. Ce n’est pas à nous de décider pour les anciens. C’est à eux de rester maîtres de leurs décisions jusqu’au bout.
Dans l’association Cord’âges règne cet immense respect.

rose dit: à

Enfin clovaire, je ne sais pas trop qui c’est.

christiane dit: à

Merci, Janssen J-J. C’est gentil.

Chantal dit: à

c’est affreux les électrochocs, on m’en a fait en décembre mais pas du tout pour la même chose, c’était pour tester la réaction et le degré d’usure du nerf écrasé L4 L5 par ma chute d’un escalier. Ca secoue vachement.
En revenant j’étais tt blanche et mon fils était très inquiet. J’ai réussi à me débarrasser de mes médocs en faisant beaucoup d’exercices physiques et de concentration aussi, je croise les doigts, j’ai passé ma voiture au contrôle technique

Sinon rose, la péricartite ma grand – mère a eu çà aussi à la fin de sa vie, elle était très fragile des bronches, et la climatisation de son hôpital n’a pas arrangé les choses. La pauvre toute sa vie, elle qui n’a toujours loué qu’un modeste appartement, elle a économisé sous après sous en travaillant bien au-delà de sa retraite pour se payer une seniorie ( on nomme comme çà les epadh ici ). Ce sont ses petits enfants qui l’ont aidée pour le déménagement, les enfants se disputaient. Leurs discussions parfois très violentes me sont restées en mémoire, de sorte que maintenant que mes propres parents deviennent difficiles à gérer, tout comme ma tante, je reste très en retrait des jeux d’influences, non par égoïsme mais parce qu’ils sont devenus de plus en plus autoritaires et très stressés, et moi les nerfs trop fragiles.

rose dit: à

Janssen J-J

Une presse de sportule.

Euh, cela n’a pas l’air glorieux

La sportule (latin sportula, « petit panier ») est, dans la Rome antique, un don que le patron, c’est-à-dire le protecteur, distribue chaque jour à ses clients, en échange du temps que ceux-ci passent à son service, à l’escorter dans les lieux publics, et particulièrement au forum, à voter et à faire voter pour lui …
https://fr.m.wikipedia.org › wiki › S…
Sportule — Wikipédia

rose dit: à

Janssen J-J

rose dit: à

DHH et Jansen J-J

J’ai trois tomes dans un support en carton. Pas quatre.
C’est inquiétant ?

rose dit: à

Janssen J-J dit: à

pour finir,
… j’ai beaucoup apprécié la façon dont les intervenautes ont raconté comment ils avaient lu la RDTP, Christiane, Clopine, DHH, clovaire (4 tomes en Pleiade, DHH, 4, y comrpis avec les Esquisses, pas 3 !)
Voilà ce qui

Jansen J-J
Vous êtes deux aujourd’hui à vous sentir inséré dans une communauté : Clopine et vous.
Bienvenue et grosses bises, welcome on board.

rose dit: à

Jazzi

Comme Antonin Artaud ta maman.

rose dit: à

Ben alors Jazzi ? Et la publication ?

Jazzi dit: à

J’ai écrit ce manuscrit dans l’ordre chronologique il y a plus d’une quinzaine d’années. Peu de temps après la mort de ma mère en 2003…

rose dit: à

Chantal

Ya eu l’épisode de l’église aussi avec les larmes de la maman de JB.

Jazzy

Moi j’aimerai bien savoir si tu écris comme ça par fragments et en désordre ?

Chantal dit: à

après coup oui merci, Speedy JB.

Jazzi dit: à

La réponse à ta question est dans le post précédent, Chantal.

Chantal dit: à

la famille n’a plus jamais été réunie après cet épisode dramatique ?

Jazzi dit: à

La visite à l’asile :

« A Nice, nous déjeunâmes chez une sœur de ma mère, avec son mari et ses deux jeunes enfants, dans une minuscule loge de concierge d’un bel immeuble proche de la place Massena.
Un peu plus tard, nous prîmes un autobus, qui, après un long parcours jusqu’à l’une des extrémités de la ville, nous déposa devant un grand bâtiment public: hôpital ou prison ? Dans le parc, j’aperçus immédiatement ma mère, assise sur une chaise de jardin, qui guettait l’arrivée des visiteurs, scrutant anxieusement chaque groupe du regard. Elle ne nous avait pas vus. Tandis que nous nous rapprochions, je l’observai avec émotion. Elle portait une blouse blanche, les manches retroussées, le col déboutonné. Pas maquillée, comme à son habitude, hormis du rouge à lèvres, ses cheveux châtain clair, mi longs, bouclés, brossés en arrière. Elle ressemblait de plus en plus à une missionnaire protestante. A hauteur de la poitrine, sur la gauche, elle avait brodé ses initiales, PB, en lettres capitales, toutes en courbes et arrondis, au fil rouge. Quand enfin elle nous découvrit, à ses côtés, à deux pas, elle sursauta en poussant un cri de joie. Elle se leva d’un coup, et nous entourant de ses bras, Ange et moi, nous serra étroitement contre ses seins, en pleurant, longuement, sans nous lâcher, sous le regard attendri de mon père. Au bout d’un moment, tandis que je sentais mon frère s’impatienter, moi, sans bouger, elle répétant : « Pardon ! Mes pauvres enfants ! Pardon ! », je vis mon père s’éloigner un peu, détournant son regard de biais. Se jugeait-il exclu du tableau ?

Combien de temps au juste durèrent ces « grandes vacances » ?
Je ne m’en souviens plus très bien.
Probablement la majeure partie du printemps 57 et au-delà de l’été. En tout cas, notre cellule familiale se trouva à nouveau réunie dans la Maison aux Arcades, Nelly en plus. C’était un bébé plein de vie ! Qui faisait le bonheur de mon père. Ma mère, douchée sans modération par d’intenses et rudes séances d’électrochocs, reprit avec soulagement son rôle de femme au foyer. Pour combien de temps, me demandai-je, inquiet ?

Janssen J-J dit: à

pour finir,
… j’ai beaucoup apprécié la façon dont les intervenautes ont raconté comment ils avaient lu la RDTP, Christiane, Clopine, DHH, clovaire (4 tomes en Pleiade, DHH, 4, y comrpis avec les Esquisses, pas 3 !)
Vloià ce qui me passionne et m’émeut le plus sur cette chaîne… Je me sens désormais faire partie d’une communauté comme qui dirait, dont je m’étais toujours un brin senti exclu auparavant.
Viens d’achever Albertine disparue, IV.
(Souvenez vous de la romance vulgaire de Sole mio… il s’attarde à Venise à son écoute alors que maman s’en va, esseulée… Et puis il la rattrape dans son train au dernier moment pour pas lui faire de peine. Il s’est enfin réveillé : Le factotum rital s’étant emmêlé les pinceaux, ayant confondu Gilberte et Albertine. Les deux ne lui sont plus rien. Mortes en sa jalousie de méchant, sensible, mufle, délicat, désintéressé et ambitieux, tels qu’il veut bien se qualifier, hein !

Encore un mot… sur un détail. Moi, la matérialiste indécrottab’, j’en étais resté avec mme Suzerat à qui le narrateur fait « voir » la vieille bossue Villeparisis qui dine avec Norpoix, à la stupéfaction de la commère qui n’entend pas être désenchantée… Or, il délaisse icelle pour nous raconter le langage onctueux de la conversation de l’ambassadeur remettant la vieille sourde à sa place… et ses élongations sur le phrasé d’icelui au conditionnel. Qui passe insensiblement au présent de l’indicatif optatif (optatif, tu m’étonnes !)… (fin de III). Or, la mère Suzerat, on sait pas ce qu’elle devient dans tout ça, il nous l’a complètement laissée de côté avec sa mère.
Mais moi, je perds jamais le Nord… pouah ! … Il va pas m’avoir si facilement le Marcel avec les méandres des mises de ses prémisses.
Bon sur ce, je passe à l’autre bifton. A toute.

NB / c’est quoi p. 212, SVP, une « presse de sportule » ?… J’avions encore jamais lu ce mot jusqu’à présent.

Jazzi dit: à

Je puise dans mes manuscrits, rose.

