de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline
Pascal Quignard en lambeaux

Pascal Quignard en lambeaux

Il l’avoue sans détour : il cherche une autre façon de penser à la limite du rêve considéré comme « une vue fascinée enfouie au fond de chaque corps », au bout du songe tenu pour la « séquence d’images involontaires projetées sur la paroi interne », à la frontière incertaine de l’hallucination. C’est même écrit explicitement dès la page 19 de L’enfant d’Ingolstadt (268 pages, 20 euros, Grasset) qui vient de paraître :

« Je consacre ce Xème tome à l’ « attrait » de tout ce qui est faux dans l’art et dans le rêve ».

Quelques dizaines de pages plus loin, il précise son projet :

« Je cherche à méditer cette allergie humaine à la scène originaire dès l’instant où elle est représentée »

Ses moyens, ses armes sont inchangés : la recherche de l’origine sexuée, de la racine la plus archaïque des hommes comme de celle des mots, ce qui se manifeste déjà dans le travail sur la langue par la quête de l’étymologie, tel un échappé du Cratyle de Platon. Moins une méthode qu’un esprit, lequel se traduit par une déconstruction sans fin et aboutit naturellement à une forme que Pascal Quignard est des rares en France à avoir portée au plus haut, avec une constance telle que cette forme est devenue la signature de sa voix, de son timbre, de son grain : le fragment. Une autre manière de raconter des histoires. Certaines tiennent en quelques lignes, d’autres en quelques pages. A chacune son rythme, sa couleur, sa nécessité qu’il s’agisse de la formation du premier quatuor à cordes du camp de déportation de Terezin, ou des dons cachés de pianiste de Colette. Ou encore, plus personnellement et comment cela pourrait-il l’être davantage encore, du vécu traumatique, de sa trace mnésique et charnelle, du moment où il faillit cesser de vivre il y a quelques années lorsque le mal à l’œuvre lui fit se « séparer » de son sang à l’hôpital Saint-Antoine ;  alors il se sentit tel Abba Achille, l’un des Pères du désert en ses apophtegmes, refusant de de prononcer une certain mot et constatant que celui-ci s’était alors métamorphosé en sang dans sa bouche.Jean Rustin 1

Beaucoup de morts ressuscitent sous sa plume. Ainsi André du Bouchet « offrant dans un état enfantin d’enchantement » ces deux vers à Paul Celan juste avant que le poète n’enjambe le pont Mirabeau et ne se jette dans la Seine :

« Qui me croit absent, il a tort:/ Je ne le suis point, je suis mort ».

Il en est même de récents tel son ami le peintre Jean Rustin, ce qui nous vaut des pages bouleversantes. Il le visitait dans son atelier de Bagnolet en n’oubliant pas d’y apporter son violoncelle car Rustin était aussi violoniste ; Quignard l’aimait, l’admirait ; la tendresse que cet être rare manifestait dans ses silences le chavirait ; comment un homme comme Quignard, qui tient la lecture silencieuse comme la musique extrême, ne le serait-il pas ? cette émotion sourd discrètement dans son adieu qui fait entendre l’écho assourdi de leurs duos de Bach, Haendel, Mozart, Haydn, Schubert, Beethoven (dommage qu’il ne précise pas lesquels). Outre tout ce que leurs univers et leur sensibilité ont en commun (déjà, un certain retrait de la parole), il n’y rien d’étonnant à ce que l’écrivain souligne en la louant l’obstination du peintre ; car s’il y a bien une chose que les deux artistes partagent, c’est cette inaltérable capacité à creuser le même sillon une vie durant nonobstant les aléas de la réception.

On a tellement l’habitude de découvrir sous sa plume des mots de tous sous une définition déroutante (« Pervers : hommes qui se sont méfiés d’une domestication totale ») que même lorsqu’on rencontre ce qui serait chez n’importe quel autre écrivain une coquille ou une faute d’accord (« … âgé de trente et un an, Rancé… »),on se gratte la tête pour se demander s’il n’y a pas une intention derrière, mais non. Ces éclats ne sont pas tous des éclairs. Mais l’opacité de quelques uns ne gâte pas l’intelligence de l’ensemble. Parfois, on se permet de renvoyer ce grand lecteur à de toutes récentes lectures. Ainsi, lorsque, tout à sa quête passionnée de l’intrus il se demande quand est apparue l’idée qu’un corps devenait cadavre, il risque fort de trouver la réponse dans l’impressionnant Le travail des morts (Gallimard) dans lequel l’historien Thomas Laqueur propose une histoire culturelle des dépouilles mortelles. Qu’importe si le sens parfois nous échappe (notamment dans l’usage détourné du mot russe « pogrome », et même si le dictionnaire lui-même rend les armes s’agissant par exemple de « l’instinct de contrectation »). Qu’importe dès lors que la musique envoûte. La poésie qui s’en dégage nous dédommage du doute. De la poésie jusque dans la rencontre inédite de deux mots qui n’étaient pas faits pour se rencontrer : « un hallucinat d’arbre »,  « Jadir du jadis » (au sens d’une force qui surgit en nous), « un intervalle d’effroi », « des tourets de nez », « l’assuétude de la méditation », « notre langue s’engendre », « sa bouche fut quitte du langage », « la main de gloire »– encore que cette dernière expression soit explicitée comme désignant la tache du sperme tombé au pied d’un homme pendu.

gouvernante-jean-simeon-chardin-102-2166-iphoneDes huit volumes de Petits traités qu’Adrien Maeght publia il y a près de trente ans au cycle du Dernier royaume dont le dixième tome paraît donc ces jours-ci, il y a bien une vision du monde dont l’art poétique était exposé dès 1986 dans Une gêne technique à l’égard des fragments (Fata Morgana), son essai sur La Bruyère, le premier à avoir composé un livre de façon systématiquement fragmentaire avec ses Caractères. Son morcellement n’avait rien à voir avec les maximes (bien que Boileau le surnomma « Maximilien »), arguments, grappes de pensées, portraits lus avant et ailleurs. D’Héraclite à Pascal, on ne saura jamais si la fragmentation de leurs pensées avait été conçue comme une cohérence puisque d’autres qu’eux-mêmes les ont ainsi rassemblées. Ses adversaires crurent heurter La Bruyère en lui reprochant des pièces détachées. Quignard en a retenu l’esprit de lambeaux qui ne s’interdisent pas le contraste au risque du hiatus. Dans cet indispensable traité du fragment, il comptait ses bienfaits au nombre de deux :

« L’un de ces bénéfices n’est que personnel ; l’autre est purement littéraire : le fragment permet de renouveler sans cesse 1) la posture du narrateur, 2) l’éclat bouleversant de l’attaque »

Parfois, on se surprend à chercher dans L’enfant d’Ingolstadt le rapport direct d’un fragment à celui qui lui fait cortège bien que souvent tout s’éclaire plus avant ; s’impose alors la cohérence de ce qui apparaissait comme une succession d’irréconciliables. Et après tout, cela n’épouse-t-il pas au plus près la discontinuité de l’opération de penser ? Autant de pages à traquer le faux du monde derrière lequel se dissimule « tout ce qui tombe au sein du monde humain », pleines de contes, pensées, énigmes, légendes et leçons de ténèbres des temps les plus reculés et des contrées les plus éloignées. Pascal Quignard tire le lecteur vers le haut, lui donne de l’ambition, comble son plaisir du texte, quitte à exiger de lui un effort d’attention supérieur à celui accordé au tout-venant littéraire.

