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La République Des Livres par Pierre Assouline
Que faire de Rudyard Kipling ?

Que faire de Rudyard Kipling ?

L’affaire embarrasse les Anglais. Bien plus grave que le Brexit or not Brexit, l’affrontement Shakespeare-Cervantès pour leur anniversaire ou que… . C’est de l’âme d’une nation qu’il s’agit car l’écrivain Rudyard Kipling (1865-1936) fait partie de ceux qui l’incarnent encore pour le meilleur et pour le pire. Que son nom reviennent actuellement dans les débats est un signe des temps.

Son spectre porte comme un fardeau la paternité de l’expression « le fardeau de l’homme blanc », titre d’un poème de 1899 dans lequel il enjoignait les Etats-Unis à assumer leurs responsabilités dans leur politique impérialiste, et notamment dans leur guerre contre les Philippines. La fardeau en question désignait tant le devoir christique du colonisateur de civiliser et administrer les populations conquises que la tâche elle-même avec toute l’amertume qu’elle pouvait charrier.

Oublié l’artiste de la nouvelle (ah, l’Homme qui voulut être roi…), l’auteur du plus célèbre poème en langue anglaise If … (Tu seras un homme, mon fils), le prix Nobel de littérature 1907… Le « fardeau » éclipse le tout, y compris que, comme Mark Twain, il avait le rare pouvoir de s’adresser aussi bien aux enfants qu’aux adultes.kim

George Orwell n’a peu fait pour sa réputation en le baptisant « prophète de l’impérialisme britannique » (sous sa plume, ce n’était pas un compliment). C’était au début des années 40 et il répondait en quelque sorte à une défense et illustration du génie de Kipling par le poète T.S. Eliot. Tout en le sachant aussi antifasciste qu’anticommuniste et déconnecté de toute appartenance politique, Orwell ne l’ancrait pas moins viscéralement dans le camp conservateur bien qu’il fut un moderne et un cosmopolite ; mais même lui finissait par prendre sa défense ; car au-delà de la cruauté de ses critiques (« tout individu éclairé devrait le mépriser »), il savait qu’au fond, Kipling était avant tout un grand écrivain doublé d’un idéaliste.

N’empêche qu’Orwell donna le ton pour les années à venir. Mais il n’était pas nécessaire d’être indien pour se souvenir que Kipling avait défendu le colonel Dyer, responsable du massacre d’Armitsar, au Penjab (plus de mille morts et autant de blessés en une après-midi de 1919), dénoncé comme un « boucher » mais par lui présenté comme « l’homme qui sauva l’Inde » et pour lequel il lança même une souscription. C’est aussi pour cela que, lorsqu’on demandait à Hemingway de payer sa dette envers ceux qui l’avaient inspiré, il citait les noms d’une quinzaine de grands artistes mais un seul était assorti d’un qualificatif restrictif : « the good Kipling », manière d’insinuer qu’il convenait de le séparer d’un mauvais Kipling, comme s’ils ne faisaient pas qu’un !

On pourrait croire que l’heure est venue pour que s’impose enfin une vision plus nuancée de Kipling en ses paradoxes. Depuis décembre dernier, date de la célébration du 150ème anniversaire de sa naissance, ça s’agite du côté du « coin de poètes » de Westminster Abbey où reposent ses cendres. A intervalles réguliers, il en est pour ressortir les mêmes arguments destinés à le refouler dans un purgatoire, l’oeuvre et l’homme d’un même élan, l’œuvre à cause de l’homme. Depuis peu, des commentateurs actionnent à nouveau la scie du « Kipling raciste et impérialiste » sur la Toile. Ils font de ses créatures Mowgli, Baloo et Bagherra des instruments de propagande. Sur les forums de discussion, on dispute de la question de l’identité au prisme de Kim ! On y réhabilite les qualités humaines de l’écrivain en dépit de ses idées sur l’Empire.

kiplingC’est peu dire que ses fables morales et allégoriques souffrent de son image de chantre du colonialisme chaque fois que son œuvre poétique et littéraire connaît un regain de notoriété. Comme si l’une n’était que le cheval de Troie de l’autre. Une ambiguïté à l’image de la nouvelle version à grand succès du Livre de la jungle par les studios Disney ; ils ont incrusté des prises de vues au sein de trucages numériques, de véritables expressions d’acteurs ayant été greffées sur des animaux dessinés. La prouesse technologique y prend le pas tant sur la nature que sur la culture.

