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La République Des Livres par Pierre Assouline
Il n’y a pas d’âge pour se sentir orphelin

Il n’y a pas d’âge pour se sentir orphelin

Il n’y a pas d’âge pour dire « Papa » ou « Maman » même si d’autres préfèreront toujours dire « mon père » ou « ma mère ». Question d’éducation et de milieu, de sensibilité et de pudeur aussi. Il faut parfois oser s’autoriser. Vingt ans après sa mort, Metin Arditi revient sur l’homme que fut son père, son héros. En écrivant Mon père sur mes épaules (168 pages, 15 euros, Grasset), il lui retourne les os selon un vieux rituel africain qui, lui, n’a rien de métaphorique. Dénuées de toute nostalgie, un piège dans ce genre d’exercice, ses réminiscences l’entrainent à louer sa sagesse, sa force, sa tendresse, son audace en affaires, son obsession de l’humilité et jusqu’à sa lotion après-rasage. Au fond, tout ce qu’il avait de rassurant pour les siens. Du moins durant les années d’enfance et de jeunesse de l’auteur. Après, dès lors qu’ils purent se parler entre hommes, d’égal à égal, ce fut plus tendu car ils ne partageaient pas la même manière de se sentir juif.

C’est peu dire que le fils admirait le père : il semble avoir tout fait, jusqu’au choix des études, non pour lui plaire mais pour ne pas le décevoir. Il voulait susciter sa fierté mais n’aura pas réussi à gagner son estime. Leur différend sur la question israélo-palestinienne devint si profond qu’il déborda de sa seule dimension politique pour gâcher leur relation sur le plan humain. Pas un roman de Metin Arditi n’échappe à son ombre portée, ici par un détail, là par un écho.

Il s’adresse à lui directement dans de brefs passages en italiques, lui assénant parfois des reproches comme autant de coups de massue, dénonçant sans détour sa lâcheté, sa faiblesse, son habileté manipulatrice avec une violence, une dureté, un ton qui ne sont pas sans rappeler ceux de deux classiques du genre : le Simenon de Lettre à ma mère et le Kafka de Lettre au père. L’ombre de Nietzsche plane sur sa réflexion. Amor fati. On peut tenir avec deux mots ? On peut. Embrasser son destin mais sans résignation ni fatalisme. Amor fati : deux mots. Comme « mon père ».

Autre récit, même esprit, alors que tout sépare l’adolescent turc instruit et éduqué sur les rives du lac Léman, et le jeune rugbyman montalbanais monté à Paris. Sauf que dans les deux cas la forme est toute aussi sobre, dépourvue de lyrisme, de pathos et de mièvrerie. Dans Ma mère, cette inconnue (166 pages, Gallimard), Philippe Labro, lui, paie aussi sa dette mais sans règlement de compte. Lui aussi dans l’admiration mais sans mélange, tout dans la reconnaissance. Il est vrai que ce n’était pas seulement sa mère, c’était quelqu’un. Un personnage. Une force de caractère. Avec cela un puits d’amour et de générosité qui, dans ses derniers temps, ne tenait qu’à un seul objet qu’elle ne lâchait d’ailleurs jamais. Il renfermait un trésor : la liste des dates d’anniversaires de sa nombreuse parentèle. Affable avec ça mais bouche cousue sur son passé.

Il lui a fallu fendre l’armure devant l’insistance de son fils, rompu à l’art de l’interview, et raconter : un père polonais inconnu, l’héritage d’un petit rien qui reflète l’indéfinissable charme slave, une grâce de Tanagra, l’abandon par la mère, les années difficiles et puis… Ensemble, ils ont remonté le cours du temps mais seul il a enquêté pour mettre à nu les ressorts de son histoire, exhumé les cartons, courut les archives, retrouvé les photos jaunies et les lettres. Philippe Labro n’apprendra que bien longtemps après la guerre que ses parents avaient monté chez eux une filière d’hébergement et d’évasion pour des juifs traqués, ce qui leur vaudra d’être Justes parmi les Nations…

L’un est né en 1945, l’autre en 1936. Pourtant, après avoir lu Metin Arditi et Philippe Labro dans les plis de ce qu’ils ont de plus personnel, on les imagine aujourd’hui encore capables de chercher leurs numéros de téléphone pour appeler l’un son père, l’autre sa mère, afin de demander conseil, partager une joie, douter ensemble. En écrivant, ils ont eu l’impression, si douce et si légère, de vivre à nouveau près de l’absent. Il n’y a pas d’âge pour se sentir orphelin.