« Qui connaît le visage du premier porteur de son patronyme ? »Jean Rustin (4)

Un Blondin pouvait commencer ainsi son premier roman L’Europe buissonnière « Passé huit heures du soir, les héros de roman ne courent pas les rues dans le quartier des Invalides ». Un Quignard, lui, débute ainsi le chapitre XVIII de son dernier livre : « Rares sont les héros de roman dont on peut contempler la coupe en or au musée du Louvre et dont on a conservé le poignard au musée de Darmstadt ». Mais au fond, malgré tout ce qui les sépare, ne sont-ils pas mus par un même élan et ne disent-ils pas la même chose ? La lecture d’un nouveau livre de Pascal Quignard est toujours aussi envoûtante et vertigineuse, car intacte est l’obsession de l’auteur pour les des deux scènes manquantes à notre vue : la scène primitive à l’origine de la conception qui nous a fait, la scène ultime avec les circonstances de l’effondrement, les deux privées d’image comme de témoin.  Mais paradoxalement, plus il gagne en liberté, en détachement, en distance, le creux de l’oreille plein de sons venus des temps archaïques, plus on se sent inclus dans sa famille de papier, heureux de s’y retrouver à ses côtés dans sa nuit, au plus près de son murmure et de sa quête primitive. D’autant que désormais, si le latin se laisse deviner ici ou là, il nous épargne les passages en grec qui laissaient le non-helléniste sur le carreau.

Le titre L’enfant d’Ingolstadt est tiré d’un des chapitres rapportant l’histoire d’un enfant mort contée par les frères Grimm. D’autres auraient pu tout aussi bien faire l’affaire, mais la couverture en eut été moins douce. Là gît le seul regret en refermant ce livre vibrant car habité : le bandeau qui le ceint. Une oeuvre de Chardin intitulée La gouvernante y est reproduite. Une scène de la vie domestique, gouvernante d’une bonne maison conversant avec l’enfant dont elle a la charge, si apaisée qu’elle nous emplit de sérénité. Mais loin, si loin de l’inquiétude, de l’intranquillité, du désarroi des tableaux de Jean Rustin, le peintre qui ouvre ce volume, court dans l’ombre de ses pages, le clôt, irradie les fascinants lambeaux de ce livre, alors que Chardin en est absent. Il est vrai que d’un point de vue d’éditeur, des carcasses d’humains, des êtres souffrants, des sexes béants et masturbés, des corps incarcérés, des âmes à vif, sont autrement plus dérangeants. Comme l’est l’idée qu’une grâce puisse habiter cette humanité disgraciée. Qui veut voir en couverture, et donc avoir chez soi, ce cri, cet effroi, cette douleur, cette souffrance, cette misère et la solitude qui les réunit tous ? C’est pourtant bien de cela qu’il s’agit et c’est pour cela que tant de ces pages nous hantent encore.

(« Oeuvres de Jean Rustin », « La gouvernante, 1739 » de Jean-Siméon Chardin, Tatton Park, Cheschire, UK ; « Jean Rustin en son atelier » photo Passou)

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

1334

commentaires

1 334 Réponses pour Pascal Quignard en lambeaux

Jazzi dit: 1 octobre 2018 à 13 h 31 min

« Si tu veux entendre en toi la parole éternelle, mystérieuse et confidentielle qui t’est dite dans un chuchotement secret, au plus intime de ton âme, il faut qu’en toi et autour de toi tout orage soit apaisé. »
(Jean Tauler)

A méditer, Pablo !

Pablo75 dit: 1 octobre 2018 à 12 h 34 min

Les grands poètes connaissent bien le silence aussi:

« La tarde se contempla desde el monte
fijada con aplomo en el silencio.
Silencio tan continuo da al espacio
tersura de materia, calma limpia,
profundidad de cauce donde fluye,
visible río largo, la corriente
del tiempo… »

(Jorge Guillén)

Pablo75 dit: 1 octobre 2018 à 12 h 29 min

Cela dit, occupons-nous maintenant de l’essentiel:

« Quelque part dans son étude, elle cite à l’appui cette réflexion du philosophe George Berkeley, si vertigineuse qu’elle entrainerait dans
un débat infini : « Lorsqu’un arbre s’abat dans la forêt sans personne pour l’entendre, sa chute produit-elle un son ? ». »
(Passou)

Cela rappelle la si belle phrase de je ne sais plus qui: « Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. »

« Après avoir constaté que finalement, des théologiens chrétiens du Moyen Âge aux théoriciens contemporains du paysage sonore tous appellent à une purification de l’ouïe d’une manière ou d’une autre, l’auteure se demande… »
(Passou)

Et elle a oublié les mystiques? Ce sont eux qui ont parlé le mieux du silence – les mystiques de toutes les religions, qui disent tous les mèmes choses parce qu’ils décrivent tous les mêmes expériences.

« Si tu veux entendre en toi la parole éternelle, mystérieuse et confidentielle qui t’est dite dans un chuchotement secret, au plus intime de ton âme, il faut qu’en toi et autour de toi tout orage soit apaisé. »
(Jean Tauler)

« Le silence est la demeure de la parole rayonnante, dans laquelle brûle l’amour. »
(Dialogues avec l’Ange)

Pablo75 dit: 1 octobre 2018 à 12 h 15 min

@ D.

« la saturation des aéroports déjà presque atteinte. »

À Roissy, que j’ai fréquenté ces derniers jours, aux heures de pointe il décolle ou atterrit un avion tous les 30 secondes.

Une autre statistique surprenante: la moitié des presque 70 millions de passagers par an de Roissy sont en transit.

Pablo75 dit: 1 octobre 2018 à 12 h 11 min

une main … dit: 1 octobre 2018 à 10 h 05 min

« Le silence est un bruit, c’ est pourquoi on ne l’ entend pas. Mais il existe bel et bien. »

C’était la co.nnerie de la journée.

Retournons la phrase pour rendre visible toute sa bêtise: « Le bruit est un silence, c’est pourquoi on l’entend. Mais il n’existe pas. »

« une main … », ex « une main diligente, patiente et avisée » m’a l’air d’être Pat V (il a oublié de changer de tics en changeant de pseudo).

Pablo75 dit: 1 octobre 2018 à 12 h 03 min

Delaporte dit: 29 septembre 2018 à 15 h 40 min

Comment peut-on comparer le Christ à une terroriste athée et antisémite qui prônait la haine et « la guérilla dans les métropoles », c’est à dire l’assassinat pur et dur, pour arriver à « la reconstruction internationale de la politique prolétarienne » !!