Cela dit, que les Anglais se rassurent. Ils ne sont pas les seuls à être embarrassés par la statue de Kipling. Les Indiens, tout autant.

(« Rudyard Kipling » photo D.R. ; « Reconstitution à l’identique de sa maison natale à Bombay » photo D.R.)

 

Cette entrée a été publiée dans cinéma, Histoire Littéraire, Littérature étrangères.

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commentaires

847 Réponses pour Que faire de Rudyard Kipling ?

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 5 juin 2016 à 17 h 28 min

Wouarf. Le Maire est en train de marier un asiatique avec un africain, quand son frère interrompt la cérémonie, obligeant le Maire à céder la place à sa première adjointe. Précision totalement inutile à mon propos : sorte de petite tentative de discrimination de ce que je dis, comme ça, en douce, histoire de se réparer, bien dans la manière du troll désaxé qui agite ses grelots…

JC..... dit: 5 juin 2016 à 16 h 58 min

On s’extasie, chez les lourdingues normands, du mariage gay ! Alors que c’est d’une difficulté terrible pour avoir un enfant lorsqu’on est du même sexe… Pas croyable, qu’on autorise une horreur pareille. Bon ! on peut en acheter des gosses, aux pauvres, évidemment : heureusement que le capitalisme existe !

la vie dans les bois dit: 5 juin 2016 à 16 h 18 min

« non seulement l’emphase du Maire est bien décrite, mais encore il marie un asiatique et un africain… »

c’est faux. C’est la première adjoint qui procède à la cérémonie.

« C’est grâce à internet que le père change d’avis sur le danseur, par exemple… »

C’est lourdingue.
Le point tendu du danseur sur la video internet, en dit plus.

ASO…

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 5 juin 2016 à 16 h 06 min

Un dernier petit mot concernant notre si joli petit film « les pieds dans le tapis ». Un exemple pour montrer comment sont dynamités tous les préjugés, idées reçues, racismes divers, etc…

Quand le héros appelle ses trois frères, lui en France, eux en Iran, les trois personnages apparaissent dans des bulles à gauche de l’écran. Eh bien, le frère qui vient d’avoir un bébé apparaît systématiquement en train de soigner l’enfant… C’est juste un détail, mais des détails comme celui-là, il y en a plein. De même le mariage gay : non seulement l’emphase du Maire est bien décrite, mais encore il marie un asiatique et un africain… Et le recours constant à la technologie (portables, ordinateurs) est décrit ici de façon très positive. C’est grâce à internet que le père change d’avis sur le danseur, par exemple…

JC..... dit: 5 juin 2016 à 6 h 19 min

Y a pas que chez Sergio où fleurissent les mémères en fleur ! Chez Passou, c’était fête, hier soir .. !

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 23 h 01 min

enfin, rose, je n’y ai pas pensé, car cela me semble tout simplement impossible. Humainement impossible.
D’ailleurs, très simplement, dans ce cas, elle ne serait pas venue en France avec son fils.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 22 h 39 min

« Non, non : je ne le comprends pas comme ça : je le comprends comme l’intimité d’une femme, qui a été amoureuse de son mari et qui ne veut pas partager cela avec son fils. »
ah oui, c’est pas mal ça. Je n’y avais pas pensé. Elle est exclusivement femme, plutôt que mère, dans la recherche de la vie cachée de son époux.

bérénice dit: 4 juin 2016 à 22 h 28 min

Je déplore n’avoir vu que son goût de la cerise, peut-être un autre mais oublié. Il y eut une année un hommage rendu à ce grand cinéaste dans un village des environs, hélas quand j’arrivai, on m’annonça que la salle était comble, je crois même qu’il était présent. Tant pis, il faudra attendre une rétrospective dans une cinémathèque qui je pense n’entre pas dans la priorité des investissements locaux.

rose dit: 4 juin 2016 à 22 h 24 min

Vous voulez dire: ils arrivent au même endroit après avoir fait des recherches chacun de leur côté, la mère n’accordant que peu de confiance au fils,

Non, non : je ne le comprends pas comme ça : je le comprends comme l’intimité d’une femme, qui a été amoureuse de son mari et qui ne veut pas partager cela avec son fils.
Elle n’est en rien intrusive face à son fils et en rien partageuse de son intimité à elle. Je trouve cela très sain.

rose dit: 4 juin 2016 à 22 h 22 min

Oui, je suis d’accord avec vous sur bien des points : l’élégance morale de la fille qui a quand même vécu sans père. Celle du frère qui accorde à sa soeur place entière, à la mère qui, de bout en bout est admirable.

