de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Pour saluer Michel Tournier

Pour saluer Michel Tournier

Depuis des années, on le croyait mort parce qu’il vivait retiré dans son presbytère de Choisel dans la vallée de Chevreuse, pas très vaillant sur ses jambes mais l’esprit toujours aussi vif, l’indépendance à fleur de peau, l’ironie mordante au coin des lèvres, l’espièglerie faite homme. Esprit libre s’il en fut, il n’écrivait plus, lisait encore (les Confessions de Rousseau tout en restant fidèle au livre qui l’éblouissait depuis sa jeunesse, l’Ethique de Spinoza), recevait peu, tonnait volontiers, s’informait de la marche du monde en regardant le journal télévisé de la ZDF, la deuxième chaine de lé télévision publique allemande. C’était Michel Tournier qui vient de s’éteindre chez lui à 91 ans.

Son œuvre complète n’alourdit pas les rayonnages : neuf romans, une quinzaine d’essais de plus en plus brefs, une poignée de contes et nouvelles. Pour avoir osé publier assez tard une fois la quarantaine passée, il n’en a pas moins été des rares écrivains de langue française à dominer le dernier demi-siècle littéraire. Moins par son influence sur la scène littéraire, tant à l’académie Goncourt qu’au comité de lecture de Gallimard, deux institutions dont il avait été un pilier, que par la profonde originalité de son imaginaire, des moyens qu’il trouvait pour le déployer et du succès considérable de ses livres qu’il qualifiait non sans fierté de long-sellers.

Conteur en toutes choses, toutes situations, tous genres, toutes circonstances, il voulait écrire dans un idéal de clarté et de limpidité hérité d’une prose classique, fuyant toute psychologie des personnages, ce qui ne préservait pas pour autant son propos de l’ambiguïté et n’empêchait pas son auteur d’avancer masqué ; il y parvenait avec une fortune et un bonheur qui expliquent aussi l’immense succès que ses livres ont rencontré sur la durée dans les écoles. Michel Tournier y réussissait sans jamais rien sacrifier de sa vision de la littérature. Payant régulièrement sa dette au Flaubert des Trois contes, ce qui ne l’empêchait pas de tracer son propre chemin en se nourrissant du grotesque propre à Cervantès, des grands Allemands de Goethe à Grass, des romans de formation, tout en se donnant Bach pour unique modèle, son œuvre aura constamment célébré les noces souvent enchantées, parfois barbares, du réalisme et de la magie.

En s’emparant de l’Histoire (le nazisme, Gilles de Rais) sans jamais cesser de raconter des histoires, il s’est employé à réinterpréter les mythes avec une manière qui s’imposa très tôt comme sa signature que ce soit Robinson (Vendredi ou les limbes du Pacifique), l’Ogre et le massacre des innocents (Le Roi des Aulnes), Castor et Pollux (Les Météores), les rois mages (Gaspard, Melchior et Balthazar), Barbe Bleue (Gilles et Jeanne), Moïse en route pour la terre promise (Eléazar)…

« L’une des inversions malignes les plus classiques et les plus meurtrières a donné naissance à l’idée de pureté. La pureté est l’inversion maligne de l’innocence. L’innocence est amour de l’être, acceptation souriante des nourritures célestes et terrestres, ignorance de l’alternative infernale pureté-impureté. De cette sainteté spontanée et comme native, Satan a fait une singerie qui lui ressemble et qui est tout l’inverse : la pureté. La pureté est horreur de la vie, haine de l’homme, passion morbide du néant. Un corps chimiquement pur a subi un traitement barbare pour parvenir à cet état absolument contre nature. L’homme chevauché par le démon de la pureté sème la ruine et la mort autour de lui. Purification religieuse, épuration politique, sauvegarde de la pureté de la race, nombreuses sont les variations sur ce thème atroce, mais toutes débouchent avec monotonie sur des crimes sans nombre dont l’instrument privilégié est le feu, symbole de pureté et symbole de l’enfer… » (Le Roi des Aulnes)

Il n’écrivait pas de fiction pour défendre des idées mais pour le bonheur d’écrire un roman. De raconter des histoires. Conteur parce que bon qu’à ça. Le sujet apparent ne lui était qu’un prétexte. Les Météores parle bien des ordures ménagères, de leur incinération ; La Goutte d’or traite bien de l’opposition entre le signe et l’image ; mais c’est d’autre chose qu’il s’agit en vérité et se trouve enfoui. Aucun sujet ne lui était vital car ce qui lui était vital devait être tu n’étant pas sujet à littérature. Il pratiquait le journal extime (le mot est de lui) pour mieux préserver son intimité. Mais lorsqu’il vous recevait à déjeuner, et qu’il venait vous chercher à la gare de Saint Rémy les chevreuses, dès le trajet en voiture il s’ouvrait à vous avec une simplicité, un naturel et une absence de sur-moi réjouissants. Il se fichait complètement du qu’en-dira-t-on et accueillait avec le sourire les allusions à son goût pour la tournée des collèges, rappelant volontiers que les parents déposaient eux-mêmes leurs enfants chez lui le week-end pour écouter le conteur raconter encore et encore.