C’est de plus en plus clair: Delaporte est un troll du Diable.

Pablo75 dit: 1 octobre 2018 à 11 h 59 min

@ Clopine

Il y a aucun doute que « Lucien Bergeret » est hamlet. Il sort de la boîte toujours au bon moment, toujours pour renforcer ce que hamlet dit – comme « x », autre de ses pseudos (même jeu entre les deux – quand on attaque « x » c’est hamlet qui répond).

Ce type est une ordure moral… multiple

Pablo75 dit: 1 octobre 2018 à 11 h 55 min

Dans ce blog il y a deux grands pourvoyeurs d’informations plus fausses encore que celles des indépendantistes catalans:

« le pacte de l’Alhambra qui ordonnait la conversion ou l expulsion des juifs, rédigé en 1460 a éte aboli en…. 1967 »
(hamlet, dit Mr. Wikipédio)

« @ hamlet : » le pacte de l’Alhambra qui ordonnait la conversion ou l expulsion des juifs, rédigé en 1460 a éte aboli en…. 1967
«Non Hamlet, cette info wikipédia est fausse. Elle se réfère à une décision d’un sous-secrétaire d’Etat du temps de Franco qui avait accordé une dérogation à un séfarade qui voulait la nationalité. Vérifiez : non pas « abrogar » mais « derogar ». Quand on fait exception à une loi, c’est bien qu’elle existe. Ce qu’un roi a fait, seul un roi peut le défaire.
(Passou dit: 27 septembre 2018 à 18 h 18 min)

« el gobierno del general Francisco Franco declaró el Edicto abolido y formalmente fue derogado el 21 de diciembre de 1969 »
(de nota)

Voilà la « fiabilité » en béton armé des arguments de notre historien analphabète. Encore un exploit pour son cv.

« Pas à Pontaud-Combault [sic] en tous cas, faut dire qu’il y a une école vétérinaire là-bas, pas loin de la rue JG, on a plus de savoir-vivre. »
(Janssen J-J)

Encore un cré.tin qui vient ici pour dire n’importe quoi, non seulement sans vérifier ce qu’il affirme, mais en le disant avec une assurance totale.

(Sache, pauvre nouille, qu’il n’y a que 4 écoles vétérinaires en France: Nantes, Toulouse, Lyon et Paris).

Pablo75 dit: 1 octobre 2018 à 11 h 46 min

Janssen J-J dit: 27 septembre 2018 à 20 h 08 min
(Surprenants chassés-croisés de jeudi)
sur sa propre chaîne, pauledel dit : 27 septembre 2018 à 12:10 « ce qui fascine dans ce qui se passe sur la RDL, c’est que les deux violents corbeaux s’adressent régulièrement à Assouline sur un ton obséquieux. On constate à la fois l’infamie, la volonté d’humilier les commentateurs et l’obséquiosité à l’égard du taulier.. et ça marche ».

Je croyais avoir vu le comble du ridicule avec christiane et hamlet, mais non, il y a encore bien pire: la jalousie féroce de J.P.Amette envers Pierre Assouline, déjà visible dans les exigences de star du pleurnichard Edel pour qu’il censure ici les commentaires négatifs le concernant. On sent dans l’esprit mégalomane d’Amette, une épaisse couche d’accusations et reproches contre Passou qu’il n’ose pas
exprimer. Alors il le fait indirectement, l’accusant d’aimer la supposée « obséquiosité » à son égard de Chaloux et moi, qui est un fantasme de notre écrivassier cacochyme, puisque tous les deux on ne se prive pas de reprocher à Passou les erreurs de ses textes (voire de certaines de ses phrases de ses interviews en espagnol).

Ce qui le rend fou de rage c’est aussi le fait de ne plus pouvoir venir sur ce blog sans se faire moucher. Ce nullard venait ici pour avoir un peu plus de « visibilité » que dans son blog, où il s’em.merde copieusement, le pauvre, avec sa petite cour de minables qui le considèrent un Maître du Roman Contemporain, alors qu’il n’est qu’un journaliste à l’esprit provincial, le genre de gratte-papier qui commence un
article sur un auteur en énumérant ses prix, ignorant encore à son âge que dans 99 % des cas, les prix littéraires ne prouvent que la nullité d’un écrivain (voir les listes des récompensés).

Amettedel, comme hamlet ou christiane (Janssen J-J, lui, il est tellement insignifiant qu’il n’a même pas droit à ce titre) est un faux-c.ul de première catégorie. Je me rappelle qu’au début de l’année, lors de la crise d’hystérie enragée de Blabla-Widerganger contre le dernier livre de Passou, « Retour à Séfarad », crise qui a duré plusieurs jours, notre Grand Romancier Universellement Connu Mais Déjà Définitivement Oublié, Edelamette, dit la Andouille de Saint-Malo, avait posté plein de messages et pas un seul pour dire à son grand ami Blabla qu’il
déco.nnait, alors que visiblement, étant en pleine crise de folie furieuse, il disait n’importe quoi. Et encore moins, évidement, il a défendu le livre de Passou, qu’il avait déjà lu.

rose dit: 30 septembre 2018 à 22 h 05 min

et alii
à 15h50

c l’ énormité de l’ incompréhensible
la dérision de la personne brillante aux idées de génie, si stupide et cruelle

en ai trouvé un, collectif, soufflé par hasard, pour vous

Jazzi dit: 30 septembre 2018 à 20 h 57 min

Démarche intéressante que celle d’Isabelle Mège, JJJ. Elle est généreusement poilue du minou ! Elle a aussi du poil au genou, comme rose…

Janssen J-J dit: 30 septembre 2018 à 19 h 44 min

(suite) des précisions du même sur l’expo visitée par lui en juin dernier. Et d’autres photos du corps d’IM. On ignore d’ailleurs si Christiane avait eu vent de cette expo. Elle n’est certainement pas du genre à avoir changé de pseudo comme l’insinue un WL, plus bas.
https://lunettesrouges1.wordpress.com/2018/06/10/3596/
Je pense que beaucoup vont nous revenir après quelques bouderies fort légitimes vers la Toussaint. On a tous besoin de s’échapper, Jzz.