La blonde, je l’ai trouvée blonde vénitienne (pas choquant, jolie teinte même) ; qui j’ai aimé est son amoureux équilibré, paisible : lorsqu’il dit je lui ai dit de le dire car tout se sait un jour ou l’autre. Il a raison ce garçon.

Son père à elle ne la conduira pas à l’autel, non.

>Clopine la scène hot c’est quand la mère revient sur ses pas ?

>JC
bah

il y a des hommes qui parcourent trente heures de train sans couchette pour aller voir la jeune femme dont ils sont amoureux.
Les autres qu’ils courent, puisque les premiers existent.

héhé

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 22 h 11 min

Dans les variations, on pourrait également suggérer, cette reconnaissance mutuelle in fine, d’un frère et d’une soeur; mais assez formelle.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 22 h 05 min

« la variation de leurs approches (à la mère et au fils) les emmènent au même point ? »

Vous voulez dire: ils arrivent au même endroit après avoir fait des recherches chacun de leur côté, la mère n’accordant que peu de confiance au fils, qu’elle tient pour limité, dans ses capacités. C’était déjà évident, lors de la rencontre « tribale » et de la discussion à propos des études.

Et en arrivant, le premier geste de la mère aurait été de cesser toute participation financière à cet établissement. En colère qu’elle était de se penser trompée.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 21 h 57 min

Abbas Kiarostami a dressé un très beau portrait de couple en crise et de la société iranienne moderne dans Ten.

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 56 min

concernant,
pardon

je décroche

désolée, longue journée

bonne soirée la vie dans les bois

à demain

nombre de mes coms sur le film sont en attente d modération ; ce n’est pas grave; Rien d’essentiel.

>bérénice chacun d’entre nous interprète ce qu’il voit, ce qu’il lit au prorata de son histoire personnelle.

C’est la richesse de nos diverses interprétations qui rend le débat vivant.

Avez-vous remarqué, néanmoins, combien la variation de leurs approches (à la mère et au fils) les emmènent au même point ? Lorsqu’en taxi ils se retrouvent tous devant l’institut accueillant les enfant autistes.

Bien cordialement à vous, demain sera un autre jour,

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 51 min

>DHH
dernière remarque concernât votre com.

Bien d’accord avec vous sur le niveau culturel des deux familles et sur la langue française employée, votre référence à la Russie de Tolstoï etc.

Je crois bien qu’elle est encore étudiée et employée en Iran par nombre de personnes et je crois bien aussi qu’il y a un réel attachement culturel entre la France et l’Iran.
A la faculté de Lettres d’Aix en Provence, des poèmes en persan étaient étudiés au département littérature comparée, et mis en exergue, notamment lors d cela journée d cela femme ; je ne sais si c’est toujours d’actualité.
Mais lorsqu’un cinéaste iranien vient à l’Institut de l’image, il s’exprime dans un français courant et ampoulé. Au hasard, Abbas Kiarostami : le français reste la langue de prédilection des gens cultivés de l’étranger.

Bien cordialement à vous, DHH

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 21 h 50 min

Ce que dit rose, de la souffrance du père, n’est pas ce que j’ai retenu. Mais le tact de sa fille, forcément…

bérénice dit: 4 juin 2016 à 21 h 44 min

LDVB:
quand la mère nouvellement veuve rencontre la fille de son mari défunt et que cette dernière lui conte l’histoire de son père inconnue de la mère iranienne et veuve avec beaucoup de tact en ajoutant à la fin quelque chose comme et puis il a fallu qu’il vous encontre et tombe amoureux.