« J’avais donc tout juste cinq ans et deux mois, lorsque notre structure familiale vola en éclats ! Ma mère fut enfermée dans un asile de fous, à Nice. Mon frère Ange fut expédié chez mes grands-parents maternels, à Lucéram, dans l’arrière-pays niçois. On me plaça chez ma tante Henriette, la sœur de mon père, rue du Suquet, à Cannes. Tandis que Nelly fut confiée à la pouponnière de la Bocca. Et mon père, redevenu soudainement célibataire, garda la maison de Rocheville, tentant de sauver ce qu’il pouvait : il se réfugia dans le travail, et visitait régulièrement sa femme et chacun de ses enfants, répartis aux quatre coins du département. »

rose dit: à

Jazzi

Est-ce que tu écris à l’arrachée comme les idées te viennent ou jien est-ce que tu recopies quelque chose que tu as déjà écrit ?

Est-ce que ta maman t’a repris lorsqu’elle est rentrée à la maison et qui s’est occupé du bb fille nouveau-né ?

Chantal dit: à

Ca tombe bien, nouveau billet.

Une sacrée tartine à lire, bonne soirée !

et alii dit: à

chantal, la marotte ici, c’est une variation de porno pour handicapé-e-s néoteigneux;et ce sont des spécialistes médaillés ;ça ne m’intéresse pas
bonne journée

Jazzi dit: à

Et la boucle sera bouclée !

Je fus heureux dans la tribu haute en couleur du vieux Cannes, où je trouvai bien vite mes repères. Tout ce petit monde se rassemblait à l’heure des repas, toujours abondants et variés, dont ma tante quotidiennement nous régalait. Le soir venu, les couples mariés et leurs enfants regagnaient leurs appartements, dans le proche voisinage. Henriette se distinguait par son caractère doux, sa gentillesse et sa générosité, des qualités que j’avais déjà identifiées chez mon père. Elle raffolait du sirop de grenadine, dont elle avalait de grandes lampées, très sucrées, qui lui laissaient d’amusantes moustaches rouges. A l’insu de tous, elle m’alimentait en pièces de monnaie, pour que je puisse dignement participer aux interminables batailles de cartes, pour lesquelles mes petites cousines exigeaient une mise de dix centimes la partie.
Curieusement, je constatai qu’elle ne parlait jamais à son ronchon de mari, ainsi que tout le reste de la famille. Le vieux Louis Moscatello passait l’essentiel de ses journées et de ses nuits dans un étroit et sombre cagibi, entre la chambre de sa femme et la salle à manger. La première fois que je l’y découvris, allongé sur sa paillasse, les paupières fermées, je fus saisi par l’odeur de pied et de vinasse, qui imprégnait toute la pièce. Ouvrant les yeux, mon oncle m’observa un instant, puis marmonna : « Jacoulin Delbrousse ! » Nom dont il me gratifia toujours par la suite. Etait-ce un personnage de légende provençale ? Ou bien sa propre traduction en patois local du « petit Jacques des Broussailles », le quartier situé à la périphérie de Cannes, au proche voisinage du centre de Rocheville ?
Jeanne-Marie, que mon manque d’accent agaçait visiblement, me surnommait pour sa part, selon l’humeur, « le Parisien » ou « l’Anglais » : deux engeances touristiques que les autochtones cannois tiennent traditionnellement pour de fieffés prétentieux, qui se croient tout permis ! Quant à mes petites cousines, pour elles, j’étais tantôt « Monsieur Café au lait », tantôt « Monsieur Gruyère ». Les nourritures habituelles durement négociées auparavant à la maison, que j’avais obtenue par dérogation de ma bonne tante, dès le premier soir, pour échapper à la traditionnelle soupe de légumes. Malheureusement, Jeanne-Marie mit très vite le holà à ce manquement à la règle, qui contrecarrait son indiscutable autorité. Reprochant à sa mère une faiblesse préjudiciable à mon propre intérêt, elle exigea, sous peine de me mettre en pension, que je mange ma soupe : « comme tout le monde ! »

Jazzi dit: à

Après la naissance de ma petite soeur, ma mère pète les plombs et est enfermée plusieurs mois à l’asile de Nice, où elle sera traitée à coups d’électrochocs. Mon père me place alors chez sa soeur ainée, au Suquet.

Mon retour dans le vieux Cannes, à deux pas de l’hôpital où j’étais né cinq ans plus tôt, marqua pour moi un changement de vie radical.
Tenant mon père par la main, je fis une entrée intimidée dans la famille de ma tante, dont je rencontrai pour la première fois l’importante smala. Outre Henriette, la grande sœur de mon père, et son vieux mari, Louis Moscatello, il y avait là leurs trois enfants : André, Lulu (diminutif de Lucien) et Jeanne-Marie. Mes cousins et cousine germains, tous trois déjà adultes.
André était accompagné de sa jeune épouse, Monique (Monique 1), qui tenait dans ses bras leur fille Micheline, née peu de temps avant ma sœur Nelly. Lulu, pêcheur et célibataire, avait conservé sa chambre chez ses parents et voyait régulièrement une vieille maîtresse à l’extérieur. Jeanne-Marie avait elle aussi un mari, Etienne Cantoni, et trois filles : Denise, Monique (Monique 2) et Clairette, âgées respectivement de neuf, sept et cinq ans.
Alors que les adultes m’accueillirent avec une bienveillance attendrie, je remarquai que mes petites cousines m’observaient en silence, telle une bête curieuse. Au cours du déjeuner qui s’ensuivit, je fus étonné de voir combien mon père était fêté dans ce foyer, où il trônait en bout de table, joyeux et détendu, comme si je lui découvrais une double vie !
C’est dans cette atmosphère-là qu’il m’abandonna après le repas, en m’embrassant tendrement et me recommandant de rester bien sage. Je devins aussitôt l’objet d’un conflit entre les plus grandes des sœurs, qui voulurent, chacune, me faire sentir son ascendant.
Relégués dans une chambre, pendant que les adultes faisaient la sieste, Denise, grande brune dégingandée, aux yeux marrons, les cheveux mi longs, une grosse frange sur le front, nous proposa mielleusement de jouer à l’école. Elle serait l’institutrice et nous les élèves. Monique, de taille moyenne, les cheveux brun roux, resserrés en deux longues nattes autour d’une raie centrale, les yeux vert noisette et les dents du dessus très écartées au centre (les fameuses dents du bonheur), rejeta brutalement sa proposition. Pour elle, il valait beaucoup mieux jouer à l’épicière. Nous serions ses clients.
Tandis que les deux aînées commencèrent à se chamailler, je me rapprochai instinctivement de Clairette, petite blondinette bouclée, aux yeux bleu clair, que je trouvai jolie, quoiqu’un peu forte. D’un air résigné, elle me dit de ne pas faire attention à ses sœurs, qui n’étaient que des chipies ! Elle sortit un jeu de cartes de sa poche et me demanda si je savais jouer à la bataille. Un peu honteux, je lui répondis que non. « C’est facile, rétorqua-t-elle, je vais te montrer. »
À côté, la situation s’était envenimée. Denise avait entraîné Monique à terre, en la tirant par les cheveux et celle-ci, perdant l’avantage, appela : « Maman ! Maman !» Soudain la porte de la chambre se rabattit violemment. Jeanne-Marie, matrone d’au moins cent kilos, apparut dans toute sa splendeur. Seulement revêtue d’une combinaison moulante en nylon, le visage bouffi, les cheveux plaqués par la sueur, celle-ci montra à Denise sa main droite, large comme un battoir, et lui dit, d’une voix qui résonna dans toute la maison : « Tu la vois celle-là ! Si j’entends encore un seul bruit, je t’en colle une que le mur t’en redonne une autre ! » Pendant qu’elle prononçait cette réplique mémorable, je regardais, fasciné, ses énormes seins, qui montaient à l’assaut, l’un de l’autre, comme prêts à jaillir hors de la combinaison !