Janssen J-J dit: 30 septembre 2018 à 19 h 16 min

Première expo des photos d’Isabelle Mege, à la Chapelle, une nouvelle galerie sise à Clairefontaine-en-Yvelines. Visitée cette après midi après pas mal de jardins de particulier, ouverts ce WE…
Une superbe démarche de cette parfaite inconnue (1987-2008).
Vérification faite sur la toile, Lunettes Rouges en avait déjà parlé dans son blog, montré quelques photos, et IM lui avait demandé d’apporter des précisions sur son propre texte.
De toute façon, une démarche intéressante, fort troublante.
***Signalons que Sophie Calle, entre autres, ne voulut jamais donner suite à ses sollicitations de poser nue, pour elle.

http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2016/09/23/isabelle-mege-le-modele-artiste/

Et Alii dit: 30 septembre 2018 à 15 h 50 min

1. Les paradoxes du « oui ».

Le paradoxe du oui repéré par Jacques Derrida dans l’oeuvre de Joyce se se retrouve, dit-il, chez tous les écrivains depuis Babel et Homère (Ulysse gramophone, Ouï-dire de Joyce p99). Mais Joyce en est l’exemple princeps, le paradigme. Le petit mot « oui » – ce mot grammaticalement énigmatique, comparable à aucun autre mot – apparaît, directement ou indirectement, des centaines de fois dans Ulysse. C’est l’indice que la question de la croyance, de l’adresse à l’autre, est particulièrement engagée par ce texte, quoique de manière paradoxale.

a. D’un côté, tout en disant « oui » à son oeuvre par sa signature, Joyce appelle le « oui » de l’autre, il implore sa réponse, sa contresignature. C’est un engagement qui redouble le « oui », répond à un « oui » par un autre « oui ».

« Il faut écrire, il faut signer, il faut faire arriver de nouveaux événements aux marques intraduisibles – et c’est l’appel éperdu, la détresse d’une signature qui demande oui à l’autre, l’injonction suppliante d’une contresignature » (Derrida, Ulysse gramophone, p99).

b. Mais d’un autre côté, la même signature ruine ce modèle. L’oeuvre de Joyce est une formidable machine de production et de reproduction où tout semble avoir été prévu à l’avance, sans aucune possibilité d’invention originale, réduisant le lecteur à la position d’une calculatrice interprétative dont toutes les interventions auraient déjà été anticipées, encadrées.

« La singulière nouveauté de tout autre oui, de toute autre signature, se trouve déjà programmophonée dans le corpus joycien » (Ulysse gramophone, pp99-100).

Ce paradoxe n’est pas seulement virtuel. Il donne lieu à différentes modalités du « oui » (repérables dans l’oeuvre, mais qui ne sont pas seulement littéraires) :

– le oui-modèle. C’est celui qui peut être répété, réitéré, notamment par les moyens de la techno-science moderne. Dans la « gramophonisation » d’aujourd’hui (pour employer le terme derridien qui désigne à la fois les médias, les technologies, les formes d’écriture et d’écoute), il redouble mécaniquement ou parodiquement l’assentiment originel (le « oui » primordial). Revenant sans cesse tel quel, ce « oui » ne s’appuie même pas sur un « je », il peut être reproduit comme graphème, comme phonème.

– le oui-singulier, celui qui acquiesce en réponse à l’autre, comme engagement, alliance ou signature. Il est archivé, gardé, mais aussi parasité par son double mimétique. Ce « oui » du secret s’impose à nous, parfois inconditionnellement. Même rejeté, exclu, encrypté, il continue à nous hanter.

2. Le oui-rire, ce « oui » tout autre.

Aux deux « oui » du paradoxe peuvent s’ajouter un autre « oui », intempestif, que Derrida nomme le « oui-rire ». La tentative de déployer ou de recombiner la totalité virtuelle des expériences et des cultures laisse un reste inéliminable, un pathos qui hante son texte. Cette restance traverse toutes les strates de l’écriture. Il vient, l’homme qui rit, dit Joyce, et cet homme rit du livre (Ulysse) et de tous ceux qui voudront l’interpréter. Ce rire a toutes les dimensions, toutes les qualités : rabelaisien, satirique, ironique, etc. Tout-puissant, triomphant, jubilateur, il ne commémore pourtant pas le succès, mais l’échec. Joyce et ses interprètes ne peuvent qu’échouer. Ni l’oeuvre ni les commentaires n’épuiseront jamais le savoir disponible. Plus Joyce prend son oeuvre au sérieux, plus son ambition encyclopédique s’élargit, plus il multiplie les langues, plus il en rit.

Plus vieux que le savoir, ce rire serait, selon Derrida la signature de Joyce. Apparenté au oui primordial, il vient de très loin, d’avant même le texte. En ne signant pas par un nom mais par la marque du rire, par le don du rire, Joyce dit « oui » à l’autre. Il prend alors tous les risques, au-delà même de ce « oui ». Quand s’ouvre la circumnavigation d’Ulysse, l’envoi se disperse en une multiplicité d’envois, chacun singulier.

3. Le « oui » derridien, son rire.

Dans toute réponse, même modeste, même négative, il y a un « oui ». Me voici, dit le répondant, je me présente. Sans cette présentation préalable, aucune adresse à l’autre ne serait possible. Avant de répondre de soi, de son « quant-à-soi », avant de répondre de ce qu’on est devant une instance quelconque, une institution ou devant un tiers, il faut s’être adressé à l’autre, à lui. Cet acquiescement est l’acte le plus originel, le plus fondamental, le plus inconditionnel. A chaque fois que je m’adresse à l’autre, directement ou indirectement, par une parole, un texte ou une oeuvre, il est réitéré. En disant « oui », j’engage mon corps, ma sensibilité, mes affects. Je ne me présente pas seulement à l’autre dans l’abstraction du langage, mais dans ma personne, y compris le plus ineffaçable de ma personne.

Dans ce « paradoxe du oui », Derrida semble expliciter la contradiction dans laquelle il se trouve lui-même. Il faut écrire, dit-il, il faut signer, il faut faire arriver de nouveaux événements, et en outre Il faut appeler le oui de l’autre. Pourquoi le faut-il? On ne le saura pas, mais ce « il faut » est inconditionnel, pour celui qui signe « Jacques Derrida » comme pour les autres oeuvrants. Cette ambition même, cet appel au « oui », oblige à produire l’oeuvre la plus rigoureuse possible, la plus inclusive. Elle tend à produire ses experts, ses commentateurs, et donc à produire du même, à exclure l’autre « oui ». Tournant autour de l’oeuvre-Joyce ou plus exactement de l’événement-Joyce (p20), Derrida ne peut faire autrement que de parler de lui-même, comme il le dit au début du livre (p9). Et nous-mêmes, lecteurs de Derrida, ne pouvons faire autrement que de nous trouver dans la position des « spécialistes » qui étudient indéfiniment le corpus (joycien ou derridien) – une position qu’il s’agira de perdre, singulièrement, dans un grand rire.

4. Le prophète et le circoncis.

Pour s’impliquer, lui, son oeuvre, son nom et sa signature, dans ce paradoxe, Derrida annonce qu’il n’écrit pas sur Joyce, mais « en » Joyce (p97), ce qui implique, entre leurs oeuvres, une limite indéterminée, voire des marges et des problématiques partagées. Par exemple le nom Elie (celui du prophète), orthographié aussi HELY chez Joyce, qui est l’un des prénoms de Jacques Derrida, arrive dans les deux oeuvres comme voix extérieure (prophétique, eschatologique), à la fois attendue et imprévisible.