Il avait encore quelques livres sous la plume, mais plus assez d’énergie pour les porter et, celui qui fut un inépuisable bourlingueur, pas assez de jambes pour effectuer ses repérages (passionné de photographie, il avait cofondé les Rencontres d’Arles et, du temps de l’Ortf, produit l’émission « Chambre noire ») : un roman sur les athlètes féminines d’Allemagne de l’est dopées aux hormones qui le fascinaient tant (Eva ou la république des corps), d’un autre sur les vampires avec des développements inattendus sur l’absolu de l’hémoglobine chez Marguerite-Marie Alacoque (Hermine ou le goût du sang), un autre encore sur Guillaume Tell…

 Ses années Tübingen, il y revenait souvent, constituaient son meilleur souvenir de jeunesse. C’était au lendemain de la guerre. Il partageait sa chambre à l’université avec deux camarades auxquels le lia une longue amitié : Gilles Deleuze et Claude Lanzmann. Ils étudiaient ensemble « Hegel, mais en allemand, c’est autre chose ». Ses Allemagnes, à commencer par celle qui les résume toutes, son Allemagne intérieure, on les retrouvera bientôt grâce à Arlette Bouloumié, l’universitaire chargée par l’écrivain de veiller sur ses archives. C’est elle qui a créé un fonds Tournier à Angers en 1996, et qui prépare la Pléiade des Œuvres romanesques à paraître en 2016.

(Photo D.R.)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, Littérature de langue française.

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commentaires

495 Réponses pour Pour saluer Michel Tournier

Bloom dit: 21 janvier 2016 à 14 h 42 min

« Noboddady » –
Tiré de Under The Volcano, Malcolm Lowry, comme l’auront reconnu les inconditionnels de ce roman diabolique.

JC..... dit: 21 janvier 2016 à 13 h 58 min

« Vous ne saisissez rien, Barozzi ! Aucun rapport avec ces tarés profonds de l’EI . » (Daaphnée)

Disons, pour arriver à un compromis que les Palestiniens sont des tarés de surface … et que Genet, un pauvre rebelle de luxe, phiotteux.

Veneziano dit: 21 janvier 2016 à 13 h 44 min

Par ailleurs, Daaphnée, n’oubliez pas que le jeune funambule Abdallah, à force d’être ainsi sublimé par son amant Genet, a fini par se… suicider !
Une autre tasse de thé ?

le garçon qu'on appelait monsieur dit: 21 janvier 2016 à 13 h 22 min

Sinon, n’ayant pas lu mon premier Tournier au programme scolaire (et boulevard des lauriers non plus a priori, les lectures de 4ème de couverture Folio ce n’est pas que ça) a peut être aidé à me laisser emporter par la poésie épique de son Roi des Aulnes je ne sais plus quand. Et de façon bassement matérielle j’avoue m’être senti un peu orphelin de ne plus l’avoir à portée de main ces derniers jours.

le garçon qu'on appelait monsieur dit: 21 janvier 2016 à 13 h 09 min

Noboddaddy’s perfect…

Un machin pareil idéologiquement ça peut au minimum fermenter c’est sûr.

Bloom dit: 21 janvier 2016 à 13 h 03 min

Il faut que Genet se passe, Baroz…Noboddaddy’s perfect….Gay-Bi-lesbien-straight logés à la même enseigne…

Veneziano dit: 21 janvier 2016 à 12 h 54 min

Reprenez donc une tasse de thé et frémissez en lisant Genet, Daaphnée : il a soutenu les miliciens, les black panthers, les Palestiniens, la bande à Bader et tout ce qui s’opposait à la « brutalité » de la bourgeoisie dominante et bien pensante. Mais par ailleurs, il disait au jeune Truffaut, après avoir vu ses « 400 cents coups », qu’une oeuvre d’art ne devait pas être un règlement de compte…

Daaphnée dit: 21 janvier 2016 à 12 h 47 min

Genet aurait écrit pour justifier la violence des kamikazes de Daech ?