DHH dit: à

Je ne connaissais de Proust que des morceaux choisis qui m’avaient laissée indifférente, jusqu’au jour ou je me suis plongée avec passion dans l’œuvre , dévorant goulûment sans rater une ligne les trois volumes de la Pléiade
Pour cela il avait fallu que, vivant à Paris et travaillant Chartres, je passe quotidiennement plus de 3 heures en train .Lovée dans le fauteuil confortable du compartiment de première classe où j’étais souvent seule, je me sentais comme coupée du monde hors d’atteinte des broutilles et sollicitations du quotidien, et grâce à cette parenthèse, je m’enfermais dans cette lecture que je pouvais ainsi pratiquer à haute dose , et qui de jour en jour gênerait comme une addiction ;et je redoutais le moment où je voyais se dessiner dans le jour laiteux du petit matin la silhouette de la cathédrale , qui signifiait que je devais m’arracher à mon livre et retomber dans la trivialité d’une journée de travail;
Je me souviens de l’exquise surprise un jour d’une rupture de catenaire qui m’a immobilisée une matinée entière en gare de Rambouillet et où j’ai pu avec délice doubler ma dose quotidienne de recherche . C’était il y a très longtemps, bien plus d’un demi-siècle, et heureusement pour cette immersion dans Proust il n’y avait pas encore de TGV entre Chartres et Paris
Depuis je m’offre Proust par des petits bouts qui me sont familiers et que j’aime relire comme une gourmandise que je m’offrirais de temps en temps : la baignoire de la princesse de Guermantes ,les souliers rouges ,l’évolution du visage de Swann retourné au bercail de ses pères, le veau en gelée de Françoise ,les clés du prince de Faffenheim ,le mercure dans le thermomètre de la grand’mère , et mieux que l’increvable madeleine pour la mémoire involontaire le contact du pied avec un pavé dans la cour de l’hôtel de Guermantes qui envoie au narrateur un souvenir venitien

Janssen J-J dit: à

l’accent du midi ??? ou l’assent du midi, rather ?

Janssen J-J dit: à

le thème du billet n’est pas non plus dédié à la Juive du Château TrEmpette en ses kibboutzim…
un jour, dans un petit piper seneca, me suis envolé de l’aérodrome de mandelieu la napoule et ai survolé les îles de Lerins. Je n’ai pas plongé dans la grande bleue.
Quelle vie passionnante, jzmn ! Où sont vos mémoires complets ? En aurions le goût./
Là, on a encore du mal à raccommoder tous vos fragments épars. C’est comme une procrastination proustienne. On ne sait toujours pas votre candidate préférée pour enfin payer moins d’impôts locaux cette année : agnès dati, anne buzyn, rachida hidalgo ou averel dalton) ? Dites-nous vite !

Chantal dit: à

Bien capté que ce n’était peut-être pas sa tasse de thé au cousin …

De fait E alli, le sujet c’est … le moustachu … marotte obsessionnelle ici … et comme nous abordons l’époque du Carnaval … c’est cul tourné au sujet, NA.

Jazzi dit: à

LA MAISON AUX ARCADES

Parti des environs de Modène, en Italie, dans les dernières années du 19e siècle, mon grand-père paternel s’installa à Rocheville, à l’issue d’un long périple à travers le Piémont. Il avait alors une trentaine d’années et était accompagné de sa femme et de leurs deux premiers enfants : Maria et Annibal. Lorsque la petite tribu parvint sur ces hauteurs champêtres du rivage cannois, il n’y avait pratiquement rien.
Une carte postale imprimée peu avant 1900 montre uniquement des arbres, des buissons de ronces, des chemins de terres menant à des champs de cultures et, au centre, une fontaine, à l’ombre d’un platane. Le platane est mort plus que centenaire, à la veille de l’an 2000, mais la fontaine, stèle et large vasque taillées dans un bloc de marbre, datée de 1896, trône toujours au cœur du vieux Rocheville, baptisé alors Four-à-Chaux : lieu-dit qui donna son nom à cette vaste portion de territoire, enchâssée entre Cannes et Mougins, mais administrativement rattachée à la commune du Cannet.
À l’époque, on dénombrait là quelques centaines d’habitants, essentiellement des travailleurs immigrés italiens, contre 24 000 actuellement.
C’est à ce carrefour, traversé par la route de Grasse, sous-préfecture des Alpes-Maritimes, que se trouvait l’octroie : un poste à péage où les entrants et les sortants de Cannes s’acquittaient des taxes dues sur les personnes et sur les marchandises.
Au début du 20e siècle, le carrefour de Rocheville s’est rapidement développé, d’une manière qui n’est pas sans évoquer le Far West californien, si ce n’est qu’ici, dans les constructions, la pierre et la tuile a remplacé les rondins de bois.
Au fil des ans, on vit surgir, entre les nouvelles habitations et les divers négoces des rues goudronnées, une place, une église, un bureau de poste art déco et une mairie annexe au goût des années 1960.
Ce carrefour est devenu aujourd’hui le cœur historique d’une cité dortoir.
Malgré tout subsiste ma maison, dite la « Maison aux Arcades », sise administrativement au numéro 1 de la rue des Ecoles. Elle avait été bâtie en vis à vis de l’ancien château des Broussailles, sur sa colline, qui marquait l’extrême limite de Cannes, remplacé depuis par le nouvel hôpital de la ville.
C’est dans cet appartement de la Maison aux Arcades que mon père, le dernier des six enfants de mes grands-parents est né en 1907. Sur son acte de naissance, il est mentionné que son père était « journalier ».
Très vite, mes grands-parents acquirent des terrains et commencèrent à vendre leur production au marché Forville de Cannes. Mes vieilles tantes se souvenaient encore des bois et des campagnes qu’elles traversaient, encore gamines, dans la nuit, en tirant un lourd charreton de primeurs destinées à l’alimentation des Cannois.
La tribu commença à gagner de l’argent.
Toujours selon ce que me racontèrent jadis mes tantes, mon grand-père aurait ouvert une cantine, au carrefour de l’avenue des Broussailles, là où se trouvait le cinéma de mon enfance, aujourd’hui disparu. Venaient y manger les immigrés célibataires, jeunes agriculteurs ou maçons Italiens, généralement des journaliers, tels ceux qui ont signé comme témoins à la déclaration de naissance de mon père. Plus qu’une cantine, leur négoce était une trattoria où mes grands-parents tuaient eux-mêmes les animaux dans l’arrière-cour et où mon grand-père, plus âgé que ses coreligionnaires, était considéré comme l’ancien qu’on venait consulter en cas de conflits : juge ou parrain ?

et alii dit: à

au fait, le thème du billet n’est pas PROUST!
merci pour le billet

Jazzi dit: à

ça se prononce avec l’accent du midi : Jacouliiine Del Brousse.
Je n’ai jamais su si c’était un personnage de conte provençal ou parce que j’étais le petit Jacky des Broussailles, le quartier à la périphérie de Cannes où mes grands parents italiens s’étaient installés et dont nous avions repris l’appartement après leur mort, avant ma naissance…

Jazzi dit: à

Les rares fois où l’on se voit, il ne m’interroge jamais sur ma vie privée, Chantal…

et alii dit: à

de deux hypothèses hébraïques,
VOUS êtes vraiment à côté de la plaque!;trop obsédée ou trop erdélienne, suiviste, conformiste ;bref vous ne savez pas lire!

Chantal dit: à

C’est chantant Jacoulin del Brousse !

christiane dit: à

Merci, Et Alii, pourProust et les signes de Gilles Deleuze (PUF) 1996.
Des trois sortes de signes qu’il explore dans « La Recherche » (mondains,sensibles et amoureux) la troisième sorte est celle qui m’a le plus épatée. Quelle finesse !
Ainsi ce passage : « L’être aimé apparaît comme un signe, une « âme » : il exprime un monde possible inconnu de nous. L’aimé implique, enveloppe, emprisonne un monde qu’il faut déchiffrer, c’est à dire interpréter. Il s’agit même d’une pluralité de mondes ; le pluralisme de l’amour ne concerne pas seulement la multiplicité des êtres aimés mais la multiplicité des âmes ou des mondes en chacun d’eux. Aimer c’est chercher à expliquer, à développer ces mondes inconnus qui restent enveloppés dans l’aimé. C’est pourquoi les femmes aimées sont souvent liées à des paysages, que nous connaissons assez pour souhaiter leur reflet dans les yeux d’une femme, mais qui se reflètent alors d’un point de vue si mystérieux que ce sont pour nous comme des pays inaccessibles, inconnus. […]
Albertine enveloppe, incorpore, amalgame « la plage et le déferlement du flot. » (p.14)