Ce oui-rire, c’est le rire de Derrida qui, dans le temps même où il signe du nom d’Elie, reprend la thématique de la circoncision. Comme il l’explique dans Circonfession, quand il écrit, il est à la fois le circoncis, le circonciseur et celui qui témoigne de la circoncision (Elie), il est à la fois, lui-même, dans la chaise prophétique (le circoncis) et à côté de la chaise (le croyant), près d’elle, le meilleur des spécialistes, le plus grand des érudits, et celui qui disqualifie toute érudition. Ainsi Derrida atteste-t-il de la circoncision de l’oeuvre opérée par Joyce. De même que la circoncision entame le corps, le rire entame le texte. Dans les deux cas, c’est une nomination et une alliance : avec Dieu ou avec l’oeuvre.

————–

Propositions

————–


[Derrida, l’acquiescement, le « oui »]


[Derrida, l’oeuvre de James Joyce]


[La « gramophonisation » d’aujourd’hui est une parodie d’assentiment : dire « oui », automatiquement, à des voix enregistrées et reproduites comme vivantes]


Un mot « gramophoné » est à la fois graphème et phonème : comme le YES anglais dans EYES ou le OUI français dans OUÏ-DIRE


Paradoxe du « oui » : il lance une machine de production et de reproduction dont il ruine le modèle

Et Alii dit: 30 septembre 2018 à 15 h 46 min

sur le livre

Pour distinguer entre le premier « oui » (le oui originel) et le second (oui oui), Derrida prend l’exemple de la signature. Signer, c’est dire « Ceci est mon nom », c’est témoigner de ce nom, c’est en attester. Mais c’est aussi promettre que je pourrai en attester encore. Cette promesse est le « oui oui », la mémoire du « oui » qui conditionne tout engagement (p95). Il n’y a pas qu’un seul acte performatif, il y en a deux.

1. Avant de dire « Je », il faut reconnaître qu’il y a de l’autre. C’est la fonction du oui primaire, ce oui indéterminé, presque continu, coextensif à tout énoncé, dont le « je » est dérivé. Ce « oui » apparaît – comme le temps – par anachronie ou auto-affection. S’il y a de l’autre, il y a du oui qui n’a pas été produit par moi. Une demande antérieure au moi, irréductible au même, a déjà dit oui, et mon oui est une réponse à cette demande.

2. Dès que je m’adresse à l’autre, je lui dis oui. Le « je » commence par cela : lui demander de dire oui. C’est un « oui oui », un oui redoublé. Il n’y a pas de monologue. Tout discours, même un soliloque [par exemple celui de Molly à la fin de l’Ulysse de Joyce], s’adresse à l’autre.
https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-1005301140.html

Delaporte dit: 30 septembre 2018 à 15 h 08 min

A propos de la recherche scientifique et du droit à la vie, qui nous agite actuellement, voici ce que disait saint Jean-Paul II en janvier 2003 dans un discours au corps diplomatique qui est resté dans les annales, et que nous ferions bien de méditer à nouveau :

« D’abord, un «OUI À LA VIE» ! Respecter la vie et les vies: tout commence là puisque le plus fondamental des droits humains est bien le droit à la vie. L’avortement, l’euthanasie ou le clonage humain, par exemple, risquent de réduire la personne humaine à un simple objet: la vie et la mort sur commande en quelque sorte ! Lorsqu’elles sont dépourvues de tout critère moral, les recherches scientifiques touchant aux sources de la vie sont une négation de l’être et de la dignité de la personne. La guerre elle-même attente à la vie humaine car elle porte avec elle la souffrance et la mort. Le combat pour la paix est toujours un combat pour la vie ! » Jean-Paul II

Et Alii dit: 30 septembre 2018 à 14 h 20 min

Expérience mystique : les deux tiers des participants interrogés affirment avoir vécu une expérience mystique.

Les effets, deux mois après l’ingestion, persistent. On note en particulier un renforcement des attitudes positives, une amélioration de l’humeur, de la sociabilité, du comportement. Deux répondants sur trois ont affirmé que la prise de psilocybine constituait l’une des expériences les plus significatives de leur vie.

La prise de psilocybine ne semble pas avoir de répercussions sur la personnalité des participants.
https://theconversation.com/drogues-psychedeliques-la-tendance-du-microdosing-de-lsd-103741?utm_medium=email&utm_campaign=La%20lettre%20du%20DIMANCHE%20de%20The%20Conversation%20France%20-%201123810057&utm_content=La%20lettre%20du%20DIMANCHE%20de%20The%20Conversation%20France%20-%201123810057+CID_af2307c5b8d88894b75ca1dd9357ceef&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Gurir%20des%20dpressions%20majeures%20avec%20des%20microdoses%20de%20psylocibyne

Jazzi dit: 30 septembre 2018 à 14 h 20 min

« Qu’est ce qu’un sexiste boirait actuellement pour s’illustrer sans paraître efféminé ? »

Le thé est boisson nationale en Angleterre, Bételgeuse. C’était un indice…

Bételgeuse dit: 30 septembre 2018 à 12 h 40 min

Fin de l’empire colonial. Qu’est ce qu’un sexiste boirait actuellement pour s’illustrer sans paraître efféminé ?

Bételgeuse dit: 30 septembre 2018 à 12 h 28 min

Renato, le premier à gauche regarde droit devant secret, le second me semble d’une neutralité attristée, le troisième semble se e draper dans une dignité fière mais amèrepeut être blessée, le quatrième me semble dérangé par le regard qui se pose sur lui. Tous se tiennent cois, bouche fermée mains jointes, le quatrième personnage tenant la main à son voisin en soutien. C est ce que je vois.

Jazzi dit: 30 septembre 2018 à 12 h 24 min

Petite énigme du dimanche. Qui est donc l’auteur de cette infamie ?

« De nos jours, nous allumons tranquillement notre pipe et nous laissons nos femmes se quereller entre elles.
Ce qu’elles font très bien. D’ailleurs, elles feront bientôt tous nos métiers très bien. Elles sont déjà docteurs, avocats, artistes. Elles dirigent des théâtres, elles ourdissent des escroqueries et éditent des journaux. J’attends avec impatience le jour où nous, les hommes, nous n’aurons plus rien à faire que nous prélasser dans nos lits jusqu’à midi, lire deux ou trois romans par jour en attendant le thé que nous prendrons entre hommes. »

Jazzi dit: 30 septembre 2018 à 11 h 50 min

Une oasis de calme, un calme voluptueux, s’est abattue sur la RDL. Pour combien de temps ? Car, comme dit Passou, sur la RDL ça va ça vient. Qui reviendra en premier ? Celui-là sera le plus intelligent, qui, après les excuses d’usage, tendra la main mais n’insultera pas…

Janssen J-J dit: 30 septembre 2018 à 10 h 24 min

@ de ttes manières, assouline a l’art, lors de ses départs en ses châteaux en espagne de nous coller un truc bien plombant.

un gros malin, sûr… Pi ça marche, hein, même à la Timone !… l’a collé une rustine à quignard, et c’est parti pour au moins 1400 malgré la désertification ! ‘reusement, les hnonteux de la main droite reviennent avec la gauche

Au fait, le film de la rue victor hugo sur les abeilles, a-t-il eu le succès escompté. On n’en entend pu causer !

