de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Costa le Grec

Costa le Grec

Aujourd’hui encore, pour ceux qui le connaissent, Costa-Gavras (Loutra-Iraias, en Arcadie, 1933) est de ces hommes qui séduisent par leur enthousiasme. Surtout lorsqu’il est question de cinéma. Ou plutôt de films, ceux des autres comme les siens. Autant de balises d’un parcours plein d’embûches, mais de nature à l’exciter davantage encore, évoqué dans Va où il est impossible d’aller (520 pages, 25 euros, Seuil). Des mémoires si l’on veut, mais surtout un récit dans lequel sa gourmandise des choses de la vie semble inentamée. Des pages où on sent qu’il aime mieux parler des films que du cinéma. Aux Etats-Unis, assistant –réalisateur est un métier à vie ; en France, une étape pour devenir réalisateur. Costa-Gavras a appris le cinéma à l’IDHEC alors présidé par Marcel L’Herbier, mais il a appris comment faire du cinéma en travaillant aux côtés d’Yves Allégret, René Clair, Henri Verneuil, René Clément, Henri-Georges Clouzot. Ils lui ont autant transmis un savoir-faire qu’un savoir sur ce qu’il fallait éviter de faire. Quelque chose comme de l’expérience accumulée. De quoi partir armé à la guerre tout en sachant que sa véritable université, là où son regard s’est formé, c’est à la cinémathèque d’Henri Langlois dès le premier choc, celui des Rapaces d’Eric von Stroheim. Mais pour le jeune émigré grec débarqué à Paris à 20 ans à la Cité universitaire sans connaître un mot de français, qui fit ses débuts dans la vie comme danseur dans un corps de ballet, suivit des cours de filmologie de Gilles Deleuze à la Sorbonne sans y comprendre grand chose, eut la chance avec d’autres étudiants de l’Idhec de visiter le musée de l’Homme avec un guide nommé Michel Leiris, et de tout apprendre des règles de l’art en travaillant dans l’ombre sur Le Triporteur avec Darry Cowl, même si la fréquentation intensive de […]

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