Quel apprentissage ! Quel mystère ! Quel voyage vers l’inconnu ! mais Deleuze en traduit le tragique car ce monde « inconnu » éveille la jalousie, le doute de celui qui aime. Puis la jalousie tourne à vide, devient plus forte que celle qui en est à l’origine et tend vers la mort de l’amour, sa répétition vaine.
Et là, prodigieuse, l’intelligence de Proust, suivie par celle de Deleuze : la conscience de la subjectivité de l’amour ou le fait que celui qui aime, pense qu’à chaque nouvelle rencontre, il pourra aimer d’une façon nouvelle, jusqu’au temps où il comprendra qu’il ne pourra accéder à la compréhension de l’amour que lorsqu’il n’aura plus l’âge ni l’envie d’être amoureux.
Et il cite Proust : « Je sentais bien maintenant qu’avant de l’oublier tout à fait, avant d’atteindre à l’indifférence initiale, il me faudrait comme le voyageur qui revient par la même route au point où il est parti, traverser en sens inverse tous les sentiments par lesquels j’avais passé. » (Albertine disparue).
Ce philosophe parle bien de l’œuvre de Proust, comme il l’a fait pour celle de Fitzgerald (Gatsby et Daisy) de la perte de l’amour, du désir, de la femme si énigmatique, si contradictoire.
Pas de sexualité , ce n’est pas l’objet de ses recherches.
Deleuze est un être de fêlure (alcoolisme -goût de l’ivresse et de sa bulle enveloppante qui efface la frustration, le manque, l’angoisse, la fatigue.) et cette fêlure lui donne des intuitions de lecture étonnantes.
« On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer, ni s’être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Je ne suis plus qu’une ligne. » (G.DeleuzeLogique du sens (Minuit)

rose dit: à

C’est joli Jacoulin del Brousse, franchement

B dit: à

Charoulet, NOC, est à mes yeux une façon de l’ utiliser en lui donnant un peu plus de sens car en effet, nous avons affaire à un authentique registre sémantique avec le mot – con – or il apparaît de toute évidence que – le terme que nous repugnons à employer facilement compte tenu de son imprécision désigne objectivement quelqu’un qui aura inversé les valeurs de façon momentanée ou définitive, les definitifs sont bien évidemment à éviter. De toute évidence, ces gens par mégarde, inconscience ou nature ont inversé tout ou partie des valeurs idéales permettant à tout un chacun de vivre en harmonie avec ses congénères. Nécessiterait ensuite à envisager la subjectivité propre à chacun afin de pousser plus loin nos investigations pour peut être atteindre tous les plans d’usage actuel du mot CON. Les mots, de plus, ne sont ils pas en eux même un peu CONS?

Chantal dit: à

Je ne vais pas tenter alors Jazzi, d’autant que malicieusement je ne pourrais m’empêcher de demander Olivier Schtroumf. Vous lui avez présenté votre ami Cheedly au cousin gentlemen farmer du Var ?

On va entendre du Beethoven partout cette année commémorative, papapappam, papapappam, de quoi réjouir mon beau-père et mon beau-frère qui ne jurent que par le Freichuss.

et alii dit: à

avec la meilleure volonté
moi, je ne dis pas con, je dis connard comme les 3J

et alii dit: à

et quand on croit savoir lire il vaut mieux connaître ceux qui ont enrichi la critique littéraire comme Derrida:
), je voudrais montrer qu’ils peuvent nous aider à
comprendre en quoi les pensées, les réflexions théoriques de Jacques Derrida et de Roland
Barthes ont modifié durablement notre façon d’envisager, non plus les oppositions mais la
finesse des différences : entre par exemple, philosophie et littérature, entre auteur et lecteur,
mais aussi entre masculin et féminin, si l’on tient aux catégories… Ce que l’un et l’autre nous
ont appris, c’est le prix de la subtilité, de la nuance, la reconnaissance d’une certaine fragilité
à l’œuvre dans la pensée et l’écriture. Et cet enseignement est plus que jamais précieux à une
époque où trop souvent nous baignons dans ce que Gilles Deleuze appelait « les gros
concepts », les pensées simplificatrices, les slogans populistes, le retour de croyances
archaïques, le « prêt à porter » des idées massives et violentes.

Barthes et Derrida nous ont donc enseigné à lire et à penser avec subtilité. Ce qui veut
dire aussi, et je vais y revenir, à remettre en question une certaine hyper-virilité du concept et
de la théorie Ŕ un certain terrorisme théorique qui régnait, en tout cas en France dans les
années 1960-1970, mais qui ne meurt jamais, tant il est facile, dans la pensée aussi, de se

Il y a une duplicité, un jeu chez Derrida, on le sait bien, visant à renverser la pointe
dressée, le symbole ouvertement phallique, en creux, vagin ou blessure (coupure de la
circoncision, etc.). On pourrait évoquer par exemple ce jeu dans Eperons, les styles de
Nietzsche. Pour montrer que Nietzsche n’est pas (seulement) l’horrible misogyne que l’on
pense, Derrida rapproche l’éperon dont parle Nietzsche (la pointe, l’épée, voire le parapluie,
symboles phalliques s’il en est), de Spuren anglais : à la fois éperon et poussée sexuelle, du
motSpurallemand : trace, sillage. Là encore, la pointe s’invagine, elle s’inverse en trace
ouverte.Il revient sur Eperons dans un entretien de 1982, « Chorégraphies », repris dansPoints
de suspension. De façon plus subtile et étonnante encore, il essaie d’y penser, après
Heidegger, ce que serait une autre différence sexuelle qui ne serait plus anthropologique
https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01421410/document
Evelyne Grossman. Roland Barthes, Jacques Derrida : au-delà de la différence sexuelle. Colloque
”RASTROS DO IMPENSADO: : A DESCONSTRUÇÃO A LITERATURA (DE RETORNO A DERRIDA)”, ([Traces de l’impensé : la déconstruction, la littérature (revenant sur Derrida)] Université de
BRASILIA (Brésil), Piero EYBEN, Sep 2016, Brasilia, Brésil. ffhalshs-01421410f

Jazzi dit: à

Dans ma famille, enfant, on me trouvait un peu… snob. J’avais droit à l’Anglais ou au Parisien, deux engeances que les Cannois autochtones n’aimaient pas beaucoup, rose ! Les plus affectueuses de mes cousines m’appelaient monsieur gruyère ou monsieur café au lait, car je refusais le soir de manger la soupe au légumes que préparaient mes tantes…
Un de mes vieux oncles provençaux ne me désignait que sous l’appellation de Jacoulin Del brousse. Jamais su pourquoi ?

Janssen J-J dit: à

@ vous n’avez pas compris! vous feriez mieux d’apprendre à lire

… avec la meilleure volonté à l’égard de qui il reste à apprendre à écrire… Bàv, taxifolette.

(une croix hosannière => (bis)-(biss)

Serviteur.

rose dit: à

Jansen J-J

D’après ce que j’avions compris, la clé est autour de deux hypothèses hébraïques, à savoir laquelle ?

Ou bien la ligature d’Isaac.
Ou bien la hanche de Jacob dans son combat avec l’ange.

rose dit: à

Et vous jazzi qui aimez questionner quel est votre surnom dans votre famille ?

rose dit: à

Pas de bis (se prononce bee comme l’abeille) signifie ceinture.

Jazzi dit: à

Mon cousin ne plaisante pas avec la religion, Chantal. Dans son salon on le voit posant auprès de Jean-Paul 2 au Vatican !
C’est son fils, Olivier Stumpf, qui a reprit l’affaire. Mais mon vieux cousin trône toujours au centre de son domaine et vous accueillerait bien, renato.
Je ne sais plus quel est son vrai prénom, Louis ou Jean ?, dans la famille, où l’on s’appelle tous par nos surnoms nous l’appelons Zizi !
Leur domaine jouxte l’aérodrome de Fayence…

et alii dit: à

d’après ce qu’j’avions compris,
mais en bon et digne erdélien, vous n’avez pas compris! vous feriez mieux d’apprendre à lire avant de fantasmer!