Janssen J-J dit: 30 septembre 2018 à 10 h 14 min

Pour l’enfant paysan ou ouvrier-paysan (NB / pas de quoi intégrer la secte-végane), le sang animal peut jaillir ou couler aussi familièrement que la source ou le ruisseau : mise-bas des chiennes, des chattes, mise-bas bovine, vêlée en écurie, ovine en étable, mise à mort du cochon après poursuite, égorgement, saignée en cuvette, volaille dépecée après torsion mortelle du cou, cous coupés des canards, des oies, des dindes, gibier de forêt, de champ, d’eau, tiré, sang en convulsions au sol, enfoui en gibecière, sorti, sanglant d’un sang sauvage presque noir, jeté sur la grande table commune de la ferme.///Depuis la toute petite enfance, ce reste de sang qui brille sur le bord de l’asphalte, dont ma mère me prenant au cou détourne mon regard : celui, Juin 1944, d’un ou de tous des jeunes FFI fusillés par les Allemands dans leur retraite vers Paris, le sang de guerre (199).

Janssen J-J dit: 30 septembre 2018 à 9 h 46 min

quand tu es devant une personne qui t’impressionne trop au point de te faire perdre tes moyens (genre lady di ou macron, ce que tu veux, dieu à la porte)
le mieux,
la regarder droit dans les yeux puis
te la représenter, courbée
déculottée n’importe où
essayant de la déféquer
avec difficulté pour cause
de constipation imaginer sa silhouette au loin
le colombien QUI s’extirpe difcicilement de son gros c.ul
l’arrive pas à sortir
cette personne peut pas se mettre ailleurs y’a pas de buisson, est en plein champ
Observe là bien,
Fais lui montrer ce qu’elle t’inspire réellement,

(depuis 2 fragments de lectures associées, introuvables chez Quignard : un souvenir chez Hampaté Ba (Amkoulel, l’enfant peul) ; une confirmation chez Guyotat (Idiotie).

____
ainsi, dans l’œuvre que je fais, ai-je toujours balancé entre la distanciation et l’immédiateté : entre spectateur, témoin interdit de cri et supplicié (p. 200)
____

Bételgeuse dit: 30 septembre 2018 à 8 h 50 min

C’est donc un triangle, le peintre pourrait occuper la position du Créateur pour rejoindre la pensée de Teilhard de Chardin, l’amour comme énergie a tout de même besoin d’une figuration.

Bételgeuse dit: 30 septembre 2018 à 8 h 48 min

Une main, forcément il fallut un peintre et cette femme pour le faire. A l’origine un amoureux désireux d’emporter avec lui l’objet de sa passion, était il chrétien?

une main diligente, patiente et avisée dit: 30 septembre 2018 à 8 h 15 min

Et le second tableau mis en lien par Passou, c’ est l’ origine du monde, à deux, cela se fait mieux.
C’ est pas optimiste, çà?

rose dit: 30 septembre 2018 à 8 h 09 min

Le pire étant toutefois dans cet autoportrait final bleu gris cadavérique sur fond noir auprès duquel il pose, les mains ouvertes et écartées en guise d’ impuissance.
Un summum du cauchemar.
Et vous mettriez ça chez vous ?

rose dit: 30 septembre 2018 à 8 h 06 min

j’admets, je consens être subjective.
Néanmoins, ce type Rustine est dépressif.
D’ailleurs si Quignard allait jouer du violon chez lui, avant qu’ il n’ ait passé l’ arme à gauche, c’ était pour lui remonter le moral.

Ne me dites pas que ces couleurs, cette représentation de l’ homme souffrant sont réjouissants.

rose dit: 30 septembre 2018 à 8 h 02 min

7h43, 7h46 et 7h 48

idem

c’ est comme quand je vois les autoportraits de ce type au moma et le grand bordel de son atelier.
Il est dépressif.
point barre.

de ttes manières, assouline a l’ art, lors de ses départs en ses châteaux en espagne de nous coller un truc bien plombant.

ce n’ est pas la première fois que la photo qui ouvre/illustre l’ article est atroce.
Ici les autres aussi sauf cette bonne en tablier blanc.
Les gouvernantes et bonnes d’ enfant n’ ont jamais porté un tablier blanc. Là, il a volé un truc dans la cuisine, la bonne l’ admoneste.

Bételgeuse dit: 30 septembre 2018 à 8 h 01 min

Dans l’rspace du figuratif,les peintres ne peignent ils pas des sujets qui les occupent jusqu’à la préoccupation au point que celle ci motive l’intention , la volonté créatives. Rustin n’est pas dépressif mais son regard s’arrête sur ces êtres en deserrance . Est ce qu’ils ne parviennent pas sans le chercher à le retenir dans ce qui s’exprime au travers de leur charge expressive au point qu’il choisit d’en faire l’objet d’une représentation qui n’inspire quand même pas quelque-chose du ressort de la joie, du joyeux.

Bételgeuse dit: 30 septembre 2018 à 7 h 49 min

Rose, est ce que le conditionnel ne donnerait pas la modification suivante : si vous vous en sortiez honorablement je tenterais ….

une main diligente, patiente et avisée dit: 30 septembre 2018 à 7 h 43 min

et nous devant les toiles de ce type dépressif.rose.

Mais quelle expression d’ un psychologisme de bazar! Vous confondez l’ acteur du tableau et l’ image projetée subjectivement par vous sur le tableau. Apprendre à voir, à regarder est aussi important qu’ apprendre à lire!
Il se fait des pubs en ce moment à ce sujet.

rose dit: 30 septembre 2018 à 7 h 37 min

Béyelgeuse

tout à fait pardonnables les petites erreurs bègnines orthographiques. Le correcteur automatique est bien pire.

Delaporte

l’ embryon ? Un ti bout de bidoche comme les fuégiens- dont Capeline- exposés au jardin d’ acclimatation au XIXème siècle.

Bételgeuse dit: 30 septembre 2018 à 7 h 26 min

Ceci étant, j’estime je nous sommes si nombreux et que nombre d’orphelins attendent en vain des parents et qu’ils devraient pouvoir combler le désir d’enfant des couples à qui la nature n’a pas concédé la possibilité de se reproduire tout en prouvant une fois encore la générosité de l’Homme.