Rose la chatbot selon Mme, c’est moi après avoir du accepter de figurer sous les qualificatifs divers: bréhaigne, Pitbull ect là je suis en mode automatique selon LDVB.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 21 h 41 min

rose, la chatbot est une invention technologique très récente de google. C’est un agent conversationnel. Elle a eu une concurrente. Tay, qui a fait long feu.
J’ai appris cela en lisant le philo mag, que j’ai chaleureusement recommandé sur ce fil de commentaires, qui devient très très long, c’est sûr.
Mais en Duchess, on ne sait jamais trop où l’on va. C’est pour le plaisir de la route…

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 40 min

DHH dit: 4 juin 2016 à 15 h 45 min

second lien avec votre réponse :

quant à l’employé de mairie : je trouve qu’il a quelque jouissance perverse à embrouiller ainsi ces personnes qui viennent de si loin pour récupérer un des leurs. Sa petitesse maniaque est à la hauteur de son emploi de gratte-papier.
Frustré, il emm…. autrui, autant qu’il le peut.
Et cela souligne, ô combien, les arcanes de l’administration (avec le clin d’oeil final, sur l’embargo et les mêmes arcanes dans l’administration iranienne pour le même problème dans l’autre sens).

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 37 min

je n’ai pas tout suivi. Je vais vous laisser je ne sais pas qui est la chabot. Vous donnez des surnoms, qui vous appartiennent à vous, à tout le monde. Le résultat est que nous n’y comprenons plus rien.

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 35 min

J’ai pas trop vu la fin d cela video du danseur; J’ai vu qu’à un moment donné, le père comprend; Là je re-suppute : il comprend la passion du jeune homme pour la danse. Ce jeune homme est enflammé pour son art. Et là, le père comprend sa fille.

Je trouve ce père très ouvert : en anglais on dit open minded.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 21 h 33 min

Rose, il vous manque assurément un petit tour sur la terrasse, en compagnie des invités du poltergeist. Vous allez voir ça, la chatbot les fait filer droit.

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 33 min

Je ne le sais pas la vie dans les bois ; je le suppute. Si vous avez un membre de votre famille ou un ami très proche autiste, cela vous fait souffrir.
Je peux supputer faux.
La fille, clandestine, dit à l’épouse du défunt que sa mère et lui se sont retrouvés autour de ce projet parce que elle avait un fils autiste, Nicolas si j’ai tout compris et lui avait un frère autiste qui s’était noyé, si j’ai bien compris.

Quand on se bat pour une cause c’est qu’elle nous touche.

bérénice dit: 4 juin 2016 à 21 h 32 min

rose j’ai pu visionner 1h05 du film puis l’ordi n’a plus chargé, j’ai trouvé originale la forme, avec cette introduction illustrative de la technique dans leur mode de vie au prise avec des problèmes qui nous sont communs, beaucoup aimé la douceur des personnages et le comique des imbroglios administratifs . Pour le reste il témoigne d’une belle ouverture d’esprit dans un monde qui ne renonce pas à toutes ses traditions mais qui respecte la femme ( l’exigence de l’épouse, la disponibilité du mari), je regrette de n’avoir pas accès au tiers manquant. Un bel humour, de la tendresse.

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 30 min

bérénice dit: 4 juin 2016 à 20 h 35 min
Je l’ai vu il y a quelques semaines sur cette chaîne public sénat , il m’a plu c’était avant toute cette pluie évidemment mais je ne suis pas Clopine à entrer dans le secret des Dieux et savoir entretenir le feu d’une correspondance. Lui écrivez-vous Rose?

>Bérénice
J’ai écrit à Clopine et j’ai écrit à Pierre Assouline. Ponctuellement, sans entretenir le feu d’une correspondance. Les deux vous répondent courtoisement. J’ai pris un café avec DHH et un pot avec Jibé antérieurement. Cela permet de constater que nous appartenons tous à la même humanité. En cela, c’est bénéfique.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 21 h 29 min

J’ai adoré la fin de la video du danseur qui incite finalement le futur beau-père à donner son accord.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 21 h 27 min

On ne savait pas que l’époux défunt, qui avait entrepris des études de médecine, puis renoncé, tout en ayant créé un établissement pour autistes, avait beaucoup souffert, mais rose nous l’apprend.