Janssen J-J dit: à

… d’après ce qu’j’avions compris, se serait esquintée une hanche en accouchant au forceps dans un kibboutz. Y préférait lire LRDTP car n’avait que ça pour pas hurler de douleur après la pluche de patates. Le trauma fut tel qu’une vie entière en lacanisme ne suffît pas à la guérir du bas-ventre. Et tous les jours sur la toile, ses monologues du vagin en liens pour JC !… Une femme forte, FMLP, et ceteralii une fois. (la fecha de hoy : 22.2.2020 @ 14.22).

renato dit: à

anche > ancheS

renato dit: à

Merci Jacques, mais désormais j’achète mes anche chez un ancien joueur de basson qui les tailles dans l’arundo donax qu’il achète dans le Var, justement, et dont il connait bien les qualités. Je pourrais toutefois visiter votre cousin, c’est une occasion de voyage.

On assouplit, rose.

Chantal dit: à

merci Jazzy, peut – on faire de blagues téléphoniques à votre illustre cousin gentlemen du Var ?

« Ici Jeanne d’Arc »

rose dit: à

Je ne sais pas (rezut)

rose dit: à

Zut.
La anche.

rose dit: à

Quand on se fatigue on durcit ou on assouplit la hanche ?

rose dit: à

et alii dit: à

rose, il n’y a pas de bis en week end!

Je nexqais pas ce que cela signifie pas de bis.
Bi
Ou
Bisss

renato dit: à

Le ? s’est glissé à la place de la virgule, pardon.

Jazzi dit: à

renato, mon cousin germain (sa mère était la grande soeur de mon père) est un gentleman farmer du Var. Il possède un superbe domaine, La Grande Bastide, à Tourrettes de Fayence, où il est horticulteur-pépiniériste.
Si vous désirez des informations sur les roseaux de l’année, je vous joins ses coordonnées…
https://www.pagesjaunes.fr/pros/00274985?xtor=CS1-110-%5BYahoo%5D

et alii dit: à

rose, il n’y a pas de bis en week end!

rose dit: à

Ah.
Pardon Et alii.
Esquintée pkoi ?

et alii dit: à

rose, ma hanche esquintée est aussi du genre féminin, merci!

et alii dit: à

Que Jacques Derrida soit lecteur de Marcel Proust, on ne peut en douter
et les références à la Recherche, certes peu nombreuses et le plus souvent
marginales dans les écrits du philosophe, sont là pour témoigner d’une
proximité de longue date. Les mensonges d’Albertine entourant la
* Cet article s’inscrit dans un projet postdoctoral subventionné par le Fonds pour la
formation de chercheurs et l’aide à la recherche (FCAR).
2.Etudes franç. 38/1-2.p165- 16/01/02, 09:42 189
   • , -
dernière nuit de Bergotte dans La prisonnière ont d’ailleurs fait l’objet
d’un séminaire jamais publié1
. Certains critiques ont déjà tenté l’exercice de rapprocher les œuvres de Proust et de Derrida, comme ce fut le
cas de J. Hillis Miller qui a comparé leurs théories du mensonge, tout
en avouant pourtant que « Proust et Derrida se rencontrent, mais ne
convergent pas vraiment2 ». Bien que les réflexions de Richard Rorty
in Tentations proustiennes*
https://www.erudit.org/fr/revues/etudfr/2002-v38-n1-2-etudfr686/008400ar.pdf

rose dit: à

Et alii
No io pour la tête de veau.
Anche io.
N’empêche, anche en français est du genre féminin : une anche.

et alii dit: à

rose, vous n’avez pas compris :ce n’est pas grave,
anche io,je vous la fais en italien

Jazzi dit: à

Qu’il est con ce Charoulet !

Jazzi dit: à

Vieillir influe sur le souffle du clarinettiste, rose…

rose dit: à

Pour mon anche, non Et alii ?

rose dit: à

Renato
Et le mistral c’est trois-six-neuf.

rose dit: à

Renato

Trouver le bon assemblage — pour mon idée de son 4 sur ouvert — m’a pris 2 ans et maintenant que je commence à vieillir je doit en trouver un nouveau, on verra ça à la prochaine session.

En quoi vieillir influe sur le changement de l’assemblagensi long à établir ?

Jazzi dit: à

« un bel son »

Beau peu s’écrire bel seulement devant une voyelle, renato. Un beau son, un bel article…

Dans le Var (83), département limitrophe au mien, les Alpes Maritimes (06), le vent le plus redoutable est le mistral ! La pluie n’est-elle d’aucun effet sur la qualité des fibres du roseau ?

renato dit: à

et alii, à propos de la recherche d’un son.
Il m’arrive encore de jouer avec des amis, parfois le sax soprano, parfois la clarinette — je joue sur un Buffet Crampon Tradition —, il est léger, se transporte aisément, et, question non subsidiaire, il me rappelle qu’on ne choisit pas toujours en connaissance de cause. Enfin, lorsqu’on commence à le maîtriser on découvre le drame existentiel du clarinettiste : l’anche, car c’est ce petit bout de canne, un roseau très mince, qui fait le 90% du son. Un roseau certes, mais pas n’importe lequel, car pour un bel son il faut en choisir un qui ne pousse que dans le Var. C’est une sous-espèce de bambou, l’arundo donax ; mais ce n’est pas tout : l’efficacité de l’anche dépend des conditions climatiques de la région. S’il y a eu un an plus ou moins de venteux dans le Var, les fibres de canne sont plus ou moins habituées à résister au vent, donc elles sont plus ou moins dures de ce fait elles vibrent mieux ou moins bien. La performance dépend du vent qui a soufflé l’année précédente dans le Var ! donc l’anche parfaite n’existe pas.
Puis il y a le paramètre dureté-épaisseur — anches numérotées de 1 à 5 (pour nous entendre, Woody Allen, artiste de cabaret, joue avec une anche 1 donc très douce, tandis qu’Eric Dolphy joue avec une 5). La dureté n’est toutefois pas un paramètre absolu car il faut associer l’anche au bec et là c’est l’ouverture qui modifie la dureté — p. ex. une anche 3 montée sur un bec très ouvert est très dure tandis que sur un bec fermé devient plutôt douce. Trouver le bon assemblage — pour mon idée de son 4 sur ouvert — m’a pris 2 ans et maintenant que je commence à vieillir je doit en trouver un nouveau, on verra ça à la prochaine session.
Enfin, il y aurait encore beaucoup à dire — sur le barillet, p. ex. —, mais je ne vais pas plus longtemps emmerder le monde d’ici avec des détails techniques.

À propos de Toscanini, anecdote raportè par mon père. Lors du concert inaugural après la reconstruction de la Scala, Toscanini — et le public avec — attend que Visconti di Modrone s’installe — la destinés de la Scala et celle des Visconti sont liées depuis l’origine de l’excellent théâtre —. Finalement le mécène arrive et d’une voix tonitruante crie au chef sublime : « Donne le signal de la charge, trompette ».

D. dit: à

Ce midi c’est tête de veau sauce ravigote.

PatrIce Charoulet dit: à

LE MOT « CON » *

J’ai le bonheur de posséder la dernière édition du Dictionnaire de l’Académie.
Ce que dit ce dictionnaire sur le tereme dont il s’agit se termine pas ces mots en caractères gras :

« Bien que cet emploi figuré apparaisse dans les correspondances littéraires dès le XIXe
siècle et que l’usage parlé s’en soit très répandu, ne doit être employé que dans une intention de vulgarité appuyée. »

Je ne lis pas tous les commentaires de ce blog , mais je ne crois pas avoir lu ce mot ici en trois ans.
Je m’en réjouis. Même s’il signifie « imbécile, idiot, crétin », il manque de précision !C’est le grand reproche que je lui fais. Dans un blog comme celui-ci , quand on n’approuve pas le texte de quelqu’un, mieux vaut employer toute la langue française restante que ce mot-là. Je ne m’en servirai pas, en tout cas.

*Commentaire des réflexions de Phlippe Bilger sur ce sujet

christiane dit: à

Merci, Rose, pour la série des livres de la collection : « A la table de… » de Anne Borrel(textes) et Jean-Bernard Naudin (photos) -Editions du Chêne : « Proust, la cuisine retrouvée » (où l’auteur nous invite à la table des Verdurin, de Charles Swann ou de la duchesse de Guermantes et aux saveurs de l’enfance et des célèbres madeleines.) mais aussi : « Les carnets de cuisine de Monet », « Renoir, à la table d’un impressionniste », « Saveurs des mille et une nuits », « En Provence, à la table de Cézanne », « A la table de George Sand », « Casanova, un Vénitien Gourmand », « Toulouse Lautrec, les plaisirs d’un gourmand »…

rose dit: à

rose dit: à

Ce n’est pas tout à fait cui-ci encore mais jee renonce (provisoirement).