(Photo Ryan Pierse)

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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commentaires

472 Réponses pour Il n’y a pas d’âge pour se sentir orphelin

rose dit: 5 juin 2017 à 21 h 45 min

La vie dans les livres ?
Hamlet faudrait christiane, widergänger, DHH et lavande et jacques chesnel et annelise dans la pièce.
N’ai jamais écrit nom d’une pipe, vous extrapolez.
Et si vous preniez un acte pour vous tout seul, dans un long monologue ?

christiane dit: 5 juin 2017 à 13 h 55 min

Rose,
En bas de page, un billet pour vous ! de Roméo Fratti « Barbarie des « Misérables » (Le coin du critique SDF). Je crois que vous allez apprécier son étude de Jean Valjean, des Thénardier, de Javert.
Je vous ai répondu ci- dessous, hier.

rose dit: 4 juin 2017 à 22 h 09 min

C' »est beau.
J’M bcp maybe, I understand, you & I et aussi monday et sunday. Ai bcp apprécié qu’il n’écrase pas les roses en partant. Cet homme délicat.

Bloom dit: 4 juin 2017 à 19 h 48 min

Facho islamistes, c’est du klassic, hélas, mais les gentils bouddhistes birmans ou cinghalais prêchant la Haine, c’est aussi ça la réalité. Pas faite pour les simples, la réalité, Ripoux le dingue.
Idem pour les fachos hindous qui tuent les musulman qui bouffent du boeuf. T’es limité, Filochard.

Sergio dit: 4 juin 2017 à 16 h 56 min

Janssen J-J dit: 4 juin 2017 à 16 h 41 min
une nuit sur le mont chauve …

Tout est supportable sauf, pour l’Auvergnat s’entend, quand le compteur à pognon se met à tourner !

ribouldingue dit: 4 juin 2017 à 16 h 06 min

« Le vénérable V, aka Ashin Wiratu, fachiste bouddhiste documenté sans fard par Barbet Shroeder, »

LE fachiste bouddhiste…heureusement qu’il en a trouvé UN. Bien entendu, jamais il ne fera de films sur les dizaines de milliers de fascistes islamistes qui empoisonnent la planète de Mindanao au Sahel.

bérénice dit: 4 juin 2017 à 15 h 43 min

Maniaque: individu ne tolérant pas que soit déplacé un ou plusieurs éléments à l’ordre qu’il a fixé. Si déplacement ( désordre), il le remarque et s’empresse de redonner à l’espace qu’il s’est arrogé le droit d’occuper l’ordre qu’il a choisi.

Pervers: atteint d’une distorsion du mécanisme du plaisir. – aberration habituelle, privilégiée, nécessaire à une satisfaction totale et dont la principale motivation est l’hostilité. On entend par « hostilité » le désir de faire du mal à un objet, d’où la distinction d’avec « agression », qui souvent n’implique que l’idée de la force. L’hostilité présente dans la perversion prend la forme d’un fantasme de vengeance masqué dans les actes qui constituent la perversion et destiné à transformer le traumatisme infantile en triomphe adulte. Pour engendrer un maximum d’excitation, la perversion doit comporter un certain risque.-.

Vicieux: -Qui a une disposition naturelle à faire le mal; qui a de mauvais penchants, des vices. –

Sergio dit: 4 juin 2017 à 15 h 05 min

bérénice dit: 4 juin 2017 à 14 h 51 min
et l’on pourra s’interroger sur cet acharnement à dénigrer

C’est qui s’haiment ! I sont frères de lait, ou i se sont connus au scouts ou encore au sapin dans un régiment d’infanterie à Lille ou Donau… De véritables Castor et Pollux comme dirait Brassens !

Bloom dit: 4 juin 2017 à 14 h 59 min

Bloume va nous expliquer que l’extrêmisme bouddhiste a encore frappé…

Le vénérable V, aka Ashin Wiratu, fachiste bouddhiste documenté sans fard par Barbet Shroeder, se réjouit de ces attentats. Comme vous, triste pied nicleké.