Aucun rapport !
Genet a soutenu le peuple palestinien .

Bloom dit: 21 janvier 2016 à 12 h 42 min

Phil,
vous avez le compte rendu que Morand a fait du procès de Roger Casement alors qu’il était attaché d’ambassade à Londres? Ca me serait bien utile pour l’avenir.

Daaphnée dit: 21 janvier 2016 à 12 h 42 min

Pour une fois d’accord avec vous, Wiwi !
Et pour laisser là cette épouvantable glue, un petit extrait de l’un des textes de Genet, que je préfère:

« Si je lui conseille d’éviter le luxe dans sa vie privée, si je lui conseille d’être un peu crasseux, de porter des vêtement avachis, des souliers éculés, c’est pour que, le soir sur la piste le dépaysement soit plus grand,… c’est parce que la réalité du cirque tient dans cette métaphore de la poussière en poudre d’or, mais c’est surtout parce qu’il faut que celui qui doit susciter cette image admirable soit mort, ou, si l’on y tient, qu’il se traîne sur terre comme le dernier, comme le plus pitoyable des humains…Qu’il n’existe enfin que dans son apparition…
J’ajoute pourtant que tu dois risquer une mort physique définitive. La dramaturgie du Cirque l’exige… Le danger a sa raison : il obligera tes muscles à réussir une parfaite exactitude…et cette exactitude sera la beauté de ta danse…
Sache contre qui tu triomphes. Contre nous ,mais… ta danse sera haineuse. On n’est pas artiste sans qu’un grand malheur s’en soit mêlé…
Pour acquérir cette solitude absolue dont il a besoin s’il veut réaliser son œuvre- tirée d’un néant qu’elle va combler et rendre sensible à la fois- le poète peut s’exposer dans quelque posture qui sera pour lui la plus périlleuse. Cruellement il écarte tout curieux, tout ami, toute sollicitation qui tâcheraient d’incliner son œuvre vers le monde. »
Le Funambule, Genet

Veneziano dit: 21 janvier 2016 à 12 h 38 min

Merci, Lucy, je comprends mieux, en effet.

On peut se demander ce que Genet aurait écrit pour justifier la violence des kamikazes de Daech ?

Wiedrgänger dit: 21 janvier 2016 à 12 h 20 min

La seule chose qui ne va pas, c’est l’allusion à Genet. Genet est un très grand écrivain. A ne pas confondre avec Lulu qui commence à nous les pomper…

Wiedrgänger dit: 21 janvier 2016 à 12 h 10 min

C’est l’hécatombe, mes pauvres chéris, en ce mois de janvier chez Drouant.

Passou, est-ce que tout va bien ?

JC..... dit: 21 janvier 2016 à 12 h 05 min

@11.08 un peu marre d’entendre parler pour la 17e fois de cette page 48 du magazine littéraire. (Javert)

Il ne faut pas lui en vouloir elle n’a pas conscience du ridicule de son comportement ….

Lucy dit: 21 janvier 2016 à 12 h 04 min

Pour Veneziano

« Quand il dit tout ça il s’énerve pas, non, c’était une autre espèce d’impatience si tu veux, je veux dire, je sais pas comment le dire, pas l’impatience de quelqu’un qui est en colère mais l’impatience de quelqu’un qui peut plus attendre quelque chose qu’il veut depuis un moment, c’est différent, et pis qui sait que ça va arriver, et pis qui veut que ça arrive. Tu vois. L’impatience heureuse.» Ce charabia qui veut faire peuple signifie simplement qu’amener «Reda» chez lui l’a pour «Edouard» emporté sur les craintes, les livres ou l’ennui. L’oreille externe, hélas, n’est pas l’oreille interne : l’oral – ou l’effet d’oral – ne passe pas si aisément à l’écrit. Si «et pis» pousse en tous coins du champ de maïs lexical de «Clara», c’est vraiment comme de la mauvaise herbe. »

http://next.liberation.fr/livres/2016/01/20/edouard-louis-passion-brute-et-petit-blanc-sec_1427770

Madame de Valognes dit: 21 janvier 2016 à 11 h 52 min

après Lançon, s’il a lu sa chronique, reste à lire les propos aigres-doux du p’tit Court (malheureux en ce jour anniversaire de la mort de Capet, couic)

Veneziano dit: 21 janvier 2016 à 11 h 51 min

« Si «et pis» pousse en tous coins du champ de maïs lexical de «Clara», c’est vraiment comme de la mauvaise herbe »

????