Comment des gens en Italie sont arrivés avec le virus ?

rose dit: à

Ce n’etait pas le lien JiCé je recommence

JiCé

Avez vous lu mon lien entre ces deux-ci avant qu’il ne diwparaisse ?

Christiane

Je ne savais pas que les médecins avaient ces consignes concernant grippe et sueur.

christiane dit: à

Et dans la même série d’émissions, celle ou Michel Butor explique qu’il lui a fallu 1000 pages pour entrer vraiment dans la lecture de l’œuvre. Après, il énumère les subtilités de certaines pages de La Recherche (Monet/ Proust/ La cathédrale de Rouen). L’effet de brume. La place des œuvres d’art dans La Recherche. L’architecture intérieure du livre. Le rôle du langage. La place de la mort, la menace de la mort.
La place que le livre va prendre peu à peu pour lui. On ne peut l’appréhender que lentement dit-il…
https://www.youtube.com/watch?v=tlK0CeHO-ow

christiane dit: à

Compagnon dit :  » Ce sont elles qui ont défriché les sujets d’esthétique encore jugés mineurs, comme… »
L’emploi de l’adverbe « encore » : signifie que ces sujets ne le sont plus.

christiane dit: à

En 1963, date du cinquantième anniversaire de la parution de «Du côté de chez Swann», le producteur Robert Valette demanda des écrivains de parler de l’influence que la lecture de Proust avait eu sur eux.
Émission diffusée pour la première fois sur la (RTF) le 16.12.1963.
Dans celle-ci,
https://www.youtube.com/watch?v=vMKz4saGXv0
Francis Ponge évoque le choc causé par la découverte de Proust.
« Je me suis mis à lire Proust d’un bout à l’autre. Je me sentais changé. Ce qui m’a bouleversé c’est « Le temps retrouvé » et les longs passages sur l’art d’écrire, la littérature. Il a tout sacrifié à son écriture, écrit tout cela sans aucune vergogne. Proust avait l’audace et la douceur, la sensibilité, le foisonnement de sensations, le style… »

et alii dit: à

proust et la cuisine:je ne crois pas que la cuisine soit considérée comme un genre mineur

christiane dit: à

rose dit: « Anecdote grinçante mais significative d’une ambiance (silencieuse).
Deux ambulanciers l’autre soir à 3h du mat. Pic fébrile à 39°6. Un portait un masque.
Arrivée aux urgences et dans le service :
Vous n’avez pas fait récemment un grand voyage ?
Moi : si.
Recul immédiat du personnel hospitalier, mines renfrognées.
Ah bon, où ?
Poitiers-Marseille.
Rires, soulagement.
Moi : non nous ne revenons pas de Chine. »

Dans le même climat de peur, savez-vous, Rose, que les médecins doivent signaler les patients se présentant avec de fortes fièvres, sueurs, etc. et ayant voyagé récemment. La grippe devient hautement suspecte…

christiane dit: à

Jazzi dit à propos de La Recherche : un livre « qui s’apprécie uniquement d’âme à âme »

Cela vaut toutes les exégèses. Merci, Jazzi.

christiane dit: à

et alii dit: « Compagnon: « En France, on ne laisse encore qu’aux femmes aborder Proust, et pas dans de grosses thèses d’État mais dans des frivoles doctorats d’université qui n’ouvrent nulle part. Ce sont elles qui ont défriché les sujets d’esthétique encore jugés mineurs, comme Proust et Ruskin, Proust et la musique, Proust
et la peinture.[…] »
Proust et la cuisine ?

christiane dit: à

closer dit: « Au fond JC est un grand sentimental qui joue les durs et les cyniques pour protéger son exquise sensibilité.
Je suis sûr que Christiane est d’accord là-dessus. N’est-ce pas Christiane? »

Oui, il fait partie du monde des hérissons !

et alii dit: à

son caractère:
Contrarié, Toscanini pouvait s’emporter au-delà de toute mesure. Agonissant ses musiciens d’injures humiliantes, il finissait invariablement par briser sa baguette, jeter la partition par terre, déchirer son mouchoir ou crever de rage les poches de son veston. Certes, il ne se mettait dans de tels états que face à un orchestre qu’il estimait capable d’atteindre, avec davantage de travail et d’attention, le résultat auquel il voulait arriver. Et il n’a que rarement renvoyé un musicien. « Toute sa vie, on lui a pardonné une conduite qui n’aurait été tolérée par aucun autre artiste », écrit Samuel Chotzinoff, l’ancien directeur musical du réseau de télévision américain NBC, dans un livre conçu comme un règlement de comptes (2).

rose dit: à

Et alii

Voilà.
Moi je, j’aurais commencé par deux pierres que j’aurais tapées l’une contre l’autre puis deux branches de bois que j’aurais faites crisser en les frottant.
Ensuite, j3 me.serais allongée sous des arbres en écoutant le vent dans les branches.
Bonne journee à to

Aïe aïe aïe : tapées ou tapé ? Non, tapées.

et alii dit: à

mémoire par coeur:
Un des atouts de Toscanini pour arriver à ce résultat était sa phénoménale mémoire musicale. Connaissant par cœur quelque 120 opéras et 480 œuvres symphoniques, il dirigeait sans partition, en raison notamment de sa mauvaise vue. Cette mémoire peu commune lui permettait de se représenter avec une grande clarté les parties des différents instruments et de se souvenir avec une précision étonnante, parfois des dizaines d’années après, de nuances de jeu ou d’erreurs commises lors d’exécutions précédentes. S’il n’utilisait les partitions qu’au cours des répétitions, il les étudiait toutefois inlassablement.

et alii dit: à

renato
une nouvelle bio:
« Sa spécialité était l’insatisfaction », écrit son biographe Harvey Sachs dans l’introduction à une sélection de ses lettres, « il était mécon­tent de lui-même comme artiste et comme être humain, insatisfait de sa vie, des gens autour de lui et de la manière dont ­allait le monde. Il était insatisfait quand il travaillait, mais plus encore lorsqu’il ne travaillait pas. »

Mort en 1957, à deux mois de son 90e anniversaire, Arturo Toscanini est une légende. Il est le seul chef d’orchestre à avoir fait trois fois la couverture du magazine Time, en 1926, 1934 et 1948. Dans un milieu où l’hypertrophie de l’ego n’est pas rare, il faisait la quasi-­unanimité parmi ses pairs. Il était « le roi des chefs d’orchestre » aux yeux ­d’Otto Klemperer, « le plus grand de tous » pour Pierre Monteux. Le jeune Herbert von Karajan avouait son éblouissement ­devant ses exécutions. Verdi le tenait en très haute estime. Puccini, qui était son ami et le décrivait comme « un miracle de sensibilité, de raffinement et d’équilibre », lui confia la première mondiale de La Bohème et celle de Tosca à Milan. C’est lui qui dirigea pour la première fois sur le sol italien Pelléas et Mélisande, de Debussy, et Siegfried
À l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance, Harvey Sachs vient de faire paraître une nouvelle biographie, deux fois plus volumineuse que celle qu’il avait publiée en 1980 et enri­chie par l’exploitation de documents découverts entre-temps : des enregistrements de conversations en famille effectués à son insu par son fils Walter, et 1 500 lettres de lui.

et alii dit: à

@renato
Dans un ancien pavillon de chasse princier des alentours de Bamberg – en Bavière –, qui appartient à sa famille, ce facteur d’instruments se consacre au domaine plutôt exotique de ­l’archéologie musicale. Quelle était la sonorité des grandes orgues lors des offices religieux dans les églises gothiques du Moyen Âge ? Quels sons produisaient les musiciens qui jouaient autrefois du tournebout (ou cromorne allemand), de la cornemuse et de la chalemie lors des fêtes populaires ?

« Je veux me rapprocher le plus possible du timbre original », explique Spindler. Mais comment retrouver
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MUSIQUE

Andreas Spindler, l’archéologue des sons
Publié dans le magazine Books n° 105, mars 2020. Par Frank Thadeusz.