Bételgeuse dit: 30 septembre 2018 à 7 h 22 min

Que ce monseigneur ne s’inquiète pas trop, l’homme se reproduira, se détruira, détruira tout et nous resterons les derniers vivants avec peut être des scorpions sur cette planète. Un chercheur chinois a récemment réussi à fabriquer un œuf fécondé à partir de trois donneurs, deux femmes pour l’ovule car il y existait un problème de cytoplasme et un homme . Oui, bien sûr, Delaporte, un comité d’éthique devra réfléchir et fixer les conditions qui autorisent ou interdisent l’expérimentation . Si l’on progresse dans le traitement de certaines maladies ou préventions voir chirurgies fœtales c’est sans doute parce que la recherche existe. Les médecins nazis laissaient s’exprimer leur sadisme sans limite sur des vies non anesthésies et sans autre but que faire souffrir, sans limite que la mort qui signait la fin de l’expérience. Rose, des fautes impardonnables, je devrais faire preuve de plus de vigilance.

Delaporte dit: 30 septembre 2018 à 6 h 34 min

Passionnante interview de Mgr Aupetit dans la presse à propos de la PMA et de la Gpa. Sur la question des embryons, notre droit fait aussi fort que la médecine nazie. Explication, selon Aupetit :

« La question de l’embryon. La recherche s’ouvre de plus en plus. Aujourd’hui, dans la législation, vous n’avez rien. Il n’y a pas de statut juridique de l’embryon humain. Ce vide autorise des expériences et fait de lui un cobaye. Puisqu’on utilise de moins en moins les animaux, on va utiliser les embryons humains. Alors, est-ce que la larve de scarabée doré sera plus protégée que l’embryon humain ? Cela pose quand même une question qui va bien au-delà de la religion. »

rose dit: 30 septembre 2018 à 5 h 33 min

Que sont devenus les concierges qui ont volé les services en porcelaine fine de ceux qui partaient , en train, vers les camps de la mort ?

rose dit: 30 septembre 2018 à 5 h 24 min

je tenterais
conditionnel Bételgeuse

ne tente rien et surtout personne.
regarde la mer et les bateaux
et les marins, c’ est vrai, qui ne regardent pas les femmes. Ils sont toqués de la mer.

rose dit: 30 septembre 2018 à 5 h 18 min

je crois que cela s’ écrit transcendentale.

réveillée ttes les deux heures pour vérifier par la fenêtre qu’ une voiture ne vient pas l’enlever

épreuve de force

assouline, en espagne, en son château et nous devant les toiles de ce type dépressif.

Laveran cinquième étage : un/ une me vole Le lièvre de Patagonie de Lanzmann. C’est ce qui me restera de cet hôpital. Ce vol de mon livre qui appartient à la bibliothèque.

J’ avais fini le chapitre 1 décapitation et bien commencé le 2. C’est un service où on vole.

puis qq. part, en minuscule, Berthe, la grosse Berthe qui pleure.

rose dit: 30 septembre 2018 à 4 h 13 min

jean j’ ai cru que tu m’ avais oubliée

si tu veux les clés de chez moi, j’ te les file

viens chez moi j’ habite chez une copine à Marseille ; c la toute première fois que je vis à Marseille.

une main diligente, patiente et avisée dit: 29 septembre 2018 à 23 h 02 min

Dans les Salons de Diderot, il y a quelques tableaux où se bute l’écriture, où la parole est mise en échec. Il y a un peintre, un peintre très admiré, devant les œuvres duquel la verve de Diderot se tarit. Et ce peintre est Chardin. Certes on peut affirmer que Diderot a développé tout un savoir pictural grâce à Chardin, le tapissier, savoir qui aura enrichi les Salons. Mais qu’a dit, en vérité, Diderot sur les natures mortes de Chardin, presque rien. En fait, ses commentaires, partant de la simple énumération des choses représentées sur la toile, puis de l’étude de la singulière manière du peintre, de son « faire », se révèlent impuissants à expliquer la véritable beauté des œuvres. C’est donc ce mouvement de l’écriture vers un inévitable silence de la peinture qu’il s’agissait de tracer, mouvement qui passe des objets au « technique », et qui se perd, enfin, dans l’homme, l’homme Chardin…

https://www.erudit.org/fr/revues/etudfr/2004-v40-n3-etudfr834/009741ar.pdf

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 22 h 42 min

Ensuite nous verrons. Si vous vous en sortez honorablement je tenterai de m’abandonner corps et âme à votre volonté pourvu qu’elle soit transcendantale.

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 22 h 39 min

Deulaporte, est ce que vous arrangez aussi les cheveux? Je veux bien vous confier pour une fois en test ma chevelure merveilleuse, abondante et exquisement parfumée

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 22 h 35 min

Les reins! Mais pourquoi donc les glomérules, serviraient ils à filtrer nos instincts les plus inavouables, à extraire les démons de nos corps? De plus j’ajoute que cela nécessite une technicité expérimentée si vous ne voulez pas carrément payer votre passage dans l’au delà chrétien d’un rein .

Delaporte dit: 29 septembre 2018 à 22 h 21 min

« Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit »

Je suis preneur, vivant dans le silence du monde, bien à l’abri des emmerdeurs patentés.

Petit Rappel dit: 29 septembre 2018 à 22 h 16 min

« Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit »
Maxime proposée à la méditation de Dieulaporte.

Petit Rappel dit: 29 septembre 2018 à 22 h 14 min

Phil, D(i)eulaporte seul sonde les reins et les cœurs!
Et Alii est-on sur que Proust maitrisait l’hébreu? Parce que pour le Frank, c’est nécessaire, à l’opposé des deux autres.

D. dit: 29 septembre 2018 à 21 h 52 min

Veuillez vous taire, Bérénice, vous ne comprenez pas toutes ces choses. Quand vous aurez pris la peine de vous ouvrir à l’Esprit Saint avec foi et confiance vous pourrez parler.

Jazzi dit: 29 septembre 2018 à 21 h 06 min

Oui, « La fuite à Varennes » était un excellent film, renato, avec aussi dans l’éblouissante distribution Jean-Claude Brialy incarnant Léonard, le coiffeur de la reine.

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 20 h 31 min

Il existe de plus un déficit de vocations religieuses, pourquoi? Si les prêtres avaient droit de se marier comme les pasteurs peut être est ce que la religiosité attirerait plus de monde pour réveiller nos âmes aspirant à la transcendance.

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 20 h 21 min

D, le clergé s’est souvent chargé et se charge encore de définir les frontières du territoire de la vertu. Il a moins de pouvoir mais c’est un influencueur efficace, voir en Irlande, en Pologne, le combat des femmes pour accéder au droit à l ‘avortement. En Italie ce qui se passe de nos jours concernant ce même droit. Entre autres éléments,mais avec ces migrations qui inquiètent c’est l’église orthodoxe russe qui tend à financer un regain d’attractivité et active le terrain chrétien en l’encourageant à respecter des règles qui ne sont pas celles du droit civil afin de doper la courbe démographique des chrétiens pour qu’ils ne soient pas en infériorité numérique.