Sergio dit: 4 juin 2017 à 14 h 58 min

Delaporte dit: 4 juin 2017 à 11 h 33 min
« Un médecin consciencieux doit mourir avec le malade s’ils ne peuvent pas guérir ensemble. »

Non mais hattends je veux pas me coltiner des glands de cet acabit pendant des héternités, moi ! Déjà qu’il y a l’oeil qui regarde K1…

bérénice dit: 4 juin 2017 à 14 h 51 min

Vraiment, notre écrivain raté n’invente rien

et l’on pourra s’interroger sur cet acharnement à dénigrer doublé d’une volonté d’humilier, blesser, voire tuer symboliquement . Si vous aviez écrit: cet écrivain n’invente rien – en ajoutant un argument, ce serait recevable mais vous ne donnez que votre opinion qui prend la forme d’une sentence définitive, à jeter c’est ce que proposez alors jetez, c’est votre droit mais que vous jetiez chaque jour avec assiduité avec plus ou moins d’insistance pour faire des adeptes? comme le font certains propagandistes me mène à vous classer dans un registre que j’ai tenté de définir hier .

Sergio dit: 4 juin 2017 à 14 h 45 min

Coupure de gaz, coupure de gaz… En hépaisses tranches comme le bitor la rosette ! Havec la hache du Grand Ferré… A la francisque, même !

christiane dit: 4 juin 2017 à 14 h 40 min

Rose – 11h02
Oui, j’avais noté. Vous aviez écrit hier, à 23 h 02 : « Aujourd’hui, ai vu un rosier ancien rose pâle très chargé en fleurs et à ses pieds des pieds d’alouette bleus pâles et roses. »
C’était capter, la présence de la couleur auprès de ces fleurs. Et soudain, temps suspendu, cette mémoire vous réveille, et ce jour encore, elle est là. Vous voulez y retourner, prendre une photo. Une intermittence où la grâce vous a visitée par l’accord subtil qui vous relie à votre sérénité malgré la douleur évoquée quelques lignes avant. L’acte de regarder c’est peindre.
Vous lisant et me souvenant de ces mots, j’ai pensé à Colette La naissance du jour et sa « petite aile de lumière qui bat entre deux contrevents et touche, par pulsations inégales, le mur ou la longue, lourde table à écrire, à lire, à jouer ». Elle l’écrit « rose sur le mur de chaux rose, ou, bleue sur le tapis bleu ».
Ces petits camaïeux pour vous.

bérénice dit: 4 juin 2017 à 14 h 37 min

-dans les années 70-. Plus sérieusement Delaporte et bien que je ne connaisse rien aux courants d’idées de ces années, pensez-vous que concernant notre perception sensorielle les penseurs aient été influencés par l’usage des substances hallucinogènes ou psychotropes qui circulaient à cette époque, des livres ont été écrits à partir d’expériences personnelles, nous ne sommes dotés de cinq sens ainsi que d’une capacité d’analyse, synthèse, d’une émotivité, d’une attention, d’un sens de l’observation, d’une sensibilité naturelle ou travaillée par l’expérience et ou la culture et enfin d’une intuition non objectivable mais effective selon certains sans oublier l’intelligence qui peut se quantifier .

bérénice dit: 4 juin 2017 à 14 h 18 min

Chevillard appauvrit même tout ce qu’il touche,

appauvrir sans toucher tel est le combat du capitalisme néanmoins quel est l’utilité de « même » dans cette phrase ?

bérénice dit: 4 juin 2017 à 14 h 12 min

chipolatas et des flageolets Cassegrain, D a tout perdu au poker mais j’ai connu pire (flageolet froid, coupure de gaz) cependant il faut aussi voir que beaucoup, des dizaines de millions en gros n’ont même pas de flageolets, aujourd’hui.

bérénice dit: 4 juin 2017 à 14 h 06 min

Delaporte, quelle mauvaise volonté à lâcher quelques noms qui sans aucun doute figurent à votre nomenclature , le demi-exploit involontaire résulte d’un survol du livre VII d’Aristote, à peine un chapitre rien de très moderne ni onaniste, j’ai dû mal le digérer, je suis confuse .