Veneziano dit: 21 janvier 2016 à 11 h 46 min

Perso, je ne vois pas bien le lien qui unirait Edouard Louis à Jean Genet : ni dans la forme ni dans le fond et encore moins dans la personnalité des deux hommes ? Il ne suffit pas d’être pédé pour se ressembler !

Je m’aperçois que d’Edmonde, à ‘oeuvre littéraire si mince, j’ai pratiquement tout lu et pratiquement rien retenu, à part son excellente évocation biographique de Coco Chanel.

de nota dit: 21 janvier 2016 à 11 h 44 min

Passou ne le dira pas, mais il a interpellé Dieu pas plus tard que ce matin:

Tu tiens à immortalisé un écrivain tous les trois jours?
Parce que ça fiche un sacré bazar dans mon travail sur le blog, si je dois nécrologisé deux fois par semaine, c’est autant d’articles que je sacrifie. Je fais quoi si tu continues comme ça? faut que je crée la république des défunts? Sans parler du fait que Michel et Edmonde étaient tous deux membres de l’académie Goncourt…, ça fait un peu tueur en série, sauf ton respect, pardon? oui, tu as aussi fait dans la musique, et tout récemment, je dis pas, mais bowie, boulez et delpech c’est du dispersé, du au petit bonheur la chance, alors que là, c’est un tir groupé, et quand je vois l’âge de mes camarades, je m’inquiète…Pardon? c’est la nomination de Schmitt et Despentes qui te fiche en colère? alors tu te venges? J’y crois pas! Ah, c’est mali…c’est mal! bon, on sait bien que tu es un peu réac, mais si! tu aimes la langue châtiée, les livres bien bâtis comme des cathédrales et la morale édifiante! T’es un antimoderne, épicétou! Je parle comme bouguereau si je veux! c’est autant ta créature que ton chouchou… Oh, mais tu sais très bien qui c’est, fais pas l’innocent…

Lucy dit: 21 janvier 2016 à 11 h 43 min

Pas mal en effet la critique de Lançon, extraits :

« la manière dont il pisse l’encre dans la tasse de thé…..On met les prénoms entre guillemets, car le livre est ainsi fait que chaque personnage semble porter les étiquettes indiquant non pas le prix qu’il coûte, mais la valeur symbolique qu’on doit lui attribuer…. les livres cèdent le terrain à la séduction, au désir, au je ne sais quoi, de même que l’ange du capitaine Haddock s’efface devant la queue fourchue de son alcoolique diablotin….Si «et pis» pousse en tous coins du champ de maïs lexical de «Clara», c’est vraiment comme de la mauvaise herbe….

L’ensemble est monté avec un sens extraverti et trop appuyé de l’artifice. La prétention bavarde à l’intelligence est tellement en avance sur le cœur et l’expérience qu’elle finit par rater le rendez-vous……dans les entretiens qu’il donne à ses admirateurs, Edouard Louis ne cesse de poser sur ce qu’il écrit le sceau du vécu et de l’exemplarité sociologique pour, lorsqu’on l’attaque sur ce point, en appeler à la liberté du romancier. Résultat : polémiques au balcon, curiosité au salon et gros succès d’édition.

Phil dit: 21 janvier 2016 à 11 h 39 min

Oui Clopine, une critique plaisante à lire qui trousse bien le milieu en pointant aimablement ce qu’il faut (ha..Eribon qui offre ses livres dédicacés par Simon à l’Edouard et les emballe (les livres) dans du papier kraft. cracrac). Quelle chance bourdieusienne de croiser un Réda gay qui n’est pas arabe.

Javert dit: 21 janvier 2016 à 11 h 30 min

@11.08 un peu marre d’entendre parler pour la 17e fois de cette page 48 du magazine littéraire.
@21.51 elle est dans les Verbatim d’Attali, je crois me souvenir
@bloom – S’agissant de la crapulerie des HF de droite anoblis par la gauche lors de son passage qui dure, un nouvel exemple de la turpitude inévitablement produite. http://www.lepoint.fr/justice/corruption-le-prefet-alain-gardere-en-garde-a-vue-19-01-2016-2011197_2386.php
@ carnet mondain Closer ? Parmi l’effroyable hécatombe des pipoles de ce mois de janvier, voici donc une première femme à s’offrir en holocauste. Ouf, nous avions craint que la parité de genre risquât d’en être par trop déséquilibrée. Paix à son âme de fer.
@ conseil aux affamés subliminaux, s’ils n’ont rien à manger ce soir, qu’ils se rassurent par cette bonne nouvelle : Planete Nine, 20 fois plus éloignée que Neptune, 10 fois plus massive que notre Gaïa, accomplit sa totale révolution autour de la rdl tous les 20 000 ans, cela nous donne une marge pour y réfléchir.