SAUVEGARDER CET ARTICLE
Un artisan allemand a entrepris de ramener à la vie des instruments des temps anciens. Mais comment fabriquer vielles, chalemies et tournebouts et retrouver leur timbre quand on ne dispose d’aucun élément, ou presque ?

© Interfoto / Alamy
Andreas Spindler s’inspire de l’iconographie d’époque pour fabriquer ses répliques d’instruments médiévaux. Ici, un détail d’une fresque de Simone Martini (1284-1344) dans la basilique Saint-François, à Assise.

Au commencement était le silence. Puis, quelque part, une pierre est tombée dans l’eau. Et dans la tête d’un de nos lointains ancêtres, à l’aube de l’humanité, s’est déployée une explosion sonore lourde de conséquences. C’est ainsi qu’est née la musique.

C’est, en tout cas, l’hypothèse d’un homme qui, comme aucun autre, a essayé de remonter aux sources des sons. Andreas ­Spindler, 55 ans, est un musicien touche-à-tout qui maîtrise une quarantaine d’instruments qu’il a, pour la plupart, fabriqués lui-même. Ce sont des ins­truments des temps anciens que presque plus personne ne connaît aujourd’hui : parmi eux, la vielle à roue (un instrument à cordes), le cornet à bouquin (un instrument à vent) et le cistre (un instrument à cordes pincées).
lettre de books

rose dit: à

Je ne suis pas une peine à jouir et fière de ne pas l’être. Suis pour une vertu en forme d’aura, laisse les libertins à leurs marivaudages et prône la bienveillance en mode de vie. Le choix. Le consentement dans le sexe. Le respect des enfants et de ceux ayant atteint le bel âge : grand respect alors.

« Let’s the people be the way they find »
me semble être une juste remarque, Irlande, août 2019.

closer dit: à

Au fond JC est un grand sentimental qui joue les durs et les cyniques pour protéger son exquise sensibilité.

Je suis sûr que Christiane est d’accord là-dessus. N’est-ce pas Christiane?

et alii dit: à

compagnon:
, pour lui, « la médiation de l’éditeur constituait l’auteur » : il utilise l’imparfait puisque c’est cette médiation qu’Internet est en train de détruire. Au passage, il met au jour quelques fragments de négatif, le rôle de l’État, le rapport à l’argent, qui étaient effectivement très sommairement « évacués » dans les textes des années soixante-dix (quelques références au capitalisme, à la bourgeoisie).

26Il soumet ses propres pratiques à la question de l’analyseur argent :

27

« D’ailleurs, suis-je moi-même encore l’auteur, au sens du droit d’auteur, des livres que je publie sous mon nom […] Si je suis professeur et que je publie des poèmes écrits pendant mes vacances ou mes nuits d’insomnie, admettons qu’ils m’appartiennent encore. Mais si je prépare une « Pléiade » à laquelle je consacre, durant quatre années, un gros mitemps, si en plus, au cours de ces quatre années, mon université m’accorde un semestre sabbatique pour mener à bien mes travaux […] mon université ne devrait-elle pas être considérée comme l’auteur, avec moi ou même sans moi, de la plupart de mes publications [19]
[19]
Antoine Compagnon, op. cit., 2000, p. 243-244. ? »
https://www.cairn.info/revue-l-homme-et-la-societe-2003-1-page-115.htm

rose dit: à

Anecdote grinçante mais significative d’une ambiance (silencieuse).
Deux ambulanciers l’autre soir à 3h du mat. Pic fébrile à 39°6.
Un portait un masque.
Arrivée aux urgences et dans le service :
Vous n’avez pas fait récemment un grand voyage ?
Moi : si.
Recul immédiat du personnel hospitalier, mines renfrognées.
Ah bon, où ?
Poitiers-Marseille.

Rires, soulagement.
Moi : non nous ne revenons pas de Chine.

Comment un foyer d’infection s’est retrouvé en Lombardie ?

rose dit: à

Ce n’est pas tout à fait cui-ci encore mais jee renonce (provisoirement).

Comment des gens en Italie sont arrivés avec le virus ?

rose dit: à

Ce n’etait pas le lien JiCé je recommence

et alii dit: à

exact rose excuses; c’est sa filleFrançoise Gabrielle Pauline, née le 30 juin 1726, mariée à Paris à l’âge de 16 ans, en 1743, à Alfonso Carafa, 5e duc de Montenero (16 décembre 1713 – 23 janvier 1760), elle meurt en 1754, âgée de 28 ans, après une dizaine de grossesses ;

JiCé..... dit: à

Jogging now….

rose dit: à

Je dors encore.
Et finalement, elle meurt en couches en mettant au monde une fille.

JiCé

Avant la mort, il y eut quelque chose.
L’autre nuit, l’ai passée avec les morts redevenus vivants, dont une très.
Cherchez avant la mort. Du sortir du ventre à douze ans.
Bas relief, bas ventre, bas côté, baratte.
Siège des émotions, lieu du diaphragme, nous est essentiel. Aucune raison d’y renoncer. Une fois, deux, quinze pour certaines fut habité et plein d’un organe dépendant et férocement indépendant, l’enfant, destiné à sortir. Centre vital notre ventre et lieu du réceptacle de l’homme, dans sa grandeur et sa vilenie.

JiCé..... dit: à

D’accord ! Parlons de votre bas-ventre et de la petite mort ….Lubrique ta mère !

rose dit: à

Et alii

Je lui vois trois enfants dont le dernier meurt au berceau.
Et finalement, elleeurt en couches en mettant au monde une couche.
Étonnant ce portrait d’une femme mère qui pense, tout en étant amante amoureuse tout en étant adoubée par Voltaire en tant qu’intellectuelle.

et alii dit: à

TIENS? JE CROYAIS QU’ON PARLAIT DE LA MORT
Comme institution, l’auteur est mort : sa personne civile, passionnelle, biographique, a disparu ; dépossédée, elle n’exerce plus sur son œuvre la formidable paternité dont l’histoire littéraire, l’enseignement, l’opinion avaient à charge d’établir et de renouveler le récit : mais dans le texte, d’une certaine façon, je désire l’auteur : j’ai besoin de sa figure (qui n’est ni sa représentation, ni sa projection), comme il a besoin de la mienne (sauf à « babiller »).
Roland Barthes, Le plaisir du texte.

JiCé..... dit: à

Choix évident : sauver la mère ! Buonaparte n’a eu que le mérite de décider ce que l’évidence naturelle impose, ce que tout père répondra dans ce cas : un enfant, on peut en faire d’autres. Sauvez la mère…
(au Moyen Orient, la réponse est différente, dans tous les cas c’est « Sauvez le père ! » et on passe à autre chose…)

Quand allez vous laisser tomber votre bas-ventre, chères soeurs ?

rose dit: à

Et alii

Je comprends que nous ayons besoin de lire deux fois le même article.
Beau portrait de Dubois accoucheur et pardon de la réaction idiote, on dirait que Marie Louise serre son portable sur son coeur, plutôt qu’un médaillon.

En tant que mère, j’aurais choisi de sauver l’enfant. Sans doute parce que Dolto nous a appris que Bébé est une personne.

et alii dit: à

dizaine de grossesseS

et alii dit: à

on dit que Émilie du Châtelet femme bien douée est morte en couches à 28ans après une dizaine de grossesse, un bébé mort au berceau

rose dit: à

Et alii
Terrible choix auquel en tant que père je naurai pas aimée être confrontée.

et alii dit: à

La réaction de Napoléon pour sauver l’Impératrice était contraire à l’usage qui était de sauver l’enfant et pas la mère; Napoléon pensant que Marie-Louise pouvait lui donner d’autres héritiers. Une telle réaction fut très appréciée par toutes les femmes françaises. Il faut savoir qu’à l’époque la mort en couches était la première cause de mortalité des femmes.

En savoir plus : https://les-apn-belgique.webnode.fr/news/sauve-t-on-la-mere-ou-lenfant/

et alii dit: à

histoire de france
. A sept heures du matin, le Baron Dubois entre dans le cabinet où reposait momentanément Napoléon sur une ottomane. Il lui annonce d’un air effrayé que l‘Impératrice est en grand danger, et que l’enfant se présente mal.

Mais dans les nombreux accouchements où vous avez assisté, n’avez-vous jamais rien vu de semblable?