JAZZI dit: 4 juin 2017 à 14 h 04 min

« Je vais péter au lit toute la nuit mais mon chat s’en fout. »

D. et Chevillard ont tout pompé aux mêmes sources, Delaporte !

Delaporte dit: 4 juin 2017 à 13 h 23 min

Si encore il ajoutait sa plus-value personnelle. Mais non. Chevillard appauvrit même tout ce qu’il touche, en en faisant un résidu immonde.

Delaporte dit: 4 juin 2017 à 13 h 13 min

bérénice dit: 4 juin 2017 à 12 h 47 min
Votre commentaire rejoint la parfaite illisibilité des avant-gardes littéraires qui se sont pignolées sur la notion de « seuil » dans les années 70. Bravo pour le demi exploit, quoique sans doute involontaire…

Delaporte dit: 4 juin 2017 à 13 h 09 min

« delaporte, je n’ai pas trouvé trace de la floraison à laquelle vous faites allusion »

Vous la trouvez dans les courants avant-gardistes, comme Tel Quel. Mais c’est vieux. Chevillard remet au goût du jour de vieux concepts qu’on a oubliés, espérant briller à bon compte. Quel truand ! Et tout est comme ça…

bérénice dit: 4 juin 2017 à 12 h 50 min

delaporte, je n’ai pas trouvé trace de la floraison à laquelle vous faites allusion, disposez vous de noms d’auteurs qui se sont servi de cette notion?

bérénice dit: 4 juin 2017 à 12 h 47 min

« l’œil
reste toujours
sur le seuil »

une constatation mais qui provient de quoi, quelle situation ou personne rencontrées, objets? l’œil reste sur le seuil de la perception, c’est un organe complexe qui néanmoins n’arrive à nous donner une qu’image de surface qui néanmoins renseigne, alarme, avertit, séduit, effraie, ravit, invite, etc ce à quoi nous pouvons ajouter le discours, le bruit, le cri, le chant et si c’est un humain , les actes témoignent mieux de sa réelle nature qui produit des comportements pas définitivement figés ( peut on espérer) pour une amélioration pour les meilleurs d’entre eux mais n’est-ce pas le but de toute culture ajoutée à une nature.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2017 à 11 h 48 min

Et Al., c’est une idée de magicien, cette tentative d’épuisement d’un lieu londonien.

Sur le mode d’emploi de searching for la rue Simon-Crubellier,
se présenter sur le quai 9 3/4 de la gare de King’s Cross, embarquement immédiat pour retrouver ce marché vieux de mille ans…

http://boroughmarket.org.uk/history

Delaporte, joker.
Aristote, Métaphysique, Livre VII

Delaporte dit: 4 juin 2017 à 11 h 36 min

Ce matin, Chevillard ne s’est pas foulé. Il a repris la notion de « seuil », qui a fait florès dans les années 70/80. Vraiment, notre écrivain raté n’invente rien. Ce n’est pas lui qu’il faut lire si l’on veut apprendre quelque chose de neuf :

« l’œil
reste toujours
sur le seuil »

Delaporte dit: 4 juin 2017 à 11 h 33 min

« Un médecin consciencieux doit mourir avec le malade s’ils ne peuvent pas guérir ensemble. »

Personne n’a encore trouvé l’auteur de cette sentence. Je donnais pourtant le choix entre A Macron, B Ionesco et C Chevillard. Pas évident, mais en raisonnant, en analysant c’est faisable de trouver.

rose dit: 4 juin 2017 à 11 h 02 min

christiane

c’est l’association harmonieuse des couleurs qui était surprenante ; je vais retourner photographier, mercredi sans doute. Vous savez parfois une scène une image un paysage vous sidère ; c’était ça. Schboung, schboung. Et le dit qui suit « ça existe ! » djong, djong.

Du coup, je pars aux jardins.

Chaumont le festival est international ; j’espère que vous hamlet et widergänger vous nous tiendrez au courant.

Janssen J-J dit: 4 juin 2017 à 10 h 55 min

… comme un personnage direct sorti de vernon subutex 3. C’est ici, à n’en point douter sur les conseils de son collègues passoul, que v. despentes trouve son inspiration, du concentré de haine à l’état pur, comme chez La Hyène de Dopalet, traîtresse de mauvaise cause londonienne pour se prouver qu’on existe en prime time et qu’on pourrait encore servir à quelque chose.
« Personne ne peut saquer personne. On n’a pas envie de vivre ensemble. Ce n’est pas vrai que les cultures se mélangent. Ce que tout le monde cherche, au final, c’est l’entre-soi. N’avoir à se coltiner qu’avec des gens qui se ressemblent… » (dans leur grosse haine et honte d’eux-mêmes) ?