JC..... dit: 21 janvier 2016 à 11 h 23 min

Puisqu’on est les pieds plantés dans les ossements de la Nécropolis …

Comme tout Marseillais adepte de la diversité dodue et charnue, le vieux Port de Marseille tâtait de la beurette maghrébine de haut niveau jusqu’à sa fin. Il en a joui, et il en est mort…

Ce ne sont que racontars, rumeurs et saloperies de gens n’ayant rien d’autres à foutre. Rumeurs infondées, naturellement !

Ne pas y accorder la moindre vertu : Edmonde ne sous-traitait rien.

Clopine, définitivement un cas à part dit: 21 janvier 2016 à 11 h 08 min

Phil, je viens de lire la critique de Lançon sur le livre d’Edouard Louis. Eh bien, c’est une VRAIE critique, un vrai point de vue argumenté, une vraie lecture du livre. Au final, Lançon reproche au livre sa posture politique, qui lui déplaît : c’est son droit, bien sûr, et on peut le comprendre. Mais au passage, il a relevé les procédés littéraires, a accordé au livre, non la qualité de « roman » mais au moins « une procédure romanesque », a laissé filtrer, entre deux agacements de lecteur, la légitimité d’une écriture qui se place dans la lignée d’un Genet, bref, c’est une critique honnête (quoi qu’un peu de mauvaise foi quand il remue, une fois de plus, les problèmes de dénomination de l’identité de l’auteur, car à mon sens Edouard Louis est parfaitement clair dans ce domaine, mais bon.

Donc : du vrai travail de critique littéraire, qu’on soit d’accord ou pas. Rien à voir avec le torchon de la page 48 du magazine littéraire…

Hadrien dit: 21 janvier 2016 à 10 h 55 min

9:50, le JC : « rudement bien torché »…pas étonnant que ça touche le PQ là où ça lui plait, pov’ nouille

Sant'Angelo Giovanni dit: 21 janvier 2016 à 10 h 37 min


…hadrien,!…

… » domages et intérêts « ,!…Couic,!…
…çà reste toujours intèrresant de m’emmerder,!…allez venez mes Herr – Lézards du trou,!…

…deux chats à nourrie,!…l’autre égarer à fait son réaparition,!…toujours de la viande – hachée,!…
…le jeune un vrai cannibale,!…à plusieures reprises, il mords bien,!…
…beaucoup de sang – froid,!…pour ne pas lui administrer une raclée,!…
…le respect des fauves,!…entrez dans leurs psy-libres,!…
…ne pas les deumeurer, à notre enseigne de bêtes dominantes primates,!…à celliers de sang,!…mais bien des finances en dix-versions détournés,!…
…les griffes du peuples,!…à jours,!…
…etc,!…

JC..... dit: 21 janvier 2016 à 10 h 23 min

Ce que j’adore chez Edmonde de Neuilly, comme chez l’Aragon de Castille, c’est la splendide aptitude de ces grandes gueules à continuer de vivre princièrement, tout en fréquentant les crapules totalitaires communistes staliniennes.

Quelle merveilleuse époque !

De nos jours, l’ennemi de classe Daech n’est pas fréquentable par l’élite ! Comment Badiou ? Comment !… vous plaisantez ?…

Lombric.sarcastic..... dit: 21 janvier 2016 à 10 h 04 min

Hadrien insultant Louis-Auguste de France du nom de Capet, c’est Zavatta interpellant Montaigne Michou

Phil dit: 21 janvier 2016 à 10 h 00 min

pas mal non plus l’article de Lançon sur le dernier livre d’Edouard Louis, égérie de la sociologue bio Clopine et violé consentant du landerneau littéraire.
Il manque un Morand pour tirer le portrait d’Edmonde Charles-Roux, beau-frère comte mussolinien.

JC..... dit: 21 janvier 2016 à 9 h 50 min

Le nécroblabla d’Etienne de Montety, le patron du Figaro Littéraire, sur la défunte Edmonde Charles-Roux Defferre est rudement bien torché.

J’attend celui de notre cher Passou avec la douleur d’un érotomane de cimetière, privé de désert.

Hadrien dit: 21 janvier 2016 à 9 h 39 min

dans la charrette qui emmenait Capet, il devait y avoir plein de lombrics, il en reste un venimeux maintenant mais… COUIC !