DHH dit: 29 septembre 2018 à 20 h 12 min

Puisque l’on parles des illustrations associées ce billet, je dirai à propos du tableau de Chardin je dit la gouvernante qu’il est mal est mal nommé .
La femme qui est représentée n’a pas à l’évidence le rang correspondant à cette fonction qui la situerait hors de la domesticité ordinaire ; celle que nous voyons est une bonne d’enfant , une femme humble à la posture ancillaire ,à la vêture prolétaire , respectueuse et soumise ,qui baisse les yeux devant l’impeccable petit aristocrate à la veille permanente duquel elle est préposée
Je dirais au risque de l’anachronisme que ce tableau est lourd d’une critique politique ou du moins qu’aujourd’hui il peut avoir une lecture politique

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 18 h 14 min

Rose, la déco que Huysmans a imaginé pour à rebours, Moi j’aime assez votre rideau de velous potiron. C’est dans la tendance.

une main diligente, patiente et avisée dit: 29 septembre 2018 à 17 h 47 min

rose dit: 29 septembre 2018 à 17 h 41 min

Relisez vous, avec vos radiateurs et vos issues calfeutrées vous donnez une pire impression…

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 17 h 45 min

Rose, il vaut mieux finir d’un coup, cette situation n’est pas enviable mais comme l’homme s’adapte peut être s’adapte t on à ce rétrécissement des possibles, c’est la condition de nombreuses personnes âgées qui attendent dans plus aucun but, sans plus aucun mouvement.

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 17 h 37 min

Rose, M O dit aussi qu’aucune civilisation n’a continué d’exister sans transcendance. Celle ci peut elle se concevoir sans rapport au divin?

rose dit: 29 septembre 2018 à 17 h 29 min

moi aussi Bételgeuse, je vais me faire descendre.
et foutre le camp de chez moi.
tant pis pour l’art de vivre.

j’arrête là Bételgeuse, merci du soutien (Lavande aussi)

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 17 h 15 min

Il vous faut réduire le nombre de pièces chauffées en hiver à celles que vous fréquentez le plus. Je ne sais quelle est la surface de votre maison ni dans quelle région vous vivez , il y a aussi toute cette gamme de nouveaux poêles esthétiques , ma sœur aînée qui vit dans les Ardennes, région humide et froide, a opté pour cette solution et même compte investir dans des radiateurs électriques supplémentaires. Bref, une ruine pour être au chaud dans une maison pourtant correctement isolée.

rose dit: 29 septembre 2018 à 17 h 02 min

me demande si cette phrase est juste
… On ne lie pas les hommes sans le secours du sacré

on lie aussi les hommes par les rituels.
la même pratique de techniques

rose dit: 29 septembre 2018 à 16 h 55 min

oui. j’ai fait d’épais rideaux dont un isolant sur une porte fenêtre que je n’ouvre plus l’hiver.
Un en velours brique derrière la porte d’entrée.
Cuisine, je les ouvre et ferme matin et soir.

j’ai inventorié pas mal de choses déjà.

enfin, je commence à aimer l’hiver, c’est ça de gagné.

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 16 h 43 min

Ou alors librement et à la version soft de lecture du Coran. Celui ci est devenu une arme, un instrument politico religieux qui d’ailleurs délimite en les limitant le périmètre des libertés et régit le fonctionnement des sociétés pour que rien ne bouge ou presque, la condition de la femme est effarante, pas question de leur permettre de progresser ou d’être libres .Comme autrefois ce fut le cas pour les pays chrétiens avec l’Inquisition. Des siècles de retard .

Lavande dit: 29 septembre 2018 à 16 h 38 min

De bons rideaux occultants et isolants thermiques (c’est ce que je suis en train de faire pour mon neveu) c’est très efficace si vous les fermez dès la tombée de la nuit.

rose dit: 29 septembre 2018 à 16 h 37 min

Bételgeuse
un type qui voulait me.vendre je.ne sais quelle chaudière a mesuré tte la.déperdition d’énergie avec un appareil spécial. Fenetres tres bien isolées qui ne fuitent pas.

Hivers tres rigoureux. C’est le changement climatique.
et.cet été, été torride.

rose dit: 29 septembre 2018 à 16 h 34 min

our le fond, j’avais commis l’erreur de croire que le diagnosticien du nihilisme consentait au nihilisme, s’en réjouissait même, voire, s’y complaisait… C’était une erreur. C’est confondre le cancérologue qui diagnostique la pathologie avec le cancer, la pathologie qu’il a diagnostiquée. J’étais, selon l’image bien connue, l’imbécile qui regarde le doigt […]

D
M H constate, décrit , observe.
ne l’ai jamais lu comme qqu’un qui juge, tire des conclusions, propose des solutions

rose dit: 29 septembre 2018 à 16 h 30 min

Phil

aucune envie d’aller vivre ailleurs si ce n’est sur les routes.

Lavande
je chauffe à 18.

Bételgeuse

toit isolé
murs en briques comme.chez.les 3 petits.cochons.
Fenêtres devis fait et refusé.

12000 euros pour 7 fenêtres.
et remplacement du merisier par du pin.

envisage des volets en bois à l’ intérieur.

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 16 h 27 min

D, les religions proposent des modèles, invitent à des règles . Ces modèles imposés autrefois sont facultatifs et l’on peut être vertueux sans observer les dogmes ou même sans s’en éloigner tout en n’y adhérant pas. Le principe d’humanité est chrétien certes mais dire que la vertu oriente vers le choix d’une croyance religieuse n’est pas exact. Voyez par exemple ce film, que la fête commence, qui critique l’opportunisme des prélats, la corruption, le métissage du pouvoir en ces temps _ religieux et politique_ marchaient ensemble et demandaient, exigeaient du peuple des vertus qui étaient assez rarement observées dans les cercles de pouvoir. Nous n’en sommes plus là,le problème avec l’islam est qu’il est intimement lié au pouvoir, aucun pouvoir politique n’est jamais réellement désengagé d’une spiritualité à laquelle les hommes autrefois dans ces pays n’adheraient plus.

rose dit: 29 septembre 2018 à 16 h 25 min

D à 16h04

j’ ai lu tte la première partie. C’est une chance qu’ Onfray s’ intéresse à Huoellebecq.

Je dirai plurôt que ce sont les repères qui s’écroulent
dont le patriarcat.
pas seulement la religion

Lavande dit: 29 septembre 2018 à 16 h 19 min

Aucune énergie complémentaire pour le chauffage, Rose, seulement le chauffage central de l’immeuble, connecté au chauffage urbain qui, entre autre, vient de l’usine d’incinération d’ordures. Mais je règle les radiateurs au minimum et j’ai 22° grâce à l’isolation et au fait que je suis entourée d’appartements à la même température.
Si le chauffage urbain vous intéresse (30 000 foyers connectés à Grenoble):
https://www.cciag.fr/

Bételgeuse dit: 29 septembre 2018 à 16 h 13 min

Rose, il vous faut remplacer portes et fenêtres, revoir l’isolation du toit et installer un ou deux panneaux solaires, ce genre d’investissements bénéficient de réductions fiscales , bénéficiaient. A voir. Et si votre maison est située autre part sur dans une zone glacée par les vents dominants. De toutes manières, il y a un problème.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*