Jacques Chesnel dit: 4 juin 2017 à 10 h 42 min

A propos de Hamlet, je recommande la lecture du dernier opus de IAN McEWAN « Dans une coque de noix », version hilarante et contemporaine de la tragédie du grand Will, comment essayer d’empêcher le meurtre de son père quand on est un fœtus ivre par sa mère alcoolisée… Une nouvelle constatation du talent multiforme de cet auteur britannique

la vie dans les bois dit: 4 juin 2017 à 10 h 24 min

cricri, elle sait plus à quel malsain se vouer, twas gros naze de djavert, sors du rideau !

christiane dit: 4 juin 2017 à 10 h 14 min

Je vous ai lus , Chantal, Bérénice, Bloom avec les vers magiques de Rilke, Rose et ses roses inouïes, et l’alarme des évènements de la nuit (Lvdb), et Jazzi et hamlet à fleuret moucheté, et W. et sa Sologne et JJJ et son Œdipe sur la route (C’est là que tout a commencé !) Et bouguereau et Renato.
Mais, pour saluer le merle du matin qui siffle bleu, et souri-re quand même, toujours du même livre de Rilke (Œuvres pré-posthumes), ce fragment d’une autre petite histoire qui chamboule le temps du savoir, avec un retour boomerang au billet de Passou :
« Or, je crains qu’après une ou deux générations, il n’y ait plus d’Œdipe ! Comprenons en effet qu’il est issu de ce petit être qui est censé trouver son plaisir dans le giron de sa mère, et jalouser son père qui l’en expulse. Mais si la mère n’a plus de giron ? On a compris où je veux en venir : le giron ne désignant pas tant une partie précise du corps que toute la sourde maternité de la femme, les seins, la graisse chaleureuse, la mollesse rassurante, protectrice et même, à bon droit, la robe dont les larges plis forment un nid mystérieux. En ce sens, les expériences fondamentales de la psychologie sont issues évidemment de la mode des années 70 et 80, et non des costumes de ski. Imaginons un maillot de bain : où est le giron ? Quand j’essaie, à la vue d’une nageuse de crawl, de me représenter le désir psychanalytique de me retrouver embryon dans son sein, je me demande vraiment, non sans être sensible à leur beauté originale, pourquoi la génération future ne souhaiterait pas aussi bien rentrer dans le giron du père.
Mais alors ?
Aurons-nous, à la place d’Œdipe, un Oreste ? Ou la psychanalyse devra-t-elle renoncer à sa bénéfique croisade ? »
Matricide… parricide… On en sort pas ! c’est encore tout embrouillé, Hamlet ! (quel pseudo ! feindre la folie pour démasquer les usurpateurs… ).
Bonne journée à tous.

rose dit: 4 juin 2017 à 9 h 54 min

Et zut à l’obsession culinaire.
Faire amende honorable.
Cela ne change rien à l’amant d’Honorine.

Janssen J-J dit: 4 juin 2017 à 9 h 32 min

Eh bien, il était pas si mal ce poème de Wilfred Owen, alors dédions-le à nos amis londoniens, nouvelles victimes des barbares du jour.

Anthem for doomed Youth
What passing bells for those who die as cattle?
Only the monstrous anger of the guns,
Only the stuttering rifles’ rapid rattle
Can patter out their hasty orisons,
No mockeries for them from prayers and bells,
Nor any voice of mourning save the choirs, –
The shrill, demented choirs of wailing shells;
And bugles calling for them from sad shires.
What candles may be held to speed them all?
Not in the hands of boys, but in their eyes
Shall shine the holy glimmers of good-byes,
The pallor of girls’ brows shall be their pall;
Their flowers the tenderness of silent minds,
And each slow dusk a drawing-down of blinds.

Janssen J-J dit: 4 juin 2017 à 9 h 12 min

@ Vaut mieux être l’amant d’Honorine que faire amande honorable

=> Vaut mieux être l’amant d’Honorine que de faire lire Amanda.