Sant'Angelo Giovanni dit: 21 janvier 2016 à 9 h 19 min


… ma court des comptes,!…les liens sur cette république litéraire,!…à jour,!…

…plus besoins d’avocats,!…les lois, des parjures,!…comme les promesses électorales,!…
…des présidents à bombarder,!…des erreurs aussi sur l’économie sociale, vue par les banquiers  » Rothchild’s « ,!…à nous narguer comme soumis à l’argent,!…Ah,!Ah,!…
…des croix pour ces crucifiers a aboutir,!…encore des exemples de racailles à cols blancs,!…
…pires que les palestiniens,!…of course,!…dévitalisés les français, et leurs coalisés de souches sûres,!…etc,!…
…Rataplan,!…Ben-Huur,!…etc,!…
…Cinéma,!…pour Paris en bouteilles,!….
…Vive le roi,!…mais lesquel,!…à nous sucer notre blé,!…notre sang,!…
…réglements de comptes internationnaux,!…
…merci,!…avec mes domages et intérêts en public,!…littéraires,!…Go,!…
…etc,!…suivant,!…

JC..... dit: 21 janvier 2016 à 8 h 13 min

Les riches sont vraiment des salopards !

Mettre son fric à l’abri en Suisse, ah les brigands ! Au lieu de le donner à l’Etat et aux Départements qui ne savent plus comment financer le RSA, cette manne si nécessaire à la vie dans les quartiers défavorisés, riches de diversité mais oubliés par la croissance, frappés par le chômage, mal aimés des représentants de l’ordre capitaliste !

Les riches n’ont pas de morale !: Cela explique que les pauvres n’en ont pas non plus et que le déficit augmente.

laurent dit: 21 janvier 2016 à 7 h 39 min

Le fisc français a découvert 13 milliards de francs d’avoirs cachés sur près de 38’000 comptes de clients d’UBS.

JC..... dit: 21 janvier 2016 à 6 h 58 min

En ce jour anniversaire tragique, 21 janvier 1793 premier jour de la descente aux enfers de notre cher vieux royaume, j’accuse le corps enseignant, en la personne des Ministres de l’Instruction Publique qui se succèdent, de mensonge historique !

La Révolution française n’est pas ce que l’on vous raconte en classe depuis des siècles. Résistez écoliers du pays ! Non à la guillotine fasciste, non aux guerres régionales, non au totalitarisme jacobin de la nomenklatura parisienne, non à la pensée unique !

LIBEREZ LA CORSE ! LIBEREZ LA BRETAGNE !

JC..... dit: 21 janvier 2016 à 6 h 44 min

21 JANVIER 1793

Charles-Henri Sanson, aux ordres des crapules révolutionnaires fascistes rebaptisées par les historiens républicaines, raccourcissent définitivement notre bon Roy Louis XVI, place de la Concorde.

La France perd un bon roi, la serrurerie un honnête pratiquant, le mensonge républicain s’apprête à tromper son monde, une nouvelle nomenklatura se met en place dans l’ombre …

La Reine des chats dit: 21 janvier 2016 à 0 h 49 min

DHH, vos recettes laissent pantois. Celle des artichauts à l’orange en particulier. La rate vernaculaire des Palermitains (que j’ai pratiquée sous la forme soft), je serais plus circonspecte pour tester. Vous lisant je me dis que la cuisine bel et bien est une anthropologie susceptible de mettre l’eau à la bouche.
Veneziano, question glaces maintenant : je vous recommanderais volontiers la gelateria Savoia, à Vérone. Avec Bertillon,les ludoviciens ont de la chance, mais à Vérone, la rue latérale juste à côté des arènes, ils comprendraient leur douleur! Si on souhaite se cantonner à la Sicile : la Mandorla à Noto porte bien son nom. Ils vous servent un de ces laits glacé, parfumé et onctueux qui est à tomber. Et à Catane, après avoir mangé trois ou quatre Seins de Ste Agathe bourrés de crème, assise au pied de la fontaine aux éléphants par 45° à l’ombre, je ne m’en suis pas plus mal portée – c’est dire leur qualité. En revanche, la petite fille momifiée, dans les catacombes, l’idée seule me tétanise. Jamais personne n’a pu obtenir de moi d’aller la voir, alors que j’ai toujours une pensée pour elle.Cette façon qu’elle a d’être privée d’intimité, de devoir affronter par delà la mort les glapissements, les cris d’orfraie des touristes la découvrant en un sens renvoie pour moi au billet précédent de PA.