Sûrement oui, mais seulement une fois sur mille, et jugez combien il est affreux pour moi que ce cas si extraordinaire se présente pour l’Impératrice.

Eh bien, traitez-la comme si elle était une marchande de la rue Saint-Denis, c’est la seule grâce que je vous demande; oubliez qu’elle est impératrice. Conduisez-vous exactement comme si vous attendiez le fils d’un savetier.

Mais, puis-je apposer les fers, et si de nouveaux accidents se présentent, dois-je sauver la mère ou l’enfant?

Sauvez la mère, ne pensez qu’à la mère. La nature n’a pas de loi.

L’accoucheur dut faire appeler le médecin Corvisart et dut utiliser les forceps pour extraire l’enfant ce qui fit hurler de douleur Marie-Louise.

En savoir plus : https://les-apn-belgique.webnode.fr/news/sauve-t-on-la-mere-ou-lenfant/

et alii dit: à

rose, oui, mais ça se corse lorsqu’on demande au père à la naissance de l’enfant à qui, de la mère ou de l’enfant on doit préserver la vie;
bonne journée

rose dit: à

 “Be yourself again. Come on, Claire, be my sister.”

 
Non.
Rien de délirant et rien d’hystérique. Aucun acharnement non plus. Cela en fait des différences.
Fin de partie.

rose dit: à

5h55 le 22 février

Le corps n’étant qu’enveloppe charnelle, l’important dans la.relation à la mère est celle du coeur à coeur.

Bon shabbat

et alii dit: à

des dates!
En 1997, le président de la République française Jacques Chirac, prend la décision de professionnaliser les armées et de suspendre le service national4.

En 2002, la conscription est arrêtée au profit d’un « parcours citoyen » pour les jeunes hommes et femmes à partir de leur seizième anniversaire. Le service national est remplacé par un Service volontaire pour une durée variant de un à cinq ans.

En 2017, le candidat Emmanuel Macron, alors en campagne pour l’élection présidentielle, annonce dans son programme son souhait de rétablir un service national universel, d’une durée d’un mois5.

JiCé..... dit: à

Amis sportifs, aujourd’hui et demain, tous devant vos écrans ! Rugby à XV d’abord…

PROGRAMME
Samedi 22 février 2020
15h15 Italie-Ecosse
17h45 Pays de Galles-France

Dimanche 23 février 2020
16h00 Angleterre-Irlande

Bon canapé !
PS : je n’oublie pas les matches féminins : je les néglige, nuance …

et alii dit: à

Compagnon

et alii dit: à

compaqgnon souligné puisque Drillon:
Personne ne sait
Pourquoi tous les grands spécialistes de Céline sont des hommes.

et alii dit: à

Compagnon:
En France, on ne laisse encore qu’aux
femmes aborder Proust, et pas dans de grosses thèses d’État mais dans des frivoles
doctorats d’université qui n’ouvrent nulle part. Ce sont elles qui ont défriché les sujets
d’esthétique encore jugés mineurs, comme Proust et Ruskin, Proust et la musique, Proust
et la peinture. Ou si des hommes osent parler de Proust à l’université, même après la
guerre, c’est comme philosophe – Proust et Bergson : éternel parallèle –, comme
métaphysicien (voir Henri Bonnet, Le Progrès spirituel dans l’œuvre de Marcel Proust,
1946 et 1949) ou comme moraliste (Jacques Nathan, La Morale de Proust, 1953), et cela
ne leur a pas porté bonheur dans leurs carrières.

JiCé..... dit: à

Samedi 21 février 2020, 4h30
A la lecture des commentaires, sirotant mon café brûlant, je me rends compte que les femmes du gynécée, hystériques, nous racontent le soir à la chandelle, sans pudeur leurs souvenirs d’accouchements divers, grand mère, maman, moi, les relations belle-mère, et tutti quanti, le sang qui gicle, la maternité qui triomphe !

Sordides blabla sur ce qu’il reste d’un blog prodigieux ! Honte sur nos sœurs en littérature qui en rajoutent avec leur admiration pour ce couillon de Marcelito Proutprout, le malade, le fada grabataire !

Est ce qu’on parle de la verge de Grivois le Grivous, nous ? est ce qu’on vous l’agite sous le nez, notre merveilleuse mentule ? Please, laissez tomber vos racontars de bas-ventre , vos césariennes, vos histoires sans intérêt pour nous autres ! par Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit !….merci.

et alii dit: à

Pour Christine Gauthier, présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université Laval (SCCCUL), même les notes des étudiants d’un cours donné par un professeur constituent un travail, une œuvre, qui appartient à son auteur, soit le professeur.

et alii dit: à

Shareimprimer
Lancé en 2013 aux Pays-Bas, StuDocu est une plateforme où les étudiants partagent leurs supports de cours en échange d’une rémunération ou d’un accès gratuit à l’intégralité des contenus. Véritable mine d’or pour les élèves de tous les pays, elle fait également hurler le monde universitaire. L’université de Laval au Québec a décidé d’agir face à ce qu’elle considère être du plagiat ou, du moins, une violation des droits d’auteur.

et alii dit: à

il y a peut-être des erdélien-ne-s qui savent tout , qui on tout compris, qui expliquent tout,et Proust et Arendt , et l’antisémitisme de Heidegger,et le travail,et Dieu qui tripote: grand bien leur fasse!

christiane dit: à

Jazzi, oui, certainement…
Annie Lemoine n’a jamais eu l’occasion de rencontrer Jean-Paul Kaufmann, mais elle a toujours suivi ses apparitions. « J’ai compris qui il était. Un journaliste grand reporter, mais c’était avant tout quelqu’un qui aimait les mots et la littérature. Et ce sont les mots qui l’ont sauvé. Il avait deux livres pendant sa détention, « la Bible » et le tome II de « Guerre et Paix » qu’il avait relu 22 fois. Cet espace de liberté l’a aidé à tenir ».
https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/memoire-d-info/memoire-d-info-a-la-liberation-des-otages-du-liban-en-1988-annie-lemoine-a-eu-pour-la-premiere-fois-la-gorge-serree-pendant-le-journal_2287170.html
Après sa libération il s’installe dans la forêt landaise dans une vieille maison, « Les Tilleuls », qu’il retape avec deux maçons taciturnes. Il y restera dans un quasi-isolement volontaire plusieurs mois, au contact de la nature.
«C’est elle que je n’ai cessé de chercher. Tout de suite, j’apprécie son maintien élégant et modeste. Devant moi, la maison dont je rêve : une vaste retraite campagnarde, des arbres, beaucoup d’arbres, dont deux immenses platanes et la forêt de pins qui entoure sans étouffer.»
Il y écrira un livre « La maison du retour », écoutera la musique de Haydn, et, le soir, lira un seul livre «Les Géorgiques» de Virgile.

et alii dit: à

In the past year I’ve become somewhat obsessed with the idea of authenticity. This is partly because I feel at times I have lost sight of my authentic self, and I want more than anything to come close to it again. For me, authenticity means that how I act and what I say, and how I actually feel around others, are aligned, that I am connected to myself and to another person at the same time
Revisited is a series in which writers look back on a work of art they first encountered long ago. Here, Amina Cain revisits Jean Genet’s The Maids.
https://www.theparisreview.org/blog/2020/02/18/be-yourself-again/?utm_source=The+Paris+Review+Newsletter&utm_campaign=f7273216a7-EMAIL_CAMPAIGN_Weekly_12072018_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_35491ea532-f7273216a7-56115177&mc_cid=f7273216a7&mc_eid=b1205f98e4
bonsoir

et alii dit: à

suggestion de réponse de Compagnon:
Tel fut le coup de
génie de Proust. Et c’est d’avoir retrouvé ce désir illustré par la biographie de l’auteur, ou
pour les plus érudits par la lente genèse de l’œuvre dont témoignent les manuscrits, qui a
confirmé l’universalité du mythe. Toute lecture de la Recherche ne se raconte-t-elle pas
comme le « récit d’un désir d’écrire » ? Parce que tout Français, jusqu’au président de la
République, rêve de devenir écrivain, c’est sa propre histoire que chacun lit dans la
Recherche, qui a des chances de rester cette étoile polaire qui nous guide, ou ce miroir
aux alouettes qui nous égare, tant qu’il y aura des hommes et qui voudront écrire.

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