D. dit: 4 juin 2016 à 21 h 27 min

et pis celle de ma sœur :

[email protected]

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 26 min

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 21 h 22 min

mais qui , de fait appelez-vous incessamment la mater dolorosa ? Est- ce moi, ou bien christiane ?

D. dit: 4 juin 2016 à 21 h 25 min

Clopine, définitivement un cas à part… dit: 4 juin 2016 à 20 h 08 min

Aïe. Excusez-moi de déranger tout le monde, m’enfin je ne sais plus comment faire : je voudrais envoyer un message privé à notre hôte (une fois n’est pas coutume), mais l’adresse mail indiquée sur ce site ne fonctionne pas… Dites, Pierre Assouline, , vous ne pourriez pas me communiquer une adresse mail valide ? Voici la mienne : [email protected]

Voilà voilà, ne m’en veuillez pas, je repars de suite… Et merci, vraiment, d’avance.

…et tant qu’à faire, voici la mienne :

[email protected]

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 24 min

Il voulait faire médecin. Il avait commencé des études de médecine. Peut-etre par rapport au petit frère autiste, chose qui le faisait beaucoup souffrir.

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 23 min

DHH dit: 4 juin 2016 à 15 h 45 min

Je vous ai lue avec plaisir ; j’ai beaucoup ri (in petto) lorsque la mère d famille horrifiée téléphone à son mari pour lui raconter; Comme vous, j’ai tout d’abord cru qu’ils couchaient ensemble les amoureux.
Ensuite, non : elle est horrifiée parce que le jeune gens danse devant sa fille.
Danse.
J’ai trouvé cela éminemment délicieux avec tous les préjugés qui s’ensuivirent.

Pas sûre qu’ils aient été assez libérés pour coucher avant le mariage. Ne le sais. Ai compris pour ma part que non.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 21 h 22 min

ce n’est pas à rose que j’ai posé la question. Mais à DHH. Pour avoir son point de vue sur les arguments des familles sur les promis, relativement aux études. Après tout, DHH , en mettant les pieds dans le plat, plus que dans le tapis, a plus de chance de comprendre Parveneh, habituée aux hautes études, que la mater dolorosa, en maternelle.

Il voulait faire quel métier, au fait le défunt époux ?

Le futur, on sait: danseur étoile.

bérénice dit: 4 juin 2016 à 21 h 14 min

Un point à soulever dans ce film d’un pays où la censure religieuse sévit et où il faut utiliser un tas de subterfuges pour la déjouer et exprimer un désaccord sans éveiller la colère et le refus de l’autorité religieuse réside dans cette référence à l’autisme, ces gens qui pour la plupart sont empêchés de parole .

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 08 min

Non, Bérénice il n’est pas question de dot. C’est un faux mariage arrangé. Les deux jeunes gens sont déjà amoureux l’un de l’autre.

J’ai fait mon com. sur le film à l’arraché (pardon), il attend l’aval de la modé.

rose dit: 4 juin 2016 à 21 h 04 min

Bien. Courage rose.
Expire, inspire.

Les pieds dans le tapis, film iranien.

Je commence par la fin : l’acteur qui joue le père, Morteza, dans le film, porte le prénom dans la vraie vie, Babak, de l’amoureux de sa fille Roya, Babak itou.

Ce film m’a plu quant aux rapports mère/fils. Elle, toujours légèrement supérieure, le traite toujours comme un âne bâté. D’ailleurs, sa femme Shirine, le traite aussi comme un âne bâté.

Lui joue l’âne bâté mais ne l’est pas du tout. Au delà des apparences, il a des qualités intrinsèques qu’il dissimule habilement. Une des plus grandes étant de connaître personnellement prénoms et situations de famille délicates de chacun de ses employés.

Le père, lui, n’est pas dans l’optique, ainsi que je l’ai cru un moment, de la polygamie.
Non, il garde une relation intelligente avec une femme intelligente, qu’il a aimé lorsque jeune homme.

Hormis la jalousie qui domine la mère un bon moment aussi, – mais quel sentiment stupide que celui-ci !, la souplesse revient dans les relations familiales et extra-familiales, et là le fils aîné joue un très grand rôle.