Sergio dit: 20 janvier 2016 à 22 h 40 min

la vie dans les bois dit: 20 janvier 2016 à 20 h 28 min
tu corriges quand tu veux

Justement, on peut pas ! Dans six mille ans on verra encore nos fautes…

Phil dit: 20 janvier 2016 à 21 h 51 min

Qui racontera la conversation entre Tournier et Mitterrand dans l’avion de Berlin ? Toutes choses égales, c’est Zitrone qui causait avec De Gaulle dans celui de Moscou.

Phil dit: 20 janvier 2016 à 21 h 31 min

Lavie, comme dit ma concierge, c’est du lourd ! Mieux vaut patienter jusqu’au bulletin politico- religieux du considérable (mais pas gros) Widergg.

la vie dans les bois dit: 20 janvier 2016 à 21 h 17 min

phil, you know what ?
Pourquoi voulez-vous absolument associer Matzneff et Tournier ?
Expliquez-vous.

la vie dans les bois dit: 20 janvier 2016 à 20 h 25 min

Je vois que M. Tournier a également détourner V. Hugo, pour ses sombres penchants.

Tu vois, littré, c’était presque une intuition…

IV- L’Aigle du casque
Fin du poème

Tiphaine accourt, s’élance, tombe
Sur l’enfant, comme un loup dans les cirques romains,
Et d’un revers de hache il abat ces deux mains
Qui dans l’ombre élevaient vers les cieux la prière ;
Puis, par ses blonds cheveux dans une fondrière
Il le traîne.
Et riant de fureur, haletant,
Il tua l’orphelin et dit : Je suis content !
Ainsi rit dans son antre infâme la tarasque.

*

Alors l’aigle d’airain qu’il avait sur son casque,
Et qui, calme, immobile et sombre, l’observait,
Cria : Cieux étoilés, montagnes que revêt
L’innocente blancheur des neiges vénérables,
Ô fleuves, ô forêts, cèdres, sapins, érables,
Je vous prends à témoin que cet homme est méchant !
Et cela dit, ainsi qu’un piocheur fouille un champ,
Comme avec sa cognée un pâtre brise un chêne,
Il se mit à frapper à coups de bec Tiphaine ;
Il lui creva les yeux ; il lui broya les dents ;
Il lui pétrit le crâne en ses ongles ardents
Sous l’armet d’où le sang sortait comme d’un crible,
Le jeta mort à terre, et s’envola terrible.

source: bac de français.

littré dit: 20 janvier 2016 à 20 h 15 min

L’aulne est un arbre de l’hémisphère nord poussant sur les sols humides, l’aulne ou aune correspond à un genre d’arbre (Alnus) de la famille des bétulacées. Il est encore nommé vergne ou verne.
source : wiki

la vie dans les bois dit: 20 janvier 2016 à 20 h 07 min

Alexandre Selkirk (ou Alexander Selcraig) (né en 1676 à Lower Largo comté de Fife, Royaume d’Écosse – mort le 25 janvier 1721 à Cape Coast dans l’actuel Ghana) est un marin écossais dont l’aventure inspira le roman Robinson Crusoé de Daniel Defoe (1719).
source: wiki

la vie dans les bois dit: 20 janvier 2016 à 19 h 58 min

de nota, alors c’est donc vrai. Pour François Bon, l’image du « philosophe de contrebande » ne mérite pas un pamphlet pour l’écorner. Les faits parlent d’eux-même ?

la vie dans les bois dit: 20 janvier 2016 à 19 h 47 min

On peut avoir un lien, pour ceux qui n’ont pas fesse-book, histoire de voir comment le mythe va Bon train dans les haies du pays de Bray ?

la vie dans les bois dit: 20 janvier 2016 à 19 h 34 min

donald à 17h05, il l’a écrit texto ?

Tu as raison de signaler que le livre de la Génèse ne mentionne aucun nom d’auteur, ni de datation.
C’est un texte libre de droit, tu vois.
Ce qui permet à M. Tournier d’en avoir fait ce que l’on sait, maintenant.

Mais tu as aussi raison de poser la question sous-jacente : où en sont donc les créationnistes ?

Eh bien ils ne font pas recette en Islande.
Sais-tu donald, que dans ce pays on lit énormément ?

« Le taux de jeunes islandais de moins de 25 ans qui pensent que l’univers a été créé par dieu est de… 0,0%. C’est le résultat d’un sondage repris par Iceland Magazine. »
http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/15987-religion-islande-creationnisme-islande-aucun-jeune.html

Sergio dit: 20 janvier 2016 à 19 h 27 min

D. dit: 20 janvier 2016 à 19 h 19 min
subitement

C’est comme le chat : ils esseplosent sans le dire ; c’est des bêtes d’une duplicité.