Bon, je sors me mettre aux abris…

la vie dans les bois dit: 4 juin 2017 à 9 h 10 min

« parlons »

Si
Una cosa mentale
« verrà la morte e avrà i tuo occhi »

Nella notte, la piazza San Carlo ritorna deserta
Una Vecchia Signora kneeling,
honoring the glorious Zizou’s lions,
mourning, at dawn,
du London Bridge jusqu’a Turin.

ribouldingue dit: 4 juin 2017 à 9 h 10 min

« Cela continue.
Nos amis anglais sont encore touchés. »

T’inquiète Rose! Bloume va nous expliquer que l’extrêmisme bouddhiste a encore frappé…

rose dit: 4 juin 2017 à 8 h 27 min

A Grenoble, encore, trois salles de prières : une pour les musulmans d’Afrique du nord, une seconde pour les turcs, une troisième vient d’ouvrir pour les macédoniens. Ils ne prient pas dans le même lieu de culte.

Et puis quoi encore ?

Mouvement de panique à Turin : « non, il n’y a aucun lien avec l’attentat de Londres » écrit le monde.
Eh bé oui, mes cocos, il y a un lien : le mouvement de panique a été crée par un pétard ou une fausse alerte à la bombe. On sait bien que les mouvements de panique peuvent être extrêmement dangereux, autant qu’un évènement réel.

Bien sûr, il y a un lien, terreur, panique.
Le but est prise de pouvoir.

Parlons.
Mangeons du cochon.

A l’école maternelle, cantine à Marseille, Mohammed dit à une petite de quatre ans, blonde, « tu sais le cochon c’est sale ». Elle dit à son père « je ne mangerai plus de cochon ».

L’intoxication se fait même dans les écoles. On a laissé les élèves pratiquer le ramadan, s’absenter pour l’Aïd, jusqu’où va-t’on aller ?

rose dit: 4 juin 2017 à 8 h 12 min

A Grenoble un des 64 F1 acheté par l’Etat pour loger les délogés de Sangatte.
Le village olympique de Grenoble où certaine population dit « on est chez nous ». Mais c’est aussi chez moi mec.

Le village olympique de Turin loge aussi une immense population immigrée soudanaise érythéenne chinoise libyenne etc.

Parlons.

bob dit: 4 juin 2017 à 7 h 06 min

« Qui a dit :
« Un médecin consciencieux doit mourir avec le malade s’ils ne peuvent pas guérir ensemble. » »

le grand philosophe de pq?

Bloom dit: 4 juin 2017 à 2 h 35 min

j’ai cherché Bloom et j’ai pas trouvé, c’est une traduction ?

oui, d’un poète irlandais tué en 1918.

hamlet dit: 4 juin 2017 à 0 h 14 min

« il y a une dizaine d’année j’avais créé un association, la APLPDVDLL : l’cction pour la promotion du vélo dans la littérature, hélas nos efforts n’ont pas été récompensés. »

non, en fait c’est pluvieux, c’était en 2005 !
je m’en souviens j’étais allé au salon du livre et j’avais obtenu une bonne cinquantaine de signatures d’écrivains pour défendre ce projet, mais après ça ciao ils m’ont laissé tomber !

hamlet dit: 4 juin 2017 à 0 h 07 min

Sergio, c’est vrai : le vélo est le dernier objet dont on peut soin et réparer soi même, contrairement à tout le reste.

cela donne au vélo un statut tout à fait particulier, quasi métaphysique, dans le rapport en l’homme et l’objet non humain qu’est le vélo.

prenez par exemple un geste aussi simple que rependre une burette d’huile ultrafine et en répandre le long de la chaine et dans les roulements, on pourrait se dire qu’il ne manque que la parole au vélo pour remercier celui qui effectuer cette opération, c’est faux, il suffit de monter sur son vélo et démarrer pour ce remerciement survienne dans le mouvement harmonieux des pédales, et c’est pareil pour le petit levier qui permet de changer les vitesses.

la grande infériorité de la littérature française par rapport à l’irlandaise tient dans la totale absence de vélos, les personnages marchent ou prennent un tas de moyens de locomotion, mais ils ne se déplacent jamais en vélo.

il y a une dizaine d’année j’avais créé un association, la APLPDVDLL : l’cction pour la promotion du vélo dans la littérature, hélas nos efforts n’ont pas été récompensés.

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