En effet, et comment ne pas penser à Mazarine Pingeot, le fils aîné pardonne allie et convoque/invite la soeur, qui est son aînée, aux funérailles à Téhéran, du père. De leur père.

Ce film est empli de finesse, de subtilités, de joyeuseté.
J’ai particulièrement aimé comment l’épouse veuve parle à son mari mort. Et le pléonasme qu’elle emploie lorsqu’elle dit le cadavre mort.

J’ai trouvé que c’était un film sur la réconciliation familiale.

La fameuse armoire dont a parlé la vie dans les bois est particulièrement belle, elle ne m’a pas époustouflée. Elle est superbe pourtant. La maman iranienne met la main sur son coeur, incline sa tête et c’est un signe d’hommage ; rien de religieux à mes yeux.

Le frère aîné du maire de Brive, j’ai trouvé qu’il ressemblait à WdG, agité mais adorable, remuant mais efficace, immensément fidèle et obtenant ce qu’il voulait. Veuf depuis trois ans et six mois.

Le danseur, je l’ai trouvé magnifique et surprenant et ai éprouvé une immense satisfaction intérieure à ce qu’il ne soit pas – comme de bien entendu- gay. Ah, enfin, on a le droit d’être un homme, d’être danseur et de ne pas être gay. Respire rose.

Le mariage gay, je l’ai trouvé ridicule car caricatural à tous points de vue : est-il besoin d’être ridicule si on se mariage avec un être du même sexe que soi ?
D’ailleurs, je pense, mais je ne l’ai jamais vécu, las trois fois, qu’il doit être bien plus passionnant de se marier avec un être de sexe différent, pour tenter de le comprendre, et pourquoi cela serait-ce en vain, hein ?

Ce film à mes yeux balaye nombre de poncifs : les enfants autistes, un en tout cas, Nicolas, est clairvoyant et a plus de discernement que les non autistes.
La fille adultérine suit la mission de sa mère, faire tourner le centre des autistes ; dévouement encore et toujours, don de soi, dévotion. Attribution aux femmes : mais qu’ont-elles donc à se faire pardonner ?

Le fils aîné veut bien baiser avec la chinoise mais ne veut pas octroyer à son épouse la liberté qu’il s’attribue à lui même. Son épouse est la caricature des femmes d’aujourd’hui ; des briseuses de couilles qui mènent leur mec tambour battant. Qui ont haï les machistes et qui sont des femmes castratrices au possible, faisant la même chose à l’envers, les faisant payer de ce que leurs mères ont subi…le machisme de leurs époux et d fleurets père.

Je ne vois pas pourquoi parce que c’est un mariage arrangé, il ne marcherait pas.

Bref, ce film est empreint de beaucoup d modernisme et c’est ainsi que je voIs/j’imagine l’Iran : comme un pays éclairé et moderne.
Ou les femmes sont déjà à parité avec les hommes.

Merci Lavande de nous voir suggéré de le voir et d’avoir mis le lien en ligne.

Il est prolongé jusqu’à dimanche, tard dans la nuit, si les garçons veulent se le farsi’r et nous donner leur point de vue.

Je vais lire maintenant, curieusement, tous vos commentaires.

la vie dans les bois dit: 4 juin 2016 à 21 h 01 min

DHH, encore une chose, car votre post est plein de bonbons.

Avez-vous noté, si dans cette rencontre tribale il a été question de dot ?
Je vous demande ça, car il ne m’a pas semblé que c’était une condition.
En revanche, j’ai noté que chaque tribu était très attentive aux études, que vous nous dites très aisées -ah, la maquillage, le rouge à lèvre surtout, ça vous reconditionne la femme, immédiatemment- dont vous soulignez  » le modernisme social et moral de cette classe iranienne très aisée, qui ne sauvegarde que les apparences de l’ordre islamique traditionnel imposé par les mollahs .
C’est une hypocrisie assumée, à votre avis, qu’ils n’aient pas causé gros sous ?

bérénice dit: 4 juin 2016 à 20 h 35 min

Je l’ai vu il y a quelques semaines sur cette chaîne public sénat , il m’a plu c’était avant toute cette pluie évidemment mais je ne suis pas Clopine à entrer dans le secret des Dieux et savoir entretenir le feu d’une correspondance. Lui écrivez-vous Rose?

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