Et même quand on les balance du balcon i tombent sur un hauvent ! Le mec qui se casse c’est çui qui va le chercher comme dans Fabian…

D. dit: 20 janvier 2016 à 19 h 19 min

Je me méfie de Sergio. Il n’a jamais l’air de rien jusqu’au moment où subitement il a l’air de quelque chose.

de nota dit: 20 janvier 2016 à 19 h 10 min

Clopine,

l’éditeur n’est pas cité, d’où sortez-vous « Gallimard »?, autre chose encore l’éditeur évoqué par F. Bon n’a jamais réclamé un pamphlet sur Tournier? voici les propos de François Bon: « on voudrait de moi que ce pamphlet porte sur des problématiques sociales. Je préférerais, pourquoi pas, tant qu’à écrire un pamphlet, parler de ce petit monde littéraire… »
Enfin, opportunisme: « Comportement d’une personne qui agit en fonction des circonstances et sait exploiter les occasions; parfois péj., aptitude à saisir toutes les occasions avantageuses » Donc, je maintiens.
Enfin, enfin, « le marigot littéraire parisien », nous sommes peut-être quelques uns, ici, qui ne cracheraient pas sur l’occasion d’en être, même modestement, pas vous, Clopine?

radioscopie dit: 20 janvier 2016 à 19 h 09 min

Ainsi donc il faudrait faire silence sur les caprices de stars, la goujaterie, la condescendance, la cupidité de certains de nos savants, artistes, penseurs… parfois en totale contradiction avec leur image publique voire ce qu’ils professent… Sous quel prétexte ?

D. dit: 20 janvier 2016 à 19 h 02 min

Lola, j’ai attendu longtemps pour vous le dire, mais cette fois ca y est cette fois je suis sûr : je ne vous aime pas.

Sergio dit: 20 janvier 2016 à 18 h 39 min

Et chez Vilmorin, hein ! C’était littéraire y avait Malraux… Je pensais qu’on pouvait les surprendre dans les greniers à graines grauleuses…

Hadrien dit: 20 janvier 2016 à 18 h 29 min

« la RdL étant devenu le réceptacle ordurier de l’impensable sur d’autre supports »… ben voui, ya qu’a lire bouguereau qui va me traiter de raclure mais quand c’est lui j’adoooore

bouguereau dit: 20 janvier 2016 à 18 h 25 min

la rdl étant devenu le réceptacle ordurier de l’impensable

dla merde sans djet privé..sans hotesse..que dédé

bouguereau dit: 20 janvier 2016 à 18 h 23 min

le cadavre encore fumant

..fais le nous sorti du four avec une pomme dans la bouche et un poireau bien profond tant que tu y es..

Javert dit: 20 janvier 2016 à 18 h 17 min

J’aime bien François Bon en général, mais là je ne suis pas convaincu comme 17.00. Ça m’a tout l’air d’un faux cul-isme, cette manière de dire : j’écrirai pas un pamphlet, mais je vais quand même vous en sortir une bien bonne de derrière les fagots qui fera l’affaire pour vous dire qui était le bonhomme. Et d’aucuns de se pâmer devant le nouveau Marguerite Duras ! Dieu que ça m’énerve. Faut dire aussi que des éditeurs de prestige qui vont solliciter des pulsions sordides pour faire s’éjaculer des écrivains vivants contre des morts avec espèces trébuchantes, nous en dit long sur les mœurs de l’époque. Mais je dois être un brin naïf. Respect pour Tournier, respect pour Bon, par delà les anecdotes reconstituées où on ne donnera toujours le beau rôle du survivant sur le cadavre encore fumant. Je comprends bien que ça soit possible chez Assouline, la rdl étant devenu le réceptacle ordurier de l’impensable sur d’autres supports. En quoi ce blog montre apparemment, une fois de plus, son immense utilité.

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 20 janvier 2016 à 18 h 11 min

Lola, cela fait belle lurette que je ne cherche plus à savoir qui m’insulte ou non, ici. Y’aurait trop de boulot, et la vie est trop courte, nom de Zeus.

Tiens, sur ce, je m’en vais aller préparer à manger. J’aime faire ça. Ce sont des repas modestes (sauf quand l’occasion convoque Pantagruel), et au moins, mon esprit vagabonde librement quand j’épluche les poireaux.

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